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Imposture sur le Diable et les Démons-2


novembre 8, 2015 par GoDieu

 

La mythologie chrétienne


Nous entrons ici dans le domaine de l'ensemble des mythes du christianisme, récits issus de textes sacrés ayant pour vocation d'expliquer le monde, ou légendes à caractère édifiant et souvent terrifiant. Ces mythes incluent des récits issus de la Bible, mais également d'autres sources; au moyen âge il semble avoir intégré de nombreux mythes celtiques entre autres.

Les chrétiens ont longtemps utilisé le mot «mythe» pour signifier une «contre-vérité»; ils l'employaient en particulier pour désigner les mythes grecs. Tandis que les historiens modernes utilisent le terme «mythe», non dans le sens d'une «histoire fausse», mais plutôt pour désigner une «histoire traditionnelle» ou une «histoire sacrée» intégrée en un symbolisme richement significatif qui détient souvent des relations avec ce que dit les Saintes Écritures. Ainsi, par exemple, Vulcain se rapporterait à l'histoire de Caïn, et celle de Deucalion, se rapporterait à l'histoire de Noé et du Déluge.

Pour l'historien Mircea Eliade:

«Durant les cinquante dernières années au moins, les historiens occidentaux ont approché l'étude du mythe d'un point de vue manifestement différent de, disons le, celui du XIXe siècle. À la différence de leurs prédécesseurs, qui traitaient le mythe selon la signification usuelle du mot, c'est-à-dire, comme une "fable", une "invention", une "fiction", ils l'ont accepté comme il était compris dans les sociétés archaïques, où au contraire, "mythe" signifiait une "histoire vraie" et en plus une histoire qui était un bien des plus précieux, car sacrée, exemplaire et importante.»

Les mythes chrétiens proviennent en partie de la Bible chrétienne; par exemple ceux concernant la création du Monde sont en grande partie hérités de la mythologie juive et des récits de la Genèse. Ils reprennent également des récits de textes apocryphes, pourtant exclus du canon des différentes Églises: le récit traditionnel de la Nativité comprend ainsi de nombreux éléments du protévangile de Jacques et du pseudo-Matthieu.

Au Moyen Âge, l'intégration du christianisme à d'autres cultures conduit à la construction de nouveaux mythes. Pour le médiéviste Philippe Walter:

«Une mythologie typiquement médiévale s'est bien construite sur les croyances païennes que le christianisme dut assimiler dans le but de les contrôler.»

Parmi ces mythes on peut citer la quête du Graal, ou des légendes concernant la vie des saints, comme saint Georges et le dragon.

Le livre d'Hénoch, un apocryphe du IIIe siècle avant J.-C., crée le mythe des anges déchus à partir de la mythologie Persique et Babylonienne. Un ange déchu est, dans les traditions chrétiennes et certaines autres religions, un ange exilé ou banni du Paradis. Au Ve siècle, un mystique chrétien, le Pseudo-Denys, imagine dans le Livre de la Hiérarchie céleste toute une hiérarchie de légions céleste. L'armée des anges est constituée de séraphins, chérubins, anges et archanges tandis que les légions des enfers comptent chacune 6666 démons. Au Moyen âge, les croyances concernant les pouvoirs des démons se multiplient et s'enrichissent d'autres mythes comme par exemple celui des incubes et des succubes. Ces croyances sont décrites dans le Malleus Maleficarum, traité d'un inquisiteur dominicain ou «chien de Dieu», codifié à des fins de chasse aux sorcières.

Dans la personnification du principe du mal, il semble que la notion de division de puissance en une force du bien et une du mal soit relativement récente dans l'histoire des croyances. Dans les cultes plus primitifs, le bien et le mal sont tous deux issus de la même déité, puisque celle-ci était considérée comme contenant tout ce qui existe. La même déité était donc à la fois capable de bien et de mal. Un exemple en est donné par la déesse à tête de lionne de l'Égypte antique Sekhmet qui détruisit l'humanité (sur ordre de Rê), mais était aussi vénérée pour son pouvoir de protection et de guérison. On peut aussi citer Loki, dieu scandinave qui tua vicieusement Balder, mais qui sauva le domaine des dieux Aesirs de la géante Skadi.

