La Double Prédestination

par
Jean leDuc


Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9



Le Faux Évangile Arminien
Avons-nous le libre choix d'accepter Christ ?
L'Alliance de la Grâce
La Prédestination
L'Appel efficace ou irrésistible de la Grâce
L'Exécution du Renoncement
L'élément de la Foi
Confusion sur l'Alliance de la Grâce
Qu'en est-il du Salut des enfants ?



Chapitre 1

Le Faux Évangile Arminien

Qu'il existe un faux Évangile, un faux Jésus et un faux esprit qui sont proclamé et reçu par plusieurs de nos jours, est clairement attesté par la Parole de Dieu :

"Je m'étonne qu'abandonnant Jésus-Christ, qui vous a appelés par sa grâce, que vous avez passé si soudainement à un autre évangile, qui n'est pas un autre évangile ; mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l'Évangile de Christ".

"Mais je crains que comme le serpent séduisit Ève par sa ruse, vos pensées aussi ne se corrompent, en se détournant de la simplicité qui est en Christ. Car si quelqu'un venait vous prêcher un autre Jésus que nous n'avons prêché ; ou si vous receviez un autre esprit que celui que vous avez reçu, feriez-vous bien de l'endurer ?".

"Or nous ne falsifions point la Parole de Dieu, comme font plusieurs ; mais nous parlons de Christ avec sincérité, comme de la part de Dieu, et devant Dieu".
C'est là une très puissante déclaration ! Au chapitre suivant, au verset 5, l'apôtre Paul insista sur le fait qu'il espérait que « la vérité de l'Évangile fût maintenue parmi vous ». Il y a donc un vrai Évangile. Tous les autres sont faux.

Il est clair que l'apôtre Paul n'a jamais prêché un autre évangile, ni un évangile différent, comme certains le prétendent. Ironiquement, ce fut justement lui que Dieu choisit pour mettre les gens en garde contre ce genre de faux enseignement, et de ne pas prononcer une malédiction sur un homme, un ange, ou même un apôtre — « quand nous-mêmes [les apôtres] ...annoncerait un autre évangile (1:8). Comme ce passage biblique est puissant !

L'apôtre Paul a expliqué que Dieu avait confié aux apôtres la charge de préserver le vrai Évangile. Remarquez 1 Thessaloniciens 2:4 : « Selon que Dieu nous a jugés dignes de nous confier l'Évangile, ainsi nous parlons, non comme pour plaire à des hommes, mais pour plaire à Dieu, qui sonde nos coeurs. » Cette responsabilité n'est pas à prendre à la légère. Les vrais ministres enseignent toujours ce que Dieu commande, et non ce qui plaît aux hommes (y compris les « érudits » de la Bible). Donc, toute prétention à l'effet que l'apôtre Paul aurait prêché un autre évangile (d'ordinaire attribué au choix de l'homme de croire en la personne du Christ) est inconcevable ; car il aurait ainsi prononcé une malédiction contre lui-même !

Dans l'Ancien Testament, il est prophétisé que Jésus viendrait en tant que MESSAGER de l'Évangile du Nouveau Testament. Notez ce que déclare Malachie 3:1 : « Voici, j'enverrai mon messager [Jean-Baptiste] ; il préparera le chemin devant moi. Et soudain entrera dans son temple le Seigneur que vous cherchez ; et le messager de l'alliance que vous désirez ». Christ était le Messager et Son message constitue le noyau même de toute la Bible.

Maintenant, comparons cette déclaration à un autre passage biblique. « La loi et les prophètes ont subsisté jusqu'à Jean ; depuis lors, le ROYAUME DE DIEU est annoncé, et chacun use de violence pour y entrer » (Luc 16:16). Rappelez-vous, nous avons déjà fait la preuve que Marc a écrit que le Christ prêcherait le « royaume de Dieu », disant que c'était là « l'Évangile ».

Le mot « évangile » signifie « Bonne Nouvelle ». Le mot « royaume », lui, signifie « Souveraineté », se référant ainsi à la Royauté de Christ. On pourrait donc dire, à juste titre, que le Christ prêcha « la Bonne Nouvelle de la Souveraineté de Dieu ». Le mot « Évangile » est mentionné 78 fois dans la Bible. Parfois il y est seul, et parfois il est suivi par « du royaume de Dieu » ou, encore, « du royaume des cieux » — ce qui signifie la même chose. Le mot « royaume » est mentionné 33 fois dans le Nouveau Testament, alors que « royaume de Dieu » y est mentionné 68 fois, et « royaume des cieux », 32 fois. Ils ont visiblement tous la même signification.

Le thème de l'Évangile du Royaume de Dieu ne prédomine pas uniquement dans le Nouveau Testament, mais bien dans TOUTE la Bible. Et pourtant, la plupart des gens n'en connaissent presque rien, sinon rien du tout. Les ministres des églises de ce monde ignorent cet Évangile ; aussi, ils ne le prêchent jamais. Le monde entier est pour ainsi dire ignorant de cette grande vérité. Et, tous ceux qui ont déjà connue celle-ci doivent sans cesse prendre garde de ne pas la laisser s'échapper.

Peut-on prouver que les auteurs du Nouveau Testament prêchèrent aussi ce même Évangile ? Absolument ! Voyons-le.

L'apôtre Paul le prêcha aux Gentils (païens). Actes 19:8 déclare : « Et étant entré dans la synagogue, il parla avec hardiesse, discourant pendant trois mois et les persuadant des choses du royaume de Dieu. » À plusieurs endroits dans ses Épîtres il enseigna le Royaume à diverses églises païennes. Son message était toujours le même ; sans cesse il prêcha, enseigna et se référa au Royaume de Dieu.

L'apôtre Pierre prêcha aussi le Royaume : « C'est ainsi, en effet, que l'entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ vous sera pleinement accordée » (2 Pierre 1:11).

L'apôtre Jacques fit de même : « Écoutez, mes frères bien-aimés : Dieu n'a-t-il pas choisi les pauvres aux yeux du monde, pour qu'ils soient riches en la foi, et héritiers du royaume qu'il a promis à ceux qui l'aiment ? » (Jacques 2:5).

En trois occasions différentes Matthieu utilisa l'expression « la bonne nouvelle du royaume ». En voici un exemple : « Jésus parcourait toutes les villes et les villages, enseignant dans les synagogues, prêchant la bonne nouvelle du royaume, et guérissant toute maladie et toute infirmité » (9:35).

Dans pratiquement chacune de Ses paraboles, le Christ enseigna l'essentiel du Royaume de Dieu. À lui seul, Matthieu se réfère au Royaume de Dieu plus d'une cinquantaine de fois.

Luc rapporte que le Christ chargea Ses disciples de prêcher ce même message : « Jésus, ayant assemblé les douze... Il les envoya prêcher le royaume de Dieu » (9:1-2). Un peu plus tard, le Christ en désigna soixante-dix autres, pour aller et prêcher le même message du Royaume de Dieu (9:1,9).

L'apôtre Jean a rapporté les paroles que le Christ prononça devant Ponce Pilate, le soir où Il fut livré. Cet indice est fort important pour comprendre ce qu'est le Royaume. Le Christ avait dit : « Mon royaume n'est pas de ce monde (c'est-à-dire "de l'ordre établit par les hommes") » (Jean 18:36).

Philippe, un diacre, prêcha le même message aux Samaritains : « Mais, quand ils eurent cru à Philippe, qui leur annonçait la bonne nouvelle du royaume de Dieu et du nom de Jésus-Christ, hommes et femmes se firent baptiser » (Actes 8:12). Actes 3:19-21 déclare : « Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur, et qu'il envoie celui qui vous a été destiné, Jésus-Christ, que le ciel doit recevoir jusqu'aux temps du rétablissement de toutes choses, dont Dieu a parlé anciennement (dès le commencement [du monde], selon certaines version) par la bouche de ses saints prophètes. » Remarquez que l'apôtre Pierre fait référence à l'Avènement du Christ (verset 19), et que cela vient « de la part du Seigneur » (selon certaines versions : devant la présence du Seigneur). Le verset 20 déclare que Dieu enverra « celui qui vous a été destiné, Jésus-Christ ». Le verset 21 dépeint le Royaume de Dieu comme étant « des temps du rétablissement de toutes choses ». Pierre a déclaré que ce « rétablissement » (le Christ rétablissant Son Royaume) est quelque chose que « Dieu a parlé anciennement par la bouche de ses saints prophètes. » Or, une des nuances du mot « Rétablir » est « remettre une chose à son premier état », déclaration qui indique la pré-existence des élus dans l'état de la gloire première du Conseil de Dieu qui est le corp de Christ. C'est une déclaration stupéfiante !

Dieu Se serait-Il vraiment servi de tous Ses prophètes pour annoncer Son Royaume ? Pourquoi les érudits de la Bible et les croyants l'ignorent-ils — et même le rejettent-ils ?

Comme nous l'avons mentionné précédemment, Marc 1:1 parle du « commencement de l'évangile de Jésus-Christ ». Qu'est-ce que « l'évangile de Jésus-Christ » ? S'agit-il d'un Évangile nouveau et différent ? L'apôtre Paul aurait-il oublier qu'il y aurait un autre Évangile, en plus de celui au sujet de la Souveraineté de Dieu ?

La réponse est un « non ! » retentissant ! Cependant, la plupart des prédicateurs enseignent qu'il s'agit d'un évangile du libre-choix qui se base sur une décision personnel d'accepter Christ comme son Sauveur. Matthieu 6:33 déclare : « Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu. » Si l'on doit chercher premièrement quelque chose dans sa vie, cela veut dire que l'on doit connaître exactement la chose que l'on cherche. Ce chapitre contient ce que plusieurs appellent communément la prière du Seigneur (verset 10). Jésus exhorte les chrétiens à prier « ainsi » (verset 9) : « Que ton règne [royaume] vienne ». Vous devriez savoir ce pourquoi vous priez. Cela donnerait beaucoup plus de sens à vos prières.

