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Livre du juste-02


août 14, 2011 par GoDieu


Avant-propos

Le livre dont nous offrons au public la première traduction, est connu généralement sous le titre de Yaschar, ספר הישר, c'est-à-dire, Livre du juste; mais lui-même s'intitule à la première ligne du texte: Livre de la génération d'Adam, ספר תולדת אדם. Ce titre, pris de la Genèse 1:1, peut aussi se traduire: Livre de l'histoire de l'homme. Un auteur ancien le cite sous un autre titre: דברי הימים, Chronique, ou Annales, et דברי הימים הארוך, Chronique longue, Annales longues (1113). On trouvera l'explication de ces divers titres dans ce que nous aurons à dire plus loin du livre même.

Le titre Yaschar, qui se lit deux fois dans le texte original de l'Ancien Testament, Josué 10:13, et 2 Samuel 1:18, a déjà fixé l'attention des docteurs de la Synagogue et des Pères de l'Église; et jusqu'à nos jours, il a continué d'être l'objet des recherches et des méditations des savants qui s'occupent de questions bibliques. La plupart de ceux-ci, dominés par des idées préconçues, comme cela n'arrive que trop souvent, au lieu de chercher la lumière dans les documents anciens, et de pénétrer au fond de la matière, se sont laissés aller à tous les écarts de l'imagination, cette folle du logis, comme la caractérisait sainte Thérèse. Le livre du Yaschar, véritable Protée, prend sous leur plume toutes sortes de formes. Les uns en font un recueil d'odes héroïques en l'honneur, soit des forts, soit d'un seul fort d'Israël. Ouvrez les livres des autres, il vous apparaîtra tantôt comme une élégie funèbre, έπικήδειον, tantôt comme un recueil de cantiques sacrés; et puis, la fantasmagorie changeant, c'est un rituel qui règle les devoirs religieux et les cérémonies du culte. Nous n'en finirions pas, si nous voulions faire passer sous les yeux du lecteur toutes les métamorphoses qu'on a fait subir au pauvre Yaschar.

Ce sont surtout les exégètes allemands qui donnent carrière à leur imagination quand vous leur demandez ce qu'était ce livre. Car aucune hypothèse, quelque étrange qu'elle soit, ne les arrête, pourvu toutefois qu'elle frappe par son étrangeté, et que surtout elle renverse les croyances admises par toutes les générations depuis la plus haute antiquité. Un docteur anglais, ministre de la parole de Dieu, s'est fait le disciple passionné de ces rationalistes téméraires, pour apprendre d'eux la manière de démolir pièce à pièce, à coup de paradoxes, tout l'édifice des saintes Écritures. Il manie celles-ci avec une hardiesse et des utopies qui prouvent combien il a profité des leçons de ses maîtres. Et, afin de passer maître lui-même, il a façonné son chef-d'œuvre. Il a retrouvé le livre Yaschar, lui, non pas enfoui sous un tas de manuscrits poudreux de quelque bibliothèque inexplorée, mais dans le Pentateuque, qui, au dire du ministre anglican et de ses Gamaliels germains, n'a vu le jour qu'au temps de Josias, roi de Juda, c'est-à-dire plus de huit cents ans après Moïse. Voici comment s'est passée la chose: Helcias, grand prêtre de ce temps-là, a fondu les lois du législateur d'Horeb précisément avec notre Yaschar. Telle est l'Origine qu'assigne au Pentateuque la sagacité des sommités rationalistes d'outre-Rhin. Il ne s'agissait donc plus que de la simple opération de dégager le Yaschar de cet amalgame. C'est ce qu'a fait bravement le ministre anglican dans un livre publié à Berlin sous le titre: Yashr fragmenta archetypa carminum Hebraicorum. M. l'abbé Cruice, supérieur de l'école des hautes études ecclésiastiques, a fait bonne justice de cette œuvre excentrique, comme aussi des excès et des chimères de l'exégèse rationaliste allemande en général, dans un article spirituel, écrit avec le talent et l'érudition qui distinguent cet ecclésiastique, une des plus belles gloires du clergé français (1114).

Nous lisons dans le même article: «Au delà du Rhin, l'imagination domine tout, l'histoire, la philosophie, la théologie même. Il y a sous ce ciel germanique, je ne sais quel charme puissant qui porte aux vagues rêveries.» En effet, ceux qui ne connaissent pas les livres qui se publient en Allemagne, ne sauraient se faire une idée des dérèglements, des débauches d'esprit du rationalisme dans ce pays. Et ces impies écarts, résultat de la libre interprétation du système protestant, se débitent sous le titre pompeux d'herméneutique et d'exégèse biblique. Le mythe y joue un grand rôle: les vérités les plus positives, les croyances les plus fondées, y deviennent des mythes, des conceptions poétiques, de vaines allégories. Ces tristes excès vont sans cesse crescendo. Strauss a mythisé la divine personne de Notre-Seigneur Jésus-Christ. On a eu beau lui montrer qu'à son exemple, on pourrait faire un mythe plus juste que le sien de Napoléon 1er et de sa famille, il n'en a pas moins trouvé une suite d'imitateurs qui ont renchéri sur lui, jusqu'à Feuerbach. Celui-ci, que l'on croyait être arrivé à l'extrême limite des ridicules utopies, a été lui-même débordé par d'autres. Cependant l'existence de Jésus-Christ, attestée par tant de monuments et une tradition qui remonte sans interruption jusqu'au temps de la vie terrestre du Verbe fait chair, gênait désagréablement leur manie d'en faire un être fantastique, un messie imaginaire. Mais voilà enfin un de ces cerveaux disposés en X, qui arrange l'affaire de la manière suivante, au grand applaudissement des autres rationalistes crompires: Oui, Jésus a existé; mais c'était un homme né, comme tout autre, d'un père et d'une mère. Seulement, Dieu, émerveillé, ou, si vous voulez, charmé de sa vertu et de sa science exceptionnelle, l'associa à sa divinité. Nous conseillons à l'ingénieux auteur de cet expédient de ne pas solliciter un brevet d'invention. D'autres hérétiques ont pris date avant lui, il y a de cela près de dix-huit cents ans. D'après Cérinthe, Jésus. né à la manière ordinaire des hommes, était arrivé à la dignité de Christ par les progrès de sa vertu (1115). Carpocrate enseignait: Par sa nature, Jésus-Christ était ce que sont tous les hommes; mais il s'en distinguait par la sainteté de sa vie, par sa sagesse, par sa vertu, par sa justice. Son âme enfin, s'étant acquittée de tous ses devoirs, s'unit au Père céleste (1116). Les ébionites disaient que Jésus était un prophète de vérité, προφήτην λέγουσι τής άληθείας, qu'il était devenu Christ Fils de Dieu par progression, καί Χριστόν Υίόν Θεού κατά προφήτην, et par conjonction, καί κατά συνάφειαν, avec Dieu, effet de sa tendance vers lui (1117).

Depuis quelque temps, des ennemis de la religion prennent à tâche d'acclimater en France les plus étranges divagations des imaginations délirantes de l'Allemagne rationaliste; et ceux qui prostituent à ces extravagances exégétiques un certain talent d'écrire sont, hélas! prônés et encouragés.

