Introduction
Les Six Points du Souverainisme Séparatiste
Qui concordent avec les Cinq Points du Calvinisme !
À NOTER QU'EN TERMES THÉOLOGIQUES LES MOTS TULIPE ET ÉVANGILE SONT DES SYNONYMES, ILS SIGNIFIENT UNE SEULE ET MÊME CHOSE.
Vous trouverez ici une description du contenu des Six Points du Souverainisme Séparatiste qui concordent avec les Cinq Points du Calvinisme, formulés d'après les
Canons de Dordrecht, représentés en français sous l'acronyme de T.U.L.I.P.E.. Ce document historique de la Réforme, est marquant, crucial, et extrêmement important. Il est chargé d'autorité et demeure toujours d'actualité. Nous vous exhortons à le lire et l'étudier très attentivement, en vous référant aux Saintes Écritures et à l'Esprit de Dieu, et même à le relire plusieurs fois, car sa profondeur exige une méditation et une étude soigneuse. Tout en faisant cela, comparez votre propre expérience de la grâce de Dieu en Jésus-Christ à ce qui y est écrit, et prenez bien soin d'y comparer tout ce qu'on entend dans les milieux évangéliques modernes et de ceux qui vous fréquentent, et vous verrez combien ce document est d'actualité et que la controverse et la guerre à ce sujet est loin d'être terminé, et ce, jusqu'à l'Avènement de notre Dieu et Roi, le Seigneur Jésus-Christ. Car qu'est-ce que cette controverse ou guerre doctrinale et spirituelle, sinon la même bonne vieille controverse de tous les temps : la controverse entre le salut par la foi ou le salut par les oeuvres qui en ces derniers temps est connu comme le salut par le choix ! À ce jour, ces déclarations doctrinales de T.U.L.I.P.E. sont demeurées inchangées et inébranlables ; et elles continuent à être un rempart puissant contre l'hérésie rampante de l'Arminianisme avec son libre-choix, dont le danger est encore plus grand que dans les jours de Jacobus Arminius lui-même.
Les Cinq Points du Calvinisme sont connus sous le nom de "Doctrines de la Grâce" représentés en anglais sous l'acronyme « T.U.L.I.P. » et adopté en français sous celui de « T.U.L.I.P.E. », ce dernier contenant une voyelle d'extra. Quoique ces doctrines ne proviennent point de Jean Calvin, mais des Saintes-Écritures, elles furent soulignées et enseignées de nouveau par lui au temps de la Réforme. Ce fut au synode de Dordrecht, 1618-19, qui a été assemblé pour résoudre la contestation Arminienne dans les églises Réformées de la Hollande, que fut formulé ces vérités avec une grande clarté et dans des détails soigneux. Cette formulation officielle a été rédigée dans une confession qui a représenté le consensus de toutes les églises Réformées de ce jour, et qui se nomme LES CANONS DE DORDRECHT. De cette confession est sortie l'odeur exquise de la fleur du christianisme connue sous le nom de T.U.L.I.P. qui représente les Cinq Points du Calvinisme. La foi chrétienne nommée « le Souverainisme Séparatiste » ou « Calvinisme Marginal » reprend ces même points, les adoptant à une désignation française de Six Points qui correspondent exactement à leur forme originale dans la langue anglaise. Le but de mon document est de donner une formation de base sur les doctrines de la grâce, afin d'armer les chrétiens contre les nombreuses hérésies qui se retrouvent dans la pensée moderne évangélique, et de fortifier l'assurance de leur salut.
Jean leDuc, décembre 2004
Chapitre 1
LA SOURCE DE TULIPE
À — L'infiltration de la fausse doctrine :
Vers la fin du XVIème siècle, Jacob Arminius (ministre protestant d'Amsterdam en Hollande) commença à prêcher des choses contraires aux doctrines de la Grâce retrouvées dans la confession des églises réformées de son pays. Il infiltra le poison du Pélagianisme dans la Réforme lorsqu'il revint de son voyage à Rome après une rencontre avec les Jésuites. Les Robes-Noires lui transmirent cette hérésie (
Hérésie : Grec = capacité de choisir, libre choix) dans le but de détruire la doctrine de la Double Prédestination que Rome a en aversion. Considérant qu'Arminius, comme tous les autres ministres, s'était engagé à soutenir et à prêcher les doctrines énoncées dans la Confession, cela constituait une grave offense par laquelle il fut appelé à rendre compte.
Mais rapidement, et malgré son rengagement à soutenir la doctrine réformée, sa prédication révéla à nouveau qu'il s'était éloigné de la position réformée, particulièrement en ce qui concerne l'oeuvre de Dieu dans le salut. Une grande controverse s'ensuivit ; Arminius mourut entre temps, mais ses disciples continuèrent à répandre ses hérésies que l'homme a la capacité de choisir de croire et qu'il ne peut être assuré de son salut. Les tenant de ces doctrines diaboliques opposées à la Réforme furent appelés « Arminiens », nom évidemment tiré de Jacob Arminius, et en 1610 ils présentèrent un document dans lequel ils énonçaient cinq articles de loi touchant la sotériologie (la doctrine du salut) en opposition précise aux enseignements des réformateurs. Ces articles furent connus sous l'appellation des « Cinq Remontrances ».
B — La doctrine Arminienne
Les Cinq Remontrances de l'Arminianisme sont la base de la foi de presque tous les mouvements évangéliques modernes, et servent de pont oecuménique pour un retour au Catholicisme. Ils sont proclamés subtilement soit d'une manière partielle ou absolue par les Baptistes, les Mennonites, les Pentecôtistes, les Charismatiques, les Frères Darbystes, les Méthodistes, l'Armée du Salut, les Disciples de Christ, l'Église de Dieu Universelle, les Mormons, les Adventistes, les Témoins de Jéhovah, et toute une gamme de sectes et de groupes dissidents.
Les arminiens déclaraient :
| 1. |
que l'élection de Dieu est motivée par le fait que Dieu « voyait à l'avance » que tel homme se repentirait et croirait de son propre « libre arbitre », (remplaçant ainsi la Justification par la Foi par la Justification par le Choix) ; |
| 2. |
que la mort de Christ n'assure véritablement le salut d'aucun homme en particulier, mais rend seulement possible à tous les hommes d'être sauvés ; |
| 3. |
le besoin de la régénération ; (Une explication de ceci révélait cependant que même là ils n'étaient pas d'accord avec les réformateurs quant à la nature de la régénération ou de la dépravation de la nature humaine). Ce fait est évident en ce qu'ils renversent le sens de la régénération, proclamant qu'il faut croire pour être régénéré (naître de nouveau) plutôt que d'être régénéré pour croire ; |
| 4. |
que l'on peut entièrement résister à la grâce de Dieu i.e. que Dieu pouvait « tenter » de convertir un homme et faillir, (au détriment de la vérité que Dieu est Tout-Puissant, Souverain et infaillible) ; |
| 5. |
qu'un chrétien pouvait à nouveau se perdre après avoir antérieurement été sauvé, signifiant que le salut d'un chrétien dépend de sa propre volonté et de sa capacité d'obéir et de plaire à Dieu. |
C — La T.U.L.I.P.E. surgit du sol de la délibération :
En 1618, un grand concile fut convoqué dans la ville hollandaise de Dort dans le but d'examiner l'enseignement des arminiens à la lumière de la Parole de Dieu. Des représentants de toutes les églises « réformées » d'Europe, incluant l'Angleterre, furent réunis. Après plus de six mois de délibérations prudentes, le synode rendit publique des décisions et constatations. Les doctrines d'Arminius furent prouvées dépourvues de fondements bibliques et le synode, en réponse aux Cinq Remontrances, produisirent cinq articles exposant la vérité scripturaire.
Les églises de la Réforme déclaraient :
| 1. |
que la nature de l'homme est totalement affectée par le péché, ce qui veut dire que sa volonté est aussi touchée par le péché et est asservie à sa nature pécheresse ; le salut de l'homme ne peut donc pas dépendre de son « libre arbitre » (ou volonté libre) ; Romains 7:18; 9:15-16; Jean 1:12-13; |
| 2. |
que l'élection de Dieu, selon la doctrine de la double prédestination, ne fut pas motivée par le fait que Dieu voyait à l'avance la foi de l'homme, mais qu'elle est « selon le bon plaisir de sa volonté ». Éphésiens 1:5; Romains 8:29; |
| 3. |
que la mort de Christ assure et rend certain le salut des élus, les acquérant tous les dons nécessaires à ce salut (y compris la foi, la repentance, et la sanctification), et que, dans sa disposition, elle ne s'étendait qu'aux élus seuls ; Jean 6:37,39,44; 15:16; 17:9; Romains 9:22-23; 11:5; 2 Corinthiens 7:10; Philippiens 1:29; 2 Timothée 3:15; Tite 2:14; 1 Thessaloniciens 5:23; Hébreux 2:11; 13:12; |
| 4. |
que la grâce de Dieu réalise toujours la fin qu'elle s'était proposée ; Romains 5:20-21; 1 Corinthiens 15:10; 2 Corinthiens 12:9; Éphésiens 2:8-9; Philippiens 1:29; |
| 5. |
que les élus de Dieu persévèrent jusqu'à la fin dans la foi et la sainteté, étant gardés par la puissance de Dieu. Jean 10:3-5,27-29; 17:15,24; Romains 8:37-38; Philippiens 1:6. |
Il est important de remarquer que ce n'était pas là de nouvelles doctrines mais bien celles sur lesquelles la Réforme s'était édifiée. De même que l'enseignement d'Arminius fut connu sous le nom d'Arminianisme, de même la position des églises réformées et du synode de Dort fut connue sous le nom de « Calvinisme », et les cinq articles opposant le nouvel enseignement d'Arminius furent appelés en anglais « les cinq points du calvinisme » ou T.U.L.I.P. Notez qu'en français, l'acronyme T.U.L.I.P.
E. prend une lettre d'extra pour former les Six Points du Souverainisme Séparatiste biblique, que nous verrons dans le prochain chapitre.
Le nom de Calvin fut rattaché à ces doctrines pour la simple raison qu'il était le plus grand théologien de la Réforme et qu'il était celui qui avait exposé le mieux, de façon systématique, les doctrines bibliques prêchées par les réformateurs. Ces doctrines ne sont pas apparues avec lui mais proviennent tout droit de la Parole de Dieu, elles avaient déjà été habilement exposées longtemps avant par Augustin, IV-Vième siècle ap. J-C.
D — Les arminiens d'aujourd'hui :
Depuis le temps d'Arminius, bon nombre de théologiens et de pasteurs respectés, dont John Smith (1570-1614 ?), fondateur officiel des Baptistes ; John Wesley (1703-1791), fondateur du Méthodisme ; Charles Finney (1792-1875), source des mouvements de Réveils à tendances extatiques, ont épousé ce point de vue subversif. Aujourd'hui, les principales doctrines de l'Arminianisme ont infiltré et empoisonné presque tout le corps du christianisme. L'Arminianisme moderne fait partie de la sphère évangélique, ce qui signifie que, généralement parlant, les Arminiens défendent eux aussi les doctrines de la divinité de Christ, sa naissance virginale, sa résurrection corporelle, ainsi que l'inspiration et l'infaillibilité de l'Écriture dans les Autographes, mais d'une manière charnelle et subtile qui élève la dignité de l'homme et qui inverse et renverse l'Évangile de la Souveraineté de Dieu. Un loup déguisé en brebis demeure toujours un loup, et un billet contrefait peut séduire beaucoup de gens, mais non pas tous.
La réponse charnelle, humaine, terrestre que nous entendons si souvent, encore de nos jours, est que le juste devant Dieu est celui qui obéit aux commandements de Dieu, celui qui pratique la loi. C'était la position des pharisiens qui se croyaient justes parce qu'ils s'imaginaient mettre scrupuleusement en pratique la loi et la tradition rabbinique. Le légalisme, sous une forme ou une autre, se retrouve particulièrement parmi ceux qui prétendent plaire à Dieu par leur obéissance à la Parole en exerçant leur libre-choix.
Dans l'histoire de l'Église, cet enseignement a été repris par Pélage qui, en opposition à Saint Augustin, affirmait la capacité naturelle de l'homme pécheur à plaire à Dieu. Plus tard, le semi-pélagianisme de Thomas d'Aquin, présentant une harmonie entre la foi et la raison, avançait le postulat que l'homme, avec le secours de la grâce de Dieu, pouvait lui plaire.
L'Arminianisme évangélique se trouve, lui aussi, dans cette tradition quand il met tout l'accent sur la décision de l'homme pour recevoir le salut. Dans les mouvements Évangéliques et de Réveils, le salut est devenu une décision personnelle dont la formule populaire, « il faut accepter Christ comme son Sauveur personnel pour être sauvé », qui se trouve nul part dans la Bible, reflète la doctrine de la « Justification par le Choix » qui est l'opposé de « la Justification par la Foi ». De nos jours, dans la vie du monde moderne, nous retrouvons cet enseignement du salut par les oeuvres ou par la volonté de l'homme à tous les niveaux de notre société corrompue. Cette infection virulente est devenue la base même de la démon-cratie et du capitalisme, domaine d'exploitation par excellence dont le but est de renverser Dieu et de dominer sur la race humaine entière. On ne peut donc être surpris que la stratégie globale des nations, en accord avec la religion, soit la domination du monde.
Chapitre 2
LA T.U.L.I.P.E. FRANCOPHONE
À — L'adaptation de la T.U.L.I.P.E. :
Dans le jardin céleste du Divin Jardiner, pousse une fleur exquise qui est pour la nourriture des saints et des élus en qui demeurent la Sainte-Présence de Christ. De la T.U.L.I.P.E. divine proviennent toutes les grâces et les bénédictions du salut et de la vie éternelle en Jésus-Christ, notre Dieu, notre Sauveur, et notre Roi.
