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Remarques sur la version de la Bible de M. Louis Segond-07


décembre 8, 2010 par GoDieu



Chapitre 4


Nouveau Testament

La version du Nouveau Testament de M. Segond est, sans contredit, supérieure à celle de M. Oltramare, que la Compagnie des Pasteurs de Genève avait d'abord jointe à celle de l'Ancien Testament de M. Segond. Mais la scrupuleuse exactitude qui convient à un livre inspiré lui fait également défaut.


1 — Variantes et Texte reçu

Toute version populaire, doit avoir pour point de départ le texte reçu, par la seule raison que ce texte, ayant servi de base à toutes les versions vulgarisées, est entre les mains de tous. Des notes indiqueraient les variantes, celles du moins qui influent d'une manière sensible sur une traduction. Il faut que le lecteur sache si la différence qu'il constate entre la version nouvelle et les anciennes provient d'une différente manière de traduire, ou d'un texte différent adopté par le traducteur.

M. Segond a abandonné le texte reçu. Encore s'il avait au moins, comme M. Rilliet, pris pour base un des grands anciens textes, ou si, ayant choisi M. Tischendorf pour guide, — quoique, parait-il, les savants commencent à contester les mérites de la méthode suivie par cet éminent critique, — il l'avait suivi invariablement, sauf toujours à indiquer dans des notes:

  1. la leçon du texte reçu, et

  2. les leçons non admises par M. Tischendorf, mais préférées par le traducteur!

M. Segond ne fait ni l'un ni l'autre; il est du même coup traducteur et critique du texte, sans seulement indiquer en notes ses préférences et les raisons de son choix.

Le lecteur qui n'est pas au courant des variantes n'a aucun fil conducteur; les autres ont besoin, pour se former un jugement sur la valeur de la traduction de M. Segond, de la lire en la confrontant à chaque pas avec le texte de M. Tischendorf. En outre, on est obligé, si l'on ne veut pas se tromper dans l'appréciation de l'exactitude de la traduction, de rechercher dans les nombreuses variantes des éditions critiques, si l'étrangeté de tel passage qui vous frappe, n'a pas pour raison une variante adopté par M. Segond, plutôt qu'une trop grande liberté de traduction. Voir la note: Note sur 2 Timothée 4:10.


2 — Divinité de Jésus-Christ

Il faut savoir gré à M. Segond d'avoir rendu la majuscule au mot Dieu, dans les premiers versets de l'Évangile de Jean, là où son prédécesseur, M. Oltramare, avait mis dieu; et de s'être écarté de la ponctuation adoptée par M. Tischendorf, ainsi que par M. Oltramare, dans le fameux passage Romains 9:5, que M. Segond rend, comme il convient, de la manière suivante: «de qui est issu, selon la chair, le Christ, QUI EST DIEU sur toutes choses, béni éternellement. Amen!»

Malheureusement dans les passages suivants, M. Segond, par une traduction qui ne s'attache pas fidèlement à la lettre du texte, enlève à Jésus-Christ la qualification de Dieu.

Tite 2:13. — Il y a littéralement: «...attendant la bienheureuse espérance et l'apparition de la gloire de NOTRE GRAND DIEU ET SAUVEUR Jésus-Christ» (Lausanne). M. Segond traduit comme si l'article grec était répété devant le mot Sauveur: «...la manifestation de la gloire DU GRAND DIEU ET DE NOTRE SAUVEUR Jésus-Christ», comme si l'apôtre avait voulu parler:

  1. de la gloire de Dieu, et

  2. de celle de notre Sauveur Jésus-Christ; tandis que l'apôtre appelle notre Sauveur lui-même grand Dieu.

Note 8 — Malheureusement, même des versions fidèles basées sur le Texte Reçu, comme la Martin et l'Ostervald, traduisent dans le même sens que Segond. Il faut croire que les traducteurs cherchèrent à protéger l'interprétation doctrinale orthodoxe de la trinité en utilisant deux fois l'article grec «et» dans le texte pour créer une distinction entre Dieu et le Seigneur Jésus-Christ.

Martin traduit: «l'apparition de la gloire du grand Dieu, et notre Sauveur, Jésus-Christ.»

Ostervald traduit: «l'apparition de la gloire du grand Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ.»

