Illustration de Argumens et réflexions par Ostervald
Arguments et Réflexions
sur les livres et les chapitres du Nouveau Testament,
par Jean Frédéric Ostervald.


ÉPÎTRE DE SAINT PAUL AUX HÉBREUX

Saint Paul écrivit cette Épître, comme on a lieu de le croire, l'an 61 de Notre Seigneur, étant prisonnier à Rome, et il l'adressa aux Hébreux, c'est-à-dire aux Juifs qui s'étaient faits chrétiens. Son but est de les affermir dans la profession de l'Évangile et dans la sainteté, et d'empêcher qu'ils n'en fussent détournés par l'attachement qu'ils auraient pu conserver pour la religion et le culte des Juifs, par les persécutions que les chrétiens enduraient, et par la séduction du péché. Pour cet effet, il montre que Jésus-Christ est plus grand que Moïse, que l'Évangile est plus excellent que la loi, et que les cérémonies et les sacrifices de la loi avaient eu leur accomplissement en Jésus-Christ, et étaient par conséquent abolis par sa venue et par son sacrifice. C'est ce que l'apôtre traite dans les dix premiers chapitres. Il exhorte, dans les trois derniers, les Hébreux à la persévérance dans la foi, à la patience dans les afflictions, et aux plus importans devoirs de la piété.

CHAPITRE 1

Saint Paul enseigne que Dieu s'était fait connaître aux hommes par Jésus-Christ d'une manière plus parfaite qu'il n'avait fait auparavant. Il prouve l'excellence de l'Évangile par la dignité infinie de Jésus-Christ, le Fils de Dieu; il montre qu'il a été élevé dans le ciel à une gloire suprême et qu'il est au-dessus des anges, et il établit la divinité de sa personne.

RÉFLEXIONS

1. La première vérité que saint Paul enseigne, dans cette Épître, est que Jésus-Christ n'est pas un simple homme, ou seulement un grand prophète, ni même un ange; mais qu'il est infiniment au-dessus des prophètes et des anges, étant le propre Fils de Dieu; que c'est par lui que le monde a été créé, que Dieu l'a fait seoir à sa droite, et que c'est lui que tous les anges adorent comme leur maître. Puisque saint Paul établit d'abord cette doctrine de la divinité de Notre Seigneur, et que c'est par là qu'il prouve l'excellence de la religion chrétienne, il parait clairement que c'est là une doctrine que tous les chrétiens doivent croire, et sur laquelle toute la religion est fondée.
2. Ce que saint Paul dit ici, que Dieu nous a parlé dans les derniers temps par son Fils, nous engage à louer Dieu de ce que nous avons l'avantage de vivre sous la plus parfaite de toutes les dispensations et dans les temps heureux de l'Évangile.
3. Puisque Dieu nous a fait connaître sa volonté par son propre Fils et qu'il s'est manifesté à nous d'une manière plus claire qu'il n'avait fait auparavant, nous sommes dans une obligation indispensable de profiter des avantages de l'alliance de grâce et de surpasser en sainteté ceux qui ont vécu avant la venue de Jésus-Christ.
4. Enfin la considération de la divinité de Notre Seigneur et de la suprême puissance où il est élevé dans le ciel, doit nous porter à l'adorer, à mettre notre espérance en lui, et à obéir à l'Évangile qu'il nous a fait annoncer; et c'est ce que saint Paul fait voir dans le chapitre suivant.

CHAPITRE 2

Saint Paul
exhorte les Hébreux à demeurer fermes dans la profession de l'Évangile, qui avait été annoncé par Jésus-Christ et par les apôtres, et confirmé par les dons du Saint-Esprit.
Il montre, pour cet effet, que quoique Jésus ait été lui homme et qu'il se soit abaissé jusqu'à la mort, toutes choses lui sont soumises, et que Dieu l'a élevé à la gloire céleste après ses souffrances.
Il fait voir enfin que Dieu a voulu que Notre Seigneur prît notre nature et qu'il souffrît afin qu'il pût racheter les hommes de la puissance du diable et de la mort, et afin que les fidèles apprissent, par son exemple, à ne point craindre les afflictions.

  I. 1-4;
 II. 5-9;
III. 10-18.

RÉFLEXIONS

1. Saint Paul nous apprend ici, en premier lieu, que puisque l'Évangile a été annoncé par Jésus-Christ et par les apôtres, et confirmé par les dons du Saint-Esprit, nous avons des preuves incontestables de la divinité de la doctrine chrétienne, et qu'ainsi nous serons entièrement inexcusables et que nous n'échapperons pas à la vengeance de Dieu, si nous négligeons ce grand salut qui nous est offert, et si nous ne nous attachons pas à l'Évangile par une profession ouverte de la vérité et par une obéissance sincère.
2. La considération de la gloire et de la puissance dont Jésus-Christ a été revêtu après son humiliation et sa mort, nous apprend que les souffrances auxquelles. les fidèles sont exposés n'empêcheront pas qu'ils ne parviennent à la gloire, la volonté de Dieu ayant été de les y conduire par la même voie que Jésus-Christ y est parvenu.
3. Nous devons considérer que le Fils de Dieu s'est fait homme et qu'il a été moindre que les anges pendant un temps, afin que, par un effet de la bonté de Dieu, il pût mourir pour tous les hommes, faire l'expiation de leurs péchés, et détruire l'empire du diable et de la mort.

