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La doctrine de la trinité-2


juin 26, 2011 par GoDieu



Chapitre 1


La doctrine de la trinité

Divinité de Jésus-Christ.


I.

Ésaïe 8:13-14

«Sanctifiez (32) l'Éternel des Armées lui-même, et qu'il soit votre crainte et votre épouvantement. Et il vous sera pour sanctuaire; niais il sera une pierre d'achoppement et un rocher de trébuchement aux deux maisons d'Israël.»

1 Pierre 2:7-8

«La pierre que ceux qui bâtissaient ont rejetée est devenue la maîtresse pierre du coin, une pierre d'achoppement, une pierre de scandale.»

Au lieu de commenter ces paroles du prophète, d'après une interprétation particulière, j'ajoute un nouveau passage de l'Écriture où elles sont expressément appliquées à la personne de Christ. Or, voici ce qui résultera de ce parallèle: Si l'Écriture, ainsi comparée avec elle-même, est présentée sous la forme d'un raisonnement, on pourra, il est vrai, nier la conclusion, comme on peut nier toute la Bible; mais. il sera impossible d'y répondre. Ainsi, par exemple, la pierre d'achoppement et le rocher de trébuchement dont parle le premier texte, désignent l'Éternel des armées lui-même, nom que les Ariens n'accordent qu'au seul vrai Dieu unique et suprême (33). Mais la pierre d'achoppement et le rocher de scandale que sont-ils, d'après le second texte, sinon Christ, la pierre même que ceux qui bâtissaient ont rejetée? Par conséquent Christ est l'Éternel des armées lui-même, et les Ariens sont réfutés par le principe qu'ils ont eux-même établi.


Références

32 Dans tous les textes qui sont comparés ensemble dans cet ouvrage, les mots qui sont objets de comparaison sont imprimés en italique, afin que l'argument qui en résulte puisse être à première vue saisi par le lecteur, et j'espère que les observations contenues dans le précédent discours suffiront pour lui en donner une pleine intelligence, et me dispenseront de tons détails ultérieurs. Les arguments quo j'ai tirés de l'Écriture-Sainte sont, je le crois; neufs pour la plupart, et ont été présentés de la manière la plus propre à convaincre et à dissiper tous les doutes, s'il m'est permis d'en juger par mes propres impressions. Du moins tel a été mon désir en écrivant cet ouvrage, sur lequel j'implore la bénédiction divine, ainsi que sur tous ceux qui le liront, sachant bien que si le Seigneur ne garde la ville, la sentinelle ne veille qu'en vain.
Note de l'auteur.
33 Voyez Essai sur l'Esprit, p. 65; Doctrine sur la Trinité, du docteur Clarke, chapitre I, § 3, p. 404.


II.

Ésaïe 6:5

«Mes yeux ont vu le Roi, l'Éternel des armées.»

Jean 12:41

«Ésaïe dit ces choses: Quand il vit sa gloire (de J.-C.) et qu'il parla de lui.»

Celui que mentionne ici saint Jean, c'est Jésus, dont il déclare qu'Ésaïe vit la gloire, dans une occasion où le prophète affirme que ses yeux ont vu l'Éternel des armées; donc Jésus est l'Éternel des armées.

III.

Ésaïe 44:6

«Ainsi, a dit l'Éternel, le Roi d'Israël et son Rédempteur, l'Éternel des armées: Je suis le premier et je suis le dernier; et il n'y a point d'autre Dieu que moi» (34).

Apocalypse 22:13

«Je suis (J.-C.) l'Alpha et l'Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin.»

Ces titres de Premier et de Dernier appartiennent uniquement à celui qui est Dieu, et il n:y en a point d'autre. Or, Jésus s'est attribué ces titres; par conséquent Jésus est Dieu, et il n'y en a point d'autre; ou en d'autres termes, il n'y a de Dieu que celui qui est le premier et le dernier; mais Jésus est le premier et le dernier; donc Jésus est Dieu et il n'y en a point d'autre.


Références

34 Il y a dans l'hébreu, et outre moi aucun Dieu. אֵין אֱלהִים׃ וּםִבַלְעָדַי


IV.

Ésaïe 43:11

«C'est moi, c'est moi qui suis l'Éternel; et il n'y a point de Sauveur que moi» (35).

2 Pierre 3:18

«Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ.»

Jésus est donc notre Sauveur, ou, comme il est appelé (Jean 4:42), le Sauveur du monde. Mais à moins d'être Dieu et même le Seigneur Jéhovah lui-même, aussi bien qu'il est homme, il ne peut être un Sauveur, parce que l'Éternel a déclaré qu'il n'y a point d'autre Sauveur que lui. C'est donc avec raison que l'apôtre a déclaré (Philippiens 2:9) que Dieu en élevant l'homme Christ par le nom de Jésus, lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom; savoir celui de Sauveur, qui est son propre nom, et qui ne peut appartenir à aucun autre.


Références

35 L'argument quo fournit ce teste est également concluant de quelque manière qu'on le considère. Jésus-Christ est un Sauveur, donc il est l'Éternel; ou Jésus-Christ est l'Éternel, donc il est un Sauveur. Les meilleures observations que j'ai trouvées sur l'application du nom de l'Éternel au Seigneur Jésus-Christ, sont contenues dans la défense de la doctrine de la Trinité, par le savant docteur Randolph, en réponse à une brochure intitulée: Essai sur l'Esprit.
Note de l'auteur.


V.

Apocalypse 22:6

«Le Seigneur, le Dieu des saints prophètes, a envoyé son ange pour manifester à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientôt.»

Apocalypse 22:16

«Moi, Jésus, j'ai envoyé mon ange pour vous confirmer ces choses dans les Églises.»

L'ange qui apparut à saint Jean était l'ange du Seigneur Dieu, et le Seigneur Dieu l'avait envoyé; mais il était l'ange de Jésus, et Jésus l'avait envoyé: donc Jésus est le Seigneur Dieu des saints prophètes.

VI.

Luc 1:76

«Et toi, petit enfant, tu seras appelé le prophète du Très-Haut; car tu iras devant la face du Seigneur pour préparer ses voies.»

Matthieu 11:10

«Voici, j'envoie mon messager devant ta face pour préparer ton chemin devant toi.»

Jean-Baptiste va devant la face du Seigneur, c'est-à-dire du Très-Haut, dont il est le prophète, pour préparer sa voie; mais il fut envoyé comme un messager devant la face de Christ pour préparer son chemin: Christ est donc le Seigneur et le Très-Haut.

VII.

Les deux textes suivants ne sont qu'une répétition du même argument; mais comme ils parlent de Christ sous un nom différent, ils doivent trouver naturellement ici leur place.

Luc 1:16-17

«Et il convertira plusieurs des enfants d'Israël au Seigneur leur Dieu, car il ira devant lui.»

Matthieu 3:11

«Celui qui vient après moi, est plus puissant que moi, etc.»

Dans cet endroit, Jean-Baptiste est dit encore aller au-devant du Dieu des enfants d'Israël; mais il est certain qu'il est allé devant Jésus-Christ qui est la seule personne qui vînt après lui: donc Jésus-Christ est le Dieu des enfants d'Israël. Le même titre lui est donné par le prophète Osée 1:7: Je ferai miséricorde à la maison de Juda et je les délivrerai par l'Éternel leur Dieu. Ces paroles ne peuvent s'entendre que de la part de Dieu le Père, promettant le salut en la personne de Dieu le Fils.

VIII.

Matthieu 11:10

«Voici, j'envoie mon messager devant ta face pour préparer ton chemin devant toi.»

Malachie 3:1

«Voici, je m'en vais envoyer mon messager, et il préparera la voie devant moi.»

D'après la manière dont cette prophétie est rapportée par saint Matthieu, comme aussi par saint Marc (36) et par saint Luc (37), il y a ici une distinction de personnes entre celui qui envoie son messager et Christ, devant qui le messager est envoyé. L'Évangéliste dit: J'envoie mon messager pour préparer ta voie devant toi; et le prophète, au contraire, s'exprime ainsi: J'envoie mon messager pour préparer ma voie devant moi. Néanmoins, tous deux sont également exacts et véridiques; car quoique Christ soit une personne différente, il n'en est pas moins le même Dieu que le Père et un avec lui. De là vient que dans l'Évangéliste les personnes ne sont point confondues; et que ans le prophète la Divinité n'est pas divisée. Cet argument peut servir à justifier une excellente observation de notre Église dans l'homélie sur la résurrection. — «Comment osons-nous méconnaître la présence du Père, du Fils et du Saint-Esprit? Là où est un seul d'entre eux, là est aussi toute la plénitude de Dieu, toute sa majesté, toute sa puissance, toute sa sagesse et toute sa bonté.»


Références

36 Marc 1:2.
37 Luc 7:27.


IX.

Psaumes 78:56

«Ils ont tenté et irrité le Dieu souverain.»

1 Corinthiens 10:9

«Que nous ne tentions point Christ, comme quelques-uns d'eux l'ont tenté.»

Ces deux textes se rapportent au même acte de rébellion des Israélites dans le désert. Dans le premier, la personne qu'ils tentèrent est appelée le Dieu souverain; dans le dernier, elle est appelée Christ. Christ est donc le Pieu souverain.

X.

Jean 3:29

«Celui qui possède l'épouse est l'époux» (38) (désignant J.-C.); mais selon le prophète Ésaïe 54:5: «Ton mari est celui qui t'a faite; l'Éternel des armées est son nom.»

L'Église, qui est l'épouse de Christ, ne peut pas plus avoir deux époux distincts que Christ ne peut avoir deux Églises distinctes. Et de même que l'Église est. l'épouse, le corps, l'édifice de Dieu, et qu'il n'y a qu'une épouse, qu'un corps et qu'un édifice, de même, d'un autre côté, il y a un Dieu qui est l'époux, un Christ qui est le chef, un Dieu qui, avec l'Agneau, en est la lumière. Voyez aussi Jérémie 3:1, et 31-32; Ézéchiel 16; Osée 2; Matthieu 9:15; 25:1; 2 Corinthiens 2:2; Éphésiens 5:23; Apocalypse 19:7, et 21:2,9, etc.


Références

38 Les textes suivants attribuent aussi à Christ une éminence de perfection qui prouve qu'il est un avec Dieu le Père (Psaumes 23:1). «L'Éternel (en hébreu Jéhovah) est mon berger.»

Jean 10:16

«Et il y aura un seul troupeau et un seul berger.»

