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Livre du juste-10


août 14, 2011 par GoDieu


Section Paiyischlakh

À la même époque, Jacob députa vers Ésaü des messagers pour lui porter des paroles suppliantes, et lui parler en ces termes: Voici ce que te fait dire ton serviteur Jacob: Que mon seigneur Ésaü ne pense pas que la bénédiction de mon Père m'ait profité; car pendant vingt ans j'ai été soumis à un dur labeur par Laban, qui m'a trompé dix fois, en changeant les conditions de mon salaire. Et cela aura été sans doute raconté à mon seigneur. Mais Dieu a considéré mes pénibles efforts, et il a touché en ma faveur le cœur de Laban, qui devint mieux disposé pour moi, et je suis parvenu à posséder, par la miséricorde de Dieu, quelques bœufs, brebis, serviteurs et servantes. Et maintenant en chemin pour retourner auprès de mon père et de ma mère, je fais savoir tout cela à mon seigneur afin de trouver grâce à ses yeux. Et les messagers rencontrèrent Ésaü à l'extrémité du pays d'Édom. Ésaü leur répondit avec hauteur et insolence: Je sais bien, par des avis certains, combien Jacob a mal agi envers Laban. Il ne s'est pas mieux comporté envers moi; car deux fois il m'a nui par surprise. J'ai patienté jusqu'à ce jour; mais voilà que je viens à lui avec mes gens pour le traiter selon ce qu'il mérite. Les messagers revinrent auprès de Jacob et lui rapportèrent ces paroles d'Ésaü. Jacob en fut consterné, et une grande inquiétude l'agitait. Il invoqua ardemment l'aide de Jéhova son Dieu. Après avoir achevé sa prière, il partagea en deux camps les individus et les troupeaux qu'il avait avec lui. Il confia un des camps à Damésec, fils d'Éliéser serviteur d'Abraham, et l'autre à Alinus (1286), également fils d'Éliéser. Et il leur commanda de se tenir éloignés l'un de l'autre à une certaine distance, afin que si Ésaü se jetait sur un camp, l'autre pût lui échapper. Et Jacob passa toute la nuit à donner des ordres à ses serviteurs.

Cependant Jéhova avait exaucé la prière de Jacob, et il envoya quatre anges du ciel supérieur pour le protéger contre la fureur d'Ésaü. Ces anges allèrent au-devant d'Ésaü, et prirent l'apparence de centaines et de milliers de cavaliers armés de toutes pièces, et ils se partagèrent en quatre corps. Le premier corps en rencontrant Ésaü et ses quatre cents hommes, fondit sur eux. Ésaü saisi de frayeur, tomba de dessus son cheval, et ses quatre cents hommes se dispersèrent de tous côtés. La troupe de cavaliers leur cria d'une voix qui retentit au loin: Ne sommes-nous pas les gens de Jacob, le serviteur de Dieu? Qui est-ce donc qui pourrait nous résister? Ésaü leur dit: Oh! Jacob, mon seigneur, votre maître est mon frère. Voici vint ans que je ne l'ai vu. J'ai appris aujourd'hui qu'il revenait. Et tandis que je voyage pour aller au-devant de lui, et lui faire bon accueil, vous me traitez de la sorte! Les anges lui répondirent: Vive Jéhova! Si Jacob n'était pas ton frère, ainsi que tu le protestes, nous t'aurions anéanti, toi et jusqu'au dernier de tes hommes. Mais nous vous épargnons tous en considération de Jacob. Le premier corps passa devant Ésaü et les siens, qui étaient revenus, et il continua sa route. Quand Ésaü et ses hommes eurent fait environ une parasange de chemin, voici que le deuxième corps de cavaliers se précipita sur eux le fer à la main. Et les choses se passèrent de la même manière. Et il en fut également ainsi quand Ésaü rencontra le troisième corps, et après lui le quatrième corps. Or, Ésaü, persuadé qu'il avait rencontré des troupes formidables appartenant à Jacob, craignait son frère, et il s'appliquait à dissimuler sa haine contre lui.

Jacob, de son côté, durant toute cette nuit-là, consultait avec ses serviteurs, en passant d'un camp à l'autre, et il résolut avec eux d'offrir à son frère des présents de tout ce qu'il possédait, afin d'adoucir sa colère. Et dès le matin il choisit dans les troupeaux les présents qu'il destinait à Ésaü. Et en voici le dénombrement. Parmi les brebis il choisit quatre cent quarante; parmi les chameaux et les ânes, trente de chaque espèce; parmi le gros bétail, cinquante têtes. Il partagea tout cela en dix troupeaux séparés, sous la conduite de dix serviteurs, et il leur ordonna ceci: Éloignez-vous l'un de l'autre, et mettez de l'espace entre vos troupeaux. Quand Ésaü et ceux qui sont avec lui arriveront près de vous et vous demanderont: Qui êtes-vous, et où allez-vous, et à qui sont toutes ces bêtes que vous conduisez? Vous leur répondrez: Nous sommes des serviteurs de Jacob. Nous allons au-devant de son frère pour le saluer; et voici que Jacob lui-même arrive derrière nous. Ces troupeaux sont le présent qu'il envoie à son frère Ésaü. S'ils vous demandent: Pourquoi reste-t-il en arrière, et ne s'empresse-t-il pas de voir la face de son frère? Vous répondrez: Il nous suit joyeux de la rencontre de son frère; mais il a dit: Je veux auparavant me concilier sa bonne grâce par le présent dont je me fais précéder. Peut-être m'accueillera-t-il favorablement. Les serviteurs partirent donc avec les troupeaux, et Jacob resta auprès de ses camps au bord du torrent de Jaboc. Vers le milieu de la nuit, il prit ses femmes et ses servantes et les fit passer avec tout ce qu'il avait à l'autre bord du torrent. Quant à lui, il resta seul en deçà du Jaboc. Alors un homme se présenta et lutta avec lui jusque vers l'aurore; et l'emboîture de la cuisse de Jacob fut luxée. Mais dès que parut l'aube du jour l'homme lâcha Jacob et il le bénit et disparut.

Et Jacob passa le gué, boitant de la jambe lésée. Quand il fut arrivé au bord opposé le soleil se leva pour lui (1287), et il marcha avec tout son monde jusqu'au milieu du jour. Levant alors les yeux, il vit dans le lointain Ésaü venant à lui, accompagné de quatre cents hommes; et il fut saisi de crainte. Il se hâta de distribuer ses enfants auprès de leurs mères, et il enferma Dina dans une caisse qu'il remit entre les mains de ses serviteurs. Et il passa devant tous les siens à la rencontre de son frère, et en s'approchant de lui il se prosterna sept fois contre terre. Et Dieu lui fit trouver grâce devant Ésaü et sa suite, car il avait exaucé sa prière. Ésaü, de son côté, non-seulement craignait Jacob à cause des nombreux cavaliers de guerre qu'il pensait être ses serviteurs (1288), mais aussi son ressentiment se changea en véritable tendresse fraternelle. Dès qu'il aperçut Jacob il courut vers lui, se jeta à son cou et le tint longtemps embrassé. Et ils pleuraient tous deux. Les quatre cents hommes, ainsi que son fils Éliphaz et les quatre frères de celui-ci, conçurent pour Jacob de la crainte et de l'affection, et ils le baisaient et le serraient dans leurs bras. Ésaü en levant les yeux vit derrière Jacob ses femmes et ses enfants, qui ne cessaient de se prosterner devant lui. Et il demanda à Jacob: Qui sont tous ceux-ci? Jacob répondit: Ce sont les enfants dont Dieu a gratifié ton serviteur. Ésaü demanda encore à Jacob: Qu'est-ce que la caravane que j'ai rencontrée hier? Jacob répondit: C'est un présent que j'ai envoyé devant moi, afin de trouver grâce aux yeux de mon seigneur. Et il insista en disant: Accepte, je te prie, le présent offert de ma part à mon seigneur. Ésaü dit: Pourquoi cela? Garde ton bien ce serait à moi à t'en offrir autant, puisque j'ai vu ta face, et que je t'ai trouvé en vie et en santé. Mais Jacob insista de nouveau, disant: Je te prie, mon seigneur, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, accepte de ma main ce présent, puisque j'ai vu ta face avec la satisfaction que donne la vue de la face de Dieu, et que tu m'as pris en amitié. Alors Ésaü reçut le présent de bestiaux, comme aussi de l'or, de l'argent et des pierres précieuses. Et Ésaü distribua la moitié des troupeaux aux hommes de sa suite, pour leur paye, et l'autre moitié à ses fils; et il confia à Éliphaz, son fils aîné, l'or et l'argent avec les pierres fines.