Cette doctrine doit nous remplir de joie et d'une ferme confiance en Dieu par Jésus-Christ; elle nous engage aussi très-fortement à vivre comme ses rachetés et à fuir le péché, puisqu'autrement nous retomberions sous la puissance du diable et de la mort, d'où Notre Seigneur était venu nous délivrer.

CHAPITRE 3

L'apôtre fait deux choses dans ce chapitre.
1. Il fait voir, premièrement, que Jésus-Christ était beaucoup au-dessus de Moïse, puisque Moïse n'a été que serviteur dans la maison de Dieu, au lieu que Jésus-Christ, comme Fils, en est le Seigneur et le maître.
2. Il exhorte les Hébreux à obéir à l'Évangile et à ne pas imiter les Israélites, qui furent exclus du pays de Canaan et qui moururent dans le désert à cause de leur rébellion et de leur incrédulité. (Nombr. XIV. 21. Psaum. XCV. 7.)

 I. 1-6;
II 7-19.

RÉFLEXIONS

1. Ce que saint Paul dit, dans ce chapitre, de l'excellence de la personne et du ministère de Jésus-Christ, par-dessus la personne et le ministère de Moïse, nous met devant les yeux, d'un côté, l'obligation où les chrétiens sont d'obéir fidèlement à Jésus-Christ, et de l'autre la grandeur du crime dont se rendent coupables contre lui ceux qui tombent dans la désobéissance et dans l'infidélité.
2. Nous avons à considérer ici que les anciens Israélites, pour avoir été rebelles et incrédules lorsque Moïse leur faisait entendre la voix de Dieu, moururent dans le désert, et que Dieu jura qu'ils n'entreraient point dans le repos qui était préparé dans le pays de Canaan pour le peuple d'Israël. C'est ainsi que Dieu a résolu d'exclure du repos céleste ceux dont le coeur s'égare, et qui l'irritent par leur rébellion et par leur endurcissement. Cela nous presse fortement d'être attentifs et soumis à la voix de l'Évangile, et de profiter du temps et de la grâce, comme saint Paul nous le représente par cette grave exhortation: Si vous entendez aujourd'hui la voix de Dieu, n'endurcissez point vos coeurs. Prenez garde qu'il n'y ait en quelqu'un de vous un coeur mauvais et incrédule qui vous fasse abandonner le Dieu vivant; mais exhortez-vous les uns les autres pendant que ce jour et ce temps de la grâce dure, de peur que quelqu'un de vous ne s'endurcisse par la séduction du péché.

CHAPITRE 4

Saint Paul
continue à montrer que comme les Israélites rebelles n'entrèrent pas dans le pays de Canaan les chrétiens incrédules n'entreront point dans le ciel. Il remarque, pour cet effet, que ce que David dit dans les psaumes, du repos de Dieu, ne doit pas tant s'entendre du pays de Canaan comme du vrai repos, qui consiste dans la possession du salut que Jésus-Christ nous a acquis.
Il conclut de là que nous devons tâcher d'entrer dans ce repos; il déclare que les incrédules n'éviteront point les menaces que la parole de Dieu leur dénonce, puisque cette parole est vivante, divine et véritable.
Enfin, pour engager les Hébreux à la persévérance dans la profession chrétienne et à la constance dans les afflictions, il leur représente que nous avons en Jésus-Christ un sacrificateur qui est élevé dans le ciel, et qui, outre cela, ayant souffert lui-même, est disposé à avoir pitié de nos faiblesses et à nous aider dans tous nos besoins.

 I. 1-10;
II. 11-16.

RÉFLEXIONS

Nous apprenons, dans ce chapitre,
1. premièrement, que ceux qui méprisent et qui négligent les promesses de l'Évangile s'en trouveront privés, et que la parole de Dieu ne sert de rien lorsqu'elle n'est pas accompagnée de la foi en ceux qui l'entendent; ainsi tous ceux à qui cette parole et ces promesses sont annoncées, doivent prendre garde à les recevoir avec obéissance de foi.
2. Saint Paul nous enseigne qu'il y a un repos que Jésus-Christ nous a acquis et qui est beaucoup plus excellent que celui qui était promis au peuple d'Israël dans la terre de Canaan, et que tout de même que les Israélites ne purent entrer dans ce pays-là à cause de leur incrédulité et de leur rébellion, ceux qui désobéissent à Jésus-Christ et qui méprisent son Évangile seront privés du repos éternel. La conséquence que saint Paul veut que nous tirions de là, c'est de faire tous nos efforts pour entrer dans ce repos, de peur que nous ne tombions dans une semblable rebellion.
3. Pour nous engager à ce devoir, l'apôtre nous représente que la parole de Dieu est vivante et véritable, que les menaces de l'Évangile sont très-certaines, qu'elles s'exécuteront infailliblement, et que nous ne saurions échapper à celui à qui nous avons à faire, vu que toutes choses sont nues et découvertes devant lui.
4. Enfin puisque nous savons que Jésus, notre grand sacrificateur, est entré dans le ciel après avoir été lui-même éprouvé comme nous en toutes choses, excepté dans le pêché, et qu'il est avec cela miséricordieux et plein de bonté, nous avons les plus puissans motifs à demeurer fermes dans la profession que nous faisons de croire en lui, à nous confier en ses promesses, et à nous approcher avec confiance du trône de la grâce, afin d'y obtenir miséricorde et d'y trouver grâce, pour être secourus dans tous nos besoins.

