La Bête de la mer universelle

par
Jean LeDuc

La Bête, le pape


Préface

La Bête universelle

Le grand dragon rouge

La vision de l'empereur Constantin

Constantin et le concile de Nicée

Les caractéristiques de la Bête universelle

Les dix cornes

  (1)  le royaume des Vandales
  (2)  le royaume des Visigoths
  (3)  le royaume des Suèves en Espagne (en Galice)
  (4)  le royaume des Alamans en France
  (5)  le royaume des Burgondes
  (6)  le royaume des Francs
  (7)  le royaume de Bretagne (ancien nom de la Grande-Bretagne)
  (8)  le royaume des Huns
  (9)  le royaume de Lombardie
(10)  le royaume de Ravenne
* La petite corne

Les sept têtes de la bête de la mer

La première tête
La deuxième tête
La troisième tête
La quatrième tête
La cinquième tête
La sixième tête
La septième tête

Le nom de blasphème

La ressemblance à un Léopard
Les pieds comme ceux d'un ours
La gueule comme celle d'un lion

Les papes de Rome

Origine Mithraïste de la papauté
Succession mystique de la Papauté
Les Conciles et la Papauté
Le Saint Siège de la Papauté
Le pouvoir et les massacres du Saint Siège
Hérésies et inventions du Catholicisme romain

Tableau chronologique des papes et états


Préface

« Et je vis monter de la mer une bête qui avait sept têtes et dix cornes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes un nom de blasphème. Et la bête que je vis ressemblait à un léopard ; ses pieds étaient comme ceux d'un ours, et sa gueule comme la gueule d'un lion. Et le dragon lui donna sa force, et son trône, et un grand pouvoir. Et je vis l'une de ses têtes comme blessée à mort ; mais cette plaie mortelle fut guérie, et toute la terre étant dans l'admiration, suivit la bête. Et on adora le dragon qui avait donné son pouvoir à la bête ; on adora aussi la bête, en disant Qui est semblable à la bête, et qui pourra combattre contre elle ? Et on lui donna une bouche qui disait de grandes choses et des blasphèmes ; et on lui donna le pouvoir de faire la guerre pendant quarante-deux mois. Et elle ouvrit la bouche pour blasphémer contre Dieu, pour blasphémer contre son nom et son tabernacle, et contre ceux qui habitent dans le ciel. Il lui fut aussi donné de faire la guerre aux saints, et de les vaincre. Et il lui fut donné puissance sur toute tribu, langue, et nation. Et tous ceux qui habitent sur la terre, dont les noms ne sont pas écrits dès la création du monde dans le livre de vie de l'Agneau qui a été immolé, l'adorèrent. Si quelqu'un a des oreilles, qu'il écoute. Si quelqu'un mène en captivité, il ira en captivité ; si quelqu'un tue avec l'épée, il faut qu'il soit tué lui-même par l'épée ; c'est ici la patience et la foi des saints. » (Apocalypse 13:1-10)

On retrouve six bêtes dans le texte de la Bible dont quatre portent des caractéristiques très similaires. Il va presque sans dire que cela amène beaucoup de confusion au niveau de l'interprétation. On doit avoué que le sujet est très complexe et demande non seulement une bonne connaissance des Écritures, mais aussi de l'histoire des peuples qui sont impliqués dans les différents aspects du symbolisme. Ajoutons que sans l'Esprit de Christ une telle compréhension est impossible. Mais regardons premièrement ces six bêtes
1) Léviathan dans le livre de Job est une bête étrange dont la description ressemble fortement à un dragon qui crache des flammes de feu de sa gueule (Job 40:20; 41:25) ;
2) la bête dans le livre de Daniel est décrite comme terrible, épouvantable et extraordinairement forte, ayant des dents de fer et dix cornes avec une petite corne en surplus qui sort d'entre elles (Daniel 7:7-8) ;
3) dans l'Apocalypse, le grand dragon de feu ayant sept têtes et dix cornes, et sept diadèmes sur ses têtes (Apocalypse 12:3) ;
4) dans l'Apocalypse, la bête qui sort de la mer ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes un nom de blasphème (Apocalypse 13:1-2) ;
5) dans l'Apocalypse, la bête qui sort de la terre ayant deux cornes semblable à celles d'un agneau et qui parle comme un dragon (Apocalypse 13:11) ;
6) dans l'Apocalypse, la bête qui sort de l'abîme ayant sept têtes et dix cornes de couleur écarlate et pleine de noms de blasphème ainsi qu'une femme assise sur elle (Apocalypse 17:1-8).

Seulement la première et la cinquième bêtes n'ont pas de ressemblances avec les quatre autres, la première n'a pas de corne et la cinquième en a seulement deux. Tous les exégètes et les théologiens sont unanimes pour dire que les quatre bêtes qui se ressemblent (2, 3, 4, 6) sont une seule et même bête, et ils interprètent leurs symbolismes dans cette optique, transposant sur l'une et l'autre les caractéristiques et les différentes significations. Mais en agissant de la sorte ils prennent des versets hors contexte pour prouver des prétextes, et font dire à la Bible ce qu'elle ne dit pas. Comme exemple, ils prennent la petite corne de la bête de Daniel (2) et la transposent à la bête de la mer (4) dans l'Apocalypse. On peut, il est vrai, se servir du symbolisme de l'une pour expliquer en partie le symbolisme de l'autre, comme par exemple « la mer » dont la bête sort dans Apocalypse 13:1 est expliquée dans Apocalypse 17:15 comme étant « des peuples, une multitude, des nations et des langues », mais on ne peut transposer disons « la femme qui est assise sur la bête » dans Apocalypse 17:3 à la bête qui sort de la mer dans Apocalypse 13:1, car elle n'y est pas mentionnée. Faire ainsi serait ajouter des paroles à la prophétie du livre de l'Apocalypse, ce qui porte une condamnation sérieuse (Apocalypse 22:18), et qui en plus porte un grand nombre à s'égarer dans un labyrinthe sans fin de commentaires irrationnels. Ainsi la confusion qui sort des nombreuses interprétations, tous plus ahurissantes l'une que l'autre. Qu'en est-il donc ? Il semblerait que ceux qui se donnent à l'interprétation de ces textes ont manqué de réaliser la possibilité que chaque bête paraît dans son contexte historique propre et ne se rapporte aucunement aux autres. Quoiqu'il puisse y avoir des similarités dans leurs descriptions grammaticales, elles ont tous au moins un élément qui n'est pas mentionné avec les autres la petite corne dans une ; la femme qui est assise dans l'autre ; une a sept diadèmes sur ses têtes et l'autre a dix diadèmes sur ses cornes ; une est dans le ciel, l'autre sort de la mer, l'autre de la terre et l'autre de l'abîme, etc. Les divergences sont assez importantes pour nous indiquer qu'il ne s'agit aucunement d'une seule et même bête, mais de plusieurs. Chacune donc doit être interprétée dans son contexte historique particulier, ce qui signifie que les éléments comme les sept têtes et les dix cornes ne signifient pas toujours la même chose et ne peuvent être interprété pareils dans tous les cas. Nous voilà donc rendu avec une nouvelle manière d'interprétation, comme si cela ne serait pas assez complexe à votre goût. Nous allons donc procéder à analyser la bête de la mer dans son propre contexte historique, sans empiéter sur le symbolisme des autres, dans la mesure du possible.

Jean leDuc



La Bête universelle

Heureusement que de tels monstres n'existent pas réellement, sauf dans l'imagination erronée de ceux qui interprètent ces textes littéralement. Mais il serait peut-être mieux qu'ils existent, car la réalité du symbolisme contenu dans la bête de la mer est plus terrifiante que de voir un de ces monstres vivre dans les eaux de nos océans. L'Apocalypse est un livre prophétique ; il semble à peine nécessaire de le dire, mais on est obligé de l'affirmer en présence des aberrations incroyables que l'explication de ce livre a fait naître. Parmi les nombreuses absurdités, on retrouve que la nation des U.S.A. (États-Unis) serait la bête de la mer, pour d'autres écervelés elle serait l'union des nations européennes ou encore un ordinateur super puissant, on ne serait même pas étonné de voir quelqu'un dire qu'elle serait un Martien ou encore un Vénusien puisque le nom de Vénus est relié à celui de Lucifer. La bête qui monte de la mer est une représentation de l'ensemble des nations non-juives sous la domination de l'empire Romain dans ses aspects politiques et religieux, le règne des Empereurs faisant place au règne des Papes dans ce contexte historique. Il serait plus juste de dire que la bête de la mer est nulle autre que le Catholicisme plutôt que l'empire Romain, puisque son contexte historique se rapporte directement au temps de l'empereur Constantin et du Concile de Nicée où fut formé l'embryon de l'Église Catholique, c'est-à-dire l'Église Universelle. L'ensemble de son symbolisme représente l'universalité ou la catholicité politique et religieuse d'un système de croyances et de traditions sous couverture chrétienne. Tandis que la bête qui monte de la terre est le symbole de la résurgence de la nation d'Israël au mois de mai 1948 jusqu'au rétablissement de la ville de Jérusalem en juillet 1967 (voir La Marque de la Bête), et la bête qui sort de l'abîme avec la femme assise sur elle représente le Sionisme en son plein pouvoir et dont la puissance provient de son autorité central situé à Jérusalem, cette ville prostituée étant la femme assise sur la bête Sioniste. Tous sans exception détiennent leur autorité et leur pouvoir du grand dragon rouge qui est l'ancienne suprématie de la loi en Israël que Christ avait abolie par son sacrifice sur la croix (Colossiens 2:14-15; Apocalypse 12:10-11). Mais la puissance de cette suprématie ayant été précipitée en terre, ayant perdu sa puissance de séduction par la loi face à l'Évangile de la grâce, elle prit différentes formes dans la souveraineté des nations et des religions qui lui succédèrent, pour accorder à l'homme la capacité de se justifier de nouveau par les oeuvres de la loi. Comme nous allons voir, l'Église Catholique Romaine occupe une grande place ici dans ce style imagé de la bête de la mer. À cause de l'universalité de sa dite orthodoxie depuis le Concile de Nicée jusqu'à nos jours, elle incorpore aussi l'Église Orthodoxe, l'Église Protestante, et même les sectes modernes Évangéliques, qui maintiennent tous des doctrines dites orthodoxes et dont le pivot est celle de la Trinité ontologique de trois personnes en Dieu. Plusieurs seront surpris d'apprendre que le terme « catholique » n'est pas réservé uniquement à l'Église Romaine, mais qu'il s'applique à toutes les églises traditionnelles ainsi qu'à la grande majorité des sectes dites Évangéliques et groupes dissidents. Dans le cadre religieux chrétien, le mot « catholique » signifie littéralement « selon le tout, universel, général, oecuménique, global, mondial ». Il désigne à la fois la volonté de confesser l'ensemble de la foi (formulée synthétiquement dans le credo ou Symbole des Apôtres, le Symbole de Nicée-Constantinople, le Symbole d'Athanase, et le Symbole de Chalcédoine), l'ouverture à la totalité de la foi, sans refuser aucun article sous l'intimidation des peines d'une damnation éternelle. L'ensemble des Églises dites chrétiennes se disent « catholiques », reconnaissant l'universalité de l'unique prétendue Église de Jésus-Christ, de même qu'elles se considèrent présomptueusement orthodoxes, puisque conformes selon elles à la « doctrine (doxa) droite (ortho) ». Mais il est évident qu'on ne peut frapper droit avec un bâton croche. L'histoire montre que les divisions apparues au sein du christianisme traditionnel manifestent les dissensions au plan de la foi que ces églises professent. La compréhension de la supposé primauté de Pierre, le statut de l'Écriture, les sacrements, l'anthropologie, l'ecclésiologie, la sotériologie, les spiritualités, les rites sont profondément affectés par des visions divergentes. Mentionnons que la première utilisation du terme « catholique » dans l'histoire remonte à Ignace d'Antioche dans sa « Lettre aux Smyrniotes » (vers 112) « Là où est le Christ Jésus, là est l'Église Catholique ». Le Ier concile de Constantinople (381) avait reprit cette expression dans « Nous croyons en une seule Église sainte, catholique et apostolique ». Cependant, de schisme en schisme, les mots « catholique » et « catholicisme » deviendront dans l'usage l'apanage de la seule Église Catholique Romaine. On retiendra surtout le Grand Schisme de 1054, qui marque la séparation entre l'Église d'Occident et les Églises orientales, dites Églises des sept conciles (essentiellement les Églises Orthodoxes russe et grecque), puis la Réforme, à partir de laquelle le mot « catholique » s'oppose systématiquement en Europe occidentale à « protestant ». Le protestantisme est nommé à l'époque en France « RPR », « religion prétendue réformée ». Néanmoins, de nos jours, l'Église Réformée a rétrogradée et s'identifie comme l'Église Catholique Réformée, de même que l'Église Presbytérienne et plusieurs autres. De leur propre aveu, le terme catholique s'applique aussi au protestantisme, nous indiquant que les églises protestantes sont les enfants de leur mère. Bref, nous aboutissons ainsi avec l'Église Catholique Romaine avec ses différentes branches, et l'Église Catholique Protestante avec les siennes. Toutefois, dans le langage du peuple commun le terme « catholique » désigne toujours l'Église Catholique Romaine et non l'Église Protestante.

Le mot employé pour la Bête (therion) porte la notion de « malignité » et signifie que c'est un animal complètement sauvage et dangereux dont les ravages sont considérables, des exemples d'autres animaux sauvages sont aussi donnés dans le contexte une panthère, un ours, un lion. On retrouve le même mot en grec pour parler des bêtes dans le quatrième sceau « Alors, on leur donna pouvoir sur le quart de la terre, pour exterminer par l'épée, par la faim, par la peste, et par les fauves de la terre », (Apocalypse 6:8). La Bête surgit de la mer, et la mer signifie des races, peuples, nations et langues (Apocalypse 17:15; Ésaïe 17:12-13), c'est-à-dire les groupes du monde ; Égypte, Assyrien, Babylone, Médo Perse, Grèce, Rome. Dieu décrit ces empires comme des empire bestiaux. On comprend ainsi pourquoi la mer est la représentation d'une masse d'eau qui est d'une puissance irrésistible, mais sans base solide, facilement soulevée et menaçante, s'agitant d'un côté et d'un autre sous la simple influence du courant qui la frappe, et qui la qualifie merveilleusement pour symboliser les peuples en révolte. Dans son ouvrage intitulé « The Religion of Babylonia and Assyria (1898, p. 699-701) », le professeur Morris Jastrow Jr. dit à ce sujet « Dans le monde antique, avant l'avènement du christianisme, l'Égypte, la Perse et la Grèce subirent l'influence de la religion babylonienne. (...) En Perse, le culte de Mithra, qui a des ressemblances inouïes avec le christianisme, trahit l'influence indiscutable de conceptions babyloniennes ; et si on rappelle l'importance que les mystères liés à ce culte prirent chez les Romains, on ajoute encore un lien entre les ramifications de la culture antique et la civilisation de la vallée de l'Euphrate. » La bête ressemble à un panthère, avec les pattes comme celles d'un ours et la gueule comme une gueule de lion, elle est hideuse et terrifiante. Elle nous rappelle les trois premières bêtes du chapitre 7 de Daniel, que certains nomment aussi « l'Apocalypse de l'Ancien Testament ». Daniel voit quatre bêtes un lion ; un ours ; un léopard ; et une quatrième bête avec des dents de fer et dix cornes qui correspond à l'empire Romain. Les bêtes dans la vision de Daniel sont confondues dans cette vision. L'interprétation des bêtes de Daniel est qu'elles sont des royaumes sur la terre, des pouvoirs politiques (Daniel 7:16-18). Elles représentent les empires de Babylone, Médo-Perse, Grèce et Rome (Gleason). Elles sont parallèle à la statue de Daniel 2 où la tête en or représente Nabuchodonosor et l'empire Babylonien, la poitrine et les bras en argent sont l'empire Médo-Perse à partir de Cyrus le Grand, le ventre et les cuisses en bronze symbolisent l'empire Greco-Macédonien d'Alexandre le Grand, les jambes en fer symbolisent l'empire Romain. Les pieds et les orteils sont en argile et fer. La fragilité de l'argile signifie que le pouvoir ne durera pas. La pierre qui touche et brise la statue est le Royaume de Dieu, qui mettra fin aux autres royaumes mais, lui, sera éternelle (Daniel 2:44). Néanmoins rappelons-nous que la bête dans Daniel avec les dix cornes doit s'interprétée dans son propre contexte historique, et n'a aucune relation avec la bête de la mer mentionnée dans l'Apocalypse sauf la similitude de son symbolisme, particulièrement des sept têtes qui sont identiques.

La description de la Bête ressemble à celle du dragon (Apocalypse 12:3) — un énorme Dragon rouge-feu, à sept têtes et dix cornes, chaque tête surmontée d'un diadème. Il importe donc de regarder les différents aspects symboliques de la bête de la mer, pour être capable de nous situer clairement dans le temps et l'histoire. Pour cela nous avons besoin de comprendre le symbolisme du grand dragon rouge.


— Le grand dragon rouge

Le grand dragon rouge ou « drakon » en Grec, porte la notion de « souverain, souveraineté, suprématie » et le mot « rouge » ou « purrhos » celle de « illustre ». Dans le contexte historique de l'Apocalypse, le dragon est le rival de Christ, la concurrence séductrice illustre de la loi qui s'oppose à la vérité et à la liberté de la grâce, c'est-à-dire Satan ou l'esprit de la chair qui est hostile à l'Esprit de Dieu en cherchant à se justifier par les oeuvres de la loi. Par l'observance de la loi, l'esprit de la chair s'élève comme dieu et se fait dieu en se voulant maître de son propre destin, lorsqu'en réalité personne ne peut observer la loi à la perfection, qu'elle soit de Dieu ou de l'homme, ce qui veut dire que l'observance de la loi est une illusion et une séduction. Ainsi le terme dragon s'applique au souverain d'une nation et à la souveraineté de sa puissance sur ses sujets (le dragon c'est le roi, le dragon c'est le royaume). L'esprit de la chair règne sur le corps, comme le roi règne sur son royaume, il n'y a aucune différence entre les deux sauf que l'un est interne et l'autre est externe. Dans la mythologie, le dragon crache du feu ; dans l'histoire, le roi fulmine son autorité. Tel est le dragon tel est la bête. Dans le contexte historique du grand dragon rouge, ce roi est Hérode et sa dynastie. Celui qui comprend ces choses va s'éviter beaucoup de problèmes au niveau de l'interprétation des Écritures, particulièrement au niveau du symbolisme de l'Apocalypse. Que le dragon donna sa force, son trône et un grand pouvoir à la bête (verset 2,12,14), signifie que la suprématie ou souveraineté de la loi donna son autorité à l'universalité d'une nouvelle institution qui représenterait toutes ses aspirations, tout en gardant sa domination. Le mot « dragon » est un terme versatile qui s'applique à différentes souveraineté de la loi dans les sept têtes ou royaumes mentionnés. Dans le chapitre précédent, on voit que le mot « dragon » se rapporte à la suprématie des autorités en Israël, particulièrement au roi Hérode qui a tenté de tuer l'enfant Jésus à sa naissance (Apocalypse 12:4; Matthieu 2:13), et des Pharisiens qui ont persécuté le Seigneur Jésus et les premiers disciples. Ceci nous indique aussi que l'ancien Israël est une des sept têtes de la bête de la mer, celle qui a été « comme blessée à mort » (verset 3). Tandis que dans l'empire Romain, le dragon ou suprématie de la loi, se rapporte aux empereurs puis aux papes qui succédèrent à leurs trônes jusqu'à nos jours. Ainsi l'empire Romains qui fut détruite en l'an 476, subsiste encore dans la papauté qui en a prit la relève. Aussi, pour éclaircir un point de controverse, spécifions que « les deux témoins » que nous retrouvons dans Apocalypse 11:3-12, sont représentatifs de l'Ancien et du Nouveau Testament, c'est-à-dire de la loi et la grâce sous l'Ancienne Alliance et la Nouvelle Alliance, et conséquemment de tous chrétiens authentique qui témoigne de la vérité. La dynastie des rois Hérodes est représentée symboliquement dans les sept têtes du dragon :

1) Hérode Ier le Grand (-73, -4), roi de Judée. Fils d'Antipater (ministre de Hyrcan II).
2) Hérode Archélaos, ethnarque de Judée, de la Samarie et de l'Idumée. Fils d'Hérode Ier le Grand.
3) Hérode Antipas (-21, 39), tétrarque de Galilée et de Pérée. Fils d'Hérode Ier le Grand. 2ème Époux d'Hérodiade.
4) Hérode Philippe I et II, deux des fils d'Hérode Ier le Grand.
5) Hérode Agrippa Ier (-10, 44), roi de Judée. Neveu d'Hérode Antipas.
6) Hérode de Chalcis (?-48), roi de Chalcis.
7) Hérode Agrippa II (27, 93), fils d'Hérode Agrippa Ier.


