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Dictionnaire de la Bible J.-A. Bost 1849-e


septembre 3, 2010 par GoDieu

E


EAU.
L'eau a dans l'Écriture diverses acceptions figurées. Elle se prend d'abord pour toute espèce de boisson en général, Deutéronome 23:4; 1 Samuel 25:11; 1 Rois 13:18. Elle indique la famille, ascendante ou descendante, les ancêtres ou la postérité, Ésaïe 48:1 (cf. Psaumes 68:26), Nombres 24:7; Proverbes 5:15-16: ce dernier verset doit se traduire par le futur; le bonheur d'une femme fidèle y est représenté sous l'image d'une fontaine abondante dont les eaux se répandent richement au dehors et dans les rues. Ailleurs, les eaux marquent des peuples nombreux, Apocalypse 17:15. Elles signifient aussi des malheurs, Lamentations 3:54; Psaumes 69:1; 124:4-5, ou les larmes, Psaumes 119:136; Jérémie 9:1, et la sueur, Ézéchiel 21:12; 7:17. Dieu compare son culte à des eaux vives, Jérémie 2:13; Jean 4:10, et le culte des idoles, comme celui des femmes débauchées, à des eaux dérobées et étrangères, Proverbes 9:17.

— Dans le passage Jérémie 15:1,18, les «eaux qui trompent» sont une allusion au phénomène du mirage, alors que le voyageur altéré croit voir dans le lointain un lac au milieu des sables, et hâte sa marche sans pouvoir approcher de cette eau qui n'en est pas une; des eaux plus fidèles sont mentionnées Ésaïe 33:16, et pour le chrétien ce sont les mêmes que celles de Jean 4:10.

Il est parlé fréquemment des eaux supérieures et des eaux inférieures, de celles d'en haut et de celles d'en bas, des eaux de l'abîme, du grand abîme, etc., Genèse 1:6-7; 7:11; Exode 15:5; Deutéronome 8:7; 33:13; Ésaïe 51:10. C'est à l'époque de la création que les eaux de la terre et celles du ciel furent séparées; au moment du déluge elles se réunirent pour noyer et détruire l'ancien monde;

— Voir: ces deux articles.

Les eaux de la contestation de Kadès sont le nom historique d'un lieu qui fut pour Aaron et Moïse une occasion de chute; ce nom fut donné à l'endroit pour perpétuer le souvenir du péché de ces deux grands hommes de Dieu. Elles s'appellent en hébreu Mé-Méribah-Kadès, Deutéronome 32:51, et sont diversement traduites dans nos versions;

— Voir: Méribah, Mara, Mérom, etc.

On trouve au chapitre cinquième des Nombres, versets 12-31, l'institution des eaux amères ou eaux de jalousie, destinées à faire reconnaître au mari soupçonneux la faute ou l'innocence de sa femme (— Voir: Adultère). Cette épreuve était une espèce de jugement de Dieu, mais différait des épreuves du moyen âge en ce que par sa nature elle était inoffensive et qu'il fallait un miracle pour punir, tandis que ces dernières étaient toujours dangereuses par elles-mêmes et que le miracle était nécessaire pour sauver; la loi divine, comme toujours, était davantage protectrice, l'épreuve des hommes était plus cruelle.

— L'intervention constante de l'Éternel était dans cette épreuve, plus peut-être que dans toutes les autres, une nécessité, parce que si la femme coupable ne succombait point, elle et son complice pouvaient dès ce moment regarder tout le système de Moïse comme une dérision, et tourner sans crainte en ridicule toutes les superstitions d'une religion faussement ainsi nommée, impuissante à découvrir le mal, impuissante à se faire obéir: tout tombait à la première épreuve manquée. La longueur de ces opérations était d'ailleurs destinée à obtenir des aveux, et nous ne voyons nulle part d'exemple où l'épreuve ait été exécutée (— Voir: Cellérier, Législ. mos. H).

— Quant à l'eau de séparation,

— Voir: Vache rousse.

— Nos versions ont rendu parle mot propre, Ésaïe 36:12, ce que les Hébreux, par euphémisme, appelaient l'eau des pieds.


ÉBÈNE.
L'ébène n'est nommé que Ézéchiel 27:15, où il est mis, avec l'ivoire, au nombre des principaux objets de commerce de la ville de Tyr. C'était un des bois les plus recherchés, à cause de sa beauté, de sa rareté, et de sa dureté qui le rend susceptible du plus beau poli. Solalndia nigrum fert ebenum, dit Virgile (Georg. 2, 117), et c'est de l'Inde, en effet, qu'on l'a fait venir pendant longtemps; il se trouve aussi à l'Île de France, de même qu'en Éthiopie (Hérodote 3, 114. Pline 12, 8). L'ébénier a environ o mètres de hauteur, l'écorce blanche, les feuilles grandes, longues et fortes, blanchâtres du côté inférieur, les fleurs petites, réunies en bouquet et d'une agréable odeur, le fruit ressemblant à la nèfle; l'aubier est blanc; le bois proprement dit, qui seul est noir et forme l'ébène, n'occupe que le tiers intérieur de l'arbre, de telle sorte que, sur un diamètre de six pouces, un tronc n'offre que deux pouces d'ébène. Les anciens estimaient extrêmement ce bois; ils en faisaient des incrustations dans l'ivoire, et quelquefois de petites déesses, des espèces de vierges éthiopiennes.

— Le nom hébreu hob'nim est au pluriel (comme ceux de sittim, almuggim, etc.), non point parce qu'il y a deux espèces d'ébène, l'ebenus cretica de Linnée, et le Diospyros ebenus, mais parce que ces bois précieux se vendaient par pièces qui chacune portaient, comme marchandises, le nom même de l'arbre d'où elles étaient tirées; on disait un, deux, trois Ébènes, de la même manière qu'on dit un Gobelin, un Sedan, un Rubens, pour dire un ouvrage de ces manufactures, ou un chef-d'œuvre de ce grand maître.


ÉBETS,
Josué 19:20, ville de la tribu d'Issacar.


ÉCARLATE,
Genèse 38:28; Exode 25:4, et ailleurs; quelquefois confondu avec le pourpre, cf. Marc 15:17, Jean 19:2; avec Matthieu 27:28. Le mot hébreu que l'on a traduit ainsi est tholahat ou sheni tholahat, qui signifie ver en général, puis spécialement ver du coccus. On s'est demandé longtemps, et l'on se demande encore si, par tholahat, il faut entendre l'écarlate ou le cramoisi. Gesenius et Winer penchent pour ce dernier; Harris, au contraire, et Tyschen (d'après les Septante et la Vulgate), traduisent écarlate; les uns et les autres produisent des arguments passables. Voici ce que dit Harris: «Le cramoisi proprement dit est d'un rouge foncé, et se fabrique avec la cochenille, qui était complètement inconnue aux anciens; l'écarlate est d'un rouge plus vif et plus clair, tirant sur le feu; son nom même explique son origine; elle est faite avec les petits vers du coccus: cependant les anciens ne savaient pas la travailler aussi bien qu'on le fait aujourd'hui, et cette couleur était moins éclatante que ce que nous appelons maintenant écarlate.»

— Le nom hébreu rappelle, sous le rapport étymologique, notre vermillon, quoique nous appliquions à une substance minérale ce dernier mot qui, d'après son origine (vermiculus), appartiendrait plutôt au règne animal. L'écarlate se tire, comme on sait, d'un insecte qui se trouve en abondance en Palestine et dans l'île de Crète, sur une espèce de petit chêne, haut de 1 mètre environ, dont les feuilles sont épineuses et chargées de grains de la grosseur d'un petit pois: ces grains sont pleins de vers rouges (coccus), gros comme une lentille: on détache ces grains des feuilles, les petits vers en sortent par un trou du côté par lequel ils tenaient à la feuille; on les sépare avec soin de toute matière étrangère, et après les avoir légèrement écrasés, on en fait des boules de la grosseur d'un œuf.

L'écarlate était fort estimée des anciens, et c'est probablement en Égypte que les Hébreux avaient appris à la connaître; on en teignait des rideaux, des draperies et des tapis de luxe que les riches seuls pouvaient se procurer, 2 Samuel 1:24; Proverbes 31:21; Jérémie 4:30; Lamentations 4:5 (Jérémie 22:14; se rapporte aux boiseries, qui souvent étaient enduites de riches couleurs, et peintes en écarlate). Chez les Romains les rois, les princes et les généraux revêtaient des manteaux de cette couleur, Matthieu 27:28. Plusieurs pièces du tabernacle et des vêtements sacerdotaux étaient issues de fils écarlates, Exode 25:4; 28:5; 36:8; 38:18; 39:1; Nombres 4:8; Josué 2:18; peut-être aussi le voile du temple de Salomon, 2 Chroniques 3:14.


ECBATANE,
ville de Médie, que quelques interprètes croient être désignée, Esdras 6:2, par le nom caldéen Achmetha, que nos versions ont traduit par «dans un coffre;» cette traduction est possible, comme aussi l'opinion de ceux qui rendent Achmetha par Ecbatane. Cette ville est plusieurs fois rappelée dans les Apocryphes. Elle fut fondée par Déjocès, roi des Mèdes (705 avant J.-C.), et entourée de sept murailles, qui s'élevaient par étages du dehors an dedans de la ville, et dont les créneaux, au dire d'Hérodote (1, 98), étaient de sept couleurs différentes, blancs, noirs, rouges, bleus, rouge foncé, argentés et dorés: le mur extérieur avait près de 38 kilomètres de tour, 178 stades. Depuis Cyrus elle fut pendant deux mois d'été la résidence des rois de Perse, qu'y attirait la fraîcheur de son climat. Elle renfermait un palais magnifique, un vaste temple et de riches aqueducs. C'est là qu'Antiochus Épiphanes apprit la déroute des armées qu'il avait envoyées en Palestine, 2 Maccabées 9:3. Plusieurs voyageurs assurent qu'on en voit encore quelques chétives ruines dans le voisinage de Hamadan, sous les 34° 53' de latitude et 65° 24' de longitude (Morier, Voyage en Perse).

— Hérodote et Pline mentionnent une autre Ecbatane en Phénicie, non loin du mont Carmel, du côté de Ptolémaïs, où Cambyse mourut, s'étant blessé à la cuisse avec son cimeterre, comme il montait à cheval; auj. Caïffa.


ECCLÉSIASTE.
C'est ainsi que s'appelle l'auteur d'un des livres sentencieux de l'Ancien Testament. Son recueil de pensées est intitulé: «Paroles de l'Ecclésiaste, fils de David, roi de Jérusalem;» c'est un des livres qui ont donné le plus de travail aux interprètes. Que signifie d'abord le nom même d'Ecclésiaste, ou plutôt le nom hébreu de Kohéleth? La traduction la plus simple en apparence, et le plus généralement admise, est celle de Prédicateur (Luther: Prediger); Horne l'applique soit à la personne chargée de convoquer le peuple, soit à celle qui doit le haranguer. La racine kahal est employée, 1 Rois 8:1, pour dire que Salomon assembla les anciens; c'est aussi là sa signification particulière, correspondante à celle du mot grec ίκκλησία, d'où nous avons fait les mots Ecclésiaste et Église. D'autres traduisent un rassembleur ou collecteur, et l'entendent de celui ou de ceux qui auraient rassemblé et rédigé des paroles prononcées par le fils de David: l'Ecclésiaste serait alors, non pas l'auteur, mais le rédacteur du livre. La forme du mot Kohéleth est féminine (proprement la prédicatrice), mais on l'emploie fréquemment en hébreu, même en parlant d'hommes, lorsqu'on veut désigner plus particulièrement une charge, une dignité, un office. Eu égard à cette forme féminine, quelques docteurs distingués, Carthwight, Heidegger, etc., ont cependant présenté une interprétation différente;ils voient dans Kohéleth la forme hébraïque du Pohel, et traduisent ce mot par «une âme rassemblée»; selon eux Salomon, après avoir été rejeté de l'Église, chassé de la synagogue à cause de ses désordres, y serait rentré par sa repentance, serait redevenu membre de cette assemblée, et lui aurait été agrégé de nouveau: le féminin marquerait la profondeur de sa conversion, ce ne serait pas un homme, un roi, Salomon, son corps qui aurait été rassemblé, mais son âme; quelques rabbins appuient cette manière de voir en expliquant Kohéleth par un homme doué d'une âme réintégrée. Entre ces deux explications principales, dont l'une fait de l'auteur un maître qui enseigne, et de l'autre un fidèle qui se repent et s'humilie, on peut choisir; la seconde a peut-être quelque chose de plus séduisant; la première réclame en sa faveur un plus grand nombre d'autorités et l'analogie de la langue.

Quant à la personne désignée par le nom d'Ecclésiaste, il est difficile de s'y méprendre, et il faut beaucoup de bonne volonté pour y voir autre chose que Salomon. Ceux mêmes qui veulent, comme Luther, n'y voir qu'une collection, reconnaissent que les paroles sont des sentences prononcées par ce sage monarque, quoique recueillies par d'autres; rien ne justifie, du reste, ce système. Au premier verset, l'Ecclésiaste se donne comme roi de Jérusalem et fils de David; ailleurs (2:4; sq. 1:46; cf. 1 Rois 4,), il parle de ses richesses immenses, de ses maisons, de ses campagnes, de ses vignes, des aqueducs qu'il a fait bâtir, de ses viviers, de ses esclaves, de ses trésors en or et en joyaux, de sa grandeur, qui a été plus élevée que celle de tous ceux qui ont été à Jérusalem avant lui, de sa sagesse divine; il parle encore des sentences et des proverbes qu'il a mis en ordre, Ecclésiaste 12:11-12; cf. 1 Rois 4:32, etc.; il n'y a qu'un type qui réponde à tous ces caractères. Toutefois, nous devons mentionner pour mémoire l'opinion des Talmudistes, qui attribuent cet ouvrage au roi Ézéchias; celle de Grotius, qui l'attribué à Zorobabel; celle de Kimchi, qui l'attribue à Ésaïe.

Au dire des rabbins, confirmé par saint Jérôme, quelques-uns de ceux qui recueillirent les livres saints après la captivité, furent d'avis de ne pas insérer l'Ecclésiaste dans le Canon, de peur que des esprits faibles ne fussent scandalisés de certains passages obscurs qui s'y trouvent, et qu'ils pourraient mal interpréter, par exemple, 3:18-22; 4:1-3; 9:2, etc. Effectivement, ces versets trahissent un matérialisme et un athéisme révoltants; ils rappellent dans leur genre ce passage des Romains 6:1: «Péchons, afin que la grâce abonde»; et ces paroles du même apôtre, 1 Corinthiens 15:32: «Mangeons et buvons, car demain nous mourrons»; si les unes et les autres de ces paroles impies se trouvent dans l'Écriture, celles du Nouveau Testament pourront nous expliquer celles de l'Ancien; dans l'un et l'autre cas, ce„ sont les raisonnements du pécheur reproduits par l'Esprit saint pour être combattus. Le but de l'auteur a été de démontrer la vanité des choses de la terre comme telles, et l'excellence de la sagesse et de la vraie religion; son ouvrage présente une espèce de dialogue dont les rôles sont quelquefois assez difficiles à distinguer, parce que les interlocuteurs se rencontrent en plusieurs points, et que celui qui relève la grandeur divine s'accorde avec l'autre à dire que tout n'est que vanité. On peut supposer avec Grotius un homme de bien discutant avec un impie ou un Sadducéen; c'était une forme qu'affectionnaient volontiers les anciens, Platon, Xénophon, etc.; cependant le dialogue n'est pas aussi marqué que dans les ouvrages de ces philosophes. Il paraîtrait plutôt que Salomon discute avec lui-même, soit qu'il reproduise les arguments sadducéens que sa profonde science lui avait certainement fait connaître, soit aussi que le roi pénitent raconte ses erreurs passées, et le matérialisme insensé qui avait été pour lui le fruit de ses débauches et de son idolâtrie. Quoi qu'il en soit, on voit dans ce livre des opinions contraires mises en présence; il y a donc deux hommes qui parlent, fictifs peut-être, et les doutes de l'un ne sauraient pas plus être comptés au nombre des paroles sacrées, que les discours des rois impies, des faux prophètes, et de Satan lui-même, qui sont reproduits en maint endroit par l'Esprit saint.

On a souvent remarqué la solennité avec laquelle s'ouvre le chapitre 5e; l'impie, dégoûté, mais non désabusé, a critiqué tout ce qui se fait sur la terre; il s'est plaint de voir prospérer le méchant, le faible tomber sans consolateur; le Sage lui répond: «Quand tu entreras dans la maison de Dieu, prends garde à ton pied; ne te précipite pas à parler; Dieu est au ciel et toi sur la terre; c'est pourquoi use de peu de paroles.» Homme chétif! tu veux critiquer cet univers, qui marche, conduit par la puissante main de Dieu; tu veux aborder le temple mystérieux de la Providence; tu veux sonder la profonde sagesse; eh bien, sois au moins prudent, ne te hâte pas de juger, et regarde.

Il est difficile de donner une idée exacte du plan de cet ouvrage; on peut le diviser en trois parties:

  1. la thèse 1:1-3;

  2. le développement, 1:4-12:8;

  3. la conclusion 12:8-16.

Le développement lui-même comprend deux parties principales: l'une négative, sur la vanité des choses de la terre; elle va jusqu'à 6:9; l'autre, positive, sur la nature, l'excellence et les effets bienfaisants de la révélation divine, jusqu'à 12:7. Quanta l'ordre des idées, on ne peut pas le déterminer, et malgré tous les efforts qu'on a faits, on n'a pas réussi à exposer l'enchaînement méthodique des arguments, soit que l'âme trop pleine du prophète ait débordé de tous les côtés, versant à la fois le désespoir et l'espérance, les plaintes et le repentir, les vieilles erreurs et la nouvelle intelligence; soit, comme le dit naïvement Heidegger, soit que nos humbles esprits ne soient pas capables de suivre la logique subtile et déliée d'un si grand roi.

— Le dernier chapitre présente à un haut degré ce caractère d'autorité que les païens remarquaient dans les discours de Jésus; le sage ne discute plus, il affirme; il ne raisonne plus, il impose: «Jeune homme, marche comme ton cœur te mène, mais sache que pour toutes ces choses Dieu t'amènera en jugement.

— Crains Dieu, et garde ses commandements, car c'est là le tout de l'homme; parce que Dieu amènera toute œuvre en jugement, touchant tout ce qui est caché, soit bien, soit mal.»

Personne n'était mieux qualifié que Salomon pour dire: Vanité des vanités, tout est vanité! Il avait joui de tout, abusé de tout! Richesses, amour, sagesse, il avait vu une lin à toutes ces choses, et plusieurs l'avaient trompé. D'autres témoignages que le sien eussent été moins forts.

Quant à l'époque de la composition de ce livre, ceux qui supposent un autre auteur que Salomon, la fixent naturellement de très diverses manières, suivant l'auteur qu'ils donnent à l'Ecclésiaste; nous n'avons pas à nous en occuper. Pour les autres, ils sont divisés selon qu'ils admettent ou non que Salomon s'est relevé de sa chute et de son idolâtrie; il a composé l'ouvrage avant sa chute, s'il est mort impénitent; il l'a écrit après, s'il s'est repenti, et cette dernière opinion qui semble ressortir de la lecture même de l'ouvrage, nous paraît de beaucoup la plus probable; c'est presque une œuvre de pénitence, et l'on ne peut guère supposer que celui qui l'a écrite, ait pu faire plus tard une chute éternelle. Qui voudrait admettre que nous eussions dans l'Écriture l'ouvrage d'un apostat, d'un réprouvé! L'inspiration n'y perdrait rien, si l'on veut, mais bien le lecteur. D'ailleurs il est difficile de croire qu'un homme aussi privilégié de Dieu, en ait été dans la suite complètement abandonné (v. Salomon).

On lit dans Calmet: «Luther a dit avec sa liberté, ou plutôt son insolence ordinaire, que l'Ecclésiaste lui paraissait un auteur plat, qui marchait sans bottes ni éperons, ce sont ses termes; qu'il ressemblait au Talmud et était un ramas de plusieurs ouvrages; que l'on avait recueilli les maximes de table que Salomon prononçait dans la débauche et dans la bonne chère, et qu'on les avait écrites dans ce livre.»

L'opinion de Luther a été si souvent citée, que nous croyons ne pouvoir faire mieux que de laisser parler Luther lui-même. Entre son jugement authentique et l'autorité plus que douteuse de ses Propos de table, on ne peut hésiter: «Je puis dire en toute vérité, écrit-il en tête de son Commentaire, que j'eus une grande joie lorsque, pour la première fois, je saisis et découvris quelque peu le sens de l'original; car j'ai, pendant ma vie entière, essayé mes forces sur ce livre, à plusieurs reprises et avec grand travail et grande application; mais je n'ai pu tirer aucun profit de tous les commentaires et ouvrages des anciens, jusqu'à ce que j'aie en quelque sorte conquis l'intelligence du texte hébreu. Tout ce livre avait été interprété faussement, contre le texte et contre la doctrine chrétienne, et gâté de fond en comble (au temps de la Réforme, les docteurs catholiques appliquaient d'une voix unanime à la société même, telle que Dieu l'a réglée, au mariage, aux diverses vocations de l'homme, aux biens terrestres, ce que Salomon dit des abus par lesquels l'homme pécheur et insensé altère l'ordre divin des choses et les dons de la Providence, et ils déclaraient vanité l'œuvre de Dieu aussi bien que l'humaine folie. Rougemont)... Je recommande cet écrit, continue Luther, à tous les chrétiens pieux... L'Ecclésiaste est un livre tout particulièrement utile aux rois, princes et seigneurs, à leurs conseillers et à tous ceux qui sont dans le gouvernement, ainsi qu'à ceux qui ont femme et enfants à élever... On pourrait encore nommer ce livre l'écrit de Salomon sur les Églises et les écoles, etc.»

M. de Rougemont, dans son Explication de l'Ecclésiaste, a fait un rapprochement très remarquable entre ce livre et les écrivains profanes. Nous en reproduirons ici la première partie (la seconde est une analyse du poème de Pétrarque intitulé les Triomphes):

«L'Ecclésiaste, dans sa triple recherche du bonheur terrestre, passe par les états de l'âme les plus divers, et il expose ainsi les bases de tous les systèmes principaux de morale.

Il commence et finit, comme Héraclite, par considérer toutes choses sous le jour le plus sombre. Mais dans le cours de ses recherches il lui vient plusieurs fois à l'esprit que la vraie sagesse pourrait bien être d'être toujours gai et joyeux, 9:7-9; 3:22; sq..

On a dit avec raison que Faust et Don Juan résumaient l'humanité pécheresse et inconvertie. Le premier se perd par les jouissances intellectuelles, le second par les plaisirs des sens. L'Ecclésiaste a dit avec Faust: «J'appliquerai mon cœur à savoir;» et avec Don Juan:

«Allons, mon cœur, que je t'éprouve par la joie, et jouis du bien», 1:16-18; 2:1-2. Six siècles avant Aristippe et Épicure, l'Ecclésiaste, fils de David, érigeait en système et mettait en pratique la morale du plaisir allié à la vertu, chapitre 3. Mais bientôt le voilà qui s'écrie, à la vue du sage qui meurt comme l'insensé: C'est pourquoi j'ai haï la vie j'ai haï tout mon travail... j'ai désespéré de tout; et ces accents d'une insondable tristesse traversent tous les siècles sans être répétés par un seul écrivain, jusqu'au jour où le plus grand poète de la France actuelle dit à son tour:

Mais quand ces biens que l'on envie
Déborderaient dans un seul cœur,
La mort, au terme de la vie,
Fait un supplice du bonheur.
...
Voilà pourquoi mon âme est lasse
Du vide affreux qui la remplit
(LAMARTINE, Harm., III, 9)

À peine l'Ecclésiaste a-t-il fait taire sur ses lèvres le murmure du désespoir, à peine a-t-il entrevu un éclair de bonheur, 2:24, qu'il se transforme sous nos regards en un dur stoïcien qui ne demande la joie qu'à la vertu, et qui baisse, en résistant, la tête sous le joug d'une immuable et insensible fatalité, qui lui distribue la souffrance et le plaisir sans lui permettre même de la fléchir par la prière, 3:14.

Mais bientôt il tombe plus bas encore; la vue des désordres de la société lui inspire la plus ancienne profession de scepticisme qui se lise dans les fastes de l'histoire, et, jusqu'aux encyclopédistes du siècle passé, personne ne niera l'immortalité de l'âme en termes aussi rudes et durs, 3:18-22. (Notons toutefois que l'Ecclésiaste ne met nulle part en doute l'existence de Dieu. La démence seule peut dire: Il n'y a point de Dieu, Psaumes 53:1, et le sage n'aurait plus mérité ce nom s'il eût mis en doute la plus incontestable de toutes les réalités.)

Cependant il se relève de cet abîme, il prêche la crainte de Dieu et le contentement d'esprit, et déjà, s'élevant vers les sublimes hauteurs de l'Évangile, il proclame le néant de tous les biens terrestres, 6:7, et la béatitude de la souffrance, 6:12, 7:1-7.

Mais il ne se soutient que peu d'instants à ces hauteurs, et il s'abat sur l'humble colline qu'Aristote choisira plus tard pour sa demeure: La vertu, dit-il, est le milieu entre deux extrêmes, 7:11-22.

Son cœur, sa conscience, l'avertit de son erreur, et le voilà, comme Diogène le cynique, cherchant partout un homme et ne le trouvant pas, 7:28.

L'impunité du crime, l'adversité des gens de bien, la parfaite indifférence avec laquelle Dieu traite les justes et les injustes, font de lui un déiste qui se persuade que Dieu ne peut qu'approuver tout ce que font les hommes, et que la pensée de l'immortalité ne doit influer en rien sur notre conduite et ne troubler aucune de nos joies, chapitre 8 et 9.

Enfin, après bien des doutes encore et des hésitations, il croit que la sagesse est préférable à tout, parce qu'elle contient les plus grandes chances de bonheur, et il anticipe de vingt-sept siècles sur l'utilitarisme moderne, chapitre 10 et 11.

Cependant les accents qui dominent dans le discours philosophique de l'Ecclésiaste, sont ceux de l'eudémonisme. Aussi cet écrit n'offre-t-il que fort peu de points de comparaison avec les autres livres inspirés (tandis que sa conclusion est le résumé de tout l'Ancien Testament), et ses vrais parallèles se trouvent dans les ouvrages des philosophes païens, et en particulier chez les Épicuriens et chez Horace.

L'Ecclésiaste et Horace recommandent constamment de modérer et restreindre ses désirs, et l'un comme l'autre fait l'éloge de la vie des champs, et décrit toutes les inquiétudes des grandes richesses, cf. Ecclésiaste 4:4,8; 5:9-12, Épodes 2, Sat. 2, 6; Odes 2, 18; 16; 3:1; 16.

Pour être heureux, dit l'Ecclésiaste, il faut saisir la joie quand elle se présente et ne pas regimber contre l'adversité, 2:24; 5:18; 7:14, etc. Horace parle de même: «Le seul mortel heureux est celui qui, maître de soi, peut dire chaque jour: J'ai vécu.» Odes 3, 29; puis 1, 9; 11.

Tu quameumque Deus tibi fortunaverit horam,
Gratâ sume manu, nec dulcia differ in annom.
...
... Quod petis, hic est,
Est Ulubris, animus si te non déficit œquus.

(Epist. 1, 11)

Omnem crede diem tibi diluxisse supremum:
Grata superveniet, quæ non sperabitur, hora.
(Epist. 1, 4)

L'Ecclésiaste dit: «Ne sois ni trop sage ni trop méchant», 7:16-17. Prends le juste milieu: Inter utrumque tene; ne quid nimis; ou avec Horace:

Insani sapiens nomen ferat, æquus iniqui,
Ultra quam satis est virtutem si petat ipsam.
Virtus est médium vitiorum et utrimque reductum.
(Epist. 1, 6)

Horace veut des vêtements blancs aux jours de fête, Sat. 2, 2, et l'Ecclésiaste en tout temps, 9:8. L'Ecclésiaste sait que l'argent répond a tous nos désirs, 10:19, et Horace paraphrase ainsi cette pensée, Éphésiens 1:6:

Scilicet uxorem cum dote fidemque et amicos
Et genus et formam regina pecunia donat.

Mais l'un et l'autre n'ignorent point que l'âme n'est pas rassasiée par les biens de la terre, 6,7, et

Crescunt divitiæ, tamen
Curtæ nescio quid semper abest rei.

L'Ecclésiaste revient constamment sur cette mort qui pèse sur les bons comme sur les méchants, à laquelle nul ne peut se soustraire, qui empoisonne toutes les joies et qui jette l'homme dans le sépulcre ténébreux on il n'y a ni œuvre, ni discours, ni science, 2:14; 3:18; 6:2; 8:8-14; 9:1-12; 11:8. Et c'est là encore une des pensées qui préoccupent le plus habituellement Horace, Odes 1, 28; 2, 3; 3, 1:

Eheu fugaces, Posthume, Posthume,
Labuntur anni...
(Odes 2, 14)

Nos ubi decidimus
Quo pius Æneas, quo Tullus dives, et Ancus,
Pulvis et umbra sumus.
(Odes 4, 7)

Horace aussi songe souvent avec chagrin à ces héritiers auxquels passeront ses biens, Ecclésiaste 2:18-26; 4:8. Horace, Odes 4, 7; 2, 3. Ep. 1, 4; etc.

Il se plaint avec l'Ecclésiaste, 7:10, des temps présents, qui sont pires que les jours passés.

Au-dessus des grands est le roi, dit l'Ecclésiaste, et au-dessus d'eux tous est Dieu, 5:8.» Et Horace, Odes 3, 4:

Regum timendorum in proprios greges,
Reges in ipsos imperium est Jovis.

Ces parallèles, auxquels on pourrait en ajouter bien d'autres, prouveraient à eux seuls que le livre de l'Ecclésiaste ne peut contenir dans tous ces passages la pensée définitive d'un sage inspiré. Mais quand bien même on voudrait ne voir en lui que le prédicateur de la joie mondaine, encore diffère-t-il totalement d'Horace en ce qu'il connaît une jouissance des biens terrestres qu'accompagne, purifie, accroît la pensée et la crainte de Dieu. D'ailleurs ce n'est que pendant de courts instants qu'il parle comme Horace a fait toute sa vie, et l'Hébreu qui s'abaisse de temps en temps jusqu'à donner la main à l'épicurien du siècle d'Auguste, a l'âme assez grande pour embrasser tous les contraires, assez haute et noble pour ne voir que vanités dans toutes les joies de la terre, assez forte, assez passionnée pour haïr la vie telle que le péché l'a faite, assez sérieuse pouf préférer le deuil aux rires, et c'est enfin lui qui, sur les ruines de tout espoir de bonheur, plante le céleste étendard de la crainte de Dieu.»

On possède en français une bonne traduction de l'Ecclésiaste, par M. Vivien, et un commentaire explicatif, simple, profond et précieux, de M. F. de Rougemont.


ÉCOLES.
Quelques rabbins parlent d'écoles antédiluviennes, dirigées successivement par Adam, Énos et Noé; puis par Melchisédec à Kiriathsépher; il ajoutent qu'Abraham donnait des leçons d'arithmétique et d'astronomie en Caldée; qu'il en donna plus tard en Égypte, et que Jacob lui succéda dans l'art d'enseigner. Fis ne disent pas à quelles sources ils ont puisé ces traditions, plus qu'incertaines. Les écoles proprement dites, destinées à la culture intellectuelle du peuple, ne furent pas plus connues des Israélites avant l'exil, qu'elles ne le furent des premiers Romains, ce qui n'a rien qui doive surprendre puisque l'antiquité n'avait pas un cercle de connaissances élémentaires bien étendu, la lecture, et surtout l'écriture étant l'apanage presque exclusif des riches. On ne saurait douter que les enfants ne reçussent une instruction religieuse, mais les parents seuls en étaient chargés, Proverbes 6:20; déjà Moïse avait ordonné aux Hébreux d'élever leurs enfants dans la connaissance de leur loi et de leur histoire, Deutéronome 6:7,20; 11:19. Peut-être les rois avaient-ils pour leurs fils des gouverneurs particuliers. Mais ce ne sont pas là des écoles; il n'en faut pas voir davantage dans les enseignements que Moïse, Aaron et les anciens d'Israël donnaient au peuple dans le désert. Après l'exil même nous voyons encore les mères soigner l'instruction de leurs enfants, Susan. 3, 2 Timothée 3:15; la religion forme toujours la partie la plus importante de cette éducation, parce que la religion est intimement liée à l'état civil, et qu'elle est aussi indispensable au citoyen qu'au fidèle. étant à la fois politique et théocratique. Cependant c'est à cette époque à peu près, que prirent naissance les premières écoles juives, qui ne furent dans le principe qu'une espèce de dépendance des synagogues. Les jeunes garçons destinés à la carrière des saintes lettres recevaient sans doute une instruction préparatoire, avant d'être confiés au scribe qui devait les former. On n'enseignait que rarement les langues étrangères dans les écoles de la Palestine; cependant, d'après le Talmud, ce n'est que de la dernière guerre des Juifs que date la défense positive d'enseigner le grec aux enfants.

