Champ lexical
Mythologie Grecque

La mythologie grecque passionne de nombreux amateurs.

Il en existe différentes versions suivant les ouvrages.

J'ai construit cet hypertexte à partir du dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, publié chez Larousse.

A

Achille
Agamemnon
Ajax
Alcméon
Amphilochos
Amphion
Aphrodite
Apollon
Arès
Argonautes (Les)
Ariane
Artémis
Ascépios
Athéna
Atlas

B

Bellérophon

C

Calaïs
Calchas
Calypso
Cassandre
Castor
Centaures (Les)
Cerbère
Chimère (La)
Chiron
Circé
Clytemnestre
Créüse
Cyclopes (Les)

D

Dédale
Déiphobos
Déméter
Dieux (Les)
Diomède
Dionysos
Dioscures (Les)

E

Échidna
Électre
Énée
Éros
Eursythée

F

G

Géants (Les)
Géryon
Glaucos

H

Hadès
Harpyes (Les)
Hector
Hécube
Hélène
Hélénos
Hélios
Héphaïstos
Héra
Héraclès
Hermès
Héros (Les)
Hestia
Hippolyte
Hydre de Lerne (L')

I

Icare
Iolaos
Iphigénie

J

Jason

K

L

Laodicé
Lapithes (Les)

M

Machaon
Médée
Méduse
Ménélas
Minos
Minotaure (Le)
Mopsos

N

Nestor
Nymphes (Les)

O

Oedipe
Oracles (Les)
Oreste
Orion
Orphée

P

Pâris
Patrocle
Pégase
Pélée
Pénélope
Persée
Perséphone
Phaéton
Philoctète
Pholos
Podalirios
Pollux
Polydoros
Polymestor
Polyphème
Polyxène
Poséidon
Priam
Prométhée
Psyché

Q

R

S

Sanglier de Calydon (Le)
Sphinx (Le)

T

Télégonos
Télémaque
Thésée
Thétis
Titans
Troie
Troïlos
Tyndare
Typhon

U

Ulysse

V

W

X

Y

Z

Zétès
Zéthos
Zeus

Achille

Le plus grand des héros grecs, Achille, a été chanté longuement par Homère dans l'Illiade. Sa gloire a traversé les siècles. Sa légende s'est enrichie de mille détails. Aussi, par souci de simplification, on distingue généralement l'Achille de la tradition homérique et celui des traditions posthomériques. Fils de Thétis et de Pélée, roi de Phthie en Thessalie, Achille, confié à Phoenix, apprit de ce savant précepteur l'art de l'éloquence et le maniement des armes. On dit également qu'il reçut du centaure Chiron des leçons de médecine. Avide de gloire et d'exploits, il suivit, en compagnie de son inséparable ami Patrocle, les deux héros grecs Nestor et Ulysse, qui rejoignaient le siège de Troie. Il préférait, malgré les avertissements de Thétis, une vie courte, mais glorieuse, à une existence plus longue, mais obscure. Sa beauté, sa bravoure, sa fermeté d'âme, la précieuse protection que lui accordèrent Héra et Athéna contribuèrent à accroître sa renommée. Cependant, le caractère du héros n'était pas dénoué de faiblesses. Ombrageux, excessif dans ses passions et ses rancunes, il abandonna la lutte lorsque Agamemnon lui eut ravi Briséis, la belle captive dont il était amoureux. Privés de son appui, les Grecs essuyèrent défaites sur défaites. Mais à la nouvelle de la mort de son ami Patrocle, tué par Hector, Achille sortit de sa réserve et revêtit une armure magique, forgée par Héphaïstos à la demande de Thétis. Il s'engagea de nouveau dans la bataille. Il tua Hector à l'issue d'un combat singulier et traîna le corps de son ennemi tout autour de la ville de Troie, sous les yeux des Troyens épouvantés. Puis, s'apaisant, il finit par consentir, en un beau geste de piété, à restituer la dépouille d'Hector à Priam, son père. Les jours du héros étaient toutefois comptés. Achille ne devait pas voir la victoire finale des Grecs. Il tomba, devant les portes Scées, au pied des murailles de Troie, frappé de la main de Pâris guidé par Apollon. Il fut enseveli, au milieu des pleurs et des gémissements, sur le rivage de l'Hellespont.

Selon les traditions postérieures, Thétis tenta, à plusieurs reprises, de procurer à son fils Achille l'immortalité. Pour cela, elle le frottait le jour avec de l'ambroisie et le plongeait la nuit dans le feu. Enfin, elle le trempa dans les eaux du Styx. Le corps d'Achille devint invulnérable, à l'exception du talon, par où sa mère l'avait tenu. Lorsque la guerre de Troie éclata, Thétis recommanda à son fils de se déguiser en femme et de se mêler, sous le nom de Pyrrha, au groupe des filles du roi Lycomède, afin d'échapper à la pression des guerriers. Mais Ulysse, ayant appris du devin Calchas que la présence d'Achille dans les rangs de l'armée des Grecs était nécessaire à leur victoire, contraignit Achille par la ruse à le suivre : Il se déguisa à son tour en marchand et alla proposer aux filles du roi Lycomède des tissus de grandes qualités et des armes. Toutes les filles se dirigèrent vers les voiles et les tuniques, excepté Achille qui allait essayer le armes, se montrant sous son vrai jour. Plus tard, au cours du siège de Troie, il fut sur le point de trahir ses alliés par amour pour Polyxène, fille de Priam, mais il périt, le talon percé d'une flèche qui était son point faible. Il est vrai que ces récits tardifs, s'ils n'ajoutent rien à la gloire d'Achille, n'ont pas réussi à émousser l'adoration des Grecs pour leur héros préféré, qui, selon une tradition courante, passerait une éternité bienheureuse soit dans l'île Blanche, à l'embouchure du Danube, soit aux champs Elysées.

En fait, bien plus qu'un héros, Achille fut considéré dans l'Antiquité comme un demi-dieu et vénéré en maintes régions de la Grèce. On lui dédia des temples et un culte, notamment à Sparte et à Elis. On l'imagina poursuivant une vie posthume radieuse, entouré de divinités dont il partageait l'existence et les plaisirs au sein d'une joie éternelle, entrecoupée de festins et de combats sans nombre.

Voir aussi :

Ajax
Déiphobos
Diomède
Énée
Hélène
Hermès
Iphigénie
Médée
Ménélas
Polydoros
Poséidon
Troïlos

Agamemnon

Sur l'origine et la généalogie de ce roi, les versions diffèrent. Homère le dit fils d'Atrée et petit-fils de Pélops. Ainsi que Ménélas son frère, il fut élevé avec Egisthe, fils de Thyeste, dans la maison d'Atrée. Après le meurtre d'Atrée par Egisthe et Thyeste, qui purent s'asseoir sur le trône d'Argos, Agamemnon et Ménélas s'exilèrent à Sparte. Mais ils y levèrent une armée et purent chasser les usurpateurs. Agamemnon devint souverain d'Argos et l'un des plus puissants rois de tout la Péloponnèse.

Il épousa Clytemnestre, fille de Tyndare, qui lui donna trois filles, Iphigénie, Chrysothémis et Laodicé (Électre n'apparaît dans la légende que beaucoup plus tard), et un fils Oreste. Lorsque Pâris enleva Hélène, femme de Ménélas et soeur de Clytemnestre, Agamemnon résolut de venger son frère. Il fut choisi entre tous, après de nombreuses tractations, pour commander en chef l'expédition contre Troie. Pendant deux ans, on construit la flotte, on leva les armées qui convergèrent à Aulis, port de Boétie. Par malheur, sur le point de lever l'ancre, Agamemnon se vanta d'avoir tuer une biche avec un si grande adresse que même la déesse Artémis n'aurait pu l'égaler. Pour se venger de cette vantardise impie, la déesse interdit aux vents de souffler sur les voiles des navires grecs et empêcha ainsi la départ de l'expédition punitive contre Troie. On consulta le devin Calchas, qui déclara que seul le sacrifice d'Iphigénie, la plus belle des filles d'Agamemnon, pourrait apaiser le courroux d'Artémis.

Malgré sa tristesse et sa répugnance, mais poussé par l'ambition politique, le roi se soumit, fit mander sa fille sous le fallacieux prétexte qu'on désirait la marier avec Achille, roi de Thessalie, et s'apprêta sur l'autel à la faire égorger quand, dit-on, Artémis, enfin calmée, enleva Iphigénie, la transporta en Tauride et lui substitua une biche, qui fut immolée. Le calme plat cessa ; la flotte prit le chemin de la Troade. Mais la victoire n'était pas encore à la portée des Grecs. Agamemnon se disputa avec Achille, à propos d'une jeune captive, Briséis, que l'un et l'autre désirait posséder. Achille, ayant dû se soumettre, se retira sous sa tente et refusa de prendre part aux combats. Agamemnon s'aperçut vite que toute victoire définitive restait impossible si le héros lui refusait son concours. Il se réconcilia donc avec lui et lui renvoya Briséis. Lorsque les Dieux, ayant abandonné les Troyens, permirent aux Grecs de mettre la ville à sac, Cassandre, fille de Priam, échut en partage au roi Agamemnon. Douée d'un don de prophétie particulièrement remarquable, mais condamnée à ne jamais être crue, Cassandre supplia son royal amant de ne pas retourner dans sa patrie elle prévoyait les funestes desseins de Clytemnestre. Agamemnon ne la crut pas, la rendit mère de deux enfants, Télédamos et Pélops, et regagna ses foyers. Clytemnestre et son amant Egisthe lui firent un accueil hypocritement bienveillant, lui préparèrent un ban pour délasser ses membres et le tuèrent lorsqu'il se trouva enfin sans armure et sans armes. Cassandre et ses deux nouveaux-nés subirent le même sort. Plus tard, Oreste vengea la mort de son père.

Parmi les personnages grecs de la guerre de Troie, Agamemnon se détache surtout non pas tant par sa bravoure, sa ruse ou sa chevalerie, éminentes qualités qui sont l'apanage de héros tels Achille ou Ajax, mais par sa majesté, sa dignité et, nous dit Homère, par ses yeux et sa tête semblables à ceux de Zeus, par sa poitrine égale à celle de Poséidon. S'il n'est pas un héros, au sens antique du terme, Agamemnon est le digne représentant de la race achéenne, celle qui a fait la Grèce.

Voir aussi :

Patrocle
Ulysse

Ajax

Trop âgé pour prendre part à la guerre de Troie aux côtés des Grecs, Télamon, roi de Salamine, y envoya ses deux fils, Teucer et Ajax. Ce dernier, dans l'Illiade, passe pour le plus vaillant des guerriers après Achille : à lui seul, il repoussa une contre-attaque de Troyens qui menaçaient d'incendier le navires grecs. Il se signala au cours de combats singuliers et blessa même Hector. Mais comme il était écrit que ce dernier ne pouvait mourir que de la main d'Achille, Ajax accepta une trêve. Après la mort d'Achille, Ajax et Ulysse se disputèrent les armes du héros, et Ulysse l'emporta ; pris d'un soudain accès de démence, Ajax sortit alors la nuit de sa tente et égorgea les troupeaux, pensant tuer des guerriers. Lorsqu'il reprit ses sens, il fut l'objet de la risée générale, et devant ce déshonneur il se jeta sur son épée et se tua. Toujours prompt à envelopper les récits mythiques de métamorphoses et de métaphores, Ovide raconte que le sang d'Ajax donna naissance à une fleur, l'Hyacinthe, dont les premières lettres ai sont aussi les premières lettres d'Ajax (Aias en grec). Télamon vengea la mort de son fils en attirant les vaisseaux d'Ulysse contre les récifs de la côte de son royaume. Le tombeau d'Ajax fut élevé au cap Réthée. Un culte fut rendu au héros à Salamine et un temple lui fut spécialement affecté.

Ajax (le petit) : Ajax, fils d'Oïlée, roi des Locriens , fut surnommé "Ajax le Petit", non seulement en raison de sa taille, mais aussi par comparaison avec le Grand Ajax, fils de Télamon. Il arma une quarantaine de vaisseaux et lutta vaillamment, quoique avec cruauté, contre les Troyens. Son histoire, rapportée par Homère et Virgile, le montre poursuivant Cassandre, fille de Priam, jusque dans le temple d'Athéna, d'où il l'aurait entraînée de force, quoiqu'elle étreignît la statue de la déesse. Outrés de ce sacrilège, les Achéens eux-mêmes voulurent lapider le héros trop audacieux. Mais il put s'enfuir par la mer avec sa flotte. Athéna, courroucée, provoqua une tempête dont il réchappa en se réfugiant sur un récif. Là, il brava solennellement les Dieux. Poséidon, qui, jusqu'alors , l'avait protégé, saisi de colère, ouvrit le récif d'un coup de son trident et engloutit Ajax, l'impie, dans les flots. Non contente de ce châtiment, Athéna, dépêcha sur la Locride une peste et une famine qui menacèrent d'anéantir tous les Locridiens. On consulta l'oracle de Delphes. Celui-ci déclara que la déesse s'apaiserait si, chaque année, pendant mille ans, on envoyait à Troie deux jeunes filles grecques. Si celles-ci parvenaient à échapper aux Troyens et à gagner le temple d'Athéna, on leur laisserait la vie sauve, et elles deviendraient prêtresses du temples. Cette coutume fût, dit-on, respectée.

Voir aussi :

Agamemnon
Diomède

Alcméon

Frère d'Amphilochos et fils du devin Amphiaraos et d'Eriphyle, Alcméon fut choisi pour commander l'expédition des Epigones contre Thèbes. Eriphyle, après avoir reçu en présent le péplos d'Harmonie offert par Thersandros, poussa son fils à partir, tout comme elle avait ordonné à son mari de participer à la première guerre contre Thèbes, où il devait périr. Mais la destinée d'Alcméon, au cours de la guerre, devait être moins tragique. Victorieux, Alcméon tua de sa propre main Laodamas, le fils d'Etéocle, et revint dans sa patrie pour tuer sa mère, qui les avait poussés, lui et son père, à entreprendre des guerres dont, en secret, elle espérait qu'ils ne reviendraient pas. Ce matricide suscita la colère des Erinyes : Alcméon s'enfuit de sa patrie, trouva aide et purification chez le roi Phégée à Psophis et épousa Arsinoé; la fille de son protecteur, à laquelle il offrit le collier et le péplos d'Harmonie.

Une effroyable sécheresse s'étant abattue sur le pays qui avait osé recevoir un meurtrier de sa mère, Alcméon reprit sa course errante jusqu'au fleuve Achéloos, qui le purifia à nouveau et lui donna a fille Callirhoé en mariage. Celle-ci réclama à son tour les attributs d'Harmonie. Alcméon retourna donc à la cour de Phégée pour réclamer les précieux objets, arguant qu'il désirait en faire offrande au dieu Apollon. Mais Phégée apprit bientôt la vérité et le mensonge dont sa fille Arsinoé était la victime ; il fit périr son hôte hypocrite. Il eut pour fils Acarnan.

Amphilochos

Avec Alcméon, Amphilochos, l'un des deux fils du devin Amphiaraos, époux d'Eriphyle, participa à l'expédition des Epigones et, à son retour, aida peut-être son frère à tuer leur mère. Pourtant, les Erinyes qui s'acharnaient sur Alcméon laissèrent Amphilochos en paix.

Possédant, comme son père, le don de la prophétie, il combattit contre Troie et seconda le devin officiel des Grecs, Calchas. Puis, parti en Cilicie, il fonda Mallos, mais il se disputa la souveraineté de la ville avec un autre devin, Mopsos. Dans un combat singulier, tous deux périrent. Toutefois, leurs âmes se réconcilièrent et rendirent des oracles. Les questions des solliciteurs étaient inscrites sur des tablettes et la réponse leur était donnée par les rêves.

Voir aussi :

Podalirios

Amphion

Fils de Zeus et d'Antiope, frère jumeau de Zéthos, Amphion fut abandonné à sa naissance par sa mère qui craignait le courroux de son père, et confié aux bergers du mont Cithéron. C'est là que les jumeaux grandirent. Amphion, doué pour la musique, fut remarqué par Apollon, qui lui offrit une lyre ; Zéthos préférait les exercices violents, la lutte et les travaux de champs. Leur mère enchaînée par Lycos, son oncle, fut miraculeusement délivrée de ses liens et réussit à les rejoindre ; leur révélant leur origine, elle les incita au meurtre. Amphion et Zéthos gagnèrent Thèbes, tuèrent Lycos et attachèrent son épouse, Dircé, par les cheveux aux cornes d'un taureau sauvage, qui la traîna sur les rochers jusqu'à ce que mort s'ensuive. A cet endroit jaillit une fontaine qui porte son nom.

Maîtres de Thèbes, les deux frères gouvernèrent la ville avec beaucoup de soin et construisirent des remparts. Il suffisait à Amphion de jouer de la lyre pour que les pierres charmées vinssent se ranger d'elles-mêmes et former des murs, lumineux symbole de l'accord, de l'architecture et de la musique en Grèce. Tandis que Zéthos épousait Thébé, héroïne éponyme de la ville qui, auparavant, s'appelait Cadmée, Amphion prenait Niobé, la fille de Tantale, pour femme. Mais tous leurs enfants périrent pour avoir insulté Léto, la mère d'Apollon et d'Artémis. Amphion, dit-on, fut tué par les traits justiciers des deux Dieux et précipité dans le Tartare pour avoir engendré une race insolente.

Voir aussi :

Les Argonautes

Aphrodite

Ses pouvoirs sont immenses : déesse aimable, elle protège les mariages, favorise l'entente amoureuse des époux, féconde les foyers, préside aux naissances. Elle fertilise aussi les champs. Mais elle peut être également une divinité redoutable, car elle symbolise bien souvent la passion que rien n'arrête, qui rend fous d'amour ceux qu'elle veut perdre ; elle ravage même les unions légitimes, poussent les époux à l'adultère, favorise la fécondité des amours illégitimes et incite les mortels à toutes les voluptés et à tous les vices. Aphrodite devient alors une déesse fatale, dont la ceinture magique donne à celui qui la ceint un étrange pouvoir de désirs perpétuels. Toutefois, ce caractère redoutable n'apparaît véritablement que chez la Vénus des Romains, identifiée avec Aphrodite. Les fruits aux nombreux pépins, symbole de la force féconde, comme la grenade, le pavot, la pomme, lui sont habituellement consacrés. Parmi les oiseaux qui traînent son char ou l'entourent, on peut citer la colombe, le cygne, le pigeon, emblèmes de la fidélité conjugale. On représente généralement Aphrodite, nue ou à demie vêtue, dans des poses voluptueuses, drapée dans un mince voile qui moule les formes à la fois pleines et harmonieuses de son corps. Par ce caractère de sensualité, elle est souvent assimilée à la déesse orientale phénicienne Astarté.

Sur l'origine d'Aphrodite, déesse de l'Amour et de la Beauté, on connaît deux versions. Selon la première, elle est la fille de Zeus et de Dioné ; d'après la seconde, elle est née du sang qui tomba dans la mer quand Cronos eut mutilé Ouranos. Ce sang féconda les flots, et Aphrodite surgit au creux d'une vague, aussi blanche et aussi belle que l'écume. Dès lors, l'amour dont elle était l'incarnation divine allait régner sur les Dieux, les hommes et toutes les créatures animées. Épouse d'Héphaïstos, elle trompa fréquemment le dieu et conçut en particulier un amour particulier pour Arès, auquel elle donna des enfants célèbres, comme Éros et Antéros. Mais elle fut bientôt surprise par son époux , qui emprisonna les deux amants dans un filet. Honteuse, Aphrodite quitta quelques temps l'Olympe. Elle devait cependant encore trahir Héphaïstos en partageant la couche de Dionysos, d'Hermès et de Poséidon. Toutefois, la déesse ne se contenta pas de l'amour des dieux de l'Olympe. Des mortels, comme le Troyen Anchise, succombèrent à sa beauté et à sa grâce : elle donna ainsi le jour à Énée, l'ancêtre des Julii, dont César prétendait descendre. Elle aima enfin passionnément Adonis, symbole de la végétation qui renaît chaque année à la vie et à l'amour. Elle prit une part active aux actions des hommes, reçut de Pâris la fameuse pomme d'or et témoigna sa reconnaissance au héros troyen en faisant naître entre lui et Hélène un amour qui devait être si fatale à la ville de Troie.

Voir aussi :

Athéna
Cerbère
Créüse
Diomède
Glaucos
Hélios
Héra
Ménélas
Psyché
LE Sanglier de Calydon

Apollon

Une des douze grandes divinités de l'Olympe, Apollon naquit à Délos, où sa mère Léto, séduite par Zeus, vint se réfugier afin d'échapper à la fureur jalouse d'Héra. Apollon eut une soeur jumelle, Artémis, en compagnie de laquelle il est souvent représenté dans les légendes.

Dès qu'il apprit sa naissance, Zeus offrit à son fils une mitre d'or, une lyre et un char attelé de cygnes. Nourri de nectar par la déesse Thémis, le nouveau-né devint en quelques jours un magnifique adolescent , qui partit sur son char, muni d'un carquois et de flèches, pour le pays de Hyperboréens. Après y avoir séjourné un an, il vint à Delphes et commença là sa carrière. Il se distingua, en effet, non loin de cette ville en tuant le serpent Python, qui vivait dans une caverne du mont Parnasse. Mais ses amours sont plus célèbres encore. D'une beauté rayonnante, d'une grande stature, il séduisit de nombreuses nymphes, telle Coronis, qui lui donna un fils, Asclépios, que Zeus en colère foudroya. Apollon, pour se venger du dieu souverain, perça et tua de ses flèches les Cyclopes qui avaient forgé la foudre. Irrité par tant de présomption, Zeus chassa alors Apollon de l'Olympe. On connaît d'autres amours de ce dieu ; il aima la nymphe Daphné, qui, pour lui échapper, fut transformée en laurier ; il séduisit la nymphe Clytia, fille de l'Océan, et la changea en héliotrope, lorsque, abandonnée, elle révéla au père de Leucothéo, sa rivale, les nouvelles amours de son amant divin. Durant son séjour sur la Terre, Apollon trouva une complaisante hospitalité auprès du roi Admète, dont il garda le troupeau. C'est pourquoi le dieu passait souvent pour le protecteur du bétail. Quand son exil sur la terre prit fin, il obtint la permission de réintégrer l'Olympe.

Les Grecs multiplièrent ses attributions et leur donnèrent parfois un caractère funeste. C'est ainsi qu'il est regardé comme le dieu du Châtiment foudroyant. Toutes les morts subites sont le résultat des blessures qu'il inflige de ses traits. Parfois, il condamne l'humanité à une mort plus lente et plus horrible encore en lui envoyant la peste. Pourtant, Apollon est avant tout, aux yeux des Grecs, un dieu aimable et le chef des prophéties et de la divinisation : la fameuse pythie parle en son nom ; inspirateur des musiciens et des poètes, il est alors appelé Apollon Musagète, la divinité tutélaire de tous les arts, le symbole du soleil et de la lumière civilisatrice. On peut dire, sans outrance, qu'Apollon reflète pour les Grecs le génie artistique de leur pays, l'idéal de la jeunesse, de la beauté, et du progrès.

Voir aussi :

Achille
Alcméon
Amphion
Calchas
Cassandre
Chiron
Créüse
Dédale
Hector
Hélios
Hermès
Hestia
Mopsos
Nestor
Les Oracles
Oreste
Orion
Orphée
Poséidon
Psyché
Troïlos
Zéthos

Arès

Fils de Zeus et d'Héra, Arès appartient à le génération des douze grands Dieux de l'Olympe. Cependant, il n'a jamais tenu une place importante dans le culte grec. Dieu de Guerre et de la Lutte, son aspect brutal, son comportement violent et agressif, son amour du carnage et des batailles ne le rendent en effet sympathique ni aux mortels ni même aux dieux. Ainsi, les légendes l'ont souvent représenté au cours des combats dans des situations périlleuses d'où il ne sort pas toujours vainqueur. Pendant la guerre de Troie, il prend généralement parti pour les Troyens ; il doit se mesurer à la bravoure de certains héros, et aussi à l'intelligence calculatrice et raisonnable de la déesse Athéna. Ainsi voit-on Arès, blessé par le héros Diomède auquel Athéna a prêté son concours, s'enfuir en hurlant vers l'Olympe. Le dieu n'est guère plus heureux avec Héraclès, qui lui perce la cuisse d'une de ses flèches. Les Aloades le retiennent en prison dans un vase d'airain pendant de longues années, tandis que les dieux, ses frères, prennent plaisir à l'humilier en se réunissant en tribunal pour le juger d'un meurtre. Les amours d'Arès avec les mortelles sont nombreuses, car, en dépit de son caractère barbare, le dieu n'est pas dénué d'une certaine beauté, mûre et virile. Mais les enfants qu'il engendre sont des êtres frustes, des brigands, des êtres violents, comme le bandit Cycnos, Diomède de Thrace, Lycaon ou Oenomaos. Parmi les immortelles, seule Aphrodite conçut un fol amour pour Arès, qui symbolisait dans toute sa puissance la force passionnelle et sensuelle.

Importé de Thrace, son culte ne fut pas très répandu en Grèce. On comprend que les Grecs, dont l'esprit était porté aux subtilités de la raison et aux finesses de l'intelligence aient manifesté quelque répugnance à l'égard du dieu qui, au fond, tant par son origine, que par son caractère et ses attributions , leur était quelque peu étranger. En revanche, les Romains le tinrent en haute estime et le confondirent avec leur dieu Mars.

Voir aussi :

Les Argonautes
Hélios
Éros

Ariane

Cette fille de Minos et de Pasiphaé s'éprit de Thésée, venu en Crète, et lui fournit le fil qui permit au héros athénien de ne pas s'égarer dans les couloirs sinueux du Labyrinthe et de tuer le Minotaure. Enlevée par Thésée, Ariane fut, selon la tradition la plus courante, abandonnée sur l'île de Naxos, une des Cyclades. Dionysos l'y decouvrit endormie et l'épousa, lui offrant pour ses noces une couronne d'or, qu'il plaça par la suite au nombre des constellations.

Voir aussi :

Dédale

Artémis

Appelée Diane par les Romains, Artémis est la fille de Zeus et de Léto. Elle naquit dans l'île de Délos le même jour qu'Apollon, son frère jumeau, auquel elle emprunte bien souvent les traits de caractères et les attributs. Armée de flèches, elle tue impitoyablement ceux qui, d'une manière ou d'une autre, ont osé insulter sa personne divine et celle de sa mère, notamment les enfants de Niobé, et Orion, qui avait tenté de la séduire. D'une manière générale, elle responsable des morts soudaines : ses flèches sont toujours précises, foudroyantes de rapidité et mortelles ; comme Apollon, elle se trouve aux côtés des Troyens contre les Grecs et oblige Agamemnon, coupable de s'être vanté de la surpasser au tir à l'arc, à sacrifier Iphigénie, qu'elle sauve à la dernière extrémité.

Belle, chaste et vierge, ombrageuse et jalouse de ses talents de chasseresse, elle punit Actéon, qui prétendit la surpasser, en le transformant en cerf et le faisant dévorer par ses chiens. Dans le monde antique, on connaît toutefois plusieurs Artémis. Ainsi, en Tauride, on adorait une Artémis, cruelle déesse montée sur un char traîné par deux taureaux. Elle portait un flambeau à la main, et son front était surmonté d'un croissant de lune. On lui sacrifiait les étrangers ; Oreste, grâce à sa soeur Iphigénie, put s'enfuir et échapper à cette sauvage coutume. Une autre Artémis, celle d'Éphèse, diffère de la déesse traditionnelle : en effet, loin de se refuser à l'amour, elle s'y livre sans retenue et nourrit, grâce à ses multiples mamelles gonflées de lait, les hommes et la Terre. Cependant, malgré toutes ces confusions, l'Artémis grecque demeure la chasseresse et la chaste, et c'est sous ces traits et ces attributs qu'elle figure dans la plupart des légendes.