Si Christ n'est pas le Seigneur, un avec le Père, il s'en suivra qu'il y a deux êtres distincts auxquels l'Écriture à attribué ce caractère de berger, de sorte qu'il y aurait deux bergers. Mais Christ a affirmé qu'il n'y avait qu'un seul berger, qui est lui-même, le berger des brebis (verset 2), que saint Pierre appelle le souverain Pasteur (1 Pierre 5:4). Et encore il est écrit au Psaumes 100:3: «Connaissez que l'Éternel est Dieu. Nous sommes son peuple et le troupeau de sa pâture.»

Jean 10:3

«Il (Christ lui-même) appelle ses propres brebis par leur nom.»

Et encore Jean 21:16

Jésus-Christ dit à saint Pierre: «Pais mes brebis»; ce qui est dans le langage de saint Pierre lui-même (1 Pierre 5:2): «Paissez le troupeau de Dieu.»
Note de l'auteur.


XI.

J'ajoute ici quelques textes sans parallèles que je présente isolément, parce qu'il est impossible de se méprendre sur leur application.

Jean 20:28

«Et Thomas répondit et dit: Mon Seigneur et mon Dieu.»

XII.

Romains 9:5

«Desquels, selon la chair, est descendu Christ qui est Dieu sur toutes. choses béni éternellement. Amen.»

XIII.

2 Pierre 1:1

«Par la justice de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ.»

Il y a dans le grec του θεου ημων και σωτηρος ιησου χριστου, qui est une phrase parfaitement semblable quant à la construction grammaticale et à l'ordre des paroles au dernier verset de cette épître του θεου ημων και σωτηρος Ιησου χριστου, qui est traduit dans notre version anglaise (39) de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ; et il est évident que l'autre passage aurait dû être traduit de la même manière; car il n'y a pas de raison pourquoi του θεου ημων ne signifierait pas notre Dieu, comme του κυριου ημων signifie notre Seigneur. Je suis sien loin de vouloir déverser le moindre blâme sur nos traducteurs, qui ont été des hommes si orthodoxes, et dont la version, contemplée dans son ensemble, est, sans aucune exception, la meilleure qui existe. Je ne désire pas non plus qu'on regarde cette manière de traduire comme une découverte que j'aie faite; car les traducteurs eux-mêmes ont conservé en marge la traduction littérale, en indiquant selon leur coutume, dans une note marginale, que c'est là le véritable sens du grec.

À ces deux passages, nous pouvons joindre celui de Tite 2:13, En attendant la bienheureuse espérance et l'apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ, του μεγαλου θεου και Σωτηρος ημων Ιησου Χριστου (40).

Un grand homme plongé dans l'erreur des Ariens est forcé avec douleur, de donner l'explication suivante:

«Plusieurs regardent tout ce passage comme se rapportant à une seule et même personne (J.-C.), comme si ces mots eussent dû être traduits ainsi: l'apparition de notre grand Dieu et Sauveur J.-C. La construction des mots comporte, il est vrai, ce sens, ainsi que dans la seconde épître de Pierre 1:1; mais il est bien plus raisonnable et bien plus en harmonie avec la teneur entière de l'Écriture, de rapporter au Père la première partie de ces expressions.» (41).

Quant à la teneur entière de l'Écriture, c'est là une phrase sonore dont on est prêt à faire usage Tour défendre toute cause bonne ou mauvaise. Je laisserai donc au lecteur d'en juger après qu'il aura lu les preuves que je me propose de lui présenter dans les pages suivantes. Et quant au bon sens de la chose elle-même, je conseillerai à toute personne sérieuse d'examiner, et de se demander s'il est compatible avec la raison d'affirmer que Christ est Dieu, mais non le grand Dieu, et d'inventer ainsi deux Dieux, un plus grand et un autre moindre. Un tel principe est-il rationnel? Et je ne forme pas le moindre doute, que si cet auteur eût été appelé à composer un système de religion naturelle, il n'eût protesté avec énergie contre une idée à la fois si absurde et si impie. Mais certains hommes croiront tout, plutôt que de recevoir les doctrines du christianisme, comme l'Écriture-Sainte nous les enseigne.


Références

39 Ce verset est traduit de la même manière non seulement dans les deux versions françaises de Martin et d'Ostervald, mais encore dans celle de Genève, de 1805.
Note des éditeurs.
40 Voici le texte dans son entier: προςδεχομενοι την μακαριαν ελπιδα και επιφανειαν της δοξης του μεγαλου Θεου και σωτηρος ημων ιησου χριστου. Le sens le plus naturel et celui exigé par le proprietas lingua, est celui attribué à ce passage par presque tous les anciens, depuis Clément d'Alexandrie, et par les premiers commentateurs modernes, tels que Brume Grotius et Théodore de Bèze, et par quelques-uns des plus célèbres commentateurs et théologiens de ces derniers temps, tels que les évêques Pearson et Bull, et par Wolf. Matthias et l'évêque Middleton, ce sens est attendant ou plutôt regardant en avant vers la bienheureuse espérance et l'apparition glorieuse de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Cette traduction est établie sur les fondements les plus solides par l'évêque Middleton et le professeur Scholefield. Mais un argument plus concluant encore que celui tiré de la construction grammaticale, est celui présenté par Théodore de Bèze, qui montre que le mot επιφανεια apparition, n'est nulle part employé en parlant de Dieu le Père, mais toujours de Christ, ce qui est un argument inattaquable. Le rédacteur du Critique Britannique soutient avec raison que Christ doit être le Dieu dont il est ici parlé, parce que c'est son apparition glorieuse que toue les Chrétiens sont exhortés à attendre. Mais à l'égard de Dieu le Père, il nous est dit que nul homme ne l'a vu, ni ne peut le voir. Voyez aussi Routh, Reliquiœ sacrœ, et Clément d'Alexandrie, Cohortatio ad Gentes.

Les théologiens qui ont hésité à admettre cette interprétation, ont été arrêtés, je le soupçonne, plus qu'ils ne s'en doutaient eux-mêmes, par nu arguaient gai paraît spécieux, savoir: que nulle antre part dans l'Écriture, Jésus-Christ n'est appelé le grand Dieu; mais le μεγαλου appartenant à la fois à Θεου et à σωτηρος, cela change le cas, et fait disparaître complètement l'objection. Le sens est donc évidemment la glorieuse apparition de ce grand Être, qui est notre Dieu et Sauveur.
Note extraite de Bloomfiald (in loco).
41 Doctrine de Clarke sur la Trinité. § I, p. 541.


XIV.

2 Corinthiens 5:19

«Dieu était en Christ réconciliant le monde avec soi.»

Il est généralement reconnu que le monde fut réconcilié par J.-C., avec le Dieu unique et suprême. Mais ce même Dieu (car l'expression n'est employée qu'une fois dans tout le passage) était en Christ, manifesté en chair, et réconciliant le monde avec soi. Ne trouvât-on pas d'autre passage dans toute la Bible, celui-ci suffirait seul pour renverser tout l'échafaudage de l'Arianisme, qui repose, sur cette seule assertion que dans toute l'Écriture-Sainte le mot Dieu ne renferme jamais une idée complexe de plus d'une personne, et qu'elle en désigne, au contraire, toujours une seule. Par exemple: Ou bien uniquement la personne du Père, ou bien uniquement la personne du Fils (42); ce qui est une complète erreur, puisqu'ici ce même mot en indique deux à la fois, celle du Père et celle du Fils. Le texte considère Dieu comme être actif et passif en même temps; réconciliateur du monde dans la personne du Fils, et objet de la réconciliation dans la personne du Père; et il ne présente qu'un même mot (Dieu) pour exprimer ces deux idées.

Ainsi le mot Dieu, quoiqu'au singulier, possède une compréhension collective. C'est dans ce dernier sens que l'ont pris plusieurs des écrivains les plus distingués, qui ont existé avant le concile de Nicée: «Plasmatus in initio homo per manusDei id est Filii et Spiritus,» dit Irénée (43), employant le nom Deus (Dieu), au singulier, pour les deux personnes du Fils et de l'esprit Saint. Et le même terme, dans Origène (si nous considérons la version de Ruffin comme authentique), renferme les trois personnes ensemble. Igitur de Deo id est de Patre et Filio et Spiritu Sancto (44). Et notre Église a pris le mot Dieu dans le même sens, quand elle a dit dans les actions de grâces après la communion «Dieu Tout-Puissant, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.»


Références

42 Clarke, S. D. P. II, § 33.
43 Lib. V, § 23. - De vrincipiis.
44 Lib. IV, Chapitre 2.


XV.

Jean 14:11

«Je suis en mon Père, et mon Père est en Moi.»

Comparez cet article avec le précédent.

XVI.

2 Corinthiens 5:20

«Nous sommes donc ambassadeurs pour Christ, et c'est comme si Dieu vous exhortait par notre ministère. Nous vous supplions pour Christ de vous réconcilier avec Dieu.»

L'application de ce passage à notre sujet, consiste en ces mots: «Pour Christ», nous vous prions comme si Dieu vous exhortait, — où l'emploi alternatif des noms Dieu et Christ prouve que c'est la même personne qui a droit à l'un et à l'autre.

XVII.

1 Jean 5:20

«Nous sommes dans le véritable; savoir, en son Fils Jésus-Christ; il est le vrai Dieu et la vie éternelle.»

XVIII.

Colossiens 2:8-9

«Prenez garde que personne ne vous gagne par la philosophie et par de vains raisonnements conformes à la tradition des hommes et aux éléments du monde, et non point selon Christ, car toute la plénitude de la DIVINITÉ habite en lui corporellement.»

L'Apôtre prévoyait qu'une chose qui s'appellerait philosophie, mettrait en œuvre toutes ses batteries pour détruire la connaissance de l'absolue divinité de Christ. — C'est en lui (dit-il) que réside la plénitude de la divinité corporellement. La philosophie le révoque en doute, et entreprend de prouver le contraire; gardez-vous de vous laisser gagner par un sophisme qui détruirait votre foi, et qui vous priverait d'être disciple de Christ!! C'est pourquoi soyez sur vos gardes.

XIX.

Jean 1:1

«La parole était Dieu.»

XX.

Ésaïe 9:6, et 5e édit. FRANÇ.

«Car l'enfant nous est né, le Fils nous a été donné, et l'empire a été posé sur son épaule, et on appellera son nom l'Admirable, le Conseiller, le Dieu Fort et Puissante le Père d'Éternité.»

