Martin Luther King
J'ai fait un rêve
« J'ai fait un rêve »
(I have a Dream) discours prononcé par Martin Luther King au Lincoln Memorial de Washington D.C., le 28 août 1963.
Un parcours historique
De nombreux Américains ont fait le rapprochement entre les deux images (1963 et 2009) qui permet de retracer un parcours historique, un peu comme la peinture murale d'un artiste de Los Angeles, « Superhero ».
Martin Luther King
Martin Luther King un militant non violent pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis, pour la paix et contre la pauvreté et en son honneur depuis 1986, le Martin Luther King Day est un jour férié aux États-Unis.
L'assassinat de Martin Luther King
Les grandes affaires criminelles 14
— L'assassinat de Martin Luther King
— Vhsrip par Bibimouf et Kropotkine
— Complot illuminati
Dernier discours, 1968
Voici le dernier discours de Martin Luther King avant son assassinat.
Assassinat : Martin Luther King
Trente ans après, l'assassinat du pasteur noir, survenu quatre ans après son couronnement par le prix Nobel de la paix en 1964, continue d'intriguer.
La mort de Martin Luther king
Le révérend Martin Luther King Jr, pasteur baptiste afro-américain, né à Atlanta (États-Unis) le 15 janvier, 1929, et mort assassiné le 4 avril, 1968, à Memphis.
Biographie de Martin Luther King
15 janvier, 1929
Jeudi noir à Wall Street
Martin Luther King est né à Atlanta, en Géorgie.
Son père se nomme Martin Luther King Senior, sa mère, née Alberta Williams est institutrice.
Son grand-père maternel, Adam Daniel Williams, est pasteur à l'église baptiste Ebenezer et fut pionnier de la résistance aux discriminations raciales en ayant lutté pour obtenir un collège pour les Noirs et fait fermer un journal raciste.
Sa famille étant relativement bourgeoise il grandit dans un environnement assez cultivé.
1931
1ère émission de télévision
Son père succède à son grand-père maternel en devenant le nouveau pasteur de la paroisse.
Son enfance est baignée par une morale évangélique.
Il ne connaît pas la misère que des millions de Noirs américains endurent chaque jour.
Comme son père avait réussi à s'élever dans la société, on attend de lui qu'il fasse un parcours similaire.
1944
Paris libéré
À 15 ans, il entre au Morehouse College, réservé aux élèves noirs de sa ville visant une carrière d'avocat ou de médecin.
Son père et son grand-père souhaitent le voir devenir pasteur, suivant la tradition familiale, mais il n'est pas vraiment convaincu.
1947
Mort d'Al Capone
Les professeurs qui encadrent sa scolarité parviennent à lui prouver qu'une carrière religieuse serait intellectuellement enrichissante et il est ordonné dans la paroisse de son père où il devient assistant.
8 juin, 1948
Assassinat de Gandhi
Martin Luther King est diplômé du Morehouse College d'une licence en sociologie.
À l'âge de 19 ans, il devient pasteur baptiste.
Il entame alors une formation théologique au séminaire Crozer, à Chester, en Pennsylvanie.
8 mai, 1951
Il obtient sa licence de théologie au séminaire Crozer.
Deux ans plus tard, le 18 juin, 1953, il épouse Coretta Scott King.
1954
Appel de l'abbé Pierre
Martin Luther King devient le pasteur de l'église baptiste de Montgomery, dans l'Alabama.
5 juin, 1955
Mort de James Dean
Il obtient son doctorat de philosophie à l'Université de Boston.
1 décembre, 1955
Mort de James Dean
Rosa Parks, une couturière noire, refuse de céder sa place à un passager blanc dans un bus à Montgomery, en Alabama.
Elle est arrêtée par la police et on lui inflige une amende de 10 dollars.
Déjà militante, elle lutte pour les droits civiques et organise des ateliers sur la coopération interraciale.
Elle devient alors le symbole de l'injuste politique, puis plus tard, une figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale.