CHAPITRE 5

Saint Paul, voulant traiter du sacerdoce de Notre Seigneur, montre,
1. en premier lieu, que Jésus-Christ a été appelé de Dieu à la charge de sacrificateur; ce qu'il prouve par deux oracles tirés du livre des Psaumes, et surtout par celui où il est dit que le Messie devait être sacrificateur selon l'ordre de Melchisédec (Ps. CX.).
2. Il dit ensuite que Jésus-Christ a fait les fonctions de sacrificateur lorsqu'il a souffert la mort pour le salut des hommes.
3. Enfin étant sur le point de parler du sacerdoce de Notre Seigneur et du rapport qu'il y avait entre lui et Melchisédec, il reproche aux Hébreux le peu de progrès qu'ils avaient faits dans la connaissance des mystères de la religion qu'il allait leur expliquer.

  I. 1-6;
 II. 7-10;
III. 11-14.

RÉFLEXIONS

Nous recueillons de ce chapitre,
1. que Jésus-Christ a été établi de Dieu pour être notre sacrificateur, et qu'en cette qualité il s'est offert en sacrifice pour les péchés des hommes. Cela nous engage à regarder Jésus-Christ comme celui qui nous a acquis le salut et qui nous a rendu Dieu favorable; mais cela doit aussi nous convaincre de l'obligation où nous sommes de nous soumettre à l'Évangile par une vraie obéissance, puisque, comme saint Paul le dit, Jésus-Christ n'est devenu l'auteur du salut éternel que pour ceux qui lui obéissent.
2. La seconde réflexion regarde les souffrances de Jésus-Christ. L'apôtre les décrit, en disant que Notre Seigneur ayant offert des prières à Dieu dans le temps de sa passion, avec cris et avec larmes, a été exaucé, et qu'il a appris l'obéissance par les choses qu'il a souffertes. Saint Paul disait cela non-seulement pour montrer que Jésus-Christ a fait sur la terre les fonctions de sacrificateur; mais aussi pour consoler les fidèles affligés et persécutés. Les enfans de Dieu peuvent reconnaître, par ce qui est arrivé à Notre Seigneur, que s'ils sont dans la souffrance ils ressemblent en cela à leur Sauveur; que Dieu leur envoie ces afflictions afin de leur apprendre à obéir, à être patiens, et à l'invoquer avec plus d'ardeur; et qu'il ne manquera pas de les exaucer et de les délivrer lorsqu'ils lui présenteront leurs prières dans leurs besoins.
3. Nous devons considérer que si l'apôtre reprochait aux Hébreux d'être peu avancés dans la connaissance et d'avoir encore besoin qu'on leur enseignât les rudimens du christianisme, il nous serait bien plus honteux que l'on nous fit avec justice de semblables reproches, vu le temps qu'il y a qu'on travaille à nous instruire. Ainsi nous devons nous exciter de plus en plus à acquérir de nouvelles lumières et à faire tous les jours des progrès dans les connaissances de la religion.

CHAPITRE 6

Saint Paul dit aux Hébreux
1. que son dessein n'était pas de leur enseigner les premiers rudimens de la religion, mais qu'il voulait leur proposer des doctrines plus sublimes, en leur parlant du rapport qu'il y avait entre Jésus-Christ et Melchisédec, et les anciens sacrificateurs.
2. Pour les exciter à s'avancer dans la connaissance des mystères de l'Évangile, il leur met devant les yeux le malheur de ceux qui négligent de s'affermir dans la foi, qui méprisent les lumières et les grâces qu'ils ont reçues de Dieu, et qui ne portent pas les fruits qu'il attend d'eux: c'est qu'ils viennent enfin à abandonner Jésus-Christ et la vérité.
3. Il fait connaître aux Hébreux qu'il ne leur parlait ainsi que pour réveiller leur zèle, puisque du reste il était persuadé qu'ils ne s'exposeraient pas à un tel malheur.
4. Enfin, pour fortifier leur foi, il leur représente la fermeté des promesses de Dieu par l'exemple d'Abraham et la certitude de l'espérance que l'entrée de Jésus-Christ dans le ciel donne aux fidèles.