Voir aussi :

Amphion
Calchas
Clytemnestre
Électre
Zéthos

Asclépios

Hésiode et Pindare nous ont conté l'histoire de ce dieu de la Médecine si célèbre dans l'Antiquité que les Romains eux-mêmes l'adoptèrent et le vénérèrent sous le nom d'Esculape. Séduite par Apollon, sa mère, Coronis, fille de Phlégyas roi de Thessalie, ne devait jamais connaître son fils. Si l'on en croit la légende, elle trompa son amant divin avec un mortel, Ischys ; Apollon, informé de l'infidélité de son amante, la tua. Mais au moment où le corps de Coronis commençait à se consumer sur le bûcher funéraire, pris de remords, le dieu arracha son fils vivant des entrailles de sa mère morte et le confia à Chiron. Asclépios apprit de ce sage et savant centaure l'art de composer et de fabriquer de simples remèdes. Bientôt, il acquit une habilité telle que non seulement il réussit à guérir le malades, mais à ressusciter les morts ; Glaucos, Tyndare, Hippolyte, en particulier, lui doivent leur retour à la vie. Devant les plaintes d'Hadès, qui redoutait de fermer les portes de son royaume, fautes de sujets, et qui craignait que l'ordre de la nature ne fût troublé par des guérisons miraculeuses, Zeus, un jour, foudroya le trop zélé Asclépios. Pour venger la mort de son fils, Apollon tua les Cyclopes, artisans de la foudre, et fut en punition condamné par les Dieux à un court exil sur la Terre.

Malgré sa mort tragique, Asclépios eut droit, dans l'antiquité, aux honneurs divins, et nombreux étaient les infirmes, les aveugles, et les malades qui venaient dans ses sanctuaires, notamment à Epidaure, demander la guérison ou l'apaisement de leurs souffrances. Asclépios leur apparaissait alors en songe et leur révélait le remède qui leur rendait la santé. Il portait pour emblème principal le serpent, symbole Chthonien et également image de la rénovation, puisque cet animal change de peau chaque année. Asclépios transmit ses dons miraculeux à ses enfants Machaon et Podalirios, praticiens dans l'armée grecque devant Troie, à sa fille Hygie, déesse de la Santé et à ses descendants, les Asclépiades, qui formaient une confrérie sacerdotale où les "secrets" de leur illustre ancêtre se transmettaient de père en fils.

Voir aussi :

Philoctète

Athéna

Alors qu'elle était enceinte d'Athéna, la déesse Métis fut avalé par Zeus, son amant, qui craignait que l'enfant qu'elle portait ne le détrônât. Mais le dieu sentit bientôt des douleurs d'un violent mal de tête. Héphaïstos lui fendit le crâne d'un coup de hache. Athéna sortit de la déchirure de sa tempe, tout armée et casquée, en poussant un immense cri de guerre. La déesse, l'une des douze divinités de l'Olympe, devait être mêlée, de près ou de loin, à la plupart des récits cosmogoniques. Douée d'une noble raison, ayant acquis de sa mère le sens de la sagesse, elle devint, en effet, pour les Dieux, une précieuse conseillère et les aida, en particulier, à vaincre les Géants. Cependant, elle n'hésita pas à se disputer à Poséidon la possession de l'Attique. Tandis que le dieu frappait l'Acropole de son trident et en faisait jaillir un splendide coursier ou, disent d'autres versions, un lac salé, la déesse offrait aux habitants du pays un olivier, symbole de la paix et aussi de la richesse. Ces derniers jugèrent que l'arbre leur serait plus utile que le cheval et choisirent finalement Athéna pour protectrice. On verra la déesse protéger sans relâche les grands héros de l'Attique et la plupart des chefs grecs au cours de la guerre de Troie.

Bientôt, les attributions d'Athéna se développèrent et se multiplièrent. Elle ne fut pas seulement la chaste déesse qui priva Tirésias de la vue parce que le devin avait osé la regarder se baigner, ou qui fit chasser de l'Olympe Héphaïstos, coupable d'avoir attenté à son honneur ; elle ne fut plus uniquement la déesse de la Guerre portant la cuirasse, l'égide, la lance d'or, le bouclier, où surgissait la tête de Méduse, telle, en somme, que la présentait le Palladion : elle devint la protectrice de l'Etat, la déesse qui garantit l'équité des lois, leur juste application, tant devant les tribunaux que dans les assemblées. Mais la loi seule ne peut suffire à assurer la pérennité d'un Etat et d'un peuple elle doit également provenir de la prospérité du pays. Aussi Athéna veille, avec une particulière bienveillance, sur l'agriculture. Elle a inventé, pour la commodité des hommes, les instruments aratoires, qui permirent à le terre attique de fournir un meilleur rendement. En outre, la déesse protège chaque famille, veille sur l'entente et la chasteté des époux, sur l'honneur du foyer et la santé de quiconque ("Athéna Hygieia"). Par l'influence heureuse de sa raison et de sa pensée réfléchie et subtile, Athéna apporte aux lettres et aux arts l'énergie et l'inspiration nécessaires à un rayonnement spirituel étendu et constant. Il s'ensuit que cette divinité apparaît bien comme le symbole divin de la civilisation grecque qui, par sa force guerrière, par son intelligence, sa sagesse, la modération de ses moeurs et la beauté étudiée de ses monuments artistiques et littéraires, a su imposer sa domination sur le monde. Plus tard, les Romains l'ont identifiée avec Minerve.

Voir aussi :

Achille
Ajax
Arès
Les Argonautes
Bellérophon
Déiphobos
Diomède
Électre
Héra
Héraclès
Hermès
Oreste
Pâris
Persée
Télémaque
Typhon

Atlas

Fils de Japet et de l'Océanide Clyméné, ce Géant appartient à la première génération des Dieux. Avec ses frères, il combattit Zeus et, en punition de ce crime, fut condamné à porter le ciel sur ses épaules. On raconte aussi que Persée lui demanda l'hospitalité, mais essuya un refus. Irrité, le héros lui présenta la tête de Méduse, et le Géant, pétrifié, fut changé en une montagne nommée "Atlas", sur laquelle, selon les Anciens, reposait la voûte céleste. Dans sa nombreuse postérité, on compte les Pléiades, les Hyades, Maia, Dioné, Calypso, Hyas.

Voir aussi :

Électre
Héraclès
Hermès
Prométhée

Bellérophon

Fils de Glaucos et petit-fils de Sisyphe, Bellérophon dans sa jeunesse tua le tyran de Corinthe, Belléros. Banni de la cité pour ce crime, il s'exila chez Proétos, roi de Tirynthe, qui le purifia de son meurtre. Mais Sthénébée, l'épouse de Proétos, s'éprit du héros, qui la repoussa avec dédain. Dépitée, le reine l'accusa de tentative de viol : le roi la crut ; ne voulant toutefois pas tuer son hôte de sa main en raison des lois sacrées de l'hospitalité, il préféra charger son beau-frère Iobatès, roi de Lycie, de cette besogne, et il lui envoya Bellérophon avec l'ordre de le tuer. Or, Iobatès, tout comme Proétos et pour les mêmes motifs, n'osa pas lever la main sur le héros ; il lui demanda un certain nombre de services tous plus dangereux les uns que les autres. Bellérophon s'acquitta de tous avec zèle. Il réussit à dompter le cheval Pégase, grâce à des brides magiques offertes par Athéna. Il tua la Chimère. Il vainquit le peuple sauvage des Solymes et leurs alliées, les Amazones. Enfin, il mit un terme, par un massacre général, aux agissements d'une bande de pirates qui infestaient les côtes de Carie. Nullement reconnaissant de ces victoires, Iobatès monta une embuscade contre le héros. Or, les Lyciens furent tous tués jusqu'au dernier.

Comprenant enfin que Bellérophon était protégé par les Dieux et sans doute d'origine divine, Iobatès fit amende honorable, lui accorda la main de sa fille Philonoé, et, à sa mort, lui légua le trône de Lycie. Mais le héros, grisé par ses exploits, ne sut pas s'arrêter dans les limites décentes que les Dieux impartissent aux humains. Monté sur le cheval Pégase, il voulut gagner l'Olympe et devenir immortel. Foudroyé par Zeus et désarçonné, il retomba sur Terre, et se tua ; selon une autre version, il ne mourut pas, mais il erra par le monde, boiteux, solitaire et aveugle.

Calaïs

Fils de Borée et d'Orithye, Calaïs et son frère Zétès étaient deux êtres ailés qui ne se séparèrent jamais et furent surnommés, en raison de leur ascendance, les "Boréades". Ils avaient pour soeur Cléopâtra, qui avait épousé Phinée, roi de Thrace, et lui avait donné deux enfants. Bientôt, Phinée répudia celle-ci et se maria en secondes noces à Idaea, une princesse de Scythie. Celle-ci, jalouse de ses deux beaux-fils, prétendit qu'ils avaient voulu la séduire. Sur cette fausse accusation, les deux malheureux eurent les yeux crevés et furent jetés en prison.

Au cours de l'expédition des Argonautes, les Boréades abordèrent en Thrace et vinrent délivrer leurs neveux ; ils forcèrent en outre Phinée à renvoyer sa seconde épouse dans son pays. D'autres versions prétendent que Calaïs et Zétès auraient crevé les yeux de Phinée. On affirme également que les deux frères témoignèrent au contraire beaucoup de tendresse à leur beau-frère et le délivrèrent des Harpyes qui ne cessaient de le tourmenter. Enfin, une tradition isolée affirme que les Boréades furent de ceux qui poussèrent Jason à abandonner Héraclès et Polyphème sur les côtes de Mysie et à reprendre la mer sans eux. Plus tard, pour se venger, Héraclès perça de ses flèches Calaïs et Zétès dans l'île de Ténos.

Calchas

Descendant d'Apollon par son père Thesor, Calchas avait reçu de son divin ancêtre le don de prophétie. Il fut l'un des plus célèbres devins de la mythologie grecque, habile entre tous à prédire l'avenir dans le vol des oiseaux. Il fut choisi par les Grecs comme devin officiel de la guerre de Troie. Il annonça la durée totale de l'expédition ; il conseilla le sacrifice d'Iphigénie pour apaiser la colère d'Artémis ; il révéla que Troie ne pourrait être prise sans le concours d'Achille et de Philoctète, possesseur de l'arc d'Héraclès. Il mit aussi un terme à la peste qui ravageait l'armée grecque en demandant à Agamemnon de rendre Chryséis à son père, Chrysès, prêtre d'Apollon. Il inspira également aux Grecs l'idée de construire le fameux cheval de Troie.

A son retour, jeté sur les côtes d'Ionie, Calchas y rencontra un autre devin, Mopsos, qui se révéla plus expert encore que lui, et, comme le lui avait signifié un oracle, il en mourut de chagrin.

Voir aussi :

Amphilochos
Clytemnestre
Podalirios

Le Sanglier de Calydon

Envoyé en signe de vengeance par Aphrodite, pour laquelle le roi Oenée avait omis de faire un sacrifice, cette monstrueuse bête ravageait le territoire de Calydon, tuant le bétail et terrifiant les habitants du pays. Le fils du roi, Méléagre, fit appel aux plus braves des héros de par toute la Grèce pour combattre ce fléau. Atalante, la seule héroïne de la chasse, porta le premier coup mortel à la bête, que Méléagre acheva. Celui-ci offrit à la chasseresse la peau de la bête en signe d'hommage et de reconnaissance, provoquant par ce geste la fureur des autres chasseurs.

Voir aussi :

Les Dioscures
Héraclès
Iolaos
Les Lapithes
Mopsos
Nestor
Pélée
Thésée

Calypso

Nymphe et reine de l'île d'Ogygie, la presqu'île de Ceuta en face de Gibraltar, Calypso accueillit dans ses États Ulysse, qui venait de faire naufrage. Amoureuse du héros, elle s'efforça, sept ans durant, de lui faire oublier sa patrie dans sa grotte enchantée, entourée de bois et de peupliers, de cyprès, décorée de vignes, chargée de grappes de raisins. Elle lui offrit même l'immortalité. Mais l'amour d'Ithaque et de Pénélope demeurait le plus fort dans le coeur d'Ulysse, et il passait ses journées à contempler le rivage et la mer, les yeux embués de larmes. Ému, Zeus dépêcha Hermès auprès de Calypso : Ulysse devait quitter l'île. Malgré sa douleur, Calypso obéit. Elle aida le héros à construire un radeau et lui fournit des provisions pour la traversée ; et Ulysse la quitta le coeur plein d'espoir, voguant vers sa patrie bien-aimée.

Voir aussi :

Atlas

Cassandre

Fille de Priam et d'Hécube, soeur jumelle d'Hélénos, cette Troyenne de sang royal fut une prophétesse infaillible. Elle avait reçu ce don d'Apollon, qui lui demandait de céder à ses instances. Elle fit mine d'accepter, mais, nantie de sa faculté divinatoire, elle refusa de tenir sa promesse. Le dieu, indigné, fit en sorte que les prophéties de Cassandre ne fussent jamais prises au sérieux. Aussi, Cassandre assista impuissante aux préparatifs de la guerre de Troie qu'elle avait prédite. Elle s'opposa sans succès à l'entrée dans Troie du fameux cheval de bois. Lors de la prise de la ville, elle fut poursuivie et retenue prisonnière par Ajax (le Petit), fils d'Oïlée.

Après le sac de Troie, elle échut en partage au roi Agamemnon, qui conçut pour elle un amour véritable et la rendit mère de deux enfants. C'est en vain qu'elle supplia son maître et amant de ne pas retourner dans sa patrie. Agamemnon fut tué à Argos par Clytemnestre, son épouse, et Cassandre, ainsi que ses deux enfants, partagèrent le même sort.

Voir aussi :

Pâris

Castor

L'un des Dioscures, frère de Pollux, fils de Léda et de Tyndare.

Voir aussi :

Chiron
Électre

Cerbère

De l'union des deux monstres, Typhon et Échidna, naquit Cerbère, qui gardait l'entrée des Enfers. Ce chien à trois têtes avait un cou hérissé de serpents, et des dents dont la morsure était empoisonné comme celle de la vipère. Le chien tricéphale, qui se tenait devant une antre au bord du Styx , permettait aux ombres des morts de pénétrer dans les Enfers, mais leur interdisait d'en sortir. Les mortels téméraires qui tentaient de s'aventurer dans le royaume des morts étaient impitoyablement déchiquetés.

Parfois Cerbère n'était pas aussi impitoyable que la renommée l'affirmait, et certains mortels ou héros parvinrent à l'apprivoiser. Psyché, envoyée par Aphrodite auprès de Perséphone, donna à Cerbère un gâteau et réussit à l'amadouer. La Sibylle de Cumes, Déiphobé, lui offrit également une sorte de pâte soporifique lorsqu'elle conduisit Énée aux Enfers. Quant à Orphée, on sait qu'il parvint à charmer de sa lyre et de ses chants l'inexorable monstre. Enfin avec Héraclès, Cerbère connut une humiliante défaite. Autorisé à s'emparer du chien et à le ramener sur Terre à la simple et difficile condition de ne pas recourir à ses armes, Héraclès, de ses seules mains, l'étouffa à demi et put le porter ainsi jusqu'à Mycènes. Mais bientôt Cerbère, gardien sans égal, fut rendu à l'empire des morts.

Voir aussi :

La Chimère

La Chimère

Comme Cerbère et bien d'autres monstres, la Chimère est le produit difforme du monstre Échidna et de Typhon. Elle a la tête d'un lion et, ou d'une chèvre et la queue d'un dragon. Élevée par Amisodarès, roi de Carie, elle terrorisait tous les lieux d'alentour, vomissant des flammes et dévorant tous les êtres humains qui avaient le malheur de se trouver sur son chemin. Comme il craignait que le monstre ne s'attaquât à ses sujets, le roi de Lycie demanda à Bellérophon de le délivrer d'un tel fléau. Celui-ci, monté sur le cheval Pégase, perça la Chimère de flèches plombées, dont le métal fondit à l'ardeur des feux qu'elle émettait : elle fut, de la sorte, brûlée à mort.

Voir aussi :

Le Sphinx

Chiron

Parmi les nymphe Philyre, il avait une étrange forme d'homme-cheval, parce que son père avait dû se changer en cheval pour l'engendrer. On raconte que sa mère, désespérée d'avoir donné le jour à un tel monstre, demanda aux Dieux de la métamorphoser : ceux-ci la transformèrent en tilleul.

Chiron reçut les précieux enseignements d'Apollon et d'Artémis, et apprit de ces précepteurs divins l'art de la médecine et de la chasse. Bientôt, les patients affluèrent pour consulter le centaure, qui les recevait dans une grotte, située au pied du mont Pélion, en Thessalie. Nombreux sont les héros qui obtinrent le privilège d'être ses disciples : Castor et Pollux, Amphiaraos, Pélée, Achille, Nestor, Ulysse, Actéon, Diomède et les Argonautes, en faveur desquels il dressa un calendrier maritime. Immortel, il était promis à une existence dispensatrice de bienfaits divers. Mais Héraclès, par mégarde, au cours d'un combat qui opposait Centaures et Lapithes, le blessa à la cuisse d'une flèche teinte du sang vénéneux de l'Hydre de Lerne. Eprouvé par d'atroces douleurs, Chiron offrit, avec l'assentiment des dieux, son immortalité à Prométhée et put enfin rendre le dernier soupir. Zeus plaça ce centaure sans reproches parmi les astres. Il y forma la constellation de Sagittaire.

Voir aussi :

Asclépios
Éros
Jason

Circé

L'une des rares magiciennes qui figurent dans la mythologie grecque, et, sans aucun doute, la plus célèbre de toutes. Circé était fille d'Hélios et de Perséis, l'Océanide. Douée de pouvoirs extraordinaires, capable en autres de faire descendre du ciel les étoiles, elle excellait dans la préparation des philtres, des poisons, des breuvages propres à transformer les êtres humains en animaux. Elle essaya sur son époux, le roi des Sarmates, son sort maléfique et l'empoisonna. Devenue odieuse aux sujets de celui-ci, elle dut prendre la fuite. Monté sur le char du Soleil, son père, elle trouva refuge en Etrurie.

Là, résidant dans un palais enchanté, elle continua à perfectionner ses techniques magiques et changea en monstre la jeune et belle Scylla, parce qu'elle avait aimé le dieu Glaucos. Picus, monarque coupable d'avoir repoussé ses avances, fut transformé en pivert. Elle ne réussit pas pourtant à faire partager à Ulysse le sort de quelques uns de ses compagnons, métamorphosés en pourceaux par ses soins. Le héros, il est vrai, suivant les avis d'Hermès, avait neutralisé le breuvage que lui offrait Circé en y mêlant les brins d'une herbe nommée "moly". Ainsi préservé des enchantements de la magicienne, il put la contraindre à restituer aux navigateurs de sa suite leur primitive forme humaine. Cependant, Circé, qui n'avait aucun des traits hideux que l'on prête aux sorcières, séduisit le héros. Elle le retint auprès d'elle plus d'une année et conçut de ses oeuvres plusieurs enfants, dont Télégonos, fondateur mythique de Tusculum, Latinus, roi éponyme des Latins, et une fille, Cassiphoné. Lorsque Ulysse se décida à reprendre le cours de son périple, elle lui conseilla de se rendre aux Enfers pour y consulter l'ombre du devin Tirésias, qui lui indiquerait la route la plus facile et la plus sûre en direction d'Ithaque, sa patrie.

En raison de sa malfaisance, quoiqu'elle multipliât les prodiges, les Dieux refusèrent le don de l'immortalité à Circé, qui périt de la main de Télémaque, fils d'Ulysse et de Pénélope.

Voir aussi :

Les Argonautes

Clytemnestre

L'une des plus célèbres héroïnes de la tragédie grecque, Clytemnestre, de race royale, était la fille de Tyndare et de Léda et, par sa mère, la soeur des Dioscures et d'Hélène. Elle épousa en premières noces Tantale, puis Agamemnon, le meurtrier même de son mari, qui partit peu de temps après pour Troie. À Aulis, Agamemnon fut contraint, sur les conseils de Calchas, de sacrifier sa fille Iphigénie à la déesse Artémis, qui empêchait la flotte grecque de gagner la Troade. Agamemnon cacha son sinistre projet à Clytemnestre. Mais celle-ci apprit bientôt la nouvelle à Argos ; désespérée par la fin tragique de sa fille (en fait, Iphigénie avait pu échapper au couteau du sacrificateur) et, dit une autre version, trompée par son époux qui s'était épris de Chryséis, elle prit Égisthe pour amant et prépara avec lui le complot qui mit fin aux jours d'Agamemnon, de retour dans sa patrie. Électre et Oreste se chargèrent de venger la mort de leur père, sept ans après son crime.

Voir aussi :

Cassandre
Laodicé

Créüse

1° L'une des sept filles d'Erechthée et de Praxithéa, Créüse épousa Xouthos, dont elle eut Achaéos et Diomédé. Cependant, toute jeune fille, elle fut séduite par Apollon dans une caverne non loin de l'Acropole, où elle abandonna l'enfant qui lui naquit, un fils appelé Ion. Hermès le recueillit et l'éleva dans un temple d'Apollon, à Delphes.

2° Une autre Créüse est la fille de Priam et d'Hécube ; elle épousa Énée et lui donna un fils, Ascagne. Au cours de la prise de Troie, dans la confusion et la mêlée générale, elle se serait trouvée séparée de son mari et aurait été enlevé par Aphrodite. Cependant, elle put apparaître à Énée, qui la recherchait dans toute le ville, et lui annoncer son long périple à la recherche d'une terre nouvelle, l'Italie.

3° Une troisième Créüse, fille de Créon, roi de Corinthe, périt victime de la vengeance de Médée. Elle porte aussi le nom de Glaucé.

Voir aussi :

Jason

Dédale

On ne connaît pas clairement les origines de Dédale. Pourtant, presque toutes les versions de sa légende s'accordent à déclarer qu'il appartenait à la race royale d'Athènes.

Forgeron, inventeur d'une inépuisable fécondité d'esprit, architecte, sculpteur, il permit, d'après les Athéniens, à l'art attique de progresser. Il était, au début de sa carrière, aidé par un apprenti, son neveu Talos. Ce dernier trouva un jour la mâchoire d'un serpent mort. Il en cisela dans le fer le ressemblance et se procura de la sortie la première scie. Dédale, jaloux de cet élève qui n'hésitait pas à lui donner des leçons, le tua en le précipitant da haut de l'Acropole. L'Aréopage s'assembla pour le juger. Il rendit contre lui une sentence de bannissement. Dédale se réfugia en Crète. Il séduisit le roi Minos par sa compétence, son talent, son ingéniosité. On le chargea de tracer les plans du Labyrinthe, où fut enfermé le Minotaure. Mais, pour avoir trahi son maître, en favorisant les amours d'Ariane et de Thésée et pour avoir aidé ce dernier, il y fut, à son tour, reclus.

Cependant, il ne perdit pas courage. Il fabriqua une paire d'ailes. Il s'envola avec son fils, Icare, mais parvint seul à Cumes, sain et sauf. Il consacra à Apollon la machine volante qui l'avait sauvé. Puis, abordant en Sicile, il y reçut le plus aimable accueil de la part de roi Cocalos et devint son principal architecte.

Déiphobos

L'un des fils de Priam et d'Hécube, Déiphobos, dans la guerre de Troie, est l'instrument de la fatalité divine. Il reconnaît son frère Pâris, autrefois abandonné par son père, et qui, sous le nom de "Alexandre", s'est mesuré victorieusement avec lui au cours des jeux du stade. C'est aussi sous la forme de Déiphobos qu'Athéna incite Hector à combattre Achille.

A la mort de Pâris, malgré les protestations de son frère Hélénos, il épouse Hélène, qui incarne les malheurs d'une Troie livrée aux ordres et aux malheurs des Dieux. Il meurt tué et mutilé par Ménélas, lors du sac de la ville. Énée rendra plus tard à sa dépouille les honneurs funèbres et lui élèvera un tombeau au cap Rhoeteum, non loin de l'Hellespont.

Déméter

Fille de Cronos et de Rhéa, Déméter est avant tout la déesse du Blé, dont elle facilite la germination, et de la Moisson, dont elle assure la maturité. Aussi, tous les pays grecs de l'Antiquité, dont l'économie reposait pour une part essentielle sur la culture de cette céréale, ont multiplié les légendes sur Déméter.

Outre ses amours avec Iasion, à qui elle donna Ploutos, le dieu de l'Abondance, et avec Poséidon, qui, changé en cheval, alors qu'elle s'était métamorphosée en jument pour lui échapper, engendra le coursier Aréion, on connaît surtout sur Déméter la célèbre légende qui retrace l'enlèvement de sa fille Perséphone (Proserpine chez les Romains) par Hadès. Celle-ci jouait avec ses compagnes en Attique, dans la plaine d'Éleusis, et cueillait des fleurs. Elle apparut alors un beau narcisse, et, au moment où elle allait casser sa tige, la terre s'entrouvrit, et Hadès apparut : il enleva la jeune fille, qui poussa un cri déchirant. Déméter entendit cet appel d'épouvante et quitta alors l'Olympe. Pendant neuf jours et neuf nuits, elle erra sur la Terre, sans manger, sans se baigner, sans prendre jamais de repos, à la recherche de sa fille et de l'auteur du rapt. Au dixième jour, Hélios, pris de pitié, lui révéla le nom du ravisseur. Alors, dans sa colère, la déesse refusa de regagner le séjour des Dieux tant que sa fille ne lui serait pas rendue. Elle se réfugia à Éleusis chez le roi Céléos, époux de Métanira, qui l'accueillit avec beaucoup d'égards. Pour remercier son hôte, la déesse voulut accorder à Démophon, le fils du roi, l'immortalité. Mais ses pratiques magiques affolèrent Métanira, et Déméter, surprise, lâcha l'enfant dans le feu. Pour consoler les parents, Déméter enseigna à Triptolème, leur autre fils, l'art de labourer les champs, d'ensemencer la terre et de récolter les céréales. Pourtant, depuis le départ de Déméter de l'Olympe, la terre était devenue stérile ; la famine et les épidémies menaçaient les mortels. Zeus, inquiet, intervint auprès d'Hadès pour que Perséphone fût rendue à Déméter. Mais le dieu des Enfers refusa parce que sa jeune femme avait mordu dans une grenade au cours de son séjour chez les morts, ce qui, magiquement, , lui interdisait tout retour au séjour des vivants. Finalement, un compromis intervint. Perséphone vivrait avec sa mère six mois de l'année, et les six autres mois elle les passerait en compagnie de son époux Hadès. A la première période de la vie annuelle de Perséphone correspond le printemps, les jeunes pousses qui, comme la déesse, sortent de la terre sous la protection de Déméter ; à la seconde période, l'époque des semailles de l'automne, des grains de blé enfouis dans la terre, comme Perséphone retournant au séjour des morts. Les mystères d'Éleusis qui célébraient le culte de Déméter voyaient également dans cette légende un symbole perpétuel de mort et de résurrection.

Au cours des siècles de l'Antiquité, les attributions de Déméter se multiplièrent. La déesse fut vénérée comme une des divinités principales de l'Abondance et de la Fertilité par les initiés aux mystères et par les agriculteurs qui célébraient, au moment des moissons, des fêtes comme les Thesmophories et les Éleusinia. Assimilée à Cérès par les Romains, Déméter est le symbole de la civilisation antique dont elle assure, par l'abondance des récoltes, le perpétuel épanouissement économique et social.

Voir aussi :

Électre

Diomède

1° Roi des Bistones en Thrace, Diomède avait coutume, pour rendre ses chevaux plus alertes et plus robustes, de les nourrir de la chair des voyageurs innocents qui s'aventuraient des ses États. Héraclès mit un terme à cette sinistre pratique en faisant dévorer Diomède par ses propres cavales. Il fit don des chevaux carnivores à Eurysthée, qui les consacra d'abord à Héra, puis les lâcha sur le mont Olympe, où ils furent dépecés par les bêtes féroces.

2° Avec Achille et Ajax, fils de Télamon, un autre Diomède, fils de Tydée, passe pour un des plus vaillants héros de toute Antiquité. Elevée par le centaure Chiron, il succéda à son grand-père Adraste sur le trône d'Argos et prit une part effective à l'expédition des Épigones, afin de venger la mort de son père, l'un des Sept Chefs. Par la suite, il se lia d'amitié avec Ulysse et l'accompagna à Troie à la tête de quelque quatre-vingts vaisseaux. Outre les exploits qu'il accomplit avec son ami, soit en allant chercher Philoctète et ses flèches indispensables à la victoire à Lemnos, soit en s'emparant des chevaux de Rhésos, soit en enlevant de Troie le Palladion, qui passait pour protéger la ville, Diomède n'hésita pas à affronter en combat singulier les plus réputés des héros troyens, tels Hector et Énée ; il ne fut jamais vaincu . De plus, protégé par Athéna, il osa s'attaquer au dieu Arès, qu'il blessa au flanc -- à la déesse Aphrodite, dont il perça la main de sa lance.