La vision de l'empereur Constantin
La vision de l'empereur Constantin
Le contexte historique dans lequel on voit paraître la bête de la mer se rapporte directement au temps de l'empereur Constantin, surnommé aussi le Grand Dragon. Après sa victoire sur Maxence au pont Milvius, Constantin prit alors le titre de "Maximus Augustus", le "Suprême Vénérable", fils d'Apollo ; comme il est ailleurs "Pontifex Maximus", "Souverain Pontife" des Mystères Chaldéens du Culte du Soleil, et maître suprême du paganisme. Ainsi il est dit que les têtes de la bête portaient « un nom de blasphème » (Apocalypse 13:1). Le titre blasphématoire de « Pontifex Maximus » était l'héritage des empereurs Romains depuis César, il le fut avant aussi d'Alexandre le Grand, des Pharaons, des rois des Mèdes et des rois de Perse, et de la dynastie des rois de Babylone. Ainsi est le nom de blasphème sur les têtes de la bête de la mer. Dès que les persécution cessèrent contre les chrétiens dans l'Empire Romain, le Christianisme Conventionnel entra dans les cours et dans les palais des rois. La voie était préparé pour l'introduction d'une transformation radicale au sein du Christianisme. La tradition veut que l'Empereur Constantin ait été illuminé d'une vision à la veille de la bataille du pont Milvius, le 28 Octobre de l'an 312 ; lorsqu'il marcha contre Maxence, et se soit convertit brutalement au Christianisme.

Ce fut plutôt le contraire, car Constantin n'était qu'un opportuniste motivé par la conviction que la foi chrétienne l'aiderait à unifier l'Empire Romain. Génie militaire d'une ambition sans borne, il espérait reformer la religion de l'empire, d'y détrôner tous les dieux et d'établir le culte absolu de Mithra, le fils du Soleil, sous une forme plus subtile revêtue d'éléments chrétiens. Ainsi nous dit A.R. Kayayan « Constantin se trouvait dans une situation extrêmement délicate et cela lui fit ressentir le besoin d'un secours surnaturel. Il avait été adepte de la religion de Mithra, le dieu Soleil perse qui était considéré comme le grand combattant et le défenseur de la vérité et de la justice. Un grand nombre de sujets romains avaient aussi accepté le Mithraïsme, et plus particulièrement les soldats. Dans tous les camps militaires, Mithra était le dieu-patron" (L'Église dans l'Histoire, par A.R. Kayayan). D'après le Dr. Leonhard Schmitz (A Manual of Ancient History), l'occasion se présenta pour Constantin lorsqu'il marcha vers Rome avec son armée, et que ses soldats virent dans le ciel un signe formé par les rayons du soleil en forme de la lettre "X". Les soldats Romains, marqués de superstitions, y reconnurent immédiatement le signe d'Apollo, "Sol Invictus" qui signifie "le Soleil invincible". Ce fut dans la nuit qui suivit, que Constantin, méditant sur ces choses, décida de se servir du Christianisme pour servir à ses propres intérêts. Selon Frank G. Slaughter (Constantine), ce fut dans une discussion avec Dacius, un de ses généraux, que Constantin dit « Le Christianisme proprement contrôlé peut devenir une puissante force pour maintenir l'ordre dans l'Empire. Si je suis pour régner, je dois le gouverner partout ». Constantin sût reconnaître dans la lettre "X" du signe d'Apollo, son équivalent dans le Grec ou la lettre "X", qui se prononce "CH", et qui est l'initial du nom de Christ. Réalisant que dans sa signification ce signe unissait le Paganisme et le Christianisme car il signifiait une chose pour l'un et une autre pour l'autre, il se dit "Par ce signe je vaincrai". Le lendemain il ordonna à ses artisans de fabriquer un étendard sur lequel serait suspendu un drapeau avec la lettre "X", et qui devait en plus être peinturé sur tous les boucliers de ses soldats.

Concernant ce signe, Alexandre Hislop (Les Deux Babylones) nous dit « Il est certain que le "X" était en Égypte le symbole du dieu Ham, connu par les Romains sous le nom d'Apollo, et comme tel, était exposé sur la poitrine de sa statue. Il est hors de doute que les chrétiens qui ne connaissaient rien des machinations et des trames secrètes, prenaient le "X" pour l'équivalent de Christ. Eusèbe, qui écrivait que la superstition et l'idolâtrie faisaient des progrès, s'efforça de montrer que la barre en croix, sur laquelle fut suspendu le drapeau, était l'élément essentiel de l'enseigne de Constantin. Il en résultat que bientôt, à mesure que l'apostasie s'accentuait, que le "X" fut entièrement mis de côté, et que le "TAU" ou "T", signe de la croix qui était le signe incontestable de Tammuz, le faux Messie, lui fit partout substitué. Ainsi, par le signe de la croix, Christ a été crucifié une seconde fois à Rome par ceux qui se disent ses disciples. Or, ces faits étant historiques, qui peut s'étonner que dans l'Église Romaine, le signe de la croix ait été toujours un instrument de grossières superstitions et de tromperies. ». « Par ce signe je vaincrai », dit la bête Catholique à notre monde spirituellement aveugle.

Constantin rencontra Licinius à Milan au début de l'an 313. Ils prirent alors en commun les décisions qui formulèrent "l'édit de Milan", proclamant la liberté chrétienne, et attribuant à tous la liberté d'adorer Dieu sous la forme qui leur plaisait. De là est venue la préoccupation d'obtenir que chaque religion fit sa paix et son unité. Cette liberté provisoire dura pour une période de douze ans, jusqu'en l'an 325. Dans la première partie du 4e siècle, Constantin le Grand, poursuivit son objectif d'une réforme du culte de Mithra sous déguisement chrétien, et proclama un édit qui établit le dimanche comme jour de fête obligatoire dans toute l'étendue de l'Empire Romain. Le fait que le Mithraïsme détenait de grandes ressemblances avec le Christianisme lui ouvrit le chemin. Ce fut à ce moment qu'on commença à changer le nom des fêtes païennes et qu'on leur donna des noms chrétiens la fête de Saturne, c'est-à-dire de Mithra ou Apollo, devint Noël ; la fête d'Astarté ou Ishtar devint Pâques ; la fête de Tammuz ou Lucifer devint la Saint-Jean, etc... Constantin comprenait, en effet, que si les mêmes jours étaient observés par les chrétiens et les païens, que tous seraient incités à embrasser sa nouvelle forme d'un christianisme bâtard et subtil. Déterminé à rassembler le monde Chrétien sous ses étendards, ce Grand-Séducteur n'avait pas encore achevé sa tâche. C'est par le moyen de païens à demi-convertis, de prélats ambitieux, et de chrétiens mondanisés qu'il parvint à ses fins. Constantin est celui qui convoqua le Concile de Nicée en l'an 325. Leonhard Schmitz nous fait voir que les disputes doctrinales, qui devenaient de plus en plus intenses entre les églises conventionnelles, donnèrent à Constantin l'occasion de s'introduire dans leurs affaires. Voyant que ce genre de christianisme ne pouvait se gouverner lui-même, sans que provienne des divisions et des crises émotionnelles qui menaçaient de diviser son empire, Constantin convoqua tous les évêques à assister au premier Concile Oecuménique en l'an 325, situé dans la ville de Nicée en Bithymie. Edward G. Selden mentionne qu'il se présenta à ce Concile sinueux 318 évêques, chiffre mystique contenu dans l'Épître de Barnabé 811-13, qui représente une initiation à un nouveau mode de vie ; ce qui fut très significatif pour cette situation. Ils vinrent d'Éphèse, de Corinthe, d'Antioche, de Césarée, de Rome, d'Alexandrie et d'Héracléopolis en Égypte ; de Perse, de Mésopotamie, de Syrie, de Palestine et de Carthage. Ils représentèrent une multitude de peuples et de nations à travers l'empire Romain universel. Cette réunion confirmait l'accomplissement d'une prophétie écrite dans le livre de l'Apocalypse qui dit « les eaux de laquelle la Bête est monté... sont des peuples, des foules, des nations, et des langues. » (Apocalypse 13:1; 17:15).


Constantin et le concile de Nicée

Au début du Concile, les évêques ne firent que s'argumenter et exprimer le mépris qu'ils avaient l'un contre l'autre. Constantin entra dans la salle du Concile revêtu de sa pourpre, et de toute la magnificence de son office de Souverain Pontife Babylonien, tout couvert d'or et de pierres les plus précieuses. Dans son discours enregistré par Eusèbe de Césarée, Constantin le Grand Séducteur qu'on peut nommé aussi "le Grand Dragon de feu", adressa les membres du Concile « Je n'ai jamais rien souhaité avec autant d'ardeur que de vous voir rassemblés en un même lieu... Informé des contestations qui vous divisaient les uns d'avec les autres, bien loin de les négliger, je jugeai que c'était pour moi un devoir d'y remédier ; c'est dans cette vue que je vous ai convoqués. Votre présence me donne la plus vive satisfaction ; toutefois elle ne sera point complète jusqu'à ce que vous soyez tous animés d'un même esprit ». Un dicton anglais résume ce discours en disant "Welcome to my parlor said the spider to the fly" (bienvenue dans mon salon, dit l'araignée à la mouche). Marie-Nicolas-Sylvestre Guillon, professeur d'éloquence sacré dans la faculté de Théologie de Paris en l'an 1828, confirme dans ses écrits sur les "Pères de l'Église", que Constantin s'engageait dans les plus hautes spéculations sur les mystères de la foi, particulièrement sur l'incarnation ; et qu'il expliquait au Concile les prophéties qui concernaient l'avènement de Christ, en les confirmant non par les Saintes-Écritures, mais par le témoignage des prédictions occultes de la Sibylle de Cumes dans la 6ie éloge de Virgile. Que le sujet de l'incarnation de Christ obsédait Constantin face aux Oracles de la Sibille de Cumes, est dû au fait que les prédictions de la Sibille, qui était vénéré à Rome, annonçaient la venue de l'âge d'or, le rétablissement du règne de Saturne (Satan) par un enfant mâle qui participerait à la vie des dieux et qui règnerait sur un monde en paix. Il n'y a aucun doute que Constantin s'attribua cette prédiction à lui-même, et l'imposa aux évêques réunis qui en firent un héros de la foi. Ceci est significatif lorsque nous considérons que le nom secret de la ville de Rome, qui fut interdit de prononcer sous peine de mort, était "Saturnia" ou ville de Saturne ; et que "Saturne" dans le langage des mystères Chaldéens signifie "Celui qui est caché" ou "le dieu des mystères", c'est-à-dire "Satan", l'esprit de la suprématie de la loi. Ceci identifie Rome comme la ville de Satan, le centre de la suprématie de la loi, et son Souverain Pontife comme l'incarnation de "Celui qui est caché", l'hypocrite, l'imposteur, le subtil. Ainsi nous voyons la vrai face de Constantin et de sa descendance dans la Rome papale. Ce qui est encore plus intéressant, est que nous savons d'après certaines archives historiques retrouvé dans "l'Histoire Ecclésiastique de Sozomen", que Constantin fut né en Grande-Bretagne et qu'il avait reçu une certaine éducation chrétienne. Mais nous savons aussi que le prétendu christianisme dans lequel il fut éduqué n'était qu'une forme de Druidisme de l'ancienne religion des Celtes. Or d'après le Rév. R.W. Morgan (St. Paul in Britain), la religion Druide avait certaines similarités avec une forme de Christianisme qui se rapprochaient beaucoup du Mithraïsme. Il nous est dit que le Druidisme commença 3,903 ans avant Jésus-Christ et 50 ans après la naissance de Seth. Alexandre Hislop (Les Deux Babylones) confirme que Seth était chez les Égyptiens de l'antiquité, nul autre que Sem, le fils de Noé ; mais que son nom fut donné par les païens de ce temps à celui qu'ils adoraient comme leur grand libérateur ou Messie, c'est-à-dire Nimrod (Genèse 10:8-9), le géant qui se révolta contre le ciel dans l'apostasie du culte primitif, connu aussi sous le nom de "Lucifer" (Ésaïe 14:12-15). Le point crucial ici est que la religion Druidique, dans laquelle Constantin fut instruit dans sa jeunesse, avait une Trinité d'une essence divine créatrice, conservatrice, et rénovatrice, connu comme "Beli, Taran, et Yesu", le dernier nom étant le même que celui de Jésus Beli, le Père ; Taran, la Mère, et Yesu, le Fils. Malgré tout ce que nous savons sur Constantin, les théologiens orthodoxes traditionnels persistent encore de nos jours à le mettre hors de tout doute. Nous voyons ceci dans les paroles de Roussas John Rushdoony, théologien des églises Réformées « La sincérité de la foi religieuse de Constantin ne doit pas être douté » (The One and the Many). Or nous ne doutons pas de la foi religieuse de Constantin, nous affirmons simplement, avec des preuves bibliques et historiques à l'appui, que sa foi n'était pas réellement chrétienne, mais plutôt païenne et extrêmement subtile. Toutefois, Rushdoony touche le point essentiel en disant « Le christianisme représentait le pouvoir, et Constantin croyait dans le pouvoir. Tout comme Dieu est Souverain et Monarque sur tout ce qui est dans les cieux, Constantin se disait souverain et monarque sur tout la terre entière. Ainsi, comme Eusèbe de Césarée écrivit : Puisqu'il (Constantin) fut le premier à déclarer la totale Souveraineté de Dieu, ainsi lui-même comme seul souverain du monde Romain, répandait son autorité sur toute la race humaine. » Pour Eusèbe, la monarchie l'emporte comme système et méthode de gouvernement pour tous les états. De même qu'il n'y a qu'un seul Dieu, de même il n'y a qu'un seul Empereur. En déclarant que Dieu exerce sa Souveraineté seulement que dans les cieux, et que l'Empereur est choisi de Lui pour exercer son autorité sur la terre entière, Constantin se déclara être "le dieu de ce monde" (2 Corinthiens 4:4). Ainsi dit Rushdoony « À un certain moment, selon Eusèbe, Constantin proclama au groupe d'évêques — Comme évêques, votre juridiction s'exerce à l'intérieur de l'Église. Je suis aussi un évêque ordonné par Dieu pour superviser tout ce qui est à l'extérieur de l'Église. — Ainsi Constantin ne trouva aucune difficulté à définir sa position christologique comme Empereur, sauveur, Souverain-Pontife, et évêque de Dieu ». Et quoique le Catholicisme ne veut point l'admettre, Constantin, et non Pierre, fut en réalité le premier Pape officiel. Les évêques du Concile de Nicée furent divisé en trois groupes qui étaient en conflits avec l'un et l'autre. Eusèbe de Nicomédie dirigeait les Ariens ; Alexandre d'Alexandrie avec l'aide d'Athanase dirigeait les Orthodoxes (les droits) ; et Eusèbe de Césarée dirigeait le groupe des indécis. Osius de Courdoue, député d'Espagne, ainsi qu'Athanase d'Alexandrie y jouèrent les rôles les plus importants. Constantin, le Grand Dragon, qui se prononça en faveur de la liberté religieuse, leur offrit son support et son autorité pour rétablir l'ordre. Les évêques acceptèrent par crainte et respect de ce puissant souverain, et furent ainsi mit échec et mat, ne réalisant pas qu'ils venaient d'accomplir cette prophétie dans l'Apocalypse « ...et le Dragon lui donna sa puissance, son trône et une grande autorité... Et ils adorèrent le Dragon qui avait donné pouvoir à la Bête, en disant Qui est semblable à la Bête, et qui pourra combattre contre elle » (Apocalypse 13:2,4).