Le Congrès américain la surnomma « mère du mouvement des civiques ».
5 décembre, 1955
Mort de James Dean
Rosa Parks fait appel au jugement.
Des pasteurs et des leaders noirs créent une association pour le progrès de Montgomery.
C'est alors que le jeune Martin Luther King, alors âgé de 26 ans, avec l'aide de Ralph Abernathy, lance une campagne de protestation et de boycott contre la compagnie de bus et devient le président de l'association.
Janvier, 1956
Mariage de Grace Kelly et du Prince Rainier
Il commence alors le combat contre la ségrégation en s'inspirant des idées non-violentes de Gandhi et de Thoreau afin d'améliorer les droits civiques.
Malgré cette non-violence, la municipalité arrête de nombreuses personnes dont Martin Luther King et Rosa Parks.
La presse s'intéresse à l'affaire et Martin Luther King devient le porte-parole de l'Amérique noire en imposant son éloquence et sa culture.
Son domicile est alors la cible d'un attentat à la bombe.
4 juin, 1956
Mariage de Grace Kelly et du Prince Rainier
La Cour fédérale condamne les règles ségrégationnistes en vigueur dans les autobus, mais le maire de Montgomery fait alors appel.
13 novembre, 1956
Mariage de Grace Kelly et du Prince Rainier
Après un an de lutte contre la compagnie, la Cour Suprême casse les lois ségrégationnistes dans les bus et les déclare anticonstitutionnelles.
Martin Luther King voit alors confirmée sa certitude de l'efficacité de l'« action directe non-violente ».
C'est une première victoire pour une lutte qui va rapidement grandir et s'étendre à travers tous les États-Unis.
Janvier, 1957
Lancement du Spoutnik
Les leaders noirs de dix États du Sud se rencontrent pour former l'organisation Southern Christian Leadership Conference.
Martin Luther King en devient le président.
L'organisation décide de se concentrer sur la discrimination pratiquée dans les transports ailleurs qu'à Montgomery malgré la nouvelle loi et l'accession des Noirs au droit de vote.
1959
Une fusée soviétique atteint la lune
Il fait un voyage en Inde et rencontre Nehru, figure de proue de la lutte pour l'indépendance de l'Inde et du parti du Congrès devenu premier ministre de l'Inde le 15 août, 1947.
1960
JFK Président
Il participe à l'action des jeunes Afro-Américains du mouvement étudiant, contre la ségrégation.
Il est alors arrêté lors d'un sit-in et à cause de ses antécédents il est condamné à quatre mois de travaux forcés dans un pénitencier.
Robert Kennedy parvient à faire annuler la sanction.
John Fitzgerald Kennedy, alors candidat à la présidence, lui apporte son soutien.
Mais il n'a réussi convaincre les étudiants d'adopter la non-violence.
Le mouvement pour les droits civiques prend une très forte ampleur.
1961
Le premier homme dans l'espace
J.F.K. devient président et se déclare en faveur d'une législation anti-discriminatoire, soutenant d'autant plus Martin Luther King.
Il est parvenu à faire de la traditionnelle revendication des Noirs pour l'égalité, une idée ordinaire dans la conscience de l'Américain moyen.
Il cherche à convaincre ses adversaires et non à les humilier.
Il lutte contre le mal sans s'attaquer aux individus.
1963
Discours de Martin Luther King
La ville de Birmingham est la ville la plus parfaitement ségrégée des États-Unis.
Le Ku Klux Klan règne en maître et le chef de la police est un de leurs sympathisants.
Cette ville devient le premier symbole d'intolérance raciste des États-Unis.
Janvier, 1963
Discours de Martin Luther King
La SCLC élabore le projet C, qui doit provoquer les oppresseurs à commettre des actes de violence devant la presse et les caméras.
Grâce à cela, le gouvernement devrait légiférer et ainsi bannir la ségrégation.
La provocation devient alors un aspect crucial de la stratégie non-violente de Martin Luther King.