De cette façon le Seigneur Jésus peut être regardé comme étant la deuxième personne dans une trinité hautement spéculative qui n'a pas sa place dans les Saintes-Écritures. Mais une telle traduction donne aussi la fausse impression que le Seigneur Jésus ne serait pas Dieu, puisqu'il est nettement distingué de Dieu par la seconde utilisation de l'article grec. La version Lausanne demeure fidèle au texte grec original en traduisant correctement ce passage sans répéter l'article et rend gloire au Seigneur Jésus comme étant «notre Grand Dieu et Sauveur». La seule autre version qui rend ce passage de la même façon que nous le voyons dans la Lausanne est la Bible de l'Épée moderne.


De même, 2 Pierre 1:1, il a littéralement: «...en la justice de NOTRE DIEU ET SAUVEUR Jésus-Christ» (Lausanne). M. Segond traduit encore ici comme si l'article grec était répété devant Sauveur: «...par la justice de NOTRE DIEU ET DU SAUVEUR Jésus-Christ», enlevant encore à Jésus-Christ la qualification de Dieu que lui donne l'apôtre.

Note 9 — Ici Martin traduit correctement: «de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ.»; mais Ostervald traduit faussement par: «de notre Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ.» L'arminianisme de J.F. Ostervald, qui cherchait un rapprochement avec le catholicisme, semble transpirer dans sa traduction. Toutefois la correction a été apportée dans l'édition 1996.

Ce qu'il y a de remarquable, et ce qui prouve bien que si l'apôtre entend parler séparément de Dieu et de Jésus-Christ il met deux fois l'article, c'est que dans le passage qui suit immédiatement celui dont nous venons de parler (2 Pierre 1:2), il y a: «...dans la pleine connaissance DE DIEU ET DE Jésus notre Seigneur» (Lausanne et Segond).

Note 10 — Toutefois la traduction du verset 2 peut se donner aussi comme étant: «dans la pleine connaissance de Dieu et Jésus, notre Seigneur.», car le «de» ne se trouve pas dans le grec entre le nom «Dieu» et celui de «Jésus». Une meilleure traduction se ferait par la transposition de quelques mots, comme il est souvent nécessaire en traduisant du grec au français, et donnerait: «dans la pleine connaissance de Jésus, notre Dieu et Seigneur.», traduction qui supporte fortement la divinité de Christ.

Contradiction étrange à noter: Au verset 11 du même chapitre, il y a une tournure exactement semblable à celle de la fin du 1er verset, avec la seule différence qu'à la place du mot Dieu, il y a Seigneur; or, ce passage-ci, M. Segond le traduit exactement: «...l'entrée dans le royaume éternel de NOTRE SEIGNEUR ET SAUVEUR Jésus-Christ...» (et non pas de notre Seigneur et de notre Sauveur Jésus-Christ). De même 2 Pierre 3:18, «la connaissance DE NOTRE SEIGNEUR ET SAUVEUR JÉSUS-CHRIST», et Jude 1:4: «notre seul MAÎTRE ET SEIGNEUR Jésus-Christ». Si M. Segond reconnaît qu'il faut traduire ainsi dans ces trois cas, pourquoi ne pas le faire dans les passages Tite 2:13 et 2 Pierre 1:1, où la construction est identique?

Il y a une phrase semblable, 2 Thessaloniciens 1:12; Jésus-Christ y est aussi appelé Dieu: «selon la grâce de NOTRE DIEU ET SEIGNEUR Jésus-Christ.» Eh bien! Ici, M. Segond traduit de nouveau comme si l'article grec était répété: «selon la grâce de NOTRE DIEU ET DU Seigneur Jésus-Christ.»

Même erreur dans Éphésiens 5:5, où M. Segond dit: «dans le royaume du Christ ET DE Dieu», tandis qu'il y a dans le texte original littéralement: «dans le royaume DU Christ et Dieu», ce qui ne peut se rendre en français que par la périphrase employée par la version de Lausanne: «dans le royaume de celui qui EST CHRIST ET DIEU.» Cette tournure est un peu pesante, comme le dit Ad. Monod (Explication de l'Épître aux Éphésiens p. 326) mais elle est exacte;

«car nous croyons, dit le même commentateur avec Harless et contre l'avis d'Olshausen, que l'absence de l'article devant le mot Dieu ne peut s'expliquer qu'en y voyant un second nom du même être qui vient d'être appelé Christ, et que ce passage est de ceux qui rendent témoignage à la déité du Seigneur.»

Une construction identique se trouve au 20e verset du même chapitre: «au Dieu et Père» (ou, comme dit Lausanne, «à celui qui est Dieu et Père»). M. Segond dit: «Dieu le père»; mais il ne dit pas à Dieu et au Père, car il est trop évident qu'il ne s'agit que d'une personne et non de deux. Mais alors pourquoi ne pas s'attacher simplement au texte dans le passage précédent, où aussi la manière dont l'apôtre emploie l'article indique qu'il ne s'agit que d'une personne?

