Bible J.N. Darby (1885)
Le LIVRE de JOB
- 1:1
- Il y avait dans le pays d'Uts un homme dont le nom était Job ; et cet homme était parfait* et droit, craignant Dieu et se retirant du mal.
— v. 1 : complet, à qui rien ne manque ; comparer 2 Samuel 22:24.
- 1:2
- Et il lui naquit sept fils et trois filles ;
- 1:3
- et il possédait sept mille brebis*, et trois mille chameaux, et cinq cents paires de boeufs, et cinq cents ânesses ; et [il avait] un très grand nombre de serviteurs ; et cet homme était plus grand que tous les fils de l'orient.
— v. 3 : et chèvres.
- 1:4
- Et ses fils allaient et faisaient un festin, chacun dans [sa] maison, à son jour ; et ils envoyaient appeler leurs trois soeurs pour manger et pour boire avec eux.
- 1:5
- Et il arrivait que, quand les jours de festin étaient terminés, Job envoyait [vers eux] et les sanctifiait : il se levait de bonne heure le matin et offrait des holocaustes selon leur nombre à tous, car Job disait : Peut-être mes fils ont-ils péché et ont-ils maudit Dieu dans leurs coeurs. Job faisait toujours ainsi.
- 1:6
- Or, un* jour, il arriva que les fils de Dieu vinrent se présenter devant l'Éternel, et Satan** aussi vint au milieu d'eux.
— v. 6* : litt. : le ; comparer 2 Rois 4:18.
— v. 6** : litt. : le Satan, c.-à-d. l'adversaire.
- 1:7
- Et l'Éternel dit à Satan : D'où viens-tu ? Et Satan répondit à l'Éternel et dit : De courir çà et là sur la terre et de m'y promener.
- 1:8
- Et l'Éternel dit à Satan : As-tu considéré mon serviteur Job, qu'il n'y a sur la terre aucun homme comme lui, parfait et droit, craignant Dieu, et se retirant du mal ?
- 1:9
- Et Satan répondit à l'Éternel et dit : Est-ce pour rien que Job craint Dieu ?
- 1:10
- Ne l'as-tu pas, toi, entouré de toutes parts d'une haie de protection, lui, et sa maison, et tout ce qui lui appartient ? Tu as béni le travail de ses mains, et tu as fait abonder son avoir sur la terre.
- 1:11
- Mais étends ta main et touche à tout ce qu'il a : [tu verras] s'il ne te maudit pas en face.
- 1:12
- Et l'Éternel dit à Satan : Voici, tout ce qu'il a est en ta main, seulement tu n'étendras pas ta main sur lui. Et Satan sortit de la présence de l'Éternel.
- 1:13
- Et, un jour, il arriva que ses fils et ses filles mangeaient et buvaient du vin dans la maison de leur frère premier-né ;
- 1:14
- et un messager vint à Job et dit : Les boeufs labouraient et les ânesses paissaient auprès d'eux,
- 1:15
- et ceux de Sheba sont tombés [sur eux] et les ont pris, et ils ont frappé les jeunes hommes par le tranchant de l'épée ; et j'ai échappé, moi seul, pour te l'annoncer.
- 1:16
- Celui-ci parlait encore, qu'un autre vint et dit : Le feu de Dieu est tombé du ciel et a brûlé les brebis et les jeunes hommes, et les a consumés ; et j'ai échappé, moi seul, pour te l'annoncer.
- 1:17
- Celui-ci parlait encore, qu'un autre vint et dit : Les Chaldéens ont formé trois bandes, et se sont jetés sur les chameaux et les ont pris, et ils ont frappé les jeunes hommes par le tranchant de l'épée ; et j'ai échappé, moi seul, pour te l'annoncer.
- 1:18
- Celui-ci parlait encore, qu'un autre vint et dit : Tes fils et tes filles mangeaient et buvaient du vin dans la maison de leur frère premier-né,
- 1:19
- et voici, un grand vent est venu de delà le désert et a donné contre les quatre coins de la maison, et elle est tombée sur les jeunes gens et ils sont morts ; et j'ai échappé, moi seul, pour te l'annoncer.
- 1:20
- Et Job se leva, et déchira sa robe, et rasa sa tête, et se jeta à terre et se prosterna.
- 1:21
- Et il dit : Nu je suis sorti du sein de ma mère, et nu j'y retournerai ; l'Éternel a donné, et l'Éternel a pris ; que le nom de l'Éternel soit béni !
- 1:22
- En tout cela Job ne pécha pas, et n'attribua rien à Dieu qui fût inconvenable*.
— v. 22 : ou : et ne proféra rien d'inconvenant contre Dieu.
- 2:1
- Or, un jour, il arriva que les fils de Dieu vinrent se présenter devant l'Éternel, et Satan aussi vint au milieu d'eux se présenter devant l'Éternel.
- 2:2
- Et l'Éternel dit à Satan : D'où viens-tu ? Et Satan répondit à l'Éternel et dit : De courir çà et là sur la terre et de m'y promener.
- 2:3
- Et l'Éternel dit à Satan : As-tu considéré mon serviteur Job, qu'il n'y a sur la terre aucun homme comme lui, parfait et droit, craignant Dieu, et se retirant du mal ? Et encore il reste ferme dans sa perfection, alors que tu m'as incité contre lui pour l'engloutir sans cause.
- 2:4
- Et Satan répondit à l'Éternel et dit : Peau pour peau, et tout ce qu'un homme a, il le donnera pour sa vie ;
- 2:5
- mais étends ta main et touche à ses os et à sa chair : [tu verras] s'il ne te maudit pas en face.
- 2:6
- Et l'Éternel dit à Satan : Le voilà entre tes mains, seulement épargne sa vie.
- 2:7
- Et Satan sortit de la présence de l'Éternel ; et il frappa Job d'un ulcère malin, depuis la plante de ses pieds jusqu'au sommet de sa tête.
- 2:8
- Et il prit un tesson pour s'en gratter, et il était assis dans la cendre.
- 2:9
- Et sa femme lui dit : Restes-tu encore ferme dans ta perfection ? Maudis Dieu et meurs.
- 2:10
- Et il lui dit : Tu parles comme parlerait l'une des insensées ; nous avons reçu le bien aussi de la part de Dieu, et nous ne recevrions pas le mal ? En tout cela Job ne pécha point de ses lèvres.
- 2:11
- Et trois amis de Job apprirent tout ce mal qui lui était arrivé et vinrent chacun de son lieu, Éliphaz, le Thémanite, et Bildad, le Shukhite, et Tsophar, le Naamathite ; et ils s'entendirent ensemble pour venir le plaindre et le consoler.
- 2:12
- Et ils levèrent les yeux de loin, et ils ne le reconnurent pas ; et ils élevèrent leur voix et pleurèrent, et ils déchirèrent chacun sa robe et répandirent de la poussière sur leurs têtes [en la jetant] vers les cieux.
- 2:13
- Et ils s'assirent avec lui à terre sept jours et sept nuits, et nul ne lui dit une parole, car ils voyaient que sa douleur était très grande.
- 3:1
- * Après cela, Job ouvrit sa bouche et maudit son jour.
- 3:2
- Et Job prit la parole et dit :
- 3:3
- Périsse le jour auquel je naquis, et la nuit qui dit : Un homme a été conçu !
- 3:4
- Ce jour-là, qu'il soit ténèbres ; que †Dieu* ne s'en enquière pas d'en haut, et que la lumière ne resplendisse pas sur lui !
— v. 4 : hébreu : Éloah ; voir note à Deutéronome 32:15.
- 3:5
- Que les ténèbres et l'ombre de la mort le réclament ; que les nuées demeurent sur lui ; que ce qui assombrit les jours le terrifie !
- 3:6
- Cette nuit-là, que l'obscurité s'en empare ; qu'elle ne se réjouisse point parmi les jours de l'année, qu'elle n'entre pas dans le nombre des mois !
- 3:7
- Voici, que cette nuit-là soit stérile ; que les cris de joie n'y entrent pas !
- 3:8
- Que ceux qui maudissent le jour la maudissent, ceux qui sont prêts à réveiller Léviathan !
- 3:9
- Que les étoiles de son crépuscule soient obscurcies ; qu'elle attende la lumière, et qu'il n'y en ait point, et qu'elle ne voie pas les cils de l'aurore !
- 3:10
- Parce qu'elle n'a pas fermé les portes du sein qui m'a porté*, et n'a pas caché la misère de devant mes yeux.
— v. 10 : litt. : de mon sein.
- 3:11
- * Pourquoi ne suis-je pas mort dès la matrice, n'ai-je pas expiré quand je sortis du ventre ?
- 3:12
- Pourquoi les genoux m'ont-ils rencontré, et pourquoi les mamelles, pour les téter ?
- 3:13
- Car maintenant je serais couché et je serais tranquille, je dormirais : alors j'aurais du repos,
- 3:14
- Avec les rois et les conseillers de la terre qui se bâtissent des solitudes*,
— v. 14 : ou : qui rebâtissent des édifices ruinés.
- 3:15
- Ou avec les princes qui ont de l'or, qui ont rempli d'argent leurs maisons ;
- 3:16
- Ou, comme un avorton caché, je n'aurais pas été, — comme les petits enfants qui n'ont pas vu la lumière.
- 3:17
- Là, les méchants ont cessé leur tumulte, et là ceux dont les forces sont épuisées par la fatigue sont en repos ;
- 3:18
- Les prisonniers demeurent ensemble tranquilles, ils n'entendent pas la voix de l'exacteur ;
- 3:19
- Là sont le petit et le grand, et le serviteur libéré de son maître.
- 3:20
- * Pourquoi la lumière est-elle donnée au misérable, et la vie à ceux qui ont l'amertume dans l'âme,
- 3:21
- À ceux qui attendent la mort, et elle n'est pas là, — qui la cherchent plus que des trésors cachés,
- 3:22
- Qui se réjouissent jusqu'aux transports [et] sont dans l'allégresse, parce qu'ils* ont trouvé le sépulcre, —
— v. 22 : ou : lorsqu'ils.
- 3:23
- À l'homme de qui le chemin est caché et que †Dieu a enfermé de toutes parts ?
- 3:24
- Car mon gémissement vient avant mon pain, et mes rugissements débordent comme des eaux.
- 3:25
- Car j'ai eu une crainte, et elle est venue sur moi, et ce que j'appréhendais m'est arrivé.
- 3:26
- Je n'étais pas en sécurité, et je n'étais pas tranquille ni en repos, et le trouble est venu.
- 4:1
- * Et Éliphaz, le Thémanite, répondit et dit :
- 4:2
- Si nous essayons de t'adresser une parole, en seras-tu irrité ? Mais qui pourrait se retenir de parler ?
- 4:3
- Voici, tu en as enseigné beaucoup, et tu as fortifié les mains languissantes ;
- 4:4
- Tes paroles ont tenu droit celui qui chancelait, et tu as affermi les genoux qui ployaient ;
- 4:5
- Mais maintenant [le malheur] est venu sur toi, et tu es irrité ; il t'atteint, et tu es troublé.
- 4:6
- Ta crainte [de Dieu] n'est-elle pas ta confiance, et l'intégrité* de tes voies, ton espérance ?
— v. 6 : litt. : perfection ; voir la note à 1:1.
- 4:7
- * Souviens-toi, je te prie, qui a péri étant innocent ? et où les hommes droits ont-ils été détruits ?
- 4:8
- Selon ce que j'ai vu, ceux qui labourent l'iniquité et qui sèment la misère, la moissonnent.
- 4:9
- Ils périssent par le souffle de †Dieu, et sont consumés par le souffle de ses narines.
- 4:10
- Le rugissement du lion et la voix du [lion] rugissant [sont étouffés], et les dents des jeunes lions sont brisées ;
- 4:11
- Le fort lion périt faute de proie, et les petits de la lionne sont dispersés.
