La résistance désertique de Marie Durand

par
Jean leDuc


Marie Durand (1712-1776)
(Remarquez le symbole païen et superstitieux
de la croix huguenote qu'elle porte au cou.)


La foi ou la croyance ?
La croyance religieuse
La Foi Christienne réelle
Marie Durand et les pasteurs du Désert
Occultisme et résistance
Le déclic
La croix Huguenote
L'idolâtrie réformée et évangélique



La foi ou la croyance ?


Le christianisme authentique a connu de nombreuses victimes qui ont soufferts atrocement pour leur foi en Christ. Ils sont désignés généralement comme des martyres par les historiens et les théologiens, et la Bible en mentionne plusieurs. Mais ce qui a échappé à la grande majorité des gens est que le christianisme nominatif, c'est-à-dire le faux christianisme, a aussi un très grand nombre de martyres supposément chrétiens. Ce n'est pas à cause qu'une personne a été persécutée ou martyrisée qu'elle est chrétienne pour autant, et cela est évident à ceux qui ne se cachent pas la tête dans le sable comme des autruches afin de ne pas voir la réalité en face. Il y a une grande différence entre être persécuté ou martyrisé pour sa foi personnelle et biblique en Christ, et l'être pour la Foi qui n'est qu'une croyance ou conviction en matière religieuse. Ne pas voir cette différence serait l'évidence d'un déséquilibre sérieux par rapport à la vérité et en indiquerait même l'absence totale. L'histoire du christianisme, de l'Église primitive à nos jours, démontre clairement que les chrétiens nominatifs ont toujours été plus nombreux que les chrétiens authentiques. Malheureusement ceux qui se disent chrétiens, soit dans le sens traditionnel ou dans le sens évangélique d'être né de nouveau, n'ont absolument aucun discernement spirituel et conséquemment aucun discernement historique valable. Pour ces gens, les mots « foi » et « croyance » sont souvent interchangeable, ils signifieraient une seule et même chose et cela convient très bien aux dirigeants de ces sectes qui maintiennent leurs membres dans l'ignorance pour mieux manipuler leur conscience, afin de donner de la crédibilité à leurs dénominations particulières. Quoiqu'il puisse y avoir certains éléments qui se ressemblent, il importe de spécifier que la foi chrétienne personnelle n'est pas une croyance ou conviction religieuse personnelle, la première est réelle et la deuxième est fausse, la première est de Dieu et la deuxième est de l'homme.


La croyance religieuse

Voici ce que dit l'Encyclopédie Wikipédia sur la Croyance : « La croyance est le fait de tenir quelque chose pour vrai, et ceci indépendamment des preuves éventuelles de son existence, réalité, ou possibilité. Par métonymie, le terme désigne aussi l'objet de cette croyance. Le concept philosophique de croyance fait partie de la théorie de la connaissance. Les croyances (religion ou autres) sont aussi un objet d'étude de l'anthropologie culturelle. On associe souvent ce terme à celui de superstition. Le terme croyance a deux usages aisément distinguables : d'une part le rapport de l'individu à la divinité, à la cosmogonie et aux mythes, et de l'autre les hypothèses, tenues pour vraies, relatives au choses de la vie courante (par exemple : « je crois qu'il fera beau demain », « je ne crois pas que les dauphins soient des poissons »). Selon les milieux où il est utilisé, ce mot prend plutôt l'une où plutôt l'autre des significations, sans qu'il n'y ait jamais de frontière nette entre les deux acceptions. Dans la vie courante, on l'utilise plutôt avec la première acception, alors que dans les domaines philosophiques ou sociologiques, on l'utilise plutôt avec la seconde acception. Le phénomène de croyance peut donc être traité comme mécanisme psychologique régissant l'appréhension de la réalité par l'individu (La Croyance), mais aussi spécifiquement pour Les Croyances, relatives aux grand mythes. Dans son acception minimale la croyance est un phénomène universel qui concerne tous les individus, et d'une certaine manière tous les êtres vivants : pour entreprendre une action, il faut « croire » à la possibilité de sa réalisation. Cette forme basique de croyance est l'objet d'étude de la stochastique et de la cybernétique. Le principe général mis en évidence par ces deux domaines est qu'un individu (ou aussi, pour les êtres sociaux, un groupe) ne conduit pas ses actions selon un processus causal linéaire mais fait des hypothèses sur leurs résultats, lesquelles seront infirmées ou confirmées ; en permanence il vérifie ces résultats par les informations en retour qu'il reçoit de son environnement (la rétroaction ou "feedback") et ajuste son comportement en fonction de ces informations. Ce phénomène est largement inconscient dans les actions ordinaires, parce que celles-ci portent le plus souvent sur des comportements hautement prévisibles et que les corrections sur les "feedbacks" négatifs sont mineures. Ce n'est que lors de corrections significatives (trébuchement, heurt d'un obstacle) que l'on retrouve la conscience que ces hypothèses sur la réalité sont approximatives, que ce que l'on « croit » est une approximation de ce qui est effectivement réalisable — mais une approximation assez fiable. Cette forme ordinaire et immédiate de croyance induit bien sûr une interrogation sur ce qu'est vraiment le libre-arbitre, et pose la question de l'écart entre notre appréciation de ce qu'est une décision consciente ou inconsciente et la réalité du niveau d'action inconsciente dans nos activités habituelles.

Si le plus souvent la croyance est associée au mysticisme et à la religion, elle fait constamment partie de la réalité quotidienne, dans chaque acte et geste de la vie, dans ce qui semble le plus banal ou anodin. Le doute est le mécanisme qui, en chaque individu, remet en cause l'image qu'il se fait de la réalité. Mais comme il est impossible de remettre perpétuellement toutes ses connaissances en cause pour agir, nous agissons selon une approche plus ou moins fine de la réalité selon nos buts, les situations et les contextes. Par exemple, croire que le relief d'une région est immuable est suffisant et nécessaire dans les contextes de la vie quotidienne, alors qu'un géologue considérera le relief sous un angle dynamique et à longue échéance. Selon Ramsey, nos actions sont décidées selon une estimation de leur probabilités de réussite, elles-mêmes estimées selon un degré de croyance envers les informations qui conduisent à cette action. Ainsi, toute information est susceptible d'une confiance graduelle, plutôt que d'une adhésion ou d'un rejet catégorique par un individu donné. Ramsey caractérise ainsi cette notion : « le degré d'une croyance est une propriété causale de cette croyance, que nous pouvons exprimer de façon vague comme la mesure dans laquelle nous sommes prêts à agir sur le fondement de cette croyance ». Au-delà de la décision d'action, basée sur un ensemble de croyances aux degrés plus ou moins élevés, Ramsey pose un principe de vérité de chacune de ces croyances, dépendant du succès de ces actions. Le Principe de Ramsey (Dokic, Engel, 2001) peut être énoncé ainsi : Les croyances vraies sont celles qui conduisent au succès de nos actions quel que soit le désir en jeu. Dans cette formulation, la notion de variation des possibilités d'application de la croyance (comme élément de décision d'action vis-à-vis d'un désir) est cruciale, car elle impose d'appliquer le Principe de Ramsey à un ensemble de situations (et non à une situation particulière), dans lesquelles une croyance déterminée sera impliquée dans des actions dont on pourra estimer le succès...

