Tout savoir sur le parler en langues

par
Fernand Legrand

« D'une manière lucide, précise et solidement biblique, F. Legrand nous expose la source et les dangers du parler en langues actuel et du baptême des esprits qui empoisonnent le christianisme. Dans nos temps de ténèbres et de tiédeur spirituelle où nous voyons l'hérésie du Pentecôtisme faire des ravages à l'échelle mondiale, ce livre luit comme une lumière dans les ténèbres. Nous le recommandons fortement à tous chrétiens sérieux qui combattent pour la vérité. De crainte que ce document précieux ne soit perdu et ne puisse être retrouvé sur l'Internet, nous avons trouvé bon de le sauvegarder et de le maintenir en-ligne pour que son instruction indispensable demeure accessible à tous... »
Jean leDuc
 
Avant-propos de l'auteur
Chapitre 1 L'analyse du renouveau charismatique
Chapitre 2 Un message aux hommes ?
Un modèle scripturaire ?
Empêché de voir
Tentative de replâtrage
Chapitre 3 Un signe pour les croyants ?
L'analogie de la foi
Le de supériorité
Sur les marches de la forteresse
Même les Apôtres
L'enseignement des Épîtres
Un mystère?
La vision de Pierre
Signes comparatifs
L'insigne de shérif
Les douze disciples d'Éphèse
Chapitre 4 Jésus et les langues
Prestidigitation
Analyse sereine
Chapitre 5 Deux parlers en langues ?
Matto Grosso
Contradictions
Retour à Jérusalem
Encore à Jérusalem
Chapitre 6 L'interprétation
Fausse piste
Fantaisies
Une vraie traduction
Contrefaçon
Dr. Jeckill et Mr. Hyde
Ambuscade
Rapport charismatique sur l'électronique
Explication
La vieille horloge
Faire l'article
Chapitre 7 S'édifier soi-même ?
En privé
Chapitre 8 La fin du parler en langues
Un peu plus de connaissance biblique s.v.p.
Quand
Six ou trois?
Que veut dire parfait?
Comme le serpent d'airain
La manne
Chapitre 9 La septuple bénédiction de l'Esprit
Le but du baptême du Saint-Esprit
À voir de plus prés
Les dernières paroles de Jésus
Chapitre 10 Les langues de feu
Le baptême de feu
Chapitre 11 Le pont aux six piliers
Chapitre 12 Les expériences
Qu'est-ce que ça prouve?
Démystification
Diagnostic et remède
Chapitre 13 L'origine des langues actuelles
Chapitre 14 A. La relation de cause à effet (La dérive morale)
Confiance mal placée
Le guêpier
Dérive prophétique
Ce que disent les vrais prophètes
Davantage de dérive
Encore plus de dérive
Officiers supérieurs
Désinformation et mauvaise foi
Chapitre 15 B. La relation de cause à effet (La dérive doctrinale)
Cette doctrine...
Consentement silencieux
Quand Rome réagit
La poule qui couve des oeufs de canard
L'esprit qui tue
  Appendice
Pourquoi aux juifs seuls ?
La parade charismatique


Avant-propos de l'auteur

Écrire un livre sur le sujet si controversé du parler en langues, n'est assurément pas le meilleur moyen de se faire des amis. C'est au contraire la façon la plus sûre d'en perdre quelques-uns. Pour la défense de la vérité, l'apôtre Paul prenait le risque de déplaire. Il disait en Galates 1:10 : "Est-ce la faveur des hommes que je désire ou celle de Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ". Toutefois, que Dieu nous garde de cultiver l'art de déplaire. Comme le disait Alexandre Vinet, il faut de la charité pour les personnes et non pour les idées. Mais l'esprit de certains est ainsi tourné que c'est la vérité elle-même qui les dérange. Quand Ralph Shallis a écrit son livre Le don de parler diverses langues, il l'a fait avec tant d'amour qu'il n'a pas pris moins de dix pages pour s'excuser des vérités qu'il allait développer. Personne n'a, pour les dire, mis autant de gants. Certains n'y ont cependant vu que des gants de boxe. Un adage populaire ne prétend-il pas qu'il n'y a que la vérité qui blesse ? Mais la Bible dit que les blessures d'un ami prouvent sa fidélité (Proverbes 27:6). Il serait illusoire de croire que l'attitude la plus fraternelle puisse prévenir certaines ruptures. Mes exposés antérieurs sur le sujet m'ont valu de solides et durables inimitiés. Paul, comme il le dit en Galates 4:16, "se faisait des ennemis en disant la vérité", et cela parmi ceux qui lui étaient les plus proches, qu'il avait amenés au salut et qui étaient ses enfants spirituels.

L'éventail des positions sur cette question est tel qu'il faudrait écrire non pas un livre mais plusieurs car les nuances sont nombreuses. Chez ceux qui sont tout acquis à la cause, on trouve, en dégradé, ceux pour qui le parler en langues est :

1. La condition sine qua non du salut.
2. Le signe nécessaire ou évident du baptême de l'Esprit.
3. Un charisme qu'ils n'exercent qu'en privé.
4. Un moindre don.
5. Une pratique qu'ils jugent parfois abusive et contrefaite.
6. Un don qu'ils ne recherchent pas pour eux-mêmes tout en admettant son exercice dans l'Église.

Au bord opposé, on trouve, aussi en decrescendo, ceux pour qui le parler en langues actuel est :

1. Une contrefaçon qu'ils dénoncent.
2. Une pratique qu'ils condamnent avec plus de parti-pris que de connaissance biblique.
3. Un sujet d'intérêt spirituel mais circonscrit à une période de l'histoire comme la Nativité et la Crucifixion.
4. Une "possibilité" d'ordre tout à fait secondaire dont ils se méfient.

Ces deux tableaux peuvent paraître incomplets, mais ils sont révélateurs de multiples sensibilités. Ne classer les protagonistes qu'en deux camps, les uns pour et les autres contre, peut sembler simpliste, mais il faut s'y résoudre si on veut que le lecteur s'y retrouve.

Pour donner plus de poids à cette étude, je me suis attaché à citer en priorité les écrits d'auteurs pentecôtistes en vue, et à en faire témoigner d'autres qui ont quitté le mouvement pour des raisons de doctrine. Parmi eux, je donne une place de choix à mon ami Albert Busono qui a fait un travail considérable de recherche et de compilation au niveau de la littérature pentecôtiste anglo-saxonne. Mais en premier lieu, ce qui forme la trame de cet ouvrage, c'est mon cheminement personnel et celui de ma chère épouse à qui je dédie ce livre.

Par déférence pour mes frères pentecôtistes modérés qui, sur l'essentiel, croient comme moi à toutes les vérités fondamentales de l'Évangile, j'ai évité (citations d'auteurs exceptées) de nommer leurs Églises par leurs appellations particulières. Pour désigner ceux qui, à des degrés divers, adhèrent au parler en langues, je me suis rangé à l'expression la plus répandue : le pentecôtisme, expression à laquelle je ne prête aucun sens péjoratif. Jusqu'au chapitre 13 je fais la distinction entre eux et les charismatiques catholiques : plusieurs pentecôtistes conservateurs seraient en effet choqués d'être confondus avec ces charismatiques dont ils se démarquent énergiquement.

Certains demanderont : pourquoi un tel livre ? Parce que beaucoup ont souhaité posséder un ouvrage de référence fouillé sans être touffu, avec une ligne directrice et des sujets bien compartimentés permettant de s'y retrouver facilement afin de savoir, selon l'exhortation de Colossiens 4:6, "comment il faut répondre à chacun".

Ma prière à Dieu pour mes lecteurs est qu'ils soient animés de l'esprit des Juifs de la ville grecque de Bérée : "Ces Juifs avaient des sentiments plus nobles... ils sondaient chaque jour les Écritures pour voir si ce qu'on leur disait était exact" (Actes 17:11). F. Legrand


Chapitre 1

L'analyse du renouveau charismatique

Le Renouveau Charismatique au sein de l'Église Catholique, était sous la plume de D. Cormier, le titre d'une plaquette éditée au Canada vers la fin des années 70. Elle recouvrait la position du pentecôtisme classique de l'époque. Nous allons la résumer ici sans trahir ni tronquer la pensée de l'auteur en la rapportant.

Si, par endroit, le langage paraît excessif à certains, ce n'est pas le nôtre ; rien n'est de nous, sauf les liaisons entre les paragraphes.

Ce livre décrit le désarroi des catholiques sincères devant la sécheresse de leur Église, leur soif d'une authentique vie spirituelle et leur recherche sincère de la vie de l'Esprit, à partir de contacts avec divers pasteurs pentecôtistes, de la lecture du livre La Croix et le Poignard de David Wilkerson, et d'un autre livre pentecôtiste Ils parlent en d'autres langues de J.L. Sherrill.

Ils persévérèrent pendant plus d'un an, priant chaque jour en disant : Viens Saint-Esprit... Cela se passait à l'université Duquesne en Pennsylvanie. A South Bend en Indiana la même recherche, la même attente se faisait avec des professeurs de théologie du collège Sainte-Marie. Là, ils firent appel au frère Ray Bullard, diacre d'une Église pentecôtiste voisine et président local du groupe des Hommes d'Affaires du Plein Évangile. Cet homme était estimé pour sa grande expérience des dons spirituels, et était décrit comme un homme humble qui ne cherchait qu'à être utilisé par le Seigneur. Il devint en quelque sorte le parrain spirituel de la communauté charismatique qui se formait à Notre-Dame. Pendant plusieurs mois ils se réunirent chez Ray Bullard, où se tenaient déjà des réunions pentecôtistes et où plusieurs pasteurs pentecôtistes furent invités régulièrement pour donner des exposés et répondre aux questions des nouveaux venus.

Puis ce fut l'explosion ; un week-end, de nombreux étudiants catholiques furent baptisés dans le Saint-Esprit. Cela se répandit comme une traînée de poudre. Lors d'une de ces rencontres chez Ray Bullard, un ancien missionnaire pentecôtiste posa la question : Maintenant que vous avez reçu le Saint-Esprit, quand comptez-vous quitter l'Église catholique ? Étonnés, ils répondirent : Mais nous n'avons nullement l'intention de quitter l'Église ! Le sentiment unanime des pentecôtistes classiques de l'époque, était que l'Esprit Saint allait tôt ou tard ouvrir les yeux des catholiques. Mais à mesure que le temps passait, il devenait évident qu'ils étaient bien décidés à rester catholiques et que la hiérarchie récupérait le mouvement au profit de l'Église romaine. Cinq hypothèses furent alors émises pour expliquer l'attitude de ces catholiques qui continuaient à suivre les enseignements et les pratiques de leur Église tout en affirmant avoir reçu le Saint-Esprit :

1. Ce mouvement n'est encore qu'à ses débuts ; les catholiques qui en font partie changeront plus tard.
2. Ce mouvement vient de l'Esprit, mais la hiérarchie catholique a su le canaliser à son profit.
3. Ce mouvement est l'accomplissement de la prophétie : "Je répandrai mon Esprit sur toute chair", et démontre que l'Esprit Saint est au-dessus de nos préjugés religieux et peut sauver quiconque indépendamment de sa doctrine.
4. Ce mouvement n'est qu'une mise en scène pour attirer les protestants dans le piège de l'oecuménisme.
5. Ce mouvement est une contrefaçon du diable et prépare la venue de l'antéchrist.

L'auteur développe la position qu'adopte encore, en Europe en tout cas, une partie du pentecôtisme historique et qui est résumée par ces cinq hypothèses :

1. Ce mouvement n'est encore qu'à ses débuts ; les catholiques qui en font partie changeront plus tard.

Il constate que, contrairement à l'attente générale, la caractéristique principale du mouvement charismatique ramenait au catholicisme ceux qui s'en étaient éloignés et ranimait leurs dévotions idolâtres.

Les professions de foi charismatiques s'exprimaient ainsi :

Les dévotions mariales se sont chargées pour nous de sanctifications.
La vie sacramentelle de l'Église est devenue plus riche de sens.
J'en suis arrivé à une compréhension plus profonde de l'eucharistie en tant que sacrifice, et je suis revenu aux confessions fréquentes.
Je me suis alors découvert une profonde dévotion à Marie.

Citant alors le Père O'Connor, il nous livre une profession de foi charismatique à faire frémir n'importe quel pentecôtiste, évangélique ou réformé :

"Les premiers effets furent une plus grande dévotion envers l'eucharistie. L'effet le plus frappant, pour un bénédictin, après son baptême dans l'Esprit, a été de chanter la messe. Le culte à Marie a été renforcé par le mouvement pentecôtiste dans tout le pays. En résumé, l'effet du mouvement pentecôtiste a été de sauver des personnes pour l'Église, pour la prêtrise et pour la vie religieuse".

Le changement attendu n'ayant pas eu lieu, cette première hypothèse ne pouvait pas être retenue.
2. Ce mouvement vient de l'Esprit, mais la hiérarchie catholique a su le canaliser à son profit.

L'explication sur ce point est moins précise. Sont cités les noms des Pères Regimbald, O'Connor et du cardinal Suenens qui introduisirent le mouvement charismatique auprès des laïcs. Le retour aux dévotions traditionnelles n'est pas le résultat de pressions de la part de la hiérarchie, mais l'effet même de l'expérience charismatique. Le Père Mc Donnel est cité en ces mots : "Les pentecôtistes catholiques sont portés à reprendre et à cultiver des formes de contact avec Dieu qu'ils avaient abandonnées. Cela ne tient pas à une théologie conservatrice mais plutôt à l'effet transformant de leur expérience".

Si la hiérarchie romaine est bien pour quelque chose dans un retour à ce paganisme à verni chrétien, la cause déterminante (nous ne faisons que citer) c'est l'expérience "pentecôtiste".

Cette deuxième hypothèse n'est pas retenue.
3. Ce mouvement est l'accomplissement de la prophétie : "Je répandrai mon Esprit sur toute chair" et démontre que l'Esprit Saint est au-dessus de nos préjugés religieux et peut sauver quiconque indépendamment de sa doctrine.