  I. 1-3;
 II. 4-8;
III. 9-12;
IV. 13-20.

RÉFLEXIONS

1. On doit faire une grande attention aux premiers versets de ce chapitre, puisque saint Paul y marque quels sont les articles fondamentaux de la religion, savoir: la doctrine de la foi en Dieu, celle de la repentance et du renoncement au péché, celle du baptême, celle de la résurrection des morts, et celle du jugement dernier. Ainsi ce sont-là les doctrines que nous devons tous croire fermement, et sans lesquelles il n'y peut avoir de salut.
2. L'apôtre nous apprend qu'il ne suffit cependant pas de connaître ces doctrines-là; mais que les chrétiens doivent tendre à une plus grande perfection, et joindre à la connaissance des vérités essentielles celle des autres doctrines qui servent à éclaircir la religion et à confirmer la foi. Saint Paul fait même comprendre que quand on néglige de s'avancer dans la connaissance, on se met en danger de perdre le goût pour les vérités de la religion, de renoncer à la foi, et de tomber dans l'incrédulité.
3. Nous voyons ici que ceux qui, après avoir été éclairés et avoir reçu et goûté la bonne parole de Dieu et le don céleste, viennent à abandonner la vérité et la piété, ne sauraient se repentir que très-difficilement, et que persévérant dans cet état, il faut qu'ils y périssent. Cela doit nous donner une extrême crainte de pécher contre nos lumières, de mépriser la parole de Dieu, et de résister à l'opération et à l'attrait de sa grâce, de peur que nous n'encourions la malédiction que saint Paul dénonce à ceux qui abusent des grâces du ciel; ce qu'il représente sous l'image d'une terre qui reçoit souvent la pluie et la culture, et qui ne produit que des épines et des chardons, laquelle, à cause de cela, est maudite et destinée à être brûlée.
4. Enfin ceux qui croient à l'Évangile et qui montrent la sincérité de leur foi par leur patience et par leur charité, doivent considérer, pour leur consolation et pour leur encouragement, ce que l'apôtre dit ici, que Dieu n'est point injuste pour oublier leur travail, que ses promesses sont immuables, puisqu'elles ont été faites avec serment et confirmées, outre cela, par l'exaltation de Jésus-Christ dans la gloire céleste, où il est entré comme notre précurseur. C'est là l'espérance des fidèles qui, comme une ancre sûre et ferme, pénètre jusque dans le ciel et les rend inébranlables au milieu des tentations et des afflictions auxquelles ils sont exposés.

CHAPITRE 7

Saint Paul montre, dans ce chapitre
(vers. 1-3.),
l'excellence du sacerdoce de Jésus-Christ, par cette considération qu'il est sacrificateur selon l'ordre de Melchisédec. Pour cet effet, il remarque que Melchisédec était sacrificateur d'une autre manière que les sacrificateurs juifs; ce qui paraît parce qu'il était roi et parce que l'Écriture ne rapporte point sa généalogie, et qu'elle ne dit pas qu'il ait eu des prédécesseurs ni des successeurs après sa mort; en quoi il a été le type de Jésus-Christ, qui vit d'une vie immortelle après sa résurrection, et qui est notre seul et unique sacrificateur.
(vers. 4-10.),
l'apôtre ajoute que Melchisédec était au-dessus d'Abraham, ce patriarche lui ayant, donné la dîme du butin.
(vers. 11-19.),
il remarque, outre cela, que Jésus-Christ n'était pas de la famille d'Aaron, de laquelle les sacrificateurs juifs, étaient pris.
(vers. 20-25.),
et que Dieu avait promis avec serment que le sacerdoce selon l'ordre de Melchisédec serait éternel. Par toutes ces considérations, saint Paul veut prouver que le sacerdoce du Messie était d'une toute autre nature que celui des sacrificateurs juifs, qu'il devait être roi et sacrificateur tout ensemble, et seul sacrificateur; que son sacrifice a dû être unique et très-parfait, et que par conséquent le sacerdoce lévitique devait être aboli.
(vers. 26-28.),
sur la fin du chapitre l'apôtre montre que Jésus-Christ était au-dessus, des sacrificateurs juifs par sa parfaite sainteté.

RÉFLEXIONS

La principale réflexion qu'il faut faire sur tout ce chapitre, c'est de reconnaître et d'admirer la sagesse infinie de Dieu, qui avait si bien marqué dans les anciens oracles ce que le Messie devait être, comme saint Paul le fait voir, en montrant avec tant d'évidence et tant de force, par la loi même et par le Vieux Testament, que le service et le sacerdoce lévitique devaient être abolis par le sacrifice de Notre Seigneur Jésus-Christ. Cela doit nous convaincre puissamment de la vérité de l'Évangile, et nous inciter à sonder et à méditer les Écritures et les oracles des prophètes, où l'on trouve de si belles preuves de la divinité de la doctrine chrétienne. Et puisque tout ce chapitre tend à nous instruire de la perfection et de l'efficace du sacrifice de Jésus-Christ, nous ne pouvons pas douter que nous ne trouvions en lui tout ce qui est nécessaire pour obtenir le pardon de nos péchés et pour purifier nos âmes, et qu'ayant pour notre sacrificateur et pour notre roi celui qui est parfaitement saint et élevé au dessus des cieux, il ne puisse sauver parfaitement tous ceux qui s'approchent de Dieu par lui.