XXI.

Jérémie 23:6

«C'est ici le nom duquel on l'appellera l'Éternel, notre Justice.»

XXII.

Ésaïe 2:17-18

«L'Éternel sera seul haut élevé en ce jour-là; et quant aux idoles, elles tomberont toutes.»

«L'idolâtrie est le renversement du Christianisme (ou du jour de Christ); la destruction de l'idolâtrie fut le grand but de la venue du Messie dans le monde. Or, s'il n'était pas Dieu, Jéhovah lui-même, Éternel et consubstantiel avec le Père,» la religion qu'il a établie, loin de renverser le Paganisme, ne serait au contraire qu'une Idolâtrie plus raffinée, et par là même plus dangereuse. Le Prophète donc pour affranchir, le culte rendu à Christ de tout soupçon d'idolâtrie, conclut par cette assertion positive, que ce culte sertit le moyen le plus efficace de détruire toute idolâtrie en disant: Quant aux idoles, elles tomberont toutes. Nous trouvons dans saint Jean la même conclusion; après avoir affirmé que Jésus est le vrai Dieu et la vie éternelle, l'Évangéliste se hâte d'ajouter ce conseil: Mes petits enfants gardez-vous des idoles

J'ai tiré cette observation du premier volume d'un Essai sur les leçons spéciales, écrit, dit-on, par un Laïque. Je n'ai pas besoin de m'excuser de m'être servi de ce qui convenait à mon sujet. Je l'ai. fait d'autant plus volontiers, que je trouve ici l'occasion de remercier le pieux et savant auteur de cet excellent ouvrage, non-seulement en mon propre nom, mais encore en celui de plusieurs amis sincères de la religion de Christ, parmi lesquels ses travaux portent leurs fruits; et j'espère qu'il n'en perdra pas la récompense, qu'il devra néanmoins attendre jusqu'à ce que la sagesse soit justifiée par tous ses enfants.

XXIII.

Apocalypse 1:8

«Je suis l'Alpha et l'Oméga, le commencement et la fin, dit le Seigneur, qui este qui était, et qui est à venir, le Tout-Puissant.»

Si on veut prendre la peine de lire les versets 12 et 17 de ce chapitre, on pourra se convaincre que ce 8e verset est sorti de la bouche de Christ qui, à juste titre, possède tous les titres qui y sont exprimés, entre autres celui de Tout-Puissant.

Origène qui, certes, n'était pas Arien, quoique souvent présenté comme tel par ceux qui voudraient citer à l'appui de leur système un si éminent génie, fait l'observation suivante: Ut autem unam et eamdem omnipotentiam Patris et Filii esse cognoscas, sicut unus atque idem est cum Patre Deus et Dominus, audi hoc modo Joannem in Apocalypsi dicentem: hœc dicit Dominus Deus qui est et qui erat et qui venturus est omnipotens. Qui enim venturus est omnipotens, quis est alius nisi Christus? De principiis, lib. I, ch. 2. — Ou bien en français: «Afin que vous connaissiez maintenant que la toute puissance du Père et celle du Fils, sont une et la même, comme il est un seul et même Dieu et Seigneur avec le Père, écoutez saint Jean qui dit dans l'Apocalypse: «Le Seigneur Dieu, qui est, qui était et qui est à venir, le Tout-Puissant dit ces choses.» Quel est ce Tout-Puissant qui est à venir, si ce n'est Christ?»

XXIV.

Les textes qui suivent, marqués ainsi (†), sont ceux dont les Ariens (45) ont abusé pour soutenir leur hérésie; et autant que je puis en juger ils ont été choisis parmi toutes les classes de ceux qu'ils allèguent. Mais quand on interroge l'Écriture sur le sens qu'elle leur donne on trouve où qu'ils n'ont aucun rapport avec la question, où même qu'ils confirment et qu'ils prêchent la foi qu'on avait cru pouvoir détruire par leur témoignage.

Matthieu 19:17

«Pourquoi m'appelles-tu bon? Dieu est le seul être qui soit bon.»

L'objection est fondée sur le grec qui porte: Ουδεις εστιν αγαθός, ειμη εις, ό θεος. Nul n'est bon, si ce n'est εις un, et cet un est ό Θεος Dieu. — D'où l'on conclut que puisque l'adjectif εις est au masculin, il ne peut signifier un être ou une nature, car alors il aurait fallu le neutre εν; mais qu'il indique une personne. Et que si l'attribut de bonté appartient exclusivement à la personne du Père, on est forcé d'exclure la personne du Fils et celle de l'Esprit Saint de la participation à la nature divine.

Je m'empresse de convenir que cette objection est la plus plausible de toutes celles que j'aie jamais rencontrées et je puis dire avec sincérité que j'ai taché de lui rendre justice; si quelqu'un trouvait le moyen de la présenter sous un point de vue plus plausible, il est libre de le faire, et je le verrai sans peine; voici comment je la présente supposant que le mot et; signifie une personne (et c'est en cela que consiste toute la force de l'argument), alors si une personne seulement est bonne, et que cette personne soit Dieu, il doit s'ensuivre qu'il n'y a qu'une seule personne qui soit Dieu, le nom de Dieu étant par là autant limité à une seule personne que l'attribut de la bonté. Mais cette assertion est entièrement fausse, puisque les noms de Dieu, Seigneur, Éternel des armées, Tout-Puissant, Très-Haut, Éternel, Dieu d'Israël, etc., sont aussi donnés à la seconde et à la troisième personne de la Trinité! Contemplez l'objection sous ce point de vue, et elle se détruit par elle-même; en voulant trop prouver, elle ne prouve rien.

Mais la vérité est que l'original ne donne pas une ombre plausible à une critique au moyen de laquelle quelques-uns ont osé attaquer la divinité de leur Sauveur. Le mot εις est si loin d'exiger le substantif personne pour s'accorder avec lui, qu'au contraire il est employé au genre masculin, à cause du mot θεος Dieu, avec lequel il s'accorde, et on le construit mieux encore comme adverbe. Si on suit littéralement le grec, on trouvera la traduction suivante: Il n'y a nul de bon ει μη εις ό θεος, si ce n'est un, Dieu; ou selon la version ordinaire, si ce n'est Dieu seulement. Mais dans Marc 2:7, nous trouvons exactement la même phrase mot pour mot. Qui peut pardonner les péchés? ει μη εις ό θεος, que Dieu seulement? comme le traduit notre version. Et ici n'est-il pas évident que εις ne peut désigner une seule personne, dans le sens des Ariens, parce que Christ qui était une autre personne a pris sur lui de pardonner les péchés. Dans le passage parallèle de l'Évangile selon saint Luc 5:21, l'expression est différente, de manière à rendre la chose encore plus claire. Il y a ει μη μονος ό Θεος, non point εις, mais μονος, qui est un autre adjectif du genre masculin qui, se construise avec le substantif θεος, peut régulièrement se rendre comme un adverbe, et l'on peut dire indifféremment si ce n'est Dieu seul ou Dieu seulement; et le grec emploie indifféremment l'une et l'autre de ces expressions dans Matthieu 4:4, επ αρτω μονω, «de pain seulement», 1 Thessaloniciens 1:5, εν λογω μονον, «en parole seulement. Ainsi toutes les conséquences qu'un peut déduire de ce passage, sont qu'il y a un seul Dieu, proposition sur laquelle nous sommes tous d'accord, et que nul n'est bon que lui, ce que personne ne contestera. Reste donc à examiner si en ce seul Dieu il y a une personne ou trois, sujet sur lequel il faut consulter d'autres déclarations de l'Écriture qui est si formelle en d'autres endroits, sur la doctrine de la Trinité, qu'on ne peut la révoquer en doute.

Si l'on demande pourquoi Jésus-Christ adressait cette question: — Pourquoi: m'appelles-tu bon? — Je répondrai que ce fut par le même motif qui lui fit demander aux Pharisiens pourquoi David en esprit l'avait appelé Seigneur (Matthieu 22:43), pour éprouver s'ils pouvaient en rendre compte.

Ce docteur de la loi qui s'adresse à notre Seigneur, en l'appelant bon Maître, lorsque bien longtemps avant le psalmiste avait dit qu'«il n'y a personne qui fasse le bien, non pas même un seul» (Psaumes 14:3), reconnaissait implicitement qu'il était Dieu, aucun homme, depuis la chute d'Adam, ne pouvant prétendre à ce titre. Et quand Jésus l'interpella pour savoir ce qu'il voulait dire, puisque Dieu seul est bon, il aurait dû s'écrier, comme saint Thomas: Mon Seigneur et mon Dieu! ce qui aurait été une belle manifestation de sa foi, et aurait fait disparaître toute difficulté.

En considérant attentivement le caractère de ce jeune homme, on trouvera que cette épreuve était particulièrement appropriée à son, état spirituel parfaitement convaincu qu'il était capable d'accomplir la loi par ses propres forces; il vient à Christ, en présence de ses disciples, pour apprendre quel bien il doit faire pour avoir la vie éternelle. Notre Seigneur saisit cette occasion de corriger sa manière de voir sur la nature de la bonté; et après avoir examiné cet homme si bon et si parfait sur un point très-délicat, il le renvoie triste et mécontent.


Références

45 L'hérésie arienne a pour auteur Arius, prêtre d'Alexandrie. Il soutenait que le Fils était totalement et essentiellement distinct du Père; qu'il était le premier et le plus éminent de tous les êtres que Dieu avait créés en les tirant du néant; quo comme instrument subordonné au Père, il avait été employé à la création de l'univers, et qu'il était, par conséquent, inférieur au Père en nature et en dignité. Les opinions d'Arius à l'égard du Saint-Esprit ne sont pas aussi bien connues. Il paraît cependant certain que ses vues sur la personne du Fils de Dieu étaient accompagnées et liées à d'autres doctrines bien différentes de celles communément reçues parmi les Chrétiens, quoiqu'aucun des anciens écrivains ne nous ait donné un système complet et cohérent des croyances religieuses qui étaient professées par Arius et par ses sectateurs. Histoire ecclésiastique de Moshéim.

Ce sont ces opinions que le docteur Samuel Clarke a tâché de ressusciter, en Angleterre, dans le dernier siècle. Il a exposé ses croyances dans un livre intitulé: Doctrine de nos saints livres sur la Trinité. Il croyait que le Fils et le Saint-Esprit étaient les premières et les plus éminentes des créatures de Dieu, et ainsi il établissait trois Dieux, yin suprême et deux inférieurs. On trouvera quelqu'es détails sur ce système dans la Force de la Vérité, par Thomas Scott.
Note des éditeurs.