Tout ne nous fut pas dit sur les questions débattues au sein du Concile de Nicée. Nous savons que certaines choses nous furent cachées intentionnellement ; ceci étant le jeu du dieu caché qui régnait sur ce Concile tendancieux. Alexandre Hislop (Les Deux Babylones), nous dit : « Aussi, lorsque en 325 après J.-C. quand le Concile de Nicée dut condamner l'hérésie d'Arius, qui niait la divinité de Jésus-Christ, cette doctrine fut bien condamnée, mais ce ne fut pas sans l'aide d'hommes qui indiquaient nettement leur désir de mettre la créature au rang du Créateur, la vierge Mère à côté de son Fils. Au Concile de Nicée, dit l'auteur de "Nemrod", le parti des "Melchites", c'est-à-dire les représentants de la soi-disant chrétienté en Égypte, affirmaient — qu'il y a trois personnes dans la Trinité, le Père, la Vierge Marie, et le Messie leur fils ». Cette déclaration étonnante des Melchites ouvra de nouveaux horizons qui contribuèrent, par après, à développer les doctrines de l'Immaculée Conception de Marie, de son Ascension, et de l'établir comme Médiatrice et Reine des cieux. Dans le Dictionnaire de Daniel G. Reid (Dictionary of Christianity in America), nous trouvons que les Melchites surgirent des Patriarches d'Alexandrie, et que le mot "Melchites" signifie "Roi ou Empereur" dans le Syriaque et l'Arabique. Ceci nous indique que le parti des Melchites, au Concile de Nicée, supportait les notions de l'Empereur Constantin d'introduire une Trinité issue du paganisme qui satisferait tant bien aux païens qu'aux chrétiens nominatifs. Or, puisque toutes les Trinités du paganisme incorporait une Déesse, il convenait qu'il en fut ainsi dans le Christianisme afin de maintenir l'ordre et l'unité dans l'Empire, et d'établir l'Église Impériale Universelle ou Catholique comme seule autorité, et qui serait secrètement par duplicité "l'Église Mithriaque Universelle" vouée au Culte du Soleil. Hislop (Les Deux Babylones) nous révèle des faits intéressants sur ce sujet de la Madone Romaine : « Dans la doctrine ésotérique de la Grèce et de Rome, il n'y avait qu'une seule Déesse, le Saint-Esprit, représenté comme femelle. Ceci fut fait par une perversion de la grande idée scripturaire que tous les enfants de Dieu sont enfantés par le Père et nés de l'Esprit ; et avec cette idée, l'Esprit de Dieu comme Mère était représenté sous la forme d'une colombe, et était reconnue comme la Reine du ciel et Médiatrice entre Dieu et les hommes ». Ceci est confirmé par la Parole de Dieu qui nous dit : « Les fils amassent le bois, et les pères allument le feu, et les femmes pétrissent la pâte pour faire des gâteaux à la reine du ciel, et pour faire des aspersions aux dieux étrangers, afin de m'irriter... » (Jérémie 7:18). Nous avons l'évidence que Athanase, qui après le Concile de Nicée devint Patriarche d'Alexandrie, fut celui qui influença la section Melchite du Concile, et qui aurait proposé que les trois personnes de la Trinité soient le Père, la Mère, et le Fils ; le terme "Mère" désignant le Saint-Esprit. K.R. Hagenbach, dans son Histoire des Doctrines (History of Doctrines, 1847), nous dit : « La notion fut avancée par l'orthodoxe Athanase, que la Vierge avait demeuré libre de la corruption générale ; et que seulement elle, qui fut élevée au-dessus de toute l'humanité par une profusion d'adoration, devait partager le privilège avec son Fils, d'apparaître sans péché sur les pages de l'histoire. Selon Athanase, considéré le champion de la Foi Orthodoxe, Marie demeura toujours une vierge par la grâce perpétuelle, et il la déclara Mère de Dieu ». Ceci ouvrit le chemin à la co-rédemption de Marie, et aussi à l'utilisation de l'hostie (les gâteaux solaires ou dieu galette des papistes) dans le sacrifice non-sanglant de la Messe. Or, ceci est en plein accord avec le caractère de la déesse égyptienne "ISIS" ; car n'oublions pas que Athanase venait de la ville d'Alexandrie, Capitale de l'Égypte, mais aussi Capitale du paganisme de l'antiquité. Ainsi nous dit Hislop (Les Deux Babylones) : « Quant au caractère païen du sacrifice non-sanglant de la Messe, nous l'avons suffisamment établi. Mais il y a encore à considéré un point qui montre encore mieux l'oeuvre du mystère d'iniquité. Il y a sur l'hostie des lettres qu'il vaut la peine de lire. Ces lettres sont I. H. S. Pour un Chrétien, ces lettres signifient "Jésus Sauveur des Hommes". Mais qu'un adorateur Romain de la déesse Isis jette les yeux sur ces lettres, il les expliquera d'après son propre système d'idolâtrie et lira ISIS, HORUS, SEB, c'est-à-dire la mère, l'enfant, et le père des dieux ; en d'autres termes, la Trinité Égyptienne ». Avec Nicée, on détrôna Christ comme tête de l'Église, et on couronna Constantin. Il est au centre de tout. Tout ce qui l'approche ou le touche est sacré, jusqu'à son palais, sa chambre et ses vêtements. En l'an 326 apparaissent "les silentiaires", chargés de faire respecter un silence religieux en sa présence. L'orthodoxie du Concile de Nicée défigura la pure doctrine de Christ par ses grandes prétentions. Ainsi on voit s'accomplir ces paroles de l'Apocalypse « Et on lui donna une bouche qui disait de grandes choses et des blasphèmes... Et il lui fut donné puissance sur toute tribu, langue et nations. » (Apocalypse 13:5-7). À partir du Concile de Nicée, on insiste sur l'unité de l'Église Impériale par la direction de ses évêques. Elle est appelé Catholique, c'est-à-dire Universelle, en tant que répandue dans tous les pays de l'Empire Romain. Elle se considère comme la seule qui possède les moyens de grâce et de vérité ; et bientôt il sera dangereux de ne pas en faire partie. Avec Nicée débuta les condamnations et les sanctions civiles contre les chrétiens marginaux qu'on considéra comme hérétiques. Le Culte de l'État devait être accepté par tous. Ceux qui voulurent demeurer fidèle au Seigneur Jésus, durent soutenir une lutte désespérée pour résister à ses séductions, ses abominations, et ses intimidations. Plusieurs qui reconnurent en Constantin "l'Antichrist", s'enfuirent dans les déserts et les montagnes pour préserver la pureté de leur foi et l'intégralité de la Parole de Dieu. À la chute de l'Empire Romain, en l'an 476, l'Église Catholique devint la nouvelle Rome et le Pape le nouveau Empereur. Dès lors, le Pape, comme nouveau César, se proclama la source de toute autorité spirituel et séculier. Nous recommandons donc aux chrétiens qui feraient parti du Catholicisme Romain et Protestant, de se marginaliser, de se séparer de cette marasme occulte babylonienne ; car le temps approche et Jésus est à la porte pour prendre les siens avec lui dans son royaume éternel.


Les caractéristiques de la Bête universelle

Il est bon de se rappeler, comme il est dit dans la « Préface », que ceux qui se donnent à l'interprétation de ces textes ont manqué de réaliser la possibilité que chaque bête paraît dans son contexte historique propre et ne se rapporte aucunement aux autres. Quoiqu'il puisse y avoir des similarités dans leurs descriptions grammaticales, elles ont tous au moins un élément qui n'est pas mentionné avec les autres la petite corne dans une ; la femme qui est assise dans l'autre ; une a sept diadèmes sur ses têtes et l'autre a dix diadèmes sur ses cornes ; une est dans le ciel, l'autre sort de la mer, l'autre de la terre et l'autre de l'abîme, etc. Les divergences sont assez importantes pour nous indiquer qu'il ne s'agit aucunement d'une seule et même bête, mais de plusieurs. Chacune donc doit être interprétée dans son contexte historique particulier, ce qui signifie que les éléments comme les sept têtes et les dix cornes ne signifient pas toujours la même chose et ne peuvent être interprété pareils dans tous les cas.


— Les dix cornes

Les dix cornes signifient la grande puissance de dix royaumes qui ont détruit l'empire Romain, occasionnant ainsi le transfert de sa forme politique et de son autorité à la Papauté et à l'église Catholique, le nouvel Empire Romain. Ainsi le règne des Empereurs à fait place au règne des Papes. Il n'y a aucun doute que les dix cornes représentent les dix tribus barbares qui conquirent l'empire Romain et le divisèrent. Elles étaient

1) les Ostrogoths (n'existe plus) ;
2) les Visigoths (l'Espagne) ;
3) les Francs (la France) ;
4) les Vandales (n'existe plus) ;
5) les Suèves (le Portugal) ;
6) les Allemands (l'Allemagne) ;
7) les Anglos-Saxons (l'Angleterre) ;
8) les Hérules (n'existe plus) ;
9) les Lombards (l'Italie) ;
10) les Burgondes (la Suisse).

Mais les réprouvés, qui tordent le sens des Écritures, en ajoutent une onzième qu'ils nomment « la petite corne » et qu'ils transposent d'un texte du livre de Daniel (Daniel 7:8), quoique l'Apocalypse ne la mentionne aucunement. S'il y a un rapport avec « la petite corne » de Daniel avec la bête de la mer, il se trouve dans la relation qu'elle détient avec une des têtes qui est « blessée à mort » qui n'est point la papauté. Ils ajoutent ainsi à l'Écriture et récolteront les plaies qui sont écrites dans le livre de l'Apocalypse (Apocalypse 22:18). Mentionnons de nouveau que « la petite corne » de Daniel ne se rapporte pas à la papauté comme plusieurs le laissent sous-entendre en prenant le texte hors de son contexte historique, mais au Roi Hérode. Il est clair dans le contexte historique de la bête de la mer, que ces dix cornes annonçaient dix puissances qui seraient issues de Rome et qui soutiendraient la fausse Église. Sir Isaac Newton les décrit comme suit :

(1) le royaume des Vandales

en Espagne et en Afrique ; Groupement de peuples germaniques fixés entre la Vistule et l'Oder au IIIe siècle ap. J.-C. et que des migrations entraînèrent sur les bords du Danube à la fin du IVe siècle. Mêlés à d'autres peuples, ils participèrent au passage du Rhin (406) et à l'invasion de la Gaule, et, dés 409, pénétrèrent en Espagne où ils s'initièrent à la navigation. Conduits par leur roi Geiséric, ils franchirent le détroit de Gibraltar (429) et, progressant le long des côtes, s'installèrent en Numidie, puis conquirent une partie de la Tunisie actuelle (439) la Corse, la Sardaigne, les Baléares, la Sicile et pillèrent Rome en 455. Mais le royaume d'Afrique qu'ils fondèrent fut éphémère ; perdant peu à peu leur valeur guerrière, les Vandales s'affaiblirent face aux Byzantins. Vaincu par Bélissaire (533-534) ce peuple disparut peu après.
(2) le royaume des Visigoths

« Goths occidentaux ou Goths sages » Nom de l'une des deux branches des Goths. Lorsqu'ils apparurent dans l'histoire (début du IVe siècle) les Wisigoths occupaient une région située entre le Dniepr et le Danube. Partiellement convertis à l'arianisme (hérésie chrétienne d'Arius qui, rejetant l'unité et l'identité de la substance du Fils avec le Père, ne reconnaissait que partiellement la nature divine de Jésus-Christ, refusant ainsi le dogme de la trinité par Ulfilas), ils obtinrent des Romains l'autorisation de s'installer en Thrace (376) mais mécontents du sort qu'on leur réservait sur ce territoire, ils se révoltèrent et écrasèrent l'armée romaine de l'empereur Valens à Andrinople (378). De 396 à 410 leur chef, Alaric, les entraîna en Italie, où ils prirent Rome (410), puis Athaulf les lança à la conquête de l'Aquitaine (410-415). Installés en fédérés dans le sud-ouest de la Gaule (vers 418), ils conquirent la plus grande partie de l'Espagne (vers 476). Mais le puissant roi Wisigothique succomba sous les coups de Clovis en Gaule (défaite d'Alaric II à Vouillé en 507) et, plus tard, sous les coups des Arabes en Espagne (victoire de Täriq ibn Ziayäd sur Rodrigue à la bataille du Guadalete en 711).
(3) le royaume des Suèves en Espagne (en Galice)

Tribus germaniques nomades qui se sont fixées dans l'actuelle Souabe (Région et ancien duché d'Allemagne, dans le sud-ouest de la Bavière). Battus non loin de Belfort par César en 58 av. J.-C., ils envahirent la Gaule au début du Ve siècle ap. J.-C., puis se fixèrent dans la péninsule Ibérique, principalement en Galice, où le royaume qu'ils avaient fondé (409) fut détruit par les Wisigoths en 585.
(4) le royaume des Alamans en France

Confédération de peuples germaniques installés sur la rive droite du Rhin au IIIe siècle. Battus et soumis par Clovis à Tolbiac (496).
(5) le royaume des Burgondes

Peuple germanique (qui a donné son nom à la Bourgogne) venu s'établir dans le bassin inférieur du Main, puis sur le Rhin au début du Ve siècle. Leur royaume anéanti en 437 par les Huns, se reconstitua en Gaule dans le bassin du Rhône (443). Les Francs l'annexèrent en 534.
(6) le royaume des Francs

Membres d'un peuple germanique dont les tribus s'établirent définitivement en Gaule à partir du Ve siècle.
(7) le royaume de Bretagne (ancien nom de la Grande-Bretagne)

L'île de Bretagne, riche en étain, peuplée de Pictes (Écosse) et de Celtes, fut envahie, sauf l'Écosse, au 1er siècle av. J.-C. par les Romains. En 407, ils évacuèrent l'île, déjà chrétienne.
(8) le royaume des Huns

Peuplade d'origine mongole et de langue altaïque venue en Europe au IVe et Ve siècle ap. J.-C. Il est peu probable qu'ils aient appartenu aux populations Hiong-nou (mot chinois signifiant les Puants) d'origine paléosibérienne qui harcelèrent la Chine dès le IXe siècle av. J.-C. Sous la conduite d'Attila, les Huns passèrent le Rhin à Mayence, pénétrèrent en Gaule allant jusqu'à Orléans. Défaits par le Romain Aetius en Champagne (451), bataille des champs Catalauniques. Ils quittèrent la Gaule pour l'Italie du nord. En 453 Attila regagna la Pannonie (plaine aujourd'hui partagée par la Hongrie et la Yougoslavie) où il mourut la même année. L'empire qu'il avait constitué s'effondra après lui.
(9) le royaume de Lombardie

Peuple germanique (d'origine scandinave) qui, établi au 1er siècle sur l'Elbe inférieur, se déplaça vers le sud, passa au VIe siècle en Pannonie, aida Byzance contre les Ostrogoths d'Italie, puis, se retournant contre les Byzantins, pénétra en Frioul (ancienne province vénitienne) (mai 568) et conquit la plaine du Pô. Byzance conservant l'exarchat de Ravenne. Malgré l'établissement d'une trentaine de duchés lombards (souvent révoltés contre le pouvoir central établi à Pavie), la conquête de l'Italie était loin d'être achevée, les Byzantins occupant toujours les côtes. Bien que convertis au catholicisme, les Lombards furent en conflit quasi permanent avec Rome. L'appui byzantin venant à manquer, les papes se tournèrent vers les Carolingiens, sollicités également par les Lombards ; Pépin le Bref choisit finalement la papauté. En 774, Charlemagne s'empara de Pavie et du roi Didier, et ceignit la couronne de fer des rois Lombards.
(10) le royaume de Ravenne

Province byzantine d'Italie officiellement constituée en 584. Byzantine depuis 540, la région dut faire face à l'invasion lombarde et en 584 l'empereur Maurice y établit un exarque, chef de toutes les forces et possessions impériales en Italie (Istrie, Gênes, Rome, Naples, et...) Les conflits intérieurs et extérieurs, avec les Lombards et avec la papauté, furent nombreux. En 751, les Lombards prirent Ravenne. Le pape Étienne II, se sentant également menacé, demanda (754) le secours de Pépin le Bref, qui contraignit les Lombards à céder l'exarchat (Région commandée par un chef civil ou ecclésiastique dans l'ancien empire d'Orient) à la papauté (756). Byzance disparaissait d'Italie, mais la papauté devenait une puissance temporelle.

* La petite corne

Ayant établit avec certitude qu'elles sont les dix cornes, il nous convient de mentionner « la petite corne » de la bête dans le livre de Daniel (Daniel 7:8) que plusieurs interprètent faussement comme étant la papauté. Si elle se rapporterait à la papauté, cela nous conviendrait très bien et il nous ferait grandement plaisir de l'utiliser dans cet exposé sur la bête de la mer, mais tel n'est pas le cas, et nous désirons rapporter les faits tels qu'ils sont sans extrapoler ou nous donner à des présomptions injustifiées, comme c'est la coutume chez un grand nombre, surtout chez les Évangéliques. — Depuis la déportation à Babylone, aucun roi ne régna sur Israël pour environ cinq cent ans. Mais voici qu'apparaît soudainement un roi inattendu dans une période de l'histoire très peu connue des chrétiens de nos jours, c'est-à-dire dans cette période silencieuse entre l'Ancien et le Nouveau Testament ou Période Intertestamentaire qui se rapporte aux exploits de Judas Macchabée jusqu'à la fin du règne des Princes Asmonéens (Daniel 11:32-35). La succession des événements historiques prophétisés par Daniel, nous introduit à une des plus remarquable personnalité de l'histoire décrite comme "la petite corne" de l'empire Romain (Daniel 7:8), "le roi qui fera ce qu'il voudra" (Daniel 11:36). Cette personne mystérieuse semble avoir éviter par inadvertance presque tous les exégètes et les théologiens, dû à l'interprétation futuriste propagée par un grand nombre d'apostats. Ce roi despotique qui usurpa le trône de David promis au Seigneur Jésus (Luc 1:32; Actes 2:29-30) ; fut nul autre que Hérode le Grand. Philip Mauro (The Seventy Weeks and the Great Tribulation) nous informe sur cette période de l'histoire : « Après une période d'environ cinq cent années sans roi ; le dernier stage de l'histoire juive fut occupé par un roi d'un caractère dès plus détestable, et dont les oeuvres sont dès plus atroces enregistrés dans les annales de l'histoire de la race humaine ». Jim Bishop ajoute (The Day Christ Died) : « César même disait qu'il fut plus prudent d'être un pourceau d'Hérode que d'être son fils ». Alfred Edersheim, dans son oeuvre remarquable "La Vie et les Temps de Jésus, le Messie", nous dit que le roi « Hérode jugeait cruellement et despotiquement ». Mais la meilleur source d'information que nous avons sur Hérode, se trouve dans "l'Antiquité des Juifs" de Joseph Flavius : « Pour empêcher le peuple d'exprimer son mécontentement, Hérode ne permit pas au habitants de se réunir, de marcher, ou de manger ensemble ; et surveillait tout ce qu'ils firent. Ceux qui furent pris, furent conduit à la citadelle Hyrcania, torturés atrocement et mis à mort ». Le lien entre le Dragon de l'Apocalypse et la dynastie des rois Hérodes est définitivement confirmé par A.R. Kayayan (Le Dieu Invincible) : « Venons-en à l'acharnement du dragon lors de la naissance du Messie, la véritable descendance de la femme, le Promis de Dieu. Il se trouve dans une situation désespérément exposée ; dans l'étable de Bethléhem se trouve couché un enfant né miraculeusement d'une mère vierge. Or, elle comme son fiancé Joseph sont tous les deux de descendance davidique. La promesse de Dieu s'est enfin réalisée. Mais, aussitôt, le dragon se dresse là sous les traits de Hérode le Grand, lequel, ayant appris la naissance de cet enfant, cherche à le tuer... La naissance du Christ déclencha la violence meurtrière et désespérée des puissances maléfiques contre l'Élu de Dieu. Hérode chercha à le tuer, mais l'enfant fut mis à l'abri. Alors le tyran sanguinaire se contenta de se venger sur des innocents en faisant massacrer les enfants de la région de Bethléhem ». L'histoire nous montre qu'en l'an 47 avant Jésus-Christ, Jules César nomma Antipate procurateur de Judée. Ce dernier désigna son fils Hérode comme gouverneur de la Galilée. À la suite de l'assassinat de César, le désordre éclata en Judée et Hérode s'enfuit à Rome. Là, en l'an 40 ap. J.-C., il reçut du Sénat Romain le titre de "roi des Juifs". Israël qui fut une province de Rome à cette époque, fut donné à Hérode comme royaume, pour redevenir une province après sa mort. Ainsi Israël redevint un royaume subtilement et sournoisement par l'autorité d'une puissance hostile à Dieu ; fait historique qui n'est pas pleinement réalisé de nos jours.

