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Remarques sur la version de la Bible de M. Louis Segond-09


décembre 8, 2010 par GoDieu


Note sur Ésaïe 7:14-16

Le mot alemah signifie jeune fille ou vierge, jamais femme mariée; les textes où il figure dans l'Ancien Testament le prouvent incontestablement (voir: Prophéties messianiques). Il y a, en outre, le témoignage des anciennes versions:

Celle des Septante, achevée environ au milieu du IIIe siècle avant l'ère chrétienne, traduit alemah soit par néanis (jeune fille) soit par parthenos (vierge). La date de la version et le fait que ses auteurs étaient juifs prouve que ce ne sont pas des idées chrétiennes qui ont pu donner lieu à cette traduction (voir: Note 5 concernant l'origine de la Septante.).

Mais une autre version grecque vit le jour environ au milieu du second siècle après Jésus-Christ. Il n'en reste plus que des fragments. Son auteur. Aquila l'avait entreprise dans un but polémique contre l'Église chrétienne. D'après la Guémara de Jérusalem, elle aurait même été faite sous les yeux d'Akiba, fameux rabbin juif de cette époque, et adversaire acharné des chrétiens; son zèle et ses travaux l'avaient fait surnommer par ses contemporains le restaurateur de la loi, le second Esdras. Cette version est d'un littéralisme excessif; elle essaie même d'exprimer en grec des particules intraduisibles. Les Juifs, trouvant la version des Septante trop favorable à la doctrine chrétienne, se servaient de préférence de celle d'Aquila, parce qu'il avait tâché de donner une autre tournure à certains passages; aussi Justin martyr, Irénée, Jérôme et Épiphane l'accablent-ils de reproches à ce sujet; bien à tort; au fond, car ses modifications sont le plus souvent fort inoffensives, et, si elles trahissent le désir de déplaire aux chrétiens, elles n'en démontrent pas moins l'impuissance dans laquelle il se trouvait de nuire à leur doctrine, enchaîné qu'il était par le sens connu des mots, sens qu'il ne pouvait altérer. Ainsi au Psaumes 2:2, voulant éliminer le mot christos (oint), détesté des Juifs depuis que ce mot fut devenu le titre glorieux du Seigneur Jésus, il traduit le mot hébreu Maschiach (oint, d'où le mot français Messie) par éleimmenos; qui signifie également oint. Comment Aquila n'aurait-il pas essayé d'ôter sa base scripturaire à la naissance de Jésus-Christ d'une vierge? Les Septante avaient traduit dans Ésaïe 7:14 le mot Alemah par Parthenos (vierge); que fera Aquila? Il n'a pas encore l'audace de nos savants modernes; le sens du mot était trop fixé à cette époque, Aquila ni Akiba n'y peuvent rien; Aquila ne dira donc pas jeune femme; il se sert du mot néanis, qui signifie jeune fille. Il a changé le mot, l'idée reste.

Ainsi, soit le contexte des passages où le mot Alemah figure, soit les deux plus anciennes versions grecques faites par des Juifs, dont la seconde a été faite dans un but de polémique contre l'Église, fixent d'une façon certaine le sens de ce mot: jeune fille ou vierge, jamais femme mariée.

Mais sur quoi s'appuient nos contradicteurs pour enlever au mot en question son sens évident?

Ils disent que bethoulah signifie vierge, et que le prophète ne se sert pas de ce mot. C'est vrai; bethoulah signifie vierge; il exprime l'idée même de la virginité: une vierge intacte (virgo illibata). Mais cela ne prouve pas qu'Alemah puisse désigner une femme mariée. En français nous avons le mot vierge; mais nous avons aussi ceux de jeune fille, de demoiselle. L'état de jeune fille, de demoiselle, n'implique-t-il pas, dans l'ordre normal, la virginité? Et dans ce cas, jeune fille, demoiselle et vierge ne sont-ce pas des expressions synonymes? La seule idée que, d'après l'étymologie, le mot alemah renferme à côté de la virginité, c'est celle de la nubilité.