- 4:12
- * Une parole vint à moi secrètement, et mon oreille en saisit la susurration,
- 4:13
- Au milieu des pensées que font naître les visions de la nuit, quand un sommeil profond tombe sur les hommes ;
- 4:14
- La frayeur vint sur moi, et le frisson, et elle fit trembler la multitude de mes os ;
- 4:15
- Et un esprit passa devant moi : les cheveux de ma chair se dressèrent.
- 4:16
- Il se tint là ; je ne reconnus pas son apparence : une forme était devant mes yeux. J'entendis un léger murmure et une voix :
- 4:17
- Un mortel sera-t-il plus juste que †Dieu, l'homme sera-t-il plus pur que celui qui l'a fait ?
- 4:18
- Voici, il ne se fie pas à ses serviteurs, et ses anges il les charge de folie ;
- 4:19
- Combien plus à ceux qui habitent dans des maisons d'argile dont le fondement est dans la poussière, qui sont écrasés comme la teigne !
- 4:20
- Du matin au soir, ils sont frappés ; ils périssent pour toujours sans qu'on y fasse attention.
- 4:21
- Leurs cordes* ne leur sont-elles pas arrachées ? Ils meurent, et sans sagesse.
— v. 21 : les cordes qui retiennent une tente ; comparer Ésaïe 33:20.
- 5:1
- Crie donc ! y a-t-il quelqu'un qui te réponde ? Et vers lequel des saints te tourneras-tu ?
- 5:2
- Car le chagrin fait mourir le sot, et la jalousie* tue le simple.
— v. 2 : ou : la colère.
- 5:3
- J'ai vu le sot s'enraciner, et soudain j'ai maudit sa demeure ;
- 5:4
- Ses fils sont loin de la sûreté, et sont écrasés dans la porte, et il n'y a personne pour délivrer ;
- 5:5
- Sa moisson, l'affamé la mange, et jusque parmi les épines il la prend ; et le piège guette son bien.
- 5:6
- Car l'affliction ne sort pas de la poussière, et la misère ne germe pas du sol;
- 5:7
- Car l'homme est né pour la misère, comme les étincelles* volent en haut.
— v. 7 : litt. : les fils de la flamme.
- 5:8
- Mais moi je rechercherai *Dieu*, et devant Dieu je placerai ma cause, —
— v. 8 : hébreu : El ; voir la note à Genèse 14:18.
- 5:9
- Qui fait de grandes choses qu'on ne peut sonder, des merveilles à ne pouvoir les compter ;
- 5:10
- Qui donne la pluie sur la face de la terre, et envoie des eaux sur la face des campagnes,
- 5:11
- Plaçant en haut ceux qui sont abaissés ; et ceux qui sont en deuil sont élevés au bonheur.
- 5:12
- Il dissipe les projets des hommes rusés, et leurs mains n'accomplissent pas leurs conseils.
- 5:13
- Il prend les sages* dans leur ruse, et le conseil des astucieux est précipité** :
— v. 13* : ou : habiles.
— v. 13** : ou : renversé.
- 5:14
- De jour, ils rencontrent les ténèbres, et en plein midi ils marchent à tâtons, comme de nuit.
- 5:15
- Et il sauve le pauvre de l'épée, de leur bouche, et de la main du fort ;
- 5:16
- Et il arrive au chétif ce qu'il espère, et l'iniquité a la bouche fermée.
- 5:17
- * Voici, bienheureux l'homme que †Dieu reprend ! Ne méprise donc pas le châtiment du Tout-puissant.
- 5:18
- Car c'est lui qui fait la plaie et qui la bande ; il frappe, et ses mains guérissent.
- 5:19
- En six détresses il te délivrera, et, dans sept, le mal ne t'atteindra pas.
- 5:20
- Dans la famine il te délivrera de la mort, et, dans la guerre, de la puissance* de l'épée.
— v. 20 : litt. : des mains.
- 5:21
- Tu seras à couvert du fouet de la langue, et tu ne craindras pas le désastre quand il viendra.
- 5:22
- Tu te riras du désastre et de la faim, et tu n'auras pas peur des bêtes de la terre ;
- 5:23
- Car tu auras une alliance avec les pierres des champs, et les bêtes des champs seront en paix avec toi.
- 5:24
- Tu sauras que ta tente est prospère, tu visiteras ta demeure* et tu n'y trouveras rien de manque,
— v. 24 : ou : tes parcs.
- 5:25
- Et tu sauras que ta postérité est nombreuse, et tes rejetons, comme l'herbe de la terre.
- 5:26
- Tu entreras au sépulcre en bonne vieillesse, comme on enlève le tas de gerbes en sa saison.
- 5:27
- Voici, nous avons examiné cela ; il en est ainsi. Écoute-le, et sache-le pour toi-même.
- 6:1
- Et Job répondit et dit : Oh ! si mon chagrin était bien pesé,
- 6:2
- et si on mettait toute* ma calamité dans la balance !
— v. 2 : litt. : ensemble.
- 6:3
- Car maintenant elle pèserait plus que le sable des mers ; c'est pourquoi mes paroles sont outrées ;
- 6:4
- Car les flèches du Tout-puissant sont en moi, leur venin boit mon esprit ; les frayeurs de †Dieu se rangent en bataille contre moi.
- 6:5
- L'âne sauvage brait-il auprès de l'herbe ? Le boeuf mugit-il auprès de son fourrage ?
- 6:6
- Ce qui est insipide, le mange-t-on sans sel ? Y a-t-il de la saveur dans le blanc d'un oeuf ?
- 6:7
- Ce que mon âme refusait de toucher est comme* ma dégoûtante nourriture.
— v. 7 : ou : est devenu comme.
- 6:8
- * Oh ! si ma demande s'accomplissait, et si †Dieu m'accordait mon désir,
- 6:9
- S'il plaisait à †Dieu de m'écraser, de lâcher sa main et de me retrancher !
- 6:10
- Alors il y aurait encore pour moi une consolation, et, dans la douleur qui ne m'épargne pas, je me réjouirais de ce que je* n'ai pas renié les paroles du Saint.
— v. 10 : ou : car je.
- 6:11
- Quelle est ma force pour que j'attende, et quelle est ma fin pour que je patiente ?
- 6:12
- Ma force est-elle la force des pierres ? Ma chair est-elle d'airain ?
- 6:13
- N'est-ce pas qu'il n'y a point de secours en moi, et que toute capacité est chassée loin de moi ?
- 6:14
- * À celui qui est défaillant est due la miséricorde de la part de son ami, sinon il abandonnera la crainte du Tout-Puissant.
- 6:15
- Mes frères m'ont trahi comme un torrent, comme le lit des torrents qui passent,
- 6:16
- Qui sont troubles à cause des glaces, dans lesquels la neige se cache ;
- 6:17
- Au temps où ils se resserrent* ils tarissent, quand la chaleur les frappe ils disparaissent de leur lieu :
— v. 17 : c.-à-d. à l'époque de leur baisse
- 6:18
- Ils serpentent dans les sentiers de leur cours, ils s'en vont dans le désert, et périssent.
- 6:19
- Les caravanes de Théma les cherchaient du regard, les voyageurs de Sheba s'attendaient à eux ;
- 6:20
- Ils ont été honteux de leur confiance ; ils sont venus là, et ont été confondus.
- 6:21
- De même maintenant vous n'êtes rien ; vous avez vu un objet de terreur, et vous vous êtes effrayés.
- 6:22
- Ai-je dit : Donnez-moi, et de votre richesse faites-moi des présents,
- 6:23
- Et délivrez-moi de la main de l'oppresseur, et rachetez-moi de la main
des terribles ?
- 6:24
- * Enseignez-moi, et je me tairai ; et faites-moi comprendre en quoi je me trompe.
- 6:25
- Combien sont puissantes les paroles justes ! Mais la censure de votre part que reprend-elle ?
- 6:26
- Songez-vous à censurer des discours ? Mais les paroles d'un désespéré ne sont faites que pour le vent.
- 6:27
- Certes, vous tombez sur l'orphelin, et vous creusez [une fosse] pour votre ami.
- 6:28
- Et maintenant, si vous voulez, regardez-moi ; vous mentirais-je donc en face ?
- 6:29
- Revenez, je vous prie ; qu'il n'y ait pas d'injustice ; oui, revenez encore : ma justice sera là.
- 6:30
- Y a-t-il de l'iniquité en ma langue ? Mon palais ne discernerait-il pas la méchanceté ?
- 7:1
- L'homme n'a-t-il pas une vie de labeur sur la terre ? Et ses jours ne sont-ils pas comme les jours d'un mercenaire ?
- 7:2
- Comme l'esclave* soupire après l'ombre, et comme le mercenaire attend son salaire,
— v. 2 : ailleurs : serviteur.
- 7:3
- Ainsi j'ai eu pour partage des mois de déception, et des nuits de misère me sont assignées.
- 7:4
- Si je me couche, alors je dis : Quand me lèverai-je et quand l'obscurité prendra-t-elle fin ? et je suis excédé d'agitations jusqu'au point du jour.
- 7:5
- Ma chair est couverte de vers et de croûtes de terre, ma peau se retire et suppure.
- 7:6
- Mes jours s'en vont plus vite qu'une navette, et finissent sans espérance.
- 7:7
- Souviens-toi que ma vie n'est qu'un souffle : mon oeil ne reverra pas le bien ;
- 7:8
- L'oeil qui me regarde ne me reverra plus ; tes yeux sont sur moi, et je ne suis plus.
- 7:9
- La nuée disparaît et s'en va ; ainsi celui qui descend au shéol* n'en remonte pas,
— v. 9 : voir Genèse 37:35.
- 7:10
- Il ne revient plus dans sa maison, et son lieu ne le reconnaît plus.
- 7:11
- * Aussi je ne retiendrai pas ma bouche ; je parlerai dans la détresse de mon esprit, je discourrai dans l'amertume de mon âme.
- 7:12
- Suis-je une mer, suis-je un monstre marin, que tu établisses des gardes autour de moi ?
- 7:13
- Quand je dis : Mon lit me consolera, ma couche allégera ma détresse,
- 7:14
- Alors tu m'effrayes par des songes, tu me terrifies par des visions,
- 7:15
- Et mon âme choisit la suffocation, — plutôt la mort que mes os :
- 7:16
- J'en suis dégoûté ; je ne vivrai pas à toujours. Laisse-moi, car mes jours sont vanité*.
— v. 16 : ici, plutôt : souffle, vapeur.
- 7:17
- * Qu'est-ce que l'homme que tu fasses grand cas de lui, et que ton coeur s'occupe de lui,
- 7:18
- Et que tu le visites chaque matin, que tu l'éprouves à tout moment ?
- 7:19
- Pourquoi ne détournes-tu pas les yeux de moi, et ne me laisses-tu pas tranquille jusqu'à ce que j'aie avalé ma salive ?
- 7:20
- J'ai péché ; — que t'ai-je fait ? Toi qui observes l'homme, pourquoi m'as-tu placé pour être l'objet de tes coups, de sorte que je suis un fardeau à moi-même ?
- 7:21
- Et pourquoi ne pardonnes-tu pas ma transgression*, et ne fais-tu point passer mon iniquité ? Car maintenant je me coucherai dans la poussière, et tu me chercheras, et je ne serai plus.
— v. 21 : proprement : péché audacieux, rébellion [contre Dieu] ; voir 34:37.
- 8:1
- * Et Bildad, le Shukhite, répondit et dit :
- 8:2
- Jusques à quand diras-tu ces choses, et les paroles de ta bouche seront-elles un vent impétueux ?
- 8:3
- Est-ce que *Dieu pervertit le droit ? Le Tout-Puissant pervertira-t-il la justice ?
- 8:4
- Si tes fils ont péché contre lui, il les a aussi livrés en la main de leur transgression*.
— v. 4 : proprement : péché audacieux, rébellion [contre Dieu] ; voir 34:37.
- 8:5
- Si tu recherches *Dieu et que tu supplies le Tout-puissant,
- 8:6
- Si tu es pur et droit, certainement il se réveillera maintenant en ta faveur, et rendra prospère la demeure de ta justice ;
- 8:7
- Et ton commencement aura été petit, mais ta fin sera très grande.