Écoles de prophètes. Il y en avait dans différents endroits du pays, notamment à Rama, 1 Samuel 19:19-20, à Jéricho, 2 Rois 2:5, à Béthel et à Guilgal, 2 Rois 2:3; 4:38. Quelques-uns prétendent qu'Élie avait aussi une école de ce genre dans les grottes du Carmel. Les jeunes gens qui faisaient partie de ces assemblées étaient appelés fils des prophètes; ils n'étaient pas nécessairement jeunes, et pouvaient être mariés, 2 Rois 4:1; ils vivaient ensemble, quelquefois en nombre fort considérable, 2 Rois 2:16; 6:1, (peut-être aussi 1 Rois 18:4,13) et prenaient leurs repas en commun, 2 Rois 4:38. La musique et le chant jouaient un grand rôle dans leurs exercices religieux, comme on peut le voir par 1 Samuel 10:5, mais l'Écriture ne nous donne aucun détail sur l'ensemble de leurs travaux et sur l'objet même de l'institution: la prophétie, comme don miraculeux, ne pouvait pas se communiquer par l'enseignement; d'un autre côté, lorsqu'on voit Saül se joindre tout-à-coup aux jeunes gens qui prophétisent, 1 Samuel 10:10, on est presque obligé d'admettre qu'une grande puissance de l'Esprit se manifestait au milieu d'eux. Le plus naturel est, ce nous semble, de voir dans ces écoles des associations de jeunes gens pieux, réunis autour d'un prophète pour s'instruire et s'édifier, et saintement électrisés par la parole noble et divine de leur maître, qui les élevait dans une sphère plus haute de la vie religieuse, et leur communiquait ainsi des dons qui étaient refusés aux âmes moins pieuses, moins constamment sous l'influence d'en-haut. Il paraît, d'ailleurs, que les prophètes avaient en effet des réunions régulières d'instruction qu'ils tenaient les jours de sabbat, les jours de nouvelle lune, et à d'autres moments déterminés; on peut le conclure de 2 Rois 4:23.

Ces réunions subsistèrent jusqu'à la captivité de Babylone; on en trouve peut-être encore quelques traces, Ézéchiel 14:1; 20:1; 8:1; etc., puis elles furent remplacées par les synagogues, dont le nombre se multiplia tellement au retour de l'exil, que dans la seule ville de Jérusalem on en compta jusqu'à 394 ou 400: chaque corps de métier avait la sienne, les étrangers même en possédaient plusieurs.


ÉCRITURE.
L'écriture fut de bonne heure connue des Hébreux; cependant l'on n'est pas d'accord sur l'époque où elle fut introduite d'une manière générale, et deux opinions passablement tranchées sont encore en présence aujourd'hui. Hengstenberg et Hævernick réclament déjà pour les patriarches la connaissance de l'art d'écrire; Winer ne la fait remonter qu'aux jours de Moïse; Hartmann et Bohlen veulent même ne lui donner qu'une origine beaucoup plus récente. Nous ne dirons rien de cette dernière opinion qui n'a pour elle qu'une volonté et des préoccupations dogmatiques, non plus que de celle qui attribue à Adam l'invention de l'écriture et la composition d'un livre; quant aux prophéties d'Énoch, dont il est parlé Jude 14.

— Voir: Énoch.

En faveur de la première opinion, Hævernick (Einleit, in die BB. des Ancien Testament, p. 269 sq.) a réuni un grand nombre de passages et de présomptions diverses, qui ne sont pas tous également probants, mais dont l'ensemble milite avec beaucoup de force à l'appui de sa thèse. Les rapports fréquents des Hébreux avec les Phéniciens, les richesses et la prospérité de Sidon, ses vaisseaux bien connus des patriarches, Genèse 49:13, les relations du Mord avec le Sud, les marchands madianites venant de Galaad pour se rendre en Égypte, Deutéronome 3:12; Genèse 37:25, les ornements et autres articles de luxe, mentionnés dans l'histoire des patriarches, Genèse 43:11; 24:22; 37:3, les échanges, et l'emploi de l'argent comme valeur déterminée, 20:16, tout indique un degré de civilisation tellement avancé, qu'il est difficile de croire que la culture intellectuelle n'ait pas marché de pair avec un pareil développement, et que l'écriture ne soit pas devenue une nécessité.

— L'histoire de Juda et Thamar, Genèse 38:18, nous présente une autre trace qui semble indiquer la connaissance de l'écriture; il y est parlé d'un cachet (cf. Hérodote I, 195); or un cachet suppose l'art de graver, qui suppose à son tour l'écriture.

— Le mot hébreu employé Genèse 41:8; pour magicien, est un composé du mot hhéret, Ésaïe 8:1, qui signifie un burin à graver (une touche de fer, Job 19:24); nouvel indice.

— Enfin le mot shoterim, traduit par commissaires, Exode 5:6, et ailleurs, et qui se rencontre fréquemment dans le Deutéronome, même en parlant de temps antérieurs à Moïse, signifie proprement écrivains, inscripteurs; c'étaient peut-être des espèces de commis teneurs de livres, comme il y en eut plus tard, surtout parmi les Lévites, un grand nombre, chargés des registres généalogiques et des dénombrements.

À ces traces antémosaïques on objecte, que les patriarches sont représentés dans la Genèse comme se faisant des monuments naturels, des autels, des monceaux de pierres, des arbres, pour suppléer à l'absence de l'écriture et pour seconder la mémoire. On voit en effet plusieurs mémoriaux de ce genre; mais d'abord nous ignorons s'ils ne portaient pas quelques inscriptions, et ensuite il est peu probable que leur simple existence secondât suffisamment la mémoire, si du reste aucun signe caractéristique ne venait rappeler l'événement: ces monuments d'ailleurs se retrouvent même après les temps mosaïques, et même de nos jours, sans qu'on puisse nier l'art d'écrire.

À l'époque de Moïse on ne peut plus douter que l'écriture ne soit bien connue; Moïse écrit la loi, la fait lire par le Lévite, copier pour l'usage des rois, Deutéronome 31:9,11; 17:18; les anciens d'Israël sont convoqués par écrit, Nombres 11:24,26; les imprécations prononcées contre la femme soupçonnée d'adultère, au cas qu'elle soit coupable, sont écrites dans un livre, Nombres 5:23, les pierres sont sculptées, même on y grave des noms, Exode 35:33; 28:36; Deutéronome 27:8; en lettres tantôt fines, tantôt fort grandes; des passages écrits doivent servir de fronteaux aux Israélites au lieu des amulettes égyptiennes, Exode 13:16; Deutéronome 6:8; 11:18; les poteaux des maisons sont recouverts d'inscriptions pareilles, 6:9; enfin l'époux qui veut répudier sa femme doit lui donner une lettre de divorce, Deutéronome 24:1-4.

— On peut voir ensuite, pour l'époque qui suivit Moïse, Josué 24:26; 8:32,34,35; 18:4,6,9; Juges 5:14; 8:14; Jérémie 52:25; etc., Ézéchiel 9:2.

— Dans les premiers temps, et pour les actes d'une certaine importance, des masses solides, des rochers, sont les matériaux dont on se sert, Exode 24:12; 31:18; 34:1; Deutéronome 10:1; 27:8; de lourds et puissants burins de fer sont les plumes des écrivains, Job 19:24; Jérémie 17:1. Des plaques de métal, et quelquefois de bois, servent cependant aussi à recevoir les caractères, Exode 28:36; Nombres 17:2; on trouve encore mentionnés parmi les objets en usage l'encre, Jérémie 36:18; cf. 2 Jean 12; 3 Jean 13; 2 Corinthiens 3:3; un canif, Jérémie 36:23; une pointe de diamant pour graver, Jérémie 17:1; cf. Ésaïe 8:1; des plumes, Jérémie 8:8; cf. 3 Jean 13. Du papier égyptien semble mentionné 2 Jean 12, et des feuilles de parchemin 2 Timothée 4:13. On se servait aussi de tablettes légères pour l'usage journalier, Luc 1:63. Les ouvrages un peu volumineux étaient écrits sur des feuilles réunies en rouleaux, Jérémie 36:14; Ézéchiel 2:9; Zacharie 5:1; Psaumes 40:8; cf. Luc 4:17; 2 Rois 19:14; Apocalypse 6:14, et divisées en colonnes, Jérémie 36:23.


ÉDEN, ou Héden.
  1. Genèse 2:8.

    — Voir: Paradis.

  2. Amos 1:5, ou Beth-Éden, maison de plaisance des rois de Damas, située sur le Liban. Selon Gesenius, une ville de ce nom existerait encore à la même place.

  3. Les enfants d'Éden ou Héden, 2 Rois 19:12; Ésaïe 37:12, habitaient le pays de Télasar, q.v. D'après Ézéchiel 27:23, ils faisaient le commerce avec Tyr, et comme ce nom est lié avec Haran dans tous ces passages, on voit que c'est dans la direction est ou nord-est, sur les bords de l'Euphrate ou du Tigre, qu'il faut l'aller chercher.

    — Le mot Éden ou Héden, qui rappelle le grec ήδονή, signifie plaisir, délices.


ÉDOM. Édomites ou Iduméens,
peuplade issue d'Ésaü, q.v. Ils s'établirent dans les montagnes de Séhir, après en avoir exterminé ou subjugué les anciens habitants, Deutéronome 2:12; ils étaient divisés par tribus et gouvernés par des chefs, Genèse 36:15; sq. (mal traduit ducs). Moïse demanda au roi d'Édom la permission de traverser son pays pour entrer en Canaan, mais Édom refusa, Nombres 20:14, et les Israélites se détournèrent de leur chemin, parce que Dieu leur avait défendu de traiter hostilement cette peuplade, Deutéronome 2:4. Ils demeurèrent indépendants jusqu'au temps de David qui les assujettit et accomplit la prophétie d'Isaac, que Jacob asservirait Ésaü. Les Édomites ne supportèrent qu'impatiemment le joug des rois de Judée, et dès la fin du règne de Salomon. Hadad, iduméen, beau-frère de Pharaon, qui avait été transporté en Égypte fort jeune, revint dans son pays et fut proclamé roi, 1 Rois 11:17-22; sa domination ne s'étendit probablement que sur l'Idumée orientale, car les autres Iduméens qui étaient au midi de la Judée demeurèrent dans l'obéissance des rois de Juda jusqu'au règne de Joram, fils de Josaphat; ils essayèrent alors de secouer le joug, et réussirent pour un temps, 2 Chroniques 21. Amatsia, fils de Joas les soumit de nouveau, se rendit maître de Pétra, et précipita dix mille d'entre eux du haut d'une roche dans la mer, 2 Chroniques 25. Hozias (Hazaria) prit sur eux la ville d'Élath sur la mer Rouge, 2 Rois 14; mais Retsin la reprit, 16:6, et ces conquêtes n'eurent pas de suite. Les prophètes reprochent fréquemment aux Édomites leur jalousie et leur haine contre Israël, Joël 3:19; Amos 1:11; Psaumes 137:7; Lamentations 4:21; Ézéchiel 25:12; 35:15. Cette inimitié se manifesta surtout lors du siège de Jérusalem par Nébucadnetsar, quoiqu'ils n'aient pas pris alors une pari active aux combats. Abdias leur annonça que leur joie maligne serait punie, et cinq années après la prise de Jérusalem, Nébucadnetsar, jaloux, et se méfiant d'un peuple qu'il connaissait perfide, tomba sur Édom et le ravagea; ainsi font les alliés de ce monde. Pendant l'exil, un grand nombre d'entre eux vinrent habiter la partie méridionale de Juda qui était déserte (cf. Ézéchiel 35:10; 36:5); expulsés de nouveau de ce pays, ils méditèrent d'y rentrer, Malachie 1:4, mais sans succès. Plus tard, Judas Maccabée les attaqua et les battit à plusieurs reprises; Jean Hyrcan les subjugua de même; il leur imposa l'obligation de se faire circoncire, et de se soumettre aux autres lois de Moïse. Dès lors ils furent en quelque sorte incorporés à la nation juive; ils restèrent soumis aux derniers rois de Judée, et vinrent défendre Jérusalem contre les Romains; mais bientôt ils quittèrent la ville, et repartirent pour l'Idumée chargés de butin.

— Hérode le Grand était Iduméen, et l'empereur Philippe, dit l'Arabe, l'était pareillement, étant né à Botsra.

Les Édomites étaient adonnés an commerce par mer et par terre, à l'agriculture et à l'élève des bestiaux, Nombres 20:17. Quant à leur religion, elle est peu connue; nulle part l'Écriture ne leur reproche l'idolâtrie ou ne mentionne leurs idoles; il est à croire que la connaissance du vrai Dieu se conserva parmi eux pendant les premières générations depuis Ésaü; une tradition porte même qu'ils adoraient Moïse (Épiphane), et ce qui fortifierait cette opinion, c'est que Flavius Josèphe appelle Kosé, ou Chosé l'une de leurs divinités. Ce nom qui signifie en hébreu un voyant, un prophète, s'applique parfaitement au législateur des Hébreux. En tout cas, leur religion n'était pas identique avec celle des Juifs, puisque Hyrcan ne put les v amener que par la force.


ÉDUCATION.
  1. — Voir: Écoles.

  2. L'éducation ou élève des bestiaux a toujours été en Orient, surtout dans l'antiquité, une occupation importante et très respectée; les Hébreux, en particulier, faisaient remonter jusqu'à Abel le Juste la généalogie des bergers. Pareils aux Bédouins d'aujourd'hui, les patriarches et les Israélites voyageaient en hordes nomades, cherchant des pâturages vastes et fertiles dans les plaines méridionales de Canaan, de l'Arabie Pétrée, et des contrées qui avoisinent l'Égypte, Genèse 12:10; 13:9; ils y passaient ainsi des années sous des lentes, vêtus et nourris du produit de leurs troupeaux, faisant venir leur blé d'Égypte, Genèse 42, et achetant parfois aux caravanes en passage quelques-unes de leurs marchandises précieuses, 37:25. Ils avaient des troupeaux de bœufs, de chèvres, et de moutons, puis des ânes et des chameaux pour le transport, 12:16; des esclaves des deux sexes étaient chargés des soins matériels du troupeau, et pouvaient, en cas de danger, former de petites armées, 14:14.

    — Après que les Hébreux se furent établis dans des villes fortifiées, ils continuèrent encore de s'occuper de leurs troupeaux, et plusieurs des lois de Moïse sont dirigées dans ce sens, celles sur les viandes défendues ou permises, celles en faveur des animaux, Exode 23; Deutéronome 25, etc. On comptait en Palestine de fort riches propriétaires de bestiaux, 1 Samuel 25:2, principalement dans les tribus transjourdaines qui, libres de s'étendre avec leurs troupeaux jusque sur les bords de l'Euphrate, retiraient le plus grand profit de cette vie nomade, Nombres 32; Jérémie 50:19; Michée 7:14. Les tribus cisjourdaines s'étendaient aussi quelquefois vers le sud au-delà des limites de Canaan, et conduisaient leurs troupeaux dans ces forêts et ces plaines inhabitées qui portaient le nom de déserts (— Voir: cet article). Des rois eux-mêmes eurent des troupeaux considérables, 1 Chroniques 27:29.

    Le bétail passait tout l'été en plein air, et se rassemblait la nuit dans des parcs, comme chez nous; il pouvait, en conséquence, facilement arriver que quelques pièces de ces nombreux troupeaux s'égarassent, 1 Samuel 9:3; Matthieu 18:12. Lorsqu'approchait la saison des pluies, c'est-à-dire au commencement du mois de marchesvan (novembre), les troupeaux rentraient dans leurs écuries où ils restaient jusqu'à Pâques.

    Voyez encore ce qui a été dit aux articles Berger, Bœuf, Brebis, etc., de même que l'observation que nous avons faite sur le fumier de ces animaux, dont on se servait comme combustible, après l'avoir séché an soleil.


ÉGLAJIM, ou Églayim
(les veaux), Ésaïe 13:8, ville peu connue; on trouve Ézéchiel 47:10, Henéglajim, ville des Moabites, qui, d'après saint Jérôme, aurait été située à l'embouchure du Jourdain, au nord de la mer Morte; il n'est pas probable, quoique possible cependant, que l'une et l'autre soient la même. Eusèbe nomme une ville, Agalléim, et Flavius Josèphe, Agalla, à 8 milles (14 kilomètres) sud d'Aréopolis, qui peut être Églayim, mais serait trop loin de la mer Morte pour être Henéglajim; les villes d'Ésaïe 13; et Ézéchiel 47, seraient alors différentes. Douteux.


ÉGLISE.
On s'accorde de plus en plus en nos jours, à reconnaître que la parole de Dieu n'a mis aucune précision dans ses ordres relatifs aux formes extérieures et à l'administration de l'Église.

— Voir:Baptême et Cène.

C'est ce que nous retrouvons lorsque nous cherchons la définition même de ce qu'est cette Église. La Bible n'est positive que sur deux grands sens généraux de ce mot. Il désigne primitivement, et en droit, l'ensemble ou l'assemblée de tous les vrais fidèles, et d'eux seuls, Éphésiens 5:25-32; puis, dans la pratique ou en fait, comme il est impossible de distinguer ici-bas les vrais fidèles d'avec ceux qui ne font qu'une profession extérieure, et les vierges folles d'avec les sages, il désigne tout ce qui porte ou prend le nom de chrétien, et par conséquent les deux extrêmes de l'idée dont il s'agit, c'est-à-dire ou l'Église, pure, abstraite et parfaite, ou l'assemblée telle quelle, de tout ceux qui professent être de Christ, tant profond que puisse être d'ailleurs leur égarement ou leur décadence. C'est ainsi que, d'un côté, le passage aux Éphésiens cité plus haut, nous représente l'Église comme sans tache, tandis qu'ailleurs il est dit, en parlant de l'Église, que dans une grande maison il n'y a pas seulement des vases à honneur, mais d'autres à déshonneur, 2 Timothée 2:20. La preuve que les vases à déshonneur désignent ici des hommes étrangers à la vraie Église, se trouve dans les versets qui précèdent, comme dans ceux qui suivent immédiatement. C'est encore dans ce dernier sens qu'il est dit de l'Église de Sardes, que ce n'étaient qu'un petit nombre de ses membres qui étaient vivants, Apocalypse 3:4, etc. Par conséquent, toute congrégation qui s'établit entre ces deux extrêmes, et qui se donne pour un fragment de la vraie Église, de l'Église normale, est par cela même dans l'erreur: elle est trop pure pour être composée selon les règles de la vraie Église visible, qui admet tout; elle n'est pas assez pure pour être composée comme l'Église parfaite, puisqu'elle renferme encore beaucoup de péché, et qu'elle est toujours sujette à receler des hypocrites. Mais comme professant le christianisme, elle appartient néanmoins au grand ensemble et à cette Église générale qu'elle méprise.

Nous n'avons point à répéter ici des réflexions qui se trouvent ailleurs, et qui repoussent au rang des absurdités ces prétentions d'une portion quelconque de l'Église universelle à former seule l'Église visible de Christ. Cette observation s'applique par excellence à la secte catholique romaine qui, par son idolâtrie et ses nombreuses impiétés, ainsi que par le caractère charnel de sa puissance, constitue plutôt l'un des éléments les plus prononcés du règne de Satan dans le inonde. Cependant, elle aussi, elle appartient à l'Église générale, puisqu'elle professe le christianisme.

Notre Seigneur n'a établi aucun pouvoir central sur l'Église extérieure: les apôtres, lorsqu'ils furent appelés à décider pour la première fois une grande question de foi et de discipline, s'adjoignirent les membres les plus âgés de l'Église de Jérusalem (ce qu'on a appelé les prêtres), et même la masse des fidèles, Actes 15:22-23. Tout le Nouveau Testament nous annonce l'égalité des fidèles entre eux, quoique dans les choses d'administration, et comme principe d'ordre, ils doivent une déférence particulière à leurs conducteurs spirituels. Quant au pouvoir proprement dit de l'Église, il ne réside absolument que dans l'ensemble des fidèles, comme les termes seuls suffiraient pour l'indiquer, puisque le dernier de ces mots n'est que la traduction du premier.

— La vieille folie d'une principauté de saint Pierre n'existe plus qu'à l'état de fiction, comme la pierre angulaire d'une société vermoulue qu'on voudrait renouveler et qu'on craint de démolir; ce n'est plus une affaire religieuse, c'est une affaire politique et presque sociale, où l'Église n'a rien a démêler.

On a tenté dernièrement (version suisse du Nouveau Testament) de traduire le mot Église par le mot correspondant français que nous avons employé nous-même, assemblée; cette traduction est fort utile et fort importante lorsqu'il s'agit des églises particulières, mais le mot ne va plus dans la plupart des cas, lorsqu'on l'applique à l'Église en général; on éprouve alors une espèce de repoussement instinctif qui indique assez que le mot ne correspond plus à l'idée; et de fait, quoi qu'il en soit de l'étymologie, le mot Église a pris dès l'origine, et a acquis dans le cours des siècles, une signification plus ample, plus large et aussi plus spéciale, plus religieuse, que le sens qu'on donne au mot assemblée. L'usage étant «le maître souverain des langues», il n'est pas toujours permis d'innover, et l'on ne peut changer le sens de certains mots une fois qu'il est admis et déterminé depuis longtemps.

L'Église de Jésus a reçu la promesse que les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle, Matthieu 16:18; cette promesse ne se rapporte qu'à elle et non à aucune église particulière, toujours frappée au coin de l'homme, et par là même incomplète et périssable. L'Église romaine renouvelle de nos jours de grands efforts pour rétablir son règne qui s'en va; elle sait braver à la fois le ridicule et l'indignation publique: le protestantisme lui-même est dans un état de crise qui l'affaiblit sous quelques rapports, et présidera peut-être à sa régénération; l'Église ne subsiste que par la vérité, la victoire restera à la fraction de l'Église qui sera le plus près de la vérité. Des douleurs attendent ce petit troupeau, mais il triomphera par son chef, et régnera éternellement.

Les diverses questions soulevées par l'idée d'Église, sur les rapports des fidèles entre eux, des fidèles avec leurs pasteurs, des pasteurs entre eux-, de l'Église avec l'État, etc., ont été examinées avec soin et sous différents points de vue ces dernières années. Quelques livres et de nombreuses brochures ont été publiés; outre les travaux de MM. Bauty, Grandpierre, Burnier, Rochat, Guers, F. Olivier, Panchaud, Moulinié, Monsell, Darby, van Muyden, etc., nous citerons spécialement la Théorie de l'Église, du docteur Schérer, traitée au point de vue scientifique; les Recherches de A. Bost, relatives à l'organisation de l'Église, ouvrage qui renfermait en germe la formation de l'Alliance évangélique; l'Essai de Vinet, où le plus puissant talent vient en aide à la conviction la plus arrêtée quant à la nécessité de maintenir l'autonomie de l'Église, en la séparant de l'État; enfin la Réponse de M. de Rougemont au livre de M. Vinet, la plus solide des nombreuses réfutations que ce travail a fait surgir, et l'une des meilleures sous le rapport de J'esprit chrétien.

Les questions d'Église ne peuvent avoir de gravité qu'autant qu'elles impliquent des questions de foi, de fidélité et de liberté; en dehors de là tout est volontaire, parce que les Églises sont des associations librement consenties qui doivent travailler, chacune pour sa part et suivant les circonstances dans lesquelles elle se trouve, au plein développement de la vie spirituelle de leurs membres. Il ne peut pas plus y avoir un moule pour les Églises, qu'il n'y en a pour l'individualité humaine. À tout être vivant sa forme et son élément, mais à tous la vie.


ÉGYPTE,
en hébreu Mitzrayim (le second fils de Cam, Genèse 10:6), et dans la langue poétique Matsor, Ésaïe 19:6; 37:25 (mal traduit digues ou forteresses), Michée 7:12 (mal traduit villes fortes), quelquefois terre de Cam, Psaumes 78:51; 105:23, ou Rahab, Ésaïe 30:7; 51:9; Psaumes 87:4. L'Égypte porte encore de nos jours le nom de Misr.

Cette contrée, célèbre par le rôle merveilleux et presque énigmatique qu'elle a joué dans l'histoire du développement de l'humanité, est située entre les 24° et 31° 30' de latitude nord, et les 22° et 33° 21' de longitude est. Elle est bornée au nord par la Méditerranée; à l'orient, par l'Arabie et la mer Rouge; au sud, par la Nubie; à l'occident, par les déserts de Barca et de Lybie. La vallée du Nil est longue d'environ 900 kilomètres, et large de 15 à 20, entre les collines arides de la chaîne lybique à l'ouest, et la chaîne arabique à l'est; des montagnes granitiques s'étendent le long de la mer Rouge, et renferment des carrières de porphyres. On l'a toujours divisée en trois parties principales, la Haute-Égypte ou Thébaïde (— Voir: Pathros); la Moyenne-Égypte, ou Heptanomis, dans laquelle se trouvaient les lacs de Mœris et de Menis, et la Basse-Égypte, qui renfermait les bouches du Nil ou Delta. Par les inondations périodiques du grand fleuve, que l'on sut de fort bonne heure utiliser au moyen de canaux, Ésaïe 7:18; Ézéchiel 30:12; 32:14, et de machines, Deutéronome 11:10, et dont on conduisait ainsi le limon dans des districts qui fussent restés stériles sans ces irrigations factices, l'Égypte est devenue une des contrées les plus fertiles de la terre, et une source inépuisable d'approvisionnements pour l'Europe et l'Asie, Genèse 12:10; 41:57; Exode 16:3. Tacit. Hist. 3, 8; 3;

— Voir: Fleuve.

Outre le blé qui était son principal revenu, l'on y trouvait encore en abondance des oignons, des aulx, des haricots, des courges, des concombres, des melons, des poireaux, du lin, du coton, du vin, le palmier, le figuier, le sycomore et l'acacia, cf. Nombres 11:5; Exode 9:31, et les auteurs profanes; le bois cependant y était rare, soit bois de construction, soit combustible. Le Nil produisait encore le papyrus, et nourrissait toutes sortes de poissons. Nombres 11:5; Ésaïe 19:8; sur ses bords habitaient l'hippopotame et le crocodile. Les volailles y étaient prodigieusement nombreuses; le bétail, et principalement les bêtes à cornes, étaient fort estimées; les chevaux y abondaient, forts, souples et bien faits, 1 Rois 10:28; Ésaïe 31:1; 36:9; Jérémie 46:4; Ézéchiel 17:15. Le pays était riche en pierres de construction, granit, grès et calcaire; on y trouvait même des mines d'or dans la partie supérieure.

L'Égypte, dit Hérodote, est un don du Nil; c'est à lui qu'elle doit son existence. Et Napoléon, dans ses Mémoires, présente sur ces inondations les observations suivantes: «Elles sont régulières et productives; régulières, parce que ce sont les pluies du tropique qui les causent; productives, parce que ces pluies, tombant par torrents sur les montagnes de l'Abyssinie, couvertes de bois, entraînent avec elles un limon fécondant que le Nil dépose sur les terres. Les vents du nord règnent pendant la crue de ce fleuve, et par une circonstance favorable à la fertilité, en retiennent les eaux... Le Nil commence à s'élever au solstice d'été; l'inondation croit jusqu'à l'équinoxe, après quoi elle diminue progressivement. C'est donc entre septembre et mars que se font tous les travaux de la campagne. Le paysage est alors ravissant: c'est le temps de la floraison et celui de la moisson. Après le mois de mars, la terre se gerce si profondément, qu'il est dangereux de traverser les plaines à cheval, et qu'on ne peut le faire à pied qu'avec une extrême fatigue. Un soleil ardent, qui n'est jamais tempéré ni par des nuages, ni par de la pluie, brûle toutes les herbes et les plantes, hormis celles qu'on peut arroser. C'est à cela qu'on attribue la salubrité des eaux stagnantes qui se conservent en ce pays dans les bas-fonds. En Europe, de pareils marais donneraient la mort par leurs exhalaisons; en Égypte, ils ne causent pas même des fièvres.»

— Le même auteur ajoute plus loin: «L'Égypte a, de tout temps, excité la jalousie des peuples qui ont dominé l'univers.»

À ce jugement d'un grand juge, nous ajouterons quelques paroles d'un de ses contemporains, roi comme lui, dans un autre domaine, M. de Chateaubriand. «C'est dans ce pays dont tout amant des lettres ne doit prononcer le nom qu'avec respect, que nous trouvons les premières bibliothèques. Comme si la nature avait destiné cette contrée à devenir la source des lumières, elle y avait fait croître exprès le papyrus pour y fixer les découvertes fugitives du génie. C'est de ce coin du monde que l'aurore des sciences commença à poindre sur notre horizon, et l'on vit bientôt les lumières s'avancer de l'Égypte vers l'Occident, comme l'astre radieux qui nous vient des mêmes rivages.»

Une forte rosée remplace le bienfait des pluies du ciel.

— Le chamsin, vent brûlant qui souffle du sud à l'équinoxe du printemps; les moustiques, Ex: 8:21; cf. Ésaïe 7:18; les sauterelles, Exode 10, les grenouilles, Exode 8:6; Psaumes 78:45; enfin la peste, la lèpre, des pustules et l'éléphantiasis, sont les plaies principales qui affligent l'Égypte, et qui tempèrent les autres avantages que Dieu lui a accordés.

Les Égyptiens, qui atteignent en général un âge avancé, n'ont jamais passé pour beaux: leurs pieds, en particulier, sont quelquefois difformes; leur peau est brune, leur front plat, leurs pommettes saillantes, leur bouche large, leurs lèvres épaisses; les hommes avaient la réputation d'être grands, Ézéchiel 16:26, et leur crâne était extrêmement dur. Les femmes étaient et sont encore d'une fécondité remarquable.

Nous trouvons l'Égypte déjà peuplée dans les temps les plus reculés auxquels nous ramènent les documents des nations. Diodore de Sicile nous y montre des enfants de l'Éthiopie (3:3), Heeren une colonie de prêtres, partout des cultivateurs. Dans l'Ancien Testament (cf. surtout Jérémie 44:1; Ézéchiel 30:13), plusieurs grandes villes égyptiennes sont mentionnées, On ou Héliopolis, Rahmésès, Pithom, Tsoan ou Tanis, Noph (Memphis), Bubaste, Sin (Pelusium), Daphné, Noammon (Thèbes), et quelques autres,

— Voir: ces articles.

Les arts et les sciences y fleurirent bientôt, quoiqu'on ne puisse admettre pour ces dernières, qui ne furent pas d'abord un privilège de la caste sacerdotale, toutes les merveilles que les Grecs en ont rapportées, soit quant à leur degré de perfectionnement, soit quant à leur nombre: il paraît que la physique et les mathématiques furent plus particulièrement étudiées, et avec le plus de succès; peut-être aussi la médecine, q.v. Les ruines de ses temples, les obélisques, les canaux, les impérissables pyramides, sépulcres de tant de rois, et en général tous les produits artistiques qui nous ont été conservés de ce peuple, témoignent que le zèle et la persévérance jouèrent un plus grand rôle dans ses arts que le goût. Le fameux zodiaque du temple de Dendérah, transporté en France en 1821, et déjà signalé en 1806 par le ridicule mémoire de Du-puis, ne ferait pas, s'il était authentique, l'éloge de l'astronomie égyptienne. Il représente l'état du ciel à une époque où le point équinoxial coïncidait avec le signe de la Vierge, et qui remonte à 15 ou 16 mille ans. S'il avait été fait de visu, d'après nature, l'astronomie égyptienne serait plus vieille que le globe. On a reconnu depuis qu'il était de fabrique romaine, fait sous Néron ou sous Domitien; selon d'autres, il remonterait au temps des Ptolémées.

La caste des prêtres tirait, à ce qu'on croit, son origine de quelque tribu plus civilisée venue des contrées méridionales, peut-être aux beaux jours des Pharaons; elle se divisait elle-même en plusieurs classes, auxquelles appartenaient les sages et les magiciens nommés dans l'Écriture, Genèse 41:8; Exode 7:11; 8:18; 9:11. Les autres castes indiquées par Hérodote (plus subdivisées que dans Diodore et Strabon), sont celles des soldats, des bergers, des gardeurs de pourceaux, des merciers, des interprètes et des bateliers (sur le Nil). C'est de la caste des guerriers, placée sous la dépendance des prêtres, que sortaient ordinairement les rois dans les changements de dynastie. Les prêtres et les guerriers seuls pouvaient être propriétaires du sol. Le métier des pères passait aux enfants, sans que personne pût changer de profession; l'artiste ne pouvait cultiver qu'une spécialité, le médecin qu'une branche de son article. La classe des artisans était fort nombreuse; outre la culture du sol, elle s'occupait encore de broderies, de tissage, de diverses fabrications, et faisait un commerce étendu que les eaux faciles du fleuve contribuaient beaucoup à favoriser, Proverbes 7:16; Ésaïe 19:9; Ézéchiel 27:7. C'est surtout avec les Indes que l'Égypte faisait de nombreux échanges: ses vaisseaux allaient par les mers de l'Arabie et de la Perse chercher les épices, l'ivoire et les soies de ces régions lointaines. Ils s'avançaient jusqu'à la Taprobane, la Ceylan des modernes. Sur cette côte, les Chinois et les nations situées au-delà du cap Comorin apportaient les marchandises à l'époque du retour périodique des flottes égyptiennes, et recevaient en échange l'or de l'Occident.

Quant à la religion, Exode 12:12, c'était une espèce de culte symbolique de la nature, qui n'était pas le même non plus dans toutes les parties du pays; l'astrolâtrie dominait; Osiris, Ammon, Isis, et d'autres divinités du ciel étaient adorées; à côté d'elles on trouvait des veaux, des bœufs, des crocodiles, d'autres animaux encore que la zoolâtrie avait divinisés comme représentants des forces de la nature. Des temples grandioses et magnifiques leur étaient élevés dans les principales villes, Jérémie 43:12; Ézéchiel 30:13; Thèbes renfermait un oracle célèbre du dieu des sables, Jupiter Ammon, Jérémie 46:25; cf. Ésaïe 19:1.

La langue égyptienne n'avait pas de point de contact avec les langues sémitiques; elle s'est peu à peu ramifiée et fondue dans trois dialectes coptes, et maintenant elle est entièrement perdue, depuis près de deux siècles. Les noms propres de l'Égypte, et quelques noms communs, nous sont conservés par la Bible dans leur langue originale, le Nil, Yeôr, Pharaon, etc. Le copte actuel est un mélange du grec avec l'ancien égyptien. La classe des lettrés comptait deux espèces d'écritures, l'une commune, pour le peuple et pour le commerce de la vie; l'autre hiéroglyphique, sainte, indéchiffrable, dont M. Champollion a le premier retrouvé la clef depuis longtemps perdue;

— Voir: Quatremère, Recherches sur la langue et la littérature de l'Égypte, Paris 1808.

