Proposition de réflexion sur le Coran

Prêcher la bonne nouvelle de Jésus-Christ dans le monde musulman n'est pas chose aisée. Pour nous, ici, en France (mais aussi ailleurs) il est plus facile de prêcher cette bonne nouvelle à un musulman de notre connaissance :
  • s'il s'est, certainement établi des relations d'amitiés ou du moins de respect.
  • il faut, d'abord, parler de Dieu UN. (comme le Coran est aux 3/4 tiré de la Bible, sous un langage différent, c'est chose facile...)
  • le problème qui surgira, inévitablement, est au sujet de Jésus et de la prétendue falsification de la Bible (juive et chrétienne).
Si la discussion s'instaure, il faut connaître des rudiments du Coran et de la façon de pensée du musulman, qui se croit supérieur à tous non musulmans dans sa « soumission » à Dieu.

Le Coran source orale et littérale puis orale du musulman, transmit d'Allah à l'Ange Gabriel et révélé par ce dernier à Mûhammad, le seul prophète de l'Islam et le seul prophète, selon Dieu, qui n'a aucun témoignage. (le Coran ne reconnaît, comme la Bible qu'une seule lignée prophétique qui passe par Abraham, Isaac et Jacob).

Il faut savoir que ni le Coran, ni le prophètes de l'Islam, ni ses premiers compagnons accusent Juif et chrétiens d'avoir falsifiées leurs Écritures. (ce qui sera développé plus loin ci-après).

Ce n'est qu'au 11ième siècle que pour la première fois, un érudit musulman, déclare la Bible altérée ?

En effet ce fut Ibn Khazem (1064) qui suite à la constation des énormes divergences entre la Bible et le Coran, (concernant surtout la crucifixion de Jésus...) déclara :

« puisque le Coran est vrai, ce doit être le texte contradictoire de l'Évangile qui est faux. Cependant Muhammad nous indique de respecter l'Évangile. Par conséquent, le texte actuel doit avoir été falsifié par les chrétiens après la période de Muhammad. » (?)

Cependant cette déclaration est dénué de sens et n'a que pour appuie seul le désir d'Ibn Khazem de préserver le Coran indépendamment au fait que nous avons des milliers de textes de la Bible datant d'avant Mohammed, de plus notons cette remarque pertinente de Muhammad Abduh, un musulman égyptien :

« la charge de la corruption des textes bibliques ne semble pas du tout être raisonnable. Il n'aurait pas été possible partout aux juifs et aux chrétiens de convenir sur le changement du texte. Même si ceux en Arabie l'avaient faite, la différence entre leur livre et ceux de leurs frères, laissés en Syrie et Europe, aurait été évidente. »

En effet comment voudriez-vous que les chrétiens et juifs de divers horizons se mettent en accord sur la même falsification des textes ? L'avion, la voiture, téléphone, Internet, etc. étaient inexistant en cette époque !

Abdullah Ibn Umar rapporte :

Un groupe de juifs est venu inviter l'Apôtre d'Allah (paix sur lui, Mûhammad)) à Quff.

Ainsi il leur rendu visite. Ils dirent : Abul Qasim, un de nos hommes a commis le fornication avec une femme; prononcez ainsi le jugement sur eux. Ils ont placé un coussin pour l'Apôtre d'Allah (paix sur lui) qui s'est reposé dessus et dit : Apportez la Torah. Elle a été alors apporté. Il retira le coussin de sous lui et plaça la Torah dessus indiquant : J'ai cru en elle (la Torah) et en Celui qui l'a révélé. Il dit alors : Apportez-moi quelqu'un qui est instruit parmi vous. Alors un jeune homme a été apporté.

Mohammed est donc reçu par des juifs, et Mohammed leur demande d'apporter la Torah, ensuite Mohammed se retire de son coussin sur lequel il était assis pour pouvoir poser la Torah dessus, (ceci est une marque de respect face aux « livres saints ») et déclare je crois en elle et en Celui qui l'a révélée, ce qui indique clairement que Mohammed considérait la Torah des juifs comme authentique, c'est là un fait indéniable !

