Bible King James Française (2006)



Présentation de l'histoire de la Bible King James

Nous vous proposons de lire cette traduction de la célèbre Bible anglaise, la King James, l'une des versions réputées les plus fidèles aux textes originaux, et cela pour plusieurs raisons :

La King James est l'une des traductions les plus lues à travers le monde anglophone. Il nous a semblé bon de permettre aux francophones de comparer leurs Bibles avec cette "Version autorisée". La King James, tout comme les Bibles françaises Ostervald, Épée, Genève, et Martin, est basée sur le Textus Receptus ou Texte Reçu pour son Nouveau Testament, c'est-à-dire sur des textes grecs non altérés par la critique textuelle moderne. La langue anglaise, de par sa structure grammaticale et syntaxique, formule les versets bibliques parfois différemment du français. Nous vous invitons donc à renouveler votre lecture habituelle de la Bible avec la King James Française et de la comparer avec la version que vous utilisez...


Chronologie des premières Bibles anglaises jusqu'à la King James

Pendant des siècles, l'Église s'est basée sur deux textes des Écritures, un texte pur et intégral en provenance d'Antioche et un texte pollué et abrégé en provenance d'Alexandrie. Du texte pur est venu la Peshitta ou Bible Syriaque et la Vestus Itala ou Bible en Vieux Latin. Du texte pollué est venu la Vulgate (en latin) et la Septante (une traduction grecque polluée des Écritures, rédigée par Origène d'Alexandrie dans la cinquième colonne de son Hexaples, contenant l'Ancien et le Nouveau Testament que nous retrouvons dans les Codex Vaticanus et Sinaïticus. Il est à noté qu'il n'existe aucun manuscrit de la Septante avant les troisième et quatrième siècles.

Malgré que des fouilles archéologiques ont mises à jour certains fragments de sections de l'Ancien Testament traduit en grec, il en advient qu'il n'a jamais existé aucune Bible grecque complète de l'Ancien Testament qui se nommait la Septante avant le temps d'Origène. L'existence d'une Septante pré-chrétienne est un mythe basé sur des documents frauduleux et apocryphes comme celui de Siracide). Spécifions aussi que les deux premières traductions des Écritures ont été faites vers la moitié du deuxième siècle à partir des manuscrits de l'Église d'Antioche, la Peshitta Syriaque et la Vestus Itala, et cela bien avant la parution de la Vulgate Latine par Jérôme qui altéra le texte de l'ancienne Itala pour le rendre conforme au texte pollué d'Origène d'Alexandrie. Ces deux premières traductions sont de la famille des manuscrits du Texte Reçu que Dieu nous préserva providentiellement à travers les siècles, et que nous retrouvons dans la Bible des Réformateurs comme la Bible Tyndale, la Bible King James, la Bible d'Olivetan, la Bible de l'Épée, la Bible de Genève, la Bible Martin, et la Bible Ostervald.

Au cours du Moyen-Age, des parties de la Bible ont été traduites en Anglo Saxon et en anglais moyen. Les réformes du XVIe siècle, qui se sont concrétisées au temps de Martin Luther, et la venue de l'imprimerie moderne, ont suscité une vague de traduction dans les langues d'usage de l'Europe de l'Ouest. Nulle part ailleurs, on n'a vu les Écritures s'enraciner d'une manière aussi forte que parmi les peuples anglo-saxons.

Entre 1380-1393, la première traduction de la Bible en anglais a été entreprise par John Wycliffe et complétée par John Purvey. En 1525, la première version anglaise imprimée du Nouveau Testament a été publié par William Tyndale, qui avait établi un atelier d'imprimerie en Allemagne, hors d'atteinte de l'opposition causée par les autorités anglaises sous la domination du Catholicisme. Par la suite, Tyndale a été jugé et condamné comme hérétique.