12 avril, 1963
Discours de Martin Luther King
Les autorités cèdent à la provocation de la SCLC.
Martin Luther King est incarcéré.
Il écrit alors une lettre depuis la prison de Birmingham.
Cette lettre reste comme un des grands manifestes du Mouvement des droits civiques, en défendant la philosophie de l'action non-violente.
Robert Kennedy et J.F.K. viennent à son secours une nouvelle fois et le font sortir de prison.
20 mai, 1963
Discours de Martin Luther King
La Cour Suprême déclare la réglementation ségrégationniste de Birmingham anticonstitutionnelle.
Le mois suivant, J.F.K. prononce un discours télévisé dans lequel il annonce une nouvelle législation sur les droits civiques, destinée à bannir la ségrégation dans tous les lieux publics.
Ce projet est présenté au Congrès une semaine plus tard.
La lutte contre la ségrégation à Birmingham, soutenue par le président est pour Martin Luther King une révolution changeant la face de l'Amérique.
28 août, 1963
Discours de Martin Luther King
Une marche sur Washington est organisée.
À la fin de la manifestation, Martin Luther King prononce son fameux discours : « I have a dream », devant 250 000 personnes réunies au pied du Lincoln Memorial.
Ce discours est retransmis en direct par trois chaînes nationales.
Il y décrit sa vision d'une Amérique fraternelle où Blancs et Noirs seraient unis et libres.
C'est alors que l'administration Kennedy décide de s'éloigner du pasteur.
22 novembre, 1963
Discours de Martin Luther King
Le président Kennedy est assassiné dans sa limousine à Dallas au Texas alors qu'il était en visite en vue de sa réélection.
Le mouvement pour les droits civiques qui était la cible de la droite américaine et des mouvements afro-américains comme le Snick se renforce.
2 juillet, 1964
Il se rend Washington pour voir le Président Johnson signer la loi sur les droits civiques, qui bannit la ségrégation dans tous les lieux publics, favorise la création d'écoles et l'égalité des chances face à l'emploi.
Mais des émeutes éclatent car la pauvreté est toujours présente et les Noirs n'ont toujours pas accès au droit de vote et au pouvoir politique.
Pour Martin Luther King, cette violence ne cessera qu'à la naissance d'une justice économique.
14 octobre, 1964
Il est élu prix Nobel de la Paix.
Il publie son livre « Why We Can't Wait ».
Décembre, 1964
Martin Luther King reçoit son prix à Oslo.
À 35 ans, il est le plus jeune lauréat jamais désigné et le second Noir Américain.
Pour lui ce prix est la reconnaissance du Mouvement des droits civiques par la communauté internationale.
Il est considéré comme un des leaders les plus importants de la non-violence du XXe siècle.
1965
Assassinat de Malcom X
Il prend à la marche sur Selma, en Alabama.
Cette marche est organisée pour le respect du droit de vote.
Février, 1965
Assassinat de Malcom X
Il est arrêté et envoyé en prison alors que la violence se fait plus forte.
Des nombreux antiségrégationnistes sont assassinés dont Malcolm X.
Martin Luter King tente de diriger les opérations depuis sa cellule.
6 août, 1965
Assassinat de Malcom X
De nouvelles émeutes font rage notamment dans le ghetto de Watts à Los Angeles au mois d'Août.
Martin Luther King assiste à la signature du "Voting Rights Act" par le président Johnson.
Cette loi arrête la ségrégation des lieux publics et intègre le droit de vote des Noirs.
1966
Dernier concert des Beatles
King soutient la lutte pour le relogement des habitants des bidonvilles de Chicago.
Les partisans du « Black Power » puis les « Black Panthers » reprochent la trop grande modération de Martin Luther King qui reste toujours fidèle à ses convictions non-violentes.
1967
Mort du CHE
Martin Luther King se déclare contre la guerre du Viêt-Nam.
Il décrète que la guerre engendre de trop grandes dépenses qui réduisent les subventions des programmes contre la pauvreté.
