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Remarques sur la version de la Bible de M. Louis Segond-02


décembre 8, 2010 par GoDieu


Avant-propos

Quelle différence entre les chrétiens du premier réveil de ce siècle et notre génération! Alors on discutait, au point de vue de la fidélité doctrinale, la supériorité de la version de Martin sur celle d'Ostervald. On s'efforçait, je le dis sans aucune nuance de blâme, avec un soin jaloux, de couler le moucheron. Aujourd'hui, nous avalons des chameaux. Nous acclamons avec enthousiasme la version de M. Segond, bien qu'elle élimine plusieurs des principales prophéties messianiques. Nos journaux religieux évangéliques en ont fait l'éloge les uns après les autres, depuis la Revue chrétienne et l'Église libre jusqu'à l'Ami d'Israël. Cette dernière feuille, cependant, aurait dû avoir des motifs tout particuliers pour désirer retrouver intégralement les prophéties messianiques dans la nouvelle version.

La limpidité du style a-t-elle donc tellement ébloui les lecteurs de la Bible de M. Segond, qu'ils n'y ont pas aperçu les graves lacunes dogmatiques? Ou bien trouve-t-on que ces erreurs ne valent pas la peine d'être relevées? Ou même ne les regarde-t-on plus comme des erreurs? Dans le premier cas, on s'est rendu coupable d'une bien grande précipitation dans une question de premier ordre: la large diffusion d'une traduction nouvelle de la Parole inspirée de Dieu, source unique et exclusive de toute connaissance chrétienne. Dans les deux autres, on aurait prouvé que, malgré notre activité religieuse, malgré nos efforts pour maintenir la vérité évangélique et malgré nos prières multipliées pour une action plus puissante du Saint Esprit, nous sommes atteints d'une maladie mortelle: l'indifférence doctrinale et l'incapacité de discerner les esprits.

J'espérais toujours que quelque voix influente pousserait un cri d'alarme. Au contraire, au mois de janvier dernier, une petite feuille publiée par un dévoué serviteur de Jésus-Christ pour les membres de l'Union pour la lecture de la Bible et la prière, vint à son tour recommander la version de M. Segond et l'offrir à bas prix à ses trois mille cinq cents lecteurs. Dès lors je ne pouvais plus me résigner au silence. Si les forts se taisent, c'est aux plus faibles d'élever la voix et d'avertir les Églises.

Telle est l'origine de cette critique, qui aurait paru trois mois plus tôt sans un incident indépendant de ma volonté, et une absence de six semaines. Sous un certain rapport, je n'ai, pas regretté ce retard. Grâce à lui, j'eus connaissance des Notes critiques dont il est question ci-dessous (voir: Extrait d'une publication), et j'appris aussi par, l'Église libre du 1er juillet que K., que je ne connais pas, et B., qui est un fidèle pasteur de l'Église réformée officielle, ont adressé à cette feuille des lettres critiquant là version en vogue, lettres auxquelles la rédaction a, parait-il, refusé l'insertion. J'appris, par la même voie, que M. le pasteur Henri Blanc, de Vauvert, avait présenté au synode régional de Codognan un rapport critique sur la version de M. Segond, rapport que cette assemblée par un vote formel a recommandé au Synode général qui doit se réunir à Marseille en Octobre prochain. L'auteur de ces pages n'est donc plus seul à avertir ses frères; c'est pour lui un grand encouragement. Il n'a pas jugé inutile de les publier, car plus il y a de protestations, mieux cela vaut pour la sainte cause que nous défendons l'intégrité des oracles de Dieu.

Sous ce rapport, il est très regrettable que l'Église libre n'ait pas ouvert largement ses colonnes à un débat contradictoire sur les mérites ou les défauts de la version qu'elle patronne; et que K. et B. n'aient pas, eux aussi, publié leurs critiques, l'Église libre refusant de les insérer. Ni crainte, ni fausse modestie, ni sacrifices ne doivent nous retenir dans une circonstance aussi solennelle. Pourquoi ne pas traiter au grand jour des questions de cette importance?

Mais comment un homme comme M. Segond, qui n'a voulu mettre sa science qu'au seul service de la vérité, aurait-il pu tromper à ce point?

Note 1 — Un fait à remarquer est que l'érudition académique n'est pas un garantie de fidélité et de vérité. En fait l'intellectualisme est le nouvel idole d'un christianisme contrefait qui cherche sa propre renommée et non celle de Christ. À sa base se trouve la doctrine du libre-choix de l'arminianisme qui déforme la foi réelle en lui donnant une autre signification que celle qui lui est attribuée par les Saintes-Écritures. On ne peut s'éloigner de la souveraineté de Dieu et de sa divine providence et ne pas se tromper. L'exercice du libre-choix dans la sélection des manuscrits et des lectures qu'ils contiennent ne peut faire autrement que d'arriver à des fausses conclusions dans la traduction des Saintes-Écritures. L'homme n'est pas le maître de la vérité ni de son destin, CHRIST SEUL EST LA VÉRITÉ ET LA VIE.