- 8:8
- * Car interroge, je te prie, la génération précédente, et sois attentif aux recherches de leurs pères ;
- 8:9
- Car nous sommes d'hier et nous n'avons pas de connaissance, car nos jours sont une ombre sur la terre.
- 8:10
- Ceux-là ne t'enseigneront-ils pas, ne te parleront-ils pas, et de leurs coeurs ne tireront-ils pas des paroles ?
- 8:11
- Le papyrus s'élève-t-il où il n'y a pas de marais ? Le roseau croît-il sans eau ?
- 8:12
- Encore dans sa verdeur, sans qu'on l'ait arraché, avant toute herbe il sèche.
- 8:13
- Tels sont les sentiers de tous ceux qui oublient *Dieu ; et l'attente de l'impie périra ;
- 8:14
- Son assurance sera retranchée, et sa confiance sera une toile* d'araignée :
— v. 14 : litt. : maison.
- 8:15
- Il s'appuiera sur sa maison, et elle ne tiendra pas ; il s'y cramponnera, et elle ne restera pas debout.
- 8:16
- Il est verdoyant devant le soleil, et son rameau s'étend sur son jardin ;
- 8:17
- Ses racines s'entrelacent dans un tas de rocaille*, il voit la demeure des pierres ;
— v. 17 : ou : une fontaine.
- 8:18
- S'Il l'ôte de sa place, celle-ci le désavouera : Je ne t'ai pas vu !
- 8:19
- Telles sont les délices de ses voies ; et de la poussière, d'autres germeront.
- 8:20
- Voici, *Dieu ne méprisera pas l'homme parfait*, et ne soutiendra pas les mains des méchants :
— v. 20 : ici et 9:20-22 comme 1:1,8 ; 2:3.
- 8:21
- Tandis* qu'il remplira ta bouche de rire et tes lèvres de chants de joie,
— v. 21 : ou : Jusqu'à ce.
- 8:22
- Ceux qui te haïssent seront revêtus de honte, et la tente des méchants ne sera plus.
- 9:1
- * Et Job répondit et dit :
- 9:2
- En vérité, je sais qu'il en est ainsi. Mais comment l'homme sera-t-il juste devant *Dieu ?
- 9:3
- S'il se plaît à contester avec lui, il ne lui répondra pas sur un point entre mille.
- 9:4
- Il est sage de coeur et puissant en force : qui s'est endurci contre lui et a prospéré ?
- 9:5
- Il transporte les montagnes, et elles ne savent pas qu'il* les renverse dans sa colère ;
— v. 5 : ou : ne le savent pas, quand il.
- 9:6
- Il remue la terre de sa place, et ses colonnes tremblent ;
- 9:7
- Il parle au soleil, et [le soleil] ne se lève pas ; et sur les étoiles il met son sceau ;
- 9:8
- Seul il étend les cieux et marche sur les hauteurs* de la mer ;
— v. 8 : ou : l'étendue.
- 9:9
- il fait la grande Ourse, Orion, et les Pléiades, et les chambres* du midi ;
— v. 9 : c.-à-d. les régions étoilées.
- 9:10
- Il fait de grandes choses qu'on ne saurait sonder, et des merveilles à ne pouvoir les compter,
- 9:11
- * Voici, il passe près de moi, et je ne [le] vois pas ; et il passe à côté [de moi], et je ne l'aperçois pas.
- 9:12
- Voici, il ravit ; qui l'en détournera ? Qui lui dira : Que fais-tu ?
- 9:13
- †Dieu ne retire pas sa colère ; sous lui fléchissent les orgueilleux qui prêtent secours*.
— v. 13 : litt. : ceux qui secourent Rahab.
- 9:14
- Combien moins lui répondrais-je, moi, [et] choisirais-je mes paroles avec lui !
- 9:15
- Si j'étais juste, je ne lui répondrais pas, je demanderais grâce à mon juge.
- 9:16
- Si je criais, et qu'il me répondît, je ne croirais pas qu'il eût prêté l'oreille à ma voix, —
- 9:17
- Lui qui m'écrase dans une tempête, et qui multiplie mes blessures sans cause.
- 9:18
- Il ne me permet pas de reprendre haleine ; car il me rassasie d'amertumes.
- 9:19
- S'agit-il de force, voici, il est fort ; s'agit-il de jugement : Qui m'assignera ?
- 9:20
- Si je me justifiais, ma bouche me condamnerait ; si j'étais parfait, il me montrerait pervers.
- 9:21
- Si j'étais parfait, je méconnaîtrais mon âme, je mépriserais ma vie.
- 9:22
- * Tout revient au même ; c'est pourquoi j'ai dit : Il consume le parfait et le méchant.
- 9:23
- Si le fléau donne subitement la mort, il se rit de l'épreuve de l'innocent.
- 9:24
- La terre est livrée en la main du méchant : il couvre la face de ses* juges. S'il n'en est pas ainsi, qui est-ce donc ?
— v. 24 : c.-à-d. de la terre.
- 9:25
- Mes jours s'en vont plus vite qu'un coureur ; ils fuient, ils ne voient pas ce qui est bon ;
- 9:26
- Ils passent rapides comme les barques de jonc, comme un aigle qui fond sur sa proie.
- 9:27
- * Si je dis : J'oublierai ma plainte, je renoncerai à mon visage [morne] et je serai joyeux,
- 9:28
- Je suis épouvanté de tous mes tourments ; je sais que tu ne me tiendras pas pour innocent.
- 9:29
- Soit, je suis méchant : pourquoi me fatigué-je ainsi en vain ?
- 9:30
- Si je me lave avec de l'eau de neige, et que je nettoie mes mains dans la pureté*,
— v. 30 : litt. : avec du savon.
- 9:31
- Alors tu me plongeras dans un fossé, et mes vêtements m'auront en horreur.
- 9:32
- Car il n'est pas homme, comme moi, pour que je lui réponde, pour que nous allions ensemble en jugement.
- 9:33
- Il n'y a pas entre nous un arbitre* qui mettrait sa main sur nous deux.
— v. 33 : ou : médiateur.
- 9:34
- Qu'il retire sa verge de dessus moi, et que sa terreur ne me trouble pas ;
- 9:35
- Alors je parlerai et je ne le craindrai pas ; mais il n'en est pas ainsi de moi.
- 10:1
- Mon âme est dégoûtée de ma vie ; je laisserai libre cours à ma plainte, je parlerai dans l'amertume de mon âme,
- 10:2
- Je dirai à †Dieu : Ne me condamne pas ; fais-moi savoir pourquoi tu contestes avec moi.
- 10:3
- Prends-tu plaisir à opprimer, que tu méprises le travail de tes mains, et que tu fasses briller ta lumière sur le conseil des méchants ?
- 10:4
- As-tu des yeux de chair ? Vois-tu comme voit l'homme mortel ?
- 10:5
- Tes jours sont-ils comme les jours d'un mortel, ou tes années, comme les jours de l'homme,
- 10:6
- Que tu recherches mon iniquité et que tu scrutes mon péché ;
- 10:7
- Puisque tu sais que je ne suis pas un méchant, et que nul ne délivre de ta main ?
- 10:8
- Tes mains m'ont formé et m'ont façonné tout à l'entour en un tout, et tu m'engloutis !
- 10:9
- Souviens-toi, je te prie, que tu m'as façonné comme de l'argile, et que tu me feras retourner à la poussière.
- 10:10
- Ne m'as-tu pas coulé comme du lait, et fait cailler comme du fromage ?
- 10:11
- Tu m'as revêtu de peau et de chair, tu m'as tissé d'os et de nerfs ;
- 10:12
- Tu m'as donné la vie, et tu as usé de bonté envers moi, et tes soins ont gardé mon esprit ;
- 10:13
- Et tu cachais ces choses dans ton coeur : je sais que cela était par devers toi.
- 10:14
- * Si j'ai péché, tu m'as aussi observé, et tu ne me tiendras pas pour innocent de mon iniquité.
- 10:15
- Si j'ai agi méchamment, malheur à moi ! Si j'ai marché justement, je ne lèverai pas ma tête, rassasié que je suis de mépris et voyant ma misère.
- 10:16
- Et elle augmente : tu me fais la chasse comme un lion*, et en moi tu répètes tes merveilles ;
— v. 16 : litt. : un rugissant ; voir 4:10.
- 10:17
- Tu renouvelles tes témoins contre moi, et tu multiplies ton indignation contre moi. Une succession [de maux] et un temps de misère sont avec moi.
- 10:18
- * Et pourquoi m'as-tu fait sortir du sein [de ma mère] ? J'aurais expiré, et aucun oeil ne m'eût vu !
- 10:19
- J'aurais été comme si je n'eusse pas été ; de la matrice on m'eût porté au sépulcre !
- 10:20
- Mes jours ne sont-ils pas en petit nombre ? Qu'il cesse [donc], qu'il se retire* de moi, et je me remonterai un peu,
— v. 20 : d'autres lisent : Cesse donc, et retire-toi.
- 10:21
- Avant que je m'en aille, pour ne plus revenir, dans le pays de l'obscurité et de l'ombre de la mort,
- 10:22
- Terre sombre comme les ténèbres de l'ombre de la mort, et où il n'y a que confusion, et où la clarté est comme des ténèbres profondes.
- 11:1
- * Et Tsophar, le Naamathite, répondit et dit :
- 11:2
- La multitude des paroles ne recevrait-elle pas de réponse, et un grand parleur* serait-il justifié ?
— v. 2 : litt. : homme de lèvres.
- 11:3
- Tes mensonges* doivent-ils faire taire les gens ? Te moqueras-tu, sans que personne te fasse honte ?
— v. 3 : ou : contes.
- 11:4
- Car tu as dit : Ma doctrine est pure, et je suis sans tache à tes yeux !
- 11:5
- Oh ! qu'il plût à †Dieu de parler et d'ouvrir ses lèvres contre toi,
- 11:6
- Et de te raconter les secrets de la sagesse, comment ils sont le double de ce qu'on réalise ! Et sache que †Dieu laisse dans l'oubli [beaucoup] de ton iniquité.
- 11:7
- Peux-tu, en sondant, découvrir ce qui est en †Dieu, ou découvriras-tu parfaitement le Tout-puissant ?
- 11:8
- Ce sont les hauteurs des cieux, — que feras-tu ? C'est plus profond que le shéol, qu'en sauras-tu ?
- 11:9
- Plus longue que la terre est sa mesure, plus large que la mer.
- 11:10
- S'il passe et enferme et fait comparaître*, qui donc le détournera ?
— v. 10 : c.-à-d. pour le jugement ; litt. : rassembler.
- 11:11
- Car il connaît, lui, les hommes vains, et il voit l'iniquité sans que [l'homme] s'en aperçoive ;
- 11:12
- Et l'homme stupide* s'enhardit, quoique l'homme naisse** comme le poulain de l'âne sauvage.
— v. 12* : litt. : creux, vide.
— v. 12** : selon d'autres : l'homme est stupide, il est privé de sens, l'homme nait.
- 11:13
- * Si tu prépares ton coeur et que tu étendes tes mains vers lui,
- 11:14
- Si tu éloignes l'iniquité qui est dans ta main, et que tu ne laisses pas l'injustice demeurer dans tes tentes,
- 11:15
- Alors tu lèveras ta face sans tache, tu seras ferme et tu ne craindras pas ;
- 11:16
- Car tu oublieras ta misère, tu t'en souviendras comme des eaux écoulées ;
- 11:17
- [Ta] vie se lèvera plus claire que le plein midi ; si tu étais couvert de ténèbres, tu seras comme le matin ;
- 11:18
- Et tu auras de la confiance, parce qu'il y aura de l'espoir ; tu examineras [tout], et tu dormiras en sûreté ;
- 11:19
- Tu te coucheras, et il n'y aura personne pour te faire peur, et beaucoup rechercheront ta faveur.