Mais ce n'est pas là le véritable argument de nos adversaires. Au fond ils avouent eux-mêmes qu'alemah ne peut pas signifier une femme, c'est-à-dire une femme mariée. Voici les téméraires et équivoques paroles d'un traducteur de la version libérale entreprise par la Société biblique protestante de Paris, M. Ath. Coquerel fils, (La version d'Ostervald et les sociétés bibliques. Extraits du Lien par quelques laïques, Paris 1862, p. 9):

«Bien des gens préfèrent un sens qui, convient à leur orthodoxie au sens indubitable du texte sacré. Ainsi dans le fameux passage d'Ésaïe, où l'on a vu une prophétie de la naissance miraculeuse (Ésaïe 7:14), il n'y a rien de pareil; le mot vierge, qu'on y introduit, n'y est pas. L'original hébreu ne porte pas betoula (vierge), mais alma, qui signifie toute personne du sexe féminin, en âge de devenir mère. Il s'agit donc d'une naissance tout ordinaire; il n'y a là de miracle, et de prophétie messianique, qu'au moyen d'une faute de version qu'on reprocherait à un commençant.»

M. Coquerel aurait-il osé avancer qu'alemah puisse désigner une femme mariée? Car c'est bien là le nœud de la question! Non, il dit simplement: «alma signifie toute personne du sexe féminin en âge de devenir mère.» À la rigueur nous pouvons accepter cette définition, seulement nous serons plus explicites et nous dirons: toute personne du sexe féminin en âge de devenir mère et qui n'est pas une femme mariée, est, dans l'ordre normal, une vierge.

Ces paroles de M. Coquerel donnent la mesure de la confiance qu'on peut avoir dans les hautes affirmations de certains savants. On serait plus franc et plus sincère si l'on disait tout ouvertement: alemah, qui, d'après le contexte, signifie évidemment jeune fille ou vierge dans tous les passages où il se rencontre dans l'Ancien Testament, ne peut pas avoir cette signification dans le seul passage Ésaïe 7:14, parce que là le contexte indique qu'il s'agit non d'une jeune fille, mais d'une jeune femme mariée, la jeune épouse du prophète.

C'est à cela que revient ce que dit le savant Winer dans son dictionnaire hébraïque, où, après avoir déclaré qu'alemah signifie vierge nubile (virgopubes), il ajoute que ce mot peut aussi signifier une jeune épouse, et s'appuie, non pas sur Proverbes 30:19, passage qui lui semble peu favorable à sa thèse, mais précisément sur Ésaïe 7:14. Voici, du reste, l'article complet, avec la seule omission des citations arabes et syriaques, et des mots de la fin ne se rapportant plus à ce sujet:

«Alemah, virgo pubes. Genèse 24:43; Exode 2:8. Per se quidem non declaratur hoc vocabulo, nupta sit virgo nec ne, tori nescia an secus (quanquam in ea causa non multum tribuendum putaverim loco, Proverbes 30:19), itaque potest etiam conjux juvenis siguificari, ut Jes. 7:14, secundum multos interpretos, quibus nuper accessit Genenius

On voit le cercle sans issue dans lequel on se meut. Nos adversaires disent: alemah doit être traduit dans le passage Ésaïe 7:14 par jeune femme, parce qu'il s'agit là de la jeune épouse du prophète. L'Église chrétienne universelle, d'accord en cela avec la toute ancienne synagogue juive, dit: il traduire Ésaïe 7:14 par jeune fille ou vierge, parce que partout ailleurs le mot en question signifie cela. Puis elle ajoute: donc il ne s'agit pas ici d'une jeune épouse du prophète.

Mais serait-il possible d'appliquer le passage en question à là naissance d'un fils du prophète? Que les rationalistes qui rejettent toute prophétie s'efforcent de faire d'Emmanuel un simple fils d'Ésaïe, cela ne doit pas nous étonner; car du moment qu'on admet a priori qu'il ne peut pas s'appliquer au Messie puisqu'il n'y a pas de prophétie; il faut bien qu'il ait un sens quelconque, et le plus simple alors, c'est de l'appliquer à Ésaïe en supposant qu'il avait une jeune femme qu'il venait d'épouser. Mais que M. Segond, qui admet le surnaturel et la prophétie, puisse partager cette opinion, c'est là ce qui est étonnant. C'est bien là, en effet, la pensée de M. Segond; il le dit ouvertement (Le prophète Ésaïe, page 41, Sommaire):

«Ésaïe rassure Achaz, annonce la chute des deux monarques alliés, et donne pour signe la naissance d'un enfant de sa jeune femme, lequel portera le nom d'Emmanuel, c'est-à-dire, Dieu avec nous: avant que cet enfant sache discerner le bien et le mal, la chute des rois de Syrie et d'Israël sera consommée.»