Les religions sont bâties sur un ensemble de croyances, et fonctionnent grâce à des dogmes, ou à des doctrines auxquels le croyant adhère. Le croyant est alors celui qui a la foi, c'est-à-dire qu'il se situe dans un état d'adhésion réfléchie et active aux éléments fondamentaux de sa religion. Les croyances fondamentales varient selon les religions. Selon Tylor, la croyance en une âme immatérielle et subsistant après la mort est à l'origine de toutes les religions, et constitue donc l'élément primordial. De même, Paul Diel présente dans La Divinité un enchaînement logique, sous l'angle psychanalytique, reliant l'animisme au monothéisme, avec l'effroi métaphysique comme moteur principal. L'angoisse de la mort serait donc à la base de la croyance en une divinité. La paléoanthropologie situe l'apparition des rites funéraires dans les sociétés préhistoriques dès — 300 000 ans par des marques de rituels autour des morts, puis avec plus de détails avec des sépultures dès — 100 000 ans. Les concepts d'âme et d'au-delà seraient donc nés dans cet intervalle. Les croyances relatives aux mythes, légendes et divinités sont alors des croyances secondaires sur lesquelles sont bâties les doctrines spécifiques de chaque religion, dont l'observation par les individus conditionne leur sort dans l'au-delà. Selon D'Holbach, seule la peur suscitée par les puissances imaginaires est responsable de l'attitude religieuse. La part de chacune de ces croyances, âme, mythes, êtres divins, varie selon les religions. Par exemple, le Taoisme et le Bouddhisme ne nécessitent pas une croyance en un ou plusieurs dieux, alors que dans les religions monothéistes, la croyance en Dieu est l'élément primordial. Dans tous les cas, cependant, la croyance que la conformation de l'individu à l'ordre des choses révélées par les mythes, ou aux révélations divines, conditionne ce qu'il advient de l'âme après la mort et constitue la base du fonctionnement de la religion et de l'application de ses dogmes...

La croyance semble être un mécanisme étroitement lié à la conservation des mécanismes de survie, s'il n'en est pas la pierre angulaire. La croyance est le "méta-schème" validant ou invalidant les autres schèmes qui composent nos modes de perception, de pensée et d'action en tant qu'être vivant et désirant le rester et transmettre cette vie. C'est en fait la forme conceptualisée (comme le sommet d'un iceberg) de ce mécanisme de validation complexe qui semble autant faire intervenir des modes physiologiques, biomécaniques, sensoriels, émotionnels qu'intellectuels. C'est une des facettes du "censeur" qui va enclencher la mise en action de schèmes en réponse à une situation et informé par un "vérificateur", sera lié au classement de chaque schème selon son efficacité relative. Mais c'est aussi celui qui empêche la "rupture" en cas de situation paradoxale : quand aucune réponse ne peut être mise en oeuvre, la croyance prend un relais inattendu. C'est là que l'on trouve les mythes. Ils sont une accommodation d'un réel relatif et incertain, inexplicable. Ils sont une façon d'expliquer la réalité en "mode économique" et permettant d'arranger une situation paradoxale (le cerveau n'ayant pas reçu les informations sensorielles permettant la conceptualisation ou que le résultat obtenu n'est pas du tout celui attendu). L'activation sous forme de mythes vient du fait que nous puisons dans notre histoire individuelle un ensemble de données dont la relative proximité avec la situation paradoxale permet de résoudre temporairement cette situation cognitive inconfortable. Et c'est, quelle que soit la forme que prend le mythe, notre capacité à croire en ce(s) mythe(s) qui va nous soulager d'une situation inconfortable. »

En d'autres mots, la croyance résulte d'interactions entre des individus ou avec des textes dogmatiques comme des spéculations ou conjectures de ce que la Bible dit sans qu'elle le dise spécifiquement. La croyance est donc l'art subtil et raffiné de faire dire à la Bible ce qu'elle ne dit pas tout en prétendant qu'elle le dit. La croyance est une façon de penser qui permet d'affirmer, sans esprit critique, des supposés vérités ou l'existence de choses ou d'êtres sans avoir à en fournir la preuve, et donc sans qu'il soit possible de prouver qu'elles sont fausses. Nous voyons cela surtout dans les doctrines des différentes religions ou sectes dites chrétiennes. Comme exemples de croyances, mentionnons la doctrine de la Trinité, celle sur la chute des anges, celle sur les sacrements ou ordonnances, celle sur la conception de l'Église, celle sur le libre-arbitre et la justification par le choix, celle sur la restitution d'Israël en 1948, celle sur l'enlèvement de l'Église, celle sur un Royaume millénaire de Christ à venir, et un grand nombres d'autres aberrations et exagérations doctrinales qui forment le panaché du christianisme nominatif au niveau traditionnel et surtout au niveau des sectes dites évangéliques comme les Baptistes, les Pentecôtistes, les Darbystes, les Adventistes et toute une gamme de bestioles qui nuisent au Royaume de Dieu en déformant la vérité, pervertissant ainsi la foi réelle en présentant une approximation de sa réalité. La particularité d'une croyance est de ne pas être "testée" par l'individu qui y adhère, car elle est d'emblée considérée comme vraie par la communauté sociale qui la maintient et en adéquation avec l'approximation de la réalité ultime qui est érigée sur des conjectures de ce que supposément dit la Bible. S'il en advient qu'elle est vérifiée, c'est toujours avec les oeillets de la dénominations particulière et sous la direction d'un pasteur pédant et manipulateur qui est vénéré pour son érudition académique comme un petit pape.


La Foi Christienne réelle

Tout au long de l'histoire de l'homme, la Bible et la foi en Jésus-Christ ont été attaqués de toutes parts par des philosophes, des savants, des puissances politiques et religieuses, et dans nos temps moderne surtout par des prétendus pasteurs qu'on dit être Évangéliques. Mais pourtant, « L'herbe sèche, la fleur tombe ; mais la Parole de notre Dieu subsiste éternellement ». (Ésaïe 40:8)

Il y a beaucoup à dire sur la foi. La foi chrétienne, ou plus précisément Christienne car elle vient de Christ et non de Chret dont le terme signifie l'hypocrite et l'imposteur, est tout d'abord une question de confiance en Christ comme Sauveur et Seigneur ; parvenue à maturité, elle est une conviction profonde qui produit une assurance persistante sur les révélations bibliques que le croyant reçoit par la grâce et non de lui-même. La foi se base sur le passé du sacrifice de la croix qui demeure toujours présent dans l'esprit du croyant, pour se tourner vers l'avenir de la gloire éternelle en Christ ; elle est « une ferme attente des choses qu'on espère, l'évidence de celles qu'on ne voit point. » (Hébreux 11:1) Il est bon de se débarrasser de l'idée que la foi est une question d'héroïsme spirituel réservé uniquement à quelques-uns. S'il est vrai qu'il existe des héros de la foi, la grande majorité des gens qui se disent chrétiens sont plutôt des zéros dans la foi. Elle ne relève point de la spiritualité de l'homme comme plusieurs le prétende, ni est-elle une question de maturité ou d'obéissance à des règles quelconques dans une piètre tentative de plaire à Dieu. La Foi Christienne réelle n'est pas un acte accompli par l'homme, ni est-elle un don statique qui est reçu une fois pour toutes, mais un mouvement dynamique qui regarde continuellement non vers le coeur d'un Dieu trinitaire imaginaire ou spéculatif, mais vers la Personne unique de Jésus-Christ qui est lui-même Dieu manifesté dans la chair (1 Timothée 3:16). Croire, alors, c'est donc l'Esprit de Dieu en nous qui dirige l'attention de notre coeur d'une manière irrésistible vers le Seigneur Jésus : « Ainsi donc, nous aussi, étant environnés d'une si grande nuée de témoins, rejetant tout fardeau et le péché qui nous encombre si facilement, poursuivons avec détermination le parcours qui nous est présenté, Regardant à Jésus, l'auteur et l'accomplissement de notre foi, qui, affronta la dégradation, à cause de la joie qui lui était proposée, a souffert la croix, et s'est assis à la droite du trône de Dieu. » (Hébreux 12:1-2). La foi est ainsi un mouvement divin et non humain, elle est issue de la révélation que nous recevons de la Parole de Dieu et non du coeur tortueux de l'homme avec ses caprices et ses conjectures : « La foi vient donc de ce qu'on entend ; et de ce qu'on rapporte de LA PAROLE DE DIEU. » (Romains 10:17)