XXV.

1 Corinthiens 15:24

«Et après viendra la fin, quand, il aura remis le royaume a Dieu le Père.»

Luc 1:33

«Il (J.-C.) régnera sur la maison de Jacob éternellement, et il n'y aura point de fin à son règne.»

La contradiction qui existe dans les termes de ces deux passages, indique qu'il s'agit, dans le premier, de l'humanité de Jésus seulement et que le second n'est relatif qu'à sa Divinité. Si on les réunit, il en résulte une démonstration positive que Christ est vrai Dieu, aussi bien qu'il est vrai homme. En cette dernière qualité, il a reçu un royaume qu'il doit remettre au Père lorsque la fin de sa charge de Médiateur sera venue; mais, d'un autre côté il a un royaume qui lui appartient, et qui n'aura point de fin. Ce qui ne pourrait exister réellement si Christ n'était pas un avec ce Dieu, qui, après que Christ, comme homme, lui aura remis le royaume, sera tout en tous. Cette distinction de la nature divine et humaine dans la personne de Jésus-Christ, qui les réunit l'une et l'autre, est confirmée par une autre citation prise dans le même chapitre où l'apôtre nous donne la clef de ce qu'il a voulu dire. «Puisque par un homme, dit-il, est venue la mort, de même par un homme est venue la résurrection des morts. Car comme en Adam tous meurent, de même en Christ tous sont vivifiés.» Ici saint Paul établit un contraste entre l'homme Adam et l'homme Christ, et à moins de vouloir s'aveugler volontairement, il est presqu'impossible de se méprendre sur le sens de ce qui suit. — Alors viendra la fin, quand Jésus-Christ (l'homme Christ, le second Adam) remettra le royaume, etc.; car c'est là qu'aboutit le discours de l'apôtre.

On trouve dans le Nouveau-Testament une foule d'expressions de cette nature, mais elles n'offrent aucune difficulté, si on se souvient seulement que Christ est homme aussi bien que Dieu ce que les Ariens sont, dans toutes les occasions, disposés à oublier. C'est par l'abus de ces textes qu'ils ont donné à leur hérésie une couleur de vraisemblance. L'Ancien-Testament, ne parlant ordinairement de Christ que comme une des personnes de la Divinité avant son incarnation, leur offre moins de prise pour soutenir leur système; et de là vient que la plupart d'entre eux bornent leurs recherches au Nouveau, qui est l'histoire de Jésus après son incarnation, lorsqu'il a paru comme le premier né de plusieurs frères; comme l'oint au-dessus de tous ses semblables (le genre humain), recevant autorité et domination de Dieu, qui, par un pouvoir supérieur à celui de son âme et de son corps humain, a assujetti toutes choses sous les pieds de cette nature humaine.

Mais au lieu de l'amour et de la reconnaissance qu'ils devraient éprouver en considérant l'obéissance de celui qui est devenu Fils de l'Homme, quelques-uns de ceux qu'il est venu chercher tournent contre lui ce grand bienfait, et osent en faire un argument contre sa dignité souveraine, s'imaginant follement honorer leur Dieu suprême, en disant avec Pierre: «Seigneur, que ce soit loin» de toi; cela ne doit pas t'arriver, cela ne t'arrivera point.»

Nous les supplions d'examiner, s'ils ne se mettent pas dans le cas d'entendre la même censure qui fut adressée à cet apôtre: Arrière de moi, Satan! et cela lorsque la porte du salut sera fermée, et qu'il sera trop tard pour se repentir.

Un de leurs plus graves défenseurs, nous dit qu'il n'a affaire pour le présent qu'avec le Nouveau-Testament seulement (46); et un autre écrivain assez connu, dans une lettre où il est censé s'adresser à un jeune pasteur, lui suggère l'idée qu'il lui est permis de rejeter comme peu concluants des arguments en faveur de la Trinité, lorsqu'ils sont puisés dans l'Ancien-Testament parce que, dit cet auteur, ils ne prouvent que l'ignorance de ceux qui en font usage (47), et je souhaiterais que ce fut encore tout; car j'aimerais mieux passer pour un insensé aux yeux de tels hommes que d'être obligé de les accuser du crime horrible de renier. le Seigneur, qui les a rachetés.


Références

46 Suite à l'Essai sur l'Esprit, p. 8.
47 Lettre à un jeune pasteur sur les difficultés et les découragements qui accompagnent l'étude de la Bible entreprise par la voie du libre examen.


XXVI.

Actes 10:42

«C'est lui qui est destiné de Dieu pour être le juge des vivants et des morts.»

Ce passage nous servira à dévoiler, une fois pour toutes, un des sophismes le plus ordinairement employé par nos adversaires, qui appliquent sans restriction à Jésus-Christ des expressions qui ne conviennent qu'à sa nature humaine, et puis se servent des conséquences qui découlent de cette fausse application pour attaquer sa divinité éternelle.

Christ est ordonné de Dieu il est vrai; et la, nature de celui qui reçoit le pouvoir est nécessaire.. ment inférieure à celle de l'être qui le confère. Mais s'ensuit-il que ce soit la nature divine de Jésus qui reçoit sa puissance? Oui, diront les Ariens, c'est là notre opinion; et la défense de leur cause les force à adopter ce point de vue. Cependant la Bible déclare le contraire. — Dieu, dit saint Paul, a arrêté un jour auquel il doit juger le monde en justice par cet homme εν ανδρι, dans cet homme qu'il a destiné pour cela (48). Le Dieu suprême qui fut manifesté en chair et en Christ réconciliant le monde avec soi, demeurera dans la même union personnelle avec lui jusqu'à ce qu'il ait jugé le monde et qu'il soit prêt à lui remettre le royaume.

Comme notre juge conservera même alors son caractère d'homme cependant Dieu qui l'a destiné à cette charge importante. sera présent avec lui et lui sera personnellement uni. L'acte du dernier jugement est également attribué aux deux natures. Dans le texte que nous venons de citer il est dit Dieu jugera le monde; quoique immédiatement après il soit ajouté: Qu'un homme l'homme Christ, a été destiné à cette charge. Nous trouvons aussi dans l'épître aux Romains: «Nous comparaîtrons tous devant le siège judicial de Christ. Car il est écrit: Je suis vivant, dit le Seigneur, que tout genou se ploiera devant moi, et que toute langue donnera louange à Dieu.»

Nous devons tous rendre compte de nous-mêmes au tribunal de Christ. Comment l'apôtre prouve-t-il cette assertion? Parce qu'il est écrit que nous comparerons devant le Seigneur Dieu, qui jure qu'il est vivant. Mais à moins que Christ, qui est un homme, ne soit aussi ce Dieu vivant, la preuve que donne l'Apôtre ne touche pas à la question.


Références

48 Actes 17:31.


XXVII.

Actes 10:40-41

«Dieu t'a ressuscité le troisième jour, et ta manifesté pleinement à nous qui avons mangé et bu avec lui 3 après qu'il a été ressuscité des morts.»

Jean 21:1

«Après cela Jésus se fit voir encore à ses disciples, près de la mer de Tibériade, et s'y fit voir en cette manière.»

Le premier texte ôte quelque chose à Christ comme homme parie que, en cette qualité, il était à la disposition du Père. Mais le second texte le lui attribue de nouveau comme Dieu; et en cette qualité, il dispose de lui-même, et il est un avec le Père. On peut appliquer le même raisonnement aux deux citations qui suivent.

XXVIII.

Jean 3:16

«Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique.»

Éphésiens 5:25

«Christ a aimé l'Église et s'est donné lui-même pour elle.»

XXIX.

Éphésiens 4:32

«Vous pardonnant les uns les autres, ainsi que Dieu vous a pardonné pour Christ.»

Colossiens 3:13

«Vous pardonnant l'un l'autre comme Christ vous a pardonné.»

XXX.

Jean 6:38

«Je suis descendu du ciel non pour faire ma volonté, mais la volonté de Celui qui m'a envoyé.»

Matthieu 8:2

«Et voici, un lépreux vint et se prosterna devant lui, disant: Seigneur, si tu veux, tu peux me rendre net. Et Jésus répondit: Je le veux (θελω), sois net.»

XXXI.

Actes 4:29-30

«Maintenant donc, Seigneur, accorde, — afin qu'il se fasse des signes et des prodiges par le nom de ton saint Fils Jésus-Christ.»

Il parerait, dans cet endroit, que les signes et les merveilles n'étaient pas opérées par la propre puissance de Jésus-Christ; mais par un pouvoir supérieur au sien, celui du Seigneur, mis en action par le nom, par les mérites ou par l'intercession de son saint Fils Jésus. Cependant saint Pierre déclare que ce même Jésus, quoiqu'au ciel, était l'auteur immédiat des signes et des merveilles qu'opérèrent ses disciples sur la terre. «Énée, dit-il, Jésus-Christ te guérit, lève-toi» (Actes 9:34).

XXXII.

Matthieu 20:23

«D'être assis à ma droite ou à ma gauche, ce n'est point à moi à le donner, mais (il sera donné) à ceux à qui cela est destiné par mon Père.»

Cependant notre Sauveur a promis, dans un autre endroit, d'accorder cette récompense, le privilège de s'asseoir à sa droite.

Apocalypse 3:21

«Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi dans mon trône, ainsi que j'ai vaincu, et je suis assis avec mon Père dans son trône.»

Un tel passage suffit sans doute pour défendre le premier contre tout abus qu'on voudrait en faire, mais il demeure encore une difficulté, qu'avec le secours de Dieu, je tâcherai de faire disparaître.

Il semblera aux personnes qui connaissent la langue grecque que le texte original réserve à Christ, dans ce premier passage, une autorité et un pouvoir dont la version anglaise, par l'insertion de quelques mots inutiles, semble le priver; car on peut bien expliquer le verset sans sous entendre δοθησεται (il sera donné). Voici le grec: ουκ εστιν εμον δουναι, ce n'est pas à moi de le donner; αλλ'οις ητοιμασται, si ce n'est à ceux à qui il est préparé. «Nisi quibus paratum est.» Dans le 11e verset du chapitre précédent, on trouve une expression exactement semblable ου παντες χωρουσι τον λογον τουτον αλλ'οις δέδοται, tous ne reçoivent pas cette parole, si ce n'est ceux à qui il a été donné, nisi quibus datum est, ou bien, selon Théodore de Bèze: «Sed ii quibus datum.» Or, il n'y a pas de raison grammaticale qui nous empêche de prendre αλλ'οις ητοιμασται dans le même sens; et le texte alors affirmera ce qu'il semble maintenant nier. Car dire que Christ ne peut accorder cette récompense particulière qu'à ceux à qui elle a été destinée par le Père n'est-ce pas admettre qu'il peut et veut la donner à ceux-là selon la maxime ordinaire que: Exceptio probat regulam in non exceptis.

