Accueil GoDieu.com
Plan de Salut de Dieu
Recherche GoDieu.com

En principe, ce panneau vous présentera des choix de moteur de recherche GoDieu.com.

Fermer
Recherche biblique
GoDieu.com
Cette page en favori Affiche une version imprimable de cette page entière. Expédier la page d'accueil par courriel. Contacter GoDieu.com
Dimension de police du texte
 
Facebook GoDieu.com Twitter GoDieu.com Youtube GoDieu.com Dailymotion GoDieu.com Suivez-nous !   

_____________________________ Échange de bannières ______________________________
_____________________________ Échange de bannières ______________________________

Traduction du site

Afrikaans - Vertaling - Kies taal - af - Afrikaans Albanian - Përkthimi - Zgjidhni gjuhën - sq - Albanais Deutsch - Übersetzung - Sprache wählen - de - Allemand አማርኛ - ተርጉም - ቋንቋ ይምረጡ - am - Amharique English - Translate - Select Language - en - Anglais العربية - ترجمة - تحديد اللغة - ar - Arabe Հայերեն - Թարգմանություն - Ընտրեք լեզուն - hy - Arménien Azeri - Translation - Dil seçin - az - Azéri Euskal - Itzulpen - Hizkuntza aukeratu - eu - Basque বাংলা - অনুবাদ - ভাষা নির্বাচন করুন - bn - Bengali Беларусь - Пераклад - Выбраць мову - be - Biélorusse မြန်မာစာ - ဘာသာပြန်ဆို။ - ဘာသာစကားကိုရွေးချယ်ပါ။ - my - Birman Bosanski - Translation - Odaberite jezik - bs - Bosniaque български - Преводач - Избор на език - bg - Bulgare català - Traductor - Selecciona l'idioma - ca - Catalan Cebuano - Translation - Pilia pinulongan - ceb - Cebuano Chichewa - Translation - Sankhani chinenero - ny - Chichewa 中文 (简体) - 翻译 - 选择语言 - zh-CN - Chinois (simplifié) 中文 (繁體) - 翻譯 - 選擇語言 - zh-TW - Chinois (traditionnel) සිංහල - පරිවර්තනය - භාෂාව තෝරාගන්න - si - Cingalais 한국어 - 번역 - 언어설정 - ko - Coréen Corsica - Traduci - Sceglie a lingua - co - Corse Kreyòl ayisyen - Tradiksyon - Chwazi lang - ht - Créole haïtien hrvatski - Prevoditelj - Odaberite jezik - hr - Croate Dansk - Oversæt - Vælg sprog - da - Danois Español - Traductor - Seleccionar idioma - es - Espagnol Esperanto - Tradukado - Elektu lingvon - eo - Espéranto Eesti - Tõlkimine - Vali keel - et - Estonien suomi - Kääntäjä - Valitse kieli - fi - Finnois Français - Traduction - Choisissez la langue - fr - Français Frysk - Oersette - Selektearje taal - fy - Frison Gaelic (Skotlân) - Eadar-theangaich - Tagh cànan - gd - Gaélique (Écosse) Galego - Tradución - Escolla o idioma - gl - Galicien Cymraeg - Cyfieithu - Dewiswch iaith - cy - Gallois ქართული - თარგმანი - ენის არჩევა - ka - Géorgien Ελληνικά - Μετάφραση - Επιλογή γλώσσας - el - Grec ગુજરાતી - અનુવાદ - ભાષા પસંદ કરો - gu - Gujarati Hausa - Translation - Zabi harshe - ha - Haoussa Hawaiian - Unuhi - Wae 'ōlelo - haw - Hawaïen עברית - תרגם - בחירת שפה - iw - Hébreu हिन्दी - अनुवाद करें - भाषा चुनें - hi - Hindi Hmong - txhais lus - Xaiv lus - hmn - Hmong Magyar - Fordítás - Válasszon nyelvet - hu - Hongrois Igbo - Translation - Họrọ asụsụ - ig - Igbo Indonesia - Translate - Pilih Bahasa - id - Indonésien Gaeilge - Aistriúchán - Roghnaigh teanga - ga - Irlandais Icelandic - Þýðing - Velja tungumál - is - Islandais Italiano - Traduttore - Seleziona lingua - it - Italien 日本語 - 翻訳 - 言語を選択 - ja - Japonais Javanese - Translation - Pilih basa - jw - Javanais ಕನ್ನಡ - ಅನುವಾದ - ಭಾಷೆ ಆಯ್ಕೆ - kn - Kannada Қазақ - Аударма - Тілді таңдау - kk - Kazakh ខ្មែរ - បកប្រែ - ជ្រើសភាសា - km - Khmer киргизский - Комментарий - Тил тандаңыз - ky - Kirghyz Kurdish - Wergerandin - Hilbijêre ziman - ku - Kurde ລາວ - ການແປພາສາ - ເລືອກພາສາ - lo - Laotien Latin - Latin - Elige lingua - la - Latin latviešu - Tulkotājs - Atlasiet valodu - lv - Letton Lietuvių - Versti - Pasirinkite kalbą - lt - Lituanien Lëtzebuergesch - Iwwersetzen - Wielt Sprooch - lb - Luxembourgeois Македонски - Превод - Избери јазик - mk - Macédonien Malaysia - Terjemahan - Pilih bahasa - ms - Malaisien മലയാളം - പരിഭാഷ - ഭാഷ തിരഞ്ഞെടുക്കുക - ml - Malayalam Madagascar - Translation - Mifidiana teny - mg - Malgache Malti - Traduzzjoni - Agħżel lingwa - mt - Maltais Maori - Translation - Kōwhiri te reo - mi - Maori मराठी - भाषांतर - भाषा निवडा - mr - Marathi Монгол - Орчуулга - Хэл сонгох - mn - Mongol Nederlands - Vertaal - Kies Taal - nl - Néerlandais नेपाली - अनुवाद - भाषा छान्नुहोस् - ne - Népalais norsk - Oversetter - Velg språk - no - Norvégien O'zbekiston - Tarjima - Tilni tanlang - uz - Ouzbek پښتو - وژباړئ - ژبه وټاکئ - ps - Pachtô ਪੰਜਾਬੀ - ਅਨੁਵਾਦ - ਭਾਸ਼ਾ ਚੁਣੋ - pa - Panjabi فارسی - ترجمه - انتخاب زبان - fa - Persan Polski - Tłumacz - Wybierz język - pl - Polonais Português - Tradutor - Seleccionar idioma - pt - Portugais Română - Traducere - Selectaţi limba - ro - Roumain Русский - Переводчик - Выберите язык - ru - Russe Samoa - Faaliliu - Gagana filifilia - sm - Samoan српски - преводилац - Изабери језик - sr - Serbe Sesotho - Phetolelo - Khetha puo tn lefatshe - st - Sesotho Shona - Kushandura - Sarudzai mutauro - sn - Shona سنڌي - ترجمو ڪريو - ٻولي منتخب ڪريو - sd - Sindhî slovenčina - Prekladač - Výber jazyka - sk - Slovaque slovenščina - Prevajalnik - Izberi jezik - sl - Slovène Somali - Translation - Dooro luqadda - so - Somali Sunda - Tarjamahan - Pilih basa - su - Soundanais Svenska - Översätt - Välj språk - sv - Suédois Kiswahili - Tafsiri - Chagua lugha - sw - Swahili Тоҷикистон - Тарҷумаи - интихоб забон - tg - Tadjik Filipino - Pagsasalin - Pumili ng Wika - tl - Tagalog தமிழ் - மொழிபெயர்ப்பு - மொழி தேர்வு - ta - Tamoul česky - Překladač - Zvolit jazyk - cs - Tchèque తెలుగు - అనువాద - భాష ఎంచుకోండి - te - Telugu ไทย - แปล - ภาษาเลือก - th - Thaï Türk - Tercüme - Dil seçin - tr - Turc українська - Перекладач - Виберіть мову - uk - Ukrainien اردو - ترجمہ - زبان کا انتخاب کریں - ur - Urdu Tiếng Việt - Dịch - Chọn Ngôn ngữ - vi - Vietnamien isiXhosa - Guqula - Khetha ulwimi - xh - Xhosa ייִדיש - טראַנסלאַטיאָן - אויסקלייַבן שפּראַך - yi - Yiddish Yoruba - Translation - Yan ede - yo - Yorouba Zulu - Translation - Khetha ulimi - zu - Zoulou

