La Bible de Genève 1669
Louys & Daniel Elzevier
(Édition originale 1669)


L E   N O U V E A U
 
T E S T A M E N T,
 
QUI CONTIENT
 
TOUS LES LIVRES
 
DE LA
 
NOUVELLE ALLIANCE
 
DE NÔTRE SEIGNEUR
 
J É S U S   C H R I S T :
 
Traduit fur le Grec, reveu & corrigé, par les Miniftres
& Profeffeurs de Geneve.

 
AVEC
 
Les Renvois des paffages parallèles, & diverfes Notes, tant
anciennes que modernes.
 
Louis & Daniel Elzevier
 
A AMSTERDAM,
 
Chez Louis & Daniel Elzevier,
 
MDCLCVI


LE SOMMAIRE
DU NOUVEAU TESTAMENT

Le mot de Teftament eft Latin dans fon origine, et d'une plus grande étendue en fa première signification, qui n'eft pas celle en laquelle il fe prend plus communément aujourd'hui dans les affaires civiles, et au fens qu'il eft plus connu en notre langue.

On s'en fert fouvent en la Traduction des Saintes Écritures, pour exprimer le mot Grec Diateke, qui fignifie généralement toute difpofition que les hommes font, ou feul, ou avec d'autres, pour régler leurs affaires et leurs biens, et dont les interprètes Grecs du V.T. et les écrivains du Nouveau fe fervent ordinairement pour répondre au mot Hébreux Berith, qui marque proprement une convention ou une alliance.

C'eft ainfi donc que ce mot exprime l'alliance que Dieu a daigné contracter avec les hommes fous de certaines conditions, pour les conduire enfin à la félicité et à la vie.

Or cette alliance de Dieu avec l'homme eft de deux fortes, l'Ancienne, et la Nouvelle ; l'Ancienne eft celle que Dieu traita avec le premier homme, et en lui avec toute fa poftérité devant fa chute, par laquelle il lui promettait la vie éternelle, et mefme lui en donnait les gages et le fceau en l'arbre de vie, fous la condition d'une conftante obéiffance et d'une entière obfervation de fa Loi.

C'eft pourquoi elle s'appelle l'alliance de Nature, parce que Dieu l'établit entre foi et l'homme dès le premier établiffement de la nature, et telle que la nature de l'homme créée à l'image de Dieu, et que fa dépendance de lui, la pofait néceffairement.

Elle fe nomme auffi l'alliance des Oeuvres, et l'alliance de la Loi, parce qu'elle ftipulait la juftice des oeuvres dans une conformité très exacte aux ordres de la Loi.

Et Dieu voulut que cette fienne Loi fut répétée et prefentée aux Ifraélites par le miniftère de Moïfe, afin qu'en remarquant que cette condition n'était plus capable de l'accomplir, ils cherchaffent leur falut en une autre alliance qui fe nomme la Nouvelle et qui confifte en ce que Dieu a daigné établir fon propre Fils pour eftre le Médiateur entre foi et nous, afin de nous réconcilier à foi par le prix de fon fang, promettant la vie éternelle à tous ceux qui fe l'appliqueront et qui le recevront avec obéiffance de foi : Et cette alliance fe nomme l'Alliance de Grâce.

Ces deux alliances, Vieille et Nouvelle, étant oppofées, comme Agar et Sara, Sinaï et Sion, différent effentiellement l'une de l'autre : Car comme la Loi eft le contrat de la première, auffi l'Évangile eft le traité de la feconde, à laquelle le nom de Teftament convient plus particulièrement dans la fignification plus refferrée des jurifconfultes, et marque une difpofition de dernière volonté qui ne devient valable que par la mort du teftateur, felon que S. Paul preffe ce mot en ce fens Hébreux 9.16.

On peut auffi la diftinguer à l'égard de fes différentes oeconomies, en Vieille et en Nouvelle.

Celle là en comprend toute l'adminiftration qui a précédé la manifeftation et la venue du Médiateur : La première promeffe s'en fit à nos premiers parents incontinent après leur péché, Genèfe 3.15.

Et il ne faut pas douter que les facrifices et autres cérémonies faintes, qui s'obfervent enfuite parmi les gens de bien jufques à Abraham, ne féviffent de l'ordre mefme de Dieu et par fon inftitution à cette mefme oeconomie, tant pour prefigurer la femence promife, que pour marquer la manière en laquelle elle briferait la tefte du ferpent.