La question qui est ensuite posée est très lourde de conséquence : l'esprit qui agit dans l'Église romaine est-il le Saint-Esprit ? En parlant de l'Esprit Saint, Jésus a dit : "Il vous conduira dans toute la vérité". C'est le propre du Saint-Esprit. Le propre de l'esprit mauvais est de conduire dans une partie seulement de la vérité. Or, un des effets les plus frappants du charismatisme, c'est de conduire ses adeptes dans une partie de la vérité et une partie d'erreur comme par exemple : la prière spontanée ET le chapelet ; l'adoration du Christ ET du saint-sacrement ; la lecture de la Bible ET le culte de Marie.

Suivent quelques témoignages de gens qui ont été baptisés du Saint-Esprit, l'un en finissant de réciter son chapelet, l'autre pendant qu'il chantait une hymne à la messe, une autre encore pendant qu'elle était agenouillée et priait la sainte Vierge. Ces témoignages suffisent nettement à démontrer que l'esprit qui baptise ces gens est en contradiction avec les Écritures et ne peut aucunement être le Saint-Esprit. Ce n'est pas mettre en doute l'oeuvre du Saint-Esprit mais bien lui attribuer une telle horreur et une telle idolâtrie qui constitue un blasphème contre sa divine personne. (L'auteur touche ici l'essence primordiale de l'hérésie du Pentecôtisme et du Charismatisme, à savoir que le baptême du Saint Esprit dans ces deux mouvements est un baptême des esprits ou plus précisément « un baptême de démons ». Cette pratique néfaste est nul autre qu'un blasphème contre le Saint Esprit, le péché impardonnable... Jean leDuc).

S'accordant au pentecôtisme biblique de l'époque, l'auteur tire une conclusion très réfléchie dont nous nous servirons plus loin : Nous vivons dans un monde marqué par le relativisme... où l'on ne croit plus en une vérité absolue mais en des vérités relatives subordonnées à l'expérience humaine. L'accent est ainsi davantage mis sur l'expérience que sur la doctrine. Le fait de parler en langues ou de ressentir une certaine paix intérieure... l'amour pour Dieu, Marie et les saints est plus important que de connaître la saine doctrine. Citant Charles Foster il dit : Quand l'expérience de l'Esprit passe avant la doctrine et le salut, la séduction est certaine...

La troisième hypothèse ne pouvait être retenue.
4. Ce mouvement n'est qu'une mise en scène pour attirer les protestants dans le piège de l'oecuménisme.

Tout en reconnaissant que sans la contribution pentecôtiste le mouvement charismatique n'aurait jamais pu se développer au sein de l'Église catholique, il admet le danger et ajoute : Il est malheureux de constater que quelques chrétiens évangéliques ainsi que de nombreux protestants n'ont pas reconnu ce piège. Des preuves abondantes démontrent que le charismatisme sert les intérêts de Rome et de l'oecuménisme, mais nous devons rejeter l'hypothèse que ce ne serait qu'une mise en scène pour attirer les protestants dans le piège de la débauche oecuménique. Les guérisons, prophéties, miracles opérés dans le mouvement charismatique nous interdisent de n'y voir qu'une mise en scène humaine... Si le Saint-Esprit ne peut être derrière ce mouvement c'est bel et bien un esprit réel et agissant... ce sont des événements surnaturels qui ont amené ce mouvement à se développer avec tant de rapidité et de vigueur.

N'étant donc pas le résultat direct d'un calcul humain, mais l'émanation d'un esprit étranger, cette quatrième hypothèse ne pouvait pas être retenue. Restait la cinquième.
5. Ce mouvement est une contrefaçon du diable et prépare la venue de l'antéchrist.

On ne peut reproduire le texte in extenso mais ce raccourci en donnera les idées principales.

À l'université Duquesne, après le baptême du Saint-Esprit d'une trentaine d'étudiants, plusieurs guérisons publiques et surnaturelles suivirent bientôt. Parmi celles qui impressionnèrent le plus les observateurs, ce furent les manifestations prophétiques en langues et leur interprétation. K. et D. Ranafhan racontent dans leur livre Le retour de l'Esprit : Lors d'une réunion de prière à South Bend, un prêtre qui y assistait pour la première fois, demanda à l'homme qui se trouvait près de lui, où il avait appris le grec. — Quel grec ? Le prêtre dit alors au groupe qu'il avait distinctement entendu son voisin répéter les premières phrases du "Je vous salue Marie" en grec. Le Père O'Connor ajoute dans son livre : Avant cette rencontre, il n'y avait que très peu de trace de dévotion mariale dans le groupe... à partir de là il y eut un élan de piété mariale. Pour eux, les divers miracles et manifestations mariales sont les preuves infaillibles de la présence de Dieu dans leur Église.

D. Cormier rétorque que la Bible nous met cependant en garde contre des signes miraculeux et mensongers (2 Thessaloniciens 2:9-12).

L'analyse ne pouvait dès lors aller que dans le sens de la dernière hypothèse. La condamnation du réveil dit charismatique est nette et sans appel. C'est, dit-il, le croisement du pentecôtisme protestant et de l'idolâtrie catholique. Rappelons que rien n'est de nous dans cette analyse. C'est pourquoi nous avons pris soin de mettre le texte original en italique.

Cette analyse et ces conclusions sont-elles les nôtres ? Permettez-nous, en un premier temps, de réserver notre réponse, car aussi abrupte qu'elle paraisse, cette conclusion est encore celle d'une partie du pentecôtisme conservateur européen. Souvenons-nous que c'est du don du parler en langues et du signe dont il est porteur que nous devons débattre. Si nous avons condensé cet article percutant sur les charismatiques, c'est parce qu'on trouve chez eux comme chez les pentecôtistes, la triple notion des langues, du signe et du baptême du Saint-Esprit. Toutefois, comme le fait clairement ressortir cette analyse, les pentecôtistes (encore) classiques, nient qu'elle ait la même origine. S'ils en sont si sûrs, pourquoi s'affligent-ils d'être les initiateurs de cette erreur qu'ils qualifient de diabolique ?

Nous citons à nouveau : "Ray Bullard, diacre d'une Église pentecôtiste, possédant une grande expérience des dons spirituels... et plusieurs pasteurs pentecôtistes...". Ce sont eux qui ont enseigné, prié et imposé les mains pour que ces catholiques reçoivent le Saint-Esprit. Et ce serait des mains des pentecôtistes à la saine doctrine qu'ils auraient reçu un esprit malsain ?! Il y a là de quoi être bouleversé surtout quand ils sont obligés d'avouer : "SI CE N'EUT ÉTÉ DE RAY BULLARD, LE DIACRE PENTECÔTISTE... JAMAIS CE MOUVEMENT N'AURAIT VU LE JOUR" (Page 15).

Or, derrière les anciens qui ont imposé les mains à Timothée, il n'y avait rien d'autre que ce que ce jeune serviteur a reçu : le don de Dieu (2 Timothée 1:6). Et derrière les mains d'Ananias qui les a imposées à Saul de Tarse, il n'y avait rien d'autre que le Saint-Esprit. Et quand ce même Saul de Tarse, devenu l'apôtre Paul, a imposé les mains aux disciples de Jean à Éphèse, ils n'ont reçu d'autre Esprit que le vrai. Si donc c'est un esprit diabolique qu'ont reçu ces catholiques sincères, des mains de ces spécialistes chevronnés que sont Ray Bullard et les pasteurs pentecôtistes qui lui sont associés, c'est que derrière leurs mains et leurs prières, il y avait ce qu'ils ont déploré par la suite, c'est à dire tout autre chose que le Saint-Esprit. Jésus l'a dit d'une façon telle qu'il est impossible de s'y méprendre : "Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre de bons fruits" (Matthieu 7:18). Si le fruit est par eux-mêmes déclaré mauvais, c'est que leur arbre était de la même nature.

C'est ce qui semble échapper à nos amis pentecôtistes. Quand on leur fait remarquer les bizarreries dont leurs milieux sont affligés ; que c'est tout autre chose que le Saint-Esprit qui produit des dérapages verbaux incontrôlables et des excentricités de comportement, leur invariable réponse est la parole de Jésus : "Quel est le Père parmi vous qui donnera une pierre à son fils s'il lui demande du pain ? Ou s'il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent au lieu d'un poisson ? Ou s'il demande un oeuf, lui donnera-t-il un scorpion ? Si donc, méchants comme vous l'êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent ?" (Luc 11:11-13).

Mais n'est-ce pas là un argument-boomerang ? Car en s'adressant à Ray Bullard et aux pasteurs pentecôtistes, ces catholiques n'ont demandé ni une pierre, ni un serpent, ni un scorpion ; c'est pourtant ce qu'ils ont reçu. Maintenant ces amis se mordent les doigts d'avoir prié et imposé les mains à des catholiques qui ont dès lors reçu un mauvais esprit, selon ce qu'ils en témoignent. Ce qui devrait par-dessus tout les inquiéter, ce n'est pas tellement ce que ces catholiques ont reçu mais bien plutôt ce qu'ils leur ont transmis. Ne serait-ce pas le comble de l'aberration d'entendre un mari se plaindre ou s'indigner d'un sida que sa femme aurait eu de lui. Son analyse de la maladie de son épouse serait peut-être juste, mais l'accuser d'avoir contracté un mauvais sida, tout en soutenant que le sien est bon, c'est une affaire sérieuse qui exige que l'on s'y attarde. J'abonde entièrement dans le sens des amis pentecôtistes quand ils disent que le virus attrapé par les charismatiques est mauvais parce qu'il est anti-biblique, mais quand on sait, d'après leur propre aveu, où ils l'ont attrapé et de qui ils le tiennent, ils devraient être les premiers à se poser ces questions : Et si c'était le même "baptême de l'Esprit" ? Et si c'était le même "parler en langues" ?!


Chapitre 2

Un message aux hommes ?

Nous allons nous en tenir, tout au long de cette étude, à cet excellent principe énoncé au chapitre 1 par D. Cormier : "L'esprit qui est en contradiction avec les Écritures, ne peut être le Saint-Esprit". Il a permis aux pentecôtistes conservateurs de débusquer les graves erreurs de leurs semblables charismatiques et d'en conclure :

"Les manifestations surnaturelles (chez les charismatiques) sont un signe leur disant qu'ils n'ont rien à craindre, qu'ils sont dans la bonne voie alors qu'ils marchent dans l'erreur... Ces manifestations elles-mêmes reproduisent plus ou moins fidèlement celles que l'on trouve dans le Nouveau Testament. C'est pour cela que l'on peut parler avec raison de contrefaçon" (Analyse du renouveau charismatique, Page 15).

On ne peut qu'applaudir à cette clairvoyance biblique pour autant qu'on ne l'applique pas qu'aux autres. Car, s'ils scrutaient leur propre doctrine avec la moitié moins de rigueur qu'ils ne l'ont fait envers les charismatiques, ils verraient que, comme ils le disent si bien : "Croire qu'on est dans la bonne voie grâce aux signes, aux miracles, au parler en langues", c'est aussi l'essentiel de ce qui fait leur foi, leur force et leur sentiment de sécurité. Par exemple, quand la croissance rapide du mouvement qu'ils condamnent est attribuée aux manifestations spirituelles, n'est-ce pas précisément d'elles qu'ils se vantent ou se réclament pour expliquer et justifier leur croissance plus rapide que celle des évangéliques ? Mais nous sommes bibliques, nous ! entendons-nous dire. Nos pratiques sont conformes au modèle scripturaire !


Un modèle scripturaire ?

C'est ce que nous allons commencer par examiner dans ce deuxième chapitre. Que lit-on dans la Bible à propos de l'exercice véritable du parler en langues ? : "Celui qui parle en langues ne parle pas aux hommes mais à Dieu" (1 Corinthiens 14:2). C'est ce que, de façon péremptoire, Paul, le plus grand docteur de l'Église et de surcroît conduit par l'Esprit, enseignait aux Corinthiens : "...il ne parle pas aux hommes...". Ce texte à lui tout seul fait vaciller toute la caractéristique pentecôtiste et lézarde son système jusque dans ses fondements. Le Saint-Esprit lui-même, auquel on ne résiste pas sans risque, précise que ce n'était pas à des hommes que les paroles dites en langues, étaient adressées mais à Dieu. À l'instar des Béréens (Actes 17:11) qui sondaient chaque jour les Écritures pour savoir si ce qu'on leur disait était exact, rien n'est plus facile que de les examiner pour savoir si ce qui se dit dans le mouvement de Pentecôte, sur ce point précis, est exact. Après plus de trente années de contacts étroits avec eux et après avoir épousé certaines de leurs idées, j'ai bien été forcé d'admettre qu'il y avait sur ce point un désaccord flagrant avec ce que dit la Parole de Dieu. Je me suis d'abord incliné devant son autorité, puis je suis passé à une vérification plus poussée sur le terrain. À des frères bien ancrés dans leur conviction, j'ai plusieurs fois posé la question : Quand, dans votre Église, un parler en langue est interprété, de quoi s'agit-il ? Je ne posais pas la question parce que je ne connaissais pas la réponse, mais pour avoir, de leur propre bouche, une réponse nette qui ne laissait aucune place à l'ambiguïté. Sans aucune exception, les réponses allaient dans le sens de ce que j'avais toujours constaté : c'est une parole d'encouragement, ou une prophétie, ou une exhortation, ou même une évangélisation. Cela s'adressait forcément aux auditeurs présents, aux hommes, et c'était, par voie de conséquence, en totale contradiction avec le Saint-Esprit qui a dit au contraire : "Celui qui parle en langues, ne parle pas aux hommes". En bref, l'exercice d'un don qui n'est pas conforme à l'Écriture ne peut pas venir de l'Esprit de Dieu mais plutôt, comme ils le disent si justement à propos de leurs frères charismatiques, d'un esprit étranger. Après avoir reçu les réponses que je viens de rapporter, je faisais voir à mes interlocuteurs ce qu'en disait la Bible. Certains étaient comme effondrés devant ces paroles limpides qu'ils n'avaient jamais vues ou qu'on leur avait toujours cachées. Les plus intelligents mesuraient en un instant l'ampleur du désastre doctrinal qui les atteignait : un vrai Waterloo.