Hérode revint de Rome en l'an 37 ap. J.-C., et avec l'aide des légions Romaines, il s'empara de Jérusalem, la Cité du Dieu Vivant, tout en empêchant la profanation du Temple et le pillage pour ne point irriter le peuple plus qu'il fallait ; tout comme un bon politicien qui agit en hypocrite. Il était hais et détesté de ses sujets Juifs, mais il était néanmoins accepté par les Grecs et les Romains qui le considérait comme un roi allié et un ami intime de César. Quoiqu'il accrut considérablement la splendeur de Jérusalem par la restauration du Temple ; il pliait volontairement le genou à Rome, et n'hésitait pas à offrit des sacrifices au dieu Jupiter, identifié par Hislop comme Nimrod. Selon le Dr. Leonhard Schmitz, dans son "Manuel d'Histoire Ancienne" : « Jules César agissait en fonction de Pontifex Maximus, c'est-à-dire "Souverain Pontife" ; lorsqu'il fit la célèbre reforme du Calendrier ». Ce fut par une étrange coïncidence, que Hérode reçut sa royauté et son royaume du Sénat Romain après l'assassinat de César, au moment ou Rome était sans Souverain Pontife. Il en advient donc que Hérode, dans ses fonctions royales et ses sacrifices à Jupiter, devint représentant de Nimrod comme Souverain Pontife sur Israël ; c'est-à-dire "le Dragon". La prophétie de Daniel 11:36, nous dit que : "Ce roi fera donc au gré de ses désirs". Selon W. Stewart McCullough, ceci correspond au fait « qu'après s'être emparé de Jérusalem et littéralement massacré tous les partisans d'Aristobolus II, pour ensuite tuer tous les membres du Sanhédrin ; Hérode prit la responsabilité d'établir lui-même des souverains sacrificateurs selon son coeur. Il choisit pour ceci, Ananel, un Juif Babylonien ». Ce fut en effet ce même Ananel ou Anne qui s'opposa à Jésus et le livra à Pilate pour être crucifié ; et qui par après fit jeter en prison les apôtres Pierre et Jean (Luc 3:2; Jean 18:13,24; Actes 4:6). Daniel nous dit ensuite : « Il s'élèvera, il se glorifiera au-dessus de tous les dieux » (Daniel 11:36). Ceci signifie que Hérode, agissant en tant que représentant de Nimrod ou Lucifer, usurpa le trône de David réservé à Christ en s'y asseyant ; s'élevant et se glorifiant lui-même dans le ciel et la Cité de Dieu. Il signifiait ainsi d'une manière subtile qu'il était lui-même le Messie si longtemps attendu par les Juifs. Il est reconnu en effet, que le parti politique des Hérodiens croyait fermement que le roi Hérode était le Messie. Ainsi lorsque Hérode fut assis sur le trône de David, nous pourrions dire que Satan fut assis sur le trône de Dieu et régnait sur Israël, le peuple de Dieu ; tout comme le Souverain Pontife de l'Église Catholique prétend être le chef de tous les Chrétiens. C'est ainsi que Hérode, comme "la petite corne" eut « une plus grande apparence que les autres » (Daniel 7:20) ; ce qui correspond "au grand dragon qui apparaît dans le ciel" (Apocalypse 12:3). En plaçant le Dragon dans le ciel, l'Apocalypse nous indique qu'il est élevé dans une position exalté. Ceci fut exactement la position de Hérode comme prétendu roi d'Israël et faux Messie ; position aspirée par tous les Papes de Rome. Sachant que le Dragon correspond à la dynastie des Hérodes sous l'empire Romain ; qu'en est-il donc de cette guerre des anges mentionnée dans le chapitre 12 de l'Apocalypse ? Le style imagé du texte dans son contexte historique se rapporte à cette prophétie de Daniel : « Je vis cette corne faire la guerre aux saints et l'emporter sur eux, jusqu'au moment où l'Ancien des jours vint donner droit aux saints du Très-Haut, et le temps arriva où les saints furent en possession du royaume » (Daniel 7:21-22). Cette guerre angélique représente le combat entre Jésus et ses disciples contre les forces sataniques dans ceux qui dominaient et étaient les autorités en Israël ; telle que la dynastie des rois Hérodes, le parti des Hérodiens, les Pharisiens et les Sadducéens (Matthieu 22:15-16; Marc 3:6; 12:13). En plus, la Parole nous indique clairement que Hérode Antipas fit couper la tête de Jean Baptiste ; Hérode Agrippa I fit maltraiter les membres de l'Église, fit mourir par l'épée Jacques, et fit arrêter Pierre et le jeta en prison. Et finalement, ce fut Hérode Agrippa II qui fit mettre Paul en chaîne et l'envoya à Rome pour comparaître devant César. Pour ce qui concerne la chute du Dragon, elle représente la chute de la dynastie des rois Hérodes comme Souverain Pontife sur Israël, détenteur de la suprématie de la loi ; laissant ce titre audacieux et blasphématoire aux Empereurs de l'Empire Romain qui après le transférèrent au pape de Rome. Ainsi cette tête, qui correspond à la nation d'Israël sous les Hérodes, c'est-à-dire à la suprématie de la loi, fut comme blessée à mort, mais sa plaie mortelle fut guérie" (Apocalypse 13:3) lorsqu'elle resurgit de la terre des nations au mois de mai 1948 (Apocalypse 13:11).


— Les sept têtes de la bête de la mer

Selon la séquence logique du symbolisme dans les parallèles qui s'établissent entre les différentes bêtes mentionnées dans les Écritures, on peut avec certitude savoir que les « sept têtes » se rapportent toujours à des royaumes. Ce qui veut dire que la bête de la mer incorpore la puissance de sept royaumes avec lesquels elle détient des similarités, c'est-à-dire la somme des puissances occultes de séduction par la suprématie de la loi qui se trouvaient dans ces sept royaumes. Ces têtes n'ont aucun rapport avec sept empereurs qui auraient dirigé l'empire Romain à cette période de l'histoire, comme certains le proclament dans le but de détourner l'attention sur l'identité réelle de la tête qui est comme « étant blessé à mort ». Spécifions qu'il se retrouve un parallèle dans le symbolisme des têtes ou royaumes avec chacune des bêtes, mais que les significations des mêmes têtes ou royaumes qui s'y trouvent ne sont pas nécessairement les mêmes dans tous les détails dû au contexte historique, quoique les têtes ou royaumes puissent êtres identiques dans certains cas. Le problème est que Apocalypse 13:1-10 ne donne aucune indication qu'elle serait ces royaumes, sauf un qu'elle mentionne comme « étant blessé à mort » (verset 3). Nous devons donc nous référer à la bête dans Daniel 7:7-8 afin d'en obtenir des précisions, car la bête dans Daniel représente clairement aussi l'empire Romain et nous pouvons utiliser son symbolisme pour interpréter celui des têtes de la bête de la mer. Nous utiliserons une interprétation de Frédéric Godet, écrite au XIXe siècle, avant la résurrection de l'État d'Israël en 1948 pour faire ainsi. Mentionnons que l'interprétation de Godet a dû être modifiée, car il a négligée d'ajouter deux royaumes historiques qui sont d'une importance capitale, et par ce fait il n'arrive avec aucune explication pour la septième tête et se trompe pour une autre, ce qui laisse la porte ouverte à toutes sortes d'extravagances. Nous allons voir en ordre chronologique historique que l'Apocalypse embrasse toute l'histoire en se basant sur les sept têtes ou royaumes mentionnés dans les prophéties de Daniel, qui se retrouve aussi dans le symbolisme de la bête de la mer :

La première tête,

c'est l'Assyrie d'où nous avons les Chaldéens dont les plus connus sont les mages (les magiciens, les sages) qui vinrent adorer l'enfant Jésus et lui offrirent des cadeaux. Les Chaldéens étaient un ancien peuple nomade du nord de l'Assyrie reconnu pour ses pratiques occultes et sont mentionnés dans le livre de Job (Job 1:17). Il y a de fortes probabilités que l'ancien empire d'Assyrie soit figurativement le Léviathan ou dragon mentionné dans Job 40:20 et 41:25. L'apogée du premier royaume assyrien est le règne de Tukulti-Ninurta Ier. Celui-ci écrase l'armée hittite de Tudhaliya IV, et réussit à s'emparer de Babylone. Ces deux succès font de l'Assyrie la plus grande puissance de son temps. Mais le règne de ce roi s'achève dans le chaos, et il meurt assassiné à la suite d'un complot à la cour d'Assur. Après une crise dynastique, l'Assyrie est affaiblie, et le nouveau roi Enlil-Kudurri-Usur est vaincu et capturé par le roi babylonien Adad-Shum-Usur. Après une nouvelle révolution de palais, une nouvelle dynastie monte sur le trône avec Ninurta-Apil-Ekur, issu de la lignée des rois assyriens du Hanigalbat (donc lié à la famille royale). Son successeur Assur-Dan voit ses positions menacées dans le Zagros par le roi élamite Shilhak-Inshushinak, mais ce dernier n'arrive pas à faire durer sa domination. Son successeur Assur-Resh-Ishi réussit quelques campagnes victorieuses dans le Zagros, contre Babylone, et aussi face à des nouveaux ennemis, les Araméens. Après lui, Teglath-Phalasar Ier monte sur le trône. C'est le dernier grand roi de cette période : il combat maintes fois en Syrie du Nord, où il repousse les attaques des Araméens, et parvient à atteindre la côté méditerranéenne. Mais il échoue face à Babylone, et ne peut endiguer les assauts araméens. Dès le début, la première tête est marquée par l'occultisme, en fait tous les anciens royaumes se donnaient à des pratiques magiques.

La deuxième tête,

c'est le royaume de Babylone qui s'est épanoui en Mésopotamie du sud du début du IIe millénaire avant J.-C. jusqu'en 539, date de la prise de sa capitale par le roi Cyrus II de Perse. Durant sa longue histoire il a connu des périodes fastes et d'autres plus difficiles, et plusieurs dynasties se sont succédé à sa tête. On distingue traditionnellement trois grandes périodes dans l'histoire de Babylone : Période paléo-babylonienne (2004-1595), avec la Ire dynastie babylonienne ; Période médio-babylonienne (1595-fin du IIe millénaire), avec notamment la dynastie Kassite ; Période néo-babylonienne (début du Ier millénaire-539), qui aboutit à l'Empire néo-babylonien (627-539), dominé par la figure de Nabuchodonosor II, et marque la fin de l'indépendance de Babylone. La Bible nous témoigne que c'est l'empire de Babylone qui a écrasé les deux royaumes d'Israël et les a réduits à l'esclavage.

La troisième tête,

c'est le royaume des Mèdes. Les Mèdes sont un peuple de l'Iran ancien, voisin des Perses, avec lesquels ils ont souvent été confondus. Ils occupaient un territoire qui recouvre le nord-ouest de l'actuel Iran, au sud de la mer Caspienne actuel Azerbaïdjan, autour de leur capitale Hangmatana / Ecbatane au Ier millénaire av. J.-C. Ce peuple est un cas original, puisque même si on lui reconnaît généralement une importance dans l'histoire du Moyen Orient antique, il n'a lui-même laissé aucune source relative à son histoire qui soit certaine, et n'est connu que par des sources extérieures, assyriennes, babyloniennes et grecques, plus quelques sites archéologiques iraniens qui sont supposés avoir été occupés par des Mèdes. Les récits relatifs aux Mèdes rapportés par Hérodote ont laissé l'image d'un peuple puissant, qui aurait formé un empire au début du VIIe siècle av. J.-C. qui dura jusqu'en 550 av. J.-C., rivalisant avec les royaumes de Lydie et Babylone. La religion des Mèdes est connue par l'archéologie, ils étaient des adorateurs du feu, de ce qu'ils nommaient « la flamme éternelle ». Le site de Nush-i Jân comportait le meilleur exemple de temple du feu, donc typique de la religion « proto-mazdéenne » des anciens Iraniens (il s'agit là du Zoroastrisme connu aussi sous le nom de Mazdéisme d'où est issu le Mithraïsme). C'est une tour cruciforme de 14,5 x 16 mètres. Une antichambre ouvre sur une salle voûtée recouvrant un autel et un bassin. De là, on accède à un escalier menant à un étage supérieur, où se trouve l'autel du Feu en son centre. Un autre temple plus ancien avait été bâti à l'autre extrémité du site et un autre se trouvait peut-être à Godin Tepe comme on a pu le voir. Selon Hérodote, on trouvait parmi les Mèdes une caste sacerdotale, les Mages, qui sont d'après ce même auteur une des six tribus mèdes (formée probablement de Chaldéens en provenance de l'Assyrie). Ils agiraient notamment en tant que devins, puisque ce sont eux qui interprètent les songes du roi Astyage relatifs à la future prise de pouvoir de Cyrus II.

La quatrième tête,

c'est le royaume des Perses. La Perse (en grec ancien ἡ Περσίς / hê Persís) est le nom utilisé par les Grecs dans l'Antiquité pour désigner le territoire de l'Iran antique, qui portait le même nom que la région capitale de cette époque : Pars, appelée Pārsa- en vieux-persan et Pārs en moyen-persan. Durant l'Antiquité, le puissant Empire persan des Achéménides a livré plusieurs guerres aux Grecs. Plus tard, les Arabes conquièrent la région et y introduisent l'Islam. Au Xe siècle av. J.-C. le plateau iranien est peuplé par les Aryens au nord et dans le Fars, par les Mèdes dans l'ouest. Vers -750 Déjocès fonde le premier royaume mède, dont la capitale est Ecbatane. En -612 les Mèdes s'emparent de Ninive, provoquant la chute de l'Empire assyrien. En -552 la Perse devient un royaume indépendant sous le roi Cyrus II. En -550 Cyrus II détruit l'Empire mède et fonde l'Empire Perse, qui s'étendra à tout le Moyen-Orient, de la mer Égée à l'Inde, de l'Égypte à l'Afghanistan. On y voit la naissance de Darius Ier, roi de Perse en 486 av. J.-C. En -522, après la mort de Cambyse, le mage Gaumata usurpe le pouvoir en se faisant passer pour le défunt ; il est assassiné par des généraux menés par Darius. On arrive au début du règne de Darius Ier, roi de Perse (fin en 486 av. J.-C.). En -518 la Voie royale de 2,683 km est construite à travers l'Empire perse. En -490 les Perses du roi Darius sont battus par une coalition de Grecs à Marathon ; c'est l'épisode le plus marquant de la première guerre médique. En -486 on voit le décès de Darius Ier, roi de Perse. Puis vient le début du règne de Xerxès, roi de Perse (fin en 465 av. J.-C.). En -482, pour mater une révolte babylonienne contre la domination perse, Xerxès fait détruire les temples de la ville. En -480, au cours de la deuxième guerre médique les Grecs défont la marine perse à Salamine (Salamis). Plus de 1000 trières participent à la bataille. En -479, Athènes refuse l'offre avantageuse de passer du côté perse. En -472, dans sa pièce « Les Perses », Eschyle présente au public athénien la bataille de Salamine vue du côté perse. En -465 Xerxès Ier est assassiné. Son fils Artaxerxès Ier lui succède comme roi de Perse. En -459, après avoir aidé les rebelles égyptiens contre le pouvoir perse, les Grecs sont mis en fuite et trouvent refuge dans une île du Delta du Nil. En -404 l'Égypte devient indépendante de la Perse. En -401 le roi perse Artaxerxès II défait et tue son frère Cyrus le Jeune à Cunaxa. En -396 le roi de Sparte Agésilas II défait le satrape perse Tissapherne. En -386 Sparte et la Grèce signent un traité, la paix d'Antalcidas ou paix du Roi, reconnaissant les droits de la Perse d'Antaxerxès sur l'Asie et Chypre et les droits d'Athènes sur les îles de Skyros, d'Imbros et de Lemnos. En -370 les satrapes de l'Empire Perse entrent en révolte contre le pouvoir central, à la suite de l'indépendance de l'Égypte en -404. En -338 on voit le décès d'Artaxerxès, roi de Perse assassiné par son eunuque favori. En -333 Alexandre le Grand défait le roi perse Darius III Codoman à la bataille d'Issos. Et en -331 Alexandre le Grand défait le roi perse Darius III à la bataille de Gaugamèles. Ceci nous amène à la cinquième tête ou royaume de la Grèce.

La cinquième tête

est l'empire grec d'Alexandre. En -330, le roi de Macédoine Alexandre le Grand achève sa conquête de l'Orient. Il triomphe du roi des Perses Darius III et coalise sous une même autorité le plus grand empire que l'Antiquité ait jusqu'alors connu. Son empire, outre la Grèce, regroupe l'Égypte où il reçut le titre de "Pontifex Maximus" (Souverain Pontife), le pays de Canaan et toute la Mésopotamie jusqu'aux rives de l'Indus. La conquête d'Alexandre n'est pas qu'une opération militaire. On peut à proprement parler d'une conquête culturelle. Avec Alexandre, c'est le monde de la culture grecque qui fait irruption dans l'ancien Orient : philosophie, mathématiques, poésie... sans oublier la langue. Le grec va devenir la langue commune de tout l'Orient, nécessaire pour commercer ou entrer en relation avec l'administration. La cité grecque va devenir le modèle des villes nouvelles, dont la plus célèbre sera bientôt la fameuse Alexandrie d'Égypte. Même les anciennes cités se mettent au goût du jour et se construisent gymnases, théâtres et acropoles. Ce mouvement culturel est connu sous le nom d'hellénisation et celui qui ne connaît pas le Grec est considéré comme un ignorant, un barbare. Tout semblait bien parti pour durer, mais Alexandre décède à 33 ans le 23 Juin 323. Il meurt jeune et surtout sans héritier évident (un enfant encore à naître et un demi-frère psychologiquement fragile). Tant et si bien que ce sont ses officiers qui vont se partager son empire. Deux d'entre eux vont se partager l'Europe et deux autres l'ancien Orient. Ces quatre successeurs d'Alexandre sont connus sous le nom dediadoques (du terme grec qui veut dire "héritier"). En ce qui concerne l'histoire biblique, deux diadoques vont fonder des dynasties durables :

Les Lagides Les Seleucides
Territoire lors du partage : Égypte + Canaan Territoire lors du partage : Mésopotamie
Les principaux rois :

• Ptolémée I Sôter (dcd 285)

• Ptolémée II Philadelphe (285-246)

• Ptolémée III Évergète (246-221)

• Ptolémée IV Philopator (221-203)

• Ptolémée V Épiphane (203-180)

• Ptolémée VI Philométor (180-145)

• Ptolémée VII Physkon (145-116)

En pratique, tous les rois s'appellent Ptolémée et seul leur surnom permet de les différencier.
Les principaux rois :

• Séleucos I Nikator (dcd 280)

• Antiochos I Sôter (280-261)

• Antiochos II Théos (261-247)

• Séleucos II Kallinikos (247-226)

• Séleucos III Sôter (226-223)

• Antiochos III Megas (223-187)

• Séleucos IV Philopator (187-175)

• Antiochos IV Épiphane (175-164/163)

• Antiochos V Eupator (164/163-162)

• Démétrios I Sôter (162-150)

• Alexandre Balas (152-145)

• Antiochos VI Théos (145-141)

• Antiochos VII Évergète Sidétès (138-129)

• Démétrios II Nikator (129-125)

• Antiochos VIII Philométor (125-96)

• Antiochos IX Philopator (115-95)

La Judée (Israël) et la Samarie, autrefois province de l'empire Perse appartenant à la Transeuphratène deviennent une province de l'empire lagide désormais appelée la Koilé-Syrie (la Syrie de l'intérieur). La direction des opérations militaires et diplomatiques maccabéennes passe à Simon, un des deux frères survivant des Maccabées. Comme Jonathan, Simon va jouer habillement la carte des querelles de succession Séleucides et récupérer tous les privilèges dont jouissait Jonathan. En -141, il réussit même à se défaire de l'Akra. En -140, on organise une célébration pour donner à Simon une certaine légitimité en tant que Grand Prêtre alors qu'il n'est pas de lignée Sadocite. Bien qu'il ne porte pas le titre de roi, Simon obtient de fait la quasi-indépendance d'Israël. Il est tout à la fois Grand Prêtre et chef politique. Il va rétablir une succession héréditaire dans ces deux domaines, fondant ainsi la dynastie des Asmonéens. Le règne de Simon va se dérouler dans un climat de paix et de joie après ces années d'oppressions. Cependant, Simon va connaître une fin violente assassiné par un opposant en -134. Cette tentative de coup d'état échouera et le fils de Simon, Jean Hyrkan, va lui succéder à la tête d'Israël. C'est vers cette époque que s'achève les récit des livres des Maccabées et seul l'historien Flavius Josèphe couvre la période suivante. Le règne de Jean Hyrkan sera prospère, pratiquement totalement indépendant des Séleucides. Il va en profiter pour étendre son territoire, en imposant de force la conversion au Yahvisme des populations conquises. Ce sera le cas de l'Idumée, le territoire situé au sud de la Judée. Du fait de cette conversion forcée, les Iduméens seront dès lors considérés comme faisant partie de la nation Juive. Nous retrouverons ultérieurement un Iduméen célèbre qui jouera un rôle dans les affaires d'Israël, à savoir Hérode le Grand que nous savons être « la petite corne » de la bête mentionnée dans le livre de Daniel. C'est également vers cette époque que vont se constituer, ou tout du moins affirmer leurs différences, les deux grands partis religieux que nous retrouverons dans le Nouveau Testament, les Pharisiens et les Sadducéens. Les Pharisiens, dont le nom pourrait bien signifier les "séparés", semblent être la continuation du groupe jusqu'alors informel des Assidéens, dont on sait qu'ils étaient regroupés en congrégations. Les Pharisiens vont en tout cas manifester les mêmes préoccupations que les Assidéens de la période maccabéenne, soucieux d'une stricte observance de la loi, désireux de se préserver de la souillure engendrée par le contact avec les tenants de l'hellénisme, et finalement peu enclins à agir dans le domaine politique, du moins au début. Leur organisation est laïque, indépendante du clergé attaché au Temple, mais centrée sur des scribes commentateurs de la loi, un peu dans la ligne d'Esdras. À l'inverse, les Sadducéens, dont le nom vient probablement du prêtre Sadoq, se considèrent comme les détenteurs du sacerdoce légitime. Ils recrutent essentiellement dans la classe sacerdotale, et possèdent de nombreux alliés politiques dans l'aristocratie. Dans l'ensemble, ils sont plutôt ouverts à l'hellénisme, et dès le début, du fait du rôle politique affirmé du Grand Prêtre, ils jouent un rôle dans le vie politique du pays. En fait, on ne connaît les Sadducéens pratiquement que par de la littérature d'origine pharisienne, et cette dernière ne fait pas d'eux un portrait très élogieux, allant jusqu'à les accuser d'impiété. Si on considère le comportement des Grands Prêtres de la période grecque, il est possible que cette accusation ne soit pas sans fondements. Quoi qu'il en soit, Jean Hyrkan va adhérer au parti sadducéen et concevoir une vive hostilité contre les Pharisiens, qui lui reprochent entre autre de réunir en un seul homme la fonction de chef politique et militaire et de Grand Prêtre. Par ailleurs, Hyrkan va se comporter comme la plupart des souverains hellénisés de son temps, recourant notamment au recrutement de troupes mercenaires étrangères pour mener ses opérations de colonisation. Selon Josèphe, Hyrkan alla jusqu'à piller le tombeau de David pour payer ses mercenaires. Cette anecdote montre le changement qui s'est opéré en une seule génération depuis Judas Maccabée. Lorsque Jean Hyrkan meurt en -104, la Judée (Israël) est à l'apogée de sa puissance depuis le retour d'exil et possède de fait l'indépendance d'un royaume autonome. De ce fait nous pouvons la considérée comme étant la septième tête de la bête de la mer.