Ce texte déclare donc que Dieu ne se départira pas dans la distribution des récompenses éternelles des règles de justice distributive qu'il s'est lui-même tracées, et d'après lesquelles il proportionnera ses faveurs au travail d'amour de ceux qui, par sa grâce, ont combattu le bon combat, ont achevé la course, ont gardé la foi. Tel est le principe que nous fournit la réunion de ces deux passages. C'est comme si le Seigneur, qui parle dans l'un et des l'autre, eût dit: «Quoique ce ne soit point à moi de donner d'être assis avec moi en mon trône, si non à ceux à qui cette place a été préparée, cependant je veux (moi-même) l'accorder à celui qui aura vaincu; car c'est pour lui qu'elle l'a été.» (49). On ne doit pas regarder comme un défaut de pouvoir dans la Trinité, ou dans quelqu'une de ses personnes, l'immutabilité des conseils divins. Si Dieu ne peut changer ses résolutions, c'est parce qu'il lui est impossible de ne pas agir d'une manière conforme à ses perfections. Et si nous lisons dans Marc 6:5: «Il ne put faire là «aucun miracle», ce n'est pas que Jésus n'eût toujours le pouvoir d'opérer des miracles mais l'incrédulité de ses compatriotes et leurs mauvaises dispositions, les rendaient indignes d'être les objets et les témoins de ces manifestations gracieuses de son pouvoir. C'est dans le même sens qu'il faut entendre cette déclaration du Seigneur, qui presse Lot de sortir de Sodome qui allait être détruite, en lui disant (Genèse 19:22): «Hâte-toi, sauve-toi là, car je ne pourrai rien faire jusqu'à ce que tu y sois entré.» Personne ne songe à conclure de ces paroles que le pouvoir de Dieu puisse être limité. Mais on voit que dans cette circonstance, comme dans toutes les autres, il dirige tous les événements selon sa sagesse infinie, et fait contribuer toutes choses au bonheur de ses serviteurs et à la confusion de ses ennemis.


Références

49 Jésus n'accordera le privilège d'être assis à sa droite et à sa gauche dans son royaume qu'à ceux à qui cette gloire a été réservée dans les conseils éternels du Père, De sorte que ce texte, loin d'ôter à Jésus le droit de l'accorder, déclare, an contraire, entant qu'une proposition négative peut le faire, qu'il sera le dispensateur de cette grâce, comme de toutes les antres. Ce texte renferme une allusion évidente à la doctrine de l'élection de grâce, et ne peut être parfaitement compris que par ceux qui admettent cette doctrine.
Note des éditeurs.


XXXIII.

1 Corinthiens 8:6

«Nous n'avons qu'un seul Dieu, qui est le Père» (50).

Comparons cette citation avec ces mots de saint Thomas (Jean 20:28): «Mon Seigneur et mon Dieu», et nous en tirerons l'argument qui suit: Nous n'avons qu'un seul Dieu le Père. Or, Jésus-Christ est notre Dieu; donc ou l'Évangile nous annonce deux Dieux distincts l'un de l'autre, ou bien ce seul Dieu le Père est ici le nom d'une nature dans laquelle Christ, comme Dieu, est aussi compris comme on peut le prouver par plusieurs autres passages.


Références

50 Voici le verset entier:

«Nous n'avons pourtant qu'un seul Dieu, qui est le Père, duquel sont toutes choses, et nous en lui; et un seul Seigneur Jésus-Christ, par lequel sont toutes choses, et nous par lui.»

M. Holden fait observer que la perversion socinienne de ce passage fondée sur la distinction établie par l'apôtre entre le Père et le Fils, est inadmissible, puisque ce texte ne refuse pas plus à Jésus-Christ le titre de Dieu des Chrétiens, en appelant le Père le seul Dieu, qu'il ne refuse au Père le titre de Seigneur, en appelant Christ le seul Seigneur. Au contraire, il donne à entendre par cette expression que le Père et le Fils sont un seul Dieu et un seul Seigneur dans l'unité de la nature divine.
Note de Bloomfield (in loco).


XXXIV.

Matthieu 23:9

«N'appelez personne sur la terre votre Père; car un seul est votre Père, lequel est dans les cieux.»

Matthieu 23:10

«Et ne soyez point appelés docteurs, car Christ seul est votre docteur» (Jean 3:13), «lequel est au ciel.»

Le docteur Clarke a consacré dans son ouvrage une section particulière, dans laquelle il prétend avoir cité les passages qui attribuent à la seconde personne de la Trinité les titres et les perfections les plus sublimes. Il a pourtant oublié complètement le dernier de ces versets, quoique par une règle de son invention, il attribue à Christ un titre plus éminent qu'aucun autre dans toute l'Écriture. C'est ce même auteur qui a tant insisté sur le mot εις, Un; qu'il soutient ne pouvoir signifier autre chose qu'une personne. Il attache à cette opinion une telle importance qu'il en fait la base de sa critique, et son livre commence par l'établir tout d'abord. Dans le cours de son ouvrage, il répète trois fois la même chose presque dans les mêmes termes. Mais le passage qui est maintenant devant nous, s'il l'eût cité, aurait tourné ses propres armes contre lui. Le mot εις se trouve ici un attribut de Christ; et si nous nous servions de cette expression dans le même sens qu'il lui a donné dans le passage précédemment mentionné, nous serions forcés de conclure qu'une seule personne est notre docteur, et que si Christ est ce docteur, le Père et l'Esprit-Saint sont exclus d'un semblable titre, ce qui réduit le raisonnement de ce savant auteur à une absurdité manifeste.

Concluons donc que puisque dans la phrase actuelle l'expression εις καθηγητης ne peut exclure l'idée de Père, εις dans l'autre citation ne peut pas davantage exclure celle de Christ (supposant même que le sens du grec fut un seul est bon.)

Mais outre que la nature des choses nous démontre qu'il ne peut en être ainsi l'Écriture elle-même nous enseigne qu'il en est autrement par le fait, puisque le titre de Père se trouve pareillement attribué à la seconde personne de la Trinité.

Car Christ, l'Alpha et l'Oméga, dit de lui-même (51): «Celui qui vaincra héritera toutes choses, et je lui serai Dieu et il me sera fils». Ésaïe l'appelle (52) le Père d'éternité. Il est aussi écrit: Ils seront «fils de Dieu étant fils de la résurrection» (53). Écoutez Jésus lui-même (54): «Je suis la Résurrection». Il est donc Dieu, et nous sommes ses enfants. S'il en est ainsi, le mot Père ne peut pas être toujours considéré comme signe de distinction entre deux personnes divines; mais on doit souvent l'entendre comme l'expression du rapport entre Dieu et l'homme. C'est ce qu'un de nos théologiens a très-bien exprimé, quand il a dit: «Un tel mot désigne non seulement Dieu le Père la première personne de la sainte Trinité, mais il se rapporte encore à la créature faite et conservée par Dieu; et en ce sens il appartient à la Trinité tout entière.


Références

51 Apocalypse 21:1.
52 Ésaïe 9:6.
53 Luc 20:36.
54 Jean 11:25.


XXXV.

Jean 14:28

«Le Père est plus grand que moi» (55).

Les deux articles qui précèdent suffiront pour justifier la doctrine de l'Église sur ce passage. — Christ, dit-elle, est inférieur au Père quant à son humanité (56). Le contenu de l'Écriture est constamment contraire à l'abus des Ariens, qu'il est inutile de se rappeler sans cesse; et par lequel ils s'élèvent contre tout ce qui tend à constater l'unité de Christ avec le Père, recherchant au contraire, et adoptant ce qui semble l'en séparer ou le placer à un rang subalterne. Il est difficile de dire quelle de ces deux hérésies est la plus déraisonnable et la plus anti-scripturaire. Est-ce celle des Sociniens, qui ne considèrent jamais Christ que comme un simple homme, ou bien celle des Ariens, qui ne le regardent que comme un Dieu fictif ou supposé? Entre ces deux erreurs si grossières, se place la véritable foi orthodoxe, qui, admettant à la fois la parfaite Divinité et la parfaite humanité de Christ, ne se trouve jamais en contradiction avec aucun passage, et n'a aucun besoin de recourir à des subterfuges, quelles que soient les déclarations de l'Évangile dans l'un ou dans l'autre sens.


Références

55 Voici le verset 28 dans son entier:

«Vous avez entendu que je vous ai dit: Je m'en vais, et je reviens à vous; si vous m'aimiez-vous seriez certes joyeux de ce que j'ai dit Je m'en vais au Père, car le Père est plus grand que moi.»

Les disciples étaient affligés par l'idée du prochain départ du Sauveur. Il les console par la considération que s'ils l'aiment, ils doivent se réjouir de penser qu'il s'en va, parce qu'il va au Père, qui est plus grand que lui. Il est donc évident que le Père est plus grand que lui, dans le même sens qu'il quitte ses disciples pour aller au Père. Or, il ne les quitte pas à l'égard de sa nature divine, puisqu'il dit (Matthieu 18:90): «Là ou deux ou trois sont assemblés en mon nom, là je suis au milieu d'eux;» et (Matthieu 28:90) voici: «Je suis toujours avec vous jusqu'à la fin du monde. À l'égard de sa présence divine, il était à la fois et sur la terre et dans le ciel, puisqu'il déclare» (Jean 3:13): «Nul n'est monté au ciel que celui qui est descendu du ciel, savoir: Le Fils de l'Homme, qui est au ciel.» Et même au chapitre 14:10: «Philippe, celui qui m'a vu, a vu mon Père; — ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même; mais le Père qui demeure en moi est celui qui fait les œuvres.» Il y avait donc en Jésus une nature à l'égard de laquelle il était dans le Père; une autre à l'égard de laquelle il devait aller au Père.