Étymologiquement le mot « foi » provient du latin fides et se rattache à une racine indo-européenne bheidh qui signifie « avoir confiance ». Le mot latin fides n'a absolument aucune connotation religieuse, il provient du vocabulaire profane et évoque la simple confiance que l'on peut avoir en quelqu'un et c'est ainsi qu'il est utilisé dans la Bible. Il ne s'agit pas ici de la foi existentielle qui est au sein d'un système religieux conceptuel construisant ou justifiant l'agir humain, une vision du monde, ou les limites d'un savoir sur la base d'une expérience personnelle qui dépend de la connaissance. Il faut se garder de l'hérésie évangélique qui fait de la foi une faculté intellectuelle dans le but de justifier son existence inutile, sauf pour éprouver les élus authentiques. Ainsi on voit des pasteurs refuser le baptême d'eau à des enfants sur la base qu'ils n'ont pas la foi, indiquant par ce fait même que pour eux la foi est une faculté intellectuelle et non un don de Dieu, donnant aussi une efficacité illusoire à cette ordonnance légaliste qui est absolument sans aucune valeur sous la grâce, tout en prétendant qu'elle fut ordonné de Jésus lorsque celui-ci a aboli toutes ordonnances par son sacrifice sur la croix : « Il a effacé ce qui était contre nous, l'obligation des ordonnances de la loi qui nous était contraire ; et il l'a entièrement annulée, en l'attachant à la croix. » (Colossiens 2:14) Ni la foi est-elle un sentiment de certitude, car les sentiments sont purement humain et complètement instables, elle est plutôt un mouvement divin qui nous accorde la révélation et la conviction de l'assurance qui nous est donnée par l'Esprit Saint d'avoir en Christ par la grâce et par le moyen des Écritures. La foi par elle même ne peut nous sauver, le fait qu'elle est associé à la confiance intime en fiabilité de son objet qui est Christ est ce qui nous sauve. Christ est le Sauveur et non le moyen de la foi. Le salut est inconditionnel et complètement indépendant de la foi ou de la repentance, ni est-il en aucune façon une décision personnelle mais entièrement de la volonté souveraine et du bon plaisir de Dieu. La foi est engendré ou mise en évidence dans un croyant par le fait qu'il est régénéré d'en haut dès l'origine selon le plan d'élection de Dieu, sa régénération a débuté avant la fondation du monde et se manifeste par la grâce de Dieu au moment de sa conversion pour continuer dans la sanctification, afin d'aboutir à sa transformation totale en l'image de Christ lors de son apparition finale à la fin des temps. Il est entièrement impossible d'avoir la foi réelle avant d'être régénéré, dire autrement comme font les Évangéliques est de proclamer un faux évangile qui valorise les efforts et les choix individuels et qui mène directement à la perdition. Des millions et des millions de gens ont été séduit par ce faux évangiles des Évangéliques s'en vont en enfer Bible à la main et un cantique sur leurs lèvres, s'illusionnant d'être sauvé.

Dans la tradition philosophique grecque, le mot pistis (équivalent du latin fides et du français foi) n'a aucune connotation religieuse. Platon en fait un des modes de connaissance du réel ; Aristote y voit l'adhésion qu'un orateur persuasif et talentueux obtient de son auditoire ; mais la Bible affirme qu'elle est un don de Dieu qui fait partie du salut par la grâce seule. Pour Platon (la République, livre VI), la foi permet de connaître certaines réalités du monde et cela fait de la foi une faculté intellectuelle. Aristote rapproche le mot pistis du verbe peithomai, qui signifie persuader, convaincre un interlocuteur et cela est exactement la position des sectes dites Évangéliques qui prêchent leur faux évangile du libre-choix, faisant ainsi du salut une décision personnelle, dérobant à Dieu sa souveraineté. En agissant ainsi, ils font de l'homme, Dieu, et c'est exactement de cela que nous parle l'apôtre Paul dans son deuxième Épître aux Thessaloniciens : « Que personne ne vous séduise en aucune manière ; car il faut que l'inversement de la foi (l'apostasie) se produise auparavant, et qu'on ait vu paraître le genre d'homme du péché, le fils de la perdition, Lui qui s'oppose en s'exaltant lui-même sur tout ce qu'on proclame de Dieu, ou qu'on adore, siégeant comme Dieu dans le temple de Dieu, montrant qu'il est lui-même Dieu. Ne vous souvient-il pas que je vous disais ces choses, lorsque j'étais encore avec vous ? Et maintenant vous savez ce qui le retient, afin qu'il ne soit manifesté que dans son temps. Car ce mystère d'iniquité frauduleuse est déjà actif ; attendant seulement que celui qui le retient dans les chaînes maintenant, le relâche du milieu de l'abîme. Et alors paraîtra la contrefaçon du peuple de Dieu, que le Seigneur détruira par le Souffle de sa bouche, et qu'il anéantira par l'éclat de son apparition. Duquel la venue de ce faux peuple de Dieu, aura lieu selon la conspiration du rival, avec toute la puissance des prodiges et des faux miracles, Et avec toutes les séductions de l'iniquité parmi ceux qui se perdent, parce qu'ils n'ont point reçu l'amour de la vérité, pour être sauvés. C'est pourquoi Dieu leur enverra une puissante contrefaçon, pour qu'ils croient au mensonge ; Afin que tous ceux qui n'ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir dans la fraude spirituelle, soient condamnés. » (2 Thessaloniciens 2:3-12)

Le mot "foi", dans la Bible, est l'un des mots utilisés pour décrire l'attitude de l'homme devant Dieu. Il est traduit par le Latin fides et le Grec pistis qui ont le sens premier de "confiance", et ne sont donc pas des mots du vocabulaire religieux, c'est-à-dire celui de la croyance comme elle a été définie plus haut. Ces mots sont eux-mêmes la traduction de termes hébreux qui dérivent de la même racine aman, un radical qui évoque la solidité, la fermeté. La foi biblique est donc entièrement affaire de confiance en Dieu qui se manifesta dans la chair et se révéla à nous sous le nom de Jésus-Christ. Pour caractériser la relation du croyant à son Dieu, la Bible n'utilise pas, dans ses traductions grecques et latines, le mot de religio qui est habituellement employé dans le monde antique (et qui insiste sur l'observance des rites, les formes cultuelles ou liturgiques, l'obéissance aux commandements et aux doctrines spéculatives ou conjecturales, et le respect scrupuleux des coutumes). Elle marque de cette manière le caractère profondément original de l'attitude croyante en Israël comme dans le Christianisme Primitif : le croyant n'est pas celui qui croit que Dieu existe, mais celui qui est donné de croire en Dieu. La foi ne se vérifie pas dans la vie quotidienne par l'observation des commandements, mais par une attitude du coeur envers la révélation biblique. Elle donne la certitude de la réalité de Dieu et de sa vérité. Pour parler de la foi, plutôt que des énoncés théoriques, on trouvera dans la Bible des récits : le modèle du croyant est ainsi Abraham, que la foi-confiance en Dieu poussera à quitter son pays et à sacrifier son fils. Un autre modèle est Job, qui conserve la foi malgré la souffrance injuste dont il est victime. Le Nouveau Testament propose, lui aussi, un modèle de croyant : Jésus, dont Paul nous dit dans la « Lettre aux Galates » que, par sa foi, il est l'auteur de notre salut. Le geste dans lequel Jésus manifeste ce qu'est la foi est l'offrande qu'il fait de sa propre vie, dans un acte de confiance totale en le Père qui demeure en lui et duquel il est l'enveloppe visible. La foi est ainsi, pour les Écritures chrétiennes, le lieu du salut non de l'humanité, mais uniquement des élus qui forment le peuple de Dieu et qui est appelé le Corps de Christ.

