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Chapitre IV


De la Persévérance finale

Le cinquième et dernier point de l'Arminianisme implique, que la grâce qui sauve n'est pas un principe stable; mais que ceux qui sont aimés de Dieu, rachetés par Christ, et régénérés par l'Esprit, pourront (quoique Dieu souhaite le contraire et agisse en conséquence) détruire tout cela, et finalement périr pour toujours.

La doctrine de la persévérance des saints sera donc considérée dans ce chapitre; et la proposition qu'il s'agit de défendre est: que la foi véritable et qui sauve, ne peut être finalement perdue.

Pour mieux faire comprendre ceci, je rechercherai

  1. premièrement, ce qu'est la grâce qui sauve;

  2. secondement, ce que c'est que tomber totalement, et finalement;

  3. en troisième lieu, quels arguments peuvent être assignés, ou quelles raisons peuvent être données, pour rendre évident que cette grâce spéciale et qui sauve, ne peut être totalement et finalement perdue?

Première question

Qu'est-ce que la grâce qui sauve?

Réponse

  1. Négativement. Ce n'est pas la grâce de nature, ou la grâce naturelle, qui est considérée dans deux états;

    1. Dans l'état de pureté, le don originel de connaissance et de justice qui fût infusé dans l'âme aussitôt qu'elle eût son existence dans sa pure nature,

    2. Dans l'état tombé, les Gentils font naturellement les choses contenues dans la loi; leur conscience leur rendant témoignage, et leurs pensées les accusant ou les excusant, selon le bien ou le mal qu'ils font (voyez: Romains 2:14-15).

  2. En second lieu, ce n'est pas non plus la grâce surnaturelle commune, qui est appelée surnaturelle, comme ne pouvant être atteinte par les forces de la nature ou de la libre volonté; et commune, parce qu'elle est donnée soit aux élus soit aux non-élus. Telles furent la dextérité dans les vocations, donnée par l'Esprit à Bezaléel, et à Aholiab; Je l'ai rempli de l'Esprit de Dieu, en sagesse, et en entendement, et en connaissance, et dans toutes sortes d'ouvrages d'hommes, etc., etc. (Exode 31:2,6). Les dons ministériels, dont Judas fut participant. La joie en entendant la Parole, comme l'auditeur qui est une terre rocailleuse (Matthieu 13:20); et comme Hérode aussi, qui fit beaucoup de choses, et qui entendit avec plaisir la prédication de Jean (Marc 6:20). Ces goûts des choses célestes sont donnés aux serviteurs aussi bien qu'aux enfants; et ils diffèrent de la grâce qui sauve; dans leurs sujets, dans leur origine, dans leur efficace, dans leur propriété, dans leur durée, dans leur résultat et dans leur issue finale.

    1. Dans leurs sujets; La grâce qui sauve étant particulière aux élus seulement, et ne s'étendant pas plus loin que l'élection elle-même.

    2. Dans leur origine; la grâce commune découle de Christ, comme un rédempteur, mais non pas comme de leur rédempteur; et de l'esprit de Christ, assistant, mais non comme habitant en eux.

    3. Dans leur efficace; la grâce commune pourra qualifier pour une profession commune seulement, là où il n'y a qu'une forme de connaissance (Romains 2:20), et une forme de piété (2 Timothée 3:5) qui ne renouvelle point le cœur, ni ne l'élève au-dessus d'une forme commune; et qui cependant pourra faire beaucoup pour Dieu (avec le terrain rocailleux), et souffrir beaucoup pour Dieu (avec le terrain à chardons), et cependant n'être pas la grâce spéciale; «que le monde ne peut recevoir» (Jean 14:17) et qui vit, vivifie, et règne de telle manière, que le péché ne peut avoir domination (Romains 4:14). Les dons ne sont que des grâces mortes; mais les grâces sont des dons vivants.

    4. Dans leur propriété ou nature; la grâce ordinaire n'est que l'ornement et non la substance d'un chrétien; les dons, il est vrai, pourront embellir la grâce, mais la grâce seule sanctifie les dons; comme l'or embellissait le temple, mais c'était le temple qui sanctifiait l'or (Matthieu 22:17). Car des dons éminents, et la domination du péché; une forme de piété, et la puissance du péché; pourront habiter et exister ensemble.

    5. Dans leur durée; nous reconnaissons que la grâce ordinaire pourra être ôtée, ce n'est pas un don dont Dieu ne se repent point, comme cela est dit de ce don de la vocation effective (Romains 11:29). Les plus grands flots de dons spirituels pourront être réduits à moins qu'une goutte: au lieu que la moindre goutte de la grâce qui sauve, s'accroîtra jusqu'à devenir une rivière. Ainsi l'Esprit (dans les dons de courage et de gouvernement), se retira de Saül (1 Samuel 16:14) et les dons ministériels (comme l'œil droit et le bras droit, Zacharie 11:17) pourront manquer et dépérir (17).

