Histoire des livres d'Énoch
et leur traduction

AVIS AUX LECTEURS

Le Livre d'Énoch (ou I Hénoch, version éthiopienne), pour le différencier de II Hénoch (Livre des Secrets d'Énoch, version slave) et de III Hénoch (Livre hébreu d'Énoch ou Livre des palais, version hébreu), est un des livres apocryphes encore de nos jours dans la Bible éthiopienne juste après le livre de Job, étant considéré comme inspiré par plusieurs anciens.

Objet de respect pour Tertullien, traité moins favorablement par Origène, St Jérôme et St Augustin; on n'en connut longtemps que quelques citations grecques.

Bruce en rapporta d'Abyssinie trois copies en langue éthiopienne, et en donna une à la Bibliothèque royale de Paris; Silvestre de Sacy traduisit de cette copie plusieurs chapitres en latin, et publia sur le tout une notice dans le Magasin encyclopédique en 1795. Les deux autres copies, placées à la Bibliothèque bodléienne d'Oxford, servirent à la publication d'une double traduction latine et anglaise par H. Laurence, en 1821. Enfin, en 1833, J. Murray publia un Enoch restitutus, dans lequel il essaye de distinguer ce qui, dans ce livre, est antérieur à Moïse, et ce qui appartient à des temps plus récents.

Le livre d'Énoch fut vraisemblablement composé après la captivité de Babylone : parmi beaucoup de visions et de rêveries, on remarque des images grandioses, une imagination fougueuse, un coloris sombre et effrayant, qui rappellent parfois l'Apocalypse de St Jean. (B.) Selon R.H. Charles dans son «Pseudepigrapha of the Old Testament», certaines portions considérables du livre n'appartiennent pas à l'original mais furent incorporées au texte d'une œuvre antérieure qui se nomme «Le Livre de Noé» ou «Apocalypse de Noé».

Le livre d'Énoch présente des points de vue en conflits sur le Messie, le Royaume Messianique, l'origine du péché, Shéol, le dernier jugement, la résurrection et la nature de la vie à venir. Il contient une angéologie et une démonologie élaborée, et beaucoup du texte est dévoué au calendrier et aux corps célestes. Les mêmes concepts se retrouvent dans 2 Énoch et dans 3 Énoch.

Le premier (I Énoch) est un peu plus biblique que le deuxième (II Énoch), toutefois personne ne sait qu'elle est le vrai livre d'Énoch car même le premier a été mélangé avec un livre qui se nomme l'Apocalypse de Noé, et personne n'est sur ou il débute et ou il termine. R.H. Charles a fait une tentative pour purger le texte. En voici la division de l'Apocalypse de Noé se trouvant dans le Livre d'Énoch (I Énoch) : chapitres 7-11; 54, 2, 60, 65-69; 25, 106-107.

Alors, puisqu'il y a différentes traductions d'un même texte, voilà une bonne raison à ce qu'on ne peut le considéré pour faire partie de la Bible.

Source partielle : Imago Mundi



Énoch

Énoch, prophète Éthiopien.

"Énoch" est aussi dénommé de certains traducteurs par : Hénoc, Hénoch, Henoch, Enoch (en anglais), Hénok, Énosh, Énosch

Le nom "Énoch" signifie : Dédié, initié, consacré.

Les Saintes Écritures affirment qu'Énoch était le fils de Jéred (ou Jared) et le père de Metuschélah (ou Mathusala). Elles confirment aussi que Dieu rappela Énoch aux cieux sans qu'il connaisse la mort.

On appelle ainsi une collection d'écrits, prophéties et exhortations, qui sont mises, pour la plupart, dans la bouche d'Énoch. Ce patriarche, "le septième après Adam", comme précise l'épître de Jude (Jude 1:14) jouit de très bonne heure d'une considération spéciale: pour expliquer qu'il vécut moins de siècles que les autres, le texte hébreu de la Genèse, (Genèse 5:24) dit à son sujet: "il marchait avec Dieu et il disparut parce que Dieu le prit"; (la version grecque de la Septante rend ainsi: "Il plutôt à Dieu et on ne le trouva plus parce que Dieu l'avait transféré.") L'auteur de cet ouvrage traite d'abord de la chute des anges, de leur hymen charnel avec les filles des hommes et de la procréation des géants avec lesquels tous les maux se répandent sur la terre. Puis il énumère le nombre des anges, la région terrestre qu'ils habitent, les mystères sacrilèges auxquels ils initièrent les hommes...