Note 11 — L'explication est pourtant simple, le formatage religieux des traducteurs de ne leur permettait pas de traduire dans un sens contraire à l'interprétation courante orthodoxe concernant la doctrine de la Trinité. Que les désignations Père et Fils signifient une seule et même personne ne pouvait être alloué ni toléré, il fallait à tous prix protéger ce dogme essentiel de l'orthodoxie catholique et protestante, autrement tout l'édifice du christianisme traditionnel institutionnalisé s'écroulerait en ruines. Les traducteurs ne purent donc «s'attacher simplement au texte» de tels passages, ils falsifièrent ainsi la Parole de Dieu en y ajoutant l'article qui fait dire au texte ce que les apôtres n'ont pas voulu dire. Cette pratique déplorable est commune parmi les traducteurs, ils l'utilisent à maintes reprises à travers le texte du Nouveau Testament. La charge est sérieuse, nous aimerions qu'il en soit autrement, mais nous avons l'évidence sous nos yeux. Il n'y a aucun doute que la Lausanne traduit correctement par «au Dieu et Père», tel qu'il est écrit dans le grec original. Les traductions fidèles sont très peu, cela est probablement pourquoi la Lausanne disparue comme version utilisée par les chrétiens et remplacée par des versions frelatées. La seule autre traduction fidèle de ce genre est la version moderne de la Bible de l'Épée qui traduit Éphésiens 5:20 par: «dans le nom du Seigneur Jésus-Christ, le Dieu et Père de nous tous.»


3 — Uniformité de traduction

Comme pour l'Ancien Testament, il serait facile de faire un choix de mots du Nouveau Testament et de montrer l'inconvénient qu'il y a à les rendre sans nécessité absolue par des expressions française diverses. Nous ne citerons qu'un exemple:

Le mot thlipsis (tribulation) est traduit par M. Segond,

tantôt par tribulation: Apocalypse 7:14; Actes 14:22, etc.

tantôt par détresse: Matthieu 24:21,29; 2 Corinthiens 8:13, etc.

tantôt par persécution: Actes 11:19, etc.

puis par affliction Romains 5:3, etc.

par souffrance: Colossiens 1:24; Jean 16:21, etc.

et enfin par tourments: (Matthieu 24:9, etc.)

Voilà six expressions différentes, qui ont d'ailleurs chacune un mot correspondant en grec, dont M. Segond se sert pour traduire le même mot. C'est tout d'abord traduire inexactement; puis, c'est jeter la confusion dans l'esprit du lecteur qui aura de la peine à reconnaître, par exemple, la grande tribulation mentionnée Apocalypse 7:14 dans la «détresse si grande», comme dit M. Segond dans Matthieu 24:21, tandis qu'en grec il y a la même expression: «Il y aura une GRANDE TRIBULATION» (Matthieu 24:21; Lausanne)...; «or aussitôt après la TRIBULATION» (Matthieu 24:29). — «Ce sont ceux qui viennent de la GRANDE TRIBULATION» (Apocalypse 7:14; Lausanne). L'unité dans les termes fait ressortir l'unité de l'enseignement de la Bible.


4 — Confusion des temps des verbes grecs

Nous nous bornerons à quelques exemples:

M. Segond traduit exactement Jean 5:2: «à Jérusalem... il y A une piscine».

Mais, Jean 21:19, il traduit le futur par le conditionnel: Le texte dit: «Or il dit cela pour signifier de quelle mort il GLORIFIERA Dieu» (Lausanne). L'emploi de ce futur prouve qu'au moment où Jean écrivait ces mots, Pierre était encore en vie. La rédaction de l'Évangile doit donc être fixée à époque bien antérieure à celle qu'on a coutume de lui assigner. Ce futur, on le voit, a une grande importance pour l'histoire du Nouveau Testament et pour l'apologétique chrétienne. — M. Segond, comme la généralité des traducteurs, met le conditionnel: «...de quelle mort Pierre GLORIFIERAIT DIEU»; ce qui est inexact, et détruit la valeur apologétique de notre verset.