Est-il impossible, d'après le contexte, de reconnaître en Emmanuel le Messie? Serait-il possible, d'après le contexte, qu'Emmanuel fût un simple fils du prophète?

Telle est la double question que nous allons rapidement examiner.

Puisque le sens du mot alemah, tel qu'il ressort de tous les autres passages où ce mot figure, parait douteux à nos contradicteurs, dans notre passage, malgré la version des Septante et celle d'Aquila, laissons le 14e verset de côté.

Dans le verset 15, traduit comme il l'est habituellement, l'interprétation messianique rencontre une difficulté, qui, pour ne pas être insoluble même avec la traduction habituelle, est cependant assez grande pour que la Bible annotée (p. 75) pense qu'il pourrait y avoir peut-être une corruption du texte. Une hypothèse pareille, qui n'a pas le moindre appui dans le texte ni dans l'existence de la moindre variante, n'est pas permise; ce serait une méthode trop commode pour se débarrasser des difficultés si nombreuses dans la Bible, et elle ouvrirait la voie à un arbitraire sans frein ni mesure.

Le verset 15 parle d'une dévastation totale du pays; car se nourrir exclusivement de crème et de miel, est l'indication que le pays n'est plus cultivé, qu'il ne présente que des pâturages (voir les versets: 21-25). Cette dévastation est causée par la puissance orientale que le prophète appelle ici Assur; plus tard, quand l'horizon prophétique se sera élargi devant ses regards (car il y a une loi de perspective prophétique), il l'appellera de son vrai nom Babylone, qui à cette époque-là ne formait encore qu'une province de l'empire assyrien. En tout cas, il n'est pas permis de penser à une incursion temporaire d'une armée ennemie, car il y en a eu de pareilles à toutes les époques; il s'agit de la catastrophe finale, de la chute du royaume de Juda et de la captivité de Babylone. Or cela n'arriva que plus d'un siècle plus tard. Il est donc absolument impossible d'appliquer à un simple fils du prophète les paroles du 15e verset, qui montrent Emmanuel subissant les conséquences de la dévastation, c'est-à-dire ne se nourrissant que de lait et de miel.

À cette impossibilité chronologique vient s'enjoindre une autre, que nous avons déjà indiquée dans l'avant-propos (16e paragraphe). C'est le passage Ésaïe 8:8, dont la tournure est trop grandiose, trop solennelle, pour qu'on ne ressente pas un véritable désappointement si les mots «le déploiement de ses ailes remplira la largeur de ta terre, ô Emmanuel», s'appliquaient au petit garçon du prophète. Nul que Jéhovah lui-même, ou son Messie, n'a, d'après l'Écriture, le droit d'appeler la terre d'Israël sa terre, comme c'est le cas ici.

Cette interprétation écartée, passons à l'explication messianique. — Nous n'en hasarderons pas une qu'on pourrait donner même avec la traduction habituelle de notre passage, car nous croyons celle-ci inexacte. Le préfixe Le marque la direction vers l'objet ou la personne désignée par le mot auquel elle est jointe. Quand elle sert à désigner le temps, le moment où une chose se passe, elle peut signifier jusqu'à ce que; mais elle signifie aussi lorsque, par exemple, 2 Samuel 18:29. Avec Hofmann (Weissag. u. Erfül. I p. 226), nous pensons que c'est ainsi qu'il faut traduire ici.

En outre, avec le même savant exégète, nous pensons que les mots rah (mal) et tob (bien), étant ici en rapport avec la nourriture d'Emmanuel, doivent se traduire par mauvais et par bon. C'est bien là ce que signifient ces mots dans le passage 2 Samuel 19:35 (en hébreu 36), où Barzillaï, invité par David à habiter son palais et à se laisser entretenir par lui, lui répond: «Je suis aujourd'hui âgé de quatre-vingts ans, connaîtrais-je ce qui est bon (tob) d'avec ce qui est mauvais (rah)? Ton esclave savourerait-il ce qu'il mangerait et ce qu'il boirait?...» Enfin le mot ki; au commencement du 16e verset, nous le traduisons par «oui, certainement», comme par exemple, Genèse 4:23; 31:42; Nombres 22:33; Job 8:6; Ésaïe 15:1, etc.

