Le morceau de pain trempé

par
Patrick Oculi Rinaldo

Extrait du livre "Harmaguédon la bataille a commencé" 2006




S'agissant de JÉSUS-CHRIST, notre rédempteur, nous croyons que c'est par « ses meurtrissures que nous sommes guéris, » et que sa chair est une nourriture, car il dit lui même « celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et je demeure en lui » (1) .

C'est sous les symboles du pain et du vin, qu'il donne séparément sa chair et son sang à manger et à boire à ses disciples lors de sa dernière Pâque. Oui, il donne séparément la chair et le sang, à tous ses disciples. Toutefois, à celui qui le trahit, il donnera du pain trempé (2) . Cela est parfaitement conforme aux prescriptions divines établies par le Seigneur depuis Noé et confirmées par la Loi de Moïse.

Seulement, vous ne mangerez point de chair avec son âme, avec son sang.
Si un homme de la maison d'Israël ou des étrangers qui séjournent au milieu d'eux mange du sang d'une espèce quelconque, je tournerai ma face contre celui qui mange le sang, et je le retrancherai du milieu de son peuple. Car l'âme de la chair est dans le sang. Je vous l'ai donné sur l'autel, afin qu'il servît d'expiation pour vos âmes, car c'est par l'âme que le sang fait l'expiation. C'est pourquoi j'ai dit aux enfants d'Israël : Personne d'entre vous ne mangera du sang, et l'étranger qui séjourne au milieu de vous ne mangera pas du sang. Si quelqu'un des enfants d'Israël ou des étrangers qui séjournent au milieu d'eux prend à la chasse un animal ou un oiseau qui se mange, il en versera le sang et le couvrira de poussière. Car l'âme de toute chair, c'est son sang, qui est en elle. C'est pourquoi j'ai dit aux enfants d'Israël : Vous ne mangerez le sang d'aucune chair ; car l'âme de toute chair, c'est son sang : quiconque en mangera sera retranché.
Seulement, garde-toi de manger le sang, car le sang, c'est l'âme ; et tu ne mangeras pas l'âme avec la chair. Tu ne le mangeras pas : tu le répandras sur la terre comme de l'eau (3) . Tu ne le mangeras pas, afin que tu sois heureux, toi et tes enfants après toi, en faisant ce qui est droit aux yeux de l'Éternel.
Quand le sang est mélangé à la chair, celui qui mange, mange la chair et le sang et il est retranché de son peuple.

JÉSUS s'adressant à ses disciples leur passe la coupe, il leur dit de boire la coupe de son sang ! Boire et non manger !
Pendant qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain ; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le donna aux disciples, en disant : Prenez, mangez, ceci est mon corps. Il prit ensuite une coupe ; et, après avoir rendu grâces, il la leur donna, en disant : Buvez-en tous ; car ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui est répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés.
Il y a séparation de la chair et du sang ! Toutefois à Judas il donne le morceau de pain trempé, et cela après avoir rendu grâce.

Ce n'est pas de vous tous que je parle ; je connais ceux que j'ai choisis. Mais il faut que l'Écriture s'accomplisse : Celui qui mange avec moi le pain A levé son talon contre moi.
et en Jean 13:22-27 :

Les disciples se regardaient les uns les autres, ne sachant de qui il parlait. Un des disciples, celui que Jésus aimait, était couché sur le sein de Jésus. Simon Pierre lui fit signe de demander qui était celui dont parlait Jésus. Et ce disciple, s'étant penché sur la poitrine de Jésus, lui dit : Seigneur, qui est-ce? Jésus répondit : C'est celui à qui je donnerai le morceau trempé. Et, ayant trempé le morceau, il le donna à Judas, fils de Simon, l'Iscariote. Dès que le morceau fut donné, Satan entra dans Judas. Jésus lui dit : Ce que tu fais, fais-le promptement.
Ainsi donc Judas l'Iscariote conformément aux prescriptions post-diluviennes et à la Loi est retranché de son peuple, car le morceau de pain trempé c'est la chair avec son sang. Il mange la chair avec son sang. C'est pourquoi dès qu'il reçoit le morceau de pain trempé, Satan entre en lui.

