La Bible de Genève 1669
Louys & Daniel Elzevier
(Édition en français actualisé 2005-2006)


L E   N O U V E A U
 
T E S T A M E N T,
 
QUI CONTIENT
 
TOUS LES LIVRES
 
DE LA
 
NOUVELLE ALLIANCE
 
DE NÔTRE SEIGNEUR
 
J É S U S   C H R I S T :
 
Traduit sur le Grec, revu et corrigé, par les Ministres
et Professeurs de Genève.

 
AVEC
 
Les Renvois des passages parallèles, et diverses Notes,
tant anciennes que modernes.
 
Louis et Daniel Elzevier
 
À AMSTERDAM,
 
Chez Louis et Daniel Elzevier,
 
MDCLCVI



LE SOMMAIRE
DU NOUVEAU TESTAMENT

Le mot de Testament est Latin dans son origine, et d'une plus grande étendue en sa première signification, qui n'est pas celle en laquelle il se prend plus communément aujourd'hui dans les affaires civiles, et au sens qu'il est plus connu en notre langue.

On s'en sert souvent en la Traduction des Saintes Écritures, pour exprimer le mot Grec Diateke, qui signifie généralement toute disposition que les hommes sont, ou seul, ou avec d'autres, pour régler leurs affaires et leurs biens, et dont les interprètes Grecs du Vieux Testament et les écrivains du Nouveau se servent ordinairement pour répondre au mot Hébreux Berith, qui marque proprement une convention ou une alliance.

C'est ainsi donc que ce mot exprime l'alliance que Dieu a daigné contracter avec les hommes sous de certaines conditions, pour les conduire enfin à la félicité et à la vie.

Or cette alliance de Dieu avec l'homme est de deux sortes, l'Ancienne, et la Nouvelle ; l'Ancienne est celle que Dieu traita avec le premier homme, et en lui avec toute sa postérité devant sa chute, par laquelle il lui promettait la vie éternelle, et même lui en donnait les gages et le sceau en l'arbre de vie, sous la condition d'une constante obéissance et d'une entière observation de sa Loi.

C'est pourquoi elle s'appelle l'alliance de Nature, parce que Dieu l'établit entre soi et l'homme dès le premier établissement de la nature, et telle que la nature de l'homme créée à l'image de Dieu, et que sa dépendance de lui, la posait nécessairement.

Elle se nomme aussi l'alliance des Oeuvres, et l'alliance de la Loi, parce qu'elle stipulait la justice des oeuvres dans une conformité très exacte aux ordres de la Loi.

Et Dieu voulut que cette sienne Loi fut répétée et présentée aux Israélites par le ministère de Moïse, afin qu'en remarquant que cette condition n'était plus capable de l'accomplir, ils cherchassent leur salut en une autre alliance qui se nomme la Nouvelle et qui consiste en ce que Dieu a daigné établir son propre Fils pour être le Médiateur entre soi et nous, afin de nous réconcilier à soi par le prix de son sang, promettant la vie éternelle à tous ceux qui se l'appliqueront et qui le recevront avec obéissance de soi : Et cette alliance se nomme l'Alliance de Grâce.

Ces deux alliances, Vieille et Nouvelle, étant opposées, comme Agar et Sara, Sinaï et Sion, différent essentiellement l'une de l'autre : Car comme la Loi est le contrat de la première, aussi l'Évangile est le traité de la seconde, à laquelle le nom de Testament convient plus particulièrement dans la signification plus resserrée des jurisconsultes, et marque une disposition de dernière volonté qui ne devient valable que par la mort du testateur, selon que Saint Paul presse ce mot en ce sens Hébreux 9:16.

On peut aussi la distinguer à l'égard de ses différentes oeconomies, en Vieille et en Nouvelle.

Celle là en comprend toute l'administration qui a précédé la manifestation et la venue du Médiateur : La première promesse s'en fit à nos premiers parents incontinent après leur péché, Genèse 3:15.

Et il ne faut pas douter que les sacrifices et autres cérémonies saintes, qui s'observent ensuite parmi les gens de bien jusques à Abraham, ne sévissent de l'ordre même de Dieu et par son institution à cette même oeconomie, tant pour préfigurer la semence promise, que pour marquer la manière en laquelle elle briserait la tête du serpent.