Nous avons déjà averti que notre livre ne s'intitule lui-même que Livre de la génération d'Adam. Il est bien remarquable que l'on soit généralement convenu de l'intituler différemment, et de le désigner sous le nom de ספר הישר, Livre du Yaschar, Livre du juste, Liber recti. Pour expliquer cette singularité, il suffit, pensons-nous, de déterminer avec simplicité et bonne foi le sens de ces mots ספר הישר. Des auteurs qui se sont occupés de cette question, non pas pour l'éclaircir, mais pour l'accommoder à leurs systèmes préconçus, veulent, les uns, que Yaschar soit une abréviation ou d'Israël ou de son synonyme Yeschurun, ישרון, et que le titre signifie Livre d'Israël, pour, Histoire d'Israël; les autres, que les deux termes hébreux signifient Livre du juste, d'un homme juste déterminé, istius recti, de Josué; d'autres encore traduisent, le Livre droit, prenant הישר pour un adjectif, une feuille droite, simple, qui ne se met pas en rouleau. Ces diverses interprétations sont fautives.
  1. Il ne faut pas confondre שׁ, sch avec שׂ, s, deux éléments différents, pour faire de Yaschar, Israël.

  2. Yeschurun est une expression poétique. Or les titres, qui doivent être simples, sans prétention, indiquent la nature et le contenu de l'ouvrage sans s'élever au langage des dieux.

  3. Si Yaschar représentait un nom propre, il ne pourrait pas être précédé de l'article définitif ה.

  4. Aurait-on intitulé Livre du juste, sans le nom du personnage à qui l'on donnait cette qualification si commune à tant d'autres?

  5. Pour exprimer feuille droite, non roulée, on aurait dû, selon les règles de la langue hébraïque, mettre l'article ה devant le substantif aussi bien que devant l'adjectif.

Examinons maintenant sans prévention aucune le sens vrai de notre titre, le sens obvie, judicieux, ou pour mieux dire, celui que l'on y attachait dès les temps anciens. Le sens le plus simple, qui s'offre de soi-même à quiconque n'est pas dominé par une préoccupation, est celui-ci: livre de ce qui est droit, sincère, exact, qui sert de règle; en d'autres termes, relations précises, c'est-à-dire, commentaires, mémoires, journal, annales, ou comme on dirait en hébreu, paroles des jours (1118), דברי הימים; sincères, pour servir de matériaux à l'histoire; l'on pourrait ajouter: pour l'instruction des fidèles, en tant que ce livre contribue à les diriger dans la voie du Seigneur, par les instructions qu'ils peuvent y puiser. Il résulte de l'explication que le Talmud, traité De l'idolâtrie, fol. 25 recto, donne de notre titre, explication que répètent le Médrasch-Rabba sur la Genèse 6, de graves commentateurs anciens, et que donne aussi la paraphrase chaldaïque, que le titre, Livre du juste, peut s'appliquer à tout écrit qui contient l'histoire des patriarches et du peuple d'Israël, depuis l'origine du monde. Voilà pourquoi le Pentateuque est appelé Livre du juste (1119), mais plus spécialement la Genèse (1120). De Rossi possédait dans sa bibliothèque, sous le no 950, un codex hébreu du Pentateuque, écrit en 1442, où chacun des cinq livres dont il se compose a une dénomination propre; savoir, la Genèse: Sépher haïyaschar, Livre du juste; l'Exode: Sépher habberith, Livre de l'alliance; le Lévitique: Sépher thorath cohanim, Livre de la loi des sacerdotes, etc. (1121).

L'auteur de la Préface de notre livre dit: «Il se trouve écrit que ce livre est appelé, Livre du juste, parce que tout y est raconté suivant l'ordre des événements sans aucune interversion.»

Les rabbins du Talmud donnent pour raison du titre Livre du juste, appliqué à la Genèse, parce qu'elle contient l'histoire des justes, Abraham, Isaac et Jacob) (1122). Nous notons ceci afin d'expliquer pourquoi saint Jérôme traduit, Liber justorum, changeant en pluriel le singulier ישר. On sait combien ce Père était versé dans les traditions rabbiniques. Il est tellement constant qu'il traduit justorum en suivant les rabbins, que dans ses commentaires sur Ésaïe 44:1-5, et sur Ézéchiel 18:3-4, il répète explicitement leur enseignement sur ce sujet. Unde, dit-il, et liber Geneseos appellatur, «justorum» Abraham, Isaac et Israël.

Mais avant d'aller plus loin, nous devons signaler ici un fait attesté par Josèphe et d'autres écrivains anciens et admis par des savants distingués des temps modernes, qui ont tait de l'Écriture sainte l'objet spécial de leurs études. Il est certain que, dès le principe de l'existence du peuple hébreu, il tenait exactement registre de tous les événements qui intéressaient la nation, à mesure qu'ils arrivaient. Ces mémoires, ces commentaires contemporains, rédigés par des scribes qui avaient caractère pour remplir cet office, étaient déposés et soigneusement conservés aux archives nationales. C'est ainsi que chaque tribu et chaque subdivision de tribu avait aussi ses tables de généalogie. À des époques postérieures, qu'on ne saurait déterminer avec certitude, des écrivains, poussés, pour ainsi dire, impulsi, et surtout guidés par l'Esprit de Dieu, ou mieux, par l'Esprit Dieu, rédigèrent d'après ces pièces les livres dont se compose notre canon de l'Ancien Testament. De là vient que l'on rencontre fréquemment dans les Livres saints que telle chose ou tel nom subsiste jusqu'à ce jour, «usque in prœsentem diem». Des remarques pareilles disent assez clairement que l'écrivain rend compte de choses arrivées longtemps avant lui. C'est ce qui fait dire à saint Jérôme à l'occasion de cette phrase biblique, usque in hodiernum diem: — Certe hodiernus dies illius temporis œstimandus est quo historia ipsa contexta est. (Adv. Helvid., n. 7.) Quand la tradition de la Synagogue nous apprend, d'après le Talmud, traité Baba-Bathra, fol. 30 verso, que Moïse a écrit son livre, on peut entendre simplement qu'il a rédigé le texte de ses lois, texte qui plus tard a été inséré littéralement dans le Pentateuque. Quant à la rédaction définitive de la partie historique, le Talmud ne lui attribue que le chapitre qui traite de Balaam (1123).

