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Joseph Smith et les Mormons-1


mai 18, 2016 par GoDieu


Fragments sur les Mormons. 1.

Joseph Smith
ou examen de leurs prétentions relativement à leur Bible,
à leur prophète et à leur Église.


Temple des Mormons à Salt Lake City, Utah, États-Unis d'Amérique
Temple des Mormons à Salt Lake City, Utah, États-Unis d'Amérique

Le coût de ce château et son entretien aurait pu aidé combien de gens en nécessité?
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Rien, peut-être, ne démontre mieux le triste état de dissolution dans lequel gît la chrétienté de nos jours, que l'apparition du Mormonisme avec ses fables et le nombre de sectateurs qu'il a entraînés en peu d'années. Comment se fait-il que les Mormons aient pu en imposer? Serait-il vrai qu'une communauté dont l'objet n'est après tout que le bien-être temporel, — un corps religieux fondé sur l'imposture, lié par de vaines promesses et maintenu par l'autocratie de quelques meneurs, soit l'Église de Dieu?

Ce n'est point une église. Les Mormons sont une société, une colonie de formation récente, établie dans la Californie, où elle défriche des terres, exploite de l'or au profit de ses chefs, et d'où elle envoie, dans le monde, des agents pour recruter des adhérents et augmenter sa population.

Cette société, il est vrai, se pare d'une profession religieuse et s'intitule: L'Église des saints des derniers jours, fondant ses prétentions sur la possession d'une nouvelle Bible, et sur des révélations que Dieu aurait faites récemment au prophète américain, Joseph Smith. Cette nouvelle bible, c'est le Livre de Mormon.

Les apôtres de cette église nous font, sur son origine, l'histoire suivante:

«Vers l'an 1823, un jeune homme du nom de Joseph Smith, demeurant à Palmyre près de New-York, aux États-Unis de l'Amérique du Nord, suppliait Dieu de lui donner, selon sa promesse, la sagesse qu'il donne à tous libéralement sans la reprocher. Dieu lui répondait en l'honorant de visions admirables. Smith vit, entre autres, dans le ciel une lumière brillante et glorieuse qui lui parut d'abord à une grande distance, puis s'approcha de lui par degrés et illumina le désert de sa gloire, sans consumer les arbres des forêts. Deux personnages glorieux lui apparurent dans cette lumière et lui firent des révélations de grande importance, celle, en particulier, que Dieu bientôt ferait prêcher la plénitude de l'Évangile, avec force, à toutes les nations.

Dans une autre vision, un ange lui apprenait qu'il était choisi de Dieu pour servir à une œuvre merveilleuse sur la terre, que des registres, contenant l'histoire de l'Amérique ancienne et des révélations sacrées, avaient été cachés dès longtemps et conservés jusqu'alors — et que, s'il continuait à être fidèles ces registres lui seraient confiés.»

Joseph Smith et les Mormons, 1854

«Puis après quatre années, durant lesquelles il eut diverses révélations, il fut divinement conduit vers une colline du Canandaigue, comté d'Ontario, où l'ange du Seigneur le mit en possession des célèbres registres. C'étaient des plaques d'or ou d'un métal semblable à l'or, liées les unes aux autres par trois anneaux. Ces plaques avaient 8 pouces de longueur sur 7 de largeur. Elles étaient couvertes de hiéroglyphes égyptiens soigneusement gravés. Le tout était enterré dans une sorte de coffre formé de pierres et cimenté de manière à prévenir la pénétration de l'eau. Avec les plaques, Joseph Smith trouva, dans le coffre, le bois d'un arc, aux extrémités duquel étaient enchâssées deux pierres transparentes. Tout illettré qu'il fût, il pouvait, en regardant au travers, déchiffrer les caractères égyptiens et les traduire dans sa propre langue. Ces pierres s'appelaient: Urim et Thummim. Sur l'ordre du Seigneur, revêtu de l'inspiration et aidé de l'Urim et Thummim, il se mit à traduire les plaques en anglais. La traduction parut en 1850 sous le nom de Livre de Mormon. (1)

«Peu avant la publication du Livre de Mormon, un ange étant apparu à Joseph Smith et à Olivier Cowdery, leur imposa les mains et leur donna l'ordre de se baptiser l'un l'autre, ce qu'ils firent.

Ensuite Joseph Smith ayant fait connaître sa doctrine et répandu le Livre de Mormon, plusieurs personnes obéirent au livre sacré, se repentirent et furent baptisées pour la rémission de leurs péchés, puis ces adeptes reçurent l'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit.

Et, le 6 avril 1830, «l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours» fut fondée sous la direction du prophète Smith à Fayette (État de New-York). D'entre ceux qui la composaient, quelques-uns furent ordonnés par l'esprit de révélation et la prophétie. Ils rendirent témoignage selon que l'Esprit les faisait parler; ils amenèrent beaucoup de personnes à la repentance, les baptisèrent et leur imposèrent les mains; ce à quoi Dieu répondait par des visions d'en haut. Ces témoins des derniers jours chassèrent les démons, guérirent les malades par la prière de la foi et l'imposition des mains, poursuivant leur œuvre au milieu de la persécution. (2)»

Telle est, en résumé, l'origine du Mormonisme d'après l'histoire qu'en donnent ses propres apôtres. Joseph Smith, en l'établissant, en a posé pour base le livre de Mormon. Or ce livre donné comme venant de Dieu et devant servir à une œuvre de sa part, c'est une imposture. On a là-dessus des témoignages positifs, comme on a aussi dans l'ouvrage même des indications qui révèlent la fraude.