Après le règne d'Aristobule I, surnommé le philhelène (l'ami de l'hellénisme, ce qui veut tout dire), nous arrivons au règne d'Alexandre Jannée (103-76) qui va officiellement prendre le titre de roi, rompant ainsi définitivement avec l'idée que la royauté en Juda ne puisse appartenir qu'à la lignée de David. Cette usurpation du pouvoir royal va exacerber l'hostilité des Pharisiens qui vont provoquer un esclandre lors d'une cérémonie au Temple que préside Alexandre Jannée en tant que Grand Prêtre. En effet, cette querelle interne servait magnifiquement les affaires des Romains dont les armées de Pompée se trouvent alors en Syrie. À l'automne -63, la ville de Jérusalem est prise par les troupes romaines. Il s'en suit un massacre, dont il semble bien que la responsabilité incombe davantage aux Pharisiens amis d'Hyrkan qu'aux troupes romaines. En pratique, cette victoire de Pompée marque la fin de la période grecque. La dynastie asmonéenne va encore régner quelques temps. D'abord Hyrkan, qui est intronisé roi et Grand Prêtre à la place de son frère. Lors du conflit qui opposa César à Pompée, Aristobule crut pouvoir prendre sa revanche, mais il fut assassiné ainsi que son fils par les partisans d'Hyrkan. Soutenant d'abord Pompée, l'Iduméen Antipater sentit rapidement de quel coté soufflait le vent et il prit fait et cause pour César. Dès lors, Antipater ne va cesser de monter en puissance, et comme les Iduméens étaient assimilés à la nation juive, cette dernière en profita pour avoir un statut privilégié auprès des Romains. Antipater en profite pour placer ses fils gouverneurs, notamment le jeune Hérode qui se retrouve à 15 ans gouverneur de Galilée. Après la mort de son père en -43, Hérode va bénéficier à son tour du soutien des Romains desquels il obtient le statut de roi d'Israël. Il entrera en conflit avec le dernier Asmonéen Antigone. En -37, Hérode entre victorieux à Jérusalem. On est à l'aube de l'ère néotestamentaire, de la naissance miraculeuse du Seigneur Jésus-Christ en –4, et de son ministère de trois ans et demi en Israël, soit exactement 490 ans après la prophétie de Daniel (Daniel 9:23-27).

La sixième tête,

c'est l'Égypte, anciennement nommé « Mitsraïm » (Genèse 10:6) qui avait réduit en esclavage le peuple de Dieu. L'Égypte passe sous la domination romaine en -30. Elle conserve un statut particulier durant tout l'Empire romain. Le pays reste un des principaux greniers à blé pour Rome, et la religion égyptienne continue de rayonner dans l'ensemble du bassin méditerranéen. Le pays bénéficie de la pax romana pendant plusieurs dizaines d'années. Après la mort de Cléopâtre VII, l'Égypte devient une province de l'Empire romain, gouvernée par un préfet choisi par l'empereur, et non par un gouverneur de l'ordre sénatorial. L'héritage des Ptolémées n'est cependant pas totalement effacé : le grec reste une langue courante dans l'administration. Il n'y a pas de colonisation massive de l'Égypte par les Romains. Ces derniers respectent et même adoptent le panthéon et le culte égyptiens, même si le culte de l'empereur et de Rome est progressivement introduit. Après la destruction du temple de Jérusalem par les Romains en 70, Alexandrie devient l'un des grands centres d'immigration et d'études juives. La dynastie des empereurs romains en Égypte est assez floue. À la chute des Ptolémées, les traditions égyptiennes resteront quelque temps en activité, et la religion pharaonique sera toujours la règle, et constituera l'unique lien entre les Égyptiens de Djéser et les Égyptiens d'Hadrien. Si l'Égypte est importante aux yeux des Romains, c'est avant tout parce que le pays, avec la Tunisie, est le grenier à blé de l'empire. L'Égypte appartient personnellement à l'empereur, et non au Sénat. L'époque romaine est une période assez honteuse pour les Égyptiens, considérés comme des personnes de basse catégorie. Ils endurent des conditions de vie difficiles. Des temples seront construits, ou bien les Romains embelliront ou achèveront les temples commencés par les Ptolémées. L'art de cette époque est grossier, et sans comparaison avec l'époque de Séthi. Ainsi seront construits la ville d'Antinoupolis, par le Romain Hadrien, le kiosque d'Hadrien (ou de Trajan ?) à Philae, le temple de Dendérah embelli par Auguste, plusieurs mammisi, etc. Pharaon est le fils des dieux et porte le titre de "Pontifex Maximus" (Souverain Pontife) et sans ce roi d'Égypte, il n'y a que désordre. L'empereur va se représenter, comme les Ptolémées, à la mode égyptienne, il doit se soumettre spirituellement au peuple, bien qu'il se moque bien de respecter la tradition, hormis quelques exceptions.

La septième tête,

c'est la nation juive, Israël, sous la dynastie des rois Hérodes. Il n'y a aucun doute que le contexte de l'Apocalypse va dans le sens de cette interprétation. L'apôtre Jean accuse les juifs d'être de la synagogue de Satan : « Je connais ta tribulation et ta pauvreté (bien que tu sois riche), et les calomnies de la part de ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui sont une synagogue de Satan. » (Apocalypse 2:9) ; « ...et Voici, je te donne de ceux de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui mentent ; voici, je les ferai venir, se prosterner à tes pieds, et connaître que je t'ai aimé. » (Apocalypse 3:9) Dans cette optique, tout devient clair : le coup mortel que la bête a reçu, c'est la destruction de la nation juive selon la Parole de Dieu, par le général Titus en 70 (Deutéronome 28:15-68; Daniel 9:27; Luc 13:34-35; 17:26-37; 21:20-24). L'Apocalypse nous dit que cette tête, Israël, « reçu un coup mortel de l'Épée » (Apocalypse 13:14), et il est hors de tous doutes que l'Épée mentionnée ici est nulle autre que la Parole de Dieu : « Prenez aussi le casque du salut, et l'ÉPÉE DE L'ESPRIT, qui est LA PAROLE DE DIEU. » (Éphésiens 6:17) ; « Car la Parole de Dieu est vivante, et efficace, et plus pénétrante qu'aucune épée à deux tranchants, perçant jusqu'à la division de l'âme et de l'esprit, des jointures et des moelles, et jugeant les pensées et les intentions du coeur. » (Hébreux 4:12) C'est dans ce sens aussi que nous voyons Siméon prophétiser lorsqu'il s'adresse à Marie et mentionne « une Épée qui transperce l'âme » (Luc 2:35). Tous les exégètes et théologiens affirment que les paroles de Siméon concernent Marie, mais en regardant attentivement le contexte, on s'aperçoit du contraire. Il n'y a aucun doute que ces paroles prophétiques de Siméon n'ont aucun rapport avec Marie, mais concernent la destruction d'Israël par l'Épée de la Parole de Dieu, c'est-à-dire par le jugement de Dieu qui utilisa les troupes de l'armée Romaine pour détruire Israël, comme il fut indiqué dans les nombreuses références plus haut : « Il y avait à Jérusalem un homme qui s'appelait Siméon ; cet homme était juste et pieux, il attendait la consolation d'Israël... Et Siméon les bénit, et dit à Marie sa mère : Voici, cet enfant est mis pour la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et pour être en butte à la contradiction ; En sorte que les pensées du coeur de plusieurs seront découvertes ; et pour toi Israël une épée te transpercera l'âme. » (Luc 2:25,34-35) La dispersion du peuple juif a duré pendant 1930 années ! Aujourd'hui, en 2008, nous constatons que cette bête que l'on croyait morte est miraculeusement revenue à la vie au mois de mai 1948, contre toute attente politique, l'État d'Israël a proclamé son indépendance. Il a ensuite réalisé des exploits militaires : guerre des 6 jours, guerre du Kippour, guerre palestinienne, et des exploits techniques : il a fait reverdir le désert avec les belles cultures fruitières, les prophéties d'Ésaïe ont été réalisées ! Le monde entier est suspendu à ses décisions politiques et c'est le seul endroit de la planète où toutes les nations ont le regard tourné en permanence. Toutes les télévisions du monde ont des envoyés PERMANENTS à Jérusalem ! Cette même tête, « blessée comme à mort », est désignée aussi dans l'Apocalypse comme étant « la bête qui sort de la terre » (Apocalypse 13:11) et « la bête qui sort de l'abîme » (Apocalypse 17:8), sauf que cette dernière concerne plus le mouvement Sioniste, la puissance derrière la nation moderne d'Israël, qui atteindra son point culminant bientôt et dont le résultat final sera la destruction totale de Jérusalem (Apocalypse 17:16-18). Il importe de mentionner ici que « les dix cornes » de la bête qui sort de l'abîme, ne sont pas identiques avec celles que nous avons vu concernant la bête de la mer, mais se rapportent à dix nations Arabes dont le territoire avait été donné à Abram : « En ce jour-là, YEHOVAH traita alliance avec Abram, en disant : Je donne ce pays à ta postérité, depuis le fleuve d'Égypte jusqu'au grand fleuve, au fleuve d'Euphrate ; Les Kéniens, les Kéniziens, les Kadmoniens, Les Héthiens, les Phéréziens, les Rephaïms, Les Amoréens, les Cananéens, les Guirgasiens et les Jébusiens. » (Genèse 15:18-21) De même, les têtes de la bête qui sort de l'abîme ne sont pas identiques avec celles de la bête de la mer, mais se rapportent à sept nations ou royaume du pays de Chanaan qui furent détruit par Israël : « Le Dieu de ce peuple d'Israël choisit nos pères, et releva ce peuple, pendant son séjour dans le pays d'Égypte, et les en fit sortir à bras élevé. Et il les supporta et les nourrit dans le désert, l'espace d'environ quarante ans. Et ayant détruit sept nations au pays de Canaan, il leur distribua leur pays par le sort. » (Actes 13:17-19) Mentionnons aussi que « la Grande Prostituée qui est assise sur plusieurs eaux » (Apocalypse 17:1) n'est pas l'Église Catholique comme plusieurs le pensent, tout simplement à cause qu'il est écrit aussi que la femme est assise sur « sept montagnes » (Apocalypse 17:9) et que la ville de Rome est construite sur sept montagnes. Un très grand nombre ont fait cette association malheureuse, même d'entre les grands Réformateurs comme Martin Luther, Jean Calvin, et plusieurs autres. Toutefois on ne peut les blâmer à cause des persécutions que les chrétiens subirent au temps de la Réforme de la part de l'Église Catholique, et surtout du fait qu'ils n'avaient aucune notion en ce temps que la nations d'Israël était pour resurgir de la terre des nations. Tout le contexte du chapitre 17 de l'Apocalypse nous indique que la Grande Prostituée est nulle autre que la ville de Jérusalem. Or le mot « montagne » ou « oros » en Grec, provient de la racine « airo », terme qui signifie simplement « une élévation ». Ceci est très significatif dans le contexte du symbolisme de ce chapitre. Le roi Salomon nous en donne le sens spirituel en disant : « La sagesse a bâti sa maison ; elle a taillé ses sept colonnes. » (Proverbes 9:1) Les prophètes, Ésaïe et Ézéchiel, confirme même que Jérusalem est la Prostituée : « Comment la cité fidèle est-elle devenue une prostituée ? Elle était pleine de droiture, la justice habitait en elle ; et maintenant, des meurtriers. » (Ésaïe 1:21) ; « Ta renommée se répandit parmi les nations à cause de ta beauté, car elle était parfaite, grâce à la magnificence dont je t'avais ornée, dit le Seigneur, YEHOVAH. Mais tu t'es confiée en ta beauté, tu t'es prostituée à la faveur de ta renommée, et tu as prodigué tes prostitutions à tout passant, en te livrant à lui. » (Ézéchiel 16:14-15) Cela est même confirmé davantage par l'apôtre Paul dans son épître aux Galates (Galates 4:22-31). Cette septième tête correspond aussi à « la petite corne » ou royaume de la dynastie des rois Hérodes sur Israël qui devait venir d'entre l'empire de Rome, et dont nous sommes les héritiers directs, et la prise de pouvoir de ce huitième royaume, qui est l'empire de Satan, la suprématie de la loi d'un peuple qui ne se dit plus le peuple de Dieu, mais « le peuple Dieu ». Avec lui, il reste peu de temps ! Ce royaume Sioniste a été érigé à partir de l'influence et de l'aide des banquiers internationaux, de même que des démocraties modernes qui, à travers les politiques contemporaines (décolonisation, nazisme et contre-nazisme) et les idéologies nouvelles (démocratie, paix mondiale, souveraineté nationale), a favorisé la reconstruction de l'État d'Israël. En 1948, avec la renaissante de la nation Juive, la bête "qui était et qui n'est plus", a pu revivre et devenir la huitième tête : elle est du nombre des sept autres têtes, car, comme eux, l'État d'Israël est un état païen et il conduit les autres peuples à la perdition : aujourd'hui, toutes les nations sont attentives à Israël parce qu'elles craignent une troisième guerre mondiale, une guerre nucléaire. L'hostilité du monde arabe contre Israël nous fait craindre la pire, et il est évident que nous sommes sur le bord d'une catastrophe d'envergure mondiale, et que le Seigneur Jésus apparaîtra bientôt. Soyons assuré que tout se déroule selon le plan de Dieu, qui seul est Souverain absolu sur toutes choses.


— Le nom de blasphème

Les titres blasphématoires sur ses têtes indiquent son caractère fier, arrogant, qui déteste Dieu, indépendant des gouvernements humains, et provocante devant Dieu. Elle se met à son avantage peu importe le prix, pour augmenter son pouvoir et ses richesses. Comparez ses titres blasphématoires avec le nom de la prostituée « Babylone la Grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre » (Apocalypse 17:5). Comparez également aux saints qui sont marqués du nom de l'Agneau et du Père (Apocalypse 14:1). Certains empereurs romains ordonnaient qu'on les adorent, cela est clairement blasphématoire. Les empereurs romains prenaient des titres divins comme « divus » ou « sebastos ». Souvent on leur donnaient même le nom de Dieu ou Fils de Dieu. Néron, sur ses pièces de monnaie, se faisait appeler « Le Sauveur du Monde ». Un homme qui se nomme divin commet le blasphème. Les derniers empereurs prenaient leur titres du latin « dominus » ou l'équivalent grec « kurious » les deux signifient « seigneur » et dans l'Ancien Testament sont le titre de Dieu tandis qu'ils sont le titre de Jésus Christ dans le Nouveau Testament (Barclay). Dans Daniel la corne parlait avec orgueil Daniel 7:8-25. Aussi, comme nous avons vu, après sa victoire sur Maxence au pont Milvius, Constantin prit le titre de "Maximus Augustus", le "Suprême Vénérable", fils d'Apollo ; comme il est ailleurs "Pontifex Maximus", "Souverain Pontife" des Mystères Chaldéens du Culte du Soleil.

La ressemblance à un Léopard

Nous savons que le léopard représente la Grèce (331-168 avant Jésus-Christ). Un léopard avec quatre têtes et quatre ailes sur son dos représente l'empire d'Alexander le Grand qui a été divisé parmi ses quatre généraux Cassander — l'est Lysimachus — le nord Ptolémée — Égypte dans le sud Seleucius — l'ouest. Mais dans le contexte historique du symbolisme de la bête de la mer, il nous faut regarder plutôt le sens figuratif que nous obtenons de René François Rohrbacher, dans son "Histoire Universelle de l'Église Catholique", où il est dit que « le léopard, par la variété de ses couleurs, représente l'inconstance de Maximien-Hercule, qui quitta et reprit plusieurs fois l'empire. »

Les pieds comme ceux d'un ours

De même, l'ours était la représentation de la Medo-Perse (539 avant Jésus-Christ). Mais dans le sens figuratif du contexte historique, René François Rohrbacher nous dit : « Les pieds d'ours, c'est Galérius, animal venu du nord, que son humeur sauvage et brutale, et même sa figure informe dans son énorme grosseur, avec sa mine féroce, rendaient semblable à un ours. Son plus doux passe-temps était d'élever de ces animaux dans son palais, et de leur faire dévorer des hommes. »

La gueule comme celle d'un lion

Le lion représentait clairement l'empire de Babylone. Mais dans le sens figuratif, René François Rohrbacher nous dit : « La gueule du lion, c'est Dioclétien, qui était, dans ce corps monstrueux se montrait d'abord en premier, car c'était le premier empereur qui avait adopté les autres. Ces trois empereurs... furent les auteurs et les plus violents exécuteurs de la persécution. Ces trois animaux féroces, dit Lactance, sévissaient de l'orient à l'occident. »


Les papes de Rome

La Bête de la Mer Universelle, pourrait très bien se nommer aussi « la Bête Papale ». Dans le Catholicisme, le pape est désigné sous l'appellation de « Pontife romain » (Pontifex Romanus), dérivé de l'appellation du grand prêtre romain (et plus tard, l'Empereur) prétendu représentant de Dieu sur terre : "Pontifex Maximus". Nous avons déjà vu que ce titre blasphématoire était porté par presque tous les rois des anciens empires, incluant Israël sous le roi Hérode et l'empire Romain d'où il fut reprit par Constantin. La signature papale prend la forme « NN. PP. x », c'est-à-dire "Un tel, Pontifex Primus (premier pontife), numéro tant" (ainsi, le pape Paul VI signait « Paulus PP. VI »), et son nom est fréquemment accompagné dans les inscriptions par les abréviations « Pont. Max » ou « P.M. » — abréviation de l'ancien titre hérité de l'Antiquité latine Pontifex Maximus, littéralement « le plus grand bâtisseur de ponts ». Le Pontifex Maximus ou Grand Pontife était le plus haut prêtre de Rome et était nommé par l'Empereur. Concernant le pape, ce titre est habituellement traduit en français par « Souverain Pontife ». Les bulles papales sont signées « NN. Episcopus Ecclesia Catholicæ » (« NN. Évêque de l'Église catholique »), alors qu'elles débutent par l'appellation « NN. Episcopus Servus Servorum Dei » (« NN. Évêque serviteur des serviteurs de Dieu »), ce dernier titre datant du pape Grégoire Ier le Grand. D'autres circonstances officielles voient l'usage de titres tels que Summus Pontifex, Sanctissimus Pater (Très Saint Père — cette formule est d'usage en France pour la correspondance adressée au Pape), Beatissimus Pater, Sanctissimus Dominus Noster (Notre Très Saint Père), et à l'époque médiévale Domnus (et non Dominus) Apostolicus (Seigneur Apostolique).