Mais ce texte, le Père est plus grand que moi, qui n'est pas en harmonie avec ce que l'Écriture nous dit de la divinité du Sauveur, s'accorde parfaitement avec ce qu'elle nous dit de son humanité. Ce passage est une allusion manifeste à son ascension, et cette ascension fut corporelle (Actes 1:9). Il allait pour recevoir le prix de ses souffrances, pour être couronné de gloire et d'honneur (Hébreux 2:9). Si ses disciples l'eussent véritablement aimé, ils auraient éprouvé de la joie de voir terminer l'époque de ses humiliations et de ses souffrances, et commencer celle de son triomphe et de sa gloire.

Il ne faut pas s'étonner de voir le Seigneur s'attribuer ce qui ne convient qu'à une de ses natures; il n'a fait que se conformer en cela an langage ordinaire des hommes. Nous disons tous les jours, je parle, je vois, je réfléchis, je pense, quoique quelques-unes de ces actions se rapportent exclusivement an corps et les antres à l'âme; et comme elles n'offrent aucune difficulté à celui qui sait que nous sommes composés d'un corps et d'une âme. Ainsi, des locutions analogues n'en offrent aucune pour ceux qui savent que le Seigneur Jésus-Christ était vrai Dieu, aussi bien que vrai homme; et ils appliquent les expressions du Seigneur à celle de ses natures à laquelle elles conviennent.
Note des éditeurs.
56 Symbole d'Athanase.


XXXVI.

1 Corinthiens 11:3

«Le chef (ou la tête) de Christ, c'est Dieu.»

En cet endroit, comme en tant d'autres, il faut entendre Christ homme, autrement il résulterait que puisque Christ est Dieu, Dieu serait son propre chef, ce qui implique contradiction ou bien qu'un Dieu est supérieur à un autre Dieu ce qui n'est pas moins contradictoire. D'ailleurs ce texte peut être expliqué par Genèse 3:15. Tu lui briseras (à la semence de la femme) le talon; mots par lesquels l'Église a toujours entendu les souffrances de la nature humaine du Sauveur, indiquée métaphoriquement par la partie inférieure du corps humain. De même, dans le texte cité, la divinité de Jésus, ou sa nature supérieure, est représentée par la tête ou partie supérieure de l'homme.

XXXVII.

Marc 13:32

«Or, quant à ce jour et â cette heure, personne ne le sait, non pas même les anges qui sont au ciel, ni même le Fils, mais le Père seul» (57).

Il est dit, dans un autre passage (Luc 2:52), que Jésus croissait en sagesse. Pourquoi paraîtrait-t-il incroyable que pendant la durée de son humiliation en la chair, il y eût certaines choses qu'il n'eût pas connues d'entre celles que les hommes sur là terre ne connaissent pas.

Si on suppose qu'il les ignorait en qualité de Dieu, comment expliquer la confession de Pierre, qui lui attribue la toute science en disant: «Seigneur, tu connais toutes choses» (60); confession que Jésus reçut sans lui faire aucun reproche et sans lui rappeler d'exception particulière.


Références

57 La divinité éternelle de Christ étant, comme nous venons de le voir dans les pages précédentes, appuyée sur les pins incontestables témoignages de l'ancien et du nouveau fondement, elle est placée sur un rocher inébranlable contre lequel toutes les vagues des sophismes et des objections des incrédules viendront se briser, puisque une fois ce point établi que Jésus-Christ est Dieu, il deviendra évident que les déclarations de l'Écriture, qui annoncent des choses incompatibles avec sa nature divine, ne sont applicables à Jésus-Christ qu'en tant qu'homme; adopter un autre système, c'est imputer à la Bible ce qu'on n'oserait attribuer à aucun livre des philosophes du siècle, de se contredire elle-même, et de saper d'une main l'édifice qu'elle aurait élevé de l'autre. Mais Dieu n'a pas voulu que nous en fussions réduits à des déductions plus ou moins claires. Il a voulu nous donner toujours un enseignement positif, pour fermer la bouche aux incrédules, et affermir la foi de ses enfants. Et il en est ainsi à l'égard de ce passage; car cette même Bible, qui nous déclare que Jésus ignore le jour du jugement, nous dit ailleurs que c'est lui qui sonde les cœurs et les reins (Apocalypse 2:23), qu'il sait toutes choses (Jean 21:12), et qu'aux yeux de celui devant qui nous devons rendre compte, toutes choses sont nues et entièrement découvertes (Hébreux 4:13); et dans ces mots, toutes choses, le jour du jugement doit être nécessairement compris; mais l'Écriture va plus loin, elle nous montre que dans ce passage il faut entendre Dieu par le Père, et que le jour du jugement est connu de la nature divine tout entière. En effet, au milieu de aréopage, devant une multitude d'Athéniens et d'étrangers assemblés pour l'entendre, devant des philosophes de toutes les écoles, dont quelques-uns l'avaient accusé d'annoncer des divinités étrangères, parce qu'il annonçait Jésus et la résurrection, le grand apôtre des Gentils déclare que Dieu a arrêté un jour auquel il doit juger le monde par l'homme qu'il a choisi pour cela, savoir: Jésus-Christ (58) (Actes 17:31). C'est donc Dieu qui a fixé ce jour redoutable du jugement à venir; et il deviendra évident que dans le mot Dieu, l'apôtre comprend la nature divine du Sauveur, pour celui qui considérera les choses que l'apôtre attribue dans son discours au Dieu qu'il annonce:

  1. La création de l'univers matériel et des créatures qui l'habitent.

    Mais comment exclure Jésus-Christ du caractère de Créateur, «lui qui a créé les choses visibles et les invisibles» (Colossiens 1:16); «lui sans lequel rien de ce qui a été fait n'a été fait.» (Jean 1:3.)

  2. La providence manifestée dans la conservation de tout ce qui existe.

    Mais Jésus-Christ ne soutient-il pas toutes choses par sa parole puissante? (Hébreux 1:3). N'est-il pas à la fois l'auteur et le but de la création, car «toutes choses subsistent par lui et pour lui?» (Colossiens 1:16)

  3. Le don de la vie.

    Mais Jésus-Christ n'est-il pas un Esprit vivifiant? (1 Corinthiens 15:45) En lui, nous dit saint Jean, était la vie, et la vie était la lumière des hommes (Jean 1:4)? c'était la vraie lumière qui éclaire tout homme venant au monde. (Jean 1:9)

  4. La toute présence.

    Mais Jésus-Christ n'est-il pas à la fois et sur la terre et dans le ciel le Fils de l'Homme qui est dans le ciel? (Jean 3:13). Voici, dit-il à ses disciples, «je suis toujours avec vous jusqu'à la fin du monde.» (Matthieu 28:20)

  5. La résurrection des morts en général, et spécialement celle de Jésus-Christ homme (de la nature humaine de Jésus).

    Mais Jésus-Christ n'a-t-il pas dit de lui-même: «Personne ne m'ôte la vie; j'ai le pouvoir de la quitter, et j'ai le pouvoir de la reprendre» (Jean 10:18). «Je suis la résurrection et la vie; quiconque croit en moi, ne mourra jamais» (Jean 11:25). Et ce pouvoir, il l'exerce comme le Père; «comme le Père ressuscite les morts et les vivifie, dit Jésus-Christ, de même aussi le Fils vivifie ceux qu'il veut», — «afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père.» (Jean 5:21-23)

  6. Le titre de Seigneur.

    Mais Jésus-Christ n'est-il pas le Seigneur du ciel (1 Corinthiens 15:41), celui dont l'apôtre Paul a dit nous avons un seul Seigneur (1 Corinthiens 8:60); le Seigneur dont Malachie annonce qu'il doit entrer dans son temple (Malachie 3:1), le temple où il est adoré, où il est servi comme Dieu, où il habite dans le lieu très-saint an milieu des louanges d'Israël.

Saint Paul ne distingue le Dieu dont il Parle, ni du verbe éternel qui a habité en Jésus-Christ, ni du Saint-Esprit, mais seulement de Jésus homme (de l'humanité de Jésus-Christ).

Mais il y a plus, car l'apôtre, en parlant de Dieu, se sert d'un terme plus large, plus étendu; d'un terme qui embrasse l'essence divine tout entière.

Nous ne devons pas estimer, dit-il à l'aréopage assemblé, que la Divinité soit semblable à l'argent ou à l'or, ou à de la pierre taillée par l'art et l'industrie des hommes.»

Il distingue, il sépare le vrai Dieu des idoles, mais en se servant du mot divinité, qui signifie la nature divine.

Que l'incrédule, s'il l'ose, refuse une participation dans la Divinité que les Chrétiens adorent, à celui en qui toute la plénitude de cette divinité a habitée corporellement, comme dans la schéchinah du temple de Jérusalem, où elle manifestait sa gloire.

Et ainsi nous concluons avec assurance, parce que nous concluons avec la parole révélée que Dieu était en Christ réconciliant le monde avec soi-même, et que tout en Dieu le Père, la Parole, et l'Esprit qui sonde toutes choses, même les profondeurs de Dieu (59), ont connu, puisqu'ils l'ont arrêté ce jour, ce jour solennel, oh Dieu jugera le monde en justice par l'homme qu'il a établi pour cela, savoir: Jésus-Christ.

Mais si ce texte vient de nous parler d'une nature de Jésus oh il a connu le jour du jugement, il nous parle aussi d'une autre nature où il ne l'a point connu, sa nature humaine. Les Ariens, dans leurs spéculations hardies, ne s'aperçoivent pas qu'eu supposant le corps de Jésus uni à un esprit créé, quelqu'éminent qu'ils le supposent, ils se trouvent en contradiction avec toute la Parole, aussi bien avec les textes qui nous annoncent que Jésus est homme, qu'avec ceux qui nous proclament qu'il est le vrai Dieu; car, dans leur système, il n'est ni l'un, ni l'autre, ni homme, ni Dieu; et la position qu'ils ont prise est si insoutenable que, pour en sortir à tout prix, les Sociniens, méconnaissant ces textes nombreux qui témoignent de la préexistence de Jésus, foulant aux pieds ces déclarations nombreuses, positives, qui attestent qu'il est le puissant Créateur de tout ce qui subsiste, ont voulu au moins respecter une classe de textes, ceux relatifs à son humanité, que les Ariens avaient dû méconnaître, leur système ne pouvant subsister un moment devant l'humanité, comme elle ne peut subsister devant la divinité de Jésus-Christ.