D'abord, Joseph Smith n'a jamais montré les plaques hiéroglyphiques, si ce n'est à onze privilégiés à qui, dit-il, la permission de les voir fut accordée d'en haut et desquels le témoignage est annexé au Livre de Mormon. Nul autre n'a vu ces plaques originales. Pourquoi ces onze témoins? C'était pour affirmer l'authenticité du nouveau livre, sans se voir obligé de montrer publiquement l'original, c'est-à-dire, les plaques desquelles Smith disait l'avoir traduit. Trois d'abord: Olivier Cowdery, David Whitmer, Martin Harris attestent qu'un ange de Dieu vint du ciel et leur présenta les plaques; qu'ils les virent et les touchèrent. Huit autres, dans une seconde attestation, déclarent que Joseph Smith leur a montré les plaques, qu'ils les ont touchées de leurs mains et qu'ils ont vu les caractères qui y étaient gravés. Suivent leurs signatures: Christian Whitmer, Jacob Whitmer, Peter Whitmer junior, John Whitmer, Hiram Page, Joseph Smith senior, Hyrum Smith, Samuel H. Smith.

Il est à remarquer que, des huit qui rendent ce second témoignage, tous, à l'exception de Hiram Page, appartiennent aux deux familles Whitmer et Smith. Les trois Smith étaient le père et les deux frères du prophète. Qu'était la famille Whitmer? Dans quel rapport était-elle avec la famille Smith? c'est ce qui reste ignoré. Mais ce groupe de témoins en deux familles, dont l'une est celle du prophète, rend leur témoignage douteux. Celui des trois autres témoins est encore plus suspect, si l'on en juge par leur conduite ou par le caractère que leur font les Mormons eux-mêmes. Après avoir fait partie de l'Église des saints des derniers jours, les uns et les autres l'abandonnèrent ou en furent chassés. Examinons-les individuellement.

Oliver Cowdery

OLIVIER COWDERY

Joseph Smith ne se fiait pas à lui. Dans une occasion, où une somme d'argent devait lui être confiée pour la porter à Indépendance, Joseph voulut qu'il fut accompagné et émit à ce sujet la révélation suivante, qu'on lit à la page 168 du livre Mormon intitulé: Doctrine and Covenants. (3)

On ne pouvait pas se fier à Olivier Cowdery pour une question d'argent, et l'on se fierait à lui pour des intérêts éternels!

DAVID WHITMER

À la suite des troubles et des dissensions qui éclatèrent parmi les Mormons en 1838, David Whitmer, Olivier Cowdery et d'autres, ayant encouru les châtiments de l'Église, furent congédiés avec une bulle d'excommunication, signée par quatre-vingt-quatre Mormons et lancée contre eux par Sidney Rigdon. En voici un fragment:

David Whitmer

«Vous quitterez le comté et aucun pouvoir ne vous sauvera. Trois jours de 24 heures vous seront donnés, après la réception de cette communication, pour que vous partiez en paix avec vos familles... Vous n'aurez aucun moyen d'échapper, car il y a contre vous ce décret: Partez! partez! ou une calamité fatale tombera sur vous. — Olivier Cowdery, David Whitmer, et Lyman E. Johnson se sont unis avec une bande de faussaires, de voleurs, de menteurs et de mauvais sujets (black legs) de la plus noire teinte, pour tromper, duper, frustrer les saints de leurs biens, par tous les stratagèmes que la méchanceté puisse inventer; usant de l'influence des plus viles persécutions sans même en excepter le vol. (4)»

Martin Harris

MARTIN HARRIS

Son caractère est signalé par Smith dans un article du Journal Mormon, l'Elder's Journal, publié à Far-West: —

«Nous avons appris une chose, c'est qu'il est des nègres à peau blanche comme il en est à peau noire. Granny Parish et quelques autres qui ont agi en valets, tels que Martin Harris, Joseph Coe, Cyrus P. Smalley, etc., sont si peu dignes d'attention, qu'en prendre note serait un trop grand sacrifice pour un homme comme il faut (a gentleman). (5)»

Il paraît que Martin Harris, en particulier, faisait bon marché de la vision de l'ange et de tous les témoignages concernant les plaques. Nous apprenons d'Abigail Harris, ce qui suit:

«Martin Harris et sa femme étaient chez moi, dit-elle. En conversant sur les Mormons, elle exprima à son mari le désir qu'il les quittât, car elle croyait que tout cela n'était que fausseté et tromperie. À quoi j'entendis M. Harris répondre: Quoi! fût-ce une imposture, si vous me laissez faire seul, j'en retirerai de l'argent.»

Daté, Palmyre, Wayne County, New-York, 28 du 11e mois de 1833. (6)

Ainsi donc Olivier Cowdery ne méritait pas qu'on lui confiât une somme d'argent. — David Whitmer et Olivier Cowdery étaient des hommes capables de se joindre à une bande de faussaires pour tromper et duper. — Martin Harris était si peu digne, que ce serait pour un homme comme il faut un trop grand sacrifice que de faire attention à lui. Et d'ailleurs, au besoin, il ferait de son témoignage une affaire d'argent. Jugeons par là de l'authenticité du livre de Mormon. Combien vaut le témoignage de tels hommes?