CHAPITRE 8

L'apôtre fait deux choses.
1. Il continue à montrer que Jésus-Christ était au-dessus des sacrificateurs juifs, par cet endroit qu'ayant été élevé au ciel, il est ministre et sacrificateur du sanctuaire céleste, au lieu que les anciens sacrificateurs n'étaient ministres que du sanctuaire qui était sur la terre.
2. Il montre, dans la même vue, que Dieu avait prédit par le prophète Jérémie que l'alliance qu'il avait traitée autrefois avec le peuple d'Israël serait abolie, et qu'il en traiterait une plus excellente avec les hommes, dans laquelle il leur pardonnerait leurs péchés et les sanctifierait par son Esprit.

 I. 1-6;
II. 7-13.

RÉFLEXIONS

Ce chapitre nous engage à faire ces trois réflexions:
1. La première, que nous avons un grand sacrificateur qui est assis dans les cieux à la droite de la majesté divine. Cette entrée de Jésus-Christ dans le ciel est ce qu'il y a de plus propre pour nous convaincre pleinement de la perfection et de l'efficace de son sacrifice, et pour nous assurer aussi qu'il a acquis à tous les fidèles le droit à la gloire céleste, et qu'il les y élèvera un jour.
2. La deuxième réflexion concerne le privilège que nous avons d'être reçus dans la nouvelle alliance que Dieu avait promis de traiter avec les hommes dans le temps du Messie. Ce doit être là pour nous un sujet continuel de reconnaissance et d'actions de grâces.
3. En troisième lieu, puisque le but que Dieu s'est proposé dans cette alliance a été de mettre ses lois dans notre coeur, de nous remplir tous de sa connaissance et de sa crainte, et de nous pardonner nos péchés, nous devons reconnaître que cette alliance nous deviendra inutile, à moins que nous ne répondions de notre côté aux desseins de Dieu, et que nous ne nous acquittions fidèlement des devoirs auxquels elle nous engage. C'est ce que nous apprend l'exemple des Juifs qui n'observèrent pas l'alliance du Seigneur et qui furent rejetés à cause de cela.
4. Enfin puisque Dieu avait promis qu'il mettrait lui-même ses lois dans nos coeurs et dans nos entendemens, nous devons le prier que, selon ses promesses, il nous augmente de plus en plus sa connaissance, et qu'il imprime sa crainte et son amour dans nos coeurs par l'efficace de sa grâce, en sorte que nous soyions son vrai peuple et qu'il soit aussi toujours notre Dieu.

CHAPITRE 9

Saint Paul
fait une description de l'ancien tabernacle et du service qui s'y faisait, et il remarque principalement que le souverain sacrificateur entrait, une fois l'an seulement, dans le lieu très-saint: ce qui faisait voir que le chemin du ciel n'était pas encore ouvert aux hommes.
Il montre, après cela, que les sacrifices et les diverses cérémonies des Juifs étaient des figures de ce qui devait arriver un jour, et en particulier, que l'entrée du souverain sacrificateur dans le lieu très-saint marquait que Jésus-Christ entrerait dans le ciel par son propre sang, et qu'il nous obtiendrait par ce moyen une rédemption éternelle, son sang ayant une vertu pour sanctifier les hommes que celui des victimes légales n'avait pas.
L'apôtre ajoute que comme l'ancienne alliance avait été confirmée par le sang des victimes, la nouvelle, qui est plus excellente, l'a été par le sang de Jésus-Christ.
Il conclut de tout cela que le sacrifice de Notre Seigneur est parfait et d'une vertu infinie, qu'il ne doit point être réitéré, et que Jésus-Christ étant mort une fois, il n'y a plus rien à attendre, sinon qu'il vienne au dernier jour pour introduire les fidèles dans sa gloire.

  I. 1-10;
 II. 11-14;
III. 15-24;
IV. 25-28.

RÉFLEXIONS

La comparaison que saint Paul fait entre les sacrificateurs de la loi et Jésus-Christ, tend principalement à nous instruire de l'efficace de sa mort et de son sacrifice.

Nous voyons ici que le sang de Jésus-Christ a une vertu que les sacrifices de la loi n'avaient point, en ce qu'il nous a ouvert le ciel, où Notre Seigneur est entré pour nous aussi bien que pour lui; ce qui nous élève aux plus glorieuses espérances.

Mais saint Paul nous apprend aussi que ce sang doit nous sanctifier et purifier notre conscience des oeuvres mortes pour servir le Dieu vivant; par où nous voyons que le sacrifice de Jésus-Christ nous impose la nécessité de travailler à notre sanctification, et qu'il nous met en état de le faire. Il faut méditer, dans les mêmes vues, ce qui est dit dans ce chapitre, que l'alliance de l'Évangile a été confirmée par le sang et par la mort du Fils de Dieu. Dès-là cette alliance est ferme et immuable en tout ce qu'elle contient; les devoirs qu'elle prescrit sont tout-à-fait inviolables et sacrés, et ses menaces, de même que ses promesses, s'exécuteront infailliblement.