Pour nous, nous voyons en Jésus-Christ un vrai homme semblable à nous, à ses frères, en toutes choses, excepté le péché.

Jésus a éprouvé la fatigue. (Jean 4:6)

L'angoisse morale. «Jésus pleura.» (Jean 11:35)

La douleur extrême et dans le corps et dans l'âme.

«Mon âme est de toutes parts saisie de tristesse, dit-il, jusques à la mort.» (Matthieu 26:38)

Il a dû croître en sagesse comme en stature; car la toute science n'est pas le partage de l'humanité.

Et le Seigneur s'est abaissé jusqu'à nous dans les profondeurs de cette insondable charité que l'homme ne peut concevoir, qui engloutit, qui absorbe toutes ses facultés. C'est le débordement d'une charité infinie, qui dépasse toutes les conceptions de la créature qu'elle a voulu sauver.

Une preuve nous reste encore; elle nous est fournie par Jésus dans la gloire. En effet, voici ce que nous dit saint Jean dans le 5e chapitre de l'Apocalypse:

  1. Puis je vis dans la main droite de celui qui était assis sur le trône, un livre écrit dedans et dehors, scellé de sept sceaux.

  2. Je vis aussi un ange remarquable par sa force, qui criait à haute voix: Qui est-ce qui est digne d'ouvrir le livre, et d'en délier les sceaux?

  3. Mais nul ne pouvait, ni dans le ciel, ni sur la terre, ni au-dessous de la terre, ouvrir le livre, ni le regarder.

  4. Et je pleurais fort, parce que personne n'était trouvé digne d'ouvrir le livre, ni de le lire, ni de le regarder.

  5. Et un des anciens me dit: Ne pleure point; voici, le lion qui est de la tribu de Juda, la racine de David, a vaincu pour ouvrir le livre, et pour en délier les sept sceaux.

  6. Et je regardai, et voici, il y avait au milieu du trône et des quatre animaux, et au milieu des anciens, un Agneau qui se tenait là comme mis à mort, ayant sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu, envoyés par toute la terre.

  7. Et il vint, et prit le livre de la main droite de celui qui était assis sur le trône.

  8. Et quand il eut pris le livre, les quatre animaux et les vingt-quatre anciens se prosternèrent devant l'Agneau, ayant chacun des harpes et des fioles d'or pleines de parfums, qui sont les prières des saints.

C'est Jésus qui s'avance pour prendre le livre. Il se présente comme un agneau immolé, comme dans ce moment solennel où son sang a coulé pour l'expiation de nos offenses, ou son âme a été mise en oblation pour le péché, où la Divinité se sépare de l'humanité de Jésus, et où son corps est soumis, pour un peu de temps, à la puissance de la mort, étant mis à mort dans la chair (dans sa nature humaine), mais vivifié par l'Esprit (61) (par sa nature divine), il a détruit l'empire de la mort par sa résurrection glorieuse. Et étant monté dans les cieux, il est devenu l'auteur d'un éternel salut pour tous ceux qui s'attendent à lui; et il a obtenu, comme fruit de sa victoire, d'ouvrir à ses serviteurs le livre de l'avenir, et de leur dévoiler les destinées de l'Église jusqu'à la fin des siècles. Il est digne d'ouvrir le livre et d'en délier les sceaux, car il a été mis à mort, et il nous a rachetés à Dieu, par son sang, de toute tribu, langue, peuple et nation.

Et toutes les créatures et toutes les intelligences célestes élevèrent leur voix, et cette voix disait:

À celui qui est assis sur le trône et à l'Agneau, soit louange, honneur et gloire aux siècles des siècles!

Et les quatre animaux disaient: Amen. Et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent et adorèrent celui qui vit aux siècles des siècles!

Note des éditeurs.
58 Voyez aussi Zacharie 14:5,7.
59 1 Corinthiens 2:10.
60 Jean 21:17.
61 1 Pierre 3:18.


XXXVIII.

Jean 1:8

«Personne n'a jamais vu Dieu.»

Jean 14:8-9

«Philippe lui dit: Seigneur, montre-nous le Père?Ne m'as-tu point connu, Philippe? Celui qui m'a vu a vu le Père.»

Ces mots, dit le docteur Clarke, ne signifient point que celui «qui a vu la personne de Christ» ait vu aussi la personne du Père.» Non, sans doute; mais on veut dire par là que celui qui a vu tout ce qui était visible de la personne de Christ, a vu la personne à laquelle était unie cette nature divine et invisible, à laquelle l'Écriture donne le nom de Père. Et pour preuve que Christ (quoique Dieu manifesté en chair) (62), était ce même Dieu invisible que jamais homme ne peut voir, nous lisons (que, lors de son apparition glorieuse, nous le verrons revêtu, non d'une divinité secondaire, mais de la gloire qui lui est commune avec le Père et dont il jouissait auprès de lui avant que le monde fut) (63); et nous serons comme lui (façonnés à l'image de son glorieux corps (64) et formés à sa ressemblance) (65). Alors nous le verrons tel qu'il est; ce qui n'est encore arrivé à aucun homme.


Références

62 1 Timothée 3:16.
63 Jean 17:5.
64 Philippiens 3:21.
65 Romains 8:29.


XXXIX.

1 Corinthiens 15:27

«Or, quand il est dit que toutes choses lui sont assujetties, il est évident que celui qui lui a assujetti toutes choses est excepté» (εκτος του υποταξαντος). — 28. «Et quand toutes choses lui auront été assujetties», οταν υποταγη αυτω τα παντα.

Philippiens 3:20-21

«Nous attendons le Sauveur, le Seigneur Jésus-Christ — qui — peut même s'assujettir toutes choses» (υποταξαι τα παντα).

Il est évident que ces expressions εκτος του υποταξαντος ne peuvent être destinées à mettre une personne divine au-dessus d'une autre personne divine; seulement l'apôtre a pour but de distinguer les deux natures de Christ. Comme homme, tout lui est soumis par un autre; comme Dieu il est lui-même cet autre, et capable de tout s'assujettir. De tels exemples doivent convaincre le lecteur que le système Arien, comme je l'ai déjà fait observer, emprunte tous ses arguments à l'humiliation de Christ en la chair.

Si on examine à fond leurs meilleurs arguments, En ayant soin de comparer entre eux les textes qu'ils citent, et de les éclaircir au moyen d'autres textes, on découvrira dans tous leurs raisonnements cette grande absurdité: — L'homme est inférieur à Dieu, donc Dieu est inférieur à lui-même; et ils cherchent à le prou' er en attribuant à la divinité de Christ ce qu'il faut entendre uniquement de son humanité.

Je viens de présenter à l'examen des lecteurs les principaux textes sur lesquels s'appuient les Ariens et les Sociniens. J'espère que la plupart des lecteurs auront pu se convaincre que, loin de soutenir la thèse qu'ils prétendent établir par leur moyen, la cause orthodoxe leur est plutôt redevable particulièrement dans ce dernier cas, pour les objections qu'ils ont portées contre elle; car en les tirant de l'Écriture-Sainte, ils nous ont mis sur la voie de découvrir des réponses claires qui autrement nous eussent échappé. S'ils ont d'autres textes à produire, outre ceux que j'ai cités, je désire qu'ils les présentent et qu'ils les développent tout à leur aise.

En attendant, je vais m'efforcer, avec la grâce de Dieu, de prouver que si l'hérésie est obligée de glaner dans la Bible quelques passages épars d'une interprétation difficile, et, par conséquent, donnant beaucoup plus de prise à ceux qui aiment à s'aveugler; d'un autre côté, la foi orthodoxe repose sur la Bible entière, s'exprimant de telle sorte qu'on n'a pas besoin de raisonnements métaphysiques, mais seulement d'un esprit droit et attentif pour comprendre ses enseignements.

XL.

Jude 1:4

«Qui renoncent le seul dominateur Jésus-Christ notre Dieu et Sauveur» (τον μονον δεσποτην Θεον και Κυριον ημων Ιησουν Χριστον).

Comme il n'y a pas d'article devant κυριον, le membre de phrase compris entre la précédente virgule et le point s'applique à la même personne, et le mot à mot du passage est t Reniant le seul maître Dieu et notre Seigneur Jésus-Christ. Si on niait cette conclusion, et le texte nous apprend qu'il y a des gens qui nieront quoique ce soit, elle est susceptible d'une démonstration rigoureuse. — Les mots qui la composent renferment cette proposition: Il y a ό μονος Δεσποτης, un seul Dominateur suprême. C'est ainsi que construit le docteur Clarke, chapitre I, §, page 421. Mais si ce terme s'applique à Christ, il s'ensuit qu'il est ce seul Dominateur suprême dans l'Unité du Père: or, Pierre lui donne ce titre dans un passage correspondant à celui-ci:

2 Pierre 2:1

«Niant le Maître (Dominateur suprême Δεσποτην τον αγορασαντα αυτους qui les a rachetés.» Doute-t-on que ces paroles s'appliquent à Jésus? Nous les confirmons par celles-ci: «Tu as été égorgé, et tu nous a rachetés à Dieu par ton sang» (ηγορασας). (Apocalypse 5:9)

Invertissons maintenant l'ordre du raisonnement pour le rendre clair et incontestable.

  1. Christ nous a rachetés;

  2. or, celui qui nous a rachetés est Δεσποτης le Maître, ou Souverain Dominateur;

  3. mais il n'y a qu'un seul Maître ou Dominateur souverain ό μονος Δεσποτης; donc Christ est ce Dominateur souverain.

XLI.

Jude 1:24-25

«À celui qui est puissant... pour vous présenter irrépréhensibles devant sa gloire... à Dieu seul sage notre Sauveur.»

Éphésiens 5:27

«Afin qu'il (Jésus-Christ) se la rendit une Église glorieuse» (66).

Il n'appartient qu'au Dieu seul sage de nous présenter dans sa gloire. Mais Christ doit nous présenter à lui-même dans la gloire comme membres de l'Église: il est donc le Dieu seul sage à qui appartient la présence de la gloire. Il est encore une autre raison pour ne pas prendre l'expression μονος θεος comme désignant un Dieu en une seule personne, mais l'Unité clans la Trinité. Car si on considère, avec les Ariens, cette phrase comme faisant mention du. Père seulement, on exclut naturellement la personne de Christ, et on est en contradiction avec l'Écriture. Car quoique le passage que nous avons sous les yeux affirme que le Dieu seul sage doit nous présenter en sa présence, cependant la même idée est exprimée dans le second passage que nous avons cité, où il nous est dit que Christ nous présente à lui-même. Il est impossible de faire harmoniser ensemble ces deux citations, à moins de croire que Christ est participant de l'essence, des attributs, et des actes du seul sage et indivisible Dieu et Sauveur; alors il ne reste plus de difficulté.