Mais il n'est pas indifférent pour le,sujet que nous traitons ici de transcrire le commencement du passage où le Talmud nomme l'auteur de chacun des livres de l'Ancien Testament. On verra qu'il ne s'agit pas des auteurs de la rédaction définitive, mais bien de ceux qui avaient écrit les Mémoires et les Annales d'après lesquels furent composés plus tard les livres du canon sacré. On comprend combien il est important, pour l'autorité de ces Mémoires, de savoir de qui ils proviennent. Moïse a écrit son livre (ce que le texte appelle, le livre de la loi de Moïse. Deutéronome 4:44; 33:4; Josué 1:7; 23:6, et alibi pluries) et le chapitre de Balaam (glose de Yarkhi: «Les prophéties et les paraboles de Balaam, bien qu'elles n'aient pas rapport à sa loi, à son objet, ni à ses actes.») et le Livre de Job. Josué a écrit son livre et les huit derniers versets du Deutéronome (qui renferment le récit de la mort de Moïse). Samuel a écrit son livre, le Livre des Juges et celui de Ruth,» etc. Nous arrêtons ici notre citation, et la soumettons à l'examen du lecteur. Le Livre de Josué, ce qui veut dire, l'histoire de Josué, ne doit certes pas sa forme actuelle au successeur de Moïse. Outre qu'on y trouve la mort de Josué, nous lisons au chapitre 4:9, que les pierres placées par Josué au milieu du lit du Jourdain, y sont demeurées jusqu'à ce jour, «et sunt ibi usque in prœsentem diem». Ceci a dû être écrit à une époque beaucoup postérieure au fait. Au chapitre 11:16 et 21, l'auteur nomme les montagnes du pays d'Israël et du pays de Juda. Cette distinction de la nation des Hébreux en Juda et en Israël était inconnue au temps de Josué (1124). Dans le Livre de Samuel, divisé en deux, les preuves de sa postériorité à l'existence de ce prophète abondent également. Nous n'en citerons que deux ou trois, comme nous avons fait pour le Livre de Josué. Au chapitre 9 du livre 1, Saül et ses serviteurs sont à la recherche de Samuel, et ils demandent à des filles de Ramatha: Le voyant est-il ici? «Car», nous avertit l'auteur, «au lieu du nom prophète, usité aujourd'hui, on disait anciennement le voyant.» Qui enim propheta dicitur hodie, vocabatur olim videns. Ce même terme prophète, נביא, qui n'était pas encore usité du temps de Samuel, se lit dans le Livre des Juges 4:4; 6:8, dix fois dans d'autres versets du premier Livre de Samuel. Il se rencontre aussi dans la Genèse 20:7, dans les Nombres 11:29 et beaucoup de fois dans le Deutéronome. Au chapitre 27:6, le roi Achis assigne pour demeure à David, qui fuyait Saül, la ville de Sicéleg. L'auteur ajoute: C'est pourquoi Sicéleg est possédé par les rois de Juda jusqu'à ce jour. Ici il est manifestement question des successeurs de Salomon sur le trône de Jérusalem. On sait qu'au chapitre 28 du même Livre de Samuel, la pythonisse d'Endor évoque Samuel d'entre les morts.

Tous ces livres ont donc été rédigés à des époques postérieures aux événements qu'ils racontent, d'après les Mémoires, les Commentaires laissés par des prophètes contemporains des faits; c'est-à-dire, par des scribes publics. Dans la paraphrase chaldaïque, scribe, ספרא, et prophète, נביאה, sont synonymes en ce sens. C'est pour cette raison que le recueil des livres purement historiques de Josué, des Juges, de Samuel et des Rois, est dénommé, prophètes, parce que ces livres, ont été tirés des Mémoires des prophètes qui avaient mis par écrit chacun les événements de son temps. Ces écrivains et orateurs publics, appelés dans l'Écriture fils des prophètes, «filii prophetarum» (1 Reg. 20:35; 2 Reg. 2:3,5,7,15 et alibi), formaient des collèges sous le régime de la vie commune. (1 Samuel 10:5-6,11; 19:20 et alibi.) Ils ont laissé une quantité de matériaux historiques qui sont perdus, et dont une partie est citée dans l'Écriture: le Livre des guerres de Jéhova (1125), le Livre du juste, les Histoires ou Chroniques, «Verba dierum», de plusieurs rois juifs. (1 Reg. 14:19,29; 15:7; 1 Paralipomènes 17:24; 29:29; 2 Paralipomènes 9:29; 12:15; 20:34.; 26:22; 33:19.)

Josèphe (C. Ap. I, 6, 7), après avoir nommé plusieurs nations anciennes qui prenaient le plus grand soin d'écrire leurs annales, les Égyptiens, qui en donnaient la charge à leurs prêtres, les Babyloniens, etc., ajoute: «Je me contenterai de faire voir brièvement que nos ancêtres ont eu le même soin, si ce n'est plus grand; que c'était l'office des grands prêtres et des prophètes; que cela a continué avec la même exactitude jusqu'à notre temps, et, j'ose l'affirmer, continuera toujours... La faculté d'écrire ces choses n'est pas donnée à tous, afin qu'elles ne soient pas discordantes, mais aux seuls prophètes qui ont toujours mis par écrit d'une manière précise chacun ce qui arrivait en son temps (1126)

On voit par le contexte même que Josèphe parle ici des Mémoires, des Annales, des journaux, dressés en tout temps jusqu'à ses jours par les prophètes et les grands prêtres, et non du canon sacré qui était arrêté depuis Esdras, et qui, d'ailleurs, sera l'objet du no 8 suivant de sa réfutation d'Apion. Il espérait la continuation de ces Mémoires. Nous verrons plus loin qu'il met notre Livre du juste au nombre de ces documents anciens conservés aux archives du temple.

Théodoret, dans son commentaire Sur Josué, question 14, prend occasion de la citation du Livre du juste pour en inférer que le Livre de Josué a été rédigé par un écrivain postérieur d'après un Mémoire ancien (1127). Et dans la question 4e sur le 2e Livre des Rois, parlant encore du Livre du juste, il dit: «D'ici résulte évidemment que le Livre des Rois a été extrait de plusieurs livres prophétiques.» Le savant évêque arrive à cette conclusion: qu'il y avait autrefois des livres dans lesquels les prophètes avaient enregistré les événements de leurs temps, et qui plus tard ont servi de matériaux à la composition des diverses parties de la Bible. Il s'explique à cet égard avec plus d'étendue dans sa Préface sur le 1er Livre des Rois. Enfin, dans son commentaire sur le chapitre 2 du 3e Livre des Rois, question 49, il répète que l'histoire des Rois, a été tirée de plusieurs autres livres prophétiques plus anciens, des actes compilés par les prophètes ou écrivains publics qui avaient précédé, seuls chargés du soin de mettre par écrit ce qui arrivait de leurs temps. «Comment doit-on entendre, dit-il, ces mots: Ces choses ne sont-elles pas écrites au Livre des jours des rois de Juda? (1128) Il en devient évident que tous les événements furent mis par écrit dans le temps même où ils avaient lieu, et que c'est dans ces livres qu'ont puisé tant notre auteur (des Livres des Rois) que les auteurs des Paralipomènes» (1129).

Le célèbre commentateur Rabbi Isaac Abarbanel soutient cette thèse avec beaucoup de chaleur dans la Préface de son commentaire sur les premiers prophètes. Abicht et d'après lui Richard Simon et plusieurs autres, sont dans l'erreur quand ils avancent qu'Abarbanel est sur ce point en désaccord avec le Talmud. S'ils avaient lu une dizaine de lignes plus loin ils auraient vu que ce rabbin, qui se serait bien gardé de contredire le Talmud, déclare qu'il ne s'écarte aucunement de l'enseignement de ce code, et que le sens du passage du traité Baba-Bathra que nous avons donné plus haut, est, ainsi que nous l'avons expliqué nous-même, celui-ci: Moïse, Josué, Samuel, ont écrit les Mémoires qui, après eux, devaient servir de base à la composition du Pentateuque, des livres de Josué et de Samuel. Au reste, le texte du 1er Livre des Paralipomènes 29:29, nous apprend qu'outre Samuel deux autres prophètes, Nathan et Gad, ont concouru par leurs commentaires à fournir des matériaux à l'histoire de David, sujet de la presque totalité des deux livres de Samuel.

Plus d'un siècle avant Abarbanel, un autre commentateur célèbre, Rabbi Lévi-ben-Gerson, soutenait la même thèse. Selon celui-ci, le Livre du juste, cité dans le Livre de Josué à l'occasion de l'arrestation miraculeuse du soleil, n'était autre chose qu'une Chronique dont il attribue la perte aux vicissitudes de la dispersion d'Israël. Lévi-ben-Gerson devait donc admettre que le Livre de Josué dans sa forme actuelle, n'est pas l'œuvre de Josué. Car, outre qu'un écrit contemporain n'ajoute rien à l'autorité de l'affirmation touchant un fait d'hier, le chef des Hébreux n'avait pas besoin d'invoquer ce témoignage en présence d'une génération qui avait été elle-même témoin du miracle. Le même rabbin était aussi persuadé que le Talmud que nous avons cité plus haut ne parlait que des auteurs des Mémoires primitifs. Car on verrait plutôt un mahométan déchirer le Coran qu'un rabbin de ces temps-là oser contredire le Talmud.