L'histoire ancienne de cette contrée se perd dans les nuages de la poésie et de l'imagination des peuples enfants. Quelques hordes venues de l'Orient, quelques Arabes dirigés par des chefs nommés Hyksos, passèrent l'isthme de Suez, et chassèrent devant eux les premiers occupants, qui s'arrêtèrent dans la Thébaïde, et y demeurèrent près de deux siècles, battus, mais insoumis, jusqu'au moment où leurs tribus diverses s'étant réunies sous l'influence de Diospolis, la plus puissante d'entre elles, et guidées par Thoutmosis III ou Mœris, elles purent secouer le joug des rois pasteurs. C'est donc avant l'invasion des Hyksos, qu'Abraham, Isaac, Jacob et Joseph auraient visité cette contrée.

— Mais ce n'est guère que depuis Sésostris (1491 avant J.-C.), que l'histoire d'Égypte perd ce qu'elle a de fabuleux et d'incertain; elle commence dès lors à se mêler au mythe, la vérité au roman; c'est l'époque des constructions gigantesques et des révolutions. Le pouvoir de Sésostris offusque le parti prêtre qui, humilié de n'occuper que le second rang dans la nation, prépare ses mesures, laisse passer avec calme quelques générations, puis enfin, secondé par les Éthiopiens de Méroë, s'élance sur le trône dans la personne de Séthos, et en précipite le dernier roi de la caste guerrière, Sabakon. Le prêtre-roi gouverne avec habileté, mais les guerriers qu'il a refoulés au second rang l'abandonnent, et son autorité s'éteint avec lui. À cet usurpateur succède l'anarchie, puis la dodécarchie, et Psamméticus après avoir supplanté par la ruse et la force ses onze collègues, devient, en 650, maître de toute l'Égypte; sa famille occupe le trône encore trois générations, Nécho, Psammis et Apriès, (c'est apparemment pendant le règne de l'un d'entre eux que Nébucadnetsar fait la conquête de l'Égypte annoncée par les menaces des prophètes, Jérémie 43:12; 46:13; Ézéchiel 29:19; 30:4): Apriès est tué dans une émeute populaire, et un homme nouveau, Amasis, est revêtu de la royauté par la volonté nationale; son règne fut le dernier moment de l'indépendance de l'Égypte; son fils Psamménite (526) n'hérita pas de ses talents, et laissa tomber sa couronne entre les mains de Cambyse, roi des Perses (521). L'histoire nomme encore les rois Inarus, Achoris, Tuchos, Nectanebus qui fut dépouillé par Artaxercès Ochus (346). Dix neuf ans après c'est Alexandre le Grand qui vient y planter ses armes (327), et qui la livre pendant trois siècles aux Ptolémées, descendants d'un de ses généraux: Soter, Philadelphe, Évergète, Philopator, Épiphanes, Philométor, Évergète II ou Physcon, Lathure, Cléopâtre 1er, sa fille, femme d'Alexandre 1er, neveu de Lathure, Alexandre II, Ptol. Nothus ou Aulétés, Ptol. Dénys ou Bacchus, Cléopâtre II sa sœur. La bataille d'Actium met (in à cette dynastie. À l'exception des Pharaons pasteurs dont il est parlé dans la Genèse et l'Exode, l'Écriture sainte ne nous a conservé les noms propres que de quatre de ces rois d'Égypte, savoir Sisak, 1 Rois 11:40; (Sesonchis ?), Nécho, 2 Chroniques 35:20; Jérémie 46:2; So, 2 Rois 17:4; et Hophra, Jérémie 44:30.

— Voir: ces différents articles.

Les dates égyptiennes sont le labyrinthe de la chronologie; Manéthon, Hérodote, Diodore de Sicile varient dans leurs données et ne s'accordent que rarement sur les chiffres, ce qui semble indiquer déjà que le calendrier égyptien était jugé diversement chez les divers peuples; d'ailleurs le nombre prodigieux d'années du règne de certains rois, et même de plusieurs suites de rois, milite passablement en faveur de l'opinion que les années de l'Égypte n'étaient point les mêmes que les nôtres; enfin, nous avons le témoignage de Diodore de Sicile qui dit que de son temps déjà l'on se méfiait de ces années, et que quelques-uns les réduisaient à un mois suivant le cours de la lune; les années des Égyptiens auraient subi diverses modifications: d'un mois d'abord, elles auraient été ensuite de deux mois, puis de quatre. C'est dire qu'il n'y a pas moyen de s'en tirer, car l'embarras serait, en admettant même ces suppositions, de fixer quelles années auront été d'un mois, ou de deux, ou de quatre. Le plus sûr est par conséquent de s'en tenir pour la chronologie égyptienne à quelques dates générales, et notamment aux synchronismes qui sont indiqués dans la Bible: ainsi la contemporanéité de Nécho et de Josias et Jéhojakim, 2 Rois 23:29 (cf. Ézéchiel 19), celle de Sédécias et de Apriès (Hophra), Jérémie 44:30, celle de l'éthiopien Tirhaca et d'Ézéchias, 2 Rois 19:9; Ésaïe 36:6, celle de So et de Hozée, roi d'Israël, 2 Rois 17:4, celle de Sisak et de Salomon et Jéroboam, 1 Rois 11:40, puis en remontant encore plus loin, celle de David et des Pharaons, 1 Rois 3:1; 7:8; 9:16; 11:18; enfin celle des Hyksos et de Moïse; Joseph aurait alors vécu en Égypte avant l'invasion des peuplades orientales.

Il ne paraît pas que depuis Moïse jusqu'à Salomon les Israélites aient eu aucune relation avec les Égyptiens; c'est à ce dernier monarque qu'était réservé le déshonneur de former une alliance avec les ennemis de son Dieu, et cette alliance ne fut préjudiciable ni à son trésor, ni à sa sensualité, 1 Rois 3. Cependant il en fut puni, 1 Rois 11:40, comme ses descendants après lui; il dut comprendre déjà que l'Égypte est un roseau qui se brise entre les mains de celui qui veut s'en faire un appui, et qui lui perce l'épaule, Ézéchiel 29:6; cf. Ésaïe 36:6. L'Égypte continua de rester l'ennemie du peuple qui s'était soustrait à son joug quelques siècles auparavant, et qui avait voulu ensuite traiter avec elle d'égal à égal; et nous la voyons, Joël 3:19, se liguer avec Édom contre Israël au huitième siècle. Plus tard, sous Ézéchias, l'Égypte menacée par les armes assyriennes recherche l'alliance des Hébreux; les prophètes la déconseillent, la repoussent, mais les politiques la désirent et la font accepter, Ésaïe 30:2; 31:1; 36:6; cf. 18:2; cette démarche, dangereuse parce qu'elle est impie, porte un coup fatal au peuple de Dieu qui se trouve à deux doigts de sa perle, 2 Rois 18:19. Sous Josias, nouvelle lutte entre l'Égypte et Juda, 2 Rois 23:29. Juda succombe et reste sous la domination de cet ennemi, 2 Rois 23:33, jusqu'à ce qu'il passe sous celle de la Caldée. Une nouvelle alliance du dernier roi de Juda avec l'Égypte, porte à ce malheureux monarque le coup fatal, et Juda a cessé d'exister, Jérémie 44:30; Ézéchiel 17:15. Un grand nombre de Juifs s'enfuient en Égypte, Jérémie 41:17, où ils trouvent un nombre également considérable d'Israélites, Zacharie 10:10. Hosée, roi d'Israël, trouve sa ruine dans la même alliance, 2 Rois 17:4; Osée 5:13; 7:11. Après l'exil, les Ptolémées sont seigneurs de la Palestine, (301 à 180 avant J.-C.); les livres apocryphes nomment Philopator, 3 Maccabées, Philométor, 1 Maccabées 10:57; 11:3,8; 2 Maccabées 4:21, et Physcon ou Évergète, 1 Maccabées 15:16. Sous leur gouvernement les Juifs domiciliés en Égypte obtiennent des franchises, et peuvent se construire à Léontopolis un temple suivant le modèle de celui de Jérusalem, dans lequel ils sont libres de célébrer leur culte selon les rites de la loi; les Juifs persécutés en Palestine sont heureux de pouvoir se réfugier dans un pays si tolérant, et Joseph, le père putatif de Jésus, s'y réfugie avec l'enfant et sa mère pour échapper aux fureurs d'Hérode, Matthieu 2:13.

L'Égypte a été le sujet d'un grand nombre de prophéties qui ont reçu maintenant leur accomplissement (— Voir: Keith, Évid. des prophéties), et l'on peut comparer avec Ézéchiel 29:14-15; 30:7,12-13; 32:15, ce que dit Volney dans son voyage en Syrie, t. I, chapitre 6: «Enlevée depuis 23 siècles à ses propriétaires naturels, elle a vu s'établir successivement dans son sein des Perses, des Macédoniens, des Romains, des Grecs, des Arabes, des Géorgiens, et enfin cette race de Tartares connus sous le nom de Turcs ottomans.»

Son histoire moderne, comme théâtre d'agitations, et de bouleversements ne le cède en rien à son histoire ancienne, et le dernier mot n'est pas encore prononcé.


ÉHUD
(louant).

  1. Le second des juges d'Israël (1325 avant J.-C.), Juges 3:15, de la tribu, de Benjamin. Habile et fort quoique gaucher, il résolut de délivrer son peuple asservi depuis dix-huit ans à Héglon, roi de Moab; il obtint par la ruse un entretien particulier avec cet oppresseur et le frappe de son poignard; puis il retourne vers les siens, se place à leur tête, et met en pièces les Moabites qui n'ont pas eu le temps de se reconnaître et de se donner un chef. Quatre-vingts ans de repos sont le résultat de cet exploit. L'action d'Ehud, à notre point de vue, est un meurtre politique; tout peut le justifier ou l'expliquer, mais non l'excuser: c'est Guillaume Tell tuant Gessler. Au point de vue théocratique, il se comprend mieux. L'Écriture ne le blâme ni ne l'approuve,

    — Voir: Juges d'Israël, p. 34-37.

  2. Éhud, 1 Chroniques 7:10; 8:6, arrière-petit-fils de Benjamin, se transporta, peut-être par défaut de place, de Guéba à Manahath dans la tribu de Juda, avec quelques autres familles de sa tribu. On l'a confondu quelquefois avec le précédent, mais leur identité n'est rien moins que prouvée.


ÉLA
(chêne).

  1. Successeur d'Aholibama dans le gouvernement de l'Idumée, Genèse 36:41. Du reste inconnu.

  2. Fils et successeur de Bahasa sur le trône d'Israël, 930 avant J.-C., régna deux ans à Tirtsa, et fut tué par Zimri, l'un de ses capitaines, pendant un repas que lui donnait Artsa, son maître-d'hôtel. Hosée son fils tua Pékach l'usurpateur, 2 Rois 15:30.


ÉLAM, Élamites,
— Voir: Hélam.


ÉLATH ou Éloth
(force) ou Éloth, 2 Chroniques 8:47, chez saint Jérôme Aliath, chez les Grecs et les Romains Élana, maintenant Akabael-Mesrim, ville édomite avec un port sur le golfe élanitique ou sinus oriental de la mer Rouge; d'après Eusèbe, à 10 milles est de Pétra, d'après Pline, à 150 milles rom, de Gaza, d'après Albufeda, au 55° longitude 29° latitude, d'après des calculs plus exacts entre le 57° 19' longitude et 28° 45' latitude. David se la soumit, 2 Samuel 8:14, et Salomon y construisit une flotte destinée à faire le commerce avec le pays d'Ophir, 1 Rois 9:26; 2 Chroniques 8:17. Son cinquième successeur, Joram, perdit cette place importante, avec le reste de ses possessions en Édom, 2 Rois 8:20; mais Hozias la rebâtit et la réunit de nouveau à son royaume, 2 Rois 14:22; enfin Retsin roi de Syrie s'en empara, 2 Rois 16:6, et y établit une colonie syrienne. Plus tard, elle passa au pouvoir des Romains, qui y mirent une forte garnison, et l'agrégèrent à la Palestine devenue aussi leur province. Après l'apparition du christianisme, elle devint une résidence épiscopale, et plusieurs de ses évêques figurèrent dans les premiers conciles. Ce n'est plus aujourd'hui qu'une tour flanquée de quelques maisons, et dans le voisinage de laquelle se trouve une forêt de palmiers. Ruppel croit avoir trouvé les ruines de l'ancienne Élath sous le nom de Gelena.


ELDAD
(aimé de Dieu) et Medad (mesurant), Nombres 11:26, deux des anciens d'Israël, qui furent choisis par Moïse dans le désert pour l'assister avec soixante-huit autres dans la conduite si difficile de ce peuple toujours sourd à la voix de l'Éternel, aveugle à ses miracles. Ils ne se trouvaient pas avec leurs collègues, lorsque Moïse les réunit autour du tabernacle pour qu'ils reçussent le Saint-Esprit, mais retenus au camp par d'autres soins, ils n'en eurent pas moins part aux bénédictions qui furent implorées et répandues sur les soixante-dix, et ils se mirent à prophétiser. Un jeune garçon vint en hâte le dire à Moïse; Josué qui était encore assez jeune alors, fougueux, inexpérimenté, et qui ne comprenait pas, sans doute, ce qu'il y avait de spirituel et de céleste dans leur mission, craignant que ce qu'il regardait comme une illégalité, ne portât préjudice à la gloire de Moïse, pria celui-ci d'y mettre ordre et de les empêcher de continuer. Mais Moïse, animé du vrai zèle pour la maison de Dieu, et faisant toujours abnégation de lui-même à l'honneur de son divin maître, lui répondit: Es-tu jaloux pour moi? Plut à Dieu que tout le peuple de l'Éternel fût prophète, et que l'Éternel mît son esprit sur eux! Touchant exemple d'humilité, et bonne leçon pour les ministres du Très-Haut, qui trop souvent voient avec peine d'autres ouvriers travailler dans leur champ, et semer la Parole avec plus de succès qu'ils ne le font eux-mêmes. C'est la même leçon que nous donne encore saint Paul, Philippiens 1:14-18.


ÉLÉAZAR
(secours de Dieu).

  1. Troisième fils d'Aaron et d'Élisébah. Exode 6:23; 28:1; Nombres 3:2; 26:60; 1 Chroniques 6:3; 24:1; il fut appelé au sacerdoce en même temps que son père, et ses trois frères. Par la mort de ses deux aînés, Lévitique 10, il se trouva le premier successeur désigné de son père, et forma la branche aînée. Le jour même de leur mort, encore affligé et troublé, il négligea, ainsi qu'Ithamar son frère, de manger la viande du sacrifice. Aaron les excusa sur la violence de leur douleur, et Moïse qui leur avait fait à ce sujet d'amers reproches, comprit leur motif et s'apaisa. Éléazar, le chef des chefs des Lévites, fut mis à la tête de ceux qui devaient avoir la charge du sanctuaire et de ses ustensiles, huile du luminaire, parfum des drogues, gâteau continuel, huile de l'onction, etc., Nombres 3:32; 4:16. Il dut relever du feu les encensoirs d'airain qui avaient servi à Coré et à ses complices, et il en fit des plaques pour en recouvrir l'autel, Nombres 16:39. Ce fut lui qui le premier offrit le sacrifice de la vache rousse, Nombres 19:3.

    — À la mort de son père, il lui succéda, ayant été revêtu de la robe sacerdotale sur la montagne de Hor, où il laissa les cendres du premier grand prêtre, Nombres 20:25; sq. Deutéronome 10:6. Nous le voyons ensuite présider au second dénombrement, 26:1, ordonner avec Moïse la destruction des Madianites et la purification par le feu ou par l'eau, des dépouilles de ce peuple, 31:12-51, arrêter les conditions entre les tribus transjourdaines et cisjourdaines, lorsque les premières (Ruben, Gad et Demi-Manassé) eurent résolu de s'établir sur la rive gauche du fleuve, 32:2. Puis il passe le Jourdain, fait avec Josué le partage de la terre promise, Nombres 34:17; Josué 14:1; 17:4; 19:51; 21:1, et meurt peu après dans la montagne d'Éphraïm, Josué 24:33.

    — Le sacerdoce resta dans sa maison jusqu'aux jours d'Héli qui était de la maison d'Ithamar; on ignore comment la sacrificature passa de la branche aînée dans la branche cadette.

  2. Éléazar, fils d'Abinadab, 1 Samuel 7:1. C'est à lui que fut confiée la garde de l'arche sainte lorsqu'elle eut été renvoyée par les Philistins. Il est dit qu'il fut consacré à cette charge, soit qu'il faille l'entendre d'une simple destination, soit qu'il ait effectivement reçu l'onction sainte, ce qui semble plus probable à raison de l'importance du dépôt qui lui était remis.

  3. Éléazar, fils de Dodo, fils d'Ahohi, l'un des trois braves de David qui passèrent au travers du camp des Philistins pour aller puiser de l'eau à leur maître au puits qui est à l'entrée de Bethléem: il est raconté de lui qu'un jour il battit les Philistins et en fit un tel carnage que son épée demeura collée à sa main, 2 Samuel 23:9,16; 1 Chroniques 11:12-14.

  4. Un des ancêtres de Jésus, fils d'Éliud, Matthieu 1:15. Du reste inconnu.


ÉLHALÉ
(holocauste de Dieu), bourg assigné à la tribu de Ruben et situé sur une colline, Nombres 32:3,37; Ésaïe 15:4; 16:9; Jérémie 48:34. Il est toujours cité avec Hesbon, dont il n'était éloigné que d'une lieue romaine, ou d'une demi-lieue suivant Seetzen. Ses ruines portent encore aujourd'hui le nom de El'Haal, d'après Burkhardt.


ÉLHANAN
(grâce de Dieu), fils de Dodo, 1 Chroniques 11:26, ou de Jahir, 20:5; 2 Samuel 23:24, de la troisième classe des officiers de David, qui comptait trente guerriers. Il se distingua dans un fait d'armes qui nous est raconté 2 Samuel 21:19, en ces mots: «Élhanan fils de Jaharé Oréguim, bethléhémite, frappa Goliath Guittien, etc.» Le texte de ce passage est altéré, et nos versions ont dû lire: «le frère de Goliath» pour ne pas mettre ce passage en désaccord avec l'histoire du géant vaincu par David. L'auteur du livre des Chroniques, 1 Chroniques 20:5, qui avait sans doute connaissance du texte original, a rétabli le fait en rapportant que Élhanan, fils de Jahir, frappa Lahmi, frère de Goliath, etc.


ÉLHASA
(que Dieu a fait), fils de Saphan, et Guémaria (achevé par l'Éternel), fils de Hilkija, furent chargés par Sédécias, roi de Juda, de porter aux Juifs de Babylone des lettres de Jérémie, Jérémie 29:3. Élhasa n'est connu que par cette ambassade; mais son père peut être pris pour le même qui avait été secrétaire du roi Josias, 2 Rois 22:3. Quant à Guémaria, il est inconnu, et ne doit pas être confondu avec un autre du même nom, fils de Saphan, et probablement frère d'Élhasa, Jérémie 36:10.


ÉLIAB
(mon Dieu est un père).

  1. Fils de Hélon et chef de la tribu de Zabulon, Nombres 1:9.

  2. Fils de Pallu, rubénite, et père de Dathan et Abiram, Nombres 26:8-9; 16:1.

  3. Fils d'Isaï et frère aîné de David, 1 Samuel 16:6; 1 Chroniques 2:13. Samuel sachant que c'était dans la famille d'Isaï qu'il devait choisir le successeur de Saül sur le trône d'Israël, et frappé du visage et de la grandeur de la taille d'Éliab, pensa d'abord que ce jeune homme était l'oint de l'Éternel: c'est alors que Dieu prononça ces solennelles paroles: «L'Éternel n'a point égard à ce à quoi l'homme a égard, car l'homme a égard à ce qui est devant les yeux, mais l'Éternel regarde au cœur.» La royauté fut donnée au plus jeune, et l'aîné, resté subalterne, montra par sa jalousie contre son frère que son cœur n'était point fait pour le rendre digne d'occuper le trône théocratique; il s'enflamma contre David de ce que celui-ci, descendu pour porter des vivres à ses frères, s'enquérait des récompenses promises à celui qui frapperait Goliath, 1 Samuel 17:28.

    — Une de ses descendantes, Abihaïl, devint l'épouse de Roboam, 2 Chroniques 11:18.

  4. 1 Chroniques 6:27, inconnu.


ÉLIAKIM.
  1. Fils de Hilkija, maître d'hôtel de la maison d'Ézéchias, fut envoyé avec Sebna et Joah vers Rabsaké, général de Sanchérib, pour entendre les propositions de ce roi d'Assyrie. Accablés de douleur à l'ouïe des insolentes paroles du païen, ils déchirèrent leurs vêtements, et vinrent rapporter à Ézéchias ce qu'ils avaient entendu; ils se rendirent ensuite auprès d'Ésaïe et le supplièrent d'aider Ézéchias de ses conseils et de ses prières. Ils revinrent consolés et fortifiés. Ésaïe 36:3; 37:2; 2 Rois 18:18; sq. Est-ce le même que celui qui est indiqué Ésaïe 22:20? On ne saurait ni l'affirmer ni le nier, mais l'identité est probable, et, dans ce cas, Éliakim aurait succédé à Sebna dans la charge de maître du palais.

  2. Éliakim,

    — Voir: Jéhojakim;

    dix-huitième roi de Juda. Les deux noms ont en hébreu la même signification: «celui que Dieu établit;» l'un composé du mot Jéhovah, l'autre du mot Élohim, ou Éli.

  3. et #4...

  4. Deux Éliakim sont nommés dans la généalogie de notre Sauveur, l'un fils d'Abiud, Matthieu 1:13, l'autre fils de Melca, tous deux inconnus.


ÉLIASAPH,
fils de Dénuël, chef de la tribu de Gad, Nombres 1:14.


ÉLIASIB,
fils de Jojakim, et souverain sacrificateur de la race d'Éléazar: il succéda à son père sous Xercès, d'après, Flavius Josèphe. Il commença la reconstruction de Jérusalem après l'exil, et sanctifia les travaux qui furent faits, Néhémie 12:10; 3:1. Plus tard, et pendant l'absence de Néhémie, peu encouragé par ses grossiers et charnels compatriotes, il se relâcha, contracta alliance avec l'ammonite Tobija et lui fit même préparer dans le temple une vaste chambre, espèce de trésorerie où l'on mettait auparavant les dîmes des lévites, des chantres, des portiers et des sacrificateurs. Néhémie, de retour, mit fin à cette profanation, et jeta les meubles du païen hors de la maison.

— Quelques-uns ont douté, mais sans motif suffisant, que cet Éliasib fût le même que le souverain sacrificateur.


ÉLIE
(hébreu Éliyahou, mon Dieu l'Éternel), prophète israélite, que Dieu appela à exercer son ministère sous le règne de l'impie Achab, dans un temps où, sans une intervention divine, le peuple tout entier semblait près de tomber dans l'idolâtrie. La Bible ne nous dit rien sur sa famille, si sur la première partie de sa vie. Nous savons seulement qu'il était originaire de Thisbé, en Galilée, 1 Rois 17:1; cf. Jean 7:52. Dieu l'ayant chargé d'un message qui devait lui attirer la colère d'Achab, la prédiction d'une grande sécheresse, lui ordonna ensuite de se retirer dans une partie reculée du pays, au bord du Kérith, où il fut nourri d'une manière miraculeuse, par des corbeaux, parce que le lieu de sa retraite devait être ignoré. Cependant, au bout d'un an, le Kérith ayant été mis à sec par cette sécheresse qui ravageait le pays, Élie reçut l'ordre de se rendre à Sarepta en Phénicie, où une veuve devait pourvoir à son entretien; il fallait de la foi certainement pour se hasarder ainsi à entrer dans le pays de Jésabel, mais la foi d'Élie avait été affermie par les expériences qu'il venait de faire auprès du torrent, et son espérance ne fut point trompée: non seulement il trouva un sûr asile dans la maison de cette femme, mais il devint pour elle un instrument de bénédiction; il la sauva de la famine, rendit la vie à son fils et lui fit connaître le Dieu d'Israël, 1 Rois 17:2; sq. cf. Luc 4:25. Vers la fin de la quatrième année depuis le commencement de la famine, Élie se rendit auprès du roi, et lui offrit de lui prouver par une épreuve solennelle que ce malheur devait être considéré comme un juste châtiment de l'idolâtrie. Plusieurs centaines de prêtres de Bahal furent rassemblés sur le promontoire de Carmel, en présence du roi et de sa cour, et là le prophète commença par représenter au peuple l'inconséquence dont il se rendait coupable en cherchant à allier le service de Banal avec celui du vrai Dieu, et la nécessité de prendre parti pour l'un ou pour l'autre. L'événement devait déterminer ce choix. Les faux prêtres prient, crient, sacrifient, et se font des incisions dans la chair; mais aucun dieu n'est là pour répondre. Élie supplie l'Éternel de se manifester, et sa prière est exaucée; le feu du ciel, que les prêtres idolâtres n'ont pu obtenir par toutes leurs processions et leurs macérations, descend sur l'autel, et le peuple entier tombe à genoux en s'écriant: «C'est l'Éternel qui est Dieu, c'est l'Éternel qui est Dieu», 1 Rois 18. Ce chapitre peut être appelé l'Histoire de la Réformation d'Israël; on y trouve chez les idolâtres et chez le prophète les caractères qu'on a remarqués dans le mouvement du seizième siècle. Cependant Élie ne devait pas s'enorgueillir de ce triomphe; le Seigneur le fit bientôt après passer de nouveau par de grandes tentations qui devaient le maintenir dans l'humilité; c'est ainsi qu'il agit toujours avec ses plus illustres serviteurs. Forcé de fuir devant une nouvelle persécution de Jésabel, Élie se rend dans le désert de Sinaï, où il est saisi d'un profond découragement; mais le Seigneur le relève par une action symbolique, et lui ordonne d'oindre Hazaël pour roi de Syrie, Jéhu pour roi d'Israël, et de choisir Élisée pour son successeur dans l'office prophétique; ces ordres impliquaient la promesse que ces trois personnages seraient les instruments de la miséricorde comme de la justice divine envers son peuple, 1 Rois 19:1; sq. Un peu plus tard, nous trouvons encore le prophète chargé de la pénible tâche d'annoncer à l'impénitent Achab les châtiments nouveaux qu'il s'est attiré par le meurtre de Naboth; il s'en acquitte avec une entière fidélité, 1 Rois 21:17; sq. Sous le règne d'Achazia, il sort de la retraite qu'il s'était choisie, et fait annoncer au monarque malade et à moitié idolâtre, l'issue fatale de la maladie dont il est atteint: c'est dans cette occasion qu'à sa prière le feu du ciel consuma les gens de guerre envoyés pour le saisir, 2 Rois 1:3; sq. Élie agit en cela comme exécuteur de la justice divine; agent d'une théocratie, il frappe de peines ecclésiastiques sévères ceux qui l'outragent, comme fit plus tard Élisée; c'est l'esprit de la loi; les paroles de Jésus, Luc 9:55, ne font rejaillir aucun blâme sur Élie, elles déclarent seulement ces peines, ce zèle, ce mode d'agir incompatible avec l'esprit de la nouvelle économie. Peu après la mort d'Achazia, Élie fut aussi appelé à quitter ce monde; mais Dieu, voulant ratifier et glorifier de nouveau son ministère, le retira à lui avec des circonstances surnaturelles, et sans le faire passer par la mort. Élisée, son disciple et son successeur, fut cependant le seul témoin de son enlèvement, 2 Rois 2:1; sq..

Cette ascension était le chant de l'immortalité. Neuf siècles plus tard, ce même homme glorifié, le représentant de la prophétie, s'entretenait avec son Sauveur sur le mont Thabor, de même que Moïse le représentant de la loi: ils parlaient de la Rédemption,

— Voir: Sermon de Krummacher.

L'Ancien et le Nouveau Testament sont pleins de la gloire d'Élie: celui qui devait annoncer aux hommes la venue prochaine du Messie, Jean Baptiste, porte par avance le nom du grand prophète, Malachie 4:5;

— Voir: encore Jean 1:21; Luc 1:17, etc. Romains 11:2; Jacques 5:17; et ailleurs.


ÉLIHAM,
père de Bathsébah, la femme d'Urie, 2 Samuel 11:3, et fils d'Achitophel, 23:34. Il porte le nom de Hammiel, 1 Chroniques 3:5, où la mère de Salomon est appelée Bathsuah.


ÉLIHÉZER
(secours de Dieu).

  1. Le serviteur d'Abraham, bien connu par la touchante et noble simplicité de son histoire, quoiqu'il ne soit nommé qu'une fois, Genèse 15:2. II était de Damas, et fort attaché à son maître, dont il était l'héritier naturel avant la naissance d'Isaac. C'est lui sans doute qui fut chargé par Abraham d'aller en Mésopotamie chercher une épouse au fils de la promesse: plein de confiance dans le plus ancien serviteur de sa maison, Abraham lui remet le soin de régler seul cette affaire importante, de choisir l'épouse et de fixer les conditions du mariage; Élihézer part accompagné des vœux de la famille patriarcale, et se rend en Caldée, auprès de Na-cor, parent d'Abraham. On sait quelle fut sa conduite, ses prières, le signe qu'il demanda à Dieu, et la manière dont il fut exaucé; on se rappelle qu'avant de rien faire il prie, qu'avant de prendre aucun aliment il veut s'acquitter de son message, et qu'il se jette à genoux pour rendre grâce à Dieu du succès qu'il vient d'accorder à ses recherches. Il suffit, pour être ému, de lire le récit qui nous est fait de ces pourparlers entre Élihézer et la jeune fille, entre Élihézer et les parents de Rébecca, pourparlers dans lesquels le serviteur représente le maître avec le zèle le plus dévoué et le plus éclairé, et mène à bonne fin, en un seul jour, une transaction pour laquelle on demande maintenant des mois. Quelle confiance et quelle simplicité!

  2. Fils de Moïse et de Séphora, Exode 18:4;

    — Voir: Guersom.

  3. Fils de Dodava, 2 Chroniques 20:37, n'est connu que par une prophétie menaçante contre Josaphat, à qui il annonça la destruction de sa flotte sur la mer Rouge, à cause de son alliance avec l'impie Achazia, qui ne s'employait qu'à faire du mal. La prédiction fut bientôt accomplie.

  4. Plusieurs autres personnages de ce nom sont encore nommés, 1 Chroniques 15:24; 27:16; Esdras 10:23; Luc 3:29.


ÉLIHU,
Job 32:2, fils de Barakéel, descendant de Buz, second fils de Nacor frère d'Abraham, Genèse 22:21, le plus jeune et le plus sage des amis de Job; il prend le dernier la parole. Son caractère est celui de la jeunesse, vif, ardent; mais il est en même temps profond, et considère la position de Job sous le point de vue dogmatique. Il insiste sur la nécessité d'être humble en toute circonstance, à cause du péché qui est en l'homme. Le chapitre 32 est à la fois une introduction à ce qu'il va dire, et son excuse de ce qu'il ose parler après les hommes sages et expérimentés dont il vient d'entendre les discours. Puis il s'adresse à Job comme à un adversaire vaillant, dont il tâche de gagner la confiance en l'assurant de la sincérité de son affection: il est homme comme Job, et lui parle par expérience et en ami. Quelquefois obscur, son discours est admirable par la beauté, la grandeur et la profondeur des idées; il est évident que c'est l'auteur lui-même qui exprime par la bouche d'Élihu son opinion sur ce qu'il croit être la vérité. Le discours de Dieu qui suit celui d'Élihu n'est que le développement plus grandiose et divin de ce que vient de dire le sage jeune homme.


ÉLIM,
septième campement des Israélites dans le désert; ils y trouvèrent douze sources et soixante et dix palmiers, Exode 15:27. Élim est probablement le El Tor actuel.


ÉLIMÉLEC
de Bethléem, mari de Nahomi, Ruth, 1:2. Chassé de Juda par la famine, il se rendit dans le pays de Moab avec sa femme et ses deux fils, Maillon et Kiljon, dont l'un, probablement le dernier, épousa Ruth la Moabite (Calmet fait Mahlon mari de Ruth, et Ruth femme de Kiljon, puis Kiljon, à l'article de Horpa, est encore mari de cette dernière. Voilà ce que c'est que les conjectures! La Bible dit seulement que Mahlon et Kiljon épousèrent Horpa et Ruth). Élimélec mourut sur la terre étrangère, à une date incertaine.


ÉLIPHAZ.
  1. Fils d'Ésaü, par Hada fille d'Élon, Héthien, Genèse 36:2,4.

  2. Le premier des amis de Job qui prit la parole, Job 2:11; 4:1. Il était de Théman, une des principales villes de l'Idumée, Amos 1:12, et descendait peut-être du précédent Éliphaz. C'est le plus modéré des trois premiers interlocuteurs, quoiqu'il ait pu être appelé aussi un consolateur fâcheux. Il se distingue par sa profondeur et son éloquence; il exprime son étonnement de voir au désespoir un homme si pieux, et lui conseille d'avoir recours à sa piété pour y puiser des consolations. Dans ses trois discours, chapitres 4 et 5, chapitre 15, chapitre 22, on remarque facilement une progression. Bien disposé d'abord, il s'irrite peu à peu de voir Job rester sourd aux conseils et persister dans sa propre justice; mais il exagère à son tour les reproches, et il doit entendre avec ses deux compagnons les paroles sévères que l'Éternel leur adresse à cause de leur dureté, 42:7. Un sacrifice d'holocauste leur est ordonné en expiation.


ÉLISA,
nommé avec Tarsis, Kittim, et Dodanim, parmi les enfants de Javan, le quatrième fils de Japhet, Genèse 10:4. Flavius Josèphe cherche les descendants d'Élisa en Éolie, le Targum caldéen en Italie, et Schulthess à Carthage, dont, d'après les anciens, une Élisa fut la fondatrice et la patronne (Élisa était un surnom de Didon, Æneid. 4, 335). Ces trois explications, la dernière surtout, sont inacceptables. Il est beaucoup plus naturel de voir dans Élisa le père des anciens habitants de la Grèce, et Bochart compare le nom d'Élis ou Élide, une ancienne partie du Péloponèse; on peut aussi rappeler le nom de l'Éolie, mais dans un sens plus large que ne fait Flavius Josèphe, le nom d'Hellas, et enfin celui des champs Élysées. On sait que les Orientaux et les Grecs regardaient comme le plus grand bonheur d'être recueilli avec ses pères, et c'est là où étaient les pères qu'était pour eux le paradis; pour les Grecs descendants d'Élisa, le lieu de repos devait ainsi s'appeler l'Élysée.