En effet Mohammed croyait en l'authenticité de la Torah et de l'Évangile, ce dont il accusait les juifs et chrétiens, était que selon lui, ceux-ci (juifs et chrétiens) ne comprenaient pas, ne voulaient pas suivre les écritures, comme le dénonce souvent la Bible et comme indiqué par le hadith suivant :

Rapporté par Ishaq :

Rafi, ibn Haritha, et Salam Ibn Mashkoum, ainsi que deux autres vinrent trouver Mohammad et lui dirent : « O ! Mohammad ! N'as-tu pas affirmé être un disciple de la religion d'Abraham et de sa foi ? Ne crois-tu pas en ce que nous avons de la Torah et n'attestes-tu pas qu'elle tire vraiment son origine de Dieu ? » Il répondit : « SI ! Mais, en vérité, vous avez inventé de nouvelles doctrines et vous niez son contenu relatif à l'alliance que Dieu a conclue avec vous et vous cachez ce qu'il vous a été demandé de révéler à l'humanité. C'est pourquoi je me sépare de vos idées nouvelles. » Ils reprirent : « Quant à nous, nous nous en tenons à ce qui est entre nos mains, et nous suivons la vérité et la direction; nous ne croyons pas en toi et ne voulons pas te suivre. » Alors le Dieu grand et glorieux révéla : « Dis : O Gens du Livre ! Vous ne vous appuyez sur rien tant que vous n'observez pas la Torah, l'Évangile et tout ce qui vous a été révélé par votre Seigneur. »

Ainsi à la question des juifs à Mohammed : Ne crois-tu pas en ce que nous avons de la Torah et n'attestes-tu pas qu'elle tire vraiment son origine de Dieu ? Mohammed répond clairement oui, ce qu'il reproche aux juifs c'est de ne pas respecter ce qui est dit dans la Torah, c'est pourquoi après (selon Mohammed), Dieu lui révéla : O Gens du Livre ! Vous ne vous appuyez sur rien tant que vous n'observez pas la Torah, l'Évangile et tout ce qui vous a été révélé par votre Seigneur.

Cette commande est retrouvé dans un verset du Coran (Sourate 5:68), et prouve l'évidence que ce qui est retenu contre les Gens du Livre (juifs et chrétiens) n'est aucunement d'avoir falsifié l'Évangile et la Torah, (cela étant impossible d'après le Coran, voir 6:34 et 10:64) mais d'avoir renier son contenu : Vous ne vous appuyez sur rien tant que vous n'observez pas la Torah, l'Évangile...

Ziyad b. Labid rapporte :

Le Prophète parla d'un certain sujet et déclara : « Cela se produira lorsque la connaissance disparaîtra ». Je lui répondis : « Comment la connaissance pourrait-elle disparaître puisque nous récitons le Coran, que nous l'enseignons à nos enfants qui, à leur tour, l'enseigneront aux leurs, et ainsi de suite jusqu'au Jour de la Résurrection ? » Il répliqua : « Tu m'étonnes, Ziyad ! Je pensais que tu étais l'homme le plus instruit de Médine. Ces juifs et ces chrétiens ne lisent-ils pas la Torah et l'Injil bien qu'ils ignorent tout à propos de leurs contenus ? »

Ici nous constatons que Mohammed affirment que les chrétiens et juifs possèdent la Torah et l'Évangile, ils la lisent, mais selon Mohammed ils ignorent ce qui est marqué, ils renient son contenu...

Un autre exemple qui montre que Mohammed croyait en la Torah, se trouve dans les versets suivant :

"Mais quand la vérité leur est venue de Notre part, ils ont dit : « Si seulement il avait reçu la même chose que Moïse ! Est-ce qu'ils n'ont pas nié ce qui auparavant fut apporté à Moïse ? » Ils dirent [les mecquois] : « Deux magies (Coran et la Torah) se sont mutuellement soutenues ! » Et ils dirent : « Nous n'avons foi en aucune ». Dis-leur : « Apportez donc un Livre venant de Dieu qui soit meilleur guide que ces deux-là (le Coran et la Torah), et je le suivrai si vous êtes véridiques ». Mais s'ils ne te répondent pas, sache alors que c'est seulement leurs passions qu'ils suivent. Et qui est plus égaré que celui qui suit sa passion sans une guidée de Dieu ? Dieu vraiment, ne guide pas les gens injustes. Nous leur avons déjà exposé la Parole (le Coran) afin qu'ils se souviennent. Sourate 28:48-51."

Ceci se passe au temps de Mohammed, c'est ce dernier qui répond aux Mecquois, comme le fait remarquer Mohammed Hamidoullah dans sa note :

Ils dirent : les Mecquois dirent deux magies. Les païens de la Mecque ne voient, dans le Thora et le Coran que deux magies qui se soutiennent l'une l'autre.

Mohammed met donc au défi les Mecquois, d'apporter un meilleur guide que la Torah et le Coran :

Dis-leur : « Apportez donc un Livre venant de Dieu qui soit meilleur guide que ces deux-là (le Coran et la Torah), et je le suivrai si vous êtes véridiques. »

Mais si Mohammed met au défi d'apporter un meilleur guide que la Torah, c'est que forcément, il ne considère nullement celle-ci comme falsifiée , sinon son défi n'aurait aucun sens, ça reviendrait à dire : apportez moi un meilleur guide que ces deux livres falsifiés (la Torah et le Coran) si vous êtes véridique...

