Bible J.N. Darby (1885)

Le Livre des Petits Prophètes

HABAKUK
1:1
L'oracle qu'a vu Habakuk, le prophète.*

— v. 1 : date : A.C. 615, environ (?).

1:2
Jusques à quand, Éternel, crierai-je, et tu n'entendras pas ? Je crie à toi : Violence ! et tu ne sauves pas.

1:3
Pourquoi me fais-tu voir l'iniquité, et contemples-tu l'oppression ? La dévastation et la violence sont devant moi, et il y a contestation, et la discorde s'élève.

1:4
C'est pourquoi la loi reste impuissante, et le juste jugement ne vient jamais au jour* ; car le méchant cerne le juste ; c'est pourquoi le jugement sort perverti.

— v. 4 : litt. : ne sort jamais.

1:5
Voyez parmi les nations, et regardez, et soyez stupéfaits ; car je ferai en vos jours une oeuvre que vous ne croirez pas, si elle [vous] est racontée.

1:6
Car voici, je suscite les Chaldéens, la nation cruelle et impétueuse, qui marche par la largeur de la terre pour prendre possession de domiciles qui ne lui appartiennent pas.

1:7
Elle est formidable et terrible ; son jugement et sa dignité procèdent d'elle-même.

1:8
Ses chevaux sont plus rapides que les léopards, plus agiles que les loups du soir ; et ses cavaliers s'élancent* fièrement, et ses cavaliers viennent de loin : ils volent comme l'aigle se hâte pour dévorer.

— v. 8 : ou : se répandent.

1:9
Ils viennent tous pour la violence ; leurs faces sont toutes ensemble* tournées en avant ; ils rassemblent les captifs comme le sable.

— v. 9 : litt. : la foule (selon d'autres : le désir) de leurs faces.

1:10
Et il se moque des rois, et les princes lui sont une risée ; il se rit de toutes les forteresses : il entassera de la poussière et les prendra.

1:11
Alors il changera de pensée*, et passera outre et péchera : cette puissance qu'il a, est devenue son dieu ! —

— v. 11 : litt. : esprit, état d'âme

1:12
Toi, n'es-tu pas de toute ancienneté, Éternel, mon Dieu, mon Saint ? Nous ne mourrons pas ! Ô Éternel, tu l'as établi pour le jugement, et tu l'as fondé, ô Rocher, pour châtier.

1:13
Tu as les yeux trop purs pour voir le mal, et tu ne peux contempler l'oppression. Pourquoi contemples-tu ceux qui agissent perfidement, [et] gardes-tu le silence quand le méchant engloutit celui qui est plus juste que lui ?

1:14
Tu rends aussi les hommes comme les poissons de la mer, comme la bête rampante qui n'a personne qui la gouverne.

1:15
Il les fait tous monter avec l'hameçon ; il les tire dans son filet, et les rassemble dans son rets ; c'est pourquoi il se réjouit et s'égaie :

1:16
c'est pourquoi il sacrifie à son filet, et brûle de l'encens à son rets, parce que, par leur moyen, sa portion est grasse et sa nourriture succulente.

1:17
Videra-t-il pour cela son filet, et égorgera-t-il toujours les nations, sans épargner ?

2:1
 * Je me placerai en observation et je me tiendrai sur la tour, et je veillerai pour voir ce qu'il me dira, et ce que je répliquerai quand il contestera avec moi.

2:2
Et l'Éternel me répondit et dit : Écris la vision et grave-la sur des tablettes, afin que celui qui la lit puisse courir.

2:3
Car la vision est encore pour un temps déterminé, et elle parle de la fin, et ne mentira pas. Si elle tarde, attends-la, car elle viendra sûrement, elle ne sera pas différée.

2:4
Voici, son âme enflée d'orgueil n'est pas droite en lui ; mais le juste vivra par sa foi.

2:5
Et bien plus, le vin est perfide* ; [cet] homme est arrogant et ne se tient pas tranquille, lui qui élargit son désir comme le shéol, et est comme la mort, et ne peut être rassasié ; et il rassemble vers lui toutes les nations, et recueille vers lui tous les peuples.

— v. 5 : ou : insolent.

2:6
Tous ceux-ci ne proféreront-ils pas sur lui un proverbe, et une allégorie [et] des énigmes contre lui ? Et ils diront : Malheur à qui accumule ce qui n'est pas à lui : ... jusques à quand ? — et qui se charge d'un fardeau de gages*!

— v. 6 : signifie aussi : de boue épaisse ; il y a un jeu de mots.

2:7
Ne se lèveront-ils pas subitement, ceux qui te mordront ? et ne s'éveilleront-ils pas, ceux qui te tourmenteront ? et tu seras leur proie.

2:8
Car tu as pillé beaucoup de nations, [et] tout le reste des peuples te pillera, à cause du sang des hommes et de la violence [faite] au pays, à la ville, et à tous ceux qui y habitent.

2:9
Malheur à qui fait un gain inique pour sa maison, afin de placer haut son nid, pour échapper à la main du malheur.

2:10
Tu as pris conseil pour [couvrir de] honte ta maison, pour détruire beaucoup de peuples, et tu as péché contre ta propre âme.

2:11
Car de la muraille, la pierre crie, et de la charpente, le chevron répond !

2:12
Malheur à celui qui bâtit une ville avec du sang et qui établit une cité sur l'iniquité !