Dans les monothéismes primitifs, chaque clan ou tribu possédait son dieu avec tous ces attributs, cause du bien et du mal qui arrive aux hommes. Le polythéisme est considéré, dans cette argumentation, comme un rapprochement des divers clans, chacun possédant sa propre divinité. L'union du dieu mâle et d'un dieu femelle reflète l'union réussie et égalitaire de deux clans. Lorsque qu'au cours du rapprochement de deux clans une divinité en remplace une autre pacifiquement, elle est alors décrite comme ayant été engendrée par l'ancien dieu: elle est le fils ou la fille de ce dieu alors déchu et dont le culte devient secondaire. Enfin, et c'est là que l'origine du principe du mal personnifié pourrait résider, lorsque un clan est belliqueusement conquis, la déité du clan se voit attribuer tous les principes mauvais et était considérée par les conquérants comme la source de tout le mal et, par conséquent, devenait source de peur et de crainte. Un exemple de cette théorie est donné par l'évolution du culte de Seth (Setekh) dans l'Égypte antique au profit de celui d'Horus. Pour les peuples de Basse Égypte, Seth, qui était en réalité Sem fils de Noé, était un dieu bienveillant, rôle occupé par Horus (et Osiris) en Haute Égypte. Lors de l'unification de la haute et de la basse Égypte, Horus et Seth devinrent, dans un premier temps, frères, et furent vénérés comme un dieu, puis, le temps aidant, Seth fut considéré comme inférieur à Horus pour finalement personnifier la source de tout mal, le Satan de l'ancienne Égypte. Seth fut fréquemment représenté comme un serpent noir, un porc noir ou encore par un homme aux cheveux roux (les mots rouges et désert — la basse Égypte où Seth était vénéré est désertique — sont très proches l'un de l'autre en hiéroglyphique égyptien).

Au début, la plupart des religions précédant le christianisme intègrent un ou plusieurs dieux incarnant le mal. Contrairement à la vision chrétienne cependant, ces divinités ont généralement un double visage et parallèlement à leur dimension malveillante, sont l'objet d'un culte pour leurs aspects positifs. Elles ne sont en outre fréquemment la cause que d'une des facettes du mal et de ses manifestations.

L'existence d'une entité représentant la personnification du mal sous tous ses aspects et combinant les fonctions de maître de l'infra-monde, destructeur du cosmos et responsable des pires aspects de l'humanité semble être apparue avec le christianisme institutionnalisé du 4e siècle. L'élaboration de cette figure originale emprunte néanmoins aux religions pratiquées au Moyen-Orient et aux influences desquelles les interprètes de la Bible furent soumis.

 

Mésopotamie

La religion mésopotamienne est l'une des premières à représenter l'univers comme le champ de bataille de l'affrontement cosmique entre le bien et le mal. L'épopée de Gilgamesh, le plus ancien texte connu, marque déjà la première apparition d'un personnage diabolique dans la figure de Huwawa. Ce géant monstrueux garde la forêt de cèdres dans laquelle Gilgamesh veut couper le bois qui manque à son peuple. Gilgamesh terrasse le monstre mais n'en retire aucune gloire et se voit au contraire puni par Enlil, seigneur du ciel et roi des dieux. Huwawa au-delà de ses aspects terrifiants «son rugissement est comme celui d'une tempête, sa bouche est le feu et son souffle est la mort», représente en effet une force naturelle au caractère sacré.

 

Perse

Zarathoustra est à l'origine d'un bouleversement sans précédent dans la mythologie mésopotamienne puisqu'il remplace tous les dieux existant par deux entités, l'une bénéfique, Ahura Mazda, dieu de la lumière apportant l'ordre, l'autre Ahriman ou Angra Mainyu, présidant aux forces destructrices. Il crée ainsi la première religion dualiste en opposant deux puissances équivalentes et projetant une vision du monde en noir et blanc. Certains disciples de Zarathoustra réintroduiront certains des anciens dieux et suggéreront qu'Ahriman est subordonné à Ahura Mazda. Cette interprétation donne au dieu bienveillant le rôle de juge ultime qui laisse les démons tenter l'humanité et n'intervient qu'en dernier recours pour empêcher la victoire du mal. Cette notion de Jugement Dernier est une des composantes du christianisme. Ahriman est probablement le personnage ayant le plus influencé le Diable chrétien. Véritable incarnation du mal, capable de rivaliser avec le dieu bienveillant, il est assisté par sept démons majeurs. Nous trouvons aussi dans cette mythologie qui se rapproche en plusieurs aspects à celle du Druidisme, le dieu Mithra, fils d'Ahura Mazda, qui détient un grand nombre de caractéristiques avec Jésus et la religion dite chrétienne. Mithra était devenu le dieu principal dans l'empire Romain du temps de l'empereur Constantin au 4e siècle, d'où il subit une métamorphose ingénieuse pour devenir le Jésus du catholicisme.

