La Bible de Genève 1669
Louys & Daniel Elzevier
(Édition en français actualisé 2005-2006)


LE LIVRE DE L'ECCLÉSIASTE
(ou du Précheur, appellé en Hebreu KOHELETH).


ARGUMENT

Plusieurs savants sont persuadés que Salomon a écrit ce livre étant déjà fort vieux et sur la fin de sa vie, après s'être longtemps écarté du droit chemin de la piété et de la vertu, et s'être enfin repenti et converti au Seigneur. (Voir ce que nous avons remarqué 2 Chroniques 2, sur le v. 17.) Il y déclare par l'inspiration du Saint Esprit, et devant toute l'Eglise de Dieu, le regret et le déplaisir qu'il avait conçût de sa vie passée, en la détestant comme n'ayant été que pure vanité, incapable de donner à personne quelque véritable repos ou quelque solide contentement d'esprit, beaucoup moins de le mener à la jouissance du souverain bien et du salut éternel: Et son but est pareillement de conduire tous les autres par son exemple à la piété et à la probité. Pour cet effet, il décrit premièrement en bref tout le cours de sa vie, et ce en quoi il avait principalement établi son plaisir et sa satisfaction. Et puis il rapporte aussi d'avoir pris garde à la conduite et à la conversation des mortels, et examiné à quoi ils s'étudient et s'attachent avec plus d'application, et reconnu que le tout n'est autre chose que vanité mêlée de plusieurs pensées criminelles et impies: Il déclare de plus, que le monde, son être, ses biens, ses plaisirs, ses accidents et ses ordres, étant tout-à-fait vicieux et corrompus par la vanité que le péché y a introduit, puisque tout y est passager en sa durée, incertain en sa conduite, inégal sa teneur, dénué d'une félicité durable, le sage n'y doit point asseoir ses espérances, ni y mettre son coeur, pour en désirer passionnément les biens, ou penser en corriger ou éviter tous les désordres et tous les maux: mais il se doit éjouir modérément, sans chagrin et sans avarice, bien qu'avec soin et diligence, en sa légitime vocation, en la jouissance passagère des bénédictions qu'il aura reçues de la main libérale du Seigneur; conformant ses sentiments, et ses mouvements de joie ou de tristesse, à la variété des teins et des accidents qui surviennent en cette vie, par la dispensation de la toute-sage et toute-puissante Providence de Dieu, qui gouverne tout cet univers selon qu'il lui plaît; sans que les choses s'y fassent simplement à l'aventure et que la conduite en soit absolument hasardeuse, comme plusieurs se l'imaginent faussement. Enfin il exhorte les hommes de se remettre à la conduite de la véritable Sagesse, en craignant Dieu sincèrement, lui obéissant fidèlement, et s'appliquant constamment à toute sorte de bonnes oeuvres; se proposant toujours devant les yeux, surtout pendant qu'ils sont encore jeunes, vigoureux et de bon sens, l'incertitude de cette vie, la certitude de la mort, la terreur du jugement inévitable de Dieu, et les joies de l'éternité: Tellement que ce livre se peut nommer à bon droit, le trésor des enseignements de la vraie félicité et du souverain bien de l'homme. Quand à ce qui en concerne l'inscription, il s'appelle Koheleth en Hébreu, et Ecclésiaste en Grec: Le mot de Koheleth, qui ne se trouve qu'en ce livre, vient de Kahal, qui signifie autant qu'assembler, ou convoquer; tellement que Koheleth, vaudrait autant qu'une âme ou une personne, qui convoque et rassemble les autres: Car aussi tous les hommes sont de leur nature des brebis éparses et égarées; mais Dieu envoie ses serviteurs, comme de bons bergers pour rassembler: Quelques-uns pensent que ce soit l'un des noms propres de Salomon, qui fut aussi appelé Jédidja, et Lémuel; ce qu'ils infèrent même de ce qu'étant d'une terminaison en apparence féminine, il se joint pourtant toujours à un verbe masculin, amar Koheleth: Tel est aussi le sentiment de plusieurs hommes célèbres entre les maîtres des Juifs. Et quand au titre Grec, ce mot Ecclésiaste, signifie proprement le Prêcheur: Ce qui ne se doit pas prendre, comme si Salomon se fût appliqué personnellement à prêcher devant le peuple, (car cela était proprement de la charge des Prophètes, des Sacrificateurs et des Lévites) mais parce qu'en ce livre il propose à toute l'Eglise, comme un sermon excellent, et une homélie exquise, fournie d'instructions et d'exhortations salutaires et de grande édification. Bien qu'il se puisse faire que lui-même l'ait lu ou fait lire au Temple devant tout le peuple. D'autres entendent par l'Ecclésiaste, celui qui fait un discours public en l'Eglise, comme faisaient autrefois ceux qui confessaient publiquement et devant tous les fidèles les péchés qu'ils avaient commis, et protestaient solennellement de leur repentance.

1:1
 LES paroles du Prêcheur, fils de David, roi à Jérusalem.

1:2
VANITÉ des vanités, dit le Prêcheur: vanité des vanités, tout est vanité.