La foi biblique, si elle concerne d'abord la confiance en Dieu, n'exclut nullement la dimension de connaissance des réalités divines. Cette connaissance se situe simplement dans le contexte plus fondamental d'une relation inter-personnelle à Dieu, car la foi n'est pas statique mais dynamique, elle connaît une simplicité dans ses débuts mais progresse à la maturité avec la connaissance des Écritures. Ainsi on croit pour comprendre, on ne comprend pas pour croire. En elle-même, la foi est comprise comme étant une grâce, c'est-à-dire une faveur divine. C'est en lisant et en écoutant la Bible (Ancien et Nouveau Testaments) que la foi véritable naît et croisse. La Bible est véritablement une Parole de Dieu vivante : par elle Dieu peut toucher notre coeur sceptique, nous amener à voir clair sur notre état et nous tourne vers le Seigneur sous la direction de l'Esprit. Au XVIIIe siècle, en Angleterre, des jeunes gens avaient fondé « Le Club de l'Enfer » pour se moquer des chrétiens et de la Bible. Un jour, ils se firent un jeu de ridiculiser un grand prédicateur de l'Évangile, Georges Whitefield, un ardent Calvinisme qui s'opposa aux hérésies armniennes du faux chrétien John Wesley. Ce fut à celui qui l'imiterait le mieux en le tournant en dérision. Un nommé Thorpe, le plus excité du groupe, s'écria : Je vais tous vous battre ! Il ouvrit la Bible et tomba sur les paroles de Jésus dans l'Évangile selon Luc : « Si vous ne vous repentez, vous périrez tous également... ». À l'effroi de tous les autres, Thorpe s'arrêta net, frappé par la puissance de la Parole de Dieu. Il quitta le Club précipitamment, alla dans sa chambre, se jeta au pied de son lit et cria vers Dieu pour qu'Il le pardonne au nom de Jésus-Christ. Il devint plus tard un puissant prédicateur de l'Évangile de la souveraineté de Dieu. Le Club de l'Enfer se dispersa les jours suivants.



Marie Durand et les pasteurs du Désert


Qui donc est Marie Durand et quel rapport détient-elle avec tout ce qui vient d'être dit ? Commençons par dire que Marie Durand est une icône de la foi protestante Réformée dite aussi Huguenote et Calviniste. Elle est vénéré par les sectes Évangéliques modernes, surtout en France, comme étant l'héroïne de la Résistance au temps des prophètes de Cévennes et des assemblées clandestines du Désert, tellement qu'elle peut être considéré comme une déesse, une nouvelle Madone qui porte dans ses bras l'enfant de la Résistance contre le Catholicisme. Si elle saurait ce que les Évangéliques ont fait d'elle, elle se retournerait sûrement dans sa tombe. Cette femme simple n'avait aucun désir d'être élevé sur un tel piédestal. Il est même étrange qu'elle soit vénéré ainsi par les Évangéliques car ils détestent le Calvinisme et s'y opposent farouchement, déclarant même que sa doctrine sur la double prédestination est une doctrine infernale, comme le dit un de leurs faux prophètes insensé du nom d'Edgard Hirshler dont les pseudos sont Nephtalin, Eugène Disette, et Aristarque 2, et qui est fier de se déclarer « frère en Christ de Marie Durand ». Cela est un indice qu'ils sont des manipulateurs qui s'arrogent les éléments qui leur convient dans un contexte historique donné, tout comme il font avec la Bible, afin de se donner de la crédibilité aux yeux des ignorants. Mais continuons notre analyse sur le sujet de Marie Durand afin de démontrer qu'elle ne fut aucunement ce que les Évangéliques pensent d'elle, en fait tout semble indiquer le contraire. Mais avant il nous faut dresser l'arrière plan si on veut comprendre le pourquoi de ce document qui fait basculer Marie Durand de son piédestal et qui la présente non comme une Héroïne mais plutôt comme une Zéroïne de la foi. Cela est nécessaire surtout pour les Québécois qui n'ont aucune notions de cette période obscur de l'histoire, et pour les Évangéliques qui se donnent à toutes sortes de spéculations et d'exagération sur la personne de Marie Durand. Mais il n'y a rien de nouveau sous le soleil avec les Évangéliques, les prémices de leur foi sont purement conjecturaux et déforment la foi réelle, on ne peut donc s'attendre rien de bien de leur part car ils ont la tête perdue dans les nuages de leurs extravagances et ne peuvent voir la réalité des choses, tant au niveau spirituel que historique.


Occultisme et résistance

Marie Durand est pour les protestants français la figure emblématique de la résistance à l'intolérance religieuse, après la révocation de l'Édit de Nantes. Persuadé que les protestants Réformés (Huguenots) sont désormais disparus du sol français, qu'ils ont tous fui, se sont convertis ou ont été massacrés, Louis XIV croit que l'Édit de Nantes est devenu inutile et sans objet et qu'il peut sans danger proclamer l'unité religieuse du pays. Le 18 octobre 1685, il signe l'Édit de Fontainebleau, qui révoque l'Édit de Nantes. Du coup, les protestants perdent toute liberté de culte et toute garantie de sûreté. La guerre civile se ravive. Plusieurs ministres du culte doivent s'exiler en abandonnant non seulement leurs biens, mais aussi parfois leurs enfants. Du côté des protestants français, deux phénomènes interviennent, dont chacun participe à sa façon au mouvement dont il est ici question :

RefugeLe Refuge : en dépit de l'interdiction de sortir du royaume, de nombreux réformés — on en évalue le nombre à environ 200 000 — décident de s'exiler et partent vers les pays protestants limitrophes de la France (Suisse, Provinces-Unies, Angleterre, Allemagne). La contribution des réfugiés, tant intellectuelle qu'économique et technique, y sera significative.