 

Égypte

Anubis, est le seigneur de la nécropole. Le panthéon égyptien fournit deux divinités dont la contribution à ce qui va devenir le Diable est significative. D'une part Anubis, qui guide les âmes vers le royaume des morts et porte des attributs que l'on retrouvera chez le démon chrétien: le caractère mi-homme, mi-bête ou la queue. D'autre part, Seth, dont l'une des formes est un serpent et qui pourrait avoir donné sa couleur rouge à Satan. On peut aussi considérer que cette même forme de Seth a été reprise par le christianisme pour en faire le serpent qui a tenté Ève et l'a conduite vers le péché. Il y a aussi le dieu serpent Apophis qui était la personnification même du mal et du chaos dans la mythologie égyptienne qui pourrait être à l'origine de cette partie du créationnisme.

 

Canaan

Le personnage de la religion cananéenne qui influencera le plus le démon chrétien est sans conteste Baal, dieu de la fertilité et fils du dieu El. La vision péjorative et négative que la Bible offre de Baal est probablement le reflet de l'opinion des juifs sur ce dieu d'une religion païenne mais il semble que pour ses adorateurs, Baal ait eu la dimension d'un sauveur dans son combat contre Mot, dieu de la mort et de la stérilité.

 

Grèce

Si la Grèce antique est le berceau de la raison, les philosophes grecs ont cependant eu une influence très relative sur la vision anthropomorphique que leurs contemporains, dans toutes les strates de la société, avaient des dieux et expliquaient encore par des travers très humains les vicissitudes de leur existence.

La mythologie grecque a profondément marqué la représentation du démon dans le christianisme médiéval, en particulier à travers Hermès (le messager des dieux est en effet également le dieu des voleurs et celui qui mène les morts dans l'infra-monde) mais surtout son fils, Pan. Celui-ci transmettra en effet au Diable cinq de ses traits de caractère les plus reconnaissables: les sabots, les cornes, le bouc, les pattes velues et l'odeur pestilentielle. Satan héritera en outre de sa dimension de personnification de l'érotisme. En particulier, sous l'influence d'Augustin d'Hippone et d'autres Pères de l'Église qui voient dans la recherche effrénée de l'érotisme un obstacle à la vie de l'âme, les artistes se tourneront vers Pan comme source d'inspiration pour la représentation d'un démon qui en faisant paraître les séductions terrestres comme des absolus, détourne de la vie spirituelle.

Si la distinction entre le bien et le mal est parfois diffuse, de nombreuses déités présentant deux facettes, l'une bienveillante et l'autre malveillante, Hésiode affirme néanmoins que les mauvaises actions sont punies par les dieux qui confient aux Érinyes la tâche de tourmenter ceux qui vont contre les lois du cosmos. C'est avec Platon qu'apparaît une distinction plus claire entre l'aspiration au monde des idées et la tentation de céder aux besoins matériels (une opposition inspirée notamment par le combat de Zeus et Dionysos contre les Titans).

 

Rome

Les chrétiens ont de plus été inspirés par les images des tombes étrusques qui dépeignaient des scènes d'horreur, des démons et des flammes. La mythologie étrusque, qui est de source Chaldéenne, s'est beaucoup inspirée de la mythologie grecque, et durant les premiers siècles de l'hégémonie chrétienne à Rome, elle a dû survivre en parallèle de religions polythéistes. Il paraît donc naturel que les chrétiens se soient inspirés, consciemment ou non, de ce qu'ils avaient sous les yeux, et surtout de ces dieux étrusques qui représentaient pour eux le paganisme, donc l'incarnation du mal. Le Charun étrusque, démon de la mort, est souvent représenté sur les fresques, les sarcophages, les urnes et les vases étrusques dès le IVe siècle av. J.-C., comme un monstre ricanant, hirsute, au nez crochu, aux dents de sanglier, pourvu d'un énorme maillet.

 