Enfin, si le sacrifice de Jésus-Christ est unique et ne peut plus être réitéré, et s'il ne reste plus rien, sinon qu'il revienne au dernier jour pour sauver ceux qui l'attendent en vivant dans la piété, il s'ensuit de là qu'il n'y a qu'un seul moyen et qu'un seul temps pour obtenir le salut. Ce seul moyen, c'est de profiter de la grâce qui nous est présentée en Jésus-Christ; et ce seul temps, c'est le temps de cette vie, puisqu'il est ordonné aux hommes de mourir une fois, et qu'après la mort suit le jugement.

CHAPITRE 10

Saint Paul
fait voir que les sacrifices de la loi n'avaient point la vertu d'expier les péchés des hommes ni de les purifier, et qu'il n'y a que le sacrifice de Jésus-Christ et l'oblation qu'il a faite une seule fois de son corps, par la volonté de Dieu, qui ait pu produire cet effet.
Ayant ainsi achevé de prouver l'imperfection des sacrifices des Juifs et la perfection de celui de Notre Seigneur, il exhorte les Hébreux à s'approcher de Dieu avec confiance, et à persévérer dans la profession de la religion chrétienne et dans la pratique des bonnes oeuvres. Il menace des peines les plus terribles ceux qui, après avoir reçu la connaissance de l'Évangile, tomberont dans la désobéissance et dans l'apostasie. Et de peur que les persécutions n'ébranlassent la foi des chrétiens et ne les fissent douter de la vérité des promesses de Dieu, il les exhorte à souffrir avec la même constance qu'ils avaient fait jusqu'alors, et à attendre patiemment, et avec une foi ferme, l'accomplissement de ces promesses.

  I. 1-18;
 II. 19-25;
III. 26-31;
IV. 32-39.

RÉFLEXIONS

1. La première partie de ce chapitre nous instruit de la perfection du sacrifice de Jésus-Christ, et de ses fruits.
Saint Paul nous y enseigne que nos péchés ont été expiés par l'oblation que Jésus-Christ a faite de son corps sur la croix, et qu'après s'être offert en sacrifice pour les péchés des hommes, il s'est assis pour toujours à la droite de Dieu. Outre cela l'apôtre nous fait considérer ce sacrifice de Notre Seigneur comme un effet de sa soumission à la volonté de son père et de son amour envers nous. Ce sont là des considérations qui doivent nous persuader que l'ouvrage de notre rédemption est pleinement accompli, nous inspirer un ardent amour pour ce Sauveur et nous engager à nous soumettre aussi en toutes choses à la volonté de Dieu.
2. La seconde partie de ce chapitre nous donne ces quatre instructions:
1. La première, que puisque Jésus-Christ nous a acquis par sa mort et par son ascension la liberté d'entrer dans le ciel, nous pouvons nous approcher de Dieu avec une pleine confiance, pourvu que nous le fassions avec un coeur pur et nettoyé des souillures du péché.
2. La seconde, que nous devons persévérer dans la profession publique de notre foi et nous exciter continuellement les uns les autres à la piété, à la charité et à toutes sortes de bonnes oeuvres.
3. La troisième, que quoique l'Évangile soit une alliance de grâce, il menace des peines les plus effroyables ceux qui l'auront violée. Saint Paul dit, sur ce sujet, que ces supplices que l'Évangile dénonce à ceux qui auront méprisé le sang du Fils de Dieu et outragé son Esprit, seront infiniment plus rigoureux que ceux qu'on faisait souffrir aux Juifs qui avaient violé la loi de Moïse, et qu'il ne reste plus de sacrifice pour les chrétiens rebelles et apostats; mais qu'il n'y a pour eux que l'attente formidable du jugement, et que c'est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant.
4. Saint Paul nous enseigne ici qu'il ne faut pas que les chrétiens perdent jamais courage dans les persécutions, qu'ils doivent même souffrir avec joie la perte de leurs biens et les afflictions les plus fâcheuses pour Jésus-Christ, lorsqu'ils y sont appelés, puisqu'ils trouveront infailliblement auprès de Dieu une grande récompense, et qu'après avoir fait sa volonté ils recevront l'effet de ses promesses.

CHAPITRE 11

L'apôtre, pour affermir la foi des Hébreux contre les persécutions,
leur propose l'exemple des patriarches et des anciens fidèles, lesquels, par leur foi et par leur confiance aux promesses de Dieu, lui avaient été agréables et avaient surmonté les épreuves les plus dures (vers. 1-19).
C'est dans cette vue qu'il parle de la nature de la foi et de ses effets merveilleux, et qu'il allègue l'exemple d'Abel, d'Énoch, de Noé, d'Abraham et de Sara (vers. 20-22).
Il y ajoute celui d'Isaac, de Jacob et de Joseph, lesquels, par les bénédictions qu'ils donnèrent à leurs enfans, et par ce qu'ils dirent avant leur mort, montrèrent qu'ils étaient persuadés que les promesses de Dieu s'accompliraient (v. 23-31).
Il parle de Moïse, de la sortie d'Égypte et de la conquête du pays de Canaan (vers. 32-40),
et enfin des juges, de Samuel, du roi David et de plusieurs prophètes et martyrs, qui, soutenus par leur foi, avaient fait les plus grandes merveilles et avaient souffert avec constance toutes sortes de tourmens, et même la mort.