2:13
Voici, n'est-ce pas de par l'Éternel des armées que les peuples travaillent pour le feu, et que les peuplades se lassent pour néant ?

2:14
Car la terre sera pleine de la connaissance de la gloire de l'Éternel, comme les eaux couvrent [le fond de] la mer.

2:15
Malheur à celui qui donne à boire à son prochain, — à toi qui verses ton outre*, et qui aussi enivres, afin que tu regardes leur nudité !

— v. 15 : quelques-uns : ta fureur.

2:16
Tu t'es rassasié d'ignominie plus que de gloire* ; bois, toi aussi, et découvre ton incirconcision ! La coupe de la droite de l'Éternel s'est tournée vers toi, et il y aura un honteux vomissement sur ta gloire.

— v. 16 : ou : au lieu de gloire, ou : en perdant la gloire.

2:17
Car la violence [faite] au Liban te couvrira, et la destruction qui effraya les bêtes, à cause du sang des hommes, et de la violence [faite] au pays*, à la ville et à tous ceux qui y habitent.

— v. 17 : ou : la terre.

2:18
De quel profit est l'image taillée, que l'ouvrier l'ait taillée ? [A quoi sert] l'image de fonte, enseignant le mensonge, pour que l'ouvrier se confie en sa propre oeuvre pour faire des idoles muettes ?

2:19
Malheur à celui qui dit au bois : Réveille-toi ! — à la pierre muette : Lève-toi ! Elle, elle enseignerait ? Voici, elle est plaquée d'or et d'argent, et il n'y a aucun souffle au dedans d'elle.

2:20
L'Éternel est dans le palais* de sa sainteté :... que toute la terre fasse silence devant lui !

— v. 20 : ou : temple.

3:1
 * Prière de Habakuk, le prophète. Sur Shiguionoth*.

— v. 1 : pluriel de Shiggaïon, comparer Psaumes 7.

3:2
Ô Éternel, j'ai entendu ce que tu as déclaré, [et] j'ai eu peur. Éternel, ravive ton oeuvre au milieu des années ; au milieu des années, fais-la connaître. Dans la colère, souviens-toi de la miséricorde !

3:3
 Dieu* vint de Théman, et le Saint, de la montagne de Paran. Sélah. Sa magnificence couvre les cieux, et sa louange remplit la terre ;

— v. 3 : hébreu : Éloah.

3:4
Et sa splendeur était comme la lumière : des rayons* lui jaillissaient de la main ; et là se cachait sa force.

— v. 4 : litt. cornes ; peut-être : des éclairs.

3:5
La peste marchait devant lui, et une flamme ardente sortait sous ses pas.

3:6
Il se tint là et mesura* la terre, il regarda et mit en déroute les nations ;
Et les montagnes antiques furent brisées en éclats, les collines éternelles s'affaissèrent. Ses voies sont éternelles.

— v. 6 : ou : fit trembler.

3:7
 * Je vis les tentes de Cushan dans l'affliction ; les tentures du pays de Madian tremblèrent.

3:8
Est-ce contre les rivières que s'irrita l'Éternel ? ou contre les rivières que fut ta colère ? contre la mer, ta fureur, que tu fusses monté sur tes chevaux, [sur] tes chars de salut ?

3:9
Ton arc était mis à nu,... les verges [de jugement] jurées par [ta] parole. Sélah. Tu fendis la terre par des rivières.

3:10
Les montagnes te virent, elles tremblèrent ; des torrents d'eau passèrent, l'abîme fit retentir sa voix ; il leva ses mains en haut.

3:11
Le soleil, la lune, s'arrêtèrent dans leur demeure à la lumière de tes flèches qui volaient, à la splendeur de l'éclair de ta lance.

3:12
Tu parcourus le pays avec indignation, tu foulas les nations avec colère.

3:13
Tu sortis pour le salut de ton peuple, pour le salut de ton oint ; tu brisas le faîte* de la maison du méchant, mettant à nu les fondements jusqu'au cou. Sélah.

— v. 13 : litt. : la tête.

3:14
Tu transperças de ses propres traits la tête de ses chefs* : ils arrivaient comme un tourbillon pour me disperser, leur joie était comme de dévorer l'affligé en secret.

— v. 14 : selon d'autres : les chefs de ses hordes.

3:15
Tu traversas la mer avec tes chevaux, l'amas de grandes eaux.

3:16
 * J'entendis, et mes entrailles* tremblèrent ; à la voix [que j'ouïs] mes lèvres frémirent, la pourriture entra dans mes os, et je tremblai sous moi-même, pour que j'eusse du repos au jour de la détresse, quand montera contre le peuple celui qui l'assaillira**.

— v. 16* : hébreu : mon ventre.
— v. 16** : ou : quand il montera contre le peuple qui nous asaillira.


3:17
 * Car le figuier ne fleurira pas, et il n'y aura point de produit dans les vignes ; le travail de l'olivier mentira, et les campagnes ne produiront pas de nourriture ; les brebis manqueront dans le parc, et il n'y aura pas de boeufs dans les étables ;

3:18
Mais moi, je me réjouirai en l'Éternel, je m'égayerai dans le Dieu de mon salut.

3:19
L'Éternel, le Seigneur, est ma force ; il rendra mes pieds pareils à ceux des biches, et il me fera marcher sur mes lieux élevés. Au chef de musique. Sur Neguinoth*.

— v. 19 : ou : instruments à cordes.