Face à ces choses, il convient donc d'expliquer le conflit entre le faux Évangile de l'Arminianisme et le pur Évangile du Calvinisme maintenu et proclamé par le Christianisme Marginal et tous les élus.

  Jacobus Arminius (?, 1609)  

Jakob Hermanns, fut ministre de l'Église calviniste hollandaise reconnue par l'État. Il fut nommé professeur de théologie à l'université de Leyde en 1603. Dans ses cours et ses oeuvres, qu'il écrivit sous son nom latinisé de Jacobus « Arminius », il s'opposait à l'orthodoxie calviniste en remettant en cause la doctrine de la prédestination et la persévérance finale.

Il prétendait que la détermination divine de la destinée humaine n'était pas absolue mais dépendait en fait de la libre acceptation ou du rejet par l'homme de la grâce divine. Il défendait également la supériorité de l'étude individuelle de la Bible sur les doctrines officielles de l'Église.

Les remontrants

Arminius meurt en 1609. En 1610, ses pertisans appelés dès lors "arminiens", menés par Simon Bischop dit Episcopius, soumirent une « Remonstratie » (« Remontrance ») aux assemblées des États provinciaux de Hollande et de Frise, réclamant davantage de tolérance à leur égard. Leurs opposants furent appelés contre-remontrants, ou gomaristes, du nom de François Gomar, ou Francescu Gomarus sous sa forme latinisée, également théologien à Leyde.

À sa mort en 1612, ce fut, ironiquement, Episcopius qui lui succéda. Ils gagnèrent l'appui du chef militaire hollandais Maurice de Nassau et de la plupart des provinces après la décision de Jan Van Oldenbarnevelt, grand pensionnaire (gouverneur) de Hollande, de tolérer les remontrants. En 1619, Oldenbarnevelt fut exécuté pour trahison, et le synode de Dordrecht démit Episcopius et douze autres ministres du culte, qui s'exilèrent.

En 1621, Episcopius rédigea la Confession des remontrants, réaffirmant les vues non orthodoxes de l'arminianisme. Ce texte constitua le fondement de l'Église arminienne, qu'il établit avec d'autres après son retour aux Provinces-Unies en 1626. Il est toujours en vigueur. Le plus célèbre des remontrants fut sans nul doute Hugo Grotius (Hugo de Groot - 1583, 1645). Juriste, théologien et diplomate hollandais, ses travaux exercèrent une influence déterminante sur la théorie du droit, particulièrement en matière de droit international. Il composa un imposant ouvrage d'apologétique contre les musulmans et les païens.

Nous reconnaissons le faux Évangile Arminien des Néo-Évangéliques par différents facteurs :

a) qu'une personne a le libre choix de croire en Christ, de l'accepter ou de le rejeter ;
b) qu'il faut accepter Jésus comme son Sauveur personnel ;
c) qu'il est possible de perdre son salut et le regagner ;
d) que Dieu n'a pas désigné de toute éternité certains à la perdition ;
e) qu'il faut ajouter en plus de la Grâce : le Baptême d'eau, devenir membre officiel d'une église et assister obligatoirement à ses cultes, donner sa dîme, observer la loi, supporter le formalisme et le cléricalisme, bâtir des temples, faire des campagnes d'évangélisation, et pour d'autres recevoir en surplus le Baptême du Saint-Esprit comme deuxième expérience et parler en langues.


Chapitre 2

La Conversion

Faut-il accepter Jésus comme son Sauveur personnel ?

Cette expression populaire au sein des mouvements évangéliques, est non seulement basée sur l'exercice du libre choix ; mais elle n'a absolument aucun support scripturaire. Nul part dans la Bible est-il dit explicitement "qu'il faut accepter Jésus comme son Sauveur personnel pour être sauvé". Le plus prêt que nous pouvons parvenir à cette expression est avec Jean 1:12 et Colossiens 2:6 : "Mais à tous ceux qui l'ont reçu, Il a donné le droit d'être faits enfants de Dieu ; savoir, à ceux qui croient en son nom" (Jean 1:12). Or le verbe "recevoir" ici est en Grec"Lambano", et porte entre autre les significations de "prendre, saisir, et obtenir". Le Dictionnaire Grec-Français de J. Planche lui donne dans son quatrième sens les significations de "avoir dans l'esprit, concevoir, éprouver, percevoir, comprendre, et embrasser". La signification "d'embrasser" est particulièrement intéressante, puisqu'elle relie Jean 1:12 au Psaumes 2:12 : "Baisez le fils, de peur qu'il ne s'irrite, et que vous ne périssiez dans votre conduite ; car sa colère est prompte à s'enflammer. Heureux tous ceux qui se confient en lui". Il est clair que recevoir Christ ici signifie l'appréhender, le saisir par la pensée ; et que ceci implique une révélation dans notre conscience qui nous est donnée gratuitement, et dont la puissance nous fait naître de nouveau comme des enfants de Dieu : "lesquels ne sont point nés de sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme ; mais ils sont nés de Dieu" (Jean 1:13). Nous sommes loin ici d'une invitation sentimentale par laquelle une personne non-régénéré est poussée par ses émotions à se rectifier devant Dieu par ses propres efforts. C'est en étant régénéré que nous recevons Christ ; et non point en le recevant pour être régénéré. En ce qui concerne Colossiens 2:6 : "Comme donc vous avez reçu le Seigneur Jésus-Christ, marchez en lui" ; le verbe "recevoir" ici est "Paralambano" et signifie "apprendre, être renseigné ou instruit Il n'a donc aucun rapport avec une invitation personnelle par laquelle une personne a le choix de recevoir Christ.

Le danger de cette expression moderne est qu'elle fait du Salut en Christ une formule quasi magique qu'il s'agit de répéter pour être considéré Chrétien ; tout comme le Christianisme Conventionnel fit du Symbole des Apôtres durant les premiers siècles. Nous avons l'évidence que cette formulation débuta avec le système d'invitation publique fondé par l'Évangéliste C.G. Finney (1792-1875), et propagé par Billy Graham. Iain Murray, dans son livre "The Invitation System", publié par "La Bannière de la Vérité", nous dit : "C.G. Finney fut le premier évangéliste à appeler les gens devant l'estrade durant un service... Le prédicateur contemporain le plus audacieux qui utilise ce système est le Dr. Billy Graham... Malgré la publicité qui fut donné à ce système depuis quelques temps, nous croyons qu'il doit être questionné ; car il ne fait pas parti de la tradition évangélique. Le fait que les gens se lèvent et marchent pour venir devant l'estrade, est-il une déclaration extérieure d'une décision déjà prise intérieurement ? Pourquoi donc venir devant pour recevoir Christ, si tel est le cas ? De quelle manière est relié le concept de recevoir Christ à l'action de venir devant ? Existe t'il une relation quelconque ?... Même dans les jours où Christ fut présent visiblement sur la terre, la repentance et la foi étaient les éléments fondamentaux par lesquels on s'identifiait spirituellement à Christ. Aujourd'hui Il n'est plus physiquement présent ; et aucun homme ne peut aller de lui-même en marchant pour venir à Lui. Malgré cela on persiste à dire que Christ nous appelle à venir devant pour le recevoir... Il nous est dit que cet appel est une saine interprétation de la personnalité humaine. Selon Graham, cet appel donne une issue émotionnelle à ceux qui sont dans une condition troublée, et leur offre une solution pratique pour agir... Le fait que le système d'invitation est relié à des éléments psychologiques, le laisse ouvert à de sérieuses objections. Les conversions produites par ce système sont faites en exerçant des pressions sur la volonté. On nous dit que le conditionnement d'une foule dans un environnement contrôlé, avec des méthodes de suggestions convaincantes qui poussent le publique à réagir, produit des résultats psychologiques certains, que la foule soit assemblée au nom de la religion ou de la politique. Ainsi on justifie la conversion par un appel psychologique".

Or nous venons de découvrir le système par lequel on fait des faux chrétiens qui s'illusionnent en pensant d'avoir reçu Christ comme leur Sauveur personnel. Le système d'invitation publique qui engage le libre choix, est une manipulation psychologique qui exerce une pression sur la volonté et influence les émotions, et pousse les personnes non-régénérées à se rectifier devant Dieu par leurs propres efforts ; ce qui est nul autre que le salut par les oeuvres qui s'oppose au Salut par la Grâce seule.

Est-il possible de perdre son Salut et le regagner ?

Certains insensés croient que Dieu joue au yo-yo avec leur Salut, et qu'il est possible de déchoir de la Grâce ou perdre sa foi, et être converti à nouveau. Ce genre de démons habite surtout en ceux dont la foi est un assentiment intellectuel plutôt qu'un don de Dieu. Leur salut est basé sur leurs expériences personnelles plutôt que sur le sûr fondement de la Parole de Dieu. L'instabilité de leur nature humaine irrégénérée maintient leur foi dans un vacillement constant. Lorsqu'ils tombent dans la tentation et dans le péché, ils pensent avoir perdu leur foi et ont le sentiment d'être disgracié. Ils ont beau lire ces paroles de Jésus : "Et moi, je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais ; et personne ne les ravira de ma main" (Jean 10:28) ; mais ils croient qu'il est possible d'eux-mêmes de sortir d'entre les mains de Jésus. Ceci indique clairement qu'ils n'ont jamais connu le Seigneur Jésus intimement, ou qu'ils ont été égaré par un faux enseignement qui domine sur leur conscience charnelle. Le renoncement et la repentance sont les seuls moyens de rectification dans un tel cas. Il est vrai que la foi s'affaiblit lorsqu'un croyant tombe de nouveau dans le péché, car il attriste le Saint Esprit ; mais il ne perd jamais sa foi, car cela ne dépend pas de lui mais de Dieu qui l'a appelé et le garde (Romains 8:27-38).