Le 6 octobre, 1536, on l'a publiquement étranglé et brûlé au bûcher, mais déjà, de nombreux exemplaires de sa traduction biblique avaient été transportés clandestinement en Angleterre.) 1535 : la Bible de Miles Coverdale, traduction effectuée à partir du latin, par un ami de Tyndale. 1537 : la Bible de Matthew, du nom de l'imprimeur qui donna son nom à la traduction intégrale de Tyndale. 1539, la Grande Bible (The Great Bible, réédition de la version de Tyndale, pourvue de notes explicatives. On commençait à respecter l'autorité des Écritures, au point que, depuis 1547, tous les souverains couronnés en Angleterre prêtent serment sur la Bible. 1560 : la Bible de Genève (publiée par des anglais émigrés en Suisse). En 1610, la version complète de Rheims - Douay (1582-1609), traduction anglaise de la Vulgate Latine, est publiée par les Jésuites en opposition au Calvinisme, et, jusqu'à tout récemment, elle représentait la version autorisée des catholiques romains anglophones. En 1611, le roi Jacques Ier (King James the first) accéda au trône d'Angleterre et autorisa une nouvelle traduction, communément appelée la Bible King James «Authorized Version», basée à 90 % sur la traduction de Tyndale. Cette version a été prédominante dans le monde protestant anglophone pendant plus de 300 ans et son utilisation est encore très répandue de nos jours.


William Tyndale

Le père de la Bible anglaise.

Nous aimerions aujourd'hui évoquer le souvenir d'un géant de la foi dont on parle peu sur le continent européen et qui a cependant joué un rôle décisif pour la cause de la Parole de Dieu : William Tyndale, le père de la Bible anglaise, qui a été condamné au bûcher par Charles Quint à Vilvoorde (Belgique) le 6 octobre 1536. Voici les paroles célèbres de Tyndale qui ont marqué sa détermination pour la propagation de la Parole de Dieu :

"Je défie le pape et toutes ses lois, et si Dieu me prête vie, je ferai qu'en Angleterre le garçon qui pousse la charrue connaisse l'Écriture mieux que le pape lui-même."

Ainsi s'exprimait William Tyndale à Cambridge, vraisemblablement en 1522. Et il tint parole.

Un brillant érudit.

Il parlait l'hébreu, le grec, le latin, l'anglais, l'italien, l'espagnol et le français, "si bien que chacune de ces langues aurait pu être sa langue maternelle". Tyndale avait rencontré Érasme et découvert son Nouveau Testament grec-latin. Saisi par le message de l'Écriture basée sur le Texte Reçu, il s'était mis à le traduire en anglais. D'abord, il rechercha la protection de Tunstall, évêque de Londres, mais lorsque ce dernier apprit ses intentions, il lui refusa l'accès à son palais. Comment poursuivre cette tâche en Angleterre, alors que les autorités ecclésiastiques emprisonnaient et même condamnaient au bûcher les possesseurs des écrits de Luther ?

En 1524, Tyndale quitte sa patrie qu'il ne reverra plus. Il achève sa traduction à Hambourg et la remet à un imprimeur. Des ouvriers trop bavards en informent le prêtre Cochlaeus, qui s'apprête à mettre la main sur l'édition. Tyndale se précipite à l'atelier, saisit ses précieux manuscrits et les emporte à Worms. Son Nouveau Testament y paraîtra en 1525.

Cependant, Cochlaeus a alerté l'évêque de Londres; Tyndale sait donc que les précieux volumes seront saisis à leur arrivée en Angleterre. Pour déjouer l'étroite surveillance qui s'exerce dans les ports, les Nouveaux Testaments sont cachés dans des ballots d'étoffe ou des barils de vin. Beaucoup d'exemplaires sont néanmoins confisqués. Leurs destinataires sont astreints à défiler à cheval, le visage tourné vers la queue de l'animal, et portant visiblement le livre défendu; ils devront le jeter eux-mêmes au feu devant tous, et faire pénitence. Mais les efforts de l'évêque de Londres sont voués à l'échec : la Parole de Dieu est toujours plus ardemment désirée. Chacun veut prendre connaissance de l'ouvrage proscrit et s'ingénie à l'obtenir au mépris des menaces. En désespoir de cause, l'évêque de Londres prie Packington, un négociant de la cité, de mettre à profit ses relations commerciales avec le port d'Anvers, pour accaparer à la source toute l'édition de Tyndale. Muni d'une forte somme d'argent, Packington se rend sur le continent. L'évêque a cru "mener Dieu par le bout du doigt", écrit un chroniqueur de l'époque. Mais en cette entreprise, il ne réussira pas mieux que dans les précédentes.