Références

66 Il y a dans le grec: «Afin qu'il (Jésus-Christ) la présentât â soi-même comme une Église glorieuse» ινα παραστηση αυτην εαυτω ενδοξον την εκκλησιαν.
Note des éditeurs.


XLII.

Éphésiens 3:2-3

«La dispensation de la grâce de Dieu qui m'a été donnée à votre égard. — Comment, par révélation, Il (Dieu) m'a fait connaître le mystère.» (Version anglaise.)

Galates 1:2

«Parce que je ne l'ai point reçu, ni appris, d'aucun homme, mais par la révélation de Jésus-Christ.»

XLIII.

1 Rois 8:39

«Tu connais toi seul les cœurs de tous les fils des hommes.»

Cette prérogative appartient à Dieu seul; mais ce Dieu est Christ; car il dit:

Apocalypse 2:23

«Toutes les Églises connaîtront que je suis, celui qui sonde les cœurs et les reins, et je rendrai à chacun de vous selon ses œuvres.»

Ce dernier passage parle assez clairement de lui-même, et n'a pas besoin d'être comparé au premier. Il déclare implicitement qu'il n'y a qu'un seul Être qui sonde les reins et les cœurs, et que Christ est cet Être-là. Et ce sens est très-conforme au grec comme on pourra s'en convaincre en lisant l'original: και γνωσονται πασαι αι εκκλησιαι, οτι εγω ειμι ό έρευνων νεφρους και καρδιας. — Il y en a un ό έρευνων qui sonde, mais εγω ειμι je suis lui (celui-là).

XLIV.

2 Pierre 1:4

«Les grandes et précieuses promesses, afin que par elles vous soyez faits participants de la nature Divine» (θειας κοινωνοι φυσεως).

Hébreux 3:14

«Car nous avons été faits (μετοχοι του Κριστου) participants de Christ, pourvu que nous retenions ferme jusqu'à la fin le commencement de notre foi» (μετοχοι γεγόναμεν του χριστου).

La but de notre espérance dans les promesses est, d'après saint Pierre, la participation à la nature divine. Mais ceci, d'après saint Paul, est d'être faits participants de Christ. Il faut donc que Jésus soit de nature divine, ou dans cette nature le même Dieu Tout-Puissant et Éternel qui déclara au père des croyants qu'il était son bouclier et «sa grande récompense» (67).

De sorte que ces textes, ainsi comparés, sont décisifs en faveur de la doctrine orthodoxe sur la consubstantialité όμόουσια, contre laquelle les Ariens se sont si fortement prononcés depuis le concile de Nicée jusqu'à nos jours. Si le mot consubstantiel est applicable à la personne de Christ, leur hérésie ne peut se soutenir plus long-temps. C'est pourquoi il fut adopté et arrêté, par tous les évêques en général, comme la véritable ligne de démarcation entre les Ariens et le Christianisme. (68).

Plusieurs d'entre ces sectaires ont objecté que le terme consubstantiel ne se trouvait pas dans l'Écriture-Sainte; d'autres, même d'entre leurs plus illustres défenseurs, n'ont pas rougi de l'appeler une invention Papale (69), quoiqu'il soit avéré qu'au temps de l'adoption de ce terme par l'Église, il n'existait rien dans le monde qui ressemblât au Papisme. De telles propositions n'ont pu être avancées que pour séduire les personnes faibles, qui n'ont pas assez d'instruction pour contredire ceux qui les avancent, ou peut-être malheureusement peu de bonne volonté d'obtenir des notions plus exactes. Cependant il y a lieu d'espérer qu'il y a parmi les fauteurs de l'Arianisme quelques personnes qui ne se sont pas autant détournées de la voie, et qui rougiraient d'avoir recours à des artifices méprisables, qui compromettent leur cause aux yeux des hommes instruits et consciencieux. C'est à eux que je m'adresse particulièrement, et je les prie de vouloir me permettre une ou deux questions.

Le mot essence ou substance pas la même signification que celui de nature? Les Pères de l'Église ne l'ont-ils pas entendu dans le même sens? Cette expression, — de même nature, — n'est-elle pas aussi concluante pour la divinité de Christ que cette autre, — de même substance? — Pourquoi donc cette dernière expression, adoptée par le Concile de Nicée, offense-t-elle si grièvement les Ariens? quand il s'en trouve dans l'Écriture une qui est si identique avec elle, qu'ils ne pourraient absolument rien gagner en la mettant à sa place? En effet, la nature divine ne peut être qu'une; trois natures divines feraient nécessairement trois Dieux. Mais l'Écriture, comparée avec elle-même, déclare, comme nous venons de le voir, que Christ participe à cette nature divine. Et si une fois les hommes étaient bien pénétrés que telle est la doctrine biblique, toutes les disputes, sur le mot consubstantiel, seraient terminées.


Références

67 Genèse 15:1.
68 Je dis de tout le monde chrétien, quoiqu'un auteur moderne appelle ce concile œcuménique, assemblé pour la condamnation d'Arius, une lutte fameuse, comme si une moitié du monde eût été divisée contre l'autre; et il dit que la question fut déterminée par une majorité de près de vingt personnes contre une, tandis qu'en réalité il n'y en eut que cinq, sur 318, qui renièrent la foi orthodoxe. Je mentionne ceci pour montrer de quelle manière certaines choses peuvent être représentées par certaines personnes, qui, si elles ne sont pas ignorantes, sont du moins peu scrupuleuses quant à la manière dont elles racontent les faits. Que penserait-on d'un homme qui, ayant assisté à une affaire criminelle devant la cour d'assises, dirait à sa famille qu'il avait été présent à une lutte fameuse, où il y avait une majorité de près de dix jurés, six témoins et un juge contre l'accusé. Voyez la Déd. à un Essai sur l'Esprit.
Note de l'auteur.
69 Essai sur l'Esprit, page 151.


XLV.

Il est une règle établie par saint Paul, que Dieu jure par lui-même, parce qu'il ne peut pas jurer par un plus grand (Hébreux 6:13). Or, Christ a juré par lui-même. J'ai juré par moi-même que tout genou se pliera devant moi, et que toute langue jurera par moi (Ésaïe 45:23). Comparez ces mots avec Romains 14:10-11, et vous serez convaincus qu'ils sont de Christ lui-même. Nous devons tous comparaître devant le siège judicial de Christ, car il est écrit: Je suis vivant, dit le Seigneur, que tout genou fléchira devant moi, et que toute langue confessera Dieu.

Ainsi évidemment Christ a juré par lui-même, et si on applique en ce lieu la règle que l'apôtre a posée, il faudra le reconnaître pour Dieu, et confesser qu'il n'y a pas d'être plus grand que lui.


XLVI.

Éphésiens 4:8

«Étant monté (Christ) en haut, il a emmené la captivité captive, et il a donné des dons aux hommes.»

Cependant le texte qui se rapporte à celui-ci nous affirme que la personne qui est montée en-haut était le Seigneur Dieu.

Psaumes 68:17-18

«La cavalerie de Dieu se compte par vingt mille, par des milliers redoublés; le Seigneur est au milieu d'eux; c'est un Sinaï en sainteté. Tu es monté en-haut, tu as amené la captivité captive, etc.»

XLVII.

Hébreux 9:20

«Ceci est le sang du testament que Dieu vous a ordonné.» Et verset 16, «où il y a un testament, il faut que la mort du testateur intervienne.»

Dieu est le testateur; mais, dit l'Apôtre, tout testateur doit mourir pour que son testament soit valide. Par conséquent si on a égard à la citation, il faudra conclure que Dieu doit mourir pour que son testament soit sanctionné! Or, comme il est impossible qu'un être de nature divine meure, il s'ensuit que la personne qui, en sa qualité de testateur fut capable de mort, et qui, en sa qualité d'homme, mourut en effet, était aussi Dieu auteur du testament. C'est afin d'exprimer l'union intime des deux natures dans la personne de Christ, qu'il arrive que ce qui est vrai de l'une est aussi affirmé de l'autre. Nous allons en donner deux exemples dans les articles suivants.

XLVIII.

Apocalypse 5:9

«Tu as été mis à mort, et tu nous as rachetés à Dieu par ton sang.»

Dans ce passage, on peut observer la distinction qui existe entre les deux natures de Christ. On y voit de plus que l'acte de la rédemption, par le sang, est attribué à l'agneau, c'est-à-dire à l'humanité du Messie. Dans un autre endroit, cette action est imputée à sa divinité. — Paissez l'Église de Dieu, laquelle il a acquise par «son propre sang» (70). Non que Dieu puisse avoir à proprement parler du sang pour le répandre, mais celui qui répandit son sang pour nous comme homme était Dieu aussi bien qu'homme. Ou en d'autres termes, Dieu et l'Homme étaient unis en la même personne, puisqu'on attribue à Dieu une chose qui ne saurait exister sans une telle union; la même vérité résulte des textes suivants.


Références

70 Actes 20:28.


XLIX.

Zacharie 12:4

«En ce temps-là, dit l'Éternel.» — Verset 10: «Ils regarderont vers moi, qu'ils auront percé.» Mais d'après l'Évangéliste saint Jean 19:37, ce passage de l'Écriture déclare, «ils regarderont vers lui (Christ), qu'ils auront percé.»

Le prophète annonce que l'Éternel (Jéhovah) devait être percé; de sorte qu'à moins que l'Homme Christ, qui a été attaché à la croix, n'ait été aussi le Seigneur Jéhovah lui-même, l'Évangéliste se trouvera être un faux témoin, en appliquant à Christ une prophétie qui ne pouvait être accomplie en lui.

L.

Philippiens 1:10

«Soyez purs et sans achoppement jusqu'au jour de Christ.»

2 Pierre 3:12

«Regardant et hâtant la venue du jour de Dieu.»

LI.

Ésaïe 40:10

«Voici, le Seigneur l'Éternel viendra; sa récompense est avec lui.»

Apocalypse 22:12

«Voici, je (Jésus) viens bientôt, et ma récompense est avec moi.»

Amen! Oui, Seigneur Jésus, viens!!!


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