Ce n'est pas JÉSUS qui livre Judas, mais judas qui livre le CHRIST. En lui donnant le morceau de pain trempé, le Seigneur manifeste symboliquement ce que Judas a déjà opéré, il a levé son talon (4) contre Christ. Il est retranché non parce que JÉSUS lui donne le pain trempé, mais parce que ce pain trempé, figure l'acte de Judas. (i) (5) La protection de JÉSUS, qui a prié pour ses disciples que Satan a réclamés « pour les cribler comme du froment » (6) , lui est enlevée. En effet, en livrant le CHRIST, Judas dispose de la vie et de la personne du CHRIST à sa propre convenance. Il consomme donc l'âme du CHRIST, en disposant de sa vie selon ses plans et ses visions personnelles.

La Loi en demandant de répandre le sang et de ne pas le manger avec la chair, et en précisant que l'âme de la chair est dans le sang, signifiait à l'homme que s'il lui était permis de disposer de la chair pour en manger, il ne lui était pas donné de disposer des âmes à sa guise, et sa convenance.

L'animal tué l'est pour sa chair, et le but est de manger sa chair et non de disposer arbitrairement de sa vie.

C'est pourquoi, immédiatement après avoir fixé ces limites, marquées par l'obligation de répandre le sang de l'animal tué, et de n'en faire aucun usage, l'Éternel vise directement l'interdiction de disposer librement des âmes. Il est écrit en Genèse 9:4-6 :

Tout ce qui se meut et qui a vie vous servira de nourriture : je vous donne tout cela comme l'herbe verte. Seulement, vous ne mangerez point de chair avec son âme, avec son sang. Sachez-le aussi, je redemanderai le sang de vos âmes, je le redemanderai à tout animal ; et je redemanderai l'âme de l'homme à l'homme, à l'homme qui est son frère. Si quelqu'un verse le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé ; car Dieu a fait l'homme à son image.
d'où aussi l'expression biblique courante « son sang retombera sur sa tête » signifiant qu'il portera la responsabilité de sa mort qui ne sera point imputée à un autre !

JÉSUS est le pain de vie (7) , le pain descendu du ciel, que Judas mangeait dès le commencement avec les autres disciples, en livrant JÉSUS il consomme en même temps son âme, car il en dispose. Répandre le sang, c'est reconnaître l'autorité absolue de Dieu sur ses créatures, en s'interdisant de disposer de la vie, comme d'un bien que l'on pourrait consommer en soi. Symboliquement la consommation de la chair avec le sang c'est déjà le meurtre.

Il n'en est pas ainsi des autres disciples qui consommaient déjà sa chair, et qui boiront de son sang, après que ce sang fut versé pour eux et non par eux. Il y a séparation entre la consommation de la chair et celle du sang. Ce sang, celui de JÉSUS, ayant été répandu, est donné à boire, par celui-là même à qui il appartient. Il est donné à boire, car c'est en tant que tel qu'il nous nourrit et surtout nous sauve.

David, nous instruisait en 2 Samuel 23:15-17 :

David eut un désir, et il dit : Qui me fera boire de l'eau de la citerne qui est à la porte de Bethlehem? Alors les trois vaillants hommes passèrent au travers du camp des Philistins, et puisèrent de l'eau de la citerne qui est à la porte de Bethlehem. Ils l'apportèrent et la présentèrent à David ; mais il ne voulut pas la boire, et il la répandit devant l'Éternel. Il dit : Loin de moi, ô Éternel, la pensée de faire cela! Boirais-je le sang de ces hommes qui sont allés au péril de leur vie? Et il ne voulut pas la boire.
Celui qui met en péril la vie d'un homme pour ses désirs personnels, boit le sang de cet homme. L'eau ramenée et prise au péril de la vie, est du sang. Cela étant dit revenons à l'essentiel de notre sujet.