- 11:20
- Mais les yeux des méchants seront consumés, et [tout] refuge périra pour eux, et leur espoir sera d'expirer.
- 12:1
- * Et Job répondit et dit :
- 12:2
- Vraiment vous êtes les [seuls] hommes, et avec vous mourra la sagesse !
- 12:3
- Moi aussi j'ai du sens comme vous, je ne vous suis pas inférieur ; et de qui de telles choses ne sont-elles pas [connues] ?
- 12:4
- Je suis un [homme] qui est la risée de ses amis, criant à †Dieu, et à qui il répondra ; — le juste parfait est un objet de risée !
- 12:5
- celui qui est prêt à broncher de ses pieds est une lampe méprisée pour les pensées de celui qui est à son aise*.
— v. 5 : selon d'autres : Mépris au malheur ! selon les pensées de celui qui est à son aise, [le mépris] est prêt pour celui dont le pied bronche.
- 12:6
- * Les tentes des dévastateurs prospèrent, et la confiance est pour ceux qui provoquent *Dieu, pour celui dans la main duquel †Dieu a fait venir [l'abondance] *.
— v. 6 : ou : pour celui qui tient †Dieu dans sa main ; voir Habakuk 1:11.
- 12:7
- Mais, je te prie, interroge donc les bêtes, et elles t'enseigneront, et les oiseaux des cieux, et ils te l'annonceront ;
- 12:8
- Ou parle à la terre, et elle t'enseignera, et les poissons de la mer te le raconteront.
- 12:9
- Qui d'entre tous ceux-ci ne sait pas que la main de l'Éternel a fait cela,
- 12:10
- Lui, dans la main duquel est l'âme de tout être vivant et l'esprit de toute chair d'homme ?
- 12:11
- L'oreille n'éprouve-t-elle pas les discours, comme le palais goûte les aliments ?
- 12:12
- Chez les vieillards est la sagesse, et dans beaucoup de jours l'intelligence.
- 12:13
- Avec lui est la sagesse et la force, à lui sont le conseil et l'intelligence.
- 12:14
- Voici, il démolit, et on ne rebâtit pas ; il enferme un homme, et on ne lui ouvre pas.
- 12:15
- Voici, il retient les eaux, et elles tarissent ; puis il les envoie, et elles bouleversent la terre.
- 12:16
- Avec lui est la force et la parfaite connaissance ; à lui sont celui qui erre et celui qui fait errer.
- 12:17
- I1 emmène captifs les conseillers, et rend fous les juges ;
- 12:18
- Il rend impuissant le gouvernement des rois, et lie de chaînes leurs reins ;
- 12:19
- Il emmène captifs les sacrificateurs*, et renverse les puissants ;
— v. 19 : ou : les principaux.
- 12:20
- Il ôte la parole* à ceux dont la parole est sûre**, et enlève le discernement aux anciens ;
— v. 20* : litt. : lèvre.
— v. 20** : selon d'autres : facile.
- 12:21
- Il verse le mépris sur les nobles, et relâche la ceinture des forts ;
- 12:22
- Il révèle du sein des ténèbres les choses profondes, et fait sortir à la lumière l'ombre de la mort ;
- 12:23
- Il agrandit les nations, et les détruit ; il étend les limites des nations, et les ramène.
- 12:24
- Il ôte le sens aux chefs du peuple de la terre, et les fait errer dans un désert où il n'y a pas de chemin ;
- 12:25
- Ils tâtonnent dans les ténèbres où il n'y a point de lumière ; il les fait errer comme un homme ivre.
- 13:1
- Voici, tout cela, mon oeil l'a vu, mon oreille l'a entendu et l'a compris.
- 13:2
- Ce que vous connaissez, moi aussi je le connais ; je ne vous suis pas inférieur.
- 13:3
- Mais je parlerai au Tout-puissant, et mon plaisir sera de raisonner avec *Dieu ;
- 13:4
- Mais pour vous, vous êtes des forgeurs de mensonges, des médecins de néant, vous tous !
- 13:5
- Oh ! si seulement vous demeuriez dans le silence ! et ce serait votre sagesse.
- 13:6
- * Écoutez donc mon plaidoyer, et prêtez attention aux arguments de mes lèvres.
- 13:7
- Est-ce pour *Dieu que vous direz des choses iniques ? Et pour lui, direz-vous ce qui est faux ?
- 13:8
- Ferez-vous acception de sa personne ? Plaiderez-vous pour *Dieu ?
- 13:9
- Vous est-il agréable qu'il vous sonde ? Vous moquerez-vous de lui comme on se moque d'un mortel ?
- 13:10
- Certainement il vous reprendra, si en secret vous faites acception de personnes.
- 13:11
- Sa majesté ne vous troublera-t-elle pas ? Et sa frayeur ne tombera-t-elle pas sur vous ?
- 13:12
- Vos discours sentencieux sont des proverbes de cendre, vos retranchements sont des défenses de boue.
- 13:13
- Gardez le silence, laissez-moi, et moi je parlerai, quoi qu'il m'arrive.
- 13:14
- P * ourquoi prendrais-je ma chair entre mes dents, et mettrais-je ma vie dans ma main ?
- 13:15
- Voici, qu'il me tue, j'espérerai en lui ; seulement, je défendrai mes voies devant lui.
- 13:16
- Ce sera même ma délivrance, qu'un* impie n'entre pas devant sa face.
— v. 16 : quelques-uns : Lui-même sera ma délivrance, car un.
- 13:17
- Écoutez, écoutez mon discours, et que ma déclaration [pénètre] dans vos oreilles !
- 13:18
- Voyez, j'exposerai [ma] juste cause : je sais que je serai justifié.
- 13:19
- Qui est celui qui contestera avec moi ? Car maintenant, si je me taisais, j'expirerais.
- 13:20
- * Seulement ne fais pas deux choses à mon égard ; alors je ne me cacherai pas loin de ta face :
- 13:21
- Éloigne ta main de dessus moi, et que ta terreur ne me trouble pas.
- 13:22
- Et appelle, et moi je répondrai, ou bien je parlerai et toi, réponds-moi !
- 13:23
- Quel est le nombre de mes iniquités et de mes péchés ? Fais-moi connaître ma transgression et mon péché !
- 13:24
- Pourquoi caches-tu ta face, et me tiens-tu pour ton ennemi ?
- 13:25
- Veux-tu épouvanter une feuille chassée [par le vent], et poursuivre du chaume sec ?
- 13:26
- Car tu écris des choses amères contre moi, et tu me fais hériter des iniquités de ma jeunesse ;
- 13:27
- Et tu mets mes pieds dans les ceps, et tu observes tous mes sentiers ; tu as tracé une ligne autour des plantes de mes pieds ;
- 13:28
- Et celui [que tu poursuis] dépérit comme une chose pourrie, comme un vêtement que la teigne a rongé.
- 14:1
- L'homme né de femme est de peu de jours et rassasié de trouble ;
- 14:2
- Il sort comme une fleur, et il est fauché ; il s'enfuit comme une ombre, et il ne dure pas.
- 14:3
- Pourtant, sur lui tu ouvres tes yeux, et tu me fais venir en jugement avec toi !
- 14:4
- Qui est-ce qui tirera de l'impur un [homme] pur ? pas un !
- 14:5
- Si ses jours sont déterminés, si le nombre de ses mois est par devers toi, si tu lui as posé ses limites, qu'il ne doit pas dépasser,
- 14:6
- Détourne de lui ton regard, et il aura du repos, jusqu'à ce que, comme un mercenaire, il achève sa journée ;
- 14:7
- Car il y a de l'espoir pour un arbre : s'il est coupé, il repoussera encore, et ses rejetons ne cesseront pas.
- 14:8
- Si sa racine vieillit dans la terre, et si son tronc meurt dans la poussière,
- 14:9
- À l'odeur de l'eau il poussera, et il fera des branches comme un jeune plant ;
- 14:10
- Mais l'homme meurt et gît là ; l'homme expire, et où est-il ?
- 14:11
- Les eaux s'en vont du lac ; et la rivière tarit et sèche :
- 14:12
- Ainsi l'homme se couche et ne se relève pas : jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de cieux, ils ne s'éveillent pas, et ils ne se réveillent pas de leur sommeil.
- 14:13
- * Oh ! si tu voulais me cacher dans le shéol, me tenir caché jusqu'à ce que ta colère se détourne, me fixer un temps arrêté, et puis te souvenir de moi, —
- 14:14
- (Si un homme meurt, revivra-t-il ?) tous les jours de ma détresse, j'attendrais jusqu'à ce que mon état vînt à changer :
- 14:15
- Tu appellerais, et moi je te répondrais ; ton désir serait tourné vers l'oeuvre de tes mains ;
- 14:16
- Car maintenant tu comptes mes pas : ne veilles-tu pas sur mon péché ?
- 14:17
- Ma transgression est scellée dans un sac, et [dans tes pensées] tu ajoutes à mon iniquité.
- 14:18
- Mais une montagne qui s'éboule est réduite en poussière, et le rocher est transporté de son lieu ;
- 14:19
- Les eaux usent les pierres, leur débordement emporte la poussière de la terre : ainsi tu fais périr l'espoir de l'homme.
- 14:20
- Tu le domines pour toujours, et il s'en va ; tu changes sa face, et tu le renvoies.
- 14:21
- Ses fils sont honorés, et il ne le sait pas ; ils sont abaissés, et il ne s'en aperçoit pas.
- 14:22
- Sa chair ne souffre que pour lui-même, et son âme ne mène deuil que sur lui-même.
- 15:1
- * Et Éliphaz, le Thémanite, répondit et dit :
- 15:2
- Le sage répondra-t-il avec une connaissance [qui n'est que] du vent, et gonflera-t-il sa poitrine* du vent d'Orient,
— v. 2 : hébreu : ventre.
- 15:3
- Contestant en paroles qui ne profitent pas et en discours qui ne servent à rien ?
- 15:4
- Certes tu détruis la crainte [de Dieu], et tu restreins la méditation devant *Dieu.
- 15:5
- Car ta bouche fait connaître ton iniquité*, et tu as choisi le langage des [hommes] rusés.
— v. 5 : quelques-uns : ton iniquité enseigne ta bouche.
- 15:6
- Ta bouche te condamnera, et non pas moi, et tes lèvres déposent contre toi.
- 15:7
- * Es-tu né le premier des hommes, et as-tu été enfanté avant les collines ?
- 15:8
- As-tu entendu [ce qui se dit] dans le conseil secret de †Dieu, et as-tu accaparé pour toi la sagesse ?
- 15:9
- Que sais-tu que nous ne sachions ? que comprends-tu qui ne soit également avec nous ?
- 15:10
- parmi nous il y a aussi des hommes à cheveux blancs et des vieillards plus âgés que ton père.
- 15:11
- Est-ce trop peu pour toi que les consolations de *Dieu et la parole douce qui se fait entendre à toi ?
- 15:12
- Comment ton coeur t'emporte-t-il, et comment tes yeux clignent-ils,
- 15:13
- Que tu tournes contre *Dieu ton esprit et que tu fasses sortir de ta bouche des discours ?
- 15:14
- Qu'est-ce que l'homme mortel, pour qu'il soit pur, et celui qui est né d'une femme, pour qu'il soit juste ?
- 15:15
- Voici, il ne se fie pas à ses saints, et les cieux ne sont pas purs à ses yeux :
- 15:16
- Combien plus l'homme, qui boit l'iniquité comme l'eau, est-il abominable et corrompu !
- 15:17
- * Je t'enseignerai, écoute-moi ; et ce que j'ai vu je te le raconterai,
- 15:18
- Ce que les sages ont déclaré d'après leurs pères et n'ont pas caché ; —
- 15:19
- À eux seuls la terre fut donnée, et aucun étranger ne passa au milieu d'eux : —
- 15:20
- Tous ses jours, le méchant est tourmenté, et peu d'années sont réservées à l'homme violent ;
- 15:21
- La voix des choses effrayantes est dans ses oreilles ; au milieu de la prospérité, le dévastateur arrive sur lui ;
- 15:22
- Il ne croit pas revenir des ténèbres, et l'épée l'attend ;
- 15:23
- Il erre çà et là pour du pain : — où en trouver ? Il sait qu'à son côté un jour de ténèbres est préparé ;
- 15:24
- La détresse et l'angoisse le jettent dans l'alarme, elles l'assaillent comme un roi prêt pour la mêlée.