RÉFLEXIONS

Ce chapitre nous instruit de la nature de la foi et de ses effets. Saint Paul nous y enseigne que la foi est une vive et ferme persuasion des choses que Dieu nous a promises, et qu'elle nous fait regarder ces choses-là comme présentes, quoique nous ne les voyons pas encore. Il ajoute qu'elle consiste à croire qu'il y a un Dieu qui récompense ceux qui le servent, et à qui il est impossible d'être agréable sans cette foi-là.

L'apôtre nous met devant les yeux les merveilleux effets de la foi par les exemples d'Abel, d'Énoch, de Noé, des patriarches, des prophètes, des personnes illustres, et des saints qui ont vécu avant Jésus-Christ.

Ce qu'on doit recueillir en général de tous ces exemples, c'est:
1. que dès le commencement du monde, et dans tous les temps, il y a eu des saints qui ont crû en Dieu, qui ont espéré en ses promesses, et qui ont montré la sincérité de leur foi en lui obéissant même dans les choses les plus difficiles;
2. que la foi a toujours été nécessaire, et que personne n'a jamais été agréable à Dieu et n'a eu part à son approbation que par la foi;
3. que cette vraie foi a aussi toujours produit ces trois effets principaux, savoir: la confiance aux promesses de Dieu, l'obéissance à ses commandemens, et la constance dans les afflictions. C'est ce qu'on voit en particulier dans le patriarche Abraham, qui donna des preuves si illustres de sa foi en sortant de son pays et en offrant son fils Isaac en sacrifice, et qui, de même que ses fils, vécut sur la terre comme étranger et voyageur, attendant une meilleure vie, et cherchant sa patrie dans le ciel.

C'est ce qu'on remarque encore dans la conduite de Moïse, qui aima mieux souffrir avec le peuple de Dieu que de jouir des avantages qui lui étaient offerts dans l'Égypte, aussi bien que dans l'admirable constance que les anciens martyrs ont fait paraître en souffrant la persécution et les supplices les plus cruels.

Tous ces exemples doivent animer extraordinairement notre foi, nous remplir de courage et de zèle, et nous engager à obéir au Seigneur en toutes choses, et même à tout souffrir pour lui. Et si nous considérons, comme saint Paul le dit sur la fin de ce chapitre, que nous avons des avantages que ceux qui vivaient avant la venue de Jésus-Christ n'avaient pas, nous nous sentirons encore plus obligés de marcher sur les traces de ces grands serviteurs de Dieu, afin que, les imitant dans leur foi, nous arrivions comme eux à la perfection et au salut.

CHAPITRE 12

Saint Paul exhorte les Hébreux
1. à imiter l'exemple des fidèles du Vieux Testament, qu'il leur avait mis devant les yeux dans le chapitre précédent, et surtout celui de Jésus-Christ, et à endurer les afflictions avec constance.
2. Il leur fait remarquer de plus que les afflictions sont un effet et une marque de l'amour de Dieu, et qu'il en revient de grands avantages aux fidèles, et il les encourage par ces considérations à souffrir patiemment la persécution. Il les exhorte à la sainteté et à la persévérance dans la foi, et il les avertit d'éviter tout ce qui pourrait leur faire perdre la grâce de Dieu et de ne se pas laisser séduire par la sensualité.
3. Après cela il compare la manière dont la loi avait été publiée sur le mont de Sinaï avec la manière dont l'Évangile a été annoncé, et par là il veut montrer combien la punition de ceux qui auront méprisé la voix de Jésus-Christ et violé l'alliance de la grâce sera rigoureuse.

  I. 1-4;
 II. 5-11;
III. 14-17;
IV. 18-29.

RÉFLEXIONS

L'Apôtre nous apprend ici,
1. premièrement, que l'exemple des fidèles et des saints qui se sont autrefois rendus agréables à Dieu par leur foi, par leur patience et par leur obéissance, a beaucoup de force pour nous inciter à ces mêmes devoirs, surtout puisque Dieu nous a accordé plus de lumières et plus de grâces qu'à eux, et que nous avons, outre cela, devant les yeux l'exemple de Jésus-Christ, l'auteur et le consommateur de notre foi.
2. Saint Paul nous instruit sur les afflictions, et quoique ce qu'il dit regarde proprement les persécutions que l'on souffre pour l'Évangile, on peut l'appliquer à toutes les afflictions en général, puisqu'il est toujours vrai que Dieu nous châtie par un effet de son amour, afin de nous rendre participans de sa sainteté, et que les afflictions produisent de très-salutaires effets en ceux qui les reçoivent comme il faut.