De ce fait, Mohammed affirme clairement qu'il considère la Torah à son époque comme authentique...

Ainsi, comment les musulmans peuvent-ils encore, aujourd'hui, proclamer que la Bible serait falsifiée alors que leur propre prophète Mühammad clame le contraire ? Et que leur propre Coran affirme le contraire ?


Notez d'ailleurs cette remarque :

« Les Musulmans du temps de Mahommed, et les générations suivantes, auraient ri au subterfuge malheureux installé par certain Mahométans d'aujourd'hui, qui feignent que ce n'était pas le Pentateuque et l'Évangile dans l'utilisation universelle parmi les juifs et les chrétiens, mais une autre écriture dont Mûhammad a fait référence. Une telle supposition est parfaitement gratuite, et fonctionne à l'opposé de la teneur entière du Coran. »

Voici quelques exemples de musulmans renommés qui ne croyait pas en la falsification de la Bible :

  • Ali al-Tabari (mort en 855)
  • Amr al-Ghakhiz (869)
  • Bukkari (810-870)
  • Al-Mas'udi (956)
  • Abu Ali Husain Bin Sina (1037)
  • AL-GHAZZALI (1111)
  • Ibn-Khaldun (1406)
N'oublions pas que depuis le 11eme siècle, jusqu'à une époque récente, peu de musulmans savaient lire la langue du Coran. Même aujourd'hui, peu de musulmans connaissent le Coran.

Cette pseudo falsification de la Bible s'est transmise, uniquement, par voie orale par des « religieux et autres savants » dont les musulmans respectent sinon qu'ils vénèrent.

Cela dit, voyons l'historique du Coran.


(AL-QUR'ÂN) ­ LE CORAN ­ (L'APPEL)

La révélation progressive du Coran s'échelonne de 610 et 632. Selon l'orthodoxie musulmane le Coran fut mis par écrit par ses compagnons tel qu'il était oralement descendu des « ciels », encore du vivant du Prophète ou peu après sa mort. Le travail d'agencement des 114 Sourates (qui ne correspondent pas à l'ordre de la « descente ») se poursuivit cependant sous le règne du Calife Othmân (644-656), et sa vocalisation ne fut définitivement acquise qu'au début du Xe siècle : cependant des questions continueront de se poser jusqu'à ce que paraisse une édition critique du Coran, comparable à celles qu'à subit la Bible, ce que refusent les musulmans notamment sur la Kaaba et la pierre noire sensée représenter Allah même dans la période anté-islamique.

D'éminents spécialistes (musulmans et orientalistes) y travaillent au Caire et ailleurs; Peut-être que les résultats de leurs travaux si les autorités religieuses musulmanes ne s'y opposent pas, comme elles l'ont toujours faîtes jusqu'à ce jour, nous permettent d'y voir plus clair !

L'histoire commence à la mort de Muhammad : le premier calife, Abu Bakr, collecte le premier recueil officiel du Coran (632-634). L'un des secrétaires du Nabi (prophète de l'Islam), Zayd ben Tabit, mandaté par Abu Bakr, recueille les paroles consignées sur « des branches de palmiers et des pierres plates ainsi que celles gardées dans la poitrine des hommes ». Il les recopie sur des feuillets d'égal format et les remet à Abu Bakr qui les légua à son successeur le calife Omar.

La tradition textuelle arrêtée à Médine en 656 à la mort du calife Othmân, coexiste avec d'autres en usage à Kûfa, à Basra en Syrie. Une immense littérature transmet plusieurs milliers de variantes textuelles trouvées dans des sources autorisées, notamment dans les commentaires d'Al-Tabari, Al-Zamakhshari, Al-Baïdawi, Al-Razi et chez bien d'autres.

L'histoire du texte coranique est ainsi d'une extrême complexité : elle a suscité de multiples polémiques, aboutissant à la fondation d'écoles rivales.

La meilleure version du Coran est l'édition égyptienne de 1923, considérée de nos jours comme faisant autorité, tant dans le monde musulman qu'en occident.

Le lecteur occidental en face du Coran se trouve devant un grand « désarroi » Il est confronté à un texte qui déroute, qui n'a ni « queue ni tête » au contraire de ses habitudes de pensée. Il est divisé en 114 sections ­ des Sourates ­ qui n'ont entre elles aucun lien logique ou chronologique. Les titres des Sourates ne relatent qu'une infime partie de leur contenu. Rares sont celles qui traitent d'un seul sujet ­ par exemple l'histoire de Joseph (12), ou de Noé (71), les autres sont construites sans aucun lien logique.