Mais cette audace déplut à la déesse de l'Amour. Elle inspira à l'épouse de Diomède, Aegialé, des amours adultères ; Diomède, regagnant Argos, découvrit l'infidélité de sa femme. Il quitta alors son royaume et aborda en Italie du Sud, en Apulie, où il rencontra le roi de la contrée, Daunus, qui lui donna sa fille en mariage ; Diomède s'installa dans le pays et fonda de nombreuses villes de l'Italie méridionale. Selon les uns, il fut tué par le roi Daunus, selon les autres, il disparut sur l'ordre des dieux sous les yeux de ses compagnons, qui furent métamorphosés en oiseaux. Enterré dans une des îles qui portent aujourd'hui son nom, il fut adoré comme un dieu.

Voir aussi :

Glaucos

Dionysos

L'un des Dieux les plus importants et les plus complexes de la Grèce, Dionysos, fils de Zeus et de Sémélé, naquit dans d'étranges conditions. Sémélé, en effet, poussée par la jalouse Héra, voulut voir son amant divin dans toute sa puissance. Aussitôt son corps fut consumé, et Zeus eut juste le temps d'arracher de ses entrailles le petit Dionysos, qu'il cacha encore trois mois dans sa cuisse afin qu'il pût naître à terme. Déguisé en petite fille et confié à Athamas et à Ino, le jeune dieu ne put cependant échapper à la colère d'Héra, qui frappa ses parents adoptifs de folie et l'obligea à fuir dans de lointain pays, où il fut métamorphosé en chevreau par Zeus. Puis, des Nymphes entreprirent son éducation.

Mais, parvenu à l'âge adulte, le dieu fut à son tour frappé de démence. Il erra dans le monde entier, introduisant dans chaque pays la culture de la vigne et la façon de faire le vin. On le vit ainsi parcourir l'Égypte, la Syrie, le Phrygie, où la déesse Cybèle l'initia à ses mystères. Délivré de sa folie, il pénétra en Thrace dans le domaine du roi Lycurgue, qui s'opposa à l'introduction du culte du dieu, enchaîne les Bacchantes et obligea Dionysos à s'enfuir chez Thétis. Peu après, le dieu délivra les Bacchantes et frappa Lycurgue de folie, puis rendit la terre de Thrace stérile. Pour apaiser le dieu, les habitants épouvantés écartelèrent leur roi. Ayant établi son culte dans tous les pays que baigne la Méditerranée, Dionysos, monté sur un char attelé de panthères, gagna alors l'Inde et, en compagnie d'une escorte de Silènes, de Bacchantes et de Satyres, y fit un voyage mystérieux. Revenu en Boétie, il tenta d'introduire son culte à Thèbes ; mais Penthée, le roi de la cité, voulut lui aussi s'y opposer. Il fut mis en pièces par sa mère Agavé, atteinte, elle aussi, d'une folie furieuse. Les Proétides, les filles du roi Proétos, qui n'avaient pas consenti à accueillir le dieu, sombrèrent également dans la démence et se répandirent dans la campagne en mugissant. Dionysos prit ensuite un navire pour se rendre à Naxos, mais l'équipage composé de pirates voulut le retenir prisonnier afin de le vendre comme esclave à leur prochaine escale. Dionysos manifestait aussitôt sa puissance en immobilisant le navire, en le remplissant de lierre et en faisant entendre des sons stridents de flûte. Les marins, épouvantés, se jetèrent tous à la mer, où ils furent changés en dauphins. Avant de monter dans l'Olympe pour y être reçu de plein droit dans l'assemblée des dieux, Dionysos alla ravir aux Enfers sa mère Sémélé et la transporta avec lui dans les cieux, où elle prit le nom de Thyoné.

Lié au vin et à l'ivresse, le culte de Dionysos s'étendit dans toute la Grèce, avec la culture de la vigne. Le dieu devint alors le symbole de la puissance enivrante de la nature, de la sève qui gonfle grains de raisins et qui est la vie même de la végétation. Entouré souvent de divinités des Bocages, il fut également vénéré comme un dieu des Jardins et des Bois. Élevé par les nymphes, il put prétendre aussi à être adoré comme un dieu de l'Eau, de l'élément liquide qui est la sève et la source primordiale et originelle de toute la vie. A l'époque classique, Dionysos prit l'allure du dieu de la Vie joyeuse, des jeux et des fêtes dont il aime à s'entourer au milieu des clameurs des Bacchantes ; il prit surtout ce caractère dans l'Empire romain sous le nom de Bacchus. Mais aussi important est le fait que les Grecs l'ont considéré comme le dieu protecteur des Beaux-Arts, en particulier de la tragédie et de la comédie, issues l'une et l'autre des représentations qui avaient lieu à l'occasion de ses fêtes. On ne saurait non plus négliger son rôle dans l'orphisme, où il fut identifié avec Zagreos.

Dans les ouvrages d'art, il a les traits d'un dieu jeune, le front et le corps entourés de lierre, de vigne et de grappes. Il est généralement accompagné par des cortèges de Ménades, de Thyades et de joueurs de flûte, qui portent le thyrse et se livrent à des jeux, à des danses frénétiques et à des transports désordonnés.

Voir aussi :

Aphrodite
Ariane
Orion
Thésée

Échidna

Femme et serpent tout à la fois, le monstre Échidna, engendré par Gaia et Pontos ou, selon une autre version de la légende, par Chrysaor et Callirhoé, passe pour avoir donné le jour à des créatures fabuleuses, qui jouent dans les légendes grecques un rôle de premier plan : la Chimère, le chien de Géryon, Orthros, Cerbère, le Sphinx, l'Hydre de Lerne, les dragons de Colchide et du jardin des Hespérides,Méduse, l'aigle qui rongeait le foie de Prométhée, le lion de Némée. Malfaisante à cause de sa fécondité même dévoratrice d'innocents voyageurs, elle devait être tuée par Argus aux cent yeux, qui la surprit dans son sommeil.

Voir aussi :

Héraclès
Typhon

Électre

1° Fille d'Océan et de Téthys, Électre s'unit à Thaumas, fils de Pontos et de Gaia, et donna le jour à Iris et aux deux Harpyes, Aellô et Ocypétès.

2° On connaît une autre Électre, fille d'Atlas et de Pléioné, qui, unie à Zeus monde Dardanos, premier roi de Troie, et Iasion, amant de Déméter et père de Ploutos. On dit aussi qu'Électre, sur le point d'être séduite par Zeus, se réfugia auprès de la statue du Palladion, apportée par Athéna dans l'Olympe. Mais le dieu, en dépit du sacrilège, s'unit à Électre et, dans sa colère, jeta du haut du ciel, le Palladion, qui, par les Troyens, fut considéré désormais comme la statue protectrice de leur ville. La tradition latine a modifié la généalogie d'Électre ; elle n'est plus l'amante de Zeus, mais l'épouse du prince étrusque Corythos. Des deux fils qui naquirent du mariage, l'un, Iasion, émigra à Samothrace et l'autre, Dardanos, s'installa en Troade.

3° La plus célèbre des Électre est la fille d'Agamemnon et de Clytemnestre ; elle a été immortalisé par les poètes tragiques Euripide et Sophocle. Épargnée lors de l'assassinat d'Agamemnon par Clytemnestre et Égisthe, elle réussit également à sauver son tout jeune frère Oreste, en le cachant sous robe et en le portant hors de la ville de Mycènes, à un vieux précepteur de son père. Selon une des versions, Électre avait été fiancée peu avant le meurtre avec Castor. Mais Égisthe, craignant qu'elle ne donnât naissance à un fils qui vengerait un jour son grand-père, la confia à un paysan mycénien, qui, dit-on, ne consomma pas le mariage. Électre vécut longtemps dans la pauvreté et la solitude. Mais un jour qu'elle était venue se recueillir sur la tombe de son père, Oreste vint auprès d'elle et se fit reconnaître. Ils décidèrent avec Pylade de tuer Clytemnestre et Égisthe. Oreste et Pylade se dirigèrent vers le palais et annoncèrent la fausse nouvelle qu'Oreste était mort. Ayant pu pénétrer dans le palais, à la faveur de la joyeuse émotion suscitée par cette nouvelle, ils tuèrent Clytemnestre et Égisthe. Mais Électre n'abandonna pas son frère sans cesse tourmenté par les Érinyes et le protégea de la colère de son peuple, qui lui reprochait son matricide. Un jour parvint à Mycènes la nouvelle qu'Oreste et Pylade avaient été sacrifiés sur l'autel d'Artémis en Tauride. Aussitôt, Alétès, le fils d'Égisthe, monta sur le trône de Mycènes, et Électre alla consulter l'oracle pour en apprendre davantage. Elle rencontra alors à Delphes Iphigénie, sa soeur (ce qu'elle ignorait), qui affirma qu'elle était la prêtresse qui avait immolé les deux hommes, dont Oreste, son frère. Électre, dans sa fureur, saisit un brandon et allait brûler les yeux de sa soeur quand Oreste apparut, et tous les trois purent retourner dans la joie à Mycènes. Oreste tua Alétès et épousa Hermione. Électre se maria avec Pylade et donna le jour à deux fils, Médon et Strophios.

Énée

Issu de la race royale de Dardanos et parent de Priam, roi de Troie, dont il épousa la fille Créüse, Énée était le fils d'Anchise et d'Aphrodite. Élevé dans les bois par des Nymphes et le centaure Chiron, Énée ne prit pas part au commencement de la guerre de Troie ; cependant, un jour qu'il gardait ses troupeaux, il fut attaqué par Achille, qui lui ravit une partie de son bétail. Il se réfugia alors à Lyrnessos et, poursuivi par Achille, il dut quitter, sous la protection de Zeus. cette ville pour Troie, où il s'engagea dans les rangs des guerriers troyens. Au cours de cette longue guerre, Énée fut un héros courageux, sage et pieux ; il savait payer de sa personne, mais il eut bien souvent recours, dans des situations périlleuses, au secours et à la protection des Dieux, notamment lorsqu'il se mesura avec Achille : Poséidon le voyant en danger de mort, le ravit, dans une nuée, aux yeux de son ennemi. Lors de la destruction de Troie et l'extinction de la race de Priam, Énée, selon une des plus anciennes traditions, se serait retiré sur l'Ida avec son père, son fils et quelques fidèles, et il aurait fondé un nouveau royaume de Troade.

Cependant, selon des traditions plus tardives, qui ont été universalisés par Virgile dans l'Énéide, Énée s'enfuit de Troie, portant son père Anchise, aveugle et paralysé, sur son dos, traînant son fils Ascagne d'une main, tenant dans l'autre les dieux de la cité -- les Pénates --, ainsi que le Palladion. Il réunit quelques compagnons sur l'Ida et s'embarqua pour les Hespérides, l'Occident mal connu. Au cours d'un périple mouvementé, il établit de solides liens d'amitié avec le pilote de son navire, Palinure, avec Achate, dont la fidélité devint proverbiale, et avec bien d'autres Troyens. Il fit escale en Thrace, passa par Délos, puis arriva en Crète. Pendant plus de sept ans, il erra ensuite sur la mer à la recherche d'un rivage, bravant les tempêtes et la colère des divinités, en particulier celle d'Héra. Sur le point de toucher les côtes d'Italie, après avoir fait étape en Sicile, à Drépanon, où mourut le vieil Anchise, les navires d'Énée furent rejetés brusquement par une tempêtes sur la côte africaine, près de Carthage. La reine Didon, la fondatrice de Carthage, y accueillit le héros et l'aima. Mais les dieux ne souhaitaient pas un mariage entre Didon et Énée ; Zeus ordonna à celui-ci de regagner les rivages de la Sicile, où il reçut l'hospitalité du roi Aceste. Parvenu enfin sur les côtes d'Italie, à Cumes, il descendit aux Enfers, guidé par la sibylle, puis, revenu parmi les vivants, il se dirigea vers le Latium. Là, après avoir conclu une alliance avec Evandre, il combattit et tua Turnus, le chef des Rutules, afin d'obtenir la main de Lavinia, la fille du roi Latinus. C'est sur cette victoire que s'achève le poème de Virginie. Les historiens romains ont raconté le fondation de Lavinium par Énée. Celle d'Albe-la-Longue par Ascagne, et la naissance légendaire d'une petite nation, appelée, comme l'avait prédit le dieu Faunus, à dominer le monde.

Voir aussi :

Cerbère
Déiphobos
Diomède
Les Héros

Éros

Ce dieu grec est l'une des forces primordiales qui dominent le monde avant la naissance des immortels et l'apparition des hommes. Son pouvoir s'étend non seulement aux êtres, mais aussi aux végétaux, aux liquides, aux fluides, bref à tout ce qui est. Il assemble, mélange, unit. Il est la vertu attractive qui engage les choses à se joindre et à créer la vie. Il ne doit nullement être confondu avec Cupidon, dieu romain, ou avec l'Amour, même si l'époque classique et les poètes ont fait d'Éros un auxiliaire de l'Amour, un fils d'Hermès ou d'Arès et d'Aphrodite, même si les artistes l'ont représenté comme un jeune garçon ailé, perçant de ses flèches le coeur des hommes ou allumant dans leurs âmes le flambeau de la passion. Éros demeure avant tout, avant même de figurer au nombre des Dieux, une entité abstraite : le désir qui rapproche et engendre les mondes.

Voir aussi :

Psyché

Eurysthée

Fils de Sthénélos, roi d'Argos, et de Nicippé, fille de Pélops, Eurysthée était le cousin d'Amphitryon, car, comme lui, il avait Persée pour aïeul. Zeus ayant affirmé que le premier petit-fils de Persée qui naîtrait aurait une destinée royale, Héra fit en sorte qu'Eurysthée naquît le premier avant le fils d'Alcmène, Héraclès, dont elle savait que Zeus était le père. Eurysthée devint donc la maître souverain de Tirynthe, de Mycènes et de Midée en Argolide. Mais il tremblait sans cesse devant Héraclès, dont il connaissait l'ascendance divine ; il chercha à l'humilier et le força à exécuter ces fameux travaux dont le héros ressortit toujours vainqueur. Après la mort d'Héraclès, Eurysthée persécuta ses descendants et les contraignit à quitter Mycènes. Puis, quelque temps après, il marcha contre Athènes alliée des Héraclides et fut tué au cours d'une bataille par Iolaos. On apporta à Alcmène la tête tranchée du roi persécuteur : elle en arracha les yeux.

Voir aussi :

Diomède
L'Hydre de Lerne

Géryon

Monstre à trois têtes et à trois corps, Géryon était le fils de Chrysaor et de Callirhoé. Il régnait sur l'île d'Érythie, située sans doute près du détroit de Gibraltar. Il possédait des boeufs magnifiques gardés par le berger Eurytion et par Orthros, un chien féroce à deux têtes. Arrivant dans les États de Géryon.

Voir aussi :

Échidna
LeSphinx

Glaucos

1° Ce dieu marin, avant de devenir immortel, n'était qu'un pauvre pêcheur de Boétie. Un jour qu'il avait ramené sur le rivage le produit de sa pêche, il vit, à son grand étonnement, les poissons à frétiller et retourner par bonds successifs vers la mer, où ils disparurent. Glaucos les avait posés sur une herbe magique semée par Cronos. Il en avala quelques brins et se sentit attiré par la mer, dans laquelle il plongea. Téthys et les Néréides le purifièrent de son enveloppe mortelle, et Glaucos prit l'aspect d'un digne vieillard à la barbe et aux cheveux couleur de mer, au torse recouvert d'algues et terminé par une queue de poisson. Il rendait des oracles, écoutés avec respect par tous les marins. Il figure aussi dans les légendes des Argonautes, aux côtés desquels il se trouve lors des combats entre les Tyrrhéniens.

2° Un autre Glaucos, roi d'Ephyre, la future Corinthe, était le fils de Sisyphe et le père de Bellérophon. Il était célèbre dans son royaume pour son habilité à monter à cheval. Comme il voulait donner plus de puissance à ses cavales, il les empêchait de s'accoupler. Aphrodite, vexée par cet offense aux lois de la nature, reçut de Zeus l'autorisation de punir le roi. La déesse fit boire les cavales dans une source sacrée et leur donna le pouvoir de manger de la chair humaine : aussi, lors des jeux funèbres donnés en l'honneur de Pélias, Glaucos fut renversé de son char, dépecé et dévoré par ses rapides et carnivores coursiers.

3° Fils d'Hippolochos, cet autre Glaucos, arrière-petit-fils du précédent, est connu surtout par ses exploits au cours de la guerre de Troie. Un jour, dans un combat, il croisa Diomède, qui se trouvait dans le camp opposé. Mais ils s'aperçurent tous les deux qu'ils étaient unis par les liens sacrés de l'hospitalité, puisque le grand-père de Diomède avait accueilli Bellérophon, grand-père de Glaucos, dans son palais et lui avait accordé des cadeaux. Les deux guerriers, sur le champ de bataille, renouvelèrent le geste de leurs ancêtres et échangèrent leurs armes. Glaucos, tué par Ajax, fils de Télamon, fut, dit-on, transporté par les vents en Lycie, où il fonda la première génération des rois de ce pays.

4° On raconte aussi qu'un Glaucos, fils de Minos et de Pasiphaé, poursuivait une souris lorsqu'il disparut. Las de le rechercher, Minos apprit de l'oracle de Delphes que celui qui pourrait donner une interprétation de la métamorphose quotidienne d'une des vaches de son troupeau en blanc, en rouge et enfin en noir, celui-là seul retrouverait son fils et le sauverait. Un certain Polyidos réussit : "Ce pelage, dit-il, change comme l'aspect d'une mûre au cours de sa maturation". Il découvrit aussitôt le corps du petit Glaucos, noyé dans une jarre pleine de miel. Minos enferma alors l'astucieux devin avec le corps de son fils et lui ordonna de le ressusciter. Polyidos frotta le corps de petit enfant d'une herbe magique apportée par un serpent envoyé par Asclépios à son secours, et Glaucos revint à la vie.

Voir aussi :

Circé

Hadès

Fils de Cronos et de Rhéa, Hadès, après le partage de l'Univers en trois parties, acquit la possession souveraine sur le monde inférieur, tandis que son frère Zeus régnait sur les cieux et Poséidon sur les mers. Époux de Perséphone, qu'il enleva à la Terre et à sa mère Déméter, Hadès est un dieu redouté des Grecs. Justicier impitoyable, il est assis aux fonds des Enfers sur un trône et tient dans sa main un spectre avec lequel il gouverne sans pitié les âmes des morts qui peuplent son sombre et inconnu royaume. Il porte sur la tête un casque qui rend invisible ; les Cyclopes lui en firent don et lui-même il le prête parfois aux héros des légendes auxquels il a décidé d'apporter aide et protection. Entouré des divinités des Enfers, ses servantes, des messagères, il dicte à la Terre la terrible loi de la mort. Pourtant, tout comme son épouse Perséphone, terrible déesse des Enfers, mais douce aux hommes de la Terre, auxquels elle apporte fertilité et abondance des moissons, Hadès est parfois surnommé Pluton ("le Dispensateur de richesses") ; il est invoqué par les agriculteurs, et on le représente sous les traits d'un dieu placide, tenant d'une main la corne d'abondance, et, de l'autre, des instruments aratoires. Au cours de ses séjours sur la Terre, Hadès commet toujours quelques infidélités avec les mortelles ou des nymphes de la végétation et des bois.

La double attribution de la Mort et de la Vie revêtue par Hadès est, dans la mythologie, commune à presque toutes les grandes divinités des Enfers.

Voir aussi :

Asclépios
Hélios
Persée
Thésée
Ulysse

Hector

Homère représente ce fils aîné de Priam et d'Hécube comme le plus courageux et le plus noble héros de la guerre de Troie, et comme un modèle de sollicitude envers son épouse Andromaque, fille du roi de Thèbes de Mysie, et envers son fils Astyanax. Un oracle avait prédît que, tant qu'Hector resterait en vie, Troie ne serait pas vaincue ; aussi, le héros était-il entouré de la confiance et de la vénération des Troyens. Protégé par Apollon, il sortit vainqueur de nombreux combats singuliers. Mais, lorsqu'il eut tué Patrocle, Achille accablé de douleur à la mort de son ami provoqua le héros en duel. Hecube et Priam supplièrent leur fils d'éviter le combat. Mais ce dernier, soumis au destin, espérant, comme à l'accoutumée, l'aide des Dieux, accepta le défi lancé par Achille.

Les deux guerriers commencèrent à se poursuivre autour de la ville. Athéna, pour mieux tromper Hector, pris alors la forme de Déiphobos (un des frères préféré d'Hector) et poussa le héros à engager le combat ; puis elle l'abandonna à son sort, tandis qu'Apollon cessait également de protéger Hector, qui comprit qu'il était perdu. Il tomba, la gorge percée par la lance d'Achille, et, en mourant, il supplia son ennemi victorieux de lui accorder une sépulture. Le héros grec refusa cette dernière faveur. Hector lui prédit alors sa mort prochaine. Après lui avoir troué les chevilles pour y passer une lanière de cuir, Achille attacha le corps du malheureux à son char et fit dans cet équipage plusieurs fois le tour des murailles de Troie, au milieu des lamentations de tous les Troyens. Toutefois, sur l'ordre de Zeus, qui lui inspira de la modération, le héros se laissa fléchir par les richesses et les supplications de Priam et rendit à son père le fils bien-aimé.

Pour avoir préféré la mort à l'esclavage, Hector demeura dans l'Antiquité un modèle de piété filiale et conjugale ainsi qu'un exemple de courage et de générosité.

Voir aussi :

Ajax
Diomède
Hélénos
Hermès
Polyxène

Hécube

Fille de Dymas, roi de Phryhie, ou fille de Cissée, roi de Thrace, suivant les traditions, Hécube épousa Priam, souverain de Troade, et donna le jour à de nombreux enfants, qui, tous, devaient s'assurer dans la légende de la guerre de Troie une célébrité tragique : Hector, Pâris, Créüse, Laodicé, Polyxène, Déiphobos, Hélénos, Pammon, Politès, Antiphos, Hipponoos, Polydoros, Troïlos, Cassandre. Un devin ayant prédit que Pâris ruinerait la ville de Troie, Hécube exposa cet enfant ; mais celui-ci réussit à survivre et à rejoindre plus tard sa ville natale, où il fut accueilli avec joie par son père Priam. Si Hécube joue un rôle modeste dans la légende, les malheurs dont elle fut accablée, le massacre de ses enfants, presque sous ses yeux, sa solitude autant que sa fermeté d'âme lui ont donné une grandeur incontestable : après la prise de Troie, alors qu'elle était choisie comme esclave par Ulysse, elle aperçut sur le rivage le corps de Polydoros, qu'elle avait confié avec des trésors considérables au roi de Chersonnèse, Polymestor. Hécube décida de se venger ; elle convoqua le roi traître, lui arracha les yeux et tua ses deux fils. Poursuivie par les compagnons du roi, qui voulaient la mettre à mort, sur le point d'être lapidée, elle fut métamorphosée en chienne et sauta dans la mer, au lieu appelé depuis lors Cynossema ("le tombeau du chien").

Hélène

Fille de Zeus, Hélène naquit d'un oeuf pondu par sa mère Léda ; mais elle eut comme père officiel Tyndare, roi de Sparte, et pour frères les Dioscures. Cependant, sa destinée fut si néfaste que certaines traditions lui donnent Némésis, déesse de la Vengeance, pour mère. Le personnage d'Hélène, l'un des plus célèbres de la mythologie grecque, a fait l'objet de tant de versions, de commentaires et d'interprétations au cours de l'Antiquité qu'il est malaisé de dégager les caractères originaux de la légende.

Elle était parée de tous les dons que confèrent la beauté et fut l'objet de la convoitise de nombreux héros. Thésée l'emmena de force en Attique, et, avant de partir pour les Enfers, il l'épousa. La jeune femme délivrée, en l'absence de son époux, par les Dioscures et donnée en mariage à Ménélas, l'un des quelque cents prétendants qui se disputaient sa main et qui s'étaient engagés à secourir l'élu s'il subissait un outrage. Elle eut de ce second mariage une fille, Hermione. Mais Hélène, toujours plus épanouie, émut le coeur de Pâris, qui l'enleva, à demi consentante, et gagna avec elle la Troade. Selon le serment qu'ils avaient prêté, tous les prétendants décidèrent de venger l'affront fait aux Grecs par les Troyens. Un guerre interminable commençait. Des traditions tardives ont tenté d'innocenter le comportement d'Hélène, qui avait trahi en quelque sorte sa patrie. Elle n'aurait été que le jouet d'une implacable destinée et, durant la guerre, aurait maintes fois manifester sa sympathie envers les Grecs. A la mort de Pâris, elle épousa Déiphobos. Mais elle n'hésita pas à trahir cet époux, et, pendant le sac de Troie, elle le livra à Ménélas, avec lequel elle se réconcilia. Tous deux retournèrent à Sparte, après bien des aventures, et régnèrent enfin sur la cité dans le bonheur et la paix.

Hélène, dont la grâce avait désarmé tant de farouches héros, d'ennemis irréductibles, eut, selon quelques versions, une fin digne de son exceptionnelle destinée : comme Protée prédit dans l'Odyssée, les Dieux lui accordèrent l'immortalité et la faveur de vivre éternellement en compagnie de Ménélas dans les champs Élysées. Selon une autre version, après avoir disparu de la Terre, elle épousa Achille, l'un des rares héros qui, en raison de sa jeunesse, n'avait pas figuré au nombre des prétendants. Leurs noces eurent lieu dans les îles des Bienheureux, l'île Blanche, et furent bénies, par la naissance d'un fils ailé, Euphorion, qui, dédaignant, quelques années plus tard, l'amour de Zeus, fut foudroyé. Plus dramatique demeure la version de Pausanias. Après la mort de Ménélas, Hélène se serait réfugiée à Rhodes. Mais Polyxo, qui l'accueillit dans l'île, désespérée par la mort de son époux Tlépolémos devant Troie, l'accusa de ce malheur et la poussa au suicide.

Voir aussi :

Agamemnon
Aphrodite
Clytemnestre
Déiphobos
Hélénos
Machaon
Philoctète
Polymestor
Polyxène
Priam
Ulysse

Hélénos

Frère jumeau de Cassandre, qui lui enseigna l'art de la divination, le fils de Priam et d'Hécube, Hélénos, combattit aux côtés de son frère Hector contre les Grecs ; mais, lorsque Priam lui eut refusé la main d'Hélène, il prit la fuite et se réfugia sur le mont Ida, où il fut capturé par Ulysse ; il trahit alors sa patrie et révéla aux Grecs les conditions nécessaires à leur victoire. Après la chute de Troie, il devint le conseiller et le devin de Néoptolème, qui, en mourant assassiné par Oreste, lui laissa la royaume d'Epire et Andromaque, dont il eut un fils, Cestrinos.

Voir aussi :

Déiphobos

Hélios

Fils d'Hypérion et de Théia, frère d'Éos et de Séléné, Hélios est la représentation divine du Soleil, de la chaleur et de la lumière solaire. Époux de Perséis, il eut plusieurs enfants qui jouèrent un rôle important dans les légendes, ainsi Aiétès auprès des Argonautes, et Pasiphaé sous le règne de Minos de Crète ; la nymphe Rhodos, en outre, lui donna sept fils, et l'Océanide Clyméné, sept filles, les Hélliades, et un fils Phaéton.