1:3
Quel avantage a l'homme de tout son travail, auquel il travaille sous le soleil?

1:4
Une génération passe, et l'autre génération vient; mais la terre demeure toujours ferme.

1:5
Le soleil aussi se lève, et le soleil se couche, et ahane vers son lieu, d'où il se lève.

1:6
Le vent va vers le Midi, et tournoie vers l'Aquilon, il va tournoyant çà et là, et retourne à ses circuits.

1:7
Tous les fleuves vont en la mer, et la mer n'en est point remplie: les fleuves retournent au lieu d'où ils étaient partis, pour revenir en la mer.

1:8
Toutes choses travaillent plus que l'homme ne saurait dire: l'oeil n'est jamais saoul de voir, ni l'oreille assouvie d'ouïr.

1:9
Ce qui a été, c'est ce qui sera. Et ce qui a été fait, c'est ce qui se fera, et n'y a rien de nouveau sous le soleil.

1:10
Y a-t'il quelque chose dont on puisse dire, Regarde cela, il est nouveau? il a déjà été és siècles qui ont été devant nous.

1:11
 Il n'est point de mémoire des choses qui ont précédé, aussi ne sera-t'il point de mémoire des choses qui seront au temps à venir, entre ceux qui seront puis après.

1:12
Moi le Prêcheur, j'ai été roi sur Israël à Jérusalem:

1:13
Et j'ai donné mon coeur à rechercher, et sonder par sapience tout ce qui se faisait sous les cieux, qui est une occupation fâcheuse que Dieu a donnée aux humains, afin qu'ils s'y occupent.

1:14
J'ai regardé tout ce qui se faisait sous le soleil, et voila, tout est vanité, et rongement d'esprit.

1:15
Ce qui est tortu ne se peut redresser: et ce qui défaut ne se peut nombrer.

1:16
Je parlais en mon coeur, disant, Voici, je me suis agrandi et accru en sapience, par dessus tous ceux qui ont été devant moi sur Jérusalem, et mon coeur a vu beaucoup de sapience et de science.

1:17
Et j'ai adonné mon coeur à connaître que c'est de sapience, et à connaître que c'est de sottises et folie, mais j'ai connu que cela aussi était un rongement d'esprit.

1:18
Car là où il a abondance de sa sapience, il y a abondance de chagrin: et qui s'accroît science, s'accroît fâcherie.

2:1
 J'AI dit en mon coeur, Or çà, que je t'éprouve maintenant par la joie, et prends du bon temps: et voila, cela aussi est vanité.

2:2
J'ai dit touchant le rire, il est insensé: et touchant le joie de quoi sert-elle?

2:3
J'ai recherché en mon coeur le moyen de me traiter délicatement, et que mon coeur cependant s'accoutumât à sapience, et comprît que c'est de folie, jusques à ce que je visse ce qui serait bon aux hommes de faire sous les cieux, pendant les jours de leur vie.

2:4
Je me suis fait des choses magnifiques: je me suis bâti des maisons: je me suis planté des vignes.

2:5
Je me suis fait des jardins et des vergers, et y ai planté des arbres fruitiers de toutes sortes.

2:6
Je me suis fait des étangs d'eaux, pour en arroser le parc planté d'arbres.

2:7
J'ai acquis des serviteurs et des servantes, et j'ai eu des serviteurs nés en ma maison, et j'ai eu plus de gros et menu bétail que tous ceux qui ont été devant moi en Jérusalem.

2:8
Je me suis aussi amassé de l'argent et de l'or, et des plus précieux joyaux qui se trouvent par devers les rois et parmi les provinces: je me suis acquis des chantres et des chanteresses, et les délices des hommes, une harmonie d'instruments de musique, voire plusieurs harmonies de toutes sortes d'instruments:

2:9
Et me suis fait grand, et suis accru plus que tous ceux qui ont été devant moi à Jérusalem: et ma sapience a persévéré avec moi.

2:10
Bref, je n'ai rien refusé à mes yeux de tout ce qu'ils ont demandé, et n'ai épargné aucune joie à mon coeur: car mon coeur s'est réjoui de tout mon labeur: et ç'a été tout ce que j'ai eu de tout mon labeur.

2:11
Mais ayant avisé à toutes mes oeuvres que mes mains avaient faites, et à tout le travail auquel je m'étais travaillé en les faisant: voila, tout était vanité, et rongement d'esprit, tellement que l'homme n'a aucun avantage de ce qui est sous le soleil.

2:12
Puis je me suis mis à voir tant sapience, que sottises, et folie: (car où en viendrait l'homme qui voudrait aller après le roi en ce qui a été déjà fait?).

2:13
Et j'ai vu que la sapience a beaucoup d'avantage par-dessus la folie, comme la lumière a beaucoup d'avantage par-dessus les ténèbres.

2:14
Le sage a ses yeux en sa tête, et le fou chemine en ténèbres: mais j'ai bien connu aussi qu'un même accident adviendra à eux tous.

2:15
Pourtant ai-je dit en mon coeur, Il m'adviendra ainsi comme au fou: de quoi donc me servira-t'il alors d'avoir été plus sage? Par quoi j'ai dit en mon coeur que cela aussi était vanité.