Nous obtenons ainsi la traduction suivante:

15. «Il mangera de la crème et du miel, lorsqu'il saura rejeter ce qui est mauvais et choisir ce qui est bon»; c'est-à-dire que, tout en étant d'âge à savoir repousser une nourriture trop fade pour en choisir une plus substantielle, Emmanuel sera réduit à ne tirer sa subsistance que des produits naturels du sol, à cause de la dévastation qui a eu lieu, par suite du châtiment de Dieu sous lequel le pays et ses habitants se trouvent encore. — Un détail qui confirme cette manière de traduire, c'est que, dans toutes les langues, l'hébreu y compris, quand on parle du bien et du mal, de ce qui est bon ou de ce qui est mauvais, c'est toujours l'idée du bien ou du bon qui se présente la première à la pensée, et qu'on énonce la première; on ne dit dans aucune langue: choisir entre le mal et le bien, mais entre le bien et le mal; c'est également ainsi que s'exprime Barzillaï dans sa réponse à David: «pourrai-je distinguer ce qui est bon d'avec ce qui est mauvais?» Or, dans notre passage, les termes sont renversés. Pourquoi cela? C'est qu'Emmanuel a devant lui une nourriture fade qui commence à le fatiguer; la première idée qui se présente dès lors à son esprit, c'est de repousser ce qu'il trouve mauvais pour choisir une nourriture meilleure. Ce rapport étroit et logique entre les sensations du moment et l'idée qui les exprime disparaîtrait complètement ici s'il s'agissait de choisir le bien moral et de repousser le mal moral. On chercherait en vain pourquoi le prophète à dérogé à un usage universel en renversant les termes, en disant repousser le mal et choisir le bien.

Verset 16. «Oui, [même avant cette époque] avant que l'enfant sache rejeter ce qui est mauvais et choisir ce qui est bon, la terre dont tu redoutes les deux rois sera désolée.»

Voici maintenant comment l'oracle s'est accompli:

Dans sa vision, le prophète voit dans le même horizon lointain, autant que Dieu, dans ce moment, permet à son regard de le sonder, et sans qu'il puisse distinguer aucun intervalle de temps, deux choses qui distinctes quant au temps, tel que nous le comptons, se trouvaient néanmoins dans le rapport de la plus étroite causalité: l'invasion dans le pays du Messie d'une puissance orientale qui le dévaste et le dépeuple, et le Messie vivant au milieu des conséquences directes de cette invasion, forcé, malgré lui, d'en accepter les conséquences. Dans la puissance orientale qui envahira le pays, le prophète, dans ce moment, ne reconnaît que la première puissance dont Dieu s'est servi pour châtier définitivement son peuple, le roi d'Assur, qui a mis fin à l'existence nationale du royaume des dix tribus; plus tard, le regard du prophète discernera derrière cette puissance celle de Babylone; Daniel et Zacharie verront d'autres puissances surgir après Babylone ce seront les Mèdes et Perses, les Grecs, la Syrie (Antiochus Épiphane) et finalement Rome. Ce n'est que quand le pays d'Emmanuel sera sous la puissance romaine qui, selon la volonté de Dieu, était complètement masquée par l'apparition du roi d'Assur dans le champ de la vision du prophète, qu'Emmanuel naîtra miraculeusement. Son pays sera toujours sous la domination de la puissance du monde, et il subira malgré lui, en en souffrant, les conséquences d'un état de choses qui a ses premières racines dans l'infidélité de la maison de David, éclatant au grand jour dans l'incrédulité railleuse d'Achaz. Le prophète ayant vu dans sa vision les premières conséquences de l'exil, la dévastation du sol, c'est sous la forme d'un homme qui, malgré lui, est obligé de se contenter de la nourriture peu substantielle des productions naturelles du sol, qu'il dépeint l'état de pauvreté et de dénuement du Messie. Dans toute prophétie il faut savoir saisir l'idée réelle qui est cachée par l'image. Dans le même ordre d'idées Ésaïe décrira plus tard le Messie comme «défait de visage, plus qu'aucun homme, et d'aspect plus que les fils des hommes» (Ésaïe 52:14), n'ayant, ni forme ni éclat quand on le regarde, ni aucune apparence pour qu'on le désire (Ésaïe 53:2,3). S'il s'agit, au contraire, de décrire la gloire du règne messianique, Dieu montrera au prophète le lion, l'ours et la vache paissant ensemble; un enfant étendant ses mains dans le trou d'un basilic, etc. Pour décrire le même état de choses le prophète s'écriera: «heureux vous qui semez auprès de toutes les eaux, laissant en liberté le pied du bœuf et de l'âne» (Ésaïe 32:20). De même Jacob bénissant ses fils décrit le bonheur du temps messianique sous des images qui indiquent la plus grande abondance de biens matériels: il y aura tant de vin, qu'on y lavera ses vêtements, on attachera l'âne au cep de vigne, les yeux seront rouges de vin (Genèse 49:11-12). D'ailleurs, nous n'hésitons pas à dire que la parole de Dieu étant infinie, et certaines prophéties s'étant accomplies dans l'histoire de Jésus-Christ de la façon la plus littérale possible (le partage de ses vêtements, le vinaigre qu'on lui a offert, son côté percé, etc.), il se peut que le Seigneur avant son ministère public, seul soutien de sa mère, après la mort de Joseph, ait été parfois réduit malgré lui à la nourriture la plus simple.