Connexion utilisateur

Utilisateurs en ligne

1 utilisateur
185 invités

Statistiques d'aujourd'hui

NombreDescription
13623Membres
1541Messages
29Commentaires
0Lectures
4154924Lectures globales
0Clics
0Réf. externes
0Réf. internes
0Abonnés RSS

Gestion de contenu (CMS)

Créé avec l'aide de Drupal, un système de gestion de contenu "opensource"

Publicité point liée à GoDieu.com

Joseph Smith et les Mormons-2


mai 18, 2016 par GoDieu



Le vrai Joseph Smith photographié en 1844, peu avant sa mort

Joseph Smith

Les pages précédentes suffisent pour montrer que l'imposture est à la base du Mormonisme. Il reste à faire connaissance avec l'artisan de la fraude et avec ceux qu'elle a entraînés, c'est-à-dire, avec Joseph Smith et les Mormons. Nous ne nous occupons du premier qu'en sa qualité de prophète.

Le prophète Joseph Smith a émis un grand nombre de révélations, reçues, a-t-il dit, de la part du Seigneur ou de Jéhovah. Elles sont pour la plupart contenues dans un livre intitulé, Doctrine and Covenants (13). Réunies, elles forment un tout de 260 pages, format in-16. Si la vérité y manque, le ton d'autorité n'y manque jamais. D'autres se trouvent en divers écrits mormons. M. Snow a publié celles par lesquelles débuta Joseph Smith. Il faut y remarquer un trait qui nous donne la clef de toutes les visions et révélations subséquentes de son prophète. C'est qu'avant d'avoir reçu aucune révélation, Joe (14) avait l'esprit frappé de cette pensée que Dieu ne pouvait reconnaître qu'une seule dénomination comme son Église, et qu'il était impossible que tant de sectes qui s'offraient à sa vue, fussent toutes reconnues de lui. Une seule pouvait l'être et encore restait-il à savoir si elle existait et comment, dans ce cas, on pourrait la trouver. Puis, quand Dieu daigna l'instruire dans une vision merveilleuse, le glorieux messager que Dieu lui adressait, lui déclara, au sujet des pensées qui avaient «précédemment agité son esprit», que toutes les dénominations religieuses donnaient créance à de fausses doctrines et qu'aucune, par conséquent, n'était reconnue de Dieu (15). Ceci décide du caractère des révélations de Joseph Smith: elles n'étaient rien autre au fond que ses propres pensées données sous la sanction de l'autorité de Dieu. De là, leur valeur.