Voila pourquoi le facrifice d'Abel fut agréé par la foi Héb 11.4 et Jefus-Chrift eft appelé l'Agneau immolé dès la fondation du monde, Apo 13.8.

Cette promeffe fut renouvelée plus particulièrement à Abraham et à fa poftérité, avec cette affurance que le Médiateur en ferait, et qu'en fa femence feraient bénies toutes les nations de la terre ; ce que Dieu voulut lui fignifier et lui fceller par la circoncifion, Rom 4.11.

Et Moïfe y mit le couronnement et comme la dernière main par les diverfes cérémonies de fon établiffement, qui dans leur ufage Évangélique furent les ombres des biens à venir, Héb 10.1.

Celle-ci en marque l'adminiftration et la forme, que lui a donné la venue en chair de Jefus-Chrift, le Fils de Dieu et le Médiateur de l'Alliance, lequel a réconcilié les hommes avec Dieu, fournit actuellement le prix de leur rançon, et leur a acquis une délivrance éternelle.

Et bien qu'en fubftance ces deux alliances n'en établiffent qu'une feule, puis qu'en l'une et en l'autre la rémiffion des péchés, le falut de l'âme et la vie éternelle, font promifes, moyennant la foi au Médiateur ; néanmoins elles fe diftinguent par leurs diverfes oeconomies ; celle de la nouvelle étant beaucoup plus claire, plus développée d'ombres et de figures, et d'une bien plus grande étendue, puis qu'indifféremment tous les peuples y font reçus et y ont part.

On peut appeler le Teftament de la promeffe ; et l'autre le Teftament de l'accompliffement.

Qui plus eft, fous ces noms du Vieux et du Nouveau Teftament on entend affez fouvent les livres, les titres et les monuments facrés qui contiennent l'érection, et l'oeconomie de l'alliance ; felon que c'eft en ce fens que les livres de ce volume, qui fait le fecond tome de la Sainte Bible, s'appellent en leur infcription le Nouveau Teftament, par une oppofition aux livres de Moïfe et des prophètes, dans lefquels le Médiateur de l'alliance était promis, et où fe reprefentait exactement de quelle souche et de quelle tribu il devait naître, quand il reveftirait notre chair, ce qu'il ferait et ce qu'il fouffrirait pour réconcilier les hommes avec Dieu, pour leur acquérir le falut éternel, et pour les y conduire.

Et certes il avait été prédit et prefiguré dans les livres du Vieux Teftament, que le Meffie ou le Médiateur, qui réconcilierait les hommes avec Dieu, en ferait le Fils unique, Dieu de Dieu, lumière de lumière, Dieu éternel et véritable avec le Père et avec le Saint Efprit, Ps 45.8 ; 110.1 ; Es 9.5 ; Jer 23.6 ; 33.16 ; Mic 5.1 ; Mal 3.1.

Que dans la plénitude des temps il prendrait à foi notre nature humaine, en unité perfonnelle, d'une femme vierge Gen 3.15 ; Es 7.14 et de la poftérité d'Abraham, d'Ifaac, de Jacob, de Juda et de David, Gen 21.12 ; 22.18 ; 49.9,10 ; 2 Sam 7.12 ; Es 11.1 ; Jer 23.5.

Qu'il naîtrait à Bethlehem Mic 5.1 au temps que le fceptre ferait ôté de Juda, Gen 49.10 ; Es 11.1 ; Dan 9.24.

Qu'étant né il fuirait en Égypte Ofée 11.1, ferait enfuite élevé à Nazareth Es 11.1 et aurait Élie pour fon précurfeur, lequel prefchait au defert, et lui préparait le chemin, Es 40.3 ; Mal 3.1 ; 4.5.

Qu'il commencerait la prédication de l'Évangile en Galilée Es 9.1,2 et qu'il fcellerait et confirmerait fa doctrine par de grands miracles, Es 35.5.

Qu'il ferait fon entrée à Jérufalem, monté fur le poulain d'une âneffe, Ps 118.25 ; Zac 9.9.

Qu'il ferait trahi par un de fes difciples, Ps 41.10 ; 55.14. Vendu pour trente pièces d'argent Zac 11.12, frappé, fouetté, moqué, outrageufement méprifé de crachats Es 50.6 et traité comme un criminel, Es 53.12.

Qu'il fouffrirait tout ceci pour nos péchés Es 53.3,4, s'offrirait foi-mefme en facrifice propitiatoire pour les expier Ps 40.7,8 ; Es 53.6,10 et fentirait alors de grandes angoiffes en fon âme, Ps 22.2 ; Es 53.11.