L'adversaire de Dieu fait souvent une oeuvre qui le trompe. Packington, ami secret de Tyndale, arrive chez le traducteur : – Maître Tyndale, je vous ai trouvé un bon acquéreur pour vos livres. – Et qui donc ? – L'évêque de Londres ! – Mais, si l'évêque veut ces livres, ce ne peut être que pour les brûler ! – Eh bien qu'importe ! D'une manière ou d'une autre l'évêque les brûlera. Il vaut mieux qu'ils vous soient payés; cela vous permettra d'en imprimer d'autres à leur place !

Le marché est conclu et l'édition est apportée en Angleterre.

L'évêque de Londres convoque la population devant la cathédrale Saint-Paul pour assister à la destruction massive des livres hérétiques. Cependant, l'attrait du fruit défendu exerce son ascendant sur les spectateurs assemblés pour la circonstance. Le bûcher de l'évêque de Londres devient une publicité inespérée pour la deuxième édition du Nouveau Testament Tyndale, imprimé cette fois en petit format, pour faciliter la dissimulation des volumes et mieux échapper aux perquisitions. L'homme mortel ne peut lutter contre le Tout-Puissant ni s'opposer à la marée montante de sa visitation. La Parole divine se répand de plus en plus en Angleterre.

Pourtant les adversaires de la Bible ne désarment pas. Ils tendent un piège à Tyndale. Trop confiant, le traducteur accepte une invitation à un repas chez de prétendus amis; on met la main sur lui et on l'enferme au château de Vilvoorde (Belgique). Mais Dieu n'abandonne pas son serviteur, qui bénéficie alors d'une extraordinaire faveur : Miracle, il obtient en prison le matériel nécessaire à la traduction de l'Ancien Testament en anglais.

Une lettre de Tyndale

On a retrouvé la lettre que Tyndale adressa de sa cellule au gouverneur de la ville, le marquis de Bergen :

«Je souffre gravement du froid, et je suis affecté par un catarrhe perpétuel, qui s'est beaucoup développé dans mon cachot humide. J'aurais besoin d'un habit plus chaud, car celui que je possède est très mince. Mon manteau est complètement usé, mes chemises sont déchirées; il me faudrait également un pardessus plus épais. De même, je sollicite de votre part la permission d'avoir une lampe le soir, car il m'est fastidieux de m'asseoir seul dans les ténèbres pendant les longues veilles de l'hiver. Mais ce que je vous demande pardessus tout, et ce que je sollicite de votre clémence en tout premier, c'est une Bible hébraïque, une grammaire hébraïque et un dictionnaire hébreu, afin que je puisse passer mon temps à étudier.»

Ce poignant appel au secours nous fait penser à la supplique d'un autre prisonnier qui, quinze siècles auparavant, avait devancé Tyndale dans la dispensation de l'Écriture sainte. Érudit comme Tyndale, il avait également été incarcéré à cause de sa fidélité à Jésus-Christ. Cependant, il ne s'adressait pas à un marquis, mais à un jeune compagnon d'œuvre du nom de Timothée :

Quand tu viendras, apporte le manteau que j'ai laissé a Troas chez Carpus, et les livres, surtout les parchemins... Tâche de venir avant l'hiver. 2 Timothée 4 :13,21