Dans plusieurs cas connus, les prophéties de Smith se sont trouvées fausses. Il émit une fois la prédiction que son fils, dont la naissance était attendue, aurait le privilège de voir les tables d'or. C'était, comme on sait, une faveur dont personne ne jouissait à moins d'une permission spéciale du ciel. Mais le prophète eut une déception, car l'enfant vint au monde mort-né et difforme (16). Il en fut de même en d'autres occasions, dont voici deux exemples:

Après un voyage d'exploration pour choisir le lieu où serait bâtie la Sion de Dieu, Joseph Smith ayant décidé que ce serait à Indépendance, dans le Missouri, émit en Juillet 1851, les déclarations suivantes de la part du Seigneur:

«Écoutez, ô vous, les anciens de mon église! dit le Seigneur votre Dieu, vous qui vous assemblez selon mes commandements dans cette terre qui est la terre du Missouri, laquelle j'ai désignée et consacrée pour la réunion des saints; c'est pourquoi, c'est la terre de promesse et le lieu pour la cité de Sion. Et voici, dit le Seigneur votre Dieu, le lieu qui maintenant est appelé Indépendance, est la place centrale; à l'ouest près de la cour de justice, se trouve un endroit pour le temple. C'est pourquoi, c'est selon la sagesse qu'on fasse l'acquisition de ce terrain. Voici, c'est selon la sagesse qu'on l'acquière pour un héritage éternel.» — (Doctrine and Covenants, p. 166.)

Dans une autre révélation, il promettait à l'église et à la génération naissante, la possession de cette terre de Sion, «de génération en génération, d'éternité en éternité (17)».

Eh bien! cette Sion du Missouri, dont Joseph Smith voulait gratifier le Seigneur en 1831, cette terre consacrée que les saints devaient posséder de génération en génération, n'est plus la demeure des Mormons, ils en furent chassés en 1833.

Après une dispersion de plusieurs années, ils purent encore se rallier dans l'Illinois en 1839.

Ils s'établirent sur les bords du Mississipi, et firent leur centre d'un village nommé Commerce, où ils entreprirent de bâtir une ville à laquelle ils donnèrent le nom de Nauvoo. Là encore, des révélations de Joseph Smith consacrèrent le lieu de la part du Seigneur. C'est là qu'était planté un pieu qui serait la pierre angulaire en Sion et où l'on bâtirait la maison du Très-Haut, ainsi qu'une maison où Joseph Smith et sa postérité habiteraient de génération en génération.

«Venez», dit le prophète, dans une révélation du 19 janvier 1841, «venez avec votre or, votre argent, vos pierres précieuses, vos choses antiques; amenez ceux qui connaissent les antiquités; apportez le buis, le sapin, le pin, tout ensemble... et bâtissez une maison à mon nom pour la demeure du Très-Haut.

...Et quant à mon hôtellerie pour les étrangers... qu'elle soit bâtie en mon nom et que mon serviteur Joseph et sa maison y aient leur place de génération en génération.» — (Doctrine and Covenants, p. 300 et 303.)

De cette seconde Sion, les Mormons furent encore chassés en 1846. En 1847 ils arrivèrent en Californie, où ils fondèrent pour une troisième fois la Sion du Seigneur. Que valent maintenant les révélations concernant Indépendance et Nauvoo? car il n'y a plus de Sion là, et les Mormons affirment aujourd'hui qu'elle est au Deseret en Californie. Que conclure? si ce n'est que Joseph Smith ne parlait pas de la part du Seigneur, quand il disait: «Ainsi a dit le Seigneur.»

En outre, ses révélations donnent au Seigneur un caractère étrange:

«Et encore, vous dis-je, en vérité, que mon serviteur Sidney Gilbert se plante dans ce lieu et y établisse un magasin, afin qu'il puisse vendre des marchandises sans fraude et gagner de l'argent pour acheter des terres à l'usage des saints, et obtenir toutes les choses dont ils pourraient avoir besoin en s'établissant dans leur héritage. Qu'aussi mon serviteur Sidney Gilbert obtienne une patente, — (voici c'est ici la sagesse et que celui qui le lit le comprenne) — pour vendre des marchandises au public, par le moyen de qui il lui plaira, par des commis attachés à son service, et qu'ainsi il fournisse mes saints, afin que mon évangile soit annoncé à ceux qui sont assis dans les ténèbres et l'ombre de la mort.» — (Doctrine and Covenants, p. 167.)

Et Joseph Smith ne rougissait point d'attribuer au Seigneur un tel rôle, au mépris de toute vérité! Serait-il vrai que Jésus fait de son Église, pour laquelle il mourut, une compagnie de brocanteurs? La seule chose que cette révélation nous apprenne, c'est l'impiété de celui qui a osé la prononcer de sa part. Mais si de telles révélations attribuent au Seigneur un caractère étrange et faux, elles peindront peut-être le vrai caractère du prophète mormon. Voyons.

Dans une révélation de février 1831, nous trouvons:

«Si vous désirez les mystères de mon royaume pourvoyez (mon serviteur Joseph Smith) de provisions, de vêtements et de tout ce dont il pourrait avoir besoin pour accomplir l'œuvre que je lui ai confiée.» — (Doctrine and Covenants, p. 131.)

Et encore:

«Révélation donnée en Sion, Août 1831.»

«...C'est selon la sagesse que mon serviteur Martin Harris (18) soit en exemple à l'église, en déposant son argent devant l'évêque de l'église. De plus, ceci est une loi pour tous ceux qui viendront dans cette terre y recevoir un héritage; ils feront de leur argent selon cette loi. Et c'est aussi sagesse qu'on achète des terres à Indépendance pour y établir un magasin et une imprimerie.» — (Doctrine and Covenants p. 146.)