La première Sourate de 7 versets, la Fâtihat, l'Ouvrante, est une prière, centrale dans la liturgique du musulman. Elle précède les autres Sourates approximativement classées par ordre de longueurs décroissantes, la plus longue ayant 286 versets (Sourate S. 2), les plus brèves 3 versets seulement. Leurs titres ont été fixés, des siècles après, la mort du Prophète; certains diffèrent notamment dans les éditions égyptiennes et indo-pakistanaise du Coran. La plupart du temps le titre consiste en un mot clé qui aidera le lecteur à se retrouver plus facilement dans sa lecture. De nos jours les citations sont faites par les orientalistes à partir des numéros des Sourates et de leurs versets. Quelques musulmans lettrés connaissent le Coran par coeur et sont en mesure de réciter n'importe lequel de ses versets à partir de ses premiers mots (ce que ne peut faire un chrétien à partir de la Bible, somme monumentale de la parole de Dieu).

Le lecteur moderne (non-musulman) se heurte à une autre difficulté. Le classement des Sourates n'a aucun rapport avec l'ordre chronologique de leur révélation. Celui-ci a été déterminé, dès les premiers siècles après la mort du Prophète, par les musulmans soucieux de reconstituer sa vie. La tradition distingue les Sourates selon qu'elles auraient été révélées à la Mecque de 610 à 622, ou à Médine de 622 à 632; la datation de plusieurs d'entre elles demeure discutée.

La lecture du Coran, dans l'ordre chronologique (de la « révélation ») de ses Sourates est édifiante quelque soit le classement suivi. L'édition égyptienne du Coran publiée en 1923 propose l'ordre chronologique que voici (les versets entre parenthèses sont censés appartenir à une époque différente) :

96, 68 (17-33, 48-50, Médine) 73 (10-1, 20, Médine), 74, 1, 111, 81, 87, 92, 89, 93, 94, 103, 100, 108, 102,107, 109, 105, 113, 114, 112, 53, 80, 97, 91, 85, 106, 101, 75, 104, 77 (48, Médine), 50 (38, Médine), 90, 86, 54 (54-6, Médine), 38, 7 (163-70, Médine), 72, 36 (45, Médine), 25 (68-70, Médine), 35, 19 (58, 71, Médine), 20 (130-1, Médine), 56 (71-2, Médine), 26 (197, 224-7, Médine), 27, 28 (52-5, Médine ; 85, pendant l'Hégire), 17 (26, 32-3, 57, 73-80, Médine), 10 (40, 94-6, Médine), 11 (12, 17, 114, Médine), 12 (1-3, 7, Médine) 15, 6 (20, 23, 91, 114, 141, 151-3, Médine), 37, 31 (27-9, Médine), 34 (6, Médine), 39 (52-4, Médine), 40 (56-7, Médine), 41, 42 (23-5, 27, Médine), 43 (54, Médine), 44, 45 (14, Médine), 46 (10, 15, 35, Médine), 51, 88, 18 (28, 83-101, Médine), 16 (126-8, Médine), 71, 14 (28-9, Médine), 21, 23, 32 (16:20, Médine), 52, 67, 70, 78, 79, 82, 84, 30 (17, Médine) 29 (1-11, Médine), 83 - Hégire - 2 (281, plus tard), 8 (30-6, la Mecque), 3, 33, 60, 4, 99, 57, 47 (13, pendant l'Hégire), 13, 55, 76, 65, 98, 59, 24, 22, 63, 58, 49, 66, 64, 61, 62, 48, 5, 9 (128-9, la Mecque), 110.

D'autres proposent l'ordre suivant :

Premier groupe de Sourates révélées à la Mecque :

96:1-5 ; 74:1-7) ; 106 ; 93 ; 94 ; 103 ; 91 ; 107 ; 86 ; 95 ; 99 ; 101 ; 100 ; 92 ; 82 ; 87 ; 80 ; 81 ; 84 ; 79 ; 88 ; 52 ; 56 ; 69 ; 77 ; 78 ; 75 ; 55 ; 97 ; 53 ; 102 ; 96:6-19 ; 70 ; 73 ; 76 ; 83 ; 74:8-55 ; 111 ; 108 ; 104 ; 90 ; 105 ; 89 ; 85 ; 112 ; 109 ; 1 ; 113 ; 114.

La deuxième et la troisième période de l'apostolat de Muhammad comprendraient les Sourates suivantes :

51 ; 54 ; 68 ; 37 ; 71 ; 44 ; 50 ; 20 ; 26 ; 15 ; 19 ; 38 ; 36 ; 43 ; 73 ; 67 ; 23 ; 21 ; 25 ; 27 ; 18 ; 32 ; 41 ; 45 ; 17 ; 16 ; 30 ; 11 ; 14 ; 12 ; 40 ; 28 ; 39 ; 29 ; 31 ; 42 ; 10 ; 34 ; 35 ; 7 ; 46 ; 6 ; 13.