Commentaires

1 Jean 6:56
2 N.D.A. : Cet acte est trop fort symboliquement, pour être ramené à une simple considération d'ordre culturel, comme on l'entend chez certains qui font du pain trempé, uniquement un signe de distinction honorifique. Cette approche incomplète dévalue le texte !
3 N.D.A. : à rapprocher de 2 Samuel 23:15-17
4 Psaumes 41:9, Genèse 3:15 pour comprendre la violence de l'acte de Judas l'iscariot.
5 Luc 22:31
6 Voir note de fin de document n° i
7 Jean 6:35
i (Note 13) N.D.A. : nous sommes souvent interpellés par la personnalité de Jacob, qui en tant que patriarche est une figure du Christ. Le nom de Jacob qui peut se traduire par « qui supplante », est dérivé de « Aqab » signifiant : supplanter, prendre par le talon, tromper. Son identification à Christ semble susciter de la perplexité chez nombre de croyants. Car en effet, son nom a également été traduit par « rusé, trompeur ». C'est par une ruse que Jacob s'empare du droit d'aînesse avec la complicité de sa mère, et c'est là un trait de caractère qui semble mal s'accorder avec la personne de Jésus-Christ. Il est vrai que l'aîné Ésaü avait précédemment montré peu de respect pour son droit, qu'il cède contre un plat de lentilles, de roux. Mais c'est tout de même par ruse que Jacob obtient la prééminence sur Ésaü. Jacob se déguise sous les trait d'Ésaü, il se cache sous la peau du chasseur Ésaü, pour offrir à son père Isaac, le repas de choix qu'il affectionne. Et nous croyons que c'est là une facette du personnage qui fait de lui une figure marquante de Christ, aussi étonnant que cela puisse paraître. Dans l'accomplissement du signe, la perte de prééminence de l'aîné se réalisera à la Pâque, à la crucifixion de Jésus. Il convient d'être attentif au contexte et de se rappeler les propos du Seigneur :

Sachez-le bien, si le maître de la maison savait à quelle veille de la nuit le voleur doit venir, il veillerait et ne laisserait pas percer sa maison.
Le personnage de Judas satellisé par le diable se retrouve au centre d'un combat, dont il croit détenir la clé. Livré à lui-même, il met fin à sa carrière de traître par son suicide, pendant que Jésus défait Satan, car l'obéissance ultime du Christ jusqu'à la mort scandaleuse de la croix, est une condamnation du péché dans la chair. Une condamnation sans appel de toute rébellion, toute désobéissance !

En Matthieu 26:7-9, la femme qui répandit le parfum sur Jésus n'en connaissait-elle pas le prix ? C'est pour dix fois moins que Judas le défenseur autoproclamé des pauvres, livre Jésus. Après son entrée triomphale à Jérusalem sous les acclamations du peuple ! Judas devait-il penser que le peuple était prêt pour le grand soir de la délivrance et qu'en conséquence, Jésus tardait un peu trop ? Le soir du dernier repas, Judas est non seulement averti de la réprobation éternelle qui le menace, mais aussi qu'il est découvert en Matthieu 26:21-25 :

Pendant qu'ils mangeaient, il dit : Je vous le dis en vérité, l'un de vous me livrera. Ils furent profondément attristés, et chacun se mit à lui dire : Est-ce moi, Seigneur? Il répondit : Celui qui a mis avec moi la main dans le plat, c'est celui qui me livrera. Le Fils de l'homme s'en va, selon ce qui est écrit de lui. Mais malheur à l'homme par qui le Fils de l'homme est livré! Mieux vaudrait pour cet homme qu'il ne fût pas né. Judas, qui le livrait, prit la parole et dit : Est-ce moi, Rabbi? Jésus lui répondit : Tu l'as dit.
Or tout en lui faisant savoir qu'il était découvert, Jésus lui dit par la suite « Ce que tu fais, fais le promptement ». Jésus ne ruse-t-il pas avec Judas ? Nous le croyons ! Bien qu'il n'y ait dans ces propos aucune approbation. Cependant, Judas n'est-il pas tenté de croire que Jésus s'accorde à son plan ? Et si le morceau de pain trempé comme le prétendent certains commentateurs est un signe de distinction et d'élévation, nous savons que ce qui est élevé pour les hommes est souvent abominable pour Dieu ! Les hommes s'élèvent en dominant outrageusement les plus faibles, en massacrant et exterminant des peuples entiers. Ils s'enrichissent par l'exploitation éhontée des masses et des peuples, et ils se donnent à adorer et admirer quand leurs mains sont pleines du sang de leurs frères. La défense des pauvres et des masses, sert souvent de masque à la réalisation d'un désir de domination. Si le pain trempé est élévation et distinction chez les hommes, il est alors du point de vue spirituel, parfaitement ce que nous en disons, à savoir libre disposition arrogante de la vie d'autrui à des fins de satisfaction personnelle. Judas ne pourrait-il pas croire qu'il y a en Jésus, un vaillant chasseur comme Ésaü, qui est prêt à le conduire au combat et à la conquête du royaume, tout comme Nimrod le vaillant chasseur devant l'Éternel ? Il verra par la suite le résultat de sa terrible faute. Nous avons le sentiment qu'il n'est pas guidé par le gain, mais par l'ignoble volonté de puissance de ceux qui "instrumentalisent" la vie de leurs proches et des autres, au nom de leur combat. L'agneau de Dieu ne s'est pas rebellé, car il n'avait jamais prêché la « théologie de la libération », mais seulement la repentance et la conversion. L'agneau de Dieu a observé le plus pesant silence de l'histoire des hommes, et il a triomphé quand tous l'ont cru vaincu ! Tous, sauf un, celui qui désormais, est chassé du Ciel !