Parmi les savants modernes, beaucoup, et des plus judicieux, admettent qu'il existait des Mémoires anciens antérieurement à la rédaction des livres dont se compose la Bible hébraïque: Masius (Préface sur Josué et commentaire sur le chapitre 10 du même livre), Richard Simon (Hist. crit. du V. T., Préface et l. I, chapitre 2), Pererius (nous voulons dire, le Jésuite, car nous n'acceptons, ni ne donnons, comme une autorité Isaac Peyrerius, le fameux préadamite), Gésénius (De Pentateucho Samaritano, p. 6-8), Spanhemius, ou Spanheim. (Hist. Eccl. V. T., ep. 6, n. 5, 52.) Rosenmueller, dans ses Préfaces sur le Pentateuque et sur le Livre de Josué, nomme un grand nombre d'autres savants qui étaient persuadés de la vérité des actes préexistants.

Il est nécessaire de faire observer que les écrivains inspirés à qui nous devons le canon actuel, n'ont extrait des monuments anciens qu'ils avaient sous les yeux que ce que Dieu jugeait propre pour notre instruction, en vue de nous porter à l'observance de sa loi salutaire. Ils retranchaient des événements, des faits, des circonstances, que n'auraient pas négligés des auteurs ordinaires d'histoire; comme aussi, d'inspiration, ils faisaient des changements et des additions aux documents primitifs. Pour tout ce qui a trait à la nature des choses créées, ils s'exprimaient conformément aux idées du vulgaire. Car, il faut bien le savoir, Dieu n'a voulu faire de son Livre par excellence, la Bible, un cours régulier, ni d'histoire, ni de physique, pour satisfaire notre curiosité sur ces matières. L'unique objet en est de nous porter à aimer et à adorer Dieu, et de nous montrer, moyennant l'enseignement infaillible de notre sainte mère l'Église, comment nous pouvons arriver au salut éternel, grâce au Médiateur, ce soleil divin dont la lumière s'annonce dès les premiers chapitres de la Genèse, et va grandissant à travers tout le Testament Ancien, jusqu'à ce que, la plénitude des temps étant arrivée, elle parait dans tout son éclat dans le Testament de la nouvelle alliance.

C'est à ce principe qu'il faut attribuer les nombreuses lacunes dont un lecteur attentif de la Bible ne peut manquer d'être frappé. Nous nous bornerons à en citer quelques exemples dans le Pentateuque. Genèse 22:19, Abraham revient de la terre de Moria à Bersabée, et y avait sa demeure, «et habitavit ibi.» Au septième verset suivant, sa femme, Sara, meurt à Cariath-Arbé ou la ville d'Arbée, appelée plus tard Hébron — «Et mortua est in civitate Arbee, quœ, est HebronEt Abraham, continue le texte, s'y transporta, «venitque Abraham», pour la pleurer et en faire le deuil, et le reste. Comment se fait-il que Sara meure à huit lieues de son domicile?

Genèse 28:5, Jacob quitte précipitamment Bersabée, où demeuraient ses parents, pour se soustraire à la vengeance de son frère aîné. Il part sans autre bagage que sa personne et son bâton, car il dit lui-même plus loin, 32:10: J'ai passé ce fleuve du Jourdain ne portant que mon bâton: «In baculo meo transivi Jordanem istum.» Chaldaïque d'Onkelos: Car seul j'ai passé ce Jourdain. Au chapitre 35, il revient de Mésopotamie, et pendant qu'il est en route pour retourner auprès de son père, à la ville d'Arbée, voilà que Débora meurt dans son camp, et il est obligé de l'enterrer sous un chêne de la montagne de Béthel, où il se trouvait en ce moment. On n'est pas peu surpris de voir à sa suite la nourrice de sa mère, qu'il n'avait pas emmenée lors de sa fuite de la maison paternelle.

Genèse 37:25 et suivant, les fils de Jacob voient venir une caravane d'Ismaélites: «Viderunt Ismaelitas viatores venire;» et Juda leur propose de vendre Joseph à ces Ismaélites: «Melius est ut venundetur lsmaelitis.» Verset immédiatement suivant: Et les marchands madianites étant venus auprès d'eux, «et prœtereuntibus Madianitis negotiatoribus», ils tirèrent Joseph de la citerne et le vendirent aux Ismaélites, «vendiderunt eum Ismaelitis». Enfin, au verset 36 il est dit que les Madianites le revendirent en Égypte: «Madianitœ vendiderunt Joseph in Egypto.» Il manque évidemment quelque chose dans le texte, car il n'a pu confondre des Ismaélites, descendants d'Ismaël, avec des Madianites, descendants de Céthura.

Genèse 48:22, Jacob dit à Joseph: Je te donne en plus qu'à tes frères la partie de pays que j'ai conquise sur les Amorrhéens par mon épée et mon arc: «Quam tuli de manu Amorrhœi in gladio et arcu meo». Le texte sacré ne nous a montré nulle part Jacob tirant l'épée ni tendant l'arc contre un ennemi.

Exode 4:18 et suivant, sur l'ordre de Jéhova Moïse quitte sa retraite de Madian et s'achemine vers l'Égypte avec sa femme et ses enfants: Tulit ergo Moyses uxorem suam et filios suos. Dans un gîte sur sa route, Séphora, sa femme, s'empresse de circoncire son fils, afin de soustraire son époux à l'effet de l'indignation de Jéhova. Moïse arrive en Égypte, délivre les enfants d'Israël et les conduit au désert après le passage miraculeux de la mer Rouge. Quand Jethro, beau-père de Moïse, apprit ces choses en Madian, il prit, lit-on au chapitre 18, Séphora femme de Moyse, qu'il avait renvoyée, et ses deux fils. Or, on ne trouve dans tout ce qui précède dans le texte, ni quand, ni pourquoi, ni comment Moïse avait renvoyé en Madian sa femme et ses enfants.

Dans sa 2e Épître à Timothée 3:8, le docte disciple de Gamaliel cite, comme une chose notoire parmi les Hébreux, la résistance que firent à Moïse en Égypte Jannès et Mambrès. Le texte de l'Exode observe un silence absolu sur ces deux magiciens.

Le Livre du juste supplée à ces lacunes, comme aussi à d'autres qu'il serait trop long d'indiquer toutes ici (1130).

Nous pouvons maintenant procéder d'un pas assuré à la solution de cette première question: Quel est le Livre du juste nommé dans Josué et dans Samuel? Le sens droit dit, et ce qui précède le prouve, que c'était un recueil de Mémoires, de relations sincères de tous les événements mémorables de chaque époque. Livre du juste peut s'expliquer ainsi: livre de récits exacts, véridiques, pouvant servir de règle, de norme, soit aux historiens, soit aux fidèles. Ceux-ci y puisent de salutaires instructions.