On a fait à l'auteur de ces lignes cette objection avec une certaine insistance. Si délicate qu'elle soit, il faut y répondre; car il y a toujours des hommes qui jugent d'une œuvre, plutôt par le nom de son auteur que par son mérite propre.

Or, voici un autre traducteur de la Bible, M. Reuss. Je parlerai de lui avec la mesure que commande le respect pour un ancien professeur à qui j'ai de grandes obligations. La valeur scientifique de cet éminent théologien ne peut être mise en doute, sa sincérité non plus; il en a donné des preuves évidentes dans son Commentaire sur le Nouveau Testament. Eh bien! Malgré les qualités personnelles du traducteur, son œuvre s'écarte bien plus à gauche que la version de M. Segond.

Autre exemple: Voici une Société de traducteurs, composée de pasteurs fidèles et de savants docteurs en théologie, appartenant à la France et à la Suisse. Après de longues années d'un travail collectif, ils publient, après l'avoir consciencieusement révisée, leur œuvre à Lausanne (de là le nom de Version de Lausanne, voir: La version dite de Lausanne). Qui oserait dire qu'ils n'ont pas mis leur science et leur zèle au seul service de la vérité? Or, ils sont arrivés à un tout autre résultat que M. Segond. On retrouve dans la version de Lausanne les passages messianiques que M. Segond a éliminés.

Note 2 — Une vérification soigneuse des membres de cette Société de traducteurs, donnerait l'évidence qu'ils honoraient tous la souveraineté de Dieu et la divinité de Christ dans leurs principes de traduction. Certes ils portaient tous les bagages de leurs formatages religieux qui influença leurs traductions dans certains domaines de la foi, mais leur amour pour la vérité fit qu'ils arrivèrent à de différents résultats que M. Segond.

Nous avons ainsi, d'un côté, à droite, la version de Lausanne; du côté opposé, à gauche, la Bible de M. Reuss; entre les deux, mais penchant sensiblement vers la gauche, la traduction M. Segond. Les auteurs de ces trois versions ont été des théologiens d'une science incontestable, au courant de la philologie sacrée, de l'exégèse et de la dogmatique, et ils avaient tous le sincère désir de ne travailler que pour la vérité. (voir: Note 1)

D'où viennent alors des résultats si différents?

Qu'on me permette une comparaison; aussi bien est-ce surtout aux simples chrétiens que ces pages s'adressent: L'un des côtés du temple anglo-français de Pau longe un étroit passage, borné par une maison dont la hauteur dépasse celle du lieu de culte. L'autre donne sur un vaste espace libre et jouit pleinement du soleil. Les vitraux peints du premier côté sont ternes, les couleurs en sont sans éclat et mortes; les vitraux de l'autre sont brillants et animé. Les uns et les autres sont l'œuvre du même artiste, mais ils sont inégalement exposés: ceux de gauche manquent de lumière, ceux de droite sont pénétrés du soleil en vue duquel ils ont été faits. Si vous les regardez du dehors, en tournants le dos au soleil, vous ne verrez que des verres opaques entourés de plomb; à peine distinguerez-vous quelques grossières nuances. Pour juger l'œuvre de l'artiste et en saisir toute la beauté et l'harmonie, il faut l'exposer à la lumière et prendre soi-même la vraie position vis-à-vis du soleil.

Il en est de même pour la traduction des saintes Écritures: la science et le désir sincère de travailler pour la vérité ne suffisent pas. Il faut avant tout comprendre la Bible, et, pour cela, se trouver dans la véritable position vis-à-vis d'elle et vis-à-vis de Jésus-Christ, le Soleil spirituel qui illumine et en vue duquel elle a été inspirée de Dieu. Aucune prophétie de l'Écriture n'est d'une solution particulière (2 Pierre 1:21); de même que c'est le Saint-Esprit qui l'a inspirée, de même c'est lui seul qui peut l'expliquer. Or, comment découvrir la pensée du Saint-Esprit, si ce n'est en comparant entre elles, avec la soumission d'un humble disciple, les différentes parties de ses oracles. Pour cela, il faut en admettre l'autorité divine dans toutes ses parties. C'est, l'acceptation totale ou partielle, ou le rejet de ce principe fondamental, chez les auteurs des trois versions en question, qui est la cause des divergences qui les caractérisent.