Le Dr. J.T. Mueller, quoiqu'il supporte regrettablement la conversion réitérée, a ceci à nous dire sur la foi et l'assurance du Salut : "Il est évident que le croyant est en pleine possession du pardon divin, de la vie et du salut dès le moment où il place sa confiance dans le Christ ; en effet, dès cet instant, tous les mérites des souffrances et de la mort du Christ lui sont imputés (Actes 16:31; Romains 4:4-5). C'est pourquoi le croyant est certain de son salut, car la Foi à salut est, en elle-même, certitude pleine et absolue ... Il est bien évident que ceux qui rejettent la seule Grâce et font dépendre le salut de la conduite de l'homme, de sa justice et de ses bonnes oeuvres, doivent aussi nier la certitude du salut. La justice des oeuvres engendre toujours le doute et l'incertitude, tandis que la confiance dans l'oeuvre expiatoire du Christ et dans la justification objective qu'il a accomplies opère toujours la joyeuse assurance du salut dans le coeur du croyant... La certitude du salut qui est produite par l'Évangile n'est pas naturelle, mais surnaturelle et spirituelle, puisqu'elle est opérée dans le coeur du croyant par le Saint Esprit ... Il est vrai qu'un croyant peut n'être pas toujours conscient de sa Foi. La Foi à salut n'a pas besoin d'être toujours consciente, c'est-à-dire perçue par le croyant. Ainsi, les chrétiens adultes, pendant qu'ils dorment ou vaquent à leurs occupations quotidiennes, possèdent la Foi directe, c'est-à-dire celle qui appréhende la Grâce de Dieu en Jésus-Christ, bien qu'elle ne soit pas alors, réfléchie et discursive... En ces instants-là, leur Foi avec tout ce qu'elle implique se tient en dehors du champ de leur conscience immédiate. Ils peuvent même être dans le coma, c'est-à-dire dans l'impossibilité absolue de penser aux choses spirituelles, ou en état de tentation et penser avoir perdu la Foi alors qu'ils n'en ont perdu que le sens intime ou le sentiment. Dans tous ces cas la Foi existe, bien que le croyant n'en soit pas conscient".

Contre la doctrine de Jacques Arminius (1560-1609) qui s'attaque à la doctrine de la Préservation ou Persévérance des Saints, et à l'Assurance de la Grâce et du Salut ; nous supportons fortement les Cinq points du Calvinisme et les Canons de Dordrecht (1618-1619). Sur ces vérités inébranlables, la Confession de Foi de Westminster nous dit : "Ceux que Dieu a acceptés en son Bien Aimé, qu'il a efficacement appelés et sanctifiés par son Esprit, ne peuvent déchoir de l'état de grâce ni entièrement, ni définitivement ; mais ils y persévéreront certainement jusqu'à la fin et seront éternellement sauvés (Philippiens 1:6; 2 Pierre 1:10; Jean 10:28-29; 1 Jean 3:9; 1 Pierre 1:5,9). Cette persévérance des Saints dépend, non pas de leur propre libre volonté, mais de l'immuabilité du décret d'élection découlant du libre et immuable amour de Dieu le Père, de l'efficacité du mérite et de l'intercession de Jésus-Christ, de la permanence de l'Esprit et de la semence de Dieu en eux, et de la nature de l'Alliance de grâce : bref, de tout ce qui résulte du caractère certain et infaillible de tout cela (2 Timothée 2:18-19; Jérémie 31:3; Hébreux 10:10,14; 13:20-21; 9:12-15; Romains 8:33-39; Jean 17:11,24; Luc 22:32; Hébreux 7:25; Jean 14:16-17; 1 Jean 2:27; 3:9; Jérémie 32:40; Jean 10:28; 2 Thessaloniciens 3:3; 1 Jean 2:19). Les hypocrites et les autres irrégénérés peuvent vainement s'imaginer, par de faux espoirs et des présomptions charnelles, qu'ils ont trouvé grâce aux yeux de Dieu et sont sauvés ; leurs espoirs seront déçus. Par contre, ceux qui croient vraiment en le Seigneur Jésus, l'aiment sincèrement et s'efforcent de marcher devant lui en toute bonne conscience peuvent, dès cette vie, être sûrs et certains qu'ils sont en état de grâce et se réjouir dans l'espérance de la gloire de Dieu ; leur espérance ne les rendra jamais confus (Job 8:13-14; Michée 3:11; Deutéronome 29:19; Jean 8:41; Matthieu 7:22-23; 1 Jean 2:3; 3:14,18-19,21,24; 5:13). Cette assurance n'est pas une simple conjecture ou une opinion probable établie sur un espoir douteux, mais une infaillible certitude de foi établie sur la divine vérité des promesses de salut, l'évidence des grâces promises et le témoignage de l'Esprit d'adoption attestant à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu ; cet Esprit, par lequel nous sommes scellés pour le jour de la rédemption, est le gage de notre héritage (Hébreux 6:11,19; 6:17-18; 2 Pierre 1:4-5,10-11; 1 Jean 2:3; 3:14; 2 Corinthiens 1:12; Romains 8:15-16; Éphésiens 1:13-14; 4:30; 2 Corinthiens 1:21-22).

Dieu n'a-t-il pas désigné de toute éternité certains à la perdition ?

Cet enseignement est dur à avaler par ceux qui cherchent à se justifier devant Dieu par leur conduite ou leurs mérites. Ainsi ils soulèvent contre Dieu l'accusation d'être injuste, comme si Dieu leur devait le Salut éternel, malgré leur rébellion. Ceci ne se justifie nullement, nous dit A.R. Kayayan, "Révélation et Connaissance du Salut". On pourrait parler d'injustice de Dieu si l'homme pouvait avoir une quelconque prétention par rapport à Dieu. Mais la situation est totalement autre. Car tous les hommes, sans exception, ont abandonné Dieu pour s'adonner au péché. Personne n'a le droit de contester Dieu pour son élection ou sa réprobation. Dans le contexte de la Prédestination, Dieu serait injuste s'il n'avait pas appelé les élus au salut (Matthieu 20:14-15; Romains 9:14-15). La doctrine du Salut par la Grâce est nulle autre que la doctrine de la Prédestination qui comporte deux parties : l'Élection et la Réprobation. La doctrine de l'élection laisse entendre, naturellement, que Dieu n'a pas choisi ou élu tout le monde pour être sauvé. S'il a décidé de sauver les uns, il a aussi décidé de réprouver ou de ne pas sauver les autres. La réprobation peut être définie comme "le dessein éternel de Dieu d'exclure certains hommes de sa grâce spéciale pour les punir à cause de leurs péchés".

Plusieurs faux chrétiens s'opposent avec véhémence à cette doctrine, prétendant même qu'elle n'est pas enseignée dans les Écritures. Mais la Parole de vérité renverse leur faux raisonnement : "Car avant que les enfants fussent nés, et qu'ils eussent fait ni bien ni mal, afin que le dessein arrêté selon l'élection de Dieu demeurât, non point par les oeuvres, mais par celui qui appelle, il lui fut dit : le plus grand sera asservi au moindre. Ainsi qu'il est écrit : J'ai aimé Jacob, et j'ai liai Ésau. Que dirons-nous donc ? Y a t'il de l'iniquité en Dieu ? À Dieu ne plaise !" (Romains 9:11-14) ; "Et qu'est-ce si Dieu, en voulant montrer sa colère, et donner à connaître sa puissance, a toléré avec une grande patience les vaisseaux de colère, préparés pour la perdition ; et afin de donner à connaître les richesses de sa gloire dans les vaisseaux de miséricorde, qu'il a préparé pour la gloire" (Romains 9:22-23) ; "L'Éternel a fait tout pour soi-même, et même le méchant pour le jour de la calamité" (Proverbes 16:4) ; "La Pierre que ceux qui bâtissaient ont rejetée, est devenue la Pierre maîtresse du coin, une Pierre d'achoppement, et une Pierre de scandale ; lesquels ceux-ci se heurtent contre la Parole, et sont rebelles ; à quoi aussi ils ont été destiné" (1 Pierre 2:7-8) ; "Car quelques-uns se sont glissés parmi vous, qui dès longtemps auparavant ont été écrits pour une telle condamnation ; gens sans pitié, qui changent la grâce de notre Dieu en dissolution, et qui renoncent le seul dominateur Jésus-Christ, notre Dieu et Seigneur" (Jude 1:4; version Martin).

D'autres qui suivent la Théologie Libérale de Karl Barth, comme nous voyons chez les sectes Baptistes Alexaniennes du Québec (SEMBEQ), prétendent que la Réprobation dépend uniquement de l'homme qui rejette la révélation de Dieu en Christ ; doctrine qui est appuyé sur le libre choix de l'individuel, et que nous avons démontré être fausse. Selon Daniel G. Reid, "Dictionary of Christianity in America", la Théologie Libérale de Karl Barth (1886-1968) avec son nouveau modernisme, exerça un impact considérable sur le Protestantisme Américain et sur le mouvement évangélique ; mais elle fut rejetée par le grand théologien Réformé Cornélius Van Til comme une perversion de la vérité. On ne peut donc point s'étonner de voir ce poison s'infiltrer dans tous les adeptes du libre choix qui prétendent être chrétiens, au détriment de la vérité biblique.

Faut-il ajouter en plus de la Grâce ?

