Bible Jean Frédéric Ostervald (1744)
(Édition revisée de 1996)



PRÉFACE DE L'ÉDITION DE 1996
DE LA TRADUCTION DE LA BIBLE REVUE PAR
J.F. OSTERVALD

À travers des siècles, depuis 1535 (date de la publication de la Bible d'Olivétan), la francophonie possédait une Bible fidèle. Cette Bible traditionnelle est la représentation juste de ce que nos frères ont utilisé à travers les âges. Elle est issue du Texte Reçu, qui est la préservation fidèle des textes originaux et conforme à l'immense majorité des manuscrits qui existent. Il faut rappeler qu'à sa publication en 1535, la Bible Olivétan a été la Bible des Vaudois (Chrétiens évangéliques des Alpes), ainsi que des réformateurs Calvin, Farel et Théoodore de Bèze. Elle a eu pour fruit des conversions en grand nombre, ainsi qu'un esprit de sacrifice et de réveil. En 1560 elle est appelée Bible de Genève. Jusqu'au début du 20ème siècle, elle se perpétue par les révisions d'Ostervald. Pendant tout ce temps rien n'a été enlevé à la Bible. Il convient donc de préférer la Bible traditionnelle car elle est l'héritière des textes utilisés par Dieu au fil des siècles, ceux qui sont les véhicules de sa bénédiction dans les plus grands réveils de la foi.

Cet ouvrage est une mise à jour de l'édition de 1886 d'une révision de la Bible D'Ostervald publiée pour la première fois en 1881, dont nous reproduisons ci-dessous la préface :



PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION
LA SOCIÉTÉ BIBLIQUE DE FRANCE

Aux Pasteurs, Anciens et Membres des Églises protestantes françaises.

Paris, juillet 1881

Nous possédons, dans la traduction de la Bible, revue par J. F. Ostervald, une version dont les origines se confondent avec celles mêmes de la Réformation, et l'histoire avec celles de nos églises françaises. Sa langue a été jusqu'à ce jour celle de tous nos sermonnaires, théologiens, controversistes et catéchistes. Ses citations remplissent depuis trois siècles tous les ouvrages protestants. Plusieurs fois revue et corrigée, d'Olivétan à Ostervald, elle s'est acquis sous ce dernier nom une faveur sans égale, a pris sa place dans tous nos temples, à tous nos foyers, dans toutes les mémoires, et n'a cessé dès lors d'être à la fois la plus offerte et la plus demandée, même à cette heure et depuis la diffusion des traductions nouvelles à bas prix. C'est en fait, notre véritable et seule version acclésiastique et populaire.

Il nous a semblé, après beaucoup d'autres, qu'il y avait là, dans ce passé considérable, dans ces longs et pieux services, dans ce ferme attachement des fidèles, non seulement des titres imposants, mais une puissance dont il serait aussi injuste qu'imprudent de ne pas tenir compte. Il nous a semblé qu'une version aussi profondèment entrée dans nos moeurs et dans notre confiance, présentait un terrain solide pour des progrès immédiats et facilement acceptables par tous.

Notre but a donc été simplement de renouer le fil trop longtemps rompu des Révisions succesives qui ont mis, siècle après siècle, cette antique version en état de suffire à sa tâche, et faute desquelles elle nous apparaît maintenant, ça et là, viellie, incorrecte et parfois à peine intelligible. Nous nous sommes proposé, d'après la méthode qui a toujours prévolu chez nos pères et que l'Angleterre, l'Amérique et l'Allemagne appliquent également à leurs propres versions, de la maintenir au niveau des progrès de la science et des modifications du langage. Heureux si nous pouvons par là conserver à nos églises le précieux avantage d'une version qui, au-dessus ou à côté des préférences individuelles, toujours respectables, soit et demeure la Bible de la grande famille évangélique française; en qui l'Église se reconnaisse en quelque sorte elle-même; qu'elle retrouve dans toutes ses chaires; à laquelle elle renvoie avec sécurité l'incroyant, le prosélyte, le faible dans la foi; version mesurée et sûre; expression, non de la science qui se fait, mais, autant que possible, de la science faite, dans ses résultats avérés; non des probabilités savantes de demain, mais des certitudes éprouvées d'aujourd'hui; version qui sauvegarde enfin, dans la patrie religieuse, la communauté d'une même langue pour une même foi.

C'est dans cette pensée que nous nous sommes mis à l'ouvrage. La Révision que nous offrons enfin complète au public, est due à une double initiative.

Le Nouveau Testament, (1) déjà favorablement connu depuis une dizaine d'années, est l'oeuvre particulière de M. le pasteur Ch. L. Frossard.

L'Ancien Testament, entrepis sous les auspices de notre Société, est l'oeuvre collective de théologiens et de pasteurs, la plupart désignés d'avance, par leur notoriété spéciale, pour une semblable tâche. Ce sont MM. Ch. Bois, professeur de théologie; P.Bornand, pasteur; Ch. Bruston, professeur de théologie; Ch. Byse, pasteur; P. Chapuis, D. Coussirat, professeurs de théologie; L. Favez, Ch. L. Frossard, feu H. Kruger, Ch. Laufer, E. Le Savoureux, E. Monnier, W. Monod, pasteurs.

Nous livrons aujourd'hui ces travaux à l'impartiale aapréciation de nos frères. Nous attendons de leur part d'utiles observations, et nous saurons en tirer profit.- ne souhaitant d'ailleurs qu'une chose : c'est que par la faveur de Dieu, cette oeuvre contribue en quelque mesure à maintenir toujours plus pure et bienfaisante, sur le chandelier de notre Église, la lumière divine qui doit éclairer la maison tout entière.

LE COMITÉ

Notre but dans cette édition n'est pas différent de celui des pasteurs et professeurs qui nous ont précédés. Leur souci reste le nôtre: qu'une Bible fidèle soit dans les mains de nos fidèles pour apprendre de Celui qui est toujours fidèle.

En ce qui concerne les modifications apportées, nous avons éliminé les chiffres romains et changé la formule du texte à celle du découpage en versets. Les notes et renvois de la Bible de 1886 sont rassemblés à la fin dans une liste selon la référence biblique, les renvois étant notés par un astérique dans le texte. Quelques transformations orthographiques ou grammaticales ont été effectuées, et quelques mots désuets ont été améliorés pour une meilleure compréhension. Ces modifications ne sont pas notées par des renvois. D'autre part, quelques altérations ont été portées au texte de 1886 pour raison de fidélité au Texte Reçu. Ces modifications sont notées par des renvois où figurent les mots exacts de la révision de 1886. Une autre transformation est à noter : le mot antichrist remplace antéchrist de la révision de 1886. Antichrist est la traduction fidèle du mot grec antichristos, qui signifie contre le ou l'opposant du Christ.

Nous ne pouvons que répéter ce que nos prédécesseurs ont souhaité il y a maintenant plus d'un siècle. Nous aussi, nous voulons que par la faveur de Dieu, cette oeuvre contribue en quelque mesure à maintenir toujours plus pure et bienfaisante, sur le chandelier de nos Église, "la lumière divine qui doit éclairer la maison tout entière."

AMEN !


(1)  D'après l'édition gr. in-8°, 1880, c'est-à-dire avec les dernières corrections de l'auteur.

Source : ithaca.1447