Ces trois premiers groupes auraient été révélés à la Mecque de 610 à 622.

Un quatrième groupe révélé de 622 à 632 à Médine, comporte les Sourates suivantes :

2 ; 98 ; 64 ; 62 ; 8 ; 47 ; 3 ; 61 ; 57 ; 4 ; 65 ; 59 ; 33 ; 63 ; 24 ; 58 ; 22 ; 48 ; 66 ; 60 ; 110 ; 49 ; 9 ; 5.

Toute lecture chronologique (réelle ou « révélée ») conduit à revivre l'itinéraire du Prophète pendant les vingt deux années de son « ministère » (qui révèle son « génie » politique mais non « théocratique » sauf à mêler les deux.). Ses premiers messages sont les plus courts et les plus fulgurants. Au début il est une voix qui lance son appel dans les déserts. À mesure que le nombre de ses adhérents augmente le Prophète devient le chef d'une religion théocratique dont la puissance, même au-delà de sa mort, ne cessera de grandir. Il convenait alors non seulement d'éclairer les adeptes, mais encore, et surtout, d'organiser leur vie. D'où le caractère normatif des textes révélés à Médine de 622 à 632.

On peut dire que le lecteur moderne (musulman ou non) lit le Coran à l'envers, les premières Sourates appartenant pour la plupart à la période médinoise. Il est recommandé de suivre l'usage des écoles coraniques et d'entrer dans le texte en commençant par les dernières Sourates plus brèves.

Au début de sa prédication Muhammad fait inlassablement appel à la purification, à l'amour pour Allah (contraire à l'Amour de Dieu pour l'humanité), à l'abandon des idoles dont le culte est mensonger et corrupteur : il évoque avec une obsession l'imminence de la fin du monde et du jugement dernier, chacun se dirigeant vers les délices du paradis ou l'horreur de la Géhenne. (là, rien de contraire à la Bible).

Avec le temps, la prédication de Muhammad s'enrichit de véhémentes apostrophes lancées contre ses opposants, d'abord les polythéistes arabes de la région. Puis des juifs et des chrétiens, se rendant compte que ceux-ci ne se convertiront pas à son « message ».

De là, les textes sur « le combat dans le chemin d'Allah (djihad) » d'abord comme combat intérieur (comme la Bible) puis comme combat armé contre tout non-musulman (principe adopté par des terroristes aujourd'hui).

Celui-ci attaque de front et avec une violence grandissante le milieu idolâtre contre lequel surgit l'annonce d'Allah, unique, transcendant, souverain au jour de la créance (à la résurrection) : le Prophète évoque des exemples tirés de l'histoire, notamment de la Bible, pour décrire les conséquences de tout refus opposé à Allah. Ici bas et davantage encore dans la Géhenne les effaceurs d'Allah et de son Appel seront voués au feu, dans d'éternelles tortures. Par opposition, les Amants d'Allah (ce que conteste les musulmans mais termes qui figurent dans le Coran), sur la route ascendante, sont introduits dans le Jardin d'Allah et accueillis par des houris toujours vierges : ils jouiront là d'une éternelle béatitude.

La complexité du problème résiste aux méthodes d'analyse modernes de plus en plus diversifiées et nous incite à la plus grande prudence, car les autorités de l'Islam se refusent, toujours, à toute étude critique, même philologique. Comme pour la Bible, la critique doit ici nous conduire à une plus profonde connaissance de ce texte fondateur (de l'Islam) dont il nous faudrait accepter qu'Allah seul continue de détenir le mystère, à défaut de connaître l'analyse scientifique.

Par exemple, la pierre noire, est une bombe (si elle livrait son identité, son secret) pour anéantir l'Islam.