Il suffit ici de s'appuyer sur la décision irrévocable des apôtres et des anciens de l'Église de Jérusalem, contre ceux qui voulurent ajouter à la Grâce le rituel de la circoncision et l'observation de la Loi de Moise, et imposer ces choses aux chrétiens non-Juifs : "C'est pourquoi je suis d'avis de ne point inquiéter ceux des Gentils qui se convertissent à Dieu ; mais de leur écrire qu'ils aient a s'abstenir des souillures des idoles, de la débauche, et du sang des animaux étouffés" (Actes 15:19-20). Ainsi il faut que nous apprenions à ne point présumer au-delà de ce qui est écrit (1 Corinthiens 4:6) et ajouter toutes sortes d'ordonnances et de rituels qui ne sont plus obligatoires (Colossiens 2:14-15; Éphésiens 2:15; Hébreux 8:4-5; 9:8-10) comme le baptême d'eau, la dîme, les Cultes institutionnalisés, etc. "« Ma grâce te suffit" dit le Seigneur Jésus » (2 Corinthiens 12:9).


Chapitre 3

L'Alliance de la Grâce

Il est important d'être clair et précis en ce qui concerne l'Alliance de la Grâce. Le mot "Alliance" en Grec est "Diatithêmi" et signifie "un contrat, un pacte, un accord, une entente, une liaison, une union, un mariage" ; tandis que le mot "Grâce" est "Charis" et signifie "un don, une faveur imméritée, un bienfait, une bénédiction, un secours, pardon, rémission". Ainsi nous pouvons définir l'Alliance de la Grâce comme un contrat décrété selon la Souveraineté de Dieu, et dicté à ceux qu'il a choisi ou élu d'entre les pécheurs. Les termes du contrat sont stipulés clairement. La part de Dieu, qui inspire la liaison, est qu'il s'engage selon son bon plaisir, à donner gratuitement à ses élus, par la révélation de sa Parole et l'illumination du Saint Esprit : la repentance, la foi en le sacrifice expiatoire et vicarial de Christ et en sa résurrection d'entre les morts, la justification, la régénération, l'adoption, la Sanctification, la préservation, et la glorification éternelle en son Bien-Aimé. Pour la part des élus, ils s'engagent, par la puissance du Saint Esprit en eux qui réveille leur conscience, d'appliquer leur foi en Christ et de marcher par la foi en Celui qui les a aimé et qui s'est donné lui-même pour eux ; de renoncer à leur ancienne vie, à leurs vieilles habitudes et à toutes relations personnelles, religieuses, sociales ou politiques qui s'opposent à la vérité biblique ; de consacrer leur vie nouvelle au Seigneur Jésus-Christ, et se conduire d'une manière qui l'honore et le glorifie ; de combattre pour leur foi dans ce monde de ténèbres ; de lire et étudier la Parole de Dieu régulièrement, seul et en groupe ; de se donner à une vie de prières ; d'aider les frères et les soeurs en besoins, comme s'ils aidèrent à Christ lui-même ; de condamner toutes injustices et toutes fraudes spirituelles.

Ainsi, l'Alliance de la Grâce, est le fruit et la manifestation de la Grâce de Dieu envers les pécheurs élus. Elle est éternelle et inviolable. Dieu lui sera toujours fidèle, même si nous fléchissons. Elle est à la fois conditionnelle et inconditionnelle. Conditionnelle parce qu'elle dépend des mérites du Christ et qu'en bénéficier c'est vivre par la foi seule. Inconditionnelle, dans le sens qu'elle ne dépend nullement des mérites de l'homme ni de ses capacités charnelles ou intellectuelles. Elle est appelée TESTAMENT dans Hébreux 9:16-17, et fut inaugurée par la mort du Christ que Dieu a pourvu pour nous. Elle est différente de l'Alliance des Oeuvres, en le sens qu'elle possède un seul Médiateur, qui est armé avec tout ce qui est nécessaire pour l'établissement actuel et réel de notre réconciliation. En tant que notre assurance spirituelle, il assume notre culpabilité, paie le châtiment éternel qui nous était réservé à cause de nos péchés, accomplit la Loi pour nous et en nous, restaure la paix entre nous et Dieu, et nous transforme dans notre être intérieur par sa présence en nous.

Dans les délibérations de Dieu avec l'homme, nous dit Herbert M. Carson, "Basic Christian Doctrines", la Chute représente clairement la ligne de démarcation entre l'Alliance des Oeuvres et l'Alliance de la Grâce. La communion entre la créature et son Créateur a été brisée et sa nature corrompue entièrement. L'être humain n'a plus aucune relation avec Dieu, et même il déplaît à Dieu ; il est complètement incapable de restaurer sa relation avec son Créateur. Ceci signifie que s'il y est pour avoir une nouvelle relation, qu'elle dépendra entièrement de Dieu qui accorde sa Grâce à l'homme déchu. Dieu doit donc prendre l'initiative ; car l'être humain, à cause de son état de rébellion, ne se tournera jamais de lui-même vers Dieu. C'est Dieu en effet qui le rend capable de se tourner vers lui, car son état d'esclavage au péché est si profonde qu'il ne peut le faire de lui-même. Ainsi l'Alliance est inévitablement une Alliance de Grâce... La nécessité de saisir cette vérité, est vitale pour obtenir la compréhension de l'unité de la révélation dans l'Écriture ; et pour avoir une saine santé spirituelle. Elle nous parle de privilèges, mais aussi de responsabilités ; elle nous promet des bénédictions, mais demande aussi notre obéissance. Sa connaissance fortifie notre foi dans le Dieu de l'Alliance.

Comme nous voyons, l'Alliance de la Grâce est relié intrinsèquement à la Chute de l'homme dans le Jardin d'Éden ; ainsi notre position sur celui-ci devient très importante ; car elle peut soit favoriser notre conception du Salut par la Grâce, ou devenir la base du salut par les oeuvres. Le Christianisme Conventionnel maintient fortement que le Jardin d'Éden est un jardin matériel avec des arbres fruitiers et un serpent qui marche et est doué d'une intelligence rusée avec le don de la parole. Ceci voudrait dire que la Chute fut le résultat que l'homme mangea un fruit littéral et matériel qui lui fut interdit de consommer. Si tel fut le cas, cela voudrait dire aussi qu'il existe un fruit matériel que nous pouvons consommer et par lequel nous pouvons obtenir la vie éternelle. Or nous savons que ceci est insensé ; car le seul qui donne la vie éternelle est Christ. Le récit édénique est donc figuratif et doit être interprété spirituellement à la lumière d'un fait historique réel. S'il existe ou a déjà existé un fruit matériel qui donne la mort spirituel, et un fruit matériel qui donne la vie ; nous pourrions donc être sauvé en mangeant de ce fruit. Le Salut ne serait put ainsi par la Grâce mais par les oeuvres. Mais la Chute fut occasionnée par la rébellion dans l'esprit et non en mangeant un fruit. En s'appuyant sur une interprétation matériel du Jardin d'Éden, le Christianisme Conventionnel enseigne le salut par les oeuvres ; et de ce fait, il est rejeté de la Grâce qu'il enseigne. Étant monté dans l'arbre du Salut, il scie la branche sur laquelle il est assis et tombe dans l'égarement ; amenant avec lui une multitude qui croit être sauvée. Pour le Christianisme Marginal, le Jardin d'Éden est un état d'être, tout comme l'Église, et non un jardin matériel ; l'arbre de la vie est l'Esprit de Dieu ; l'arbre de la connaissance du bien et du mal est l'esprit de la chair avec ses fruits charnels ; le fleuve est le fleuve de la Grâce ; et le serpent est le raisonnement subtil de la nature humaine qui persiste à justifier son indépendance et à se glorifier. Sur ces choses est basé la tragédie humaine et la révélation de la gloire de Dieu en Jésus-Christ, notre Seigneur.


Chapitre 4

La Prédestination

Pour la foi chrétienne, nous dit William C. Robinson, "Basic Christian Doctrines, par : Carl F.H. Henry", la Prédestination est une vision du Roi des rois dans la gloire de sa Grâce ; et un avertissement de ne pas transposer la révélation de la majesté de sa miséricorde, en un système imaginé par la logique humaine. Elle proclame la liberté de la Grâce salutaire de Dieu en Christ, sans faire de sa volonté souveraine un fatalisme arbitraire. Elle est centrée sur Christ et nous donne l'assurance de la foi. Ainsi elle sauve le croyant du labyrinthe mortel qui engloutie tous les penseurs spéculatifs. Considéré ainsi, la Prédestination est personnel, Christocentrique, et gracieuse. Elle est une décision personnelle du Dieu TOUT-PUISSANT qui choisi ses élus selon le bon plaisir de sa volonté. Historiquement cette doctrine fut formulée en trois parties :

1) la Prédestination générale ou Providence de Dieu ;
2) la Prédestination spéciale ou l'élection, où nous voyons la Grâce de Dieu en ceux qu'il a choisi ;
3) la réprobation par laquelle Dieu laisse les pécheurs qu'il n'a pas élu à subir les conséquences de leurs péchés pour manifester sa puissance et sa justice. Elle contribue à nous indiquer que Dieu est encore en plein contrôle maintenant, dans le présent ; et que rien n'échappe à ses regards. Le Seigneur Jésus-Christ est la base et la raison de la Prédestination, car il est la cause méritoire de notre élection en lequel notre adoption comme enfants de Dieu est réalisée.

Avec le grand réformateur Jean Calvin, nous supportons la doctrine biblique d'une Prédestination double et absolue contre l'Arminianisme qui enseigne une Prédestination conditionnelle. Dans la Théologie libérale moderne, nous dit Louis Berkhof, "Systematic Theology", la doctrine de la Prédestination rencontre très peu de support. Elle est soit rejetée ou modifiée à un tel point qu'elle n'est plus reconnaissable. Ainsi elle est représentée comme s'appliquant uniquement à leur enseignement que tous les hommes doivent être conforme à l'image de Jésus-Christ ; ou comme une Prédestination qui s'applique uniquement à certains offices ou privilèges. D'autres disent que la prédestination est basée sur la préconnaissance de Dieu ; c'est-à-dire, que Dieu savait d'avance que certains étaient pour croire en Christ et choisi ceux-ci sur cette base là. Pour ceci, ils s'appuient sur ce passage :

"Car ceux qu'il a préconnus, il les a aussi prédestinés à être conformes à l'image de son Fils" (Romains 8:28-29).