Actes 23:27. — M. Segond fait dire au commandant Lysias, dans sa lettre au gouverneur Félix: «ayant appris qu'il ÉTAIT romain.» Tandis que Lysias a écrit en réalité: qu'il EST romain (Lausanne). Ici l'inexactitude du traducteur est sans conséquence pour l'intelligence de l'ensemble; le simple bon sens disant au lecteur que Paul était vivant quand Lysias écrivait cette lettre. Mais une inexactitude semblable a une portée plus grande dans Actes 22:29 où M. Segond dit: «le tribun voyant que Paul ÉTAIT romain fut dans la crainte»; tandis qu'il y a en grec: «et le commandant craignit aussi quand il sut positivement qu'il EST romain» (Lausanne) C'est Luc, le rédacteur des Actes qui parle; et il n'a pu se servir raisonnablement du présent que dans le cas où Paul vivait encore quand il écrivait ces mots.

De même, Actes 22:30, M. Segond traduit: «...de quoi les Juifs L'ACCUSAIENT». Il y a littéralement: «de quoi il EST accusé par les Juifs.» (Lausanne 1re, 2e et 3e édition). Luc n'a pu s'exprimer de la sorte que si, au moment de la rédaction de son livre, Paul était encore en vie, et même s'il n'était pas encore déchargé de l'accusation qui pesait sur lui. Le livre des Actes a donc été écrit avant la fin du procès de Paul. (voir: Louis Burnier. La version du Nouveau Testament dite de Lausanne p. 145 et suivantes où nous avons puisé ces exemples ainsi que ceux du titre 5.)

Si l'histoire du Nouveau Testament et la science apologétique sont intéressées à la traduction exacte des passages cités, la dogmatique l'est, à son tour, dans le passage Romains 5:12, où M. Segond dit: «parce que tous ONT PÉCHÉ». En grec il y a le temps appelé aoriste, qui doit se traduire par le passé défini: «parce que tous PÉCHÈRENT». L'aoriste se rapporte simplement au passé, sans allusion quelconque à aucune autre portion de la durée; de plus, il exprime ce qui est momentané dans le passé, par opposition à ce qui est continu ou souvent répété:

«la mort a passé sur tous les hommes parce que tous péchèrent, savoir quand pécha celui par qui la mort a passé sur tous les hommes.» (Hodge, commentaire sur l'Épître aux Romains I p. 326).


5 — Traduction inexacte de certaines prépositions

Il est parfois difficile de rendre exactement le sens de certaines prépositions; d'autres fois, aucune difficulté de ce genre n'existe; alors le devoir du traducteur est nettement tracé.

Romains 4:25. — M. Segond avec nos anciennes versions françaises dit: «lequel a été livré POUR nos offenses et est ressuscité POUR notre justification.» Il semblerait ainsi que Jésus-Christ est ressuscité en vue de notre justification, ce qui au point de vue dogmatique est une erreur. Jésus-Christ, notre saint Représentant, est ressuscité parce que nous avons été justifiés par sa mort. La préposition grecque est mal traduite. Voici la traduction exacte qui confirme précisément le point de vue dogmatique que nous venons d'indiquer en quelques mots: «Qui fut livré À CAUSE de nos péchés, et qui se réveilla À CAUSE de notre justification» (Lausanne).

Dans d'autres cas, M. Segond affaiblit la pensée de l'écrivain inspiré, soit en traduisant par une préposition française moins énergique celle de l'orignal, soit en mettant la même préposition française dans une même phrase où en grec il y en a deux avec des nuances différentes. C'est ainsi qu'il dit dans Romains 5:1: «Étant donc justifiés par (en grecs: ek) la foi, nous avons la paix avec Dieu PAR (en grec: dia ton...) notre Seigneur Jésus-Christ.» Tandis qu'il y a littéralement, en donnant la première préposition (ek) toute son énergie et en traduisant la seconde (dia suivi de l'acc.) comme il convient par: par le moyen de: « «Étant donc justifiés par L'EFFET de la foi, nous avons la paix avec Dieu PAR LE MOYEN de notre Seigneur Jésus-Christ» (Lausanne).

1 Jean 5:6. — M. Segond traduit par le même mot avec deux prépositions différentes. Il y a littéralement: «C'est lui Jésus, le Christ, qui est venu AU TRAVERS de (dia avec le gén.) l'eau et du sang, et non DANS (ou avec, en grec en) l'eau seulement; mais DANS (ou avec, en grec en) l'eau et le sang.» M. Segond traduit la première préposition (dia) par avec, ainsi que les deux autres.

Matthieu 28:19. — M. Segond dit: «BAPTISEZ-LES AU NOM du Père...» C'est ainsi que font nos anciennes versions; mais il y a en grec: «baptisez-les POUR (eis) le Nom du Père» (Lausanne). Cela constitue un sens différent.