Dans sa cellule de Rome, l'apôtre Paul rédigea des Épîtres qui, depuis vingt siècles, édifient les chrétiens du monde entier. Dans son cachot de Vilvoorde, le réformateur, ayant obtenu Bible, grammaire et dictionnaire en hébreu, traduisit un texte qui fut en bénédiction à d'innombrables croyants des pays anglo-saxons. En écrivant, le premier était au bénéfice du don spécifique de l'appel irrésistible de l'Esprit pour rédiger le texte perpétuellement inspiré qui caractérise l'ensemble de l'Écriture par le Nouveau Testament, accomplissant ainsi la parfaite révélation de l'amour de Dieu. En traduisant, le deuxième accomplissait sa tâche, étant assuré du secours constant de ce même Esprit. Comment aurait-il pu la mener à bien sans cette aide, alors qu'il travaillait dans des conditions presque inhumaines, dans un donjon humide, exposé aux courants d'air et infesté de vermine, et que sa santé était déjà gravement compromise ?

Les douleurs de l'enfantement

Ce n'est pas sans douleurs que fut enfantée la Bible anglaise, cette Bible qui, pendant quatre siècles, se répandit plus qu'aucune autre sur la surface du globe.

Condamné par Charles Quint, Tyndale monta sur le bûcher le 6 octobre 1536. Ceux qui assistèrent à son supplice entendirent sa dernière prière, prononcée au moment où les flammes léchaient déjà son visage : "Seigneur, ouvre les yeux du roi d'Angleterre..."

Cette ultime requête sera exaucée deux ans plus tard. Les amis de Tyndale ont recueilli sa traduction faite en prison; ils la complètent et la font imprimer. Il aurait été beaucoup trop dangereux d'indiquer le nom du traducteur sur la page de garde; aussi cette édition est-elle désignée comme la "Bible de Matthieu " (Matthew's Bible), selon le prénom de l'imprimeur.

En 1538 donc, un exemplaire de cette édition est remis au roi Henri VIII.

Bouleversé par la beauté du texte et la profondeur de son message, le monarque, qui s'est déjà distingué par ses actes d'indépendance à l'égard du pape, passe outre une nouvelle fois les interdictions ecclésiastiques et décrète que "cette Bible doit être lue dans toutes les paroisses d'Angleterre". Exauçant la prière de Tyndale sur son bûcher, le Seigneur avait ouvert les yeux du roi.

Cette première mesure officielle de tolérance à l'égard de l'Écriture sainte profita à deux autres éditions de la Bible anglaise qui sortirent de presse à la même époque : la Bible de Miles Coverdale (1537), traduction effectuée à partir du latin, par un ami de Tyndale; la Grande Bible (The Great Bible, 1539), réédition de la version de Tyndale, pourvue de notes explicatives. On commençait à respecter l'autorité des Écritures, au point que, depuis 1547, tous les souverains couronnés en Angleterre prêtent serment sur la Bible.


La "Bible de Genève" (Geneva Bible, 1560)

Le succès de ces trois versions de la Bible fut éclipsé par une quatrième, la "Bible de Genève" (Geneva Bible, 1560), qu'éditèrent des chrétiens réfugiés dans la ville de Calvin; ils avaient fui les persécutions ordonnées par Marie Tudor, dite la Sanglante (1553-1558). Cette édition se répandit très largement en Angleterre, dès le moment où la liberté religieuse fut rétablie sous Elisabeth 1ère (1558-1603). Durant un demi-siècle, elle joua un rôle déterminant dans la propagation de la foi et l'édification des croyants, au point qu'on en oublia presque totalement la version de Tyndale.

Cependant, la Geneva Bible avait une particularité : son texte était abondamment commenté. Or, plusieurs annotations, rédigées sous le coup de la persécution, contestaient le principe de l'autorité. Il était recommandé aux fidèles de ne pas se soumettre aux rois et aux gouvernements si ces derniers entravaient le libre exercice de leur foi. Aussi, parmi les nombreux lecteurs de cette Bible, certains commencèrent-ils d'en prendre à leur aise, faisant fi des lois et déclarations royales, et méprisant diverses mesures prises par le pouvoir temporel qui était manipulé par l'Antichrist qui siège à Rome sous la guise de Saint Père.