Berkhof nous dit ici que le mot "préconnus" est "Proginosko" et ne signifie point une préconnaissance intellectuelle ou une connaissance des événements avant qu'ils arrivent ; mais une connaissance sélective qui favorise une personne et fait de celle-ci l'objet de son amour (Actes 4:28; Romains 8:28-29; 1 Pierre 1:2). Il nous faut toucher ici l'expression "être conformes à l'image de Christ" qui embête certains qui disent que ceci est le but de la Prédestination et non point le salut. Le verbe "conforme" dans Romains 8:28 ou 29, dépendant qu'elle version de la Bible vous utilisez, est en Grec "Summorphos" et indique un point précis d'identification et une procédure de transformation progressive qui accompagne ce moment pré-déterminé. Ce mot signifie "être conjoint, lié, marié, identifié, devenir semblable ou pareil" ; et implique notre "adoption" en Jésus-Christ :

"nous ayant prédestinés pour nous adopter à soi par Jésus-Christ" (Éphésiens 1:5).

Ce qui est fort intéressant est que ce mot apparaît seulement deux fois dans le Nouveau Testament. Nous le retrouvons dans Philippiens 3:10, où il est dit que nous sommes "rendus conforme à la mort de Christ" : "pour connaître Jésus-Christ, et la vertu de sa résurrection, et la communion de ses afflictions, étant rendu conforme à sa mort". Or l'Écriture nous enseigne clairement que nous sommes rendus conforme à Christ par la foi en sa mort, et que c'est par la foi en sa mort que nous somme réconcilié à Dieu et obtenons notre salut :

"Étant donc justifié par la foi, nous avons la paix avec Dieu, par notre Seigneur Jésus-Christ ; par lequel aussi nous avons été amenés par la foi à cette grâce, dans laquelle nous tenons fermes... Mais Dieu signale son amour envers nous en ce que, lorsque nous n'étions que pécheurs, Christ est mort pour nous... Car si lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, beaucoup plus étant déjà réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie" (Romains 5:1-2,8,10).

Ainsi, notre conformité à l'image de Christ a comme base notre Prédestination au Salut par la Grâce par le moyen de la foi (Éphésiens 2:8). Il est ainsi évident, selon l'Écriture, que le croyant n'a pas été élu à cause de sa foi que Dieu a préconnue, mais, au contraire, il est devenu croyant à cause de son élection éternelle à salut. En d'autres termes, une personne ne naît à la foi salvatrice que parce que Dieu, de toute éternité, l'a gratuitement élue en vue du salut (Actes 13:48; Éphésiens 1:3-6; Romains 8:28-31). L'immutabilité de l'élection assure ainsi le salut des élus ; car l'objectif déterminé de Dieu, est que certains reçoivent la foi et persévère dans cette foi jusqu'à la fin. Elle est donc inconditionnelle et irrésistible (Romains 9:11,16; Philippiens 2:13).

L'élection au salut, nous indique clairement que la Grâce est particulière et non universelle, comme prétend le Luthérianisme qui dit que "Dieu désire ardemment et sérieusement que tous les hommes soient sauvés". Pour supporter l'hérésie de la Grâce universelle, ceux-ci s'appuient sur des passages comme 1 Timothée 2:3-4; et 2 Pierre 3:9 :

"Car cela est bon et agréable devant Dieu, notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés, et qu'ils viennent à la connaissance de la vérité" ; "... mais il est patient envers nous, ne voulant point qu'aucun périsse, mais que tous se repentent".

Or le mot clé dans ces passages est le verbe "vouloir". Dans le Grec ce mot est "Thélo" et signifie "désirer, préférer, souhaiter, aimer mieux" ; il exprime une option qui serait considérée préférable à une autre. Dans ces passages, ce mot nous indique que notre Dieu est un Dieu de compassion, de bonté, et de miséricorde ; sans toutefois diminuer le fait qu'il est aussi un Dieu de justice. Ainsi le fait que Dieu désire ou préférerait que tous les homme soient sauvés, ne signifie point que tous le seront. Comme dit le grand exégète Matthew Henry sur ces passages : "Non pas que Dieu a décrété le salut de tous, car tous les hommes. seraient sauvés ; mais il entretient une bonne volonté envers tous, voulant qu'aucun périsse". Ainsi ces passages n'affectent aucunement l'élection particulière des élus ; car quoique Dieu désirerait que tous soient sauvés, il en a choisi que certains qui le seront. Tandis que le reste périront par leur propre faute, selon le décret de réprobation que Dieu a pré-déterminé pour montrer sa justice. Ceci confirme ces paroles de Jésus :

"Car il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus" (Matthieu 22:14).


Chapitre 5

L'Appel Efficace de la Grâce

L'effet attendu et certain de l'élection est ce qui est nommé "l'appel efficace" de la Grâce qui nous sépare de la mort du péché et nous rend la vie en Jésus-Christ. Cette efficacité phénoménale de la Grâce, qui est littéralement un miracle, se nomme aussi "la régénération ou la nouvelle-naissance, la circoncision spirituelle, et la première résurrection" (Jean 3:3-8; Romains 2:29; Colossiens 2:11-13; Jean 11:25-26; Apocalypse 20:5). Le Théologien Réformé, J. Norval Geldenhuys, nous dit : Dieu appel tous les êtres humains à reconnaître son existence travers la nature, l'histoire, et leur conscience. Mais cet appel est externe et ne produit point la connaissance du Salut ni la foi en Jésus-Christ. Ainsi "Plusieurs sont appelés, mais peu sont choisi". L'appel efficace est différencié de l'appel général, en ce qu'il fait renaître comme enfant de Dieu le pécheur perdu qui fut élu, et le rend participant de la vie éternelle en Jésus-Christ.

Cet appel efficace est non seulement une invitation, mais une action dynamique du Saint Esprit qui nous introduit dans une relation vivante avec Jésus-Christ. Le mot "appel", (qui malheureusement est traduit souvent par "vocation" dans plusieurs Bibles), est généralement utilisé comme signifiant seulement "une invitation" ; mais dans les Épîtres ce mot est utilisé dans le sens "de commander", et en même temps "de produire, de provoquer, d'occasionner d'être". En ce sens, Geldenhuys nous indique que le mot "appel" porte la même signification que "Créer". Ceci est approprié dans le sens que "naître de nouveau" signifie "être créé de nouveau" :

"Car nous sommes son ouvrage, étant créés en Jésus-Christ" (Éphésiens 2:10) ; "Si donc quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature ; les choses anciennes sont passées : voici toutes choses sont faites nouvelles" (2 Corinthiens 5:17).

C'est pour cela que la résurrection de Lazare est le modèle par excellence du chrétien né de nouveau. Ainsi dans les ÉpÎtres "être appelé" signifie "être désigné au Salut par la Grâce", dont l'effet est une action divine par laquelle l'aveuglement spirituel du pécheur est enlevé, afin que le Seigneur Jésus-Christ soit perçu et embrassé comme le seul vrai Sauveur et Fils de Dieu. L'intelligence de l'élu est ainsi libérée de l'esclavage du péché et de l'ignorance spirituelle qui formèrent une barrière impénétrable entre lui et le Seigneur Jésus. Cet appel, qui est irrésistible, n'enlève point la responsabilité du croyant (1 Timothée 6:12) ; mais il lui donne toutefois l'assurance nécessaire pour son futur:

"Or le Dieu de paix lui-même vous sanctifie entièrement ; et que votre esprit, votre âme, et votre corps tout entiers, soient conservés sans reproche en la venue de notre Seigneur Jésus-Christ. Celui qui vous appelle est fidèle ; c'est pourquoi il fera ces choses en vous" (1 Thessaloniciens 5:23-24).

Subjectivement, nous dit le grand Théologien Louis Berkhof, l'union entre Christ et le croyant est produite par le Saint Esprit d'une manière mystérieuse et surnaturelle ; et pour cette raison elle est généralement désignée comme "l'union mystique". Cette union fait partie de l'Alliance de la Rédemption qui est la base de l'Alliance de la Grâce. Dans ce Conseil de Paix, Christ prit volontairement sur lui-même d'être la Tête et l'Assurance des élus. Ainsi il fut destiné à constituer une nouvelle humanité, et établir la justice des élus devant Dieu en payant la pénalité pour leur péché ; assurant ainsi leur droit à la vie éternelle. Dans cette Alliance éternelle le péché des élus fut imputé, c'est-à-dire "attribué" à Christ ; et la justice de Christ fut attribuée aux élus.

Cette imputation de Christ est représentée dans l'Alliance de la Rédemption comme étant une justification de toute éternité, sur laquelle est basée la justification par la foi. Puisque le croyant est une nouvelle créature et est justifié seulement en Christ, ceci veut dire que notre union avec lui [dans sa Parole de vie] vient avant notre régénération et notre justification par la foi ; quoique chronologiquement, le moment où nous sommes unis à Christ est aussi le moment de notre régénération et de notre justification. Par cette union les croyants sont changés ou transformés en l'image de Christ comme il fut dans sa nature humaine. En un sens, Christ occasionne dans ses élus une reproduction de lui-même, et ils subissent une répétition des événements de son ministère. Non seulement objectivement, mais aussi dans un sens subjectif ; ils souffrent, portent leur croix, sont crucifiés, meurent, et ressuscitent dans une nouvelle vie avec Christ. Ainsi ils partagent, en une certaine mesure, les expériences de leur Seigneur ; sans que leur personnalité distincte soit intégrée en une seule. De ce fait, le pécheur élu devient conscient de sa position en Christ par la puissance du Saint-Esprit ; et ressent le besoin de dépendre sur Christ dans le plus profond de lui-même. Ce sentiment l'empêche de se glorifier. C'est en ce sens qu'un disciple devient un témoin de Christ véritable, car le mot "Témoin", du Grec "MARTURION" (d'où nous avons le mot Martyre), signifie aussi "re-présence" ; donc chaque élu est non seulement un représentant, mais une re-présence du Seigneur Jésus qui habite en lui par son Esprit.