Confondu très trop avec le dieu Apollon, Hélios ne figurent cependant pas au nombre des grands Dieux grecs. Il est avant tout le serviteur de Zeus et accomplit chaque jour, monté sur son char d'or, une course à travers les cieux ; le soir, il se repose à l'Ouest, au nord de l'Océan, dans l'île des Bienheureux. D'une beauté éclatante, le front ceint d'une couronne de rayons d'or, Hélios est le seul dieu qui peut observer d'un seul regard la surface entière de la Terre et renseigner l'Olympe sur ce qui s'y passe. Aussi, on le voit, dans les légendes, avertir Héphaïstos qu'Aphrodite le trompe avec Arès, ou signifier à Déméter qu'Hadès est l'auteur du rapt de sa fille Perséphone. Il apparaît également dans la légende d'Ulysse ; les compagnons du héros ayant dévoré en Sicile une partie de ses troupeaux sacrés, Hélios réclame à Zeus une vengeance exemplaire, et le dieu souverain foudroya sans pitié les impies. Dans le Panthéon grec, sa place est modeste ; cependant, l'idée qu'il évoque, le Soleil, centre du monde, dispensateur de la lumière et de la chaleur indispensable à la vie, par opposition aux ténèbres et à la mort, a pris, à la fin de l'Antiquité, une importance considérable, à tel point que le dieu Soleil, sous diverses dénominations (Mithra, Sol Sanctissimus, Sol Invictus, Éliogabale), est devenu le dieu essentiel, sinon unique, du paganisme proche de sa fin.

Voir aussi :

Circé
Héraclès
Poséidon

Héphaïstos

Fils de Zeus et d'Héra, selon une version, mais aussi d'Héra qui le conçut seule, sans le concours de son époux, car elle était jalouse qu'Athéna fût elle-même née de Zeus sans le sien, Héphaïstos avait un aspect gnomique, particulièrement hideux, et boitait des deux jambes. On raconte, à ce propos, que Zeus le jeta du haut de l'Olympe pour avoir osé prendre parti pour Héra dans une querelle ; il s'abattit sur l'île de Lemnos et en resta boiteux toute sa vie. On dit aussi qu'Héra, dégoûtée d'avoir mis au monde un fils aussi laid, le précipita des cieux dans la mer, où, durant neuf ans, il fut élevé par Thétis. Il fut l'époux de plusieurs déesses, mais la plus célèbre demeure Aphrodite, qui le trompe bien souvent, notamment avec Arès. Hélios rapporta la nouvelle de cet adultère à Héphaïstos, qui, pour se venger, surprit les deux amants en flagrant délit et les emprisonnait dans un filet les rendit ridicules à tous les Dieux de l'Olympe.

Dieu du Feu et même personnification divine du feu, Héphaïstos devint bien vite le dieu de la Métallurgie et le forgeron officiel des dieux et des héros. Installé, selon des traditions tardives, au fond des volcans ou des îles volcaniques, comme Hiéra, Imbros, assisté des Cyclopes et des Cabires, Héphaïstos, avec un art et un génie consommés et inimitables, forgea ainsi l'armure d'Achille, le trident de Poséidon, la cuirasse d'Héraclès, les armes de Pélée, le sceptre et l'égide de Zeus. Il fabriqua aussi un trône magique, d'où Héra ne put se relever, car il voulait se venger de sa mère, qui l'avait abandonné ; mais il consentit bientôt à délivrer la déesse contre la promesse qu'il serait réintégré au sein de l'assemblée des dieux de l'Olympe.

Assimilé par les Romains à leur divinité italique Vulcain, Héphaïstos était représenté soit comme un nain, dont on plaçait la statue devant le foyer pour conserver toute sa force à le flamme, soit, plus généralement, comme un vieillard robuste, à la barbe hirsute, à l'allure sauvage, la tête recouverte du bonnet ovale des forgerons et portant un marteau.

Voir aussi :

Prométhée

Héra

Fille de Cronos et de Rhéa, Héra fut élevée par l'Océan et Téthys, avant de devenir l'épouse de Zeus, dont elle est également la soeur. Jalouse et rancunière, elle est connue dans les légendes pour les nombreuses querelles qui l'opposèrent à son divin mari, dont elle déplorait sans cesse les continuelles infidélités. Aussi, pour se venger, elle persécuta sans relâche les enfants que Zeus eut des mortelles : Europé, Io, Dionysos, Héraclès, pour ne citer que les plus célèbres, furent les victimes de sa fureur. Un jour, pour empêcher Zeus de descendre sur la Terre rejoindre ses amours, Héra conçut en accord avec Poséidon et Athéna, le projet d'enchaîner son époux. Mais Zeus déjoua le complot et suspendit provisoirement sa femme par les cheveux à un anneau fixé dans les nuages, après lui avoir lié les pieds et les mains. Cependant, on voyait souvent les irascibles époux réconciliés pour quelques temps. Zeus put ainsi devenir le père de quatres enfants légitimes, Arès, Hébé, Héphaïstos et Ilithye. D'autre part, Héra se mêla fréquemment des affaires des mortels. On la voit ainsi soutenir les Grecs contre les Troyens pour se venger de Pâris, qui ne lui avait pas décerné, en lui accordant la pomme d'or, le titre de la plus belle des déesses, mais qui lui avait préféré Aphrodite. Elle protégea également le navire Argo au cours de l'expédition des Argonautes, surtout au moment du dangereux passage entre Charybde et Scylla. Il lui arriva parfois d'être l'objet des assiduités des mortels, tels le Géant Porphyrion et Ixion. Zeus, se montrant encore plus jaloux qu'elle, foudroya le premier et ravit Héra au second sous la forme d'une nuée.

Seule déesse mariée parmi toutes les divinités féminines de l'Olympe, Héra jouit de privilèges, et elle est traitée avec un constant respect. Elle apparaît alors aux yeux des Grecs comme la déesse du mariage légitime, la protectrice de la fécondité du couple et, particulièrement, avec Ilithye, de la femme en couches. Dans la littérature comme dans l'art, elle porte les attributs royaux traditionnels : le sceptre et le diadème ; sa tête recouverte de voiles est le symbole du mariage. Parfois même, elle tient dans l'une de ses mains la pomme de grenades, emblème de la fécondité. Le paon est l'animal qui lui est consacré en souvenir d'Argos, dont elle prit les cent yeux, lorsqu'il eut été tué, pour les placer sur le plumage de ce volatile. Héra ne peut se prévaloir, toutefois, du titre de reine des Dieux et des hommes : elle est simplement l'épouse unanimement vénérée du dieu suprême.

Voir aussi :

Achille
Apollon
Les Centaures
Diomède
Énée
Eurysthée
Hermès
Jason
Thétis
Typhon

Héraclès

L'un des célèbres héros de la mythologie grecque, Héraclès était le fils de Zeus et d'Alcmène, une descendante de Persée. Le dieu suprême l'avait engendré en l'absence d'Amphitryon, l'époux légitime. Au bout de neuf mois, Héra, jalouse, fit promettre à Zeus que tout descendant de Persée qui naîtrait la nuit suivante acquerrait sur les hommes un immense pouvoir. La déesse se transporta ensuite à Mycènes et permit à Nicippé, épouse de Sthénélos, lui aussi descendant de Persée, de mettre au monde un fils Eurysthée, avant qu'Alcème ne donnât le jour à Héraclès. Ainsi, ce dernier se trouvait privé de ses droits. Héra continua son oeuvre de vengeance. Elle envoya sur le berceau du nouveau-né deux serpents ; mais tandis qu'Iphiclès, le frère jumeau d'Héraclès et fils d'Amphitryon, s'enfuyait épouvanté, le futur héros, sans perdre son sang-froid, réussissait à étrangler de ses deux mains les deux monstres, prouvant ainsi qu'il était bien de race divine.

Au cours de son enfance, Héraclès reçut une éducation de choix : il apprit d'Amphitryon l'art de conduire un char, d'Eurytos, la manière de tirer à l'arc, de Linos, la façon de chanter et de jouer agréablement de la lyre. Il fut ensuite préposé à la garde des troupeaux d'Amphitryon et commença la série d'exploits en tuant le lion de Cithéron, qui ravageait le royaume de son père et celui du roi Thespios ; en récompense, ce dernier accorda au jeune héros les faveurs de ses cinquante filles. On vit alors Héraclès combattre et tuer Erginos, le roi d'Orchomène, qui imposait un lourd tribut aux Thébains. Le roi de Thèbes Créon lui donna la main de sa fille Mégara. Mais Héra, dont la colère ne s'était pas apaisée, frappa Héraclès de folie et le héros massacra alors ses propres enfants. Désespéré d'avoir accompli ces crimes involontaires, il se réfugia chez Thespios, qui le purifia, et, sur les conseils de la Pythie, il se rendit en expiation à Tirynthe, chez Eurysthée, qui lui imposa les Douze Travaux. Si les Douze Travaux avaient été victorieusement accomplis et si les douzes années étaient passées, le héros pourrait songer à briguer l'immortalité.

1° Combat contre le lion de Némée :

Cette bête redoutable, fruits des amours d'Échidna et de Typhon, terrorisait la vallée de Némée. Héraclès, après avoir vainement essayé d'abattre de ses flèches et de sa massue l'animal, finit par l'étrangler de ses propres mains ; il l'écorcha et se revêtit de sa peau, qu'aucune flèche ne pouvait transpercer.

2° Combat contre l'Hydre de Lerne :

Envoyé par Héra, ce monstre à neuf têtes de serpents venimeux ravageait le pays de Lerne, près d'Argos ; Héraclès coupa les têtes les unes après les autres et enterra celle qui était immortelle sous un énorme rocher.

3° Capture du sanglier d'Erymanthe :

Héraclès avait reçu d'Eurysthée l'ordre de ne pas tuer l'animal qui vivait sur cette montagne d'Arcadie ; le héros le poursuivit donc pendant de longs mois. Il reçut l'hospitalité du centaure Pholos, mais, au cours d'une discussion, il entra en lutte avec les centaures et en tua un grand nombre. Par la suite, le héros retrouva la trace du sanglier, qu'il attrapa dans un filet. A la vue de la bête, Eurysthée fut si effrayé qu'il se cacha dans un tonneau.

4° Prise de la biche de Cérynie :

Cette biche magique, qui avait des cornes d'or et des pieds d'airain, fut poursuivie une année durant par Héraclès, mais en vain. Enfin, le héros réussit à blesser l'animal d'une de ses flèches et, le plaçant sur ses épaules, la rapporta vivant à Eurysthée.

5° Destruction des oiseaux du lac Stymphale :

Immenses aigles, aux becs et serres d'airain, ces oiseaux se nourrissaient de chair humaine et semaient la terreur autour du lac Stymphale, en Arcadie. Aidé par Athéna, qui lui avait offert des cymbales qui effrayaient les rapaces, Héraclès réussit à les abattre de ses flèches.

6° Nettoyage des écuries d'Augias :

Toujours sur l'ordre d'Eurysthée, Héraclès nettoya les gigantesques écuries d'Augias, roi d'Elide, en détournant les cours de l'Alphée et du Pénée. Le roi, qui, auparavant, lui avait promis de le dixième de son bétail, refusa alors de lui accorder cette récompense. Héraclès devait le tuer lui et tous ses fils, à l'exception de Phyléos, qui eut le courage de témoigner en sa faveur.

7° Capture du taureau de Crète :

Poséidon ayant rendu furieux un taureau blanc que Minos, roi de Crète, avait refusé de lui sacrifier, l'animal dévastait les récoltes de l'île et menaçait les habitants de famine. Le héros réussit à l'attraper par les cornes, à la dompter et à l'apporter sans dommage à Eurysthée, en Grèce. Là, le taureau fut rendu à la liberté et finalement capturé par Thésée aux portes de Marathon.

8° Capture des cavales de Diomède en Thrace :

Aidé de son compagnon Abdéros, Héraclès fut chargé de s'emparer des cavales de Diomède, roi des Bistones, qui se nourrissaient de chair humaine. Au cours d'un combat, Diomède fut tué par le héros et sa dépouille jetée à ses chevaux carnivores, qui venaient de dévorer le malheureux Abdéros. Apaisés, les animaux furent livrés aux bêtes féroces sur le mont Olympe.

9° Prise de la ceinture de la reine des Amazones :

Cette ceinture magique, cadeau d'Arès, ornait la taille d'Hippolyte, la reine des Amazones. Héraclès, d'abord bien accueilli par la souveraine, dut finalement la tuer pour s'emparer du précieux objet. A son retour, le héros délivra Hésioné, sur le point d'être dévorée par un monstre marin. Mais n'ayant pas reçu en récompense les deux chevaux que Laomédon, roi de Troie et père de la jeune fille, lui avait promis, Héraclès jura de se venger.

10° Capture des boeufs de Géryon :

Ce Hélios de ses flèches. Pour l'apaiser, le Soleil lui prêta un bateau d'or qui lui permit de franchir l'Océan. Héraclès tua alors Géryon, les gardiens du troupeaux et s'empara du bétail. Il revint ensuite par la Gaule, l'Italie et la Thrace dans le territoire d'Eurysthée, qui sacrifia tous les animaux à Héra.

11° Les pommes d'or des Hespérides :

Ces fruits merveilleux, qu'Héra avait reçus à l'occasion de son mariage avec Zeus, étaient gardés par des nymphes et par un dragon dans un jardin enchanté. Après avoir appris de Nérée la route à suivre, Héraclès prit provisoirement la place du géant Atlas, qui soutenait le monde, et lui demanda de lui rapporter les pommes. Le géant revint quelques temps après avec les fruits, mais refusa de reprendre son fardeau. Héraclès réussit cependant à s'enfuir, grâce à une ruse, avec les pommes, et les fruits furent consacrés à Athéna.

12° Enlèvement de Cerbère aux Enfers :

Ce fut la dernière et la plus périlleuse des missions qu'accomplit Héraclès. Aidé par Hermès et Athéna, le héros descendit dans le royaume des Ombres, d'où jamais aucun mortel n'était revenu. Il profita de ce voyage pour délivrer Thésée, immobilisé depuis plusieurs années sur la chaise de l'Oubli, et réussit à s'emparer de Cerbère et à le transporter en Argolide. Épouvanté, Eurysthée lui fit aussitôt rendre le monstre aux Enfers.

Après ces travaux, Héraclès put regagner Thèbes ; il donna Mégara, sa première épouse, à Iolaos ; il gagna ensuite un concours à l'arc sur le roi Eurytos, mais ne reçut pas Iole, la fille du roi, qui lui avait été promise s'il était vainqueur. Furieux, il tua Iphitos, le fils du roi, et fut contraint, pour se laver totalement de ce crime, de se placer comme esclave au service d'Omphale, le reine de Lydie : celle-ci humilia le héros, l'obligeant suivant une version romancée de la légende, à filer la laine à ses pieds. Mais on dit aussi qu'Héraclès eut quelques libertés pour mener à bien certains hauts faits : il prit ainsi part à la chasse au sanglier de Calydon et à l'expédition des Argonautes. Délivré du joug d'Omphale, il partit contre Troie et tua Laomédon, comme il se l'était juré. Il prêta ensuite son concours aux Dieux de l'Olympe pour combattre les Géants, puis se vengea d'Augias, qui avait refusé de lui payer son salaire, combattit le roi Nélée, qui n'avait pas voulu le purifier, entreprit une expédition contre Sparte, où régnait Hippocoon, et accomplit une foule d'autres exploits. Il se rendit ensuite à Calydon, où il épousa Déjanire, non sans avoir été obligé de combattre un des prétendants de la jeune femme, le dieu-fleuve Achéloos. Toutefois, ayant tué accidentellement le jeune Eunomos, un des pages de son beau-père Oenée, il dut s'exiler avec Déjanire. Pendant le voyage, le centaure Nessus tenta de faire violence à cette dernière, et Héraclès le blessa mortellement de ses flèches ; mais en mourant, le centaure offrit à l'épouse du héros un filtre empoisonné. Établi à Trachis, Héraclès accomplit sa dernière vengeance en tuant le roi Eurytos et tous ses fils, et en s'emparant enfin d'Iole. A cette nouvelle, Déjanire versa le filtre sur une tunique, pensant que le héros, s'il la revêtait, lui resterait désormais fidèle, comme le lui avait assuré Nessus. Mais le vêtement consuma le corps du malheureux. Déjanire épouvantée se pendit ; Hyllos, le fils aîné d'Héraclès, reçut les dernières volontés de son père, qui se fit brûler sur un bûcher au sommet du mont Oeta. On dit, à ce sujet, que Zeus le ravit à la Terre et, l'ayant transporté dans l'Olympe, lui accorda l'apothéose et l'immortalité.

Symbole de la force et de l'énergie, et même de l'héroïsme, Héraclès fut vénéré autant comme un héros que comme un dieu. Grand buveur, gros mangeur, bon vivant, il représente aux yeux des Grecs le justicier qui combat le méchant et le parjure, punit l'impie, et il reste le modèle du courage devant les périls mortels qui assaillent l'homme. Enfin, par sa prospérité, les Héraclides, il est l'ancêtre mythique de tous les Grecs de la Péloponnèse.

Voir aussi :

Calaïs
Calchas
Chiron
Héphaïstos
Machaon
Nestor
Philoctète
Priam
Prométhée
Tyndare
Ulysse
Zétès

Hermès

Fils de Zeus et de Maia et petit-fils d'Atlas, Hermès naquit dans une caverne de mont Cyllène en Arcadie. Il manifesta aussitôt son étonnante précocité et des qualités d'intelligence et de ruse extraordinaires. Il était encore nouveau-né quand il parvint à quitter son berceau et à s'enfuir en Piérie. Là, par goût de la farce et du lucre, il s'empara des boeufs d'Apollon. De retour dans sa caverne natale, il heurta une écaille de tortue qui traînait sur le sol ; il la ramassa et tendit des cordes sur cette boîte de résonance originale : ainsi naquit la lyre. Pendant ce temps, Apollon avait réussi à rejoindre Hermès, son voleur, mais loin d'entrer en fureur contre le jeune dieu, il fut charmé par les sons qui sortaient du nouvel instrument de musique et il fit aussitôt d'Hermès son ami. Il lui offrit sa houlette de berger qui, transformée, devint le célèbre caducée. Promu quelques temps après messager officiel des Dieux, Hermès apparaît dans un grand nombre de légendes, et son influence sur les dieux, les hommes et le cours des événements n'est pas négligeable. On voit ainsi le dieu conduire Priam à Achille pour réclamer le corps d'Hector, placer les trois déesses, Aphrodite, Athéna et Héra, en présence de Pâris qui jugera leur beauté, tuer Argos, gardien de Io, offrir à Néphélé le bélier à toison d'or qui sauvera Phrixos et Hellê, se porter maintes fois au secours d'Ulysse en danger, et offrir à des héros aussi célèbres qu'Héraclès et Persée leurs armes imparables. Il a également la triste fonction de conduire les âmes du monde des vivants à celui des morts : il porte en cette douloureuse occasion le surnom de Psychopompe. Hermès revêt souvent un casque ailé, un manteau et un chapeau de voyageur et des ailettes attachées à ses talons. Ainsi paré, l'ambassadeur de l'Olympe, l'instrument de la volonté divine peut exercer toutes ses fonctions sans difficulté et avec célérité.

Intelligent, rusé, fraudeur même, Hermès est sans doute un des dieux les plus pittoresques de l'Olympe. Les Grecs le vénéraient comme patron des orateurs, comme inventeur de l'alphabet, de la musique, de l'astronomie, des poids et des mesures (il était alors le dieu des commerçants), de la gymnastique. Des statues lui étaient élevées aux carrefours ou sur le bord des routes. Sa présence soutenait le courage du voyageur et le dur labeur du marchand ambulant, car le dieu écartait d'eux les périls de la route et les mauvaises rencontres. Ainsi, ni surhumain ni inhumain, Hermès était le véritable ami divin de tous les Grecs.

Voir aussi :

Calypso
Circé
Créüse
Éros
Orion
Persée
Perséphone
Psyché

Hestia

Fille de Cronos et de Rhéa, Hestia appartient à la génération des douze grandes divinités de l'Olympe. Quand Zeus, son frère, s'empara du pouvoir suprême, elle obtint la faveur de conserver éternellement sa virginité, afin d'échapper aux assiduités amoureuses d'Apollon et de Poséidon.

Incarnation de foyer domestique, de la flamme sacrée qui brûle sans cesse dans les demeures et dans les temples, et qui les purifie, Hestia est vénérée comme la protectrice des familles, des villes et des colonies. En effet, quand les Grecs voulaient fonder une colonie, ils emportaient de la métropole le feu d'Hestia destiné à allumer le foyer de la nouvelle patrie. Hestia, toujours immuable et inchangée, symbolise ainsi la pérennité religieuse, la continuité d'une civilisation et de ses lumières au mépris des émigrations, des destructions, des révolutions et des vicissitudes des temps. Elle fut assimilée par les Romains à la célèbre déesse Vestia.

Hippolyte

1° Fruit des amours de Thésée et de la reine des Amazones, Antiopé, Hippolyte fut confié, dès sa naissance, à sa grand-mère Aethra à Trézène, tandis que son père se remariait quelque temps plus tard avec Phèdre. Comme sa mère, Hippolyte honorait tout particulièrement la déesse Artémis ; mais il manifestait un tel dégoût pour les femmes qu'Aphrodite, à la fois jalouse du culte dont bénéficiait sa divine rivale et furieuse de la façon dont Hippolyte traitait l'amour, décida de se venger. Elle inspira à Phèdre une folle passion pour son beau-fils. Hippolyte dédaigna cet amour. Craignant qu'il ne révélât à Thésée les avances qu'elle lui avait faites, Phèdre calomnia le jeune homme, qui reçut de son père l'ordre de quitter Athènes et de n'y plus jamais revenir. Puis, le roi pria Poséidon de punir son fils d'une manière exemplaire. Hippolyte, monté sur un char, longeait la mer lorsqu'il vit sortir de l'écume blanche des flots un monstre qui affola les chevaux ; ceux-ci s'emballèrent, renversèrent le char et piétinèrent Hippolyte.

D'après Ocide et Virgile, Artémis demanda à Asclépios de le ressusciter, et, depuis lors, Hippolyte vécut en Italie, près d'Aricie, où on l'identifia avec le dieu Virbius.

2° Une autre Hippolyte aurait existé. Elle serait la reine des Amazones et tomba amoureux d'Héraclès, venu chercher sa ceinture. Elle aurait été tué durant la bataille qui opposèrent le héros à ses Amazones.

L'Hydre de Lerne

Né de Typhon et d'Échidna, ce monstre vivait dans une caverne près du lac de Lerne. Il avait le corps d'un chien et neuf têtes de serpent. Une seule de ces têtes était immortelle. Envoyé par Eurysthée pour tuer l'Hydre, Héraclès accomplit alors le second de ses douze travaux. Le héros coupa d'bord une tête, mais aussitôt deux autres repoussèrent à la place. Aussi, avec l'aide d'Iolaos, son fidèle compagnon, Héraclès brûla les têtes de l'Hydre, trancha celle qui était immortelle et l'enterra sous un lourd rocher ; puis il trempa ses flèches dans le sang du monstre afin de rendre leur blessure mortelle. On dit que ce sang entra dans la composition du philtre empoisonné que Nessus, en mourant, offrit à Déjanire et qui provoqua la mort d'Héraclès. On raconte encore que l'odeur pestilentielle qui s'exhalait du fleuve Anigros avait été provoquée par les flots de sang du monstre qui s'étaient déversés dans ses eaux.

Voir aussi :

Chiron

Icare

Fils de Dédale et d'une esclave crétoise du roi Minos, Icare se trouva enfermé avec son père dans le Labyrinthe. Tous deux purent s'échapper grâce aux ailes que Dédale fabriqua et qu'ils attachèrent sur leurs épaules avec de la cire. Avant qu'ils ne prissent leur vol, Dédale avait recommandé à son fils de ne pas s'approcher trop près du soleil ; mais Icare, dans son ivresse de pouvoir voler, s'éleva toujours plus haut dans les airs, tant et si bien que les rayons du soleil firent fondre la cire. Les ailes se détachèrent, et l'infortuné sombra dans la mer qui, depuis, porte son nom.

Iolaos

Fils d'Automéduse et d'Iphiclès, le frère utérin d'Héraclès, Iolaos, fut un des plus fidèles compagnons de son oncle, dont il conduisait habituellement le char ; il l'aida ainsi à vaincre l'Hydre de Lerne, à capturer les boeufs de Géryon, il prit part, aux côtés des Argonautes, à la chasse du sanglier de Calydon et gagna la course de char aux premiers jeux Olympiques institués par Héraclès. Celui-ci envoya son neveu en Sardaigne à la tête des fils qu'il avait eus des filles de Thespios. Iolaos mourut dans cet île. Plus tard, les Enfers lui accordèrent la permission de revenir secourir les enfants d'Héraclès en danger : il tua alors Eurysthée, et retourna au royaume des Ombres, honoré de tous.

Iphigénie

Fille d'Agamemnon et de Clytemnestre, suivant la tradition la plus commune, Iphigénie était destinée par son père, sur le conseil du devin Calchas, a être sacrifiée à la déesse Artémis, qui retenait la flotte grecque à Aulis et l'empêchait de gagner Troie. Appelée par son père sous le fallacieux prétexte qu'elle allait devenir l'épouse d'Achille, elle devait périr sous le couteau du sacrificateur, quand Artémis, prise de pitié, lui substitua une biche, l'enleva dans une nuée, et la transporta à Tauride.

Là, Iphigénie devint la grande prêtresse d'Artémis, spécialement chargée d'immoler les étrangers à la déesse. Un jour débarqua sur la côte de Tauride son frère Oreste accompagné de Pylade. Fait prisonnier, il fut conduit au temple où Iphigénie officiait et fut reconnu par sa soeur. La prêtresse, pour sauver Oreste, fit annuler le sacrifice prétendant que cet étranger coupable d'un meurtre ne pouvait être sacrifié avant d'avoir été purifié. Puis, emportant la statue d'Artémis, elle prit la fuite avec son frère et Pylade, et aborda en Grèce avec des vents favorables. On dit qu'Iphigénie mourut à Mégare ; mais on prétend aussi qu'Artémis avait rendu la jeune fille immortelle, l'assimilant à la déesse Hécate. En fait, il semble surtout qu'Iphigénie ait été à l'origine l'une des représentations d'Artémis.

Voir aussi :

Électre

Jason

Fils d'Aeson, roi d'Iolcos en Thessalie, Jason était enfant lorsque son oncle Pélias détrôna son père. Il put s'échapper cependant et fut élevé par le centaure Chiron. Parvenu à l'âge adulte, il quitta le mont Pélion pour Iolcos, dans l'espoir de reprendre une revanche sur Pélias et de rétablir Aeson dans ses droits. En chemin, au bord d'une rivière, il rencontra une vieille femme sous les traits de laquelle se cachait Héra, et qui lui demanda de bien vouloir la porter sur l'autre rive. Après ce service, qui lui attira pour quelques temps les faveurs de la déesse, il s'aperçut qu'il avait perdu une de ses sandales. Or, un oracle avait prédit à Pélias qu'il lui faudrait se méfier de toute personne qui se présenterait devant lui déchaussée. Aussi, lorsque Jason arriva à la Cour, le roi usurpateur, à la vue de cet homme au pied nu, fut saisi de frayeur et le chargea, afin de l'éloigner, de mener à bien une expédition pour conquérir la Toison d'or, gardé par le roi de Colchide Aiétès. S'il réussissait, Pélias rendrait le royaume à Aeson.

Jason accepta et s'embarqua sur l'Argo avec les principaux héros grecs surnommés "les Argonautes". Avec l'aide de Médée, qu'il épousa, il put s'emparer de la Toison d'or et revenir à Iolcos, où il vengea son père, que Pélias, en son absence, avait tué. Mais, chassé par Acaste, il dut s'enfuir à Corinthe avec Médée. Là, il s'éprit de Créüse, la fille de Créon, et répudia Médée, qui se vengea en faisant périr sa rivale et en tuant ses propres fils. Deux versions content la fin de Jason : selon l'une, le héros se tua de désespoir à l'annonce de la mort de ses enfants ; selon l'autre, il mourut écrasé par la poupe du navire Argo.

Voir aussi :

Calaïs
Les Dioscures

Laocdicé

1° Fille de Priam et d'Hécube, Laodicé fut, selon certains, l'épouse de Télèphe, selon d'autres, la femme d'Hélicaon, fils d'Anténor. Elle avait été la maîtresse de d'Acamas, l'un des fils de Thésée, lorsqu'il était venu à Troie en ambassade et avait donné le jour à un fils, Mounitos. A la chute de Troie, elle s'enfuit, mais la terre s'entrouvrit sous ses pas et l'engloutit.