2:16
Car il ne sera point de mémoire à toujours du sage non plus que du fou: pource que déjà és jours qui suivent tout s'oublie: et comment le sage meurt-il ainsi que le fou?

2:17
Pourtant ai-je haï cette vie: à cause que les choses qui se sont faites sous le soleil m'ont déplu, d'autant que tout est vanité, et rongement d'esprit.

2:18
J'ai aussi haï tout mon travail, auquel j'ai sous le soleil, d'autant que je le laisserai à l'homme qui sera après moi.

2:19
Et qui sait s'il sera sage ou fou? néanmoins il sera seigneur de tout mon travail, auquel j'ai travaillé, et de ce en quoi j'ai été sage sous le soleil. Cela aussi est vanité.

2:20
Par quoi je me suis mis à faire que mon coeur perdît toute espérance de tout le travail auquel j'avais travaillé sous le soleil.

2:21
Car il y a tel homme duquel le travail a été après sapience, science, et adresse, lequel néanmoins le laisse à celui, qui n'y a point travaillé, comme étant sa part. Cela aussi est vanité et grande fâcherie.

2:22
Car qu'est-ce que l'homme a de tout son travail, et du rongement de son coeur, dont il se travaille sous le soleil?

2:23
Car tous ses jours ne sont que douleurs, et son occupation que chagrin: mêmes la nuit son coeur ne repose point. Cela aussi est vanité.

2:24
N'est-ce pas donc le bien de l'homme qu'il mange et boive, et fasse que son âme jouisse du bien en son travail? de fait j'ai vu que cela est de la main de Dieu.

2:25
Car qui en mangera, et qui s'en sentira plutôt que moi?

2:26
Car Dieu donne à celui qui lui plaît, sapience, science, et joie: mais il donne au pécheur occupation à recueillir et assembler: afin que cela soit donné à celui qui lui plaît. Cela aussi est vanité, et rongement d'esprit.

3:1
 A toute chose sa saison, et à toute affaire sous les cieux, son temps.

3:2
Temps de naître, et temps de mourir: temps de planter, et temps d'arracher ce qui est planté:

3:3
Temps de tuer, et temps de guérir: temps de démolir, et temps de bâtir:

3:4
Temps de pleurer, et temps de rire: temps de mener deuil, et temps de sauter:

3:5
Temps d'épardre des pierres, et temps de les recueillir: temps d'embrasser, et temps de s'éloigner d'embrassement:

3:6
Temps de chercher, et temps de laisser perdre: temps de garder et temps de rejeter:

3:7
Temps de déchirer, et temps de coudre: temps de se taire, et temps de parler:

3:8
Temps d'aimer, et temps de haïr: temps de guerre, et temps de paix.

3:9
Quel avantage a celui qui travaille, de ce en quoi il se travaille?

3:10
J'ai considéré cette occupation que Dieu a donné aux hommes pour s'y occuper.

3:11
Il a fait toutes choses belles en leur temps: aussi a-t'il mis le monde en leur coeur, sans toutefois que l'homme puisse comprendre l'oeuvre que Dieu a faite de bout à autre.

3:12
Par quoi j'ai connu qu'il n'est rien meilleur entre les hommes, que de s'éjouir et de faire bien en sa vie.

3:13
Et même que chacun mange, et boive, et jouisse du bien de tout son travaille; c'est don de Dieu.

3:14
J'ai connu que quoi que Dieu fasse, c'est toujours lui-même: on ne saurait qu'y ajouter, ni qu'en diminuer. Et Dieu le sait, afin qu'on ait crainte de lui.

3:15
Ce qui a été, est maintenant: et ce qui doit être, a déjà été: et Dieu rappelle ce qui est passé.

3:16
J'ai vu davantage sous le soleil, qu'au lieu ordonné pour juger il y a méchanceté: et au lieu ordonné pour faire justice, là est la méchanceté.

3:17
 Et j'ai dit en mon coeur, Dieu jugera le juste et l'injuste: car il y a là un temps pour toute chose, et sur toute oeuvre.

3:18
J'ai pensé en mon coeur sur l'état des hommes, que Dieu les en éclairerait, et qu'ils verraient qu'ils ne sont que des bêtes.

3:19
Car l'accident qui advient aux hommes, et l'accident qui advient aux bêtes, est un même accident: quelle est la mort de l'un, telle est la mort de l'autre: et ils ont tous un même souffle: et l'homme n'a point d'avantage par-dessus la bête: car tout est vanité.

3:20
Tout va en un même lieu: tout a été fait de poudre, et tout retourne en poudre.

3:21
Qui est-ce qui connaît que le souffle des humains est celui qui monte en haut, et le souffle de la bête est celui qui descend en bas en terre?

3:22
J'ai donc connu qu'il n'y a rien meilleur, sinon que l'homme s'éjouisse en ce qu'il fait, d'autant que c'est là sa portion: car qui est-ce qui le ramènera pour voir ce qui sera après lui?