Empêché de voir

Proposition de report des pages 19 à 21 faite au chapitre 12 (page 126).

Chez beaucoup d'autres, par contre, je constatais comme une incapacité à saisir le sens de ces paroles pourtant claires : "...il ne parle pas aux hommes". Il y avait comme un voile mis sur leur intelligence. Ils disaient : Mais bien sûr que c'est comme ça ! tout en étant incapables de voir que leur "comme ça" , ce n'était pas du tout ça, c'était même le contraire. Au départ, il n'y avait chez eux aucun esprit de dérobade mais un empêchement de voir. Ils lisaient bien "il ne parle pas aux hommes" mais ils semblaient comprendre à l'envers, répondant que Dieu devait bien parler à son Église par ce moyen-là, certains allant jusqu'à dire : Comment Dieu nous parlerait-il si ce n'est par ce moyen-là ?

Mon plus récent entretien sur le sujet est révélateur de cet aveuglement. Je me suis aperçu que citer le texte verbalement était insuffisant. Mon interlocuteur suivait son idée et restait imperméable à la Parole de Dieu. Je me suis assis à côté de lui, Bible ouverte, et je lui ai fait lire le texte à haute voix. Rien n'y faisait. Je m'y suis repris plus de dix fois. Tout à coup, le déclic s'est fait. Il a compris de quoi il s'agissait. C'est alors que son vrai problème a débuté. Il commençait à mesurer la portée de cette vérité qui enfonçait sa position comme l'iceberg dans le flanc du Titanic avant de l'envoyer par le fond. Pauvre ami, qui heurtait de front une Bible qui disait le contraire de ce qu'il croyait tellement bien connaître. Pour se sortir de ce mauvais pas, il ne lui restait d'autre issue que de m'opposer le sable mouvant de ses expériences. Dans mon premier ouvrage sur les langues, j'ai rapporté la confrontation qui eut lieu entre un frère à l'oeuvre des Assemblées dites darbystes et mon voisin, pasteur de la Pentecôte. Ce dernier ne fit vraiment pas le poids. Acculé à reconnaître que son opposant avait raison, il ferma sa Bible, la poussa de côté et dit : "Bibliquement vous avez raison, mais je ne peux pas renier une expérience !". Tout était là, dans le geste et dans la parole. La Bible mise de côté et l'expérience mise en avant. Trente ans plus tard, rien n'a changé. Comme le dit D. Cormier déjà cité plus haut :

"Nous vivons dans un monde où l'on ne croit plus à la vérité absolue, mais à des vérités relatives subordonnées à l'expérience humaine où l'accent est davantage mis sur l'expérience que sur la doctrine. Parler en langues, ressentir une paix intérieure est plus important que de connaître la saine doctrine".

Le dernier entretien auquel je fais allusion s'est terminé de la même façon que le premier. Après avoir, une fois de plus, fait remarquer à mon interlocuteur que son expérience personnelle et son observation du parler en langues dans son Église s'adressait bien à des hommes, à l'inverse de ce que dit la Bible, je lui ai demandé : "Qu'allez-vous mettre de côté, la Parole de Dieu ou votre expérience ; vous devez faire un choix entre les deux ; quel est-il ?". Sans hésitation et deux fois de suite, la réponse a été : "Je choisis l'expérience !". Compréhensible mais malheureuse obstination qui s'explique par ce terrible aveu d'un pasteur à propos de cet enseignement biblique sur ce point particulier du parler en langues : "Quand cette parole de Paul a commencé à circuler dans nos Assemblées, ça a fait l'effet d'une bombe. L'idée n'a pas été retenue car il aurait fallu admettre que TOUT CE QUI S'ÉTAIT FAIT JUSQU'ICI ÉTAIT FAUX !".

C'est faux, bien sûr, mais on fait en sorte que ça ne se sache pas ou que ça ne le paraisse pas. Comment s'y prend-on ? Il y a quatre moyens d'y arriver.

1. En mettant démesurément l'accent sur les expériences. Par exemple :

une prophétie dite en langue et me concernant s'est accomplie,
une exhortation en langue convenait à l'état de l'Église,
une guérison annoncée en langue s'est réalisée,
le traducteur ayant fait faux-bond, le prédicateur a continué dans la langue locale qu'il ne connaissait pas (anecdote usée jusqu'à la corde et toujours invérifiable),
un besoin pressant a été révélé en langue et une délivrance adéquate y a répondu, etc.

La source est intarissable. De tels témoignages, rapportés avec aplomb, conditionnent les auditeurs, les néophytes surtout, au point de les prémunir contre toute découverte ultérieure de la vérité. Nous développerons plus longuement le sujet des expériences au chapitre 9.
2. Le deuxième moyen c'est d'escamoter le texte, comme l'a dit ce pasteur, en ne retenant pas cette pensée trop dérangeante. C'est ce que faisaient les rabbins avec le chapitre 53 d'Ésaïe lors de la lecture méthodique de la loi et des prophètes dans les synagogues. Quand ils arrivaient à la fin d'Ésaïe 52, ils sautaient à Ésaïe 54 ! J'atteste qu'en plus de trente ans de contacts, d'entretiens, de débats, d'échanges fraternels et de collaboration avec les milieux concernés, ce texte a toujours été soigneusement évité. Dans son livre en anglais "Vingt et une raisons pour parler en langues", Godron Lindsay (à ne pas confondre avec Hal Lindsay), à sa onzième bonne raison dit que c'est pour parler à Dieu, et élude sans autre le gênant "ne parle pas aux hommes". Ce "silence" accrédite l'idée que l'un et l'autre sont également bons.
3. Le troisième moyen, c'est de hausser les épaules et de traiter la chose comme quantité négligeable, avec une largeur de vue qui transforme le Saint-Esprit en girouette : "Bien sûr que la Bible dit cela, mais qui peut sonder les desseins de Dieu ; n'est-Il pas souverain ; ne peut-Il pas se servir de ses dons et les employer comme Il le veut ?". On voit où cela peut conduire. À toutes les hérésies du monde, à redonner la parole au Perfide et à sa première suggestion : "Dieu a-t-Il réellement dit ?". Tous les maux de l'humanité ont commencé là ! Je me méfie d'une certaine largeur de vue sur la Souveraineté de Dieu qui enlèverait toute souveraineté à sa Parole. Car si les insondables richesses de son amour et de sa sagesse peuvent donner un parler en langues qui s'adresse aux hommes, elles peuvent aussi nous avoir donné une reine du ciel, une co-rédemptrice, un ciel à mériter et une kyrielle de saints à invoquer.
4. Le quatrième moyen, c'est de trouver une parade à tout prix ; de plonger dans la Bible à la recherche d'un mot, d'une allusion qui mette le Saint-Esprit en conflit avec lui-même, afin de respirer plus à l'aise. Chacun sait qu'à ce jeu-là, on peut faire dire à la Bible tout ce qu'on veut. En fait, presque toutes les hérésies ont trouvé leur origine dans la Bible. Au risque d'exposer son âme à la ruine en tordant le sens des Écritures comme le dit 2 Pierre 3:16, à quel texte va-t-on se raccrocher pour tenter de faire dire à la Parole le contraire de ce qu'elle dit ? Certains croient l'avoir trouvé en 1 Corinthiens 14:21 : "C'est par des hommes d'une autre langue que je parlerai à ce peuple". Si Dieu parle à ce peuple par le moyen du parler en langues, c'est donc qu'Il s'en sert pour parler aux hommes. Remarquons d'abord que si tel était le sens à donner à ces paroles, la contradiction entre les deux textes serait totale. Il suffit de se rappeler que tous les signes, quels qu'ils soient, parlent aux hommes. C'est selon Hébreux 1:1, une des "plusieurs manières" dont Dieu se sert pour nous parler C'est ce qu'il a fait en Jean 17, où nous trouvons ce qui a été appelé à juste titre, la prière sacerdotale. Au premier degré, c'est exclusivement à son Père seul que Jésus s'adressait. Mais au second degré, sans nous adresser un seul mot, c'est à nous qu'il parle Cette prière à son Père nous parle de ses requêtes, de ses sentiments intimes, de son caractère personnel, de son intercession pour nous, et par-dessus tout de notre grand Souverain Sacrificateur. Ainsi en était-il de ces langues étrangères. Par elles, ceux qui les parlaient s'adressaient à Dieu, mais cela était très "parlant" pour ce peuple, en le renseignant dès le départ sur cette notion toute neuve qu'était le baptême de toute langue (ou toute chair) dans un même Esprit. De cette adoration en langues étrangères, Dieu, comme il le précise au verset 21 de 1 Corinthiens 14, allait s'en servir comme signe (ou pour faire signe) à CE PEUPLE qui justement demandait des signes et des miracles (1 Corinthiens 1:22). De quoi ce signe leur parlait-il ? Puisque c'était un signe constitué avec des langues, le plus logiquement du monde, cela leur parlait d'une affaire de langues ; de langues qualifiées d'étrangères dans le même verset. Pour Dieu, il s'agissait simplement de dire à CE PEUPLE, son peuple d'Israël, que les étrangers et les langues dont ils étaient porteurs, avaient désormais le même accès qu'eux au Dieu d'Israël au point de pouvoir Lui parler comme eux le faisaient. Voilà de quoi ce signe leur parlait sans toutefois jamais s'adresser à eux verbalement. C'est ce qu'explique magistralement Pierre dans son mémorable discours du jour de la Pentecôte. À leur question : Ça veut dire quoi de parler dans ces langues étrangères ? Il donna la réponse de Dieu : "Je répandrai de mon esprit sur TOUTE CHAIR", comprenez sur toutes langues, tous peuples, toutes tribus et toutes nations. Ce signe allait devenir très "parlant" pour ces Juifs qui n'avaient pas encore saisi la vocation des païens, ces gens aux langues étrangères.

Vérification biblique

Il ne nous reste maintenant plus qu'à vérifier ce que l'Écriture dit de chaque occasion où un parler en langues nous est rapporté. Nous allons faire appel aux meilleurs auteurs pentecôtistes pour démontrer, à l'aide de leurs écrits, qu'en aucun cas il n'y eut jamais une seule parole adressée aux hommes bien que le signe fut donné à leur intention.

Donald Gee écrit : "Notre information, en ce qui concerne la manifestation donnée aux croyants lorsqu'ils sont baptisés de l'Esprit, se limite strictement aux cas relevés dans les Actes" (Glossolalia, Page 101). Cela veut dire qu'il ne veut prendre en considération aucune expérience autre que celles contenues dans la Parole de Dieu.

I. En Actes 2, il est dit qu'en de multiples langues réelles et contemporaines, on les entendaient "parler des merveilles de Dieu". Beaucoup ont cru, à tort, qu'il s'agissait là de la prédication de l'évangile qui a amené trois mille personnes au salut. Un examen, même rapide, de ce chapitre montre que le parler en langues de ce jour-là n'a fait que soulever des questions ; c'est la prédication de Pierre, non pas en langue, qui a amené cette foule au salut. Donald Gee est indiscutablement le maître à penser des pentecôtistes. Il a tenté de mettre un peu d'ordre dans le mouvement au niveau des idées et de lui donner une doctrine tant soit peu cohérente. Pour la fraction modérée, il fut l'homme le plus écouté de sa génération. Dans son livre Les dons spirituels, voici ce qu'il dit du parler en langues de la Pentecôte : "Le jour de la Pentecôte, ils parlaient tous en langues avant que la foule se rassemble. Au bruit qui eut lieu, la multitude accourut. Il surprirent leur propre dialecte dans la bouche des disciples qui annonçaient les merveilles de Dieu. Il est clair que cette foule entendit des paroles QUI NE LUI ÉTAIENT PAS ADRESSÉES. Quand le moment de prêcher fut venu, ce fut Pierre seul qui s'adressa à la foule pendant que les onze se tenaient avec lui. Il usa du langage commun à tous afin que tous puissent le comprendre... Ainsi est contredite l'assertion erronée et séculaire du don pour la prédication de l'évangile aux païens".

Dennis Bennett est un homme renommé par ses écrits dans le pentecôtisme. Voici ce qu'il dit sur le même sujet : "Il est surprenant de constater combien de chrétiens, même fondés, pensent que les langues parlées à la Pentecôte l'étaient pour proclamer l'évangile dans les langues de ces gens qui écoutaient parce qu'ils venaient "de toutes les nations qui sont sous les cieux". Mais ce que dit ce passage, c'est "qu'il y avait en séjour à Jérusalem DES JUIFS de toutes les nations...". C'était simplement des Juifs qui vivaient dans d'autres pays et qui étaient montés à Jérusalem pour la fête. Ils n'avaient pas besoin qu'on leur parle des langues étrangères. Ce qu'ils ont entendu n'était pas une proclamation de l'évangile, mais ils entendirent ces premiers chrétiens, LOUANT ET GLORIFIANT Dieu pour les merveilles qu'Il avait faites (verset 11)".