La Bible King James

En 1603, le roi Jacques VI d'Écosse occupa le trône d'Angleterre, sous le nom de Jacques 1er. Cette accession marquait la formation du Royaume-Uni de Grande-Bretagne. Or, le souverain craignait que les notes ajoutées à la Geneva Bible ne sapent son autorité auprès de ses sujets, ce qui le conduisit, en 1607, à prendre une initiative historique : il chargea 54 savants et ecclésiastiques de Londres, tous des Puritains de foi Calviniste, de procéder à une révision du texte sacré, et d'en préparer une édition qui pouvait être recommandée et confirmée du sceau royal. En se penchant sur les versions existantes, ces érudits redécouvrirent la Bible de Tyndale et en reconnurent toute la valeur. Elle constitua le 80 ou le 90% du nouveau texte qui, en 1611, sortit de presse sous la désignation de Version Autorisée du roi Jacques. Au début, son succès fut relatif. Mais la qualité de ce chef-d'œuvre ne tarda pas à s'imposer, éclipsant toutes les éditions existantes. La Bible King James se révéla être la Parole de Dieu, intégrale et complètement inspirée.

Planification de l'œuvre des Traducteurs de la King-James :

Les quarante-sept hommes instruit, engagés par le roi Jacques, qui demeurèrent du groupe original pour accomplir cette tâche importante, furent premièrement divisé en trois groupes: un travaillait à l'Université de Cambridge, l'autre à Oxford, et la dernier à Westminster. Chacun de ces groupes se divisait en deux, pour former ainsi six équipes qui travaillèrent sur six sections chaque des textes Hébreu et Grec de la Bible. Chaque membre de chacune des équipes travaillait individuellement à sa tâche, et apportait son oeuvre achevée à chacun des autres membres du groupe pour vérification. La société entière révisait par après chaque portion traduite.

Ainsi, lorsqu'un groupe s'assembla et s'accorda sur la bonne traduction des livres sacrés, il envoya son travail terminé à un autre groupe de la société pour une révision critique. Si dans sa révision la société trouvait quelques erreurs, l'endroit fut marqué avec une explication, et renvoyé au groupe initial pour correction. En cas de désaccord, la question fut réglée dans une réunion générale des représentants de chaque équipe. Comme nous pouvons voir, cette méthode garantissait que chaque partie du travail fut révisée au moins quatorze fois.

De plus, une entente collective fut prise, qu'en cas de difficultés ou d'incertitudes particulières, tous les hommes instruits du pays seraient convoqués pour exercer leur jugement. Finalement, chaque évêque dans la nation informait son diocèse régulièrement des progrès de la traduction, afin que si une personne voulait faire quelques observations particulières, elle fut avisée et encouragée de les présenter.