Chapitre 6

L'Exécution du Renoncement

L'appel efficace engendre instantanément une séparation d'un état d'être à un autre. Ceci est la phase objective de la Grâce qui opère sa puissance de transformation dans les profondeurs secrètes du coeur de l'homme. Mais subjectivement elle fait surgir dans la conscience de l'homme pécheur le besoin de renoncement, de repentance, et de conversion ; et lui donne la puissance d'exécuter ces choses par le moyen de la foi en Christ comme don gratuit. Le Salut ne consiste donc pas à "accepter Christ comme son Sauveur personnel", comme exercice du libre choix ; mais à renoncer à soi-même, c'est-à-dire abandonner sa vie et tout ce qu'elle contient entre les mains de Celui qui est seul digne de toute confiance :

"Puis il disait à tous : Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à soi-même, et qu'il charge de jour en jour sa croix, et me suive" (Luc 9:23) ; "Et quiconque ne prend pas sa croix, et ne vient après moi, n'est pas digne de moi" (Matthieu 10:38) ; "... il ne, peut être mon disciple" (Luc 14:27).

Cet enseignement essentiel de Jésus est la clé par laquelle nous le recevons :

"Celui qui vous reçoit, me reçoit ; et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé" (Matthieu 10:40).

Ce renoncement est l'effet extérieur de la Grâce intérieure par laquelle l'homme engage sa conscience dans un champ d'action précis. Son engagement n'a donc aucun mérite puisqu'il est attiré par la Grâce à agir ainsi :

"Tous ceux que le Père me donne viendront à moi, et je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi" (Jean 6:37).

Cet enseignement crucial sur la Grâce irrésistible et particulière, nous indique aussi que le renoncement initial au Salut produit conséquemment une vie de renoncement qui est décrite comme "porter sa croix" ; c'est-à-dire, le fardeau de combattre contre les affections de la chair par la puissance de l'Esprit de Christ en nous (Romains 8:7,13-14).

Le renoncement au Salut comporte deux éléments essentiels qui sont des termes contractés dans l'Alliance de la Grâce, à savoir : la repentance et la conversion :

"Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés" (Actes 3:19).

Berkhof nous dit que la traduction de "Metanoia" par le mot "repentance" ne fait pas justice au sens original qui inclut une opposition consciente à une condition antérieure. Il indique un changement intellectuel et moral par un acte de foi destiné à produire un effet. La traduction la plus précise que nous pouvons lui donner est "Reconsidérer" ; c'est-à-dire : reprendre l'examen d'une situation ou d'une question en vue d'une nouvelle décision ; de rectifier nos manières de penser et d'agir, et de réformer notre vie à la lumière de la Parole de Dieu. Avec la foi, la repentance que nous pouvons nommer "la reconsidération", devient un élément expéditif dans la Conversion.

Le mot "Conversion" ne rend pas lui aussi complètement justice à son sens original qui est de "renouveler" ; c'est dire transformer ou altérer notre condition d'être et la direction de notre vie. Ce renouvellement est occasionné par la tristesse de notre condition de pécheur qui produit en nous la repentance ou la reconsidération à salut :

"Car la tristesse qui est selon Dieu, produit une repentance à salut, et dont on ne se repent jamais ; au lieu que la tristesse du monde produit la mort" (2 Corinthiens 7:10).

Il est évident que la tristesse qui nous porte au salut, est une tristesse spirituelle et non charnelle ou naturelle. La tristesse naturelle produit la mort dans l'âme ; c'est-à-dire la dépression ou l'état de chagrin qui afflige celui qui s'est fait prendre la main dans le sac, ou qui est le résultat d'une conséquence pénible. Ce genre de tristesse est issu de l'ennui ou de l'inquiétude et produit l'amertume dans le coeur. Mais la tristesse spirituelle est le fruit d'une conviction du Saint Esprit :

"Et quand il (le Saint Esprit) sera venu, il convaincra le monde de péché, de justice et de jugement" (Jean 16:8).

La tristesse spirituelle est donc une prise de conscience sur notre condition lamentable de pécheur produite par le Saint Esprit qui nous appelle à la séparation ou à la délivrance. Elle est décrite par le prophète Ézéchiel en ces termes :

"Vous vous souviendrez alors de votre mauvaise voie, et de vos actions qui n'étaient pas bonnes ; vous aurez horreur de vous mêmes, à cause de vos iniquités et de vos abominations" (Ézéchiel 36:31; version Ostervald, édition 1996).

Jacques, le frère du Seigneur, nous exprime le même concept en ces mots :

"Approchez-vous de Dieu, et il s'approchera de vous. Pécheurs, nettoyez vos mains ; et vous qui avez le coeur partagé, purifiez vos coeurs. Sentez vos misères, et soyez dans le deuil, et pleurez ; que votre rire se change en pleurs, et votre joie en tristesse. Humiliez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera" (Jacques 4:8-10).

Lorsque nous considérons toutes ces choses, il est évident qu'il y a très peu de conversion réelle parmi les disciples du libre-choix, pour qui le Salut consiste simplement à réciter une prière pré-formulée par laquelle ils disent accepter Jésus comme leur Sauveur personnel. Peut-on dire vraiment qu'une telle conversion contient tous les éléments nécessaire aux Salut, comme nous venons de voir ci-haut ? Si non, il est évident que nous ne pouvons considérer ces gens comme des chrétiens authentiques ; quoiqu'ils ont subi une certaine expérience de transformation, que nous savons être issue d'influences psychologiques qui peuvent modifiées le comportement et donner une apparence chrétienne. Ce genre de salut dépend entièrement de leur foi et de leur obéissance évangélique, et non de l'appel efficace de la Grâce qui a pour objet le Seigneur Jésus-Christ. La foi et non l'objet de la foi devient pour ceux-ci l'élément essentiel, faisant du Salut un salut par les oeuvres méritoires de leur obéissance.

Il est important de remarquer que la Conversion est le résultat direct de l'appel intérieur qui produit la régénération ou nouvelle naissance indépendamment de celle-ci. Ce qui nous indique que la régénération vient avant la conversion, et que souvent il peut y avoir un laps de temps entre les deux avant qu'une personne vienne consciente de son appel et répondre par la foi. Ceci est un élément extrêmement important pour comprendre l'Alliance de la Grâce qui est issue de l'élection ; car nous entrons dans l'Alliance par la foi uniquement après avoir été régénéré par l'appel efficace et irrésistible de la Grâce. Notre réveil et notre union à Christ est ce qu'on appelle le Baptême du Saint Esprit par lequel nous sommes fait des nouvelles créatures et intégré au Corps de Christ (Romains 6:3-5; 1 Corinthiens 12:13; Éphésiens 4:5). Ainsi dans l'ordre des choses, l'élection vient en premier et est suivie par l'appel efficace irrésistible qui nous régénère, et produit la conversion qui nous introduit dans l'Alliance de la Grâce avec toutes ses bénédictions spirituelles. Cet ordre est irréversible dans le contexte de la Souveraineté de Dieu, et ne peut être altéré par la volonté de l'homme ; quoique certains Théologiens et Pasteurs désirent ardemment le renverser à leur perte.


Chapitre 7

L'élément de la Foi

Vous pouvez penser qu'il est facile d'expliquer la Foi, disait le grand prédicateur C.H. Spurgeon, et il l'est ; mais il est encore plus facile de mélanger les peuples avec votre explication. Nous devons admettre que ceci est souvent le cas, surtout dans le Christianisme Conventionnel où nous voyons la Foi être un facteur de division et de confusion. La vie ou le pouvoir qui s'écoule à travers le conduit de la Foi est l'énergie ultime de l'univers ; c'est-à-dire : l'Amour de Dieu. Lorsque l'Amour est parfait, la Foi est parfaite ; nous dit le professeur Calvin D. Linton, "Basic Christian Doctrines".

La limite de notre Foi est la limite de notre vie. Séparé de Dieu par son refus de croire en la vérité de la Parole de vie en Jésus-Christ, l'homme est condamné à errer éternellement dans les ténèbres de la mort spirituelle. Toute solution à sa condition d'égarement doit venir entièrement de Dieu et de sa Grâce, sans aucun mérite de la part de l'homme ; car tout vient de Dieu, incluant sa rédemption, son salut, et sa persévérance dans la Foi. Nous devons aussi considérer le rôle de la connaissance dans la Foi et la distinction entre les deux : la croyance et la confiance, termes qui sont généralement utilisés pour décrire la Foi. Dans ce contexte, nous utilisons le mot "croyance" dans son sens étroit et secondaire qui signifie une approbation intellectuelle basée sur des évidences suffisantes. Tandis que nous utilisons le mot "confiance" pour décrire une soumission et un engagement à un contrat ou à une personne.