Origine Mithraïste de la papauté

Comme nous avons déjà mentionné, le Mithraïsme, issu du Zoroastrisme ou Mazdéisme, à plusieurs similitudes avec le Christianisme. Nous y trouvons des parallèles stupéfiants qui nous indiquent clairement la source du Catholicisme. — Zoroastre prêchait aux Perses : « Il n'y a qu'un seul Dieu, celui de la lumière et du ciel, Ahura-Mazda, le Seigneur-Sage, qui est le Créateur de toutes choses ». Pline, l'historien Romain, nous raconte que Zoroastre avait écrit deux millions de vers et une Bible qui se nomme le Zend-Avesta. Zoroastre enseignait que le dieu Ahura-Mazda et Ahriman ou Satan, combattaient pour leur prédominance, mais qu'à la fin le Diable serait vaincu et que le mal cesserait à jamais. Alors viendrait la résurrection, et le corps serait revivifié étant réunit de nouveau avec son âme. La religion Mazdéenne prêcha aussi la venue d'un Sauveur qui a une étonnante ressemblance à Jésus : « Zoroastre, étant assis près de la source d'eau vive, ouvrit la bouche et parla ainsi à ses disciples : Je m'adresse à vous mes amis que j'ai nourris de ma doctrine. Écoutez, que je vous révèle le mystère prodigieux concernant le Grand Roi qui doit venir dans le monde. En effet, à la fin des temps, un enfant sera conçu et formé avec tous ses membres dans le sein d'une vierge, sans que l'homme l'ait approché. Il sera pareil à un arbre à la belle ramure et chargé de fruits, se dressants sur un sol aride. Les habitants de cette terre s'opposeront à sa croissance et s'efforceront de le déraciner du sol, mais ils ne pourront point. Alors ils se saisiront de lui et le tueront sur le gibet. La terre et le ciel porteront le deuil de sa mort violente et toutes les familles des peuples pleureront. Il ouvrira la descente vers la profondeur de la terre, et de la profondeur il montera vers le haut. Alors, on le verra venir avec l'armée de la lumière, porté sur les blanches nuées ; car il sera l'enfant conçue de la Parole génératrice de toutes choses. Quand se manifestera le début de son avènement, de grands prodiges apparaîtront dans le ciel. On verra une étoile brillante au milieu du ciel, sa lumière l'emportera sur celle du soleil... Or donc mes fils, gardez le mystère que je vous ai révélé ; qu'il soit écrit en votre coeur et conservé dans le trésor de vos âmes. Et quand se lèvera l'astre dont j'ai parlé, que des courriers soient envoyés par vous, chargé de présents, pour l'adorer et lui faire offrande. Ne le négligez pas, car il est le Roi des rois, et c'est de lui que tous reçoivent la couronne ».

Le Seigneur mentionné ici haut n'est pas Jésus mais Mithra, connu anciennement sous le nom de Tammuz (Ézéchiel 8:14), dont le caractère fut associé aux aspirations messianiques d'Israël. Arthur Weigall (The Paganism in our Christianity) nous dit que « Mithra fut engendré par Ahura-Mazda et fut son égal comme fils. Il fut né dans une caverne et des bergers vinrent l'adorer lui apportant des présents. Il était l'incarnation de Hélios, le dieu Soleil ; et par le fait de sa naissance dans une caverne, il devint identifié à Apollo et fut reconnu comme le dieu du rocher et adorer comme le Bon Berger, le Soleil spirituel, la lumière céleste, et le chef des sept esprits divins. Dans sa désignation de "Dieu du Rocher", nous obtenons la raison pourquoi la colline du Vatican de Rome fut regardée comme consacré à l'apôtre Pierre, la pierre ou le rock, car elle fut déjà consacré à Mithra ; des ruines Mithriaque y furent découvertes. Le Mithraïsme, étant une religion à mystère, avait sept niveaux d'initiations ou sept sacrements, ses jours de fêtes, son Eucharistie, et son propre baptême. Justin Martyr, qui en toute probabilité en fut un initié, écrivit vers l'an 140, que du pain et de l'eau furent utilisé dans l'eucharistie des adorateurs de Mithra ; le pain qui avait une forme ronde symbolisait le soleil et fut marqué d'une croix. L'eucharistie Mithriaque fut un mémorial de la dernière cène ou repas de Mithra, lorsqu'il mangea avec Hélios avant de monter aux cieux. Tertullien, un autre initié, ajoute que les adorateurs de Mithra pratiquait le Baptême d'eau par lequel ils croyaient être racheté de leurs péchés ; et que le prêtre Mithriaque faisait un signe de croix sur le front de la personne baptisée. Les adorateurs de Mithra furent appelé Soldats de Mithra. Le chef de la foi Mithriaque se nommait Pater Patrum, "Père des Pères", c'est-à-dire "Pape" qui vient du mot "Papa" ; et siégeait à Rome, tout comme le Pape de nos jours. Mithra fut appelé "Dominus", c'est-à-dire "Seigneur", et le Dimanche lui fut consacré comme "le jour du Seigneur". Le 25 décembre fut observé comme le jour de sa naissance, et Pâque fut même un festival Mithriaque. Du Mithraïsme est venu l'utilisation des cloches, des chandelles, de l'eau bénite, et de la sélection du Mont Vatican comme un site sacré. »

Nous avons encore aujourd'hui un ancien document écrit en langue vaudoise qui se nomme "La Noble Leçon" (La Nobla Leycon). Ce document écrit vers l'an 1100, montre clairement que la première opposition des Vaudois à l'Église de Rome remonte au temps de Constantin, lorsque Sylvestre fut Pape. Or nous savons aussi que Léon I (440-461) fut surnommé "le premier pape", mais ceci est simplement dû au fait qu'il fut le premier à vouloir monopoliser la désignation de "successeur de Pierre", et que son intervention auprès d'Attila, roi des Huns, le fit apparaître comme le principal personnage politique de l'Italie. Le mot "pape" vient du latin "pater" et signifie "père". Les évêques de Rome adoptèrent cette désignation de l'ancienne religion des Druides pour se donner de l'importance et du prestige. Alexandre Hislop (Les Deux Babylones) nous indique que le pape Damase I fut le premier à prendre le titre de "Pontifex Maximus", titre païen qui lui fut donné par l'empereur Gratien (375-383). Cette désignation identifie chaque Pape comme "un fils du serpent", car les païens croyaient que la semence du serpent était "le grand roi du monde". Or en ce temps, chaque évêque de Rome était reconnu sous la désignation de "Pape" ou "Père", à partir de Sylvestre jusqu'à nos jours. Ainsi dit "La Noble Leçon" des Vaudois : « Tous les papes depuis Sylvestre jusqu'à présent ».

On appelle pape un certain nombre de chefs d'Églises chrétiennes. Parmi celles-ci : l'Église catholique romaine dont le pape est l'évêque de Rome, chef spirituel des catholiques du diocèse de Rome et chef temporel de l'État du Vatican. Le pape catholique actuel est Benoît XVI, élu à l'âge de 78 ans le 19 avril 2005. L'Église copte dont le pape actuel est Chenouda III, qui réside au Caire, en Égypte ; elle affirme que sa lignée remonte à Marc l'évangéliste. Certaines Église orthodoxes dont le patriarche porte entre autres le titre de pape, en particulier celle d'Alexandrie dont le pape-patriarche actuel est Théodore II. Seuls les deux premiers utilisent le titre de pape comme titre principal. Pour les autres, ce n'est qu'un titre annexe rarement employé. Dans l'usage français reconnu par tous les dictionnaires usuels, et quoiqu'il ne résume pas la totalité de l'usage francophone, le terme de pape employé sans plus de précision désigne exclusivement le chef suprême de l'Église catholique. C'est dans ce sens seul que ce terme est employé dans cet article, sauf mention contraire. Pour les historiens, c'est le Concile de Chalcédoine — celui qui fixe le credo — qui, effaçant l'attelage de trois métropolites, accorde en 451 le titre de Pape, assorti de la primauté sur tous les autres évêques, au seul métropolite de Constantinople. Jean Guyon dit que le premier évêque monarchique de Rome fut Victor Ier (180-199). Le premier évêque de Rome a être désigné par le titre de « Pape » fut Calixte Ier (217-222).

Succession mystique de la Papauté

La théologie catholique fait remonter la lignée des papes à l'apôtre Pierre qui aurait été le premier évêque de Rome jusqu'à sa mort en 64 ou 67, cela à cause que le nom de Pierre était Simon et que ce nom signifie « une pierre ». S'appuyant sur une lecture de l'Évangile, elle affirme que le rôle de l'apôtre de présider à l'unité de l'Église a été énoncé par le Christ, ce qui s'exprime dans l'évangile de Matthieu : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église... je te donnerai les clefs du Royaume des cieux » (Matthieu 16:18-19) et dans l'évangile de Jean, par les paroles : « Simon (Pierre), (...) Pais mes agneaux... Pais mes brebis » (Jean 21:15-17). Ainsi, l'Église catholique romaine prétend que les papes se sont succédé en une lignée ininterrompue depuis Pierre, bien que sa primauté sur l'Église, ses fonctions et pouvoirs actuels, son titre même de Pape ne soient apparus que plusieurs centaines d'années plus tard dans l'histoire de la chrétienté, puis du catholicisme romain en particulier. On reconnaît donc rétroactivement le titre de pape à des personnes qui ne l'utilisaient pas de leur vivant de même qu'on leur reconnaît le statut d'évêque avant que celui-ci ne soit précisément défini. Il a été dit par un théologien que celui qui déférerait le texte de Matthieu 16:18-19 en lui donnant une traduction précise à partir du Grec original, déférerait par ce fait même l'Église Catholique. Presque toutes les versions de la Bible traduisent ces passages de la même façon, sauf une, la nouvelle Bible de l'Épée 2007 traduit ces passages ainsi : « Et moi, je te dis aussi à toi qui es Pierre, que sur le rocher de cette révélation j'établirai mon Appel à Renaître, et les portes de la dissimulation ne résisteront point contre elle. Et je te donnerai les extrémités du royaume des cieux ; et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux ; et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. » Cette traduction va définitivement à l'encontre de toutes les prétentions du Catholicisme, car elle traduit le mot « Église » dans son sens original de « appeler hors de » par « appel à renaître », indiquant que l'Église n'est pas une institution ou organisation, mais un état d'être, l'état d'être appelé hors du monde à Christ, l'état de renaître, c'est-à-dire « d'être régénéré d'en haut » (Jean 3:5-8). L'importance dans ces passages, est la révélation que Pierre a reçu du fait que « Jésus est le Christ (le Messie), le Fils du Dieu vivant. » (Jean 6:69), et non pas une succession apostolique imaginaire désirée par des hommes assoiffés de pouvoir. Comme « Fils du Dieu vivant », Jésus est celui qui fait renaître par sa Parole de vie, et cela est la conséquence directe de la révélation que Pierre a reçu. Aussi, beaucoup indique que par la duplicité de la transposition des mots, dont le catholicisme est imprégné, que le Simon dont ils font références comme étant leur fondateur duquel la papauté dérive la succession, soit plutôt « Simon le magicien » (Actes 8:9-24). Selon Irénée et Hippolyte, Simon le magicien, le faux prophète, s'était rendu à Rome pour fonder une secte gnostique dans laquelle il était reconnu comme le Grand Interprète. Il se donnait pour un apôtre et sa préoccupation principale était de vendre le Saint-Esprit. Il était prêtre du culte babylonien de Péthor, ou de Bosor, ville dont il était originaire et que le roi d'Assyrie enleva aux Hittites pour la nommer ensuite Pitru. Ce Simon de Péthor, s'aurait fit passer pour Simon Pétrus et aurait été dans ce sens, le premier pape.

Selon Jean-Paul Decoeurtyte, dans son "Histoire du Gnosticisme", Simon le Mage ou le Magicien, né en Samarie, était contemporain de Jésus. Son maître intellectuel était Philon d'Alexandrie, mais il ajouta à sa doctrine des pratiques de théurgie qui devaient exercer plus de prestige que des idées sur l'esprit grossier des Samaritains, auprès desquels il acquit une grande influence. Ils se faisaient appeler « la Vertu de Dieu » ou « la Grande Vertu ». Cependant, le bruit des miracles accomplis par les apôtres intrigua le philosophe samaritain. Il se dit que ces gens devaient être plus habiles que lui et possédaient sans doute des secrets qu'ils pourraient lui transmettre. Converti par la prédication de Philippe, il reçut le baptême. Les apôtres étant venus à Samarie, Simon se rendit auprès d'eux, et ne comprenant pas comment ils faisaient descendre le Saint-Esprit sur les convertis en leur imposant les mains, il leur offrit une somme d'argent pour le savoir. Pierre lui lança : « Périsse ton argent et toi avec lui ! » ; puis, il lui demanda de se repentir (Actes 8:9-24). Depuis, le terme « simonie » désigne l'achat de charges ecclésiastiques et le trafic de biens spirituels et d'objets sacrés. Simon, qui ne s'était fait chrétien que dans l'intérêt de son art, reprit son ancien état de magicien et se mit, comme les apôtres, à faire des prosélytes. Il alla s'établir à Tyr, où il acheta, dit Tertullien, une courtisane avec le même argent qu'il avait voulu consacrer à l'achat du Saint-Esprit. Cette femme, instrument de ses désordres, continue Tertullien, était un apôtre sui generis, qui réussit à recruter un grand nombre de néophytes. Elle s'appelait Hélène et Simon la présentait comme une nouvelle incarnation de l'épouse de Ménélas, celle qui causa la ruine de Troie. Il la faisait aussi passer pour Minerve ou pour la mère du Saint-Esprit. Selon Justin (Ire Apol., 26; 56), Simon se rendit à Rome, au temps de Claude (41), et il y obtint un succès inouï. Les plus grands personnages du temps furent éblouis par ses prestiges. S'il faut en croire plusieurs Pères de l'Église, on leur éleva, à lui et à sa courtisane Hélène, des statues dans l'île du Tibre sous les noms de Jupiter et de Minerve... Voici, d'après Nicéphore Calliste (+ vers 1350), quels étaient les prodiges opérés par Simon : « Simon le Magicien, avec l'aide des démons, faisait un grand nombre de choses surprenantes. Car il faisait en sorte que les statues se mouvaient d'elles-mêmes, et dans les appartements les vases et différents objets se transportaient d'un lieu dans un autre, et lui-même, entouré de flammes, ne brûlait pas. Il volait dans l'air. En trompant les hommes, il faisait des pains avec des pierres. Il prenait la forme d'un dragon et de plusieurs espèces d'animaux. On le voyait, avec deux visages ; quelquefois il se transformait tout en or. D'un mot il ouvrait les portes bien fermées et munies de serrures et de verrous. Il brisait des chaînes en fer. Dans les festins, il faisait paraître des simulacres de différentes formes. II se faisait précéder par plusieurs ombres qu'il disait être les âmes de personnes mortes depuis longtemps. Non seulement il se transformait lui-même comme il voulait, mais il changeait aussi les autres en différentes formes d'animaux. Quelques-uns de ceux qui le prenaient pour un bouffon ayant voulu le tromper, sous le prétexte d'une fausse amitié, il les invita à un banquet et les livra à des démons cruels, et leur infligea toutes sortes de maladies incurables. » (Nicéphore Calliste, « Historia Eccles. », lib. II, cap. XXVII, « Hegesippus, De excidio Hierosolymitano », lib. III, cap. II.)... Simon est l'auteur de quelques écrits, entre autres de plusieurs discours qu'il intitula « Contradictoires », parce qu'il y contredisait l'Évangile. Simon, pour le fond de sa doctrine, était platonicien ; il joignait à ce fond les pratiques de la théurgie asiatique la plus extravagante. « C'est, disait-il, par ma grâce (il se disait Dieu) et non par leur mérite que les hommes sont sauvés. Pour l'être, il suffit de croire en moi et en Hélène ; c'est pourquoi je ne veux pas que mes disciples répandent leur sang pour propager ma doctrine. » Alexandre Hislop (Les Deux Babylones) ajoute « Ainsi par une simple confusion de mots, des personnes et des choses essentiellement différentes étaient confondues ; le paganisme et le christianisme étaient mêlés ensemble afin de servir l'ambition croissante d'un système corrompu prétendument chrétien ; donc, pour les chrétiens aveuglés de l'apostasie, le pape devint le représentant de Pierre l'apôtre, tandis que pour les païens initiés : il n'était que le représentant de Pierre, l'interprète de leurs fameux mystères. »

Les Conciles et la Papauté

L'origine de la fonction papale est avant tout d'ordre spirituel, ou plus précisément mystique, bien avant d'être politique (elle ne l'est que secondairement). Néanmoins, la Donation de Constantin, un faux document composé vers le VIIIe siècle, fut rédigé pour laisser accroire qu'en quittant Rome l'empereur Constantin aurait remis à l'évêque de Rome non seulement le palais du Latran, mais encore les insignes de la dignité impériale, laissant l'Occident au pouvoir (potestas) du pape. Pendant le premier siècle de l'Église chrétienne (30-130), la capitale romaine fut reconnue comme un centre chrétien d'importance exceptionnelle ; mais il y a peu de références de cette époque concernant une reconnaissance de la primauté du Siège romain en dehors de Rome. Plus tard, au second siècle après Jésus-Christ, il y a eu quelques manifestations de l'autorité de Rome sur les autres églises. En 189, il est fait mention de la primauté de l'Église de Rome dans le livre "Contre les Hérésies" d'Irénée de Lyon (3:3:2) : « Avec l'Église de Rome, en raison de son origine supérieure, toutes les églises doivent être d'accord... et c'est en elle que la tradition apostolique a été maintenue. » Et en 195, le pape Victor Ier, dans ce qui est considéré comme un exercice de l'autorité romaine sur les autres Églises, excommunia les Quartodécimains du fait qu'ils observent la Pâques le 14 Nisan (ou Aviv), la date de la Pâque juive, une tradition transmise par Jean l'Évangéliste. La célébration de la Pâques un dimanche, comme le pape l'a demandé avec insistance, est le système qui a prévalu.