"Ainsi, chaque membre du Corps de Christ en cette nation, du Chrétien le plus commun à celui le plus instruit, pouvait participer activement dans cette traduction. Dieu manifesta sa providence dans la préservation et traduction de sa Parole. Augustin avait dit: "Dieu n'est pas un ouvrier qui, lorsqu'il a achevé son oeuvre, la laisse là et poursuit son chemin"; et Gerhard: "Dieu, le Créateur de toutes choses, n'abandonna pas l'œuvre qu'il avait terminée; mais par sa toute-puissance, il l'a préservée jusqu'à présent, et par sa sagesse, il dirige et contrôle tout ce qu'elle renferme". Quoique ceux-ci parlèrent dans le contexte de la Création, l'objet particulier de la providence divine dans l'Église est l'Écriture, puisqu'elle est le fondement de notre salut et de notre existence. L'intervention de Dieu garantissait une traduction parfaite de sa Parole vivante; et ceci malgré les apostats qui affirment le contraire afin de donner la supériorité à leurs Bibles frelatées, comme celle du faux prophète John Nelson Darby qui falsifia la Parole de Dieu, et celle de Louis Segond qui se prostitua au texte catholique de la critique textuelle de Wescott et Hort. Une traduction parfaite, pour un salut parfait, d'un Dieu parfait; telle est la King-James". Sous entendu que par le mot «parfait» nous ne désignons pas la qualité divine du Dieu Tout-Puissant inatteignable à l'homme mortel, mais sa signification grammaticale de «présenter toutes les caractéristiques propres à sa catégorie». Les traducteurs de la King-James avaient quelque chose de plus qu'une grande érudition et une compétence exceptionnelle. Ils avaient traversé tous une période de grandes souffrances. Ils sacrifièrent leur vie pour la cause des vérités qu'ils chérissaient afin qu'elles voient le jour. Ceci est particulièrement vrai de leurs prédécesseurs comme les Vaudois, Olivetan et Tyndale qui oeuvraient sous une persécution intense. Les traducteurs de la King-James construisirent sur la fondation immuable des martyrs qui les précédèrent.

Il fut dit d'un des traducteurs de la King-James, "qu'il fut tellement habile dans tous les langages, principalement ceux d'Orient, que s'il avait été présent à la confusion des langues au temps de la tour de Babel, il aurait pu servir d'interprète". Considérant la grande masse de matériel disponible pour vérifier la certitude de la Bible au temps de la Réforme, et les travaux prodigieux qu'y firent les Réformateurs pour des siècles, il serait faux de penser que ce matériel ne fut pas examiné soigneusement vers l'an 1611.

C'est un principe exagéré et abondamment exploité par ceux qui attaquent le Texte Reçu, que nous avons présentement de meilleures et plus précieuses sources d'information que possédèrent les traducteurs de la King-James en 1611. Il est vrai que des milliers de manuscrits furent découverts depuis ce temps, mais nous devons spécifier que la grande majorité de ceux-ci s'accordent substantiellement avec le Texte Traditionnel qui est à la base de la Bible des Réformateurs de la King James, de l'Olivetan, de l'Épée, de la Genève, de la Martin, et de l'Ostervald. Les Réformateurs eux-mêmes considéraient que leurs sources d'information étaient impeccables et exhaustives.

Pendant 350 ans, la Version Autorisée fut, dans les pays anglo-saxons, le best-seller en librairie. On peut dire que la Version Autorisée a modelé le langage et la mentalité de la nation britannique. Songeons un instant à l'extension de la langue de Shakespeare dans le monde, puis au nombre de missionnaires d'expression anglaise qui sont partis sous toutes les latitudes pour traduire la Parole divine en dialectes indigènes, au départ de la Version Autorisée. Pensons aux innombrables commentaires, dictionnaires ou concordances de la Bible, conçus selon cette version, ou aux écrits des grands hommes de Dieu comme John Bunyan qui rédigea son célèbre Voyage du Pèlerin et sa Sainte Guerre sur la base de cette Bible; et rappelons-nous surtout ce qu'a été le christianisme en Écosse et en Angleterre, les pays de la Bible, puis aux États- Unis, actuellement le premier foyer de rayonnement spirituel dans le monde. C'est la Bible de Tyndale qui a édifié ces millions de croyants en leur communiquant le message divin. Par son moyen, le vœu du martyr de 1536 s'est accompli : "Le jeune garçon qui pousse la charrue connaît mieux l'Écriture que le pape lui-même..."

Tiré de "L'histoire de la Bible", édition La Maison de la Bible

Sources consultées :

F.F. Bruce : "The Book and the Parchments", pp. 212-217.
David Lortsch : "L'histoire de la Bible en France", édition de 1910, pp. 368-376.
Jean leDuc : "La Bible Authentique: Quelle Version ?"

Source : Bible King James Française 2006