La langue du Coran, cet arabe distinct, lisân 'arabîy mubîn, dont tout Arabe s'enorgueillit (Sourate 16:103; 26:195; 41:44), plutôt que le dialecte de Kuraïsh, semble être la « Koiné poétique » de la poésie arabe classique, telle qu'elle était en usage à la Mecque. D'éminents philologues, à la suite d'Abu 'Ubayd (838) y décèleront un grand nombre de mots empruntés au berbère, au copte, à l'éthiopien, au grec, à l'indien, au nabatéen, au persan, au soudanais, au syriaque. L'hébraïsant est surpris de constater les harmonies profondes, multiples, de la langue coranique avec l'hébreu biblique. Bien des mots employés dans le Coran ne livrent leur sève qu'au bibliste rompu à la lecture de l'hébreu, par exemple darasa, étudier ou commenter les Écritures, fâtir, créateur, dans le sens biblique de péter réhèm, fendeur ou ouvreur de matrice ­ sans compter les mots innombrables commun à la langue du Coran et à celle de la Bible, tels qu'en lisant l'arabe coranique on découvre par transparence les textes hébraïques nés d'une même inspiration. Le Coran est écrit en une prose rythmée et souvent rimée, nettement distinct des assonances de la poésie arabe. « Distincte », sa communicabilité est le chant de ce langage : il suffit d'entendre l'annonce quotidienne des muezzins pour en comprendre les pouvoirs envoûtants : l'endoctrinement.

La langue pure emprunte beaucoup à d'autres langues !

Le lecteur occidental ne comprend guère les multiples répétitions des mêmes histoires, celles d'Abraham, de Noé, de Hûd, de Salih, de Loth, de Joseph ou encore des récits de la création ou de la naissance miraculeuse de Jean-Baptiste et de Jésus. L'Arabe, comme tout Sémite, se délectent des menues variantes de ces répétitions et les comprend différemment compte tenu de leurs longueurs ou de leurs contextes différents : tout dans cette parole, adorable par essence parce que « soi disant divine », concourt au ravissement des amants de l'Islam.

Le lecteur français nourri de classicisme cherchera à classer le jaillissement de l'inspiration coranique sous des rubriques logiques. Il y découvrira un code de vie fait de règles de conduites, de lois, de définitions de devoirs au premier rang desquels se trouvent les quatre piliers de l'Islam, la prière rituelle (Sourate 11:114; 17:78,79; 2:238; 73:20; 4:103); la dîme (zakat) et l'aumône (sadaqat) (Sourate 2:271; 24:56; 9:60), le jeûne (Sourate 2:183-187); et enfin l'obligation du pèlerinage (Sourate 2:158,196).

Ces devoirs religieux sont assortis de prières dont la plus importante est la Fatiha, l'Ouvrante, assortie de Sourate en Sourate de formules liturgiques et de psaumes coraniques qui semblent faire écho à d'autres prières d'une même inspiration. Celle-ci strie le Coran de scènes dramatiques évoquant la mort, le jugement dernier, les horreurs de la Géhenne, les ravissements du paradis, ainsi que de pathétiques admonestations adressées aux idolâtres, aux Juifs, aux Chrétiens, à l'humanité entière, pour les convaincre de la vérité d'Allah, de son Prophète, de son Appel : les effacer serait se condamner au feu de la Géhenne pour l'éternité. L'adjuration pend parfois l'allure de serments qui prennent à témoin la nuit, le jour, le figuier, l'olivier, le Mont Sinaï ou le jour de la résurrection... (Sourate 92; 37; 36; 95; 103; 75; 110) (sauf que, dans la Bible, Dieu ne pouvant jurer que par plus haut que Lui, jure par Lui-Même).

Ces serments coraniques s'apparentent à des développements de style prophétique (Sourate 6,81:1-14; 82; 84; 99) qui posent, à l'occasion, des questions rhétoriques, assorties de malédictions et de menaces (Sourate 56; 84; 105; 104; 83; 85; III), où parfois se rencontre l'injonction Waïl ! quei signifie plutôt Aïe ! plutôt que par Malheur à. Pour l'essentiel le texte vise toujours à entraîner l'adhésion de l'auditeur ou du lecteur du Coran à la prédication de Muhammad, reçue directement d'Allah (ce qui est faux selon le Coran : Gabriel révèle).

L'adhérence souhaitée naît nécessairement de la lecture des signes. Là où l'occidental se heurte à des objets ou à des faits, l'oriental, voit, en tout, des Signes : la Parole révélée en est le plus important et s'écrit grâce aux ayât, ces signes descendus des ciels. Mais la terre, le ciel, le soleil, la lune, les étoiles, la pluie, le tonnerre, la foudre, le feu, l'eau, la nature toute entière sont aussi des signes que l'homme a le devoir de contempler et de comprendre afin de mieux pénétrer la vérité d'Allah et de son Prophète. (la Bible ne dit rien d'autre).

L'histoire est, elle aussi, conduite par Allah. La bien connaître permet une plus profonde pénétration du destin et des devoirs du musulman et du début à la fin est émaillées de récits puisés dans la Bible. La création des ciels et de la terre en six jours par Allah qui trône dans les ciels sur son trône de gloire est maintes fois mentionnée sans pour autant reprendre en détail le récit des premiers chapitres de la Genèse (Sourate 103; 25:59; 32:4; 9:129; 13:2; 20:5; 21:22).