Le Désert : sur place, et particulièrement dans les provinces méridionales (Bas-Languedoc, Vivarais, Dauphiné), plusieurs phénomènes se succèdent : l'apparition des prédicants et des « petits prophètes » qui prêchent à la place des pasteurs dont la plupart ont dû s'exiler ; le conflit sous forme de guérilla dans les Cévennes, entre 1702 et 1704 (la « guerre des Camisards ») ; à partir de 1715, la réorganisation d'églises clandestines sur le modèle Réformé qui prévalait avant la Révocation , avec des pasteurs, une Discipline, des synodes, un enseignement catéchétique et même, à partir de 1730, une formation pastorale dispensée à Lausanne. Dès 1688 en Dauphiné, puis à partir de 1700 en Cévennes et en Bas-Languedoc, apparaît une vague occulte imprégnée de mysticisme, des hommes, des femmes et même des enfants se mettent à prophétiser, en appelant à la conversion et au retour à la religion réformée. Ils réunissent autour d'eux un public de plus en plus nombreux. Ainsi à la fin du XVIIe siècle en Dauphiné et au début du XVIIIe siècle en Cévennes, un mouvement prophétique s'est répandu au sein du peuple protestant dont l'origine occulte proviendrait premièrement des Anabaptistes de Münster en Allemagne, et deuxièmement des Moraves qui maintenaient des vues mystiques. D'entre les piétistes Moraves, nous trouvons une de leurs prophétesse du nom de Ursula Meyer (1682). Elle était fille de Caspar, administrateur postal à Berne. Elle était célibataire et avait une formation de tisseuse de bas. Après son réveil religieux, Meyer prit la fuite en raison des répercussions du procès fait aux piétistes de Berne (1699) et trouva refuge au château de Ronneburg dans la Wetterau (Hesse), où se formèrent peu après des communautés d'inspirés. Ceux-ci étaient convaincus que Dieu se révélait de manière constamment renouvelée au travers d'instruments, lesquels annonçaient la parole de Dieu dans des explications proférées dans un état proche de la transe, tout comme nous retrouvons dans plusieurs sectes Évangéliques modernes. Meyer fut reconnue comme instrument dès 1715 et prononça 156 explications entre 1715 et 1719. Elle aurait bénéficié du plus long don de parole inspirée après le principal prophète du mouvement, Johann Friedrich Rock. Meyer maintint en outre des contacts avec la Suisse. À la demande d'inspirés bernois, une partie de ses discours fut imprimée en 1781. Il n'y a aucun doute que ces deux groupes, les Anabaptistes et les Moraves, sont à l'origine du mouvement des prophètes de Cévennes. Nous savons d'ailleurs que le mot Huguenot est relié à l'allemand « Eidgenossen » qui dérive lui-même du genevois eyguenot et qui signifie « Confédérés ». Dans les années suivant la révocation de l'Édit de Nantes, un mouvement prophétique, étranger à la pure tradition réformée dite orthodoxe mais qui combattait pour garder la forme liturgique du culte Réformé, souleva le peuple protestant du sud de la France. Une jeune bergère, Isabeau Vincent, originaire de Saou, près de Crest (Drôme), parle en dormant, d'abord en patois, puis en français. Son discours est une suite de versets ou de fragments bibliques parfaitement adaptés aux circonstances et qui s'enchaînent les uns aux autres : « Tenez ferme — cherchez la Parole, vous la trouverez par la repentance ». Des foules accourent pour l'écouter. Rapidement elle est arrêtée, mise en prison à Crest puis enfermée dans un couvent. Mais le mouvement des « petits prophètes » se poursuit, et se répand en Vivarais en 1689. Les prophètes sont dans leur grande majorité des jeunes gens, filles et garçons. Ce sont des gens du peuple, la plupart illettrés et ne parlant que patois. D'où l'étonnement de les entendre prophétiser en français même si celui-ci est un peu approximatif. On peut l'expliquer par une fréquentation assidue du texte biblique en français et une excellente mémoire orale. Que disent ces prophètes : « Repentez-vous, n'allez plus à la messe, renoncez à l'idolâtrie ». Repentez-vous de l'abjuration massive de 1685 ; Ne continuez pas à faire semblant d'être catholiques, car la « ruine de Babylone » (la fin de l'Église catholique) est proche. Cette fausse prophétie est nourrie d'un texte de Pierre Jurieu, publié en 1686, « l'accomplissement des prophéties » qui annonce la délivrance des fidèles dans un délai de trois ans. Cette parole véhémente est accompagnée d'une gestuelle stupéfiante : les prophètes gémissent, sanglotent, frémissent, tremblent de tous leurs membres, tombent à la renverse et restent au sol comme inanimés pendant quelques minutes. Ce comportement déconcertant attire une réprobation presque générale. Ils sont traités d'imposteurs, de simulateurs, de comédiens, de fous, de malades. Ces gens étaient réellement possédés de démons, mais le peuple commun ignorait cela et se donna plutôt à des invectives contre eux. Toutefois on ne peut contredire qu'ils étaient vraiment des imposteurs et des malades psychiques qui souffraient d'un déséquilibre mental. On voit la même chose dans plusieurs faux prophètes modernes comme le réprouvé Edgard Hirshler et tous ses semblables. À la Tour de Constance d'Aigues-Mortes où sont emprisonnées bon nombre de femmes inspirées, le médecin, envoyé par l'intendant Basville, passe tous les jours pour examiner ces « malades ». Certains propagent l'idée une « fabrique de prophètes » où l'on entraînerait des enfants à la simulation, et cela est fort probable. Les prophètes sont traités de « chiens » ou « de loups », mais l'appellation la plus fréquente est celle de « fanatiques ». Les pasteurs du Refuge, à l'exception notable de Pierre Jurieu qui lui-même était un faux prophète, traitent avec mépris et dédain ces « petits prophètes », et on ne peut les blâmer lorsqu'on a été témoin oculaire de ce genre de désordre dégoûtant dans nos temps modernes. Plusieurs de ces prophètes animaient les assemblées clandestines du Désert, et appelaient les croyants à fuir les cérémonies catholiques et à revenir à la pratique réformée. Leur prédication a été le point de départ de la guerre des Camisards. À partir de 1715, Antoine Court, aidé de plusieurs prédicants, tente de réorganiser la pratique religieuse Réformée au Désert et de faire taire les prophètes. Il rétablit la Discipline des Églises Réformées d'avant 1685 en l'adaptant aux circonstances nouvelles : les anciens doivent veiller à la bonne tenue des assemblées, les prédicants doivent être contrôlés et de nouveaux pasteurs formés.

On apprend ainsi que c'est surtout dans les Cévennes que les huguenots se réunissaient clandestinement pour célébrer la liturgie. Mais l'espoir d'une révocation de l'Édit de Fontainebleau s'effondra et une révolte massive éclata dans le Midi entre 1702 et 1704, également connue sous le nom de « guerre des Camisards » ou de « guerre des Cévennes. » Cette révolte montre clairement que l'objectif de l'État d'éliminer les protestants avait échoué. Dans la première moitié du XVIIIe siècle, la persécution des croyants Réformés est moins massive et moins systématique : des périodes de calme relatif alternaient avec des périodes de persécution et d'oppression. Peu de croyants Réformés vivaient dans les villes mais, à la campagne, les paroisses Réformées continuaient à exister. Souvent, la liturgie était célébrée dans des châteaux appartenant à des nobles Réformés. À partir de 1750 commençait une réorganisation de l'Église Réformée et l'organisation de synodes. Finalement, en 1787, plus de cent ans après la révocation de l'Édit de Nantes, on accorda les droits de citoyenneté aux croyants Réformés.

Marie Durand, soeur du pasteur Pierre Durand, naquit en 1712, dans le hameau du Bouchet de Pransles en plein Vivarais. La famille Durand soutenait clandestinement sa croyance Réformée par la lecture quotidienne de la Bible. Le père organisait de temps à autre des assemblées secrètes et c'est à l'occasion de l'une d'elle, dénoncée par un voisin, que la mère de Marie fut arrêtée ; elle devait mourir en prison. Son frère Pierre Durand, né en 1700, déjà bon prédicateur dans les assemblées clandestines, alors qu'il avait à peine 20 ans, devait avoir un rôle important dans les Églises du Vivarais pour lesquelles il essayait de mettre en applications les décisions prises au Synode du Languedoc de mai 1721 ; il devait finalement être arrêté et exécuté le 22 avril 1732. Son père bien qu'âgé était lui aussi en prison. Marie venait de se fiancer avec Mathieu Serre, de 25 ans son aîné ; là encore une dénonciation fit croire à leur mariage célébré au « Désert ». Le fiancé fut arrêté et envoyé au fort de Brescou. En 1730, un mois plus tard, Marie fût arrêtée et emprisonnée à la Tour de Constance à Aigues-Mortes avec les femmes inspirées qui faisaient partie du mouvement des petits prophètes. Elle avait 18 ans, elle devait y rester 38 ans, c'est-à-dire jusqu'en 1768 ; retirée au Bouchet de Pransles, elle mourra 8 ans plus tard, en 1776. On sait peu de choses des premières années de Marie dans cette prison, où sur la trentaine de femmes incarcérées, elle retrouve plusieurs vivaroises. Elle était la plus jeune, mais dans l'épreuve sa foi, ou plutôt sa croyance, s'affermit ; la douleur causée par le martyre de son frère deux ans après son propre emprisonnement, son courage, sa résignation lui donnent vite un grand ascendant sur ses compagnes. Elle soutient les plus découragées, lutte avec elles contre les tentations de l'abjuration qui ouvre les portes de la prison et devient l'âme de cette résistance aux pressions de la hiérarchie catholique pour favoriser les conversions. L'inscription « RÉSISTER » gravée sur la margelle du puits de la prison, est attribuée sans vraie certitude à Marie Durand, mais cela n'arrête pas les Évangéliques d'affirmer que Marie Durand est l'héroïne de la résistance lorsqu'il n'y a aucune preuve qu'elle le fut, rien d'étonnant pour eux comme nous avons vu plus haut.


Le déclic

Premièrement cette période est marquée par la manifestation de puissances occultes que nous voyons surgir chez « les petits prophètes » nommé aussi « les French Prophets ». On ne peut dire que ces gens étaient des christiens réels à moins de dire que le Diable l'est lui-même. Les manifestations démoniaques que nous y trouvons sont les mêmes que nous voyons chez un grand nombre d'Évangéliques modernes à tendances extatiques comme chez les Pentecôtistes et les Baptistes Charismatiques, ainsi que chez plusieurs autres.