De nouvelles émeutes ont lieu dans la ville de Détroit au mois de Juillet.
Mais sa prise de position contre les actions du gouvernement divise la SCLC, car certains membres l'approuvent alors que d'autres dénigrent ses pensées.
Il publie son livre « Where Do We Go From Here : Chaos or Comunity ».
4 avril, 1968
Assassinat de Martin Luther King
Martin Luther King se rend à Memphis dans le Tennessee pour organiser une marche appuyant un syndicat d'ouvriers noirs grévistes.
Installé au Lorraine Motel de la ville, il prépare son discours à son balcon lorsqu'il est assassiné.
Le tueur, James Earl Ray était posté dans la salle de bain d'un hôtel en face.
On le sait ségrégationniste et il est condamné à 99 ans de prison.
Dès la mort de Martin Luther King des émeutes éclatent dans plus de 60 villes.
8 avril, 1968
Assassinat de Martin Luther King
Le Président Johnson déclare un jour de deuil national pour le chef de Droits civiques.
300 000 personnes assistent à son enterrement.
Ralph Abernathy, son bras droit, prend la tête de la SCLC.
En 1986, le Congrès américain institue un jour férié en l'honneur de Martin Luther King.
La lutte qu'il a menée a fait évoluer l'Amérique, qui était baignée dans des tensions raciales extrêmes.
Son idéologie de la non-violence a permis d'importantes améliorations des droits civiques du peuple noir.
Source : Biobble
«
J'ai fait un rêve »,
discours prononcé par Martin Luther King
au Lincoln Memorial de Washington D.C., le 28 août 1963.
Je suis heureux de participer avec vous aujourd'hui à ce rassemblement qui restera dans l'histoire comme la plus grande manifestation que notre pays ait connu en faveur de la liberté.
Il y a un siècle de cela, un grand américain qui nous couvre aujourd'hui de son ombre symbolique signait notre acte d'émancipation. Cette proclamation historique faisait, comme un grand phare, briller la lumière de l'espérance aux yeux de millions d'esclaves noirs marqués au feu d'une brûlante injustice. Ce fut comme l'aube joyeuse qui mettrait fin à la longue nuit de leur captivité.
Mais cent ans ont passé et le Noir n'est pas encore libre. Cent ans ont passé et l'existence du Noir est toujours tristement entravée par les liens de la ségrégation, les chaînes de la discrimination; cent ans ont passé et le Noir vit encore sur l'île solitaire de la pauvreté, dans un vaste océan de prospérité matérielle; cent ans ont passé et le Noir languit toujours dans les marches de la société américaine et se trouve en exil dans son propre pays.
C'est pourquoi nous sommes accourus aujourd'hui en ce lieu pour rendre manifeste cette honteuse situation. En ce sens, nous sommes montés à la capitale de notre pays pour toucher un chèque. En traçant les mots magnifiques qui forment notre constitution et notre déclaration d'indépendance, les architectes de notre république signaient une promesse dont héritaient chaque Américain. Aux termes de cet engagement, tous les hommes, les Noirs, oui, aussi bien que les Blancs, se verraient garantir leurs droits inaliénables à la vie, à la liberté et à la recherche du bonheur.
Il est aujourd'hui évident que l'Amérique a failli à sa promesse en ce qui concerne ses citoyens de couleur. Au lieu d'honorer son obligation sacrée, l'Amérique a délivré au peuple noir un chèque sans valeur; un chèque qui est revenu avec la mention "Provisions insuffisantes". Nous ne pouvons croire qu'il n'y ait pas de quoi honorer ce chèque dans les vastes coffres de la chance en notre pays. Aussi sommes nous venus encaisser ce chèque, un chèque qui nous fournira sur simple présentation les richesses de la liberté et la sécurité de la justice.