Avec des évidences suffisantes, l'homme est disposé à croire que Jésus à existé à un certain moment donné dans l'histoire ; mais ceci ne suscite aucun engagement de sa part ni aucun risque. Sa conduite n'est pas modifiée par une telle croyance et il demeure toujours dans son état de pécheur. Cette croyance ne le justifie pas devant Dieu, parce qu'il n'a point cru à Dieu mais aux évidences. La connaissance des faits historique peut engagée l'intellect mais non la confiance qui nous délivre de notre condition de pécheur. Nous avons besoin de quelque chose de plus puissant que la connaissance des évidences pour transformer nos coeurs tortueux et le redresser : "Car on croit du coeur pour obtenir la justice" (Romains 10:10). Si la connaissance n'est pas suffisante pour produire la confiance, comment donc pouvons-nous parvenir à la connaissance du Fils de Dieu et de notre Salut ? Puisque tout dans ce contexte est par la Grâce, "ceci est impossible à l'homme mais non point à Dieu" (Matthieu 19:25-26). La connaissance de Jésus-Christ comme Seigneur et Sauveur nous est donnée uniquement par révélation :

"Mais quand il plut à Dieu, qui m'avait choisi dès le sein de ma mère, et qui m'a appelé par sa grâce, de me révéler intérieurement son Fils" (Galates 1:15-16) ; "...si même nous avons connu Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus ainsi" (2 Corinthiens 5:17).

Cette connaissance révélatrice et non factuelle repose sur le sûr fondement de la Parole de Dieu. Même la connaissance de la Parole nous est donnée par la révélation de l'Esprit de Dieu en nous (1 Corinthiens 2:9-10, 12,16; 1 Jean 2:27). C'est la révélation de cette connaissance qui engage notre confiance en Christ ; comme il est dit souvent, "il faut croire pour comprendre et non comprendre pour croire". La Foi réelle doit donc être une réalité intérieure qui s'oppose à la foi de la raison humaine.

Si l'homme pécheur est pour recevoir l'eau de la vie (Jean 4:12-13), il doit y avoir un conduit ; et ce conduit est la Foi. Ainsi le conduit n'a aucun mérite de lui-même, puisque la Foi est elle-même un don de Dieu à ceux qui furent désigné pour croire (Éphésiens 2:8; Actes 13:48; Philippiens 1:29). La Foi n'est pas efficace par raison de son intensité ni de sa connaissance, mais par raison de son objet ; et elle est nulle autre qu'une complète confiance en la Personne du Seigneur Jésus-Christ : "JE SUIS la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort. Et quiconque vit et croit en moi, ne mourra jamais. Crois-tu cela ?" (Jean 11:25-26).

De la Foi en Christ provient le coeur même de l'Évangile, à savoir : la Justification par la Foi. Presque toutes les grandes vérités de l'Évangile ou Bonne Nouvelle, sont reliées à la Justification par la Foi. Pour clarifier le sujet, être justifié signifie "être redressé, être rectifié" de notre position de pécheur à une position de droiture devant Dieu, en laquelle nous sommes innocenté de toute culpabilité à cause des mérites du sacrifice expiatoire du Seigneur Jésus. Par cet acte judiciaire, Dieu prononce innocent les pécheurs élus condamnés sous la Loi, et les déclare juste une fois pour toute en leur attribuant la droiture de Christ par la Grâce seule. Ceci leur assure le plein pardon de tous leurs péchés passés, présent, et futur ; garantie leur acceptation en sa présence pour l'éternité, leur adoption comme fils, et le don du Saint Esprit qui oeuvre en eux et à travers eux. Ceci est donc le paradoxe de l'Évangile, qu'un homme est à la fois pécheur tout en étant parfait devant Dieu à cause de Christ. Nous sommes justifiés par le sang de Christ (Romains 5:9), par sa propre justice (Romains 5:18), par son obéissance (Romains 5:18), et dans le nom de Jésus-Christ par l'Esprit de Dieu (1 Corinthiens 6:11). Ainsi l'homme n'est pas justifié sur la base de sa propre justice ou à cause de sa foi, comme prétendent les Arminiens ; mais par la parfaite justice du Seigneur Jésus-Christ qui est donnée gratuitement à ses élus.


Chapitre 8

Confusion sur l'Alliance de la Grâce

Une des particularités de l'Alliance de la Grâce qui a causée beaucoup de conflits, est l'aspect des membres qui ont droit d'y participer. La théologie des églises Réformées dit que l'appartenance directe à l'Alliance est conditionnelle à la foi. Ceci est un contresens de ses propres enseignements sur les doctrines de la Grâce qui affirment, avec exactitude, que l'élection et l'appel efficace sont les éléments divins qui nous introduisent dans l'Alliance de la Grâce, et non la Foi. Nous avons déjà indiqué clairement que nous sommes régénéré par l'appel efficace dans le but d'exercer la foi en Christ. Il est vrai que nous entrons dans l'Alliance par la foi ; mais le simple fait que nous y entrons, indique qu'elle fut établie avant même que nous croyons. C'est à dire qu'un élu est déjà membre de l'Alliance avant même qu'il confesse sa foi. La différence est simplement qu'à cause de l'élection, un élu devient un membre passif avant de devenir un membre actif par la foi.

La Foi n'est donc pas une condition pour être sauvé, mais seulement "un moyen" qui fut pré-déterminé dans l'élection et vivifié par l'appel efficace. Faire de la Foi une condition, c'est la transformée en une faculté intellectuelle et méritoire, et en faire l'objet crucial de notre Salut, qui devient un salut par les oeuvres et non par la Grâce. Cette position est extrêmement dangereuse, car Christ seul est l'objet de la Foi que nous avons reçu de lui. La Foi ne sauve pas, Christ est Celui qui nous sauve, parce qu'il a été désigné ainsi avant même la fondation du monde. Nous entrons extérieurement dans l'Alliance de la Grâce par le moyen de la Foi, tout simplement parce que nous en faisons déjà partie intérieurement. Nous sommes régénéré pour croire, nous ne croyons pas pour être régénéré. Renversé cet ordre préétabli dans l'élection c'est attribuer la gloire à l'homme plutôt qu'à Dieu.

Mettre l'accent sur la Foi plutôt que sur l'élection, est ce qui a occasionné de nombreux conflits sur le droit des membres de l'Alliance. Ceci devient encore plus évident lorsque nous considérons les enfants de parents chrétiens. Le Salut des enfants a toujours préoccupé le Christianisme. Ceci est dû à l'attachement que les parents ont pour leurs enfants. Cet attachement est légitime et entièrement biblique. Mais la raison humaine utilise cet attachement pour détourner les gens de la vérité et causer des divisions et des conflits. Ceci devient un problème majeur pour ceux qui considèrent que seulement les adultes peuvent avoir la Foi ; ce qui signifie pour eux que ceci est impossible aux enfants. Puisqu'ils mettent l'accent sur la Foi dans le Salut en disant qu'elle est la condition essentielle pour être sauvé, et que ceci est réservé uniquement aux adultes ; ils privent leurs enfants de la Grâce du Salut et les condamnent à la perdition éternelle, sans s'en rendre compte. Nous savons que ce malentendu n'est pas intentionnel de leur part et qu'ils sont les victimes des sophismes théologiques de leurs dirigeants spirituels remplis de préjugés qui favorisent leur religion particulière. Mais nous devons regrettablement nous opposer à leur point de vue que nous considérons être une hérésie de la pire espèce qui doit être condamnée au plus haut degré.

Le concept biblique de l'Alliance de la Grâce a malheureusement manqué dans la Théologie des églises Réformées, face à la question sur qui peut être membre de l'Alliance. Ceci est dû à un manque d'attention sur les doctrines de la Grâce, particulièrement celle de l'élection et de l'appel efficace. Toutefois, leur position peut être facilement rectifiée, puisque leur base doctrinale sur la Grâce est solide comme du roc. Mais on ne peut dire la même chose de leur opposition les églises Baptistes, qui doivent être considéré comme la secte la plus dangereuse par leur fausse doctrine du baptême par immersion, doctrine qui renverse la position du chrétien de la croix à la tombe (Romains 6:3-5). Du fait aussi que le mot "Gomorrhe" dans Sodomme et Gomorrhe signifie « submersion, immersion », nous voyons que les Baptistes ont attrapé la gonnorrhée spirituelle qui infeste le sang de Christ pour en rendre nul son efficacité.

La position des églises Réformées, qui pratiquent le baptême par effusion et le baptême des enfants, nous est citée par A.R. Kayayan, directeur de Perspectives Réformées, "Révélation et Connaissance du Salut". Les enfants des croyants entrent comme membres de l'Alliance par leur naissance, ce qui ne veut pas dire qu'ils entrent automatiquement et participent à la communion de la vie avec Dieu. Et non plus qu'ils y entreront automatiquement. Mais la promesse de Dieu donne une assurance raisonnable que l'Alliance de vie sera réalisée aussi dans leur vie. Aussi longtemps qu'ils ne manifestent pas le contraire, nous pouvons supposer qu'ils possèdent la vie nouvelle. Lorsqu'ils grandissent, ils doivent accepter leurs responsabilités dans l'Alliance, de manière volontaire, au moyen d'une confession personnelle et publique de leur foi. Ne pas accomplir cette condition fait d'eux des transgresseurs de l'Alliance. Les personnes irrégénérés peuvent donc, temporairement, demeurer dans l'Alliance comme dans une relation ou un accord purement légal (Romains 9:4). Ils sont reconnus comme des enfants de l'Alliance, sont sujets à ses conditions et participent à son ministère. Ils reçoivent le baptême, jouissent des mêmes bénédictions de l'Alliance et peuvent même prendre part à une opération spéciale du Saint-Esprit. S'ils n'acceptent pas leurs responsabilités, ils seront jugés comme des transgresseurs.