Le Livre d'Énoch est un livre apocalyptique, comme celui de Daniel, avec cette différence que les parties apocalyptiques du Livre de Daniel et les Apocalypses, en général, ne s'occupent que de l'avenir et des vertus qui le préparent. Le Livre d'Énoch, outre la part qu'il consacre à cet avenir, traite encore des sciences, surtout des sciences naturelles, qui représentent également une forme d'Apocalypse...

L'auteur de cet ouvrage, qui est, bien entendu, un mystique avant la lettre, croit se maintenir sur le terrain de la Bible en puisant largement dans les Écritures, surtout dans les Psaumes, et dans le livre de Job sa mystique et sa poétique... Il parvient ainsi à enchâsser dans ce fonds biblique les conceptions les plus éloignées de la Bible, grâce à ce mode d'interprétation inépuisable qu'est l'allégorie. [...]

Sous l'action de ce livre, Les Pirké de R. Eliézar lui attribuent des descriptions quasi astronomiques, relatives au passage du soleil par les portes et les fenêtres célestes.

Dans le Coran, Hénoch prend sous le nom d'Idris un caractère très auguste : "Il est le juste prophète que Dieu a élevé au rang suprême". C'est l'Islam, observe Karppe, qui semble avoir été l'intermédiaire entre le Livre d'Hénoch et le mysticisme juif. À l'époque gaonique, une fusion s'opéra précisément entre la physionomie d'Hénoch et le mysticisme contemplatif. Hénoch, que l'on identifie avec Métatron, devient ainsi un personnage de premier plan.

H. Serouya, La Kabbale

Source : Le Livre d'Hénoch, traduit et annoté sur le texte éthiopien


Qui était Énoch ?

D'après les récits bibliques, Énoch fut le septième patriarche d'avant le déluge, père de Mathusalem, grand-père de Lamech et arrière grand-père de Noé. Au même titre qu'Élie, il fut "enlevé" par Dieu dans un char de feu et devint immortel.

Selon certains courants de pensée, Énoch puiserait ses racines dans le roi En-men-dur-Anna-k ou Enmeduranki, 7e roi sumérien d'avant le déluge.

L'ancienneté du Livre d'Énoch ne fait aucun doute. La découverte des manuscrits de la Mer Morte de Qumram a permis d'établir que le personnage d'Énoch était déjà une référence centrale dans la littérature cabalistique juive dès le début de l'ère chrétienne.

En hébreu, le mot "Hénok" signifie "initié" ou "initiant". Il existe une littérature mystique juive à propos du patriarche Énoch, dite des "Hekhalot" ou "Palais Mystiques". Elle se relie à la tradition de la Merkabah ou Chariot Divin. Son véritable nom est le Sefer Ha-Hekhalot (Livre des Palais). Il est attribué à un grand prêtre qui vécut en martyr au IIe siècle après J.-C. Il y raconte son ascension mystique dans les cieux, sa vision de la Merkabah et sa rencontre avec l'Archange Metatron. Celui-ci lui confie qu'avant d'être élevé par Dieu à la dignité d'Archange suprême, il avait été le patriarche Énoch. Metatron / Énoch narre au prêtre son ascension jusqu'au 7e ciel et sa visite des Palais gardés par diverses hiérarchies angéliques.

Notons que l'ascension des Palais mystiques n'est pas une idée essentiellement juive. Elle provient de l'Égypte ancienne et peut être mise en parallèle avec le "Livre des Pylônes" dans lequel le défunt doit franchir une série de portails gardés par de féroces gardiens avant de parvenir à la résurrection du corps d'Osiris.