Voila pourquoi le sacrifice d'Abel fut agréé par la foi Hébreux 11:4 et Jésus-Christ est appelé l'Agneau immolé dès la fondation du monde, Apocalypse 13:8.

Cette promesse fut renouvelée plus particulièrement à Abraham et à sa postérité, avec cette assurance que le Médiateur en serait, et qu'en sa semence seraient bénies toutes les nations de la terre ; ce que Dieu voulut lui signifier et lui sceller par la circoncision, Romains 4:11.

Et Moïse y mit le couronnement et comme la dernière main par les diverses cérémonies de son établissement, qui dans leur usage Évangélique furent les ombres des biens à venir, Hébreux 10:1.

Celle-ci en marque l'administration et la forme, que lui a donné la venue en chair de Jésus-Christ, le Fils de Dieu et le Médiateur de l'Alliance, lequel a réconcilié les hommes avec Dieu, fournit actuellement le prix de leur rançon, et leur a acquis une délivrance éternelle.

Et bien qu'en substance ces deux alliances n'en établissent qu'une seule, puis qu'en l'une et en l'autre la rémission des péchés, le salut de l'âme et la vie éternelle, sont promises, moyennant la foi au Médiateur ; néanmoins elles se distinguent par leurs diverses oeconomies ; celle de la nouvelle étant beaucoup plus claire, plus développée d'ombres et de figures, et d'une bien plus grande étendue, puis qu'indifféremment tous les peuples y sont reçus et y ont part.

On peut appeler le Testament de la promesse ; et l'autre le Testament de l'accomplissement.

Qui plus est, sous ces noms du Vieux et du Nouveau Testament on entend assez souvent les livres, les titres et les monuments sacrés qui contiennent l'érection, et l'oeconomie de l'alliance ; selon que c'est en ce sens que les livres de ce volume, qui fait le second tome de la Sainte Bible, s'appellent en leur inscription le Nouveau Testament, par une opposition aux livres de Moïse et des prophètes, dans lesquels le Médiateur de l'alliance était promis, et où se représentait exactement de quelle souche et de quelle tribu il devait naître, quand il revêtirait notre chair, ce qu'il serait et ce qu'il souffrirait pour réconcilier les hommes avec Dieu, pour leur acquérir le salut éternel, et pour les y conduire.

Et certes il avait été prédit et préfiguré dans les livres du Vieux Testament, que le Messie ou le Médiateur, qui réconcilierait les hommes avec Dieu, en serait le Fils unique, Dieu de Dieu, lumière de lumière, Dieu éternel et véritable avec le Père et avec le Saint Esprit, Psaumes 45:8; 110:1; Ésaïe 9:5; Jérémie 23:6; 33:16; Michée 5:1; Malachie 3:1.

Que dans la plénitude des temps il prendrait à soi notre nature humaine, en unité personnelle, d'une femme vierge Genèse 3:15; Ésaïe 7:14 et de la postérité d'Abraham, d'Isaac, de Jacob, de Juda et de David, Genèse 21:12; 22:18; 49:9,10; 2 Samuel 7:12; Ésaïe 11:1; Jérémie 23:5.

Qu'il naîtrait à Bethlehem Michée 5:1 au temps que le sceptre serait ôté de Juda, Genèse 49:10; Ésaïe 11:1; Daniel 9:24.

Qu'étant né il fuirait en Égypte Osée 11:1, serait ensuite élevé à Nazareth Ésaïe 11:1 et aurait Élie pour son précurseur, lequel prêchait au désert, et lui préparait le chemin, Ésaïe 40:3; Malachie 3:1; 4:5.

Qu'il commencerait la prédication de l'Évangile en Galilée Ésaïe 9:1,2 et qu'il scellerait et confirmerait sa doctrine par de grands miracles, Ésaïe 35:5.

Qu'il ferait son entrée à Jérusalem, monté sur le poulain d'une ânesse, Psaumes 118:25; Zacharie 9:9.

Qu'il serait trahi par un de ses disciples, Psaumes 41:10; 55:14. Vendu pour trente pièces d'argent Zacharie 11:12, frappé, fouetté, moqué, outrageusement méprisé de crachats Ésaïe 50:6 et traité comme un criminel, Ésaïe 53:12.

Qu'il souffrirait tout ceci pour nos péchés Ésaïe 53:3,4, s'offrirait soi-même en sacrifice propitiatoire pour les expier Psaumes 40:7,8; Ésaïe 53:6,10 et sentirait alors de grandes angoisses en son âme, Psaumes 22:2; Ésaïe 53:11.

