La Jérusalem du Nouveau Testament

C'est à Jérusalem que sont nées trois grandes religions universelles : le judaïsme, le christianisme et l'islam.

La première référence écrite concernant Jérusalem date de 1800 av J.-C. D'après la Bible, les habitants de la ville accueillirent chaleureusement une tribu sémite de nomades israélites dont le chef, Abraham, est considéré comme l'ancêtre monothéiste commun du judaïsme, du christianisme et de l'islam.

Vers l'an 1000 av J.-C., le roi David rassembla les douze tribus nomades israélites et conquit Jérusalem, qui devint la capitale du peuple hébreu. C'est ainsi que débuta une longue histoire de conquête et d'occupation par les Babyloniens, les Grecs, les Romains, puis les Turcs seldjoukides, les croisés européens, les marchands d'esclaves mamelouks et les Turcs ottomans.

Au XXème siècle, Jérusalem verra le plus incroyable miracle de son existence : le retour du peuple juif dans un état officiellement reconnu. Le destin de l'humanité restera toujours étroitement lié à cette ville, cité sainte pour plus d'un tiers des hommes.

C'est en cette cité que le Messie doit revenir, en ce Grand Jour dont nul ne connaît ni la date ni l'heure, si ce n'est le Père Eternel.



Plan de Jérusalem


Description du plan

À l'aube de notre ère, un millénaire après que David se fut emparé de l'antique forteresse des Jébuséens, Jérusalem demeurait le centre spirituel du « peuple d'Israël », la ville chérie de Yahvé : « Elle est fondée sur les montagnes saintes, et Dieu aime les portes de Sion plus que toutes les demeures de Jacob » (Psaumes 86:1-2). C'est vers ce lieu d'élection que le Juif élevait ses yeux et son coeur. Il fut aussi, il fut surtout, « la Ville que connut Jésus ».

Depuis 2000 ans bientôt, fidèles et adversaires du Christ se sont acharnés, qui à préserver, qui à démolir les souvenirs de sa présence en « Terre Sainte ». Bien que peu de vestiges sûrs subsistent aujourd'hui de la ville qu'il connut, l'archéologie est pourtant parvenue à les faire revivre.

Embellie par Hérode le Grand (37-4 av. J.-C.), Jérusalem n'est plus depuis longtemps la cité de l'Ophel, mais elle déborde largement au-delà du Tyropéon, vers l'ouest et le nord.

L'esplanade du mont Moria, immense plate-forme de douze hectares, domine la ville, si bien que le Temple d'Hérode semble s'élever dans les airs, en un scintillement d'or et de marbre blanc.

La forteresse Antonia, massive citadelle, elle-même gardée par quatre énormes tours donnant vue sur les parvis, flanque l'ensemble au nord-ouest.

Dans la banlieue nord se trouve la piscine Probatique de Bézatha où Jésus guérit le paralytique (Jean 5:2-3). Afin sans doute d'assurer de manière commode le ravitaillement en eau du Temple tout proche, on avait aménagé là, au 11ème siècle av. J.-C., une petite dépression naturelle : deux murailles y retiennent les eaux de pluie, abondantes en hiver. Le double bassin ainsi formé est probablement bordé sur ses quatre côtés et barré, en son milieu, d'un rang de portiques.

Aux premiers siècles, les occupants païens joindront au dispositif un temple à Esculape, dieu de la médecine, et creuseront sur le côté est des petits bassins peu profonds destinés aux bains des malades dans ces eaux « miraculeuses ».

La colline de l'Ophel surplombe en abrupt la vallée du Cédron où se trouvent les célèbres « Tombeaux des prophètes » : édifiés à l'époque hellénistique, quelques décennies avant le Christ, ces curieux mausolées abritent en réalité les restes de hauts dignitaires de la classe sacerdotale. C'est le faste de tels sépulcres que dénonce Jésus (Matthieu 23:29).