«Révélation donnée à Joseph Smith le 19 Janvier 1841.»

«Et maintenant je vous dis, concernant mon hôtellerie que je vous ai commandé de bâtir pour la réception des étrangers, qu'elle soit bâtie en mon nom, que mon nom y soit attaché et que mon serviteur Joseph et sa maison y aient leur place de génération en génération; car cette onction, je l'ai mise sur sa tête, afin que sa bénédiction soit aussi sur la tête de sa postérité après lui. — (Doctrine and Covenants, p. 303.)

De quelle part peuvent venir des révélations données à Joseph Smith, pour inviter Martin Harris à verser son argent aux pieds de l'évêque, — et pour obtenir des saints qu'ils bâtissent une maison à Joseph Smith? c'est ce qu'il est aisé de comprendre, comme aussi de discerner le caractère qu'elles font à celui qui les a composées et émises. Mais, une fois dans ce chemin, il n'y avait plus de bornes pour Joe. La révélation suivante, donnée au sujet de Martin Harris, montrera jusqu'où pouvait aller l'audace du prophète soit envers Dieu, soit envers l'homme. Trop longue pour être citée en entier, j'en donnerai seulement quelques fragments:

«Commandement de Dieu, non de l'homme, donné à Martin Harris (Manchester, New-York, Mars 1830) par Celui qui est éternel.

Je suis l'Alpha et l'Oméga, le Christ, le Seigneur, le commencement et la fin, le Rédempteur du monde... Il est écrit damnation éternelle; c'est pourquoi cette Écriture est plus importante que les autres, vu qu'elle doit agir sur le cœur de tous les enfants des hommes pour la gloire de mon nom. C'est pourquoi je vous expliquerai ce mystère, à vous qui êtes mes apôtres. Je parle à vous qui êtes choisis en vue de cette œuvre unique, afin que vous puissiez entrer dans mon repos; car voici, le mystère de piété est un grand mystère; car voici, je suis sans fin et la punition de ma main est une punition sans fin; c'est pourquoi:

La punition de Dieu est une punition éternelle.

La punition de Dieu est une punition sans fin.

C'est pourquoi je vous commande de vous repentir et de garder les commandements que vous avez reçus de la main de mon serviteur Joseph Smith, junior, en mon nom; et c'est par mon pouvoir tout-puissant que vous les avez reçus; c'est pourquoi je vous commande de vous repentir, de vous repentir, de peur que je ne vous frappe avec mon sceptre dans ma colère, et que vos souffrances ne soient aiguës — aiguës à un degré dont vous n'avez nulle idée...

Et encore je te commande» (à Martin Harris) «de ne pas convoiter ta propriété, mais d'en faire part librement pour l'impression du livre de Mormon qui contient la vérité et la parole de Dieu, afin que bientôt il soit prêché aux Juifs de qui les Lamanites sont un reste.» — (Doctrine and Covenants, p. 193-195).

Cette révélation montre à quel degré Smith avait perdu toute conscience. Quel état d'âme, en vérité, que le sien! quelle impiété envers Dieu, quelle audace envers l'homme il fallait pour oser s'emparer de l'autorité divine, enchaîner la conscience des hommes et disposer de leurs biens.

Qu'on ne pense pas que ce soit ici chose rare; les exemples de ce genre sont nombreux dans les révélations de Joseph Smith. Qu'il s'agisse d'ouvrir la bourse de ses adhérents ou d'exciter leur zèle, on parfois d'obtenir des services qui répugneraient à l'honnête homme, ce n'était jamais une difficulté pour lui. Avec un: Ainsi a dit l'Éternel, il commandait toute obéissance. Aussi avec une telle manière de faire, bien lui a valu d'avoir créé ses premiers établissements sur les confins du monde civilisé. S'il l'eût essayé ailleurs, il est plus que probable qu'il aurait appris comment on punit les escrocs (19).

Ses révélations font au Seigneur un caractère étrange, avons-nous remarqué précédemment. Il faut ajouter qu'elles sont accompagnées d'une doctrine hérétique. Appeler hérésie la doctrine que Smith a enseignée, c'est lui faire beaucoup d'honneur, parce que c'est supposer qu'au point de départ, cette doctrine tenait à une vérité par un bout. Et c'est là ce qui manque aux notions dont il a doté l'église des saints des derniers jours. Elles n'ont pas même l'honneur de l'origine. Rien de plus grossier ni de plus offensant pour la foi. «Dieu», selon lui, «a vraiment un corps et des membres, il mange, boit», etc. (20) «Dieu a créé le monde par la foi.» (21) «Christ est un être sauvé.» (22) Et ainsi du reste; mais nous ne pouvons pas nous y arrêter ici. Ce sujet qui est de quelque importance, exige un examen à part (23). Constatons simplement que, sur ce point comme en tant d'autres, Smith n'a pas dit la vérité. Ainsi donc, en nous résumant, nous sommes obligés de conclure que des révélations qui portent l'empreinte de la fausseté soit comme prédictions, soit comme doctrines, — des révélations qui ont pour objet de favoriser l'escroquerie ne peuvent pas donner à Joseph Smith le caractère de prophète de Dieu.

Enfin, peut-il supporter une autre épreuve à laquelle la Bible soumet les prophètes? car, en parlant d'eux, le Seigneur a dit: «Vous les connaîtrez à leurs fruits.» (Matthieu 7:15-20). Quels fruits donc trouvons-nous dans la vie de ce prophète? Ici les témoignages sont nombreux; mais nous ne les demanderons pas à ses sectateurs, qui ne voient en lui qu'un saint, qu'un martyr de la vérité. Joseph Smith a été bien connu soit du public, au milieu duquel il a vécu, soit de ses propres disciples parmi lesquels plusieurs, après avoir été désabusés, nous ont fourni des renseignements.