Qu'il serait honteusement crucifié et cloué pieds et mains au bois maudit de la Croix, Deutéronome 21:23; Psaumes 22:17; Ésaïe 53:8.

Qu'il serait exposé en sa Croix à de grandes insultes, et qu'on lui présenterait à boire du fiel et du vinaigre, Psaumes 22:8; 69:22.

Qu'on jetterait le sort sur ses habits, Psaumes 22:19.

Que pas un de ses os, non plus que ceux de l'agneau Pascal, ne serait cassé, Exode 12:46; Psaumes 34:21. Mais qu'on lui percerait le côté, Zacharie 12:10.

Qu'il mourrait d'une mort également douloureuse et violente, pour faire la propitiation de nos péchés, et pour nous acquérir la véritable justice, Ésaïe 53:8; Daniel 9:24,26.

Qu'il obtiendrait néanmoins une sépulture riche et honorable, Ésaïe 53:9.

Qu'il ne serait exposé à aucune corruption en son tombeau, Psaumes 16:10, mais qu'il en sortirait vivant au troisième jour par une résurrection glorieuse d'entre les morts, Ésaïe 53:10; Jonas 1:17.

Qu'il monterait au ciel en triomphe, et qu'il y prendrait séance à la droite de Dieu, Psaumes 68:19; 110:1, d'où il enverrait le Saint Esprit sur les siens, Joël 2:28.

Or toutes ces choses sont récitées et décrites par les Évangélistes et par les apôtres au Nouveau Testament, comme étant arrivées et accomplies de point en point en notre Seigneur et Sauveur JÉSUS CHRIST.

De façon que le sommaire et le contenu de ce livre, consiste principalement à nous décrire avec exactitude, tant sa Personne que sa Charge, pour mieux donner à connaître les bienfaits qui en reviennent aux siens.

À l'égard de sa Personne nous apprenons qu'il est le vrai Dieu, coessentiel et coéternel au Père, et qu'il est aussi vrai homme tel que chacun de nous à la réserve du péché, par l'union indivise et inséparable de ces deux natures, la divine et l'humaine, en unité personnelle, sans mêler et sans confondre leurs propriétés.

Sa nature divine se décrit et se prouve absolument par les noms et par les titres qui lui sont donnés, de Dieu, de vrai Dieu, de Dieu béni sur toutes choses, d'Éternel ou de JÉHOVA, de Fils unique de Dieu, du Prince de vie, du Seigneur de Gloire, de Dominateur sur tout, de Juge souverain des vivants et des morts, de Roi des rois, et de Seigneur des seigneurs : Elle se prouve et se marque par les propriétés essentielles de la Divinité qui lui sont attribuées, comme sont l'Éternité, l'Immensité, la Touteprésence, la Toutepuissance, et la Toutescience.

Elle se prouve par l'opération et les actions divines dont il est décrit le principe, la source et l'auteur, comme sont la Création et la Conservation de toutes les choses en leur être, l'élection des hommes à la vie éternelle, l'institution du saint ministère et des sacrements en son Église, la communication du Saint-Esprit aux siens, leur régénération, leur rédemption de la puissance du diable, la resurrection et la vivification de tous les morts à sa voix, sa séance à la droite du Père, le jugement de l'univers, pour lequel il retournera en la consommation des siècles ; à quoi l'on peut ajouter tant de différents et de véritables miracles qu'il a faits par sa propre vertu, et que les siens ont faits depuis en son Nom, pour la confirmation de son Évangile.

Elle se prouve encore par les honneurs sacrés, religieux et divins qui lui sont dus, et que nous lui devons deférer, de Foi, de confiance, d'invocation, d'adoration, selon que pour cet effet même nous sommes baptisés en son Nom, aussi bien qu'en celui du Père et du Saint Esprit.