Venant d'hommes aussi considérés ces témoignages sur ce point précis sont déterminants et nous marquons notre accord avec eux. Ce qui s'est dit en langues ne s'adressait pas aux hommes mais à Dieu.
II. La seconde relation apparaît à la conversion du centenier Corneille et de ceux de sa maison (Actes 10). La nature de cette glossolalie est identique à la première puisque Pierre nous y renvoie en disant aux apôtres à Jérusalem : "...le Saint-Esprit descendit sur eux comme sur nous au commencement", et il ajoute cette précision : "Dieu leur a accordé le même don qu'à nous qui avons cru au Seigneur Jésus" (Actes 11:15-17).
III. La troisième et dernière mention du parler en langues en Actes 19:6 (la conversion des douze disciples de Jean-Baptiste) ne nous dit rien de plus.
IV. La quatrième preuve se trouve dans les textes qui servent de base à cette étude, le chapitre 14 de la première lettre aux Corinthiens. Comment Paul voit-il la chose ? Il n'y voit que prier, chanter et rendre grâce en langues (versets 15 et 16). Rien d'autre que la prière et la louange n'apparaît dans son enseignement sur les langues. Sans contredit possible, la prière et la louange ne s'adressent qu'à Dieu. On ne peut donc jamais y trouver un message destiné à des hommes.
V. La cinquième preuve est dans le verset-clé de ce chapitre. Il porte avec lui sa propre conclusion : "Celui qui parle en langues ne parle pas aux hommes mais à Dieu" (1 Corinthiens 14:2). Sur un point aussi capital, la pratique pentecôtiste de ce don est déjà en complet porte-à-faux. C'est au moins aussi faux que la glossolalie de leurs jumeaux charismatiques. Nous l'avons lu : Une expérience, le "baptême du Saint-Esprit" qui entraîne les âmes à pratiquer le contraire de ce que dit l'Écriture, n'est pas du Saint-Esprit. Comme le descellement de la clé de voûte d'une ogive surbaissée entraîne ispo-facto la dislocation de tout l'ouvrage, cette première erreur sur le sujet des langues, fait aussi s'écrouler tout le système (1) d'un seul coup. "Comme une partie crevassée qui menace ruine et fait saillie dans un mur élevé, dont l'écroulement arrive tout à coup, en un instant : il se brise comme se brise un vase de terre, que l'on casse sans ménagement, et dont les débris ne laissent pas un morceau pour prendre du feu au foyer, ou pour puiser de l'eau à la citerne" (Ésaïe 30:13-14).

Il n'est pas superflu de rappeler cette réflexion citée plus haut : "Quand cette parole de Paul (...pas aux hommes, 1 Corinthiens 14:2) a commencé à circuler dans nos Assemblées, ça a fait l'effet d'une bombe. Elle n'a pas été retenue car il aurait fallu admettre que TOUT CE QUI S'ÉTAIT FAIT JUSQUE-LÀ ÉTAIT FAUX !".

Si pour nos amis pentecôtistes conservateurs, le don qu'ils ont passé aux autres sent le soufre, nous débouchons aussi sur l'incontournable évidence que leur glossolalie est aussi anti-scripturaire et de la même nature que celle qu'ils ont communiquée aux charismatiques catholiques par l'imposition de leurs mains.


Tentative de replâtrage

Le parler en langues — adoration ou prière ?

Avant de passer à l'erreur suivante, on ne peut pas ne pas dire un mot sur les Églises pentecôtistes qui ont fait volte-face sur ce point. Dans leurs réunions la pratique du parler en langues se continue mais, sur commande, l'interprétation s'est transformée en louange ou en prière. Que faut-il en penser ? S'agit-il d'un courageux retour à plus de vérité ? À ce stade peu avancé de notre étude, la réponse ne serait que partielle au point d'en paraître partiale. Les chapitres suivants nous montreront d'autres aspects volontairement méconnus sur le sujet et nous permettrons de donner un avis définitif. Mais déjà on est obligé de constater que là où il y a eu rectification, rien n'est changé que l'interprétation. Le parler en langues, lui, est resté pareil à ce qu'il était avant : ce sont les mêmes gens, les mêmes articulations bizarres, les mêmes intonations et surtout, nous y reviendrons, les mêmes décalages chronologiques inacceptables entre l'énoncé en langue et le temps de son interprétation. En fait, c'est comme une chaîne de montage d'automobiles ayant des vices de fabrication et où, sans remédier aux défauts, on aurait décidé que le dernier coup de pistolet serait différent. Vernie de la sorte, cette "nouvelle" génération de parler en langues paraît plus biblique en bout de chaîne, mais reste aussi éloignée de la Bible et aussi défectueuse que l'autre quant au fond. L'esprit qui l'anime est le même. Son interprétation finale (2) , soumise comme l'autre à tout l'enseignement apostolique sur le sujet, ou à une simple observation impartiale et objective, démontrera à suffisance dans quelle catégorie il faut la classer.

C'est justement dans une Église de ce type que, récemment encore, j'ai été invité à faire une campagne d'évangélisation. Quelques années auparavant ils s'étaient séparés des Assemblées de Dieu sur la base d'une mondanité grandissante et d'excès de toutes sortes dans l'exercice des dons spirituels. Ils avaient compris que, selon 1 Corinthiens 14:2, le don d'interprétation qui contenait un message aux hommes ((était presque toujours le cas) n'était pas du Saint-Esprit. Ce type d'interprétation fut abandonné, même condamné et obligatoirement remplacé par des paroles de prière ou de louange à Dieu. Ils s'étaient rapprochés des non-charismatique et quelque peu assagis dans leurs réunions. Ce dimanche matin, au culte, une femme partit en langue, sur un mode plaintif au début, puis sur un tempo de plus en plus accéléré pour se terminer par des cris aigus. Elle répétât "Ding-ding-dou" vingt, trente fois ou plus. Cela fut suivi d'une interprétation qui était une très commune exhortation à l'Assemblée à se préparer à la Sainte-Cène.

Après la réunion, ma femme et moi, dès le premier regard, et sans nous concerter nous avons éclaté de rire (nous aurions plutôt dû pleurer) et nous nous sommes exclamés en même temps : "Les Cloches de Corneville !" où le choeur reprend et répète l'air célèbre du "Ding-Ding-Dong". Quelques instants après, le pasteur nous rejoignit, visiblement contrarié, non pas à cause du fantaisiste parler en langue mais du miracle de l'interprétation qui s'était transformé en message aux hommes au lieu d'être une parole adressée à Dieu comme l'enseigne l'Écriture. Il nous dit: "Il faut excuser ce frère, il vient de quitter les Assemblées de Dieu et il n'est pas encore au courant de la bonne façon de faire". Où était donc le Saint-Esprit dans tout cela ? N'était-ce pas plutôt un autre "esprit" qui animait ces deux personnes, esprit qui, lui, n'était pas au courant de la bonne façon de s'y prendre ? Je lui en fit la remarque, et cela ne fit que l'accabler davantage. Où était le vrai Saint-Esprit dans tout cela ?. Ce soir-là, nous nous sommes quittés, apparemment en bons termes, mais il ne m'a plus jamais invité dans son église.


Chapitre 3

Un signe pour les croyants ?

Nous avons vu dans le chapitre précédent que si le signe du parler en langues interpellait des hommes, le contenu verbal, lui, ne s'adressait pas à des hommes mais à Dieu seul. D'où la limitation de ce don à la louange ou à la prière.

Nous aborderons maintenant un autre aspect pratique, largement répandu dans le pentecôtisme, que nous confronterons avec l'Écriture. Ma longue expérience de presque tout l'éventail pentecôtiste me permet de parler en connaissance de cause.

Il ne faut pas perdre de vue que le parler en langues EST UN SIGNE. À qui, aujourd'hui, ce signe est-il destiné ? La première et invariable réponse est toujours celle-ci : "C'est le signe indiscutable ou évident du baptême du Saint-Esprit ; c'est la preuve que le croyant est entré dans une deuxième expérience de la vie chrétienne qui lui donne accès aux dons de l'Esprit, en commençant par le moindre, celui des langues". Ce signe va donc lui confirmer ainsi qu'à sa congrégation qu'il a maintenant un "plus" dans sa vie chrétienne. Donc, vu sous cet angle, c'est un signe pour les croyants. Mais ce n'est pas tout, ce signe va lui servir pour d'autres occasions.

EXEMPLE I. Cet homme encore jeune et converti, entra dans cette seconde expérience spirituelle. Sous la pression de circonstances familiales très difficiles, il se refroidit quant à son premier amour pour le Seigneur (Apocalypse 2:4) et perdit tout contact avec sa communauté. Il était hanté intérieurement par la crainte d'être rejeté par Dieu. Il s'essayait de temps en temps à la glossolalie et comme cela marchait, il en éprouvait un grand apaisement. Il en déduisait que Dieu ne l'avait pas abandonné. (Déjà on voit que son parler en langue prenait la place de la foi qui est seule "l'assurance des choses que l'on espère et la démonstration de celles qu'on ne voit pas" (Hébreux 11:1). Selon lui, ce don l'aurait gardé du suicide. Ce signe lui montrait que lui, le croyant, était encore dans la foi. En fait il se servait de son don pour se faire signe à lui-même. C'était donc un signe pour le croyant qu'il était.
EXEMPLE II. Les épreuves ne manquaient pas à ce chrétien : ennuis de santé, contretemps et assauts dans la famille. Sa foi était fortement prise à partie. Ce qui l'a tenu debout c'est, selon ses dires, sa prière quotidienne en langue. Comment ne pas voir qu'ici aussi, c'est le signe qui remplace la foi car, "ce qui triomphe du monde, c'est notre foi" (1 Jean 5:4). Une fois encore, le signe s'adressait à un croyant.
EXEMPLE III. Le péché s'est installé à demeure dans la vie de cet homme. Il en est conscient mais il fait bon ménage avec lui. Il se juge au moyen du parler en langues et dit avec soulagement : "Si l'Esprit continue à s'exprimer par moi, c'est qu'Il ne me désapprouve pas, pas assez en tout cas pour ôter ses paroles de ma bouche". Ce qui frappe ici, c'est que le jugement de soi à la lumière de la Parole de Dieu (1 Corinthiens 11:28,31) est remplacé par un signe qui accrédite auprès d'un croyant ce que la Bible condamne.

Ces trois exemples ne sont qu'un échantillonnage démontrant que presque tout l'enseignement et la pratique des frères pentecôtistes pivote autour d'un signe que Dieu aurait donné pour les croyants et leur usage personnel. Qu'en dit l'Écriture ? Elle enseigne précisément le contraire : LES LANGUES SONT UN SIGNE NON POUR LES CROYANTS MAIS POUR LES NON-CROYANTS (1 Corinthiens 14:22). La contradiction est totale et le dérapage qui s'ensuit ne l'est pas moins, car c'est la doctrine elle-même qui est ici prise en défaut. Que de fois des croyants ne se sont-ils pas réjouis avec d'autres croyants du signe qu'ils avaient reçu. Que de fois ne m'a-t-on pas dit et redit (et jamais rien d'autre ne m'a été dit sur ce point) que le parler en langues était pour le croyant le signe initial ou évident du baptême du Saint-Esprit. Or, le Saint-Esprit Lui-même s'en défend énergiquement quand Il nous dit que c'était "UN SIGNE POUR LES NON-CROYANTS".

Un quatrième exemple viendra compléter les trois premiers. Le frère Untel exerce son don des langues en privé, sujet sur lequel nous nous étendrons plus longuement au chapitre 6. Le bien qu'il dit en retirer pour lui-même, n'annule en rien l'obligation qui a été imposée par le Saint-Esprit, celle de mener l'usage de ce don à terme, à savoir : servir de signe aux INCROYANTS. Mais où sont les incroyants quand il n'exerce ce signe que devant lui-même et devant Dieu ? Si un évangéliste, lui aussi détenteur d'un charisme destiné à d'autres incroyants, exerçait son don en privé, n'ayant que lui seul pour auditeur, au moment de l'appel au salut il ne ferait signe qu'au croyant qu'il est et manquerait la cible. De même, dans le cas du charisme des langues, le Saint-Esprit s'explique on ne peut plus clairement : la cible à atteindre, ce n'est pas les croyants mais les incrédules (J.N. Darby).

Que l'on nous comprenne bien ; nous ne mettons pas en doute le baptême du Saint-Esprit ni la réalité historique du parler en langues. Nous posons simplement une double question :

1) Quel esprit anime ceux qui attribuent au signe dont nous venons de parler, une fonction que le vrai Saint-Esprit dément de la façon la plus formelle ?
2) De quel esprit peuvent bien avoir été baptisés ceux qui mettent sous le boisseau cette vérité si lumineuse de 1 Corinthiens 14:22 ?

Pourquoi se sentent-ils gênés aux entournures dès qu'on leur en fait la remarque ? Encore heureux si vous ne tombez pas sur un extrémiste qui, fâché de ce que vous croyiez à ce qu'a dit le Saint-Esprit, vous accusera de pécher contre Lui.

Nous mettrons notre conclusion en image : un pont aurait-il dix piliers, qu'il serait impraticable si deux seulement venaient à manquer. Or, nous venons d'assister à l'effondrement de deux d'entre eux :

a) la parole en langues aux hommes et
b) le signe pour les croyants.

Identification des non-croyants

Après avoir découvert que, contrairement à la croyance et à la pratique quasi-générale, le signe des langues ne s'adressait pas aux croyants mais aux non-croyants, il reste à découvrir l'identité exacte de ces "incroyants". Voyons dans quels cadres le signe s'est exercé afin d'y découvrir nos "incrédules" (J.N. Darby).

I. En Actes 2, à la Pentecôte à Jérusalem, qui rencontrons-nous ? Une foule de "Juifs, hommes pieux de toutes les nations qui sont sous le ciel". On ne peut pas taxer d'athées des gens que la piété et la ferveur spirituelle poussaient à un long, pénible et coûteux voyage qui les faisait monter de leurs pays respectifs jusqu'à Jérusalem pour la grande fête religieuse. S'ils étaient incrédules, ce n'était certainement pas dans le sens de l'athéisme, du scepticisme ou de l'indifférence. Ce n'est pas de ce côté-là qu'il faut rechercher leur incrédulité.
II. En Actes 8, dans le récit de la conversion des Samaritains, quoique le parler en langues ne soit pas mentionné, certains pensent qu'il y est sous-entendu. On chercherait en vain les athées, ou même les inconvertis, puisqu'ils avaient cru au Seigneur Jésus. Il y a donc quelque part une incrédulité sous-jacente qui justifiait l'apparition du signe.
III. En Actes 10, les premiers païens de la maison de Corneille se convertissent. Là aussi le signe apparaît, mais où sont les incrédules ? Il y a bien Pierre, l'apôtre, qui est témoin du phénomène, mais c'est un croyant, lui. À moins qu'il n'ait gardé dans son coeur un coin pour y loger une non-foi. Laquelle ? Une incrédulité latente se rencontre souvent, tapie dans la vie des croyants, sans que pour autant cela les classe parmi les perdus. C'est au croyant Thomas que le Seigneur a reproché une incrédulité d'un type particulier (Jean 20:27). N'est-ce pas tout un peuple de croyants qui n'est pas entré dans la terre promise à cause d'une certaine forme d'incrédulité ? (Hébreux 3:19).