Du point de vue de l'administration civile, l'Empire romain était divisé en provinces, chacune étant dirigée à partir de sa métropole (littéralement « ville-mère », en grec). Du point de vue de l'administration des églises, cette désignation ne s'appliquait qu'à Antioche, Alexandrie, Nicomédie puis Constantinople qui la remplace. À la fin du IIIe siècle ou au tout début du IVe siècle, l'évêque de chaque métropole, ou métropolite, a pris de l'ascendant sur les autres évêques de la province. En 325, le Concile de Nicée entérine cet état de fait : nul évêque ne peut ordonner un prêtre ou un autre évêque sans l'accord de son métropolite. Le même concile affirme aussi, pour trancher le conflit mélitien et en se référant, dit-il, à un usage déjà constitué, que trois métropolites ont des compétences qui dépassent le cadre de leur province, ceux d'Alexandrie, de Rome et d'Antioche. La circonscription qui dépend d'Alexandrie regroupe toutes les provinces d'Égypte et de Libye. Bien que le concile ne précise pas quelles sont les limites des deux autres, on peut supposer qu'Antioche avait la responsabilité de la Syrie, de la Palestine et des provinces limitrophes, et que Rome dominait l'Italie, (avec, peut-être, une certaine influence en Gaule et en Afrique, comme en avait témoigné le concile d'Arles en 314). Pendant le IVe siècle, le siège de Rome resta un peu à l'écart des principaux débats théologiques, pour des raisons linguistiques et géographiques : les principaux conciles eurent lieu en Orient et en grec ; l'évêque de Rome n'y envoya souvent que de simples prêtres ou des évêques mineurs pour le représenter et ceux-ci ne prenaient pas part aux votes. Malgré cette faible implication et l'absence d'autorité sur la chrétienté orientale, Rome réclamait un certain prestige, équivalent à celui des métropoles orientales. Sa faible implication conduisit à lui demander à plusieurs reprises son arbitrage, lors de la crise arienne, puis à propos des discussions sur la nature du Christ (ce qui ne veut pas dire que ses avis aient été écoutés). Elle servit surtout de soutien, dans les querelles doctrinales, au siège d'Alexandrie et Théodose, à son avènement, proclama pour loi religieuse de tout l'empire, « la foi de l'évêque de Rome et de l'évêque d'Alexandrie ». Les conciles de Constantinople (381) et de Chalcédoine (451) accordèrent le même statut de « super métropolite » (ce qui devait devenir la dignité de patriarche) aux sièges de Jérusalem et de Constantinople. Le premier échappait au pouvoir d'Antioche, arien, et devenait autonome, le second obtint un rang égal à celui de Rome, celui-ci ne gardant qu'une « primauté d'honneur ». Ce système était calqué sur l'administration civile : Constantinople était la capitale de l'empire d'Orient, Rome se voulait son égale en Occident, insistant spécifiquement sur une première place symbolique, tandis qu'Alexandrie demeurait une capitale économique incontournable. Au même moment, le siège d'Antioche voyait sa circonscription rognée par ses deux voisines (Constantinople et Jérusalem). Au cours des siècles suivants (Ve-VIIe siècle), le siège de Rome prit de plus en plus d'autonomie et d'influence en Occident. Plusieurs facteurs ont favorisé cette évolution :

Le prestige de Rome, ancienne capitale de l'Empire, et qui le resta dans les esprits longtemps après la chute de l'Empire d'Occident. C'est en ce sens que Michel Butor a pu parler au XXe siècle du Pape comme le « fantôme des empereurs hantant leur ville éternelle ». À ce prestige s'ajoutait celui conféré par le titre de « successeur de saint Pierre » (qu'il fût ou non justifié). Par ailleurs Rome était, et reste encore, un lieu de pèlerinage très fréquenté sur les tombes (véritables ou mythiques) des apôtres Pierre et Paul, apôtres considérés comme les fondateurs de l'Église, selon le mot d'Irénée de Lyon. L'éloignement de la puissance civile et militaire : les empereurs s'installèrent d'abord à Ravenne, puis il ne resta plus que l'empereur installé à Constantinople. L'absence d'autre chef religieux de premier plan en Occident. Tous les patriarches sont en Orient et le seul siège de métropolite qui eût quelque importance, celui de Carthage, fut longtemps entre les mains des Vandales ariens, puis perdit sa puissance. La politique active menée par des papes de forte personnalité (en particulier Léon).

Pendant le Moyen-Âge, le pape dut affirmer son pouvoir face à l'empereur et à la croissance des royautés. L'autre problématique concerne la définition de la souveraineté du pontife : doit-elle se limiter aux affaires spirituelles (nomination des évêques et des abbés, définition du dogme) ou bien doit-elle déborder sur la sphère temporelle ? Dans la seconde option, le pape ne peut éviter l'affrontement avec les souverains qui règnent alors en Occident. L'histoire de la papauté est inséparable de l'évolution doctrinale de la christologie et de la baisse de puissance des empereurs romains d'Orient. Pendant le Haut Moyen-Âge, la papauté cherche à affermir son pouvoir spirituel et temporel. Le pape cherche à passer du statut d'évêque de Rome à celui de souverain. Rome est menacé par les attaques des princes barbares : dès 410, la Ville éternelle est saccagée par les Wisigoths. Au VIIIe siècle, les Lombards menacent le pape qui appelle à l'aide le Carolingien Pépin le Bref. Celui-ci constitue et donne l'embryon des états pontificaux en 754. En 800, le pape Léon III couronne Charlemagne empereur d'Occident à Rome. Le pape envoie des missionnaires dans les îles britanniques ainsi que dans l'est et le nord de l'Europe, afin d'évangéliser les populations païennes, mais il trouva que le christianisme authentique y était déjà implanté, ce qui résultat en de nombreuses guerres et massacres. Une des histoire les plus insolites dans le catholicisme est celle d'une femme qui monta sur le trône des papes. La papesse Jeanne est une femme qui aurait usurpé la papauté catholique en cachant sa véritable identité sexuelle. Son pontificat est généralement placé entre 855 et 858, c'est-à-dire entre celui de Léon IV et Benoît III, au moment de l'usurpation d'Anastase le Bibliothécaire. Vers 850, une jeune fille originaire de Mayence — nommée diversement Jeanne, Agnès, Marguerite ou Gilberte suivant les sources — quitte sa famille pour entreprendre des études, ou pour suivre son amant étudiant. Déguisée en homme, elle est connue sous le nom de Johannes Anglicus (Jean l'Anglais), ce qui dénote une origine anglaise. Elle étudie dans une université anglaise puis, après avoir obtenu son baccalauréat, part avec son amant étudier la science et la philosophie à Athènes. Après la mort de son amant, elle se rend à Rome où elle obtient un poste de lecteur des Écritures saintes avant d'entrer à la Curie. Selon certaines sources, elle est nommée cardinal. Tous s'accordent pour dire qu'elle est élue pape par acclamations, le peuple romain appréciant son érudition et sa piété. Deux ans plus tard, la papesse, séduite par un simple clerc ou par un cardinal plus clairvoyant que les autres, accouche en public : en célébrant la messe, ou à cheval, ou encore pendant la procession de la Fête-Dieu, entre la basilique Saint-Jean-de-Latran et la basilique Saint-Pierre. Selon le chroniqueur dominicain, Jean de Mailly, elle est lapidée à mort par la foule ; selon Martin le Polonais, elle meurt en couches ; selon d'autres encore elle est simplement déposée. L'aventure contraint depuis l'Église à procéder à une vérification rituelle de la virilité des papes nouvellement élus. Un ecclésiastique est censé examiner manuellement la chose, au travers d'une chaise percée. L'inspection terminée, il peut s'exclamer « Duos habet et bene pendentes » (« il en a deux, et bien pendantes »). De plus, les processions pontificales, pour éviter de remuer des souvenirs douloureux, évitent désormais de passer par l'église Saint-Clément, lieu de l'accouchement, dans leur trajet du Vatican au Latran ; cependant, une statue installée à l'endroit commémore l'incident.

Le Saint Siège de la Papauté

Le Pontife Romain et son Église exigent le respect et l'obéissance dans le monde entier. Le monde répond en manifestant une grande affection à l'égard du Pape, lequel s'adresse aux chefs des nations, les réprimandes, et fait des déclarations au sujet de tous les événements importants. Le 4 juin 2004, par exemple, les Services d'Information officiels du Vatican ont relaté la remontrance faite par le Pape au Président Bush : « Votre visite à Rome, a dit le Pape, a lieu à un moment où nous sommes grandement en souci au sujet des troubles graves et incessants au Moyen-Orient, aussi bien en Irak qu'en Terre Sainte. La position du Saint Siège à ce sujet est très nette et elle vous est familière ; elle a été exposée dans de nombreux documents, par des contacts directs et indirects, et par les nombreux efforts diplomatiques que nous avons déployés depuis la visite que vous m'avez faite en 2001. » Le siège de l'autorité papale qui prononce des jugements sur toutes choses s'appelle officiellement "Le Saint Siège", plutôt que "Le Vatican". Le Vatican le précise ainsi : « Le terme de "Saint Siège" représente l'autorité centrale de l'Église, qui transcende mais comprend le minuscule état du Vatican. Ainsi le Saint Siège représente une communauté mondiale, et pas seulement les citoyens du Vatican. » Le Pape est le chef d'un état souverain, et en même temps l'autorité centrale d'une communauté mondiale. Une loi officielle de ce Saint Siège, particulièrement révélatrice, stipule que "Le Premier Siège n'est jugé par personne." La papauté se déclare suprême, n'ayant aucun compte à rendre à qui que ce soit, seule juge du bien et du mal, et elle exige également de n'être jugée par personne. Son audace atteint le comble dans le domaine civil et politique, quand elle proclame : « Seul le Pontife romain a le droit de juger... les personnes qui exercent la magistrature suprême de l'État. » Une des particularités du Saint Siège est qu'il s'attribue le droit de juger les chefs des nations.

La plupart des personnes ignorent que la Papauté détient des pouvoirs civils ; moins connue encore est la manière dont elle met en oeuvre ces pouvoirs au moyen du droit civil. Un moyen fréquemment employé est celui du "concordat". Un concordat est un contrat qui établit un lien légal entre une nation donnée et le Saint Siège. Il garantit à l'Église catholique romaine la liberté de culte, le droit de définir les doctrines, d'avoir des établissements scolaires catholiques, de négocier des lois sur la propriété, de nommer les évêques, et d'exiger la reconnaissance des lois catholiques sur le mariage et les annulations de mariage. Au vingtième siècle, quelques-uns des concordats principaux ont été signés avec la Lettonie (1922), la Bavière (1924), la Pologne (1925), la Roumanie (1927), la Lithuanie (1927), l'Italie (1929), la Prusse (1929) l'Autriche (1933), l'Allemagne (1933), et la Yougoslavie (1935). Ces concordats protégeaient tout ce qui relevait du catholicisme, par exemple les écoles, les hôpitaux, et diverses institutions parfois financées par les fonds publics. Dans toutes les nations que nous venons de nommer, on a constaté des discriminations et des harcèlements d'institutions non catholiques. On a pu constater, au siècle dernier, combien le Vatican privilégiait les dictateurs issus du catholicisme : par exemple Adolf Hitler en Allemagne (1933-1945) ; Benito Mussolini en Italie, (1922-1943) ; Francisco Franco en Espagne (1936-1975) ; Antonio Salazar au Portugal, (1932-1968) ; Juan Peron en Argentine, (1946-1955) ; et Ante Pavelic en Croatie de 1941 à 1945. Le 20 juin 2000, dans un article intitulé "Presque tous les pays ont signé des concordats avec Rome", l'agence de presse catholique "Zenit" relatait ce qui suit : « Dans le monde entier, les pays désirent plus que jamais entretenir des relations stables avec le Vatican. Ce désir se traduit par un nombre extraordinaire de "concordats" signés entre Rome et les autres capitales au cours de ces dernières années. Entre 1950 et 1999, 128 concordats ont été signés entre Rome et différents états. Ce chiffre a été rendu public lors d'un congrès international organisé par l'Université Pontificale de la Sainte Croix à Rome : celle-ci a réuni en un seul volume tous les concordats signés au cours de ces cinquante dernières années. Au cours des 9 années qui viennent de s'écouler, le Vatican a signé 43 concordats avec d'autres états. Ce nombre important est en partie dû au fait qu'après la chute du Mur de Berlin, d'anciens pays communistes se sont hâtés d'établir des relations diplomatiques avec Rome, afin que l'Église catholique sorte de l'illégalité. À leur suite, d'autres nations du Moyen-Orient, de l'Asie et de l'Afrique sont venues frapper à la porte de Rome pour établir des accords juridiques. Il s'agit d'un véritable marathon, avec en moyenne 19 concordats par an. Antérieurement à 1989, c'est surtout avec des pays européens et des pays d'Amérique latine que le Vatican a signé des accords internationaux. »

Le pouvoir et les massacres du Saint Siège

On peut se demander quel est le degré d'importance de ces concordats, et en quoi ils affectent la vie des peuples concernés. L'histoire récente répond à ces questions. Par ses concordats, la Papauté a soutenu le régime hitlérien et mussolinien, et a collaboré avec ces systèmes. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, elle a établi en Croatie son propre état totalitaire. Les accords juridiques entre le Vatican et le fascisme en Italie, en Espagne, en Croatie et en Amérique latine ont eu des incidences profondes sur les conditions économiques et sociales de ces nations. "La liberté religieuse" dans ces nations signifiait en fait la liberté pour la religion catholique romaine et pour les dénominations qui par faux oecuménisme s'associaient à elle. Là où il existe des concordats, là où les lois catholiques sont reconnues par le droit civil dans des nations bien plus nombreuses qu'autrefois, il faut que les vrais chrétiens prennent garde. Le Saint Siège définit ce qui est (ou ce qui n'est pas) une église légitime : or il déclare que « Les communautés ecclésiales qui n'ont pas conservé l'épiscopat valide et la substance authentique et intégrale du mystère eucharistique ne sont pas des églises au sens propre... » Il importe donc que son pouvoir et son influence soient fortement et constamment remis en cause dans la sphère religieuse et civile de toute nation quelle qu'elle soit. Sa menace plane, à l'heure actuelle, sur les croyants bibliques de l'Union Européenne : on y qualifie déjà de "sectes" les églises bibliques non oecuméniques, et on estime que le gouvernement civil doit bien les surveiller. Il en advient toutefois que toutes ces églises, l'Église Catholique inclue, et particulièrement les Évangéliques, sont réellement des sectes avec leurs propres petits dictateurs, certaines plus dangereuses que d'autres. Si la Papauté obtient ce qu'elle veut, la nouvelle Constitution européenne fera mention des "racines chrétiennes" de l'héritage européen. Le Vatican aurait là un levier pour asseoir son statut légal dans l'Union Européenne, ce qui remettrait en route la mécanique d'une église d'état, à l'échelle de l'Europe entière cette fois.

Il n'y a pas à s'étonner de ce que le monde refuse de tirer des leçons de l'histoire ; mais maintenant, ce sont les "Nouveaux Évangéliques" qui se précipitent vers Rome. Le quotidien New York Times du 30 mai 2004 signalait cette alliance entre les Évangéliques et le catholicisme qui est en train de restructurer l'Amérique. « En 1960, la dernière fois qu'un Catholique du parti Démocrate a été candidat à la présidence des États-Unis, les responsables protestants évangéliques avertissaient leurs assemblées que si John F. Kennedy était élu, cela revenait à installer l'Anti-Christ dans le Bureau Ovale... Quarante-quatre ans plus tard les Évangéliques et les Catholiques conservateurs ont forgé une alliance qui est en train de donner un nouveau visage à la politique et à la culture américaines... Il y a tout juste dix ans, un groupe de responsables évangéliques et catholiques a publié un document intitulé "Évangéliques et Catholiques Ensemble". Ce document résultait d'un dialogue entre deux hommes : le Révérend Richard John Neuhaus, prêtre catholique de New York, rédacteur du périodique "First Things", et Charles Colson. Ces deux hommes ont réuni un groupe de théologiens éminents et de responsables religieux. Parmi les Évangéliques se trouvaient feu Bill Bright, le fondateur de "Campus Crusade for Christ", Pat Robertson, une personnalité des médias religieux, et des théologiens comme James I. Packer. Du côté catholique il y avait feu le Cardinal John O'Connor, de New York, et le théologien Avery Dulles, aujourd'hui Cardinal. La portée de leur manifeste était essentiellement théologique, mais ils se sont aussi engagés à oeuvrer ensemble sur le plan politique à propos de questions telles que l'avortement, l'aide de l'état aux établissements d'enseignement religieux, le renforcement de "la famille traditionnelle", ce qui était en partie une réaction contre le mouvement pour les droits des homosexuels, qui commençait à se développer. Ce document a ébranlé le monde évangélique. Déjà en 2000, Charles Colson et James Dobson ont été invités à se rendre au Vatican, pour parler aux évêques du déclin de la famille : c'était la toute première fois qu'un tel événement avait lieu. Des institutions évangéliques comme Wheaton College dans l'Illinois, et Gordon College au Massachusetts se sont mis à inviter des Catholiques à prendre la parole sur leurs campus, disait M. Colson. » Quand on voit le monde, de concert avec de faux Évangéliques, avancer subrepticement, main dans la main avec le Vatican, on pense aussitôt à ce que déclare la Bible au sujet de l'apostasie qui est déjà présente dans le monde entier et dont le pape en est le représentant officiel par vertu de son office.

L'Église de Rome a utilisé des rois et des princes dans son oeuvre de persécution. Dans un premier temps, ses tribunaux jugeaient et condamnaient les chrétiens, après quoi ils étaient livrés aux autorités civiles pour être exécutés. Au cours de ses croisades contre des villes chrétiennes grandes ou petites et contre des territoires chrétiens, Rome s'est assuré le concours des pouvoirs civils, des rois et des puissants pour mener à bien ses projets cruels. Tout au long de ces années, le système papal a été "ivre du sang des saints et des témoins de Jésus". Les croisades contre les Albigeois, les Vaudois et les disciples de Valdo sont une longue suite d'atrocités, de massacres, et d'actes de barbarie. Le témoignage de l'histoire est incontestable : les vrais croyants ont été traqués un à un, affreusement torturés et mis à mort par la religion papale, religion d'état. Siècle après siècle, l'Office de l'Inquisition a organisé des guerres contre les villes et les régions qui conservaient la foi biblique. Au milieu du treizième siècle le Pape Innocent IV a donné aux nombreux inquisiteurs des indications détaillées sur la manière de pratiquer la torture. « Dans sa bulle Ad Extirpanda (1252) Innocent IV a donné toutes sortes d'instructions sur la mise en oeuvre de la torture. Ses successeurs ont d'ailleurs révisé et renouvelé ces instructions. Il recommande de torturer, sans toutefois en arriver jusqu'à à arracher des membres ou à donner la mort. Des châtiments terribles sont appliqués à tous ceux qui accueillent un hérétique, le conseillent ou lui accordent un secours. Ce système abominable émanait directement de la Papauté : en effet une clause précisait qu'aucun changement ne pouvait être effectué sans la permission expresse du Siège Apostolique. » Entre la naissance de la papauté en l'an 600, et l'époque actuelle, des historiens sérieux et crédibles estiment que plus de cinquante millions de membres de la famille humaine ont été massacrés pour cause d'hérésie par des persécuteurs mandatés par la papauté. Un million de malheureux Vaudois ont péri en France ; neuf cent mille chrétiens orthodoxes ont été massacrés au cours des trente années qui ont suivi la fondation de l'ordre des Jésuites. Le duc d'Albe s'est vanté d'avoir fait mettre à mort en quelques années trente-six mille personnes aux Pays-Bas, par la main du bourreau ordinaire. Par la pratique de tortures diverses, l'Inquisition a détruit cent cinquante mille personnes en trente ans. Ce ne sont là que quelques exemples, et le compte réel ne sera connu que le jour où la terre laissera paraître le sang qu'on a répandu sur elle et cessera de couvrir ses morts. Cela fait en moyenne quarante mille meurtres religieux par an pour chaque année d'existence de la papauté. Un auteur catholique, Peter de Rosa, évoque en ces termes les atrocités de la machine à torturer catholique romaine : « Les actes perpétrés par l'Inquisition seraient gênants pour n'importe quelle organisation, mais pour l'Église catholique, il y a de quoi être anéanti. Aujourd'hui, elle se targue d'être le défenseur du droit naturel et des droits de l'homme, avec de nombreuses preuves à l'appui. La papauté se plaît à se considérer comme la championne de la morale. Mais l'histoire démontre que pendant six siècles sans interruption, la papauté a été l'ennemie jurée de la justice la plus élémentaire. À partir du treizième siècle, sur quatre-vingts papes qui se sont succédés, pas un seul n'a désapprouvé la théologie de l'Inquisition ni l'appareil qui servait à la mettre en pratique. Au contraire, les uns après les autres, ils ont apporté des perfectionnements cruels au fonctionnement de cette machine de mort. » On comprend ainsi pourquoi les chrétiens du temps de la Réforme déclaraient que le pape est l'Antichrist. Jean Calvin a écrit ceci : « MAIS LE PAPE EST LE CAPITAINE DU RÈGNE DE L'ANTICHRIST ...Daniel et Saint Paul ont prédit que l'Antéchrist serait assis au temple de Dieu (Daniel 9:27; 2 Thessaloniciens 2:4) : nous disons que le pape est le capitaine de ce règne maudit et exécrable, pour le moins en l'Église occidentale. Puisqu'il est dit que le siège de l'Antichrist sera au temple de Dieu, par cela est signifié que son règne sera tel qu'il n'abolira point le nom de Christ ni de son Église. De là apparaît que nous ne nions point que les Églises sur lesquelles il domine par sa tyrannie, ne demeurent des Églises, mais nous disons qu'il les a profanées par son impiété, qu'il les a affligées par sa domination inhumaine, qu'il les a empoisonnées de fausse et méchantes doctrines, et quasi mises à la mort, au point que Jésus-Christ y est à demi enseveli, l'Évangile y est étouffé, la chrétienté y est exterminée, le service de Dieu y est presque aboli ; bref, tout y est si fort troublé, qu'il y apparaît plutôt une image de Babylone, que la sainte cité de Dieu. » (L'Institution Chrétienne, Éditions Kerygma — Éditions Farel, Livre 4, chap. 2, sec. 12, p. 52). On retrouve aussi dans la confession de foi de Westminster (presbytérienne et réformée) « Il n'y a pas d'autre tête de l'Église que le Seigneur Jésus-Christ : le Pape de Rome ne peut en aucun sens en être la tête ; mais il est cet antichrist, cet homme du péché et ce fils de la perdition, celui qui s'exalte dans l'Église contre Christ, et tout ce qui s'appelle Dieu. » (Confession de foi de Westminster, Chapitre 25, Article VI)

Hérésies et inventions du Catholicisme romain

  1. La prière pour les morts (en 300 après Jésus-Christ).

  2. Faire le signe de la croix (300).

  3. Les cierges (vers l'an 320).

  4. La vénération des anges et des saints décédés, et l'usage des icônes (375).

  5. La messe en tant que célébration quotidienne (394).

  6. Le début de l'exaltation de Marie : l'expression « Mère de Dieu » lui fut appliquer pour la première fois au Concile d'Éphèse (431).