Sa nature humaine nous est aussi suffisamment représentée en ces livres sacrés, puisqu'il y est décrit procréé de la semence de David selon la chair, conçu du Saint Esprit au sein de la vierge, Marie, de laquelle il a été fait et de laquelle il est né, bien que surnaturellement et sans intervention d'homme, comme de sa mère ; doué d'un vrai corps humain, organisé, et qui a toutes ses parties hors de ses parties, par leur distinction et par leur extension à la façon des nôtres, et d'une vraie âme raisonnable, intelligente et spirituelle, avec toutes les propriétés naturelles et essentielles tant des corps que des âmes respectivement : si bien qu'à la manière des autres hommes, il a été exposé à la faim, à la soif, à la lassitude, aux chaleurs de l'été et aux rigueurs de l'hiver ; il a senti de la douleur en son corps, du trouble et de l'anxiété en son âme, et il a été exposé aux affections, aux perturbations et aux passions humaines, de désir, de colère, d'indignation, de joie et de tristesse.

Pour ce qui est de sa charge pour laquelle son Père l'a envoyé ici bas, elle est triple conformément à son surnom de CHRIST, (c'est-à-dire l'Oint) prophétique, sacerdotale et royale : selon que sous le Vieux Testament l'onction s'attribue particulièrement à ces trois dignités, de prophètes, de sacrificateurs et de rois.

Il a exercé ici bas sa charge de prophète tant par soi-même que par ses disciples, et particulièrement par les douze apôtres qu'il avait choisis.

Aux jours de sa chair il prêchait lui-même l'Évangile, enseignant qu'il était le Messie et le Rédempteur promis, et que pour avoir part au grand salut qu'il apportait il fallait croire en lui par une vive foi, et se convertir à Dieu par une sincère repentance.

À cet effet il pressait aussi le droit de la Loi, et la remettait en son jour, en la dégageant des fausses gloses et des explications vicieuses que les Pharisiens et les Scribes lui donnaient ; afin qu'en ce miroir repoli les hommes découvrissent mieux leurs imperfections et leurs manquements, y reconnussent la nécessité d'une justice plus exacte que celle de leurs oeuvres pour subsister devant Dieu, et apprissent à lui rendre une obéissance plus parfaite et plus sincère que celle dont leurs mauvais maîtres faisaient parade.

Il scellait la vérité de sa doctrine par tant de miracles, il la proposait avec tant d'évidence, de grâce et de clarté, il l'appuyait si puissamment sur l'autorité de Moïse et des prophètes, que ses ennemis ne pouvaient lui contredire que par un esprit de fureur et d'endurcissement.

Après son assomption en gloire, et son ascension triomphante au ciel, il envoya ses apôtres par tout le monde pour y prêcher en son Nom la foi et repentance, et pour appeler indifféremment tous les peuples à la communion de ses bienfaits et à la jouissance de son salut.

C'est de quoi ils se sont fidèlement acquittés, tant de bouche et de vive voix aussi longtemps qu'ils ont vécu, que par écrit et dans leurs épîtres, qui sont une bonne et la plus grande partie des livres du Nouveau Testament, lesquels constituent jusqu'à la fin du monde avec eux l'Ancienne Alliance, la règle et la mesure de la doctrine de l'Église, et en la publication de laquelle il continue de s'en démontrer le souverain Docteur et le grand prophète, par le ministère de ses fidèles serviteurs.

Et il est en ceci d'autant plus incomparable, qu'il dresse lui-même sa chaire dans les cœurs des auditeurs, et que par l'efficace de son Saint Esprit il les rend enseignés de Dieu.

Il a exercé sa charge sacerdotale, lors qu'après s'être dûment sanctifié sur la terre, il s'est volontairement substitué en notre place comme victime innocente et sans souillure, a souffert pour nous en son corps et en son âme les peines qui étaient dues à nos péchés et s'est offert soi-même à Dieu son Père en sacrifice propitiatoire, très suffisant, irréïtérable et de bonne senteur pour l'expiation de toutes nos transgressions, par la mort amère, honteuse et maudite de la Croix : C'est pourquoi comme il s'est chargé de nos péchés devant Dieu, et qu'ils lui ont été imputés pour être punis en lui à notre décharge, aussi Dieu veut-il nous imputer cette sienne satisfaction et le mérite de son obéissance et de sa mort, pour la couronner en nous d'immortalité et de gloire.

Et comme le souverain sacrificateur sous la Loi après l'immolation des victimes dans le parvis, en portait le sang dans le lieu Très-Saint, pour y comparaître devant Dieu au nom de tout le peuple, de même notre grand et notre souverain Sacrificateur, après s'être acquitté ici bas, comme au parvis du grand Temple de l'univers, de cette première partie de son sacerdoce, qui consiste en l'immolation de soi-même sur la Croix, et en l'entière satisfaction qu'il y a fournie à la justice de Dieu pour tous nos péchés, est entré au Sanctuaire céleste en vertu de son propre sang, et s'y est assis à la droite de son Père pour lui représenter l'efficace et le prix, nous en obtenir l'application par son Saint Esprit à notre justification entière en rémission de tous nos péchés, et y intercéder continuellement pour nous.