C'est ainsi que le caractère particulier de la Bible de M. Reuss est la conséquence directe du degré d'autorité qu'il reconnaît à Jésus-Christ et aux apôtres. La théologie apostolique n'est pas pour lui le type, la norme de toute théologie; elle n'est qu'un point de départ, la première élaboration de toute une série de systèmes, qui tous ne sont que des essais. Si l'Esprit de Dieu a agi sur les apôtres, il agit aussi sur nous. Avec ce point de vue on n'est plus un disciple des Écritures, on en est le juge: l'interprétation et la traduction s'en ressentiront nécessairement.

Les auteurs de la version de Lausanne, au contraire, déclarent croire à la pleine inspiration de la Bible (voir: La version dite de Lausanne, 4e paragraphe) et admettent par conséquent la pleine autorité de Jésus-Christ et des apôtres. Dès lors ils n'éprouveront pas le moindre embarras de traduire, selon le sens ordinaire des mots hébreux, des passages qui, pris à la lettre, ne peuvent pas s'appliquer aux personnages contemporains; ils y reconnaissent, avec toute l'Église chrétienne et avec le Nouveau Testament, des prophéties concernant le Messie.

M. Segond occupe une position dogmatique intermédiaire, comme malheureusement la plupart des théologiens de notre époque. Il déclare (Église libre, Numéro du 1er juillet 1881) qu'il est «convaincu plus que personne du surnaturel dans les Écritures». S'exprimer ainsi, c'est bien dire qu'on croit qu'il y a dans la Bible des miracles à des prophéties; mais c'est indiquer aussi, par le caractère vague même de cette expression, qu'on ne croit pas au caractère surnaturel de la Bible elle-même, à sa pleine inspiration. Tout le reste découle de cette base dogmatique insuffisante. M. Segond admettra certaines prophéties messianiques, il en rejettera d'autres. Il parle en termes sentis d'Ésaïe 53, où il reconnaît le Messie souffrant (voir son ouvrage: Le Prophète Ésaïe, p. 5); mais il n'admet pas la prédiction de la naissance miraculeuse de Jésus-Christ, sans parler d'autres prophéties messianiques directes. Le motif déterminant de ce triage ressort de la comparaison des prophéties messianiques qu'il admet avec celles qu'il repousse. La première catégorie renferme celles que M. Reuss et toute l'école rationaliste sont obligés de traduire de manière à ce que quiconque ne nie pas à priori l'existence de prophéties dans la Bible est forcé de les reconnaître comme telles, parce que les mots du texte original rendent absolument impossible toute tentative contraire. M. Segond repousse avec toute l'école rationaliste (sauf De Wette pour Ésaïe 7:14; il peut y avoir, du reste, encore d'autres exceptions) toutes celles dont le texte renferme soit quelque obscurité, soit une expression hébraïque qui peut se traduire de plusieurs manières. Mais pour éliminer le caractère messianique des passages de cette seconde catégorie, le traducteur est obligé de violer soit le sens habituel des mots, soit le sens clair du contexte, soit les deux à la fois. Pour ne parler, par exemple, que d'Ésaïe 7:14, ce ne sont certes pas des raisons lexicologiques qui ont pu déterminer M. Segond à rejeter cette prophétie de première importance, il est au contraire obligé, pour l'éliminer, de donner à un mot du texte un sens qu'il n'a jamais (voir ci-dessous: Prophéties messianiques ainsi que Note sur Ésaïe 7:14-16). Ce mot signifie jeune fille; mais M. Segond, malgré l'autorité de Matthieu 1:22-23, pense qu'il s'agit dans notre passage, non du Messie, mais d'un propre fils du prophète (ouvrage cité p. 41, Sommaire); il ne pourra dès lors évidemment plus employer le terme de jeune fille, il dira: jeune femme. Est-ce peut être le contexte qui engage M. Segond à rejeter l'interprétation messianique? Le verset 15, traduit comme il l'est habituellement, présente une difficulté; mais par une traduction plus conforme au contexte on arrive à la résoudre (voir: p. 163). Le texte et le contexte s'opposent formellement à l'interprétation de M. Segond. La jeunesse de la prophétesse est une pure hypothèse écartée par l'âge du fils d'Ésaïe, Schear-Jaschoub, qu'on peut calculer approximativement. Il faudra, dès lors, admettre que la mère d'Emmanuel était une seconde femme que le prophète venait d'épouser. Or, à la même époque, le prophète a un autre enfant, Maher-schalal-hasch-baz. Ésaïe aura, donc eu deux femme: la jeune femme, mère d'Emmanuel, et la prophétesse, comme Ésaïe appelle lui-même sa femme (Ésaïe 8:3), mère de Maher-schalal; ce qui est peu vraisemblable, vu la manière même dont le prophète parle de sa femme dans le passage cité. Ou bien aussi Maher-Schalal et Emmanuel désignent le même enfant, ce qui est peu probable, vu la manière dont un oracle de Dieu a désigné le nom des deux, Ésaïe 7:14 et 8:3. Mais ce n'est pas tout: Dans l'hypothèse de M. Segond, les paroles d'une grandeur si majestueuse d'Ésaïe 8:8 «Il (le roi d'Assur) passera sur Juda, il inondera et passera outre; il atteindra jusqu'au cou, et le déploiement de ses ailes remplira la largeur DE TA TERRE, ô Emmanuel», ne seraient plus que des paroles adressées au petit enfant du prophète; cela revient à faire dire au prophète: «Le déploiement de ses ailes remplira la largeur, de ton pays, ô mon petit garçon»! Nous ne faisons pas d'hypothèse; c'est bien ainsi que M. Segond entend ce passage: Emmanuel, le fils du prophète, mentionné dans le précédent oracle, est pris à témoin des malheurs de la patrie» (ouvrage cité p. 47, note 5). Ah! Il valait bien la peine