Puis le livre de Mormon n'est pas homogène. En divers endroits du volume anglais, sorti des mains de Joseph Smith, on découvre des additions dont plusieurs sont marquées par des fautes de grammaire et font avec le reste un contraste évident. Le fond de l'ouvrage est une narration sur les premiers temps de l'Amérique ancienne; narration dont le style révèle un écrivain qui connaît sa langue. Par dessus, sont greffés des sujets religieux empruntés à l'Ancien et au Nouveau Testament, qui dénotent un écrivain ignorant et illettré (7). Ces fautes de grammaire sont à peu près comme en français: je disons, vous disez, ils aviont. D'où, par conséquent, naît la pensée que ce livre doit avoir deux auteurs: l'un qui écrivait bien l'anglais, l'autre qui l'écrivait mal. Retenez ceci, qui sera expliqué ci-après.

Ces portions religieuses du volume mormon sont parfois de longues citations de la Bible. Le prophète Ésaïe fournit un bon nombre de ces citations. Le 49e chapitre, par exemple, s'y trouve presque dans son entier et dans les termes mêmes de la version anglaise (8). Ceci encore soulève des questions et fait demander, comment la traduction d'originaux différents peut donner un résultat identique. En supposant d'ailleurs que les originaux fussent les mêmes, ce que Smith ne prétend point, comment se peut-il aussi que les traducteurs de la Bible, qui n'avaient point les pierres transparentes ni l'inspiration prétendue de Smith, aient traduit dans les mêmes termes? C'est singulier, mais tout s'explique, si l'on admet que Joseph Smith nous donne des extraits de la Bible dans le livre de Mormon. (Voir l'Appendice).

De la même manière qu'il fait des emprunts à la Bible, ce Livre prête aux premiers âges du monde, des inventions modernes. Dans les premières pages l'auteur met dans la bouche de Néphi ces paroles: Je pris la boussole (9). Or selon cette narration, l'événement avait lieu au temps de Sédécias, et la boussole n'est connue que depuis 5 ou 600 ans. L'auteur l'ignorait sans doute. Il aurait pu nous dire encore que ces voyageurs traversèrent l'Océan en Bateau à Vapeur. C'eût été aussi croyable que la boussole dans les mains de Néphi plusieurs siècles avant l'ère chrétienne.

Enfin, en divers endroits, le Livre de Mormon donne un démenti à la Bible. Un exemple suffira. À la page 499, il nous dit que l'Amérique est, «au-dessus de toutes les autres, une terre choisie du Seigneur, — que là sera bâtie de nouveau la Jérusalem ancienne, laquelle sera une sainte cité au Seigneur.» — Et la Bible, de son côté, déclare que «Canaan est la noblesse de tous les pays, que Jérusalem y sera bâtie de nouveau et sera une sainteté à l'Éternel.» (Ézéchiel 20:6; Jérémie 31:38-40)

Tout cela n'est pas une recommandation pour le livre du nouveau prophète. Évidemment il porte les marques de la fraude.

Si donc on demande, quels sont les témoins du Livre de Mormon? la réponse est: les supercheries de Joseph Smith, dont ce livre fournit la preuve. Mais il est encore bien des choses à dire en confirmation.

Parlons de la traduction des hiéroglyphes par Joseph Smith. Comme il était sans instruction et n'écrivait que fort mal, il se trouvait dans le cas d'être aidé par des mains étrangères. Il eut recours au service de scribes. Mais il ne leur montrait point les plaques aux hiéroglyphes. Il avait tendu un rideau derrière lequel, disait-on, se trouvait un coffre contenant les plaques. Smith s'y plaçait lui seul, et de là dictait le contenu de ces tables, ou faisait passer à son copiste, de l'autre côté du rideau, des morceaux de papiers écrits par lui. Les scribes du prophète étaient assez bénévoles pour ne point se choquer de tous les mystères qui accompagnaient ce travail. Smith, en outre, avait adopté pour sa nouvelle bible, une orthographe et des expressions particulières, auxquelles le scribe devait aussi se conformer.

Olivier Cowdery et Martin Harris furent ceux qui l'aidèrent le plus en cette qualité. Le dernier désirait vivement voir les plaques. Personne n'y avait droit plus que lui, dont la bourse fournissait aux dépenses du prophète et allait s'ouvrir pour une somme considérable consacrée à l'impression du livre qu'on traduisait. C'était néanmoins difficile. D'un autre côté, Smith n'osait le lui refuser; mais il contint l'impatience de son ami par une révélation de l'Éternel ainsi conçue:

«Et maintenant encore, je vous dis à vous, mon serviteur Joseph, concernant l'homme qui désire voir le témoignage (M. Harris). Voici, je lui dis qu'il s'exalte lui-même et qu'il ne s'humilie pas assez devant moi; mais s'il veut s'incliner devant moi, s'humilier en ardentes prières et par la foi, dans la sincérité de son cœur, alors je lui accorderai la vue des choses qu'il désire voir...

Et moi, le Seigneur, je commande à mon serviteur Martin Harris, qu'il n'en parle plus, excepté lorsqu'il pourra dire: je les ai vues, elles m'ont été montrées par le pouvoir de Dieu.» — (Doctrine and Covenants, p. 173 et 174.)