En Marc 9:17, Jésus doit encore dire à ses disciples : "O génération incrédule, jusque à quand serai-je avec vous, jusque à quand vous supporterai-je ?". Et qui d'entre nous n'a, plus d'une fois dans sa vie, pris à son compte les paroles du père de l'enfant que les disciples, en cette occasion, n'avaient pas pu délivrer : "Je crois Seigneur, viens au secours de mon incrédulité !" (verset 24).
IV. En Actes 11, le signe de la maison de Corneille est rapporté par Pierre aux apôtres de Jérusalem qui, de toute évidence ne sont pas des non-croyants, à moins que chez eux aussi il ne traîne un relent d'incrédulité qui reste à déterminer.
V. En Actes 19, des Juifs, disciples de Jean-Baptiste se convertissent au Christ et le signe apparaît à nouveau. Pas plus qu'ailleurs on n'y trouve d'incrédulité visible, en tous cas pas dans le sens où on l'entend de nos jours. Pourtant, dans tous ces cas, il se loge une incroyance de taille puisque le Saint-Esprit lui oppose le signe adéquat. Il ne faut pas aller chercher bien loin pour la débusquer. 1 Corinthiens 14:21 nous donne la réponse : "...je parlerai à CE PEUPLE". On constate que partout où le signe se manifeste on est en présence des JUIFS, et que là où on ne les trouve pas comme à Athènes, à Rome ou à Malte, le signe n'apparaît pas non plus.

Il suffit donc de découvrir la nature de l'incrédulité qui leur était commune à tous. Nul n'est besoin de faire appel à Sherlock Holmes, à Maigret ou à Colombo. Pour autant que l'on connaisse l'esprit qui animait les Juifs, tant convertis qu'inconvertis, on tient le fil d'Ariane qui va nous conduire tout droit à la solution. C'EST DANS LA NATURE MÊME DU SIGNE QUE L'ON DÉCOUVRE LA NATURE DE LEUR INCRÉDULITÉ. Le signe, comme c'est écrit, se rapportait aux langues étrangères, c'est-à-dire aux étrangers par rapport aux Juifs, ou aux dialectes étrangers par rapport à l'idiome araméen. Le signe dénonçait ou corrigeait leur non-foi envers ceux qui parlaient des langues étrangères à la leur, c'est-à-dire les païens. Le signe des langues était approprié à cet extraordinaire événement de la Pentecôte qui était l'entrée des gens aux langues étrangères dans l'Église qui naquit ce jour-là. Le parler en langues était la proclamation mise en signe de cette grande vérité. Dieu a inauguré ce jour-là un nouveau peuple, un nouveau corps composé de gens qui parlaient l'hébreu et de gens qui parlaient les langues étrangères à l'hébreu, à savoir des Juifs et des païens auxquels Il va donner une nouvelle identité spirituelle : l'Église, corps de Christ, dans lequel on ne compte plus en termes de Juifs ou Grecs, Scythes ou Barbares, circoncis ou incirconcis (Colossiens 3:11). Or, c'est précisément à cela que les Juifs ne voulaient pas croire. Non seulement ils étaient "...ennemis de tous les hommes, empêchant de parler aux païens pour qu'ils soient sauvés" (1 Thessaloniciens 2:16), mais il y avait plus encore. Comme le dit C.I. Scofield dans sa Bible à référence (Page 1343) : "L'intention divine était de faire des non-Juifs une entité nouvelle : l'Église constituant le corps de Christ formée par le baptême du Saint-Esprit qui fait disparaître toute distinction entre Juifs et non-Juifs...". L'idée de ne plus être qu'un avec des étrangers, c'était plus qu'ils n'en pouvaient supporter. Tout leur atavisme hébraïque se révulsait rien que d'y penser. C'était pourtant cela qu'ils devaient d'abord comprendre et ensuite admettre. Dieu va leur donner le signe le mieux à même de leur faire comprendre ce qu'ils ne pouvaient pas ou ne voulaient pas croire : Il fait miraculeusement parler les Juifs dans les langues de ces étrangers. Dieu a ainsi mis dans ces langues païennes l'adoration des Juifs.


L'analogie de la foi

Si, arrivée à ce point, la démonstration parait encore bibliquement maigre à certains, il suffira de lui adjoindre ce que Calvin appelait "l'analogie de la foi", c'est-à-dire une vue d'ensemble de la Parole de Dieu. Il est dangereux de ne connaître une doctrine que par bribes, par ouï-dire ou au travers d'expériences qui prétendent s'y rapporter. J'ai plus d'une fois constaté que des textes, et mêmes des paragraphes entiers, écrits noir sur blanc depuis deux mille ans et plus, peuvent nous échapper. Une lecture simple mais attentive de la Bible fait se dérouler devant nous le film de la féroce opposition des Juifs à tout ce qui n'était pas eux-mêmes. On voit Jonas qui déteste les Ninivites au point de désobéir à Dieu. Il fuira à Tarsis plutôt que de leur apporter la parole du salut. Il contestera avec Dieu et souhaitera ouvertement la destruction de l'immense métropole assyrienne. Pour lui, l'Éternel était le Dieu d'Israël et de personne d'autre, en tout cas pas de cette nation à la langue étrangère. Il ira, dans son dépit, jusqu'à appeler la mort contre lui-même : "Si Ninive vit, que Jonas meure !". Il reprochera à Dieu ce qui fait sa gloire : être le Sauveur des hommes de toutes langues, tribus, peuples et nations. Cet esprit d'opposition et d'incrédulité ne fera que se renforcer au cours des siècles. Eux sont à Yahvé et Yahvé est à eux ; le cercle intégriste est fermé : les autres sont des maudits. Toute tentative de fraternisation ou de tolérance envers les gens d'une autre langue, les hérissera en des haines qui atteindront des sommets effroyables. Mort aux autres langues et aux peuples qui les parlent ! Oser suggérer que des gens d'une autre langue que la leur soient bénéficiaires des bontés de Dieu, c'était risquer sa vie. Ils conduisirent le Seigneur Jésus jusqu'au sommet de la montagne pour le précipiter en bas, quand Il leur dit : "Il y avait plusieurs veuves en Israël au temps d'Élie... il ne fut envoyé vers aucune d'elles, si ce n'est vers une femme veuve à Sarepta de Sidon". Jésus ajouta pour leur plus grande colère : "Il y avait plusieurs lépreux en Israël du temps d'Élisée... aucun d'eux ne fut guéri si ce n'est Naaman le Syrien". C'était, à leurs yeux, plus qu'il n'en fallait pour mériter la mort.


Le complexe de supériorité

Même les Samaritains, pourtant leurs proches parents, n'échappaient pas à leur opposition raciste, à tel point qu'un jour, parce qu'ils n'avaient pas été reçus dans un de leurs villages, ses propres disciples lui ont demandé : "Seigneur, veux-tu que nous commandions que le feu descende du ciel et les consume ?". Jésus dut leur répondre : "Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes animés". L'une des pires injures que l'on pouvait faire à un Juif, c'était de le traiter de Samaritain. Quand ils avaient dit cela, ils avaient tout dit et ils crachaient par terre. Quand plus tard, ils retourneront vers ces mêmes Samaritains, ils demanderont pour eux, non plus un baptême de feu, mais le baptême de l'Esprit. Cette antipathie farouche pour les païens leur venait de loin. C'était l'accomplissement littéral de la parole prophétisée 1500 ans plus tôt : "J'exciterai votre jalousie par ce qui n'est point une nation, je provoquerai votre colère par une nation sans intelligence" (Deutéronome 32:21). Peuple choisi et élu, certes, ils l'étaient, mais ils en avaient perverti le sens voulu par Dieu. Toute leur histoire devait être celle d'un peuple témoin, mis à part et séparé des autres peuples. Mais cette séparation d'avec le mal, les abominations et l'idolâtrie de ces peuples, ne voulait pas dire haine, mépris, orgueil et complexes de supériorité. Ils étaient devenus plus royalistes que le roi, allant jusqu'à exclure tout ce qui n'était pas eux-mêmes et à emprisonner leur Yahvé au lieu de le révéler aux autres. Aussi, quand Dieu se révélera aux païens, la prophétie s'accomplira à la lettre et leur jalousie éclatera au grand jour. À Thessalonique, "les Juifs jaloux prirent avec eux des méchants hommes de la populace, provoquèrent des attroupements et répandirent l'agitation dans la ville" (Actes 17:5). À Antioche, "quand les Juifs virent la foule des païens qui écoutaient et recevaient la Parole de Dieu, ils furent remplis de jalousie et s'opposèrent à ce que disait Paul en l'insultant et en l'injuriant" (Actes 13:45). Quand ils entendirent Paul et Barnabas dire : "Je t'ai établi pour être la lumière des nations et porter le salut jusqu'aux extrémités de la terre", ils provoquèrent une persécution contre Paul et Barnabas et les chassèrent de leur ville (Actes 13:50).


Sur les marches de la forteresse

Les choses repartent de plus belle à Jérusalem où Paul est revenu. Quel récit que celui d'Actes 22 ! Paul, prisonnier, debout sur les marches de la forteresse fait signe de la main et demande la parole. Il parle en hébreu et un grand silence se fait. Tous retiennent leur respiration pour mieux entendre. Paul raconte sa rencontre avec le Christ sur le chemin de Damas. Ils sont suspendus à ses lèvres et personne ne l'interrompt. Sans sourciller ils l'écoutent parler de son passé, de ses titres, de ses activités, de son zèle pour la cause juive. Ils leur parle de l'apparition de Jésus et ils ne bronchent pas. Il leur parle du baptême et ils ne bronchent toujours pas. Mais au moment précis où il commence sa phrase : "Le Seigneur m'a dit, je t'enverrai au loin vers les nations...", la phrase reste suspendue. Ils l'écoutèrent jusqu'à cette parole : les nations. Ils poussèrent des cris, jetèrent leurs vêtements et lancèrent de la poussière en l'air en disant : "Ôte de la terre un pareil homme. Il n'est pas digne de vivre". Qu'est-ce qui les a fait exploser ? L'idée que Dieu serait aussi le Dieu de tout homme de toute langue. Il devient facile de comprendre pourquoi le parler en langues est le signe de cette grande vérité et que pour "ce peuple", c'était le moyen d'accès à cette vérité. C'est cette incrédulité qui les poussera à se lier par serment et à jurer contre eux-mêmes qu'ils ne prendraient plus aucune nourriture, tant qu'ils n'auraient pas tué l'apôtre des nations, celui qui ,plus que tous , oeuvrait à faire connaître l'Évangile aux langues étrangères à la sienne (Actes 23:12). Jonas a fait pareil. Il a boudé le Seigneur et s'est assis à l'orient de la ville, s'attendant à ce qu'elle soit détruite. Et là, sous son ricin, il s'est lamenté parce que le châtiment tardait à venir, tout occupé qu'il était de ses affreuses espérances, souhaitant la mort d'un peuple que Dieu voulait sauver.


Même les Apôtres

Jonas, qui fait le reproche à Dieu d'épargner Ninive, est en quelque sorte, le père spirituel des apôtres incrédules qui firent des reproches à Pierre parce qu'il avait annoncé l'Évangile aux païens (Actes 11:1-3). Stupéfiant ! Spirituellement parlant ils étaient durs d'oreille et Pierre l'était aussi. Bien qu'il eût vécu cet événement extraordinaire de la Pentecôte et qu'il eût parlé en langues ce jour-là, pour aller vers les gens d'autres langues, ce à quoi il rechignait, il dut avoir la vision de la nappe pleine d'animaux qu'il estimait impurs. Trois fois, le Seigneur dut lui redire : "Ce que Dieu a déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé !" avant qu'il ne se décide à aller et à reconnaître que "Dieu ne fait pas de favoritisme mais qu'en toute nation, celui qui le craint et pratique la justice lui est agréable" (Actes 10:9-16,34-35). Ce n'est d'ailleurs qu'après cela qu'il prononcera le fameux mot "quiconque", au sein d'une phrase-clé d'un des tous grands moments de l'histoire : "Tous les prophètes rendent de lui le témoignage que quiconque croit en lui, reçoit par son nom le pardon des péchés" (Actes 10:43). Ce mot quiconque permet de parler d'un aspect très important de Jean 3:16. Ce verset que des millions de chrétiens connaissent par coeur contient une vérité doctrinale qui échappe à beaucoup. Jésus a dit à Nicodème : Car Dieu a tant aimé... Qui ? LE MONDE. Jamais un Juif n'aurait dit cela : ni Jonas, ni Pierre, ni les autres. Ils auraient tous dit : Car Dieu a tant aimé ISRAËL ! Déjà si tôt dans l'Évangile, le Seigneur annonce l'étendue de son amour et de son salut : le monde entier composé de nations, de peuples, de tribus et de langues. Sur la Croix, le motif de sa condamnation était écrit en trois langues : en latin, la langue judiciaire ; en grec, la langue commerciale, en hébreu, la langue religieuse. À leur insu, les auteurs de cet écriteau proclamaient le côté universel de l'Évangile. Ce panneau portait en embryon le grand commandement qui allait retentir quelques jours plus tard : "Allez, faites des disciples de toutes les nations...". Mais cette vérité qui leur était entrée dans une oreille, était immédiatement ressortie par l'autre.


L'enseignement des Épîtres

Voyons maintenant l'enseignement des épîtres. Quand Jean écrivit sa première, il inséra cette phrase qui va si naturellement de soi qu'elle en apparaît superflue : "...il est mort non pour nos péchés seulement mais pour ceux du monde entier" (1 Jean 2:2). Bien sûr ! Mais cela n'était pas aussi évident pour les Juifs. Jean, apôtre de la circoncision, c'est-à-dire des Juifs, exerçait son apostolat en priorité parmi eux. Il devait sans cesse leur rappeler que le pardon de Dieu, acquis par la mort de Christ sur la croix, n'était pas pour eux seuls mais pour tous les gens de toutes les langues dans le monde entier. Jusque dans l'Apocalypse, soixante ans après la Pentecôte, Jean reviendra à la charge plusieurs fois. À maintes reprises il parlera d'un "cantique nouveau" qui contraste avec le cantique de Moïse. Quel était le thème du cantique de Moïse ? Les relations de l'Éternel avec le peuple élu et racheté. Il ne déborde guère ce cadre. C'est le cantique de l'ancienne alliance avec Israël. Que dit maintenant le cantique nouveau de la nouvelle alliance ? "Tu as racheté par ton sang des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation...". Le cantique d'Israël n'allait pas jusque-là. Cette dimension mondiale leur échappait. Pour la saisir, ils avaient besoin de l'enseignement apostolique, de l'illumination intérieure du Saint-Esprit et d'un signe extérieur correspondant, le parler en langues étrangères.