— Les îles (ou côtes, contrées maritimes) d'Élisa sont renommées, Ézéchiel 27:7, pour leur pourpre bleue et rouge; et les anciens auteurs, Pline 9, 40; Hor. Od. 2, 48; 7, et autres, parlent également de la grande richesse de moules et coquilles de pourpre que l'on trouvait sur les côtes du Péloponèse.


ÉLISABETH,
  1. ou en hébreu Élisébah (serinent de Dieu), femme d'Aaron, Exode 6:23.

  2. Élisabeth, de la famille d'Aaron, femme du sacrificateur Zacharie, et mère de Jean-Baptiste, Luc 1:5. Stérile et vieille, elle enfanta le précurseur du Messie, selon la promesse qui en fut faite par l'ange à son époux, dans le temple. Ayant reçu la visite de sa cousine Marie, elle pressentit en elle la mère du Sauveur, et s'écria, dans son cantique (1:42): «Tu es bénie entre les femmes», la saluant des mêmes paroles qui furent également dites de Jahel, Juges 5:24, de Judith, Judith 13:23, et surtout, mais dans une plus grande mesure, d'Abraham, Genèse 22:18, salutation dont Rome a voulu faire une adoration; passe encore s'il y avait: Tu es bénie entre les anges! Mais pour la femme du pontife, la fiancée de l'artisan n'était qu'une femme plus privilégiée qu'une autre, et qui n'avait pas cessé d'être femme.


ÉLISAMAH,
Jérémie 41:1, de la race royale, un des principaux de chez le roi; peut-être le même que le secrétaire de Jéhojakim, que nous voyons, 36:12, assistant à la lecture du livre contenant l'oracle de Jérémie. Quelques-uns, rendus sérieux, s'opposèrent à ce que le roi déchirât le rouleau, mais Élisamah ne fut pas du nombre, et paraît avoir été dévoué à son maître jusque dans le mal: triste dévouement qui nuit à l'un sans jamais servir à l'autre.


ÉLISAMATH.
fils de Hammiud, chef de la tribu d'Éphraïm, Nombres 1:10.


ÉLISÉBAH,
Exode 6:23;

— Voir: Élisabeth.


ÉLISÉE
(Dieu qui sauve), prophète israélite, qui exerça son ministère dans le royaume des dix tribus, sous les règnes de Joram, Jéhu, Joachaz et Joas. Il était originaire d'Abel-Méholah, 1 Rois 19:16, où il cultivait ses terres au moment où Élie vint le chercher et l'appeler aux fonctions de prophète, 903 avant J.-C. Il fut témoin de la glorieuse ascension de son maître, et demanda deux fois l'esprit d'Élie. Les eaux du Jourdain s'arrêtant et se divisant à sa voix, furent en quelque sorte le premier encouragement qu'il reçut, le premier gage de la puissance qui agissait en lui. Il se fait reconnaître ouvertement à Jéricho, en assainissant par un prodige les eaux de la ville. L'école des prophètes reconnaît en lui le successeur d'Élie. À Béthel, des enfants impies insultent à son infirmité: le front dégarni du prophète est l'objet de leurs moqueries; deux ours lui servent de vengeurs, 2 Rois 2:23; sq. Les rois alliés d'Israël et de Juda étant venus à manquer d'eau dans leur expédition contre les Moabites, le prophète, en faisant creuser la vallée, leur fournit de quoi désaltérer leurs armées, et leur assure en outre une victoire éclatante, 3:9; sq. Peu après, il multiplie l'huile de la veuve d'un prophète, et il rend la vie au fils de l'hospitalière sunamite, 4:1; sq. Il vient encore au secours de l'école des prophètes de Guilgal, dans une famine, et remédie par un procédé simple et miraculeusement béni, à l'accident causé par une plante vénéneuse;

— Voir: Coloquinte.

Bientôt après on le voit nourrir cent personnes avec une vingtaine de pains, miracle que l'on peut considérer comme le type de la multiplication des pains opérée par notre Sauveur.

Cependant les Israélites ne devaient pas être les seuls objets des bienfaits divins dont il était le dispensateur et l'instrument. Naaman, général syrien, atteint de la lèpre, recourt à ce qu'il croit être son art ou ses talents. Le prophète s'efface; il ne veut pas agir: c'est Dieu seul qui guérit; l'eau du fleuve suffira; elle suffit, en effet, malgré l'humeur et l'incrédulité du général,

— Voir: Naaman.

Élisée qui n'a pas voulu s'attribuer l'honneur du miracle, en refuse également la récompense: son désintéressement devait égaler son humilité aux yeux des idolâtres. Il doit donc punir sévèrement l'avare cupidité de son serviteur Guéhazi: ce châtiment exemplaire était indispensable pour effacer dans l'esprit du prosélyte Naaman le scandale qu'avait dû lui causer cette conduite d'un Israélite.

Ses pouvoirs miraculeux se déployèrent encore à l'occasion des nouvelles constructions que nécessita l'accroissement de l'école des prophètes, et le fer de la hache surnagea, 6:1; sq. Il fut une seconde fois appelé à rendre des services signalés à son roi pendant une invasion des Syriens, dont l'esprit prophétique lui révélait les plans; et ceux-ci ayant voulu assouvir leur ressentiment sur sa personne, il les frappa d'éblouissement, au moment où ils s'approchaient de Dothan pour le saisir. Lorsque Ben-Hadad vint mettre le siège devant Samarie, Élisée releva le courage des assiégeants, déjà en proie aux horreurs de la famine, par la promesse d'une prochaine délivrance. Effectivement, les Syriens saisis d'une terreur panique, levèrent subitement le siège (Serra, de Croll). Le calme admirable que le prophète montra dans ces deux circonstances, ne pouvait être le fruit que d'une foi bien vivante, 2 Rois 6, et 7.

Peu de temps après, il dut se rendre à Damas, pour exécuter l'ordre donné à son maître d'oindre comme roi de Syrie cet Hazaël qui devait être contre le peuple élu un si puissant instrument de la justice divine. Nous le voyons également, continuateur de l'œuvre d'Élie, faire oindre Jéhu roi d'Israël, et lui confier l'exécution de la sentence de mort prononcée contre l'impie famille d'Achab. Sur son lit de mort il reçoit la visite du roi d'Israël Joas, et par une action symbolique, lui promet la victoire sur les Syriens qui faisaient alors beaucoup souffrir le royaume. Dieu continua de glorifier ce grand et fidèle serviteur, même après sa mort, en lui donnant le pouvoir de ressusciter un mort dont on venait de jeter le cadavre dans le sépulcre où il reposait, 2 Rois 13.

— Voir: Sermon de Krummacher.

Son nom ne se retrouve que Luc 4:27.

Si Élie, son maître, rappelle la foi, l'énergie, l'activité de Paul, Élisée rappelle davantage la douceur et la sainteté de Jean.


ÉLITSUR,
fils de Sedéur, chef de Ruben, Nombres 1:5;

— Voir: Tribu.


ÉLIUD,
Matthieu 1:14, fils d'Achim, un des ancêtres de notre Sauveur; inconnu.


ELJADAH,
— Voir: Rézon.


ELKANA, ou Elcana,
  1. lévite, fils de Jéroham, demeurant à Rama, 1 Samuel 1:1. Époux d'Anne et de Péninna; il était surtout attaché à la première, quoiqu'elle ne lui eût pas donné d'enfants; il cherchait à la consoler dans sa douleur, la protégeait contre l'aigreur de sa féconde rivale: «Ne te vaux-je pas mieux que dix fils», lui disait-il. Cet homme pieux devint le père de Samuel, qu'il eut de la femme honorable qu'il aimait.

  2. Elcana, 2 Chroniques 28:7, homme inconnu, qui tenait le second rang après le roi à la cour d'Achaz, ami, favori, confident ou ministre.


ELKOS.
Il est dit, Nahum 1:1, que Nahum était Elkosien, ce que quelques-uns ont traduit par fils d'Elkos; mais il vaut mieux entendre Elkos d'une localité; ce serait ou bien Elkesei, petit bourg sur la rive occidentale du Jourdain, en Galilée; ou bien, ce qui est moins probable, Alkush, en Assyrie, sur la rive occidentale du Tigre; on y montre encore le tombeau prétendu du prophète. Si Elkos est le même que Elkesei, Nahum le Galiléen dément, comme Élie et Jonas, la grossière ignorance, ou l'impudente fourbe des pharisiens de Jérusalem, Jean 7:47,52.


ELLASAR,
Genèse 14:1,9, contrée dont Arioc, l'allié de Kédor-Lahomer, était roi. Il faut la chercher probablement du côté d'Élam et de Sinhar, auxquels son nom se trouve lié, et en tout cas dans les environs et vers le sud de la mer Caspienne; la version arabe traduit Ellasar par Arménie. C'est peut-être la même contrée que Thélasar, Ésaïe 37:42; 2 Rois 19:12, et le Targum de Jonathan ad Gènes, appuie cette opinion.


ELMODAM,
Luc 3:28, fils d'Er, un des ancêtres de Jésus par Marie; inconnu.


ELNATHAN,
fils de Hacbor, Jérémie 26:22, peut-être le beau-père de Jéhojakim et le grand-père de Jéhojakim, 2 Rois 24:6,8. Sur l'ordre du roi son gendre, il poursuivit en Égypte le prophète Urie, et le livra pour être mis à mort; puis, dans une autre circonstance, il résista au monarque et voulut l'empêcher de détruire les prophéties de Jérémie. Après avoir causé la mort d'un homme de Dieu, il voulut respecter des paroles: serait-ce une simple contradiction du cœur humain? serait-ce que repentant d'avoir persécuté, il se soit plus tard converti? ou enfin que les menaces prophétiques eussent trouvé le chemin de son cœur agité?


ÉLON.
  1. Beau-père d'Ésaü, Genèse 26:34, où sa fille s'appelle Basmath; elle s'appelle Hada, Genèse 36:2, et Basmath est fille de Tsibhon; cette différence s'explique ou par une différence dans la tradition, ou par un double nom.

  2. Fils de Zabulon, Genèse 46:14.

  3. Ville danite, Josué 19:43.

  4. Zabulonite, onzième juge d'Israël, gouverna le pays pendant dix ans, Juges 12:11.


ELTSAPHAN,
cousin de Moïse, Nombres 3:30;

— Voir: Misael.


ÉLUL,
Néhémie 6:15, dernier mois de l'année civile des Hébreux, sixième de l'année sainte; il n'a que 29 jours et correspond à une partie du mois d'août. Ce fut le 25 de ce mois que fut achevée la muraille de la nouvelle Jérusalem; les Juifs maintenant encore en célèbrent le 26 la dédicace, suivant ce qui est raconté Néhémie 12:27.

— Le 7 ou le 9 du mois, les Juifs jeûnent en mémoire des châtiments annoncés contre la génération du désert, après l'exploration de Canaan, Nombres 13 et 14. Le 22 est la fête de la Xylophorie, en laquelle on portait le bois au temple.


ÉLYMAS,
— Voir: Bar-Jésus.


EMBAUMER.
On voit par Genèse 50:2, et par d'autres passages, que c'était la coutume des Égyptiens d'embaumer les morts. Quelques auteurs prétendent même que c'est une chose nécessaire, vu l'impossibilité d'ensevelir les morts dans toute la longueur de la vallée du Nil, puisque si l'on enterrait quelque corps dans les terres, l'inondation qui survient ne tarderait pas à l'en faire sortir comme plus léger que le sable.

Il y avait trois espèces d'embaumement, suivant le prix: le plus cher coûtait un talent (3,794 fr.); le second, vingt mines, et le troisième tort peu de chose.

— Un dessinateur venait d'abord marquer la place et la longueur de l'incision, un disséqueur l'exécutait ensuite avec une pierre d'Éthiopie, et s'enfuyait aussitôt en toute hâte de devant les parents qui l'auraient poursuivi et lapidé comme impie; après ces deux opérations, les embaumeurs, qui appartenaient à la classe lettrée et que l'on considérait comme des personnes sacrées, entraient pour faire leur office: ils tirent d'abord par le nez, avec un fer recourbé fait exprès, tout le cerveau du mort, et le remplacent par des drogues astringentes; ils sortent par l'ouverture faite au côté tous les viscères, à l'exception du cœur et des reins, et les lavent avec soin dans du vin de palmier, ou dans d'autres liqueurs également astringentes; puis on oint tout le corps d'huile de cèdre, de myrrhe, de cinnamome et d'essences pareilles pendant environ trente jours. L'embaumement étant ainsi terminé quant a ce qui regarde les parfums, on dépose encore le corps pendant quarante jours dans du sel de nitre. On le retire alors, on le lave, on l'enveloppe de bandelettes de lin trempées dans la myrrhe, et on le frotte d'une espèce de gomme odorante.

— On trouve de nos jours encore des momies qui paraissent avoir été embaumées d'après ce procédé.

Un mode d'embaumement plus simple consistait à injecter dans les intestins une liqueur tirée du cèdre, puis à laisser reposer le cadavre dans le nitre. Au bout d'un certain temps, les intestins étant rongés et complètement desséchés, on les retirait par le même canal, et comme le nitre avait fortement agi sur les chairs, il ne restait plus au mort que la peau sur les os.

Enfin, ceux qui devaient se contenter à meilleur marché, injectaient dans l'intérieur une liqueur qui le lavait, puis déposaient le corps dans le nitre pendant soixante-dix jours pour le dessécher.

Jacob fut évidemment embaumé d'après le premier procédé; il est dit qu'on mit quarante jours à cette opération, soit qu'on n'ait compté que l'embaumement proprement dit, sans parler du séjour dans le nitre, soit au contraire qu'on n ait parlé que de ce séjour, sans parler du temps que prirent les opérations préliminaires. Moïse, du reste, marque bien que l'on fut soixante-dix jours à faire son deuil entier, Genèse 50:3.

L'Écriture mentionne encore l'embaumement de Joseph, Genèse 50:26, celui d'Asa, 2 Chroniques 16:14, qui peut-être fut brûlé, et celui de Jésus, qui fut enseveli au milieu des aromates, sans qu'on ait eu le temps de l'embaumer intérieurement, Jean 19:40.


ÉMERAUDE,
pierre précieuse mentionnée, Exode 39:10-11. Ézéchiel 28:13, à ce que l'on suppose; mais les interprètes ne sont pas d'accord sur le mot qu'il faut traduire ainsi; quelques-uns voient l'émeraude dans nophek, les autres dans barèketh, ce qui est plus probable, et appuyé des Septante, de Flavius Josèphe et de la Vulgate: nophek serait alors l'escarboucle. L'émeraude (barèketh) est nommée encore, où-trêves passages cités, Exode 28:17, et Apocalypse 4:3; 21:19. C'est une des pierres précieuses les plus admirables par sa fraîcheur et son brillant; Pline (H. N. 37, 5) en fait un pompeux éloge. «Aucune couleur, dit-il, ne charme autant la vue que le vert; nous ne reposons nulle part nos yeux avec autant de jouissance que sur la verdure des prairies et des forêts; mais de toutes les espèces de vert, aucune n'égale la beauté de l'émeraude.»


ÉMINS,
peuple fort et nombreux d'une haute stature, habitants primitifs du pays qui fut plus tard habité par les Moabites. Deutéronome 2:10. Il paraît dans l'histoire aux premiers jours d'Abraham, Genèse 14:5; il subit une défaite, et dès lors il disparaît et se fond dans quelque autre peuplade. Leur nom signifie les épouvantables, les effrayants, et le caldéen l'a traduit par des hommes courageux;

— Voir: Géants.

— Ils appartenaient à la grande famille cananéenne des Réphaïms, qui paraît ainsi, dit Schrœder, avoir occupé primitivement la presque totalité du pays situé à l'orient du Jourdain, depuis l'Arnon jusqu'au-delà des montagnes de Galaad.


EMMANUEL,
Ésaïe 7:14; 8:8; Matthieu 1:23, Dieu avec nous; nom bien significatif du médiateur de la nouvelle alliance, annoncé déjà par un prophète, et compris de tous ceux qui l'ont adopté pour leur maître; Jésus est doublement Emmanuel, d'abord comme notre ami, étant descendu jusqu'à nous; puis dans un autre sens, parce qu'il est dans sa nature, la réunion de la divinité à l'humanité.


EMMAÜS,
ville ou bourgade à 60 stades (13 kilomètres) de Jérusalem vers le nord; quelques voyageurs veulent en trouver les restes dans le village actuel de Cubeïbi au nord-ouest de la ville. Ce bourg est célèbre par la rencontre que fit Jésus de deux de ses disciples le jour de sa résurrection, l'un desquels s'appelait Cléopas, Luc 24:13, l'autre Emmaüs, au dire de saint Ambroise. II s'y trouvait des eaux thermales. Vespasien y laissa en demeure huit cents hommes de ses troupes, lorsqu'il quitta la Judée; et plus tard, on construisit une église sur l'emplacement même de la maison de Cléopas.

Deux autres endroits de ce nom sont encore nommés: l'un dans la plaine de la Judée où Judas Maccabée battit le général syrien Gorgias, 1 Maccabées 3:40,57, riche en sources d'eau chaude, à 22 milles de Jérusalem, et qui porta plus tard le nom de Nicopolis; l'autre près de la mer de Tibériade, également avec des eaux minérales, Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, 4:1,3.


EMMOR,
Actes 7:16;

— Voir: Hémor.


ENCENSOIR,
vase dans lequel s'allumait le parfum sacré. Il est mentionné Lévitique 16:12; 2 Chroniques 26:19; Ézéchiel 8:11, mais n'est pas décrit en détail, comme les autres objets appartenant au culte. Il y a quelque difficulté à concilier Hébreux 9:4; avec Lévitique 16:12; cependant les expressions de l'auteur de l'Épître n'obligent pas d'admettre que l'encensoir se trouvât habituellement dans le lieu très-saint; on pourrait restreindre à la durée de la cérémonie expiatoire les expressions qui lui assignent sa place derrière le voile dans le Saint des saints;

— Voir: Fumigations.


ENCHANTEURS.
Les devins, les magiciens, les Caldéens et les enchanteurs avaient beaucoup de caractères communs; tous ils s'adonnaient aux sciences occultes, tous ils ne craignaient pas d'user d'artifices pour suppléer à la faiblesse de leur art, tous enfin conduisaient à l'idolâtrie, et ils étaient tous en conséquence sévèrement proscrits par Moïse. Nous les voyons de bonne heure mentionnés dans l'Écriture; la première fois que nous les voyons paraître, c'est dans l'histoire des magiciens d'Égypte, Exode 7 et 8, (dont deux sont nommés Jannès et Jambrès, 2 Timothée 3:8), qui imitèrent les miracles de Moïse, jetèrent leurs verges qui devinrent des dragons, changèrent les eaux en sang, firent monter des grenouilles sur le pays, et ne reconnurent enfin le doigt de Dieu que lorsqu'ils y furent contraints par leur impuissance à imiter la création des poux. Quelques théologiens nous expliquent comment les enchanteurs s'y sont pris pour contrefaire les miracles de Moïse et d'Aaron. Nous ne prétendons pas à la même sagacité. Tout ce que nous savons, c'est que l'Écriture prend les enchanteurs au sérieux. Le Pentateuque déjà renferme des directions positives contre ceux qui pourraient s'adonner aux arts occultes, ou les rechercher dans autrui, Exode 22:18; Lévitique 20:27; Deutéronome 18:10-11. Les termes employés pour désigner les diverses nuances du métier, sont ceux de devin, pronostiqueur, augure, sorcier et sorcière, enchanteur, homme qui consulte Python, homme qui consulte les morts, diseur de bonne aventure, etc. Cette funeste industrie, comme on le voit, avait déjà tous ses degrés et ses subdivisions. Les noms par lesquels sont caractérisés les enchanteurs de toutes espèces, sont, outre ceux que nous avons déjà marqués à l'article Divination:

  1. Mecasheph, Exode 7:11; Deutéronome 18:10; Daniel 2:2, ou Cashaph, Jérémie 27:9; cf. 2 Chroniques 33:6; Matthieu 3:5; Exode 22:18; 2 Rois 9:22; Michée 5:12; Nahum 3:4; Ésaïe 47:12. Quelques-uns entendent par là ceux qui sont habiles dans l'art de calculer les éclipses, et qui les annoncent pour certaines époques comme des effets de leur propre volonté (Virgile Æneid. 4, 489). Il est plus probable cependant qu'il faut avec Rosenmuller prendre ce mot dans une acception tout à fait générale, et le dériver du mot syriaque correspondant qui signifie prier à voix basse, rendre un culte; puis, adorer, et être idolâtre: l'enchanteur aurait reçu ce nom soit à cause de sa relation avec l'idolâtrie, soit parce qu'il murmure des formules au moyen des quelles il donne ou enlève les charmes.

  2. Hhober hhabarim, Psaumes 58:6; Deutéronome 18:11; Ésaïe 47:13 (?) et Ashaph, Daniel 1:20; 2:2,10; 4:6 (?) On l'entend ordinairement des charmeurs de serpents (le verbe Hhabar signifie lier, associer, réunir), qui rendent doux et sociables des animaux en général farouches et sauvages;

    — Voir: Aspic.

    D'autres donnent à Hhabar la signification (arabe) de partager, couper, trancher, et l'entendent des astrologues qui, divisant le ciel en zones, vont chercher leurs horoscopes dans les positions relatives des astres dans ces différentes bandes. Les ashaph (mot parent de cashaph, — Voir: plus haut) étaient essentiellement des conjureurs d'animaux, scorpions, serpents, etc.

  3. Les Oboth, ou conjureurs de morts, Ésaïe 8:19, nécromanciens qui interrogent les tombeaux;

    — Voir: Python.

  4. Latim est le nom que donne Moïse aux enchantements dont se servirent les magiciens hébreux pour contrefaire ses miracles, Exode 7:11,22; 8:7,18. Ce mot signifie secret, mystérieux, occulte, et se rapporte parfaitement aux procédés secrets par lesquels ils réussissaient à forcer la nature.

  5. Les Onenim, Ésaïe 2:6; 57:3, ou Meonenim, Lévitique 19:26; Deutéronome 18:10; 2 Rois 21:6. Les Talmudistes font dériver ce mot, de On, ou plutôt Eyn, qui signifie œil, et ils le traduisent par: ceux qui enchantent avec l'œil; on compare alors le mauvais œil si célèbre chez tous les peuples, cet œil qui jette des sorts fâcheux, que les Grecs redoutaient, et que presque toutes nos populations redoutent encore (Calmet, Winer). D'autres comparent le mot anan, nuage, et pensent à ces magiciens qui vont chercher dans le cours des nuages l'histoire des hommes et des événements.

    — La forêt de chênes dont il est parlé Juges 9:37, appartenait à des devins de cette catégorie.

Répétons encore, après ces énumérations, ce qu'on aura déjà pu voir a leur simple lecture, qu'il règne beaucoup d'incertitude sur l'exacte définition de plusieurs de ces artifices; il est même évident que plus d'une fois un terme est employé pour un autre, et dans une acception tout-à-fait générale.

La règle que l'Écriture nous donne, pour distinguer les vrais miracles des faux, est la même que pour distinguer la saine de la fausse doctrine, à savoir les bonnes œuvres, Deutéronome 13:1-2; Jean 7:17.

Il est souvent parlé des charmeurs de serpents, soit dans la Bible, Psaumes 58:5; Job 40:24; Ecclésiaste 10:11; Jérémie 8:17, soit dans les auteurs profanes. Saint Augustin va même plus loin, bien loin, quand il raconte les métamorphoses orientales d'hommes changés en ânes, en chameaux, etc.

La musique a été employée quelquefois comme charme contre les maladies de l'esprit, et son influence n'est point douteuse, comme elle n'a rien non plus qui doive surprendre, 1 Samuel 16:14,15; Gallien (De sanitate tuendà, 1, 8) met en avant son autorité, qu'il appuie de celle encore plus grande d'Esculape.

Il paraît que le serpent d'airain, longtemps conservé en Israël, servit à favoriser le penchant du peuple juif pour le merveilleux, et le roi Ézéchias dut le mettre en pièces pour faire cesser l'abus, 2 Rois 18:4.

À l'époque de notre Sauveur, la magie couvrait une partie de l'Orient; enchanteurs vrais et faux spéculaient sur le peuple; païens et juifs couraient cette carrière, et ces derniers prétendaient tenir leurs secrets des révélations du roi Salomon (Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques 8, 2, 5); Simon le mage et Bar-Jésus, Actes 8:9; 13:6,8, appartenaient à cette classe. Dans l'Asie mineure, Éphèse était le centre des enchantements et de la magie, Actes 19:19; on ne peut douter que les livres que les nouveaux convertis de cette ville brûlèrent en si grande abondance, ne fussent des livres traitant des sciences occultes.


ENCRE,
Jérémie 36:18; 2 Corinthiens 3:3; 2 Jean 12; 3 Jean 13. Nous ne savons rien sur la préparation particulière de cette liqueur, qui paraît cependant avoir été noire, chez les Juifs comme chez les Romains, et assez persistante; l'étymologie du mot hébreu permet de supposer que pour les manuscrits de luxe l'encre était quelquefois dorée, surtout dans les premiers temps, et Flavius Josèphe semble le confirmer, Antiquités Judaïques 12, 2; 10.


ÉNÉE,
homme peut-être Grec d'origine, paralytique depuis huit ans, et demeurant à Lydde, où il fut guéri par saint Pierre, Actes 9:33.


ENFANTS.
À l'époque où la vie des hommes était dix fois ce qu'elle est à présent, et plus tard encore lorsque, moins longue, elle n'était pourtant pas encore réduite aux étroites limites que lui assigne Moïse, Psaumes 90:10, le nom d'enfants se donnait à des personnes que maintenant nous appellerions des jeunes gens ou des hommes faits. Joseph a seize ans, Isaac en a vingt, Benjamin en a plus de trente lorsqu'ils sont désignés de ce nom, Genèse 22:5; 37:2-4; 44:20.

— Les Hébreux donnaient aussi, comme les Grecs et les Romains, ce nom à leurs serviteurs de tout âge. Et dans plusieurs passages, Psaumes 33:13; Ésaïe 2:6; 65:20, des hommes, même le centenaire, sont appelés enfants, sans doute par rapport à l'éternité du Créateur et Père des hommes. Le mot enfants se prend souvent dans une acception tout-à-fait générale, pour désigner la nature, l'origine ou la destination dernière de quelques hommes: enfants d'iniquité, enfants du malin, enfants de perdition. Les juges et les magistrats sont appelés enfants du souverain, Psaumes 82:6, comme les prêtres, Psaumes 29:1. Enfin l'expression enfants de Dieu, qui se trouve fréquemment dans le Nouveau Testament, 1 Jean 3:1-2; Romains 8:14; Galates 3:26, s'applique aux rachetés que Jésus n'a point pris à honte d'appeler ses frères, et auxquels Dieu, dans sa grande charité, a bien voulu donner le droit de s'appeler ses enfants, privilège malheureusement inapprécié comme il est inappréciable, et dont l'habitude ne paraît que trop souvent avoir émoussé le charme excellent. Un pauvre sauvage converti nous a donné une leçon à cet égard lorsque, à la lecture du passage 1 Jean 3:1-2, il s'écria en se tournant vers le missionnaire: «Non, non, ce n'est pas possible! mais il veut bien permettre que nous lui baisions les pieds!»

Les anges sont appelés enfants de Dieu, Job 1:6; 2:1; Psaumes 89:7, de même que les juifs opposés aux gentils, Osée 1:10; cf. Jean 11:52.

Le passage Genèse 6:2; où les fils de Dieu sont opposés aux filles des hommes, a donné naissance à bien des interprétations; nous en relevons ici les trois principales, laissant au lecteur le soin de se décider:

  1. Les fils de Dieu seraient les mêmes que Job 1:6; 2:1, c'est-à-dire les anges. C'est l'opinion de Rabbi-Éliézer et des premiers pères de l'Église, développée dans Lactance II, 4. L'idée que les géants étaient le produit d'une alliance entre les anges et les femmes, se retrouve dans toutes les traditions de l'antiquité, et joue encore un rôle important dans le système des Indous. Les grands docteurs de l'Église chrétienne ne tardèrent pas à s'élever contre cette opinion, Augustin, Chrysostôme, Cyrille d'Alexandrie, et Théodore. Calvin prétend qu'elle se réfute d'elle-même, et s'étonne que des hommes savants aient pu être éblouis par des radotages si grossiers et si monstrueux;

  2. les fils de Dieu seraient les hommes nobles, fils de magistrats et de princes, opposés aux hommes d'une condition inférieure; c'est l'opinion des Juifs Onkelos, Jarchi, Aben-Ezra. On peut combiner cette explication avec la suivante;

  3. les fidèles, les enfants de Dieu, la famille de Seth, opposée à celle de Caïn. Le nexe, et l'usage de la langue favorisent cette dernière opinion; tout indique d'ailleurs que l'Église commençait à déchoir: quant à la difficulté qui résulte des géants issus de ces unions,

    — Voir: Géants.

    On verra aux articles fils, fille, mariage, etc., ce qui concerne les enfants des Hébreux et leurs rapports avec leurs parents. Disons seulement que les enfants illégitimes étaient flétris jusqu'à la dixième génération, Deutéronome 23:2, mesure bien propre à combattre l'impureté et la prostitution, et que nécessitait d'ailleurs la constitution théocratique du peuple juif.


ENFER,
littéralement lieux inférieurs, Luc 16:23, est le nom qui est donné au lieu où les méchants subiront les peines qu'ils ont méritées, et dont ils n'ont pas voulu être exemptés par la foi en Jésus le Sauveur des pécheurs,

— Voir: Peines.

Ce mot ne se trouve que sept fois dans l'Écriture, et il n'a jamais le sens que lui a donné la théologie du moyen âge. Job 14:8. Ostervald a rendu par enfers le mot sheôl (Martin, abîmes), qu'il traduit ailleurs par sépulcre, Ésaïe 5:14. Dans le Nouveau Testament, ce mot se trouve Matthieu 11:23; 16:18; Luc 10:15; 16:23; Apocalypse 1:18; 6:8. Le grec porte Αδης ou άίδης qui signifie littéralement lieu invisible; c'est ainsi que l'a partout traduit la version de Lausanne. Mais une traduction est plus facile qu'un commentaire, et le lieu invisible, sans autre détermination, ne dit absolument rien à l'esprit. Le mot enfer (inférieur) avait été préféré, parce qu'il renfermait une idée, peut-être fausse. En tout cas, il est toujours pris dans un mauvais sens, comme puissance ennemie de l'Église, comme lieu du séjour des réprouvés, comme compagnon de la mort, et l'idée de lieu inférieur ressort de Matthieu 11:23: «Tu seras abaissé jusque dans le lieu invisible», cf. Ésaïe 14:13-15; Psaumes 139:8. Ce lieu invisible est généralement considéré comme le lieu ou les âmes attendent le grand jour du jugement de l'Éternel, et si les âmes ne dorment point, il est dans l'analogie de la foi de croire que l'état d'attente est pour elles la continuation de la vie présente et le commencement de la vie à venir. De là les limbes et le purgatoire de l'Église romaine, avec cette différence que, d'après cette Église, on peut sortir du purgatoire pour de l'argent, tandis que, d'après la Bible, «il y a un grand abîme», tellement que ceux qui veulent passer de l'un à l'autre, du lieu invisible au sein d'Abraham, ne le peuvent, Luc 16:26.

L'enfer, dans le sens théologique du mot, est appelé dans la Bible le feu éternel, la géhenne du feu, Matthieu 18:8-9; la géhenne, le feu inextinguible, où le ver ne meurt point et où le feu ne s'éteint point, Marc 9:43; sq. (d'après Ésaïe 66:24, à qui déjà les apocryphes ont emprunté cette expression, Ecclésiastique 7:17; Judith 16:21); la mort, 1 Corinthiens 15:55-56; 1 Jean 5:16; la punition éternelle, Matthieu 25:46; le jugement ou la ruine éternelle, Marc 3:29; 2 Thessaloniciens 1:9; l'étang ardent de feu et de soufre, Apocalypse 19:20; la mort seconde, Apocalypse 20:14; des liens éternels, Jude 6; les ténèbres du dehors, où seront les pleurs et les grincements de dents, Matthieu 8:12; un opprobre et une infamie éternelles, Daniel 12:2, etc.

Il est évident que ces expressions sont, sous la plume des écrivains inspirés, des figures, des images humaines, dont le sens général est que l'enfer sera un séjour affreux. Mais est-ce que sous la figure on doit voir aussi la réalité, le ver, le feu, les ténèbres, le soufre, les liens? Il serait certainement aussi téméraire de le nier que de l'affirmer, et nous n'oserions aller jusque-là; mais il n'est pas sans intérêt de remarquer que plus on a spiritualisé le ciel, plus on a matérialisé l'enfer. Serait-ce que l'homme comprend mieux la douleur que le bonheur? Serait-ce que dans son état actuel, déchu, l'homme puisse mieux se représenter le malheur que la joie infinie? Il en résulterait alors qu'il faudrait prendre le contre-pied de l'imagination des hommes, et spiritualiser le mal, comme nous avons vu (article Ciel) que le bien avait été trop idéalisé.

«Ubi est infernus? Quales futuri sunt cruciatus isti?» dit Hutterus. Où est l'enfer? Quels en seront les tourments? Et après avoir posé cette double question, il refuse d'y répondre. L'Écriture ne nous en dit rien, sinon que notre intelligence ne les saurait concevoir ni aucune langue les décrire.

La rage aux yeux hagards, le délire effréné,
Le vertige troublant l'esprit désordonné,
La colique tordant les entrailles souffrantes,
Les ulcères rongeurs, les pierres déchirantes,
Et la triste insomnie au teint pâle, à l'œil creux,
Et la mélancolie au regard langoureux,
La toux, l'asthme essoufflé, dont la fréquente haleine
Par élans redoublés entre et sort avec peine;
Et l'enflure hydropique, et l'étique maigreur,
Et des accès fiévreux la bouillante fureur;
L'évanouissement, la langueur défaillante,
Et la goutte épanchant son âcreté brûlante,
Et du catarrhe affreux les funestes dépôts,
Et la peste qui, seule, égale tous ces maux.