Dans la langue anglaise, les Cinq Points du Calvinisme sont représentés sous l'acronyme de T.U.L.I.P., mais vu qu'en français les définitions ne rejoignent point celles de notre langue soeur et que le mot contient une voyelle de surplus, nous avons donné des expressions appropriées qui rendent justice au sens original, et nous avons ajouté une nouvelle définition à la dernière voyelle qui ne trahi en aucun sens l'ensemble du contenu. Nous complétons ainsi le tout avec l'Évangile de la Souveraineté de Dieu. Nous obtenons donc l'acronyme T.U.L.I.P.E. ou les Six Points du Souverainisme Séparatiste biblique, qui correspondent exactement avec les Cinq Points du Calvinisme surnommés « le Doctrines de la Grâce ».
Aussi, puisque le terme « Calvinisme » représente la théologie Réformée de la Souveraineté de Dieu, et que ce terme est mal compris, déprécié et repoussé par ceux qui sont malavisés, nous avons adopté celui de « Souverainiste Séparatiste ». Nous avons fait ainsi pour représenter notre foi biblique face à la Souveraineté de Dieu dans la grâce du salut, lequel se tient complètement à part de tous efforts, coopérations, et mérites de l'être humain. N'étant pas de foi orthodoxe mais marginale, cette nouvelle désignation nous convient davantage, car nous sommes séparés du reste de l'orthodoxie de la théologie Réformée traditionnelle qui a besoin elle-même d'être réformée, et nous gardons uniquement les doctrines de la grâce qu'elle professe.
Nous confessons donc être de foi chrétienne « Souverainiste Séparatiste », et nous adoptons cette désignation pour nous identifier face au marasme des religions qui suivent la voie de la perdition. L'adaptation de la T.U.L.I.P.E. contient toute l'essence de notre foi dans les doctrines de la grâce que nous croyons et enseignons, et nous ne prétendons aucunement en être les seuls détenteurs. Notre foi repose en Christ qui seul détient la puissance de la rectification et de la restauration, et nous professons que sa Sainte-Présence en nous et en sa Parole est suffisante pour nous enseigner toutes choses.
B — La T.U.L.I.P.E. divine :
Nous vous présentons ici l'acronyme de la T.U.L.I.P.E. divine, la fleur du Christianisme, avec ses définitions françaises :
| T |
= |
Ténacité de la Dépravation Totale |
| U |
= |
Unicité de l'Élection Inconditionnelle |
| L |
= |
Logique du Rachat Limité |
| I |
= |
Importance de la Grâce Irrésistible |
| P |
= |
Persévérance des Saints ou Assurance du Salut |
| E |
= |
Évangile de la Souveraineté de Dieu |
Les Six Points du Souverainisme Séparatiste biblique
qui concordent avec les Cinq Points du Calvinisme.
Les doctrines de la Grâce des Élus de Christ. |
TABLEAU DE COMPARAISON
Voici un tableau très utile pour vous aider à comprendre les différences entre l'Arminianisme (Humanisme)
et le Calvinisme (Souverainisme) :
« Les notes en italique ne font pas partie de l'original. Pour but de nécessité et de précision de traduction en langue française, le concept original de cinq points a été amplifié et représenté en six points. »
| |
Les 6 points de l'Arminianisme |
Les 6 points du Souverainisme |
| 1. |
le Libre arbitre ou capacité de l'homme |
La ténacité de la dépravation totale ou incapacité totale |
| Quoique la nature humaine ait été sérieusement affectée par la chute, l'homme n'a pas été laissé dans un état de faiblesse spirituelle totale. Dieu dans sa miséricorde rend chaque pécheur capable de se repentir et de croire, mais il le fait de manière à ne pas s'interposer dans la liberté de l'homme. Chaque pécheur possède une volonté libre et sa destinée éternelle dépens de l'usage qu'il en fait. La liberté de l'homme consiste dans sa capacité de choisir le bien au lieu du mal dans les choses spirituelles ; sa volonté n'est pas asservie à sa nature pécheresse. Le pécheur a le pouvoir soit de coopérer avec l'Esprit de Dieu et être régénéré, soit de résister à la grâce de Dieu et périr. Le pécheur a besoin de l'assistance de l'Esprit, mais n'a pas besoin d'être régénéré par l'Esprit avant de pouvoir croire, car la foi est un acte de l'homme et elle précède la nouvelle naissance. La foi est le don du pécheur à Dieu ; c'est la contribution de l'homme au salut. |
Par suite de la chute et de la ténacité du péché, l'homme par lui-même est incapable de croire à l'évangile pour son salut. Le pécheur est mort, aveugle et sourd aux choses de Dieu ; son coeur est tortueux et méchant. Sa volonté n'est pas libre, elle est asservie à sa nature pécheresse de sorte qu'il ne va pas (il ne peut même pas) choisir le bien au lieu du mal dans le domaine spirituel. En conséquence, il faut plus que l'assistance de l'Esprit pour amener un pécheur à Christ ; il faut la régénération par laquelle l'Esprit donne la vie au pécheur et lui donne une nouvelle nature. La foi n'est pas la contribution de l'homme à son salut mais, est elle-même une partie du don de Dieu pour le salut ; elle est le don de Dieu au pécheur, et non le don du pécheur à Dieu.
La régénération ou nouvelle naissance précède donc la foi et non l'inverse : il faut être régénéré pour croire et non croire pour être régénéré. De ce fait nous voyons aussi qu'il faut croire pour comprendre et non comprendre pour croire. De par cette déclaration, nous rejetons la justification par le choix des Arminiens qui renversent l'Évangile de Christ à leur perte, et nous affirmons la justification par la foi seule en Christ. |
| 2. |
L'Élection conditionnelle |
Unicité de l'Élection inconditionnelle |
| Dieu a choisi certains individus avant la fondation du monde pour qu'ils soient sauvés. Ce choix était motivé par le fait que Dieu voyait à l'avance que ces individus répondraient à son appel. Dieu savait qui seraient ceux qui librement allaient croire à l'évangile ; ce sont ceux-là qu'il a choisis. L'élection fut donc déterminée ou conditionnée par ce que l'homme ferait. La foi que Dieu voyait à l'avance et qui motivait son choix n'était pas son don (elle n'était pas créée par la puissance régénératrice du Saint-Esprit), mais résultait uniquement de la volonté libre de l'homme. Il appartenait entièrement à l'homme de déterminer s'il est élu pour le salut. Dieu connaissait, et a choisi ceux qui, de leur propre volonté libre, allaient choisir Christ. Ainsi, c'est le choix de Christ de la part du pécheur, et non le choix du pécheur de la par de Dieu, qui est la cause ultérieure du salut. |
Le caractère unique ou l'unicité de l'élection inconditionnelle est que Dieu a choisi certains individus avant la fondation du monde pour qu'ils soient sauvés. Ce choix était uniquement motivé par sa propre volonté souveraine, selon son bon plaisir, sans condition préalable de la part du pécheur. Il n'a pas choisi certains pécheurs parce qu'il prévoyait une réponse ou une obéissance de leur part, comme la foi, la repentance, etc. Au contraire, Dieu accorde la foi et la repentance à chaque individu qu'il a choisi. Ces actes sont le résultat et non la cause du choix de Dieu. L'élection ne fut donc pas conditionnées par quelque qualité vertueuse ou quelque action prévue dans l'homme. Ceux que Dieu a élus souverainement, il les amène par la puissance de l'Esprit à une réception de Christ comme Sauveur et Seigneur, cette réception étant une abdication ou une démission de la raison, entraîne une soumission entière à l'Évangile de la Souveraineté de Dieu qui s'oppose au libre-choix et à l'indépendance de celui qui reçoit l'appel irrésistible de la grâce. L'homme est spirituellement mort et un mort n'a pas la capacité de choisir. Ainsi, c'est le choix du pécheur de la part de Dieu, et non le choix de Christ de la part du pécheur, qui est la cause ultime du salut.
Sous-entendue que la reconnaissance de la divinité de Christ comme Dieu manifesté dans la chair est une partie essentielle du salut.
Des deux distinctions de la Prédestination : l'élection au salut et la réprobation à la condamnation ; nous voyons que notre Dieu, le Seigneur Jésus-Christ, seule et unique Personne divine et éternelle en Dieu, a non seulement choisi les élus au salut avant la fondation du monde pour manifester sa gloire, mais aussi les réprouvés aux peines éternelles pour manifester sa justice. La chute et la délivrance furent ainsi prédéterminé avant la fondation du monde selon le bon plaisir de notre Dieu, et dont le but est la formation d'une nouvelle race éternelle lors de son deuxième avènement. |
| 3. |
La Rédemption universelle ou expiatoire générale. |
Logique du Rachat Limité ou la Rédemption particulière qui est aussi l'Expiation Limitée. |
| L'oeuvre rédemptrice de Christ a rendu le salut possible à chacun, mais n'a véritablement assuré le salut de personne. Quoique Christ soit mort pour tous les hommes, il n'y a que ceux qui croient en lui qui soient sauvés. Sa mort rendit Dieu capable de pardonner aux pécheurs à la condition qu'ils croient, mais, elle n'a véritablement enlevé le péché de personne. La rédemption ne devient effective que si l'homme choisit de l'accepter. |
Le processus logique de l'oeuvre rédemptrice du sacrifice non renouvelable de Christ était destiné à sauver les élus seulement, et il leur a véritablement assuré le salut ; ce qui se nomme aussi le Rachat Limité. Il ne peut en être autrement car tous les hommes de tous les âges seraient sauvés. Sa mort expiatoire et vicariale consistait à souffrir la peine du péché à la place de certains pécheurs élus déterminés (substitution). En plus d'enlever le péché des élus, leur culpabilité et leur condamnation, la rédemption particulière de Christ a assuré tout ce qui était nécessaire à leur salut, incluant la foi qui les unit à lui. Le don de la foi est infailliblement attribué à tous ceux pour lesquels Christ est mort, garantissant ainsi leur salut.
Ce point fondamental nous indique que Dieu a un seul peuple de disposés, non un peuple national, mais celui des élus ou enfants de la promesse choisis d'entre tous genres d'hommes, un peuple spirituel libre comme le vent de l'Esprit pour qui Christ a donné sa vie en sacrifice. |
| 4. |
Le pécheur peut vraiment résister au Saint-Esprit |
L'Importance de la Grâce Irrésistible ou l'appel efficace de l'Esprit |
| L'Esprit appelle intérieurement tous ceux qui sont extérieurement appelés au moyen de la prédication de l'évangile. Il fait tout ce qu'il peut pour amener chaque pécheur au salut, mais vu que l'homme est libre, ce dernier peut arriver à résister à l'appel de l'Esprit. L'Esprit ne peut régénérer un pécheur tant que celui-ci n'a pas cru. La foi (qui est la contribution de l'homme) précède et rend possible la nouvelle naissance. Ainsi, le libre arbitre de l'homme limite l'Esprit dans l'application de l'oeuvre du salut de Christ. Le Saint-Esprit ne peut attirer à Christ que ceux qui le laissent agir en eux. Tant que le pécheur n'a pas répondu, l'Esprit ne peut donner la vie. La grâce de Dieu n'est donc pas invincible ; elle peut-être opposée et contrecarrée par l'homme. |
Rien n'est plus crucial que la Grâce Irrésistible ou l'Appel Efficace de l'Esprit. En plus de l'appel général extérieur qui est fait à tous ceux qui entendent l'évangile, le Saint-Esprit lance aux élus seuls un appel intérieur spécial qui les amène inévitablement au salut. L'appel extérieur (lancé à tous sans exception) peut-être (et souvent est) rejeté. Mais l'appel intérieur (qui lui n'est fait qu'aux élus) ne peut être rejeté ; il amène toujours à une conversion. Par cet appel spécial, l'Esprit attire irrésistiblement les pécheurs à Christ. Il n'est pas limité par la volonté de l'homme dans son oeuvre d'application du salut, pas plus qu'il ne dépend de la coopération de l'homme pour atteindre son but. L'Esprit amène miséricordieusement le pécheur élu à croire, à se repentir, et l'attire efficacement à se soumettre à Christ. La grâce de Dieu est donc invincible ; elle ne faillit jamais dans l'atteinte de son but, i.e. le salut de ceux à qui elle s'étend.
La conversion, fruit de l'élection, est l'évidence extérieure de notre intégration au corps de Christ, ce que l'Écriture nomme Baptême de l'Esprit et Baptême en la mort de Christ, seul Baptême valide. Les dons miraculeux de l'Esprit, désignés pour l'enfance de l'Église, cessèrent avec la mort des apôtres et l'achèvement des écrits du Nouveau Testament qui est l'accomplissement de la parfaite révélation de l'amour de Dieu. |
| 5. |
Déchoir de la grâce |
La Persévérance des Saints ou l'Assurance du Salut |
| Ceux qui croient et qui sont véritablement sauvés peuvent perdre leur salut en échéant à conserver leur foi, etc. (Les arminiens ne s'entendent pas tous sur ce point). Quelques-uns ont soutenu la sécurité éternelle des croyants en Christ, i.e. une fois qu'il est régénéré le pécheur ne peut jamais être perdu. |
L'assurance du salut implique que tous ceux qui furent choisis par Dieu, rachetés par Christ et auxquels l'Esprit a donné la foi sont sauvés éternellement. Ils sont gardés dans la foi par la puissance du Dieu tout-puissant et, par conséquent, persévèrent jusqu'à la fin. Leur salut est donc assuré et ne peut se perdre puisqu'il dépend de la Souveraineté de Dieu et non d'une faculté humaine.