4:1
 PUIS je me suis mis à regarder tous les torts qui se font sous le soleil: et voila les larmes de ceux auxquels on fait tort, et ils n'ont point de consolation: et la force est du côté de ceux qui leur font tort, et ils n'ont point de consolateur.

4:2
Par quoi je prise plus les morts, qui sont déjà morts, que les vivants qui sont vivants encore.

4:3
Même j'estime celui qui n'a pas encore été, plus heureux que les uns et les autres: car il n'a point vu les oeuvres mauvaises qui se font sous le soleil.

4:4
Puis j'ai regardé tout le travail, et toute l'adresse de chaque métier, et j'ai vu qu'il y a envie de l'un sur l'autre. Cela aussi est vanité, et rongement d'esprit.

4:5
Le fou tient ses mains pliées, et se consume soi-même, disant,

4:6
Mieux vaut plein le creux de la main, avec repos, que pleines les deux paumes, avec travail et rongement d'esprit.

4:7
Puis je me suis mis à regarder une autre vanité sous le soleil.

4:8
 C'est qu'il y tel qui est seul, et n'a point de second, aussi n'a-t'il ni fils ni frère, et toutefois il ne met nulle fin à son travail, même son oeil ne voit jamais assez de richesses, et ne pense point, Pour qui est-ce que je travaille, et que je prive ma personne de bien? Cela aussi est vanité, et une fâcheuse occupation.

4:9
Deux valent mieux qu'un: car ils ont meilleur loyer de leur travail.

4:10
Même si l'un tombe l'autre relèvera son compagnon: mais malheur à celui qui est seul: d'autant qu'étant tombé il n'y aura point d'autre personne pour le relever.

4:11
Si aussi deux dorment ensemble, ils en auront plus de chaleur: mais celui qui est seul, comment aura-t'il chaud?

4:12
Que si quelqu'un force l'un ou l'autre, les deux lui pourront résister, et la corde de trois cordons ne se rompt pas si-tôt.

4:13
Mieux vaut l'enfant pauvre et sage, que le roi ancien et fou, qui ne sait plus que c'est d'être admonesté.

4:14
Car il y a tel qui sort de prison pour régner, et de même il y a tel qui étant né roi, devient pauvre.

4:15
J'ai vu tous les vivants cheminant sous le soleil, suivre le parti de l'enfant second après lui, qui doit être en sa place.

4:16
Tout ce peuple-là, à savoir tous ceux qui ont été devant ceux-ci, n'ont point trouvé en qui s'arrêter. Ces derniers de même ne s'éjouiront point de celui-ci. Certainement cela aussi est vanité et rongement d'esprit.

5:1
 QUAND tu entreras en la maison de Dieu prends garde à ton pied: et approche-toi pour ouïr, plutôt que pour donner ce que donnent les fous, à savoir le sacrifice: car ils ne savent point qu'ils font mal.

5:2
Ne te précipite point à parler, et que ton coeur ne se hâte point de proférer aucune parole devant Dieu: car Dieu est és cieux, et toi sur la terre: pourtant use de peu de paroles.

5:3
Car comme le songe vient de la multitude des occupations, ainsi sort la voix des fous de l'abondance des paroles.

5:4
Quand tu auras voué quelque voeu à Dieu, ne délaye point de l'accomplir, car il ne prend point de plaisir és fous: accompli donc ce que tu auras voué.

5:5
Mieux vaut que tu ne voues point, que de vouer et ne l'accomplir point.

5:6
Ne permets point que ta bouche te fasse pécher, et ne dis point devant le messager de Dieu, que c'est ignorance. Pourquoi se courroucerait l'Eternel sur ta parole, et dissiperait l'oeuvre de tes mains?

5:7
Car comme en la multitude des songes il y a des vanités, aussi y en a-t'il beaucoup en la multitude des paroles: mais crains Dieu.

5:8
Si en la province tu vois qu'on fasse tort au pauvre, et que le droit soit violé et la justice, ne t'ébahi point de telle manière de faire. Car un plus haut élevé que ce haut élevé y prend garde: et il y en a des plus haut élevés qu'eux.

5:9
La terre a un avantage par-dessus toutes choses. Le roi est asservi au champ.

5:10
Qui aime l'argent, n'est point assouvi par l'argent: et qui aime grand train n'est pas nourri. Cela aussi est vanité.

5:11
Où il y a beaucoup de bien, là sont beaucoup qui le mangent: et quel profit en revient-il à son maître, sinon qu'il le voit de ses yeux?

5:12
Le dormir de celui qui laboure est doux, soit qu'il mange peu, ou beaucoup: mais le rassasiement du riche ne le laisse point dormir.

5:13
Il y a un mal fâcheux que j'ai vu sous le soleil, c'est que les richesses sont conservées à leurs maîtres, afin qu'ils en aient du mal.

5:14
Et ces richesses-là périssent par quelque fâcheux accident, de sorte qu'on aura engendré un enfant, et il n'aura rien entre ses mains.

5:15
 Un tel homme comme il est sorti du ventre de sa mère, il s'en retournera nu, s'en allant comme il est venu, et n'emportera rien de son travail auquel il a employé ses mains.