Nous sommes également venus en ce lieu sanctifié pour rappeler à l'Amérique les exigeantes urgences de l'heure présente. Il n'est plus temps de se laisser aller au luxe d'attendre ni de pendre les tranquillisants des demi-mesures. Le moment est maintenant venu de réaliser les promesses de la démocratie; le moment est venu d'émerger des vallées obscures et désolées de la ségrégation pour fouler le sentier ensoleillé de la justice raciale; le moment est venu de tirer notre nation des sables mouvants de l'injustice raciale pour la hisser sur le roc solide de la fraternité; le moment est venu de réaliser la justice pour tous les enfants du Bon Dieu. Il serait fatal à notre nation d'ignorer qu'il y a péril en la demeure. Cet étouffant été du légitime mécontentement des Noirs ne se terminera pas sans qu'advienne un automne vivifiant de liberté et d'égalité.
1963 n'est pas une fin mais un commencement. Ceux qui espèrent que le Noir avait seulement besoin de laisser fuser la vapeur et se montrera désormais satisfait se préparent à un rude réveil si le pays retourne à ses affaires comme devant.
Il n'y aura plus ni repos ni tranquillité en Amérique tant que le Noir n'aura pas obtenu ses droits de citoyen.
Les tourbillons de la révolte continueront d'ébranler les fondations de notre nation jusqu'au jour où naîtra l'aube brillante de la justice.
Mais il est une chose que je dois dire à mon peuple, debout sur le seuil accueillant qui mène au palais de la justice : en nous assurant notre juste place, ne nous rendons pas coupables d'agissements répréhensibles.
Ne cherchons pas à étancher notre soif de liberté en buvant à la coupe de l'amertume et de la haine. Livrons toujours notre bataille sur les hauts plateaux de la dignité et de la discipline. Il ne faut pas que notre revendication créatrice dégénère en violence physique. Encore et encore, il faut nous dresser sur les hauteurs majestueuses où nous opposerons les forces de l'âme à la force matérielle.
Le merveilleux militantisme qui s'est nouvellement emparé de la communauté noire ne doit pas nous conduire à nous méfier de tous les Blancs. Comme l'atteste leur présence aujourd'hui en ce lieu, nombre de nos frères de race blanche ont compris que leur destinée est liée à notre destinée. Ils ont compris que leur liberté est inextricablement liée à notre liberté. L'assaut que nous avons monté ensemble pour emporter les remparts de l'injustice doit être mené par une armée biraciale. Nous ne pouvons marcher tout seuls au combat. Et au cours de notre progression, il faut nous engager à continuer d'aller de l'avant ensemble. Nous ne pouvons pas revenir en arrière. Il en est qui demandent aux tenants des droits civiques : "Quand serez vous enfin satisfaits ?" Nous ne pourrons jamais être satisfaits tant que le Noir sera victime des indicibles horreurs de la brutalité policière.
Nous ne pourrons jamais être satisfaits tant que nos corps recrus de la fatigue du voyage ne trouveront pas un abris dans les motels des grand routes ou les hôtels des villes. Nous ne pourrons jamais être satisfaits tant que la liberté de mouvement du Noir ne lui permettra guère que d'aller d'un petit ghetto à un ghetto plus grand.
Nous ne pourrons jamais être satisfaits tant que nos enfants seront dépouillés de leur identité et privés de leur dignité par des pancartes qui indiquent : "Seuls les Blancs sont admis." Nous ne pourrons être satisfaits tant qu'un Noir du Mississippi ne pourra pas voter et qu'un Noir de New York croira qu'il n'a aucune raison de voter. Non, nous ne sommes pas satisfaits, et nous ne serons pas satisfaits tant que le droit ne jaillira pas comme les eaux et la justice comme un torrent intarissable.
Je n'ignore pas que certains d'entre vous ont été conduits ici par un excès d'épreuves et de tribulations. D'aucuns sortent à peine de l'étroite cellule d'une prison. D'autres viennent de régions où leur quête de liberté leur a valu d'être battus par les tempêtes de la persécution, secoués par les vents de la brutalité policière. Vous êtes les pionniers de la souffrance créatrice. Poursuivez votre tache, convaincus que cette souffrance imméritée vous sera rédemption.