Qu'il ferait honteufement crucifié et cloué pieds et mains au bois maudit de la Croix, Deut 21.23 ; Ps 22.17 ; Es 53.8.

Qu'il ferait expofé en fa Croix à de grandes infultes, et qu'on lui prefenterait à boire du fiel et du vinaigre, Ps 22.8 ; 69.22.

Qu'on jetterait le fort fur fes habits, Ps 22.19.

Que pas un de fes os, non plus que ceux de l'agneau Pafcal, ne ferait caffé, Ex 12.46 ; Ps 34.21. Mais qu'on lui percerait le côté, Zac 12.10.

Qu'il mourrait d'une mort également douloureufe et violente, pour faire la propitiation de nos péchés, et pour nous acquérir la véritable juftice, Es 53.8 ; Dan 9.24,26.

Qu'il obtiendrait néanmoins une fépulture riche et honorable, Es 53.9.

Qu'il ne ferait expofé à aucune corruption en fon tombeau, Ps 16.10, mais qu'il en fortirait vivant au troifième jour par une refurrection glorieufe d'entre les morts, Es 53.10 ; Jonas 1.17.

Qu'il monterait au ciel en triomphe, et qu'il y prendrait féance à la droite de Dieu, Ps 68.19 ; 110.1, d'où il enverrait le S. Efprit fur les fiens, Joël 2.28.

Or toutes ces chofes font récitées et décrites par les Évangéliftes et par les apôtres au Nouveau Teftament, comme étant arrivées et accomplies de point en point en notre Seigneur et Sauveur JÉSUS CHRIST.

De façon que le fommaire et le contenu de ce livre, confifte principalement à nous décrire avec exactitude, tant fa Perfonne que fa Charge, pour mieux donner à connaître les bienfaits qui en reviennent aux fiens.

A l'égard de fa Perfonne nous apprenons qu'il eft le vrai Dieu, coeffentiel et coéternel au Père, et qu'il eft auffi vrai homme tel que chacun de nous à la referve du péché, par l'union indivife et inféparable de ces deux natures, la divine et l'humaine, en unité perfonnelle, fans mefler et fans confondre leurs propriétés.

Sa nature divine fe décrit et fe prouve abfolument par les noms et par les titres qui lui font donnés, de Dieu, de vrai Dieu, de Dieu béni fur toutes chofes, d'Éternel ou de JEHOVA, de Fils unique de Dieu, du Prince de vie, du Seigneur de Gloire, de Dominateur fur tout, de Juge fouverain des vivants et des morts, de Roi des rois, et de Seigneur des feigneurs : Elle fe prouve et fe marque par les propriétés effentielles de la Divinité qui lui font attribuées, comme font l'Éternité, l'Immenfité, la Touteprefence, la Toutepuiffance, et la Toutefcience.

Elle fe prouve par l'opération et les actions divines dont il eft décrit le principe, la fource et l'auteur, comme font la Création et la Confervation de toutes les chofes en leur eftre, l'élection des hommes à la vie éternelle, l'inftitution du faint miniftère et des facrements en fon Églife, la communication du Saint-Efprit aux fiens, leur régénération, leur rédemption de la puiffance du diable, la refurrection et la vivification de tous les morts à fa voix, fa féance à la droite du Père, le jugement de l'univers, pour lequel il retournera en la confommation des fiècles ; à quoi l'on peut ajouter tant de différents et de véritables miracles qu'il a faits par fa propre vertu, et que les fiens ont faits depuis en fon Nom, pour la confirmation de fon Évangile.

Elle fe prouve encore par les honneurs facrés, religieux et divins qui lui font dus, et que nous lui devons deférer, de Foi, de confiance, d'invocation, d'adoration, felon que pour cet effet mefme nous fommes baptifés en fon Nom, auffi bien qu'en celui du Père et du Saint Efprit.

Sa nature humaine nous eft auffi fuffifamment reprefentée en ces livres facrés, puifqu'il y eft décrit procréé de la femence de David felon la chair, conçu du Saint Efprit au fein de la Sainte Vierge Marie, de laquelle il a été fait et de laquelle il eft né, bien que furnaturellement et fans intervention d'homme, comme de fa propre mère ; doué d'un vrai corps humain, organifé, et qui a toutes fes parties hors de fes parties, par leur diftinction et par leur extenfion à la façon des nôtres, et d'une vraie âme raifonnable, intelligente et fpirituelle, avec toutes les propriétés naturelles et effentielles tant des corps que des âmes refpectivement : fi bien qu'à la manière des autres hommes, il a été expofé à la faim, à la foif, à la laffitude, aux chaleurs de l'été et aux rigueurs de l'hiver ; il a fenti de la douleur en fon corps, du trouble et de l'anxiété en fon âme, et il a été expofé aux affections, aux perturbations et aux paffions humaines, de defir, de colère, d'indignation, de joie et de trifteffe.