Torah et Judaïsme

Le Dieu des Juifs est d'essence moniste, autant adoré pour sa bonté que redouté pour sa colère; il est omnipotent et ne laisse aucune place à la concurrence. À l'opposé des croyances de leurs voisins, le peuple d'Israël ne cherche pas à imputer à des déités externes les événements qu'il ne peut comprendre mais considère plutôt qu'il est le responsable de son propre destin: tout ce qui survient de mal est la conséquence de ses errances et du non respect de son alliance avec Yahvé qui le punit en conséquence. «Je forme la lumière et je crée les ténèbres, je fais le bonheur et je crée le malheur: c'est moi, le Seigneur, qui fais tout cela.» (Ésaïe 45:7). Cette vision, si elle semble correspondre à la mentalité d'un peuple tribal en guerre perpétuelle pour conquérir un territoire, semble moins pertinente après que les Juifs ont vaincu leurs adversaires et commencé à se sédentariser. Les questions d'organisation sociale et de morale émergent alors et les livres des prophètes, rédigés à cette époque, font apparaître une préoccupation particulière pour les questions de bien et de mal. En marge de la théologie officielle, les croyances populaires subsistent et sont évoquées à de nombreuses reprises dans le Deutéronome. Le Judaïsme développe alors la croyance dans l'existence d'un esprit du mal (déjà existante dans d'autres religions), responsable des calamités qui auparavant auraient été considérées comme la justice de Yahweh devant les égarements de son peuple. Le monisme de principe est respecté mais on s'oriente de plus en plus vers un dualisme de facto. Si ces anges (malak Yahweh) ont initialement un rôle neutre et peuvent même apparaître comme la manifestation de Dieu sous une forme visible par l'homme, leur personnalité se dégage peu à peu.

 

Le livre de Job

Après l'exil et la réduction en esclavage à Babylone au VIe siècle av. J.-C., les Juifs s'interrogent sur leur statut de peuple élu. L'incompréhension des Juifs qui peinent à accepter leurs propres péchés comme seule justification des fléaux qui s'abattent sur eux amène à des développements théologiques dont on retrouve la trace principalement dans le Livre de Job. Ce passage marque en effet la première apparition explicite de Satan.

Littéralement «adversaire» ou quelqu'un qui s'oppose, le personnage apparaît plusieurs fois dans l'Ancien Testament et peut-être traduit de différentes manières en fonction du contexte, mais jamais il désigne un ange déchu ni une créature mythologique grotesque; le Livre de Job est néanmoins la première apparition nominative, explicite (on ne parle plus de "serpent" par exemple) de celui-ci. Il y apparaît comme un tourmenteur avec des fonctions bien déterminées et personnifiées pour l'occasion par Job ou l'auteur du livre, un tourmenteur que Dieu ne laisse agir que dans les limites de ce que Job peut supporter et pour rendre l'évidence de sa fidélité à Dieu. En effet, Satan, soutient à Yahvé que la fidélité de Job n'est que le résultat des bontés qui lui ont été accordées et que si sa foi était mise à l'épreuve, sa loyauté ne durerait pas. Satan se voit donc accorder par Dieu la liberté de faire le mal dans le seul but de tester la sincérité de la foi de Job. En aucune façon il s'agit ici d'un ange déchu, un «Malak», mais de fils de Dieu, ou de «ben elohim», désignation qui était appliqué aux fidèles du peuple, surtout à des dirigeants ou des juges qui administraient la justice. Le contexte du livre nous indique clairement que le rôle de Satan est joué par les amis de Job qui cherchent à l'accuser, car Satan signifie aussi l'accusateur. Ils cherchèrent à accuser Job devant l'assemblée des «fils de Dieu», une assemblée typique de croyants qui se rassemblaient pour rendre un culte à Dieu et dont les dirigeants administraient la loi et la justice parmi le peuple.

Alors le Seigneur dit à l'Adversaire: «Soit! Il est en ton pouvoir; respecte seulement sa vie» (Job 2:6). L'essentiel du texte du Livre de Job est constitué par le dialogue avec ses quatre amis au cours duquel Job exprime sa détresse face à une adversité qu'il ne parvient pas à expliquer. Cependant, malgré toutes les épreuves, Job ne renie pas son Dieu: «Sorti nu du ventre de ma mère, nu j'y retournerai. Le Seigneur a donné, le Seigneur a ôté: Que le nom du Seigneur soit béni» (Job 1:21).

Ce texte est fondamental dans la compréhension du personnage de Satan dans la tradition judéo-chrétienne. Il y est nominativement mis en scène et s'il n'a pas le statut d'égal de Dieu, il a son autonomie car le terme s'applique toujours à l'homme dans son opposition à Dieu et à ses serviteurs. Par la suite, cette autonomie sera reprise et développée mais hors du canon, dans la littérature apocryphe et représente les croyances populaires Babyloniennes et non celles du Judaïsme. Le Livre d'Hénoch en particulier décrit la corruption des Saints Vigilants descendus du ciel au nombre de 200 sur le mont Hermon, séduits par les filles de la terre, transposition Babylonienne du récit de la Genèse rédigé lors de la captivité du peuple à Babylone qui dura 70 ans. Cette littérature mythique établit donc un lien entre ce qui est devenu connu comme la légende des anges déchus qui en fut développée, et entre le démon et la sexualité, ainsi qu'avec les femmes qui sera largement repris et amplifié au Moyen Âge, bien que ces passages ne soient pas inclus dans le canon de l'Ancien Testament et ne détiennent aucune autorité sur la foi des fidèles. Les éléments apocalyptiques dans ce genre de littérature ont su capturé l'attention des raconteurs d'histoires et des curieux, et on s'en servait pour amuser les gens. Mais amuser un peuple superstitieux avec de telles histoires ne pouvait faire autrement qu'elles deviennent des vérités dans l'esprit simple des ignorants.