Est-ce l'enfer dont Milton offre ici le désolant tableau? (Paradis perdu, XI, traduction Delille.) Non, il ne s'agit que de la vie présente, d'une partie seulement des maux physiques de l'humanité. Que sera donc l'enfer! et comment le décrire, lorsqu'on peut à peine décrire tout ce que notre monde recèle de douleurs et d'angoisses?...

Les deux premiers chants de Milton, bien dignes de ce vaste et noble génie, suffisent cependant à prouver l'insuffisance même du génie et de l'imagination la plus colorée pour dire les horreurs de l'existence infernale.

Aucun auteur moderne, à ma connaissance, n'a touché ce sujet, au moins directement. Je n'ai pas de système, ni même de vues générales, à présenter sur une matière où l'Écriture, en empruntant aux hommes leur langage, semble par là même refuser de les initier aux secrets de l'avenir. Mais quand l'enfer ne serait qu'une peine négative, la privation de la vue du Seigneur, avec la conscience d'avoir mérité cette peine, l'enfer justifierait déjà l'horreur que son nom seul inspire. Les réprouvés seront comme oubliés de Dieu; leur nom ne passera plus par ses lèvres, Psaumes 16:4. Il est lumière, ils seront dans les ténèbres. Il est la source de la vie, il ne sera plus rien pour eux. Ils ont refusé de porter son joug, son joug ne pèsera plus sur eux; celui qui était souillé se souillera toujours davantage; ils iront en empirant, creusant toujours plus l'abîme qui les sépare de celui sans qui ils ne sauraient vivre; et s'en-fonçant toujours plus dans la fange de l'étang bourbeux où ils sont plongés, progressant dans la mort comme les rachetés dans la vie, ils se seront vus privés par leur faute des biens que Dieu leur avait offerts, et souffriront de cette décadence morale et intellectuelle que l'Écriture appelle la seconde mort. Sera-ce l'anéantissement?

Quelques personnes, qui attachent à la doctrine de l'éternité des peines, comme dogme, une grande importance (et elles ont raison), trouveront peut-être hardi, peut-être hérétique, le simple doute de la possibilité d'un anéantissement. Il ne nous paraît positivement contredit par aucun passage, mais comme ce n'est qu'un doute, il y aurait mauvaise grâce à y insister, et nous nous rapprocherons de la doctrine reçue en disant: sera-ce l'abrutissement? la dégradation de l'être tout entier poussée à sa dernière limite?

Nous ferons encore un pas, et laissant subsister l'être moral, nous demanderons: Sera-t-il simplement privé de la conscience de soi-même? de l'idée de temps? de l'idée d'éternité?

Doutes et questions qui nous paraissent légitimes, et dont nous hésitons d'autant moins à nous occuper que la doctrine des peines éternelles nous paraît plus clairement, plus positivement établie par la lettre de l'Écriture. Il n'y a pas d'exégèse, en effet, ni d'interprétation qui puisse ôter à des passages tels que Ésaïe 66:24; Daniel 12:2; Matthieu 3:12; 12:32; 18:8; 25:41,46; 26:24; Marc 9:43; sq. Jean 3:36; 2 Thessaloniciens 1:9; Apocalypse 9:6; 20:10 (Jude 6:7), le sens simple et naturel que l'église chrétienne de tous les temps leur a toujours reconnu. C'est une chose hors de question; la réjection des réprouvés sera éternelle. Nous n'épiloguerons pas sur les mots, quoique ce soit ici que se posent les questions: que signifie le mot éternel? quelle sera la nature de la réprobation? Les partisans de la doctrine du rétablissement final, peuvent aspirer à la restauration harmonique de toutes choses; ils peuvent en trouver une preuve morale dans l'idée, juste d'ailleurs, qu'ils se font de la bonté de Dieu; une preuve philosophique dans l'instinctive répulsion qu'on éprouve pour un bonheur éternel fondé sur des débris toujours palpitants et souffrants, pour l'idée d'une paix éternelle en présence d'un dualisme toujours subsistant, d'une lutte noyée dans la victoire, mais se montrant encore dans les imprécations des vaincus, et dans cette fumée qui s'élève de l'étang ardent où ils maudissent encore et toujours le vainqueur; on l'établira avec plus ou moins de sagesse sur l'apparente disproportion qui se trouverait entre l'offense et la peine (argument que les éternitaires ont toujours éludé ou faiblement combattu); on en trouvera d'autres preuves enfin, dans une interprétation équivoque de quelques passages douteux, Ésaïe 45:23; Romains 14:11; Philippiens 2:10; Actes 3:21; 1 Pierre 3:18, et surtout: Romains 5:12-21... «Par une seule justice justifiante, le don est venu sur tous les hommes», etc.; 1 Timothée 4:10: «Le Dieu vivant, qui est le sauveur de tous les hommes, et principalement des fidèles», etc.; 1 Corinthiens 15:28 «Après que toutes choses lui auront été assujetties, alors aussi, le Fils lui-même sera assujetti à celui qui lui a assujetti toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous.»

Quelle que soit la valeur de ces preuves, elles ne peuvent détruire ni l'évidente clarté des passages indiqués plus haut, ni cet autre sentiment instinctif que corrobore l'expérience, que celui qui est plongé dans le mal, s'y enfonce toujours plus, à moins du secours d'en haut, qu'il s'y dégrade sans retour, et que son abrutissement ne saurait avoir d'autre ternie que sa vie.

Mais c'est précisément à cause de l'évidence de cette doctrine, et parce que le rétablissement final des réprouvés nous paraît impossible à établir par l'Écriture, que nous croyons pouvoir, soit à cause de la bonté de Dieu, soit à cause de l'impérieux besoin d'harmonie qu'on éprouve, quoiqu'on en veuille, à la pensée du bonheur à venir, laisser une porte ouverte au doute sur la nature même de la peine. L'anéantissement n'exclut pas l'éternité, et c'est une chose au moins remarquable, non seulement que la condition des réprouvés soit appelée la mort seconde, ainsi qu'on l'a vu, mais qu'elle soit encore appelée la mort par opposition à la vie, Romains 6:21-23, et que la condamnation de ceux qui désobéissent au Fils soit prononcée en ces mois: «Ils ne verront point la vie», Jean 3:36.

Si Dieu nous a tracé la ligne des pensées et des paroles dont nous devons nous servir en parlant du jugement, des pécheurs, il est évident aussi qu'il ne nous a pas tout dit, et que la clef de ces effrayants mystères est encore entre ses mains.


ÉNIGMES.
Les Hébreux, comme tous les peuples orientaux, aimaient les jeux d'esprit, et se plaisaient à assaisonner leurs repas et leurs festins de quelque piquante question dont la solution était demandée aux assistants. C'était même parfois un jeu de prince, comme on le voit par les rapports de Salomon avec la reine de Séba, 1 Rois 10:1. Les principales énigmes dont le souvenir nous ait été conservé par l'Écriture sont celles de Samson, Juges 14:14, celles d'Agur, Proverbes 30:12; sq., celle d'Ézéchiel, 17:2; sq..


ÉNOCH ou Hénoc, et Hanoc,
  1. le septième homme après Adam, descendant de ce patriarche à la sixième génération, fils de Jéred, père de Méthusélah, vit ses jours abrégés sur la terre, et ne compta que trois cent soixante-cinq années, pendant lesquelles il marcha avec Dieu, puis il disparut, «parce que Dieu le prit», Genèse 5:21-24. Un voile est jeté sur la nature de l'intime communion de cet homme pieux avec son père céleste; le chrétien seul peut comprendre ce que c'est que vivre avec Dieu, et il n'y a qu'un bien grand développement de la vie nouvelle, un développement extraordinaire, qui puisse en donner une idée exacte; c'est la perfection dans la sainteté qui seule peut faire jouir de la communion parfaite. Un voile est également jeté sur sa disparition. L'auteur sacré ne dit que juste ce qu'il faut pour nous apprendre qu'Énoch n'a point passé par la mort, cf. Hébreux 11:5. Il ne se trouva plus, de la même manière que, Genèse 37:30, Joseph ne se trouva plus dans la fosse lorsque Ruben voulut l'en retirer: les mêmes expressions sont employées pour la disparition d'Énoch et pour l'enlèvement d'Élie, 2 Rois 2:3. C'est tout ce que l'Écriture nous dit sur la vie sainte et l'enlèvement glorieux de ce témoin de la vérité. Le Nouveau Testament le ramène sur la terre, Jude 14 et 45, pour faire entendre de lui quelques solennels avertissements aux fils des hommes, sur les jugements que l'Éternel prononcera contre les impies. On se demande où saint Jude a puisé cette citation, et quel degré d'authenticité elle peut avoir. La réponse n'est pas facile. De fait, il existait dans les premiers siècles de l'Église chrétienne un livre ou recueil de prophéties, attribué à Énoch, tissu de fables et d'absurdités dont quelques pères, Justin, Athénagore, Irénée, Clément d'Alexandrie, Lactance, Tertullien, faisaient assez de cas, mais auquel Origène, Jérôme et Augustin n'accordaient aucune autorité. On l'a cru perdu fort longtemps, et le seul fragment qu'on en possédât avait été publié par Scaliger (mort en 1609), d'après l'ancienne chronographie de George Syncellus. L'original devait avoir été écrit en hébreu ou en caldéen, puis traduit en grec; mais l'on n'en trouvait plus aucun exemplaire, lorsqu'on apprit au dix-septième siècle qu'il en existait une traduction éthiopienne, et que cet ouvrage était lu et fort estimé des Églises de l'Abyssinie. Longtemps les essais que l'on fit pour se le procurer échouèrent, lorsqu'enfin, en 1773, le voyageur Bruce réussit à s'en procurer trois exemplaires, qui furent promptement traduits en anglais et publiés. En 1834, l'allemand Ruppel en rapporta également d'Éthiopie un exemplaire dans son pays, et une traduction allemande a paru en 1838, peu différente d'une autre publiée en 1833, d'après l'anglais. On a tout lieu de croire que l'ouvrage éthiopien est le même que celui dont parlent les pères de l'Église, et le passage cité par Jude s'y trouve presque littéralement, quoiqu'un peu abrégé, au commencement du second chapitre: «Voici, il vient avec des myriades de ses saints pour juger le monde, pour détruire les méchants et pour punir toute chair, à cause de tout ce que les pécheurs et les impies auront fait et commis contre lui.»

    Mais, malgré cette identité, et quoique plusieurs raisons militent en faveur de l'opinion (Calmet, etc.) qui pense que Jude a transcrit sa citation du livre indiqué, bien qu'on puisse admettre encore que cet ouvrage apocryphe contienne des vérités dont saint Jude, éclairé d'une lumière surnaturelle, a pu faire usage pour l'édification des fidèles; bien qu'une citation de cet ouvrage n'ait rien qui doive surprendre plus que les citations d'Épiménide et de Ménandre, faites par saint Paul, nous ne saurions souscrire à cette manière de voir. Le témoignage de saint Jude, exprimé comme il l'est dans son Épître, serait en effet non seulement une garantie de la vérité des paroles citées, mais encore, comme le fait remarquer saint Jérôme, un témoignage rendu à l'authenticité du livre lui-même. Il nous paraît beaucoup plus naturel et plus vrai d'admettre que l'auteur du faux livre d'Énoch, et Jude, auront l'un et l'autre puisé à une source commune, maintenant perdue, source qui pourrait n'être autre que la tradition; et si l'on réfléchit que le fils d'Énoch, Méthusélah, après avoir vécu trois cents ans avec son père, est venu toucher ensuite à l'année même du déluge, il n'est point difficile de comprendre que les paroles d'un si grand prophète, à qui la communion de Dieu devait avoir révélé sans doute bien des choses à venir sur la corruption des hommes et les châtiments qui les attendaient (peut-être le déluge sur le premier plan de sa perspective prophétique, et le jugement final sur le dernier plan), que ses paroles, disons-nous, aient été religieusement conservées parmi les Juifs pendant une longue suite de générations,

    — Voir: sur ce livre, et pour plus de détails, Preiswerk, Morgenland, IV, 271.

  2. Hénoc, fils aîné de Caïn, donna le nom à une ville que son père bâtit, Genèse 4:17. Dans les anciens temps la grandeur ne faisait pas la ville; on appelait de ce nom tout enclos entouré de murailles. C'est dans la famille de Caïn que commença à se développer le goût d'une vie aisée et artificielle, avec les craintes, l'inquiétude, et le besoin de s'abriter, qui en sont toujours la suite. Si les traces de cette ville n'ont pas entièrement disparu sous les flots du déluge, elles se retrouvent peut-être dans le nom de Chanogé, ancienne et célèbre ville de commerce, au nord des Indes, déjà chantée dans les plus anciens poèmes épiques des Indous; Huet voit les débris de la ville d'Énoch dans Anuchtha, ville de l'ancienne Perse, citée par Ptolémée; le tha ne serait alors qu'une terminaison araméenne. D'autres enfin comparent la peuplade caucasienne des Heniochiens. Mais comme le mot hanak, qui est la racine de tous ces autres noms, signifie lui-même commencer, on comprend qu'un grand nombre de familles et de villes ont pu porter un nom semblable, puisque chaque homme pouvait appeler ainsi son fils aîné, ou la première ville d'une contrée.

  3. Énoch est encore le nom du fils aîné de Ruben, Genèse 46:9.

  4. Enfin, Énoch, ou plutôt Hanoc, Genèse 25:4, fils de Madian, petit-fils d'Abraham par Kétura.


ÉNON,
près de Salim, Jean 3:23, lieu où Jean baptisait parce qu'il y avait là beaucoup d'eau. Le nom même d'Énon indique une source abondante; mais il est difficile de rien préciser sur l'endroit où cette source existait. D'après Eusèbe et saint Jérôme, c'aurait été à huit milles de Scythopolis, entre Salim et le Jourdain.


ÉNOS,
petit-fils d'Adam par Seth, naquit l'an du monde 235 et mourut en 1140, âgé de neuf cent cinq ans; Adam, Seth et Énoch moururent avant lui; il fut contemporain de Méthusélah et même de Noé, avec qui il vécut encore quatre-vingt-quatre ans. C'est depuis Énos qu'on commença «d'appeler du nom de l'Éternel», ce qui signifie, en comparant Ésaïe 12:4; 44:5, «se réclamer publiquement du nom du Dieu fort», c'est-à-dire, soit prendre le nom d'enfants de Dieu par opposition aux enfants du monde, soit rendre un culte public à Jéhovah.

— cf. Genèse 4:26; 5:6; 1 Chroniques 1:1; Luc 3:38.


ENSEIGNES.
Dans le voyage du désert chaque troisième tribu avait une enseigne ou drapeau, Nombres 1:52; 2:2; 10:4; l'Écriture ne nous donne aucun détail sur la forme, la couleur, la grandeur et les inscriptions de ces enseignes. Les rabbins, en revanche, se sont chargés de combler la lacune au moyen de leur imagination; ils ont mis un jeune lion sur le drapeau de Juda (Issachar et Zabulon), cf. Genèse 49:9; un homme sur celui de Ruben (Siméon et Gad); d'après Jonathan, un cerf au lieu du bœuf, Genèse 49:6, qui aurait trop rappelé l'idolâtrie du veau d'or; sur celui d'Éphraïm (Manassé, Benjamin), un taureau; d'après Jonathan, un garçon; sur celui de Dan (Aser et Nephthali), un aigle; d'après Jonathan, une couleuvre, Genèse 49:17.

— De plus petites bannières servaient à distinguer les familles, mais on n'en connaît pas non plus la forme.

— Le mot rendu par enseignes, Ésaïe 5:26; 11:12; 13:2; 18:3; 62:10; Jérémie 4:6, etc., serait plus exactement traduit par «signaux»; le mot hébreu qui y est employé est nés, différent de déguel, grand drapeau, et de othoth, petit drapeau: ces signaux étaient élevés sur de hautes montagnes dans des circonstances extraordinaires, lorsqu'il s'agissait, par exemple, d'appeler sous les armes les hommes en état de servir; les uns se représentent ces signaux comme des feux allumés, d'autres comme d'immenses drapeaux plantés en terre.


ENSUBLE.
Cette partie d'un métier est nommée en hébreu menor orguim, et se trouve employée, 1 Samuel 17:7; 2 Samuel 21:19, comme terme de comparaison pour désigner la grosseur de la hampe de la hallebarde de deux géants. Le mot masseket, Juges 16:13-14, traduit par ensuble, signifie des fils tissés, une tresse, la chaîne,

— Voir: Tisserand.


ÉPAINÈTE,
Romains 16:5, n'est connu que par ce passage. Saint Paul l'appelle son disciple bien aimé, et les prémices de son œuvre en Asie (le mot Achaïe qui est dans nos versions ne se trouve pas dans les meilleurs manuscrits, et serait en contradiction avec 1 Corinthiens 16:15, où Stéphanas est appelé les prémices de l'apôtre en Achaïe); par Asie il faut entendre naturellement l'Asie proconsulaire.


ÉPAPHRAS,
Colossiens 1:7; 4:12. Philémon 23, fidèle de Colosses, que saint Paul recommande à l'église de cette ville comme son compagnon de service, comme son compagnon de captivité, et surtout comme un fidèle ministre, digne de remplacer l'apôtre absent. Épaphras paraît avoir été le fondateur de l'église de Colosses; il ne doit pas être confondu avec Épaphrodite, comme font Grotius et Winer; Olshausen et Steiger ont parfaitement démontré la non identité.


ÉPAPHRODITE,
Philippiens 2:25; 4:18. Saint Paul nous le montre comme un membre de l'église de Philippes, collaborateur de l'apôtre dans le bon combat, député auprès de lui par les Philippiens pour subvenir à ses besoins et lui porter le produit d'une collecte dans la grande ville où il était prisonnier. Épaphrodite fut longtemps le compagnon du captif; mais ayant fait une grave maladie, suite peut-être de ses soins dévoués, et affligé de savoir que l'église de Philippes, dont il était apparemment le pasteur, était inquiète à son sujet, partagé entre l'apôtre et l'église, qui, l'un et l'autre, avaient besoin de sa présence, il ne put cacher à Paul son déchirement intérieur, et celui-ci n'hésita pas à le renvoyer auprès de son église, à la grande joie de tous, lui remettant en même temps pour les Philippiens une lettre dont il fut le porteur.


ÉPAULE,
expression qui se trouve plusieurs fois dans l'Écriture au propre et au figuré; trois mots hébreux sont rendus en français par épaule, quoiqu'ils aient des nuances de signification différentes: shokh, quelquefois la cuisse, quelquefois la jambe, aussi le péroné, en parlant des hommes et des animaux, Ésaïe 47:2; Cantique 5:15; Lévitique 7:34; katheph, l'épaule proprement dite, Nombres 7:9; Ésaïe 46:7; shekem, l'arrière-partie de l'épaule, la nuque: ces deux derniers termes sont employés Job 31:22, au commencement du verset, qui doit être traduit par «Que mon épaule se détache de ma nuque», etc. Le shekem sert à désigner:

  1. la partie du corps qui porte, Genèse 9:23; Ésaïe 9:5; 22:22; Job 31:36; Sophonie 3:9 (servir l'Éternel d'un même esprit; en hébreu, le servir d'une même épaule, allusion au joug);

  2. la partie sur laquelle on fouettait les criminels, les omoplates et le dos jusqu'à la ceinture, Ésaïe; 9:3;

  3. enfin il s'emploie dans la phrase tourner le dos, fuir, abandonner, 1 Samuel 10:9; et l's. 21:12, où au lieu de «Tu les mettras en butte», il faut lire: «Tu les mettras en dos, en épaule», c'est-à-dire, tu leur feras tourner le dos.

C'est le mot shokh qui est employé en parlant de l'épaule d'élévation, Lévitique 7:34; Nombres 6:20; 18:18; l'épaule droite des victimes revenait de droit aux prêtres dans les sacrifices d'action de grâce et de prospérités, et ne pouvait être mangée que dans un lieu pur et saint, Lévitique 10:14. Quant aux cérémonies de l'élévation et du tournoiement,

— Voir: Lever et Offrande.


ÉPEAUTRE,
Exode 9:32; Ésaïe 28:25; Ézéchiel 4:9, hébreu cussèmeth, dérive peut-être de casam être tondu, désigne en tout cas une espèce de céréales sans barbe; il y a de l'incertitude sur la traduction exacte de ce mot, mais on est en général d'accord à l'entendre de l'épeautre, le triticum spelta de Linnée.


ÉPÉE,
— Voir: Armes.


ÉPERVIER.
Le mot hébreu netz, Lévitique 11:16; Deutéronome 14:15; Job 39:29, désigne comme son étymologie et comme le passage de Job l'indiquent, un oiseau de proie au vol rapide; il appartient aux animaux impurs: la Vulgate et Luther traduisent comme nos versions par épervier, d'autres (Winer) par autour. Le passage de Job a trait à l'instinct de cet oiseau qui le pousse à l'approche de l'hiver vers les climats plus chauds.


ÉPHA.
  1. Ésaïe 60:6; Genèse 25:4;

    — Voir: Hépha.

  2. Mesure des Hébreux pour les choses sèches, équivalente au bath qu'on employait pour les liquides (environ 35 litres), Ézéchiel 45:11; Exode 16:36; Juges 6:19; Ruth 2:17; Zacharie 5:6-7. Dans ce dernier passage, une femme (l'impiété) est enfermée dans un épha, et transportée au pays de Sinhar, qui doit être le terme extrême de la manifestation du mal dans les derniers temps.


ÉPHÈSE,
ville importante de l'Ionie et, sous les Romains, de l'Asie proconsulaire, sur les bords du Cayster, non loin de la mer d'Icarie, entre Milet et Smyrne, à 320 stades (70 kilomètres) de cette dernière ville. Grâce à sa position elle faisait un commerce de transit fort considérable; mais ce qui lui assurait le plus une haute célébrité, c'était son temple de Diane. Détruit par un fou, ce bâtiment que deux siècles avaient à peine suffi à construire, périt dans une seule nuit, mais il fut rebâti plus somptueux encore, et conservait toute sa magnificence au temps de saint Paul, Actes 19:24.

— Voir: Diane.

Lorsque l'apôtre y arriva pour la première fois, il y trouva un certain nombre de Juifs qui reçurent l'évangile, Actes 18:19,20; il n'y fit d'abord qu'un court séjour, et pendant son absence le juif Apollos le remplaça avec beaucoup de succès. Puis Paul revint, et continua d'accomplir pendant trois ans, 20:31, son œuvre d'évangélisation, parmi les Juifs d'abord, puis parmi les païens, chez qui il trouva des amis, même d'entre les Asiarques, 19:31, de sorte que son église fut un mélange de Juifs et de Grecs, 20:21. C'est de là qu'il écrivit son épître aux Galates et la 1re aux Corinthiens. Il dut quitter la ville en suite de l'émeute de Démétrius, et au retour de son voyage en Macédoine, passant par Milet, il fit appeler auprès de lui les pasteurs d'Éphèse, auxquels il donna de vive voix de nouvelles instructions, 20:17; il ne paraît pas qu'il y soit retourné depuis, 20:38, quoiqu'on ait voulu le conclure d'une certaine interprétation de 1 Timothée 1:3. À son départ il établit et consacra Timothée pasteur d'Éphèse; plus tard la tradition nous montre aussi l'évangéliste saint Jean pasteur de la même ville: Jean doit y être mort, ainsi que Marie, la mère de Jésus, dont ce disciple bien-aimé s'était chargé, et Marie Madeleine. L'épître écrite à l'ange de cette église, Apocalypse 2:1-7, nous la montre dans un état spirituel en général assez prospère, quoiqu'il lui soit reproché en même temps d'avoir abandonné sa première charité; il ne paraît pas que saint Jean ni Timothée s'y trouvassent encore à cette époque: Timothée y avait souffert le martyre peut-être quelque temps auparavant, et Jean était exilé.

— La ville d'Éphèse était l'un des plus grands sièges de la magie orientale; cf. Actes 19:13-20; là aussi nous la voyons succomber devant les témoins de la vérité; son développement, puis sa chute éclatante et rapide, rappellent les succès et la confusion des magiciens de l'Égypte.

Épître aux Éphésiens. Elle fut écrite de Rome, et probablement à la même époque que celle aux Colossiens, puisque l'une et l'autre furent envoyées par Tychique, qui avait ordre de donner en même temps de vive voix aux églises des nouvelles de l'apôtre. Cette épître ne renferme de polémique contre aucune erreur déterminée; elle ne contient presque rien que l'expression des sentiments de l'apôtre, des exhortations pratiques, et un exposé de la doctrine évangélique, tel qu'on pouvait le présenter à tous les païens nouvellement convertis. La seule partie spéculative est formée par l'exhortation à l'union entre les chrétiens-païens et les judéo-chrétiens, exhortation fondée sur la doctrine de l'économie divine. L'apôtre ne parle nullement à ses lecteurs comme à des personnes qu'il connaisse personnellement, puisqu'au contraire il leur fait connaître sa vocation, 3:2-4. Il les salue d'une manière générale, et il est remarquable qu'il ne les salué pas au nom d'un seul de ses nombreux compagnons, pas même de Timothée. Il est donc évident que cette épître ne peut avoir été adressée à l'église que Paul avait fondée lui-même à Éphèse; Grotius a cru pouvoir en conclure, conformément à quelques manuscrits, qu'elle fut écrite aux Laodicéens, cf. Colossiens 4:16, mais la grande majorité des manuscrits s'oppose à cette manière de voir, et l'opinion d'Usserius, appuyée par Hug, Olshausen, Harless, Steiger, nous paraît beaucoup plus probable, savoir que c'était une lettre encyclique adressée entre autres aux Éphésiens, aux Laodicéens et aux églises environnantes; arrivée à destination et copiée, il a pu facilement arriver que dans quelques exemplaires on ait mis le nom de Laodicée au lieu de celui d'Éphèse, et le caractère général de la lettre s'explique.

— Comment. Harless. Erlangen 1834; Passavant, Stier.


ÉPHOD,
large ceinture magnifiquement brodée que les sacrificateurs portaient autour de leur robe, Exode 28. Elle consistait en deux rubans d'une matière précieuse qui, prenant sur le cou et descendant de dessus les épaules, venaient se croiser sur la poitrine, puis retournant en arrière servaient à ceindre la robe, absolument comme une écharpe. L'or et les plus riches couleurs distinguaient l'éphod du souverain sacrificateur de celui des simples prêtres qui n'était fait que de lin. Par devant, à l'endroit où les rubans se croisaient, était le pectoral, q.v. L'éphod était regardé comme l'accompagnement indispensable du culte, faux ou vrai. Gédéon, vainqueur des idolâtres de Madian, se fit un éphod de leurs dépouilles, voulant élever un monument au vrai Dieu et sanctionnant par le fait une nouvelle idolâtrie, Juges 8:27. Mica donne également un éphod à l'idole de son culte, Juges 17:5;

— Voir: encore Osée 3:4.

Quoique l'éphod fût l'apanage des prêtres, on le voit quelquefois aussi porté par des laïcs ou des lévites, par Samuel encore enfant, 1 Samuel 2:18, par David, 2 Samuel 6:14; etc.

— Le mot hébreu éphod a été pris par quelques interprètes comme signifiant idole dans les passages d'Osée et des Juges.


ÉPHRAÏM,
  1. Genèse 41:52; 46:20; 48:1; 1 Chroniques 5:1, le second fils de Joseph et d'Asénath, reçut par la bénédiction de Jacob le droit et les avantages de la primogéniture, au détriment de son frère aîné Manassé. Plusieurs de ses fils ayant fait pendant son séjour en Égypte, une sortie contre ceux de Gad ou Gath, pour leur enlever leur bétail, furent mis à mort; il mena deuil sur eux pendant longtemps, et ses frères vinrent pour le consoler, 1 Chroniques 7:22. Cependant sa famille bénie s'accrut considérablement, et comptait au sortir de l'Égypte 40,500 hommes en état de porter les armes, Nombres 2:18,49, qui tous se réclamaient, comme tribu, du nom de leur père Éphraïm.

    Lors de la division du pays de Canaan, Josué, qui était de cette tribu, lui donna en partage une contrée vaste et fertile, Osée 9:13; elle occupait toute la largeur du pays depuis le Jourdain jusqu'à la Méditerranée, entre les tribus de Dan, de Benjamin et la demi de Manassé, et fut pendant longtemps le siège du tabernacle (à Silo), Josué 16:8; 17:10. On trouvait même encore des Éphraïmites en dehors des limites marquées, Juges 19:16. Ainsi furent accomplie sur ce fils de Joseph, les bénédictions du vieux Jacob, qui lui annonçait de la part du Tout-Puissant qu'il serait fait aussi le pasteur et la pierre d'Israël, Genèse 49:24, et qu'il contrebalancerait le pouvoir de Juda, 1 Chroniques 5:1; 2, cf. encore Deutéronome 33:13, et les riches promesses de Moïse.

    — À la mort de Saül cette tribu, par esprit de rivalité contre Juda, se ligua en faveur d'Is-Boseth avec les dix autres tribus, 2 Samuel 2:9, mais après la défaite de son prétendant elle suivit le parti du vainqueur et se soumit à David 5:1. Ce ne fut pas pour longtemps; bientôt, fidèle à sa jalousie, elle releva la tête après Salomon et fut la principale cause de la division du royaume en deux moitiés, dont la plus grande, qui prit mal à propos le nom d'Israël q.v., eut sans interruption sa résidence principale dans cette tribu, et fut au commencement gouvernée par une dynastie éphraïmite, 2 Samuel 19:41; sq. Aussi, bien souvent les prophètes donnent-ils à ce royaume des dix tribus le nom plus exact d'Éphraïm, Ésaïe 7:2; Osée 4:17; 5:9; 6:4; 12:1. Elle fut emmenée en captivité avec les autres tribus d'Israël par Salmanassar.

    — Le nom d'Éphrat, Psaumes 132:6, et celui d'Éphratien, 1 Samuel 1:1; 1 Rois 11:26, signifient probablement Éphraïm, Éphraïmite.

  2. Montagnes d'Éphraïm; région montagneuse au centre de la Palestine, au sud de celles de Guilboa, formant la principale partie du territoire qui prit plus tard le nom de Samarie. Elle touche aux montagnes de Juda. Ses sommets détachés de la masse y sont nombreux et presque tous égaux (mais d'une élévation peu considérable), ce qui donne à cette contrée le caractère d'un vrai pays de montagnes. Elle était extrêmement fertile comme elle paraît l'être encore de nos jours. Au sud se trouve Guérizim, la montagne des bénédictions, le point le plus élevé de la contrée; puis le mont Hébal (800 pieds), Deutéronome 11:29, le Tsalmon, Juges 9:48, le Gahas, Josué 24:30, le Tsémarajim, 2 Chroniques 13:4, et beaucoup d'autres montagnes, de même que le champ et le puits de Jacob, Jean 4:5-6; Genèse 33:18-20. On connaît du reste fort peu cette contrée, qu'aucune roule ne traverse et qui est passablement infestée de brigands à l'affût des voyageurs qui se rendent de Sichem à Jérusalem, de sorte qu'il n'est pas possible de déterminer l'emplacement exact des différents lieux indiqués.

    — Cette même contrée porte quelquefois aussi le nom de montagnes d'Israël.

  3. La forêt d'Éphraïm, qui fut le théâtre de la victoire de David sur son fils rebelle, et de la mort de ce dernier embarrassé dans les branches d'un arbre, est, soit une contrée inconnue de Galaad, peut-être celle où Jephthé avait battu les Éphraïmites, Juges 12, soit plutôt la partie des montagnes d'Éphraïm qui est vis-à-vis de Galaad, et qu'on appelait déjà auparavant la forêt, à cause de ses bois épais, Josué 17:15-18.


ÉPHRAT ou Éphrata.
  1. Femme de Caleb ou Célubaï, 1 Chroniques 2:9,19,50,51; 4:4, donna son nom au village de Bethléem, où s'établirent son fils Hor, et son arrière petit-fils Salmo.

  2. Éphrat est le village nommé ailleurs Bethléem, Genèse 35:19; Ruth 4:11, et dont le nom complet se trouve Michée 5:2, de sorte que Éphratien est synonyme de Bethléhémite, Ruth 1:2; 1 Samuel 17:12.

  3. Éphrat, nom d'Éphraïm, Psaumes 132:6, et Éphratien, synonyme d'Éphraïmite, 1 Samuel 1:1; 1 Rois 11:26.


ÉPICURIENS,
Actes 17:18. Secte philosophique bien connue, et dont la sensualité avait pris pour règles les quatre canons suivants:

  1. Recherchez la volupté qui n'est accompagnée d'aucun déplaisir;

  2. fuyez tout déplaisir qui n'est accompagné d'aucune jouissance;

  3. fuyez toute volupté qui en empêche une plus grande, ou qui engendre un plus grand déplaisir;

  4. recherchez tout déplaisir qui en évite un plus grand, ou qui engendre une plus grande volupté.

— Épicure, du reste, n'attachait au mot volupté que le sens général de repos, et quelquefois même il y joignait celui de devoir accompli. Son Dieu, car Épicure en avait pris un pour se soustraire à l'accusation d'athéisme, n'était pas une providence: c'était un être d'une félicité, d'un repos, d'une insouciance, d'une inutilité sans bornes, et complètement incapable de gêner qui que ce fût. L'âme de l'homme était corporelle pour ces philosophes, et cessait d'exister en même temps que le corps.

— Cette doctrine, qui changea peu, et à laquelle on ajouta peu, car elle était parfaite une fois le genre admis et le principe accepté, se répandit dans tout le monde, gagna des sectateurs, et se trouvait solidement établie à Athènes et à Rome, comme ailleurs, lors de la venue de Jésus-Christ.


ÉPINES.
Les plantes ou buissons épineux, et les épines de divers genres sont si nombreux en Orient, que l'hébreu ne comptait pas moins de seize mots pour les désigner, plus ou moins synonymes, mais exprimant sans doute aussi diverses nuances du genre, quoiqu'il ne nous soit guère possible maintenant de les déterminer d'une manière exacte,

— Voir: Winer, Realw., et les dictionnaires.