Pour ce qui eft de fa charge pour laquelle fon Père l'a envoyé ici bas, elle eft triple conformément à fon furnom de CHRIST, (c'eft-à-dire l'Oint) prophétique, facerdotale et royale : felon que fous le V.T. l'onction s'attribue particulièrement à ces trois dignités, de prophètes, de facrificateurs et de rois.

Il a exercé ici bas fa charge de prophète tant par foi-mefme que par fes difciples, et particulièrement par les douze apôtres qu'il avait choifis.

Aux jours de fa chair il prefchait lui-mefme l'Evangile, enfeignant qu'il était le Meffie et le Rédempteur promis, et que pour avoir part au grand falut qu'il apportait il fallait croire en lui par une vive foi, et fe convertir à Dieu par une fincère repentance.

A cet effet il preffait auffi le droit de la Loi, et la remettait en fon jour, en la dégageant des fauffes glofes et des explications vicieufes que les Pharifiens et les Scribes lui donnaient ; afin qu'en ce miroir repoli les hommes découvriffent mieux leurs imperfections et leurs manquements, y reconnuffent la néceffité d'une juftice plus exacte que celle de leurs oeuvres pour fubfifter devant Dieu, et appriffent à lui rendre une obéiffance plus parfaite et plus fincère que celle dont leurs mauvais maîtres faifaient parade.

Il fcellait la vérité de fa doctrine par tant de miracles, il la propofait avec tant d'évidence, de grâce et de clarté, il l'appuyait fi puiffamment fur l'autorité de Moïfe et des prophètes, que fes ennemis ne pouvaient lui contredire que par un efprit de fureur et d'endurciffement.

Après fon affomption en gloire, et fon afcenfion triomphante au ciel, il envoya fes apôtres par tout le monde pour y prefcher en fon Nom la foi et repentance, et pour appeler indifféremment tous les peuples à la communion de fes bienfaits et à la jouiffance de fon falut.

C'eft de quoi ils fe font fidèlement acquittés, tant de bouche et de vive voix auffi longtemps qu'ils ont vécu, que par écrit et dans leurs épîtres, qui font une bonne et la plus grande partie des livres du Nouveau Teftament, lefquels conftituent jufqu'à la fin du monde avec eux l'Ancienne Alliance, la règle et la mefure de la doctrine de l'Eglife, et en la publication de laquelle il continue de s'en démontrer le fouverain Docteur et le grand prophète, par le miniftère de fes fidèles ferviteurs.

Et il eft en ceci d'autant plus incomparable, qu'il dreffe lui-mefme fa chaire dans les cœurs des auditeurs, et que par l'efficace de fon Saint Efprit il les rend enfeignés de Dieu.

Il a exercé fa charge facerdotale, lors qu'après s'eftre dûment fanctifié fur la terre, il s'eft volontairement fubftitué en notre place comme victime innocente et fans fouillure, a fouffert pour nous en fon corps et en fon âme les peines qui étaient dues à nos péchés et s'eft offert foi-mefme à Dieu fon Père en facrifice propitiatoire, très fuffifant, irréïtérable et de bonne fenteur pour l'expiation de toutes nos tranfgreffions, par la mort amère, honteufe et maudite de la Croix : C'eft pourquoi comme il s'eft chargé de nos péchés devant Dieu, et qu'ils lui ont été imputés pour eftre punis en lui à notre décharge, auffi Dieu veut-il nous imputer cette fienne fatisfaction et le mérite de fon obéiffance et de fa mort, pour la couronner en nous d'immortalité et de gloire.

Et comme le fouverain facrificateur fous la Loi après l'immolation des victimes dans le parvis, en portait le fang dans le lieu Très-Saint, pour y comparaître devant Dieu au nom de tout le peuple, de mefme notre grand et notre fouverain Sacrificateur, après s'eftre acquitté ici bas, comme au parvis du grand Temple de l'univers, de cette première partie de fon facerdoce, qui confifte en l'immolation de foi-mefme fur la Croix, et en l'entière fatisfaction qu'il y a fournie à la juftice de Dieu pour tous nos péchés, eft entré au Sanctuaire célefte en vertu de fon propre fang, et s'y eft affis à la droite de fon Père pour lui reprefenter l'efficace et le prix, nous en obtenir l'application par fon Saint Efprit à notre juftification entière en rémiffion de tous nos péchés, et y intercéder continuellement pour nous.