 

Le Diable et la chrétienté

Héritier du Judaïsme, le Christianisme reprend l'idée du Diable mais en fait une personne surnaturelle plutôt qu'un adversaire purement humain comme il en est ainsi dans l'Ancien Testament; une personne qui agit, et non seulement au plan moral par la tentation des fidèles, mais qui agit dans le monde et le séduit pour l'amener contre les fidèles de Dieu. La Vérité ne pouvant que provoquer dans la pensée chrétienne, les persécutions ne peuvent s'expliquer que par l'action d'un Démon mythique. L'Empire romain, premier persécuteur est donc naturellement le premier à se voir qualifier de légion du Démon.

Cette vision se généralise progressivement pour s'étendre à toutes les divisions qui apparaissent au sein même de l'Église: le Diable mythique, le diviseur, est considéré comme à l'origine des disputes et des hérésies. Alors que le canon de la Bible est fixé et que les successeurs des apôtres débattent encore de la nature de l'enseignement du Christ, l'accusation d'hérésie est fréquente et sous-entend une inspiration démoniaque; les errements des autres chrétiens ne pouvant s'expliquer que par l'intervention du «prince des menteurs». Considérer le Diable comme le responsable des divisions entre Chrétiens, comme l'inspirateur des croyances hérétiques et des rites qui en découlent amène peu à peu à accuser les Gnostiques, puis les Bogomils et les Cathares de pratiquer des rites volontairement sataniques.

Cependant, le Christianisme considère que si le Diable est souvent à l'œuvre, il ne l'est que par le biais des hommes, car ils ne peuvent le voir en personne puisqu'il est une entité mythique et inexistante: le premier concile de Braga dans son canon, déclare qu'il ne peut être à l'origine des catastrophes naturelles. Le Christianisme refuse également de voir en lui le pendant mauvais de Dieu et s'oppose en cela à la vision dualiste, héritée du Zoroastrisme. Pour ces derniers le Diable occupe une position clef puisqu'il est considéré non seulement comme le maître du monde matériel dans lequel l'humanité se débat (Dieu étant le maître du monde spirituel) mais comme son créateur. Alors que pour le judéo-christianisme, Dieu est créateur du ciel et de la terre: les choses matérielles sont donc bonnes par nature, seul leur usage peut être mauvais.

Parler du Diable est une chose familière et commune aux Chrétiens superstitieux des premiers siècles. Sa nature et ses pouvoirs sont définis peu à peu et si les théologiens débattent de ces questions au plan spirituel, la masse des croyants conserve une vision très imagée du Démon qui provient de la mythologie. Le Malin est généralement représenté comme une figure humaine dégénérée, plus que comme un monstre surnaturel. Au plan profane, les contes populaires qui le mettent en scène font de lui un adversaire sans grand pouvoirs et aisément trompé. Ses représentations sont d'ailleurs quasi inexistantes avant le VIe siècle et ne deviennent vraiment courantes et accessibles qu'avec les églises romanes dont la statuaire et les vitraux donnent corps au Démon.

Alors que la chrétienté institutionnalisée cherche à s'étendre au-delà des frontières de l'ancien empire romain et est confrontée à de nombreuses et diverses croyances païennes, les divinités locales sont graduellement assimilées au Diable et on lui attribut ainsi plus de puissance. Plus tard, alors que l'Islam prend de l'ampleur et s'étend jusqu'en Europe, la menace est vue comme inspirée du Démon. Les préparatifs de ces expéditions donnent lieu par ailleurs à des persécutions populaires contre les Juifs (diabolisés par la vindicte populaire car ils refusent de payer l'impôt levé spécialement pour la Croisade) ce qui suscite les protestations du Pape.

 

Le Nouveau Testament et l'avènement du Prince des Ténèbres

À l'époque de la rédaction du Nouveau Testament, le canon de la Bible n'est pas fixé et la littérature apocryphe est largement répandue. Il n'est donc pas étonnant que l'on retrouve une influence de celle-ci dans les Évangiles et l'on peut considérer que ces écrits constituent une passerelle entre la vision du Diable tel qu'il est présenté dans l'Ancien Testament et celle qui se dessine dans les premiers textes chrétiens. On voit en effet le livre de Jude citer le livre de l'Assomption de Moïse (Jude 1:9) et celui d'Énoch (Jude 1:14-15). Une autre influence prépondérante est celle de Platon dont la distinction entre le corps (associé à la tentation, au péché et donc au Démon) et l'esprit constitue l'une des caractéristiques distinctives les plus marquantes de la vision du bien et du mal dans les Évangiles.