5:16
 C'est aussi ici un mal fâcheux, que tout ainsi qu'il est venu, aussi s'en va-t'il: et quel avantage a-t'il d'avoir travaillé après du vent?

5:17
Il mange aussi tous les jours de sa vie en ténèbres, et se chagrine beaucoup, et son mal vient jusques à forcenerie.

5:18
Voila donc ce que j'ai vu, que c'est une chose qui est bonne et qui est belle à l'homme, de manger et boire, et de jouir du bien de tout son travail qu'il aura pris sous le soleil, durant les jours de sa vie que Dieu lui a donnés; car c'est là sa portion.

5:19
Aussi ce que Dieu donne à l'homme quel qu'il soit, des richesses et des biens, dont il le fait maître pour en manger, et pour en prendre sa part, et pour s'éjouir de son travail, c'est un don de Dieu.

5:20
Car il n'a point beaucoup de remords des jours de sa vie, d'autant que Dieu lui donne la joie en son coeur.

6:1
 IL y a un mal que j'ai vu sous le soleil, qui est fréquent entre les hommes:

6:2
 A savoir qu'il y a tel homme auquel Dieu donne des richesses, des biens, et des honneurs, tellement que rien ne défaut à son âme de tout ce qu'il saurait souhaiter: mais Dieu ne l'en fait pas maître pour en manger, mais un étranger le mangera. Cela est vanité, et un mal fâcheux.

6:3
Si un homme en engendre cent, et vit plusieurs années, de sorte qu'il ait des jours et des ans tant et plus: néanmoins si son âme ne jouit d'aucun bien, et même s'il n'a point eu sépulture, je dis qu'un avorton vaut mieux que lui.

6:4
Car il est venu en vain, et s'en est allé en ténèbres, et son nom a été couvert de ténèbres.

6:5
Même de ce qu'il n'aura point vu le soleil, ni rien connu, il aura eu plus de repos que celui-là.

6:6
Que s'il vivait par deux fois mille ans, et ne jouissait d'aucun bien, tous ne vont-ils pas en un même lieu?

6:7
Tout le travail de l'homme est pour sa bouche, et toutefois son désir n'est jamais assouvi.

6:8
Car qu'est-ce que le sage a plus que le fou? ou avantage a l'affligé qui sait cheminer devant les vivants?

6:9
Mieux vaut ce qu'on voit de ses yeux, que si l'âme vague çà et là. Cela aussi est vanité et rongement d'esprit.

6:10
Le nom de ce qui a été, a été pieça nommé: et savait-on ce que devait être l'homme, et qu'il ne pourrait débattre avec celui qui est plus fort que lui.

6:11
Quand on a beaucoup, on a tant plus de vanité; quel avantage en a l'homme?

6:12
Car qui est-ce qui connaît ce qui est bon à l'homme en sa vie, pendant les jours de la vie de sa vanité, et lesquels il passe comme un ombre? voire qui est-ce qui déclarera à l'homme ce qui sera après lui sous le soleil?

7:1
 MIEUX vaut la renommée que le bon parfum: et le jour de la mort, que le jour de la naissance.

7:2
Mieux vaut aller en la maison de deuil, qu'aller en la maison de festin: d'autant qu'en celle-là est la fin de tout homme, et le vivant met cela en son coeur.

7:3
Mieux vaut être fâché que rire: d'autant que par la tristesse du visage le coeur devient joyeux.

7:4
Le coeur des sages est en la maison de deuil: mais le coeur des fous en la maison de joie.

7:5
Mieux vaut ouïr comme on est tancé du sage, que d'ouïr la chanson des fous.

7:6
Car quel est le bruit des épines sous le chaudron, telle est la gaudisserie du fou. Cela aussi est vanité.

7:7
Certainement l'oppression fait perdre le sens au sage: et le don fait perdre l'entendement.

7:8
Mieux vaut la fin de quelque chose, que son commencement: mieux vaut l'homme d'esprit patient, que l'homme d'esprit hautain.

7:9
Ne te précipite point en ton esprit pour te dépiter: car le dépit réside au sein des fous.

7:10
Ne dis point, Qu'y a-t'il eu que les jours passés ont été meilleurs que ceux-ci? car ce que tu t'enquiers de cela ne vient point de sagesse.

7:11
La sagesse est bonne avec héritage, et ceux qui voient le soleil en reçoivent de l'avantage.

7:12
Car on est à couvert à l'ombre de la sapience, aussi-bien qu'à l'ombre de l'argent: même la science a cet avantage que la sapience fait vivre celui qui en est doué.

7:13
Regarde l'oeuvre de Dieu: car qui est-ce qui pourra redresser ce qu'il aura tors?

7:14
Au jour du bien, use du bien, et au jour d'adversité, prends-y garde; car aussi Dieu a fait l'un à l'opposite de l'autre, afin que l'homme ne trouve rien à redire après lui.

7:15
J'ai vu tout ceci és jours de ma vanité: Il y a tel juste, qui périt en sa justice: et y a tel méchant, qui allonge ses jours en sa malice.