Ésaü dit ensuite à Jacob: Nous resterons à ton côté, et nous voyagerons avec toi à petites journées, jusqu'à ma résidence, et là nous demeurerons tous deux ensemble. Jacob répondit: Je voudrais faire selon ce que dit mon seigneur; mais mon seigneur sait que je mène des enfants en bas âge. En outre, les brebis et les vaches ont besoin de marcher lentement, à cause de leurs petits, nés récemment. Si on les forçait de presser le pas, tu n'ignores pas que la fatigue les ferait périr. C'est pourquoi, que mon seigneur passe devant son serviteur, tandis que moi j'avancerai lentement au pas des enfants et des petits du troupeau, jusqu'à ce que j'arrive auprès de mon seigneur à Séir. Ésaü dit encore: Je te laisserai au moins une partie de ma suite pour t'escorter et aider à porter tes fardeaux. Jacob répondit: Mon seigneur est trop gracieux. Va-t'en avec tes hommes: je te suivrai à mon aise pour aller demeurer avec toi à Séir. Or Jacob parlait ainsi afin d'éloigner Ésaü de son chemin, et se diriger lui-même vers le pays de Chanaan et vers la demeure de son père. Ésaü s'en alla donc avec tous ses hommes, et Jacob tourna sa face, vers Chanaan, et s'arrêta pendant quelque temps à l'extrême limite du pays. Après cela, Jacob passant la frontière voyagea jusqu'à la ville de Sichem dans le territoire de Salem (1289), et il campa en dehors de la ville. Et il acheta des enfants d'Hémor le terrain sur lequel il s'était arrêté moyennant cinq sicles (1290). Il y bâtit une maison, et y fixa sa demeure. Et pour loger ses troupeaux, il construisit des cabanes: c'est ce qui a fait donner à ce lieu le nom de Socoth (cabanes).

Jacob demeurait à Socoth depuis plus de dix-huit mois, lorsque les femmes des habitants de Sichem sortirent de la ville pour danser et faire des réjouissances à l'occasion de la fête des jeunes filles. Et les femmes de Jacob, Rachel et Lia, vinrent avec leurs servantes voir la fête, et elles s'assirent pour la regarder. Et Dina, fille de Jacob, était avec elles. Les hommes et les principaux chefs de la ville assistèrent également à la fête. Alors Sichem, fils d'Hémor prince du pays, remarqua Dina assise à côté de sa mère, et elle lui plut beaucoup, et son âme s'attacha à elle. Et il demanda à ses amis et à ceux de sa suite: Qui est cette jeune fille, que je n'ai jamais connue dans notre ville? Ils lui apprirent que c'était la fille de Jacob, fils d'Abraham l'Hébreu, qui demeurait dans le canton depuis quelque temps. Et il envoya des hommes et la fit enlever de force. Et lorsqu'elle eut été amenée dans sa maison, il lui fit violence. Et il l'aima encore davantage, et la retint chez lui. Quand Jacob fut instruit que Sichem avait flétri sa fille, il envoya deux de ses serviteurs pour la chercher. Mais Sichem et ses gens les chassèrent de la maison, et ne leur permirent pas d'arriver jusqu'à Dina. Bien plus, Sichem s'assit auprès d'elle, et à leurs yeux la baisait et la serrait dans ses bras. Cette chose convainquit Jacob entièrement du déshonneur de sa fille; mais il se tint tranquille jusqu'au retour de ses fils, qui faisaient paître le bétail dans les champs. Il envoya sans retard à Dina deux filles des enfants de ses esclaves, pour la servir et lui tenir compagnie.

Cependant Sichem députa trois de ses amis vers son père, Hémor l'Hévéen, fils de Hidécem, fils de Pharad, pour lui dire: Donne-moi cette jeune fille pour femme, Hémor se transporta à la maison de Sichem et lui dit: N'avons-nous pas de filles dans notre nation pour que tu ailles choisir pour femme une étrangère parmi les Hébreux? Sichem lui répondit: C'est que celle-ci me plaît. Donne-la-moi pour épouse. Et comme Hémor chérissait son fils il consentit à son désir, et il sortit pour proposer la chose à Jacob. Mais avant son arrivée à la maison de Jacob les frères de Dina étaient rentrés. Et quand ils apprirent l'attentat de Sichem, ils en furent accablés et remplis d'indignation. Et sans même penser à faire rentrer le bétail, ils entourèrent tumultueusement leur père, et s'écrièrent: N'est-il pas vrai que cet homme, et de même ses sujets, méritent la mort. Car Jéhova, Dieu de la terre, a défendu à Noé et à sa race la rapine et la fornication (1291). Or, Sichem a ravi notre sœur et en a abusé, et pas un seul habitant de sa ville ne lui en a fait des remontrances. Pendant qu'ils parlaient encore voici Hémor qui arrivait, et il dit à Jacob et à ses fils: L'âme de mon fils s'est attachée à votre fille. Accordez-la-lui pour épouse. Allions-nous par des mariages; vous nous donnerez de vos filles, et vous en prendrez des nôtres. Fixez-vous dans notre pays, et nous y formerons un seul peuple. Car notre pays est spacieux; vous pourrez y trafiquer, y acquérir des possessions en terre, selon votre bon plaisir, sans que l'on vous dise un seul mot. En ce moment survint son fils Sichem, qui répéta les mêmes paroles que son père, et il ajouta: Pourvu que je trouve grâce à vos yeux, je ferai tout ce que vous me prescrirez. Imposez-moi une dot aussi riche qu'il vous plaira et je la donnerai volontiers. Quiconque n'obéira pas à tout ce que vous ordonnerez sera puni de mort. Seulement donnez-moi cette jeune personne en mariage. Siméon et Lévi, usant d'artifice, répondirent: Notre volonté est de vous complaire. Donnez-nous le temps d'envoyer consulter Isaac, notre grand-père, sans l'avis duquel nous ne pouvons rien décider en cette chose; car il connaît mieux que nous les coutumes établies par notre père Abraham. Nous ne vous dissimulerons rien de sa réponse. Les paroles de Siméon et de Lévi firent plaisir à Sichem et à son père, et ils se retirèrent contents. Après leur départ, les fils de Jacob délibérèrent sur le moyen de les décevoir, et de les tuer avec tous les habitants de la ville, en réparation de l'attentat de Sichem. Et Siméon donna ce conseil: Disons-leur: Soyez circoncis comme nous le sommes; sinon, nous prendrons notre fille, et nous nous en irons d'ici. S'ils font ce que nous demandons, nous attendrons qu'ils soient malades de leur plaie, et nous pourrons en toute sûreté passer au fil de l'épée tous les mâles. Le conseil de Siméon fut trouvé bon. Le lendemain, Sichem ne manqua point de revenir avec Hémor son père. Les enfants de Jacob leur dirent: Vos propositions plaisent à notre grand-père Isaac; mais il nous a avertis disant: Mon père Abraham m'a ordonné ceci de la part de notre Dieu, maître de toute la terre: Tout homme, étranger à la race d'Abraham, qui voudra épouser une fille de ses descendants Hébreux, devra préalablement recevoir en sa chair la circoncision, lui, et tous les mâles qui sont sous son obéissance. Sachez donc que nous ne pouvons donner notre fille à un homme incirconcis; car ce serait un opprobre parmi nous. Mais nous consentirons à tout ce que vous proposez si vous voulez circoncire tout les mâles de votre ville. Que si vous vous y refusez, nous viendrons dans votre maison et nous reprendrons notre sœur malgré vous, et nous nous éloignerons de votre pays. Sichem et son père se hâtèrent de se rendre à la porte de leur ville, et ils y convoquèrent tous les habitants et leur dirent: Ces hommes, les fils de Jacob, veulent s'incorporer dans notre peuple. Ils nous apporteront leurs richesses en trafiquant dans le pays, assez vaste pour les recevoir. Nous prendrons de leurs filles pour femmes, et nous leur en donnerons des nôtres (1292). Ils y mettent une seule condition, conformément à un précepte de leur Dieu; c'est que nous soyons tous circoncis. Tous se soumirent à la voix de leurs princes, Hémor et Sichem, qui étaient fort honorés par eux. Le lendemain, de grand matin, tous s'étant assemblés dans l'intérieur de la ville, ils firent appeler les fils de Jacob qui s'occupèrent à leur pratiquer la circoncision tout ce jour-là et le jour suivant. Hémor et Sichem, ainsi que les cinq frères de celui-ci, furent pareillement circoncis. Les Sichémites se retirèrent ensuite chacun dans sa maison pour se soigner. Or, Jéhova avait lui-même disposé ainsi toutes choses, afin de livrer les hommes de Sichem entre les mains des fils de Jacob, en punition de leurs crimes.