Et pour ce qui est de sa charge et de sa fonction de roi, il s'en est acquitté en partie ici bas, lorsque par sa mort il nous a délivrés de la violence et de la tyrannie de nos ennemis, et nous a mis à couvert de tous leurs efforts ; ayant fait paraître divers essais de sa puissance et de son autorité royale, quand il contraignait les démons à sortir des corps qu'ils possédaient, quand il guérissait les malades de tous les maux dont ils étaient travaillés, quand il rappelait les morts de leurs tombeaux, quand il apaisait les orages et calmait les tempêtes, quand il chassait du Temple ceux qui souillaient la sainteté du lieu par un infâme trafic, et enfin quand il faisait son entrée humblement triomphante à Jérusalem.

Mais surtout en son exaltation glorieuse, il exerce à présent cette Royauté toute puissante du plus haut des cieux, d'où il conduit et gouverne son Église par sa Parole et par son Esprit ; Il l'assemble, la protège et la conserve au monde puissamment et miraculeusement parmi tous ses ennemis et en dépit de leur rage et de leur fierté, sans que toutes les portes de l'enfer puissent prévaloir contre elle ; Il la recueille pièce à pièce en son Royaume et en sa joie au décès de ses membres et de ses enfants ; Il réprime, il combat et il renverse toute hautesse et toute puissance qui s'élève contre lui ; Il force les plus endurcis qui refusent de l'adorer au marchepied de ses pieds, de devenir eux-même le marchepied de ses pieds ; tant qu'enfin il retournera visiblement du ciel au dernier jour et en la consommation des siècles, pour juger les vivants et les morts, pour mettre la dernière main à la rédemption entière et à la glorification éternelle de son Église dans le Royaume des cieux, pour détruire par la resurrection à gloire de tous les liens le dernier ennemi qui est la mort, et pour précipiter tous les méchants en corps et en âme, avec les démons et les mauvais anges, dans l'Abîme des peines éternelles.

C'est à peu près le sommaire de ce qui est contenu aux livres du Nouveau Testament. Si on veut suivre l'ordre selon lequel on les range, on peut les distinguer en historiques, en didactiques et en prophétiques, comme on partage quelquefois ceux du Vieux Testament en historiques, en moraux, que l'on nomme les hagiographes, et en prophétiques.

Mais pour n'en faire que deux membres, on devra les partager en narratifs ou historiques, et en dogmatiques ou doctrinaux ; parce que les uns récitent des histoires et des évènements, et les autres traitent les articles et les chefs importants de la doctrine qui est à salut.

Car encore que ceux-ci rapportent aussi quelquefois des évènements et des pièces d'histoire, et que ceux là soient aussi remplis et parsemés de plusieurs doctrines et d'enseignements salutaires, si est ce qu'on en fait ce partage et cette distinction eu égard à l'ordre qui s'y garde respectivement, et à ce qui y traite de plus.

Les livres narratifs ou historiques du Nouveau Testament, traitent ou de choses qui sont déjà faites et arrivées, ou de celles qui étaient encore à venir.

Les choses faites et arrivées sont de deux sortes, car elles sont ou de ce qui est arrivé à notre Seigneur JÉSUS CHRIST même, c'est-à-dire de ce qu'il a fait, de ce qu'il a dit, de ce qu'il a souffert et de tout ce qui lui est arrivé depuis sa naissance jusqu'à sa resurrection et à son ascension glorieuse, et le tout, autant qu'il a été expédient que nous en sceussions pour notre salut, contenu dans les quatre Évangiles, écrits sous l'inspiration particulière et immédiate de l'Esprit de Dieu par les quatre évangélistes, Saint Matthieu, Saint Marc, Saint Luc et Saint Jean : Ou de ce qui est arrivé à ses saints apôtres au premier établissement de l'Église Chrétienne, rapporté par Saint Luc au livre de leurs Actes.