Bien des témoignages sur le sujet peuvent être donnés; mais avant de les citer, quelques mots d'explication sont nécessaires.

D'abord, les saints des derniers jours n'ont jamais été autre chose qu'un établissement mondain d'un nouveau genre. Tous réunis sur un ou deux points du pays, ils s'appliquèrent avec zèle, dès le commencement, à faire le commerce, la banque, à acheter des terres et à bâtir. Ils ont montré pour ces œuvres un très grand savoir-faire. Puis Smith, en fixant, par des révélations, les lieux où l'église devait s'établir, désignait ordinairement quelque endroit sur les confins des États de l'Union américaine, près des sauvages. Là, elle était moins gênée par une police forte et vigilante; mais, en échange, elle avait, parmi ses voisins, bien des gens aux habitudes indisciplinées, qui préféraient aussi ces frontières aux localités plus centrales du pays. Et l'église se trouvait souvent en querelles avec son voisinage. Elle offensait les Américains par ses prétentions et ses actes, car le pays lui appartenait, croyait-elle, et elle procédait selon sa croyance. Ceux-là s'en irritaient, levaient la milice; et les Mormons prenaient les armes.

Parfois, ils furent chassés sur d'autres points du pays; en d'autres occasions, la querelle finit devant les tribunaux. Et c'est par là que divers témoignages, concernant Joseph Smith, sont venus jusqu'à nous. Ils revêtent ainsi l'authenticité de déclarations faites devant la justice, dans les diverses procédures, qu'ont eues à essuyer les Mormons avant leur expulsion du Missouri et de l'Illinois. D'autres sont des faits qui ont eu un retentissement public.

Il est d'abord certaines choses attestées qui paraissent avoir été de peu d'importance pour Smith, si l'on en juge par la manière dont il s'en excusait. Il jurait parfois. Quand les Américains levèrent la milice et investirent les Mormons à Far-West, le prophète entremêla d'imprécations une harangue contre ses ennemis. On ne devait point penser, ajoutait-il, que Dieu ferait attention aux malédictions qu'il prononçait contre ces damnés (d'Américains) (24).

Il lui arrivait aussi de s'enivrer. Plusieurs cas sont mentionnés par M. Caswall. Les raisons pour lesquelles Joe s'enivrait, vous ne les supposeriez pas. C'était, disait-il lui-même, pour empêcher ses disciples de l'adorer comme un dieu; c'était parce que plusieurs anciens s'enivraient fréquemment sans jamais en faire confession. En s'enivrant lui-même, il voulait qu'on vît combien c'est mal, et qu'en écoutant sa confession, les anciens de l'église pussent profiter d'un bon exemple (25).

Jurer et s'enivrer ne s'accordent guère avec des prétentions de prophète. Mais qu'est-ce que cela, quand on a à constater, dans la vie du même homme, le vol, l'impudicité, le meurtre! Je prie le lecteur de ne pas s'étonner de ces assertions; elles ne sont point avancées légèrement. J'en donnerai, pour première preuve, la Banque de Kirtland:

«Smith et Rigdon fondèrent une association commerciale, et plus tard une banque, sous la raison Smith et Cie. Ils s'intitulèrent eux-mêmes: «Les administrateurs de la propriété consacrée.» Ils commencèrent sans fonds et se fournirent abondamment de marchandises. Quand arriva l'échéance des billets qu'ils avaient passés à leurs créanciers, ils émirent leurs propres billets en paiement. Mais comme on suspectait l'état de leur caisse, plusieurs des créanciers demandèrent à connaître où elle en était. Smith l'avait prévu, et s'était fourni d'une centaine de boites toutes construites sur un même modèle et avait imaginé d'en remplir une d'un millier de dollars (5420 francs). Il remplit les autres de pierres, de plomb, de vieux fer, de débris, mais posa sur toutes une étiquette de «MILLE DOLLARS». Quand on vint aux informations, il ouvrit celle des boîtes qui contenait l'argent, montra les autres, permit qu'on en appréciât le poids, et persuada à ses visiteurs que la maison avait en caisse une somme de 100,000 dollars, lorsqu'en vérité elle n'en avait guère plus de 1000. Il parvint ainsi à tromper la confiance et à augmenter largement le nombre des déposants à la banque Smith et Cie; il dépouilla ainsi un grand nombre d'individus. À la fin, la maison fit banqueroute, et Joseph Smith s'enfuit à la faveur de la nuit, ou, comme disent les Américains, «entre deux jours». La justice le poursuivit, mais étant parvenu à fuir au-delà des limites des États-Unis, il fut déclaré hors la loi. Concernant cette transaction, le journal américain L'ANTIDOTE, écrit, sous le titre de «Banqueroute des imposteurs mormons: — Ce méprisable système a finalement fait explosion! Smith le grand meneur de la fraude, s'étant adressé à la Cour des Débiteurs insolvables, pour être délié d'engagements montant à cent mille dollars, soit 25,000 livres sterlings.» — (Gray's, Principles and Practices of Mormons, p. 54.) (26)