Or, le nombre de ceux qui avaient reçu la circoncision dans la ville était de six cent quarante-cinq hommes et de deux cent soixante-seize enfants. Mais Hidécem, fils de Pharad, père d'Hémor, et ses six frères, n'avaient pas écouté la voix de Sichem et d'Hémor pour se circoncire; car ils avaient du mépris pour la proposition des fils de Jacob. Ils étaient très irrités de ce qui s'était fait, et de ce que les gens de la ville n'avaient pas voulu se laisser dissuader par eux. Le deuxième jour au soir on découvrit que huit petits enfants n'avaient pas été circoncis; car leurs mères les avaient tenus cachés. Sichem et Hémor envoyèrent des hommes pour les prendre et les circoncire. Mais Hidécem et ses six frères se jetèrent avec leurs épées sur ces hommes pour les tuer. Ils voulurent aussi tuer Sichem et Hémor avec Dina. Et ils leur dirent: Quelle est cette conduite que vous avez tenue? N'y a-t-il pas de filles chez vos frères les Chananéens, pour que vous alliez demander une femme aux Hébreux, que vous n'avez connus ni hier ni avant-hier? Et pour l'obtenir vous faites une chose que vos pères n'ont jamais pratiquée ni ordonnée. Ne pensez pas que cela vous portera bonheur. Et que répondrez-vous à vos frères les Chananéens lorsque demain (1293) ils viendront vous demander compte de cette chose étrange que vous avez faite pour l'amour d'une fille des Hébreux? Où fuirez-vous pour cacher à jamais votre honte? Quant à nous, nous ne pouvons pas supporter plus longtemps la chose indigne que vous avez faite. Dès demain nous assemblerons les Chananéens de tous ces pays, et nous viendrons et nous vous massacrerons avec vos nouveaux alliés, au point de ne laisser survivre aucun individu ni chez vous ni chez eux. Hémor, Sichem et les habitants de la ville en entendant ces menaces d'Hidécem et de ses frères, tremblèrent pour leur vie, et se repentirent de tout ce qu'ils avaient fait. Alors Sichem et Hémor répondirent à Hidécem, leur proche parent, et à ses frères: Nous reconnaissons que tout ce que vous dites est juste. Ce n'est pas parce que nous aimons les Hébreux que nous avons fait cette chose inaccoutumée parmi nous; mais parce que nous avons voulu obtenir d'eux ce que nous désirions. Dès que nous l'aurons obtenu, nous nous joindrons à vous, et nous traiterons ces étrangers selon ce que vous avez résolu vous-mêmes. Attendez seulement que nous soyons guéris et que nous ayons repris nos forces.

Or, Dina avait entendu tout cet entretien, et elle expédia promptement, à la maison de Jacob une des deux servantes qu'il lui avait envoyées, et elle fit savoir à son père et à ses frères ce qui se préparait contre eux. À cette annonce, Jacob et ses fils furent extrêmement irrités contre les habitants de la ville de Sichem, et Siméon et Lévi prononcèrent ce serment: Par la vie de Jéhova, Dieu de toute la terre! dans la journée de demain tout périra dans cette ville. Le lendemain Siméon et Lévi marchèrent contre la ville, et ils furent assaillis en route par quatre jeunes gens qui n'étaient pas circoncis, parce qu'ils s'étaient cachés pendant l'opération. Les fils de Jacob en tuèrent deux, et les deux autres s'enfuirent et se cachèrent dans des puits de bitume, de sorte qu'ils ne purent les trouver. Siméon et Lévi entrèrent ensuite dans la ville, et passèrent au fil de l'épée tous les mâles jusqu'au dernier, avec Hémor et Sichem; et ils se retirèrent emmenant Dina. Et la ville retentissait des cris et des lamentations des femmes et des jeunes enfants. Les fils de Jacob revinrent ensuite pour enlever tout le butin de la ville et de ses dépendances. Pendant qu'ils réunissaient les dépouilles voici environ trois cents femmes qui les leur disputèrent et leur lançaient des pierres. Mais Siméon se porta contre elles et les passa toutes au fil de l'épée. Il rejoignit ensuite Lévi. Et ils emmenèrent aussi tout le bétail ainsi qu'un certain nombre de femmes et d'enfants; et ils arrivèrent triomphants auprès de leur père. Quand Jacob vit le traitement qu'ils avaient fait à la ville, il se fâcha violemment contre eux, et il leur dit: Qu'avez-vous fait là? J'avais trouvé une demeure tranquille dans ce pays, où nul ne me disait une parole déplaisante, et voilà que vous m'avez rendu odieux aux Chananéens et aux Phérézéens. Nous sommes en petit nombre: s'ils se réunissent tous contre nous, ils nous accableront et nous extermineront. Siméon et Lévi et tous leurs frères répondirent à Jacob: Nous vivions paisiblement, et Sichem a osé outrager notre sœur. Pourquoi as-tu gardé le silence? Notre sœur doit-elle être traitée impunément comme une courtisane?

Or, les femmes vierges que Siméon et Levi avaient emmenées captives étaient au nombre de quatre-vingt-cinq. Il se trouvait parmi elles une petite fille, nommée Buna, d'une grande beauté, que Siméon réservait pour en faire sa femme. Les enfants mâles qu'ils avaient pris sans leur ôter la vie, étaient au nombre de quarante-sept. Toutes ces femmes et tous ces jeunes garçons et leurs descendants sont demeurés esclaves des Hébreux jusqu'à la sortie de ceux-ci du pays d'Égypte.

Or, les deux jeunes hommes de Sichem qui s'étaient cachés dans des puits de bitume rentrèrent dans la ville après que Siméon et Levi en furent sortis, et ils la trouvèrent toute dévastée, sans un seul homme survivant, et les femmes parcouraient les rues en se désolant. Et ils rapportèrent aux habitants de Taphna comment les fils de Jacob avaient ruiné une des villes du peuple chananéen, sans craindre les autres habitants du pays. Mais Jasub, roi de Taphna, ne voulut pas croire que deux hommes eussent détruit une grande ville comme Sichem; car pareille chose ne s'était jamais vue ni aux jours de Nemrod, ni à aucune époque. Et il y envoya deux exprès qui revinrent lui dire: Nous n'avons trouvé dans la ville ruinée ni un homme, ni une pièce de bétail; rien que des femmes qui pleurent. Alors Jasub dit à tout son peuple: Soyez courageux et allons combattre ces Hébreux pour venger les habitants de Sichem. Mais les conseillers qu'il assembla lui dirent: Tu ne pourras pas avec tes seules forces vaincre ces Hébreux, puisque deux d'entre eux ont été assez forts pour massacrer une ville entière. Si tu les provoques ils viendront nous exterminer tous ensemble. Il faut plutôt inviter tous les rois nos voisins à se joindre à nous. C'est ainsi que tu en viendras à bout. Ce conseil ayant plu à Jasub, il envoya dire aux sept rois des Amorrhéens: Jacob l'Hébreu et ses fils ont fait à la ville de Sichem ceci et cela; et vous l'ignorez! Maintenant venez et aidez-moi à les exterminer de dessus la face de la terre. Les rois frappés de l'action des fils de Jacob, arrivèrent avec toutes leurs troupes, formant ensemble une armée de dix mille hommes tirant l'épée, afin de marcher contre les enfants de Jacob. À la nouvelle qu'il en eut, Jacob fut effrayé et troublé, et il renouvela ses reproches contre Siméon et Lévi, Mais Juda lui répondit: La vengeance de mes frères, a été juste; que crains-tu? C'est Jéhova notre Dieu qui a livré en leur puissance la ville de Sichem à cause qu'elle était coupable: c'est aussi lui qui abattra devant nous tous les rois chananéens pour que nous les châtions de la même manière. Calme-toi, aie confiance en Jéhova notre Dieu, et prie-le pour nous, afin qu'il nous assiste, qu'il nous protège et qu'il fasse tomber nos ennemis devant nous. Après cela Juda ordonna ceci à un des serviteurs de son père: Va, observe où campent les rois ennemis avec leurs troupes. Le serviteur monta sur la pente de la montagne de Sion (1294), et il vit de loin l'armée des rois se tenant dans la campagne. Et il revint annoncer à Juda: Voici que les rois tiennent la campagne avec des troupes nombreuses comme le sable du bord de la mer. Juda dit à Siméon et à Lévi et à tous ses frères: Prenez courage et soyez de valeureux guerriers; car Jéhova notre Dieu est avec nous, et vous n'avez rien à craindre. Levez-vous, prenez chacun vos armes, et allons combattre ces incirconcis. Et tous, grands et petits, s'armèrent: les onze fils et tous les serviteurs de Jacob. Les serviteurs d'Isaac, armés de toutes pièces, vinrent aussi d'Hébron pour se joindre à eux. Et ils étaient en tout cent douze combattants. Et Jacob marchait avec eux (1295).

Cependant les enfants de Jacob envoyèrent à Hébron-Cariatharbée dire à Isaac fils d'Abraham leur père: Prie pour nous Jéhova notre Dieu, afin qu'il nous sauve de la main des Chananéens qui viennent pour nous attaquer, et qu'il les abatte devant nous. Et Isaac se mit en prière, et il conclut en ces mots: Maintenant, ô Jéhova Dieu, Dieu de toute la terre, rend vain le conseil de ces rois, que la terreur de mes enfants tombe sur eux, et qu'ils n'aient pas le cœur de les combattre. Abaisse leur orgueil, et qu'ils s'en retournent sans oser approcher de mes enfants car tu es assez puissant pour opérer de ces choses.

Pendant ce temps les fils de Jacob et les serviteurs, forts de leur confiance en Jéhova leur Dieu, s'avançaient vers les rois. Et leur père, qui était dans leurs rangs, priait aussi Jéhova, ainsi que Juda l'y avait exhorté. Et il priait dans les termes de la prière de son père Isaac.