Les deux villes

Dans la « ville basse » ou « ville de David » qui s'étend au sud, se pressent les maisonnettes des artisans, les ateliers des tisserands, des potiers, des tanneurs; enfin au pied de la colline, s'étaient de riches figueraies et des plantations de rosiers, dont les fleurs servent à la fabrication d'une précieuse essence.

Cependant, au coeur même de ce bastion de l'indépendantisme juif, Hérode a réussi à imposer des monuments païens s'il en fut: un théâtre, un stade, des bains publics et même un hippodrome pour les courses de chars.

C'est depuis l'hippodrome qu'une rue à escaliers, bordée par une colonnade, descend vers la piscine de Siloé. Cette piscine vers laquelle Jésus envoie l'aveugle-né, (Jean 9:7) est toujours alimentée par l'eau de la source de Gihon.

Un solide rempart, percé au sud par la porte des Esséniens, cerne ce quartier populeux, tout bourdonnant d'activité, qui ménage cependant une zone un peu plus calme, où se trouvent peut-être les résidences d'Anne et de Caïphe, les grands-prêtres : en bordure de la « ville haute ». Celle-ci, au centre de l'agglomération, construite par les Juifs aisés qui depuis la période asmonéenne désiraient adopter le mode de vie hellénistique, était reliée au Temple par deux ponts, à partir d'une vaste place publique.

Au long de larges avenues rectilignes se croisant à angle droit, s'alignent des maisons cossues, toutes pourvues d'une cour intérieure avec bassins, et de jardins ombreux.

Au coeur de ce quartier résidentiel trône l'ancien palais des Asmonéens, avec ses spacieuses cours intérieures, ses appartements splendides et même ses thermes.


Le palais d'Hérode

Tandis qu'à l'ouest, appuyé à l'enceinte près de l'actuelle porte de Jaffa, le palais d'Hérode dresse trois tours immenses. Le palais d'Hérode sera celui du gouverneur.

La tour « de Phasaël », la plus élevée, est elle-même couronnée de tourelles et atteint quarante-cinq mètres de hauteur. La tour « d'Hippicus » abrite une immense citerne. La tour « de Mariamne », dédiée à la reine assassinée par son époux, est décorée d'une façon somptueuse : selon Flavius Josèphe, « le roi jugeait convenable qu'une tour portant le nom d'une femme surpassât en apparat les tours portant des noms d'hommes ». En outre deux corps de bâtiments composent la demeure princière : vastes salles de banquet, thermes et chambres pour des centaines d'hôtes.

Un parc, peuplé de fleurs, de bosquets et de fontaines où murmurent les jets d'eau, complète ce palais qui devint, après la mort d'Hérode, la résidence du gouverneur milîtaire de la ville, et celle du procurateur romain lorsqu'il se trouvait à Jérusalem. Tout près, se tient le « marché haut » : esplanade dégagée pour les baraques foraines et entourée de colonnades et de boutiques.

Quant au marché au bois, il est situé plus au nord, en dehors de la muraille principale, par crainte des incendies : par delà une petite colline d'aspect désolé, appelée « le crâne » : le Golgotha.

Ainsi parée et nantie, la Jérusalem des Évangiles est une cité riche, toute grouillante de vie, où affluent les commerçants, sûrs de trouver des chalands. Une triple muraille met ses richesses à l'abri des conquérants : l'une relie la région du Temple au palais d'Hérode, la seconde couvre la ville au sud bien au-delà de l'enceinte actuelle, et la troisième, doublée, la protège au nord, là où elle est plus vulnérable.


Fin de Jérusalem

On sait que la ville, révoltée contre Rome, fut néanmoins forcée (en 70) et son Temple détruit par les légions de Titus, le futur empereur, moins d'un demi-siècle après le supplice du Christ. En 132, à la suite d'une nouvelle insurrection elle fut définitivement réduite et vouée par son vainqueur romain à Jupiter Capitolin, jusqu'à ce que l'empire chrétien, au IV, siècle, la libère de cette dernière idole. Depuis, sous la croix, le croissant ou l'étoile de David, la cité sainte demeure pour tous celle du Dieu unique.


Source : Bibliorama.com