L'agriculture avait de la peine à lutter contre la multitude et la ténacité de ces plantes inhospitalières, Genèse 3:18; Jérémie 42:13; Job 31:40; Matthieu 13:7; Hébreux 6:8, et souvent on prenait le parti d'y mettre le feu avant le labour, soit pour les exterminer d'une manière plus expéditive, soit pour fournir à la terre un engrais, Ésaïe 10:17; mais la racine restait toujours dans le sol.

— Quant aux épines de la couronne de Jésus,

— Voir: Couronne.


ÉPOUX, épouse.
Les rapports conjugaux ont toujours été chez le peuple de Dieu, avant et après Moïse, bien différents de ce qu'ils étaient chez les autres peuples de l'Orient. Si la polygamie existait sans être formellement défendue, elle ne constituait pas cependant une vie de harem, ni l'esclavage pour les femmes. Le mari avait les garanties qu'il pouvait désirer quant à leur fidélité; mais les femmes avaient les leurs pour elles et pour leurs enfants. Elles ne pouvaient être répudiées si, avant le mariage, leur époux avait déjà habité avec elles, ou si, après, il les avait calomniées, Deutéronome 22:19,29; il est assez probable aussi qu'elles ne pouvaient être renvoyées étant enceintes. Quelquefois, en Orient, les préférences entre les femmes en amenaient entre leurs enfants; la loi de Moïse ne le permettait pas; elle rendait inamovible le droit de primogéniture, et ne permettait pas qu'un père élevât le fils d'une mère préférée au détriment de l'aîné, Deutéronome 21:15-17.

— Voir: Femmes, Mariage, etc.


ÉPREUVES judiciaires.
Ces moyens, imaginés par l'ignorance et la superstition pour découvrir la vérité dans les cas douteux, ont joué un grand rôle chez les peuples et dans les siècles barbares. On les appelait jugements de Dieu, et toujours ils étaient ordonnés de manière à ce qu'un miracle fût nécessaire pour sauver l'innocent, car le prévenu était censé coupable jusqu'après l'épreuve. L'eau froide, l'eau bouillante, le fer rouge, certaines boissons, des sauts dangereux, étaient les moyens le plus ordinairement employés; quelques-uns étaient connus déjà de l'antiquité la plus reculée (Sophocle, Antig. 264). Les Juifs n'avaient de cérémonie pareille que pour un seul cas, et encore l'épreuve était-elle en elle-même innocente, redoutable seulement pour la femme adultère,

— Voir: Eau de jalousie.

— On peut trouver dans le Dictionnaire historique des cultes, des détails curieux sur les épreuves admises chez les différents peuples.


ER,
un des ancêtres de Marie, Luc 3:28. Inconnu.


ÉRASTE,
disciple que saint Paul envoya d'Éphèse en Macédoine, avec Timothée, Actes 19:22, pour préparer les aumônes des fidèles. On peut supposer qu'il accompagna longtemps l'apôtre dans ses voyages, et c'est le même sans doute que l'on retrouve, 2 Timothée 4:20, demeurant à Corinthe, éloigné de Paul qui le regrette. Il était ou avait été trésorier, Romains 16:23 (si toutefois ce ne sont pas deux personnages différents, comme Winer le suppose), et aurait donné sa démission de sa charge en se décidant à suivre l'apôtre. Il était apparemment de Corinthe, ainsi que l'indiquent et le passage de Timothée, et celui des Romains, «le procureur de la ville» celle d'où écrivait saint Paul, et qui était selon toute probabilité Corinthe.


ÉREC,
Genèse 10:10. Une des villes bâties par Nimrod; il y a deux opinions:

  1. Bochart pense que c'est Arecca, dont parlent Ptolémée et Ammien Marcellin, située sur les bords du Tigre, entre la Susiane et Babylone, opinion que Winer (Realw.) trouve plus probable à cause de la place qu'occupent les Arkéviens, Esdras 4:9.

  2. Ce serait Édesse, d'après le témoignage positif de Jérôme, d'Éphrem et de quelques rabbins.


ÉSAÏE.
  1. Lévite, Esdras 8:19;

    — Voir: Sérébia.

  2. Prophète hébreu, fils d'Amots. On n'a que fort peu de notices positives sur sa vie et sur sa personne. Son nom signifie aide de Dieu. D'après un» tradition, son père aurait été frère du roi Amatsia, et lui-même aurait été de la famille royale. Plusieurs circonstances nous font croire qu'il avait reçu, dans sa jeunesse, une éducation distinguée; son style orné et majestueux, qui décèle une grande étendue de connaissances, et ses relations avec la cour viennent à l'appui de la tradition. Il commença les fonctions de prophète vers la fin du règne d'Hosias, probablement la dernière année de ce roi, si, comme on peut le croire, le chapitre 6 indique la consécration d'Ésaïe; et il les poursuivit sous les règnes de Jotham, d'Achaz et d'Ézéchias. Il paraît même, d'après 2 Chroniques 32:32, qu'il a survécu à ce dernier, et, selon une tradition des Juifs et de l'ancienne Église chrétienne, if aurait vécu jusqu'à l'époque de Manassé, qui l'aurait fait mettre à mort. Il aurait donc fourni une carrière prophétique de plus de soixante ans (mort d'Hosias 759, avènement de Manassé 698 ou 97), et aurait atteint un âge fort avancé, au moins quatre-vingt-dix ans; la tradition même lui en donne cent vingt, et porte qu'il aurait été scié en deux par les ordres de Manassé; le passage Hébreux 11:37; semble se rapporter à cette tradition et la confirmer. Ésaïe demeura toujours à Jérusalem, où il était marié, et où il avait au moins deux enfants, Ésaïe 7:3; 8:3-4.Il est encore nommé comme auteur de deux ouvrages historiques, l'un sur Hozias, l'autre sur Ézéchias, 2 Chroniques 26:22; 32:32.

La mission de ce prophète s'explique par l'histoire des règnes sous lesquels il vécut. Il devait surtout combattre le formalisme et l'hypocrisie, insister sur le sens spirituel de la loi, annoncer les terribles jugements que le peuple s'attirerait par son impénitence; mais aussi consoler et encourager le résidu fidèle par les promesses d'un meilleur avenir, et tout particulièrement diriger leurs regards vers le Sauveur qu'il annonce à la fois comme docteur, comme victime expiatoire, et comme roi. Ses prédictions messianiques ont une si grande clarté qu'on a nommé quelquefois ce livre un cinquième Évangile; le Nouveau Testament l'appelle le prophète par excellence (à δ προφήτης), et le cite très souvent. Et déjà chez les Juifs il jouissait d'un grand crédit; les prophètes suivants, en particulier Jérémie, s'appuient constamment sur lui.

Voici un sommaire de son contenu:

Ch. 1-12; prophéties contre Juda.

Ch. 13-23; prophéties contre des peu-pies étrangers, à l'exception du chapitre 22.

Ch. 24-35; prophéties contre Juda (promulguées probablement du temps d'Ézéchias).

Ch. 36-39; narration des principaux événements du règne d'Ézéchias, presque identique avec 2 Rois 18-20.

Ch. 40-66. Cette seconde partie du livre a été probablement composée vers la fin de la carrière d'Ésaïe, sous le règne de Manassé. Le prophète se transporte par la pensée jusqu'aux temps de l'exil; et sur ce terrain idéal il annonce la délivrance de la captivité de Babylone, et désigne même deux siècles d'avance, par son nom, le prince qui en sera l'instrument. Mais en même temps il porte ses regards sur une délivrance bien plus importante encore, sur la rédemption spirituelle, sur lé Messie; et, par cela même qu'ils sont très analogues, ces deux sujets apparaissent tour à tour sur le premier plan, ou semblent quelquefois se confondre l'un avec l'autre.

L'authenticité de cette dernière partie a été fortement attaquée par les rationalistes, qui sentaient combien des prophéties aussi claires, aussi détaillées, pouvaient fournir d'armes contre eux. Ils ont présenté leurs doutes sous différentes formes. L'hypothèse qui paraît réunir le plus d'opinions est celle de De Wette et de Gesenius, qui pensent que ces vingt-sept derniers chapitres ont été composés du temps de l'exil. Mais ce système a été abondamment réfuté par Jahn, Mœller Kleinert, Hengstenberg (Christologie), Hævernick, etc.

Contre l'authenticité on allègue:
  1. que l'auteur semble avoir vécu dans le temps de la captivité, puisqu'il la suppose constamment; pour lui Jérusalem est détruite, la Judée désolée, le peuple de Dieu rejeté. Mais il est très ordinaire que les prophètes se transportent dans l'avenir et le décrivent comme s'ils l'avaient sous les yeux. C'est ce que font Moïse, Deutéronome 32, Joël 1:2:15, et Ésaïe lui-même plus d'une fois dans la partie du recueil qu'on ne lui conteste pas, par exemple à l'égard de Tyr, chapitre 23,

  2. On dit qu'avant d'annoncer le retour de l'exil, il aurait dû annoncer l'exil lui-même; mais c'est ce qu'il a fait, 5:6,11; sq., et surtout au chapitre 39, avec lequel toute la dernière partie est intimement liée.

  3. On fait remarquer que le style de ces derniers chapitres est assez différent de celui des trente-neuf premiers, plus ample, plus diffus. Mais ces nuances s'expliquent facilement par l'âge plus avancé de l'auteur, par la différence des sujets, etc.

  4. On a prétendu encore relever un certain nombre de chaldaïsmes. Cet argument a été réfuté par les plus habiles connaisseurs de la langue hébraïque, Ewald par exemple, qui ne saurait être suspect en pareille matière.

  5. On a même soutenu que la désignation de Cyrus par son nom est un fait sans analogie chez les prophètes. Mais cette assertion est facile à réfuter; nous ne citerons que 1 Rois 13:2, où le roi Josias est annoncé par son nom trois siècles à l'avance.

Remarquons encore en terminant, que c'est précisément de ces vingt-sept derniers chapitres contestés par une science incrédule, que le Nouveau Testament cite le plus grand nombre de passages, en les attribuant clairement à Ésaïe.

Les commentaires les plus utiles à consulter pour l'étude de ce prophète sont celui de Calvin, celui de Gesenius qu'il ne faut lire qu'avec précaution, ceux d'Umbreit et de Hitzig, et la Christologie de Hengstenberg.


ÉSAR-HADDON,
roi d'Assyrie, fils et successeur de Sennachérib, Ésaïe 37:38; 2 Rois 19:37; Esdras 4:2, indiqué encore, sans être nommé, 2 Rois 47:24, que Calmet et d'autres veulent voir aussi désigné sous le nom de Sargon, Ésaïe 20:1, mais à tort. Il commença de régner l'an 681 avant J.-C., et occupa le trône pendant vingt-neuf ans. Il lit transporter dans les contrées désolées de la Samarie, privée de ses habitants en exil, des colonies de gens de Babel, de Cuth, et d'autres villes babyloniennes; ces colonies ayant beaucoup à lutter dans leurs premiers travaux d'établissement contre les bêtes féroces, qui s'étaient d'abord emparées de ces lieux, crurent que les dieux de ces localités ne leur étaient pas favorables parce qu'elles ne connaissaient pas la manière de les adorer, et sur leur demande, Ésar-Haddon leur envoya un des sacrificateurs exilés; mais cette expédition ecclésiastique fut sans résultat réel, et le prêtre en fut pour ses leçons de religion: les colons apprirent bien la foi juive, mais ils n'en continuèrent pas moins de se faire leurs dieux, qui Nergal, qui Asima, qui Tartac; ce fut le commencement de la religion des Samaritains, q.v.

— C'est probablement encore Ésar-Haddon qui fit la guerre à Manassé et l'emmena captif à Babylone, chargé de doubles chaînes, 2 Chroniques 33:11-12.

— Quelques-uns pensent que c'est lui qui est connu dans l'histoire profane sous le nom de Sardanapale; mais,

— Voir: Pul.


ÉSAÜ ou Édom,
premier-né d'Isaac et de Rébecca, Genèse 25:25, fut un homme des champs, s'adonnant au labourage et aux travaux de la chasse. Au retour d'une de ses violentes excursions, accablé de fatigue et dévoré par la faim, il parla légèrement de ses lèvres, et céda son droit d'aînesse pour un plat de lentilles, tombant par son impétuosité dans les filets d'une mère et d'un frère dont il eût dû se méfier. Il oublia bientôt cette imprudence; il en fit une autre en épousant deux Cananéennes (Héthiennes), Genèse 26:34; 36:1,

— Voir: Élon.,

et se compromit lui-même gravement par cette infidélité, compromettant en même temps la paix de la famille patriarcale. Puis son père étant devenu vieux, et voulant donner sa bénédiction au fils aîné qu il chérissait, Genèse 27:1, Jacob l'enfant de la ruse le supplanta par un habile déguisement, et accomplit par un péché les plans éternels de la Providence: Ésaü ne reçut que les restes de la bénédiction paternelle, la promesse d'une nombreuse postérité, puissante, belliqueuse et riche, mais parfois soumise à celle de l'aîné béni. Justement indigné, Ésaü croyait pouvoir se faire justice à lui-même, et ne cachait pas son intention de tuer son frère après la mort d'Isaac; mais Jacob ayant disparu d'après les conseils de sa mère, Ésaü, espérant de rentrer dans la faveur paternelle, et peut-être dans celle de Dieu, par une alliance avec la famille d'Abraham, épousa une fille d'Ismaël; ce fut en vain; lorsque le cœur n'est pas sain, l'esprit ne peut l'être non plus. La famille d'Ismaël n'appartenait pas à la promesse, et ne fit venir aucune bénédiction sur celui que l'Éternel avait rejeté hors du peuple qui devait être le dépositaire de la vérité, Malachie 1:2; Hébreux 12:16. Les années s'écoulèrent, la haine s'éteignit dans le cœur d'Ésaü, et lorsque Jacob revint de la Caldée, dans l'entrevue qui eut lieu entre l'usurpateur et la victime, Genèse 32, Ésaü se montra bien au-dessus de son frère par la chaleur de son affection, la noblesse de sa conduite, et son oubli du passé; car, évidemment, tout ce que Jacob pouvait lui offrir n'était rien en comparaison de la bénédiction dont il l'avait dépouillé. Les deux frères se revirent encore une fois à la mort de leur père, Genèse 35:29. Ésaü continua d'habiter au pays de Séhir, dont Dieu avait assuré la possession à sa postérité, Deutéronome 2:5. On ne sait rien sur sa mort.

Le nom d'Ésaü signifie velu (comme un manteau de poil), Genèse 25:25, et lui fut donné à sa naissance; celui d'Édom signifie roux, et lui fut donné peut-être aussi à sa naissance, à cause de la couleur de son poil, mais plus probablement à cause du plat de lentilles, Genèse 23:30. Ces deux noms sont employés l'un et l'autre pour désigner les tribus iduméennes et la contrée qu'habitèrent les descendants d'Ésaü, mais ce dernier s'emploie surtout dans les livres prophétiques, Jérémie 49:8,10; Abdias 6,8,9,19.

Pour les trois femmes d'Ésaü,

— Voir: Genèse 26:34; 28:9; cf. 36:2; sq..

Il existe une tradition assez singulière sur la descendance d'Ésaü, et qui excite fortement l'indignation du père Calmet, c'est qu'Ésaü aurait eu un fils nommé Roum, duquel serait descendu Romulus et les rois de Rome; voici du reste ce qu'il dit: «C'est une tradition commune à toutes les nations du Levant qui ont quelque connaissance des livres sacrés, que du temps d'Habdon, juge des Hébreux, une colonie d'Iduméens passa en Italie où elle s'établit, que Latinus régna parmi eux, et que Romulus fondateur de Rome tirait d'eux son origine. Tout cela est une fable mal inventée par les Juifs pour faire tomber contre les chrétiens (de Rome) tout ce qui est dit dans l'Écriture contre l'Idumée, et les Iduméens. Les plus fameux rabbins soutiennent opiniâtrement cette impertinente tradition. Le Talmud appelle l'Italie et Rome «le cruel empire d'Édom;» Édom signifie roux; les empereurs romains étaient vêtus de rouge; les cardinaux portent encore la même couleur. Les belles raisons!»

— Nous comprenons l'indignation de Calmet, toutefois il ne nous paraît pas que l'interprétation de toute les nations du Levant, appuyée de celle de tous les interprètes juifs et d'un fort grand nombre d'interprètes chrétiens, doive être rejetée entièrement. Les Édomites sont dans leur origine, comme dans leur histoire, un type frappant des nations anti-chrétiennes qui touchent au peuple de Dieu, qui sont à même de connaître la vérité, qui sont placées, pour ainsi dire, sur les frontières de la terre sainte, et qui cependant n'emploient les avantages spirituels qui leur sont accordés, que d'une manière égoïste et perverse, se mettant en opposition directe avec le vrai peuple de Dieu. Le passage, Ésaïe 63:1-2, n'a certainement pas été indifférent à la tradition qui s'est formée; la solennité des menaces contenues Ésaïe 34, et la grandeur des promesses Ésaïe 35, montrent qu'il s'agit de bien autre chose que de la simple chute d'Édom, et l'Apocalypse, en parlant de Babylone et de la bête, emprunte les images employées par Ésaü parlant d'Édom, 34 et 63,. Saint Jean paraît même avoir en vue le nom et la signification d'Édom en donnant la description de la Rome anti-chrétienne: le dragon est rouge, Apocalypse 12:3; la femme est ivre du sang des saints, habillée de rouge, assise sur une bête rouge, 17:3-4,6; cf. 14:20; Ésaïe 34:3; 63:1.

— Apocalypse 19:3; Ésaïe 34:10; Apocalypse 19:13,15; Ésaïe 63:1-2; Apocalypse 19:18; Ésaïe 34:6-7; L'ancienne tradition nous paraît ainsi fondée en elle-même, c'est-à-dire que les passages relatifs aux iniquités commises par la postérité d'Ésaü, et les menaces prononcées contre ce pays, se rapportent en première ligne à Édom, mais d'une manière beaucoup plus générale aux peuples anti-chrétiens qui, portant le nom du Père des croyants, retiennent la vérité captive sous le boisseau, et aiment à s'enivrer de sang.


ESBAHAL,
1 Chroniques 8:33; 9:39, le même que Is-Boseth, q.v.


ESCARBOUCLE
(nophek), Exode 28:18; 39:11; Ézéchiel 28:13; 27:16. Les anciens désignaient sous ce nom plusieurs pierres précieuses d'un rouge extrêmement vif comme des charbons ardents, le grenat et le rubis, surtout le rubis des Indes; l'escarboucle est moins dure que le saphir et supporte comme lui la gravure. Le mot même d'escarboucle (carbunculus) indique la vivacité de son éclat. Elle occupait la quatrième place sur le pectoral, c'est-à-dire la première du second rang. En voyant ce que nous avons dit à l'article Émeraude on se convaincra de l'impossibilité où sont les savants d'arriver à quelque chose de bien clair sur plusieurs parties de l'histoire naturelle, puisque les uns font rouge ce que les autres font vert, et vice versa.


ESCARGOT, ou limaçon,
Psaumes 58:9. «Puisse-t-il s'en aller comme un escargot qui se fond», manière de parler reposant sur l'opinion populaire que la trace que l'escargot laisse après lui et qui doit lui faciliter la marche, le ruine et le consume.


ESCLAVE.
Il y avait chez les Hébreux deux classes d'esclaves, les indigènes et les étrangers; mais les uns et les autres étaient soumis à un régime bien plus doux que les esclaves des Orientaux et des modernes en général; on peut même dire que l'esclavage n'était qu'une espèce de domesticité à long bail, et Moïse dans sa législation paraît avoir eu en vue une transaction entre l'esclavage et le principe de la liberté individuelle; s'il reconnaît, d'un côté, que l'esclave appartient au maître, «car c'est son argent» Exode 21:21, de l'autre, il limite par de nombreuses restrictions les droits du maître, et donne à l'esclave ses droits et ses garanties.

L'esclave étranger, fait prisonnier de guerre, acheté à prix d'argent, ou né dans la maison, Nombres 31:26; Genèse 17:23; Lévitique 25:44, devait être naturalisé et circoncis; il était tenu à toutes les ordonnances cérémonielles: enlevé à sa patrie sans espoir de retour, il devait adopter en entier l'esprit et les affections, comme les obligations de sa nouvelle patrie. La captive que les chances de la guerre avaient mise au pouvoir d'un Hébreu, pouvait devenir son épouse ou celle de son fils; mais un mois lui était donné pour pleurer son père et sa mère, Deutéronome 21:10-13. Si son jeune maître venait à se marier, elle ne devait rien perdre de ses avantages, en aliments, vêtements et cohabitation; si même elle cessait de plaire, et que son maître n'eût plus d'égards pour elle, elle devenait libre aussitôt, et sortait sans rançon. Les femmes esclaves ne pouvaient jamais être renvoyées étant enceintes,

— Voir: Concubines.

Les Hébreux pouvaient devenir esclaves de diverses manières:

  1. en cas d'extrême misère, ils pouvaient aliéner leur liberté, Lévitique 25:39;

  2. les enfants pouvaient être vendus par leurs parents, Exode 21:7;

  3. les débiteurs insolvables étaient vendus à leurs créanciers, 2 Rois 4:1; Ésaïe 50:1; Néhémie 5:5; Matthieu 18:25;

  4. les voleurs, en cas de non restitution, devenaient la propriété de celui qu'ils avaient volé, Exode 22:3;

  5. quelquefois ils devenaient prisonniers à la suite de guerres intérieures;

  6. ou bien ils étaient volés et vendus comme le fut Joseph;

  7. enfin, rachetés d'un païen par un Hébreu, ils pouvaient être revendus par celui-ci à un autre Hébreu.

Dans tous les cas, la loi leur accordait une telle protection, qu'après six ans de service au plus, ils recouvraient leur liberté dans l'année sabbatique, et ils ne devaient point être renvoyés à vide, Deutéronome 15:13-14. Mais si l'esclave, incapable de profiter de sa liberté, ou satisfait de son maître, refusait son affranchissement, son maître le conduisait devant les juges, et lui perçait l'oreille avec une alêne, Exode 21:6; Deutéronome 15:17; dès lors son affranchissement définitif ne pouvait plus avoir lieu qu'en l'année du jubilé, Lévitique 25:41; Jérémie 34:8. Le droit d'affranchissement n'emportait pas pour l'esclave le droit d'emmener avec lui sa femme, s'il l'avait épousée parmi les esclaves de son maître, ni les enfants qu'il pouvait en avoir eus. Pendant toute la durée de la servitude les esclaves avaient droit, comme leurs maîtres, au repos du septième jour. Exode 20:10.

L'esclave pouvait être puni et même battu pour négligence ou désobéissance; mais des limites étaient posées pour le protéger contre la brutalité d'un maître violent ou barbare. Si l'esclave périssait sous les coups, ou qu'il mourût dans la journée, le maître était puni comme meurtrier (on ne sait de quelle peine, et si c'était la mort); si l'esclave était estropié, qu'il perdît un de ses membres, ne fût-ce qu'une dent, il obtenait la liberté, qui était une peine pour son maître, une compensation pour lui. Mais s'il ne mourait que quelques jours après les mauvais traitements de son maître, la loi ne sévissait plus, et le maître était regardé comme suffisamment puni par la perte même de son esclave, Exode 21:20-27, qui équivalait, par la valeur de celui-ci, à une amende de trente sicles d'argent en moyenne, Exode 21:32; cf. Lévitique 27:3; Matthieu 26:15.

Quelques faits prouveront encore combien la position de l'esclave était douce sous la loi de Moïse:

  1. il avait le droit de faire des économies, et jouissait des fruits de la terre en l'année sabbatique, comme il avait sa place marquée aux festins d'actions de grâce, Exode 20:10; Lévitique 25:6; Deutéronome 12:18; 16:11; il était libre au point de pouvoir lui-même avoir des esclaves, 2 Samuel 9:10;

  2. il travaillait avec ses maîtres, il avait même avec eux des rapports de peine et de fatigue qui devaient disposer ceux-ci à le traiter en ami plutôt qu'en mercenaire, en homme plutôt qu'en objet;

  3. il travaillait un sol destiné à produire des objets de première nécessité qui devaient servir à la consommation, et non point au commerce; or, il est facile de comprendre comment ils devaient être mieux traités et mieux nourris que s'ils eussent été de simples instruments producteurs, à l'alimentation desquels le maître eût du pourvoir par des dépenses effectives, par l'achat de rations.

On peut consulter sur cette partie si compliquée de la législation des Hébreux, et sur l'esprit de concessions qui y a présidé, Cellérier, Lég. Mos. 1, 284; 2, 147, et ailleurs.


ESCOL.
  1. Un des alliés d'Abraham dans son expédition contre Kédor Lahomer, Genèse 14:13.

    — Voir: Mamré;

  2. vallée d'Escol (du raisin), d'où les espions israélites emportèrent un sarment avec sa grappe, qu'ils étaient deux à porter, Nombres 13:24; 32:9; Deutéronome 1:24. Le torrent qui la traversait était, selon les uns, le Sorek, selon d'autres une rivière distincte qui se jette dans la mer près d'Askélon: Winer pense que le torrent d'Escol ne pouvait se jeter que dans la mer Morte.

    — Saint Jérôme parle d'une ville de ce nom.


ESDRAS
(secours), scribe, 7:6,11, qui en sa qualité de descendant du sacrificateur Séraja, 7:1, dont il est parlé 2 Rois 25:18, était aussi sacrificateur, se trouvait à la tête de la seconde colonie qui revint en Judée, la septième année du règne d'Artaxercès, roi de Perse, 7:8. Par zèle pour la gloire de Dieu et par amour pour son peuple, il travailla pendant de longues années à la restauration temporelle et spirituelle du peuple et de la nationalité juive, d'abord seul, puis conjointement avec Néhémie. C'est lui qui est l'auteur du livre qui se trouve sous son nom dans l'Ancien Testament; mais les 3e et 4e livres d'Esdras qui sont parmi les Apocryphes, sont d'une époque de beaucoup postérieure. Il paraît aussi à peu près certain que c'est lui qui a formé la collection définitive des livres sacrés, et ainsi fixé le canon de l'Ancien Testament (— Voir: Hævernick, Mél. de Théol. réf., 174-185). La Bible ne nous apprend rien sur le temps et le lieu de sa mort, mais Flavius Josèphe nous dit (Antiquités Judaïques 11, 5, 5) qu'il atteignit un âge fort avancé, et qu'il fut enseveli à Jérusalem. Son livre se compose de douze parties principales. Les six premiers chapitres contiennent le récit d'événements qui s'étaient passés avant son retour en Judée, pendant un espace d'environ vingt ans, depuis le commencement du règne de Cyrus, jusqu'à la sixième année de celui de Darius, fils d'Hystaspe; parmi ces événements, le retour de la première colonie sous Zorobabel, et la construction du nouveau temple, occupent la principale place. Une partie considérable de ce morceau (4:8—6:18) est écrite en caldéen, probablement parce que Esdras a rédigé sa narration en Caldée, et d'après des documents écrits par quelque témoin oculaire. Dans les quatre derniers chapitres il raconte les événements postérieurs à son retour. Mais entre les deux parties il y a une lacune de quarante-sept ans, dont trente appartiennent au règne de Darius, onze à celui de Xercès, et six à celui d'Artaxercès.


ESPAGNE.
L'antiquité comprenait sous ce nom la péninsule des Pyrénées toute entière, qui renferme maintenant l'Espagne et le Portugal. Au temps de saint Paul elle était province romaine, et comptait un grand nombre de Juifs parmi ses habitants, ce qui avait donné à l'apôtre la pensée d'y aller faire un voyage missionnaire: il paraît peu probable qu'il ait exécuté ce projet, du moins aucun des auteurs des trois premiers siècles n'en fait-il mention,

— Voir: Paul.

— Des mines de fer, de plomb, d'or et d'argent constituaient la plus grande richesse de cette presqu'île.

— Voir: Sépharad et Tarsis.


ESROM,
Matthieu 1:3; Luc 3:33, fils de Phares et petit-fils de Juda, né, par conséquent, pendant le séjour en Égypte. Il est appelé Hetsron, Ruth 4:18; 1 Chroniques 2:5-9. Du reste inconnu.


ESTAOL,
Josué 13:33; 19:41, ville de la tribu de Dan non loin de laquelle Samson, fort jeune encore, eut la première impression de la mission à laquelle il était appelé; c'est aussi près de là qu'il fut enseveli, Juges 13:25; 16:31. Les Estaoliens sont encore nommés 1 Chroniques 2:53.


ESTER,
jeune fille israélite de la tribu de Benjamin, fut, dans la main de la providence, un instrument pour sauver d'une complète destruction une grande partie de ceux de ses compatriotes qui, au lieu de retourner en Judée après la captivité de Babylone, étaient restés en Perse. Sa beauté fit tomber sur elle le choix du roi Assuérus, q.v. Elle devint son épouse, et lorsque les Juifs du royaume furent sur le point d'être sacrifiés à la vengeance de l'orgueilleux Haman, elle s'exposa pour eux de la manière la plus généreuse: elle profita de sa haute position pour intercéder en leur faveur, quoiqu'elle sût bien que sa démarche pouvait lui coûter le trône et même la vie. La conduite d'Ester, en cette circonstance, est un beau commentaire de 1 Jean 3:16.

— C'est le récit de cette délivrance remarquable qui forme le sujet du livre de l'Ancien Testament qui porte le nom de l'héroïne, et le souvenir en fut consacré chez les Israélites par la fête de Purim, q.v.

Les détails que nous trouvons dans le livre d'Ester sur les mœurs, les lois, la constitution du royaume de Perse, sont confirmés par les historiens profanes; ainsi nous lisons, 2:18, qu'Assuérus diminua les impôts à l'occasion de son mariage, et Hérodote (3:66) nous apprend que c'était, on effet, un usage des rois de Perse en de semblables occasions. Nous voyons, 4:11; 5:2, que toute personne qui paraissait devant le roi sans y être appelée, était punie de mort, à moins que le roi n'étendît vers elle son sceptre d'or en signe de pardon, et Hérodote confirme ce fait, 1, 99, etc. L'ouvrage de Brisson, De regio Persarum principatu, fournit matière à beaucoup de rapprochements semblables; et le grand historien Heeren a été tellement frappé du caractère de vérité empreint sur les pages du livre d'Ester, qu'il le considère comme l'une des principales sources pour l'histoire de ce temps (Ideen I, p. 65). La fête de Purim, qui est mentionnée 2 Maccabées 15:37, est encore un témoignage vivant de la crédibilité de ce récit; car il fallait de bien puissants motifs pour engager les Juifs à ajouter une nouvelle fête nationale à celles qui étaient instituées par le Pentateuque.

Quelques auteurs, et même des chrétiens, ont remarqué avec étonnement l'absence complète du nom de Dieu dans ce livre; mais cette circonstance s'explique si, comme cela est très probable, l'ouvrage a été composé d'après des matériaux tirés des annales du royaume de Perse. D'ailleurs, si le nom de Dieu n'y paraît pas, l'action de la providence y est tellement sensible d'un bout à l'autre, on y voit avec tant d'évidence que tous les événements sont disposés par la souveraine sagesse, et que ce que les hommes appelleraient hasard, circonstance fortuite, sont les moyens que Dieu a choisis, qu'on pourrait dire que ce livre lui-même est un nom perpétuel de Dieu; c'est le livre de la justice distributive par excellence; on pourrait lui donner pour épigraphe, 2 Pierre 2:9: «Le Seigneur sait délivrer de la tentation ceux qui l'honorent, et réserver les injustes pour être punis au jour du jugement.»

— L'auteur est inconnu, mais l'on a supposé avec beaucoup de vraisemblance que ce pouvait être Mardochée lui-même, le parent et tuteur d'Ester.


ÉTAIN
(b'dil), Nombres 31:22; Ésaïe 1:25; Ézéchiel 22:18,20; 27:12, métal bien connu, plus dur que le plomb. Son alliage avec d'autres métaux plus précieux leur est préjudiciable, non seulement sous le rapport de la beauté, mais surtout pour la solidité, et les rend excessivement cassants. L'argent paraît souffrir particulièrement de cet alliage, et c'est dans ce sens que l'on peut comprendre le passage cité d'Ésaïe; au verset 22, le peuple juif est comparé à de l'argent, au verset 25 il est dit: «Je t'ôterai tout ton étain», ce qui signifie: je te délivrerai de tout ce qui t'est nuisible. D'autres ont entendu ce verset différemment, et traduisent étain par matières impures, alliage, sans la nuance que nous avons indiquée: les deux sens reviennent au même, mais le premier présente une figure plus riche, comme il est aussi plus conforme à la langue: il se paraphraserait: «Je purifierai d'entre les Juifs tous ceux qui pourront être purifiés, je détruirai les incorrigibles dont la présence pourrait t'être en scandale.»

— D'après Ézéchiel 27:12. Tarsis faisait un grand commerce d'étain; Pline, Diodore de Sicile et d'autres auteurs disent la même chose de l'ancienne Espagne, où il faut, selon Bochart, chercher la Tarsis de la Bible.


ÉTANGS, ou réservoirs
ou réservoirs destinés à recevoir et à conserver l'eau de pluie ou de source. Il y en avait dans le voisinage de plusieurs villes Israélites, et l'on trouve encore les restes de plusieurs de ces bassins, avec leurs murs et leurs degrés, à Hesbon, Hébron, Samarie, 2 Samuel 4:12; 1 Rois 22:38; Cantique 7:4; et ailleurs. Il est parlé encore de l'étang de Gabaon, 2 Samuel 2:13. La ville de Jérusalem en possédait seule un assez grand nombre, soit dans l'intérieur de ses murailles, soit en dehors:

  1. Le lavoir de Béthesda, q.v.

  2. L'étang du roi Ézéchias, 2 Rois 20:20, grand bassin destiné à alimenter un aqueduc qui arrivait jusque dans la ville; il recevait peut-être lui-même les eaux du Guihon, 2 Chroniques 32:30; 33:14, qu'Ézéchias détourna de leur cours primitif pour les diriger vers l'occident, et selon quelques-uns par un canal souterrain. La tradition en montre encore les restes au nord-ouest du mont de Sion et de l'ancienne ville supérieure.