Josèphe, qui écrivait dans un siècle où la tradition était encore vivante parmi ses coreligionnaires, confirme pleinement que telle était la nature du Livre du juste. Après avoir raconté, Ant., liv. V, chapitre 1, n. 17, le miracle du soleil arrêté sur Gabaon, il ajoute ces mots remarquables: «Que le jour se soit prolongé alors, et ait dépassé la durée ordinaire, c'est ce que font reconnaître les Mémoires déposés dans le temple (1131).» Il est incontestable qu'ici Josèphe a voulu reproduire les propres paroles du texte de Josué 10:13; «Cela, היא, n'est-il pas écrit dans le Livre du juste?» S'il avait voulu simplement parler de la Bible, il n'aurait pas renvoyé son lecteur aux archives du temple. La Bible était très répandue tant en grec qu'en hébreu. Ajoutons que nulle part ailleurs, dans ses Antiquités, où il raconte tous les grands miracles de l'Ancien Testament, il ne renvoie à ces Mémoires déposés au temple. Et comment aurait-il renvoyé à la Bible, puisqu'il prévient dans son préambule qu'il la reproduit tout entière, comprenant, selon sa chronologie, un espace de 5000 ans? Ptolomée, assure-t-il, n'en a obtenu du grand prêtre Éléazar qu'une partie. Quant à lui, Josèphe, il s'engage à n'en rien retrancher, et à n'y rien ajouter. Τούτο γάρ διά ταύτης ποιήσειν τής πραγματείας έπηγγειλάμην ούδέν προσθείς, ούδ' αύ παραλιπών. On conçoit qu'après cela il eût été tout à fait superflu de dire: C'est ce que l'on peut voir dans la Bible.

Le Livre du juste a été classé dans les Mémoires primitifs par des commentateurs anciens. On ne lira pas sans intérêt les deux passages suivants de Théodoret sur Josué: «Que veut dire, cela n'est-il pas écrit au Livre du droit? L'auteur après nous avoir fait connaître la puissance du prophète, qui par sa seule parole arrêta le mouvement des grands luminaires, jusqu'à ce que sa victoire fût complète, n'était pas sans crainte de rencontrer quelque incrédule, et il dit que ce fait est consigné dans un ancien Mémoire.» Τί έστι τό, ούγί τούτο γέγραπται έκί τό Βιδλίον τοϋ έύθούς; Διδάξας ήμά; ό συγγραφεύς τού προφήτου τήν δύναμιν, ότι λόγω μόνω χρησάμενος προδήναι τούς μεγάλους φωστήρας κεκώλυκεν, έως κατά κράτος ένίκησεν ύπειδόμενος μή τις άπιστήση τώ λόγω, έφη τούτο έν τώ παλαιώ εύ ρεθήναι συγγράμματι. Sur le 2e livre de Samuel, question 4: «Quel est ce Livre du droit? Il résulte d'ici avec évidence que l'histoire des Règnes a été extraite de plusieurs livres prophétiques (livres anciens écrits par des prophètes). Car l'écrivain après avoir parlé du chant lugubre, ajoute: Voici que cela est écrit au Livre du droit. Ποϊόν έστι τό Βιδλίον τού εύθούς (1132); Δήλόν έστι κάντεύθεν ώς έκ πολλών προφητικών βιδλίων ή τών Βασιλειών ίστορία συνεγράφη. Είπών γάρ ό συγγραφεύς τά περί τού θρήνου, προσέθηκεν. Ίδού γέγραπται έπί τού Βιδλίου τού εύθούς.

Voici le commentaire de Procope sur notre verset de Josué: «L'auteur dit: Je ne suis pas le premier qui parle de ce miracle. Il existe un livre qui le faisait connaître déjà avant moi.»

D'après R. Lévi-ben-Gerson, commentaire sur les deux versets de Josué et de Samuel: «Le Livre du juste était un livre connu de tout le monde, מפורסם, dans ces temps-là, et il s'est perdu par suite de la dispersion d'Israël.» Rabbi Jacob Fidanque, dans ses annotations au commentaire d'Abarbanel sur Josué, le donne également pour un livre ancien qui ne se retrouve plus.

Ce sentiment sur le Livre du juste, mentionné dans Josué et dans Samuel, est suivi par les commentateurs modernes les plus estimés: Dom Calmet, Ferrarius, Drusius, Sanctius, Bonfredus, et puis Huet, Bartolocci, etc. Le premier dit que c'est l'opinion la plus soutenable. Nous pensons que la paraphrase que Josèphe, dans ses Antiquités, fait du verset du Livre de Josué, autorisé à dire que cette opinion est incontestable aux yeux de tout critique de bonne foi et d'un jugement droit.

Tout ce qui précède n'est qu'une préparation pour arriver à la question principale, celle qui a trait au livre dont nous donnons ici la traduction. Notre Livre du juste, ספר הישר, est-il celui mentionné dans Josué et dans Samuel? Nous avouons qu'aucun des modernes dont nous avons pu voir les dissertations sur ce sujet, ne le pense. Les principales raisons sur lesquelles ils s'appuient sont, que,

  1. On rencontre dans votre livre les noms de nations, de pays, de villes et d'hommes, modernes comparativement aux temps de la rédaction de la Bible, tels que les Lombards, la Germanie, l'Anglie (Anglia), et même Bénévent.

  2. Il ne s'y trouve ni le cantique dont le livre de Josué nous a conservé un fragment, ni l'élégie de David sur la mort de Saül et de Jonathas, qu'on lit dans notre Bible.

  3. Notre Livre du juste renvoie lui-même aux livres écrits par Moïse et par Josué.

  4. Abicht trouve que l'hébreu de notre livre est pur et sans mélange, et par conséquent il n'hésite pas à lui assigner pour date le XIIIe siècle, et à l'attribuer à quelqu'un des rabbins de la péninsule Ibérique qui alors firent refleurir la pureté de la langue sainte.

Avant de répondre à ces difficultés, nous demandons la permission d'exposer quelle est notre intime conviction au sujet du Livre du juste dans sa forme actuelle. Le style de ce livre varie continuellement. Des passages admirables, dont l'hébreu est pur, simple et naturel comme celui du texte original de l'Ancien Testament, sont fréquemment entrecoupés par d'autres passages écrits dans le mauvais rabbinique qu'un savant Israélite de Berlin a justement qualifié de basse hébraïcité du plein moyen âge. Le Livre du juste actuel renferme deux éléments distincts. Il se compose de fragments de l'ancien et véritable Livre du juste, dont le dernier s'arrête au Livre des Juges. Une main hardie a relié ces fragments entre eux par les traditions répandues dans les recueils anciens conservés dans la Synagogue, le Talmud, les Médraschim, les diverses paraphrases chaldaïques, etc. Ce qui nous confirme dans cette pensée, outre le style de certains passages, digne de l'antiquité, c'est un fait qui est demeuré inaperçu jusqu'à présent. Un célèbre rabbin, Rabbi Siméon, surnommé le prince des prédicateurs, a donné dans un ouvrage intitulé, Yalkut Simeoni, des extraits de tous les livres de l'antiquité hébraïque en forme de Chaîne des Pères sur tout l'Ancien Testament. Il y a recueilli les principales expositions du Siphra, du Siphri, de la Mekhiltha, des chapitres de R. Éliéser, du Médrasch-Rabba, du Médrasch-Thaukhuma et autres Médraschim, du Talmud, et d'autres livres anciens (1133). Or, parmi ces livres anciens figure précisément le Livre du juste, sous le titre, דברי היסים. Verba dierum, Chronique, et, דה׳י הארוך, Chronique longue, ce qui insinue que le דה׳י, Livre des Paralipomènes de la Bible n'en est qu'un abrégé. L'auteur du Yalkut en transcrit plusieurs passages qui se trouvent littéralement, sauf quelques variantes de peu d'importance (1134), dans le Yaschar actuel, et qui appartiennent probablement aux fragments dont nous avons paré.