Or, les rois des Amorrhéens avaient assemblé un grand conseil, afin de décider ce qu'ils feraient à l'égard des enfants de Jacob. Mais Jéhova avait exaucé la prière d'Isaac et de Jacob, et il leur inspira une grande peur des enfants de Jacob, de manière qu'ils se laissèrent aller à un profond découragement. Car leurs conseillers leur dirent d'une voix unanime: Avez-vous perdu la raison pour vouloir vous mesurer contre ces forts Hébreux, et pour aller en ce jour au-devant de votre perte totale? Voici que deux seuls des leurs sont entrés hardiment dans la ville de Sichem et en ont massacré tous les habitants, sans que nul ait pu leur résister, comment prétendez-vous supporter leurs coups quand ils sont tous réunis? Ignorez-vous que leur Dieu les favorise d'une manière spéciale, et qu'il opère en leur faveur des prodiges tels qu'on n'en a jamais vu de semblables, et qui surpassent le pouvoir de tous les dieux des autres peuples? Leur Dieu sait combien les Hébreux lui rendent amour pour amour, puisque le père de leur race lui aurait offert en holocauste son fils unique et chéri, s'il ne l'en avait pas empêché. C'est pourquoi il a juré solennellement de protéger ses descendants contre tout danger qui viendrait les menacer. C'est lui qui a sauvé leur père, Abraham l'Hébreu, de la main de Nemrod et de ses serviteurs, qui ont cherché bien des fois à le faire mourir. C'est lui qui l'a fait sortir sain et sauf du fond d'une fournaise ardente. Le même Abraham, suivi de son fidèle serviteur et de quelques hommes, a fait éprouver une défaite sanglante aux cinq rois d'Élam, parce qu'ils avaient touché à son neveu qui demeurait à Sodome. N'avez-vous pas entendu raconter comment leur Dieu a frappé Pharaon, roi d'Égypte, et Abimélech, roi de Gérare, ainsi que leurs peuples, parce qu'ils avaient voulu s'emparer de la femme d'Abraham? Nous avons vu de nos propres yeux Ésaü réduit à l'impuissance lorsqu'il marchait avec quatre cents hommes contre Jacob, qu'il détestait, pour l'anéantir avec tous les siens. Et dans ces derniers jours, comment deux hommes auraient-ils pu exercer sur une grande ville une vengeance terrible, si Dieu ne leur avait pas prêté sa force? Maintenant sachez que vous ne pourrez rien contre ces hommes, eussiez-vous mille fois le nombre de soldats que vous avez conduits ici. Car c'est à leur Dieu que vous avez affaire, et vous périrez tous en ce jour. Les rois, en entendant parler de la sorte leurs conseillers, sentaient leurs cœurs défaillir, et ils n'osèrent plus engager le combat; et, tout tremblants, ils regagnèrent promptement chacun leurs états. Cependant les fils de Jacob gardèrent jusqu'au soir leur position vis-à-vis du mont Sion. Alors, voyant que les rois n'avançaient pas contre eux, ils s'en retournèrent au lieu de leur demeure (1296).

En ce temps-là Jéhova apparut à Jacob, lui disant: Lève-toi, monte à Béthel, demeures-y, et fais-y un autel en l'honneur du Dieu qui t'est apparu en ce lieu, et qui t'a délivré, toi et tes enfants, de toute peine. Et Jacob monta à Béthel avec ses enfants et tous les siens, conformément à l'ordre de Jéhova. Et il s'arrêta à Luz l'espace de six mois. Jacob était alors âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans.

Vers le même temps mourut Débora, fille d'Us, nourrice de Rébecca, qui voyageait avec Jacob. Et Jacob l'enterra au-dessous de Béthel, au pied d'un chêne (1297). Rébecca, fille de Bathuel, mère de Jacob, mourut aussi à cette époque dans la ville d'Hébron-Cariatharbée, âgée de cent trente-trois ans, et elle fut enterrée dans la caverne double qu'Abraham avait achetée des enfants d'Heth. Jacob pleura beaucoup sa mère, et il fit un deuil pour elle et pour Débora, et il nomma le lieu où il était le chêne des pleurs. Laban le Syrien mourut aussi en ces jours-là, frappé de Dieu parce qu'il avait trahi l'alliance qu'il avait jurée à Jacob (1298).

Jacob avait atteint l'âge de cent ans, et Jéhova lui apparut et le bénit, et il lui imposa le nom d'Israël. Rachel, femme de Jacob, devint enceinte en ces jours-là. Vers le même temps, Jacob quitta avec les siens Béthel pour aller retrouver son père à Hébron, et dans ce voyage, à une certaine mesure itinéraire (1299) d'Éphrata, Rachel donna le jour à un fils; mais elle eut un travail si dur qu'elle en expira. Jacob l'enterra sur le chemin d'Éphrata à Bethléem, et il érigea sur son tombeau un monument qui subsiste jusqu'à ce jour. Et les jours de Rachel furent de quarante-cinq ans. Et Jacob nomma ce fils de Rachel Benjamin, parce qu'il lui était né dans le pays du Sud (1300).

Après la mort de Rachel, Jacob fixa son habitation dans la tente de Bala, servante de la défunte. Mais Ruben en fut blessé et irrité, à cause de l'injure faite à Lia, sa mère, et, dans son mouvement d'impatience, il entra dans la tente de Bala et en retira la couche de son père (1301). C'est alors que Ruben, pour n'avoir pas respecté la couche de son père, fut privé de sa part de primogéniture, de la royauté et du sacerdote. Le droit d'aînesse fut transféré à Joseph (1302), la royauté à Juda et le sacerdoce à Lévi. Et Jacob, poursuivant son voyage, arriva à Mambré-Cariatharbée qui est à Hébron, résidence d'Abraham et d'Isaac, et il demeura auprès de son père.

Voici les générations d'Ésaü, qu'il eut dans le pays de Chanaan. Ada lui enfanta Éliphaz, son fils aîné. Basémath lui donna Rahuël. Oolibama fut mère de Jéhus, d'Ihélon et de Coré. Les enfants d'Éliphaz furent: Théman, Omar, Sépho, Gatham, Cenez et Amalec. Les fils de Rahuël furent: Nahath, Zara, Samma et Méza. Les enfants de Jéhus: Thamna, Alva, Ithath. Les enfants d'Ihélon: Alla, Phinon et Cenez. Les enfants de Coré: Théman, Mebsar, Magdiel et Iram.

Et voici les noms des enfants de Séir l'Horrhéen, qui habitaient le pays de Séir: Lothan, Sobal, Sébéon, Ana, Dison, Éser et Disan, sept fils. Les enfants de Lothan: Hori, Héman et leur sœur Thamna. Cette Thamna était venue s'offrir à Jacob et à ses enfants; mais, comme ils la refusèrent, elle alla et devint concubine d'Éliphaz, fils d'Ésaü, et elle lui enfanta Amalec. Les enfants de Sobal: Alvan, Manahat, Ébal, Sépho et Onam. Les enfants de Sébéon: Aïe et Ana. C'est cet Ana qui a trouvé les Hybrides (1303) dans le désert, lorsqu'il menait paître les ânes de Sébéon, son père. Un jour, il poussa son troupeau jusqu'au rivage de la mer; en face du désert des nations, et voici qu'une bourrasque, soufflant de la haute mer sur les ânes, les arrêta court à leur place. Bientôt après sortirent du désert qui borde la mer environ cent vingt monstres énormes et horribles, et ils s'arrêtèrent en cet endroit. Ces monstres avaient forme humaine depuis les reins jusqu'aux extrémités inférieures, et, par la partie supérieure, ils avaient la forme les uns d'ours, les autres de serpents (1304). Ils traînaient après eux une queue qui descendait du haut des épaules, et se terminait en queue de coq de bruyère. Et ils se précipitèrent tout à coup sur les ânes, les enfourchèrent et partirent avec eux, et, jusqu'à ce jour, on ne les a plus revus. Un de ces monstres s'était approché d'Ana et l'avait frappé de sa queue pour l'écarter. Ana, tout effrayé de ce spectacle, se mit à courir jusqu'à Séir, afin de mettre sa vie en sûreté. Il raconta à son père et à ses frères ce qui lui était arrivé. Des hommes en troupes nombreuses allèrent à la recherche des ânes, mais ils ne les retrouvèrent point. Ana et ses frères n'allaient plus de ce côté-là, car ils craignaient pour leur vie. Les enfants d'Ana furent Dison et sa sœur Oolibama. Les enfants de Dison: Hamdan, Éseban, Jéthram et Charan. Les enfants d'Éser: Balaan, Zavan et Acan. Les enfants de Dison: Hus et Aram.

Jacob, âgé de cent cinq ans, dans la neuvième année de sa demeure en Chanaan, quitta Hébron pour retourner à Sichem et y habiter, car il y trouvait des pâturages plus gras et plus abondants. La ville de Sichem avait été rebâtie, et elle renfermait trois cents habitants, tant hommes que femmes. Jacob s'établit dans la portion de terrain qu'il avait acquise d'Hémor, père de Sichem.