Deuxièmement, il n'y a aucune évidence que Marie Durand était une vraie christienne, en fait tout semble indiquer qu'elle aussi faisait partie du mouvement des « petits prophètes ». Le fait qu'elle a été emprisonnée avec des femmes inspirées de ce mouvement en est l'indication. Que sa famille se donnait à la lecture quotidienne de la Bible et que son frère Pierre fut un pasteur n'est pas suffisant pour dire qu'elle était une christienne authentique ou même que sa famille l'était. De nombreux pasteurs modernes de toutes les dénominations et sectes font la même chose sans être réellement christiens, et souvent leurs enfants sont plus débauchés et plus rebelles que des païens qui ne connaissent point Dieu. Un frère a même dit : « J'ai trois enfants, un garçon, une fille, et un démon ». Le culte de famille n'est en aucune façon l'assurance que les enfants vont suivre la vraie foi biblique et vont être sauvé. Ils vont peut être avoir une croyance religieuse, mais comme nous avons vu, la croyance religieuse n'est pas de Dieu mais des hommes, elle est une contrefaçon de la vérité conçue pour maintenir le monopole des consciences afin de donner de la crédibilité à une religion chrétienne quelconque.

Troisièmement, et le plus important, la résistance de Marie Durant n'était pas pour maintenir la foi réelle en Christ, mais pour rétablir la liturgie du culte Réformé. Elle n'a pas été emprisonnée pour sa foi en Christ, mais pour sa croyance en un système religieux, et cela est évident dans l'information que nous avons sur cette période de l'histoire. Sûrement que sa croyance Réformée impliquait une connaissance de Christ et des Écritures, mais il n'y a aucune différence en cela avec une autre religion dite chrétienne comme le Catholicisme, le Luthérianisme, l'Anglicanisme, ou le Méthodisme. Tous ceux qui se disent christiens de nos jours, qu'ils soient Baptistes, Darbystes, Pentecôtistes, Adventistes, Mormons, Témoins de Jéhovah, ont tous une telle croyance qui implique une connaissance de Christ, et cela ne signifie aucunement qu'ils ont la foi réelle. Ceux qui se disent frères en Christ de Marie Durant sont donc des faux-christiens, ils sont des imposteurs, car Marie Durant n'a pas résister pour sa foi personnelle en Christ mais pour sa croyance en une forme de culte religieux que les pasteurs du Désert ont rétablis.

Quatrièmement, nous voyons que le message des « petits prophètes » sur la repentance n'avait rien à voir avec la repentance biblique que Dieu accorde pour le salut des âmes. Cette repentance était spécifiquement une repentance à l'abjuration massive du culte Réformé de 1685. Grosso modo, Marie Durand n'était pas réellement christienne, elle faisait simplement partie d'une religion dite christienne et fut persécuté pour sa foi nominative. Cela fut le lot d'un grand nombre de gens en ce temps là et même encore de nos jours. La résistance de Marie Durant était nulle autre qu'une résistance désertique sans valeur aucune au niveau de la Parole de Dieu. Qu'une telle femme soit l'héroïne des sectes dites Évangéliques dit beaucoup sur leur condition spirituel qui est une de réprobation. On obtient ainsi l'assurance que ces gens sont des imposteurs, des menteurs et des manipulateurs.



La croix Huguenote


Sur l'image de Marie Durand, nous voyons qu'elle porte au cou une croix huguenote. Nommée ainsi depuis la fin du XIXe siècle et aussi appelée — bien plus rarement — croix cévenole, elle est un signe de reconnaissance entre protestants de France, et plus particulièrement pour ceux issus du courant Réformé. Franchissant les frontières, elle est retenue comme insigne par l'Église française de Londres, on la trouve aussi dans quelques temples hollandais où elle fut apportée par les émigrés français. Au cours du temps, sa popularité fut variable : dès sa création son succès fut immédiat et l'abbé Antoine Valette de Travessac, curé de Bernis, relate le grand engouement populaire qui s'exprima pour cette parure pendant et après l'apparition des « prophètes cévenols » (prédicants laïques) ; puis pendant longtemps le port de ce bijou perdit un peu de sa signification dans la population réformée. Son renouveau date de 1910, lorsque deux expositions la remirent à l'honneur et que le Musée du Désert fut créé.

Ses origines restent mystérieuses. Il semble qu'elle ait été imaginée par l'orfèvre nîmois Maystre qui habitait 4 rue du Marché en 1688 (trois ans après la Révocation de l'Édit de Nantes). Son succès fut immédiat, d'autant plus qu'elle échappait aux persécutions car elle dérivait d'une décoration à la fois officielle et catholique (la croix de l'ordre du Saint-Esprit). Cette analogie avec la croix de L'ordre du Saint-Esprit, est si bien établie qu'il est presque certain s'en inspire directement, et pourquoi pas car l'église Réformée se dit elle aussi Catholique. La croix de L'ordre du Saint-Esprit fut instituée par Henri III en 1578 et appelée ainsi pour rappeler qu'Henri III devint roi un jour de Pentecôte, la croix de cet ordre est en or, grande comme la paume de la main et suspendue à un ruban bleu, boutonnée, avec huit pointes émaillées blanc et vert et reliées entre elles par des fleurs de lis ; au centre de cette croix se trouvait une colombe rayonnante, et une devise. Bien entendu seuls les catholiques pouvaient aspirer à recevoir cette distinction qui disparut en 1830. D'autre part, elle permettait d'avoir sur soi une croix différente de la croix catholique abhorrée. Elle est par excellence le bijou protestant. La croix huguenote, appelée ainsi depuis la fin du XIXe siècle, est composée d'une croix de Malte (insigne des chevaliers de Malte), les branches sont reliées entre elles par un motif circulaire sur lequel on distingue 4 fleurs de lys (comme sur la croix de l'ordre du Saint-Esprit) et qui forme entre chaque branche un coeur, à la fois symbole de l'amour de Jésus pour nous et rappel de son commandement aimez-vous les uns les autres (Jean 13:34). Les pointes aux extrémités de chaque branche sont arrondies en forme de boules et au nombre de huit comme les béatitudes.

En bas, la colombe en pendentif représente évidemment le Saint-Esprit qui descend du ciel sur nous. La croix huguenote est un bijou protestant du sud de la France, imitant plus ou moins la croix de l'ordre du Saint-Esprit. Celles qui le portaient étaient donc irréprochables aux yeux de la loi, même sous les persécutions aux XVIIe et XVIIIe siècles. Par ailleurs, les différents éléments du bijou avaient sens à la fois politiquement et spirituellement, et permettaient d'affirmer en même temps un vrai loyalisme à l'égard du roi (« mal conseillé ») et de l'État, et une vraie foi évangélique. La croix, symbole éminemment chrétien puisque renvoyant à la mort du Christ, mais donc aussi à sa victoire sur la mort et l'impiété. C'est ici une croix de Malte. Elle est « boutonnée », les huit pointes renvoyant aux huit Béatitudes (La Bible, Évangile selon Matthieu, chapitre 5, versets 3 à 10), règles de vie du chrétien, de celui qui est persécuté pour sa foi. Entre les bras de la croix, des fleurs de lys (lesquelles, sur les armoiries de France, représentent la Trinité). Stylisées, elles font penser à des morceaux de la couronne d'épines du Christ, et délimitent avec les bras de la croix quatre coeurs (ces deux symboles renvoient aux souffrances du Christ, puis des chrétiens). En pendentif, la colombe est le symbole du Saint-Esprit, « qui témoigne à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu » (La Bible, Épître aux Romains, chapitre 8, verset 16). C'est la même colombe, présente au baptême du Christ, qui aurait apporté le saint chrême pour le sacre des rois de France... Parfois, c'est la représentation de l'ampoule contenant cette huile qui remplace la colombe en pendentif de la croix huguenote. Cette ampoule a une forme de goutte, parfois appelée « trissou » en occitan. Mais ce trissou peut avoir au moins deux autres origines, les larmes de la persécution, ou la langue de feu descendue sur la tête des disciples le jour de la Pentecôte (ce qui ramènerait à l'Esprit Saint). On peut interpréter les quatre coeurs comme une évocation de l'amour du Père. Certains voient aussi le symbole du Père, le Créateur, dans les rayons qui partent du centre dans chaque bras de la croix, comme un soleil. Ainsi, les trois éléments de la Trinité sont représentés : le Père, le Fils (la croix) et l'Esprit Saint (l'oiseau). Elle aurait été créée trois ans après la Révocation de l'Édit de Nantes par une orfèvre nîmois, Maystre. On retrouve l'évocation de cet emblème populaire dans la nouvelle version du logo de l'Église réformée de France.