Mais pour l'apôtre Paul, Satan apparaît comme les ministres de la loi, les juifs adversaires de l'humanité au sens de l'Ancien Testament, une approche que l'on retrouve surtout dans ses épîtres: «...vous avez souffert, de la part de ceux de votre propre nation, les mêmes choses qu'eux de la part des Juifs; Qui ont même mis à mort le Seigneur Jésus, et leurs propres prophètes, qui nous ont persécutés, qui ne plaisent point à Dieu, et qui sont ennemis de tous les hommes; Qui nous empêchent de parler aux Gentils pour qu'ils soient sauvés, comblant ainsi toujours plus la mesure de leurs péchés; mais la colère de Dieu est venue sur eux à l'extrême. Pour nous, frères, ayant été séparés de vous depuis quelque temps, de corps, et non de cœur, nous avons eu d'autant plus d'ardeur et d'empressement de vous revoir. Nous avons donc voulu, une et même deux fois, aller chez vous, au moins moi, Paul; mais la concurrence (Satan) nous en a empêchés.» (1 Thessaloniciens 2:14-18) Il est clair dans ces passages que l'apôtre Paul n'utilise pas le mot Satan pour désigner un ange déchu comme l'on retrouve souvent dans la mythologie et le christianisme moderne. Dans le contexte des enseignements de l'apôtre Paul, le mot Satan est toujours utilisé pour désigné la loi et ses ministres, ainsi que tous ceux qui persistent dans la justification par les œuvres, concurrence de la grâce de Dieu et de la justification par la foi.

Les évangiles synoptiques, dont les historiens estiment qu'ils furent écrits plus tardivement, font quant à eux une place prédominante à l'affrontement entre Jésus et le Diable. Des premières confrontations dans le désert jusqu'à la bataille finale sur le mont du Calvaire, ils se présentent comme le récit d'une bataille entre le bien et le mal, placés de ce fait quasiment sur un pied d'égalité. Jésus mène bataille pour le bien en exorcisant les démons, illustrant ainsi une représentation du monde terrestre aux mains de forces démoniaques responsables de tout le mal, sans toutefois faire allusion à un ange déchu, nous indiquant que la source du mal vient d'ailleurs. C'est probablement dans Jean que ce dualisme est le plus marqué: «Vous avez pour père le Diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fonds; car il est menteur et le père du mensonge.»
(Jean 8:44)

 

Le sens figuratif de l'Apocalypse

Le livre des révélations, également attribué à l'apôtre Jean expose la vision la plus saisissante du Diable, et on y trouve l'unique récit d'un affrontement cosmique de la Bible (Apocalypse 12). Le démon y prend l'aspect du monstre le plus effrayant: «Un autre signe parut encore dans le ciel; et voici, c'était un grand dragon rouge, ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes. Sa queue entraînait le tiers des étoiles du ciel, et les jetait sur la terre.» (Apocalypse 12:3) Le récit se poursuit avec le combat entre le Diable et ses démons d'une part et les anges commandés par Michel d'autre part, combat qui doit être interprété figurativement. En fait le mot «dragon» ou «drakon» en Grec signifie simplement un «souverain», un roi d'une nation, celui qui est en charge d'administrer la loi et la justice qui dans ce contexte se rapporte au roi Hérode et aux ministres de la loi de Moïse, et non une créature mythique grotesque. Chose unique dans le Nouveau Testament, concentrant par ailleurs son attention sur l'aspect tentateur du Démon et son rôle de corrupteur de la nature humaine, le monstre de l'apocalypse est responsable des catastrophes naturelles, à l'instar des déités pré-judaïques. La bête est vaincue, enchaînée en enfer pour mille ans: «Il saisit le dragon, le serpent ancien, qui est le Diable et Satan, et il le lia pour mille ans. Il le jeta dans l'abîme, ferma et scella l'entrée au-dessus de lui, afin qu'il ne séduisît plus les nations, jusqu'à ce que les mille ans fussent accomplis. Après cela, il faut qu'il soit délié pour un peu de temps. (...) Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera relâché de sa prison. Et il sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre (...) Et le Diable, qui les séduisait, fut jeté dans l'étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles.» (Apocalypse 20:2-10)