Dieu, Souverain de notre salut et de notre sanctification, garde ses élus comme il garde sa Parole. De cela nous voyons que la doctrine de la Persévérance est reliée intrinsèquement à l'Inspiration Perpétuelle et à la Préservation Providentielle des Saintes Écritures. De là est issue la Bible des Réformateurs basée sur le Texte Reçu Grec et traduit en langue française qui est la pure Parole de Dieu dans toute son intégralité. |
| 6. |
L'évangile de la souveraineté de l'homme |
L'Évangile de la Souveraineté de Dieu |
| La Bonne Nouvelle ou message de l'évangile est que l'homme pécheur a la capacité de choisir par lui-même de croire en Christ, et de l'accepter comme son Sauveur personnel. Le salut est conditionnel à la foi que le pécheur exerce librement selon sa propre volonté. Le pécheur est justifié par son choix, et son obéissance est essentielle à son salut. La justification par le choix engendre ainsi la justification par la foi (renversant ainsi l'Évangile de la grâce). Le légalisme (obéissance à la loi ; plaire à Dieu par ses oeuvres, ou par des rituels ou ordonnances) devient ainsi la marque déterminante de la capacité de choisir qui est esclave de la chair et du péché et le motif vital des ennemis de la croix. |
Le message de la puissance de la grâce souveraine est une Bonne Nouvelle pour les élus et une méchante nouvelle pour les réprouvés. Les élus n'acceptent point Christ d'une manière active, mais reçoivent Christ d'une manière passive. L'Évangile est une épée à deux tranchants, un qui donne la vie éternelle et l'autre qui donne la mort éternelle. Dieu est Souverain dans la présentation et l'effet du message, et non point l'homme pécheur. Le salut est inconditionnel à la foi car il provient de la prédestination avant la fondation du monde. La foi n'est que le moyen déterminé par Dieu et donné de Lui pour amener les élus à Christ. Le pécheur élu est justifié par la foi qui lui a été donné d'avoir par la Parole de Dieu, et cela de par son élection. Son obéissance n'est pas essentielle à son salut, mais il marche continuellement dans la soumission et l'application de sa foi en Christ dans une confiance certaine engendré par le Saint-Esprit. Celle-ci provient de l'oeuvre que Dieu a commencé en ses élus et qu'il rendra parfaite. La justification par la foi annule complètement la justification par le choix. La liberté (libre comme le vent de l'Esprit) devient ainsi la marque déterminante de la grâce et de l'amour de Dieu dans notre délivrance, et le motif vital des élus dans leur séparation d'avec leurs contraires. |
Chapitre 3
TÉNACITÉ DE LA DÉPRAVATION TOTALE
À — L'esclavage de la volonté :
Par suite de la chute, l'homme par lui-même est incapable de croire à l'évangile pour son salut. Le pécheur est mort, aveugle et sourd aux choses de Dieu ; son coeur est tortueux et méchant. Sa volonté n'est pas libre, elle est asservie à sa nature pécheresse de sorte qu'il ne va pas (il ne peut même pas) choisir le bien au lieu du mal dans le domaine spirituel. En conséquence, il faut plus que l'assistance de l'Esprit pour amener un pécheur à Christ ; il faut la régénération par laquelle l'Esprit donne la vie au pécheur et lui donne une nouvelle nature de laquelle surgit la foi comme moyen de grâce. Dans
Jean 3:3, l'expression « né de nouveau » signifie littéralement « régénéré d'en haut », indiquant que la régénération ou nouvelle naissance vient de Dieu et non d'aucunes capacités de la volonté ou du choix de l'homme
(Jean 1:13). Une deuxième nuance de la même expression est « régénéré dès l'origine » et nous donne une précision encore plus claire du sujet du salut face à la prédestination, et à la préexistence des élus en Christ avant même la fondation du monde. La foi n'est pas la contribution de l'homme à son salut mais, est elle-même une partie du don de Dieu pour le salut ; elle est le don de Dieu au pécheur et non le don du pécheur à Dieu
(Actes 13:48; Philippiens 1:29). La foi est issue de la régénération et non la régénération de la foi. Plus précisément, nous naissons de nouveau pour croire, nous ne croyons point pour naître de nouveau, ce qui serait renverser l'Évangile de la grâce.
B — Source et profondeur de la dépravation :
Le résultat de la chute est la dépravation ou la corruption totale. Par ceci est signifié que chaque partie de l'homme est rendu corrompu. Les
Canons de Dordrecht indiquent que l'homme « est devenu renfermé dans l'aveuglement de l'esprit, dans une obscurité horrible, dans la vanité, dans la perversion de ses jugements ; est devenu mauvais, rebelle, obstiné de coeur et de volonté et impur dans ses affections. » Il n'y avait aucune partie de sa nature qui n'a pas été affectée par le péché.
Or il est impossible à l'homme pécheur de plaire à Dieu ; dire autrement serait de la pure hypocrisie. Même l'apôtre Paul dit « qu'il n'y a rien de bien dans sa chair » et quoiqu'il reconnaisse le bien qu'il doive faire, il fait le mal qu'il ne veut point faire
(Romains 7:18-19). Il n'y a aucun doute selon les Écritures que la dépravation de l'homme est totale et absolue. Nous citerions aussi l'exemple de Lazare, l'ami de Jésus, qui mourut et que le Seigneur ressuscita
(Jean 11:1-44). Comme analogie, l'histoire de la mort et de la résurrection de Lazare nous indique que l'homme, étant mort spirituellement, n'a aucun moyen de faire ce qui est bien pour la gloire de Dieu, ni d'exercer sa capacité de choisir, car il est mort et un mort n'a point la vie en lui. En d'autres mots, si nous pouvons nous exprimer ainsi, la vie de l'homme en ce monde est une vie de mort et non une vie d'entre les morts. Même aucun chrétien réel ne peut prétendre plaire à Dieu par ses agissements ou ses oeuvres, car quoique nous sommes sauvé en esprit, notre corps demeure toujours sous l'influence du péché
(Romains 8:10) et en subit les conséquences tout le temps de notre existence. La foi constante qui nous est donné d'avoir en Christ est le seul moyen de plaire à Dieu, de faire l'oeuvre de Dieu
(Jean 6:28-29).
C — La déviation de l'Humanisme :
L'Arminianisme est connu aussi sous le terme de « Humanisme). Une distinction qui est souvent faite est la distinction entre le motif intérieur du coeur et son évidence extérieure. Certains maintiennent que l'homme, quoiqu'il soit dépravé en ce qui concerne ses oeuvres extérieures, qu'il détient encore néanmoins une capacité considérable de faire le bien. Il peut effectuer des oeuvres qui sont extérieurement en harmonie avec la loi de Dieu. Il ne vit pas une vie totalement adultère. Il ne tue pas tous ceux qu'il rencontre sur la rue. Il est capable de conformer sa vie et sa conduite d'une façon externe à la loi de Dieu et de faire de grands biens, quoique intérieurement il soit corrompu. Les humanistes sont pleins de tels exemples, et dans ce contexte ils sont fiers de citer la vie de personnes notables comme Gandhi, Martin Luther King, soeur Thérèsa, et plusieurs autres qui ont contribué à glorifier la nature humaine plutôt que Dieu.
Ceci est une chose que les anciens de Dordrecht n'ont jamais voulu dire. Ils ont parlé d'une dépravation totale et absolue. Ils indiquèrent par cela que la nature de l'homme est autant malsaine et pernicieuse qu'elle le fut depuis la chute. Et c'est exactement ce que l'Écriture enseigne.
D — Les bontés naturelles sont impuissantes :
Une autre distinction est faite entre ce qui est nommé spirituellement bien et ce qui est naturellement bien. La citation ci-dessus suggère également cette même distinction. Par ce qui est spirituellement bien, ils établissent une base qui serait possible au salut. Ceci est une tentative de l'homme à s'élever vers le ciel. N'est-ce pas la même tentative que fit Lucifer
(Ésaïe 14:12-14). Ceux-ci insistent sur le fait que, alors que l'homme est en effet incapable d'un tel bien spirituel, néanmoins il est certainement capable de bien naturel. Par bien naturel ils signifient quelque chose comme une bonté externe qui est conforme à la loi de Dieu. Ceux qui maintiennent ceci nous indiqueront que dans le monde dans lequel nous vivons, il se trouve amplement de tels biens qui sont fait par plusieurs. Ainsi, voulant obstinément se justifier par leurs oeuvres, ils sont rejetés de la grâce de Dieu
(Galates 5:4).
E — L'homme est spirituellement mort depuis sa naissance :
Quand Calvin et les anciens de Dordt insistèrent sur le fait que la dépravation était totale, ils connaissaient très bien la signification des mots. Ils signifiaient par l'expression « dépravation totale » ce que l'Écriture appelle la mort. Le pécheur est mort, c'est à dire « spirituellement mort ». Du moment de sa naissance en ce monde, il est un être dépourvu et entièrement ruiné spirituellement. Il n'est pas malade. Il n'est pas affligé avec une maladie ou une malformation du code génétique quelconque qui serait mortelle à son existence. Il est mort du moment de sa naissance, un point c'est tout. Cet enseignement est souligné fortement à travers les Écritures qui insistent sur la vérité immuable que le pécheur est définitivement et complètement mort. Rien ne peut changer cela, ni la science de l'homme, ni sa religion, ni sa capacité de choisir ; un mort est mort et ne peut se relever d'entre les morts de lui-même, il ne peut croire de lui-même ni être sauvé de par sa propre volonté
(Jean 1:13). Bref, il ne peut choisir de croire en Christ ni de l'accepter comme Sauveur personnel, car il est mort et toutes ses dispositions et ses aspirations ne sont que corruption. Toutes prétentions contraires viennent de l'esprit de rébellion et d'indépendance en l'homme, et l'esprit de rébellion et d'indépendance est un esprit de mort. Ainsi nous arrivons inévitablement à la question que les disciples posèrent à Jésus : « Qui donc peut-être sauvé ? Et Jésus, les regardant, leur dit : Quant aux hommes, cela est impossible ; mais quant à Dieu, toutes choses sont possibles
(Matthieu 19:25-26) ».
Ceci signifie que la nature humaine est tellement et complètement corrompue par le péché qu'elle est incapable de produire quoique ce soit de bon. Il n'y a rien que le pécheur peut faire qui est agréable dans à la vue de Dieu. Son coeur est complètement mort. Salomon ne dit-il pas : « hors du coeur procèdent les sources de la vie ? »
(Proverbes 4:23). Pourtant le coeur, qui est la source de la vie de tout l'homme, est mort ; et tout ce qui en procède n'est que l'odeur de la mort. L'esprit de l'homme est mort, son raisonnement est stagnant. Il est tellement obscurci par le péché que l'homme ne peut pas avec son esprit savoir ce qui est bon spirituellement. Dans un sens formel, il peut comprendre naturellement la vérité, mais il en saisit seulement que le sens externe et non interne. Quand un homme pécheur lit les Écritures, il peut comprendre la signification grammaticale des mots, mais non le sens spirituel. Il peut comprendre les pensées dans ces mots et les raisonner avec son esprit. Ce n'est pas le point. N'oublions pas qu'à l'origine le péché de l'homme consistait à déclarer son indépendance en choisissant de lui-même de manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. C'est à dire qu'il avait déterminé de prendre sa vie en main, d'être le maître de son destin en choisissant ce qui est bien ou ce qui est mal pour lui-même dans sa vie au détriment de Dieu. Cette capacité de sélectionner lui est demeurer, et il vit sa vie de tous les jours en exerçant cette faculté de mille et une façons naturelles, car telle fut sa condamnation : « ...le sol sera maudit à cause de toi ; tu en mangeras les fruits avec peines tous les jours de ta vie »
(Genèse 3:17). Tous les choix et les raisonnements de l'homme sont ainsi esclave de la chair et de la corruption. Son esprit est tellement rempli des ténèbres du mensonge qu'il ne s'y trouve aucune place pour la vérité.
F — La condamnation des agissements de tous les jours
Le même est vrai de la volonté de l'homme. L'esclavage de sa volonté décrit clairement l'état de l'homme avec précision : il est lié par le péché et en est son esclave. Il ne peut même pas avoir la capacité de faire le bien
(Romains 7:14-21). Le pécheur ne peut même pas ce qui est bien, ni le veut-il. C'est sa nature. Il est mort. Un homme mort peut-il penser ? Un homme mort peut-il vouloir ? Un homme mort peut-il démontrer de la vie ? Un homme mort peut-il choisir d'accepter Christ comme son Sauveur personnel ? L'homme est spirituellement mort et est incapable de bien spirituel, car même le bien qu'il fasse est mal aux yeux de Dieu puisqu'il est sous la condamnation depuis la chute. Tous ses agissements naturels pour complaire à son existence de tous les jours sont sans valeurs, car ils contribuent à élever la dignité de l'homme au-dessus de la Souveraineté de Dieu, et tous sont teintés de la ténacité de la dépravation totale de sa nature qui est esclave du péché et de la chair. Bref, nos choix de tous les jours sont l'évidence de notre condamnation depuis la chute
(Genèse 3:6).
Chapitre 4
UNICITÉ DE L'ÉLECTION INCONDITIONNELLE
À — L'Élection inconditionnelle ou la double prédestination
Le caractère unique ou l'unicité de l'élection inconditionnelle est que Dieu a choisi certains individus avant la fondation du monde pour qu'ils soient sauvés dans le but de manifester sa gloire, et selon la réprobation il a prédéterminé les autres à la perdition, de les exclure de la grâce et de les punir pour leurs péchés dans le but de manifester sa justice
(Romains 8:28-29; 9:22-23; Éphésiens 1:4-5,11; 2 Timothée 1:9; Proverbes 16:4; 2 Pierre 2:9; Jude 1:4). Ce choix était uniquement motivé par sa propre volonté souveraine
(Romains 9:15-16,18; Éphésiens 1:5; 2 Timothée 1:9). Il n'a pas choisi certains pécheurs parce qu'il prévoyait une réponse ou une obéissance de leur part, comme la foi, la repentance, etc. Au contraire, Dieu accorde la foi, la repentance, et la sanctification à chaque individu qu'il a choisi
(Actes 13:48; Philippiens 1:29; 2:13; 2 Timothée 2:25). Ces actes sont le résultat et non la cause du choix de Dieu
(Philippiens 1:6). L'élection ne fut donc pas conditionnées par quelque qualité vertueuse ou quelque action prévue dans l'homme
(Romains 7:18). Ceux que Dieu a élus souverainement au salut avant même la fondation du monde, il les amène par la puissance de l'appel irrésistible de l'Esprit à recevoir Christ comme Sauveur et Seigneur
(Jean 6:68; 10:3-4,27). Ainsi, c'est le choix du pécheur de la part de Dieu, et non le choix de Christ de la part du pécheur, qui est la cause ultime du salut
(Jean 1:12-13). Le choix appartient à Dieu et non à l'homme.