  7. Les prêtres commencent à s'habiller différemment des laïques (500).

  8. L'extrême onction (526).

  9. La doctrine du purgatoire, établie par Grégoire I (593).

  10. Le latin comme langue utilisée dans la prière et l'adoration, imposée par Grégoire I (600).

  11. Les prières adressées à Marie, aux saints décédés et aux anges (vers l'an 600).

  12. Le titre de Pape, ou évêque universel, donné à Boniface III par l'empereur Focas (607).

    Le célèbre Jonathan Édwards s'est laissé tenté et trompé par un calcul eschatologique comme bien de gens tentent encore de faire de nos jours. Il croyait que le nombre 1260 dans l'Apocalypse désignait une période de 1260 années débutant à l'époque où le titre de Pape a été donné. Au 19e siècle, Édwards croyait ainsi vivre dans les derniers jours. (Cf. George Eldon Ladd, The Blessed Hope, A biblical study of the second advent and the rapture, Eerdmans, 1956, p. 34.)

  13. Embrasser le pied du Pape, initié par le Pape Constantin (709).

  14. Le pouvoir temporal des Papes, conféré par Pepin, roi des Franks (750).

  15. L'adoration de la croix, des images et des reliques (autorisée en l'an 786).

  16. L'eau sainte, mélangé à une pincée de sel et bénite par un prêtre (850).

  17. L'adoration de Saint Joseph (890).

  18. Le collège des Cardinaux (établi en l'an 927).

  19. Le baptême des cloches, institué par le Pape Jean XIII (965).

  20. La canonisation des saints décédés, initié par le Pape Jean XV (995).

  21. Le jeûne du vendredi saint et du carême (998).

  22. La messe développée graduellement en sacrifice et dont la fréquentation fut rendue obligatoire (au 11e siècle).

  23. Le célibat de la prêtrise, décrété par le Pape Gregory VII (Hildebrand) (1079).

  24. Le rosaire, un moyen mécanique de prier avec de petites billes, inventé par Pierre l'Hermit (1090).

  25. L'inquisition, instituée au Concile de Verona (1184).

  26. La vente des indulgences (1190).

    Un catholique peut « acheter » une indulgence pour le bénéfice d'un mort — afin que ses peines au purgatoire soient raccourcies (le but officiel du dominicain Tetzel en 1517), ou pour soi-même dans un but semblable. Cette pratique a fini par déclencher la Réforme protestante en Europe. Un moine, Martin Luther, était scandalisé par cette pratique. Il rédigea aussitôt ses 95 thèses pour les afficher sur la porte de l'église de Wittenberg. Le but financier de la vente des indulgences était de se procurer de l'argent pour l'édification de la nouvelle basilique de Saint Pierre à Rome. Mais ensuite, la doctrine biblique de la justification par la foi seule est devenu l'enjeu central. Les indulgences contredisent l'Évangile qui déclare que le sacrifice de Jésus-Christ est pleinement suffisant pour sauver le pécheur. Plus récemment, à cause du jubilé de l'an 2000, Jean-Paul Il a offert aux fidèles catholiques une possibilité d'indulgence plénière.

  27. La transsubstantiation, proclamée par le Pape Innocent III (1215).

    Innocent III (1198-1216). Malgré sa jeunesse, ce pape réussit, par son austérité et sa sagesse, à imposer un immense respect à toute l'Europe... Le concile de Latran, 12e oecuménique, en 1215, marque l'apogée de la puissance papale au Moyen-âge. Les autres papes du XIIIe siècle essayèrent de maintenir la papauté au niveau élevé qu'elle avait atteint sous Innocent III. Cependant leur ambition, leur cupidité et leur politique provoquaient souvent du scandale chez les âmes pieuses. C'est à cette époque que pour la première fois le pape est identifié avec l'Antichrist. » (Jules-Marcel Nicole, Précis de l'histoire de l'Église, Éditions de l'Institut Biblique, Nogent-sur-Marne, France, 1972, p. 99.) Au Moyen-Âge, « L'Antichrist était fréquemment interprété comme désignant les Saracens, et le faux prophète comme désignant Muhammad. Le Pape Innocent III s'est servi efficacement du livre de l'Apocalypse pour susciter des appuis pour sa croisade. » (George Eldon Ladd, The Blessed Hope, A biblical study of the second advent and the rapture, Eerdmans, 1956, p. 31.)

  28. La confession auriculaire des péchés à un prêtre plutôt qu'à Dieu, institué par le Pape Innocent III, au Concile Latran (1215).

  29. L'adoration du pain (l'hostie ou dieu galette des papistes), décrétée par le Pape Honorius III (1220).

  30. La Bible interdite aux laïques, placée à l'Index des Livres Interdits par le Concile de Valence (1229).

  31. Le scapulaire, inventé par Simon Stock, un moine anglais (1251).

  32. Le concept de limbes (XIIIe siècle)

    Au XIIIe siècle où resurgit le concept de "limbes" (du latin limbus, « marge, frange ») dans la pensée scolastique, on distinguait deux sortes de limbes : les "limbes des patriarches" (limbus patrum), destinés à recevoir les âmes des justes morts avant la résurrection de Jésus Christ, et les "limbes des enfants" (limbus puerorum), destinés à accueillir les âmes des enfants morts sans avoir reçu le sacrement du baptême, et dans lesquelles elles ne souffriraient pas les tourments de l'enfer, sans toutefois jouir de la béatitude des âmes séjournant au paradis. La nature précise de cet état fait l'objet d'une controverse scolastique ; la question est de savoir si ces âmes souffrent du dam, c'est-à-dire de la privation de cette béatitude.

    Pour Augustin d'Hippone (354-430), il n'existe aucune possibilité de destin intermédiaire entre le paradis et l'enfer : les âmes des enfants non baptisées sont vouées à l'enfer, ce qui explique l'insistance d'Augustin en faveur d'un baptême immédiat des enfants. En réaction au pélagianisme, il fait condamner au concile de Carthage (418) l'idée d'un lieu intermédiaire accueillant les enfants morts sans baptême. Si Augustin précise que ces âmes ne souffrent en enfer que de la « peine la plus douce » (Enchiridion, 103), sa rigueur explique le revirement des théologiens du bas Moyen Âge.

    Dès avant Thomas d'Aquin (1225-1274), le pape Innocent III (1198-1216), se démarquant de la thèse augustinienne, a ainsi dit dans une lettre à l'archevêque d'Arles que ceux qui meurent avec seulement le péché originel souffriront de la privation de la vue de Dieu mais ne subiront pas d'autres peines. Thomas estime d'abord dans le "Scriptum super sententias" qu'elles sont résignées puis, dans le "De malo" (q.5, art. 1-3), argumente en faveur de leur ignorance radicale de cette privation. Selon Thomas, les âmes de ces enfants jouissent donc d'un bonheur naturel : « toute douleur est exclue de leur peine ».

    L'existence des limbes, selon le Dictionnaire de théologie catholique, se déduit logiquement d'un principe dogmatique dégagé lors du concile de Vatican I (8 décembre 1869 au 20 octobre 1870, convoqué par Pie IX et suspendu définitivement dû aux troupes italiennes qui envahirent Rome). Malgré que certains laissent entendre que le concept de limbes n'a jamais fait officiellement partie de la doctrine de l'Église, il a continué d'être enseigné aux catholiques dans de nombreux pays au moins jusqu'aux années 1950-1960, voire 1970, où il était pourtant clair, que cette notion de limbes était le principal argument au baptême des enfants. Dans un de ses articles de l'Abbé G. de Tanoüarn, de l'Institut du Bon Pasteur — une société religieuse qui est attachée au rite traditionnel — intitulé Pour défendre les limbes (décembre 2004), non seulement il considère la notion de limbes comme un concept dogmatique, mais il présente que sa remise en cause pourrait conduire à l'affaiblissement d'autres concepts fondamentaux et en fin à l'acceptation d'une idée d'un salut universel, qu'il juge contraire aux principes catholiques.

    Volte-face radical en 2007 — Une vérité de l'Église Catholique Romaine qui persistait depuis des siècles et qui avait été déclaré par un pape infaillible vient d'être abandonnée définitivement puisqu'elle n'aurait été qu'une hypothèse théologique. L'Église catholique a enterré le concept des limbes dans un document très attendu de sa Commission théologique internationale dont l'agence de presse épiscopale américaine "Catholic News Service" diffuse le contenu approuvé par le pape Benoît XVI. Signant l' "arrêt de mort" du concept, le document de 41 pages présente les limbes, où la tradition voulait qu'errent les âmes des enfants décédés sans avoir été baptisés, un lieu abstrait où elles ne souffraient pas, mais étaient privées du bonheur du Paradis. La Commission théologique considère maintenant ce concept comme une "vue excessivement restrictive du Salut". Dans des entretiens et des ouvrages rédigés avant son élection au pontificat en 2005, le cardinal Joseph Ratzinger s'était clairement prononcé pour l'abandon du concept, affirmant qu'il n'avait toujours été qu'une hypothèse théologique et non une vérité de la foi. (Agence de presse épiscopale américaine Catholic News Service, 20 avril, 2007.)

  33. La coupe interdit au peuple lors de la communion, par le Concile de Constance (1414).

  34. Le purgatoire proclamé en tant que dogme par le Concile de Florence (1439).

  35. La doctrine des Sept Sacrement (affirmée en l'an 1439).

  36. Le « Je vous salue Marie » (une partie de la deuxième moitié a été complétée 50 ans plus tard et approuvée par le Pape Sixtus V à la fin du 16e siècle).

  37. L'ordre des Jésuites fondé par Loyola (1534).

    En 1540, (le Pape) Paul III promulgua la Bulle d'institution du nouvel ordre, appelé Compagnie de Jésus ; aux trois voeux ordinaires était adjoint un quatrième voeu d'obéissance absolue au pape. Loyola devint le premier général de l'ordre. C'était avant tout un mystique fanatique, comme le montre son ouvrage intitulé Exercices spirituels. Il préconise quatre semaines d'exercices où l'on se complaît dans des visions. La Mariolâtrie y joue un grand rôle, et surtout la mission totale à l'Église : « Ce qui me paraît blanc, je dois le croire noir, si l'Église hiérarchique le définissait ainsi ». Cet ouvrage, largement répandu et commenté, eut une immense influence... À la tête de l'organisation se trouve un général nommé à vie, appelé parfois "le pape noir" à cause de son influence... (Cf. Jules-Marcel Nicole, Précis de l'histoire de l'Église, Éditions de l'Institut Biblique, Nogent-sur-Marne, France, 1972, pp. 163-164.)

  38. La tradition est déclarée comme ayant une autorité égale à la Bible, par le Concile de Trente (1545).

  39. Les livres apocryphes sont ajoutés à la Bible par le concile de Trente (1546).

    En 1590, Ribera, un Jésuite espagnol, publia un commentaire sur le livre de l'Apocalypse pour réfuter le point de vue prédominant parmi les Protestants — point de vue qui désignait le Pape comme étant l'Antichrist. Ribera appliquait toute l'Apocalypse, sauf les premiers chapitres, à la fin des temps plutôt qu'à l'histoire de l'Église. L'Antichrist allait désormais être une seule personne mauvaise qui serait accueillie par les Juifs, reconstruirait Jérusalem, abolirait le Christianisme, renierait Christ, persécuterait l'Église, et règnerait durant 3 ans et demi. » (Cf. George Eldon Ladd, The Blessed Hope, A biblical study of the second advent and the rapture, Eerdmans, 1956, pp. 37-38.)

  40. L'immaculée conception de la Vierge Marie, proclamée par le Pape Pie IX (1854).

    Liguori (1696-1797) fonda l'Ordre des Rédemptoristes, très semblable à celui des Jésuites. Il a formulé la casuistique en usage aujourd'hui officiellement dans les confessionnaux. Son ouvrage Les Gloires de Marie a largement favorisé le culte marial. Ligouri a été rangé parmi les docteurs de l'Église. (Cf. Jules-Marcel Nicole, Précis de l'histoire de l'Église, Éditions de l'Institut Biblique, Nogent-sur-Marne, France, 1972, p. 207.)

    En 1819, Joseph de Maistre se fit l'avocat de l'absolutisme romain dans son ouvrage Du Pape. Pie VII (1800-1823) rétablit les jésuites qui redevinrent le principal ordre religieux. Même l'Inquisition fut remise en vigueur dans certains pays. La Congrégation de l'Index sévit contre tout les ouvrages progressistes. Les sociétés bibliques furent qualifiées d'instruments diaboliques et de pestes par les papes Pie VII et Léon XII (1823-1829). (Cf. Jules-Marcel Nicole, Précis de l'histoire de l'Église, Éditions de l'Institut Biblique, Nogent-sur-Marne, France, 1972, p. 259.)

  41. Le Syllabus des Erreurs, proclamé par le Pape Pie IX, et ratifié par le Concile Vatican I — condamnant la liberté de religion, de conscience, de parole, de presse, ainsi que les découvertes scientifiques qui sont désapprouvées par l'Église Romaine ; affirmant l'autorité temporelle du Pape au dessus de tous les dirigeants civils (1864).

  42. L'infaillibilité du Pape en matière de foi et de morale, proclamée par le Concile Vatican I (1870).

    (Concernant ce décret du Vatican, voir Jules-Marcel Nicole, Précis de l'histoire de l'Église, Éditions de l'Institut Biblique, Nogent-sur-Marne, France, 1972, p. 261.)

    Même à l'époque de Calvin, le catholicisme croyait que « le Siège romain et les papes qui y sont assis ne peuvent errer, parce qu'il a été dit à Saint Pierre : J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point. » (Luc 22:32). (Jean Calvin, L'Institution Chrétienne, Éditions Kerygma — Éditions Farel, Livre 4, chap. VII, Sec. 28, p. 136.) Calvin réfute cette infaillibilité papale en rapportant le fait que le pape Jean XXII a soutenu une fausse doctrine évidente : « Jean XXII, qui publiquement a soutenu que les âmes étaient mortelles et qu'elles périssaient avec les corps, jusqu'au jour de la résurrection. ». (Ibid, p. 136.)

  43. Les écoles publiques, condamnées par le Pape Pie XI (1930).

  44. L'assomption de la Vierge Marie (ascension corporelle au ciel peu de temps après sa mort), proclamée par le Pape Pie XII. (1950)

    Depuis longtemps on fêtait le 15 août l'assomption de la Vierge, bien que rien dans l'Écriture ni même dans la tradition ancienne n'y fasse allusion (sauf avec Athanase au Concile de Nicée). Pie XII promulgua en 1950 le dogme selon lequel la Vierge après sa mort a été enlevée au ciel avec son corps. Le culte marial a marqué un nouveau progrès lorsque Paul VI a conféré à Marie le titre de Mère de l'Église. » (Jules-Marcel Nicole, Précis de l'histoire de l'Église, Éditions de l'Institut Biblique, Nogent-sur-Marne, France, 1972, p. 259.)

  45. Marie proclamée Mère de l'Église, par le Pape Paul VI (1965).

    Au second Concile du Vatican, « Tous les participants devaient souscrire d'emblée à la profession de foi du Concile de Trente, et la suprématie du pape sur le Concile fut toujours maintenue. » (Jules-Marcel Nicole, Précis de l'histoire de l'Église, Éditions de l'Institut Biblique, Nogent-sur-Marne, France, 1972, p. 262.)

    En 1987, dans son encyclique "Redemptoris Mater", le pape Jean-Paul II décrit Marie comme étant l'Épouse du Saint-Esprit. Ce pape a été encore plus explicite dans son encyclique de 1990 et dans plusieurs autres écrits. Pourtant le contexte de Luc 1:35 souligne le rôle du Père et non seulement du Saint.

À tout cela s'ajoute plusieurs autres : les moines, les soeurs, les monastères, les couvents, le carême de 40 jours, la semaine sainte, le mercredi des cendres, le jour des Toussaints, le jour des cierges de la messe, le vendredi maigre, l'encens, l'huile sainte, les saints rameaux, les médailles de Saint Christophe, les porte-bonheurs, les neuvaines — et encore d'autres. (Cf. Loraine Boettner, Roman Catholicism, The Presbyterian and reformed publishing co., 1962, pp. 7-9.)


Tableau chronologique des papes et états

Voyez le Tableau chronologique des papes et états.

« Sortez du milieu d'elle, mon peuple; de peur que, participant à ses péchés, vous n'ayez aussi part à ses plaies; Car ses péchés sont montés jusqu'au ciel et Dieu s'est souvenu de ses iniquités. Traitez-la comme elle vous a traités, rendez-lui au double ce qu'elle vous a fait. Dans la même coupe où elle vous a versé, versez-lui au double. Autant elle s'est enorgueillie et s'est plongée dans les délices, autant faites-lui souffrir de tourment et d'affliction, parce qu'elle dit en son cœur: Je suis assise en reine, je ne suis point veuve, et je ne verrai point le deuil. C'est pourquoi ses plaies, la mort, le deuil et la famine viendront en un même jour, et elle sera consumée par le feu; car le Seigneur Dieu qui la juge, est puissant. » (Apocalypse 18:4-8)

À Christ seul soit la Gloire

Source : Jean leDuc — ChristoBible.org