- 15:25
- Car il a étendu sa main contre *Dieu, et il s'élève contre le Tout-puissant ;
- 15:26
- Il court contre lui, le cou [tendu], sous les bosses épaisses de ses boucliers.
- 15:27
- Car il a couvert sa face de sa graisse, et a rendu gras ses flancs.
- 15:28
- Et il habitera des villes ruinées, des maisons que personne n'habite, qui vont devenir des monceaux de pierres.
- 15:29
- Il ne deviendra pas riche, et son bien ne subsistera pas, et ses possessions ne s'étendront pas* sur la terre.
— v. 29 : selon d'autres : et il ne ploiera pas par son abondance.
- 15:30
- Il ne sortira pas des ténèbres ; la flamme séchera ses rejetons, et il s'en ira par le souffle de sa bouche*.
— v. 30 : c.-à-d. la bouche du Tout-Puissant, verset 25.
- 15:31
- Qu'il ne compte pas sur la vanité : il sera déçu, car la vanité sera sa récompense ;
- 15:32
- Avant son jour*, elle sera complète, et son rameau ne verdira pas.
— v. 32 : le jour de sa mort.
- 15:33
- Il se défait, comme une vigne, de ses grappes vertes, et, comme un olivier, il rejette ses fleurs.
- 15:34
- Car la famille* des impies sera stérile, et le feu dévorera les tentes [où entrent] les présents.
— v. 34 : litt. : assemblée.
- 15:35
- Il conçoit la misère et enfante le malheur, et son sein prépare la tromperie.
- 16:1
- * Et Job répondit et dit :
- 16:2
- J'ai entendu bien des choses comme celles-là ; vous êtes tous des consolateurs fâcheux.
- 16:3
- Y aura-t-il une fin à [ces] paroles de vent ? Qu'est-ce qui t'irrite, que tu répondes ?
- 16:4
- Moi aussi, je pourrais parler comme vous ; si votre âme était à la place de mon âme, je pourrais entasser des paroles contre vous et secouer ma tête contre vous !
- 16:5
- [Mais] je vous fortifierais de ma bouche, et la consolation* de mes lèvres allégerait [vos douleurs].
— v. 5 : ou : le mouvement.
- 16:6
- * Si je parle, ma douleur n'est pas allégée ; et si je me tais, s'éloignera-t-elle de moi ?
- 16:7
- Mais maintenant, il m'a fatigué... : tu as dévasté toute ma famille * ;
— v. 7 : litt. : assemblée.
- 16:8
- Tu m'as étreint*, c'est un témoignage, et ma maigreur se lève contre moi, elle dépose, à ma face, contre moi.
— v. 8 : ou : froissé, couvert de rides.
- 16:9
- Sa colère me déchire et me poursuit ; il grince des dents contre moi ; [comme] mon adversaire, il aiguise contre moi ses yeux.
- 16:10
- Ils ouvrent contre moi leur bouche, ils me frappent les joues avec mépris ; ils s'attroupent contre moi.
- 16:11
- *Dieu m'a livré à l'inique, et m'a jeté entre les mains des méchants.
- 16:12
- J'étais en paix, et il m'a brisé ; il m'a saisi par la nuque et m'a broyé, et m'a dressé pour lui servir de but.
- 16:13
- Ses archers* m'ont environné ; il me perce les reins et ne m'épargne pas ; il répand mon fiel sur la terre.
— v. 13 : ou : traits.
- 16:14
- Il fait brèche en moi, brèche sur brèche ; il court sur moi comme un homme fort.
- 16:15
- J'ai cousu un sac sur ma peau, et j'ai dégradé ma corne dans la poussière.
- 16:16
- Mon visage est enflammé à force de pleurer, et sur mes paupières est l'ombre de la mort,
- 16:17
- Quoiqu'il n'y ait pas de violence dans mes mains, et que ma prière soit pure.
- 16:18
- Ô terre, ne recouvre pas mon sang, et qu'il n'y ait pas de place pour mon cri !
- 16:19
- Maintenant aussi, voici, mon témoin est dans les cieux, et celui qui témoigne pour moi est dans les lieux élevés.
- 16:20
- Mes amis se moquent de moi ... vers †Dieu pleurent mes yeux.
- 16:21
- Que n'y a-t-il un arbitre* pour l'homme auprès de †Dieu, et pour un fils d'homme vis-à-vis de son ami !
— v. 21 : voir 9:33.
- 16:22
- Car les années s'écoulent dont on peut compter le nombre, et je m'en vais dans le chemin [d'où] je ne reviendrai pas.
- 17:1
- Mon souffle est corrompu, mes jours s'éteignent : pour moi sont les sépulcres !
- 17:2
- Les moqueurs ne sont-ils pas autour de moi, et mes yeux ne demeurent-ils pas au milieu de leurs insultes ?
- 17:3
- Dépose, je te prie, [un gage] ; cautionne-moi auprès de toi-même : qui donc frappera dans ma main* ?
— v. 3 : voir Proverbes 6:1 ; 17:18.
- 17:4
- Car tu as fermé leur coeur à l'intelligence ; c'est pourquoi tu ne les élèveras pas.
- 17:5
- Celui qui trahit ses amis pour qu'ils soient pillés, les yeux de ses fils seront consumés.
- 17:6
- * Et il a fait de moi un proverbe des peuples, et je suis devenu un homme auquel on crache au visage.
- 17:7
- Mon oeil est terni par le chagrin, et mes membres sont tous comme une ombre.
- 17:8
- Les hommes droits en seront étonnés, et l'innocent s'élèvera contre l'impie ;
- 17:9
- Mais le juste tiendra ferme dans sa voie, et celui qui a les mains pures croîtra en force.
- 17:10
- Mais quant à vous tous, revenez encore, je vous prie ; mais je ne trouverai pas un sage parmi vous.
- 17:11
- * Mes jours sont passés, mes desseins sont frustrés, — les plans chéris de mon coeur.
- 17:12
- Ils* font de la nuit le jour, la lumière proche en présence des ténèbres.
— v. 12 : sans doute les amis de Job.
- 17:13
- Si j'espère, le shéol est ma maison, j'étends mon lit dans les ténèbres ;
- 17:14
- Je crie à la fosse* : Tu es mon père ! aux vers : Ma mère et ma soeur !
— v. 14 : d'autres : corruption.
- 17:15
- Où donc est mon espoir ? Et mon espoir, qui le verra ?
- 17:16
- Il descendra vers les barres* du shéol, lorsque ensemble nous aurons du repos dans la poussière.
— v. 16 : ou : solitudes.
- 18:1
- * Et Bildad, le Shukhite, répondit et dit :
- 18:2
- Jusques à quand tendrez-vous des pièges avec* vos paroles ? Soyez intelligents, et puis nous parlerons.
— v. 2 : ou : Quand mettrez-vous fin à.
- 18:3
- Pourquoi sommes-nous considérés comme des bêtes, et sommes-nous stupides* à vos yeux ?
— v. 3 : ou : souillés.
- 18:4
- Toi qui déchires ton âme dans ta colère, la terre sera-t-elle abandonnée à cause de toi, et le rocher sera-t-il transporté de sa place ?
- 18:5
- Or la lumière des méchants sera éteinte, et la flamme de son feu ne luira point ;
- 18:6
- La lumière sera ténèbres dans sa tente, et sa lampe sera éteinte au-dessus de lui.
- 18:7
- Les pas de sa force seront resserrés, et son propre conseil le renversera :
- 18:8
- Car il est poussé dans le filet par ses propres pieds ; et il marche sur les mailles du filet ;
- 18:9
- Le piège le prend par le talon, le lacet le saisit ;
- 18:10
- Sa corde est cachée dans la terre, et sa trappe sur le sentier.
- 18:11
- De toutes parts des terreurs l'alarment et le poussent çà et là, s'attachant à ses pas.
- 18:12
- Sa force est affaiblie par la faim*, et la calamité est prête à son côté.
— v. 12 : d'autres : Sa misère est affamée de lui.
- 18:13
- Le premier-né de la mort dévore les membres de son corps*, il dévore ses membres.
— v. 13 : litt. : de sa peau.
- 18:14
- Ce qui faisait sa confiance est arraché de sa tente, et il est forcé de marcher vers le roi des terreurs.
- 18:15
- Ce qui n'est pas à lui habite dans sa tente, le soufre est répandu sur son habitation.
- 18:16
- En bas ses racines sèchent, et en haut ses branches sont coupées.
- 18:17
- Sa mémoire périt de dessus la terre, et il n'a pas de nom sur la face du pays.
- 18:18
- Il est repoussé de la lumière dans les ténèbres ; on le bannit du monde.
- 18:19
- Il n'a pas d'enfants ni de postérité parmi son peuple, personne qui lui survive dans les lieux de son séjour.
- 18:20
- Ceux qui viennent après seront étonnés de son jour, comme l'horreur s'est emparée de ceux qui [les] ont précédés*.
— v. 20 : selon d'autres : Ceux de l'occident... ceux de l'orient.
- 18:21
- Certainement, telles sont les demeures de l'inique, et tel est le lieu de celui qui ne connaît pas *Dieu.
- 19:1
- * Et Job répondit et dit
- 19:2
- Jusques à quand affligerez-vous mon âme, et m'accablerez-vous de paroles ?
- 19:3
- Voilà dix fois que vous m'avez outragé, vous n'avez pas honte de m'étourdir*.
— v. 3 : quelques-uns : me traiter comme dur et stupide.
- 19:4
- Mais si vraiment j'ai erré, mon erreur demeure avec moi.
- 19:5
- Si réellement vous voulez vous élever contre moi et faire valoir mon opprobre contre moi,
- 19:6
- Sachez donc que c'est †Dieu qui me renverse* et qui m'entoure de son filet.
— v. 6 : ou : me fait un chemin tortueux.
- 19:7
- Voici, je crie à la violence, et je ne suis pas exaucé ; je pousse des cris, et il n'y a pas de jugement.
- 19:8
- Il a fermé mon chemin et je ne puis passer, et il a mis des ténèbres sur mes sentiers ;
- 19:9
- Il ma dépouillé de ma gloire et a ôté la couronne de dessus ma tête ;
- 19:10
- Il m'a détruit de tous côtés, et je m'en vais ; il a arraché mon espérance comme un arbre.
- 19:11
- Il a allumé contre moi sa colère, et il m'a tenu pour l'un de ses ennemis.
- 19:12
- Ses troupes sont venues ensemble, et elles ont dressé en chaussée leur chemin contre moi et se sont campées autour de ma tente.
- 19:13
- Il a éloigné de moi mes frères, et ceux de ma connaissance me sont devenus entièrement étrangers ;
- 19:14
- Mes proches m'ont délaissé, et ceux que je connaissais m'ont oublié.
- 19:15
- Ceux qui séjournent dans ma maison et mes servantes me tiennent pour un étranger ; je suis à leurs yeux comme un homme du dehors.
- 19:16
- J'ai appelé mon serviteur, et il n'a pas répondu ; de ma bouche je l'ai supplié.
- 19:17
- Mon haleine est étrangère* à ma femme, et ma supplication**, aux fils du sein de ma mère***.
— v. 17* : ou : odieuse.
— v. 17** : ou : ma mauvaise odeur.
— v. 17*** : selon d'autres : à mes propres enfants ; litt. : aux fils de mon sein.
- 19:18
- Même les petits enfants me méprisent ; je me lève, et ils parlent contre moi.
- 19:19
- Tous les hommes de mon intimité m'ont en horreur, et ceux que j'aimais se sont tournés contre moi.
- 19:20
- Mes os s'attachent à ma peau et à ma chair, et j'ai échappé avec la peau de mes dents !