Retournez au Mississippi; retournez en Alabama; retournez en Caroline du Sud; retournez en Géorgie; retournez en Louisiane, retournez à vos taudis et à vos ghettos dans les villes du Nord, en sachant que, d'une façon ou d'une autre cette situation peut changer et changera. Ne nous vautrons pas dans les vallées du désespoir.
Je vous le dis ici et maintenant, mes amis : même si nous devons affronter des difficultés aujourd'hui et demain, je fais pourtant un rêve. C'est un rêve profondément ancré dans le rêve américain. Je rêve que, un jour, notre pays se lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son credo : "Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes que tous les hommes sont créés égaux."
Je rêve que, un jour, sur les rouges collines de Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d'esclaves pourront s'asseoir ensemble à la table de la fraternité.
Je rêve que, un jour, l'État du Mississippi lui-même, tout brûlant des feux de l'injustice, tout brûlant des feux de l'oppression, se transformera en oasis de liberté et de justice.
Je rêve que mes quatre petits enfants vivront un jour dans un pays où on ne les jugera pas à la couleur de leur peau mais à la nature de leur caractère. Je fais aujourd'hui un rêve !
Je rêve que, un jour, même en Alabama où le racisme est vicieux, où le gouverneur a la bouche pleine des mots "interposition" et "nullification", un jour, justement en Alabama, les petits garçons et petites filles noirs, les petits garçons et petites filles blancs, pourront tous se prendre par la main comme frères et sœurs. Je fais aujourd'hui un rêve !
Je rêve que, un jour, tout vallon sera relevé, toute montagne et toute colline seront rabaissés, tout éperon deviendra une pleine, tout mamelon une trouée, et la gloire du Seigneur sera révélée à tous les êtres faits de chair tout à la fois.
Telle est mon espérance. Telle est la foi que je remporterai dans le Sud.
Avec une telle foi nous serons capables de distinguer, dans les montagnes de désespoir, un caillou d'espérance. Avec une telle foi nous serons capables de transformer la cacophonie de notre nation discordante en une merveilleuse symphonie de fraternité.
Avec une telle foi, nous serons capables de travailler ensemble, de prier ensemble, de lutter ensemble, d'aller en prison ensemble, de nous dresser ensemble pour la liberté, en sachant que nous serons libres un jour. Ce sera le jour où les enfants du Bon Dieu pourront chanter ensemble cet hymne auquel ils donneront une signification nouvelle -"Mon pays c'est toi, douce terre de liberté, c'est toi que je chante, pays où reposent nos pères, orgueil du pèlerin, au flanc de chaque montagne que sonne la cloche de la liberté"- et si l'Amérique doit être une grande nation, il faut qu'il en soit ainsi.
Aussi faites sonner la cloche de la liberté sur les prodigieux sommets du New Hampshire.
Faites la sonner sur les puissantes montagnes de l'État de New York.
Faites la sonner sur les hauteurs des Alleghanys en Pennsylvanie.
Faites la sonner sur les neiges des Rocheuses, au Colorado.
Faites la sonner sur les collines ondulantes de la Californie.
Mais cela ne suffit pas.
Faites la sonner sur la Stone Mountain de Géorgie.
Faites la sonner sur la Lookout Mountain du Tennessee.
Faites la sonner sur chaque colline et chaque butte du Mississippi, faites la sonner au flanc de chaque montagne.
Quand nous ferons en sorte que la cloche de la liberté puisse sonner, quand nous la laisserons carillonner dans chaque village et chaque hameau, dans chaque État et dans chaque cité, nous pourrons hâter la venue du jour où tous les enfants du Bon Dieu, les Noirs et les Blancs, les juifs et les gentils, les catholiques et les protestants, pourront se tenir par la main et chanter les paroles du vieux "spiritual" noir : "Libres enfin. Libres enfin. Merci Dieu tout-puissant, nous voilà libres enfin."
Source : LDH Toulon