7:16
Ne sois point trop juste, et ne te fais pas plus sage qu'il ne faut: pourquoi t'en rendais-tu éperdu?

7:17
Ne sois point trop méchant, et ne sois point trop fou: Pourquoi mourrais-tu hors de ton temps?

7:18
 Il est bon que tu retiennes ceci, et qu'aussi tu ne retires point ta main de l'autre. Certainement qui craint Dieu sortira de toutes ces choses.

7:19
La sapience donne plus de force au sage, que dix gouverneurs qui seraient en une ville.

7:20
Certainement il n'y a point d'homme juste en la terre, qui fasse bien, et qui ne pèche.

7:21
Ne mets point aussi ton coeur à toutes les paroles qu'on dira, afin que tu n'oyes ton serviteur te maudissant.

7:22
Car aussi plusieurs fois ton coeur a connu que tu as pareillement maudit les autres.

7:23
J'ai essayé tout ceci avec sapience, et ai dit, J'acquerrai sapience: mais elle s'éloignée de moi.

7:24
Ce qui est bien loin, et enfoncé fort bas, qui le trouvera?

7:25
Moi et mon coeur avons tournoyé, pour savoir, pour épier, et pour chercher sapience, et raison de tout: et pour savoir la malice de la folie, de la bêtise, et des sottises:

7:26
Et j'ai trouvé que la femme qui est comme des rets, et le coeur de laquelle est comme des filés, et ses mains comme des liens, est une chose plus amère que la mort: celui qui est agréable à Dieu en échappera; mais le pécheur y sera pris.

7:27
Vois (dit le Prêcheur) ce que j'ai trouvé, cherchant la raison de toutes choses l'une après l'autre:

7:28
C'est que jusqu'à présent mon âme a cherché, mais je n'ai point trouvé. Bien ai-je trouvé un homme entre mille: mais non pas une femme entr'elles toutes.

7:29
Seulement voici ce que j'ai trouvé, C'est que Dieu a fait l'homme droit: mais ils ont cherché beaucoup de discours.

8:1
 QUI est tel que le sage? qui sait que veulent dire les choses? la sapience de l'homme lui éclaircit la face, et son regard farouche en est changé.

8:2
Prends garde (je te le dis) à la bouche du Roi, et sur la parole du jurement de Dieu.

8:3
Ne te précipite point de te retirer de devant sa face: et ne persévère point en chose mauvaise: car il fera tout ce qu'il lui plaira.

8:4
En quelque lieu qu'est la parole du Roi, là est la puissance: et qui lui dira, Que fais-tu?

8:5
Qui garde le commandement, n'expérimentera nul mal: et le coeur du sage connaît le temps, et le moyen qu'on doit tenir.

8:6
Car en tout affaire il y a temps et moyen pour s'y conduire: autrement mal sur mal tombe sur l'homme.

8:7
Car il ne sait pas ce qui adviendra: même qui lui déclarera quand ce sera?

8:8
L'homme n'est point seigneur sur son esprit, pour le pouvoir retenir, et n'a point de puissance sur le jour de la mort: et il n'y a point délivrance en telle guerre: et la méchanceté ne délivrera point son maître.

8:9
J'ai vu tout cela, et ai adonné mon coeur à toute oeuvre qui s'est faite sous le soleil: il y a un temps auquel un homme domine sur l'autre à son malheur.

8:10
Et alors ai-je vu les méchants qui étaient ensevelis, lesquels sortaient dehors: et ceux qui avaient bien fait, s'en allaient du lieu du Saint, et étaient mis en oubli en la ville. Cela aussi est vanité.

8:11
A cause que la sentence contre les oeuvres mauvaises ne s'exécute point incontinent, pourtant le coeur des hommes est tout plein dedans eux d'envie de mal faire.

8:12
Car le pécheur fait mal cent fois, et Dieu lui donne délai. Mais si connais-je aussi qu'il sera bien à ceux qui craignent Dieu, et révèrent sa face:

8:13
Et qu'il ne sera pas bien au méchant, et qu'il n'allongera point ses jours, non plus que l'ombre, d'autant qu'il ne révère point la face de Dieu.

8:14
Il y a une vanité qui advient sur la terre, c'est qu'il y a des justes, auxquels il advient selon l'oeuvre des méchants: et il y a aussi des méchants auxquels il advient selon l'oeuvre des justes. J'ai dit que cela aussi est vanité.

8:15
Pourtant ai-je prisé la joie, d'autant qu'il n'y a rien sous le soleil de meilleur à l'homme que de manger et boire, et s'éjouir: et que ce sera cela qui lui demeurera de son travail durant les jours de sa vie, que Dieu lui donne sous le soleil.

8:16
Après avoir adonné mon coeur à connaître sapience, et voir les occupations qui adviennent sur la terre: (car même ni jour ni nuit l'homme ne donne point de repos à ses yeux):

8:17
Après aussi avoir vu parmi tout l'oeuvre de Dieu, que l'homme ne peut trouver ce qui se fait sous le soleil, pour laquelle chose il travaille à la chercher, et ne la trouve point: et que même si le sage propose de la savoir, il ne la peut trouver.