  3. L'étang du roi, prés de la porte de la fontaine, au sud-ouest, Néhémie 2:14, et le réservoir de Siloé, paraissent avoir servi à arroser les jardins royaux,

    — Voir: Siloé.

  4. L'étang d'en haut, et l'étang d'en bas. L'étang supérieur était non loin du chemin qui conduisait au champ du Foulon, Ésaïe 7:3; 36:2; 2 Rois 18:17; l'on pense généralement que c'est le même qui porte, Ésaïe 22:11, le nom de vieux étang, et qui est opposé à l'étang d'en bas, verset 9; si c'est le même en effet, sa place sera à peu près déterminée par ce qui est dit, verset 11, de sa position entre les deux murailles; elles se trouvaient d'après 2 Rois 25:4; Jérémie 39:4, près des jardins du roi; et ceux-ci, d'après Néhémie 3:15, au pied occidental de la montagne de Sion, vers les degrés qui descendent de la cité de David.

— Hitzig combat cette opinion; il cherche l'étang supérieur au nord de la ville, qui était plus exposé aux attaques de l'ennemi, et qui n'était pas fort éloigné du champ du Foulon, q.v., deux circonstances qui concordent bien avec ce que dit Ésaïe; on en aurait la trace dans un bassin encore existant, de 150 pieds de longueur et large de 40, au nord de Jérusalem; mais la démonstration du commentateur est un peu trop laborieuse, et repose sur trop d'hypothèses pour qu'on puisse l'adopter. Il vaut mieux regarder l'étang du roi comme identique avec l'étang supérieur et avec l'étang de Salomon dont parle Flavius Josèphe.

— Cet historien nomme encore l'étang des moineaux, vis-à-vis la tour d'Antoine, celui des amandes, à l'est, et celui des serpents, au nord ou nord-ouest.

— Jérico avait aussi des réservoirs, au service de ses palais.


ÉTERNEL, éternité.
  1. Le nom hébreu par lequel l'Éternel est si souvent désigné dans l'Ancien Testament, est Jéhovah, Yehovah, celui qui est; une fois Eheyèh, celui qui suis, Exode 3:12,14; cf. Jean 8:58. Mais ce nom de Jéhovah n'est en quelque sorte qu'un nom de convention, les véritables voyelles qui doivent en accompagner les consonnes ayant été perdues de bonne heure, à ce que disent les Juifs, et les prêtres les ayant remplacées par les voyelles du nom de Adonaï, Seigneur. Les quatre lettres subsistent seules incontestées, IHVH, et encore la première et la troisième sont-elles, en hébreu, beaucoup plus vagues que chez nous, le I ni le V ne pouvant être prononcés sans une voyelle. C'est le ίερον τετραγράμματον les saintes quatre lettres du nom essentiel et incommunicable de Dieu. Les Juifs disent, que comme il est impossible de «voir Dieu et vivre», celui qui réussirait à prononcer le vrai nom de l'Éternel, mourrait sur le champ, et que ce nom ne sera révélé que lorsque l'Éternel lui-même se manifestera au monde, à la dernière crise.

    — Quant à la signification de ce nom et à ses rapports avec le nom plus personnel d'Élohim,

    — Voir: ce qui a été dit à l'article Genèse.

  2. Le mot éternité, et l'adjectif éternel (en hébreu holam, en grec αίών ou αίώνιος), représentent une idée absolue dans le passé comme dans l'avenir (æternitas a parte ante, et æternitas a parte post). Les termes grecs et hébreux ne sont cependant pas toujours pris dans un sens aussi absolu qu'ils le sont dans notre langue; ils peuvent signifier, et dans certains passages ils signifient positivement un espace de temps considérable, mais limité. La Bible ne connaît pas les termes abstraits, métaphysiques; il en est une foule que la théologie a pu, peut-être dû, inventer ou accepter. Il est nécessaire de se le rappeler pour ne pas abuser du mot éternel dans tous les passages où il est employé, mais on se tromperait si l'on croyait pouvoir tirer de cette réserve des inductions relatives à la non éternité des peines: les passages sur lesquels se fonde cette doctrine (— Voir: Enfer) ne renferment pas tous ce mot, et il ne constitue pas la force de ceux dans lesquels on le trouve. D'un autre côté, tout ce qui touche à l'infini échappe à notre conception s'il n'échappe pas à nos définitions, et c'est là peut-être que nous devons prendre la plus grande leçon de prudence. On pourra définir l'éternité, c'est même très facile, mais on ne pourra la concevoir; l'imagination peut accumuler les années, entasser les siècles, mettre à la suite les uns des autres autant de chiffres qu'elle voudra, elle n'atteindra que le fini, le temps, une portion infiniment petite de cette éternité que trop souvent elle aspire à comprendre, et dont elle croit disposer. La meilleure preuve de l'impossibilité où l'on est de se rendre compte de l'idée d'éternité, et de la facilité avec laquelle le relatif peut à cet égard remplacer l'absolu, c'est l'usage qu'on fait tous les jours dans la conversation ordinaire, des roots éternels, éternité: il y a une éternité qu'on ne vous a vu; c'est un éternel causeur. Si donc on a pu traduire αίών par siècle, Matthieu 12:32, et ailleurs, on peut traduire le mot par séculaire, aussi bien que par éternel, Matthieu 25:46, et ailleurs. L'expression même «à la fin des siècles» τά τέλη τών αίώνων, qui paraîtrait avoir une portée plus grande que le seul mot «les siècles», est employée, 1 Corinthiens 10:11, en parlant de l'époque apostolique, ou, dans un sens plus général, de l'économie évangélique.


ÉTHAM, ou Hétham.
  1. Troisième station des Israélites après leur sortie d'Égypte, maintenant Etti, Exode 13:20; Nombres 33:6.

  2. Hétham, rocher où se retira Samson après avoir brûlé les moissons des Philistins, Juges 15:8.

  3. 2 Chroniques 11:6; 1 Chroniques 4:3,32, ville de la tribu de Juda, célèbre par ses belles eaux et ses beaux jardins, à 60 stades de Jérusalem, vers le midi, dans une contrée riante et fertile. Roboam la fortifia.

— On trouve encore, à 20 ou 25 kilomètres de Jérusalem, de belles eaux avec les ruines d'un aqueduc qui les conduisait dans cette ville: on pense que c'est le même que Pilate fit construire (Flavius Josèphe, Guerre des Juifs 2, 13).


ÉTHAN, Héman, Calcol et Dardah,
  1. 1 Rois 4:31; 1 Chroniques 2:6, quatre frères, fils de Zara et de Mahol, petits-fils de Juda, jouissaient d'une telle réputation de sagesse que Salomon leur est comparé. Ils eurent un cinquième frère, Zizim selon les chroniques, Zabdi selon Josué 7:1, qui n'est pas nommé dans les Rois, sans doute parce qu'il n'était pas aussi célèbre que les quatre autres.

  2. Éthan, Ezrahite, Psaumes 89:1, ne doit pas être confondu avec Éthan, fils de Zara, qui est aussi nommé Ezrahite; c'est probablement le même que le fils de Kisi, Mérarite, nommé 1 Chroniques 6:44. On voit par Psaumes 89:39-40, qu'il a vécu longtemps après David, quoique avant la captivité; ce Psaume paraît se rapporter aux derniers temps du royaume de Juda. On a voulu à tort le confondre avec Jéduthun.


ÉTHANIM
(mois des fleuves abondants). Avant l'exil, les mois étaient souvent désignés par de simples chiffres, avant d'avoir reçu des noms définitifs; quelquefois, cependant, on les appelait du nom de leurs attributs. Ethanim en est un exemple. C'est dans ce mois qu'eut lieu la dédicace du temple de Salomon, 1 Rois 8:2. Plus tard il reçut le nom de Tisri.


ETHBAHAL,
1 Rois 16:31, roi des Sidoniens, beau-père d'Achab roi d'Israël (918-897 avant J.-C.). D'après Flavius Josèphe, il aurait été d'abord prêtre d'Astarté, et serait monté sur le trône de Tyr et de Sidon par le meurtre de Phéles (Sidon était alors tributaire de Tyr). Il régna trente-deux ans, et mourut âgé de soixante-huit ans.


ÉTHIOPIE,
Actes 8:27, contrée africaine qui dans les temps les plus anciens portait le nom de Cus, q.v., et qui comprend ce que nous appelons maintenant ï'Abyssinie, avec une partie assez considérable de la Nubie. Elle était bornée à l'est par l'Arabie et la mer des Indes, au sud par les contrées intérieures et presque inconnues de l'Afrique, à l'ouest par les déserts et la Lybie, au nord par les hauteurs de l'Égypte, depuis Syène environ. Pour la géographie de ce pays, on peut consulter le journal du missionnaire Gobât pendant son séjour en Abyssinie, source récente et sûre, pleine d'intérêt à tous égards. D'arides chaînes de montagnes, et des côtes sablonneuses, sont coupées par des contrées plus fertiles et arrosées de fleuves nombreux, Ésaïe 18:1, Sophonie 3:10. Le Nil y prend sa source, ainsi que l'Astaboras (maintenant Tacazza) qui s'y jette, et forme avant sa jonction une île considérable, qui était déjà peuplée fort anciennement par des hommes ayant un gouvernement à part.

— Voir: Séba.

— L'Éthiopie était, quant à sa population, le centre de peuples de mœurs et d'usages très divers, parmi lesquels se trouvaient plusieurs colonies égyptiennes: les côtes étaient habitées comme les montagnes par des chasseurs et des bergers; le Nil avait la pêche et le commerce, et Méroé expédiait en Égypte et en Arabie les produits du sol éthiopien, l'ébène, l'ivoire, l'encens, l'or, et grand nombre de pierres précieuses qui faisaient de ce pays un symbole personnifié de la richesse, Ésaïe 43:3; 45:14. Le commerce unit bientôt étroitement l'Égypte et l'Éthiopie, et les descendants de Cus, s'avançant vers le nord, peuplèrent une partie de la Haute Égypte, la cultivèrent en hommes libres, et finirent par changer de patrie en devenant tributaires et presque indigènes du pays où ils avaient émigré. C'est ainsi qu'on les voit, 2 Chroniques 12:2-3, marcher sous les ordres de Sisak, roi d'Égypte, sans doute le fameux Sésonchis de la vingt-deuxième dynastie. Ailleurs, c'est l'Égypte qui obéit à l'Éthiopie, sous les rois Sabacon, So et Tirhaca, pendant une quarantaine d'années, jusqu'à l'avènement de Psamméticus. C'est pendant cette période qu'eut lieu la conquête de Thèbes, Nahum 3:8.

— Voir: No.

Puis une partie de la caste des guerriers, mécontente, émigra d'Égypte en Éthiopie, s'y établit, et finit par devenir dominante.

— Pour 2 Chroniques 14:9,

— Voir: Zéraph.


ETHNARQUE,
2 Corinthiens 11:32, ou gouverneur, préfet militaire du roi arabe Arétas. Ce mot, qui signifie chef d'une nation, s'emploie toujours en parlant d'un employé supérieur, qui n'a de compte à rendre qu'au roi lui-même, auquel il est assujetti. C'est le nom que porte le grand prêtre Simon, prince vassal de la Syrie, 1 Maccabées 14:47; de même encore Archélaüs, fils d'Hérode le Grand, obtint d'Auguste, après la mort de son père, le titre d'ethnarque de l'Idumée, de la Judée et de la Samarie, en attendant qu'il pût recevoir le titre de roi, Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques 17, 11; 4.


ÉTIENNE,
Actes 6:5; 7:1-60, premier martyr de l'Église chrétienne, probablement grec d'origine, si l'on en juge par son nom, et le premier des sept diacres nommés pour aider les apôtres dans le service des tables et des pauvres. Plein de foi et de puissance, il faisait des miracles et des prodiges parmi le peuple, ayant reçu l'imposition des mains. Son activité allait plus loin que sa charge, telle du moins qu'on l'entend à présent, et son amour pour son maître lui mérita l'inimitié du monde; quelques habitués de la synagogue, irrités de voir leurs lieux de culte toujours moins fréquentés et même abandonnés par un grand nombre de sacrificateurs, irrités surtout de ne pouvoir résister à la sagesse et à l'esprit par lequel il parlait, soulevèrent contre le disciple, comme on avait fait contre le maître, de faux témoins, subornés à prix d'argent, pour l'accuser de blasphème. Le peuple fut soulevé, une instruction judiciaire commença, le saint dut comparaître, et le chapitre 7 des Actes nous donne la première partie du discours qu'il prononça pour sa défense. Dans ce discours l'homme de Dieu, plus jaloux des intérêts de son maître qu'attentif à la conservation de sa vie, au risque de déplaire aux émeutiers qui l'entourent, cherche à montrer à ses juges et à ses auditeurs que la religion chrétienne n'est que le développement du mosaïsme qu'ils aiment, et l'accomplissement des prophéties contenues dans les saints écrits qu'ils vénèrent; mais en même temps il leur montre que, dans tous les temps, sous les patriarches, aux jours de Moïse, dans le désert, et toujours, les Juifs se sont montrés incrédules aux manifestations divines, rebelles au salut, durs de cœur à croire, et charnels: cédant alors à l'émotion comme à l'indignation qui le remplit, craignant de ne pouvoir achever de développer sa pensée, voyant peut-être l'agitation du peuple et l'irritation de ceux qui l'écoutent, il éclate et s'écrie: «Gens de col roide, et incirconcis de cœur et d'oreille, vous vous obstinez toujours contre le Saint-Esprit, vous faites comme vos pères ont fait. Lequel des prophètes vos pères n'ont-ils pas persécuté? Ils ont même tué ceux qui ont prédit l'avènement du Juste, duquel maintenant vous avez été les traîtres et les meurtriers, vous qui avez reçu la loi par la disposition des anges, et qui ne l'avez pas gardée». Conclusion foudroyante qui achève d'irriter la populace et cause la mort du prophète; on se met à crier, on se bouche les oreilles, on fond sur le prophète qui voit avec ravissement les cieux ouverts pour le recevoir, et qui se livre à eux sans résistance; il s'endort au milieu des pierres qui l'accablent, et sa dernière pensée est une intercession pour ses assassins.

Le sang des martyrs est la semence de l'Église, a dit un père (Tertullien); celui qui jaillit des membres meurtris du diacre vint tomber sur un jeune homme qui gardait les habits de ses meurtriers; cette plante amère devint plus tard un arbre de vie, et Saul fut le grand apôtre des Gentils.

Le discours d'Étienne ne nous est évidemment rapporté qu'en partie, et cette partie même est abrégée; le fil n'est pas toujours facile à suivre, comme aussi personne ne pouvait rapporter d'une manière exacte les paroles mêmes qui avaient été prononcées; d'ailleurs, interrompu brusquement, il ne laisse que pressentir la marche de son discours; plusieurs auteurs ont essayé de diverses manières de suppléer ce qui manque: il nous semble que ce que nous avons dit est ce qui cadre le mieux soit avec la position du diacre accusé, soit avec la partie connue de son discours. Il faut y voir une prédication plutôt qu'une défense, une accusation plus qu'une justification; et le visage du martyr resplendit d'une joie sainte, comme le visage d'un ange, quand il se vit appelé à rendre publiquement témoignage de son amour et de sa foi.


ÉTOILES,
— Voir: Astres, Kijun, Remphan, Zodiaque, etc.

Étoile des mages. Il est bien difficile de trouver une explication quelconque, un peu naturelle, du miracle qui annonça aux mages d'Orient la naissance du roi de Bethléhem, Matthieu 2:2-12. La plus ancienne hypothèse, qui se trouve déjà chez les pères grecs, c'est que cette étoile n'était qu'un simple phénomène lumineux dans l'atmosphère, lequel, n'étant pas soumis aux mouvements qui règlent le cours des étoiles, pouvait avoir sa marche à lui, s'avancer, reculer, s'arrêter et s'éteindre: un évangile apocryphe raconte même que cette lumière entra dans retable avec les mages, et se posa sur la crèche.

— Une seconde opinion (Ideler, Handb. d. Chron. 2, 410) ne voit dans ce phénomène ni une étoile, ni une simple lumière atmosphérique, mais une conjonction de planètes, la même qui fut observée en 1827; cette hypothèse n'explique rien, et pour l'admettre il faudrait supposer que la marche toute entière de cette étoile a été mal comprise, et qu'elle est mal présentée dans l'Évangile; d'ailleurs un phénomène astronomique est vu de tout le monde, et celui-ci ne l'a pas été, verset 7. Il faut donc renoncer à toute hypothèse de ce genre, et par conséquent à une troisième, celle de Michaëlis, qui voit dans l'étoile une comète, dont les mages auraient pu calculer d'une manière sûre la marche non point apparente, mais réelle, et le moment où elle se serait arrêtée, arrivée à son périhélie. C'est ingénieux, mais cette explication partage avec la précédente le défaut de faire du miracle un fait naturel, tandis que le phénomène nous est donné comme merveilleux. Quant à la première hypothèse, elle est mesquine dès qu'on reconnaît le miracle, car il était aussi facile à Dieu de créer ou conduire une étoile que de faire marcher un feu errant; et il paraît beaucoup plus digne et de Dieu et de l'occasion, de supposer que la naissance du Messie fut annoncée par une étoile, que par un corps brûlant dans l'air avec du gaz enflammé. Toute la difficulté est dans le verset 9. Mais l'idée principale est la station de l'étoile plus que la désignation du lieu où elle s'arrêta; or il est facile de se représenter les mages sortant de Jérusalem vers la nuit; ils voient une étoile qui suit une marche différente de la marche apparente des étoiles fixes; elle est à leur zénith quand ils arrivent à Bethléhem, et les mages, instruits, comprennent et s'arrêtent.

— Nous n'avons pas besoin d'ajouter que, dans un pareil domaine, tout ne peut être que supposition, quant aux détails, mais il faut se rappeler aussi que Dieu fait des flammes de feu ses ministres, Psaumes 104:4.


ÉTRANGERS.
La loi de Moïse, en prenant toutes les précautions possibles pour préserver les Israélites de l'influence des étrangers, se montrait cependant favorable à ceux-ci partout où elle le pouvait; elle les recommandait à la bienveillance des Hébreux, Exode 22:21; 23:9; Lévitique 19:33-34; Deutéronome 10:18; cf. Jérémie 7:6; Malachie 3:5; elle leur accordait plusieurs des prérogatives dont jouissaient les pauvres, notamment une part aux repas des dîmes et des fêtes, Deutéronome 14:29; 16:10,14; 26:11, et aux récoltes de l'année jubilaire, Lévitique 25:6, préceptes fondés sur les devoirs généraux d'humanité, et sur la fraternité des fils d'Adam. Ils avaient devant la loi les mêmes droits que les habitants du pays, Exode 12:49; Lévitique 24:22; Nombres 15:15; Deutéronome 1:16; 24:17; cf. Nombres 35:15, mais ils avaient les mêmes devoirs en matière de culte, du moins les mêmes devoirs négatifs, et devaient s'abstenir de tout ce qui était défendu aux Hébreux, Exode 20:10; Lévitique 17:10; 18:26; 20:2; 24:16; Deutéronome 5:14; Ézéchiel 14:7, avec la seule exception mentionnée Deutéronome 14:21. Il était permis de leur prêter à intérêt (à usure?), ce qui n'était pas permis pour les Israélites eux-mêmes, Deutéronome 23:20. Ils pouvaient être naturalisés à certaines conditions et obtenir les droits de bourgeoisie en Israël, à condition toutefois qu'ils se fissent circoncire; les Égyptiens et les Édomites acquéraient ces droits à la troisième génération, Deutéronome 23:7-8; cf. 1 Samuel 21:7; pour les autres peuples un plus long séjour était exigé. Les Hammonites seuls et les Moabites, de même que les eunuques et les descendants de femmes de mauvaise vie, étaient complètement exclus du bénéfice de la naturalisation, Deutéronome 23:3; cf. Néhémie 13:1. Cette défense, tombée en désuétude à une époque de relâchement, fut remise en vigueur lorsque la vie rentra en Israël, Néhémie 13:3.

— On voit par ces dispositions que l'intention de Moïse n'avait pas été d'isoler hermétiquement Israël des autres nations; un dénombrement fait par Salomon, 2 Chroniques 2:17, constata la présence de 153,600 étrangers en Palestine. Aussi, quelque graves que fussent sous le point de vue théocratique les motifs d'exclusion contre les étrangers, l'on peut dire que ces derniers étaient traités chez les Hébreux d'une manière plus noble et plus conforme à la dignité humaine, que chez les peuples de l'antiquité, les Romains et les Grecs y compris, avec leur fin vernis de philanthropie et de civilisation.


EUBULUS,
disciple inconnu dont saint Paul envoie les salutations à Timothée, 2 Timothée 4:21.


EUNICE,
fille de Lois et mère de Timothée, 2 Timothée 1:5; juive d'origine, elle s'était de bonne heure convertie au christianisme: son époux était un prosélyte d'entre les Grecs, Actes 16:1. On ne sait par qui elle avait été amenée à la connaissance de l'Évangile, mais lorsque Paul la vit pour la première fois à Lystra, elle avait déjà le témoignage d'être une femme croyante, mère d'un fils également dans la foi.


EUNUQUE,
signifie littéralement un homme qui a la garde du lit, et cette expression qui marque un homme mutilé, soit naturellement, soit par la main des hommes, se prend aussi dans un sens beaucoup plus général pour désigner un officier de cour quelconque, servant dans l'intérieur du palais, comme Potiphar, eunuque de Pharaon, qui avait femme et enfants, Genèse 39:17. C'est dans ce sens qu'il faut entendre (à moins qu'ils ne fussent étrangers) les eunuques nombreux que les rois d'Israël et de Juda avaient à leur cour, 1 Samuel 8:11; 1 Rois 22:9; 2 Rois 9:32; 24:12,15; 1 Chroniques 28:1, car la loi de Moïse avait défendu expressément à son peuple de faire des eunuques, et même de mutiler des animaux, Lévitique 22:24; Deutéronome 23:1; ceux qui étaient ainsi mutilés étaient exclus de l'assemblée du Seigneur. Cette défense avait d'abord un grand but d'humanité, elle maintenait à chaque homme le droit d'être ce qu'il est, et ne de point devoir se dire: Voici, je suis un arbre sec, Ésaïe 56:3. Elle tendait ensuite à entraver la polygamie, à la rendre de fait plus difficile, à empêcher l'établissement des sérails par l'impossibilité de se procurer des hommes sûrs.

— C'est dans le même sens encore qu'il faut entendre l'eunuque de la cour de Candace, seigneur commis sur les richesses de la reine d'Éthiopie, prosélyte juif qui fut converti au christianisme par Philippe q.v., Actes 8:27.

— Le passage Matthieu 19:12, se rapporte aux ascètes qui se faisaient eunuques pour gagner le ciel, exemple qui fut suivi par Origène dans une intention moins prétentieuse, et pour se délivrer seulement des tentations charnelles; on peut aussi prendre ce verset comme indiquant le simple renoncement au mariage et aux plaisirs de la chair, sans opération corporelle; ce serait le cas de Paul, et les promesses de Apocalypse 14:4; seraient faites pour eux.


EUTHRATE,
hébreu Ph'rath, Genèse 2:14; 15:18; Josué 1:4; Apocalypse 9:14, appelé simplement le fleuve, Exode 23:31; Ésaïe 8:7; 7:20; Jérémie 2:18; Michée 7:12, ou le grand fleuve, Deutéronome 1:7. De tous les noms géographiques, l'Euphrate est certainement le plus ancien, puisqu'il est le seul qui nous ramène aux jours du paradis terrestre. Ce fleuve, un des plus considérables de l'Asie, prend sa source au plateau de l'Arménie, et sort de la chaîne de montagnes dont l'Ararat est le sommet le plus élevé. À trois journées d'Erzeroum, les deux premiers affluents du fleuve se rencontrent, l'un, le Frat, plus court et venant de l'ouest;l'autre, le Mourad-Tchaï, venant d'orient, plus long et prenant naissance au pied des monts Alma-Dagh, dans les environs de la ville de Rayazad. À leur jonction, les deux rivières réunies prennent le nom de Mourad-Sou, ou Euphrate, et présentent une masse d'eau pareille à celle de nos fleuves les moins considérables, tels que la Moselle. L'Euphrate coule d'abord vers le sud et sépare l'Arménie de la Cappadoce, puis bientôt chassé par les racines du Taurus, il tourne à l'ouest et descend par d'étroits passages et de nombreuses chutes, jusqu'à ce qu'il arrive dans la plaine non loin de Samosate, où sa course se ralentit et continue d'abord au sud, puis à l'est et au sud-est, ayant à sa droite la Syrie et l'Arabie déserte, à gauche la Mésopotamie. À la latitude de Bagdad il se rapproche du Tigre, dont il n'est plus éloigné que de 200 stades à Séleucie, et de nombreux canaux permettent une communication libre et facile entre les deux fleuves. Il s'éloigne de nouveau du Tigre, passe devant Babylone, envoie une partie de ses eaux se perdre dans les marais sablonneux de l'Arabie, puis revient en serpentant vers l'est, et se perd à Kornah dans le Tigre; là les deux fleuves, sous le nom de Schat-al-Arab (fleuve des Arabes), traversent encore 32 lieues d'un pays noyé, et se jettent finalement dans le golfe Persique par plusieurs embouchures.

Le cours de l'Euphrate est d'environ 1850 kilomètres; il est accessible à de petits bateaux pendant la première partie de son cours jusqu'à son arrivée dans les chaînes du Taurus, puis il cesse de l'être jusqu'à quelques lieues au-dessus de Samosate, où sa course longtemps accidentée redevient plus douce et plus unie; la vallée s'élargit et les pentes s'affaiblissent; la largeur du fleuve est de 800 pieds; mais sa profondeur varie encore et ne dépasse jamais dans les eaux basses 10 à 12 pieds, quoique dans la saison des pluies elle s'élève jusqu'à 24. La navigation n'y est jamais sûre, et tous les essais qui ont été faits jusqu'à ce jour ont échoué contre les caprices du fleuve indompté, cf. Ésaïe 8:7. Les bateaux à vapeur, le Nitocris et le Nimrod, dans leur navigation du mois de mars 1841, n'ont fait que constater les difficultés qui restent encore à lever pour la navigation régulière de ce fleuve.

— Son eau est presque toujours trouble, mais ne laisse pas que d'être saine et d'un goût agréable quand elle est clarifiée. Les Arabes l'estiment extrêmement.


EUROCLYDON,
Actes 27:14, vent du sud-est, irrégulier et tourbillonnant.


EUTYCHE,
Actes 20:9, jeune homme de Troas, qui, s'étant endormi sur l'embrasure d'une fenêtre pendant un discours de saint Paul, tomba dans la rue et fut relevé mort; mais l'apôtre s'étant approché se pencha sur lui, l'embrassa, et annonça aux assistants que le jeune homme était revenu à la vie. La réunion ne fut ainsi interrompue qu'un instant, puis les frères s'assemblèrent de nouveau en attendant le départ de Paul, prirent la cène, et s'entretinrent jusqu'au jour.

— On a révoqué en doute le miracle, par conséquent la mort et la résurrection d'Eutyche, et l'on s'appuie sur le peu de cérémonies que fait l'apôtre, qui ne prie pas même; on dit encore que le jeune homme, n'ayant éprouvé qu'une violente secousse, a bien eu besoin du reste de la nuit pour se remettre, ce qui explique pourquoi au lieu de remonter immédiatement dans la salle, il ne reparut qu'après le départ de Paul. Nous répondons: le verset 9 est positif; même s'il n'y a eu que secousse violente on ne se remet pas en quelques heures d'une chute de trois étages; les paroles du verset 10 ont le même sens que celles de Matthieu 9:24; saint Paul s'est penché sur le jeune homme comme le firent Élie et Élisée en pareille occasion, 1 Rois 17:21; 2 Rois 4:34. «Enfin, ajoute M. Coquerel, s'il n'y a point ici de miracle, l'accident était trop peu important pour être rapporté par saint Luc Depuis Éphèse jusqu'à Milet, Actes 20:1,15, le récit ne s'arrête point et n'offre aucun intérêt; l'historien aurait-il interrompu la rapidité de son narré pour raconter seulement qu'un dormeur était tombé par une fenêtre sans se tuer. Saint Luc, présent à toute cette scène, était médecin; s'il s'agit d'un évanouissement et non d'une résurrection, c'est de son aide et non de celle de Paul que l'on avait besoin, et en se rappelant que le récit est d'un homme de l'art, il est impossible de ne pas y voir un prodige divin et non un accident vulgaire.»

Il est intéressant de voir avec quelle bonté et quelle compassion saint Luc rapporte le fait de ce jeune homme qui s'endort pendant que le grand apôtre parle aux âmes; Eutyche ne cède qu'à un profond sommeil, il faisait une chaleur étouffante, et la fumée des lampes nombreuses y ajoutait son influence engourdissant; c'était extrêmement tard, minuit; enfin Paul avait fait un long discours, de l'aveu même de saint Luc: toutes les circonstances se réunissaient pour faire succomber la chair, et là où bien des formalistes se seraient indignés, le Saint-Esprit n'exprime pas un seul mot de blâme. Chacun sait que ce n'est pas bien de dormir au culte, et l'on peut même dire qu'une âme pieuse n'en éprouvera jamais le besoin. Voilà la règle, puis vient l'exception, c'est que la chair est toujours chair avec une faiblesse insurmontable, inhérente à sa nature; s'il y a des cas où la faiblesse est péché, il y en a d'autres où la faiblesse n'est qu'un malheur et doit être pardonnée, et le tact chrétien joint à la charité pure saura toujours faire distinguer les uns des autres.


ÉVANGILE, Évangélistes.
L'Évangile, cette clef de voûte d'une économie nouvelle où le mystère est remplacé par l'amour, l'Évangile, mot sacramentel que les anges proclamèrent du haut des cieux, Luc 2:10, en annonçant aux hommes un grand sujet de joie, l'Évangile, cette épigraphe de la religion chrétienne et d'elle seule, ce résumé des gratuités divines, ce nom que chacun réclame dans l'Europe chrétienne et qui s'avance en conquérant dans toutes les parties du monde, sur les côtes de l'Amérique, dans les déserts de l'Afrique, au bord des fleuves de l'Asie, et dans les îles de l'Océanie, jusqu'à ce qu'il ait gagné des hommes de toute tribu, langue, peuple et nation, l'Évangile n'est dans son origine comme dans sa signification littérale, ni un système de philosophie, ni un système de devoirs, ni une prédication de morale, mais la publication simple d'un fait, d'une nouvelle, d'une «bonne nouvelle», ainsi que le marque son nom même, dérivé des deux mots grecs Εύ, άγγέλιον, qui ont cette signification.

Ce fait, c'est que Jésus est venu chercher et sauver ce qui était perdu, Matthieu 18:11; c'est qu'il n'y a point sous le ciel d'autre nom qui soit donné aux hommes par lequel il nous faille être sauvés, Actes 4:12; c'est que Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son fils au monde, afin que quiconque croirait en lui ne pérît pas, mais qu'il eût la vie éternelle, Jean 3:16.

Fait historique, il repose sur un fait moral qu'il suppose, celui de la corruption entière du cœur humain, corruption telle qu'il ne peut plus être question pour l'homme d'un simple changement, d'une amélioration, d'un mieux-aller, mais d'une métamorphose totale, d'une transformation, d'une conversion, d'une rétrogradation complète et sans restriction aucune. Cette base posée, cette corruption reconnue, dont les conséquences naturelles sont une éternelle condamnation, Dieu a opposé comme remède la mort de son fils éternel dont le sang doit à la fois expier et purifier. Ce plan, conçu dès avant la fondation du monde a été dévoilé à l'homme aussitôt après la chute; et dès lors, développé de plus en plus clairement par les sacrifices, par le mosaïsme, par les prophéties, et par la foi des Juifs craignant Dieu, il a pris place dans l'histoire de l'humanité il y a 1849 ans, le Verbe s'étant incarné, ayant souffert, étant mort, étant ressuscité, s'étant montré publiquement, ayant été vu, entendu et touché pendant plusieurs années, ayant prêché dans les plaines et sur les montagnes, dans les villes et dans les déserts. Puis son œuvre étant accomplie, il est retourné dans le sein de son Père.

Tous ces faits avaient pour but unique le salut des hommes, et c'est leur ensemble qui constitué l'Évangile, la bonne nouvelle.

Il importe donc extrêmement pour ce mot comme pour tous les autres, et plus encore, d'en conserver présente à la pensée la signification historique et salutaire, afin de ne se pas fourvoyer comme on le fait souvent, dans des phrases creuses et sonores qui n'ont aucun sens; pratiquer l'Évangile, la loi de l'Évangile, les menaces, les foudres de l'Évangile, autant de formules qui dénotent chez ceux qui les emploient l'ignorance la plus triste et la plus déplorable de ce qui fait le fondement de la religion chrétienne.

— Nous ne pouvons développer, ni même indiquer ici toutes les idées également importantes, qu'entraîne après elle, et comme conséquence, la bonne nouvelle annoncée aux hommes: l'inutilité d'œuvres supplémentaires à la mort de Christ qui a pleinement accompli le salut, en même temps que la nécessité des œuvres produites par une foi opérante dans la charité, ou plutôt la production même de ces œuvres qui sont la conséquence naturelle de la véritable foi, du véritable amour pour le Dieu-Sauveur. (A. Bost, Qu'est-ce que l'Évangile? 4e édition.)