Or, les rois chananéens et amorrhéens des pays circonvoisins en apprenant le retour des enfants de Jacob se dirent entre eux: Les enfants de Jacob seraient-ils donc revenus pour ruiner de nouveau cette ville de Sichem, et en massacrer tous les habitants? Et ils résolurent de réunir leurs forces pour leur faire la guerre. Et Jasub, roi de Taphna, appela, dans le pays tous les rois d'autour de lui avec leurs armées qui étaient nombreuses comme le sable du rivage de la mer; savoir: Élon, roi de Gaas; Éhuri, roi de Silo; Parathon, roi de Sartan; Laban, roi de Bethoron, et Sachir, roi de Mahnaïm. Ils se partagèrent en sept corps, formant sept camps, pour envelopper les enfants de Jacob. Ils envoyèrent ensuite à ceux-ci un écrit, portant: Sortez, et nous nous mesurerons dans la plaine, afin que nous prenions de vous la vengeance des habitants de Sichem, et que nous vous empêchions de recommencer le massacre de cette ville. Les fils de Jacob transportés de colère, s'armèrent aussitôt contre les rois avec cent deux de leurs serviteurs, et se portèrent sur une éminence près de Sichem. Et au milieu d'eux était Jacob invoquant le secours de Jéhova. À peine Jacob eut-il terminé sa prière que la terre fut ébranlée d'un violent tremblement, et que le soleil s'obscurcit. Les rois furent consternés de ces phénomènes, d'autant plus que Jéhova leur fit entendre du côté des enfants de Jacob le roulement d'une grande quantité de chariots de guerre, et le bruit d'une nombreuse cavalerie, et le fracas d'un camp immense. En même temps les fils de Jacob s'avancèrent contre eux en jetant de grands cris. Les rois commencèrent à lâcher pied, mais bientôt après ils s'arrêtèrent en disant: Ce serait trop de honte de fuir une seconde fois devant ces Hébreux. Quand les fils de Jacob virent que les troupes des rois, nombreuses comme le sable de la mer, leur tenaient tête, ils crièrent vers Jéhova: Secours-nous, ô Jéhova, secours-nous; car c'est en toi que nous nous confions, afin que nous ne mourions pas de la main des incirconcis qui viennent contre nous en ce jour. Ils marchèrent ensuite au combat d'un pas ferme. Mais Juda courut en avant d'eux avec dix de ses serviteurs. Jasub, roi de Taphna, sortit le premier avec son armée à la rencontre de Juda. Or, Jasub était un vaillant guerrier. Il montait un cheval très vigoureux, et depuis la tête jusqu'aux pieds il était couvert de fer et de cuivre. Il pouvait, étant à cheval, lancer des flèches, des deux mains, devant lui et derrière lui, ainsi qu'il avait coutume de faire dans toutes ses expéditions guerrières, et il ne manquait jamais le but où il visait. Mais quand il s'apprêtait à tirer sur Juda Jéhova nouait (1305) sa main de telle sorte que tous ces traits allaient frapper ses propres gens. Malgré cela il avançait toujours plus près de Juda, essayant de le percer avec ses flèches. Il n'était plus qu'à la distance de trente coudées, lorsque Juda ramassa à terre une grande pierre du poids de soixante sicles, et courant sur le roi il la lui lança avec force, et elle rencontra son bouclier. Le choc fut si violent que Jasub fut précipité de son cheval, et que son bouclier alla tomber à quinze coudées derrière lui, aux pieds du deuxième corps d'armée. Et les autres rois furent fort effrayés en voyant cette preuve de la grande force de Juda. Celui-ci courut aussitôt aux soldats de Jasub et abattit avec son épée quarante deux hommes, et tous les autres prirent la fuite sans lui opposer aucune résistance. Jasub était encore étendu par terre; mais se voyant abandonné des siens, il se redressa promptement et combattit Juda; et leurs boucliers se heurtaient avec un bruit effroyable. Et Jasub levant sa hache d'armes en asséna un coup sur la tête de Juda, dont le bouclier qu'il y opposa fut brisé en deux. Juda n'ayant plus de bouclier, se hâta de frapper avec son épée les jambes de Jasub, qui furent séparées au cou-de-pied. Le roi tomba par terre et laissa échapper sa hache d'armes. Juda s'en saisit et lui en trancha la tête qu'il jeta auprès des tronçons de ses pieds. Les fils de Jacob enhardis par cet exploit de Juda, se précipitèrent sur les rangs des rois et en firent un grand carnage. Quinze mille hommes tombèrent comme les épis sous le fer du moissonneur et un grand nombre prit la fuite. Pendant ce temps Juda dépouillait le cadavre de Jasub des pièces de son armure. Mais voici que neuf chefs de l'armée de Jasub vinrent attaquer Juda. Celui-ci les prévint avec promptitude et lança au premier une pierre qui lui fracassa la tête et le fit tomber mort de son cheval. À cette vue les autres huit se sauvèrent; mais Juda et ses dix hommes coururent après eux, les atteignirent et les tuèrent.

Les enfants de Jacob continuaient de frapper dans les divers camps des rois, et ils leur tuaient beaucoup de monde. Toutefois, les rois et leurs chefs, retenus par la honte, ne voulaient pas abandonner leur position; mais leurs cris impératifs et leurs exhortations ne pouvaient arrêter des corps entiers qui fuyaient, parce qu'ils étaient terrifiés, et entraînèrent à la fin la déroute de l'armée entière.

Après avoir défait les armées des rois, les fils de Jacob revinrent auprès de Juda pendant qu'il achevait de tuer les huit chefs de Jasub, et de les dépouiller de leurs armures et de leurs vêtements. Et Lévi en se retournant vit qu'Élon, roi de Gaas, et quatorze de ses chefs venaient pour le frapper par derrière. Aussitôt il courut à leur rencontre avec douze de ses serviteurs et ils les tuèrent à coups d'épée. Et Éhuri, roi de Silo, qui accourait au secours de Jasub, arriva près de Jacob, et à sa portée. Jacob lui décocha une flèche et le tua. Alors les quatre rois survivants dirent: Nous ne sommes plus en état de tenir tête aux Hébreux qui ont tué les trois rois et les chefs les plus forts d'entre nous. Les fils de Jacob voyant que les rois lâchaient pied, les pressèrent avec plus de vigueur et les poursuivirent eux et leurs troupes jusqu'à la porte de la ville d'Haser; et dans cette poursuite ils leur tuèrent encore plus de quatre mille hommes. Jacob, de son côté, ne visait de son arc qu'aux rois, et il les tua tous les quatre l'un après l'autre du premier trait. Et Juda s'étant assuré que dans l'action il avait perdu trois de ses serviteurs, devint exaspéré contre les Amorrhéens.

Les fuyards arrivés devant Haser en trouvèrent la porte fermée, et ils l'enfoncèrent et se précipitèrent pèle-mêle dans la place, afin de se cacher dans cette ville qui était très spacieuse. Les enfants de Jacob venaient derrière eux, mais quatre héros; très exercés à la guerre, sortirent de la porte, armés d'épées et de javelots, et les arrêtèrent. Alors Nephthali aux pieds légers (1306), prit son élan contre eux, et d'un même coup d'épée abattit la tête aux deux plus avancés. Les deux autres se mirent à fuir, mais il s'élança après eux et les atteignit et les tua.

Cependant les enfants de Jacob arrivés devant les murailles de la ville, n'en purent trouver la porte. Alors Juda d'un saut fut sur le rempart, et Siméon et Lévi le suivirent de la même manière. De là ils descendirent dans l'intérieur de la ville où Siméon et Lévi firent main basse sur tous les fuyards, et en outre ils passèrent au fil de l'épée tous les habitants, ainsi que leurs femmes et leurs enfants. Il s'élevait de la ville des cris qui retentissaient jusqu'au ciel, et cela donnait aux autres fils de Jacob de l'inquiétude pour leurs frères qui s'y étaient introduits. Alors Dan et Nephthali, sautèrent à leur tour sur le rempart pour voir ce qui se passait dans la ville; et ils distinguèrent les cris des habitants qui répétaient d'une voix suppliante: Prenez tout ce que nous avons, mais laissez-nous la vie! Quand Siméon et Lévi eurent exterminé toute âme humaine de la ville, ils revinrent sur la muraille où ils trouvèrent Dan et Nephthali. Et ils appelèrent leurs autres frères et leur indiquèrent la porte de la ville par où ils y entrèrent aussitôt. Et s'étant réunis ils ramassèrent les dépouilles d'Haser, qu'ils emportèrent, emmenant en même temps tout le bétail et tous les captifs.