Un mystère?

Paul, le docteur de l'Église explique, dans sa lettre aux Éphésiens, que les païens et les Juifs forment un seul corps et participent à une même promesse (Éphésiens 3:6). Ceci n'a pour nous aujourd'hui rien de mystérieux, mais Paul l'appellera un mystère. Car pour les Juifs, partager les mêmes promesses avec les païens, c'était une vérité cachée (Éphésiens 3:9) qu'ils ne pouvaient commencer à comprendre qu'avec l'aide du signe des langues car les Juifs demandent des signes (1 Corinthiens 1:22). À l'exemple de Jonas, ils voulaient bien que des hommes soient sauvés, mais pas tous, surtout pas les étrangers, tandis que Dieu, Lui, veut que de tous les hommes il y ait des sauvés (1 Timothée 2:4). Cette nouveauté (pour les Juifs), Paul la redira sous une autre forme à Tite. Il lui rappellera de dire et d'enseigner que la grâce de Dieu est une source de salut pour tous les hommes (Tite 2:11). Cela n'allait pas de soi pour les nouveaux Jonas du Nouveau Testament. Il a fallu un surdoué, un homme de l'envergure de Paul pour saisir cette vérité rapidement, et de sa trempe pour leur tenir tête à tous, même à Pierre (Galates 2:5). Il faudra que Paul emploie le pistolet à répétition pour les convaincre. Entre eux et les étrangers, ils avaient élevé une sorte de mur de Berlin. Paul abat ce mur de la honte surmonté de miradors théologiques, d'abord en parlant devant eux et par le Saint-Esprit les langues de ceux qui étaient de l'autre côté du mur, mais encore en leur enseignant que Christ est la paix pour ceux qui sont des deux côtés du mur. Il leur dit que des deux, Il n'en a fait qu'un et qu'Il a renversé le mur de séparation, l'inimitié ; qu'Il s'est créé en Lui-même avec les deux un seul homme nouveau, en les réconciliant avec Dieu l'un et l'autre en un seul corps, par la croix et en détruisant par elle l'inimitié ; qu'il est venu annoncer la paix à ceux qui étaient loin (les païens) et la paix à ceux qui étaient près (les Juifs), car par Lui les uns et les autres ont accès au Père dans un même Esprit (Éphésiens 2:11-17). Alléluia ! Avec extase Paul s'écrie : "C'est à moi, le moindre de tous, que cette grâce a été accordée d'annoncer aux païens les richesses incompréhensibles de Christ..." (Éphésiens 3:8). Tous, hélas ne partageaient pas cette glorieuse conviction. Leur irréductible opposition allait les exposer au terrible baptême de feu : "...eux, qui sont les ennemis de tous les hommes, qui empêchent de parler aux païens pour qu ils soient sauvés, en sorte qu'ils ne cessent de mettre le comble à leurs péchés. Mais la colère de Dieu (qu'ils ont souhaitée aux autres) a fini par les atteindre" (1 Thessaloniciens 2:15-16). Ces langues étrangères, annonciatrices d'un si grand Évangile, signe d'une alliance nouvelle et mondiale, allaient devenir pour eux des langues porteuses de jugement. La colère de Dieu allait les embraser comme la paille que l'on brûle au feu (Matthieu 3:12).


La vision de Pierre

C'est Pierre, le croyant incrédule, qui va nous donner une preuve irréfutable et décisive que c'était bien cela la nature de la non-croyance que visait le signe des langues. Dieu va lui donner un autre signe, identique au parler en langues, et pareillement adapté à son besoin. Quoique ayant vécu la Pentecôte, expérimenté le don et donné par inspiration divine une explication dont la portée le dépassait autant que pour Caïphe les paroles prophétiques qu'il avait dites concernant la mort rédemptrice de Jésus (Jean 11:51), Pierre se dérobait encore devant cette grande vérité qu'il avait proclamée sans la comprendre tout à fait : "je répandrai de mon Esprit sur toute chair", c'est-à-dire sur les Juifs et les non-Juifs. Le triste épisode de Galates 2:11-14, où il "s'esquiva et se tint à l'écart des païens", est là pour nous le rappeler si c'était encore nécessaire. Pour l'envoyer chez Corneille, le centenier étranger, Dieu dut vaincre la résistance de son incrédulité car, comme il le dit si bien en Actes 10:28, "...il est défendu à un Juif de se lier à un étranger et d'entrer chez lui". Cela nous est rappelé longuement aux chapitres 10 et 11 du livre des Actes. Quelle était la signification de cette nappe descendant du ciel et pleine d'animaux impurs d'après la loi de Moïse et que Pierre n'aurait jamais touchés ? Cela représentait tout ce qui n'était pas Juif, c'est-à-dire tous les peuples aux langues étrangères. On ne s'imagine pas un seul instant que ce signe dut convaincre quelqu'un d'autre qu'un Juif, car eux seuls devaient être amenés à quitter cette incrédulité spécifique et à ne plus considérer comme impurs des gens et leurs langues que Dieu tenait pour purs au point de les parler par son Saint-Esprit. Le don des langues avait exactement la même signification. Pierre, à cause de son judaïsme, avait cette tendance naturelle vainement héritée de ses pères (1 Pierre 1:18), à ne pas croire à la vocation des païens, aussi avait-il besoin de cette vision-signe. De même les autres Juifs (déjà sauvés ou qui allaient entrer dans cette nouvelle alliance) avaient également besoin d'un signe qui disait la même chose. Ce signe en langues étrangères, comme la triple vision de Pierre, leur apprenait que le salut était pour "quiconque", pour "toute chair", pour "toute langue". Si nous avons bien dit que la vision de Pierre et le parler en langues étaient une même chose, il faut comprendre que si la marchandise est la même, l'emballage est différent. Tenant compte de ces différences de présentation, on découvre à ces deux signes des points forcément communs, qui ne se rencontrent chez aucun des autres dons de l'Esprit.


Signes comparatifs

I. La vision a été donnée à un croyant, mais elle visait son incrédulité. Ainsi le parler en langues était exercé par des croyants et il concernait le même type d'incroyance.
II. La vision était un signe pour les apôtres du Christ (mais oui !) qui ne croyaient même pas au salut de ceux qui ne parlaient pas la même langue qu'eux. La vision de Pierre et le parler en langues des gens de la maison de Corneille, ont amené les apôtres à croire enfin que Dieu avait accordé aux étrangers le même don qu'à eux, et à s'exclamer avec étonnement : "Dieu a donc accordé la repentance aussi aux païens, afin qu'ils aient la vie !" (Actes 11:18).
III. La vision ne s'est répétée qu'un nombre limité de fois puis a été retirée dans le ciel, mais sa signification nous est rappelée chaque fois que nous lisons les chapitres 10 et 11 des Actes. De même le parler en langues a été limité et la fin de son exercice a été clairement annoncé par l'Esprit-Saint en 1 Corinthiens 13:8 (3) . Comme pour la vision de Pierre, sa signification nous est renouvelée chaque fois que nous lisons les récits qui s'y rapportent.
IV. La vision expliquait la dimension universelle et multilinguistique de la nouvelle prédication. Ainsi en était-il du don des langues ; il démontrait aux partisans du "seul Israël" que l'Évangile s'étendait aussi à "toute langue".
V. La vision n'a trouvé sa pleine explication que dans la conversion de Corneille. De même, le parler en langues n'est pleinement compris qu'à la lumière de la conversion des peuples "au langage étrange et à la langue barbare", c'est-à-dire les non-Juifs.
VI. La vision de Pierre serait inopportune dans une assemblée de croyants déjà acquis à l'universalité de l'offre du salut. Il en va de même pour le don des langues ; il n'est pas un signe pour ces croyants-là et il serait déplacé qu'il s'exerçât en leur sein.
VII. Pierre a été personnellement édifié par sa vision, mais seulement dans le sens de ce qu'elle lui apprenait et pas au-delà. Aucune autre signification que celle-là ne pouvait être retenue ou ajoutée. Ainsi en était-il de ceux qui parlaient en langues ; ils étaient édifiés dans les limites de ce que le signe voulait dire et rien de plus. Cette idée toute neuve pour eux leur disait, sous forme de signe, que l'Esprit de Dieu était répandu sur "toute chair, toute langue" et que, ô mystère, les païens faisaient désormais partie d'un même corps et partageaient les mêmes promesses (Éphésiens 3:6).
VIII. Si la vision s'est répétée trois fois pour Pierre, une fois le message bien compris, il était inconcevable qu'il en cultivât encore la recherche pendant le reste de son ministère. De même le parler en langues est rapporté trois fois en Actes 2,10,19 et jusqu'à ce que l'Église, alors apostolique et judéo-chrétienne, l'ait bien compris et pas au-delà. Car si les langues et ce qu'elles signifient doivent être encore recherchées de nos jours, le même principe doit s'appliquer à la vision d'Actes 10. Il faut les rechercher tous les deux. Mais QUI dans l'Église d'aujourd'hui, composée de peuples, de tribus, de nations et de langues, QUI a encore besoin de savoir à coups de signes répétés que l'Esprit de Dieu est répandu sur tous les peuples, nations, tribus et langues ? Ainsi, la vision des animaux impurs et le signe des langues disaient exactement la même chose à CE PEUPLE juif, en état de non-croyance par rapport à cette vérité, que l'accès au Dieu d'Israël était libre, et que surtout l'entrée dans le corps de Christ était désormais ouverte aux étrangers et aux barbares dont les langues étaient miraculeusement parlées par le Saint-Esprit.

Un sûr fondement

Fondés sur le roc inamovible des Écritures, nous concluons par cette parole incontournable que le Saint-Esprit a fait écrire à l'apôtre Paul : "C'est par des hommes d'une autre langue et par des lèvres d'étrangers que je parlerai à CE PEUPLE !". Et quel était CE PEUPLE à qui le parler en langues était destiné ? Poser la question, c'est donner la réponse. En outre, dans le Nouveau Testament, l'expression CE PEUPLE se rencontre douze fois et, sans exception, cela désigne Israël et Israël seul.

Au risque de se répéter, il faut redire que le BUT du parler en langues est lumineusement expliqué dans le récit même de la Pentecôte, et plus précisément dans ce texte déterminant : "Je répandrai de mon Esprit sur toute chair et quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé". Quiconque... toute chair... voilà le but ! Dire à ces Juifs irréductibles venus de partout, que l'Évangile était aussi pour les gens de partout. Ceci permettra à Paul de conclure que les langues sont un signe, non pas pour les croyants mais pour les incroyants. Paul, conduit par le Saint-Esprit révèle avec exactitude l'identité de ces incroyants et il les nomme : les Juifs. "C'est par des lèvres d'étrangers que je parlerai à CE PEUPLE".


L'insigne de shérif

Certains demanderont : si le signe n'était que pour les Juifs, pourquoi les païens de la maison de Corneille ont-ils aussi parlé en langues ? Dans l'Amérique d'autrefois, où il n'était pas encore de rigueur de porter l'uniforme de police, le représentant de la loi portait au moins un signe distinctif épinglé sur la poitrine, la fameuse étoile de shérif. Cet insigne accréditait auprès de la population et surtout des voyous du coin, que l'autorité dont il faisait usage n'était pas usurpée mais parfaitement légale. De même, Corneille, par un signe-insigne irréfutable, divinement "épinglé" dans son langage, accréditait à la face d'un Israël encore incrédule sur ce point capital de doctrine, que le païen qu'il était entrait de plein droit dans l'Église, au même titre que les Juifs convertis. Si Corneille a parlé en langues, c'était pour que Pierre puisse rapporter aux apôtres Juifs, qui n'accordaient pas encore ce droit aux païens, que "...le Saint-Esprit descendit sur eux comme sur nous au commencement". "Après avoir entendu cela ils se calmèrent". Ce dernier verbe démontre à quel point la prédication de la grâce aux nations les avait mis en ébullition. C'était pour "ce peuple" le signe que leur Dieu acceptait les langues étrangères au même titre que les purs enfants d'Israël. Ils durent en convenir par cette exclamation, d'abord étonnée puis émerveillée : "Dieu a donc accordé la repentance aussi aux païens pour qu'ils aient la vie !". Corneille était le porteur du signe, mais le signe était pour "ce peuple", à commencer par les apôtres eux-mêmes.


Les douze disciples d'Éphèse

L'épisode d'Éphèse (Actes 19:1-7) où douze hommes parlent soudainement en langues reste dans la même ligne. Ces Juifs, disciples de Jean-Baptiste et baptisés par lui du baptême de la repentance qui était pour ce peuple, étaient à Éphèse qui est la Turquie d'Asie d'aujourd'hui. Grands voyageurs devant l'Éternel comme beaucoup d'autres Juifs, ils vivaient en communautés ou en mini-colonies, gardant farouchement leur identité culturelle juive au sein des populations païennes qu'ils côtoyaient. Or, l'Évangile avait commencé de pénétrer ces masses païennes et des Églises s'y constituaient déjà. Face à leur refus naturel d'y croire, le Saint-Esprit, par son baptême unissait ces "Juifs et ces Grecs en un seul corps" (1 Corinthiens 12:13), tellement que les langues de ces gens s'emparaient miraculeusement de la leur pour louer le Dieu d'Israël qui devenait aussi, à leurs yeux de Juifs, le Dieu des nations. Ces douze hommes, gens de CE PEUPLE, avaient besoin du signe des langues pour être édifiés quant à la dimension mondiale que leur Yahvé donnait maintenant à son salut.