9:1
 CERTAINEMENT j'ai adonné mon coeur à tout ceci, et pour éclaircir tout ceci, à savoir, que les justes et les sages, et leurs faits sont en la main de Dieu: et les hommes ne connaissent ni l'amour, ni la haine par tout ce qui est devant eux.

9:2
Tout advient pareillement à tous: un même accident est au juste, et au méchant: au bon, au net, et au pollue: au sacrifiant, et à celui qui ne sacrifie point: comme est le bon, ainsi est le pécheur: celui qui jure est comme celui qui craint de jurer.

9:3
C'est ici une chose fâcheuse entre tout ce qui se fait sous le soleil, qu'il y a un même accident à tous, et qu'aussi le coeur des hommes est plein de maux, et qu'ils ont les sottises en leurs coeurs durant leur vie, et après cela ils vont aux morts.

9:4
Car qui est celui qui leur voudrait être associé? Il y a espérance en tous ceux qui vivent, même un chien vivant vaut mieux qu'un lion mort.

9:5
Certainement les vivants savent qu'ils mourront, mais les morts ne savent rien, et ne gagnent plus rien: car leur mémoire est mise en oubli.

9:6
Aussi leur amour, leur haine, leur envie est déjà périe, et n'ont plus nulle part au monde en tout ce qui se fait sous le soleil.

9:7
Va donc, mange ton pain en joie, et bois gaiement ton vin: principalement quand Dieu a déjà eu tes oeuvres pour agréables.

9:8
Que tes vêtements soient blancs en tout temps, et que le parfum ne défaille point de dessus ta tête.

9:9
Vis joyeusement tous les jours de la vie de ta vanité avec la femme que tu as aimée, laquelle t'a été donnée sous le soleil pour tous les jours de ta vanité. Car c'est là la portion qui te peut avenir de cette vie, et de ton travail que tu as pris sous le soleil.

9:10
Tout ce qu tu auras moyen de faire, fais-le selon ton pouvoir: car au sépulcre, où tu vas, il n'y a ni oeuvre, ni discours, ni science, ni sapience.

9:11
Je me suis tourné ailleurs, et ai vu fous le soleil que la course n'est point aux légers, ni aux forts la bataille, ni aux sages le pain, ni aux prudents les richesses, ni la grâce aux savants: mais que le temps et l'occurrence en échet à eux tous.

9:12
Car aussi l'homme ne reconnaît point son temps, non plus que les poissons qui sont pris au mauvais filé pour eux, et les oiseaux qui sont pris au lacet: ainsi sont enlacés les hommes au mauvais temps, quand il tombe soudainement sur eux.

9:13
J'ai vu aussi cette sapience sous le soleil, qui m'a semblé grande:

9:14
C'est qu'il y avait une petite ville, et peu de gens dedans, contre laquelle est venu un grand Roi, qui l'a environnée, et a bâti de grands forts contre elle:

9:15
Mais il s'est trouvé en elle un pauvre homme sage qui l'a délivré par sa sapience, et nul n'a eu mémoire de ce pauvre homme-là.

9:16
Alors j'ai dit, Mieux vaut sagesse que force: et toutefois la sagesse de ce pauvre homme-là a été méprisée, et on n'oit point parler de ses faits.

9:17
Les paroles des sages doivent être plus paisiblement ouïes, que la crierie de celui qui domine entre les fous.

9:18
Mieux vaut la sagesse que tous les instruments de guerre, et un seul homme pécheur détruit un grand bien.

10:1
 LES mouches mortes font puer et bouillonner les parfums du parfumeur: ainsi fait un petit de folie à l'endroit de celui qui est prisé pour sa sapience et gloire.

10:2
Le sage a le coeur à sa droite, mais le fou a le coeur à sa gauche.

10:3
Et même par le chemin, quand le fou chemine, le coeur lui faut: et dit à chacun, qu'il est fou.

10:4
Si l'esprit de celui qui domine s'élève contre toi, ne te mets point hors de ta condition: car la douceur fait quitter des grandes fautes.

10:5
Il y a un mal que j'ai vu sous le soleil, tel qu'est l'inadvertance provenant de l'ordonnance de celui qui domine.

10:6
 C'est que la folie est mise és plus hautes prééminences, et que ceux qui ont de quoi sont assis en lieu bas.

10:7
J'ai vu les serviteurs à cheval, et les seigneurs aller à pied, comme des serviteurs.

10:8
Qui cave la fosse, y tombera: et qui rompt la cloison, le serpent le mordra.

10:9
Qui remue des pierres de leurs place, il se fera mal par elles: et qui fend du bois, en sera en danger.

10:10
Si le ferrement est rebouché, et qu'on n'en ait point fourbi la lame, il surmontera même la force: mais la sagesse est une excellente adresse.

10:11
Si le serpent mord n'étant point enchanté, le médisant ne vaut pas mieux.

10:12
Les paroles de la bouche du sage ne sont que grâce: mais les lèvres du fou se réduisent à néant.

10:13
Le commencement des paroles de sa bouche est folie: et les dernières paroles de sa bouche sont une mauvaise sottise.