Les évènements de l'avenir ont été représentés prophétiquement par Saint Jean en son Apocalypse, qui contient en diverses visions le récit sommaire de ce qui devait arriver à l'Église de JÉSUS CHRIST depuis son ascension au ciel, jusqu'à la consommation des siècles.

Les livres doctrinaux ou dogmatiques, qui traitent principalement des points de doctrine, sont les épîtres des saints apôtres, tant de l'apôtre Saint Paul que de quelques autres du même ordre.

L'apôtre Saint Paul a écrit en diverses rencontres quatorze épîtres différentes, dont les unes s'adressent à des Églises particulières, une aux Romains, deux aux Corinthiens, une aux Galates, une aux Éphésiens, une aux Philippiens, une aux Colossiens et deux aux Thessaloniciens : Les autres à des personnes particulières, deux à Timothée, une à Tite et une à Philémon ; à quoi s'ajoute la quatorzième écrite à toute la nation des Hébreux ; et ceux là ont été mal sondés qui ont voulu révoquer en doute si elle était canonique et du même apôtre.

Il y a eu aussi quelques autres apôtres qui ont écrit des lettres circulaires ou catholiques pour l'instruction de toute l'Église : Saint Jacques une, Saint Pierre deux, Saint Jean trois, et Saint Jude une.

Ce sont là toutes les pièces du Nouveau Testament, écrites, comme l'évangéliste Saint Jean le déclare, afin que nous croyons que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant nous ayons la vie par son Nom, Jean 20:31. Au reste, pour ce qui regarde l'exactitude de l'impression, on se promet qu'il ne se trouvera pas au texte ni d'omission, ni d'altération considérable ; non plus que dans les annotations, et on souhaite que le lecteur Chrétien s'en serve à la gloire du Nom de Dieu et à l'instruction de son âme.



EXHORTATIONS

À la recherche, lecture et méditation des Saintes Écritures


Deutéronome 12:8,32
Vous ne serez pas comme nous faisons aujourd'hui, chacun selon que bon lui semble. Vous prendrez garde à faire tout ce que je vous commande. Tu n'y ajouteras rien, et n'en diminueras rien.

Quand tout Israël sera venu pour comparaître devant la face de l'Éternel ton Dieu, au lieu qu'il aura choisi, alors tu liras cette Loi devant tout Israël, eux l'oyant: Ayant assemblé le peuple, hommes et femmes, et leurs petits enfants, et ton étranger qui sera dedans tes portes, afin qu'ils l'oient et apprennent, et craignent l'Éternel votre Dieu, et prennent garde à faire toutes les paroles de cette Loi-ci: Et que leurs enfants qui n'en auront eu connaissance, l'oyent et apprennent, pour craindre l'Éternel votre Dieu tous les jours que vous serez vivants sur la terre, pour laquelle posséder vous passés le Jourdain.

Ce livre de la Loi ne departira point de ta bouche: mais tu y méditeras jour et nuit, afin que tu prenes garde à faire tout ce qui est écrit: car alors tu rendras heureuses tes entreprises, et alors tu adresseras.

Toute la Parole de Dieu est épurée, et il est un bouclier à ceux qui ont refuge vers lui: N'ajoute point à ses paroles, de peur qu'il ne te redargüe, et que tu ne sois trouvé menteur.

Enquérez vous diligemment des Écritures: car vous estimez avoir par elles la vie éternelle: et ce sont elles qui portent témoignage de moi.

Car toutes les choses qui ont été auparavant écrites, ont été écrites pour notre endoctrinement: afin que par patience et consolation des Écritures nous ayons espérance.

Et que dès ton enfance tu as la connaissance des saintes Lettres, lesquelles te peuvent rendre sage à salut, par la foi qui est en Jésus Christ. Toute l'Ecriture est divinement inspirée, et profitable à endoctriner, à convaincre, à corriger, et à instruire selon justice: Afin que l'homme de Dieu soit accompli, et parfaitem ent instruit à toute bonne oeuvre.

Or je proteste à chacun qui oit les paroles de la prophétie de ce livre, que si quelqu'un ajoute à ces choses, Dieu ajoutera sur lui les plaies écrites en ce livre. Et si quelqu'un ôte des paroles du livre de cette prophétie, Dieu ôtera sa part du livre de vie, et de la sainte Cité, et des choses qui sont écrites en ce livre.

Source : bibledegeneve.com (site officiel)   • Autre adresse : Les Écritures Saintes