B — Source et importance de l'Élection :
Il est évident que tous les Six Points du Souverainisme sont d'une importance capitale. En effet, si n'importe quels des Six Points du Souverainisme étaient niés, notre héritage spirituel serait complètement perdu. Or il est certain que la vérité de l'Élection Inconditionnelle est le solide fondation de chacun d'eux. Cette vérité est la pierre angulaire de la foi biblique et chrétienne. C'est la base de la vérité de Dieu au sujet de notre salut. C'est le coeur et le noyau mêmes de l'Évangile de la Souveraineté de Dieu. C'est la base de toute la consolation et de l'assurance du peuple de Dieu au milieu du monde. Elle seule inspire dans les coeurs des fidèles l'espoir brûlant de la vie éternelle. Il n'y a aucun doute que c'est précisément pour cette raison, qu'aucune autre vérité dans toute l'histoire du christianisme, ne fut attaqué si vicieusement avec consistance que la vérité de l'Élection Inconditionnelle. Mais aucun homme ne peut jamais prétendre être Chrétien ou Souverainiste sans qu'il tienne fermement son engagement envers cette vérité précieuse.
Nous sommes généralement portés à retracer cette vérité de l'Élection Inconditionnelle au temps de la Réforme de Calvin. Mais ce n'était pas Calvin qui était le premier pour développer cette vérité. Or, tout comme avec la vérité de la Dépravation Totale, il en est ainsi avec cette vérité. St. Augustin, qui vivait plus d'un millénium passé, au cinquième siècle, en avait déjà parlé. En cela il reprenait l'enseignement de l'apôtre Paul. Mais le premier à parler d'elle ne fut nul autre que le Seigneur Jésus-Christ Lui-même :
« ...car il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus »
Matthieu 20:16 (Bible Martin)
« Ce n'est pas vous qui m'avez élu, mais c'est moi qui vous ai élus... » Jean 15:16
« ...il nous a élu en lui avant la fondation du monde... »
Éphésiens 1:4 (Bible Ostervald)
Dans les âges sinistres entre Augustin et Jean Calvin, nous trouvons que très peu ont maintenu cette vérité avec l'accent qu'Augustin y avait placé. Ce ne fut point avant la période de la Réforme Protestante que la vérité de la prédestination souveraine fut amenée d'avant. Le Réformateur Martin Luther l'a cru, l'a maintenu, et l'a enseigné avec emphase. Mais Luther ne la fit jamais une partie intégrale de sa théologie. Le souci d'importance capitale pour Luther était la vérité de la Justification par la Foi, et il n'élabora point la vérité de la prédestination souveraine dans toutes ses spécifications scripturaires. Ce travail a été effectué par Jean Calvin. Et, en effet, s'il y avait une raison pour laquelle Calvin fut détesté, c'est parce qu'il maintenait fortement la vérité de l'Élection Inconditionnelle sans broncher. Toutefois cette Réforme était une Réforme de l'Église, une Réforme Orthodoxe des institutions et des structures de la foi dans un contexte religieux rigide, ce qui était nécessaire pour ce temps. Mais la Réforme des Derniers Temps est une Réforme Marginale, une Réforme de la foi dans les coeurs et les foyers qui n'a aucune institution sauf la famille, aucune forme sauf la Bible, et aucune loi sauf la loi de l'amour, de la vérité, et de la liberté.
Ce fut dans la dernière partie du temps de la Réformation et au début du 17ème siècle que cette vérité essentielle de l'Élection Inconditionnelle fut attaquée par Arminius. Professeur de théologie à l'université Réformée de Leyde, il avait étudié à l'Académie de Genève ; mais néanmoins il répudia ouvertement la vérité de la prédestination. Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi les Arminiens enseignent l'élection conditionnelle. Ils ne croyaient point en la doctrine de la Dépravation Totale pour commencer. Ils ont voulu préserver chez l'homme la liberté de sa volonté — la puissance de la volonté de l'homme de choisir le bien, d'accepter librement l'offre de l'Évangile selon son propre choix. Ce fut leur prétention que Dieu, de sa part, aimait tous les hommes, et que la haine et la colère furent étrangère à la nature de Dieu, et que c'était l'intention et le désir de Dieu de sauver tous les hommes, et qu'ainsi, Dieu rendit le salut disponible et accessible à tous les hommes par le rachat universel — une croix universelle sur laquelle le Christ est mort pour les péchés de tous les hommes. Mais il est clair que dans un système tel que celui proposé par les Arminiens, qu'il n'y a aucune place pour l'Élection Inconditionnelle. Tandis que les Arminiens cherchaient à maintenir le langage Réformé et scripturaire en parlant de l'élection, ils tranchèrent le coeur de cette vérité importante et merveilleuse en insistant sur le fait que l'élection est conditionnelle. Dieu choisit ceux qu'il sait d'avance vont croire, disent les Arminiens. Dieu a élu ceux qu'il sait accepteront de leur propre choix l'Évangile qui leur est offert. Dieu a élu ceux qu'il sait accepteront l'Évangile par un acte de leur propre volonté et qui persévéreront également de cette manière dans l'Évangile et garderont par eux-même cette foi qu'ils ont exercée. L'élection devient ainsi basée sur l'oeuvre de l'homme et non sur la souveraineté de Dieu. Ainsi, faisant de la foi une faculté intellectuelle et du salut une décision personnelle, l'homme demeure le maître de son destin et la dignité de l'homme est préservée au détriment de la vérité. La JUSTIFICATION PAR LE CHOIX et non LA JUSTIFICATION PAR LA FOI devient ainsi l'essence de l'élection conditionnelle de l'Arminianisme. N'est-ce pas une répétition des évènements qui se produisirent dans le jardin d'Éden quand la femme fut tentée par Satan d'utiliser son libre choix afin de déclarer son indépendance pour qu'elle et son mari deviennent comme des dieux ? Il n'y a rien de nouveau sous le soleil, nous dit l'Ecclésiaste.
L'élection est donc ce décret de Dieu par lequel, d'une liberté souveraine, il choisit un seul peuple pour lui-même dans lequel il détermina de mettre son amour, et lequel il délivra du péché et de la mort par Jésus-Christ, pour participer à sa gloire éternelle. Il est important de spécifier que Dieu a un seul peuple de disposés au salut, non un peuple national, mais celui des élus qui est appelé irrésistiblement d'entre tous genres d'hommes. Cette élection est souveraine, elle est le choix souverain et libre de Dieu. Cette élection est éternelle tout comme le conseil de Dieu est éternel. Cette élection est inchangeable tout comme le conseil de Dieu est inchangeable. Cette élection est efficace de sorte que le décret de l'élection lui-même soit, par Christ, la puissance par laquelle les élus sont sauvés réellement.
En changeant l'élection inconditionnelle pour une élection conditionnelle, le coeur de la vérité du salut est détruit parce que la puissance de la grâce souveraine est reniée comme puissance par laquelle Dieu sauve ceux qu'il a choisis de lui appartenir éternellement. La rédemption particulière ou rachat limité est ainsi rejeté, quoiqu'on enseigne cette vérité sur chaque page de l'Écriture. Conséquemment la dépravation totale est rejetée aussi et à l'inverse plusieurs choses louables sont trouvées en l'homme, dont la principale est sa capacité de coopérer dans l'oeuvre du salut. C'est l'élection conditionnelle qui prépare le terrain pour toutes les autres hérésies. Tout entre en ligne de compte. Le choix de Dieu n'est donc plus souverain, mais dépend de ce que l'homme fera avec le salut que Dieu lui offre affectueusement, mais qui ne lui appartiendra pas s'il ne l'accepte ou le rejette par son propre pouvoir.
C — La vérité de la Réprobation :
Dans ce contexte, nous devons mentionner aussi la vérité de la Réprobation. En premier lieu, on doit souligner que la vérité de l'élection et de la réprobation se tiennent ou tombent ensemble. Nier l'élection est de nier la réprobation. Nier la réprobation est de nier l'élection. Croire en l'élection est de croire en la réprobation. Croire en la réprobation est de croire en l'élection. Il n'y a aucun compromis sur ce point. Calvin a une très belle citation sur ce sujet dans ses
Instituts. Il écrit dans le Livre III, Chapitre XXIII, Para. 1 :
« Plusieurs, en effet, comme s'ils voulaient éviter la haine de Dieu, admettent l'élection d'une telle façon à nier que certains sont réprouvés.
(C'est le cas de la grande majorité des Baptistes et des mouvements dits Évangéliques qui se refusent l'appellation de Arminiens.) Mais ceci est puéril et absurde, parce que l'élection elle-même ne pourrait pas exister sans avoir son opposée dans la réprobation. Dieu sépare ceux qui sont sauvé de ceux qui sont perdu. Ceux que Dieu laisse de côté il les réprouve, et cela pour aucune autre cause que sa détermination de les exclure de l'héritage qu'il a prédestiné pour ses enfants. Or l'irritabilité des hommes est intolérable, si elle refuse d'être retenue par la Parole de Dieu qui traite de son conseil incompréhensible, adorés par les anges eux-mêmes. »
Le décret de Dieu sur la réprobation est également un décret de son conseil souverain, éternel et inchangeable. Selon ce décret dans lequel nous voyons que la Chute fut prédéterminée d'une manière absolue, Dieu détermina de révéler sa justice, sa colère, et sa haine du péché, et de cette façon la sainteté de son propre être divin, dans des vaisseaux de colère préparés pour la destruction et punis éternellement dans l'enfer en raison de leurs péchés.
Il n'est pas du tout étrange que cette vérité de la double prédestination soit niée presque universellement. Aujourd'hui il est évident que ceux qui adoptent la position Arminienne ne parlent plus aucunement de la prédestination. Cette vérité divine, longtemps négligée, ne se retrouve plus dans le christianisme moderne apostasié, car l'Arminianisme n'a pas de place pour la prédestination, ni désirent-ils la reconnaître. Et quand ils lui donnent quelques assentiments prétentieux, ce n'est que pour en torde le sens à leur propre perte, confirmant ainsi leur réprobation sans qu'ils le réalisent.
Plusieurs nient la vérité de la double prédestination en soulevant des objections contre la doctrine. Ces objections sont aussi anciennes que la doctrine elle-même. Les mêmes objections que nous entendons aujourd'hui ont déjà été formulées aux jours d'Augustin — en effet, aux jours même de l'apôtre Paul. Une catégorie de ces objections se résume en une charge de fatalisme. Il est dit que la vérité de la double prédestination est fataliste et qu'elle est semblable à l'horrible doctrine de l'Islam. Mais l'Islam n'a aucune place dans sa théologie pour un Dieu d'amour, ni pour un Rédempteur. Ces objections, qui proviennent surtout des mouvements Évangéliques et Oecuméniques, veulent signifier que la vérité de la double prédestination rend les hommes négligents et en fait des pécheurs profanes. Cette doctrine réveille chez les hommes l'affirmation : "laissez-nous péché que la grâce surabonde." Cette doctrine force les hommes à dire : "Si je suis un élu, je vais aller au ciel que ce soit quoique je fasse — même si je commets les péchés que je désire faire. Ainsi je m'amuserai dans cette vie, parce que mon péché ne peut pas changer mon élection. Et, d'autre part, si je ne suis pas un élu, je n'irai pas au ciel même si je vis une bonne vie. Par conséquent j'irai sûrement en enfer si je suis un reprouvé quoique je vive saintement. Donc, je suis aussi bien jouir de la vie et péché autant que possible. Rien ne peut changer la détermination éternelle de Dieu." Ainsi, il est dit, la doctrine de la double prédestination selon la Souveraineté de Dieu détruit la responsabilité de l'homme et la raison de son existence, et fait de lui qu'un stock vendu aux enchères.
Cet enseignement de la Réprobation ne peut être accepté par ceux qui cherchent à se justifier devant Dieu par leur conduite ou leurs mérites. Ainsi ils soulèvent contre Dieu l'accusation d'être injuste, comme si Dieu leur devait le Salut éternel, malgré leur rébellion. Ceci ne se justifie nullement, nous dit A.R. Kayayan, "Révélation et Connaissance du Salut". « On pourrait parler d'injustice de Dieu si l'homme pouvait avoir une quelconque prétention par rapport à Dieu. Mais la situation est totalement autre. Car tous les hommes, sans exception, ont abandonné Dieu pour s'adonner au péché. Personne n'a le droit de contester Dieu pour son élection ou sa réprobation. Dans le contexte de la Prédestination, Dieu serait injuste s'il n'avait pas appelé les élus au salut
(Matthieu 20:14-15; Romains 9:14-15). La doctrine du Salut par la Grâce est nulle autre que la doctrine de la Prédestination qui comporte deux parties : l'Élection et la Réprobation. La doctrine de l'élection laisse entendre, naturellement, que Dieu n'a pas choisi ou élu tout le monde pour être sauvé. S'il a décidé de sauver les uns, il a aussi décidé de réprouver ou de ne pas sauver les autres. La réprobation peut être définie comme « le dessein éternel de Dieu d'exclure certains hommes de sa grâce spéciale pour les punir à cause de leurs péchés pour manifester sa justice ».