2° Une autre Laodicé, fille de Clytemnestre et d'Agamemnon, est connue par les tragiques grecs sous le nom d'Électre.

Les Argonautes

On appelle ainsi les héros qui firent voile pour la Colchide sous la direction de Jason, afin de rapporter à Pélias, roi d'Iolcos, soucieux d'écarter son neveu du trône, la Toison d'or du bélier consacré à Arès par le roi de Colchide, Aiétès. Au nombre d'environ cinquante, les illustres Argonautes, parmi lesquels on cite Jason, Admète, Amphion, Zéthos, Tydée, Thésée, Héraclès, les Dioscures, Orphée et une foule d'autres héros, s'embarquèrent sur le navire Argo, construit sous la direction d'Athéna dans des bois de Dodone. On peut suivre, d'après le récit d'Apollonios de Rhodes, le voyage des illustres navigateurs.

Leur périple les conduisit d'abord sur l'île de Lemnos, puis les mena dans l'île de Samothrace, où, sur les conseils d'Orphée, ils s'initièrent aux mystères. Ayant franchi l'Hellespont, les Argonautes jetèrent l'ancre sur la côte de l'île Cyzique, pays des Diolones, gouverné par le roi Cyzicos, qui les accueillit avec toutes les honneurs de l'hospitalité. Mais après avoir quitté l'île, ils furent pris dans une immense tempête et rejetés sur le territoire de Cyzicos, par une nuit sombre. Les indigènes ne reconnurent pas leurs hôtes de la veille, et les prenant pour des pirates, ils engagèrent contre les intrus une lutte sans merci, au cours de laquelle leur roi fut tué par Jason. Au petit jour, les combattants des deux camps s'aperçurent de leur méprise et, par des jeux et des veillés funèbres, rendirent honneur aux dépouilles mortelles du roi et de ses guerriers. Après avoir quitté l'île, l'Argo fit escale sur la côte de Mysie, où Hylas fut entraîné dans les eaux par des nymphes trop éprises de lui. Héraclès et Polyphème, qui étaient partis à sa recherche, furent abandonnés par leurs compagnons, qui levèrent l'ancre et firent voile vers le pays des Bébryces chez le roi Amycos, qu'ils tuèrent ainsi que beaucoup de ses sujets. Parvenus ensuite à Thrace, les Argonautes, avec l'aide des Boréades Calaïs et Zétès, réussirent à débarrasser le devin Phinée des Harpyes qui le tourmentaient sans cesse. En témoignage de reconnaissance, le devin donna à ses hôtes des conseils sur le moyen d'éviter les dangers qu'ils encouraient lors de leur voyage. Les Argonautes purent ainsi sans trop d'encombre passer entre les Symplégades, ou les Roches flottantes, qui, poussées l'une contre l'autre par des courants contraires, écrasaient les navires.

Après avoir atteint la mer Noire, ils abordèrent en Colchide chez le roi Aiétès, possesseur de la Toison d'or. Grâce au concours de Médée, le fille du roi, Jason put s'en emparer et reprit la route de la mer. Médée, qui s'était enfuie avec les Argonautes, tua son frère Absyrtos et répandit tout au long de sa route les membres du malheureux, afin d'empêcher Aiétès, occupé à ramasser les restes de son fils, de continuer à les poursuivre. Ce geste criminel déplut cependant à Zeus, qui dépêcha sur le navire Argo une puissante tornade. Un devin déclara que seule Circé pourrait purifier les héros criminels. L'Argo remonta alors le cours de l'Eridan (le Pô) et du Rhône, puis descendit vers la Méditerranée et gagna la Sardaigne et l'île d'Aeaea, le royaume de Circé, où ils firent escale ; la magicienne purifia les Argonautes, et ils purent reprendre la mer. Ils résistèrent aux chants mélodieux des sirènes grâce à Orphée, qui, de sa lyre, surpassa les dangereuses magiciennes, passèrent ensuite sans dommage entre Charybde et Scylla et atteignirent Corcyre, le pays des Phéaciens. Le roi Alcinoos, ami d'Aiétès, leur demanda la restitution de Médée, mais seulement si elle était vierge. Aussi Jason s'empressa d'épouser celle qui l'avait suivi si fidèlement. Le navire fit route par la suite vers la Lybie, la Crète, où le Géant Talos, qui tuait tous les étrangers, succomba aux enchantements de Médée en se déchirant la veine du pied, ce qui provoqua sa mort. Lorsque les Argonautes quittèrent cette île, une nuit opaque les entoura soudain. Ils supplièrent Phoebos de les éclairer. Le dieu les exauça et les naviguteurs réussirent à aborder dans la petite île des Sporades. Dès lors, leur périple touchait à sa fin. Après avoir débarqué à Egine, ils regagnèrent Iolcos, avec la précieuse Toison d'or.

Cet immense voyage ne serait, selon certains mythographes, que l'image d'une entreprise de colonisation dans le Pont-Euxin et en Asie Mineure, ou bien le symbole de la découverte dans le Caucase (l'ancienne Colchide) de merveilleuses mines d'or.

Voir aussi :

Chiron
Glaucos
Hélios
Héra
Iolaos
Les Laphithes
Mopsos
Nestor

Les Centaures

Ixion s'unit avec une nuée que Zeus avait façonnée à la ressemblance d'Héra. Les Centaures naquirent. Ils offraient l'aspect monstrueux d'un buste d'homme terminé par un corps de cheval. Ils se nourrissaient de chair crue et vivaient comme des bêtes dans les forêts de Thessalie. Leurs moeurs brutales, leur amour immodéré du vin et des femmes les rendaient redoutables aux mortels. Seuls deux d'entre eux, Pholos et Chiron, se distinguaient de leurs semblables par une bonté et une sagesse exemplaires. Ils sont l'objet de légendes particulières. Quant à leurs congénères, on les voit, parfois, figurer dans les cycles héroïques. Ils interviennent, notamment, dans celui de Thésée : Pirithoos, roi des Lapithes, son compagnon d'armes, ayant l'idée néfaste d'inviter les Centaures à ses noces, ceux-ci s'enivrèrent et cherchèrent à violenter la jeune épouse, Hippodamie. Une mêlée générale s'ensuivit. Elle mettait aux prises les Centaures, armés de troncs d'arbres et de tisons enflammés, et les Lapithes. Ces derniers parvinrent à les mettre en fuite. Les Centaures furent alors contraints de se retirer aux abords du Pinde. Là, Héraclès les pourchassa. Il blessa involontairement le généreux centaure Chiron, qui, pour ne pas souffrir trop longtemps, implora qu'on lui permît de mourir. Il parvint à trépasser en cédant son immortalité à Prométhée. Héraclès, en outre, étouffa le centaure Nessus, qui lui disputait une de ses femmes, Déjanire. Tous ces mythes, qui prêtent aux Centaures l'aspect d'hommes-chevaux, proviennent sans doute du fait que les Thessaliens, habiles dans l'art de l'équitation, semblaient, aux yeux des Grecs, identifier avec leurs montures.

Voir aussi :

Achille
Asclépios
Diomède
Énée
Jason
Nestor
Pélée

Les Cyclopes

Ces êtres fabuleux, pourvus d'un oeil unique au centre du front, apparaissent dans de nombreuses légendes gréco-latines. On en distingue quatres sortes : les Cyclopes ouraniens, les Cyclopes forgerons, les Cyclopes bâtisseurs et les Cyclopes pasteurs.

Les Cyclopes ouraniens sont nés de l'union monstrueuse de Gaia (la Terre) et d'Ouranos (le Ciel). Comme ils étaient trois frères, Ouranos redouta de les voir se retourner contre lui et s'emparer de ses pouvoirs. Aussi, il les jeter dans le Tartare. Plus tard, avec l'aide de leurs frères les Titans, de Cronos en particulier, et de leur mère indignée, ils se révoltèrent et mutilèrent leur père. Mais Cronos, lui aussi, qui trouvait leur existence dangereuse pour sa suprématie, les précipita à nouveau dans les Enfers. Zeus les délivra. Par gratitude, ils forgèrent la foudre, l'éclair et le tonnerre, qui permirent à Zeus de vaincre Cronos et de s'emparer du trône céleste. Les trois Cyclopes, pour commémorer leurs rôles dans cette révolution, prirent alors respectivement les noms d'Argês ("l'éclair"), Stéropês ("la foudre") et Brontês ("le tonnerre"). A Hadès, ils offrirent un casque qui rendait invisible ; à Poséidon, le trident grâce auquel celui-ci soulève ou apaise les ondes marines. Par la suite, les trois Cyclopes furent mis à mort par Apollon : le dieu ne leur pardonnait pas d'avoir fourni à Zeus la foudre qui avait frappé et tué Asclépios, son fils.

A ces trois auxiliaires de Zeus viennent s'ajouter les aides-forgerons d'Héphaïstos , qui ont élu domicile au coeur des volcans où ils travaillent l'airain afin d'en façonner l'armure des Dieux et des héros. Pyracmon ("l'enclume") et Acamas ("l'infatigable") comptent parmi les plus souvent cités de ces Cyclopes. Plus tardivement encore, on a donné le nom de "murailles cyclopéennes" aux murs constitués d'énormes blocs de pierre, dont on peut voir encore les restes à Mycènes et à Tirynthe. Certains Cyclopes bâtisseurs les auraient édifiés.

Mais les plus fameux des Cyclopes restent ceux que décrit Homère. Géants brutaux, sans foi ni loi, ils élèvent des troupeaux de moutons, récoltent, sans user d'aucun moyen de technique agricole , ce que la terre consent à faire pousser spontanément, et ne craignent pas, à l'occasion, de dévorer les êtres humains qui se risquent sur leurs territoires et dans leurs cavernes. Ils représentent, aux yeux des Grecs, le type de la race sauvage, inculte, dénuée de toute idée de civilisation. Au cours de leur pérégrination, Ulysse et ses compagnons se mesurèrent avec le plus redoutable d'entre eux, Polyphème.

Les Dieux

Expressions des forces de la nature, les dieux personnifient aussi les qualités et les défauts des hommes dont ils prennent l'apparence tout en conservant l'immortalité. Les dieux sont, pour la plupart, nés, sous le nom général de "Titans", de l'union cosmique des deux entités du Monde, la voûte céleste et la croûte terrestre. Puis Cronos, Coeos et Océan ont engendré la génération des dieux, qui, après des luttes gigantesques avec les divinités primordiales et anarchiques, se sont installés sur l'Olympe.

Toutefois, certains dieux ont été créés de manière étrange. Héphaïstos est né de la seule Héra, sans le concours de Zeus, l'époux de la déesse, tandis qu'Athéna sortait tout armée du crâne de Zeus sans qu'aucune femme ne l'ait portée en son sein. En outre, Aphrodite, selon une des légendes, jaillit elle-même de la mer, et Dionysos fut le fruit des amours de la mortelle Sémélé et de Zeus. D'une manière générale, les dieux nés de la nature même pouvaient prétendre à la régenter et à la diriger selon leur volonté.

Voir aussi :

Agamemnon
Ajax
Amphion
Apollon
Arès
Les Argonautes
Asclépios
Atlas
Bellérophon
Cassandre
Chiron
Circé
Les Cyclopes
Déiphobos
Déméter
Diomède
Électre
Énée
Éros
Les Géants
Glaucos
Hadès
Les Harpyes
Hector
Hélène
Hélios
Héraclès
Hermès
Les Héros
Ménélas
Minos
Les Nymphes
Les Oracles
Oreste
Orion
Orphée
Pâris
Pégase
Pélée
Pénélope
Perséphone
Polyphème
Poséidon
Priam
Prométhée
Psyché
Thétis
Thésée
Troïlos
Typhon
Ulysse

Les Dioscures

C'est sous ce nom que, dans la mythologie, l'on désigne Castor et Pollux, fils de Léda ; mais Castor avait pour père Tyndare, tandis que Pollux était l'enfant de Zeus ; ils étaient les frères de Clytemnestre et d'Hélène. Leurs existences inséparables, leur affection fraternelle sont attestées non seulement par les récits de leurs aventures, mais aussi les oeuvres d'art qui les représentent la main dans la main et souvent leur deux profils superposés dans une médaille. Ils ne se quittèrent en effet jamais, et participèrent à toutes les grandes actions légendaires. Natifs de Sparte, ils symbolisèrent la rivalité séculaire entre la Laconie et l'Attique, en prenant la tête d'une expédition victorieuse contre Athènes, afin de délivrer leur soeur Hélène, enlevée par Thésée et cachée dans la citadelle d'Aphidna ; ils prirent part à la chasse au sanglier de Calydon ; ils accompagnèrent les Argonautes dans leur périple, chacun mettant ses talents particuliers au service de Jason : Pollux par une lutte victorieuse au ceste contre Amycos, roi des Bébryces, Castor par son art de monter les chevaux. Les Dioscures furent cependant moins heureux dans leurs entreprises amoureuses. Ils enlevèrent, en effet, Phoibê et Hilaera, les deux filles du roi Leucippos, qui étaient fiancées à Idas et Lyncée, leurs cousins. Les fiancés, irrités, poursuivirent les deux ravisseurs. Castor fut tué au cours du combat qui s'ensuivit. Mais Pollux, immortel, fut seulement blessé et enlevé par son père, Zeus, dans les cieux. Pollux, toutefois, ne put se consoler de la mort de frère. Zeus lui accorda alors la faveur de partager son immortalité avec son Castor un jour sur deux. Ainsi, la mort même, ne put séparer les deux frères, si unis dans la vie.

Le culte des Dioscures divinisés s'étendit de la Sparte à l'ensemble de la Grèce, à la Sicile et à l'Italie. Dans ce dernier pays, ils furent placés au rang des deux marins. Mais à cette attribution s'en ajoutent beaucoup d'autres. Protecteur des jeux gymniques, ils étaient également censés inspirer les chantres qui se faisaient entendre au cours des festivités. Leurs bienfaits changèrent parfois le cours des événements historiques. Au cours de la guerre du Péloponnèse, les Dioscures voltigèrent sous la forme de deux feux autour du gouvernail du stratège Lysandre, lui confirmant ainsi leur protection. Ces feux qui, parfois, brillent par temps d'orage autour des navires sont bien connus des marins, qui les nomment "Feux Saint-Elme", ce mot Elme étant sans doute une contraction de "Hélène", soeur des Dioscures. On dit aussi que, montés sur des coursiers, ils aidèrent les Romains à remporter la victoire du lac Régille sur les Italiens et que le dictateur Albinus leur voua un temple sur le forum, à Rome, en face de celui de Vesta. Enfin, deux exemples apportent encore le témoignage de l'importance du culte des Dioscures à Rome : la classe équestre considérait les Dioscures comme leur patron et les fêtait le 15 Juillet de chaque année. Quant au petit peuple de Rome, il éternisa le nom des Dioscures en employant souvent les jurons de Edepol ("par Pollux") et d'Ecastor ("par Castor").

Les Géants

Après avoir vaincu les Titans, Zeus, ses frères et ses soeurs durent entreprendre une nouvelle lutte contre les Géants, nés du sang qui coulait de la blessure d'Ouranos mutilé par Cronos. Colosses d'une taille immense, ils avaient un torse terminé par une queue de serpent ; d'une bravoure indomptable, ils entreprirent d'escalader l'Olympe en accumulant montagnes sur montagnes ; devant ce nouveau danger, les Dieux appelèrent à l'aide Prométhée, fils du Titan Japet, et Héraclès, car un oracle avait prédit que seul un mortel pouvait faciliter la victoire totale des dieux. Héraclès repoussa les montagnes, qui s'écroulèrent sur les Géants et les assommèrent, tandis que Zeus les foudroyait. Ceux qui survécurent, comme Encelade, furent enfermés dans les profondeurs de la terre.

Voir aussi :

Athéna
Atlas
Les Cyclopes
Héra
Orion

Les Harpyes

Ces filles de Thaumas et de l'Océanide Électre, Aellô, Ocypétès, à qui l'on joignit plus tard Caelano, étaient considérées par Hésiode comme des femmes ailées à la belle chevelure, puis, peu à peu, la légende leur donna l'apparence de monstres épouvantables. Leur corps osseux de vautour, leur visage ridé, leur bec et leurs ongles crochus, l'odeur infecte qu'elles répandent sont autant de représentations sensibles de la sécheresse, de la famine et des épidémies, mais aussi l'image de monstres impossibles à rassasier, qui enlèvent les enfants et pourvoient en morts les Enfers. Les dieux ne les détruisent pas parce qu'ils se servent de leur méchanceté pour tourmenter les mortels, tel l'aveugle Phinée, dont elles ravissent ou souillent la nourriture. Chassées par les fils de Borée, Zétès et Calaïs, elles s'établirent dans les îles Strophades. Mais leur rôle infernal continue, et les Latins les assimilent la plupart du temps aux Furies, gardiennes du sombre Tartare.

Voir aussi :

LesArgonautes
LeSphinx
Typhon

Les Héros

On appelle héros, dans la mythologie, tout personnage qui a exercé sur les hommes et sur les événements une telle influence, qui a fait la guerre avec tant de bravoure, ou accompli des exploits avec tant de témérité, qu'il s'est élevé au-dessus de ses semblables, les mortels, et qu'il a pu prétendre approcher les Dieux, méritant ainsi, après sa mort, une vénération et un culte particulier. La poésie épique, l'Illiade en particulier, a, la première, créé l'idée de héros. On voit ainsi Achille, Ajax, Ulysse et bien d'autres se livrer, pendant les combats de la guerre de Troie, à des prodiges d'ingéniosité et de courage. Mais, par leur naissance même, ces héros sont déjà différents des hommes. La plupart du temps, il sont fils d'un dieu ou d'une déesse, dont ils reçoivent au cours de leur existence aide et protection.

Avec les siècles, la notion de héros s'est peu à peu transformée. Chaque territoire a voulu posséder son propre héros, véritable symbole national ou régional. Ainsi, on a vu apparaître les héros athéniens, tel Thésée ; thébains, comme les Labdacides ; argiens ou boétiens, et une foule de héros éponymes. Certaines familles sacerdotales ou nobles ont, par la suite, prétendu descendre de héros légendaires, les devins de Mélampos, César d'Énée, et par conséquent de Vénus (Aphrodite), Marc Antoine d'Hercule (Héraclès). A l'ère classique grecque (V° siècle avant Jésus-Christ), des hommes politiques grecs, des philosophes, des poètes tragiques, tels Périclès, Platon, Sophocle, ont été, après leur mort, l'objet de culte décerné aux héros.

Voir aussi :

Agamemnon
Arès
Les Argonautes
Ariane
Athéna
Atlas
Bellérophon
Calypso
Cerbère
Circé
Les Cyclopes
Diomède
Eurysthée
Hadès
Hector
Hélène
Héphaïstos
Hermès
Hippolyte
L'Hydre de Lerne
Jason
Machaon
Méduse
Mopsos
Nestor
Les Nymphes
Oedipe
Les Oracles
Pâris
Patrocle
Pélée
Pénélope
Persée
Pholos
Podalirios
Polyphème
Polyxène
Le Sanglier de Calydon
Télégonos
Zeus

Les Lapithes

Peuple mythique, les Lapithes habitaient les montagnes de la Thessalie. Ils interviennent dans de nombreuses légendes (les Argonautes, le sanglier de Calydon), et se signalèrent surtout par la lutte qui les opposa aux Centaures. En effet, ils étaient gouvernés par Pirithoos, fils d'Ixion, et par conséquent demi-frère des Centaures. Ceux-ci revendiquèrent leur part d'héritage. Pour les apaiser, Pirithoos les invita à ses noces. Pris de vin, les Centaures attaquèrent les Lapithes, tentèrent de faire violence à Hippodamie, la fiancée de Pirithoos, mais finalement furent battus.

Voir aussi :

Chiron
Mopsos
Nestor
Polyphème
Thésée

Les Nymphes

Sous ce nom très général, les Grecs groupent toutes les divinités féminines de la nature, qui peuplent les mers, le eaux, les bois, les arbres, les forêts, les montagnes, les vallées fertiles, le sources, les bosquets, les rochers et les grottes. Jeunes femmes d'une rare beauté, représentées nues ou à demi-vêtues, elles étaient filles de Zeus et du Ciel. La pluie que le dieu faisait tomber rejaillissait en sources et leur donnait naissance. Aussi, les Anciens attribuaient aux Nymphes un pouvoir fertilisant et nourricier, qu'elles exerçaient en se mêlant à l'humidité de l'air, de l'eau et des forêts. Mais leur action bienfaisante ne concernait pas seulement la nature. Les êtres humains, pour leur part, bénéficient de leur tendre sollicitude. Elles protègent les fiancés, qui se plongent dans l'onde de certaines sources ou fontaines pour y obtenir la purification indispensable à une heureuse fécondité.

A ce caractère régénérant, particulièrement apprécié par les Grecs, s'ajoutent deux autres attributs : les Nymphes aiment prophétiser, et elles sont capables d'inspirer aux hommes qui goûtent l'eau sacrée de leurs sources de nobles pensées et le désir d'accomplir de grands exploits. Elles leur révèlent également l'issue, favorable ou néfaste, de leurs maladies. Elles vont jusqu'à les guérir de leurs maux par l'action de certaines de leurs eaux.

Dans la mythologie grecque, les Nymphes sont classées et répertoriées avec précision : les Néréides peuplent les mers ; les Naïades, les fleuves et, d'une manière générale, les eaux vives ; les Dryades, les forêts de chênes ; les Alséides, les bocages. Quant aux Oréades, elles habitent le montagnes et les Hamadryades, les bois. Les Napées occupent les vallons et les Méliades ne vivent que sur les frênes. Les légendes innombrables où les Nymphes interviennent nous les montrent non seulement amoureuses des Dieux, mais aussi de simples mortels. De leur union avec ces derniers naquirent les héros, les demi-dieux; les ancêtres des premières races humaines. Insouciantes, filant et chantant sur les ondes et dans les arbres, elles vivent, bien que mortelles, des milliers d'années. Elles sont les fées de l'Antiquité.

Voir aussi :

Apollon
Les Argonautes
Calypso
Chiron
Dionysos
Énée
Hadès
Hélios
Héraclès
Mopsos
Orphée
Pénélope
Pélée
Persée
Perséphone
Pholos
Polyphème
Poséidon
Ulysse

Les Oracles

Avertissement, conseil ou ordre d'un dieu, l'oracle permettait aux hommes de connaître la volonté des Immortels et de prendre des décisions en fonction de la réponse du dieu. Il était consulté dans un temple spécial, en un lieu auquel une légende avait généralement accordé un grand crédit. Les oracles de Zeus et d'Apollon demeurent les plus célèbres. L'oracle de Dodone, en Epire, exprimait, dans un bois sacré, par le bruissement des feuilles, la pensée de Zeus. Mais les servants du grand dieu interrogeaient également le vol des oiseaux ou le clapotis d'une fontaine. A Delphes, l'oracle d'Apollon (il en existait un autre à Didyme) fut fondé, suivant l'hymne homérique, en l'honneur d'Apollon Python, par le dieu lui-même après sa victoire sur le serpent Python. Il détrôna ainsi le très vieil oracle de Gaia, la Terre. Une sorte de confédération religieuse se forma autour du sanctuaire, et des jeux Pythiques furent institués pour sceller cette nouvelle union de tous les pèlerins venus entendre la Pythie.

On venait demander à l'oracle des conseils aussi bien d'ordre politique que d'ordre personnel. On s'y purifiait d'un meurtre comme Oreste. On cherchait à connaître le nouvel emplacement d'une colonie. L'oracle était la preuve d'une soumission des mortels aux destinées divines, et dans les légendes jamais héros n'a réussi à s'y soustraire.

Voir aussi :

Ajax
Calchas
Les Géants
Glaucos
Hector
Jason
Oedipe
Persée
Philoctète
Podalirios
Psyché
Télégonos
Troïlos
Ulysse

Les Titans

Les fils et les filles d'Ouranos et de Gaia habitaient les demeures des cieux. Ils étaient douze : six fils, Océan, Coeos, Crios, Hypérion, Japet, Cronos ; et six filles, Téthys, Théia, Thémis, Mnémosyme, Phoebé et Rhéa, qui portaient le nom général de Titanides. Indignés qu'Ouranos voulût les précipiter dans le Tartare, ils se révoltèrent, mutilèrent leur père et régnèrent à sa place. Le dernier d'entre eux, Cronos, dévora ses enfants, car il craignait qu'ils ne lui ravissent le trône. Mais le plus jeune de ses fils, Zeus, miraculeusement échappé à cet série d'infanticides, avec le secours de sa mère Rhéa, lui donna un breuvage pour lui faire vomir ses frères et soeurs. Avec leur aide; le dieu entra en lutte contre les Titans, qui s'armèrent de gigantesques rochers arrachés aux montagnes et se postèrent en Thessalie sur le mont Othrys, tandis que les enfants de Cronos s'établissaient sur l'Olympe. La lutte, le Titanomachie, fut effrayante et à la dimension des belligérants. Mais Zeus réussit à s'assurer la victoire grâce aux concours des Cyclopes forgeurs de foudre et des Héchatonchires ; les vaincus furent précipités au fond du Tartare. Cependant, la victoire n'était pas définitivement acquise. Certains Titans, tels Mnémosyme et Japet, s'étaient bien ralliés à la cause de Zeus ; mais d'autre monstres, les Géants et Typhon, s'apprêtaient à donner l'assaut contre l'Olympe.

On donne diverses interprétations de ce combat. Il semble que le Thessalie ait été une contrée soumise, en un temps fort éloigné, à des bouleversements géologiques dont des témoins auraient rapporté les terribles effets. La tradition se serait ensuite emparée de ce récits pour en faire un mythe.

Voir aussi :

Prométhée

Machaon

Fils d'Asclépios, Machaon régna avec son frère Podalirios sur trois villes thessaliennes. Prétendant d'Hélène, il prit part contre l'expédition contre Troie, et, ayant reçu de son père le précieux don de guérir les blessures même les plus graves, il se mit au service des héros. Il soigna Ménélas, blessé par une flèche de Pandaros, et Philoctète, rongé par une plaie faite dix ans plus tôt par une flèche d'Héraclès. Il fut enfin un de ceux qui s'introduisirent dans les flancs de cheval de Troie. Machaon fut tué bientôt par Eurypylos, fils de Télèphe. Les cendres sacrées de ce médecin à la science miraculeuse furent rapportées par Nestor dans un sanctuaire de Gérénia, où les malades venaient chercher la guérison.

Médée

L'histoire de Médée se rattache à la légende des Argonautes. Quand ceux-ci débarquèrent sur le littoral du Pont, en Colchide, pour conquérir la Toison d'or, ils se heurtèrent à l'hostilité du roi Aiétès, gardien du précieux trésor. Cependant ils reçurent l'appui de Médée, la fille du roi, qui s'était éprise de Jason. Experte en l'art de la magie, la jeune fille donna à son amant un onguent dont il devait s'enduire le corps pour se protéger des flammes du dragon qui veillait sur la Toison d'or. Elle lui fit aussi présent d'une pierre, qu'il jeta au milieu des hommes armés, nés des dents du dragon : aussitôt, les guerriers s'entretuèrent et le héros put s'emparer de la Toison. Pour remercier Médée, Jason lui accorda le titre d'épouse. La magicienne s'enfuit alors avec lui, et, afin d'empêcher Aiétès de les poursuivre, elle tua et dépeça son frère Absyrtos, dont elle sema les membres sanglants sur sa route. Parvenue à Iolcos en Thessalie et reçue en grande pompe, par amour pour Jason, elle se livra à toutes sortes de crimes. Ainsi, elle incita les filles de Pélias, sous prétexte de le rajeunir, à tuer leur père, à le découper en morceaux et à le jeter dans un chaudron d'eau bouillante. Aussi, chassés par Acaste, le fils de Pélias, les deux époux se réfugièrent à Corinthe, où Médée donna le jour à deux fils, Phérès et Merméros. Au bout de quelques années de bonheur, Jason abandonna Médée pour Créüse, la fille de Créon, roi de Corinthe. Répudiée et bafouée, Médée médita une vengeance exemplaire. Elle offrit à Créüse une tunique qui brûla le corps de la jeune épousée et incendia le palais ; puis elle égorgea ses propres enfants.