Le jour suivant les enfants de Jacob allèrent attaquer Sartan; car ils avaient appris que ceux restés dans la ville s'armaient contre eux, parce qu'ils avaient tué leur roi. Or, Sartan était une ville forte, bâtie, sur une hauteur. Elle était ceinte d'un fossé profond de cinquante coudées et large de quarante. Les enfants de Jacob ne purent pas au premier moment trouver l'entrée de la ville, car l'entrée était du côté opposé à la route qui menait à la place; et outre cela les habitants avaient retiré le pont du fossé. Les gens de Sartan n'osaient sortir en rase campagne parce qu'ils redoutaient les vainqueurs d'Haser; mais ils montèrent sur les murailles et insultaient et maudissaient les enfants de Jacob. Ceux-ci transportés d'une violente colère prirent leur essor avec tant de force que d'un seul saut ils franchirent toute la largeur du fossé. Et ils trouvèrent l'entrée de la ville et s'apprêtèrent à en briser les portes qui avaient des serrures et des verrous de fer; des guerriers au nombre de quatre cents les en empêchèrent en leur envoyant de la muraille des pierres et des flèches. Alors ils sautèrent sur la muraille, Juda, le premier, du côté de l'Orient de la ville, et après lui, Gad, à l'Occident, Siméon et Lévi au Nord, Dan et Ruben au Sud. Aussitôt les ennemis qui gardaient la muraille s'enfuirent et coururent se cacher dans la ville. Issachar et Nephthali restés au pied de la muraille, s'approchèrent des portes et y mirent le feu, et tout le fer se fondit par la grande chaleur. Tous les fils de Jacob pénétrèrent donc dans la ville avec leurs gens, et ils firent main basse sur tous les habitants dont aucun ne put leur faire résistance. Deux cents hommes environ s'étaient enfuis et cachés dans une tour, mais Juda la fit écrouler sur eux, et tous périr. Les enfants de Jacob étant montés sur les décombres de cette tour en aperçurent une autre qui était très forte, et si haute que son sommet touchait au ciel (1307), et ils s'y portèrent promptement avec tous leurs gens et la trouvèrent remplie d'hommes, de femmes et d'enfants, plus de trois cents individus. Ils en tuèrent beaucoup, mais un certain nombre s'en échappa. Pendant que Siméon et Lévi poursuivaient ceux échappés de la tour, voici que douze hommes très forts et vaillants sortirent d'une retraite où ils s'étaient cachés, et engagèrent avec eux un combat acharné. Siméon et Lévi ne purent les réduire, et eurent leurs boucliers brisés. Alors un des ennemis dirigea son glaive sur la tête de Lévi, qui détourna le coup avec la main; mais peu s'en fallut qu'il n'eût la main coupée. Et Lévi saisit le glaive avec son autre main et l'arracha de force à son adversaire, et lui en fit sauter la tête. Les onze autres, en voyant tomber un des leurs, s'animèrent de plus en plus contre les fils de Jacob. Voyant que le combat restait égal, Siméon poussa un cri effroyable qui fit trembler ces forts. Et Juda avant reconnu de loin la voix de son frère Siméon, et son cri, accourut avec Nephthali. Celui-ci voyant que ses frères n'avaient plus de boucliers, courut en prendre deux de leurs serviteurs et les en arma. Or, Siméon, Lévi et Juda se battaient avec les onze forts jusqu'au déclin du jour sans pouvoir les faire céder. Et Jacob instruit de cette chose, en fut très peiné; et après avoir invoqué Jéhova il se rendit avec Nephthali au lieu du combat, et tirant de l'arc il fit tomber d'abord trois de ces hommes. Les huit autres en se retournant s'aperçurent qu'ils avaient des adversaires devant et derrière eux, et ils craignirent pour leur vie et prirent la fuite. Mais en fuyant ils rencontrèrent Dan et Aser qui tombèrent sur eux à l'improviste et leur tuèrent deux hommes. Juda et ses frères poursuivirent ce qui en restait et les tuèrent tous jusqu'au dernier.

Les enfants de Jacob retournèrent ensuite à l'intérieur de la ville pour rechercher les ennemis qui pouvaient y être cachés, et ils trouvèrent près de vingt jeunes gens au fond d'un souterrain. Gad et Aser les tuèrent, de même que Dan et Nephthali se jetèrent sur tous ceux qui s'étaient échappés de la seconde tour, et les tuèrent tous. En somme, les enfants de Jacob ne laissèrent en vie à Sartan que les femmes et les enfants. Ils emportèrent tout ce qu'ils choisirent dans le butin, et prirent tout le bétail. Or, les gens de la ville avaient été tous très forts. Un seul d'entre eux pouvait mettre en fuite mille hommes ordinaires, et deux d'entre eux ne reculaient pas devant dix mille hommes (1308).

Les fils de Jacob, sortis de Sartan, avaient parcouru un espace de près de deux cents coudées lorsqu'ils rencontrèrent les hommes de Taphna, qui venaient venger la mort de leur roi, et enlever aux fils de Jacob tout le butin d'Haser et de Sartan. Mais les fils de Jacob les battirent et les poursuivirent jusqu'à la ville d'Arbèle. Ils entrèrent ensuite dans Taphna pour en faire prisonniers de guerre les habitants, mais à la même heure ils apprirent que les gens d'Arbèle marchaient contre eux pour délivrer tous leurs frères captifs. Alors les fils de Jacob laissèrent dix hommes à Taphna pour piller la ville, et ils sortirent à la rencontre des gens d'Arbèle. Or, ceux-ci arrivaient accompagnés de leurs femmes qui étaient exercées aux travaux de la guerre. Ils formaient un corps de quatre cents combattants, tant hommes que femmes. À leur approche les fils de Jacob élevèrent la voix et poussèrent un cri fort, semblable au rugissement du lion et au mugissement des vagues courroucées de la mer. Les Arbéliens en furent tellement effrayés qu'ils s'enfuirent à leur ville, où les fils de Jacob, en les poursuivant, entrèrent avec eux. Alors s'engagea un vif combat, et les femmes se servaient avec adresse de leurs frondes. Le combat se prolongea jusqu'au soir, et les enfants de Jacob étaient en danger de succomber sous les efforts de l'ennemi. Alors, dans leur détresse, ils invoquèrent Jéhova, qui les exauça et leur accorda la victoire. Et ils passèrent au fil de l'épée tous les hommes, toutes les femmes et tous les enfants, qui tombaient sous leurs mains, comme aussi les gens de Sartan qui étaient accourus au secours d'Arbèle. Or, les femmes transportées de fureur à la vue de leurs maris étendus morts, montèrent sur les toits, et firent tomber une pluie de pierres et de tuiles sur les enfants de Jacob. Ceux-ci pénétrèrent dans les maisons et massacrèrent toutes les femmes avec le tranchant de l'épée. Ils s'emparèrent ensuite de beaucoup de captifs, d'un butin considérable et de tout le bétail des habitants.