Plusieurs faux chrétiens s'opposent avec véhémence à la doctrine de la Réprobation, prétendant qu'elle n'est pas enseignée dans les Écritures. Mais la Parole de vérité renverse leur faux raisonnement : "Car avant que les enfants fussent nés, et qu'ils eussent fait ni bien ni mal, afin que le dessein arrêté selon l'élection de Dieu demeurât, non point par les oeuvres, mais par celui qui appelle, il lui fut dit : le plus grand sera asservi au moindre. Ainsi qu'il est écrit : J'ai aimé Jacob, et j'ai hais Ésaü. Que dirons-nous donc ? Y a t'il de l'iniquité en Dieu ? À Dieu ne plaise !"
(Romains 9:11-14) ; "Et qu'est-ce si Dieu, en voulant montrer sa colère, et donner à connaître sa puissance, a toléré avec une grande patience les vaisseaux de colère, préparés pour la perdition ; et afin de donner à connaître les richesses de sa gloire dans les vaisseaux de miséricorde, qu'il a préparé pour la gloire"
(Romains 9:22-23) ; "L'Éternel a fait tout pour soi-même, et même le méchant pour le jour de la calamité"
(Proverbes 16:4) ; "La Pierre que ceux qui bâtissaient ont rejetée, est devenue la Pierre maîtresse du coin, une Pierre d'achoppement, et une Pierre de scandale ; lesquels ceux-ci se heurtent contre la Parole, et sont rebelles ; à quoi aussi ils ont été destiné"
(1 Pierre 2:7-8) ; "Car quelques-uns se sont glissés parmi vous, qui dès longtemps auparavant ont été écrits pour une telle condamnation ; gens sans pitié, qui changent la grâce de notre Dieu en dissolution, et qui renoncent le seul dominateur Jésus-Christ, notre Dieu et Seigneur"
(Jude 1:4; Version Martin).
D'autres qui suivent la Théologie Libérale de Karl Barth, comme nous voyons chez les sectes Baptistes du Québec (SEMBEQ), prétendent que la Réprobation dépend uniquement de l'homme qui rejette la révélation de Dieu en Christ ; doctrine qui est appuyé sur le libre choix de l'individuel, et que nous avons démontré être fausse. Selon Daniel G. Reid, "Dictionary of Christianity in America", la Théologie Libérale de Karl Barth (1886-1968) avec son nouveau modernisme, exerça un impact considérable sur le Protestantisme Américain et sur le mouvement évangélique ; mais elle fut rejetée par le grand théologien Réformé Cornélius Van Til comme une perversion de la vérité. On ne peut donc point s'étonner de voir ce poison s'infiltrer dans tous les adeptes du libre choix qui prétendent être chrétiens, au détriment de la vérité biblique.
Chapitre 5
LOGIQUE DU RACHAT LIMITÉ
À — La Rédemption particulière ou expiation limitée :
L'oeuvre rédemptrice de Christ était destinée à sauver les élus seulement, et elle leur a véritablement assuré le salut. Sa mort consistait à souffrir la peine du péché à la place de certains pécheurs déterminés (substitution). En plus d'enlever le péché des élus, la rédemption de Christ a assuré tout ce qui était nécessaire à leur salut, incluant la foi qui les unit à lui. Le don de la foi est infailliblement attribué à tous ceux pour lesquels Christ est mort, garantissant ainsi leur salut.
B — Le salut est limité aux élus seulement :
Il nous faut préciser que c'est dans cette vérité de la Rédemption Particulière que la doctrine de l'élection souveraine (et, en fait, la prédestination souveraine avec ses deux aspects d'élection et de réprobation) viennent en perspective. La croix est la réalisation et la révélation objectives du but de la prédestination de Dieu. Voici ce que disent les
Canons de Dordrecht, VIII :
« Car tel a été le très libre conseil et la très favorable volonté et intention de Dieu le Père, que l'efficacité vivifiante et salutaire de la mort très précieuse de son Fils s'étendit à tous les élus, pour leur donner à eux seuls la foi justifiante, et par elle les amener infailliblement au salut. Autrement dit, Dieu a voulu que Jésus-Christ, par le sang de la croix (par lequel il a confirmé la nouvelle alliance), rachetât efficacement du milieu de tout peuple, de toute nation et de toute langue, tous ceux, et ceux-là seulement, qui de toute éternité ont été élus au salut, et lui ont été donnés par le Père ; qu'il leur donnât la foi, qu'il leur a, aussi bien que tous les autres dons du Saint-Esprit, acquise par sa mort ; les purifiât par son sang de tout péché et originel et actuel, commis tant après qu'avant la foi ; les conservât fidèlement jusqu'à la fin, et finalement les fît comparaître devant lui, glorieux, sans aucune tache ni souillure. »
Il est clair, selon les Écritures, que le salut est limité aux élus. La logique de ceci est évidente, car autrement tout le monde serait sauvé et nous tomberions dans l'hérésie d'un salut universel. L'oeuvre rédemptrice de Christ était destinée à sauver les élus seulement, et elle leur a véritablement assuré le salut. Sa mort consistait à souffrir la peine du péché à la place de certains pécheurs déterminés (substitution). En plus d'enlever le péché des élus, la rédemption de Christ a assuré tout ce qui était nécessaire à leur salut, incluant la foi qui les unit à lui. Le don de la foi est infailliblement attribué à tous ceux pour lesquels Christ est mort, garantissant ainsi leur salut. En posant la question de la portée de la rédemption, nous sommes au coeur de l'Évangile, non seulement dans le sens théologique, mais aussi dans le sens pratique. La grâce de Dieu sera-t-il mis en échec par le choix de l'homme dont la volonté est esclave du péché ? Christ est-il mort en vain ? Un faux pas dans ce domaine arrive à changer tout le sens de l'Évangile. La rédemption particulière est le message le plus important de toute l'Écriture ; le modifier pour le soumettre au libre arbitre illusoire de l'homme conduit à une métamorphose de toute la doctrine biblique. Changer le sens de l'adjectif "particulier" ou "limitée" et le sens du mot "rédemption" se trouve aussi changé. Et quand on modifie le sens de la rédemption acquise à la croix, le sens de l'élection, du péché, de la grâce et de la persévérance sont tous changés ! Nous aboutirions ainsi avec une foi différente, un Sauveur différent et un Dieu différent ! N'est-ce pas ce que nous voyons présentement dans le christianisme moderne, particulièrement dans les mouvements Évangéliques qui changent le sens de l'Évangile en attribuant à l'homme la capacité de choisir son salut ?
C — L'Alliance divine :
Il nous faut donc distinguer dans l'Alliance entre Dieu et les hommes, l'alliance dite de création, ou alliance adamique, conclue avec Adam et, à travers lui, avec l'humanité tout entière — il en sera de même avec l'alliance avec Noé
(Genèse 9) —, et l'alliance de rédemption, conclue entre le Père et le Fils qui est son enveloppe visible. Dans cette alliance, Dieu sauve efficacement tous ceux qu'il a décrétés de donner à son Fils en héritage, c'est-à-dire tous ceux qui furent prédestinés et choisis au salut avant la fondation du monde et pour lesquels Christ est mort
(Jean 17:6; Romains 8:29). Si l'alliance de création a été conclue avec tout le genre humain, et est, à ce titre, universelle (grâce commune), l'alliance de grâce — expression historique de l'alliance de rédemption — n'a quant à elle été conclue qu'en faveur des élus, et ce, en vertu de la pure grâce de Dieu et de son bon plaisir, et sans aucune considération de leurs oeuvres
(Romains 9). Il s'ensuit donc qu'il y a un amour particulier de Dieu pour les élus, distinct de l'amour qu'il porte pour la création en général. L'amour paternel de Dieu pour ses enfants est particulier : c'est un amour électif
qui s'exprime par le pardon accordé aux seuls élus qui ont été donnés de recevoir l'Évangile de la Souveraineté de Dieu dans leur vie. Dieu aime comme un père ceux qu'il a unis à son Fils
(Jean 17:23; Romains 8:15-16).
La portée de l'oeuvre de la croix va bien au-delà de sa réalisation présente : elle ne sera pleinement manifestée qu'au retour du Christ. C'est le "déjà-pas encore" du Royaume de Dieu : le salut est "déjà" réalisé dans la vie de tous ceux qui croient, et cependant, il n'est "pas encore" manifesté dans toute sa plénitude. La création tout entière est ainsi appelée à connaître, lors de la parousie ou de l'apparition finale de Christ, une véritable transfiguration, dont la résurrection des corps ne constitue que l'un des aspects.
Réalisons que le mot « Alliance » signifie la même chose que le mot « Mariage ». Or Christ a-t-il accepté de mourir pour une épouse qu'il ne connaît pas, se mariera-t-il avec quiconque le choisira ? Cette double question situe bien le sujet. La volonté de Christ est-elle de sauver les siens ou de proposer le salut à une hypothétique volonté humaine ? La doctrine de la Rédemption Particulière a pour seul objet de préciser pour qui le Père a livré son Fils à la mort et pour qui le Christ s'est donné afin de le délivrer. En général, les réformés font leur la phrase d'Augustin relative à la rédemption : "suffisante pour tous, efficace pour les élus". Ceci indique que la dignité et la valeur de la croix sont suffisantes pour tous les hommes, mais que, selon le décret éternel de la volonté divine, cette oeuvre ne s'applique concrètement qu'au peuple de Dieu élu de toute éternité. La suffisance de l'oeuvre n'est pas révélatrice de la volonté de sauver tous les hommes, car son aspect et son application sont clairement limité aux élus et non au monde entier. CHRIST EST MORT POUR SES ÉLUS SEULEMENT ET NON POUR TOUS LES HOMMES.
C'est dans le contexte de l'alliance divine qu'il nous est possible de comprendre l'origine, la nature et les conséquences de la mort de Christ. En sortant de la doctrine de l'Alliance de la grâce souveraine, l'Arminianisme oppose Dieu et l'homme en se concentrant sur la question de la capacité de la volonté humaine, ce qui a tendance à élever la dignité humaine au niveau de la divinité. L'erreur des Arminiens est de faire du repentir et de l'ouverture du coeur les conditions du don de la grâce. Autrement dit, ils placent la conversion avant la régénération et confondent les deux. L'homme aurait-il si peu que ce soit de chaleur spirituelle ? Non. Il a la température d'un cadavre, et c'est Dieu qui descend dans la mort pour conférer la vie aux pécheurs élus.
D — Le désespoir de l'autosuffisance :
Aucun pécheur ne peut, par nature, se donner à Christ. La tâche douloureuse du message proclamé par les élus est de le dire. L'Arminien objectera que l'homme, certes, est pécheur, mais que ceci ne l'empêche pas de venir à Christ. Il est tentant de s'exprimer ainsi dans notre marche chrétienne de tous les jours. Mais l'Évangile avertit qu'un être humain ne peut pas venir à Christ et l'accepter. Il en est entièrement incapable. À cet égard, sa situation spirituelle est sans espoir. Or, paradoxalement, c'est précisément là que le pécheur conscient trouve son espérance. Il faut insister en précisant que nous avons à noyer notre autosuffisance jusqu'à ce que nous reconnaissions le caractère désespéré de notre situation et notre manque de toute aide pour en sortir. Lorsque quelqu'un perçoit nettement la tragédie qu'il y a à être pécheur en présence du Dieu saint, le miracle de la grâce sera, pour lui, de croire qu'il est pardonné et accepté par le Seigneur. Le pécheur dépend de Dieu seul pour son salut.
La prédication de l'Évangile de la Souveraineté de Dieu enferme donc le pécheur avec Jésus-Christ, afin qu'il comprenne qu'il n'y a aucune espérance, aucun recours sauf en Christ lui-même, et qu'il en vienne à crier "Mon Dieu, je suis désespéré, sauve-moi par ta grâce !" Il se reconnaît incapable de se sauver et il sait intérieurement que son salut dépend de Dieu. Tel est le moteur, la conviction, qui le pousse vers Christ. Le geôlier de Philippes, en demandant "Qu'est-ce que je dois faire pour être sauvé ?" n'a nullement la pensée qu'il puisse faire quelque chose de positif. Il se sait perdu. C'est pourquoi il faut affirmer qu'il y a dix mille fois plus d'espérance dans le Calvinisme, c'est à dire dans le Souverainisme, que dans l'Arminianisme qui estime que tous peuvent être sauvés si du moins ils le veulent bien. À la différence, pour le Souverainisme : le pécheur est un cadavre... mais Christ est la résurrection et la vie, et son appel à renaître est irrésistible envers ceux qu'il a choisi dans son Conseil divin éternel.
Chapitre 6
IMPORTANCE DE LA GRÂCE IRRÉSISTIBLE
À — L'appel efficace de l'Esprit ou la grâce irrésistible :
Rien n'est plus crucial que la Grâce Irrésistible ou l'Appel Efficace de l'Esprit sans laquelle personne ne peut venir à Christ. En plus de l'appel général extérieur qui est fait à tous ceux qui entendent l'évangile de la Souveraineté de Dieu, le Saint-Esprit lance aux élus un appel intérieur spécial qui les amène inévitablement au salut
(Matthieu 20:16; 22:14; Jean 10:27; 15:16,19). L'appel extérieur (lancé à tous sans exception) peut-être (et souvent est) rejeté des réprouvés
(Jean 8:47; Hébreux 4:2). Mais l'appel intérieur (qui lui n'est fait qu'aux élus) ne peut être rejeté ; il amène toujours à une conversion. Par cet appel spécial, l'Esprit attire irrésistiblement les pécheurs élus à Christ. Il n'est pas limité par la volonté de l'homme dans son oeuvre d'application du salut
(Jean 1:12-13), pas plus qu'il ne dépend de la coopération de l'homme pour atteindre son but
(Romains 9:18). L'Esprit amène miséricordieusement le pécheur élu aux pieds de la croix, l'incite à s'abandonner à Celui qui s'est donné comme son substitut, et lui donne la repentance et la foi en Christ pour qu'il reçoive gratuitement le salut de son âme
(Éphésiens 2:8-9). La grâce de Dieu est donc invincible ; elle ne faillit jamais dans l'atteinte de son but, i.e. le salut de ceux à qui elle s'étend
(Actes 13:48; 16:14,31; 18:27).