La véritable origine de la chute

Le Livre d'Hénoch est un texte dit "apocryphe". La transmission des textes apocryphes a été marquée par une mise à l'écart et une volonté d'oubli délibérées de la part des institutions ecclésiastiques, leur contenu renvoyant à une signification cachée, à des mystères difficilement accessibles aux profanes, ou plus simplement à des révélations jugées “dérangeantes”.

Parmi ces textes, citons les Actes d'André, de Jean, de Pierre, de Paul et de Philippe, les Évangiles de Thomas (contenant les paroles cachées de Jésus), de Marc, de Pierre, de Nicodème (décrivant la descente du Christ aux Enfers).

Ces textes “hérétiques” furent mis à l'index par l'Église. Leur lecture fut interdite dès le Ve siècle : pas question de les lire aux offices, de les copier ou encore de les diffuser. Condamnés à mort, certains de ces vieux écrits disparurent de la circulation, sans laisser de traces, emportant à jamais leurs précieux secrets. Aujourd'hui encore, ces textes vénérables restent fort méconnus du public. Le motif de cette méconnaissance réside exclusivement d'une transmission défectueuse, résultant d'une mise à l'écart volontaire.

Désireuse de laisser les peuples dans l'ignorance de leur origine céleste, soucieuse de préserver son emprise et ses privilèges, l'Église a de tout temps écarté, masqué, jusqu'à détruit tout élément susceptible de mettre son empire en péril. Elle a trahi le message originel. Tout au long de l'histoire, l'Église n'a servi qu'une seule cause, la sienne. Elle a excellé dans l'art de préserver ses intérêts, son pouvoir, ses richesses. Quiconque s'est détourné des principes qu'elle avait édictés s'est vu menacé des tourments perpétuels de l'enfer ou a été livré aux bûchers de l'Inquisition. Cette attitude est intolérable. Elle porte préjudice à la connaissance des grandes Vérités de ce monde.

A l'heure actuelle, le Vatican refuse toujours de rendre public l'entièreté des fragments du livre d'Hénoch découverts à Qumram, de même qu'il interdit que l'on mentionne d'autres Anges que Michael, Gabriel et Raphaël. Quels lourds secrets ce livre détient-il ?

Source : Meline


Références bibliques concernant Énoch

Genèse 4:18 Puis Irad (la séquestration) naquit à Hénoc, et Irad engendra Mehujaël (affligé de Dieu), et Mehujaël engendra Methushaël (l'homme divinisé), et Methushaël engendra Lémec (le renversement de l'être).
Genèse 5:18 Et Jéred vécut cent soixante-deux ans, et engendra Hénoc (l'instruction rigide).
Genèse 5:19 Et Jéred, après qu'il eut engendré Hénoc, vécut huit cent ans; et il engendra des fondateurs et des générations.
Genèse 5:21 Hénoc vécut soixante-cinq ans, et engendra Méthushélah (la croissance).
Genèse 5:22 Et Hénoc marcha avec Dieu, après qu'il eut engendré Méthushélah, trois cents ans; et il engendra des fondateurs et des générations.
Genèse 5:23 Tout le temps qu'Hénoc vécut, fut donc de trois cent soixante-cinq ans.
Genèse 5:24 Hénoc marcha donc avec Dieu, puis il disparut, car Dieu le prit.
1 Chroniques 1:3 Hénoc, Métushélah, Lémec;
Hébreux 11:5 Par la foi, Hénoc fut transporté au ciel pour qu'il ne vît point la mort, et on ne le trouva plus, parce que Dieu l'avait saisis; car avant qu'il fût transposé, il avait obtenu le témoignage d'avoir été agréable à Dieu.
Jude 1:14-15 C'est sur eux qu'Énoch, le septième homme depuis Adam, a prophétisé dans ses écrits, en disant: Voici, le Seigneur est venu avec ses saintes myriades pour exercer un jugement contre tous, et convaincre tous les impies, de toutes les œuvres d'impiété qu'ils ont commises, et de toutes les choses injurieuses que les pécheurs impies ont proférées contre lui.
Source : Encyclopédie En ligne