La vie privée des pharaons (Épisode I)
Sexe, mort et lotus bleu
Dans l'Égypte antique, des fresques représentant la vie quotidienne décoraient les sépultures des nobles.
Le motif du lotus bleu y était omniprésent.
Des chercheurs britanniques ont tenté de comprendre la symbolique de cette fleur et de souligner ses liens avec l'au-delà et l'amour charnel.
En partant d'analyses faites sur une momie de Louxor, vieille de 3 000 ans, des chercheurs de Manchester sont arrivés à des résultats inattendus.
Contrairement à la vision idéalisée des fresques, les gyptiens de l'Antiquité vivaient dans un monde de souffrancespermanentes et appréciaient les vertus présumées curatives du lotus bleu.
La propriété de cette fleur consistant à stimuler la circulation sanguine expliquerait le lien établi par les gyptiens avec l'amour charnel.
Elle aidait les êtres vivants à conserver leur vigueur sexuelle.
D'autre part, elle symbolisait la renaissance dans l'au-delà grâce à l'amour charnel.
Elle assurait ainsi les morts de ressusciter et les vivants de conserver leur santé.
Les représentations de la vie quotidienne sur les sépultures devaient aider le défunt à franchir les frontières de l'au delà et à vivre heureux parmi les morts, en montrant ce qui l'y attendait.
A côté des motifs de lotus bleu, certains objets tels que des statuettes ou des phallus artificiels indiquent clairement que le défunt était appelé à faire l'amour et à procréer dans l'autre monde
La vie privée des pharaons (Épisode II)/i>
La cité secrète des pyramides<
En dépit des nombreuses découvertes permises par l'archéologie, la question de savoir comment et par qui les pyramides ont été construites n'a jamais été élucidée.
D'après l'historien grec Hérodote, qui a écrit 2000 ans après leur édification, elles auraient été bâties en 30 ans par une armée de 100 000 esclaves.
Depuis une dizaine d'années, des découvertes importantes ont été faites sur les bâtisseurs des pyramides.
En 1990, dans une commune de la banlieue du Caire, un bloc de pierre est mis au jour par un tractopelle.
Les travaux sont arrêtés et les archéologues découvrent peu à peu un village datant du troisième millénaire avant notre ère et s'étendant sur près d'un km2.
Peu de temps après, un cimetière sur deux niveaux est découvert à proximité des pyramides.
Pour les archéologues il s'agit très probablement du village et du cimetière des ouvriers travaillant à leur construction.
Les fouilles entreprises et les analyses ADN effectuées sur les ossements démontrent clairement que les ouvriers employés n'étaient pas des esclaves.
Ils étaient nourris correctement et ont bénéficié des mêmes soins médicaux que des aristocrates contemporains.
Pour tenter de comprendre de quelle façon avaient pu les pyramides avaient pu être bâties, les chercheurs ont fait appel à des professionnels de la construction.
Ils sont ainsi parvenus à évaluer le nombre d'ouvriers et le temps nécessaires à l'édification de ces monuments.
Mais surtout, ces campagnes de fouilles ont permis de comprendre à quel point ces projets de construction avaient pu encadrer, et même façonner la société égyptienne dans son ensemble.
La vie privée des pharaons (Épisode III)
La chute de la maison de Toutankhamon
En novembre 1922, Howard Carter découvre la tombe de Toutankhâmon, dernier souverain de la XVIIIe dynastie de l'Égypte antique une lignée prestigieuse, qui a régné au milieu du deuxième millénaire avant notre ère.
Aujourd'hui, les progrès scientifiques permettront peut-êtrede lever le voile sur la fin brutale de cette illustre famille.
Lors de ses fouilles, Howard Carter avait également découvert deux f'tus dont les causes de la mort étaient inexpliquées, ainsi qu'une momie volontairement saccagée afin d'en dissimuler l'identité.
La consanguinité extrême de la XVIIIe dynastie et la transmission de tares héréditaires a été une hypothèse souvent avancée pour expliquer sa fin brutale.
En outre, de nombreux doutes subsistent au sujet du père de Toutankhâmon, Akhénaton.
Surnommé " le roi hérétique ", ce dernier présentait une certaine difformité physique sur les sculptures dressées à son effigie, à laquelle s'ajoute les témoignages contemporains sur le comportement parfois étrange de ce roi.
Tous ces éléments pourraient indiquer qu'Akhénaton était atteint d'une maladie génétique.
Le conservateur des momies au musée du Caire a invité deux scientifiques américains, le microbiologiste Scott Woodward et l'archéologue Wilfried Griggs, à réaliser des prélèvements ADN sur les momies de la XVIIIe dynastie.
Leur étude permettra de savoir si une maladie génétique est à l'origine de la mort de Toutankhâmon et des deux f'tus, qui sont ses enfants.
Elle permettra aussi de déterminer si la momie inconnue est le père ou le frère de Toutankhâmon, dont l'existence est niée par de nombreux égyptologues.
Les découvertes scientifiques étonnantes faites grâce à ces prélèvements, qui viennent s'ajouter aux découvertes archéologiques, permettront de combler bien des lacunes historiques au sujet de cette dynastie.