Le cinquième jour les enfants de Jacob apprirent que les gens de Gaas se disposaient à les attaquer, pour venger la mort de leur roi et de leurs chefs, qui étaient tombés au nombre de quatorze dans le premier combat; et ils prirent les armes pour marcher contre eux. Or, Gaas renfermait une population fort nombreuse et puissante, et la ville était la mieux fortifiée de toutes celles des Amorrhéens: elle était entourée d'une triple muraille. Quand les fils de Jacob arrivèrent devant Gaas ils trouvèrent les portes de la ville fermées, et cinq cents hommes garnissaient le haut de la muraille extérieure. Et une foule innombrable comme le sable du rivage de la mer, qui s'était embusquée en dehors de la ville, se montra alors et enveloppa les enfants de Jacob, sur lesquels tombait en même temps du haut de la muraille une grêle de pierres et de flèches. Juda voyant ce danger extrême jeta un cri horrible et si effrayant que plusieurs hommes tombèrent du haut de la muraille, et que les ennemis du dehors de la ville, de même que ceux du dedans, furent saisis d'un violent tremblement, et craignaient pour leur vie. Les fils de Jacob, repoussés de la porte par les pierres et les flèches, se tournèrent contre ceux du dehors de la ville, et les firent tous tomber comme les épis des champs au temps de la moisson; et les guerriers ennemis n'opposaient aucune résistance, car ils étaient encore saisis du cri de Juda. Les enfants de Jacob s'approchèrent de nouveau de la porte, mais les pierres et les flèches recommencèrent à tomber sur eux comme une pluie d'orage, et les forcèrent de s'éloigner. Alors les gens de Gaas se mirent à les insulter par ces paroles: Pourquoi entreprenez-vous une guerre que vous êtes incapables de soutenir? Vous vous êtes étrangement trompés en vous flattant de pouvoir traiter la ville de Gaas comme vous avez fait les autres villes des Amorrhéens, lesquelles en comparaison d'elle n'étaient que des villages ouverts. Ceux que vous avez tués devant notre porte étaient les faibles et les lâches d'entre nous, et ils ont pris peur de la voix de vos cris de guerre. Et ils maudissaient par leur Dieu les enfants de Jacob, et continuaient à leur lancer des flèches et des pierres. Juda et ses frères en entendant ces blasphèmes, éprouvèrent une violente colère. Et Juda, enflammé de zèle pour l'honneur de son Dieu, s'écria: Aide-nous, Jéhova! Jéhova, sois-nous en aide, à nous et à nos frères! En même temps tenant son épée nue, il prit un grand élan et sauta sur la muraille, et il y tomba à califourchon, mais son épée lui échappa de la main par la secousse. Il jeta son cri dont tous les hommes qui étaient sur la muraille furent tellement effrayés que plusieurs d'entre eux tombèrent sur le sol d'au-dessous et se tuèrent. Les autres, témoins de la vigueur de Juda, eurent peur de lui et se sauvèrent dans l'intérieur de la ville. Mais quelques-uns s'aperçurent que Juda n'avait pas d'épée et ils reprirent courage et revinrent sur lui pour le faire mourir en le précipitant du haut du mur vers ses frères. Et vingt hommes de la ville se joignirent à eux pour les renforcer. Ils entourèrent donc Juda, et crièrent et levèrent leurs épées sur lui. Juda effrayé cria du haut de la muraille à ses frères. Alors Jacob et ses fils tirèrent des flèches d'en-bas, et tuèrent trois de ces hommes. Et Juda cria de nouveau: Jéhova, aide-nous! Jéhova, délivre-nous! Sa voix puissante, qui retentit au loin, terrifia de telle sorte les hommes qui l'entouraient, qu'ils jetèrent leurs épées et s'enfuirent. Alors Juda s'emparant des armes tombées sur la muraille, se précipita sur ceux qu'il pouvait atteindre et en tua une vingtaine. Cependant d'autres individus de la ville, hommes et femmes, au nombre d'environ quatre-vingt, montèrent sur la muraille, et entourèrent Juda. Mais Jéhova mit la crainte dans leur cœur, et ils n'osèrent le serrer de près. Pendant ce temps Jacob et ses fils ne cessaient de tirer de l'arc contre les assaillants, et ils en tuèrent encore dix, qui tombèrent à leurs pieds du haut de la muraille. Cette nouvelle perte de leurs frères, excita une plus grande animosité dans le cœur des habitants de Gaas, mais ils n'osèrent lui venir de trop près. Alors se présenta un fort, nommé Arod, qui s'élança sur Juda et lui déchargea sur la tête un grand coup d'épée. Juda se hâta de lui opposer son bouclier qui fut taillé en deux. Le fort après avoir frappé fut saisi d'une terreur soudaine et prit la fuite. Et dans sa course ses pieds heurtèrent contre un obstacle sur la muraille, et il tomba en bas du côté des enfants de Jacob, qui l'assommèrent. Le coup du fort avait été si vigoureux que Juda manqua d'y succomber, et il en ressentait des douleurs qui lui arrachaient des cris lamentables. Quand Dan entendit la voix plaintive de son frère, il fut enflammé de colère, et faisant un recul loin en arrière il s'élança sur la muraille. À l'apparition de Dan tous les défenseurs de la muraille s'enfuirent, et ils montèrent sur la seconde muraille d'où ils tirèrent des flèches et jetèrent des pierres sur Dan et Juda, qui les évitaient à grand peine, et peu s'en fallut qu'ils ne périssent en ce lieu. Jacob et ses fils, qui se tenaient devant la porte de la ville, ne pouvaient plus tirer sur ceux qui étaient sur la seconde muraille, car ils étaient hors de leur vue. Mais Dan et Juda ne pouvant pas plus longtemps supporter les traits des habitants, sautèrent auprès d'eux sur la seconde muraille; et tous jetèrent un cri d'effroi et descendirent précipitamment de la muraille. Jacob et ses fils en entendant ces cris des gens de la ville, devinrent fort inquiets de Dan et de Juda; car ils ne les voyaient plus. Alors Nephthali n'y tenant plus, fit un effort désespéré et sauta sur la première muraille pour savoir ce que signifiaient ces cris. Pendant ce temps Issachar, et Zabulon s'approchèrent de la porte et l'enfoncèrent, et tous les leurs se précipitèrent dans la ville. Nephthali était sauté de la première muraille sur la seconde au secours de ses frères. Quand les habitants de la ville, qui étaient sur cette muraille, virent le troisième frère, ils s'enfuirent tous et descendirent dans les rues. Mais Juda, Dan et Nephthali descendirent aussi dans l'intérieur de la place à la poursuite de l'ennemi. Siméon et Lévi ignorant que la porte était forcée, sautèrent sur la muraille, et de là descendirent auprès de leurs frères. Cependant les habitants attaqués de toutes parts, tombèrent au nombre de vingt mille, hommes et femmes; et nul ne put résister au bras des fils de Jacob. Ceux-ci épargnèrent beaucoup de femmes et les enfants. Un torrent de sang coulait de la ville et arrivait jusqu'à la descente de Béthoron. Quand les gens de Béthoron aperçurent de loin ce cours de sang, soixante-dix d'entre eux le remontèrent, et ils arrivèrent jusqu'à Gaas, et ils entendirent les cris des habitants, qui montaient jusqu'au ciel. Les flots de sang allaient toujours grossissant, car les fils de Jacob ne cessaient de frapper jusqu'au soir. Alors les hommes de Béthoron s'écrièrent: Ceci est sûrement le fait de ces Hébreux; car ils ne veulent laisser en paix les villes d'aucun peuple amorrhéen. Et ils revinrent en courant à Béthoron, et ils en assemblèrent tous les habitants et leur firent prendre les armes pour aller combattre les enfants de Jacob.

Et après avoir remporté une victoire complète, les enfants de Jacob se répandirent dans la ville pour dépouiller les morts. Ils arrivèrent à un quartier éloigné où ils firent la rencontre de trois hommes forts qui n'avaient pas d'épées. L'un des trois forts, qui coururent sur eux, prit Zabulon à bras-le-corps, parce qu'il voyait que c'était un jeune garçon, presque enfant, et le jeta violemment à terre. Alors Jacob accourut avec son épée levée, et d'un coup le partagea en deux par les reins, et son cadavre tomba sur Zabulon. Et le deuxième fort arriva précipitamment et saisit Jacob en s'efforçant de le faire tomber par terre. Et Jacob cria contre lui, alors Siméon et Lévi étant accourus, le blessèrent avec leurs épées aux deux cuisses et le firent tomber. Le fort se releva furieux, mais avant qu'il fût redressé Juda se précipita sur lui et lui fendit la tête, et il expira. Quand le troisième fort vit que ses compagnons étaient morts, il se mit à fuir, et les enfants de Jacob coururent après lui dans la ville. Mais dans sa fuite le fort trouva par terre l'épée d'un habitant, et il la ramassa et se mit en défense contre eux. Il se tourna vers Juda, qui n'avait pas de bouclier, pour le frapper sur la tête, et Nephthali avança promptement son bouclier qui reçut le coup d'épée et garantit Juda du danger. Alors Siméon et Lévi se jetèrent sur le fort, et lui assénèrent chacun un coup de leur épée avec tant de vigueur qu'ils coupèrent son corps en deux de haut en bas. Le jour s'était déjà changé en soir et les enfants de Jacob prirent tout le butin de Gaas, et sortirent de la ville, la nuit étant close.

Les enfants de Jacob suivaient la montée de Béthoron, et voici que les habitants de cette ville arrivaient en armes à leur rencontre. Le combat commença aussitôt sur la côte, malgré l'obscurité de la nuit. Or, les habitants de Béthoron étaient tous des héros dont un seul pouvait tenir tête à mille hommes ordinaires. Ils jetaient des cris qui ébranlaient la terre. Et les enfants de Jacob eurent peur de ces hommes; car ils n'étaient pas habitués à se battre dans l'obscurité. Ils crièrent donc vers Jéhova, disant: Aide-nous, Jéhova, et sauve-nous, afin que nous ne mourions pas de la main de ces incirconcis. Et Jéhova exauça leurs prières, et il envoya un esprit de vertige et une horrible confusion dans le camp des Béthoronites, qui dans les ténèbres de la nuit tournèrent leurs armes chacun contre son prochain, et ils firent entre eux-mêmes un grand massacre. Les enfants de Jacob, sachant que Jéhova avait frappé d'illusion leurs ennemis, afin qu'il se battissent entre eux, se retirèrent en silence, plus loin avec tous les leurs. Et ils se reposèrent tranquillement de leurs fatigues toute la nuit, tandis que ceux de Béthoron étaient aux prises chacun avec son frère, et chacun avec son prochain, et jetaient des cris qui retentissaient au loin. Ces cris furent entendus des habitants de toutes les villes chananéennes, des Héthéens, des Amorrhéens, des Hévéens: et même les rois chananéens d'au-delà du Jourdain entendaient aussi ces cris pendant toute la nuit. Ils disaient: Ce sont sans doute les Hébreux qui malmènent les sept villes qui ont pris les armes contre eux; car ces Hébreux sont doués d'une force à laquelle rien ne résiste. Et tous les autres Chananéens, et ceux qui demeuraient au-delà du Jourdain, craignaient les enfants de Jacob, et ils disaient: Pourvu qu'ils ne nous fassent pas autant qu'à ces villes.

Or, pendant toute cette nuit-là un nombre prodigieux de Béthoronites avaient péri les uns par la main des autres. Le matin du sixième jour ayant lui, les autres habitants de Chanaan virent la terre jonchée de cadavres, comme le sol d'une grande boucherie l'est de brebis et de béliers. Les enfants de Jacob arrivant avec toute leur captivité de Gaas, entrèrent dans Béthoron. Ils trouvèrent la ville encore rempli d'hommes, et ils les attaquèrent et en firent un grand carnage qui dura jusqu'au milieu du jour.

C'est ainsi que les enfants de Jacob firent éprouver à Béthoron le sort de Gaas, de Taphna, d'Haser, de Sartan et de Silo. Ils s'en revinrent ce jour-là à Sichem avec les captifs de Béthoron et les dépouilles des autres villes. Et ils se reposèrent des fatigues de tous ces combats, et passèrent la nuit tranquillement. Mais ils n'entrèrent pas dans la ville de Sichem, de peur d'y être enfermés par de nouveaux ennemis, qui auraient pu venir mettre le siège devant la place. Et ils campèrent sur le terrain que Jacob avait acheté d'Hémor. Au bout de deux jours, personne n'étant venu les inquiéter, ils entrèrent dans la ville avec tout leur monde, et s'établirent dans leurs habitations.