Petit additif non compris dans l'ouvrage : Notre Seigneur Jésus triomphe réellement à la manière de Jacob dont le nom a été traduit à la fois par rusé, mais aussi par qui supplante ou qui prend par le talon.

Jacob dont la naissance sera précédée de celle de son frère Ésaü, va tenir ce dernier par le talon pour venir au monde. En cela dès sa naissance, il montre qu'il va supplanter son frère.

C'est ici l'image parfaite de la victoire de notre Seigneur JÉSUS-CHRIST. Car que nous dit le Seigneur.

Celui-là même avec qui j'étais en paix, Qui avait ma confiance et qui mangeait mon pain, Lève le talon contre moi.
Ainsi, Judas lève le talon contre Notre Seigneur et c'est en se laissant écraser par le talon de Judas qu'il est victorieux de celui qui en Judas veut le vaincre. Comme Jacob, JÉSUS le supplante en lui saisissant le talon, de l'endroit même où le coup lui est porté. Or si Ésaü est figure des Juifs de l'ancienne alliance qui crucifièrent notre Seigneur, ils ont bien pour "père le Diable" selon l'affirmation même de JÉSUS-CHRIST notre Maître et en cela il sont bien la postérité du Serpent dont il est dit en Éden en Genèse 3:15 :

Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité :
La postérité est spirituelle et non charnelle! Et au plus haut qu'ils levèrent le talon contre CHRIST ils ne purent toucher que le Talon du Maître car Dieu à tout mis sous ses pieds. C'est en dessous de ses pieds, que les 70 de l'élite d'Israël qui montèrent à Horeb avec Moîse et Josué virent une représentation de l'Éternel. C'est aussi pourquoi il est écrit "celle-ci t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon."

Enfin ne faut-il pas observer que Judas est celui qui met la main dans le plat avec notre Seigneur Jésus-Christ ! N'est-ce pas là le signe qu'il a décidé lui-même de se servir, et non d'attendre d'être servi par le Maître ! Son geste est éloquent, tant il exprime un désir d'indépendance et une participation active au sacrifice du corps de Christ ! Son geste le trahi absolument !

Ainsi donc, cette victoire de JÉSUS-CHRIST notre Seigneur, obtenu aussi à la manière de JACOB signe la mise à l'écart définitive d'Ésaü-Israël, tout comme la primauté de JACOB ne fut jamais remise en cause.

Le millénarisme et son retour à Israël est une incomprehension totale de la parole de DIEU! C'est cela la séduction du faux prophète.

C'est une transgression au plus haut degré de la Loi !

Plusieurs seront purifiés, blanchis et épurés ; les méchants feront le mal et aucun des méchants ne comprendra, mais ceux qui auront de l'intelligence comprendront.



Si la lecture de ce commentaire a retenu votre attention, nous vous conseillons vivement de faire aussi lecture du commentaire "Les noces de Cana". Ces deux textes se complètent et s'éclairent mutuellement.


Source : Patrick Oculi Rinaldo