Et Martin Harris d'attendre; mais sa femme n'eut pas la même patience. Suspectant l'inspiration que s'attribuait Joseph Smith, elle résolut malignement de le mettre à l'épreuve et ravit à son mari 117 pages de la traduction. Elle pensait que si Joseph Smith traduisait réellement par inspiration, il pourrait sans difficulté reproduire la portion perdue et que, par cela, on connaîtrait sa capacité de traducteur. Que fit Joseph? Il émit une révélation, en vertu de laquelle Dieu lui défendait de traduire une seconde fois la portion perdue:

«Voici, je vous dis, vous ne traduirez pas une seconde fois les paroles qui sont échappées de vos mains; car voici, ils n'accompliront pas leur méchant dessein en mentant contre ces œuvres. Car voici, si vous deviez reproduire tes mêmes mots, ils diraient que vous avez menti; que vous avez prétendu traduire, mais que vous vous contredisez vous-même; et voici, ils le publieraient, et Satan endurcirait leurs cœurs et les exciterait à la colère contre vous, afin qu'ils ne croient pas mes paroles.» — (Doctrine and Covenants, p. 180).

Par cela, Smith échappait à l'obligation compromettante de fournir une seconde traduction, qui eût probablement été différente de la première; mais par la même mesure, il mettait ses disciples dans une autre difficulté; car maintenant leur Bible demeure incomplète et comment peuvent-ils dire qu'elle contient la plénitude de l'Évangile?

Type de caractère gravé sur les plaques

Néanmoins, durant ces conjonctures, Joseph Smith fut assez généreux pour confier à Martin Harris, un fragment des hiéroglyphes, copié sur un morceau de papier. Il le lui remit, en lui permettant de le soumettre à tous les savants qu'il voudrait. Martin Harris se rendit à New-York auprès de M. Anthon, professeur, jouissant d'une haute réputation en Amérique et en Europe et bien connu par de bonnes et correctes éditions des classiques. Les Mormons, à cette époque, étaient trop insignifiants pour attirer l'attention, et le résultat de l'entrevue de M. Harris avec le savant, resta ignoré pendant trois ou quatre ans. Mais les Mormons, ayant répandu le bruit que ce professeur avait vu les plaques et avait déclaré que les caractères étaient de l'égyptien, M. E.D. Howe, de Painesville, Ohio, lui adressa une lettre en le priant de déclarer le fait. Le professeur lui donna, sur son entrevue avec Martin Harris, la réponse suivante:

New-York, le 17 février 1834.

Cher Monsieur,

J'ai reçu votre lettre le 9 et j'y réponds sans perdre de temps. Toute l'histoire, concernant l'inscription mormone, que j'aurais déclarée être un «hiéroglyphe égyptien réformé», est parfaitement fausse. Il y a quelques années qu'un jeune fermier, à l'apparence un peu simple, vint me voir avec une note du docteur Michel de notre ville, aujourd'hui décédé, me demandant de déchiffrer, s'il était possible, un papier que le jeune homme me présenterait. En examinant ce papier, j'arrivai tout de suite à la conclusion que ce n'était autre chose qu'une supercherie, peut-être une mystification. Quand je demandai au jeune homme qui me le présentait, d'où lui venait ce papier, il me fit l'histoire suivante: — Un «livre d'or», composé d'un certain nombre de plaques, liées par des fils de même métal, a été tiré de la terre dans le nord de l'État de New-York et avec ce livre une paire de lunettes d'une dimension énorme. Ces lunettes étaient si grandes qu'une personne pouvait, des deux yeux, regarder au travers du même verre; elles étaient décidément trop grandes pour une face humaine. «Quiconque», disait-il, «examine les plaques au travers des verres, peut, non-seulement les lire, mais les comprendre pleinement.» Néanmoins toute cette connaissance n'était le privilège que d'un jeune homme qui avait, en sa seule possession, le coffre contenant le livre et les lunettes. Ce jeune homme se plaçait derrière un rideau dans le grenier d'une ferme, et, étant ainsi soustrait aux regards, mettait les lunettes par moments, ou plutôt regardait au travers de l'un des verres, déchiffrait les caractères contenus dans le livre, et ayant transcrit quelques-uns de ces caractères, il les tendait de derrière le rideau aux personnes qui se tenaient de l'autre côté.

Rien ne fut dit par le jeune homme, concernant l'intelligence de ces caractères par le «don de Dieu». Les grandes lunettes faisaient tout. Le fermier ajouta qu'on lui demandait de contribuer de son argent pour la publication du «livre d'or», dont le contenu, selon qu'on le lui disait, produirait dans le monde un changement complet, et le sauverait de la ruine. Les sollicitations étaient si pressantes, qu'il avait l'intention de vendre sa ferme et d'en donner le prix à ceux qui désiraient publier les plaques. Et pour dernière précaution, il s'était décidé à venir à New-York, pour demander l'opinion des hommes instruits, concernant la signification du papier qu'il avait avec lui, et qu'on lui avait remis comme un fragment du livre, quoique, en ce moment, le jeune homme aux lunettes n'en eût pas encore fait la traduction. En entendant cette histoire bizarre, je changeai d'opinion sur ce papier et au lieu de le considérer plus longtemps comme une mystification, je jugeai que ce pourrait bien être une combinaison pour duper le fermier. Je lui communiquai mes soupçons en l'avertissant de prendre garde aux fripons. Il me demanda mon opinion par écrit, ce que naturellement je déclinai, puis il partit emportant son papier avec lui.