Disons que durant l'existence de la banque de Kirtland, l'église Smith et Cie envoyait de l'argent à Indépendance dans le Missouri, où elle achetait des terres et bâtissait Sion. Du reste la conduite de Smith comme banquier ou négociant harmonise avec sa conduite comme prophète; elle est, dans les deux cas, marquée au coin de l'iniquité. Le dommage qui en résultait pour d'autres, c'était à ses yeux chose de peu d'importance, et quant aux moyens de réussir, il y regardait fort peu. Si la ruse ne pouvait le servir, les armes y suppléaient. Nous l'apprenons de Sampson Avard, officier dans un corps de Mormons armés:

«Le capitaine Patten», dit-il, «conduisit la troupe (des Mormons) à Gallatin sous prétexte de disperser les rassemblements. Il se jeta sur Gallatin, dispersa le peu d'hommes qui s'y trouvaient, pilla le magasin de Stolling, puis y mit le feu. Quand nous fûmes rentrés à Diahmon, le butin fut déposé dans le magasin du Seigneur sous les soins de l'évêque Vincent Knight; et, peu après, partagé entre ceux qui avaient pris part à l'expédition, laquelle avait été faite sous la haute direction du premier président, Joseph Smith (27)

Un cas tout semblable est rapporté par M. W. Harris.

«Au commencement de 1838, éclata le dernier conflit entre les Mormons et les habitants du Missouri. Smith, avec une compagnie de Mormons venus de Far-West, entra dans le comté de Davies sous prétexte, comme il le disait, de disperser la foule. Ils n'en trouvèrent point quand ils y arrivèrent. Mais son armée effraya les citoyens de Davies qui s'assemblèrent de leur côté. Aussitôt les Mormons réunirent une force de trois à quatre cents hommes et forcèrent les citoyens à la retraite. Ceux-ci s'enfuirent, laissant le pays désert, plusieurs milles à la ronde. En cette occasion, les Mormons tuèrent deux-cents porcs, prirent 40 ou 50 ruchers et détruisirent plusieurs champs de blé. Le mot d'ordre était que le Seigneur, par le moyen de son évêque, avait consacré les dépouilles à son armée. Tout ceci fut accompli dans un temps où les Mormons étaient pleinement fournis de provisions et avant que les habitants de ces quartiers ne leur eussent rien pris. Ils continuèrent ces déprédations, pendant environ une semaine, jusqu'au moment où fut levée contre eux la milice de Clay.» — (W. Harris, Mormonism Portrayed.)

Sous le rapport des mœurs, la vie de Smith est loin d'avoir été honorable. Laisser dans le secret des œuvres de ténèbres, ce serait, à la vérité, plus agréable que de les mettre en lumière. Mais le devoir exige qu'il en soit fait mention et surtout dans un écrit du genre de celui-ci. Smith a vécu dans le désordre et a donné à ce désordre la sanction de l'autorité de Dieu. En créant le système dit de l'Épouse spirituelle, il a établi, par voie de doctrines et de révélations, l'infidélité conjugale et la débauche dans ses plus grossiers égarements.

«Les bénédictions de Jacob lui étaient dévolues et lui conféraient, disait-il, le pouvoir d'accorder une polygamie sans réserve. D'après une telle doctrine, enseignée par le chef de la secte, plusieurs femmes dont les maris avaient reçu de lui une mission pour un pays éloigné, étaient, en leur absence, engagées à devenir ses «épouses spirituelles» ou «les dames du voile blanc», et cela sous l'impie usage de révélations par lesquelles, pour chaque cas en particulier, il aurait connu que c'était la volonté de Dieu. Mais ici, dans la direction miséricordieuse de la divine Providence, quand l'iniquité coulait comme un torrent, le Seigneur éleva une digue. Smith tenta d'ajouter au nombre de ses «épouses spirituelles» la fille de Rigdon, son ancien ami, qui lui avait été d'un si grand service. Blessé dans ses sentiments paternels, Rigdon ne put endurer l'outrage qu'il recevait dans la personne de son enfant; il rompit avec Smith et le Mormonisme, ainsi que le fit aussi M. Bennett, précédemment maire de Nauvoo, qui, par le moyen des journaux américains, fit connaître ce qu'était Joseph Smith (28)

Deux faits, tirés de l'Histoire des Saints par Bennett, sont ordinairement reproduits dans les écrits qui s'occupent des Mormons en leur qualité de saints. Ce sont deux tentatives de séduction par Joseph Smith: l'une envers Melissa Schindle, l'autre envers Martha H. Brotherton. L'une et l'autre ont révélé l'odieuse conduite du prophète, et ont confirmé leurs révélations par serment en présence de juges (29).

De ces deux dépositions, il ressort que Smith faisait des visites nocturnes, et qu'il cherchait à prix d'or à gagner les femmes qu'il ne pouvait autrement persuader de sa divine mission pour ce genre d'œuvres.

Il en ressort encore, que lui et Brigham Young avaient un bureau pour recevoir, à huis clos, la visite des épouses spirituelles; et que Smith, investi des clefs du royaume, possédait tout pouvoir de lier et délier, que son autorité allait jusqu'à délier des liens sacrés, et même la conscience envers Dieu.

D'autres témoins ont encore déposé contre Joseph Smith au sujet d'actes semblables. Dans ce nombre, il faut compter Arrowsmith qui, sans être Mormon, a vécu parmi eux plusieurs années, étant le beau-frère de l'apôtre mormon, Taylor. Lui aussi dépose contre Smith (30). Mais c'est assez de citations, passons à un cas d'une autre nature.

Une accusation très grave pèse sur Joseph Smith, celle de complicité dans une tentative de meurtre sur la personne de M. Boggs, l'ex-gouverneur du Missouri, son ancien ennemi.