6 — Exemples d'erreurs diverses

Les pacifiques de M. Segond, en Matthieu 5:9, sont en réalité des pacificateurs (Lausanne).

Matthieu 5:19. — M. Segond dit: «Celui donc qui transgressera l'un de ces petits commandements et qui de la sorte enseignera aux hommes de les transgresser...» Tandis que le texte grec dit: «Quiconque donc aura ÉBRANLÉ (ou renversé) un seul de CES PLUS PETITS commandements et aura ENSEIGNÉ AINSI les hommes» (Lausanne). II n'est question de transgression ni dans le premier ni dans le second membre de phrase; il est question d'un docteur qui déclare périmé tel ou tel commandement, (le verbe grec lueïn, traduit par la version de Lausanne par ébranler, signifie littéralement dissoudre) et qui enseigne les hommes comme si ce commandement n'existait plus. C'est une tout autre idée que celle que donne au texte la version de M. Segond. — En outre, il n'est pas seulement question d'un petit commandement, comme le fait croire la version de M. Segond, mais même d'un des plus petits, comme dit le texte original. —

Matthieu 5:32. — M. Segond fait dire au Seigneur: «celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d'infidélité, L'EXPOSE à devenir adultère». Tandis que le Seigneur dit en réalité:

«Quiconque répudiera sa femme, si ce n'est pour cause de fornication, LUI FAIT COMMETTRE adultère» (Lausanne) —

Luc indique très clairement dans le premier verset du livre des Actes, quel est le contenu, le but de l'Évangile et du livre des Actes. Cette indication est très importante pour l'interprétation de ces saints livres; il est dit, Actes 1:1: «J'ai FAIT mon premier livre, ô Théophile, sur toutes les choses que Jésus COMMENÇA ET DE FAIRE ET D'ENSEIGNER jusqu'au jour....» (Lausanne). D'après ces paroles de Luc, son Évangile raconte le commencement de l'œuvre et de l'enseignement de Jésus-Christ. Le second livre (vulgairement, et à tort, appelé Actes des Apôtres), exposera par conséquent la continuation de l'œuvre et de l'enseignement de Jésus-Christ. C'est Jésus-Christ qui, d'après Luc, agit et enseigne dans le second livre du haut du ciel, comme il avait agi et enseigné sur la terre, dans le premier. Cette détermination du sens général et du but des deux livres de Luc faite par Luc lui-même, est l'idée-mère du beau commentaire allemand de M. Mich. Baumgarten (16). Les allures libres que M. Segond a l'habitude de prendre vis-à-vis du texte sacré lui ont fait complètement méconnaître le sens et la portée de ce verset important pour la science exégétique. Il traduit: «Théophile, j'ai PARLÉ, dans mon premier livre; de tout ce que Jésus a fait et enseigné DÈS LE COMMENCEMENT jusqu'au jour...» —

Philippiens 3:21. — M. Segond parle de «notre corps VIL»; Il y a en grec: «le corps de notre HUMILIATION» (Lausanne). —

Hébreux 10:11. — «Tandis que tout sacrificateur SE TIENT DEBOUT chaque jour en exerçant son ministère, et en offrant plusieurs fois les mêmes sacrifices... quant à celui-ci, après avoir offert, pour les péchés, un seul sacrifice, il S'EST ASSIS à perpétuité à la droite de Dieu» (Lausanne). Le nerf de ce passage c'est la différente attitude des sacrificateurs de l'une et de l'autre alliance: celui de l'ancienne alliance se tient debout chaque jour, il n'a jamais fini son œuvre, elle est toujours à recommencer, elle n'est donc ni parfaite ni définitive. Tandis que le souverain sacrificateur de la nouvelle alliance, après avoir offert un seul sacrifice, s'est assis à perpétuité à la droite de Dieu, il n'a plus à recommencer son œuvre sacerdotale en tant qu'œuvre expiatoire; il n'a plus rien à faire pour notre réconciliation avec Dieu; qui est achevée. M. Segond néglige de traduire les mots se tient debout et dit très librement, sans se laisser diriger par les mots du texte: «tandis que tout prêtre fait chaque jour le service et offre souvent les mêmes sacrifices...» Ici cependant, même M. Oltramare et De Wette auraient pu guider M. Segond, sans parler de M. Darby et des traducteurs de Lausanne.