Le lecteur de la Bible qu'il soit Fils d'Israël ou Chrétien sera amené à reconnaître le visage d'Elohîms sous le Nom d'Allah (?) (autant chez les juifs que les musulmans : Elohims, signifiant un des titres de Dieu est au pluriel tout comme Dieu = Père, Fils et Saint-Esprit), l'Elohîms d'Abraham, des Prophètes, de Jésus, des Apôtres et de Mûhammad qui appose son sceau pour garantir l'authenticité de leurs enseignements.

Nous ne serons donc pas surpris de retrouver dans le Coran plusieurs héros de la Bible, Adam, Noé, Lot, Abraham, Isaac, Ismaël, Jacob, Élie, Moïse, Aaron, Pharaon, Saül, David, Salomon, Jonas, Job et d'autres encore, Hamân, Hûd, Sâlih, Shu'aïb, Lukman (Sourate 31:12-9), Dû-l-Kifl, Dû-l-Qarnaïn identifié à Alexandre le Grand (Sourate 18:83,98), Idrîs identifié à Élie ou Énoch (Sourate 19:56; 21:85). D'autres histoires, celles des Dormants de la Caverne par exemple (Sourate 18:10,26) émaillent la prédication qu'elles rendent plus attrayantes, insistant toujours sur les châtiments fatalement encourus par les criminels voués au feu de la Géhenne, comme sur les récompenses paradisiaques des justes, béatifiés dans les jardins d'Allah. Si l'exhortation ou l'imprécation accompagnent toujours les récits historiques (essentiellement bibliques), la parabole n'est pas étrangère au Coran de Mûhammad comme jadis à l'Évangile de jésus, celle des deux jardins (Sourate S. 14:24,27) celle de la cité rebelle (Sourate S. 36:13,29) ou celle encore du jardin flétri (Sourate 68:17,33).

Le message originel, entendu par le cercle des compagnons de Muhammad, est mémorisé par eux de son vivant et transmis sous sa forme orale et jusqu'à nos jours, à la Maison de l'Islam. L'oralité de l'Appel, à peu près disparue en Israël et en chrétienté, demeure primordial en Islam. L'Écrit est fondateur pour les Hébreux et pour les Chrétiens (bien que ce n'est pas tout). Pour les Musulmans, il demeure un simple aide-mémoire constamment soumis au contrôle de la tradition orale, depuis la mort du Prophète et toujours vivante. L'édition du Coran considérée comme classique a été établie en Égypte dans les années 1920 à partir de la tradition orale et des Qirâ'ât qui l'étayent davantage que sur les plus anciens manuscrits du Coran, qui sont souvent divergents.

Dès l'époque d'Harun al-Rachid (766-809), des théologiens tentèrent d'élucider le rapport qui existait entre le Coran céleste gardé sur la Table auprès du trône d'Allah et celui qui fut révélé à Muhammad. Le Coran est-il créé ou incréé ? Dès le IXe siècle, mu'tazilites et hanbalites débattirent de cette question à en perdre haleine... et parfois la vie. Ibn Hanbal (780-855) soutint que le Coran était une partie de la connaissance d'Allah et qu'il était sinon incréé du moins précréé (ghaïr makhlûq). Surgit alors la polémique entre partisans de la pré-création du Coran, de son éternité ou de sa non-éternité, « Allah n'ayant jamais parlé et ne parlant pas ».

Pour tous (musulmans) cependant, éternel ou non, le Coran est inimitable (i'djaz) (zarma), son inimitabilité étant aux yeux même des contemporains de Muhammad, la preuve irréfutable de sa perfection et de son authenticité divine. Ces pensées nourrissent la méditation comme le genre de vie des musulmans. Un hébreu, un chrétien n'auront aucun scrupule à mettre entre les mains d'un Musulman un exemplaire de la Tora ou du Nouveau Testament. (cela est le « discours officiel » mais la pratique journalière est toute autre : remettez un évangile dans les mains d'un juif : il vous le rendra vous disant qu'il a lu. Remettez un évangile entre les mains d'un musulman : il ne vous le rendra jamais ! Comme il ne peut le conserver par rapport à ses coreligionnaires : il le détruit !) L'inverse n'est pas toujours vrai : aux yeux de certains musulmans un infidèle touchant le Coran commettrait déjà un sacrilège.

Dès ses origines, cette religion donna naissance à une civilisation nouvelle, créatrice de valeurs, de sciences et d'oeuvres artistiques nouvelles qui enrichissent, à peine née, le patrimoine commun de l'humanité.

Malheureusement, aujourd'hui, c'est une régression !