«Le fait est ainsi rapporté par M. Caswall: — En présence de milliers d'individus, Smith avait publiquement prophétisé, en 1841, qu'en moins d'une année son vieux ennemi Boggs, l'ex-gouverneur du Missouri, mourrait de mort violente. Il offrit alors à quelques-uns des Danites (troupe mormonne ou armée de Sion) une récompense de cinq-cents dollars pour l'assassiner. Par suite de cette offre, un soldat de cette terrible troupe entreprit un voyage de plus de deux-cents milles» (70 lieues) «jusqu'à Indépendance, où demeurait l'ex-gouverneur. Quand après le départ du danite, Bennett, alors maire de Nauvoo, demanda à Smith où cet homme se rendait si promptement, celui-ci répondit, en y joignant un signe de tête significatif: Il est allé accomplir la prophétie. Au bout de deux mois, le danite retourna à Nauvoo et, le jour suivant, on y publia l'assassinat du gouverneur. Le danite, qui auparavant était très pauvre, se montra alors possesseur d'une élégante voiture, de beaux chevaux et la poche remplie d'or (31)

Tout ceci nous montre le prophète mormon sous de sombres couleurs. Un homme qui, à la prétention de prophète, joint le vol, l'impudicité, le meurtre, n'a guère de droits à être écouté. Mais il y a chez lui de l'extraordinaire néanmoins, — oui, et assez pour qu'il soit grand dans le mal. Il a su faire le prophète; mais quand il est mis à l'épreuve, il ne peut supporter l'examen du livre de Dieu: les fruits qui résultent de sa vie, sont de ceux qui croissent sur l'épine; la Bible le range parmi les faux prophètes.

D'entre ceux qui ont écrit sur le Mormonisme, quelques-uns, qui ne prétendent nullement en juger au point de vue chrétien, ont présenté Joseph Smith comme un homme remarquable. Mais tous, même ceux qui sont épris de lui, et qui admirent l'habileté avec laquelle il a su faire l'imposture, sont obligés d'enregistrer les témoignages à sa charge et d'accorder qu'il était un homme perdu de vie et de mœurs. L'évidence ne leur a pas permis de passer ce point sous silence. Je dis ceci parce que les Mormons, pour laver leur prophète, rejettent ces témoignages comme inventés par la jalousie des autres sectes. Mais, à moins qu'on ne soit mormon soi-même, on ne peut se refuser à les admettre.

Si donc il est des hommes, à qui s'appliquent les déclarations de la Bible touchant les faux prophètes et les faux docteurs, Smith en est un certainement. Solennelle responsabilité de se trouver sous la menace prononcée par le Livre de Dieu contre ceux qui «changent la grâce de Dieu en impudicité et renient le seul SOUVERAIN DIEU ET SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST». «C'est à leur sujet, qu'en nous avertissant, un apôtre du Seigneur a crié: «Malheur à eux!» (Jude 1:4 et 11)

Les circonstances qui ont amené sa mort, compléteront ces remarques. Smith fut assassiné en prison par une foule exaspérée. Cet acte, ainsi que la guerre faite aux Mormons, est une chose extraordinaire, surtout pour avoir eu lieu dans les États-Unis, où la liberté religieuse est entière. Quoiqu'on ne puisse nullement justifier ces œuvres de violence, il est des choses qui font connaître comment l'irritation d'un peuple entier a pu être excitée à ce point. D'abord, l'ancienne inimitié entre l'église et les Américains, subsistait comme dans les premiers jours. Le saintisme fier et dédaigneux des Mormons les rendait insupportables, et cela d'autant plus que les événements de chaque jour montraient qu'il n'y avait au fond qu'une hypocrisie dégoûtante. En même temps, la prétention des saints à la possession du pays, loin de diminuer, augmentait et paraissait promettre des chances de succès. Ils voyaient approcher le jour où, selon leur attente, les ennemis de Sion seraient foulés sous leurs pieds (32). La propagande versait à Nauvoo des milliers d'émigrants par année. Les anciens habitants du pays, étaient submergés par ces hordes d'arrivants toujours renouvelées. Puis, ils essuyaient des déprédations; on leur volait leurs provisions, leurs marchandises, leurs fournitures de ferme. Cela n'avait lieu que depuis l'arrivée des saints (33); et l'on se trouvait sans recours parce qu'il fallait, comme à Nauvoo par exemple, passer par un tribunal mormon, qui ne condamnait jamais que ses ennemis. De là, des représailles, des rixes, des prises d'armes. La guerre était au pays une ou deux fois par année.

Quand Joseph Smith fut tué, il était en prison sous le poids d'une triple accusation: complicité dans l'attentat de meurtre sur la personne de l'ex-gouverneur Boggs, — violence exercée à Nauvoo, sous son autorité, contre MM. Foster et Law, rédacteurs de l'Expositor, — haute-trahison.

C'était dans l'été de 1844. Vers cette époque Smith semblait atteindre l'accomplissement des rêves de son ambition. Il avait établi une secte qui écoutait ses oracles; il avait créé une armée qui manœuvrait sous ses ordres; il avait fondé un État (dans l'État) gouvernait avec une autorité presque absolue. Mais son jour approchait. Le gouverneur du Missouri réclamait du gouverneur de l'Illinois, auquel Nauvoo ressortissait, que Smith fut saisi et mis en jugement pour l'affaire Boggs; et le prophète qui, par sa ruse, échappait aux recherches de la justice, se voyait cependant dans le cas d'être saisi à chaque instant. À l'intérieur, parmi les saints, c'étaient des querelles sans fin, des cas de procédures dont le tribunal mormon était saisi, et dont l'une des principales circonstances était le système de l'épouse spirituelle, mis largement en pratique par les chefs mormons. Joseph, en sa qualité de prophète, voulait purifier son église; mais il n'avait su commencer par lui-même. Ceux contre lesquels il sévissait, l'accusaient des mêmes choses, et cela devint si sérieux que Joseph fut mis en cause lui-même devant la cour de Nauvoo, par laquelle cependant il fut acquitté, les juges étant tous des Mormons de hauts grades.