Au fait, le papier en question était un singulier assemblage de caractères crochus de tous genres, disposés en colonnes. Il avait évidemment été composé par quelqu'un qui avait devant soi un livre contenant différents alphabets: du grec, de l'hébreu, des caractères en croix et des ornements. Des lettres romaines renversées, ou écrites horizontalement, étaient disposées en colonnes perpendiculaires. Le tout finissait par un cercle grossièrement tracé, divisé en divers compartiments et couvert de signes particuliers, copiés évidemment du calendrier mexicain, donné par Humboldt; mais copié de manière à ne pas en trahir l'origine. Je suis d'autant plus précis sur le contenu de ce papier, que j'en ai parlé fréquemment avec mes amis depuis que le mouvement mormoniste a commencé; et je me rappelle très bien que le papier contenait tout autre chose que des «hiéroglyphes égyptiens.»

Peu de temps après, le même fermier me fit une seconde visite. Il portait avec lui le «livre d'or» imprimé et m'offrit de l'acheter. Je m'y refusai. Il me demanda alors la permission de me laisser le livre pour l'examiner. Je refusai également, quoiqu'il fût extrêmement pressant. Je l'avertis de nouveau contre la friponnerie qui, dans mon opinion, avait été exercée sur lui et lui demandai ce qu'étaient devenues les plaques d'or. Il me répondit qu'elles étaient dans le coffre avec les lunettes. Je lui conseillai de s'adresser au magistrat et de faire ouvrir le coffre. Il me dit: «La malédiction de Dieu tombera sur celui qui le fera.» Néanmoins comme je le pressais d'aller au magistrat, il consentait à faire ouvrir le coffre, si je voulais prendre sur moi «la malédiction de Dieu». Cela, je le lui accordai très volontiers et lui offris de courir tous les risques de cette nature, pourvu que je pusse seulement l'arracher de la main des fripons. Puis il me laissa. — Je vous ai donné une relation complète de tout ce que je connais de l'origine du Mormonisme, et je vous demande comme une faveur de publier cette lettre immédiatement, dussiez-vous de nouveau trouver mon nom mentionné par ces misérables fanatiques.

Avec respect, je suis,
«CHARLES ANTHON.» (10)

De l'égyptien réformé, c'est encore une invention de Joseph Smith. Il n'y a pas dans le monde une langue soit moderne soit ancienne, connue sous ce nom. Mais pour pouvoir faire passer la fraude, il lui importait nécessairement d'indiquer une langue entièrement inconnue; car eût-il déclaré simplement que les plaques étaient des hiéroglyphes égyptiens, il courait la chance de rencontrer des hommes qui, bien qu'en petit nombre, entendraient quelque chose aux hiéroglyphes, et pourraient découvrir la supercherie. Néanmoins son égyptien réformé ne lui a pas mieux réussi. De cet échantillon confié à Martin Harris, on peut inférer ce qu'étaient les plaques elles-mêmes, si jamais Smith a possédé dans son coffre des plaques contenant des caractères gravés. La lettre suivante, écrite quelques années après celle du professeur Anthon, met le sujet dans une pleine évidence. Elle parut dans le Journal de Boston, sous date du 18 Mai 1839.

Comme le Livre de Mormon ou la Bible d'or (ainsi qu'il fut primitivement appelé) a excité une grande attention et qu'il jouit aujourd'hui, auprès d'une nouvelle secte, d'une autorité égale à celle des Saintes-Écritures, je pense qu'il est de mon devoir, envers le public, de faire connaître ce que je sais sur l'origine de ce livre.

...Salomon Spaulding à qui, dans ma jeunesse, je fus unie en mariage, était gradué du Collège de Darmouth et était distingué par une imagination vive et un goût très marqué pour l'histoire. À l'époque de notre mariage, il demeurait à Cherry Valley, New-York. De là nous vînmes à New-Salem, comté d'Ashtabula, Ohio, appelé quelquefois Conneaut, par sa position sur la baie de ce nom. Peu après notre arrivée, il tomba malade et dut cesser tout travail suivi. Dans la ville de New-Salem, il y a un grand nombre de remparts et de forts que plusieurs supposent être les ruines d'édifices et de fortifications d'une race éteinte aujourd'hui. Ces anciennes reliques attirent l'attention des nouveaux arrivés et deviennent un objet de recherche pour les curieux.