On ne connaît pas l'époque précise de ce R. Siméon. Non seulement il ne pouvait être postérieur au XIIIe siècle, mais selon toute probabilité il a précédé ce siècle. Voici ce qu'en dit le chroniqueur David Gans (commencement du sixième millénaire, 1re partie): «J'ignore en quel temps florissait R. Samuel le Prédicateur, auteur du Yalkut. Mais j'ai trouvé dans le livre Meor-Enayim, chapitre 19, que R. Azaria a copié quelque chose d'un manuscrit ancien du Yalkut de R. Siméon, qui portait la date de 5070.» C'est-à-dire 1310 (1135). On peut raisonnablement supposer que le Yalkut existait longtemps avant l'exemplaire manuscrit qu'en a vu R. Azaria.

Une autre circonstance qui, selon nous, prouve invinciblement que plusieurs passages du Livre du juste ne sont pas de la supposition de quelque rabbin, c'est que sur certains points ils ne sont pas d'accord avec le texte de notre Bible. Nous en indiquerons dans le cours de notre traduction.

Les remplissages qui relient les fragments de l'ancien Yaschar, doivent remonter au-delà du Xe siècle: car on y reconnaît des erreurs d'histoire et de chronologie profanes, comme aussi de géographie, aussi grossières que celles qu'on rencontre dans le Talmud et dans les Médraschim. Dans les siècles suivants, et surtout dans le XIIe et le XIIIe siècle, les rabbins s'adonnèrent avec succès à l'étude de la philosophie et de toutes les autres sciences des nations. Ils se distinguaient par leur profonde connaissance de la langue arabe; et ils ont transporté en hébreu, d'après des versions arabes, plusieurs ouvrages grecs de philosophie et de mathématiques, qui n'existent plus dans la langue originale (1136).

Il nous sera maintenant facile de répondre aux objections contre l'identité du livre Yaschar.

  1. Il est indubitable que les noms comparativement modernes ont été intercalés dans le texte, soit par l'auteur des remplissages, soit par des copistes. Mais en supposant l'homogénéité du livre, la première objection serait encore sans valeur. On sait qu'il s'est glissé dans certains codex d'ouvrages d'une authenticité et d'une antiquité incontestables, des noms et des faits dont l'auteur ne pouvait pas avoir connaissance. Outre les notes marginales, qui, à la longue passaient dans le texte, parce que des copistes sans intelligence les prenaient pour quelque chose d'oublié par leur prédécesseur, ces mêmes copistes, quand ils appartenaient à la terrible classe des demi-savants, ne se faisaient pas scrupule de remanier leur auteur comme bon leur semblait, dans la pensée d'éclaircir des passages qui leur semblaient obscurs ou de rectifier des erreurs. Ils le défiguraient, et mettaient sur son compte ce qu'il n'avait pu écrire. Les copistes juifs, en particulier, se donnaient de grandes licences à cet égard. Et depuis l'invention de l'imprimerie, combien de fois n'a-t-on pas dénaturé des textes? On a ajouté à des livres de l'antiquité, les paraphrases chaldaïques, la Mekhiltha, etc., par exemple, certaines choses dont des savants se sont prévalus pour en disputer la date (1137). Si le monde doit durer encore un grand nombre de siècles, un Saumaise futur, en suivant la logique de ces savants, établira dans une thèse pleine d'érudition que Feller n'est pas l'auteur du dictionnaire qui portera encore son nom en 2858. Il découvrira que des personnages qui y sont nommés n'ont paru sur la scène du monde qu'après la mort du célèbre Jésuite.

  2. Quand le texte dit: Cela, היא, n'est-il pas écrit?, etc., il atteste un livre qui rend compte du même miracle. C'est ainsi qu'entendent ces paroles Josèphe, Théodoret, Procope, et un grand nombre d'autres commentateurs. Il ne renvoie pas à un cantique. L'on n'est pas même sûr que le chapitre 10 de Josué renferme des vers: c'est un point fort contesté, malgré l'air de symétrie et de parallélisme de quelques phrases. L'auteur des Additions aux fragments du Livre du juste, a suppléé au défaut d'un cantique par un choix de passages des Psaumes de David (1138). Il a seulement inséré dans cette espèce de centon le demi verset de la prière d'Habacuc: Le soleil et la lune sont restés immobiles dans leurs demeures. S'il avait reconnu quelque chose de poétique dans le récit du Livre de Josué, il n'aurait pas manqué de l'encadrer dans le cantique de sa façon. On nous demandera peut-être: Dans ce cas, pour quel motif l'auteur des suppléments a-t-il supposé un cantique? Nous répondrons: Si le texte de la Bible n'attribue pas de cantique à Josué, la tradition lui en attribue un. Un des livres les plus anciens, la Mekhiltha, section Beschallakh, énumère dix cantiques des temps bibliques, dont l'un est celui de Josué. Quant à la complainte de David, il est bien naturel qu'elle manque dans notre Livre du juste, puisque les fragments qu'on en a pu recueillir n'arrivent pas jusqu'au Livre de Samuel.

  3. Les termes dont notre auteur se sert pour renvoyer aux écrits de Moïse et de Josué, et d'autres enfants d'Israël (1139), prouvent qu'il avait en vue les Mémoires de ces personnages. «Ces choses, dit-il, sont écrites dans le Livre des Actes, que Josué a laissé aux enfants d'Israël.» הנם כתובים על ספר דברי יהושע אל בני ישראל. Il est prouvé que Josué n'a pas écrit le Livre de Josué, du canon sacré. Nous avons déjà parlé du Pentateuque. Remarquons encore que l'auteur, au même lieu, renvoie aussi au Livre des guerres de Jéhova; ce qui prouve que, de son temps, ce livre était encore connu et pouvait être consulté.

  4. La supposition d'Abicht tombe devant les extraits du Livre du juste, donnés par Siméon dans son Yalkut. Voyez plus haut.

Nous espérons que le lecteur jugera comme nous que le Livre du juste, même dans son état actuel, tronqué et plein d'intercalations subséquentes, méritait d'être traduit. Il jette du jour sur un grand nombre de passages du Pentateuque, qui n'ont pas encore été expliqués d'une manière satisfaisante. Il place à leur lieu convenable d'intéressantes traditions éparses dans d'autres monuments de la Synagogue ancienne.

Nous avons fait notre traduction ayant sous les yeux trois éditions différentes du texte original. Ce n'est qu'en les comparant entre elles que nous avons pu rectifier les nombreuses fautes typographiques dont elles fourmillent. La version hébréo-germaine, que nous indiquerons dans les notes par version judaïque, nous a aidé également à retrouver les leçons défigurées par la négligence des correcteurs juifs. L'absence des voyelles (on sait que tous les livres rabbiniques en manquent) présentait une autre difficulté, celle de rendre les noms propres étrangers, d'autant plus que les rabbins anciens, dans leur ignorance des noms historiques de toute nation autre que la leur, n'en figuraient pas exactement les consonnes. Ce n'est qu'à force de recherches que nous avons pu rétablir ces noms.

La Préface mise en tête du Livre du juste par le premier éditeur nous apprend comment ce livre a été retrouvé. C'est un conte fait à plaisir.

Nous allons donner quelques extraits de cette Préface.