On a étendu plus tard, ou restreint, le nom d'Évangile aux livres inspirés qui nous racontent l'histoire de cette bonne nouvelle, et dont nous reparlerons aux articles de ceux qui les ont écrits, et qui sont appelés évangélistes. Ce dernier nom se donne encore dans l'Écriture aux hommes chargés de faire connaître la mort et la résurrection bénie du fils de Dieu; ils sont distingués, Éphésiens 4:11, des apôtres, des prophètes, et des pasteurs et docteurs, parce que leur mission était plus spécialement la prédication, plutôt que la cure d'âmes ou l'enseignement proprement dit. C'étaient des missionnaires chrétiens, comme paraissent l'avoir été Philippe, Actes 8:5; 21:8, Timothée, 2 Timothée 4:5, etc., sans doute aussi tous les autres apôtres, quoiqu'ils ne soient pas désignés sous ce nom. Cette charge, la plus grande et la plus belle de celles qui se trouvent sous le ciel, ne prend vie dans l'Église que lorsque l'Église elle-même a de la vie. Aujourd'hui un grand nombre de ces saints messagers parcourent la France, envoyés par des sociétés fondées dans ce but à Genève, à Paris, à Lyon, à Bordeaux, et dans un grand nombre de villes. Les chrétiens ne peuvent faire mieux que de les assister de leurs dons et les soutenir de leurs prières: c'est l'œuvre directe du Seigneur. On donne plus ordinairement le nom de missionnaires aux évangélistes envoyés chez les peuples non chrétiens, quoiqu'au berceau du christianisme cette distinction n'existât point, et ne pût même pas exister. Cette œuvre de l'évangélisation qui a fait des prodiges, excite naturellement les cruelles antipathies de ceux pour qui la bonne nouvelle n'est qu'un système entre plusieurs autres, une théorie bonne entre plusieurs autres, et Jésus-Christ un saint et un ange, mais point l'incarnation de la divinité: tous ceux qui n'auront connu véritablement, ni Jésus, ni le Père, feront souffrir persécution à ceux qui voudront vivre selon la fidélité, et les ténèbres seront toujours ennemies de la lumière.


ÈVE,
Genèse 3:20; 1:27; 2:18; 3:1; etc. 2 Corinthiens 11:3; 1 Timothée 2:13, la première femme et la première pécheresse. L'homme ayant par la chute perdu l'immortalité, donna à sa femme le nom de vie, Ζωή, (Sept.), hébreu Hhivvah, puisque son existence devait se continuer infiniment par sa descendance; cette espèce d'immortalité remplaça pour lui l'immortalité corporelle qu'il avait perdue; il devait encore trouver dans la postérité de sa femme une immortalité plus précieuse et plus glorieuse, mais il ne put la comprendre qu'en partie lorsqu'elle lui fut annoncée. L'histoire de la chute et de la peine prononcée contre la femme est trop connue pour qu'il y ait lieu à la répéter, on peut se borner à quelques observations. La femme fut créée pour l'homme, mais tirée de l'homme; ce double fait établit de la manière la plus claire les rapports qui doivent exister entre eux, rapports que les peuples non éclairés de la lumière d'en haut ont vainement cherché à déterminer, les uns ayant fait de la femme la reine de la société, les autres l'ayant ravalée au niveau de la brute. Dieu ayant destiné l'homme et la femme à vivre ensemble, a dû les faire dissemblables et inégaux en force afin d'empêcher les luttes et les frottements; il a fait l'homme le chef pour commander, et il lui a donné une aide formée après lui et pour lui, 1 Corinthiens 11:8-9, mais à son image et à sa ressemblance, afin d'effacer ainsi ou de diminuer la distance qui les eût séparés autrement. Ils sont de même essence et de même nature, ils sont égaux; mais la femme est venue après, elle est plus faible, elle doit obéir. Cette inégalité de forces a si bien été reconnue déjà dès le commencement, que c'est à elle que le tentateur s'adresse en premier lieu, c'est contre elle qu'il dresse ses premières embûches, et il la séduit en flattant sa sensualité, son orgueil, et son amour pour ce qui est beau à voir.

— La peine imposée à la femme a paru grande à ceux qui regardaient sa faute comme petite, mais il n'est aucune femme chrétienne qui ne comprenne cette parole du livre de Job, que Dieu exige de nous beaucoup moins que notre iniquité ne mérite (11:6). Saint Paul, dans un passage bien connu et souvent mal compris, envisage comme moyen de salut ce que Dieu infligea à la femme comme peine, lorsqu'il dit: «Elle sera néanmoins sauvée en mettant des enfants au monde», ou plutôt, «par l'enfantement», 1 Timothée 2:15. Pour l'intelligence de ce passage, il faut reconnaître que l'apôtre qui a parlé d'Ève en passant, généralise cependant ce qu'il a à dire de son sexe: l'idée qu'il développe, c'est que la femme ne doit pas enseigner; elle est par nature plus susceptible pour les impressions qui viennent du dehors; Adam ne fut pas tenté par le serpent, il le fut par Ève qu'une séduction extérieure fit tomber; la femme donc doit s'abstenir d'enseigner; cependant elle sera sauvée, mais le salut qui lui a été promis après la chute ne détruit pas sa position inférieure, ni même les douleurs de l'enfantement qui lui furent imposées comme peine naturelle extérieure. Dans l'idée de l'apôtre la femme chrétienne ne peut pas dire; «Il est vrai que c'est la femme qui est tombée la première, et que c'est elle qui est en général la partie la plus faible, mais il n'y a pas de différence dans le règne de la grâce.» C'est aux paroles de Genèse 3:15-16, que se rapportent les exhortations de saint Paul, et les douleurs de l'enfantement peuvent être considérées comme un exercice de la foi. On peut ajouter comme une idée secondaire peut-être et cachée dans l'arrière-plan, le salut qui devait sortir pour la femme comme pour l'homme de la malédiction elle-même reposant dans l'enfantement, c'est que de la semence de la femme devait naître Celui qui briserait la tête du serpent, et rendrait à l'humanité le bonheur éternel qu'il avait perdu par la chute. Mais il faut repousser toute une série d'interprétations sensuelles, qui sont contraires à l'analogie de la foi comme au sens naturel du passage, celle qui met le salut de la femme dans la vie de famille, et dans l'éducation de ses enfants, celle qui prend le texte à la lettre (et quelle lettre!), à savoir que la femme sera sauvée en faisant des enfants, excluant de, fait celles qui restent vierges ou qui sont stériles, l'idée qu'elle sera sauvée malgré l'enfantement, celle que les douleurs de l'enfantement ne seront pas mortelles pour elle et qu'elle y résistera (Benson et quelques Anglais), etc.

Toutefois, à l'interprétation que nous avons donnée, il ne faut pas oublier de joindre les réserves mises par Paul lui-même à la fin du verset: «Pourvu qu'elle persévère dans la foi, dans la charité, et dans la sanctification avec modestie.»


ÉVÊQUE,
en grec έπισκοπος, surveillant, inspecteur. Employés ecclésiastiques, institués, à une époque et d'une manière inconnue, mais déjà du vivant des apôtres; ils portaient encore le nom de πρεσβύτεροι (prebtres, prêtres), ainsi qu'on le voit dans plusieurs passages où les deux mots sont employés l'un pour l'autre; Paul étant à Milet fait venir les prêtres (ou anciens) de la ville, et leur dit: «Prenez garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques.» Actes 20:17,28;

— cf. encore Tite 1:5 et 7, où l'apôtre, en engageant Tite à ne choisir pour anciens que des hommes recommandâmes, ajoute: «car il faut que l'évêque soit irrépréhensible, etc. «Cela ressort également du nombre d'évêques qui se trouvaient à Philippes, Philippiens 1:1, où saint Paul en salue plusieurs, avec les diacres. Depuis qu'on a établi une hiérarchie il faut plusieurs villes pour un évêque; aux jours apostoliques il y avait plusieurs évêques pour une ville. On le prouve encore par le fait que lorsque les employés de l'Église sont classés et énumérés, comme 1 Timothée 3:1,8. Philippiens 1:1, les évêques seuls sont nommés à côté des diacres, sans aucun dignitaire intermédiaire. Les pères de l'Église sont d'ailleurs tellement d'accord sur ce point, Clément Romain, Irénée, Théodoret et Jérôme (olim idem erat presbyter, qui et episcopus), que les catholiques-romains, au moins plusieurs d'entre eux, reconnaissent ce fait, et Calmet le dit positivement dans son Commentaire sur Philippiens 1:1. «Anciennement le nom d'évêque et celui de prêtre étaient communs et réciproques.» Il paraît que le titre d'évêque n'était pas extrêmement en usage dans les temps primitifs, et qu'on distinguait ces ouvriers par les fonctions plus extérieures de leur activité, par les noms de pasteurs et docteurs, Éphésiens 4:11, de présidents d'église, 1 Thessaloniciens 5:12, etc., quoiqu'il y eût aussi des anciens (ou évêques) non enseignants, 1 Timothée 5:17. Il n'y a rien, du reste, dans les qualités exigées des évêques, qui les distingue des autres saints sous le rapport religieux, 1 Timothée 3:1-11. Tite 1:5-9; et ces derniers conservaient le droit d'accuser leurs évêques dont les fautes bien constatées devaient être reprises publiquement, 1 Timothée 5:19-20. Les évêques étaient établis par les apôtres et les autres anciens, Actes 14:23; 1 Timothée 5:22; Tite 1:5, de la part du Saint-Esprit, Actes 20:28, mais rien n'indique comment leurs pouvoirs devaient se transmettre, ni même quelle était l'étendue de ces pouvoirs: ce qui est sûr, c'est qu'ils n'étaient accordés qu'à ceux qui avaient des dons particuliers pour remplir dignement les nouvelles fonctions auxquelles ils étaient appelés.

Reste à savoir comment cette humble charge a pu grandir jusqu'à envahir des palais, de riches vêtements et de considérables honoraires, souvent peu honorables. Cette marche progressive a été lente; on a commencé par vouloir introduire les formes de la hiérarchie juive dans une économie où tous ceux qui croient sont égaux; puis le besoin de l'unité a rassemblé quelquefois les pasteurs d'une même contrée, et comme pour se réunir il faut un centre, on a choisi tout naturellement le centre politique existant, la ville la plus importante des environs et, dans cette ville peut-être la demeure du pasteur; puis, à cause de l'importance de fait donnée à ce pasteur, et à cause de son poste et de ses charges plus considérables, on s'est mis à choisir, pour remplir les fonctions ecclésiastiques dans un chef-lieu ou dans une capitale, l'un des plus anciens, des mieux doués, des plus pieux; on lui a accordé peut-être un subside pour subvenir aux dépenses plus considérables auxquelles il était appelé. Jusque-là tout était naturel, tout était bien; puis la vie ayant disparu, et les postes étant devenus dignes d'envie, on les a accordés à l'intrigue, à la vanité, aux protections: on les a toujours plus embellis, on a renchéri encore, et par dessus les évêques on a entassé des archevêques, sur lesquels on a mis des cardinaux, et pour finir dignement, on a essayé de couronner le tout avec un pape implanté en Italie; mais cela n'a réussi qu'à moitié, et la plus grande partie de la chrétienté s'est refusée à porter ce joug pyramidal, lourde imitation des monuments de l'Égypte. Voilà où l'on est arrivé au bout de mille ans, pour s'être écarté de la ligne pure et jalouse de la vérité; des inspecteurs de paroisses ont voulu devenir les dominateurs du monde entier; ils en recueillent aujourd'hui les fruits amers.


ÉVIL-MÉRODAC,
2 Rois 25:27; Jérémie 52:31, roi de Babylone, fils et successeur de Nébucadnetsar, 561 avant J.-C., succomba après un règne de deux ans, sous les coups de son beau-frère Nériglissar; selon Flavius Josèphe, il aurait régné dix-huit ans; dans ce chiffre seraient alors comprises les années qu'il aurait régné avec son père et pendant sa folie, ou bien la vice-royauté de quelque province. Dès la première année de son règne il tira de prison Jéhojachin, qui y languissait depuis trente-sept ans, le traita avec douceur, l'admit à sa table, et lui accorda une pension jusqu'à la fin de sa vie. L'histoire profane qui a conservé le nom de ce monarque, n'en parle pas d'une manière toujours fort honorable, et raconte qu'il livra aux corbeaux les restes de son père, pour l'empêcher de ressusciter du tombeau, comme il était ressuscité de son délire.


ÉVODIE et Syntiche,
Philippiens 4:2, deux femmes, peut-être diaconesses, de l'église de Philippes, que saint Paul exhorte à vivre dans l'union chrétienne, soit qu'il veuille les encourager à y persévérer, soit plutôt qu'elles aient été divisées sur quelques points particuliers de la doctrine évangélique. Elles avaient combattu avec Paul, pour l'avancement du règne de Dieu, comme on voit que d'autres femmes chrétiennes l'avaient fait, Priscille, Phébé, Lydie, Marie de Rome, Junie, Tryphène, Tryphose, Perside, et les quatre filles de l'évangéliste Philippe (— Voir: Rilliet, sur Philippiens 4:2).

— Le compagnon d'œuvre que Paul invite à les aider, verset 3, nous est inconnu; peut-être était-ce un de leurs parents.


EXCOMMUNICATION,
— Voir: Bannissement et Interdit.


EXIL et Captivité.
Outre la servitude de l'Égypte, et les asservissements successifs des Hébreux à l'époque des Juges, on compte ordinairement deux captivités plus connues sous ce nom et sous celui d'exil.

  1. Israël. Déjà, sous le règne de Pékach, 741 avant J.-C., une partie des habitants de la Galilée et des tribus transjourdaines furent emmenés, par Tiglath-Pilézer, en Assyrie, 2 Rois 15:29. Après la destruction de Samarie et de tout le royaume d'Israël par Salmanéser, 722 avant J.-C., sous le règne d'Hosée, le reste des dix tribus fut également transporté, 2 Rois 17:6; 18:9-10. On leur donna, pour s'y établir, le territoire du fleuve Chabor ou Chaboras, et quelques villes des Mèdes, ainsi que d'autres petites provinces dans lesquelles ils furent disséminés.

  2. Judo. Les habitants de ce royaume se virent à différentes reprises et successivement emmenés en captivité.

  1. Sous Jéhojakim d'abord (606), Jérusalem fut prise par Nébucadnetsar, qui se contenta d'emmener des otages, parmi lesquels se trouvait Daniel, Daniel 1:1,6.

  2. La ville fut prise de rechef sous Jéhojachim (598), et Nébucadnetsar emmena une partie considérable de ses habitants, au nombre de dix mille au moins, hommes de guerre et artisans, 2 Rois 24:14, probablement sans compter leurs femmes et leurs enfants.

  3. Sous Sédécias (587), la ville révoltée fut de nouveau reprise par le vainqueur, qui la livra aux flammes, emmena le reste de ses habitants, et n'y laissa que les plus pauvres, ouvriers, vignerons et laboureurs, pour entretenir le pays, 2 Rois 25:12. D'après Jérémie 52:29, il n'y aurait eu que 832 Juifs emmenés, sans doute leurs femmes et leurs enfants non compris. Le livre des Rois ne parle pas d'autres déportations que de ces deux dernières; le livre des Chroniques, 2 Chroniques 36:10,20, qui raconte la prise de la ville sous Jéhojachin et sous Sédécias, ne mentionne de déportation que celle qui eut lieu sous ce dernier roi. En revanche, le prophète Jérémie, 52:28-30, parle d'une troisième déportation, la première que nous avons mentionnée n'étant point regardée comme telle.

  4. Jérémie 52:30, cinq ans plus tard (582), Nébucadnetsar aurait fait transporter de nouveau 745 personnes des Juifs.

    Il y a, du reste, plusieurs difficultés chronologiques à résoudre ou à accepter dans cette histoire de l'exil. L'historien (probablement Esdras) qui a écrit le 52e chapitre de Jérémie, appelle l'année où Sédécias fut emmené, à la fois la dix-neuvième et la dix huitième du règne de Nébucadnetsar, versets 12 et 29. De même l'année où commença la captivité de Jéchonias, et que le livre des Rois nomme la huitième, 2 Rois 24:12, est appelée la septième, Jérémie 52:28, différences qui tiennent à une différence dans le principe du calcul, l'habitude générale des historiens sacrés étant de prendre pour point de départ le commencement naturel de l'année, et l'auteur de Jérémie 52, ayant dérogé à cette règle, et comptant depuis l'avènement de Nébucadnetsar au trône.

L'exil partiel aurait donc commencé pour Juda en 598, et il aurait été à peu près total en 587.

La position des exilés n'était, du reste, pas aussi défavorable qu'on le pense quelquefois; ils purent s'établir à leur aise sur la terre étrangère, bâtir, planter, se marier, ainsi qu'on le voit Jérémie 29:5; le livre de Tobie nous le montre jouissant d'une certaine aisance, même de quelque prospérité; l'histoire de Susanne, et les passages Ézéchiel 14:1; 20:4, nous font voir qu'ils avaient des anciens de leur nation et une juridiction indépendante. Plusieurs d'entre eux étaient revêtus de fonctions très honorables, Daniel et Néhémie étaient employés à la cour au service du roi. Toutefois plusieurs psaumes montrent combien les cœurs pieux étaient déchirés par le poids du malheur, et le désir d'une restauration (— Voir: en particulier Psaumes 137). Un pieux écrivain fait au sujet de la captivité les intéressantes observations que voici: «Les divers lieux où ils se trouvaient exilés, Babylone, les plaines de la Mésopotamie et d'Égypte étaient précisément les lieux où avaient séjourné Abraham et les enfants d'Abraham; Dieu avait comme replacé la famille du patriarche dans la condition d'où il l'avait tirée, dans le pays de ténèbres où elle avait pris naissance. Mais aussi la vue de ces mêmes pays, en lui rappelant ce que Dieu avait jadis fait pour elle, lui disait ce qu'il pouvait faire encore, et était pour elle un gage de l'accomplissement de ses promesses. Ajoutons qu'en dispersant ainsi ce qu'il y avait de Juifs les plus influents et les meilleurs, et avec eux tous ses prophètes, Dieu répandait dans le monde des semences de vérité, et le préparait de loin pour les temps de l'Évangile.» (G. Monod, Essai d'une Hist. univ., p. 148).

L'histoire du retour est également hérissée de difficultés chronologiques dès qu'on entre dans les détails; mais les traits généraux peuvent être déterminés. Cyrus monta sur le trône d'Assyrie en 537, et la première mesure de son gouvernement fut la permission donnée aux Juifs de retourner dans leur patrie. Selon Flavius Josèphe, Arch. 11, 1; 32, ce fut la lecture du prophète Ésaïe, et l'impression qu'il en reçut qui détermina Cyrus à publier l'édit de délivrance. Les soixante-dix années prédites par Jérémie s'étaient précisément écoulées, et quoiqu'on ne puisse pas dire à la lettre que Juda eût été captif pendant soixante-dix ans, ni surtout que Jérusalem eût été en ruines aussi longtemps, on peut faire dater le commencement de la captivité de la première prise de Jérusalem par Nébucadnetsar, en laquelle Daniel fut emmené comme otage ou captif (606), et les soixante-dix années se trouvent accomplies à la lin de la première année de Cyrus, en 536. Environ 50,000 Juifs, hommes et femmes, Esdras 1:1, composèrent la première caravane d'émigrants; à leur tête se trouvait, comme chef politique, Zorobabel, fils de Salathiel, fils de Jéojachin, l'avant-dernier roi de Juda, Esdras 3:2; 1 Chroniques 3:17; Matthieu 1:12. Le pontife qui les accompagnait était Jésuah, fils de Jotsadak, de la souche d'Aaron et d'Éléazar, 1 Chroniques 6:14. Esdras 3:2. Les peines et les dépenses de premier établissement furent facilitées par les ordres du roi, qui assigna aux émigrants un secours sur les fonds publics, en invitant en même temps ses sujets à les assister par des dons volontaires. Beaucoup de Juifs préférèrent des établissements avantageux formés à Babylone, en Mésopotamie et en Perse, à une patrie qu'ils n'avaient jamais vue, et qui ne leur offrait pas alors beaucoup de ressources; d'autres purent être retenus par des obstacles réels et insurmontables; Daniel lui-même, quoiqu'il fût l'âme de tout ce qui se faisait pour la restauration de sa patrie, resta à Babylone, retenu peut-être par son grand âge (plus de quatre-vingts ans), peut-être par la pensée que sa présence à la cour, auprès de Cyrus, serait plus utile à ses frères; peut-être enfin par le désir de ne pas laisser sans prophètes les Juifs restés en arrière.

— Sous les successeurs de Cyrus, l'empire de Perse était rempli de Juifs, et nous en trouvons encore un grand nombre à Babylone, au temps des apôtres.

À leur retour dans leur patrie, les Juifs y trouvèrent, outre ceux de leurs frères qui n'avaient pas quitté la Judée, une population païenne, reste des Cananéens, et mélange de Babyloniens qui s'y étaient établis pendant la dévastation du pays, Esdras 6:21; 9:1; Néhémie 1:4,13. Réunis à leurs concitoyens, les Juifs revenus de Babylone parvinrent sans peine, à ce qu'il semble, à rentrer dans leurs droits de propriétaires, Esdras 2:70. Chacun d'eux, à peu d'exceptions près, avait des pièces qui constataient le nom de l'ancienne famille à laquelle il appartenait, ou au moins celui du lieu d'origine de ses aïeux, Esdras 2:59, ce qui pouvait l'aider à faire reconnaître ses titres légitimes. Chacun d'eux se fixa dans la même ville ou dans le même village que ses ancêtres, Esdras 2:70; 1 Chroniques 9:14.

— Cf. encore articles Juda, Israël, Temple, etc.; et, pour cette période en général, le Comment, de Hævernick sur Daniel.


EXODE.
Le second livre de Moïse et de la Bible, appelé en hébreu Ellé schemolh (voici les noms), des deux premiers mots par lesquels il commence, porte en français le nom d'Exode, tiré de la version des Septante, et signifiant la sortie, espèce de résumé de son contenu. Il contient la persécution des Israélites en Égypte sous un roi qui n'avait pas connu Joseph, la merveilleuse délivrance qu'ils obtinrent par Moïse, et le commencement de leur voyage dans le désert, la traversée de la mer Rouge, la victoire remportée sur les Hamalécites, la manne descendue du ciel, l'institution de chefs judiciaires ou magistrats, l'arrivée au pied du Sinaï, la Loi promulguée, enfin diverses ordonnances relatives au culte et à l'érection du tabernacle. Il renferme une période de 145 années (Ussérius), soit depuis l'an du monde 2369, date de la mort de Joseph, jusqu'à la sortie d'Égypte, 2513, plus la première année du séjour dans le désert jusqu'au départ de Sinaï, 2514, et à l'érection du tabernacle. L'Exode se divise, d'après son contenu, en trois parties principales:

  1. La servitude et les préparatifs du départ, 1-12:37.

  2. La délivrance et le voyage jusqu'au pied du Sinaï, 12:38-19.

  3. La loi et les ordonnances, 20-40. Cette dernière partie renferme en outre, 32-34, l'idolâtrie du veau d'or et les tables rompues.

On ne sait à quelle époque de sa vie Moïse écrivit l'Exode, mais on peut croire que ce ne fut qu'après l'érection du tabernacle, et dans l'un ou l'autre des campements tranquilles où, pendant 38 ans, les Israélites attendirent leur mort.

Le Nouveau Testament fait de fréquentes allusions aux faits rapportés dans l'Exode; Étienne les résume, Actes 7:17-45, et saint Paul les rappelle, en développant le sens typique et prophétique, dans l'Épître aux Hébreux 11:23-30; cf. Galates 3:19; 1 Corinthiens 10, et ailleurs. Le but du livre de l'Exode est de montrer l'accomplissement des promesses faites à Abraham, que sa postérité posséderait la terre de Canaan; il montre la fidélité de Dieu envers les ennemis de son peuple, sa bonté envers les fidèles; il montre le gouvernement de l'Église et le salut par la foi en Christ, par le ministère de la loi qui a été donnée aux hommes comme pédagogue, Galates 3:24, pour les amènera Christ qui est justice à tout croyant, Romains 10:4; il montre la faiblesse de la chair à faire la volonté de Dieu, même après avoir été comblée de biens par lui; il dit enfin à l'Église: Sois fidèle, supporte patiemment les épreuves et les tribulations, obéis à ton maître dans les plus petites choses, et tu verras le salut luire sur toi, tes ennemis s'évanouir, et l'Éternel te couvrir de sa gloire et de sa bonté.


EXORCISTES,
proprement conjureurs, nom qui était donné à ceux d'entre les Juifs (ou des autres nations) qui avaient le don de chasser les démons hors des possédés, soit d'une manière naturelle, par des médicaments et des parfums, soit par des formules ou par la puissance qui était en eux, Matthieu 12:27; Marc 9:38; Actes 19:13. Ils étaient extrêmement considérés chez les Juifs, et plusieurs parcouraient le pays ou les contrées environnantes pour exorciser; ils faisaient remonter à Salomon leurs livres magiques,

— Voir: Enchanteurs et Possessions.


EXPIATIONS
(Fête des). Quand on voit la place importante que l'idée d'expiation tenait dans le culte israélitique et comment toutes ses parties tendaient à réconcilier l'homme pécheur avec la sainteté de Dieu, on comprend que la fête des expiations dût en être en quelque sorte le centre, le cœur; c'était alors que se faisait une expiation générale, pour le peuple, pour le sacerdoce, et pour le sanctuaire; c'était ainsi la plus solennelle de toutes les fêtes de l'année, la fête israélitique par excellence; on l'appelait le jour des expiations, ou même simplement le jour. C'était le seul jour de l'année où le jeûne fût de rigueur, la mortification de la chair devant accompagner la pénitence; et tous les travaux étaient interrompus, comme au jour du sabbat. Elle se célébrait dans le septième mois, le dixième jour de ce mois, et ce choix était certainement en rapport avec la valeur des nombres 7 et 10, symboles, l'un de l'alliance, l'autre de la perfection. C'était essentiellement le souverain sacrificateur qui officiait, et il se dépouillait pour cela de ses vêtements pontificaux pour ne se vêtir que d'une simple tunique blanche. Il commençait par offrir un veau pour ses propres péchés, conformément à Lévitique 4:3; avec le sang de ce veau il entrait dans le lieu très saint, ce qu'il n'avait le droit de faire que ce seul jour-là, et faisait aspersion par sept fois (encore ici le nombre de l'alliance) sur le propitiatoire, comme étant tout particulièrement le siège de la sainteté divine. Puis un bouc ayant été égorgé pour les péchés du peuple, la même cérémonie se répétait avec son sang, et cette expiation s'appliquait alors au tabernacle même et à ses ustensiles, qui étaient censés souillés aussi par le contact des pécheurs. Ensuite avait lieu une autre cérémonie qui a donné beaucoup à faire aux interprètes. Un bouc tout semblable à celui qu'on avait immolé, était amené au souverain sacrificateur, qui, posant ses mains sur sa tête, confessait les péchés du peuple, puis le bouc était emmené au désert. Il est évident que par l'acte symbolique de l'imposition des mains, le bouc vivant était censé chargé des péchés du peuple, mais la difficulté gît dans les versets 8,9,10 et 26; de Lévitique 16, et dans l'interprétation du mot Hazazel. Plusieurs commentateurs ont cru pouvoir conclure de l'opposition qui existe entre les deux parties du verset 8, que le mot Hazazel devait désigner un être personnel (comme Dieu), et pouvait s'appliquer au malin esprit, au Diable; alors il ne s'agirait pas sans doute d'un sacrifice fait à Satan (idée complètement anti-biblique), mais le sens serait que, tandis que l'un des boucs était offert en sacrifice expiatoire à Dieu, l'envoi du bouc vivant, chargé des péchés dans le désert, représentait que les péchés étaient renvoyés au démon, leur auteur, car on sait que les déserts étaient censés être l'habitation des mauvais esprits, (— Voir: Christologie de Hengstenberg, I. 1, 36). Mais quoique la doctrine de Satan entrât bien certainement dans le cercle des croyances israélites, elle n'y était cependant pas assez prononcée pour être reproduite dans le culte; c'est pourquoi il paraît préférable de se joindre à ceux qui (comme Ewald. Tholuck, Bsæhr), prennent le mot Hazazel, non comme un nom propre, mais comme la forme Pealpel (avec valeur intensive) du verbe hazal, éloigner; ils traduisent alors Le Hazeazel pour le complet éloignement, c'est-à-dire des péchés. Les péchés étaient ainsi censés tout à fait soustraits aux yeux du Dieu saint, voués à l'oubli, et cette seconde cérémonie était le complément de l'expiation déjà opérée par le premier bouc; ce qui confirme cette interprétation, c'est que le sort devait être jeté entre les deux animaux; ils étaient ainsi censés ne former qu'un seul tout, seulement il en fallait nécessairement deux pour représenter les deux parties de l'idée: de même pour les deux passereaux, Lévitique 14. Il faut en outre bien remarquer que ce qui constituait essentiellement la fête, c'était l'entrée du souverain sacrificateur dans le lieu très saint avec le sang expiatoire, et c'est sous ce rapport que l'auteur de l'Épître aux Hébreux, chapitre 9, nous enseigne à la considérer comme un type de l'œuvre expiatoire de Christ.


ÉZÉCHIAS
(la force de Jéhovah),

  1. fils et successeur d'Achaz, régna vingt-neuf ans sur le royaume de Juda (725-696). Les livres des Bois et des Chroniques et les chapitres qui le concernent dans le livre d'Ésaïe, nous le présentent comme un prince très pieux et zélé pour la gloire de Dieu, quoique peut-être un peu enclin à l'orgueil et à la présomption, et qui s'efforça d'abolir l'idolâtrie dans toute l'étendue de son royaume, et d'y rétablir le culte du vrai Dieu; mais ce qu'il ne put déraciner entièrement, c'était l'esprit d'incrédulité, d'immoralité, de propre justice, qui s'était emparé surtout des classes supérieures. Le succès couronna ses armes et ses négociations politiques: il humilia les Philistins, 2 Rois 18:8, et par une alliance avec l'Égypte parvint à s'affranchir de la dépendance dans laquelle son prédécesseur avait vécu à l'égard de l'Assyrie, 2 Rois 18:7,24. Mais cette alliance lui fut reprochée par le prophète Ésaïe comme un signe de défiance envers l'Éternel, Ésaïe 30:1; sq. 36:6, et il en fut bien cruellement puni, lorsque le roi d'Assyrie Sanchérib, commença par employer une armée qu'il envoyait en Égypte, à prendre les principales forteresses de la Judée, et lui imposa un nouveau tribut, pour le paiement duquel Ézéchias dut avoir recours aux trésors du temple, 2 Rois 18:13; sq. Sanchérib ne fut même pas apaisé par sa soumission; il est probable qu'il avait au fond l'intention de détruire entièrement la puissance des rois de Juda, qui pouvaient devenir pour lui des rivaux dangereux, 2 Rois 18:32, et il vint avec une nombreuse armée mettre le siège devant la capitale. Ézéchias et son peuple se trouvaient dans le plus grand danger, mais ils en furent délivrés par une intervention miraculeuse due aux prières du prophète: un ange destructeur vint exterminer la plus grande partie de l'armée assyrienne et forcer ainsi Sanchérib à la retraite, 2 Rois 19:35; 2 Chroniques 32:21; Ésaïe 37:36. Il est à remarquer que cette grande défaite de Sanchérib est aussi mentionnée par Hérodote (2, 141).

    — Quelque temps après, Ézéchias fut atteint d'une maladie qui d'abord parut mortelle, mais dont il fut guéri, Dieu exauçant ses ferventes prières. Pendant cette maladie, le prophète Ésaïe exerça son ministère auprès de lui. Comme signe et gage de la guérison qui lui fut promise, l'Éternel permit que l'ombre de son cadran solaire rétrogradât de dix degrés, 2 Rois 20; Ésaïe 38,;

    — Voir: Cadran.

    À l'occasion de sa guérison, il reçut les félicitations des ambassadeurs de Mérodac-Baladan, roi de Babylone; Ésaïe lui fit comprendre que dans l'empressement avec lequel il fit voir à ces étrangers ses trésors et les magnificences de son palais, il y avait autant d'orgueil que d'imprudence,

    — Voir: Rochat, Médit, sur Ézéchias.

  2. 2 Chroniques 28:12;

    — Voir: Hazaria.


ÉZÉCHIEL
(la force de Dieu), prophète hébreu, fils du prêtre Busi. Il fut emmené en exil lors de la première déportation, avec le roi Jéhojachin et plusieurs autres Juifs de race illustre, et se fixa près du fleuve Chaboras. Son ministère prophétique commença sept ans avant la destruction de Jérusalem, et avait surtout pour but, d'un côté, de combattre les fausses espérances des captifs, en leur enseignant à ne pas s'appuyer sur des secours humains, de l'autre, de les préserver du désespoir en leur promettant le secours de Dieu. Suivant la tradition, il périt assassiné par un de ses compatriotes, et dans le moyen âge on montrait encore son tombeau à quelque distance de Bagdad, Son livre peut se diviser en trois parties principales:

  1. Les vingt-quatre premiers chapitres contiennent des prophéties contre le royaume de Juda, promulguées avant la destruction de Jérusalem, et accompagnées d'appels à la repentance.

  2. Les chapitres 25 à 32 sont des prophéties contre des peuples étrangers.

  3. Depuis le chapitre 33, nous avons de nouveau des prophéties qui ont pour objet le peuple juif, mais promulguées depuis la destruction de Jérusalem, et dans lesquelles l'espérance et la consolation dominent. Les neuf derniers chapitres (40-48) paraissent annoncer, sous l'emblème d'un temple magnifique, décrit dans tous ses détails, la restauration et l'état glorieux du royaume de Dieu, qui a commencé après le retour de l'exil, qui s'est davantage encore développé par la venue du Messie, mais dont le plein accomplissement est sans doute réservé à l'avenir. En général, ce livre se distingue par une grande abondance d'images, par un style énergique et fortement coloré, par des expressions hardies, et souvent extraordinaires, qui le rendent assez difficile à comprendre pour nous, mais qui étaient bien appropriées au génie des Orientaux et aux circonstances du temps. Il a des visions plus que des inspirations; il voit la ruine de Jérusalem, il voit la restauration du temple. Le caractère éminemment poétique de ces prophéties a fait dire à Herder qu'Ézéchiel était le Shakespeare des Hébreux. Lamartine l'appelle le poète des vengeances. Il est à remarquer encore qu'Ézéchiel, dans ses prophéties, s'appuie souvent sur celles que Jérémie adressait de son côté aux Juifs restés en Judée (Comment, de Hævernick).


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