Un danite, qui avait été excommunié de la secte, le docteur Foster, offensé de la conduite du prophète dans une visite à Madame Foster, entreprit (34) de le faire connaître ouvertement par voie de publicité dans Nauvoo même. Il était arrivé qu'étant absent de chez lui et étant revenu avant le temps auquel on l'attendait, M. Foster avait trouvé le prophète dans sa maison. Celui-ci peu après s'était retiré et M. Foster, suspectant l'objet de cette visite, avait fait des questions; les réponses de Madame Foster firent connaître que le prophète l'avait entretenue du sujet de l'épouse spirituelle et qu'il avait cherché à la gagner.

Pour donner essor à sa vengeance, M. Foster s'adjoignit un autre Mormon mécontent, M. Law, et ils créèrent, dans Nauvoo, un journal intitulé l'Expositor. Dans le premier numéro de cette feuille, ils produisirent le témoignage de seize femmes, qui attestaient par serment que Joseph Smith, Sidney Rigdon et d'autres, avaient cherché à faire d'elles des épouses spirituelles. C'était dans Nauvoo une chose hardie. Les autorités de la ville, sur l'ordre de Joseph Smith, condamnèrent l'Expositor, et une troupe de zélés, au nombre de plus de deux-cent, brisèrent les presses, rasèrent la maison, et brûlèrent le papier et les meubles. Foster et Law n'échappèrent à la mort que par la fuite. Ils se rendirent à Carthage, où résidait le gouverneur, auprès duquel ils sollicitèrent une réparation. Le gouverneur prit la chose en main; mais ses agents ayant été éconduits de Nauvoo par les autorités mormonnes, il leva la milice et marcha en personne pour se saisir de Joseph Smith et de son frère Hyrum inculpé avec lui. Les Mormons de leur côté prirent les armes. Avant l'action cependant, le gouverneur ayant fait une sommation, où il déclarait aux Mormons l'impossibilité de contenir les Américains exaspérés, si l'on en venait aux mains, le Conseil de Nauvoo engagea les Smith à se rendre; ce qu'ils firent. Ils furent emprisonnés à Carthage et la milice se retira.

Pendant leur détention, un mandat d'amener, comme coupables de haute trahison envers l'État de l'Illinois, fut encore émis contre eux.

Comme, en des circonstances précédentes, les deux Smith, et Joseph en particulier, s'étaient échappés de prison plusieurs fois, le bruit se répandit que, cette fois encore, on mènerait la chose en longueur pour favoriser leur évasion. Une foule armée entreprit alors, comme elle le disait, d'accomplir avec la poudre ce que les lois ne faisaient point. Et le 26 juin 1844, vers le soir, une troupe d'environ deux-cents hommes, dans une ardente irritation, envahit la prison des Smith avec lesquels deux mitres Mormons étaient en conférence. Les assaillants firent une décharge sur les quatre à la fois. Hyrum Smith tomba et mourut sur-le-champ. Joseph, armé d'un pistolet à six coups, fit feu sur la foule et blessa un homme au bras; puis, cherchant à sauter par la fenêtre, il fut frappé d'une balle et tomba mort dans la cour. L'un des deux autres Mormons fut blessé et caché sous un lit; l'autre s'enfuit (35). — Des quatre, les deux sur lesquels pesaient directement les accusations de la justice, furent ceux que la mort atteignit.

Joseph Smith, qui prophétisait aux autres une mort violente, la connut pour lui-même. — Sa vie et sa mort nous crient: PRENEZ GARDE AUX FAUX PROPHÈTES



Notes

13 Doctrine et alliances.
14 Joseph Smith, ainsi nommé quelquefois par les Mormons eux-mêmes.
15 Voix de Joseph, p. 10.
16 E.D. Howe's, Mormonism Unveiled.
17 Doctrine and Covenants, p. 168.
18 Martin Barris était à cette époque le plus riche des Mormons.
19 Digonnet qui faisait le Petit-Dieu, il y a quelques années, et qui avait, dans un département de la France, des adeptes dont la bourse s'ouvrait à son commandement, a été saisi comme escroc, et jugé par les lois françaises, à plusieurs années de détention. Il était encore en prison en décembre dernier.
20 Millenial Star, Vol. VI.
21 Doctrine and Covenants, p. 3.
22 Doctrine and Covenants, p. 58.
23 Voir Fragments, No. II.
24 Bowes, p. 10.
25 Three Days at Nauvoo, p. 50 et 51.
26 Voir aussi, The Mormons, p. 79.
27 Bowes, p. 16.
28 Gray's, Principles and Practices of Mormons, p. 56 et 57.
29 Bowes, p. 44-45.
30 Bowes, p. 63.
31 Gray's, Principles and Practices of Mormons, p. 57.
32 The Mormons, p. 83 et 84.
33 Three Days at Nauvoo, p. 52.
34 The Mormons, p. 159.
35 The Mormons, p. 160.
_____________________________ Échange de bannières ______________________________
_____________________________ Échange de bannières ______________________________

Marque de commerce © 1999-2019 GoDieu.com - Tous droits réservés