La conversion, fruit de l'élection, est l'évidence extérieure de notre intégration au corps de Christ, ce que l'Écriture nomme Baptême de l'Esprit
(1 Corinthiens 12:13) et Baptême en la mort de Christ
(Romains 6:3-4). En relation avec le Baptême de l'Esprit, spécifions que les dons miraculeux de l'Esprit (langues, interprétations, prophéties, guérisons, exorcismes), désignés pour l'enfance de l'Église, étaient des signes de l'apostolat
(Marc 16:14,17-18; Actes 5:12; 2 Corinthiens 12:12) des apôtres et cessèrent
(1 Corinthiens 13:8) avec la mort de ceux-ci, en conjonction avec l'achèvement des écrits du Nouveau Testament qui est l'accomplissement de la parfaite révélation de l'amour de Dieu
(1 Corinthiens 13:9-13).
B — L'efficacité de l'Appel à la séparation :
L'effet attendu et certain de l'élection est ce qui est nommé "l'appel efficace" de la Grâce qui nous sépare de la mort du péché et nous rend la vie en Jésus-Christ. Cette efficacité de la marginalisation phénoménale de la Grâce, qui est littéralement un miracle, se nomme aussi "la régénération ou la nouvelle-naissance, la circoncision spirituelle, le Baptême de l'Esprit, et la première résurrection"
(Jean 3:3-8; Romains 2:29; Colossiens 2:11-13; Jean 11:25-26; Apocalypse 20:5). Un théologien Réformé nous dit : « Dieu appel tous les êtres humains à reconnaître son existence à travers la nature, l'histoire, et leur conscience. Mais cet appel est externe et ne produit point la connaissance du Salut ni la foi en Jésus-Christ. Ainsi "Plusieurs sont appelés, mais peu sont choisi". L'appel efficace est différencié de l'appel général, en ce qu'il fait renaître comme enfant de Dieu le pécheur perdu qui fut élu, et le rend participant de la vie éternelle en Jésus-Christ. »
Cet appel efficace est non seulement une invitation, mais une action dynamique du Saint-Esprit qui nous introduit dans une relation vivante avec Jésus-Christ. Le mot "appel", (qui malheureusement est traduit souvent par "vocation" dans plusieurs versions de la Bible), est généralement utilisé comme signifiant seulement "une invitation" ; mais dans les Épîtres ce mot est utilisé dans le sens "de commander", et en même temps "de produire, de provoquer, d'occasionner d'être". En ce sens, cela nous indique que le mot "appel" porte la même signification que celle de "Créer". Ceci est approprié dans le sens que "naître de nouveau" signifie "être créé de nouveau" :
"Car nous sommes son ouvrage, étant créés en Jésus-Christ"
(Éphésiens 2:10) ; "Si donc quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature ; les choses anciennes sont passées : voici toutes choses sont faites nouvelles"
(2 Corinthiens 5:17).
C'est pour cette raison que la résurrection de Lazare est le modèle par excellence du chrétien né de nouveau. Ainsi dans les ÉpÎtres "être appelé" signifie "être disposé au Salut par la Grâce", dont l'effet est une action divine par laquelle l'aveuglement spirituel du pécheur est enlevé, afin que le Seigneur Jésus-Christ soit perçu et embrassé comme le seul vrai Sauveur et Fils de Dieu. L'intelligence de l'élu est ainsi libérée de l'esclavage du péché et de l'ignorance spirituelle qui formèrent une barrière impénétrable entre lui et le Seigneur Jésus. Cet appel, qui est irrésistible, n'enlève point la responsabilité du croyant
(1 Timothée 6:12) qui doit constamment placé sa foi en Christ par la puissance de l'Esprit qui l'habite ; mais lui donne toujours la puissance de le suivre sous ses directions, lui accordant aussi l'assurance nécessaire pour son futur :
"Or le Dieu de paix lui-même vous sanctifie entièrement ; et que votre esprit, votre âme, et votre corps tout entiers, soient conservés sans reproche en la venue de notre Seigneur Jésus-Christ. Celui qui vous appelle est fidèle ; c'est pourquoi il fera ces choses en vous"
(1 Thessaloniciens 5:23-24).
Subjectivement, nous dit le grand Théologien Louis Berkhof, l'union entre Christ et le croyant est produite par le Saint-Esprit d'une manière mystérieuse et surnaturelle ; et pour cette raison elle est généralement désignée comme "l'union mystique". Cette union fait partie de l'Alliance de la Rédemption qui est la base de l'Alliance de la Grâce. Dans ce Conseil de Paix, Christ prit volontairement sur lui-même d'être la Tête et l'Assurance des élus. Ainsi il fut destiné à constituer une nouvelle humanité, et établir la justice des élus devant Dieu en payant la pénalité pour leur péché ; assurant ainsi leur droit à la vie éternelle. Dans cette Alliance éternelle le péché des élus fut imputé, c'est à dire "attribué" à Christ ; et la justice de Christ fut attribuée aux élus.
C — La reproduction de Christ :
Cette imputation de Christ est représentée dans l'Alliance de la Rédemption comme étant une justification de toute éternité, sur laquelle est basée la justification par la foi. Puisque le croyant est une nouvelle créature et est justifié seulement en Christ, ceci veut dire que notre union avec lui vient avant notre régénération et notre justification par la foi ; quoique chronologiquement, le moment où nous sommes unis à Christ est aussi le moment de notre régénération et de notre justification. Par cette union les croyants sont changés ou transformés en l'image de Christ comme il fut dans sa nature humaine. En un sens, Christ occasionne dans ses élus une reproduction de lui-même, et ils subissent une répétition des événements de son ministère. Non seulement objectivement, mais aussi dans un sens subjectif ; ils souffrent, portent leur croix, sont crucifiés, meurent, et ressuscitent dans une nouvelle vie avec Christ. Ainsi ils partagent, en une certaine mesure, les expériences de leur Seigneur ; sans que leur personnalité distincte soit intégrée en une seule ! De ce fait, le pécheur élu devient conscient de sa position en Christ par la puissance du Saint-Esprit ; et ressent le besoin de dépendre sur Christ dans le plus profond de lui-même. Ce sentiment l'empêche de se glorifier. C'est en ce sens qu'un disciple devient un témoin de Christ véritable, car le mot "Témoin", du Grec "MARTURION" (d'où nous avons le mot Martyr), signifie aussi "re-présence" ; donc chaque élu est non seulement un représentant, mais une re-présence du Seigneur Jésus qui habite en lui par son Esprit.
D — Le Renoncement :
L'appel efficace engendre instantanément une marginalisation ou séparation d'un état d'être à un autre. Ceci est la phase objective de la Grâce qui opère sa puissance de transformation dans les profondeurs secrètes du coeur de l'homme. Mais subjectivement elle fait surgir dans la conscience de l'homme pécheur le besoin de renoncement, de repentance, et de conversion ; et lui donne la puissance d'exécuter sous sa direction ces choses par le moyen de la foi en Christ comme don gratuit. Le Salut ne consiste donc pas à « accepter Christ comme son Sauveur personnel », comme exercice du libre choix ; mais à renoncer à soi-même, c'est à dire abandonner sa vie et tout ce qu'elle contient entre les mains de Celui qui est seul digne de toute confiance :
"Puis il disait à tous : Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à soi-même, et qu'il charge de jour en jour sa croix, et me suive"
(Luc 9:23) ; "Et quiconque ne prend pas sa croix, et ne vient après moi, n'est pas digne de moi"
(Matthieu 10:38) ; " ...il ne, peut être mon disciple"
(Luc 14:27).
Cet enseignement essentiel de Jésus est la clé par laquelle nous le recevons :
"Celui qui vous reçoit, me reçoit ; et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé"
(Matthieu 10:40).
Ce renoncement est l'effet extérieur de la Grâce intérieure par laquelle l'homme engage sa conscience sous la direction de l'Esprit dans un champ d'action précis. Son engagement n'a donc aucun mérite puisqu'il est attiré par la Grâce à agir ainsi :
"Tous ceux que le Père me donne viendront à moi, et je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi"
(Jean 6:37).
Cet enseignement crucial sur la Grâce irrésistible et particulière, nous indique aussi que le renoncement initial au Salut produit conséquemment une vie de renoncement qui est décrite comme "porter sa croix" ; c'est à dire, le fardeau de combattre contre les affections de la chair par la puissance de l'Esprit de Christ en nous
(Romains 8:7,13-14), et de nous opposer contre les puissances de ce monde de ténèbres
(Éphésiens 6:12) qui dominent tous les niveaux de la vie sociale.
Le renoncement au Salut comporte deux éléments essentiels qui sont des termes contractés dans l'Alliance de la Grâce, à savoir : la repentance et la conversion :
"Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés"
(Actes 3:19).
Berkhof nous dit que la traduction de "Metanoia" par le mot "repentance" ne fait pas justice au sens original qui inclut une opposition consciente à une condition antérieure. Il indique un changement intellectuel et moral par un acte de foi destiné à produire un effet. La traduction la plus précise que nous pouvons lui donner est "Reconsidérer" ; c'est à dire : reprendre sous la direction de l'Esprit l'examen d'une situation ou d'une question en vue d'une nouvelle décision ; de rectifier nos manières de penser et d'agir, et de réformer notre vie à la lumière de la Parole de Dieu. Avec la foi, la repentance que nous pouvons nommer "la reconsidération", devient un élément expéditif dans la Conversion.
Le mot "Conversion" ne rend pas lui aussi complètement justice à son sens original qui est de "renouveler" ; c'est dire transformer ou altérer notre condition d'être et la direction de notre vie par la puissance de l'Esprit. Ce renouvellement est occasionné par la tristesse de notre condition de pécheur qui produit en nous la repentance ou la reconsidération à salut :
"Car la tristesse qui est selon Dieu, produit une repentance à salut, et dont on ne se repent jamais ; au lieu que la tristesse du monde produit la mort"
(2 Corinthiens 7:10).
Il est évident que la tristesse qui nous porte au salut, est une tristesse spirituelle et non charnelle ou naturelle. La tristesse naturelle produit la mort dans l'âme ; c'est à dire la dépression ou l'état de chagrin qui afflige celui qui s'est fait prendre la main dans le sac, ou qui est le résultat d'une conséquence pénible. Ce genre de tristesse est issu de l'ennui ou de l'inquiétude et produit l'amertume dans le coeur. Mais la tristesse spirituelle est le fruit d'une conviction du Saint-Esprit :
"Et quand il (le Saint Esprit) sera venu, il convaincra le monde de péché, de justice et de jugement"
(Jean 16:8).
La tristesse spirituelle est donc une prise de conscience sur notre condition lamentable et désespérée de pécheur, produite par le Saint-Esprit qui nous appelle à la séparation et à la délivrance. Elle est décrite par le prophète Ézéchiel en ces termes :
"Vous vous souviendrez alors de votre mauvaise voie, et de vos actions qui n'étaient pas bonnes ; vous aurez horreur de vous mêmes, à cause de vos iniquités et de vos abominations"
(Ézéchiel 36:31; Version Ostervald, édition 1996).
Jacques, le frère du Seigneur, nous exprime le même concept en ces mots :
"Approchez-vous de Dieu, et il s'approchera de vous. Pécheurs, nettoyez vos mains ; et vous qui avez le coeur partagé, purifiez vos coeurs. Sentez vos misères, et soyez dans le deuil, et pleurez ; que votre rire se change en pleurs, et votre joie en tristesse. Humiliez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera"
(Jacques 4:8-10).
Lorsque nous considérons toutes ces choses, il est évident qu'il y a très peu de conversion réelle parmi les disciples du libre-choix, pour qui le Salut consiste simplement à réciter une prière pré-formulée par laquelle ils disent accepter Jésus comme leur Sauveur personnel. Peut-on dire vraiment qu'une telle conversion contient tous les éléments nécessaires aux Salut, comme nous venons de voir ci-haut ? Si non, il est évident que nous ne pouvons considérer ces gens comme des chrétiens authentiques. Leur situation nous indique qu'ils ont plutôt subi une certaine expérience de transformation, que nous savons être issue d'influences psychologiques qui peuvent modifiées le comportement et donner une apparence chrétienne. En effet c'est la pratique courante des prédicateurs Arminiens, particulièrement des télé-évangélistes, d'utiliser des techniques psychologiques qui produisent des effets voulus. Ce genre de salut dépend entièrement de leur foi et de leur obéissance évangélique, et non de l'appel efficace de la Grâce qui a pour objet le Seigneur Jésus-Christ. La foi et non l'objet de la foi devient pour ceux-ci l'élément essentiel, faisant du Salut un salut par les oeuvres méritoires de leur obéissance.
Il est important de remarquer que la Conversion est le résultat direct de l'appel intérieur qui produit la régénération ou nouvelle naissance indépendamment de celle-ci. Ce qui nous indique que la régénération vient avant la conversion, et que souvent il peut y avoir un laps de temps entre les deux avant qu'une personne vienne consciente de son appel et répondre par la foi. Ceci est un élément extrêmement important pour comprendre l'Alliance de la Grâce qui est issue de l'élection ; car nous entrons dans l'Alliance par la foi uniquement après avoir été régénéré par l'appel efficace et irrésistible de la Grâce. Notre réveil et notre union à Christ est ce qu'on appelle le Baptême du Saint Esprit par lequel nous sommes fait des nouvelles créatures et intégré au Corps de Christ
(Romains 6:3-5; 1 Corinthiens 12:13; Éphésiens 4:5). Ainsi dans l'ordre des choses, l'élection vient en premier et est suivie par l'appel efficace irrésistible qui nous régénère, et produit la conversion qui nous introduit dans l'Alliance de la Grâce avec toutes ses bénédictions spirituelles. Cet ordre est irréversible dans le contexte de la Souveraineté de Dieu, et ne peut être altéré par la volonté de l'homme ; quoique certains Théologiens et Pasteurs désirent ardemment le renverser à leur perte.
