Illustration de Argumens et réflexions par Ostervald
Arguments et Réflexions
sur les livres et les chapitres du Nouveau Testament,
par Jean Frédéric Ostervald.


TROISIÈME ÉPÎTRE DE SAINT JEAN

CHAPITRE 1

Cette Lettre s'adresse à un chrétien nommé Gaïus.

Saint Jean loue le zèle que ce digne serviteur de Dieu avait pour la vérité et sa grande charité envers les fidèles. Il lui recommande quelques personnes qui avaient besoin de secours; il se plaint d'un certain homme nommé Diotrèphe, qui était apparemment évêque, et il rend un témoignage avantageux à Démétrius.

RÉFLEXIONS

On découvre, dans cette Épître,
1. le tendre amour que saint Jean avait pour Gaïus à cause de sa piété et de sa charité, et la grande joie qu'il ressentait de le voir dans un si bon état. Cela nous apprend que nous devons aimer et estimer surtout les gens craignant Dieu, et qu'il n'y a point de plus grande joie ni de plus douce consolation pour les vrais ministres du Seigneur, que de savoir que ceux qu'ils regardent comme leurs enfans marchent dans la vérité et dans la piété.
2. Les louanges que saint Jean donne à Gaïus, qui recevait les fidèles et les étrangers avec tant de cordialité et dont la charité était d'une si bonne odeur dans l'Église, nous montre que c'est une vertu très-agréable à Dieu et aux hommes que de faire du bien aux membres de l'Église et particulièrement à ceux qui sont fugitifs et persécutés pour l'Évangile.
3. Ce qui est dit ici de Diotrèphe, qui voulait être le premier et qui osait même résister à saint Jean, fait voir qu'il arrive de grands maux dans l'Église quand il se trouve des personnes qui refusent de se soumettre à l'ordre, et surtout des pasteurs ambitieux et qui veulent dominer; comme au contraire les Églises ne peuvent manquer d'être édifiées quand elles ont des ministres humbles et pieux et auxquels tout le monde rend un bon témoignage, tel qu'était Démétrius.
4. Nous avons un avertissement très-important dans ces paroles de saint Jean: Mon très-cher n'imite pas ce qui est mauvais; mais imite ce qui est bon: Celui qui fait le bien est de Dieu; mais celui qui fait le mal n'a pas vu Dieu. C'est-là ce qui distingue les vrais chrétiens d'avec les chrétiens faux et menteurs, et c'est par là aussi que nous devons nous examiner nous-mêmes et régler toute notre conduite.

Source: REGARD - Bibliothèque Chrétienne Online