Le livre de l'Apocalypse, il est vrai, détient certains symboles mythologiques, mais il les présente sous un aspect nouveau dont chaque image demande une interprétation figurative. En aucune façon il approuve l'existence réelle de dragons ayant sept têtes et dix cornes ni d'une guerre des anges dans le ciel, mais chaque aspect des images représente des faits historiques dont la majorité se rapporte à la période du ministère de Jésus et ses disciples, et d'autres au développement du christianisme à travers l'histoire. Nous voyons ainsi par exemple dans Apocalypse 12:4: «Et sa queue entraînait la troisième partie des étoiles du ciel, et elle les jeta sur la terre; puis le dragon s'arrêta devant la femme qui allait accoucher, afin de dévorer son enfant quand elle l'aurait mis au monde.», que ce passage se rapporte à l'histoire du roi Hérode qui voulait tuer Jésus lors de sa naissance: «Hérode cherchera le petit enfant pour le faire mourir... Alors Hérode, voyant que les mages s'étaient moqués de lui, fut fort en colère; et envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient dans Bethléhem et dans tout son territoire, selon le temps dont il s'était exactement informé auprès des mages.» (Matthieu 2:13,16). Tout le livre de l'Apocalypse doit s'interpréter de cette façon figurative si l'on veut obtenir la connaissance réelle de son contenu. Ce livre est la révélation de Jésus-Christ et non la révélation d'anges mythiques qui combattent dans un ciel littéral. Sa compréhension demande non seulement une très bonne connaissance des Saintes Écritures et de l'histoire du christianisme, mais nous demande surtout une connaissance du Grec et de l'étymologie qui nous donne l'origine du sens des mots. Il est impossible de parvenir à une connaissance juste de ce livre en se basant uniquement sur ses traductions française, anglaise ou autre, que nous avons dans nos différentes versions de la Bible. Il y a même un grand danger d'interpréter son texte littéralement comme plusieurs le font.

 

Le Diable et la psychanalyse

Il importe de comprendre que la psychanalyse est l'étude de la science du psyché, terme qui provient du Grec et qui signifie «l'âme», ou encore la «conscience de l'existence de l'être humain». Quoiqu'elle eut un début assez difficile, la science de l'étude de l'âme s'est raffinée pour devenir une aide importante au niveau de la compréhension de la nature humaine déchue. Au début du XXe siècle, Sigmund Freud apporte un nouvel éclairage à la figure du Diable et tente la première approche scientifique des cas de "possession". En étudiant une névrose dite démoniaque au XVIIe siècle, un cas de supposée possession démoniaque en pleine chasse aux sorcières, il suggère que les accusations portées expriment en fait le refoulement des pulsions sexuelles que la morale de l'époque réprouve particulièrement. Freud a dit: «Le Diable n'est pas autre chose que l'incarnation des pulsions anales érotiques refoulées», interprétation assez ambiguë du comportement humain, mais qui détient néanmoins certaines exactitudes. Elle s'inscrit dans le cadre de la théorie qu'il développe selon laquelle les névroses trouvent leur origine dans des désirs sexuels inassouvis.

Selon Freud, le Diable représente en fait une figure patriarcale et incarne la peur et la défiance vis-à-vis du père, tandis que Dieu en représente l'affection et l'influence protectrice: «Il y a là un processus psychique qui nous est bien connu, la décomposition d'une représentation impliquant opposition et ambivalence en deux contraires violemment contrastés (...). Le père serait par conséquent le modèle primitif et individuel aussi bien de Dieu que du Diable.» Cette théorie est loin d'être parfaite, toutefois elle détient dans ce cadre naissant de la psychanalyse, des éléments assez importants qui démontrent que la religion est vue comme une création psychique permettant à l'individu d'accepter le monde qui l'entoure ainsi que sa propre condition mortelle. Le Démon est intégré à l'individu comme faisant partie de son inconscient, luttant à son insu contre sa propre volonté. Cette théorie de Freud touche ici aux premières lueurs de la réalité concernant le Diable et les démons. En faisant ressortir les déséquilibre de la conscience, on peut ainsi procéder à trouver une manière de l'équilibrer. Mais rectifier pleinement l'équilibre d'une conscience déréglée ne peut se faire sans que l'Esprit de Christ habite réellement le cœur du conseiller ou du docteur. Sans l'Esprit de Christ la solution n'est que temporaire, ils peuvent calmer un esprit troublé mais cela souvent qu'avec l'aide d'un sédatif et les dérèglements ne tardent pas à se manifester de nouveau. Malheureusement une psychanalyse réellement chrétienne et biblique n'existe pas encore et n'existera probablement jamais, car le christianisme moderne a sombré complètement dans l'apostasie. Il n'y a que très peu de vrais chrétiens dans le monde aujourd'hui. Toutefois on n'a pas à ce demander pourquoi tellement de personnes dites chrétiennes s'opposent avec virulence à la psychanalyse, car elle dévoile la pensée intérieure de ce qu'ils sont ainsi que l'esprit de rébellion qui demeure en eux.