- 19:21
- * Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous mes amis ! car la main de †Dieu m'a atteint.
- 19:22
- Pourquoi, comme *Dieu, me poursuivez-vous et n'êtes-vous pas rassasiés de ma chair ?
- 19:23
- Oh ! si seulement mes paroles étaient écrites ! si seulement elles étaient inscrites dans un livre,
- 19:24
- Avec un style de fer et du plomb, et gravées dans le roc pour toujours !
- 19:25
- Et moi, je sais que mon rédempteur est vivant, et que, le dernier*, il sera debout sur la terre ;
— v. 25 : comparer Ésaïe 48:12.
- 19:26
- Et après ma peau, ceci sera détruit, et de ma chair je verrai †Dieu,
- 19:27
- Que je verrai, moi, pour moi-même ; et mes yeux [le] verront, et non un autre : — mes reins se consument dans mon sein.
- 19:28
- Si vous dites : Comment le poursuivrons-nous ? et que la racine de la chose se trouve en moi,
- 19:29
- Tremblez pour vous-mêmes devant l'épée ! car l'épée est l'instrument de la fureur contre les iniquités ; afin que vous sachiez qu'il y a un jugement !
- 20:1
- * Et Tsophar, le Naamathite, répondit et dit :
- 20:2
- C'est pourquoi mes pensées m'inspirent une réponse, et à cause de ceci l'ardeur de mon esprit [agit] en moi :
- 20:3
- J'entends une réprimande qui me couvre de honte, et mon esprit me répond par mon intelligence.
- 20:4
- Sais-tu bien que, de tout temps. depuis que l'homme a été mis sur la terre,
- 20:5
- L'exultation des méchants est courte, et la joie de l'impie n'est que pour un moment ?
- 20:6
- Si sa hauteur s'élève jusqu'aux cieux, et que sa tête touche les nuées,
- 20:7
- Il périra pour toujours comme ses ordures ; ceux qui l'ont vu diront : Où est-il ?
- 20:8
- Il s'envole comme un songe, et on ne le trouve pas ; il s'enfuit comme une vision de la nuit.
- 20:9
- L'oeil l'a regardé et ne l'aperçoit plus, et son lieu ne le revoit plus.
- 20:10
- Ses fils rechercheront la faveur des pauvres, et ses mains restitueront [ce que] sa violence [a ravi] *.
— v. 10 : ou : restitueront son bien.
- 20:11
- Ses os étaient pleins de sa jeunesse* : elle se couchera avec lui sur la poussière.
— v. 11 : peut-être : péchés de sa jeunesse ; comparer Psaumes 90:8.
- 20:12
- Si le mal est doux dans sa bouche, [et] qu'il le cache sous sa langue,
- 20:13
- S'il l'épargne et ne l'abandonne pas, mais qu'il le retienne dans sa bouche*,
— v. 13 : litt. : sous son palais.
- 20:14
- Son pain sera changé dans ses entrailles en un fiel d'aspic au dedans de lui.
- 20:15
- Il a avalé les richesses, et il les vomira ; *Dieu les chassera de son ventre.
- 20:16
- Il sucera le venin des aspics, la langue de la vipère le tuera.
- 20:17
- Il ne verra pas des ruisseaux, des rivières, des torrents de miel et de beurre.
- 20:18
- Il rendra le fruit de son travail, et ne l'avalera pas ; il le restituera selon sa valeur, et ne s'en réjouira pas.
- 20:19
- Car il a opprimé, délaissé les pauvres ; il a pillé une maison* qu'il n'avait pas bâtie.
— v. 19 : ou : il s'est emparé d'une maison.
- 20:20
- Parce qu'il n'a pas connu de repos dans son désir*, il ne sauvera rien de ce qu'il a de plus cher.
— v. 20 : hébreu : ventre.
- 20:21
- Rien n'a échappé à sa voracité : c'est pourquoi son bien-être ne durera pas.
- 20:22
- Dans la plénitude de son abondance, il sera dans la détresse ; toutes les mains des malheureux viendront sur lui.
- 20:23
- Il arrivera que, pour remplir son ventre, [Dieu] enverra sur lui l'ardeur de sa colère, et la fera pleuvoir sur lui dans sa chair*.
— v. 23 : ou : comme sa nourriture.
- 20:24
- S'il fuit devant les armes de fer, un arc d'airain le transpercera.
- 20:25
- Il arrache [la flèche] et elle sort de son corps, et le fer étincelant de son fiel : les terreurs sont sur lui.
- 20:26
- Toutes les ténèbres sont réservées pour ses trésors ; un feu qu'on ne souffle pas le dévorera, [et] se repaîtra de ce qui reste dans sa tente.
- 20:27
- Les cieux révéleront son iniquité, et la terre s'élèvera contre lui.
- 20:28
- Le revenu de sa maison sera emporté ; il s'écoulera au jour de Sa colère.
- 20:29
- Telle est, de la part de Dieu, la portion de l'homme méchant, et l'héritage qui lui est assigné par *Dieu.
- 21:1
- * Et Job répondit et dit :
- 21:2
- Écoutez, écoutez* mon discours, et cela tiendra lieu de vos consolations.
— v. 2 : ou : Écoutez attentivement.
- 21:3
- Supportez-moi, et moi je parlerai, et après mes paroles, moque-toi !
- 21:4
- Ma plainte s'adresse-t-elle à un homme ? Et pourquoi mon esprit ne serait-il pas à bout de patience ?
- 21:5
- Tournez-vous vers moi, et soyez étonnés, et mettez la main sur la bouche.
- 21:6
- Quand je m'en souviens, je suis terrifié, et le frisson saisit ma chair :
- 21:7
- Pourquoi les méchants vivent-ils, deviennent-ils âgés, et croissent-ils même en force ?
- 21:8
- Leur postérité s'établit devant eux, auprès d'eux, et leurs descendants devant leurs yeux.
- 21:9
- Leurs maisons sont en paix, loin de la frayeur, et la verge de †Dieu n'est pas sur eux.
- 21:10
- Leur taureau engendre sans manquer, leur vache vêle et n'avorte pas.
- 21:11
- Ils font sortir leurs jeunes enfants comme un troupeau, et leurs enfants s'ébattent.
- 21:12
- Ils chantent au son du tambourin et de la harpe, et se réjouissent au son du chalumeau.
- 21:13
- Ils passent leurs jours dans le bonheur, et en un moment descendent dans le shéol.
- 21:14
- Et ils disent à *Dieu : Retire-toi de nous, nous ne prenons pas plaisir à la connaissance de tes voies.
- 21:15
- Qu'est-ce que le Tout-puissant pour que nous le servions, et que nous profitera-t-il de nous adresser à lui ?
- 21:16
- Voici, leur bonheur n'est pas dans leur main. Loin de moi le conseil des méchants !
- 21:17
- * Combien de fois la lampe des méchants s'éteint-elle, et leur calamité vient-elle sur eux, [et] leur distribue-t-Il des douleurs* dans sa colère,
— v. 17 : quelques-uns : leur [lot].
- 21:18
- [Et] sont-ils comme la paille devant le vent, et comme la balle chassée par la tempête ?
- 21:19
- †Dieu réserve à ses* fils [la punition de] sa méchanceté : il la lui rend, et il le saura ;
— v. 19 : ses, c.-à-d. [les fils] du méchant.
- 21:20
- Ses yeux verront sa calamité, et il boira de la fureur du Tout-puissant.
- 21:21
- Car quel plaisir [a-t-il] à sa maison après lui, quand le nombre de ses mois est tranché ?
- 21:22
- Est-ce à *Dieu qu'on enseignera la connaissance, quand c'est lui qui juge ceux qui sont haut élevés ?
- 21:23
- L'un meurt en pleine vigueur, entièrement tranquille et à l'aise ;
- 21:24
- Ses flancs sont garnis de graisse*, et la moelle de ses os est abreuvée.
— v. 24 : ou : Ses vases sont remplis de lait.
- 21:25
- Et l'autre meurt dans l'amertume de son âme et n'a jamais goûté* le bonheur.
— v. 25 : litt. : mangé.
- 21:26
- Ils gisent ensemble sur la poussière, et les vers les couvrent.
- 21:27
- * Voici, je connais vos pensées, et vos plans contre moi pour me faire violence.
- 21:28
- Car vous dites : Où est la maison du noble, et où la tente des demeures des méchants ?
- 21:29
- Ne l'avez-vous pas demandé à ceux qui passent par le chemin ? Et n'avez-vous pas reconnu ce qui les distingue :
- 21:30
- Que le méchant est épargné pour le jour de la calamité, qu'ils sont emmenés au jour de la fureur ?
- 21:31
- Qui lui dira en face sa voie ? et ce qu'il a fait, qui le lui rendra ?
- 21:32
- Il sera conduit dans un sépulcre, et sur le tertre il veillera.
- 21:33
- Les mottes de la vallée lui sont douces ; et après lui tout homme suit à la file, et ceux qui l'ont précédé sont sans nombre.
- 21:34
- Et comment me consolez-vous avec de vaines [consolations] ? Vos réponses restent perfides.
- 22:1
- * Et Éliphaz, le Thémanite, répondit et dit :
- 22:2
- L'homme peut-il être de quelque profit à *Dieu ? C'est bien à lui-même que l'homme intelligent profitera.
- 22:3
- Est-ce un plaisir pour le Tout-puissant que tu sois juste, et un gain [pour lui] que tu sois parfait dans tes voies ?
- 22:4
- Contestera-t-il avec toi parce qu'il te craint, [et] ira-t-il avec toi en jugement ?
- 22:5
- Ta méchanceté n'est-elle pas grande, et tes iniquités ne sont-elles pas sans fin ?
- 22:6
- Car sans cause tu as pris un gage de ton frère, et tu as dépouillé de leurs vêtements ceux qui étaient nus.
- 22:7
- Tu n'as pas donné d'eau à boire à celui qui se pâmait de soif, et tu as refusé du pain à celui qui avait faim ;
- 22:8
- Et l'homme fort,... à lui était la terre, et celui qui était considéré y habitait.
- 22:9
- Tu as renvoyé les veuves à vide, et les bras des orphelins ont été écrasés.
- 22:10
- C'est pourquoi il y a des pièges autour de toi, et une terreur subite t'effraie
- 22:11
- Ou bien, ce sont des ténèbres, de sorte que tu ne vois pas, et le débordement des eaux te couvre*.
— v. 11 : quelques-uns : ne verras-tu (ou ne vois-tu) pas les ténèbres, et le débordement des eaux qui te couvre ?
- 22:12
- †Dieu n'est-il pas aussi haut que les cieux ? Regarde le faîte des étoiles, combien elles sont élevées !
- 22:13
- Et tu as dit : Qu'est-ce que *Dieu sait ? Jugera-t-il à travers l'obscurité des nuées ?
- 22:14
- Les nuages l'enveloppent, et il ne voit pas ; il se promène dans la voûte des cieux.
- 22:15
- Observes-tu* le sentier ancien où ont marché les hommes vains,
— v. 15 : quelques-uns : Suis-tu.
- 22:16
- Qui ont été emportés avant le temps, [et] dont les fondements se sont écoulés comme un fleuve ;
- 22:17
- Qui disaient à *Dieu : Retire-toi de nous ! Et que nous* ferait le Tout-puissant ? —
— v. 17 : litt. : leur.
- 22:18
- Quoiqu'il eût rempli de biens leurs maisons. Mais que le conseil des méchants soit loin de moi !
- 22:19
- Les justes le verront et se réjouiront, et l'innocent se moquera d'eux :
- 22:20
- Celui qui s'élevait contre nous n'a-t-il pas été retranché, et le feu n'a-t-il pas dévoré leur abondance ?
- 22:21
- * Réconcilie-toi avec Lui, je te prie, et sois en paix : ainsi le bonheur t'arrivera.
- 22:22
- Reçois l'instruction de sa bouche, et mets ses paroles dans ton coeur.