  1. de donner à un mot du texte hébreu un sens qu'il n'a nulle part;

  2. de rejeter l'autorité de Matthieu 1:22-23;

  3. de construire des hypothèses invraisemblables au sujet de la femme du prophète et de ses enfants, pour se heurter, finalement, contre le rocher du passage Ésaïe 8:8 et s'y briser!

Car la dernière explication de M. Segond est un vrai naufrage, qui engloutit, momentanément, même le sens du beau, que M. Segond possède cependant, comme le prouvent certaines parties de sa version.

C'est donc à la base dogmatique vacillante de M. Segond qu'il faut attribuer les erreurs de sa version. S'il croyait à la pleine inspiration des Écritures, ou au moins à l'autorité du Nouveau-Testament, le passage Matthieu 1:22-23 aurait été pour lui un phare-brillant, qui l'aurait guide à travers toutes les difficultés du passage Ésaïe 7 vers la solution messianique, et l'aurait en même temps préservé la nécessité de détourner un mot du texte de son véritable sens. La foi en la pleine inspiration des Écritures lui aurait partout fait découvrir des nuances qu'il néglige soit dans l'Ancien, soit dans le Nouveau Testament.

Note 3 — La foi en la pleine inspiration des Écritures est essentielle pour un traducteur, sans elle son texte est une lettre morte sans aucune valeur. Qu'une telle foi soit absente de quelqu'un qui se dit chrétien est l'évidence qu'il ne l'est pas, car aucun qui a réellement l'Esprit de Christ en lui ne s'oppose à l'inspiration des Écritures. Malheureusement tous les partisans de la Critique Textuelle comme MM. Segond, Oltramare, Reus, etc. suivaient dans les voies tordues des conjectures sophistiquées des apostats Westcott et Hort dont le but était de détrôner et de détruire le Texte Reçu. Pour faire ainsi ils reformulèrent la doctrine de l'Inspiration des Écritures, l'appliquant uniquement à des autographes qui n'existent plus, et compilèrent un nouveau texte Grec du Nouveau Testament sous prétexte d'avoir restauré la Parole de Dieu dans son état de pureté originale d'après la base de deux anciens manuscrits corrompus du 4e siècle qu'ils vénérèrent comme des idoles: le Codex Vaticanus et le Codex Sinaïticus. Même que le Codex Vaticanus est nommé par plusieurs comme étant le pape papier de la Critique Textuelle. Aucune de ces personnes ne croyait en la pleine inspiration des Écritures et aucune n'avait l'Esprit de Christ. Il fallait un nouveau texte grec du Nouveau Testament pour engendrer la grande apostasie qui suivrait. Ce nouveau texte dénaturé de la Parole de Dieu est connu sous les noms de Texte Néologique, Texte Minoritaire, et Texte Critique. Depuis sa formulation il est présenté sous la désignation de Texte Original et servit de base à la traduction de toutes les versions modernes de la Bible. Et on se demande pourquoi le christianisme moderne est dans un si piètre état.