Après ces crimes, elle s'enfuit à Athènes sur un char attelé par deux dragons ailés, et épousa le roi Egée, dont elle eut un fils. Bannie par Thésée, qu'elle avait vainement tenté de faire périr, elle retourna enfin auprès de son père en Colchide et, selon une tradition, descendit aux champs Elysées, où elle s'unit à Achille.

Méduse

La seule des trois Gorgones à n'être pas immortelle, Méduse, se prévalait dans la terreur particulière qu'elle inspirait aux mortels, avec sa chevelure formée de serpents, ses dents immenses, les convulsions qui crispaient son visage, et son regard, pétrifiant tous ceux qui s'exposait à son atteinte. Les mythes abondent à son sujet : ils tentent d'expliquer ses maléfices. Selon les uns, elle aurait été une belle jeune fille, trop fière de sa chevelure. Pour la châtier, Athéna aurait changé cette dernière en un paquet de serpents. Selon d'autres, la même Athéna l'aurait punie de s'être unie à Poséidon en lui imposant une forme affreuse. Sa mort est également le sujet de bien des récits :

le plus connu met en scène le héros Persée, qui, sur l'injonction d'Athéna, et avec son aide particulière, trancha la tête de Méduse, prenant bien soin, pour n'être pas figé en pierre, de ne regarder que l'image de la Gorgone, telle qu'elle apparaissait au miroir poli de son bouclier. Du sang qui se répandait naquirent Pégase et Chrysaor, fils de Poséïdon, le seul dieu qui n'est pas craint de se joindre à l'horrible monstre. La tête de Méduse orna l'égide d'Athéna. La déesse, grâce à cette attribut magique, mettait en fuite ses adversaires.

Voir aussi :

Atlas
Échidna
Mopsos

Ménélas

Comme son frère Agamemnon, ce fils d'Atrée dut mêlé au conflit qui opposait son père à Thyeste. Lorsque les circonstances attribuèrent à ce dernier le trône d'Atrée, il se réfugia à la cour du roi Tyndare de Sparte, qui avait une fille d'une grande beauté, Hélène. Ménélas s'en éprit et l'épousa. Tandis qu'Agamemnon réussissait à reprendre le trône d'Argos, il s'installa sur celui de Sparte que lui avait légué son beau-père en mourant. Il devait vivre heureux avec Hélène, qui lui donna de nombreux enfants, jusqu'au jour où Pâris, fils de Priam, roi de Troie, de passage à Sparte, vint le trouver. Ménélas le reçut avec bienveillance, puis dut partir pour offrir un sacrifice. En son absence, Pâris séduisit Hélène, l'enleva et, avec elle, gagna Troie. Apprenant le fuite de son épouse, Ménélas convoqua tous les anciens prétendants d'Hélène pour tirer une vengeance exemplaire de cet affront. Ménélas et Ulysse furent envoyés en ambassade à Troie pour réclamer pacifiquement la restitution d'Hélène. Mais devant le refus des ravisseurs, ils se préparèrent à la guerre. La plus grande partie des Etats grecs manifesta sa solidarité et mit sur pied une armée commune. Pendant le guerre de Troie, qui devait durer dix ans, Ménélas tua de nombreux troyens, et Pâris aurait péri sous ses coups si Aphrodite ne l'eût protégé.

A la mort de Pâris, Hélène, ayant épousé Déiphobos, ce fut vers la maison de ce Troyen que Ménélas se dirigea lorsqu'il put mettre la ville à feu et à sang. Déiphobos périt de sa main. La rencontre d'Hélène et de Ménélas, après tant d'années d'absence, fut dramatique. Mais, ébloui par sa beauté, le héros pardonna à sa jeune femme, et la réconciliation fut totale. Après un voyage de retour mouvementé, qui dura huit ans, parce que Ménélas dans sa joie avait négligé de sacrifier aux Dieux, il vécut à Sparte longtemps encore avec son épouse, au milieu de la prospérité et du bonheur. A sa mort, il fut transporté par les dieux jusqu'aux lointaines contrées de la félicité éternelle, les champs Élysées.

Voir aussi :

Achille
Machaon
Télémaque

Minos

Fils de Zeus et d'Europe, Minos succéda à Astérion sur le trône de Crète. Dès le commencement de son règne, il s'attira le vengeance et la colère de Poséidon en refusant de lui sacrifier un taureau. Pasiphaé, l'épouse du roi, s'éprit de l'animal et enfanta un monstre, le Minotaure. Minos délaissa cet femme impie et se livra sans retenue à d'innombrables aventures amoureuses ; on dit, à ce propos, que pour se venger des infidélités répétées de son mari Pasiphaé jeta un sort sur la couche du roi, d'où sortirent des scorpions et des serpents qui tuèrent toutes les maîtresses de Minos. Son règne fut marqué principalement par l'assassinat d'un de ses fils, Androgée. Afin de ne pas laisser le meurtre impunie, Minos fit la guerre aux Athéniens, et il exigea d'eux un tribut annuel de sept jeunes gens et sept jeunes filles, qui étaient livrés au Minotaure et dévorés.

Thésée réussit à s'introduire dans le Labyrinthe et à tuer le monstre. Puis il enleva Ariane, l'une des filles du roi, qui l'avait aidé dans son entreprise. Dès lors les malheurs accablèrent Minos. Il apprit en effet que Dédale avait sans doute favorisé les amours monstrueuses de Pasiphaé et la fuite des Athéniens ; il fut jeté dans le Labyrinthe avec son fils, Icare, mais ils réussirent à s'évader. Le roi leva donc une armée et partit à sa poursuite. Parvenu en Sicile chez le roi Cocalos, il fut jeté traîtreusement dans une bassine d'eau bouillante.

Malgré sa tragique existence, Minos passait, dans l'Antiquité, pour un roi sage et un législateur remarquable. On disait aussi qu'il conversait fréquemment avec Zeus dans une grotte sacrée et qu'il tirait de ses dialogues avec le dieu les meilleurs enseignements pour la conduite des affaires de ses Etats. Aussi, en raison de son esprit d'équité, il siégea aux côtés de son frère Rhadamanthe et d'Eaque au tribunal des Enfers.

Voir aussi :

Glaucos
Hélios
Héraclès

Le Minotaure

Monstre hideux, au corps d'homme et à la tête de taureau, le Minotaure naquit de l'amour irrésistible et contre nature de la reine de Crète Pasiphaé pour un taureau blanc que le roi Minos, son époux, avait refusé de sacrifier à Poséidon. Épouvanté par cette naissance, le roi voulut en cacher la nouvelle à ses sujets, et il fit construire par Dédale un palais aux nombreux couloirs, aux salles enchevêtrées, qui se croisaient sans cesse, et il ordonna qu'on y enfermât le Minotaure. On nourrissait le monstre de chair humaine, fournie en particulier par le tribut annuel de sept jeunes gens et sept jeunes filles d'Athènes. Thésée, avec le concours d'Ariane, tua le Minotaure.

Mopsos

1° Fils d'Ampyx et de la nymphe Chloris, ce Lapithe, l'un des plus célèbres devins de la mythologie grecque, mit ses dons au service des Argonautes et des chasseurs du sanglier de Calydon. En Libye, il fut piqué par un serpent, né du sang qui avait coulé de la tête de la Méduse ; il mourut en quelques instants. Les Argonautes l'enterrèrent avec tous les honneurs funèbres.

2° On connaît un autre Mopsos, fils d'Apollon et de Mantô, la fille de Tirésias. Son père adoptif fut l'Argien Rhacios. Fondateur de Colophon, Mopsos entra dans cette ville en compétition avec un autre devin, Calchas, de retour de Troie. Par deux fois, Mopsos eut raison de la science de son concurrent, qui, de honte, se tua. Après cette victoire, Mopsos et Amphilochos, qui avait lui aussi des dons de prophétie, fondèrent la ville de Mallos, en Cilicie. Resté un moment seul souverain, Mopsos vit revenir Amphilochos, qui réclama sa part du royaume. Un combat singulier s'engagea entre les deux héros et se termina par la mort de l'un et de l'autre.

Nestor

L'un des douze fils de Nélée et de Chloris, Nestor vit périr ses onze frères de la main d'Héraclès, mais fut épargné. Roi de Pylos, guerrier sage et juste, il participa en particulier à trois hauts faits, qui, dans la mythologie grecque, occupent une place de choix. Il défit, aux côtés des Pyliens, les Epiens. Il prit part au combat des Lapithes contre les Centaures et à la chasse du sanglier de Calydon, en compagnie des Argonautes. Apollon, lui ayant accordé de vivre trois générations d'hommes, il put s'embarquer à la tête de quatre-vingt-dix vaisseaux qu'il conduisit au siège de Troie. Son rôle éminent, en tant qu'élément modérateur, et son souci constant d'apaiser les discordes entre les héros grecs -- tels Achille et Agamemnon -- sont attestés par les nombreux portraits élogieux qu'en trace Homère dans l'Illiade et dans l'Odyssée. Après la chute de Troie, il fut l'un des rares guerriers grecs à revenir sans encombre dans sa patrie, où il demeura jusqu'à sa mort, faisant régner dans ses États le justice et la piété.

Voir aussi :

Chiron
Machaon
Télémaque

Oedipe

Le roi de Thèbes, Laïos, inquiet de ne pas avoir d'héritier, alla consulter l'oracle de Delphes. Celui-ci prédit que le fils qui lui naîtrait tuerait son père et épouserai sa mère. Malgré ces fatales prédictions, un enfant naquit à la cour de Thèbes. Jocaste, sa mère, effrayée de la sentence de mort, l'abandonna sur le mont Cithéron, après lui avoir percé les chevilles avec une aiguille et les lui avoir liées avec une lanière. Des bergers recueillirent l'enfant ; ils l'appelèrent Oedipe ("pied enflé") et le présentèrent au roi de Corinthe Polybos, époux de Périboéa, qui, sans enfants, l'adopta avec joie et l'éleva comme son propre fils.

Un jour, un jeune corinthien apprit à Oedipe qu'il n'était qu'un enfant trouvé. Intrigué par cette révélation, Oedipe consulta l'oracle de Delphes, qui répéta l'horrible prédiction faite à Laïos : " tu tueras ton père et tu épouseras ta mère ". Persuadé que Polybos et Périboéa étaient ses véritables parents, Oedipe les quitta en hâte. Dans un défilé, non loin de Delphes, il croisa Laïos sans savoir que celui-ci était son père et, s'étant pris de querelle avec lui, il le tua en coupant le timon de son char. Ainsi s'accomplissait la première prédiction. Poursuivant sa route et parvenu aux portes de Thèbes, il rencontra le Sphinx, monstre terrifiant, qui posait une énigme aux voyageurs et les dévorait s'il n'obtenait pas de réponse. Oedipe sut trouver la bonne réponse et le Sphinx, dépité, se jeta du haut d'un rocher et se tua, délivrant ainsi le pays de la terreur. Accueilli à Thèbes comme un bienfaiteur, Oedipe fut nommé roi et épousa Jocaste, ignorant qu'elle était sa mère. Ainsi s'accomplissait la seconde prédiction. De cette union incestueuse naquirent quatre enfants, Etéocle, Polynice, Antigone, et Ismère, qui eurent tous une destinée tragique.

Quelques années plus tard, une peste s'abattit sur la ville, et l'oracle consulté répondit : " Il faut expulser de la ville le meurtrier de Laïos ". Contre ce meurtrier, c'est-à-dire contre lui-même, Oedipe, toujours dans l'ignorance de son crime, prononça une malédiction implacable. Mais bientôt les révélations embarrassées du devin Tirésias permirent au héros de deviner la vérité. De honte, Jocaste se pendit ; Oedipe se creva les yeux et, chassé de Thèbes, erra en mendiant dans la contrée, accompagné de sa fille Antigone, qui, seule, lui était restée fidèle. A la fin de sa vie, l'infortuné trouva asile en Attique, auprès de Thésée. A Colone, petit bourg non loin d'Athènes, les Erynies l'entraînèrent dans la mort. Toutefois, Thésée accorda une sépulture au corps de cette victime de la plus terrible des fatalités, car il était dit que le tombeau d'Oedipe serait un gage de victoire pour le peuple athénien.

Voir aussi :

Polydoros

Oreste

Il n'existe pas une légende d'Oreste, mais plusieurs, qui se complètent et auxquelles les poètes tragiques grecs ont donné un puissant relief. Oreste n'était qu'un enfant lorsque son père Agamemnon fut tué par Clytemnestre et par Egisthe. Il put, avec l'aide de sa soeur Électre, se réfugier chez son oncle Strophios, en Phocide ; là, il se lia d'amitié avec Pylade, son cousin, qui demeura le fidèle compagnon de ses infortunes.

Parvenu à l'âge adulte, il décida, sur les conseils d'Apollon, de venger la mort de son père. Accompagné de Pylade, il se rendit en secret à Mycènes et tua Égisthe et Clytemnestre. Son meurtre, qui semblait cependant une juste vengeance, frappa les Dieux d'horreur, et, en tant qu'assassin de sa propre mère, ils lui dépêchèrent les Érinyes pour le tourmenter jusqu'à la folie, au milieu des hallucinations et des remords.

Cependant, Apollon n'abandonna pas l'infortuné. Il lui conseilla de se réfugier à Athènes, où l'Aréopage, grâce à l'intervention décisive d'Athéna, l'acquitta de son meurtre. Puis le dieu le purifia à Delphes et, par la bouche de la Pythie, lui fit savoir qu'il serait définitivement guéri de sa démence en allant chercher la statue d'Artémis en Tauride. En Tauride donc, Oreste et Pylade, sur le point d'être sacrifiés comme étrangers, furent reconnus par Iphigénie, prêtresse d'Artémis, qui s'enfuit avec eux en leur livrant la statue.

De retour dans le Péloponnèse, à Mycènes, le héros prit possession du trône de son père Agamemnon, injustement spolié, puis enleva et épousa Hermione. Oreste régna dès lors sur Argos, et il mourut paisiblement à un âge avancé.

Voir aussi :

Hélénos
Les Oracles

Orion

Les légendes qui concernent ce chasseur Géant d'une grande beauté sont innombrables ; les unes le disent fils d'un paysan de Boétie qui logea Zeus, Poséidon et Hermès. Les Dieux, pour le remercier de cette hospitalité, lui auraient fait don de ce fils. D'autres prétendent qu'il est le fils de Poséidon et d'Euryale ; sa vie et sa mort sont également décrites de diverses façons. S'étant rendu à Chios, il tomba amoureux de la fille du roi Oenopion, Mérope, petite-fille de Dionysos, et voulut la séduire. Le roi, pour le punir, le priva de la vue. Pour la recouvrer, il dut gagner l'Orient et s'exposer aux rayons du soleil. Il vécut ensuite comme chasseur en compagnie d'Artémis, mais Éos, qui l'aimait, l'enleva, et, par jalousie, Artémis le tua d'une flèche. Suivant d'autres mythographes, la déesse le tua à l'instigation de son frère, qui lui montrait dans la mer un point éloigné et la défiait de l'atteindre. Elle tira une de ses flèches, qui atteignit le but, mais c'était la tête d'Orion qui dépassait sur la mer. Apollon n'avait pas pu supporter l'affection que sa soeur portait au chasseur. Horace prétend, de son côté, qu'Orion voulut faire violence à Artémis et que la vierge l'aurait tué de la piqûre d'un scorpion qu'elle aurait fait sortir de terre.

Quelles que soient les versions de la légende, elles concordent presque toutes pour affirmer qu'Orion, après sa mort, fut placé parmi les astres et forma la constellation qui porte son nom.

Orphée

Fils du roi de Thrace, Oeagre et de la Muse Calliope, Orphée est le plus grand poète légendaire de la Grèce. Comblé de dons multiples par Apollon, il reçut en cadeau du dieu une lyre à sept cordes, à laquelle il ajouta, dit-on, deux autres cordes, en souvenir des neufs Muses, les soeurs de sa mère. Il tirait de cet instrument des accents si émouvants et si mélodieux que les fleuves s'arrêtaient, les roches le suivaient, les arbres cessaient de bruire. Il avait aussi la faculté d'apprivoiser les bêtes féroces.

Les Argonautes se servirent de ses talents dans leur expédition. Par la douceur et la beauté de sa voix, il sut calmer les flots agités, surpasser la séduction des Sirènes et endormir le dragon de Colchide. Il voyagea en Egypte et s'initia aux mystères d'Osiris, dont il devait s'inspirer en fondant les mystères orphiques d'Eleusis. Au retour de l'expédition des Argonautes, il s'établit en Thrace, où il épousa la nymphe Eurydice. Un jour, le jeune femme, voulant échapper aux avances du berger Aristée, s'enfuit et, piquée par un serpent, mourut aussitôt.

Fou de douleur, Orphée obtint de Zeus la permission d'aller la retrouver aux Enfers et de la ramener sur Terre. Avec sa lyre, il calma le féroce Cerbère, apaisa un moment les Furies et arracha sa femme à la mort, mais à condition de ne pas la regarder avant d'avoir atteint le monde des vivants. Au moment où il parvenait aux portes de l'Enfer, il tournait la tête pour voir si Eurydice le suivait. Alors elle s'évanouit à ses yeux et pour toujours. Revenu en Thrace, Orphée voulut demeurer fidèle à son épouse disparue, et dédaigna l'amour des femmes de son pays, qui dépitées, mirent le poète en pièces. Sa tête jetée dans l'Hèbre fut recueilli à Lesbos.

Sa lyre fut placé par Zeus parmi les constellations à la demande d'Apollon et des Muses, qui, de leur côté, accordèrent une sépulture à ses membres épars aux pieds de l'Olympe.

Pâris

Appelé aussi "Alexandre", Pâris était le fils cadet de Priam, roi de Troie, et d'Hécube. Avant sa naissance, sa mère rêva qu'elle enfantait un brandon enflammé qui incendiait toute la ville, rêve prémonitoire de la ruine de Troie. Redoutant ce mauvais présage, Hécube abandonna Pâris sur le mont Ida, où il fut recueilli par le berger Agélaüs. Ayant réussi à découvrir son origine, le héros retourna à la cour de Priam, se fit reconnaître au cours de jeux funèbres par son frère Déiphobos et par sa soeur Cassandre, la prophétesse, et fut accueilli aussitôt avec joie par son père, qui le croyait mort.

A Pâris se rattache l'histoire d'un jugement célèbre. Lorsque Pélée et Thétis célèbrent leurs noces, tous les Dieux furent invités à l'exception d'Éris, la Discorde. Furieuse de cette omission volontaire, le déesse jeta une pomme d'or parmi les convives avec cette inscription : "A la plus belle". Aussitôt, Aphrodite, Athéna et Héra revendiquèrent cette prodigieuse épithète. Pour les départager, Zeus en appela au jugement de Pâris. Les trois déesses se présentèrent devant lui, dans leur nudité. Héra lui promit la souveraineté sur l'Asie, Athéna la gloire des guerriers, et Aphrodite la plus belle des femmes. C'est à cette dernière que Pâris offrit la pomme. Afin d'exaucer sa prophétie, la déesse le protégea et lui permit d'enlever Hélène, épouse de Ménélas, roi de Sparte : telle fut l'origine de la guerre de Troie. Et, jalouses de n'avoir point été choisies, Athéna et Héra témoignèrent au cours de cette guerre d'une haine farouche à l'égard du Troyen Pâris et protégeaient les Grecs. Pâris échappa de peu aux coups de Ménélas, qui l'avait provoqué en un combat singulier. Aphrodite le cacha dans une nuée. Il tua de nombreux guerriers et surtout il perça mortellement Achille au talon. Blessé lui-même par une flèche de Philoctète, Pâris devait succomber peu après, sa première épouse Oenone ayant refusé de le soigner.

Voir aussi :

Agamemnon
Hermès
Polyxène
Ulysse

Patrocle

Né en Locride, où régnait son père Ménoetios, époux de Sthénélé, Patrocle, jeune encore, tua, dans un excès de colère, l'un de ses compagnons de jeux. Il dut s'exiler. Accueilli par Pélée, roi de Myrmidons, à Phthie en Thessalie, il reçut la purification nécessaire à l'expiation et à l'absolution de son meurtre. Mais, comme il s'était lié d'amitié avec Achille, le fils de ce généreux monarque, il ne rentra pas dans son pays.

Lorsque la guerre de Troie éclata, il y suivit son ami, à la tête d'un contingent de Myrmidons, et se livra sous les murs de Troie à de vaillants exploits. Il suivit Achille sous sa tente, lorsque ce dernier se brouilla avec Agamemnon. Il refusa, comme lui, de continuer la lutte. Pourtant, comme le sort des armes ne favorisait les Grecs, Patrocle consentit à reprendre le combat, et Achille lui prêta même ses armes et son armure. Il réussit à repousser les Troyens. Mais, au cours d'un combat singulier, il fut tué par Hector. Rendu furieux par cette mort, Achille fut saisi d'un tel désir de vengeance qu'il sortit de sa réserve, reprit les armes et tua Hector. Il honora la mémoire de son ami par des jeux funèbres solennels. Les deux inséparables compagnons devaient se retrouver, plus tard, dans l'île Blanche, demeure mythique et bienheureuse des héros, où ils continuent, par-delà la mort, une existence éternellement héroïque.

Pégase

Ce cheval ailé et magique, aussi rapide que le vent, naquit du sang de Méduse, lorsqu'elle eut la tête tranchée par Persée. Il vécut, recherchant les fontaines. D'un coup de sabot sur l'Hélicon, il donna naissance, dit-on, à la source d'Hippocrène. Un jour qu'il s'abreuvait à la source de Pirène, sur l'Acrocorinthe, il fut dompté par Bellérophon. Ce dernier, monté sur le miraculeux coursier, multiplia les grandes prouesses. Il vainquit en particulier la Chimère. Mais l'orgueil le perdit. Porté par Pégase, il voulut monter aux cieux. Zeus le désarçonna. Seul, le cheval ailé atteignit le domaine des Dieux, qui le placèrent parmi les constellations.

Pélée

Fils d'Éaque, roi des Myrmidons, Pélée commit un meurtre : dès son adolescence il assassina Phocos, son demi-frère, avec l'aide son frère Télamon. Bannis de la cité, Télamon et Pélée se séparèrent alors pour suivre leur destinée différentes. Eurytion, roi de la Phthiotide, accorda à Pélée la purification nécessaire pour le laver de son meurtre et lui donna même sa fille Antigone en mariage. Cependant, le bonheur de ce héros fut de courte durée ; au cours de la chasse au sanglier de Calydon, Pélée tua son beau-père, et, malgré sa bonne foi, il fut banni. Réfugié à la cour d'Acaste à Iolcos, il refusa de céder aux avances de la reine Astydamie, qui, par deux fois, le calomnia : une première fois en envoyant une lettre à Antigone déclarant que Pélée la trompait ; l'épouse, qui se croyait bafouée, se pendit ; une seconde fois, en affirmant à son époux que Pélée avait voulu la séduire. Le roi abandonna Pélée sur le mont Pélion. Mais le héros réussit à s'échapper, grâce au centaure Chiron et aux bêtes féroces, et revint à Iolcos, où il tua Acaste et dépeça Astydamie. La nymphe Thétis, fille de Nérée, fut la seconde épouse de Pélée. Refusant d'épouser un mortel, malgré l'ordre des dieux, elle prit toutes sortes de formes lorsque Pélée voulut l'approcher, des plus petites aux plus grandes, des plus monstrueuses aux plus impalpables. Mais Pélée ne se laissa pas décourager ni effrayer et parvint à la vaincre. Les noces eurent lieu en grande pompe avec la participation et les présents de tous les dieux ; Pélée reçut en particulier une armure invincible et deux chevaux immortels, qui servirent par la suite à Achille. Pélée vécut longtemps, mais pendant que son fils se trouvait à Troie, il fut chassé de son royaume par les fils d'Acaste et alla finir ses jours dans l'île de Cos, non loin des côtes de Carie.

Voir aussi :

Héphaïstos
Pâris
Patrocle

Pénélope

Fille de la nymphe Périboéa et d'Icarios, frère de Tyndare, roi de Sparte, Pénélope fut donné en mariage à Ulysse, qui avait remporté une victoire aux cours des jeux où s'affrontaient les divers soupirants de la belle jeune fille. Elle mit au monde un fils, Télémaque, encore enfant, lorsqu'Ulysse dut quitter son royaume d'Ithaque pour Troie.

Pendant les vingts années que durèrent l'absence de son époux, Pénélope dut repousser par toutes sortes de ruses les avances prétendants, qui, affirmant qu'Ulysse était mort, le pressaient de choisir un nouvel époux parmi eux. Elle déclara qu'elle devait terminer le tissage linceul de son beau-père Laërte avant de faire un choix. La nuit, elle défaisait l'ouvrage qu'elle avait fait le jour. Ce stratagème fut dénoncé par une de ses servantes. Au moment où, de plus en plus sollicitée par ses prétendants, elle allait mettre fin, malgré elle, à plusieurs années de fidélité conjugale et de chasteté, Ulysse revint à Ithaque et, après s'être fait reconnaître de sa femme, massacra tous les hommes qui avaient envahi sa demeure et se livraient aux libations et aux pillages. Puis il revint auprès de Pénélope, et Athéna, dit-on, prolongea pour eux la durée de la nuit. Les traditions posthomériques n'ont pas toutes suivi ce récit. Les unes déclarent que Pénélope a cédé aux prétendants et conçu le dieu Pan. D'autres ajoutent qu'Ulysse la répudia à son retour et qu'elle alla finir ses jours à Mantinée. Enfin, certains disent que Télégonos, fils d'Ulysse et de Circé, après avoir tué son père par méprise, l'épousa. Pénélope, cependant, demeure le symbole d'une fidélité conjugale d'autant plus remarquable qu'elle fut rare parmi les femmes des héros partis pour la guerre de Troie.

Pénélope : Fille de la nymphe Périboéa et d'Icarios, frère de Tyndare, roi de Sparte, Pénélope fut donné en mariage à Ulysse, qui avait remporté une victoire aux cours des jeux où s'affrontaient les divers soupirants de la belle jeune fille. Elle mit au monde un fils, Télémaque, encore enfant, lorsqu'Ulysse dut quitter son royaume d'Ithaque pour Troie. Pendant les vingts années que durèrent l'absence de son époux, Pénélope dut repousser par toutes sortes de ruses les avances prétendants, qui, affirmant qu'Ulysse était mort, le pressaient de choisir un nouvel époux parmi eux. Elle déclara qu'elle devait terminer le tissage linceul de son beau-père Laërte avant de faire un choix. La nuit, elle défaisait l'ouvrage qu'elle avait fait le jour. Ce stratagème fut dénoncé par une de ses servantes. Au moment où, de plus en plus sollicitée par ses prétendants, elle allait mettre fin, malgré elle, à plusieurs années de fidélité conjugale et de chasteté, Ulysse revint à Ithaque et, après s'être fait reconnaître de sa femme, massacra tous les hommes qui avaient envahi sa demeure et se livraient aux libations et aux pillages. Puis il revint auprès de Pénélope, et Athéna, dit-on, prolongea pour eux la durée de la nuit. Les traditions posthomériques n'ont pas toutes suivi ce récit. Les unes déclarent que Pénélope a cédé aux prétendants et conçu le dieu Pan. D'autres ajoutent qu'Ulysse la répudia à son retour et qu'elle alla finir ses jours à Mantinée. Enfin, certains disent que Télégonos, fils d'Ulysse et de Circé, après avoir tué son père par méprise, l'épousa. Pénélope, cependant, demeure le symbole d'une fidélité conjugale d'autant plus remarquable qu'elle fut rare parmi les femmes des héros partis pour la guerre de Troie.

Voir aussi :

Calypso

Persée

Fruit des amours de Zeus et de Danaé, ce célèbre héros de l'Argolide fut, à sa naissance, placé avec sa mère dans un coffre, par son grand-père Acrisios, et abandonné sur la mer. Les flots les rejetèrent dans l'île de Sériphos, où régnaient Polydectès. Voulant séduire Danaé, le roi chercha à se débarrasser de Persée devenu adulte en lui demandant de rapporter la tête de la Gorgone.