Et pour ce qui eft de fa charge et de fa fonction de roi, il s'en eft acquitté en partie ici bas, lorfque par fa mort il nous a délivrés de la violence et de la tyrannie de nos ennemis, et nous a mis à couvert de tous leurs efforts ; ayant fait paraître divers effais de fa puiffance et de fon autorité royale, quand il contraignait les démons à fortir des corps qu'ils poffédaient, quand il guériffait les malades de tous les maux dont ils étaient travaillés, quand il rappelait les morts de leurs tombeaux, quand il apaifait les orages et calmait les tempeftes, quand il chaffait du Temple ceux qui fouillaient la fainteté du lieu par un infâme trafic, et enfin quand il faifait fon entrée humblement triomphante à Jérufalem.

Mais furtout en fon exaltation glorieufe, il exerce à prefent cette Royauté toute puiffante du plus haut des cieux, d'où il conduit et gouverne fon Eglife par fa Parole et par fon Efprit ; Il l'affemble, la protège et la conferve au monde puiffamment et miraculeufement parmi tous fes ennemis et en dépit de leur rage et de leur fierté, fans que toutes les portes de l'enfer puiffent prévaloir contre elle ; Il la recueille pièce à pièce en fon Royaume et en fa joie au décès de fes membres et de fes enfants ; Il réprime, il combat et il renverfe toute hauteffe et toute puiffance qui s'élève contre lui ; Il force les plus endurcis qui refufent de l'adorer au marchepied de fes pieds, de devenir eux-mefme le marchepied de fes pieds ; tant qu'enfin il retournera vifiblement du ciel au dernier jour et en la confommation des fiècles, pour juger les vivants et les morts, pour mettre la dernière main à la rédemption entière et à la glorification éternelle de fon Eglife dans le Royaume des cieux, pour détruire par la refurrection à gloire de tous les liens le dernier ennemi qui eft la mort, et pour précipiter tous les méchants en corps et en âme, avec les démons et les mauvais anges, dans l'Abîme des peines éternelles.

C'eft à peu près le fommaire de ce qui eft contenu aux livres du Nouveau Teftament. Si on veut fuivre l'ordre felon lequel on les range, on peut les diftinguer en hiftoriques, en didactiques et en prophétiques, comme on partage quelquefois ceux du V.T. en hiftoriques, en moraux, que l'on nomme les hagiographes, et en prophétiques.

Mais pour n'en faire que deux membres, on devra les partager en narratifs ou hiftoriques, et en dogmatiques ou doctrinaux ; parce que les uns récitent des hiftoires et des évènements, et les autres traitent les articles et les chefs importants de la doctrine qui eft à falut.

Car encore que ceux-ci rapportent auffi quelquefois des évènements et des pièces d'hiftoire, et que ceux là foient auffi remplis et parfemés de plufieurs doctrines et d'enfeignements falutaires, fi eft ce qu'on en fait ce partage et cette diftinction eu égard à l'ordre qui s'y garde refpectivement, et à ce qui y traite de plue.

Les livres narratifs ou hiftoriques du Nouveau Teftament, traitent ou de chofes qui font déjà faites et arrivées, ou de celles qui étaient encore à venir.

Les chofes faitef et arrivées sont de deux fortes, car elles font ou de ce qui eft arrivé à notre Seigneur JESUS CHRIST mefme, c'eft-à-dire de ce qu'il a fait, de ce qu'il a dit, de ce qu'il a fouffert et de tout ce qui lui eft arrivé depuis fa naiffance jufqu'à fa refurrection et à fon afcenfion glorieufe, et le tout, autant qu'il a été expédient que nous en fceuffions pour notre falut, contenu dans lef quatre Evangiles, écrits fous l'infpiration particulière et immédiate de l'Efprit de Dieu par les quatre évangéliftes, S. Matthieu, S. Marc, S. Luc et S. Jean : Ou de ce qui eft arrivé à fes faints apôtres au premier établiffement de l'Eglife Chrétienne, rapporté par S. Luc au livre de leurs Actes.