«Le présent livre, appelé le Livre du juste, a été retrouvé et est maintenant entre nos mains. Quand la ville sainte de Jérusalem fut dévastée par Titus, tous les officiers militaires s'y précipitèrent pour la piller. Un des généraux, nommé Sidrus, étant arrivé à une maison grande et vaste, y pénétra et s'empara de tout ce qu'elle renfermait. Sur le point de se retirer, il avisa une muraille que dans sa sagacité il soupçonna devoir cacher des trésors. Aussitôt il la démolit et trouva devant lui une tonne pleine de livres. Elle contenait le Pentateuque, les Prophètes et les Hagiographes; des histoires des rois du peuple israélite et des rois des autres nations, comme aussi beaucoup d'autres livres qui concernaient Israël. Là aussi était un dépôt des livres de la Mischna mise en ordre (1140), et de beaucoup de rouleaux. Outre cela, il s'y trouvait toutes sortes de comestibles, et du vin en abondance. À sa grande surprise, il y vit un vieillard assis et étudiant dans ces livres. Il dit au vieillard: Comment se fait-il que tu te trouves ici, sans une âme auprès de toi? Le vieillard répondit: Je savais depuis de longues années que Jérusalem devait être ruinée une seconde fois; c'est pourquoi j'ai bâti cette maison, et m'y suis ménagé cette retraite secrète, où j'ai transporté des livres pour mes études, et des provisions pour me soutenir. Peut-être, pensais-je, sauverai-je ainsi ma vie. Or, Dieu voulut que le vieillard inspirât des sentiments de bienveillance et de pitié au général, qui le retira avec ses livres de ce lieu-là, en lui donnant de grands témoignages de considération. Il s'en fit accompagner de ville en ville et de pays en pays jusqu'à Séville. Le général ayant reconnu que le vieillard était versé dans toutes les sciences, le garda auprès de sa personne, eut pour lui toutes sortes d'égards et se fit son disciple. Ils se bâtirent en dehors de la ville une maison fort élevée où ils placèrent tous les livres déjà mentionnés. Et cette maison existe encore en ce jour à Séville. Quand les rois d'Édom (1141) nous forcèrent, Dieu le permettant, d'émigrer de pays en pays au milieu de grandes misères, ce livre appelé Génération d'Adam, avec beaucoup d'autres de la maison de Séville, finit par arriver entre nos mains dans notre ville de Naples, qui est sous la domination du roi d'Espagne. (Que sa gloire soit exaltée!) Ayant observé que ces livres traitent de sciences diverses, nous avons volontiers formé le projet de les reproduire par la voie de l'impression.

«Le présent livre l'emporte en excellence sur tous les autres. Il nous en est parvenu douze copies, nous les avons examinées, et avons reconnu qu'elles sont tellement concordantes, que pas une d'elles n'a une lettre de plus ou de moins que les autres. Et il se trouve écrit que ce livre est celui appelé (1142) Livre du juste. Il paraît qu'il est ainsi appelé, parce que tout y est raconté selon l'ordre des événements sans interversion aucune. Tel est son principal titre; mais le public s'est habitué à l'appeler Livre de la génération d'Adam

L'auteur de la Préface dit ensuite que les Grecs, les Romains et certains pays des rois d'Édom, possédaient encore de son temps notre livre traduit en leurs langues. Il donne même les titres de ces traductions, non en grec, ni en latin, ni dans la langue de quelque pays d'Édom, mais dans le mauvais espagnol des Juifs méridionaux, et si mal figuré en lettres hébraïques, que depuis les grands savants des XVIe et XVIIe siècles jusqu'à nos jours, on n'a jamais réussi à en reconnaître tous les mots. Il nous conte aussi que Ptolémée, à l'instigation de Juifs traîtres à leur nation, a fait demander à Jérusalem la Bible des Hébreux. Afin de ne pas livrer le volume sacré à un infidèle, on lui expédia le Livre du juste. Mais les mêmes traîtres l'ayant averti que ce n'était pas le véritable livre de la loi, le roi en fut très irrité, et obligea les Juifs à le lui envoyer. Ne voulant pas être joué de nouveau, il se fit amener en même temps soixante-dix anciens, et les fit enfermer séparément dans soixante-dix maisons, avec ordre à chacun de lui écrire le livre de la loi. L'Esprit-Saint רוח הקדשי vint reposer sur eux, et leur soixante-dix copies furent parfaitement conformes les unes aux autres. Le roi en éprouva une grande joie, combla d'honneurs les anciens et tous les Juifs, et envoya des présents à Jérusalem. Après la mort de Ptolémée, les Juifs enlevèrent par adresse de sa bibliothèque le livre de la loi, mais ils y laissèrent le Livre du juste pour l'instruction des rois suivants. Ceux-ci pouvaient y apprendre quelles merveilles Dieu a opérées; qu'il n'y a pas d'autre Dieu que lui, et qu'il a choisi Israël d'entre tous les peuples.

«Et voici,» continue la Préface, «que tu trouveras dans ce livre quelques récits qui regardent les rois d'Aram, de Céthim et d'Afrique de ces temps-là, bien que de prime abord ces détails paraissent ne devoir pas entrer dans le cadre de ce livre. Mais en a voulu faire toucher au doigt la différence qui existe entre les guerres des autres nations dont l'issue dépend de conjonctures ordinaires, et celles des Juifs, où Dieu fait éclater ses merveilles tant qu'Israël met sa confiance en lui.»

En dépit de l'assertion de l'auteur de la Préface, il est avéré que le Livre du juste n'a jamais été traduit ni en grec, ni en latin, ni en aucune langue moderne; il n'en existe qu'une espèce de paraphrase en hébréo-germain, jargon des Juifs du rit allemand, les plus nombreux en Europe.




Notes

1113 L'adjectif הארוך est au singulier parce qu'on sous-entend le mot ספר, livre.
1114 Revue contemporaine, mars 1856. — Un savant de Bordeaux, M. Brunet, nous apprend qu'il existe un opuscule en anglais, tiré à petit nombre, et non livré au commerce: Bibliographical notes on the book of Jasher, London, 1833. Onze pages in-8°. Nous n'avons pas pu trouver cette notice.