Plus d'une fois, j'entends des chrétiens ou même des hébreux me poser la question suivante : puisque la Bible hébraïque et le Nouveau Testament existent, pourquoi le Coran ? La réponse à cette interrogation se trouve dans l'histoire. Lorsque Muhammad apparaît, le judaïsme comme le christianisme sont en pleine crise, dans le monde entier, et plus spécialement peut-être en Arabie. Les minuscules communautés rivales de Juifs et de Chrétiens établies à la Mecque ou à Médine sont loin de représenter alors les plus hautes valeurs de leurs religions. Les Hébreux viennent de clore en Palestine et en Mésopotamie la rédaction du Talmud. Les épreuves de leur Exil subi depuis le premier siècle, leur laisse à peine assez de force pour se survivre, en se refermant sur eux-mêmes afin de préserver leurs racines. Ils doivent se défendre contre le polythéisme triomphant en Arabie et contre la tentation du christianisme.

En 632, quand Muhammad s'éteint à Médine, la chrétienté est veuve de ses plus grands docteurs : Augustin a écrit sa Cité de Dieu en 420, Saint Benoît a composé sa Règle ayant fondé le Monastère du Mont Cassin vers 530; Grégoire le Grand est mort en 604, six ans avant que Muhammad ne reçoive sa première illumination. Le monde est dominé par Héraclius enpereur des Romains de 610 à 641 tandis que Kosroès II, roi d'Iran, règne à Antioche en 610 et à Jérusalem en 614. L'Arabie est spirituellement un désert dont la carte de cette époque reste à peu près inconnue de nous. La voix de Muhammad, en se faisant entendre, entre en concurrence avec les polythéistes triomphants davantage qu'avec les chrétiens et les juifs, certainement marginalisés en Arabie, notamment à la Mecque, au Hidjaz, le long de la mer Rouge, la patrie du Prophète.

Celui-ci naît ainsi dans un pays désertique que sa prédication reflète. Il se dresse d'abord contre les Arabes idolâtres, polythéistes qui adoraient en leurs temples de multiples divinités réunies dans la Ka'bat, cette Maison d'Allah, un cube haut de 15 mètres sur 12 de longueur et 10 de largeur, qui demeure de nos jours le premier centre spirituel de l'Islam.

Installé à Médine depuis 622, Muhammad, le Prophète d'Allah, à la tête de 300 soldats de l'Islam remporte une première victoire sur les polythéistes au nombre d'un millier en 624, à Badr (Sourate S. 3:121,127). En 625, les musulmans subissent la défaite de Uhud, où Muhammad est blessé et son oncle Hamza tué (Sourate 3:165-172).

La bataille du Fossé, en 627, marque l'événement principal qui ouvre la voie à la conquête de l'Arabie par les soldats de l'Islam, au nombre de 10000, commandés par Abu Saïfan. La conquête de l'oasis fortifiée de Khaïbar prise aux juifs, en 629, précède l'occupation de la Mecque et la destruction en 630 de ses 360 idoles ainsi que les statues de Manât à Muchallal et de Al-'Uzzâ à Nakla (les filles d'Allah).

Abu Bakr parachève en 631 la conquête de l'Arabie par l'Islam triomphant. En 632, an 10 de l'Hégire, les Chrétiens se soumettent à leur tour obtenant, contre paiement d'un tribut, la djizyat, le statut de protégés, ou dimmis, qu'ils partageront avec les Juifs et les Chrétiens dans les « Tentes de l'Écrit », où se reconnaissent les fidèles des religions révélées. Sa mission accomplie (Sourate S. 5:3), rongé de fièvre, Muhammad s'éteint auprès de 'Aïsha, son épouse préférée, le lundi 8 juin 632.

Avec la même insistance que la Bible et que le Nouveau Testament, le Coran annonce à ses centaines de millions d'adeptes l'absolue transcendance d'Allah. Il authentifie par la bouche de Muhammad l'héritage spirituel d'Ibrâhim, l'Abraham de la Bible, de Mûssa le Moïse de l'Exode, des Prophètes d'Israël comme de 'Issa-Jésus et de ses Apôtres, annonciateurs de l'Unique (Allah) en ses vertus de paix et de justice : ce qui est évidemment faux.

Et il faut aller sur la personnalité, et la divinité, de Jésus, ce que l'Islam nie et même la crucifixion de Jésus, mais aussi vers l'ange Gabriel, cité dans la Bible juive et dans la Bible chrétienne et... dans le Coran !

Sous bien des sourates, le Coran reconnaît la supériorité de Jésus sur Mûhammad, et même au travers de ces textes : la divinité de Jésus. Mais les musulmans, aussi, ne connaissent pas bien leur écriture !

Michel Roumila

Source : Vivre pour la Vérité