Chapitre 7
PERSÉVÉRANCE DES SAINTS OU ASSURANCE DU SALUT
À — Dieu est celui qui persévère pour nous :
Tous ceux qui furent choisis par Dieu, rachetés par Christ et auxquels l'Esprit a donné la foi sont sauvés éternellement. Ils sont gardés dans la foi par la puissance du Dieu tout-puissant et, par conséquent, persévèrent jusqu'à la fin. Leur salut est donc assuré et ne peut se perdre puisqu'il dépend de la Souveraineté de Dieu et non d'une faculté humaine.
À strictement parler, l'assurance du salut réside dans le fait que Dieu est celui qui persévère en notre faveur. On peut définir cela comme l'opération continuelle du Saint-Esprit dans le croyant, par laquelle l'oeuvre de la grâce divine commencée dans le coeur est continuée et amenée avec certitude à la perfection lors de la manifestation finale de la gloire de Christ. Elle est enseignée dans les textes suivants :
Proverbes 24:16; Jean 10:28-29; Romains 11:29; Philippiens 1:6; 2 Thessaloniciens 3:3; 2 Timothée 1:12; 4:18. C'est lorsque nous croyons à la vérité infaillible de la persévérance de Dieu que nous pouvons vivre dans cette vie et recevoir l'assurance de notre salut
(Hébreux 3:14; 6:11; 10:22; 2 Pierre 1:10). En dehors des cercles Calvinistes ou Souverainistes, cette doctrine ne trouve guère de faveur.
La persévérance des saints dans la foi a son fondement dans la certitude que Dieu préserve ses enfants rachetés. Elle est le don de Dieu sans aucun effort de la part des croyants, ces derniers la reçoivent par révélation de l'Esprit dans la Parole inspirée. Le Seigneur Jésus-Christ ayant véritablement expié leur faute, le péché n'est plus le maître tyrannique qui les asservit à son pouvoir ; ils ne sont plus soumis à la domination de Satan, car Christ les a délivrés de son joug. Plus rien ne peut les séparer de l'amour que Dieu leur a manifesté en Christ. Nul ne peut les ravir des mains du Bon Berger, car non seulement ils sont entre ses mains, ce qui est un style figuratif de leur préservation, mais ils font parti de son corps et Christ n'est pas manchot. Ils sont passés de la mort à la vie éternelle. Ils ont reçu une entrée libre dans le sanctuaire céleste. Avec une entière assurance, ils s'approchent du trône de la grâce
(Hébreux 11:1,6). Dieu demeure en eux et il leur réserve « dans les cieux un héritage qui ne se peut ni corrompre, ni souiller, ni flétrir... à vous qui êtes gardés par la foi pour le salut prêt à être révélé dans les derniers temps »
(1 Pierre 1:4-5).
B — La certitude du salut :
Notre certitude d'être ainsi gardés par Dieu repose entièrement sur ce que Christ a accompli durant son ministère actuel de Médiateur. Nous sommes sauvé par ce que Christ a fait et non par ce que nous faisons. Nous avons été réconciliés avec Dieu tandis que nous étions encore pécheurs. À plus forte raison, maintenant que nous sommes justifiés, serons-nous sauvés par lui de la colère à venir ; car si nous avons été réconciliés lorsque nous étions ennemis, nous serons sauvés par sa vie. Christ intercède au ciel en faveur des siens. À cause de son intercession parfaite, notre foi ne défaillira pas. Et quoique « le juste tombe sept fois, il sera relevé »
(Proverbes 24:16).
L'amour de Dieu révélé en Christ est un amour éternel. Dieu a aimé ceux à qui il a donné la foi dès avant la fondation du monde. Il ne se repentira pas de ses dons et de son appel. Ceux que Dieu a appelés seront aussi glorifiés. Son Alliance est immuable. Il n'arrête pas à mi-chemin ce qu'il a commencé. Il nous affermira jusqu'à la fin pour que nous soyons irréprochables au jour du Seigneur Jésus-Christ. Il nous conserve irrépréhensibles pour son avènement. Il ne permet pas que des tentations, qui seraient au-delà de nos forces, nous assaillent. À la fin des temps, période dans laquelle nous vivons présentement, il abrégera les jours de détresses, afin que les élus ne soient pas séduits et emportés par le Malin dans tous vents de doctrines, qui renversent la foi en la Souveraineté de Dieu pour la dignité et la souveraineté de l'homme. Ainsi la semence de Dieu demeure-t-elle en nous ; tout ce qui est né de Dieu vaincra le monde. La charité des enfants de Dieu demeure pour toujours.
Dieu nous garde. Notre « conservation dans la foi » par lui, ce don merveilleux qu'il nous fait, nous pousse inévitablement à lui soumettre notre foi dans un esprit d'amour et de gratitude. Ainsi nous aurons à coeur de nous maintenir dans l'amour de Dieu et des frères, un amour sans hypocrisie qui est basé solidement sur la vérité, car l'amour et la vérité sont inséparable. La vie du chrétien s'agit ainsi d'une vie de soumission dont l'origine se trouve dans la foi, d'une persévérance de cette soumission qui est celle des croyants. De bonnes oeuvres de foi sont issues de cette soumission par la reconnaissance que nous éprouvons pour l'oeuvre parfaite de Christ, laquelle demeure la base suffisante et exclusive du salut. La vie de conversion et de soumission n'est pas une contribution que nous aurions apportée en vue de la réconciliation. Elle n'est que la réponse indispensable à la promesse du salut reçue par la foi. Les oeuvres nécessaires sont celles qui manifestent la confiance totale du chrétien en la perfection de l'oeuvre de Christ. Il ne peut donc être question de coopération entre celle-ci et celle de la chair qui est impuissante autant au niveau de la sanctification que de la persévérance dans la foi. Les oeuvres accomplies par la soumission de la foi à Christ en nous, engendrent notre reconnaissance que JÉSUS EST SEIGNEUR, qu'il est NOTRE ROI SOUVERAIN. C'est Lui qui nous a délivré de la puissance du péché, et c'est Lui qui nous sanctifie et qui nous garde dans la foi ; et c'est à Lui que revient toutes les honneurs, toute la puissance et toute la gloire.
C — Quelques passages difficiles :
Il importe ici de toucher quelques passages de la Bible que certains ont des difficultés à comprendre et par lesquels ils parviennent à la fausse conclusion qu'un chrétien puisse perdre son salut. Les exhortations sont un moyen dont Dieu se sert pour garder les siens. On ne peut invoquer contre l'assurance du salut les passages relatifs à une éventuelle chute ou relapse des membres du corps de Christ en ce monde. Certes il y aura des chutes, mais ceux qui disent avoir définitivement abandonné la foi donneront l'évidence qu'ils ne l'avaient jamais eu ! Ainsi que l'affirme l'apôtre Jean, « ils sont partis du milieu de nous, mais ils n'étaient pas des nôtres ; car s'ils eussent été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous »
(1 Jean 2:19). Au début des premiers siècles, Augustin a parlé de l'inadmissibilité de l'amour. Si à un certain moment l'amour prend fin, l'explication certaine est qu'il n'a jamais existé. Procédons ainsi à regarder quelques passages dont « les ignorants et les mal-assurés tordent à leur propre perdition »
(2 Pierre 3:16).
| 1. |
— « Et vous serez haïs de tous à cause de mon nom ; mais celui qui persévérera jusqu'à la fin, c'est celui-là qui sera sauvé » (Matthieu 10:22).
Ce passage est souvent utilisé pour tenter de montrer que la persévérance est l'effort d'un chrétien, et que s'il néglige de persévérer dans la foi il perdra son salut. Ceux qui maintiennent une telle interprétation, négligent de réaliser que ce passage n'a aucun rapport avec notre salut éternel, mais qu'il s'applique uniquement aux douze apôtres qui reçurent l'ordre de Jésus d'aller prêcher l'Évangile seulement à ceux d'Israël (verset 5-6). Il est évident que c'est uniquement dans ce contexte historique que nous devons comprendre ce passage en question. Premièrement, le verbe « persévérer » dans ce passage provient du grec HUPOMÉNÔ dont les significations sont « demeurer, rester, endurer, persévérer, résister ». L'autre mot qu'il nous faut regarder est le mot « fin » qui en grec est TELOS et dont les significations sont « limite, conclusion, accomplissement, extrémité ». Le fait que Jésus dit à ses apôtres qu'ils « seront hais de tous », nous indique que l'expression « persévéra jusqu'à la fin » a plutôt la signification de « résister jusqu'à l'extrémité » devant la haine qu'ils encoururent de la part des Juifs incrédules. C'est une question d'endurance jusqu'à la limite afin d'être délivré (sauvé) du fardeau de cette épreuve lors du temps de tout leur ministère en Israël. La Parole de Dieu nous indique clairement que les apôtres furent délivrés à maintes reprises de la haine des Juifs, quoique non d'une manière absolue car souvent ils subirent des souffrances de leur part, mais ils résistèrent jusqu'au bout et furent « joyeux d'avoir été digne de souffrir des opprobres pour le nom de Jésus » (Actes 5:41). |
| 2. |
— « Mes brebis entendent ma voix, et je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle, elles ne périront jamais, et nul ne les ravira de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père. » (Jean 10:27-29).
Il importe de préciser davantage ces passages pour enlever toutes prétentions à ceux qui veulent renverser la foi. On entend souvent dire qu'il est peut-être vrai qu'un chrétien est dans la main de Dieu mais qu'il peut en sortir lui-même s'il le désire. Il faut dire que ces gens croient dans un Dieu faible qui n'a pas la capacité de garder les siens. Par une telle interprétation ils disent que la volonté de l'homme est plus puissante que la volonté de Dieu. Comme nous l'avons déjà remarqué, Jésus utilise ici une forme figurative pour expliquer l'assurance du salut à ses disciples, car le croyant fait partie du corps de Christ et n'en sera jamais séparé ni ne désirerait-il l'être, une telle pensée n'entrerait même pas dans son coeur. Seulement les réprouvés peuvent avoir de telles pensées et oser dire ou enseigner de telles abominations. Nous ne pouvons quitter de nous même la main de Dieu tout simplement parce que nous faisons partie de Sa main, et cela pour l'éternité. |
| 3. |
— « Que personne ne vous séduise en aucune manière ; car il faut que la révolte (l'apostasie) soit arrivée auparavant, et qu'on ait vu paraître l'homme du péché, le fils de la perdition, l'adversaire et celui qui s'élève au-dessus de tout ce qu'on appelle Dieu, ou qu'on adore, jusqu'à s'asseoir comme dieu dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même dieu. » (2 Thessaloniciens 2:3-4).
Le mot « apostasie » n'a pas manqué de stimuler l'imagination de ceux qui ont reçu « une puissance d'égarement pour croire au mensonge » qu'il est possible de perdre son salut. Pour justifier leur position, ces réprouvés disent que le mot « apostasie » signifie « abandonner la foi » et donc qu'il est possible à un chrétien d'abandonner la foi et perdre son salut. Il faut préciser qu'on ne peut pas perdre ce qu'on a pas. Dans le contexte de ces passages, le mot « apostasie » ne signifie pas abandonner la foi mais « renverser la foi » ou plus précisément « inverser la foi », c'est à dire « changer le sens de la foi » pour lui donner une autre signification qui s'y oppose intensément. Ainsi la Justification par la Foi est renversée pour lui donner le sens de « justification par le choix » et la Souveraineté de Dieu est renversée par la souveraineté de l'homme. La grande apostasie ou le renversement de la foi est la propagation de l'Arminianisme qui établit la souveraineté de l'homme en présentant un faux évangile, un faux salut, un faux Sauveur et un faux Dieu. Le titre de fils de perdition attribué à Judas qui a trahit Jésus (Jean 6:70-71) est ici une désignation collective, nous indiquant que l'Antichrist n'est nul autre que l'esprit de la justification par le choix dans une période où la souveraineté de l'homme dominera dans le christianisme. Il est évident aussi que cet esprit a son représentant officiel dans la papauté. Voici ces mêmes passages dans la Bible de l'Épée : « Que personne ne vous séduise en aucune manière ; car il faut que le renversement de la foi (l'apostasie) soit arrivée auparavant par la justification par le choix, et qu'on ait vu paraître l'homme du péché, le fils de la perdition, lui qui s'oppose comme souveraineté de l'homme sur tout ce qu'on proclame de Dieu, ou qu'on adore, siégeant comme Dieu dans un sanctuaire pour Dieu, montrant qu'il est lui-même Dieu. » (2 Thessaloniciens 2:3-4). |
| 4. |
— « Car ceux qui ont été une fois illuminés, qui ont goûté le don céleste, qui sont devenus participants du Saint-Esprit, Et qui ont goûté la bonne parole de Dieu, et les puissances du siècle à venir, Et qui sont tombés, il est impossible de les renouveler encore pour la repentance, puisqu'ils crucifient pour eux-mêmes le Fils de Dieu, et l'exposent à l'ignominie. Car la terre qui est abreuvée par la pluie qui tombe souvent sur elle, et qui produit une herbe appropriée à ceux pour qui elle est cultivée, reçoit une bénédiction de Dieu. Mais celle qui produit des épines et des chardons, est réprouvée et près d'être maudite ; sa fin est d'être brûlée. » (Hébreux 6:4-8).