16 Apostelgeschichte oder Entwicklungsgang der Kirche von Jerusalem bis Rom.


7 — Exemples d'inexactitudes diverses

La Bible divise les hommes sous le rapport ethnologique en deux catégories: les Juifs et les nations. Cette distinction existe dans le Nouveau comme dans l'Ancien Testament. M. Segond fait des nations (ta ethnè) des païens, ce qui, d'abord, n'est pas conforme à l'étymologie des mots; en outre, M. Segond introduit ainsi dans le texte une idée qui n'y est pas aussi absolument que dans le mot français païen. Puis, subitement, ces mêmes païens deviennent de simples nations; par exemple: Romains 15:10-12, passage qui est une citation de l'Ancien Testament où en effet il aurait été difficile de mettre païens, et Luc 21:24; tandis que, Romains 11:25, M. Segond parle de nouveau de païens.

Les chrétiens d'origine non-juive appartiennent aux nations, sans être pour cela des païens; d'un autre côté, les nations christianisées, sans être païennes, sont cependant des nations, des ethnè comme dirait en grec, nations qui ont besoin d'être évangélisées, et dont l'Église de Jésus-Christ est distincte. En traduisant comme fait M. Segond, on arrive à trouver inapplicables à la société actuelle des passages comme Éphésiens 2:11; 3:1, et à ne considérer ces textes que comme des textes bons pour des sermons en faveurs des missions pour les païens. Ceci n'est pas une simple supposition. C'est arrivé en présence de l'auteur de ces lignes en deux circonstances: dans un auditoire d'exercices homilétiques et dans une prédication faite par un ministre plus ou moins orthodoxe. La traduction uniforme de ta ethnè par nations a une portée ecclésiologique. —

Les êtres vivants d'Apocalypse 4:6, etc. sont les chérubins de l'Ancien Testament. Ces êtres occupent la plus haute position dans la hiérarchie des esprits célestes; ils sont les porteurs du trône de Dieu, les médiateurs de la présence de Dieu dans un lieu déterminé; ils chantent la gloire de Dieu et de l'Agneau qui a racheté l'humanité. M. Segond en fait, avec nos anciennes versions, des animaux. Sans doute, le mot grec zoon signifie animal; mais il signifie aussi être vivant, non seulement étymologiquement, mais dans le langage courant. Le fait que ces êtres chantent la gloire du Dieu Créateur et du Dieu Rédempteur prouve surabondamment que, dans la pensée du prophète, ce ne sont pas des animaux. — Dans les passages parallèles de l'Ancien Testament, dans Ézéchiel, M. Segond commet, avec beaucoup d'autres, la même erreur. —

Dans le même chapitre 4 de l'Apocalypse, les vingt-quatre anciens qui sont assis sur des trônes sont chez M. Segond des vieillards, comme dans la version d'Ostervald. Il s'agit cependant, non de l'âge de ces glorieux personnages, qui, étant des esprits (17), ne sont ni jeunes ni vieux; mais de la charge, de la dignité dont ils sont revêtus; ils forment le conseil de Dieu, et comme tels, il est déjà question d'eux dans l'Ancien Testament, par exemple: Psaumes 89:7-8 (6-7) et Ésaïe 24:23. Ils sont appelés anciens parce que leur ministère dans le ciel correspond sur la terre à celui des anciens des villes d'Israël, et des anciens dans les assemblées chrétiennes. —

L'Écriture parle de l'achèvement du siècle (Matthieu 28:20; 24:3), ce qui est tout autre chose que la fin du monde comme traduit M. Segond. Cette traduction inexacte met dans l'impossibilité de comprendre ce que l'Écriture enseigne sur la première résurrection, la venue de Jésus-Christ, le règne millénial et le dernier jugement; ce dernier seul coïncide avec la fin du monde. —