Cela nous engage à ces deux devoirs:
1. l'un, de ne nous laisser jamais aller au découragement et au murmure dans les maux; mais de les souffrir patiemment et même avec joie, de quelque nature qu'ils soient, puisque c'est Dieu, notre père, qui nous les envoie, et qu'il ne le fait que pour notre bien.
2. L'autre devoir est de répondre aux vues que Dieu se propose en nous dispensant les afflictions d'en faire un bon usage, et de les rapporter à notre correction et à notre avancement dans la sainteté.
3. Nous voyons, dans ce chapitre, que nous sommes indispensablement obligés de vivre dans la paix et dans l'étude de la sanctification, et que sans cela il est impossible que nous voyions jamais le Seigneur.
4. L'apôtre nous avertit de travailler à nous conserver dans la grâce de Dieu et de prendre garde, pour cet effet, qu'il n'y ait en nous quelque principe d'incrédulité et de rébellion qui nous la fasse perdre; et il nous montre, par l'exemple d'Ésaü, qu'il importe surtout d'éviter la sensualité et de ne pas préférer les vains et frivoles avantages du monde aux biens éternels que Dieu nous promet, de peur que nous ne soyons privés de la bénédiction de notre Père céleste.
5. Enfin la comparaison que l'apôtre fait ici entre la loi et l'Évangile nous présente ces deux réflexions:
1. Que nous vivons sous une alliance beaucoup plus excellente que les Juifs, et que nous sommes par là étroitement obligés de la bien garder. C'est dans cette vue que saint Paul nous représente que nous sommes membres de l'Église chrétienne, que l'Évangile a été annoncé par le propre Fils de Dieu et confirme par son sang et que Dieu nous appelle à posséder une gloire infinie dans le ciel avec les anges et tous les saints.
2. Que quoique l'Évangile n'ait pas été publié avec un appareil aussi formidable que la loi le fut autrefois sur le mont de Sinaï, et que nous vivions sous une dispensation de grâce et de miséricorde, ceux qui mépriseront la voix du Fils de Dieu ont à craindre des peines beaucoup plus sévères que celles qui étaient dénoncées aux Juifs. C'est la vérité que saint Paul exprime en ces termes: Si ceux qui méprisaient celui qui parlait sur la terre ne sont pas échappés, nous échapperons beaucoup moins si nous nous détournons de celui qui parle du ciel. C'est pourquoi, en embrassant le royaume qui ne peut être ébranlé, conservons la grâce, afin que nous servions Dieu avec respect et avec crainte, et d'une manière que nous luis soyons agréables, car notre Dieu est aussi un feu consumant.

CHAPITRE 13

Dans ce dernier chapitre
l'apôtre exhorte les Hébreux à la charité, à la chasteté, au contentement d'esprit et à la confiance en Dieu.
Il leur recommande de se souvenir de leurs conducteurs et de ne se point laisser détourner de la pure doctrine qu'il leur avait enseignée, ni par ceux qui voulaient retenir les sacrifices et les cérémonies de la loi mosaïque, ni par la crainte de la persécution.
Il leur prescrit les vrais sacrifices des chrétiens, qui sont la louange et l'exercice de la charité, et il leur ordonne d'être soumis à leurs pasteurs.
Enfin il leur demande leurs prières, et il en fait lui-même pour leur sanctification.

  I. 1-6;
 II. 7-14;
III. 15-17;
IV. 18-25.

RÉFLEXIONS

Les devoirs qui sont prescrits dans ce chapitre sont les suivans.
1. De nous aimer les uns les autres comme frères, d'exercer la charité et l'hospitalité, et d'avoir soin surtout de ceux qui souffrent persécution pour l'Évangile.
2. De vivre dans la chasteté, soit que nous soyons mariés, soit que nous ne le soyons pas, et d'avoir en horreur toute impureté, nous souvenant que Dieu jugera un jour les personnes qui s'adonnent à ce péché-là.
3. De fuir l'avarice, d'être contens de notre état, et de nous reposer toujours sur la Providence de Dieu.
4. De regarder les choses du monde et ce qui flatte les désirs de la chair de la même manière que saint Paul voulait que les chrétiens regardassent les cérémonies de la loi, et de nous souvenir que la qualité de chrétiens et la foi en Jésus-Christ crucifié nous appellent à porter notre croix et à vivre en ce monde comme des personnes qui n'ont point ici bas de cité permanente, mais qui cherchent celle qui est à venir.
5. Ce chapitre nous apprend à ne jamais négliger le devoir de l'action de grâces et de la louange, non plus que celui de la charité et de l'aumône, puisque ce sont des sacrifices très-agréables à Dieu.
6. Saint Paul recommande aux chrétiens, à son ordinaire, de se souvenir de leurs pasteurs, de leur obéir et de leur être soumis comme à ceux qui veillent pour leurs âmes, et de prier continuellement pour eux.
7. Enfin il conclut ces exhortations et cette Épître par cette prière qu'il fait en faveur des Hébreux, et que nous devons tous faire pour nous-mêmes et les uns pour les autres: Que le Dieu de paix veuille vous rendre accomplis en toutes sortes de bonnes oeuvres pour faire sa volonté, et qu'il fasse lui-même en vous ce qui lui est agréable par Jésus-Christ, auquel soit la gloire aux siècles des siècles, Amen!

Source: REGARD - Bibliothèque Chrétienne Online