 

Visions théologiques

D'un point de vue théologique, le Diable est considéré comme un ange révolté contre Dieu, déchu et précipité en enfer, qui pousse les humains à faire le mal, quoique la Bible ne supporte aucunement une telle notion mythologique. La construction d'une telle doctrine n'est possible que si l'on tire des versets hors de contexte pour prouver un prétexte. Si certaines traditions considèrent que le mal vient aussi de Dieu, et que le Diable n'est qu'un de ses aspects ou de ses agents, la plupart lui donnent une dimension autonome. Dans ce cas, selon certains, Dieu laisse dans une certaine mesure le champ libre au Diable, tout en conservant la possibilité de l'enchaîner de nouveau, alors que pour les Manichéens la lutte entre ces deux forces ne peut être arbitrée que par l'homme.

 

Tradition judéo-chrétienne

La tradition judéo-chrétienne présente le Diable comme la personne du mal, une personne vivante et non un symbole ou un principe. Étant supposément un esprit et donc invisible, on ne décrit pas son corps mais on spécule abondamment de ce qui le caractérise: il est celui qui s'oppose à Dieu pour toujours.

Pour les Judéo-chrétiens, Dieu est Amour, Justice, le Chemin, la Vérité et la Vie. Le Diable est donc appelé "le Séducteur", "le Malin", "le Menteur", car étant opposé à la Vérité, à la Lumière (Dieu) il ne peut attirer à lui que par des manœuvres de tromperies. On l'appelle aussi "l'Homicide", car il s'oppose à la Vie (Jésus); "le Diviseur" car seul l'Amour peut unir: de même que l'ombre est l'absence de lumière, le mal n'est que l'absence de bien. On ne peut construire sur le mensonge et le Diable sera donc vaincu à la fin des temps.

La tradition judéo-chrétienne fait de Satan le mythe d'une créature de Dieu qui a refusé d'entrer dans la Lumière mais a au contraire voulu ériger son existence à part, comme l'égal de Dieu. Ce faisant, il s'est coupé de Dieu c'est-à-dire de tout Amour, Justice, Chemin, Vérité et Vie. Le Diable mythique étant un esprit, son intelligence est très élevée et son péché est donc impardonnable, car il savait ce qu'il faisait contrairement aux humains qui sont trompés, aveuglés par lui. Le Diable disparaît à la fin des temps lors de la venue du Fils de l'homme, lors de la réunion du ciel et de la terre.

 

Les mythes Islamiques

D'après les mythes de la religion musulmane ou islamique, le Diable est appelé «Šaytān» (arabe: شيطان) dont le nom propre est Iblis. Lorsqu'Allah (le faux dieu islamique) créa le premier homme nommé «Adam», il demanda à tous les anges de se prosterner devant lui, mais Iblis (Satan) refusa, prétendant que lui qui a été créé de feu ne se prosternerait pas devant un être créé d'argile. Il s'est donc enflé d'orgueil et c'est ainsi de par son arrogance et le refus d'obéir à dieu qu'il fut maudit. Iblis, dans son orgueil demanda alors à dieu par défiance de lui accorder un délai (le laisser vivre jusqu'à la fin du monde) pour égarer les hommes (qu'il hait) du droit chemin. Allah lui accorda ce délai. De ce mythe est née l'idéologie islamique de dominer le monde entier par le truchement de l'immigration dans les nations démoncratiques. Néanmoins leurs desseins machiavéliques ne réussira pas, car un temps est déterminé pour toutes choses et le leur arrive à la fin bientôt.

Dans la religion islamique, exactement comme dans le christianisme et le judaïsme, la responsabilité de la chute n'est pas attribuée à Ève seule. Il est simplement dit que le Démon les tenta. Quand le mot «satan» est utilisé comme nom propre, il s'agit du chef des démons, Iblis. Iblis fait partie des jinns, créatures de feu qui ont, comme les hommes en islam, le libre-arbitre, ce qui est contraire à la Souveraineté absolue du Dieu Tout-Puissant. Alors que les anges sont des créatures de l'ordre de la lumière, les djinns seraient des créatures de l'ordre du feu antérieures à la création d'Adam.


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