Plus d'une fois, j'ai constaté à quel point l'intelligence spirituelle de certains chrétiens était obscurcie sur ce point de doctrine. Récemment, j'ai fait l'expérience suivante : à trois amis nouvellement convertis et d'un assez bas niveau d'instruction, j'ai lu deux fois lentement le récit de la vision de Pierre. J'ai refait la même chose avec trois enfants qui avaient, l'un huit ans et les deux autres neuf ans. Je leur ai ensuite demandé ce qu'ils avaient compris. Avec quelques hésitations bien excusables, ils m'ont donné la réponse correcte ainsi résumée : "Pierre a compris qu'il pouvait aller parler du salut aux étrangers". Or, il faut relever que dans ce récit d'Actes 10, l'expression très évocatrice de "langues d'étrangers" ne se trouve même pas, et cependant le message a été reçu cinq sur cinq par des simples. Il faut noter que dans l'expression "langues étrangères" la notion des étrangers et de leur langues se trouve écrite en toute lettre, Or, des gens, parfois des universitaires, qui se targuent d'être, plus que d'autres, conduits, éclairés et animés par l'Esprit de vérité, ces gens, dis-je, sont comme empêchés de voir dans le signe dont ils se réclament que, comme celui de Pierre, il voulait dire : à tout étranger, à toute langue, en un mot : "À toute chair !". Cela se lit sans loupe et se comprend sans explication. Ainsi, des petits enfants inconvertis et des nouveaux convertis à l'instruction limitée, ont compris ce que la vision signalait à Pierre, mais des "baptisés dans l'Esprit" sont incapables de saisir ce que signale si simplement le signe dont ils parlent le plus !

N'est-on pas là proche de la parole du Seigneur : "Pour eux s'accomplit cette prophétie d'Ésaïe : Vous entendrez de vos oreilles et vous ne comprendrez point ; vous regarderez de vos yeux, et vous ne verrez point. Car le coeur de ce peuple est devenu insensible ; ils ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, DE PEUR qu'ils ne voient de leurs yeux, qu'ils n'entendent de leurs oreilles, qu'ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse" (Matthieu 13:14-15).


Chapitre 4

Jésus et les langues

Ce qui va maintenant nous aider à encore mieux saisir le vrai BUT du don des langues, c'est l'exemple de Jésus, notre Seigneur étant, dans sa personne, l'explication de sa doctrine. Mais ici la démonstration se fait par le vide. Expliquons-nous. Dans le Nouveau Testament, c'est Jésus qui a, le premier, annoncé ce signe : "Voici les signes... ils parleront de nouvelles langues" (Marc 16:17). Mais, fait troublant, Lui-même n'a jamais parlé en langues ! Cette simple constatation sème le désarroi dans les rangs de ceux qui, se réclamant de l'exemple d'un Maître qui reste le même hier, aujourd'hui et éternellement, sont obligés de constater que le vide est total. Comment vont-ils se sortir de ce dilemme ?

Nous livrons ici deux malheureuses explications, diamétralement opposées l'une à l'autre, et qui démontrent à quel point il est impossible d'encore lire la Bible sereinement quand on a mis le doigt dans l'engrenage de l'erreur.

Le premier faux-fuyant vient d'un pasteur de la Pentecôte qui dit ceci : "Si Jésus-Christ n'a jamais parlé en langues, c'est parce qu'il était parfait et qu'Il n'avait donc pas besoin de s'édifier !". L'apôtre Pierre classerait l'auteur de cette affirmation dans la catégorie des "personnes ignorantes qui tordent les Écritures pour leur propre ruine" (2 Pierre 3:16). Invoquer l'absence de don au nom de la spiritualité, c'est la triste démonstration de la plus flagrante mauvaise foi. À ce qui n'est qu'une échappatoire, nous répondons par une question bien simple : Pourquoi notre Seigneur a-t-Il exigé que Jean-Baptiste lui administre le baptême de repentance, puisqu'Il n'avait pas besoin de repentance ? Il l'a fait cependant. Et s'Il l'a fait c'était, comme Il le dit, afin d'accomplir ce qui était juste et utile que nous sachions. Si donc le divin Fils de Dieu n'a jamais parlé en langues, c'est parce qu'Il savait que, contrairement à la repentance, la quasi-totalité de son Église n'en aurait jamais besoin. La réalité historique confirme cette assertion.

La deuxième dérobade est presque pire que la première. Faisant fi du silence de l'Écriture, certains osent dire (et ils l'écrivent), à l'inverse de l'autre : "On ne peut pas imaginer un seul instant que Jésus n'ait jamais parlé en langues. Certainement qu'Il l'a fait, car tout ce que Jésus a dit et a fait n'est pas dans la Bible (Jean 21:25). Étions-nous là pour l'entendre parler en langues quand Il priait tout seul, une nuit entière, sur la montagne ? Étions-nous là quand, étant en agonie, Il priait dans le jardin de Gethsémané ? Étions-nous là quand Il présentait avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort ?" (Hébreux 5:7). Inouï ! Pauvres amis, réduits à justifier leur erreur en s'aidant de nouvelles erreurs qui portent en elles le germe de toutes les hérésies : dépasser, aller plus loin que la Parole de Dieu. Dangereuses réflexions que celles-là. Il suffirait de poursuivre : "Étions-nous là quand Il enseignait à ses disciples la co-rédemption de Marie ? Étions-nous là quand Il leur enseignait le purgatoire ? Étions-nous là quand Il parlait des indulgences ?", etc. À quels égarements ne se laisse-t-on pas aller, et à quel jugement ne s'expose-t-on pas, quand aux paroles de l'Écriture on y ajoute les nôtres ? Apocalypse 22:18 donne la réponse : être frappé des fléaux de Dieu.


Prestidigitation

Nous y ajoutons une troisième considération. La tactique la plus souvent employée, c'est d'attirer l'attention sur d'autres textes pour mieux ignorer ceux qui gênent, un peu comme le prestidigitateur qui fixe l'attention des spectateurs sur une des ses mains tandis que l'autre escamote prestement l'objet dans l'ombre. La salle n'y voit que du feu et applaudit. Voici ce qu'on lit à la page 20 de Dossier sur le parler en langues sous la plume de T. Brès : "Au nombre des objections faites le plus souvent dans les milieux chrétiens, on entend dire : Le Seigneur, notre divin modèle, n'a jamais parlé en langues, et n'a jamais rien non plus enseigné à ce sujet". On trouve ici presque toute la dialectique du livre. L'objection est composée de DEUX propositions :

1) Jésus n'a jamais parlé en langues,
2) Jésus n'a rien enseigné à ce sujet.

Chacun de nous a appris à l'école primaire qu'on ne peut additionner que des unités d'un même ordre. Un cheval plus un oeuf ça ne donnera jamais qu'un oeuf et un cheval. On ne peut pas disserter sur les deux comme s'il ne faisaient qu'un. Or c'est ce que fait T. Brès. Il disserte de la deuxième proposition au nom de la première, ce qui lui permet de l'ignorer superbement et de pousser l'inélégance jusqu'à ne pas lui donner un embryon de réponse. Il focalise les regards sur la deuxième proposition, et ne souffle mot de l'autre, de celle qui dit : Jésus n'a jamais parlé en langues. Il met l'une sous le projecteur tandis qu'il met l'autre en poche. Mais il y a plus grave. Tout démontre que la deuxième proposition n'existe pas. Elle a été fabriquée par lui-même pour au moins se donner l'occasion de lui tirer dessus. En effet, jamais, au grand jamais, un chrétien évangélique n'a affirmé que Jésus n'aurait rien dit du parler en langues. Il est connu et même reconnu par de nombreux pentecôtistes, que les évangéliques connaissent leur Bible mieux que quiconque. Ils savent tous que Jésus fut le premier à prophétiser le parler en langues (Marc 16:17). Cela personne parmi eux ne l'a jamais contesté. Cette objection, T. Brès, l'a inventée (ou il la tient par ouï-dire d'un propos isolé) afin de détourner l'attention de la première proposition qui elle est réelle. Cela lui permet, aux yeux du lecteur superficiel, d'esquiver cette redoutable objection soulevée non par les évangéliques, mais par le Saint-Esprit Lui-même : Jésus n'a jamais parlé en langues !


Analyse sereine

Analysons la situation objectivement et sans passion. Jésus avait la plénitude de l'Esprit et Il avait aussi tous les dons. Mais Il n'avait pas celui-là sans que pour autant cela lui manque. Il n'en parlait pas ; Il ne le recherchait pas ; Il ne l'exerçait pas. Si le parler en langues était tout ce à quoi on nous dit qu'il pouvait servir, Il en aurait eu bien besoin. Lui qui était parfois fatigué jusqu'à l'épuisement, pourquoi n'a-t-Il pas usé des vertus défatigantes dont s'est si souvent servi Thomas Roberts ? (4) .

Si ce don est à exercer chez soi, ou dans le cercle de ses amis, pourquoi ne l'a-t-Il jamais fait dans la compagnie de ses disciples ? Puisqu'Il a chanté avant de se rendre au mont des Oliviers (Marc 14:26), pourquoi n'a-t-Il pas chanté en langue à cette occasion tellement propice à la chose ? Pourquoi n'a-t-Il jamais rejoint les anges dans leur langage céleste, Lui qui les voyait monter et descendre au-dessus de Lui (Jean 1:51). Pourquoi, pour le bien de son ministère n'a-t-Il pas recherché ce signe pour l'ajouter aux autres signes ? Ceux qui avaient besoin de voir ces signes, n'avaient-ils pas besoin de voir celui-là ? Et surtout, Jésus pouvait-Il avoir la plénitude des dons sans avoir celui-là ? En 1 Corinthiens 12, on trouve la liste des neuf dons de l'Esprit que voici : SAGESSE, CONNAISSANCE, FOI, GUÉRISON, OPÉRATION DES MIRACLES, PROPHÉTIE, DISCERNEMENT DES ESPRITS, DIVERSITÉ DES LANGUES, INTERPRÉTATION. Notre bien-aimé Seigneur les avait tous et les a tous exercé, sauf le don des langues et son associé naturel : l'interprétation. Si donc Jésus n'avait pas ce don c'est qu'il n'y avait pas lieu qu'Il l'ait, mais POURQUOI ?

C'est justement l'absence de ce don dans le ministère de Jésus qui va nous confirmer l'enseignement général de la Bible sur le sujet.

Jésus, nous le savons, n'a guère franchi les frontières de la Palestine. Son Évangile, comme il l'avait dit à ses disciples, ne s'étendait qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël (Matthieu 10:6). Il leur avait même défendu d'aller vers les païens et dans les villes des Samaritains (10:5), c'est-à-dire vers les langues étrangères. L'aspect multi-linguistique et mondial de son oeuvre rédemptrice restait secret. Il n'était pas encore question de "peuples, tribus, nations et langues". Rien ou presque rien dans ses paroles ne laissait voir la dimension internationale de son salut. Jusque là, rien ne pouvait hérisser les Juifs et les rendre jaloux des grâces accordées aux païens puisqu'il n'était pas encore question d'eux. Le don des langues, signe de leur intégration dans le plan de Dieu, n'avait donc pas encore sa raison d'être. Jésus ne dévoilera le parler en langues qu'une seule fois, en Marc 16:17, tout à la fin de son ministère envers Israël. Il est donc hautement significatif de voir QUAND il en parle. Dans la foulée de la phrase qui précède : "Allez par TOUT LE MONDE". Ce qui déclenche le parler en langues, c'est le fameux : "À toutes créatures", c'est-à-dire à toute langue, tribu, etc. Les étroites limites d'un nationalisme juif borné vont voler en éclat. Mais Jésus sait que "CE PEUPLE" va tout mettre en oeuvre pour que la bonne nouvelle ne soit pas annoncée aux gens d'autres langues. Il va donc donner à ses disciples et pour CE PEUPLE, le signe approprié, le seul que, d'entre tous les autres signes Il n'avait pas eu à exercer. Ce "silence" dans la vie de Jésus, nous instruit mieux que beaucoup de paroles. Il confirme que le but du don des langues était conforme à ce qu'en ont dit Paul et Pierre, à savoir que c'était le signe pour "ce peuple" incrédule, que Dieu, selon Joël 2:28, répandait désormais de son Esprit, non pas sur Israël seulement, mais sur "toute chair" et sur "quiconque".


Chapitre 5

Deux parlers en langues ?

Récapitulons brièvement ce que nous avons déjà découvert dans la Parole. Contrairement à la doctrine et à la pratique de la glossolalie moderne :

I. Le don des langues ne s'adressait jamais à des hommes et ne servait pas non plus à l'évangélisation selon Donald Gee lui-même.
II. Ce n'était pas un signe pour les croyants mais pour les incroyants.
III. Ces incroyants étaient exclusivement les Juifs qui répugnaient à admettre leur unité avec les porteurs de langues étrangères ; le Saint-Esprit confirmant dans les deux Testaments que le signe était pour "ce peuple" d'Israël (1 Corinthiens 14:22).

Cela fait déjà beaucoup d'erreurs, beaucoup trop. Et c'est loin d'être fini. Ce qui surprend désagréablement quand on participe à des cultes où s'exerce la glossolalie, c'est le côté toujours incompréhensible de ce qui est dit. Les sons émis sont souvent bizarres, et même quand ils ne le sont pas, ils ne ressemblent pas à une vraie langue. Se basant sur 1 Corinthiens 13:1, certains affirment que ce sont "les langues des anges". Mais voilà, chaque fois que, dans la Bible, les anges ont parlé, c'était toujours dans des langues compréhensibles et contemporaines de l'occasion. De plus, il saute aux yeux que dans ce passage, l'Esprit conduit Paul à employer plusieurs fois le "même si" de l'hyperbole. Paul n'a pas eu connaissance de tous les mystères puisqu'il ajoute quelques versets plus loin qu'il ne connaît qu'en partie. Il n'a pas davantage donné son corps pour être brûlé. Ne possédant rien ou si peu il n'a pas non plus eu l'occasion de donner tous ses biens aux pauvres. Il ne parlait pas non plus toutes les langues des hommes et des anges. Il pouvait d'autant moins parler ces dernières qu'il fait référence à son ravissement dans le troisième ciel où il a entendu "des paroles qu'il n'est pas permis à un homme d'exprimer" (2 Corinthiens 12:4). C'est le "Si" du conditionnel qu'il a employé. Un enfant comprendrait cela. Dans le but de me convaincre, des spécialistes de la question m'ont expliqué que dans le parler en langues on se dépasse ; du français on passe au sublime jusqu'à rejoindre les anges dans leur langage céleste et que, lorsqu'on se trouve à court de mots pour parler à Dieu, le Saint-Esprit vient à notre secours pour nous élever d'un ou plusieurs crans dans des transports inaccessibles à la belle langue de Voltaire.