Aucuns passages n'ont semé plus la terreur dans les coeurs de ceux qui sont mal-assuré de leur salut. Ils ont été éduqués à penser que ces passages parlent du péché contre le Saint-Esprit. Leurs esprits sont tourmentés parce qu'ils se demandent avec frayeur s'ils se sont rendus coupables de ce péché. Des pasteurs rapaces utilisent cette frayeur à leur avantage et prêchent la perte du salut à partir de ces passages dans le but de maintenir leurs membres sous contrôle et de dominer sur leur foi. Pour défaire leur emprise, et pour trouver le vrai sens de ces passages, il s'agit ici que de remarquer à qui cette épître s'adresse. Or il est évident qu'elle s'adresse aux Hébreux (au Juifs) et non aux Gentils, c'est à dire ceux qui ne sont pas de la race juive. Tout le long son contenu traite des pratiques de la loi sous l'ancienne alliance qui sont comparées à la nouvelle alliance dans le sang de Christ dans le but d'en ressortir les significations spirituelles applicables sous la grâce. Son message ne s'adresse pas à des chrétiens qui sont sauvés, mais à des Juifs incrédules qui persistent à se justifier par les oeuvres de la loi devant la délivrance de la grâce qui leur est présentée. Il est incontestable que les Juifs sont ceux « qui ont été une fois illuminés » et que tout le contexte de ces passages se rapportent uniquement à eux. L'apôtre Paul explique cela davantage dans son épître aux Romains : « Toi donc, qui portes le nom de Juif, et qui te reposes sur la loi, et qui te glorifies en Dieu ; Qui connaissent sa volonté, et discernes ce qui y est contraire, étant instruit par la loi ; Qui croient être le conducteur des aveugles, la lumière de ceux qui sont dans les ténèbres, Le docteur des ignorants, le maître des simples, ayant dans la loi la règle de la science et de la vérité ; Toi donc, qui enseignes les autres, tu ne t'enseignes pas toi-même !... » (Romains 2:17-20). C'est à cause de leur persistance à se justifier par la loi que Paul dit « qu'ils sont tombés et qu'il est impossible de les renouveler encore pour la repentance, puisqu'ils crucifient pour eux-mêmes le Fils de Dieu, et l'exposent à l'ignominie », car « personne ne sera justifié par les oeuvres de la loi » (Galates 2:16). Ils étaient donc impossible pour eux d'être « renouveler pour la repentance » car par leur rébellion devant la grâce, le sacrifice de Christ sur la croix « devient inutile » et Christ est dérobé des honneurs des mérites de son sacrifice. Aucune action n'est plus infâme, aucun enseignement n'est plus répugnant que celui de se justifier par les oeuvres de la loi. « Christ devient inutile à l'égard de vous qui voulez être justifiés par la loi ; et vous êtes déchus de la grâce » (Galates 5:4). Que cela serve d'avertissement aux Arminiens qui persistent à se justifier par le choix, faisant de la foi une faculté intellectuelle et du salut une décision personnelle, car il n'y a aucune différence entre la justification par la loi et la justification par le choix, les deux impliquent des efforts pour plaire à Dieu et les deux élèvent la dignité de l'homme et sa souveraineté au détriment de la Souveraineté de Dieu et de la Royauté de Christ. — Cette même explication s'applique aussi à Hébreux 10:26,38-39.
Contrairement à ces erreurs, la Parole de Dieu affirme que le croyant ne doit sa sanctification, sa persévérance dans la foi et l'assurance de son salut qu'à la grâce et au pouvoir de Dieu. Le Texte Sacré arrache donc le salut du pécheur élu à sa faible main pour le placer dans la main sûre et toute-puissante de Dieu, le Seigneur Jésus-Christ.
Dieu, Souverain de notre salut et de notre sanctification, garde ses élus comme il garde sa Parole. De cela nous voyons que la doctrine de la Persévérance est reliée intrinsèquement à l'Inspiration Perpétuelle et à la Préservation Providentielle des Saintes Écritures. De là est issue la Bible des Réformateurs, basée sur le Texte Reçu Grec et traduit en langue française, qui est la pure Parole de Dieu dans tout son intégralité, et complètement inspirée dans tout son contenu. |
Chapitre 8
ÉVANGILE DE LA SOUVERAINETÉ DE DIEU
À — L'Épée de l'Évangile :
Le message de la puissance de la grâce souveraine est une Bonne Nouvelle pour les élus et une méchante nouvelle pour les réprouvés. Les élus n'acceptent point Christ d'une manière active, mais reçoivent Christ d'une manière passive. L'Évangile est une épée à deux tranchants, un qui donne la vie éternelle et l'autre qui donne la mort éternelle. Dieu est Souverain dans la présentation et l'effet du message, et non point l'homme pécheur. Le salut est inconditionnel à la foi car il provient de la prédestination avant la fondation du monde. La foi n'est que le moyen déterminé par Dieu au même moment et donné de Lui pour amener les élus à Christ. Le pécheur élu est justifié par la foi qui lui a été donné d'avoir par la Parole de Dieu, et cela de par son élection. Son obéissance n'est pas essentielle à son salut, mais il marche continuellement dans la soumission et l'application de sa foi en Christ dans une confiance certaine engendré par le Saint-Esprit. Celle-ci provient de l'oeuvre que Dieu a commencé en ses élus et qu'il rendra parfaite. La justification par la foi annule complètement la justification par le choix.
B — La Situation Contemporaine :
La situation contemporaine parait contredire la bonne nouvelle du Salut par la grâce souveraine, particulièrement parmi les groupes évangéliques qui l'ont transformé en salut par les oeuvres par leur proclamation d'un faux Évangile du libre-choix. Mais la Rédemption est un acte décisif de la Souveraineté de Dieu, unique dans l'Histoire qui s'est accompli il y a deux mille ans et qui dure autant que l'histoire du monde. Le mal est vaincu, le péché n'est plus le maître du monde, les élus ont été rachetés par le Fils de Dieu.
Il importe donc de clarifier quelques termes qui se rapportent au glorieux Évangile du salut par la grâce. Pourquoi les chrétiens à travers le monde croient-ils en un Christ crucifié ? C'est parce que, lors de la mort de Jésus, cinq choses se sont accomplies :
| 1. |
La Rédemption :
Dans la Sainte Bible, ce mot signifie qu'une somme d'argent a été payée pour le rachat d'un esclave. Il s'agit de la libération de celui ou celle qui est retenu en esclavage ou en prison. Le rachat était pratiqué chez les romains du temps de Jésus comme dans l'antiquité. Les paroles mêmes du Christ nous montrent que sa mission dans le monde fut une mission de rachat au moyen d'une rançon. Il déclara qu'il n'était pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon uniquement pour les siens. Nous voyons dans Psaumes 49:7-8 (Bible Martin), qu'un homme ne pourra jamais payer une telle rançon pour son âme, le prix est trop considérable. Seulement Jésus, qui est Dieu manifesté dans la chair, peut payer ce prix pour les siens. Dans ce contexte la Rédemption est particulière, c'est à dire qu'elle est limitée aux élus et non à tous les hommes. II voyait les pécheurs élus liés à Satan, enchaînés par leurs propres convoitises, esclaves du mal. Et d'une manière extraordinaire, dont Dieu Seul a le secret, Jésus a payé le prix de la libération de ceux qu'il a choisi en mourant sur le bois du mont Calvaire, subissant le châtiment éternel qui nous était réservé. Dans l'offre particulière de sa grâce Christ a payé le prix uniquement pour ses élus, autrement il nous faudrait parler d'un salut universel, ce qui est contraire aux Saintes Écritures. L'offre particulière du salut se rapporte uniquement aux élus (ceux qu'Il a choisit avant la fondation du monde), et cela selon la Souveraineté de Dieu indépendamment du choix de l'homme. |
| 2. |
L'Expiation :
Expier est la traduction du verbe arabe "Kafara" (Takfir), qui signifie couvrir. Son sens est merveilleux, au-dessus de la portée de l'homme ordinaire. Ce mot signifie que sur la croix le Christ a répondu aux exigences de la loi morale pour chacun d'entre nous, et qu'il a pris le péché de son peuple particulier sur lui. Le principe de la loi est que le mal doit être puni. Principe formulé dans la Sainte Bible à maintes reprises : "Dieu ne tient pas le coupable pour innocent". Contrairement aux idées modernes subversives qui se véhiculent dans certains groupes qui disent que Dieu aime tous les hommes, il nous faut spécifier que Dieu n'aime pas le pécheur ni le péché. Et nous savons que tous les hommes ont péché et sont privés de la gloire de Dieu, et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption (du rachat) qui est dans le Christ Jésus. Sur la croix notre condamnation éternelle a tombé sur Lui. Pour un moment, sur cette croix, le temps a touché à l'éternité et Christ a payé le châtiment éternel qui nous était réservé. Expier c'est endurer une peine que d'autres ont méritée. Le pardon des péchés dépend de la doctrine de l'Expiation. Or la mort de Jésus-Christ sur la croix fournit les deux éléments suivants :
| a) |
Témoignage d'un amour sacrificiel sublime, la mort de Christ brise la révolte et l'orgueil du pécheur élu en même temps qu'elle lui montre les horribles conséquences de son péché. Elle crée la capacité du repentir dans le coeur attristé par sa condition. |
| b) |
Sacrifice du Saint et du Juste qui meurt à la place des coupables, la mort de Christ ouvre à Dieu le moyen de pardonner, puisque sa justice a été satisfaite. |
|
| 3. |
La Réconciliation :
La Sainte Bible affirme que tous les hommes sont des ennemis de Dieu, hommes femmes ou enfants. Mais lorsque nous étions encore pécheurs, c'est-à-dire ennemis de Dieu, Christ est mort pour nous, afin de nous réconcilier avec Dieu. Être réconcilié, c'est être ramené dans une relation parfaite avec Dieu. Dieu a décrété que ses élus seraient réconciliés, son Esprit nous pousse chacun et chacune, à abandonner notre péché et reconnaître en toute humilité que le Christ, dans son amour, nous assure la réconciliation avec Dieu comme notre seul Médiateur. |
| 4. |
La Justification :
C'est-là ce que Dieu opère pour nous en changeant notre d'attitude. La Bible enseigne que, même si Dieu est un Dieu d'amour et de miséricorde, Il est aussi un Dieu de justice. L'homme a violé la loi : il lui faut plus que le pardon, plus que la purification, il lui faut la grâce d'une vie nouvelle. Il a besoin d'être mis en présence de Dieu comme s'il n'avait jamais péché, il a besoin d'être rectifié. C'est cela la justification. Être "recréé" juste devant Dieu, c'est bien plus qu'être pardonné. Le mot justification devrait signifier pour nous "être comme si nous avions toujours été innocents". Nous ne pouvons pas être justifiés par nos propres bonnes oeuvres, ni par notre propre volonté ou notre choix personnel (Jean 1:12-13). Gardons-nous de la fausse doctrine de la justification par le choix enseignée dans les mouvements évangéliques. Le salut n'est pas une décision personnelle comme proclament ces hérétiques. Nous sommes justifiés par Jésus-Christ seul. Nous devons croire en Jésus-Christ, qui a acquis notre justification par sa mort sur la croix. Soulignons que la foi est un don de Dieu et non une faculté humaine. La Bible dit : "Ils sont gratuitement justifiés par la grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ." La justice de Dieu a été satisfaite par Jésus-Christ, et le chemin de la justification, c'est la foi qu'Il nous donne d'avoir en Lui. |
| 5. |
La Substitution :
Dans les sacrifices d'expiation de l'Ancien Testament, le sacrificateur posa sa main sur la tête de la victime, celui qui offre un sacrifice s'identifie avec la victime offerte en sacrifice (Lévitique 4:4) et voit en elle son représentant : elle lui est substituée. Dans le chapitre 53 du livre d'Ésaïe, nous voyons que le Messie ou Christ a porté nos péchés sur lui (verset 4-6,11-12), c'est ce qui se nomme « la substitution ». Par la grâce nous sommes donné de croire que Jésus est vraiment mort sur la croix comme notre substitut pour que nous soyons justifiés ; plus, nous sommes révélés que nous sommes morts en Lui avec Lui. C'est en plein cela que signifie l'expression « Expiation Vicariale », car le terme « vicaire » signifie « substitut », nous indiquant ainsi que Christ est mort à notre place comme notre substitut, qu'il subit sur lui-même la pleine colère de Dieu pour nos péchés à notre place. De cette substitution vient notre délivrance.
Un des éléments des plus important à se rappeler sur le sujet de la substitution est que la vie entière de Christ est une vie substitutive envers ses élus, particulièrement son ministère de trois ans et demi. De quelque manière et de différentes façons, chaque élu traverse l'expérience de la vie de Christ dans certaines phases de sa vie.
Voilà donc pour ceux qui croient, les bienfaits qui découlent de "la croix" tant décriée. Elle n'a, en elle-même, aucun pouvoir magique, mais elle est d'une importance capitale dans la mesure où elle est le signe de ce que le Christ a accompli, une fois pour toutes, pour nous tous. Pour vous, elle n'aura son sens seulement quand vous serez donné de renoncer à vous-mêmes, de vous humilier et de reconnaître le Christ comme votre Sauveur, votre Roi, et votre Dieu. Vous pouvez, vous aussi, dans notre monde troublé, posséder une paix qui surpasse toute intelligence et une joie qui ne peut vous être ôtée, lorsque votre confiance est dirigée dans l'amour sacrificiel de Dieu manifesté sur la croix, en Jésus-Christ.
Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié, une folie ? Non, mille fois non, c'est-là, au contraire, "la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait destinée pour notre gloire." |
C — Le Vrai Évangile et les contrefaçons :
L'Apôtre Paul vivait une grande détresse et une angoisse quand il écrivit sa lettre aux Galates. La Gloire de Dieu ainsi que le salut de plusieurs étaient en jeu. De faux enseignants l'avaient suivi et altéré l'Évangile qu'il prêchait. Ils ne reniaient pas la foi en Christ pas plus qu'ils ne rejet