Dans le Nouveau Testament, les nombres sont énoncés en mots et non en chiffres. Il n'y a que deux exceptions, que nous sachions, à cette règle: Apocalypse 7:5-8 et 13:18; dans les autres cas, dans l'Apocalypse elle-même, ils sont écrits en mots. Quant à Apocalypse 7:5-8, les manuscrits ne sont pas d'accord; les uns expriment le nombre de douze milliers et de cent quarante-quatre milliers en mots, les autres en chiffres. Tischendorf donne la préférence aux premiers et, alors, ce cas rentre dans la règle générale. Il n'en est pas de même d'Apocalypse 13:18, où l'autorité des manuscrits qui écrivent le nombre 666 en chiffres; prévaut sur le manuscrit du Sinaï qui l'écrit en lettres. Cette particularité a son importance et doit être reproduite dans les traductions; c'est ce qu'ont fait les versions de Lausanne, de M. Arnaud et de De Wette. En effet, ce chiffre a, d'abord, un sens typique et marque l'inachevé dans les unités, les dizaines et les centaines. C'est en 7 jours que Dieu a achevé son œuvre et s'est reposé; l'anti-Christ, malgré tous les progrès humains dans tous les domaines, n'arrivera pas à amener l'humanité au repos, représenté par le chiffre 7. C'est comme tel que le chiffre de l'anti-Christ forme un contraste avec celui du nom de Jésus, écrit en caractères grecs, et qui fait exactement 888, type de la nouvelle création; le huitième jour ou premier jour d'une nouvelle semaine étant le jour de la résurrection, la base et le commencement de la nouvelle création (18). Écrit en chiffres, ce type frappe les yeux mieux que s'il est écrit en mots. Mais c'est, sans doute, un autre motif encore qui aura engagé l'apôtre Jean à écrire ce nombre en chiffres. M. Godet l'indique dans ses Études bibliques (19). 666 écrit en chiffres grecs forme l'abréviation du nom de Christ (χς) séparé par le (χξς). Or le ξ a la forme du serpent qui se déroule. Le chiffre qui caractérisera l'anti-Christ, et qui ne sera que l'addition de la valeur numérique des lettres de son nom grec, aura cette particularité, qu'il représentera d'une façon emblématique la vraie nature de l'anti-Christ; il nie Christ, il le transperce, comme il est dit 1 Jean 2:23 et 4:3. Dans ce dernier passage, comme le fait judicieusement observer M. Godet: «tout esprit qui ne confesse pas Jésus-Christ», il est remarquable que les mots: ne confesse pas sont remplacés chez d'anciens écrivains ecclésiastiques, qui le citent, par les mots: qui dissout (diluei). Or, le nom du Christ est dissous par le ξ dans le chiffre de l'anti-Christ, dans Apocalypse 13:18. —

1 Jean 3:1. — M. Segond dit: «Voyez quel amour le Père nous a TÉMOIGNÉ». Or il y a en grec une expression plus énergique «nous a DONNÉ» (Lausanne). Si cette traduction paraît choquante il faut en accuser le grec, qui l'est tout autant. Au besoin, si on le préfère, on pourrait, avec M. Darby, dire: «de quel amour le Père nous a fait don»; ou avec M. Reuss: «quel amour le Père nous a accordé...» Ces traductions sont exactes, mais le mot: témoigné de M. Segond est trop faible. —

Au verset 2 du même chapitre, M. Segond dit: «lorsque CELA sera manifesté.» Il vaudrait mieux dire, avec la version de Lausanne: «lorsqu'IL sera manifesté»; c'est-à-dire lorsque Jésus-Christ sera manifesté. Il est vrai, c'est là une question d'interprétation plutôt que de traduction; mais les mots suivants qui motivent notre ressemblance future avec Jésus-Christ «parce que nous le (Jésus-Christ) verrons tel qu'il est», indiquent bien que c'est la version de Lausanne qui traduit bien. —

Dans les versets suivants, M. Segond ne fait aucune différence entre pécher (hamartanein) et pratiquer le péché (poiein hamartian); il traduit invariablement les deux expressions par pécher. Puisque le texte inspiré établit une différence dans les expressions, le traducteur est tenu de suivre cette indication. Et certes, dans ce cas surtout, il en vaut la peine: «Nous bronchons tous en beaucoup de choses», dit l'Écriture (Jacques 3:2). La Bible et l'expérience chrétienne montrent que nous péchons souvent; la 1re épître de Jean l'indique elle-même clairement (1 Jean 1:8 et 3:3). Mais si le chrétien pèche encore, il ne vit plus dans le péché, il n'en fait plus son élément; c'est là ce que veut dire l'apôtre par l'expression de pratiquer le péché. En se servant de cette dernière expression aux versets 4, 8 et 9, l'apôtre détermine clairement dans quel sens il faut prendre le mot pécher employé en sous-ordre aux versets 6 et 9. —