Quantité de meubles et d'ustensiles y ont été trouvés, ainsi que divers articles annonçant une grande habileté dans les arts. M. Spaulding, étant un homme instruit et passionné pour l'histoire, prit un grand intérêt à ces découvertes de l'antiquité et, afin de moins sentir ses heures de retraite et de fournir un aliment à son ardente imagination, il conçut l'idée de donner une esquisse historique de cette race perdue. L'extrême antiquité qu'elle annonçait le conduisit à écrire en vieux style et, comme le Vieux Testament est le plus ancien livre du monde, il en imita le style d'aussi près qu'il le put. Son seul objet, en écrivant cette histoire imaginaire, était de se distraire et de récréer ses voisins. C'était vers l'an 1812. Je me rappelle très bien cette date. À mesure qu'il avançait dans son travail, les voisins venaient de temps en temps pour entendre la lecture de quelques fragments; leur intérêt était vivement excité. L'ouvrage était supposé avoir été écrit par quelqu'un de la nation éteinte et trouvé plus tard dans la terre. Il portait le titre de Manuscrit trouvé. Souvent les voisins s'informaient si M. Spaulding avançait en déchiffrant le manuscrit, et demandaient qu'il voulût bien, quand une portion suffisante serait prête, les en informer, afin qu'ils s'assemblassent pour en entendre la lecture. Connaissant les classiques et l'histoire ancienne, il lui fut facile d'introduire, dans le récit, plusieurs noms singuliers, qui furent particulièrement remarqués du peuple et pouvaient être facilement reconnus. M. Salomon Spaulding avait un frère, M. John Spaulding, qui alors résidait dans le même lieu. Cet ouvrage lui était parfaitement connu. Il en avait maintes fois entendu la lecture en entier. De New-Salem, nous vînmes demeurer à Pittsburgh, en Pensylvanie. Là, M. Spaulding se lia avec M. Patterson, éditeur d'un journal. Il lui montra son manuscrit. M. Patterson y prit un grand intérêt et l'emprunta pour le lire. Il le garda longtemps, puis demanda à M. Spaulding d'y faire un titre et une préface, désirant qu'on l'imprimât et assurant que ce serait avec succès et profit. M. Spaulding s'y refusa. Sidney Rigdon, qui a figuré si grandement dans l'histoire des Mormons, était à cette époque en relation avec l'imprimerie de M. Patterson; et c'est une chose bien connue dans cette contrée, Rigdon lui-même l'a souvent déclaré, qu'il eut en mains le manuscrit de M. Spaulding et le copia. C'était un fait notoire pour toutes les personnes en relation avec l'imprimerie. À la fin le manuscrit revint à l'auteur et peu après nous partîmes pour Amity, comté de Washington, où M. Spaulding mourut en 1816. Le manuscrit alors m'échut et fut soigneusement gardé. Il a été fréquemment examiné par ma fille, Mme. Mackenstry, de Monson, Massachussets, avec qui je demeure maintenant, et par d'autres amis.

Après que le livre de Mormon eut paru, un exemplaire en fut porté à New-Salem, l'ancienne résidence de M. Spaulding, le lieu même où le «Manuscrit trouvée» avait été écrit. Une femme, prédicateur, y convoqua une réunion; et, durant son discours, lut et répéta de longs extraits du livre de Mormon. La partie historique fut immédiatement reconnue de tous les plus vieux habitants, comme parfaitement identique avec l'ouvrage de M. Spaulding, auquel, longtemps auparavant, ils s'étaient si profondément intéressés. M. John Spaulding était présent et reconnut parfaitement l'ouvrage de son frère. Il en fut si étonné et affligé qu'il ne put contenir sa douleur: il fondit en larmes, se leva sur-le-champ et exprima devant l'assemblée sa tristesse de voir les écrits de son frère défunt, servir à une œuvre si révoltante. L'excitation dans New-Salem devint si grande, que les habitants eurent une assemblée et députèrent ici le docteur Philastus Hurlbut, l'un d'entre eux, chargé de me demander le manuscrit original de M. Spaulding, désirant le comparer avec la Bible des Mormons, pour satisfaire leur propre esprit et empêcher leurs amis de tomber dans un piège aussi grossier. Cela se passait en 1834. Le docteur Hurlbut était porteur d'une lettre d'introduction, signée de Messieurs Henry Lake, Aaron Wright, et autres, qui tous m'étaient connus, vu qu'ils étaient mes voisins quand je demeurais à New-Salem. Je suis sûre que rien n'aurait autant fait de peine à mon mari vivant que l'usage auquel on faisait servir son travail. L'air d'antiquité, qui en caractérise la composition, suggéra sans doute l'idée de le faire servir à cette œuvre de fausseté. Ainsi, un roman historique avec l'addition de quelques expressions pieuses, tirées de l'Écriture sainte, a été converti en une nouvelle Bible, et donné, par la jonglerie, comme divin à une troupe de pauvres fanatiques déçus. J'ai donné la narration précédente, quoiqu'en abrégé, pour aider les recherches sur l'origine de cette œuvre d'iniquité et de profonde déception, afin que les auteurs en soient exposés au mépris et à l'exécration qu'ils méritent si justement.

«MATILDA DAVISON.» (11)

Avec cette explication, on comprend comment un homme sans instruction tel que Joseph Smith, s'est trouvé capable de composer un volume de 500 pages. Mais jusqu'ici l'on ignore comment Smith et Sidney Rigdon ont été mis en rapport.

Ce qu'on sait, c'est que dès le début du Mormonisme, Sidney Rigdon a été le bras droit de Joseph Smith et que parfois il tentait de partager son autorité. Il n'y parvint jamais cependant. Son ambition déçue l'amena plus d'une fois à rompre avec Smith; mais toujours les Mormons parvenaient à le réconcilier; il était trop influent pour qu'on le laissât dans une position d'ennemi. Après la mort de Joseph Smith, il aspira à la succession. Les Mormons la donnèrent à Brigham Young et éloignèrent Rigdon qui, depuis, leur demeura constamment hostile.

Sa vengeance, les Mormons la redoutaient extrêmement et leur frayeur, dans ce cas, indique passablement la complicité de Sidney Rigdon avec Smith dans la publication du livre de Mormon.