Or, les habitants de tous les autres pays, considérant que dans les temps anciens on n'avait jamais vu d'exploits semblables à ceux des enfants de Jacob, les craignaient, et ils résolurent de ne rien entreprendre contre eux. Et Japhia roi d'Hébron envoya sous mains aux rois d'Haï, de Gabaon, de Salem, d'Adullam, de Lachis, d'Asor, et à tous les rois chananéens leurs vassaux, disant: Venez vers moi, et nous irons ensemble trouver les enfants de Jacob, afin de faire avec eux un traité de paix et d'alliance réciproque. N'amenez pas avec vous beaucoup de monde. Que chaque roi ne soit accompagné que de ses trois principaux chefs, et chaque chef, de trois pages. Le quarantième jour tous les rois se trouvèrent réunis à Hébron au nombre de vingt et un; car ils avaient une grande déférence pour tous les avis de Japhia. Et ils dirent au roi d'Hébron: Va devant nous haranguer les enfants de Jacob. Nous viendrons ensuite, et nous confirmerons tes paroles. Et ainsi fit le roi d'Hébron.

Cependant les enfants de Jacob apprirent que les rois de Chanaan étaient assemblés, et avaient établi un camp à Hébron. Ils envoyèrent secrètement quatre de leurs serviteurs avec ordre d'explorer le camp chananéen, et s'il n'était pas trop grand, de relever le nombre des guerriers dont il se compose. Les serviteurs revinrent et rapportèrent que les rois n'avaient qu'une faible troupe de deux cent quatre-vingts hommes, en les y comprenant eux-mêmes (1309). Les enfants de Jacob dirent: Puisqu'ils sont en petit nombre, nous ne sortirons pas tous contre eux. Le lendemain matin, les dix fils de Jacob firent prendre les armes seulement à soixante-deux hommes, et se mirent à leur tête avec Jacob leur père; car ils s'attendaient à être attaqués. En sortant de la porte de Sichem ils levèrent les yeux et ils virent Japhia qui marchait sur la route suivi de ses chefs, et se dirigeait vers eux; et ils s'arrêtèrent à leur place. Le roi et ses chefs s'avançaient toujours et se prosternaient la face contre terre. Quand Japhia fut arrivé en la présence de Jacob et de ses fils, ils lui dirent: Qu'est-ce qui t'amène près de nous, roi d'Hébron? Que demandes-tu? Japhia répondit: De grâce, mes seigneurs, souffrez que les rois des Chananéens se présentent aujourd'hui devant votre face, afin de faire la paix avec vous. Mais les enfants de Jacob ne se fiaient pas à ses paroles, et ils les attribuaient à une ruse. Le roi pénétrant leur pensée, dit: De grâce, mes seigneurs, croyez que nous venons dans des dispositions pacifiques. Cela est si vrai que nous ne portons aucune arme. Les fils de Jacob répondirent: S'il en est ainsi, que les rois avancent sans armes. Et Japhia expédia un homme vers les rois, qui vinrent et se prosternèrent la face contre terre devant Jacob et devant ses fils. Ceux-ci convaincus que les rois étaient sincères, conclurent la paix avec eux, en les soumettant à un tribut annuel. Et ils se jurèrent réciproquement de ne plus commettre d'actes d'hostilité les uns envers les autres. Les chefs des rois et leurs servants vinrent ensuite devant la face de Jacob et de ses fils, et leur offrirent des présents en se prosternant devant eux. Et les rois supplièrent humblement les fils de Jacob de leur rendre les captifs, et ils leur rendirent tous les hommes qu'ils avaient emmenés prisonniers, ainsi que les femmes et les enfants, et en outre tous les troupeaux et autre butin qu'ils avaient enlevés dans les sept villes. Les rois se prosternèrent de nouveau, et ils envoyèrent chercher des présents plus riches, qu'ils leur offrirent. Les enfants de Jacob congédièrent ensuite les rois, qui se retirèrent chacun dans sa ville, et les enfants de Jacob rentrèrent dans leur ville de Sichem (1310).

Depuis ce jour-là la paix régna constamment entre les enfants de Jacob et les rois de tout le pays de Chanaan. Mais elle cessa lorsque les enfants d'Israël revinrent au même pays pour en prendre possession.


Notes sur le Livre de la Genèse

1286 Ce nom n'a pas la physionomie hébraïque.
1287 Notre texte porte, comme celui de la Genèse, ויזרח לו, ortusque est ei, comme traduit la Vulgate. D'après la tradition, cet ei, à lui, veut dire que Jacob fut instantanément guéri par les premiers rayons du soleil. C'est à cette circonstance que les rabbins appliquent ce verset de Malachie 4:2: Sol justitiœ, et sanans in alis ejus. Voyez: le Médrasch-Rabba, ici, le Talmud, traité Khulin, fol. 91 verso; traité Sanhédrin, fol. 95, verso, Yarkhs in loco.
1288 Voyez: page précédente.
1289 Le texte de la Genèse 33:18: Et Jacob arriva שלם עיר שכם. Les LXX et la Vulgate prennent שלם pour le nom propre de la ville de Salem. Saint Jérôme, dans ses questions hébraïques, traite de la difficulté qu'offre ce texte. Salem ou Jérusalem, et Sichem sont notoirement deux villes différentes. D'après les paraphrases chaldaïques, la version persane de R. Saadia et presque tous les rabbins, ce שלם est l'adjectif bien connu qui signifie, salvus, incolumis, sain et sauf. Le Yaschar aplanit la difficulté tout en demeurant d'accord avec les LXX. Ajoutons que si ce passage du Yaschar avait été écrit par un rabbin, il aurait certainement employé שלם comme adjectif conformément au Talmud, traité Schabbat, fol. 33 verso, et au Médrasch-Beréschid. par. 79.
1290 La Genèse 33:19, dit: cent kesitas. Mais on voit dans le Talmud, traité Rosch-Hasschana fol. 26, recto, que la kesita équivaut à une םעה ou גרה, c'est-à-dire, un vingtième du sicle.
1291 La défense de la rapine et de la fornication faisaient partie, d'après la tradition, des sept préceptes imposés, sous peine de mort, à toute la race de Noé. On les appelle les sept préceptes Noachides. Voyez: le Talmud, traité Sanhédrin, fol. 56.

Nous voyons ici le motif du massacre des habitants de Sichem, dont la justification n'est pas exprimée clairement dans la Bible.
1292 Ici, comme dans la Bible, ils s'attribuent le choix, contrairement aux termes de la proposition des fils de Jacob.
1293 Dans quelque temps.
1294 Il ne faut pas confondre cette montagne de Sion, en hébreu שיאון, communément appelée Mont-Hermon, avec Sion de Jérusalem en hébreu, ציון.
1295 Dans plusieurs des combats dont le récit va suivre, Jacob fit des prodiges de valeur. C'est ce qui explique ces paroles du patriarche: Quam tuli de manu Amorrhœi in gladio et arcu meo. (Genèse 48:22) Dans la Bible on ne voit pas Jacob donner une chiquenaude un enfant.
1296 La Bible résume en quelques mots: Terror Dei invasit omnes per circuitum civitates. (Genèse 35:5)
1297 La Genèse 35:8, dit bien que Jacob perdit Débora à Béthel; mais le texte sacré ne nous dit nulle part par quelle circonstance elle se trouvait dans la suite de Jacob, qui était parti seul pour la Mésopotamie. Voyez plus haut: colonne 1158.
1298 Voyez plus haut: colonne 1159.
1299 Notre texte porte, ainsi que celui de la Bible, כברת ארץ. On ne connaît pas cette mesure. Les grammairiens ne sont pas d'accord si le כ appartient au nom ou n'est qu'une servile.
1300 Benjamin, בן ימין, fils du Sud.
1301 Tel est le sens que donnent au texte de la Genèse 35:22, la paraphrase chaldéenne de Jonathan, le Talmud, traité Schabbat, fol. 55, verso; Yarkhi.

D'après les testaments des XII patriarches, Ruben serait réellement tombé dans un abominable inceste. Ses sens s'égarèrent quand il vit Bala, prise de vin, dormir sur son lit toute découverte. Βάλλα ήν μεθύουσα καί κοιμωμένη, καί άκαλύπτως κατέκειτο έν τώ κοιτώνι.
1302 Genèse 48:22.
1303 Il y a dans notre texte ימים comme dans la Genèse. Le lecteur a toute liberté de traduire ce terme autrement que nous.
1304 Notre texte קפוז, nom qui ne se lit qu'une fois dans la Bible, Ésaïe 34:15. La signification la plus probable est celle de l'arabe קפאזה, άκοντίας, serpens jaculus (serpent aurore, dard). La version judaïque le rend par singes (Affen). Erreur manifeste; car dans le texte d'Ésaïe c'est un ovipare. Les commentateurs hébreux en font un oiseau, chouette, hibou, etc.
1305 Expression du texte, ויקשור.
1306 Nous verrons dans la suite du Yaschar des preuves de sa légèreté extraordinaire à la course. Dans son testament il dit; J'avais les pieds légers comme un cerf. Κούωος ήμην τοίς ποσίν, ώς έλαφος. Cette particularité est indiquée dans la Bible par ces mots: Nephthali, cervus emissus. (Genèse 49:21)
1307 Une de ces figures bibliques et orientales, qu'il ne faut pas prendre à la lettre.
1308 Autre exagération orientale. Voyez: la même Deutéronome 32:30.
1309 Le chiffre n'était réellement que de 273.
1310 Les guerres des fils de Jacob sont racontées en partie dans les Testaments des XII Patriarches. Voyez: Testament de Juda.


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