Encore s'il ne s'agissait que de quelques inexactitudes de détail! Chaque version en renferme dans une certaine mesure. Mais ici, les fondements même de la foi chrétienne sont menacés. Aujourd'hui, avec la version de M. Segond, les chrétiens s'habitueront à ne plus voir la naissance surnaturelle du Messie prédite par Ésaïe, et ils croiront, par conséquent, que la citation de Matthieu 1:22-23 ne repose que sur une erreur de la version des Septante. Demain, avec M. Sabatier (Encyclopédie des Sciences rel. Art. Jésus-Christ, vol. VII, p. 341 et suivantes), on abandonnera complètement les premiers chapitres de Matthieu et de Luc; il y aura, de la sorte, un Christ né comme nous tous, qui a senti en lui les aiguillons de la chair et les rêves de l'orgueil (article cité p. 368)! Ah! Ce Christ n'est plus notre Seigneur et notre Dieu; il ne saurait non plus être notre Sauveur.

Note 4 — Les conséquences de versions dénaturées de la Bible comme celles de Segond, Darby, Tob, Crampon, Jérusalem, Traduction du Monde Nouveau, Bible en Français Courant, etc. sont évidentes: une fausse foi, un faux évangile, un faux salut, un faux Jésus, un faux esprit, une fausse église, une fausse bible, un faux christianisme, un faux dieu. Mais toutes ces choses ont été voulues de Dieu afin que s'accomplisse ces paroles de l'apôtre Paul: «Que personne ne vous séduise en aucune manière; car il faut que l'inversement de la foi (l'apostasie) se produise auparavant, et qu'on ait vu paraître le genre d'homme du péché, le fils de la perdition. Lui qui s'oppose en s'exaltant lui-même sur tout ce qu'on proclame de Dieu, ou qu'on adore, siégeant comme Dieu dans le temple de Dieu, montrant qu'il est lui-même Dieu. Ne vous souvient-il pas que je vous disais ces choses, lorsque j'étais encore avec vous? Et maintenant vous savez ce qui le retient, afin qu'il ne soit manifesté que dans son temps. Car ce mystère d'iniquité frauduleuse est déjà actif; attendant seulement que celui qui le retient dans les chaînes maintenant, le relâche du milieu de l'abîme. Et alors paraîtra la contrefaçon du peuple de Dieu, que le Seigneur détruira par le Souffle de sa bouche, et qu'il anéantira par l'éclat de son apparition. Duquel la venue de ce faux peuple de Dieu, aura lieu selon la conspiration de la concurrence, avec toute la puissance des prodiges et des faux miracles. Et avec toutes les séductions de l'iniquité parmi ceux qui se perdent, parce qu'ils n'ont point reçu le renoncement pour la vérité, afin être sauvés. C'est pourquoi Dieu leur enverra une puissante falsification, pour qu'ils croient au mensonge; Afin que tous ceux qui n'ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir dans la fraude spirituelle, soient condamnés.» (2 Thessaloniciens 2:3-12; Bible Épée 2010)

Repoussant toute version qui touche aux passages messianiques, retenons comme le fondement même de notre salut, le Christ de l'Ancien et du Nouveau-Testament, Celui qui, selon les belles paroles de M. Bonnet, «forme l'unité vivante des deux alliances, qui remplit l'une et l'autre de sa présence, de son Esprit, de sa vie», alors nous continuerons à répéter avec l'Église universelle:

«Je crois en Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, conçu du Saint-Esprit, né de la Vierge Marie

Dans mon travail, au lieu de mettre les passages de la version de M. Segond en parallèle avec le texte hébreu lui-même, ce qui en eût rendu la lecture impossible à ceux qui ignore cette langue, j'ai pris pour terme de comparaison la version qui se rapproche le plus du texte original, celle de Lausanne, en ne m'en écartant que dans les cas, très rares du reste, où, selon moi, le texte original peut être rendu plus exactement.

Dans les citations des Psaumes, on trouvera quelquefois, après les chiffres indiquant les versets, d'autres chiffres entre parenthèses; ces derniers indiquent une autre manière de numéroter, qu'ont adoptée certaines éditions françaises de la Bible, ainsi que la version de Lausanne, qui ne comptent pas comme verset certaines suscriptions que les éditions hébraïques numérotent à part. L'unité dans le numérotage des versets et des chapitres est d'une nécessité absolue pour les citations. Ce sont les éditions hébraïques de la Bible qui doivent faire loi, et il serait à désirer que toutes les Bibles françaises revinssent de leur numérotage particulier pour éviter toute confusion.

Puissent toutes les Églises de langue française qui retiennent la vérité évangélique se souvenir, en présence du danger qui les menace: l'invasion de traductions infidèles, des paroles que le Seigneur adresse à ses assemblées du haut du ciel: «Retiens ce que tu as, afin que nul ne prenne ta couronne!»

G. K.

Vabre (Tarn), 31 août 1881.



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