Le Galignani's Messenger, du 12 novembre 1828, annonçait que le livre Yaschar était retrouvé. «Cet ancien ouvrage», écrivait-il, «fut obtenu à grands frais par Alcazius, l'homme le plus illustre de son temps, à Gazan, en Perse, où il parait avoir été conservé depuis l'époque du retour des Juifs de la captivité de Babylone, ayant été transporté par Cyrus dans son propre pays.» Nous doutons que le fait soit vrai, car on n'aurait pas manqué de publier un livre de cette importance.
1115 Ίησούν δέ κατά προκοπήν Χριστόν κεκλήσθαι. Épiph., Adv. hœr. l. 1, p. 53, C, de l'édition de Cologne.
1116 Είναι δε αύτόν δμοιον τοίς πάσι, βίω δέ διενηνοχέναι, οωφροσύνη τε καί άρετή καί βίω δικαιοσύνης... καί όπως διά πασών τών πράξεων έλευθερωθείσα ή αύτή ψυχή τού Ίησού άνέλθη πρός τόν αύτόν Πατέρα. Id., pp. 102 D et 103 A.
1117 Id., p. 142 C. — L'erreur du P. Berruyer, condamnée par le Saint-Siège, sous Benoît XIV et sous Clément XIII, renferme quelque venin de ces anciennes hérésies.
1118 On verra plus loin que notre Livre du juste est cité sous ce titre dans le Yalkut, Chaîne des Pères sur l'Ancien Testament.
1119 Outre le Talmud et des rabbins postérieurs à sa composition, un ms. ancien du Livre du juste, ainsi qu'on le verra plus loin.
1120 Talmud, ubi supra.
1121 De, Rossi, mss. codices. vol. III, pag. 22. Variœ lectiones V. T., t. IV, p. 22.
1122 Talmud., ibid.
1123 S. Jérôme ne veut pas prendre sur lui de décider à qui appartient la dernière rédaction du Pentateuque. Sive Moysen dicere volueris auctorem Pentateuchi, écrit-il, sive Ezram ejusdem instauratorem operis, non recuso. (Adv. Helvid., n. 7.) Il ne faut pas s'y tromper. Le Père si savant en matière d'Écriture sainte ne rejette nullement un rédacteur entre Moïse et Esdras. Il semble dire: «Il n'est pas certain que la forme actuelle du Pentateuque appartienne à Moïse. Quant à Esdras, il a peut-être rétabli le texte qui existait avant la captivité, quel qu'en fût rédacteur.»
1124 La tendance de cette scission, chose remarquable, s'est manifestée de bonne heure. Il est dit au 2e Livre de Samuel, chapitre 2, qu'après la mort de Saül, David devint roi de Juda, et Isboseth, roi de tout Israël.
1125 Le Livre du juste, vers la fin du Livre de Josué, dit: «et dans le Livre des guerres de Jéhova, qu'on écrit Moïse et Josué et les enfants d'Israël.» Ces Actes ou Mémoires se continuaient de génération en génération. On n'en saurait douter, et Josèphe, que nous allons citer, l'affirme positivement.
1126 Ότι τήν αύτήν, έώ γάρ λέγειν εί καί πλείω, τών είρημένων έποιήσαντο τήν περί τάς άναγραφάς έπιμέλειαν, τοϊς άρχιερεύσι καί τοίς προφήταις τουτο προστάξαντες· καί ώς μέχρι τών καθ· ήμάς χρόνων πεφύλακται πολλής άκριδείας, εί δέ θρασύτερον είπείν, καί φυλαχθήσεται, πειράσομαι συντόμως διδάσκειν... άτε μήτε τού ύπογράφειν αύτεξουσίου πάσιν όντος, μήτε τινός έν τοίς γραφομένοις ένούσης διαφωνίας· άλλά μόνων τών προφητών, τά δέ καθ αύτούς ώς έγένετο σαφώς συγγραφόντων.
1127 Δήλον τοίνυν κάντεύθεν ώς άλλός τις τών μεταγενεστέρων τήν βίδλον ταύτην συγέγραψε, λαδών έξ έτέρας βίδλου τάς άφορμάς.
1128 Le texte plus loin.
1129 Πώς νοητέον, ούκ ίδού ταύτα γέγραπται έπί βιδλίου λόγων τών ήμερών τών βασιλέων Ίούδα; Καί έντεύθεν δήλον ίος άπαντα συνεγράφη τά τηνικαύτα γενόμενα, καί έξ έκείνων τών βίδλίων τάς μέν ούτος ό συγγραφεύς, τάς δέ οί τάς παραλειπομένας συγγεγραφόνες έλαδον τής ίστρίας τάς άφορμάς.
1130 Feu M. Brentano nous a raconté que lorsqu'on lisait la Bible à la fameuse Émérie, elle arrêtait fréquemment le lecteur en lui disant: «Mais vous sautez (ueberspringt) ici quelque chose.» Ou lui disait que le texte ne portait rien de plus. Alors elle ajoutait ce qu'elle savait y manquer. Entendant lire au chapitre 13:19, de l'Exode: Et Moïse emporta (d'Égypte) les ossements de Joseph. Elle dit: «Vous ne me lisez pas comment Moïse les a retrouvés.» Là-dessus elle raconta tous les détails qui sont dans notre Livre du juste et dans d'autres recueils de traditions de la Synagogue ancienne.
1131 Ότι δέ τό μήκος τής ήμέρας έπέδωκε τότε, καί τού συνήθους έπλεόνασε, δηλούται διά τών άνακειμένων έν τώ ίερώ γραμμάτων. Ce que rend ainsi Angiolini, le meilleur traducteur de Josèphe: Che poi il giorno crescesse allora ad assai, e varcasse gli usati confini, si fà palese dalle memorie riposte nel tempio.
1132 Les exemplaires ont fautivement ici, βιδλίον τό εύρεθέν et au commencement du passage que nous allons citer, βιδλίον τό εύθές. Il faut corriger βιδλίον τού εύθούς, conformément au texte original, ספר הישר, et comme écrit Théodoret même à la lin de ce dernier passage.
1133 «Questo libro offre dunque una raccolta delle spiegazioni morali ed allegoriche degli antichi doltori ebrei, le quali si trovano sparse nei Tamud, nei Sifré, Sifrà, Tanchumà, Mechiltà ed altri antichi scritti sopra il sagro lesto. De-Rossi, dizion storico degli autori ebrei.»
1134 Une de ces variantes est à remarquer. On lit dans notre livre Yaschar, section Schemoth: «Ce sont là les magiciens et sorciers dont il est écrit dans le Livre de la loi.» L'exemplaire de R. Siméon portait: dont il est écrit dans le Livre du juste. Ce titre se donnait donc au Pentateuque entier, ou aux mémoires qui l'ont précédé.
1135 Wolfius, le célèbre auteur de la Bibliotheca Hebraica, a mal compris le passage de David Gans. Il écrit: R. Schimon, qui dici solet princeps concionalorum, floruit 3070, Chr. 1310, teste Ganzio ad hunc annum, et R. Azaria m Meor Enajim. Il a pris la date d'une copie manuscrite du Yalkut pour celle de l'auteur même. Inutile d'ajouter que cette méprise a été répétée constamment par tous les savants qui depuis Wolfius ont écrit sur des matières rabbiniques. Vorstius, qui a fait de la chronique de David Gans une version latine pleine de contresens, traduit ce passage comme si Azaria, rabbin de presque la fin du XVIe siècle, avait vu en 1310 le ms. du Yalkut.
1136 La première des éditions connues du livre Yaschar, est celle de Venise 1625, in-4°. L'éditeur, Joseph fils Samuel, déclare qu'il est le premier à faire imprimer ce livre d'après la copie tirée à Livourne, par Rabbi Joseph Athias, d'un manuscrit très ancien et très bon. C'est ce qu'attestent aussi les rabbins de Venise dans le privilège de dix ans qu'ils accordèrent à l'éditeur. Bartolocci et quelques autres bibliographes, trompés probablement par un passage de la Préface du livre, que nous donnons plus loin, ont cru que la première édition a été faite à Naples. On ne confiait point d'édition de Naples.
1137 Quand le docte Wolfius rapporte ces sortes d'objections contre l'antiquité de certains livres, il ajoute souvent: Nisi dicere relis ejusmodi loca a recentiori manu pedetentim esse inserta.
1138 Abicht qui ne s'est aucunement aperçu que ce soi-disant cantique de Josué se compose entièrement de lambeaux des Psaumes, trouve que l'hébreu en vaut presque celui de la Bible. «Ut si phrasin respicias, fere nihil sit quod cum biblico stylo non couveniat.» Ce fere est curieux.
1139 Voyez: vers la fin du Deutéronome et du Livre de Josué.
1140 La Mischna n'a pu être mise par écrit que vers la fin du IIe siècle de notre ère. Voyez: notre Harmonie entre l'Église et la Synagogue, tome I, p. 149 et suivant.
1141 En rabbinique, Édom est le nom générique des Chrétiens, comme Ismaël est celui des mahométans.
1142 Dans la Bible, sans doute.

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