Le verset bien traduit ne présente donc aucune difficulté à l'interprétation messianique pour ceux qui croient à la prophétie; tandis que, de quelque façon qu'on le traduise, il ne peut pas s'appliquer à un simple fils d'Ésaïe; il serait tout aussi difficile de l'appliquer à un roi de Juda quelconque.

Le verset 16 ne présente pas non plus de difficulté à l'interprétation messianique: avant même que Juda soit dévasté et dépeuplé, ou pour rester dans la vision du prophète, avant que le Messie subisse les conséquences de cette dévastation (car, comme nous l'avons vu, ces deux époques se confondent en un seul moment pour le prophète), le royaume des dix tribus et la Syrie seront devenus la proie du roi d'Assur. Le royaume d'Israël perdit, en effet, son indépendance. Un grand nombre de ses habitants furent déportés vint ans après notre oracle, sous Salmanassar. Les restes des dix tribus demeurés dans le pays, ne cessèrent cependant de former un peuple distinct que plus tard quand Ésar-haddon (Esdras 4:2) fit transporter sur le territoire de l'ancien royaume des dix tribus les populations énumérées 2 Rois 17:24 et suivant; car alors Ils se mêlèrent complètement avec ces peuplades étrangères, et de ce mélange sortit la nation samaritaine, si hostile aux Judéens de retour de la captivité babylonienne. Cela arriva, selon les calculs des chronologistes juifs, dans la 22e année de Manassé, roi de Juda, par conséquent juste soixante-cinq ans après qu'Ésaïe eut rendu cet oracle. C'est ainsi que s'accomplit le verset 8e de notre chapitre. Là encore la Bible annotée (p. 72) est prête à admettre assez facilement une corruption du texte dont il n'y a cependant aucune trace.

Nous le répétons, le 7e chapitre d'Ésaïe ne présente pas de difficulté à l'interprétation messianique; de plus, le verset 8 du chapitre 8 ne s'explique que si le chapitre précédent s'applique au Messie; enfin le Nouveau Testament, dans Matthieu 1:22-23, suppose cette interprétation.

Dès lors la seule raison des exégètes rationaliste pour détourner le mot alemah de son sens habituel tombe, et l'Église chrétienne continuera, dans ses fêtes commémoratives de la naissance de Jésus-Christ, à lire, sans réticence et sans restriction mentale, le passage d'Ésaïe 7:14 comme on l'a lu de tout temps: «VOICI, LA VIERGE SERA ENCEINTE, ET ELLE ENFANTERA UN FILS ET L'APPELLERA DU NOM D'EMMANUEL»!


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