- 22:23
- Si tu retournes vers le Tout-puissant, tu seras rétabli*. Si tu éloignes l'iniquité de ta tente,
— v. 23 : litt. : bâti.
- 22:24
- Et que tu mettes l'or avec la poussière, et [l'or d'] Ophir parmi les cailloux des torrents,
- 22:25
- Le Tout-puissant sera ton or, et il sera pour toi de l'argent amassé.
- 22:26
- Car alors tu trouveras tes délices dans le Tout-puissant, et vers †Dieu tu élèveras ta face ;
- 22:27
- Tu le supplieras et il t'entendra, et tu acquitteras tes voeux.
- 22:28
- Tu décideras une chose, et elle te réussira, et la lumière resplendira sur tes voies.
- 22:29
- Quand elles seront abaissées, alors tu diras : Lève-toi ! et celui qui a les yeux baissés, Il le sauvera ;
- 22:30
- Même Il délivrera celui qui n'est pas innocent : il sera délivré par la pureté de tes mains.
- 23:1
- * Et Job répondit et dit :
- 23:2
- Encore aujourd'hui ma plainte est amère, la main qui s'appesantit sur moi* est plus pesante que mon gémissement !
— v. 2 : litt. : ma main.
- 23:3
- Oh ! si je savais le trouver, et parvenir* là où il est assis !
— v. 3 : ou : je viendrais.
- 23:4
- J'exposerais [ma] juste cause devant lui, et je remplirais ma bouche d'arguments ;
- 23:5
- Je saurais les paroles qu'il me répondrait, et je comprendrais ce qu'il me dirait.
- 23:6
- Contesterait-il avec moi dans la grandeur de sa force ? Non, mais il ferait attention à moi.
- 23:7
- Là, un homme droit raisonnerait avec lui, et je serais délivré pour toujours de mon juge.
- 23:8
- Voici, je vais en avant, mais il n'y est pas ; et en arrière, mais je ne l'aperçois pas ;
- 23:9
- À gauche, quand il y opère, mais je ne le discerne pas ; il se cache à droite*, et je ne le vois pas.
— v. 9 : ou : vers l'orient,... l'occident,... le nord,... le midi.
- 23:10
- Mais il connaît la voie que je suis ; il m'éprouve, je sortirai comme de l'or.
- 23:11
- * Mon pied s'attache à ses pas ; j'ai gardé sa voie, et je n'en ai point dévié.
- 23:12
- Je ne me suis pas retiré du commandement de ses lèvres ; j'ai serré [par devers moi] les paroles de sa bouche plus que le propos de mon propre coeur*.
— v. 12 : ou : plus que ce qui m'était donné pour ma propre portion.
- 23:13
- Mais lui, il a une [pensée], et qui l'en fera revenir ? Ce que son âme désire, il le fait.
- 23:14
- Car il achèvera ce qui est déterminé pour moi ; et bien des choses semblables sont auprès de lui.
- 23:15
- C'est pourquoi je suis terrifié devant sa face ; je considère, et je suis effrayé devant lui.
- 23:16
- Et *Dieu a fait défaillir mon coeur, et le Tout-puissant m'a frappé de terreur ;
- 23:17
- Parce que je n'ai pas été anéanti devant les ténèbres, et qu'il ne m'a pas caché l'obscurité.
- 24:1
- Pourquoi des temps ne sont-ils pas réservés par devers le Tout-puissant, et ceux qui le connaissent ne voient-ils pas ses jours ?
- 24:2
- * Ils reculent les bornes, ils pillent le troupeau et le paissent ;
- 24:3
- Ils emmènent l'âne des orphelins et prennent en gage le boeuf de la veuve ;
- 24:4
- Ils détournent du chemin les pauvres ; les malheureux* de la terre se cachent ensemble :
— v. 4 : ailleurs souvent : affligés.
- 24:5
- Voici, ânes sauvages dans le désert, ils sortent pour leur besogne dès le matin, pour chercher leur proie ; le désert leur [fournit] le pain pour leurs* enfants ;
— v. 5 : litt. : [et] aux.
- 24:6
- Ils moissonnent le* fourrage dans les champs, ils grappillent la vigne du méchant ;
— v. 6 : litt. : leur, celui des champs.
- 24:7
- Ils passent la nuit tout nus, sans vêtement, et n'ont pas de couverture par le froid ;
- 24:8
- Ils sont trempés par les averses des montagnes, et, sans refuge, ils se serrent contre le rocher...
- 24:9
- Ils arrachent de la mamelle l'orphelin, et [de la main] des pauvres ils prennent des gages* :
— v. 9 : quelques-uns : et ils prennent en gage ce qui est sur les pauvres ; voir Exode 22:26-27.
- 24:10
- Ceux-ci vont nus, sans vêtement, et, affamés, ils portent la gerbe ;
- 24:11
- Entre leurs murailles ils font de l'huile, ils foulent le pressoir, et ont soif.
- 24:12
- Des villes sortent les soupirs des mourants, et l'âme des blessés à mort crie, et †Dieu n'impute pas l'indignité [qui se commet].
- 24:13
- D'autres sont ennemis de la lumière, ils ne connaissent pas ses voies et ne demeurent pas dans ses sentiers.
- 24:14
- Le meurtrier se lève avec la lumière, il tue le malheureux et le pauvre, et la nuit il est comme le voleur.
- 24:15
- L'oeil aussi de l'adultère guette le crépuscule, en disant : Aucun oeil ne m'apercevra ; et il met un voile sur son visage.
- 24:16
- Dans les ténèbres ils percent les maisons, de jour ils s'enferment* ; ils ne connaissent pas la lumière ;
— v. 16 : quelques-uns : qu'ils ont marquées de jour.
- 24:17
- Car le matin est pour eux tous l'ombre de la mort, car ils connaissent les terreurs de l'ombre de la mort.
- 24:18
- Ils sont rapides sur la face des eaux*, leur part est maudite sur la terre ; ils ne se tournent pas vers les vignes.
— v. 18 : c.-à-d. emportés comme l'est par les vagues un objet qui surnage.
- 24:19
- La sécheresse et la chaleur emportent l'eau de neige ; ainsi le shéol fait-il de ceux qui ont péché.
- 24:20
- Le sein maternel les oublie ; les vers se repaissent d'eux ; on ne se souvient plus d'eux : l'iniquité sera brisée comme du bois !
- 24:21
- Ils dépouillent la femme stérile qui n'enfante pas, et ils ne font pas de bien à la veuve.
- 24:22
- Et par leur force ils traînent* les puissants ; ils se lèvent et on n'est plus sûr de sa vie.
— v. 22 : ou : par sa force, il traîne ; quelques-uns l'appliquent à Dieu.
- 24:23
- [Dieu] leur donne la sécurité, et ils s'appuient sur elle ; mais il a ses yeux sur leurs voies.
- 24:24
- Ils sont élevés : dans peu, ils ne sont plus ; ils défaillent, et sont recueillis comme tous ; ils sont coupés comme la tête d'un épi.
- 24:25
- Et si cela n'est pas, qui me fera menteur et réduira mon discours à néant ?
- 25:1
- * Et Bildad, le Shukhite, répondit et dit :
- 25:2
- La domination et la terreur sont avec lui ; il fait la paix dans ses hauts lieux.
- 25:3
- Peut-on dénombrer ses troupes ? et sur qui sa lumière ne se lève-t-elle pas ?
- 25:4
- Et comment l'homme sera-t-il juste devant *Dieu, et comment serait pur celui qui est né de femme ?
- 25:5
- Voici, la lune même ne brille pas, et les étoiles ne sont pas pures à ses yeux :
- 25:6
- Combien moins l'homme, un ver, et le fils de l'homme, un vermisseau !
- 26:1
- * Et Job répondit et dit :
- 26:2
- Comme tu as aidé celui qui n'avait pas de puissance ! Comme tu as délivré le bras qui était sans force !
- 26:3
- Quel conseil tu as donné à celui qui n'avait pas de sagesse ! et quelle abondance d'intelligence tu as montrée !
- 26:4
- Pour qui as-tu prononcé des paroles, et de qui est le souffle qui est sorti de toi ?
- 26:5
- Les trépassés tremblent au-dessous des eaux et de ceux qui les habitent.
- 26:6
- Le shéol est à nu devant lui, et l'abîme* n'a pas de voile.
— v. 6 : proprement : destruction ; hébreu : abaddon ; comparer 28:22.
- 26:7
- Il étend le nord sur le vide, il suspend la terre sur le néant.
- 26:8
- Il serre les eaux dans ses nuages, et la nuée ne se fend pas sous elles ;
- 26:9
- Il couvre la face de son trône et étend ses nuées par-dessus.
- 26:10
- Il a tracé un cercle fixe sur la face des eaux, jusqu'à la limite extrême où la lumière confine aux ténèbres.
- 26:11
- Les colonnes des cieux branlent et s'étonnent à sa menace.
- 26:12
- Il soulève* la mer par sa puissance, et, par son intelligence, il brise Rahab**.
— v. 12* : quelques-uns : apaise.
— v. 12** : ici : monstre marin ; ou : son insolence.
- 26:13
- Par son Esprit le ciel est beau ; sa main a formé* le serpent fuyard.
— v. 13 : ou : transpercé.
- 26:14
- Voici, ces choses sont les bords de ses voies, et combien faible est le murmure que nous en avons entendu* ! Et le tonnerre de sa force, qui peut le comprendre ?
— v. 14 : ou : nous avons entendu de lui.
- 27:1
- Et Job reprit son discours sentencieux et dit :
- 27:2
- *Dieu qui a écarté mon droit, le Tout-puissant qui met l'amertume dans mon âme, est vivant :
- 27:3
- Tant que mon souffle est en moi et l'esprit de †Dieu dans mes narines,
- 27:4
- Mes lèvres ne diront pas d'iniquité, et ma langue ne prononcera pas de fausseté.
- 27:5
- Loin de moi que je vous justifie ! Jusqu'à ce que j'expire, je ne lâcherai pas ma perfection* ;
— v. 5 : plutôt : irréprochabilité.
- 27:6
- Je tiendrai ferme ma justice et je n'en ferai pas abandon ; mon coeur ne me reproche aucun de mes jours.
- 27:7
- Que mon ennemi soit comme le méchant, et celui qui s'élève contre moi comme l'inique !
- 27:8
- Car quelle est l'espérance de l'impie quand [Dieu le] retranche*, quand †Dieu retire** son âme ?
— v. 8* : ou : quand il se sera enrichi par la rapine.
— v. 8** : ou : met à l'aise.
- 27:9
- *Dieu entendra-t-il son cri quand la détresse viendra sur lui ?
- 27:10
- Trouvera-t-il ses délices dans le Tout-puissant ? Invoquera-t-il †Dieu en tout temps ?
- 27:11
- * Je vous enseignerai comment *Dieu agit*, je ne cacherai pas ce qui est par devers le Tout-puissant.
— v. 11 : litt. : quant à la main de *Dieu.
- 27:12
- Voici, vous-mêmes, vous l'avez tous vu : et pourquoi entretenez-vous ces vaines pensées ?
- 27:13
- Voici quelle est, par devers *Dieu, la part de l'homme méchant et l'héritage que les violents reçoivent du Tout-puissant :
- 27:14
- Si ses fils se multiplient, c'est pour l'épée, et ses descendants ne sont pas rassasiés de pain.
- 27:15
- Ceux qui restent après lui seront enterrés dans* la mort, et ses veuves ne pleureront pas.
— v. 15 : ou : par.
- 27:16
- S'il entasse l'argent comme la poussière et se prépare des vêtements comme de la boue,
- 27:17
- Il se les prépare, mais le juste s'en vêtira ; et l'argent, c'est l'innocent qui se le partagera.
- 27:18
- Il a bâti sa maison comme la teigne, comme une cabane que fait celui qui garde [les vignes].
- 27:19
- Il se couche riche, et il ne le refera pas* ; il ouvre ses yeux, et il n'est plus.
— v. 19 : selon d'autres : il n'est pas recueilli.