10:14
Or le fou entasse tant et plus de paroles: Or toutefois l'homme ne sait ce qui fera: et qui lui déclarera ce qui fera après lui?

10:15
Le travail des fous ne fait que les affliger eux tous: car pas un d'eux ne saurait trouver le moyen d'entrer en la ville.

10:16
Malheur à toi, ô terre, quand ton roi est jeune, et quand tes gouverneurs mangent dés le matin.

10:17
O que tu es bien-heureuse, terre, quand ton roi est de race illustre, et que tes gouverneurs mangent quand il en est temps, pour leur réfection, et non point pour beuverie!

10:18
A cause des mains paresseuses le plancher s'affaisse, et à cause des mains lâches, la maison a des gouttières.

10:19
On apprête la viande pour se réjouir, et le vin réjouit les vivants: mais l'argent répond de tout.

10:20
Ne dis point mal du roi, non pas même en ta pensée: ne dis point aussi mal du riche en la chambre de ta couche: car les oiseaux des cieux en porteraient la voix, et ce qui vole en porterait les nouvelles.

11:1
 JETTE ton pain à vau-l'eau: car avec le temps tu trouveras.

11:2
Fais-en part à sept, voire à huit: car tu ne sais quel mal viendra sur la terre.

11:3
Si les nuées sont pleines, elles videront la pluie sur la terre: et si un arbre tombe vers Midi, ou vers Septentrion, au lieu auquel il sera tombé, il y sera.

11:4
Qui prend garde au vent ne sèmera point: et qui regarde les nuées, ne moissonnera point.

11:5
Comme tu ne sais point quel est le chemin du vent, ni comme se forment les os au ventre de celle qui est enceinte: ainsi ne sais-tu l'oeuvre de Dieu, comment il fait tout.

11:6
Au matin sème ta semence, et ne laisse le soir reposer tes mains: car tu ne sais lequel écherra mieux, ceci ou cela: et si tous deux seront pareillement bons.

11:7
Vrai est que la lumière est plaisante, et est agréable aux yeux de voir le soleil.

11:8
Mais si l'homme vit beaucoup d'années, et qu'il s'éjouisse tout le long de ces années-là, puis qu'il lui souvienne des jours de ténèbres, qui seront en grand nombres, tout ce qui sera avenu sera vanité.

12:1
 JEUNE homme éjoui-toi en ton jeune âge, et que ton coeur te rende gai és jours de ta jeunesse, et chemine comme ton coeur te mène, et selon le regard de tes yeux: mais sache que pour toutes ces choses Dieu t'amènera en jugement.

12:2
Ôte le chagrin de ton coeur, et recule de toi le mal: car le jeune âge et l'adolescence ne sont que vanité.

12:3
Mais aie souvenance de ton Créateur és jours de ta jeunesse, avant que les jours mauvais viennent, et que les ans arrivent desquels tu dies, Je n'y prends point plaisir.

12:4
Avant que le soleil, la lumière, la lune, et les étoiles s'obscurcissent, et que les nuées viennent l'une sur l'autre après la pluie.

12:5
Lorsque les gardes de la maison trembleront, et se courberont les hommes forts, et cesseront celles qui meulent, d'autant qu'elles auront été diminuées, et celles qui regardent par les fenêtres, seront obscurcies:

12:6
Et les deux battants de la porte seront fermés vers la rue, avec abaissement du son à la voix de l'oiselet, les chanterelles seront abaissées.

12:7
Aussi ils craindront ce qui est haut, et trembleront en allant: et l'amandier fleurira, et les cigales se grèveront elles mêmes, et l'appétit s'en ira: car l'homme s'en va en la maison où il demeurera à toujours, et on tournoiera en la rue menant deuil.

12:8
Avant que la corde d'argent se déchaîne, et la canche d'or se débonde, et la cruche soit brisée sur la fontaine, et la roué soit rompue sur la citerne.

12:9
Et que la poudre retourne en terre, comme elle y avait été: et que l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné.

12:10
Vanité des vanités, dit le Prêcheur, tout est vanité.

12:11
Et d'autant plus que le Prêcheur a été sage, de tant plus a-t'il enseigné science au peuple, laquelle il a fait écouter, et a sondée, et en a dressé plusieurs graves sentences.

12:12
Le Prêcheur a cherché pour trouver des propos de contentement: mais ce qui en a été ici écrit, est la droiture même: ce sont paroles de vérité.

12:13
Les paroles des sages sont comme des aiguillons, et les maîtres qui ont fait des recueils sont comme des clous fichés, lesquelles choses ont été données de par un pasteur.

12:14
Mon fils, garde-toi de ce qui est outre ceci. Car il n'y a jamais de fin à faire plusieurs livres: et tant d'étude n'est que travail qu'on se donne.

12:15
Le but de tout le propos, qui a été ouï, c'est crains Dieu, et garde ses commandements: car c'est là le tout de l'homme.

12:16
Car Dieu amènera toute oeuvre en jugement, touchant tout ce qui est caché, soit bien, soit mal.


Fin du livre de l'Ecclésiaste ou du Précheur.

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