Le seul point positif dans cette déclaration qui est en règle avec l'Écriture, est que les enfants de parents chrétiens doivent faire "une confession personnelle et publique de leur foi". Ceci est confirmé par la Parole de Dieu qui dit : "Elle dit que si tu confesses de ta bouche que Jésus est le Seigneur, et que tu croies dans ton coeur que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé. Car on croit du coeur, pour obtenir la justice, et l'on fait confession de la bouche pour le salut" (Romains 10:9-10). Il faut remarquer que cette disposition de confesser sa foi, n'est pas réservée uniquement aux enfants, mais à tous ; puisque nous ne pouvons voir l'efficacité intérieure de la Grâce avant une telle confession. Sur ceci tous sont d'accord, autant la Théologie Réformée que la Théologie Baptiste, et nous même y donnons notre approbation. La confession personnelle et publique de sa foi est l'évidence directe de la Conversion. Or, comme nous savons, la Conversion peut être subite et immédiate ; et dans d'autres cas, particulièrement celui des enfants, il peut y avoir un laps de temps entre la régénération et la conversion, avant qu'une personne vienne consciente de son appel et répondre par la foi. C'est toujours dans cette optique, et uniquement en elle, que nous devons considérer le privilège d'être membre de l'Alliance de la Grâce.

L'affirmation que "les enfants des croyants entrent dans l'Alliance de la Grâce par leur naissance", est une déviation de la vérité qui manque de considérer l'appel efficace de la Grâce irrésistible contenu dans la doctrine de l'élection. Cet écart est le point faible dans la Théologie Réformée qui la rend vulnérable aux attaques Baptiste. En plus, la déclaration que "des personnes irrégénérées peuvent temporairement faire partie de l'Alliance de la Grâce", est complètement absurde ; puisque l'Alliance est issue de l'élection et implique la régénération et la conversion pour en faire partie. Cette aberration est dû à ce que la Théologie Réformée compare l'Alliance de la Grâce à l'ancienne Alliance de la Loi, et en fait une réplication spirituelle. L'Alliance de la Loi fut donnée à Israël comme une Alliance Nationale qui incluait toutes les familles du peuple. Or, en un tel cas, il est facile de dévier et appliquer le même principe à l'Alliance de la Grâce, principalement lorsqu'on considère ces versets de l'Écriture :

"Crois au Seigneur Jésus-Christ, et tu seras sauvé, toi et ta famille" (Actes 16:31) ; "Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour la rémission des péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse a été faite à vous et à vos enfants, et à tous ceux qui sont éloignés, au tant que le Seigneur notre Dieu en appellera" (Actes 2:38-39).

Ainsi la Théologie Réformée a transformé l'Alliance de la Grâce en une Alliance Relationnelle et Universelle qui s'oppose à l'élection individuelle, anéantissant cette précieuse doctrine qu'elle a choyée de tout temps.

Pour ce qui est des Baptistes, leur Théologie ne reconnaît point l'Alliance de la Grâce, et ils s'y opposent fortement à cause qu'ils considèrent la Foi comme une condition pour être sauvé ; plutôt que de la regarder comme un privilège et un moyen que Dieu a choisi et donné à ses élus pour qu'ils parviennent au Salut en Jésus-Christ. Ainsi nous dit le grand Théologien Baptiste, Augustus H. Strong, "Systematic Theology". La condition du Salut pour un adulte est la foi personnelle. Les enfants sont incapables de remplir cette condition.

Ceci suffit pour indiquer que les Baptistes font de la Foi une faculté intellectuelle plutôt que de voir en elle une confiance surnaturelle qui nous est donnée par révélation, selon le bon plaisir de Dieu. Quoiqu'ils considèrent la possibilité qu'un enfant puisse être régénéré sans la Foi, ils n'ont aucune notion que la régénération fait partie de l'Alliance de la Grâce. L'importance pour eux, dans leur conception hérétique de la Foi, n'est pas le Salut des enfants ; mais de défendre et protéger à tout prix leur fausse doctrine du baptême par immersion. Ceci est évident par le fait qu'ils refusent de baptiser les enfants sur la base qu'il est impossible pour eux d'avoir la Foi. D'ailleurs, nous savons que le baptême d'eau fut un rituel de purification issu de la Loi (Nombres 8:5-7; Marc 7:3-8; Hébreux 9:10) ; et fut réservé uniquement à la période apostolique pour signe à Israël (Jean 1:31). Il est clair, selon ces passages, que le baptême d'eau faisait parti de l'Alliance de la Loi ; et que son mode d'application était l'aspersion et non l'immersion. Ainsi, comme nous avons déjà mentionné, dire que Jésus fut baptisé par immersion fait de lui un pécheur qui a brisé la Loi ; et par conséquent, fait de lui un faux Messie. De ces choses les Baptistes sont coupables, ainsi que tous ceux qui pratiquent le baptême par immersion ; et nous savons qu'ils sont nombreux. Puisqu'ils rejettent l'Alliance de la Grâce, nous devons les considérer comme n'en faisant pas parti ; et nous devons les regarder comme des ennemis subtils et dangereux. Mais nous savons que, selon l'élection, le Seigneur s'en est réservé quelques-uns qui, éventuellement, sortiront de ces sectes pernicieuses.


Chapitre 9

Qu'en est-il du Salut des enfants ?

En ce qui concerne l'affirmation "qu'il est impossible à un enfant d'avoir la Foi" ; la Parole de Dieu la contredit catégoriquement : "Mais si quelqu'un scandalise un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui attachât une meule au cou, et qu'on le jetât au fond de la mer" (Matthieu 18:6). Nous voyons en plus que Jean le Baptiste a tressailli de joie lorsqu'il était encore dans le sein de sa mère (Luc 1:44) ; nous indiquant qu'un enfant dans le sein de sa mère peut très bien être conscient de la présence du Seigneur. Quoique la foi d'un enfant est primitive, sa confiance est simple et modeste ; n'étant pas encombrée par toutes sortes de raisonnements. C'est exactement ceci que le Seigneur Jésus demande de nous :

"Je vous dis en vérité, si vous ne vous convertissez, et si vous ne devenez comme des enfants, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux" (Matthieu 18:3).

Le Seigneur Jésus nous indique lui-même qu'il est nécessaire d'avoir la foi d'un enfant ; qui sommes nous donc pour dire qu'il est impossible à un enfant d'avoir la Foi ? Il est vrai qu'un très jeune enfant ne peut confesser sa foi ; mais cela ne veut pas dire qu'il n'a pas la foi, puisque le Seigneur la donne à qui il veut. Il est évident qu'un enfant, s'il est élevé par des parents chrétiens et instruit d'eux dans la Foi chrétienne, sera en mesure de confesser sa foi, s'il est un des élus qui fut régénéré d'avance selon le plan de Dieu.

Selon la Parole de Dieu, les enfants d'une famille chrétienne sont placés dans une position avantageuse, par rapport aux enfants d'une famille non-chrétienne :

"Car le mari incrédule est sanctifié par la femme ; et la femme incrédule est sanctifiée par le mari ; autrementtrement, vos enfants seraient impurs, au lieu qu'ils sont saints maintenant" (1 Corinthiens 7:14).

Le texte nous indique que les enfants sont purifiés par la foi de parents croyants. Ceci ne signifie pas qu'ils sont sauvés par la foi de leur parent ; mais que leur parent peuvent servir d'instrument pour introduire leurs enfants dans la voie du Salut, comme l'indique le contexte immédiat :

"Car que sais-tu, femme, si tu ne sauveras point ton mari ? Ou que sais-tu, mari, si tu ne sauveras point ta femme ?" (1 Corinthiens 7:16).

Il est clair que cette instruction s'étend aussi aux enfants, comme l'indique le contexte. Selon l'apôtre Paul, il est important pour nous de "veiller à ce que personne ne se prive de la grâce de Dieu" (Hébreux 12:15) ; et qui de nous ne désire point le Salut de nos enfants. Ainsi nous pouvons mieux comprendre ce texte de la Parole :

"Crois au Seigneur Jésus-Christ, et tu seras sauvé, toi et ta famille" (Actes 16:31).

Sous l'Alliance de la Grâce le Salut est individuel et non collectif ; autrement nous retomberions sous l'Alliance Nationale de la Loi. Toutes ces choses nous indiquent la responsabilité de parents chrétiens d'éduquer leurs enfants dans la Parole de Dieu, sans contrainte ; et d'êtres des modèles de vie chrétienne pour eux.

Il est important de remarquer que le texte de 1 Corinthiens 7:16 est à l'interrogatif, nous indiquant qu'on ne peut avoir la certitude de la conversion de nos enfants ; mais qu'on doit s'en remette à Dieu qui peut faire au-delà de tout ce que nous lui demandons. Car nous savons, selon l'Écriture, que Dieu ne sauve pas tous les enfants ; mais seulement ceux qu'il a choisi selon son décret d'élection (Romains 9:11,13). Ces paroles semblent durs et difficiles à prendre ; mais il n'y a aucune injustice en Dieu, car il fait miséricorde à qui il veut faire miséricorde et il endurcit qui il veut (Romains 9:18). Personne ne peut résister à sa volonté. Nous devons donc plus d'avantage prier pour nos enfants, car la volonté de Dieu peut être fléchie par nos prières dans le contexte de sa Souveraineté ; et que savez-vous parents, si vous ne sauverez pas vos enfants. Persistez donc et ne vous relâchez point.

Il faut donc s'opposer à la fausse notion charnelle et sentimentale que tous les enfants sont innocents, particulièrement les nouveaux-nés, et qu'ils sont sauvé sur la base de cette innocence. Si tel serai le cas, cela voudrait dire que tous les enfants sont sauvé et qu'à un certain moment donné, lorsqu'ils ont grandi et deviennent responsable, qu'ils ont perdu leur salut et doivent le regagner en confessant leur foi en Christ. Cette position, qui enseigne un salut universel, doit être rejeté comme une hérésie qui s'oppose à la doctrine de l'élection particulière.

À Christ seul soit la Gloire


Source : Jean leDuc — ChristoBible.org