«Frère Sidney déclare qu'il veut raconter nos secrets», s'écriait Brigham Young en cette circonstance, «mais je dirai: Oh! ne le faites pas, frère Sidney! ne dites pas nos secrets — oh! ne le faites pas! Mais s'il dit les nôtres, nous dirons les siens. L'un pour l'autre. Pendant longtemps à Pittsburgh, il a eu des visions révélant une affreuse iniquité parmi les saints. Maintenant, s'il connaît une telle iniquité, et s'il possède un tel pouvoir, pourquoi est-ce qu'il ne nous en purifie pas? Il professe qu'il a les clefs de David. Pouvoir merveilleux! Révélations merveilleuses! Et ainsi il veut publier notre iniquité! Ô cher frère Sidney! ne publiez pas notre iniquité! Je vous en prie, ne le faites pas.» (12)

Le pouvoir de traduire par inspiration que Smith prétendait posséder, a aussi été mis à l'épreuve d'une manière à laquelle il ne s'attendait pas. Le témoignage, qui en résulte, ne touche, il est vrai; qu'indirectement le livre de Mormon, déjà publié depuis plusieurs années, quand arriva le fait dont nous allons parler. Mais s'il n'affecte pas directement le livre de Mormon, il nous fait du moins connaître Joseph Smith, en sa capacité de traducteur par inspiration. En 1842, M. Caswall visita Nauvoo, muni d'un manuscrit grec des Psaumes, vieux d'environ 600 ans, et le présenta au prophète mormon, en lui demandant ce qu'il en pensait. Smith, sans décliner sa capacité de traduire par inspiration, déclara que ce manuscrit était un dictionnaire de hiéroglyphes égyptiens.

«Le prophète, dit M. Caswall, me conduisit dans sa maison, accompagné d'un grand nombre d'anciens, de prédicateurs et d'autres dignitaires mormons. En entrant on offrit des chaises au prophète et à moi, tandis que les spectateurs curieux se tenaient debout la bouche ouverte. Je tendis le livre au prophète, et le priai d'en expliquer le contenu. Il me demanda si j'en avais quelque idée. Je lui répondis que je croyais que c'était un Psautier grec; mais que j'aimerais connaître son opinion. «Non», dit-il, «ce n'est pas du grec du tout, excepté peut-être quelques mots. Ce qui n'est pas grec est égyptien, et ce qui n'est pas égyptien est grec. Ce livre est d'un grand prix. C'est un dictionnaire de Hiéroglyphes égyptiens. Montrant les lettres capitales au commencement de chaque verset, il disait: «Ces figures sont des hiéroglyphes égyptiens; et ce qui suit, c'est l'interprétation des hiéroglyphes écrite en égyptien réformé. Ces caractères ressemblent aux lettres qui étaient gravées sur les plaques d'or.» Sur quoi, les Mormons qui nous entouraient, commencèrent à me féliciter des informations que je recevais. «Nous vous le disions bien», ajoutaient-ils, «nous vous disions bien que notre prophète vous satisferait. Personne que lui ne peut expliquer ces mystères.» Le prophète, dans ce moment, se tourna vers moi et me dit: «Ce livre ne vous est d'aucune utilité, vous ne le comprenez pas.»

«Oh! oui», répondis-je, «il m'est de quelque utilité».

...Ayant montré le livre au prophète, je le priai en retour de me montrer ses papyrus et de m'en donner l'explication, laquelle j'avais déjà reçue quoique indirectement. Nous nous rendîmes au bureau accompagnés de la multitude. Il ouvrit la boîte contenant les papyrus, que j'avais vus le jour précédent; mais il ne parut guère empressé d'en expliquer les figures. Je lui montrai du doigt un hiéroglyphe particulier, lui demandant d'en donner la signification. Ne recevant point de réponse, je levai les yeux, mais, ô merveille! le prophète avait disparu. Les Mormons me dirent qu'il venait de sortir et que probablement il rentrerait bientôt. J'attendis un peu mais en vain: à la fin je descendis à la rue. J'entendis un bruit de roues et vis dans ce moment le prophète dans une légère voiture, agitant son fouet et roulant aussi vite que deux beaux chevaux pouvaient le traîner. Comme il disparaissait enveloppé d'un nuage de poussière, je sentis que j'avais tourné une autre page du grand livre de la nature humaine.» — Caswall's, M.A. Three Days at Nauvoo, p. 36 et 37.

Voilà donc les vrais témoins du Livre de Mormon. Ceux-là nous montrent, avec la dernière évidence, que jamais JOSEPH SMITH n'a possédé et n'a traduit des hiéroglyphes égyptiens, contenant l'histoire de l'Amérique ancienne, et nous apprennent, avec la même certitude, que son LIVRE DE MORMON est une imposture.

Après cette enquête, relative à la prétendue authenticité du livre de Mormon, je ferai remarquer deux choses qui, pour un observateur sérieux, seraient plus que suffisantes sur ce point. Le fait, premièrement, d'une nouvelle révélation ajoutée aux Saintes Écritures, après des déclarations telles que: «Si quelqu'un ajoute à ces choses, Dieu fera tomber sur lui les plaies écrites dans ce livre.» (Apocalypse 22:18). Et, remarquez-le, une révélation contraire à ce qu'ont enseigné les apôtres du Seigneur Jésus, car, par exemple, quelle chose est plus contraire à l'Évangile qu'un salut par le baptême, qui annule de fait la croix de Christ et cela au mépris des avertissements de Dieu. «Si quelqu'un vous évangélise autre chose que ce que vous avez reçu, qu'il soit anathème!» (Galates 1:9).

Mais ce qui est d'une importance tout aussi grande, c'est de remarquer que Smith et ses apôtres ne donnent jamais, en faveur du Livre de Mormon, que l'attestation des onze témoins; mais point de témoignages internes, point d'effets vivants, point de pouvoir moral, attribués au livre de Mormon par ses promoteurs. Ils nous mettent dans l'exclusive nécessité de les croire eux et leurs témoins. Est-ce un livre de Dieu, celui qui ne peut parler pour soi-même? Il est sur la terre des milliers de lecteurs de la Bible, qui aiment Jésus et ne savent ce qu'on appelle les preuves externes, — qui ne pourraient juger d'une traduction ni expliquer les voies merveilleuses par lesquelles Dieu nous a conservé sa bonne Parole jusqu'à ce jour et qui néanmoins savent que la Bible est la Parole de Dieu, et possèdent par devers eux la plus forte de toutes les preuves, le témoignage interne. La Bible leur a parlé comme Dieu seul peut parler; ils le savent.