Matto Grosso

Ayant au début émis des réserves et signalé que j'avais au contraire constaté des bruits insolites, des sons inarticulés, des syllabes constamment répétées et jusqu'à des vociférations qui n'avaient rien d'angélique, ces mêmes amis qui m'avaient expliqué la chose en se servant des anges, me l'expliquaient tout à coup en se servant des sauvages. Cela pouvait être, selon eux, un dialecte des tribus indiennes de l'Amérique du Sud, du Matto Grosso, des indigènes de Bornéo ou de l'Afrique centrale. Cela m'est apparu comme un non-sens de taille. Notre langue est parmi les plus riches et les plus complètes du monde ; comment une autre langue rudimentaire, au vocabulaire cent fois plus limité, aurait-elle pu sublimer ce que le français ne pouvait faire ? Et puis, quand le Seigneur a fait parler l'ânesse de Balaam, Il ne l'a pas fait s'exprimer avec des sons confus ; elle n'a pas baragouiné n'importe quoi. Balaam a très bien compris ce qu'elle disait, au point de dialoguer avec elle. Le Dieu qui a créé l'homme à son image et qui, par la conversion, l'a renouvelé dans son entendement, l'abaisserait-Il jusqu'à le faire parler moins bien qu'une bête de somme ?

Pour le savoir, il suffit de voir ce qui s'est passé à la Pentecôte où l'on trouve la norme du parler en langues. Chacun de ces Juifs, venus de toutes les nations qui sont sous le ciel, "les entendait parler dans sa propre langue" (Actes 2:6), et ils dirent : "Comment les entendons-nous dans notre propre langue à chacun, dans notre langue maternelle ?" (verset 8). Une troisième fois, au verset 11, après avoir énuméré quinze peuples aux dialectes différents, ils reposèrent la question : "Comment les entendons-nous parler dans nos langues des merveilles de Dieu ?". Il s'agissait bien de langues humaines réelles, parlées et contemporaines.


Contradictions

Comment donc une autre glossolalie, où l'on n'y comprend rien, a-t-elle pu se glisser dans les esprits et s'y enraciner si fortement ? Il faut aller chercher cette contradiction d'apparence en 1 Corinthiens 14:2 où, contrairement à Actes 2, il est dit : "Celui qui parle en langues... personne ne le comprend". Il y aurait donc deux parlers en langues, celui des Actes que l'on comprenait, et celui d'après que l'on ne comprenait plus. Il saute aux yeux que si le parler en langues de l'épître avait été une glossolalie différente de celle de la Pentecôte, cela devrait se retrouver au niveau des termes employés pour les décrire. Or il n'en est rien. Luc, auteur du livre des Actes, se sert des mêmes mots que Paul dans sa lettre aux Corinthiens. Si donc les deux parlers en langues n'étaient pas semblables, Luc l'aurait signalé, ne fut-ce que par des mots différents. On sait que les Actes ont été écrits bien après l'épître aux Corinthiens et que cette dernière circulait dans les Églises. Luc, cela va sans dire, était au courant du contenu de cette lettre, et cela d'autant plus qu'il était le compagnon de voyage de Paul. Personne mieux que lui n'était au courant de la pensée paulinienne sur le sujet. Si donc ce qu'il rapporte dans son livre était différent de ce qu'avait dit Paul dans le sien, il n'aurait pas manqué de le signaler pour éviter la confusion. Mais il n'en a rien fait ; il en a parlé comme Paul en a parlé et il a employé le même mot pour parler d'une même chose. C'est la "glossa" dans un cas comme dans l'autre. Les textes grecs sont formels. Paul a en vue des langues aussi connues que celles dont parle Luc puisqu'il dit : "...aussi nombreuses que puissent être dans le monde les diverses langues..." (1 Corinthiens 14:10). Il s'agit bien dans la pensée de Paul de langues humaines. Si elles étaient de notre monde, pourquoi n'étaient-elles plus comprises des Corinthiens alors qu'elles l'étaient quelques années plus tôt à Jérusalem ? Y aurait-il contradiction ?


Retour à Jérusalem

Voyons ce qui s'est passé exactement à Jérusalem. À la venue du Saint-Esprit des langues de feu séparées se posèrent sur les disciples qui, séparément et distinctement parlèrent dans les dialectes des gens présents. Quinze pays et peuples sont cités, chacun comprenant la langue parlée dans le pays d'où il venait. Au niveau de l'audition, il n'y avait là rien de miraculeux ; l'émission était surnaturelle mais la réception était naturelle puisque c'était leur langue à eux qu'ils comprenaient. Quant aux quatorze autres langues, à moins de les connaître, ils ne pouvaient les comprendre, pas plus que les Corinthiens ne pouvaient comprendre des langues qu'ils ne connaissaient pas. Nous souvenant qu'un petit croquis vaut mieux qu'un long discours nous allons mettre cet axiome en image. Supposons qu'il y ait eu des Corinthiens présents à la Pentecôte, munis de quinze magnétophones et qu'ils aient enregistré séparément ce qui y avait été dit et compris. Imaginons que, rentrés dans leur Église à Corinthe, ils y aient fait entendre ces quinze cassettes à ces chrétiens qui ne connaissaient qu'une langue, peut-être deux. L'inévitable conclusion aurait été celle de Paul : personne ne les comprend. Forcément, puisque à Corinthe, à part le grec, nul ne pouvait comprendre. Allons plus loin encore. Si ces cassettes enregistrées, traversant les siècles, étaient écoutées de nos jours dans des Assemblées de Paris, New York, Genève, Londres ou Melbourne, le résultat serait le même. Ces quinze idiomes qui étaient compris à Jérusalem, ne le seraient pas plus de notre temps qu'ils ne l'étaient à Corinthe au premier siècle. Inversement, imaginons qu'à l'aide de la machine à remonter le temps, on ait transporté en bloc l'Assemblée de Corinthe à Jérusalem. Ils auraient compris les paroles dites miraculeusement dans leur langue, le grec, mais ils n'auraient rien compris des quatorze autres langues. Forcément. Et si le grec n'avait pas été au programme du Saint-Esprit ce jour-là, ils n'auraient rien compris du tout ! C'est précisément ce qui se passait dans leurs réunions à Corinthe ; c'était dans d'autres langues que le grec qu'on y parlait par l'Esprit. Personne n'y comprenait rien, non parce que c'était une autre sorte de parler en langues, ou un langage extatique ou angélique, mais tout simplement parce que ce n'était pas du grec. Ce qui s'y disait, quoique en langues aussi contemporaines qu'à la Pentecôte, leur était aussi inaccessible que de téléphoner en arabe à quelqu'un qui ne comprend que le français.


Encore à Jérusalem

En outre, et pour les mêmes raisons, on remarque qu'à la Pentecôte certains, comme à Corinthe, n'ont pas non plus compris ce qui s'y disait. Il est clair, d'après Actes 2, qu'il y avait deux groupes de Juifs présents à la fête religieuse :

1) ceux qui étaient en visite à Jérusalem (Actes 2:5), venus de quinze pays différents et qui, outre l'araméen, parlaient l'une de ces quinze langues ;
2) les Juifs indigènes qui, forcément, ne parlaient ni ne comprenaient aucun de ces quinze dialectes. C'était eux "les autres" (Actes 2:13) qui se moquaient en disant : "Ils sont pleins de vin doux". Ces Juifs autochtones qui ne connaissaient que l'araméen n'ont pas non plus compris les langues miraculeusement parlées ce jour-là. Au lieu de s'informer auprès de ceux qui avaient compris, ils ont préféré tourner la chose en dérision disant que les disciples étaient sous l'emprise de la boisson. Ce qu'il convient de retenir c'est qu'ils auraient pu dire exactement ce que Paul écrira environ vingt-cinq ans plus tard aux Corinthiens : "Personne ne comprend". Et si personne ne comprend, Paul osera les fustiger par une expression cinglante : "...ne dira-t-on pas que vous êtes fous ?" En résumé, qu'est-ce que cela prouve ? Que le parler en langues dont il est question à Corinthe n'était pas un verbiage extatique inintelligible ou un inaccessible langage angélique, mais des langues aussi nationales et contemporaines que celles d'Actes 2. Et si, comme le dit Paul, personne ne les comprend, c'est tout simplement parce qu'il n'y avait pas dans leur Église, contrairement à Jérusalem, les quinze oreilles pour les comprendre !

En conclusion, le "personne ne comprend" est devenu un paravent bien commode pour dissimuler cette quatrième erreur que l'on soustrait ainsi à toute possibilité de contrôle. Heureusement, le Saint-Esprit a prévu un moyen de vérification qui jettera plus d'éclairage sur l'erreur dont on vient de parler, et qui débouchera sur une cinquième de la plus extrême gravité. Ce sera le sujet du prochain chapitre.


Chapitre 6

L'interprétation

Nous allons à présent aborder le don de l'interprétation. Au charisme des langues, le Saint-Esprit y a adjoint celui d'interpréter ces langues. À la Pentecôte, les disciples s'étant mis à parler miraculeusement dans des langues étrangères que la foule comprenait, il n'y avait pas lieu de les traduire. Quand l'apôtre Paul exerçait ce don, et il le faisait plus et mieux que n'importe qui d'autre, c'était dans des circonstances similaires. Il se défendait d'exercer ce don dans l'Église qui est un cercle composé généralement de croyants. Comme ce signe était pour les Juifs incrédules, il dit que, dans l'Église, il préfère dire cinq mots intelligents que dix mille en langues. Il est donc DEUX MILLE fois plus favorable à ce qu'on y parle le langage de tous les jours qu'à ce qu'on y parle en langues ou, si l'on préfère, il était deux mille fois plus opposé à ce qu'on y parle en langues qu'autrement. Quand Paul parlait en langues c'était non pas comme battant l'air, comme un airain qui résonne ou comme une trompette qui rend un son confus. Non, il est efficace. Il exerce ce don dans le cadre prévu à cet effet, c'est-à-dire celui de l'Israël hyper-patriotique et hyper-saint qui rejetait ces corps étrangers qu'étaient les païens. Si on le suit dans ses nombreux voyages, on le trouve partout et toujours en conflit avec les Juifs, et même avec ses frères Juifs convertis, qui étaient en désaccord avec lui sur ce point capital. Quand il rentra de son premier voyage missionnaire à l'Église d'Antioche d'où il était parti, il raconta "comment Dieu avait ouvert aux nations (les langues étrangères) la porte de la foi" (Actes 14:27). C'est vraisemblablement dans de telles occasions, qu'il exerçait ce don de louer le Dieu d'Israël dans la langue des païens.


Fausse piste

Du côté de Paul il n'y avait pas de risque de dérapage. Mais il n'était pas le seul à parler en langues. D'autres, qui avaient ce charisme, n'en faisaient pas le même usage. Oubliant à qui le signe devait faire signe, ils éprouvaient une satisfaction personnelle à se faire entendre jusque dans les réunions de l'Église, et en l'absence d'opposants Juifs, là donc où il n'y avait aucune raison de le faire, sinon occasionnellement, une fois sur DEUX MILLE par exemple (1 Corinthiens 14:19). Puisque c'était, à l'époque, un authentique don de l'Esprit, Paul ne voulait pas en interdire l'exercice. Mais c'était devenu chez certains comme la force herculéenne de Samson qui était aussi un don de Dieu. Tels de nouveaux Samson, ils s'en servaient à tort et à travers, sans intelligence. C'est ce que Paul leur rappelle : employer aussi leur intelligence. Ce n'était pas les dons qui manquaient aux Corinthiens, mais l'intelligence de ces dons. Paul doit leur faire le reproche d'être restés au stade de l'enfance. N'en étant encore qu'au lait, spirituellement parlant (1 Corinthiens 3:2), ils y allaient tous ensemble de leur petite démonstration linguistique. N'étant que des bébés sous le rapport de la foi, ils étaient tout fiers de montrer qu'ils avaient au moins "ça". Nous allons paraphraser en tournure populaire ce que Paul doit leur dire aux versets 16 et 17 du chapitre 14 : "C'est bien beau de faire de belles prières et de belles actions de grâce en égyptien, ou en perse, ou en latin, mais il n'y a même pas un Juif intégriste venu d'Alexandrie, de Persépolis et de Rome parmi vous cette semaine. On veut bien croire que ton latin est du plus haut classique et que ça te fait plaisir et peut-être même du bien. Mais à quoi ça peut bien servir, personne ici n'y comprend goutte ? Comment veux-tu qu'on dise amen après toi puisqu'on ne sait pas ce que tu as dit ?"

Quatre choses se dégagent déjà en rapport avec la pratique corinthienne de l'interprétation :

1) Associée au parler en langues, l'interprétation devait le compléter et atteindre le but premier qui restait de servir de signe à "ce peuple" et à son incrédulité, sujet largement débattu précédemment.
2) À tout parler en langues il fallait nécessairement qu'une traduction l'accompagne. Pourquoi ? Afin, comme le dit Paul, que l'on comprenne ce qui avait été dit et qu'ainsi on puisse y ajouter son amen personnel et adhérer intelligemment à la prière enfin comprise. Pour traduire le parler en langues dans l'Église, Dieu avait donné à celui qui parlait (verset 13), ou à quelqu'un d'autre présent dans l'Église, le don non moins miraculeux de l'interprétation.
3) Ce qui étai