Aidé par Hermès et Athéna, le héros contraignit les trois Grées, après leur avoir enlevé leur oeil et leur dent, à lui indiquer le chemin des Nymphes. Il y reçut le casque d'Hadès, qui rend invisible, tandis qu'Hermès et Athéna lui fournissaient des armes merveilleuses. Il put ainsi trancher la tête de Méduse, sans être vu par les autres Gorgones. Sur le chemin du retour; il délivra Andromède et l'épousa, malgré un complot fomenté par Phinée. Puis, avant de regagner Sériphos, il fit un détour par l'Afrique : le géant Atlas l'ayant mal accueilli parce que le héros était le fils de Zeus, Persée, en lui présentant la tête de Méduse, le pétrifia et le changea en la montagne qui porte son nom. Enfin à Sériphos même, la tête du monstre lui permit de délivrer sa mère Danaé, qui, poursuivie par les pressantes assiduités de Polydectès, s'était réfugiée dans un temple ; à leur tour, Polydectès et ses compagnons furent pétrifiés.

Cependant, Persée était soucieux de connaître son grand-père ; il désirait aussi revendiquer ses droits sur le royaume d'Argos. A son arrivée, Acrisios se souvint de la prédiction de l'oracle, d'après laquelle il serait tué par son petit-fils, et s'enfuit à Larissa chez les Pélasgiens. De passage également dans cette ville, Persée participa à des jeux funèbres. En lançant un disque, il frappa par mégarde un des spectateurs et le tua : c'était Acrisios. Lorsqu'il apprit l'identité de la victime, Persée rendit à son grand-père les honneurs funèbres, puis, n'osant revenir à Argos il céda à Mégapanthès, fils de Proétos, le royaume d'Argos, et il reçut en échange celui de Tirynthe.

Vénéré comme un demi-dieu, il fut, après sa mort, placé dans les cieux parmi les constellations.

Voir aussi :

Eurysthée
Héraclès
Pégase
Tyndare

Perséphone

Fille de Déméter et de Zeus, Perséphone porte aussi le surnom de Coré. A l'insu de Déméter, Zeus l'avait promise à son frère Hadès. Tandis que la jeune femme cueillait un jour des fleurs dans la campagne en compagnie de ses amies et des nymphes insouciantes, elle aperçut un beau narcisse dont elle s'approcha et qu'elle cueillit. A cet instant, le terre s'entrouvrit, Hadès sortit de la crevasse et enleva sa nièce sur son char. Déméter, folle de douleur, car elle ne savait qui lui avait ravi sa fille, partit à sa recherche et erra dans le monde pendant neuf jours et neuf nuits.

Au bout de ce temps, Hélios, ému, lui apprit le nom du ravisseur. Pour se venger, Déméter quitta l'Olympe et cessa de faire fructifier la terre. Inquiet alors sur le sort des mortels, Zeus envoya Hermès dans le monde des Enfers pour y chercher Perséphone et la ramener à sa mère, à la seule condition que, durant son séjour dans le monde souterrain, elle n'eût rien mangé. Hadès, devinant la ruse de Zeus, donna à son épouse des grains de grenade. Ainsi, pensait-il, il pourrait garder Perséphone. Pourtant, le dieu fut obligé d'accepter un compromis. Perséphone ne resterait auprès de lui que six mois et demeurerait l'autre moitié de l'année auprès de Déméter.

La légende de cette divinité est facile à interpréter : Perséphone, enfermée dans les Enfers, n'est autre que les grains de blé, ensevelis sous terre durant l'automne et l'hiver. Au retour du printemps et durant l'été, à la germination des plantes correspond le retour de Perséphone auprès de sa mère, dont les mystères d'Éleusis symbolisent le caractère sacré. D'une manière générale, Perséphone demeure avant tout le femme d'Hadès, la majestueuse reine des Ombres, la mère des terribles Érinyes. Dans les oeuvres d'art, elle atteste ce caractère redoutable que lui ont attribué les écrivains grecs. Sévère et grande, assise sur un trône à côté de son époux, elle tient un flambeau et parfois un pavot, dont les vertus soporifiques symbolisent le sommeil annuel -- si proche de la mort -- de la terre.

Voir aussi :

Cerbère
Psyché
Télégonos
Thésée

Phaéton

"Celui qui brille", tel est le sens du mot grec Phaéton. Ce fils d'Hélios et de l'Océanide Clyméné aimait à se vanter auprès de ses compagnons de son origine, et, chaque jour, il leur montrait avec fierté la course du char de son père dans les cieux. L'un d'eux, cependant, le mit au défi de prouver son ascendance solaire. Piqué au vif, Phaéton se rendit chez son père pour lui demander un signe de sa naissance. Hélios jura par le Styx de lui accorder tout ce qu'il voudrait. Phaéton lui réclama son char et le droit de le conduire toute une journée. Horrifié, car nul mortel n'est assez puissant pour dompter les chevaux qui tirent le char, Hélios tenta de dissuader son fils. Mais rien n'y fit : enflé de vanité, Phaéton n'écouta pas les supplications de son père, qui, tenu par son serment, fut obligé de se soumettre.

Les chevaux fougueux s'élancèrent ; mais comme Hélios l'avait prévu, Phaéton fut bien dépassée par sa tâche : les coursiers ne répondirent plus à son commandement, et le char commença à suivre une route désordonnée : tantôt il montait trop haut et risquait de brûler la route céleste ou de heurter les constellations, tantôt il descendait trop bas, et les montagnes prenaient feu, les fleuves se transformaient en vapeur, la terre se craquelait sous la chaleur. Pour éviter la destruction de l'univers, Zeus foudroya Phaéton et réduisit son char en miettes, et le fils d'Hélios fut précipité dans le fleuve Éridan.

Philoctète

C'est ce témoin des derniers moments de sa vie qu'Héraclès confia ses flèches et son arc avant de se livrer aux flammes d'un bûcher sur le mont Oeta. Mais Philoctète, malgré sa promesse de ne jamais révéler à quiconque l'endroit où reposaient les cendres du héros, se parjura et fut puni.

Comme tous les prétendants d'Hélène, il partit en guerre contre Troie, muni de ses précieuses flèches empoisonnées. Lorsque les Grecs firent escale dans l'île de Tenedos, il fut mordu par un serpent, ou, suivant d'autres traditions, blessé par le fer d'une de ses flèches. La plaie qui en résulta ne guérit point. Elle répandait une odeur si fétide que les Grecs, incommodés, se virent contraints d'abandonner Philoctète sur l'île de Tenedos. Il y resta dix ans, souffrant sans cesse de sa blessure et de la solitude.

Troie, demeurant toujours inexpugnable, les Grecs consultèrent l'oracle. Ce dernier leur révéla que les flèches de Philoctète étaient indispensables à leur victoire. Ulysse partit alors en ambassade pour Lemnos et força Philoctète, tant par contrainte que par persuasion patriotique, à gagner la Troade. Dès son arrivée, il fut soigné par Podalirios et Machaon, les fils d'Asclépios. Sa blessure se referma. Il participa à de nombreux combats et tua le plus célèbre des Troyens, Pâris. A son retour de Troie, Philoctète se fixa, prétend-on, dans le sud de l'Italie, où il fonda quelques cités.

Voir aussi :

Calchas
Diomède

Pholos

Un jour qu'il passait par l'Épire, Héraclès demanda l'hospitalité à Pholos, un sage et bienveillant centaure, fils de Silène et d'une nymphe Hamadryade. Pholos reçut le héros avec beaucoup d'égards, lui servit un riche repas. Cependant, Héraclès s'avisa de lui demander d'ouvrir une outre de vin réservée aux Centaures. Lorsque ceux-ci humèrent l'odeur enivrante que s'était répandu dans la campagne, ils furent pris de fureur, assiégèrent la caverne de Pholos et attaquèrent Héraclès, qui en tua un grand nombre et mit le reste en fuite. Pholos ne prit pas part au combat, mais en enterrant ses semblables il se blessa mortellement au pied à l'une des flèches empoisonnées d'Héraclès. Le héros accorda les honneurs funèbres à son involontaire victime et l'ensevelit sous une montagne, qui prit le nom de "Pholoé".

Podalirios

Ce fils d'Asclépios partit contre Troie avec son frère Machaon à la tête d'une compagnie de Thessaliens. Aussi habile que son père dans l'art de la médecine, il mit ses dons au service des Grecs pendant toute la guerre, et fut le seul avec Machaon à pouvoir guérir l'affreuse blessure de Philoctète.

Après la victoire de ses compatriotes, Podalirios quitta Troie avec Calchas, Amphilochos et quelques autres héros. Il parvint à voie de terre à Colophon, où mourut Calchas. Il consulta ensuite l'oracle de Delphes, qui lui conseilla de s'établir dans un pays où le ciel tombait sur la terre. Après beaucoup de réflexion, Podalirios s'établit en Carie à Syrnos, où il épousa Syrna, la fille du roi :

le territoire de ce dernier était en effet entouré de montagnes telles que leurs sommets semblaient soutenir le ciel.

Pollux

L'un des Dioscures, fils de Léda et de Zeus, frère de Castor.

Voir aussi :

Chiron

Polydoros

1° Fils de Cadmos et d'Harmonie, Polydoros succéda à son père sur le trône de Thèbes. Époux de Nyctéis, il eut un fils, Labdacos, grand-père d'Oedipe.

2° On connait un autre Polydoros, fils de Priam et de Laothoé. Il fut tué par Achille au cours de la guerre de Troie. Cependant, des versions postérieures prétendent que Polydoros était le fils de Priam et d'Hécube. Tout jeune, il fut confié au roi de Thrace, Polymestor, qui reçut également en garde les trésors de la ville de Troie. Après le sac de la ville, voulant s'emparer des richesses, le roi égorgea Polydoros et jeta son cadavre à la mer. Les flots rejetèrent le corps sur les côtes de la Troade, où il fut découvert et reconnu par Hécube.

Une autre tradition, rapportée par les tragiques, raconte que Polydoros fut confié à sa soeur Ilioné, épouse de Polymestor. La reine éleva son frère, en faisant croire que son fils Déipyle était Polydoros. Polymestor, sur ordre des Grecs, tua son propre fils croyant faire périr Polydoros. Alors, ce dernier incita sa soeur à se venger de ce meurtre et à massacrer son époux.

Polymestor

Roi de Chersonnèse en Thrace, Polymestor fut marié à Ilioné, une fille du roi Priam. Les époux , au court de la guerre de Troie, reçurent la garde du trésor de Troie et celle du jeune Polydoros, un des fils de Priam et d'Hécube ; ils l'élevèrent comme leur propre fils. Au moment de la chute de la cité, Polymestor voulut tuer Polydoros, mais il se trompa et égorgea son propre fils Déipyle. Ilioné, pour se venger, tua son mari meurtrier. On dit aussi que Polymestor, convoitant l'or qui lui a été confié, obtint des Grecs, en échange du meurtre de Polydoros, le droit de conserver les richesses : le corps du jeune enfant jeté à la mer échoua sur le rivage de la Troade et fut aperçu par Hécube. Celle-ci convoqua alors Polymestor sous un faux prétexte et lui arracha les yeux. On raconte enfin que, prisonnier des Grecs, Polydoros était destiné à être échangé contre Hélène. Mais les Troyens ayant refusé ce marché, Polydoros aurait été lapidé.>

Voir aussi :

Ulysse

Polyphème

1° Fils d'Élatos et d'Hippé, ce Lapithe participa à l'expédition des Argonautes et s'installa ensuite en Mysie, où il bâtit la cité de Cios, sur laquelle il régna jusqu'à sa mort, survenue au cours d'une bataille contre les Chalybes, un des peuples du Pont.

2° On connaît un autre Polyphème, bien plus célèbre que le précédent. Fils de Poséidon et de la nymphe Thoosa, ce Cyclope était un monstre gigantesque, qui n'avait qu'un oeil au milieu du front et se nourrissait de chair humaine. Il demeurait dans une caverne, non loin du mont Etna, et faisait paître son énorme troupeau de moutons sur la montagne. Il avait eu un amour malheureux pour Galatée, amante d'Acis, et s'était vengé cruellement des deux jeunes gens.

Mais il est surtout connu pour sa lutte contre Ulysse. Le héros aborda en effet sur ses terres avec quelques hommes et lui demanda l'hospitalité. Pour toute réponse, Polyphème saisit deux compagnons d'Ulysse, et, après les avoir tués, il les dévora en faisant craquer les os des malheureux entre ses formidables mâchoires ; ensuite, il enferma tous les autres marins dans un antre, et en bloqua l'entrée par une grosse pierre. Le lendemain matin, il mangea deux autres prisonniers et, au soir, deux autres encore. C'est alors qu'il but le vin que lui présentait Ulysse et que, sous l'effet de l'ivresse, il s'endormit. Aussitôt, le héros fit rugir au feu le bout énorme d'un tronc d'arbre, et, aidé par le reste de ses compagnons, il le planta dans l'oeil du Cyclope. Polyphème poussa un horrible cri : il était aveugle.
Pour sortir de la caverne, Ulysse et ses compagnons s'accrochèrent fortement sous le ventre des brebis et purent être rendus sans dommage à la liberté malgré la vigilance de Polyphème, qui, de la main, caressait le dos des bêtes afin de s'assurer qu'aucune n'emportait ses hôtes sur le dos. Lorsqu'ils firent voile vers la haute mer, Ulysse et ses compagnons lancèrent des injures à l'adresse de Polyphème, qui, dans sa rage, jeta d'énormes rocs contre leur navire. Puis le Cyclope appela ses frères à son aide contre "Personne" : tel était le surnom sous lequel Ulysse s'était prudemment nommé. Le croyant devenir fou, les autres Cyclopes l'abandonnèrent et le malheureux n'eut plus qu'à implorer la vengeance de son père Poséidon. Le dieu, en effet, déchaîna sur Ulysse une série de redoutables tempêtes.

Voir aussi :

Calaïs

Polyxène

La plus jeune des filles de Priam et d'Hécube, Polyxène fut mêlée à certains épisodes de la guerre de Troie, dont des traditions postérieures à l'Illiade se sont fait l'écho. Achille, en effet, s'éprit pour elle d'un vif amour lorsqu'elle vint le trouver, en compagnie de Priam et d'Hécube pour lui réclamer le corps de son frère Hector. On raconte que, pour obtenir sa main, Achille se montra prêt à trahir les siens, soit en retournant aussitôt en Grèce, soit en s'engageant dans les rangs des Troyens. Mais Pâris veillait ; il tua le héros. Au moment du sac de Troie, l'ombre d'Achille apparut aux Grecs et leur demanda de sacrifier Polyxène. Sur son tombeau, Neoptolème, le propre fils d'Achille, s'acquitta de cet ordre pour apaiser les mânes tourmentés de son père.

Poséidon

Fils de Cronos et de Rhéa, Poséidon, dieu de la Méditerranée, fut élevé par les Telchines. Célèbre, comme tous les Dieux de l'Olympe, par ses amours avec les immortelles, telles Déméter ou Amphitrite, son épouse légitime, ou même avec des monstres comme Méduse, il engendra surtout des créatures néfastes, tels les Cercopes, les Aloades, Chrysaor ou le Cyclope Polyphème. Il se mêla souvent des affaires des mortels ; avec Apollon, il participa à la construction des murailles de Troie ; il chercha en vain à ravir à Athéna la suprématie sur l'Attique, et, furieux d'avoir été joué, il frappa de son trident le roche de l'Acropole d'Athènes, qui en portait encore la trace à l'époque historique. Il disputa sans succès à Hélios la ville de Corinthe, et à Héra celle d'Argos.

Au cours de la guerre de Troie, il prit le parti des Grecs par rancune contre les Troyens, qui ne s'étaient pas acquittés de leur dette lorsqu'il construisit leur mur. Il consentit cependant à protéger Énée, en le dérobant à la vue d'Achille, qui s'apprêtait à le tuer.

Dieu des Tremblements de terre et dieu l'Élément liquide, dont la représentation la plus impressionnante est la mer dans son immensité et sa puissance sauvage, Poséidon réside aux fonds des eaux. Parfois, il sort de son palais sur un char attelé de chevaux aux couleurs d'algues et d'écume, pour diriger les mouvements des flots, apaiser ou susciter des tempêtes, en frappant la mer de son trident ou en hurlant des ordres de son énorme et profonde voix. Les marins le vénèrent et l'implorent afin d'obtenir une bonne traversée. Son pouvoir s'étend non seulement sur l'élément marin, mais aussi sur les eaux douces et les Nymphes ; ainsi, il concourt, en dissipant l'humidité, à la fertilité des champs, et il est souvent considéré comme une divinité agraire.

Voir aussi :

Agamemnon
Ajax
Aphrodite
Hadès
Héphaïstos
Héraclès
Hestia
Hippolyte
Minos
Minotaure
Orion
Thétis
Thésée
Ulysse
Zeus

Priam

Ce roi des Minyens s'appelait primitivement Podarcès, c'est-à-dire "pieds légers". Il était le fils de Laomédon tué par Héraclès pour avoir refusé le prix convenu en échange de la délivrance de sa fille Hésioné. Épargné parce qu'il avait été le seul à soutenir Héraclès contre son père, il fut racheté par sa soeur et prit alors pour nom Priam, "celui qui a été vendu". Il monta sur le trône de Troie, épousa Arisbé puis, en secondes noces, Hécube. Selon Homère, il fut le père de nombreux enfants qui, presque tous, jouèrent un rôle éminent au cours de la guerre de Troie : Hector, Pâris, Déiphobos, Polyxène, Pammon, Politès, Antiphos, Hipponoos, Polydoros, Troïlos, Cassandre, Créüse, Laodicé, Hélénos, qu'il vit périr à peu près tous. Tout jeune encore, Priam soutint les Phrygiens dans un combat contre les Amazones ; mais il était d'un âge avancé lorsque éclata la guerre de Troie, et l'Illiade raconte qu'il ne prit pas une part active à la guerre. Il consentait à présider les conseils ; mais seul Hector décidait du déroulement des opérations.

Il a, en fait, un rôle pathétique à la fin de l'Illiade, au moment où il supplie Achille de lui rendre le corps de son fils Hector. La douleur d'un père et l'émotion du vainqueur ennemi, l'une et l'autre confondues dans les mêmes et fatals malheurs de la guerre, donnent au texte de l'Illiade et au personnage de Priam un puissant relief. Lorsque Troie fut envahi par les Grecs, le roi se réfugia avec Hécube au fond de son palais et enserra l'autel de Zeus. Mais le dieu suprême ne pouvait rien faire en faveur du malheureux souverain, qui fut égorgé par Néoptolème.

Voir aussi :

Agamemnon
Ajax
Énée
Hermès
Ménélas
Polymestor
Ulysse

Prométhée

Fils du Titan Japet et de Clyméné, frère d'Atlas, de Ménoétios et d'Épiméthée, Prométhée était un Géant dont Zeus redoutait la puissance. Prophète, inventeur, il créa d'un bloc d'argile mêlé d'eau le premier homme. Ne voulant pas laisser sa créature démunie de tout, il alla dérober au char du Soleil une étincelle qu'il cacha dans la tige d'une férule, et, de retour sur la Terre, il offrit cette source de feu divin aux hommes qui, durant son absence, s'étaient multipliés. Non content de ce premier exploit et de ce injure faite à la puissance souveraine de Zeus, il en imagina un second. Il tua et dépeça un taureau. D'un côté, il étala la chair, la moelle, les entrailles, qu'il recouvrit de la peau de la bête ; de l'autre, il posa les os, sur lesquels il plaça la graisse de l'animal. Prométhée offrit alors à Zeus de s'attribuer l'une des deux parts, l'autre allant aux hommes. Zeus, attiré par la blancheur de la graisse, choisit celle qui ne refermait que les os. Ayant été ainsi joué, Zeus décida de se venger des mortels et de Prométhée. Aux premiers, il envoya Pandore, belle jeune femme créée par Héphaïstos, qui répandit tous les malheurs sur la Terre, en ouvrant sa fameuse boîte. Au second, il dépêcha Héphaïstos : Prométhée fut enchaîné par le dieu sur le plus haut sommet du mont Caucase, où, chaque jour, pendant des siècles, un aigle vint ronger le foie sans cesse renaissant du malheureux. Pour avoir averti Zeus de ne pas épouser Thétis, si le dieu ne voulait pas avoir un fils qui le détrônerait, Prométhée eut droit à la clémence de son maître. Héraclès tua le rapace, d'une de ses flèches et délivra le Géant. Cependant, Zeus lui imposa l'obligation de toujours porter au doigt un anneau de fer attaché à un petit morceau de roche. Par la suite, Prométhée acquit l'immortalité que lui céda Chiron.

Voir aussi :

Les Centaures
Échidna

Psyché

Dans les Métamorphoses, Apulée raconte Psyché était la plus jeune et la plus belle des trois filles d'un roi. Tous les sujets de son royaume se pressaient autour d'elle pour l'admirer, et il lui rendaient même un culte, oubliant les marques de dévotion qu'ils devaient à Aphrodite. La déesse de l'Amour en conçut alors une jalousie vengeresse et appela son fils Éros à son aide, lui demandant d'inspirer à Psyché de l'amour pour le plus laid et le plus méprisable des hommes. Éros banda son arc et s'envola vers la jeune fille. Mais il fut tellement frappé par sa beauté qu'il s'éprit d'elle et n'exécuta pas les ordres de sa divine mère. Tandis que les deux soeurs de Psyché épousaient de riches personnages, la belle jeune fille ne se décidait pour aucun de ses prétendants.

Fort soucieux, le roi son père consulta l'oracle d'Apollon, qui lui ordonna de vêtir sa fille en noir et de l'accompagner du haut d'une colline, où un serpent hideux viendrait s'unir à elle. Malgré son désespoir, le roi exécuta les ordres des Dieux et abandonna Psyché. Alors s'éleva un doux vent, et le souffle de Zéphyre transporta la jeune fille dans les airs pour la déposer saine et sauve sur une moelleuse prairie odoriférante, où elle s'endormit.

Le lendemain, lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle se trouvait dans le jardin enchanté d'un palais d'or et d'argent incrusté de pierreries. Elle s'approcha, inquiète et curieuse, de la demeure inconnue et entendit le son d'une voie, qui l'invitait à pénétrer dans la riche demeure ; elle poussa la porte et trouva dans des salles luxueuses un bain tout préparé, un dîner et un lit somptueux, où elle s'étendit au commencement de la nuit. Elle se rendit compte, peu après, d'une présence à ses côtés, et elle crut que c'était le mari dont lui avait parlé l'oracle. Cet époux amoureux et tendre demanda à Psyché de ne pas tenter de le regarder. La jeune femme, en outre, obtint bientôt la permission de regagner quelques jours ses foyers et de revoir ses parents. Mais ses soeurs, jalouse de le voir si heureuse, tentèrent d'insinuer le doute dans son coeur et lui déclarèrent que, dans les ténèbres de la Nuit, elle devait certainement s'unir à un monstre.

Bouleversée, Psyché, dès la nuit qui suivit son retour dans le palais, s'approcha de son époux endormi et l'éclaira d'une lampe. Au lieu d'un monstre, elle distingua Éros, le plus beau et le plus aimable des dieux ; éblouie, elle avança la lampe plus près encore, et une goutte d'huile bouillante tomba alors sur l'épaule de son divin époux. Celui-ci s'éveilla en sursaut, reprocha à Psyché sa méfiance et disparut. Folle de douleur, l'infortunée erra à sa recherche et s'adressa finalement à Aphrodite. La déesse, trop heureuse de se venger, retint Psyché à son service comme esclave et lui imposa des travaux rudes et humiliants. Mais aucune tâche ne semblait impossible à la jeune femme, tant son amour lui donnait du courage et de la persévérance. Avec l'aide des fourmis, elle tria des graines de toutes espèces qu'Aphrodite avait mélangées. Elle rapporta la laine d'or de moutons féroces ; grâce au concours d'un aigle, elle put puiser l'eau de la source du Styx, réputée inaccessible, amadouer Cerbère et parvenir jusqu'au trône de Perséphone, au plus profond des Enfers, pour apporter à Aphrodite un peu de la beauté de la reine des Ombres. Cependant, le curiosité devait la perdre une seconde fois. Elle ouvrit une boîte que lui avait remise Perséphone et sombra dans un profond sommeil.

Pendant ce temps, enfermé dans le palais de sa mère, Éros mourait d'amour pour la belle Psyché, jusqu'au jour où il réussit à s'envoler par une des fenêtres de la demeure, et, lorsqu'il eut retrouvé son épouse endormie, il l'éveilla d'une légère piqûre de ses flèches. Devant tant d'amour, Aphrodite ne resta point sensible. Hermès ravit Psyché à la Terre et la déposa dans le palais des dieux, où elle but l'ambroisie et le nectar, qui lui conférèrent l'immortalité.

Ainsi, pour toujours, elle put rester unie à l'Amour. Le sens du conte est claire : Psyché est le symbole de l'âme humaine purifiée par les passions et les malheurs, et préparée à jouir, dans l'amour, d'une félicité éternelle.

Le Sphinx

Le monstre, qu'on peut ranger au nombre des divinités infernales, possédait toutes les caractéristiques de la race dont il était issu. De sa mère Échidna, il avait hérité le visage et le poitrine d'une femme, de son père Typhon (on le disait aussi fils d'Orthros, le chien de Géryon), une queue de dragon, de sa soeur Chimère, un corps de lion. Ses ailes étaient pareilles à celles des Harpyes, ses autres soeurs. Le Sphinx avait été envoyé en Boétie, non loin de Thèbes, pour punir cette cité du roi Laïos, père d'Oedipe, lequel avait aimé Chryssipos d'une passion contre nature. Installé sur une roche, le monstre posait une question aux voyageurs qui passaient. Ceux qui n'arrivaient pas à résoudre ses énigmes étaient immédiatement tués et dévorés. Oedipe résolut d'affronter le Sphinx, qui lui donna à résoudre l'énigme suivante :
"Quel est l'animal qui a quatre pieds le matin, deux à midi et trois le soir ? -- L'homme, répondit Oedipe : dans son enfance il se traîne sur ses pieds et ses mains, à l'âge adulte il se tient debout, il s'aide d'un bâton dans sa vieillesse."
Se voyant joué, le Sphinx se précipita du haut de son rocher et se tua.

Télégonos

Ce héros naquit de l'union de Circé et d'Ulysse lorsque ce dernier, sur le chemin du retour, s'arrêta chez la magicienne. Élevé par sa mère et instruit de sa naissance, Télégonos partit pour Ithaque avec quelques compagnons, afin de se faire reconnaître par de son père. Arrivés dans le royaume d'Ulysse, il s'empara des troupeaux du roi. Les Ithaciens et leur chef combattirent les pillards, et Télégonos, ignorant à qui il avait affaire, perça son père d'un javelot aux épines de raie ; ainsi s'accomplissait l'oracle qui avait dit que qu'Ulysse périrait de la mer et de la main de son fils.

S'apercevant de sa méprise et de son crime involontaire, Télégonos pleura amèrement sur le corps de son père. Puis il porta la dépouille d'Ulysse à Circé, qui lui rendit les honneurs funèbres. Plus tard, il épousa Pénélope, dont il eut Italos, le roi éponyme de l'Italie.

Télémaque

Quand son père Ulysse partit pour Troie, Télémaque resta seul à Ithaque avec sa mère Pénélope. Mais comme l'absence de son père se prolongeait, les prétendants à la main de Pénélope affluèrent dans le palais, y exerçant d'odieux pillages. Télémaque, révolté, mais heureusement conseillé par Mentor et surtout par la déesse Athéna, partit à la recherche d'Ulysse. Il fut reçu par Nestor, qui chargea son propre fils de le conduire de Pylos à Sparte, où Ménélas l'accueillit. Mais il ne put rien apprendre à ses hôtes et reprit, le coeur lourd, le chemin d'Ithaque. Il y retrouva à sa grande joie son père, arrivé quelques jours avant lui, et qui avait reçu l'hospitalité du berger Eumée. Ensemble, ils préparèrent le massacre dans lequel devaient périr tous les prétendants de Pénélope.

Les traditions accordent alors Télémaque différentes épouses, soit Cassiphoné, fille d'Ulysse et de Circé, soit Circé elle-même ou Nausicca, la fille d'Alcinoos, roi des Phéaciens.