En disant que l'Écriture possède un pouvoir moral et produit des effets vivants, je n'entends point par là l'émotion de nos facultés naturelles, telle qu'on peut l'éprouver, par exemple, à l'ouïe d'une narration attendrissante. Je veux dire que la Parole de Dieu, telle que nous l'avons dans les Saintes Écritures, a le pouvoir par le Saint-Esprit, de révéler à l'homme ce qu'il est et de réveiller sa conscience envers Dieu, en même temps qu'elle a aussi le pouvoir de révéler Christ dans ce cœur et d'y produire la vie impérissable.

Tout chrétien peut dire comment la voix de Dieu, dans les Écritures, a trouvé l'accès de son cœur et l'a pénétré jusque dans les derniers replis; — comment cette Parole le juge intérieurement et lui révèle l'état de son âme avec une connaissance qui ne peut être que celle de Dieu; — comment elle lui dévoile les motifs de ses actions et lui apprend sur lui-même des choses qu'il n'aimerait pas à s'avouer, mais desquelles la droiture le fait convenir. Quelle est cette voix qui se fait entendre jusque dans les dernières retraites du cœur de l'homme? C'est celle de Dieu. C'est «la Parole plus pénétrante qu'aucune épée à deux tranchants, qui pénètre jusqu'aux divisions de l'âme, de l'esprit, des jointures et des moelles, et juge des pensées et des intentions du cœur.» (Hébreux 4:12) Faut-il des témoins pour prouver à un homme que la Parole de Dieu lui a montré les secrets de son cœur? Des témoins pour cela! Il lui suffit d'être témoin lui-même, et il n'en demande pas d'autres.

Il y a de plus, pour celui qui reçoit la Parole de Dieu, un tout autre ordre de faits spirituels. Christ lui est précieux, il croit en Lui, il le connaît. En Lui, il jouit de la paix de Dieu, il connaît les affections célestes, savoure la communion du Père. Il trouve dans son bonheur une force qui le rend capable de résister au courant de ce monde. De tout cela, il n'en connaissait rien autrefois, mais aujourd'hui son âme en est remplie. Qu'est-ce qui met son âme en contact avec un tel bonheur? C'est la révélation de Christ par la Parole de vérité, laquelle ayant crue, il a été scellé du Saint-Esprit et est devenu participant d'une nouvelle vie. Il a le témoignage en lui-même. Et la Parole écrite lui révèle que la paix et le bonheur dont il jouit, c'est la portion du croyant en Jésus. Faut-il des témoins pour prouver à un chrétien que le nom de Jésus le rend heureux? Il est ce témoin lui-même.

Revenons aux Mormons.



Notes

1 Ce livre, «d'après le sommaire qu'en donne un apôtre mormon», contient l'histoire des anciens habitants de l'Amérique, qui étaient une branche de la maison d'Israël, de la tribu de Joseph, et dont les Indiens sont encore un reste. Mais la principale nation d'entre eux étant tombée dans la bataille au 4e ou 5e siècle, un de leurs prophètes, nommé Mormon, trouva convenable d'écrire un abrégé de leur histoire, de leurs prophéties et de leurs doctrines qu'il grava sur des plaques. Plus tard le prophète ayant été tué, ces archives tombèrent dans les mains de son fils Moroni qui, étant poursuivi par ses ennemis, mit ces plaques en sûreté dans la terre, ayant de Dieu la promesse qu'elles seraient préservées et mises en lumière dans les derniers jours par une nation qui alors posséderait la terre. Le dépôt en fut fait vers l'an 420 sur une colline alors appelée Cumora et qui appartient au territoire, connu maintenant sous le nom de Comté d'Ontario, où elles se conservèrent jusqu'à ce qu'elles fussent mises en lumière par rien moins que le ministère des anges et une traduction par inspiration. Et le grand Jéhovah l'a confirmé aux témoins choisis qui le déclarent au monde. — (Voice of Warning, Parley, P. Pratt.)
2 Voix de Joseph.
3 Révélation donnée en novembre 1831: Écoutez-moi, dit le Seigneur votre Dieu, pour l'amour de mon serviteur Olivier Cowdery. Ce n'est pas sagesse en moi, qu'il soit chargé de cette commission avec les commandements et l'argent qu'il portera à la terre de Sion, à moins que quelqu'un de fidèle et vrai n'aille avec lui; c'est pourquoi, moi le Seigneur, je veux que mon serviteur John Whitmer aille avec mon serviteur Olivier Cowdery.
4 Bowes, Mormonism exposed, p. 29.
5 Bowes, p. 29.
6 Bowes, p. 30.
7 The Mormons, or Latter-Days Saints, p. 36.
8 Gray's, Principles and Practices of Mormons, p. 51.
9 C'est la traduction de ce passage dans le livre de Mormon anglais I took the compass. (Book of Mormon, p. 48).
10 The Mormons, p. 28 et 29.
11 The Mormons, p. 31 à 33.
12 The Mormons, p. 178.

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