Les évènements de l'avenir ont été reprefentés prophétiquement par S. Jean en fon Apocalypse, qui contient en diverfes vifions le récit fommaire de ce qui devait arriver à l'Eglife de JESUS CHRIST depuis fon afcenfion au ciel, jufqu'à la confommation des siècles.

Les livres doctrinaux ou dogmatiques, qui traitent principalement des points de doctrine, font les épîtres des faints apôtres, tant de l'apôtre S. Paul que de quelques autres du mefme ordre.

L'apôtre S. Paul a écrit en diverses rencontres quatorze épîtres différentes, dont les unes s'adreffent à des Eglifes particulières, une aux Romains, deux aux Corinthiens, une aux Galates, une aux Ephefiens, une aux Philippiens, une aux Coloffiens et deux aux Theffaloniciens : Les autres à des perfonnes particulières, deux à Timothée, une à Tite et une à Philémon ; à quoi s'ajoute la quatorzième écrite à toute la nation des Hébreux ; et ceux là ont été mal fondés qui ont voulu révoquer en doute fi elle était canonique et du mefme apôtre.

Il y a eu auffi quelques autres apôtres qui ont écrit des lettres circulaires ou catholiques pour l'inftruction de toute l'Eglife : S. Jacques une, S. Pierre deux, S. Jean trois, et S. Jude une.

Ce font là toutes les pièces du Nouveau Teftament, écrites, comme l'évangélifte S. Jean le déclare, afin que nous croyons que Jefus eft le Chrift, le Fils de Dieu, et qu'en croyant nous ayons la vie par fon Nom, Jean 20.31. Au refte, pour ce qui regarde l'exactitude de l'impreffion, on fe promet qu'il ne fe trouvera pas au texte ni d'omiffion, ni d'altération confidérable ; non plus que dans les annotations, et on fouhaite que le lecteur Chrétien s'en ferve à la gloire du Nom de Dieu et à l'inftruction de fon âme.



EXHORTATIONS

A la recherche, lecture & méditation des Saintes Ecritures


Deutéronome 12 : 8, 32
Vous ne ferez pas comme nous faisons aujourd'hui, chacun selon que bon lui semble. Vous prendrez garde à faire tout ce que je vous commande. Tu n'y ajouteras rien, & n'en diminueras rien.

Quand tout Israël sera venu pour comparaître devant la face de l'Eternel ton Dieu, au lieu qu'il aura choisi, alors tu liras cette Loi devant tout Israël, eux l'oyant: Ayant assemblé le peuple, hommes & femmes, & leurs petits enfants, & ton étranger qui sera dedans tes portes, afin qu'ils l'oyent & apprennent, & craignent l'Eternel votre Dieu, & prennent garde à faire toutes les paroles de cette Loi-ci: Et que leurs enfants qui n'en auront eu connaissance, l'oyent & apprennent, pour craindre l'Eternel votre Dieu tous les jours que vous serez vivants sur la terre, pour laquelle posséder vous passés le Jordain.

Ce livre de la Loi ne departira point de ta bouche: mais tu y méditeras jour & nuit, afin que tu prenes garde à faire tout ce qui est écrit: car alors tu rendras heureuses tes entreprises, & alors tu adresseras.

Toute la Parole de Dieu est épurée, & il est un bouclier à ceux qui ont refuge vers lui: N'ajoute point à ses paroles, de peur qu'il ne te redargüe, & que tu ne sois trouvé menteur.

Enquérez vous diligemment des Ecritures: car vous estimez avoir par elles la vie éternelle: et ce font elles qui portent témoignage de moi.

Car toutes les choses qui ont été auparavant écrites, ont été écrites pour notre endoctrinement: afin que par patience et consolation des Efcritures nous ayons espérance.

Et que dés ton enfance tu as la connoiffance des fainctes Lettres, lefquelles te peuvent rendre fage à falut, par la foi qui eft en Jefus Chrift. Toute l'Efcriture eft divinement infpirée, & profitable à endoctriner, à convaincre, à corriger, & à inftruire felon juftice: Afin que l'homme de Dieu foit accompli, & parfaitement inftruit à toute bonne œuvre.

Or je proteste à chacun qui oit les paroles de la prophétie de ce livre, que si quelqu'un ajoute à ces choses, Dieu ajoutera sur lui les plaies écrites en ce livre. Et si quelqu'un ôte des paroles du livre de cette prophétie, Dieu ôtera sa part du livre de vie, et de la sainte Cité, et des choses qui font écrites en ce livre.

Fleuriture
Source : bibledegeneve.com (site officiel)   • Autre adresse : Les Écritures Saintes