L'idolâtrie réformée et évangélique

Les fondamentalistes protestants accusent souvent les chrétiens catholiques et orthodoxes de traditionalisme, d'idolâtrie, de paganisme et d'iconolâtrie pour n'avoir pas « purgé leur Foi » de l'utilisation d'images. Ce fut ainsi des Huguenots, dans le temps des pasteurs du Désert lors de la restitution de la liturgie du culte Réformé, qui se donnèrent à une frénésie de destruction des idoles du catholicisme. Les vénérations d'images pieuses donnent lieu à de véritables scènes de guérillas. Les huguenots, au cours de la crise iconoclaste des années 1560, saccagent les églises catholiques, brisent les stèles, les statues, font éclater les vitraux. À Paris, en Charente et ailleurs, nombreux huguenots sont suppliciés et subissent dans leur corps le sort qu'ils ont fait subir aux idoles de bois, animés par le respect du décalogue : « Tu ne te feras pas d'image » Mais comme c'est souvent le cas dans le christianisme nominatif, qu'il soit fondamentaliste, évangélique, conservateur ou libéral, la notion de deux poids deux mesures est prévalente. Ils accusèrent les catholiques d'idolâtrie de la croix lorsque eux-mêmes portent la croix huguenote autour de leur cou. Il est clair que le diable évolue avec les hommes, et leurs diverses formes d'idolâtries. Il en est d'anciennes, et d'autres propres à notre époque, que certains appellent « bien », alors que devant Dieu, ce sont des idoles ou de l'idolâtrie, et ceci même au sein de ceux qui se disent christiens. Pour éclaircir le sujet, regardons les définitions du mot « idole » et celles du mot « idolâtrie » :

idole : selon le Dictionnaire Larousse, une idole est « une image ou représentation d'une divinité qui est l'objet d'un culte d'adoration. » En d'autres mots, toute chose qui est l'objet d'une admiration passionnée est une idole. Comme image, l'idole est une figure, un emblème, une enseigne, une forme, une gravure, une illustration, un ornement, une représentation, une semblance, un signe, une statue, ou un symbole. Il n'y a aucun doute que la croix huguenote se rapporte à cette catégorie, car elle est décrite comme « un signe, un insigne, et un symbole ». Toutes les définitions, profanes, académiques, et bibliques, s'accordent pour démontrer que la croix huguenote est elle aussi une idole, autant que la croix du catholicisme. En plus, elle est une représentation des choses célestes (Exode 20:4-6) en ce qu'elle représente la Trinité et le Saint-Esprit, et même qu'elle détient un sens politique et spirituel au point même que celui ou celle qui la porte est considéré irréprochable. Si cette croix n'est pas une idole donc la Bible se trompe et Dieu est un menteur.

idolâtrie : selon le même Dictionnaire, l'idolâtrie est « l'adoration des idoles, avoir un amour excessif, une passion pour quelque chose ou pour quelqu'un. » Comme passion, l'idolâtrie est une forte admiration, un attachement, une convoitise, un culte, un fanatisme, une fascination, un fétichisme, une habitude, un intérêt, un mode, et une vénération. Pouvons-nous dire en toute honnêteté que la croix huguenote n'est pas un genre de fétichisme accompagné de superstitions ? Qu'une personne soit déclarée « irréprochable » à cause qu'elle porte cette croix autour de son cou est un indice clair et précis de cela. En plus, si une personne porte cette croix, c'est qu'elle détient une forte admiration pour, elle est attachée à son signe et à ses significations, et donc elle est idolâtre. Aussi le fait qu'elle est considérée comme un symbole de Jésus-Christ en fait l'objet d'un culte, et cela est évident, même si ce n'est pas un culte liturgique en dû forme car elle est un objet d'admiration auquel les huguenots et les évangéliques sont attaché fortement.

Qu'on ne s'y trompe pas, porter une croix autour de son cou, quelque en soit la forme ou la signification, est de l'idolâtrie. On peut prétendre que la croix n'est pas une image, mais un simple signe, cela ne change rien à la réalité qu'elle est une représentation d'une chose céleste et même terrestre du sacrifice de Christ, et surtout du fait que la croix est une forme païenne du culte de Tammuz qui était un culte solaire. Même que le Dr. Alexandre Hislop la déclare comme étant la marque de la bête dans son livre « Les Deux Babylones ». Tous ceux qui ont porté ou porte encore la croix huguenote autour de leur cou sont des idolâtres et cela inclue Marie Durand et les pasteurs du Désert dans le temps de la rébellion et de la résistance : « ...la rébellion est autant que le péché de divination, et la résistance autant que les idoles. » (1 Samuel 15:23). Les Huguenots et les Évangéliques sont autant coupables que les Catholiques.

L'idolâtrie est de tous les péchés le plus détestable à Dieu, parce que c'est au fond une diffamation de son caractère divin. L'idolâtrie tient une basse opinion de Dieu, et quand elle publie cette opinion, elle se rend coupable de diffuser de mauvais bruits sur la Majesté céleste. Ainsi, l'idolâtrie calomnie la Divinité. Ce n'est pas étonnant que Dieu l'ait en horreur. Nous devons nous garder de l'habitude confortable de supposer que l'idolâtrie ne se trouve que dans les pays païens et que les gens civilisés en sont libres. C'est là une erreur qui résulte de l'orgueil et d'une réflexion superficielle. En réalité, l'idolâtrie est présente partout où il se trouve des hommes. Dieu a toujours mis son peuple en garde contre la tentation des idoles, l'idolâtrie, que ce soit sous l'Ancienne Alliance avec Israël, depuis sa sortie d'Égypte, ou sous la Nouvelle Alliance avec l'Église de Christ : « Vous ne vous ferez point d'idoles, et vous ne vous dresserez ni image taillée, ni statue, et vous ne mettrez pas de pierre ornée de figures dans votre pays, pour vous prosterner devant elle ; car JE SUIS YEHOVAH, votre Dieu. » (Lévitique 26:1) Voilà un texte sans ambiguïté qui décrit très précisément, mieux encore que le dictionnaire, ce qu'est l'idolâtrie : du grec eidôlom = image et latreuein = servir. On assiste aujourd'hui de plus en plus à ce culte mixte de gens qui veulent croire en Christ, mais aussi garder leurs traditions religieuses ou autres et les idoles de leurs cultes et de leurs coeurs, oubliant l'exhortation que l'apôtre Paul adressait aux Corinthiens qui pratiquaient la mixité : « Ne vous mettez pas sous un même joug avec les infidèles ; car qu'y a-t-il de commun entre l'intégrité et l'iniquité ? et quelle union y a-t-il entre la lumière et les ténèbres ? Quel accord entre Christ et la déchéance ? ou quelle part a le fidèle avec l'infidèle ? Et quel rapport entre le temple de Dieu et les idoles ? Car vous êtes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l'a dit : J'habiterai au milieu d'eux et j'y marcherai ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. C'est pourquoi, sortez du milieu d'eux, et séparez-vous, dit le Seigneur, et ne touchez point à ce qui est impur, et je vous recevrai. »  (2 Corinthiens 6:14-17)

Le symbole de la croix est très ancien et il a plusieurs significations mystiques. La croix est devenue associée au Christianisme. Cependant, elle n'était pas, à l'origine, un symbole Chrétien. La croix a une signification associée avec l'adoration du soleil. Schliemann a noté la présence de la croix sur les poteries et les spires de Troad (une région de Troie). Elle est alternée avec le disque à rayons et les deux emblèmes apparaissent parfois en juxtaposition. Les Indiens ont utilisé la croix équilatérale en l'alternant avec un disque à rayons. La croix se retrouvait naturellement aux bifurcations des routes et est ainsi devenue un objet de vénération. Pendant ce qui est nommé l'âge de bronze, particulièrement parmi les Gaulois, la croix apparaît fréquemment sur les poteries, les bijoux et les pièces de monnaie. La croix est aussi trouvée au Mexique, au Pérou et, de façon significative, en Amérique Centrale. Là, elle fait allusion aux quatre vents qui sont la source de la pluie. Les Dakotas ont aussi utilisé la croix pour représenter les quatre vents. Le premier symbolisme de la croix a été exprimé dans l'idéogramme chinois du mot pour terre, qui est une croix équilatérale à l'intérieur d'un carré. Le svastika (la croix gammée) apparaît sans cesse dans le Bouddhisme en Chine et au Japon, étant prééminent sur les piédestaux des statues de Bouddha et les Bodhisattvas du Bouddhisme Mahayana. Par conséquent, nous avons affaire à une très sérieuse forme d'idolâtrie dans le symbolisme de la croix.