Thésée

L'un des plus grands héros grecs de l'Attique, Thésée était considéré par les Athéniens comme un personnage historique. Il est un fait qu'il joue son rôle dans la plupart des légendes, et un proverbe laconique cours dans la cité d'Athènes : "Rien sans Thésée". Suivant la tradition la plus communément admise, il est simplement le fils d'Aethra et d'Egée, roi d'Athènes ; mais on disait aussi que sa force prodigieuse ne pouvait lui avoir été conférée que par un dieu et que Poséidon était son père.

Élevé par sa mère chez son grand-père Pitthée, à Trézène, il ignora tout sur sa naissance. Égée avait en effet quitté Aethra en lui ordonnant de ne rien révéler à l'enfant qui allait naître tant que ce dernier ne serait pas capable de soulever le rocher sous lequel il avait placé ses sandales et son épée. Thésée grandit donc sans savoir qu'il était le fils d'un roi, mais fit preuve, dès son plus jeune âge, d'un courage et d'un sang-froid remarquables : Héraclès qui était venu se reposer à la cour de Pitthée, jeta négligemment à terre la peau de lion dont il se vêtait ; aussitôt, tous les serviteurs et les familiers du roi s'enfuirent affolés ; seul Thésée resta à sa place, et, tirant son épée, il s'apprêta à pourfendre le lion.

Lorsqu'il eut seize ans, Aethra le conduisit près du rocher, le jeune héros le souleva et découvrit les deux trophées cachés là par Égée. Il décida de rejoindre aussitôt son père. Mais comme la région qu'il devait parcourir était infestée de monstres et de bandits, sa mère et son grand-père lui recommandèrent de prendre la route de la mer. Thésée passa outre à ces conseils de prudence et prit le chemin d'Athènes par la voie de la terre, décidé à prouver à tous les habitants de l'Attique qu'il était véritablement le fils d'un roi. Il tua successivement Périphétès, Sciron, Sinis, une truie énorme qui désolait la contrée, Procuste, Cercyon, et, avant d'entrer dans Athènes, il se purifia de toutes les souillures de ces meurtres dans les eaux du Céphise.

Athènes était alors toujours gouverné par Égée, mais, en fait, le pouvoir réel était tout entier entre les mains de la magicienne Médée, qui avait épousé le roi et inspirait ses décisions. Médée comprit aussitôt qui était Thésée et décida Égée à empoisonner cet étranger, capable d'usurper le trône. Reçu avec d'hypocrites honneurs, Thésée put, au cours du repas, se faire reconnaître de son père de son père en tirant son épée pour découper un morceau de viande. Redevenu un roi dans toute sa puissance, parce qu'il sentait la pérennité du pouvoir enfin assurée, Égée répudia Médée et la chassa de son palais. Cependant, les Pallantides, les fils de Pallas, frère d'Égée, qui avaient cru que le roi n'aurait jamais de prospérité et qui avaient espéré régner un jour sur Athènes, conspirèrent pour abattre Thésée. Le héros réussit à les vaincre et à les massacrer tous. Il fut bannit de la ville pour ces crimes pendant une année.

Mais Athènes avait trop besoin Thésée pour la délivrer de l'effroyable tribut que lui imposait le roi de Crète Minos : sept jeunes gens et sept jeunes filles devaient, tous les sept ans, être envoyés dans l'île pour y être dévorés par le Minotaure. Thésée proposa immédiatement de délivrer sa patrie de cet impôt sanglant, et il s'embarqua avec les victimes. Parvenu en Crète, il séduisit Ariane, une des filles de Minos, et la jeune fille lui donna une pelote de fil grâce à laquelle le héros réussit à trouver son chemin dans le Labyrinthe, demeure du Minotaure, et put ainsi tuer à coups de poings le monstre endormi. Après avoir accompli cet exploit, qui devait lui valoir la reconnaissance de tout le peuple athénien, il enleva Ariane et reprit la route pour Athènes. Mais sur le chemin du retour, il abandonna Ariane dans l'île de Naxos, sans doute par ordre de Dionysos, qui désirait épouser le jeune femme. Attristé par cette séparation, mais fier de ses exploits, Thésée oublia de hisser la voile blanche comme son père le lui avait ordonné avant son départ. Égée scrutant la côte, aperçut les voiles noires du bateau et crut que son fils avait péri , de désespoir, il se précipita dans la mer qui porte à présent son nom.

Devenu roi, Thésée eut un rôle politique immense et bienfaisant. En réunissant les différentes bourgades, il assura l'unité de la cité. Il instaura de grandes fêtes : les Panathénées, et créa les jeux Isthmiques en l'honneur de Poséidon. Il institua un gouvernement stable et promulgua les lois sociales peu favorables aux riches et aux nobles. Mais le temps de ses prouesses n'était pas terminé. En compagnie de Pirithoos, roi des Lapithes, un de ses plus fidèles amis, il accompagna les Argonautes dans leur conquête de la Toison d'or, participa à la chasse du sanglier de Calydon et mit son ingéniosité au service des Sept Chefs en aidant Adraste à recouvrer les corps des héros morts à Thèbes. On retrouve cette humanité du héros dans la bienfaisante hospitalité qu'il accorda à Oedipe banni de son pays. Mais, de toutes ses aventures, la plus célèbre demeure celle qu'il opposa aux Amazones ; il réussit à leur enlever leur reine Antiope, malgré le siège qu'infligèrent à Athènes ces femmes guerrières et cruelles. De cette union devait naître Hippolyte. Après la mort d'Antiope, Thésée épousa Phèdre, qui lui donna deux fils, Acamas et Démophon.

Avec Pirithoos, il partit pour le royaume des Ombres afin de s'emparer de Perséphone. Sur la Terre, dans la cité abandonné par son roi, les intrigues se multiplièrent ; les nobles étaient irrités par les réformes démocratiques que Thésée avait imposées à la cité ; ils appelèrent les Dioscures à leur aide. Ceux-ci accoururent pour délivrer leur soeur Hélène, enlevée par Thésée et gardée par Acthra, ensuite pour placer Ménesthée sur le trône d'Athènes. Aux Enfers, pendant ce temps, Thésée et Pirithoos étaient accueillis avec une bienveillance feinte par Hadès et Perséphone, qui les invitèrent à s'asseoir à leur table. Ils ne purent se relever de leur siège, appelé "Chaise de l'oubli", parce qu'on y perdait la mémoire. Pirithoos devait rester fixer éternellement, tandis que Thésée, après de longs mois d'attente, était délivré par Héraclès. Mais l'état dans lequel il retrouva son royaume, après une si longue absence, l'incita à s'expatrier et à se retirer à Scyros chez le roi Lycomède, qui, après lui avoir manifesté des marques d'amitié, l'assassina traîtreusement. Une fois, pourtant, Thésée quitta le domaine de la mythologie pour entrer dans celui de l'histoire : les Athéniens affirmèrent l'avoir vu lors de la bataille de Marathon (490 av. J.-C.).

Voir aussi :

Dédale
Laodicé

Thétis

Fille de Nérée et de Doris, Thétis est sans doute la plus célèbre des Néréides. Elle se signala dès son plus jeune âge par sa douceur et son sens de l'hospitalité. Elle accueillit Héphaïstos, précipité du haut de l'Olympe par Zeus courroucé. Elle n'accepta pas d'épouser Zeus, car elle ne voulait pas affliger Héra, qui avait été sa nourrice. Mais on dit aussi, à ce propos, que Poséidon et Zeus délaissèrent Thétis quand ils apprirent de Thémis que la Néréide donnerait jour à un fils plus puissant que son père. Pélée, un mortel, put ainsi épouser la divinité marine, qui, pour lui échapper, avait pris toutes les formes possibles, mais qui, finalement, avait dû se soumettre. Les noces de Thétis et de Pélée furent honorées par la présence de tous les dieux, qui apportèrent un cadeau. Mais la déesse Discorde, qui n'ait pas été conviée, jeta dans la joyeuse assemblée sa fameuse pomme, origine de nombreux maux. De Pélée, Thétis eut un fils, le grand Troie et le cacha à la cour de Lycomède, roi de Scyros. Elle voulut également lui éviter des coups mortels en lui offrant une armure forgée par Héphaïstos. Elle lui conseilla enfin de ne pas combattre, mais en vain. Son fils mort, elle reporta toute son affection sur Néoptolème, son petit-fils, et lui sauva la vie en lui demandant de ne pas regagner tout de suite sa patrie après le chute de Troie. Ainsi, Néoptolème échappa à la grande tempête qui détruisit la flotte grecque.

Voir aussi :

Dionysos
Prométhée
Pâris

Troie

Capitale de la Troade, territoire situé à l'entrée de l'Hellespont, sur la côte d'Asie Mineure, Troie est célébrée par Homère tout au long de l'Illiade. Son origine légendaire est diversement contée. Cependant, la tradition la plus comme veut que la ville ait été fondée par Ilos, fils de Tros, et qu'elle ait pris, en l'honneur de ces deux héros, le nom d'Ilion, puis celui de Troie. Le dernier roi de la ville fut Priam, fils de Laomédon. C'est sous son règne que les Grecs assiégèrent la ville pendant dix ans, l'incendièrent et la pillèrent jusqu'à la destruction totale.

A partir du XIX° siècle, les savants et les archéologues ont entrepris de fouilles sur la colline d'Hissarlik pour tenter la réalité historique de l'existence de Troie. On a ainsi trouvé les restes superposés de neufs villes, et, à la couche VII A, correspondait la cité de Priam, où l'on pouvait relever des traces d'incendie. Aussi, on ne conteste plus de nos jours qu'il ne se soit produit, vers la fin du XIII° siècle avant Jésus-Christ, un conflit entre des envahisseurs grecs et les indigènes du pays de Troade. La ville aurait finalement été détruite par un tremblement de terre.

Voir aussi :

Achille
Agamemnon
Ajax
Amphilochos
Aphrodite
Arès
Asclépios
Athéna
Calchas
Cassandre
Créüse
Déiphobos
Diomède
Électre
Énée
Glaucos
Hector
Hécube
Hélène
Hélénos
Héraclès
Iphigénie
Laodicé
Machaon
Ménélas
Mopsos
Nestor
Pâris
Patrocle
Pénélope
Philoctète
Podalirios
Polydoros
Polymestor
Polyxène
Poséidon
Télémaque
Thétis
Troïlos
Ulysse

Troïlos

Fils de Priam et d'Hécube, Troïlos passe pour avoir été engendré par Apollon. Un oracle ayant déclaré que Troie ne tomberait pas aux mains des Grecs si Troïlos atteignait l'âge de vingt ans, Achille, pour déjouer la prédiction, tua le héros troyen. Cependant, les circonstances de sa mort diffèrent selon les versions. La plus connue affirme qu'Achille, amoureux, demanda à Troïlos de céder à ses avances. Celui-ci s'enfuit pour se réfugier dans le sanctuaire d'Apollon Thymbréen. Achille, courroucé, passant outre aux lois sacrées, l'aurait alors tué sur l'autel du dieu.

Tyndare

Selon la tradition la plus commune, Tyndare est le fils d'Oebalos et de Gorgophoné ; cette dernière était née de l'union de Persée et d'Andromède. A la mort de son père, Hippocoon s'empara du royaume de Sparte et chassa ses deux frères Icarios et Tyndare. Tyndare trouva refuge chez le roi Thestios d'Etolie, dont il épousa la fille, Léda. Il put recouvrir par la suite son royaume avec l'aide d'Héraclès.

La célébrité de Tyndare trouve son origine dans sa descendance, les Tyndarides, parmi lesquels on peut citer les Dioscures, Hélène, Clytemnestre, tout en faisant la part de la paternité de Zeus, qui s'unit à Léda sous la forme d'un cygne. Ménélas devint son gendre et épousa Hélène, et il succéda à Tyndare sur le trône de Sparte. La fin du roi reste mystérieuse ; on dit qu'il compte au nombre des Grecs qui furent ressuscités par Asclépios et divinisés.

Voir aussi :

Agamemnon
Castor
Pénélope

Typhon

Afin de se venger ses petits-fils, les Titans, emprisonnés dans les Enfers sur l'ordre de Zeus, leur vainqueur, Gaia donna naissance à un monstre effrayant, au corps couvert d'écailles, et dont les cent gueules vomissaient du feu. Typhon s'attaqua aux dieux de l'Olympe. Il s'ensuivit l'ultime lutte entre les cieux et la Terre, entre les dieux de la Lumière et les sombres principes enfantés par les entrailles de la Terre. Dans se combat, on peut voir aussi l'image symbolique d'un cataclysme volcanique qui aurait ravagé les Cyclades, laissant aux hommes un souvenir d'effroi. Enfin, vaincu, Typhon, dernière force anarchique soulevée contre la loi, l'ordre de Zeus et des Olympiens, fut précipité, lui aussi, au fond des Enfers : il y rejoignit les Titans. Cependant; il avait eu le temps de s'accoupler avec Échidna. Celle-ci enfanta de ses oeuvres toutes une suite de monstres plus affreux les uns que les autres : Cerbère, l'Hydre de Lerne, la Chimère, le Sphinx, les Harpyes et le plupart des divinités malfaisantes du monde souterrain.

Une autre tradition lui attribut pour mère non pas Gaia, mais Héra, prompte à se venger de Zeus, qui, sans son concours, avait engendré Athéna. Après maintes poursuites mouvementées, Typhon fut finalement foudroyé par Zeus et enseveli sous le mont Etna, par le cratère duquel il vomit encore des flammes.

Voir aussi :

Héraclès

Ulysse

Le plus célèbre héros grec de l'Antiquité, avec Héraclès, Ulysse naquit dans l'île d'Ithaque, dont son père Laërte, époux d'Anticlée, était le roi. Des traditions postérieures prétendent que Sisyphe, en visite dans l'île, se serait lié à Anticlée, alors fiancée à Laërte, et aurait engendré Ulysse. Par sa mère, Ulysse descendait d'Autolycos, fils d'Hermès. Le héros était donc de race divine.

Dans son enfance et sa jeunesse, Ulysse fit de nombreux voyages et se rendit en particulier chez son aïeul Autolycos, qui l'invita à participer à une chasse au sanglier sur le mont Parnasse. Blessé par une défense d'une des bêtes, Ulysse gardera au genoux une cicatrice qui lui permettra, des années plus tard, de se faire reconnaître de son épouse. Reçu ensuite à la cour d'Iphitos, il acquit le précieux arc d'Eurytos, qui lançait des flèches imparables.

Ayant atteint l'âge adulte, il remplaça son père trop âgé sur le trône d'Ithaque et chercha une épouse. Il jeta, comme beaucoup d'autres héros de la Grèce, son dévolu sur Hélène, la fille du roi Tyndare, dont la beauté et la grâce avaient fait le tour du pays. Habilement, il fit jurer à tous les prétendants de venger tout outrage qui pourrait un jour être fait au futur époux ou à Hélène, pensant ainsi s'attirer la faveur de Tyndare. La jeune fille ayant choisi Ménélas, roi de Sparte, Ulysse reçut en consolation la sage Pénélope, fille du roi Icarios. De cette union naquit un fils unique, Télémaque.

Peu après cette naissance survint le rapt d'Hélène par Pâris, fils de Priam, roi de Troie. Aussitôt, Ménélas réunit tous les anciens prétendants de sa femme et leur rappela leur serment, les conjurant d'y rester fidèles ; les héros acceptèrent de tenir leur promesse et se concertèrent alors pour lever une armée, afin d'envoyer une expédition punitive contre la ville de Troie. Ulysse, qui aimait la paix, simula une folie pour échapper à son enrôlement dans l'armée des Grecs. Il laboura le sable de la mer et sema du sel. Mais Palamède, qui était venu le trouver pour le convaincre de partir avec lui, plaça le petit Télémaque devant la charrue de son père, qui souleva aussitôt le soc de son outil et détourna ses bêtes, montrant bien par ses gestes qu'il avait conservé tous ses esprits ; Ulysse dut quitter sa chère patrie. Il fut alors envoyé avec Ménélas en ambassade à Troie pour réclamer pacifiquement Hélène. Mais sa mission demeura sans résultat.

En revanche, il réussit à décider Achille, réfugié dans le gynécée du roi Lycomède à Scyros, à rejoindre les Grecs, car un oracle avait prédît que le concours de ce héros était indispensable à une sûre victoire des Grecs.

A la tête d'une flotte de douze vaisseaux, Ulysse gagna Troie et se montra d'un courage et d'une vaillance remarquables, tuant en particulier de nombreux héros troyens. Pourtant, il sut garder en toutes circonstances son sang-froid et se révéla surtout au cours de la guerre comme un habile et prudent diplomate, cherchant à tout prix à maintenir l'union entre les Grecs à force de persuasion, de discours de missions secrètes, d'espionnage et de ruses. C'est ainsi qu'on le vit se glisser, avec son inséparable compagnon Diomède, dans la ville et y ravir le Palladion, statue protectrice de la cité. Une autre fois, il réussit à s'emparer des cavales de Rhésos avant qu'elles n'aient bu l'eau de Xanthe (Scamandre), ce qui, selon une prophétie, leur aurait donné des forces surnaturelles propres à assurer une victoire aux Troyens. Il put aussi, grâce au silence voulu d'Hécube, pénétrer dans le palais du roi de Troie et inciter Hélène à trahir les Troyens.

Cependant, malgré les années, Ulysse n'avait jamais pardonné à Palamède, qui l'avait forcé à quitter son royaume, Pénélope et son fils. Il accusa donc Palamède de trahison, affirmant que le héros correspondait secrètement avec les Troyens et recevait en échange de l'argent. On découvrit, en effet, des lettres et des pièces de monnaie qui avaient été contrefaites par Ulysse et placées dans la tente de Palamède pour le perdre. Palamède périt lapidé par les Grecs en colère.

Ulysse participa par la suite à de nombreux autres épisodes de la guerre de Troie ; à la mort d'Achille, il s'adjugea les armes du héros après les avoir disputées à Ajax, et il fit partie ensuite au corps des Grecs qui s'introduisit dans le flanc creux du cheval de Troie. Une fois la ville prise et saccagée, Ulysse reçut Hécube, la veuve de Priam, en partage et lui jeta, dit-on, la première pierre, lorsque la malheureuse fut lapidée pour avoir tué le roi Polymestor.

Après l'Illiade, Homère nous raconte dans l'Odyssée, le retour long et mouvementé d'Ulysse vers sa patrie, et les aventures et les périls que le héros eut à affronter. Il quitta donc Troie saccagée et fut rejeté par une tempête sur les côtes du pays des cruels Cicones, en Thrace, puis, sans cesse ballotté par des vents contraires et des flots capricieux, il aborda chez les Lotophages de Libye, qui se nourrissait de lotus, la plante qui fait tout oublier. Ulysse eut tout le mal à arracher ses compagnons à cette terre de perdition et reprit enfin la mer vers le Sicile, le pays des Cyclopes.

L'un de ces monstres à l'oeil unique, Polyphème, dévora la moitié de ses compagnons, mais le héros réussit à lui crever son oeil et à s'échapper à grand-peine avec le reste des marins. Poséidon, qui était le père de Polyphème, décida de venger son fils et suscita dès lors de monstrueuses tempêtes pour mener les navires d'Ulysse à leur perte.

Ayant abordé au nord de la Sicile, Ulysse fut recueilli favorablement par le roi Éole, qui lui remit une outre refermant tous les vents dont il avait la charge. Les compagnons d'Ulysse pensèrent qu'elle renfermait des trésors ou du vin ; ils l'ouvrirent et déchaînèrent la plus formidable des tempêtes qu'on ait jamais vues. Le navire des infortunés navigateurs non loin de l'île des Lestrygons, peuple cannibale auquel Ulysse put échapper non sans que le roi de ce peuplade, Antiphatès, n'ait dévoré l'un de ses compagnons.

Le héros jeta enfin l'ancre dans l'île d'Aea, où le reçut Circé, qui métamorphosa tous les marins en pourceaux ; mais bientôt la magicienne leur rendit leur forme première. Ulysse resta quelques mois en compagnie de l'enchanteresse, qui lui donna un fils, Télégonos.

Le héros débarqua ensuite dans le pays des Cimmériens, en ces régions où coule l'Océan qui marque les limites de la Terre, et pénétra dans l'Hadès, afin de consulter le devin Tirésias sur la route la plus favorable pour regagner Ithaque. Le devin affirma qu'il aborderait dans sa patrie, seul et démuni de tout ; qu'il devrait tuer tous les prétendants de Pénélope. Après avoir croisé les âmes des grands héros morts et l'ombre de sa mère Anticlée, Ulysse sortit des Enfers et reprit le mer.

Il évita les Sirènes en bouchant les oreilles de ses compagnons avec de la cire et en se faisant attacher au grand mât car il voulait entendre leur musique magique. Puis son vaisseau put s'écarter des roches Splymgades, Charybde et Scylla. Abordant sur les côtes de l'île de Thrinacie, les navigateurs affamés commirent l'imprudence de dévorer des boeufs consacrés à Hélios. Zeus foudroya tous les impies et détruisit les navires dans une tempête.

Seul Ulysse fut épargné et réussit à s'échouer sur un radeau de planches dans une des Cyclades, l'île d'Ogygie, où, par amour, la nymphe Calypso le retint prisonnier pendant huit ans jusqu'au jour où, sur l'ordre des Dieux, elle dut rendre la liberté à Ulysse, qui repartit sur les flots, essuya encore bien des tempêtes, et la mer, finalement, le rejeta, nu et évanoui, sur le rivage de l'île des Phéaciens.

Nausicaa, la fille d'Alcinoos, roi de l'île, le découvrit. Lavé, restauré, il put enfin, et pour la dernière fois, gagner la haute mer sur un vaisseau que lui avait prêté son hôte. Il jeta enfin l'ancre sur les côtes de l'île d'Ithaque, après vingt ans d'absence. Déguisé en mendiant, il se rendit chez Eumée, son porcher, et se fit reconnaître, puis il retrouva son fils Télémaque, gagna son palais occupe par ses prétendants, qui affirmaient qu'Ulysse était mort et poussaient Pénélope à choisir l'un d'eux pour époux. Il eut une querelle avec Iros, un mendiant dévoué aux prétendants, et l'abattit ; puis il alla trouver Pénélope et, sans se faire reconnaître, accueillit avec joie la proposition qu'elle fit de prendre pour époux celui qui serait capable de tendre l'arc d'Ulysse. Aucun des hommes n'y parvint ; seul Ulysse put tirer et commença, aidé de Télémaque, à massacrer les prétendants et les servantes qui s'étaient prostituées. Puis il se fit reconnaître de Pénélope.

Grâce à Athéna, les parents des prétendants massacrés, qui avaient pris les armes et voulaient se venger, s'apaisèrent, et le royaume d'Ithaque retrouva enfin le calme. Selon d'autres versions, Ulysse aurait été tué quelques temps après par Télégonos, qui ignorait qu'Ulysse était son père et l'avait percé d'un javelot fait d'une aiguille de raie. Ainsi s'accomplissait une prophétie suivant laquelle le héros devait périr de la main de son fils et par la mer.

Rusé, habile et ingénieux, sachant éviter tous les dangers par son courage et son éloquence, merveilleux dompteur de la mer déchaînée, Ulysse était le héros type dans lequel tous les Grecs aimaient à se reconnaître.

Voir aussi :

Chiron
Hélénos
Philoctète

Zétès

Ce Boréade, fils de Borée et d'Orithye, participa avec son frère Calaïs à l'expédition des Argonautes, délivra ses neveux persécutés par leur belle-mère Idaea, et débarrassa Phinée des Harpyes, qui le tourmentaient.

Comme son frère, il fut tué soit par les Harpyes, qu'ils avaient pourchassées, soit par Héraclès.

Zéthos

Fils de Zeus et d'Antiope, Zéthos, dont la légende est inséparable de celle de son frère jumeau Amphion, fut abandonné sur le mont Cithéron et réussit, par la suite, à venger sa mère persécutée par Dircé, épouse de Lycos.

Tandis qu'Amphion épousait Niobé, Zéthos se mariait avec Thébé, l'héroïne éponyme de Thèbes. Mais tous leurs enfants, sauf deux, furent tués par Apollon et Artémis, dont ils avaient insulté la mère Léto.

Voir aussi :

Les Argonautes

Zeus

Celui qui s'assura la prééminence sur tous les Dieux de la mythologie ne fut à l'origine qu'un dieu un peu plus redoutable que les autres. Seuls des siècles d'histoire, de mythes et de traditions diverses le consacrèrent premier des dieux. Adorant des dieux multiples, s'ignorant souvent les un des autres, les peuples des cités grecques, séparés autant par les destinées géographiques que par les incertitudes de l'histoire, n'eurent que fort tard le sens de l'unité divine indispensable à l'élaboration d'une hiérarchie entre les dieux, au sommet de laquelle Zeus finit par s'imposer.

A l'origine, Zeus était le dieu des phénomènes atmosphériques, celui qui éclaire le ciel, le couvre de nuages, dispense sur la terre pluie et neige, lance des éclairs et fait rouler le tonnerre (on disait même, en une contraction tout à fait significative: "Zeus pleut ou Zeus tonne" ). Pourtant, dans un pays comme la Grèce, où l'agriculture prédomine, ce pouvoir étroit d'un dieu sur des éléments incontrôlés, dispensateurs des fléaux ou de la fertilité, prenait déjà une importante de tout premier plan. avec Homère, puis Hésiode, Zeus acquit peu à peu sa personnalité définitive. Homère le définit comme premier des dieux et le souverain suprême des mortels aux actions desquels il se mêle. Hésiode de son côté, contribua à accentuer la primauté de Zeus en lui accordant une généalogie et des mythes. Fils de Cronos et de Rhéa, Zeus fut sauvé de la gloutonnerie infanticide de son père par sa mère, qui le confia aux Corybantes, aux Curètes et à la chèvre Amalthée. Parvenu à l'âge adulte, il fit restituer à son père ses frères et ses soeurs, qu'ils avaient dévorés : Poséidon, Hadès, Hestia, Déméter, Héra ; puis, ayant délivré les Cyclopes et les Héchatonchires, il prit la succession de Cronos, non sans avoir soutenu une lutte effroyable contre les Géants révoltés, pour asseoir d'une manière définitive sa souveraineté sur les dieux. Zeus songea alors à assurer sa postérité : il épousa Métis, la Raison, dont il eut Athéna, Thémis, la mère des Moires, Déméter, sa soeur, mère de Perséphone, Mnémosyne, mère des Muses, Aphrodite, mère des Grâces, Léto, qui enfanta Apollon et Artémis, et enfin Héra, qui resta son épouse légitime et lui donna Hébé, Arès, Héphaïstos. Zeus eut en outre d'innombrables aventures avec les mortelles, qui mirent au monde la race des héros et des demi-dieux.

Il assurait ainsi entre les dieux et les hommes une sorte de hiérarchie dont son pouvoir tirait bénéfice. Aussi, après les fluctuations et les transformations d'une terre en pleine création, après des luttes entre les dieux primordiaux et l'anarchie qui en était la conséquence, Zeus apparut comme l'image de l'apaisement, de l'ordre, de la sagesse et de la justice. En effet, les régles qu'il élabora pour les cieux et les dieux, Zeus les établit également dans les sociétés terrestres. Les rois, désormais, gouvernèrent les cités et les peuples. Tous lui durent des comptes. Zeus put s'arroger deux titres enviés de "père des dieux" et de "père des hommes". Il fut consacré comme le dieu universel, possesseur de tous les biens célestes et terrestres. De lui tout procède : il porte des épithètes et des surnoms innombrables, qui, tous, indiquent les fonctions et les localités où il est honoré. Il trône en majesté, entouré de ses attributs ordinaires et souverains ; l'aigle, la foudre et la victoire, tel le représente la célèbre statue de Zeus Olympien de Phidias, qui lui donne pour toujours cette grandeur suprême dont il est le seul parmi les dieux et les hommes à posséder la marque.

Voir aussi :

Agamemnon
Amphion
Les Argonautes
Asclépios
Atlas
Bellérophon
Calypso
Les Centaures
Chiron
Dionysos
Les Dioscures
Électre
Énée
Eurysthée
Glaucos
Hector
Hélène
Hélios
Héraclès
Hermès
Minos
Les Nymphes
Les Oracles
Orion
Orphée
Pâris
Pégase
Persée
Phaéton
Pollux
Priam
Prométhée
Thétis
Les Titans
Tyndare
Typhon
Ulysse
Zéthos

Source : Dara Suy