Une autre inexactitude se rencontre chez M. Segond, dans le même verset 4e du chapitre 3 de la 1re épître de Jean: «quiconque pratique le pêché, PRATIQUE AUSSI L'INIQUITÉ, et le péché est l'iniquité» (Lausanne). M. Segond, au lieu de: pratiquer l'iniquité, dans le premier membre de phrase, dit: «transgresse la loi»; et au lieu de: iniquité dans le 2e membre de phrase, il met: «transgression de la loi.» Cela n'est pas exact, et n'explique pas lecteur la pensée de l'apôtre. Que le péché est une transgression de la loi, cela ne valait pas la peine d'être dit. Mais l'apôtre a autre chose en vue. Il veut montrer comment la pratique du péché, la vie dans le péché, exclut la communion avec Jésus-Christ: car la pratique du péché est l'antichristianisme en germe. En effet, celui que Jean appelle l'anti-Christ, l'apôtre Paul l'appelle l'Inique (anomos, c'est-à-dire celui qui s'élève au-dessus de toute loi). 2 Thessaloniciens 2:7-8; dans le même passage, il parle du mystère d'iniquité, (mustèrion tès anomias) qui déploie déjà son efficace; or, dit l'apôtre Jean, quiconque pratique le péché pratique aussi l'iniquité, c'est-à-dire l'antichristianisme. On voit combien il est important, pour faire saisir la pensée de l'apôtre Jean et pour faire ressortir l'unité de l'enseignement apostolique, de rendre exactement les deux termes différents dont Jean se sert pour indiquer deux manières différentes de pécher.

À vrai dire, les mots iniquité et inique ne nous plaisent guère; ils ne rendent pas d'une façon adéquate les mots grecs si énergiques: anomia (état d'un homme qui est sans loi aucune) et anomos (un homme sans loi). Il n'existe toutefois pas de mot meilleur pour exprimer cette pensée; il faut donc s'y tenir, sauf à expliquer dans une note le vrai sens du mot, comme le fait la version de Lausanne dans 2 Thessaloniciens 2:8.

M. Segond a bien toujours traduit anomia par iniquité, excepté dans 1 Jean 2:4, où il importait tant de le faire.

Quant à anomos, il le traduit tantôt par malfaiteur: Marc 15:28; Luc 22:37; tantôt par impie: Actes 2:23; 2 Thessaloniciens 2:8; tantôt par méchant: 1 Timothée 1:9; enfin par criminel: 2 Pierre 2:8, où il figure comme adjectif. Lausanne traduit toujours par inique, sauf 1 Corinthiens 9:21, où l'emploi du mot inique aurait présenté un contre-sens flagrant; car, dans ce passage, anomos est pris dans le sens restreint de «sans la loi mosaïque.» De même Romains 2:12.

17 On peut objecter que ceci est l'interprétation particulière de l'auteur de ces lignes. Il l'appuie, avec Hofmann, Luthardt, Füller, etc., sur le cantique même que les anciens chantent avec les chérubins, d'après la leçon résultant de la comparaison des anciens manuscrits, leçon suivie d'ailleurs par M. Segond: «Tu as été égorgé et tu as acheté pour Dieu par ton sang [des hommes] de toute tribu, et langue, et peuple et nation, et tu as fait [d'eux] pour notre Dieu un royaume et des sacrificateurs, et ils régneront sur la terre.» (Apocalypse 5:9-10) Ceux qui chantent ce cantique, et ce sont précisément les vingt quatre anciens avec les chérubins, ne sont pas compris parmi les êtres rachetés par Jésus-Christ; ce sont donc des êtres célestes. Ce passage est décisif.
18 Comparez les commentaires sur l'Apocalypse de Hofmann, Luthardt, Füller, etc.
19 II p. 379 et suivantes (1re édition)


Conclusion

M. Segond dit dans la Préface de sa traduction qu'une version doit être exacte, claire et correcte.

Sous le rapport du langage, la version de M. Segond est la version française la plus claire et dont le style est le plus limpide. Mais cette clarté et cette limpidité sont souvent acquises au détriment de l'exactitude. La version de M. Segond n'est pas toujours claire au point de vue du fond, des idées; vu que souvent elle confond ce que les textes originaux, dans les deux Testaments, distinguent; ne rappelons que ce qui a été dit au sujet des sacrifices et de la traduction du 3e chapitre de la 1re épître de Jean. C'est dire qu'elle n'est, quant au fond et abstraction faite de la forme, ni toujours claire, ni exacte. Il y a plus: elle n'est pas fidèle au point de vue de la foi et de l'harmonie des différentes parties des oracles de Dieu. Les passages messianiques cités en sont la preuve. Elle ne saurait donc être un guide sûr pour le chrétien qui croit à l'inspiration des Écritures, et veut les sonder dans leur ensemble et dans les détails, afin de toujours mieux connaître la plénitude insondable de la personne déo-humaine et l'œuvre rédemptrice de Jésus-Christ, et la vie qu'il communique à ses rachetés.

Note 12 — N'étant pas fidèle au niveau de la foi, la version Segond doit être abandonnée par tous chrétiens sérieux. Elle ne mérite aucune considération sauf celle d'être une version dénaturée qui tord le sens de la vérité.


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