Il n'y a aucun doute que l'utilisation de la croix, associée aux symboles de la résurrection et de la nouvelle vie, est désespérément mélangée avec la théologie des anciens. La propagation du symbole de la croix dans le Christianisme s'est développée avec la fausse doctrine de la Trinité Ontologique. Tertullien a affirmé qu'à chaque pas, les Chrétiens marquaient leurs fronts avec un petit signe de la croix. Cette pratique, mentionnée par Tertullien, a été qualifiée d'idolâtrie. Même que des auteurs Catholiques admettent que la croix est devenue l'objet d'un véritable culte. Didron disait : « La croix est vénérée de la même manière sinon autant que Christ ; ce bois sacré est adoré presque autant que Dieu lui-même. » On ne peut s'empêcher de dire que la croix a été introduite dans le système Chrétien à partir des cultes du Mystère avec les autres formes d'adoration qui ont graduellement remplacé le Christianisme et qui n'avaient aucune part avec la première église. L'utilisation de la croix est philosophiquement répréhensible dans le Christianisme — pas seulement pour ces raisons, mais aussi parce que les concepts ci-dessus, qui sont logiquement basés sur Dieu et qui sont la prérogative directe de Dieu, sont, dans ce symbolisme, attribué à Christ comme ils l'étaient aux dieux des Mystères. Le symbolisme qui entoure la croix ainsi que les oeuvres et les formes d'art est chargé de concepts, qui ont été apportés dans l'adoration Chrétienne. Les concepts sont dérivés des plus anciennes formes d'adoration, qui ont été apportées ou répandues dans toutes les nations et dans toutes les tribus. L'identification des origines et des rapports étroitement liés est faite dans les sections ci-dessus. La croix, en tant qu'image, n'est pas un outil ou une décoration inoffensive.

Faire de la croix et de Christ des images et des objets de prières ou d'admirations est une violation du deuxième commandement. Beaucoup de vrais christiens ont été martyrisés pour avoir refusé d'accepter les croix comme symboles de leur foi. Il n'y a aucune puissance ni dans une croix matérielle ni dans le symbole de la croix, ni dans le signe de croix. La croix a été utilisée dans des pratiques d'exorcismes qui sont des actes rituels non scripturaires. Le mot exorciste est employé une fois dans la Bible, et encore négativement, en Actes 19:13. Quand la Bible parle de la croix, elle se réfère non au symbole mais à la victoire à laquelle elle a donné lieu : « ...il a dépouillé les autorités et les dominations et les a livrées publiquement en spectacle en triomphant d'elles par la croix. » (Colossiens 2:15). C'est parce que le sang de Jésus a coulé à la croix pour nous qu'il peut nous purifier du péché et que le diable ne peut pas nous atteindre. À vrai dire, c'est avec le nom de Jésus que les premiers disciples chassaient les démons (Marc 16:17), non avec une croix. Paul dit en 1 Corinthiens 1:18 que c'est « la prédication de la croix » qui est une « puissance de Dieu » et non la croix en elle même.

Est t-il besoin de rappeler que la croix n'est qu'un instrument de torture. Il n'est et ne sera jamais un symbole de vie ! Ce n'est pas le crucifix ni la croix huguenote qui doit être vénéré, mais celui qui n'est plus sur la croix, car nous ne devons plus connaître Christ « selon la chair » (2 Corinthiens 5:16) c'est-à-dire avec nos sens. La croix huguenote devient ainsi tout autant un objet d'idolâtrie que la « croix catholique ». Où parle-t-on dans la Bible d'un symbole pour exprimer sa foi devant le monde ? Pour Dieu, serait-il incapable de sonder notre coeur et d'y voir notre foi véritable sans l'aide d'un symbole ? C'est donc pour les autres que l'on veut montrer ce soi-disant symbole de notre foi. Or, Dieu ne nous invite pas à en montrer le symbole, mais de la VIVRE par lui, avec lui et pour lui ! C'est donc bien par faiblesse dictée par notre chair que nous cherchons ainsi partout dans le monde et sous toutes les religions, à démontrer l'objet de ce qui est notre foi, notre croyance. Les apôtres n'en faisaient rien, le monde religieux quel qu'il soit, oui. Même les païens démontrent leur appartenance à une secte, à un groupe ou à un club quelconque : par des écussons, des portes clefs, des médailles, des pendentifs, des drapeaux, etc. Une question : Christ en portait-il ? Comment démontrait-il « sa foi » en son Père qui était en lui ? Par ses oeuvres et ses paroles.

Terminons cet exposé avec les paroles de Tertullien (160-240) à propos de l'idolâtrie : « Autrefois il n'y avait point d'idoles. Avant que les artisans de cette nouveauté monstrueuse pullulassent dans le monde, les temples étaient vides et leurs murailles nues, comme l'attestent encore dans certains lieux les vestiges de l'antiquité. Toutefois l'idolâtrie existait déjà, si ce n'est dans son nom, au moins dans ses oeuvres. Car, même de nos jours, on peut s'en rendre coupable en dehors du temple, et sans avoir d'idole. Mais aussitôt que le démon eut introduit dans le monde des fabricateurs de statues, d'images et de simulacres de toute nature, cette oeuvre grossière, d'où jaillirent les calamités humaines, prit un corps et un nom qu'elle emprunta aux idoles. Dès ce moment, tout art qui produit une idole, d'une forme ou d'une autre, devint une source d'idolâtrie. Il n'importe pas qu'une image sorte des mains d'un sculpteur, d'un ciseleur ou d'un brodeur phrygien, parce qu'il est indifférent qu'elle soit exécutée en plâtre, en couleurs, en pierre, en airain, en argent, en tapisserie. Puisque l'idolâtrie existe même sans idole, certes, une fois que l'idole est présente, peu importe de quelle espèce elle est, de quelle matière, de quelle forme. Qu'on ne s'imagine donc pas qu'il faut seulement appeler idole une statue consacrée sous la représentation humaine. L'étymologie du mot est ici nécessaire. L'Hébreu Yidalah « lieu maudit, lieu de l'idole », équivaut en Grec à « forme ou image » ; eidôlom en est venu comme diminutif, de même que de forme nous avons fait formule. C'est pourquoi toute forme, grande ou petite, doit être appelée une idole. Il suit de là que tout travail, tout service concernant une idole, quelle qu'elle soit, est une idolâtrie. Donc aussi le fabricant d'images idolâtriques est coupable du même crime, à moins que les Juifs n'aient été idolâtres qu'à demi lorsqu'ils consacrèrent, l'image d'un veau et non celle d'un homme. »

« Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier est plongé dans le mal. Nous savons aussi que le Fils de Dieu est venu, et il nous a donné l'intelligence pour connaître le Véritable ; et nous sommes en ce Véritable, en son Fils Jésus-Christ. C'est lui JÉSUS qui est le Dieu véritable, et la vie éternelle. Petits enfants, gardez-vous des fausses représentations de Christ ! Amen. » (1 Jean 5:19-21)

À Christ seul soit la Gloire

Source : Jean leDuc — ChristoBible.org