- 27:20
- Les frayeurs le surprennent comme des eaux ; l'ouragan l'emporte de nuit ;
- 27:21
- Le vent d'orient l'enlève, et il s'en va, et dans un tourbillon il l'emporte de son lieu.
- 27:22
- [Dieu] lance [ses dards] sur lui et ne l'épargne pas ; il voudrait fuir loin de sa main.
- 27:23
- On battra des mains sur lui, et on le chassera de son lieu avec des sifflements.
- 28:1
- Oui*, il y a pour l'argent [un endroit] d'où on le tire, et un lieu pour l'or qu'on affine ;
— v. 1 : ou : Car.
- 28:2
- Le fer se tire de la poussière, et la pierre fondue donne le cuivre.
- 28:3
- [L'homme] met fin aux ténèbres et explore jusqu'à l'extrémité de tout, la pierre d'obscurité et de l'ombre de la mort.
- 28:4
- On creuse un puits loin de ceux qui séjournent [sur la terre] ; oubliés du pied [de l'homme], ils sont suspendus, balancés loin des humains.
- 28:5
- La terre,... d'elle sort le pain ; et au-dessous, elle est bouleversée comme par le feu.
- 28:6
- Ses pierres sont le lieu du saphir, et la poussière d'or s'y trouve.
- 28:7
- C'est un sentier que l'oiseau de proie ne connaît pas, et que l'oeil du vautour n'a pas aperçu ;
- 28:8
- La bête fauve* ne l'a pas foulé, le lion** ne l'a pas traversé.
— v. 8* : litt. : Les fils de l'orgueil.
— v. 8** : litt. : comme d'autres passages : le rugissant.
- 28:9
- [L'homme] porte sa main sur le roc dur, il renverse les montagnes depuis la racine ;
- 28:10
- Il creuse des canaux dans les rochers ; et son oeil voit tout ce qui est précieux ;
- 28:11
- Il enserre les fleuves pour qu'ils ne suintent pas ; et il produit à la lumière les choses cachées.
- 28:12
- * Mais la sagesse, où la trouvera-t-on ? et où est le lieu de l'intelligence ?
- 28:13
- Aucun mortel n'en connaît le prix, et elle ne se trouve pas sur la terre des vivants.
- 28:14
- L'abîme dit : Elle n'est pas en moi ; et la mer dit : Elle n'est pas chez moi.
- 28:15
- Elle ne s'échange pas contre de l'or pur, et l'argent ne se pèse pas pour l'acheter.
- 28:16
- On ne la met pas dans la balance avec l'or d'Ophir, avec l'onyx précieux et le saphir.
- 28:17
- On ne peut lui comparer ni l'or ni le verre*, ni l'échanger contre un vase d'or fin.
— v. 17 : ou : cristal.
- 28:18
- [A côté d'elle] le corail et le cristal ne viennent pas dans la mémoire ; et la possession de la sagesse vaut mieux que les perles*.
— v. 18 : un autre : corail (?), ou : rubis.
- 28:19
- La topaze d'Éthiopie ne lui est pas comparée, on ne la met pas dans la balance avec l'or pur.
- 28:20
- Mais la sagesse, d'où vient-elle ? et où est le lieu de l'intelligence ?
- 28:21
- Elle est voilée aux yeux de tous les vivants, et elle est cachée aux oiseaux des cieux.
- 28:22
- La destruction et la mort disent : De nos oreilles nous en avons entendu la rumeur.
- 28:23
- Dieu comprend son chemin, et lui, il connaît son lieu.
- 28:24
- Car lui, voit jusqu'aux bouts de la terre : sa vue s'étend sous tous les cieux.
- 28:25
- Quand il fixait au vent sa pesanteur, et qu'il établissait les eaux selon leur mesure ;
- 28:26
- Quand il faisait une loi pour la pluie, et un chemin pour le sillon de la foudre :
- 28:27
- Alors il la vit et la manifesta ; il l'établit, et il la sonda aussi ;
- 28:28
- Et il dit à l'homme : Voici, la crainte du Seigneur, c'est là la sagesse, et se retirer du mal est l'intelligence.
- 29:1
- Et Job reprit son discours sentencieux et dit :
- 29:2
- Oh ! que ne suis-je comme aux mois d'autrefois, comme aux jours où †Dieu me gardait ;
- 29:3
- Quand sa clarté* luisait sur ma tête, et que dans les ténèbres je marchais à sa lumière ;
— v. 3 : litt. : lampe.
- 29:4
- Comme j'étais aux jours de mon automne*, quand le conseil secret de †Dieu présidait sur ma tente ;
— v. 4 : peut-être : ma jeunesse ; c'était le commencement de l'année civile.
- 29:5
- Quand le Tout-puissant était encore avec moi, [et] que mes jeunes gens m'entouraient ;
- 29:6
- Quand je lavais mes pas dans le caillé*, et que le rocher versait auprès de moi des ruisseaux d'huile ! —
— v. 6 : ou : beurre.
- 29:7
- Quand je sortais [pour aller] à la porte par la ville, quand je préparais mon siège sur la place :
- 29:8
- Les jeunes gens me voyaient et se cachaient, et les vieillards se levaient [et] se tenaient debout ;
- 29:9
- Les princes s'abstenaient de parler et mettaient la main sur leur bouche,
- 29:10
- La voix des nobles s'éteignait*, et leur langue se collait à leur palais.
— v. 10 : litt. : se cachait.
- 29:11
- Quand l'oreille m'entendait, elle m'appelait bienheureux ; quand l'oeil me voyait, il me rendait témoignage ;
- 29:12
- Car je délivrais le malheureux qui implorait du secours, et l'orphelin qui était sans aide.
- 29:13
- La bénédiction de celui qui périssait venait sur moi, et je faisais chanter de joie le coeur de la veuve.
- 29:14
- Je me vêtais de la justice, et elle me revêtait* ; ma droiture m'était comme un manteau** et un turban.
— v. 14* : c. à d. me couvrait comme un [vêtement].
— v. 14** : ailleurs : robe ; c'est le large vêtement extérieur des orientaux.
- 29:15
- J'étais, moi, les yeux de l'aveugle et les pieds du boiteux ;
- 29:16
- J'étais un père pour les pauvres, et j'examinais la cause de celui qui m'était inconnu ;
- 29:17
- Et je brisais la mâchoire de l'inique, et d'entre ses dents j'arrachais la proie.
- 29:18
- Et je disais : J'expirerai dans mon nid, et mes jours seront nombreux comme le sable ;
- 29:19
- Ma racine sera ouverte aux eaux, et la rosée séjournera sur ma branche ;
- 29:20
- Ma gloire [restera] toujours nouvelle avec moi, et mon arc rajeunira dans ma main.
- 29:21
- On m'écoutait et on attendait, et on se taisait pour [avoir] mon conseil ;
- 29:22
- Après que j'avais parlé on ne répliquait pas, et mon discours distillait sur eux ;
- 29:23
- Et on m'attendait comme la pluie, et on ouvrait la bouche [comme] pour la pluie de la dernière saison.
- 29:24
- Si je leur souriais, ils ne le croyaient pas*, et ils ne troublaient pas la sérénité de ma face.
— v. 24 : quelques-uns : Je leur souriais quand ils étaient sans courage.
- 29:25
- Je choisissais pour eux le chemin et je m'asseyais à leur tête, et je demeurais comme un roi au milieu d'une troupe, comme quelqu'un qui console les affligés.
- 30:1
- Et maintenant, ceux qui sont plus jeunes que moi se moquent de moi, ceux dont j'aurais dédaigné de mettre les pères avec les chiens de mon troupeau.
- 30:2
- Même à quoi m'aurait servi la force de leurs mains ? La vigueur est périe pour eux.
- 30:3
- Desséchés par la disette et la faim, ils s'enfuient dans* les lieux arides, dès longtemps désolés et déserts ;
— v. 3 : d'autres : broutent.
- 30:4
- Ils cueillent le pourpier de mer parmi les broussailles, et, pour leur pain, la racine des genêts.
- 30:5
- Ils sont chassés du milieu [des hommes], (on crie après eux comme après un voleur,)
- 30:6
- Pour demeurer dans des gorges affreuses, dans les trous de la terre et des rochers* ;
— v. 6 : ou : dans les rochers.
- 30:7
- Ils hurlent parmi les broussailles, ils se rassemblent sous les ronces :
- 30:8
- Fils d'insensés, et fils de gens sans nom, ils sont chassés du pays.
- 30:9
- Et maintenant, je suis leur chanson et je suis le sujet de leur entretien.
- 30:10
- Ils m'ont en horreur, ils se tiennent loin de moi, et n'épargnent pas à ma face les crachats ;
- 30:11
- Car Il a délié ma corde et m'a affligé : ils ont jeté loin [tout] frein devant moi.
- 30:12
- Cette jeune engeance se lève à ma droite ; ils poussent mes pieds et préparent contre moi leur chemin pernicieux ;
- 30:13
- Ils détruisent mon sentier, ils contribuent à ma calamité, sans que personne leur vienne en aide ;
- 30:14
- Ils viennent comme par une large brèche, ils se précipitent* au milieu du fracas.
— v. 14 : litt. : se roulent.
- 30:15
- Des terreurs m'assaillent, elles poursuivent ma gloire comme le vent, et mon état de sûreté est passé comme une nuée.
- 30:16
- Et maintenant, mon âme se répand en moi : les jours d'affliction m'ont saisi.
- 30:17
- La nuit perce mes os [et les détache] de dessus moi, et ceux qui me rongent* ne dorment pas ;
— v. 17 : c. à d. mes maux (douleurs).
- 30:18
- Par leur grande force ils deviennent mon vêtement ; ils me serrent comme le collet de ma tunique.
- 30:19
- Il m'a jeté dans la boue, et je suis devenu comme la poussière et la cendre.
- 30:20
- * Je crie à toi, et tu ne me réponds pas ; je me tiens là, et tu me regardes !
- 30:21
- Tu t'es changé pour moi en [ennemi] cruel ; tu me poursuis avec la force de ta main.
- 30:22
- Tu m'enlèves sur le vent, tu fais qu'il m'emporte, et tu dissous ma substance*.
— v. 22 : ou : la tempête me dissout.
- 30:23
- Car je sais que tu m'amènes à la mort, la maison de rassemblement de tous les vivants.
- 30:24
- Toutefois, dans sa ruine, n'étend-il pas la main, et, dans sa calamité, ne jette-t-il pas un cri [de détresse] * ?
— v. 24 : ou : Lorsque [Dieu] étend sa main, la prière n'est rien, quoiqu'ils crient dans la destruction qu'Il leur envoie.
- 30:25
- N'ai-je pas pleuré sur celui pour qui les temps étaient durs, et mon âme n'a-t-elle pas été attristée pour le pauvre ?
- 30:26
- Car j'attendais le bien, et le mal est arrivé ; je comptais sur la lumière, et l'obscurité est venue.
- 30:27
- Mes entrailles bouillonnent et ne cessent pas ; les jours d'affliction sont venus sur moi.
- 30:28
- Je marche tout noirci, mais non par le soleil ; je me lève dans l'assemblée, je crie ;
- 30:29
- Je suis devenu le frère des chacals et le compagnon des autruches.
- 30:30
- Ma peau devient noire [et se détache] de dessus moi, et mes os sont brûlés par la sécheresse ;
- 30:31
- Et ma harpe est changée en deuil, et mon chalumeau est devenu la voix des pleureurs.
- 31:1
- J'ai fait alliance avec mes yeux : et comment eussé-je arrêté mes regards sur une vierge ?
- 31:2
- Et quelle eût été d'en haut [ma] portion de la part de †Dieu, et, des hauts lieux, [mon] héritage de la part du Tout-puissant ?
- 31:3
- La calamité n'est-elle pas pour l'inique, et le malheur pour ceux qui pratiquent le mal ?
- 31:4
- Lui, ne voit-il pas mon chemin, et ne compte-t-il point tous mes pas ?
- 31:5
- Si j'ai marché avec fausseté,
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