    6. Dans leur résultat et leur issue finale; la grâce ordinaire aggrave la condamnation: De même qu'un vase qui s'engloutit, tombe d'autant plus profondément qu'il est plus chargé d'or; il en est de même des hommes, plus ils sont chargés de dons sans grâce, plus ils tombent profondément dans l'enfer. De même encore qu'une femme de mauvaise vie pourra avoir des enfants, mais ne peut en retirer ni honneur ni consolation, parce qu'ils sont bâtards; de même les grâces bâtardes telles que fausse espérance, fausse foi, faux amour, etc. (si nous ne sommes un avec Christ et mariés à lui), ne pourront jamais se terminer dans la joie. Nous pourrons nous féliciter dans la pensée que nous embrassons la belle Rachel (comme il arriva à Jacob), tandis qu'au matin de la résurrection, nous ne trouverons que Lea aux yeux malades.

  3. Mais en troisième lieu (et c'est à présent d'une manière positive que nous le prouvons), la grâce surnaturelle qui sauve, est la sanctification de l'Esprit, renouvelant en nous l'image de Dieu, nous guidant et nous fortifiant dans l'obéissance, et même à l'obéissance jusqu'à la fin. Elle est Son tout-puissant ouvrage sur le cœur des élus, leur donnant une communion certaine et continuelle, de toutes les spirituelles bénédictions, qui les conduisent progressivement jusqu'à l'état de gloire. «Ceux qu'il a prédestinés, il les a aussi APPELÉS, et ceux qu'il a appelés, il les a aussi justifiés; et ceux qu'il a justifiés, il les a aussi GLORIFIÉS» (Romains 8:30). «Il nous a rendus capables de participer à l'héritage des saints dans la lumière» (Colossiens 1:12). Les effets de cette grâce accompagnent le salut, étant des effets permanents; soit sur l'âme en justification et adoption, et dans l'âme en vocation, sanctification et persévérance pour la glorification. Cette grâce ne diffère pas de la gloire en nature, mais seulement en degré. La grâce est la gloire militante, comme la gloire est la grâce triomphante. C'est pourquoi, elle est appelée les richesses de sa GRÂCE (Éphésiens 1:7), et les richesses de sa GLOIRE (Romains 9:23). C'est cette grâce qui NE PEUT être ni totalement, ni finalement perdue; «l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une fontaine qui jaillira jusque dans la vie éternelle» (Jean 4:14).

Seconde question

Qu'est-ce que tomber totalement et finalement?

Réponse

  1. Tomber totalement, c'est que la grâce soit totalement morte en nous, soit dans les actions soit dans les habitudes. C'est qu'il n'y ait plus de vie, ni dans les branches, ni dans le tronc, ni dans les racines; nulle semence qui demeure en nous, ni aucune racine de cette grâce.

  2. Tomber finalement, c'est ne jamais se relever, ne jamais revenir à la repentance, mais mourir sans s'être repenti et sans être pardonné.

Troisième question

Quel argument scripturaire peut-il être assigné, ou quelles raisons peut-on donner, pour rendre évident que la grâce spéciale qui sauve, ne peut être totalement, ni finalement perdue?

Réponse

Les arguments, et les raisons assignées pourquoi, les élus de Dieu ne peuvent totalement et finalement déchoir de la grâce, sont les suivants:

  1. 1er argument. Il est pris de Dieu le Père dans son amour d'élection: Si l'amour du Père pour ses élus, est un immuable amour (Jérémie 31:3); s'il n'y-a en lui nulle variation, ni ombre de changement (Jacques 1:17), si nul ne peut les arracher des mains du Père (Jean 10:29), donc ses élus ne peuvent totalement et finalement tomber.

    Ni la force ni les ruses de l'enfer ne peuvent prévaloir contre l'amour du Père qui choisit, et qui marche parallèlement à l'éternité. «Dieu est amour» (1 Jean 4:8), et d'un Dieu éternel, il doit nécessairement procéder un amour éternel. Il regarde les siens et il leur dit: Oui je vous ai aimés d'un amour éternel; et c'est pourquoi par un effet de cet amour, je vous ai tirés avec les cordages de l'amour (Jérémie 31:3). Il doit être déclaré à l'Église de la part du Seigneur, que; «Le Seigneur ton Dieu qui est au milieu de toi est puissant; il te sauvera, il se réjouira sur toi avec joie; il se REPOSERA dans son amour; il se réjouira sur toi en chantant» (Sophonie 3:17). De là Paul (ayant parlé de quelques apostats qui étaient tombés), fortifie les cœurs des croyants, disant qu'ils seront affermis, à cause de l'élection, ou plutôt à cause de l'amour qui les a élus (2 Timothée 2:19). Il compare cet amour à un sceau et à un fondement, deux choses qui sont d'une grande valeur et d'une grande solidité. Les croyants sont debout comme sur un rocher, ils sont placés comme sur une montagne d'airain, et ainsi ils ne peuvent ni totalement, ni finalement tomber; car le Père n'est point inconstant dans son amour; il ne veut pas aimer aujourd'hui, et haïr demain.

  2. Le second argument est pris de Dieu le Fils dans son amour de rédemption, qui est inaltérable.

    Par cet amour tous les membres de Christ sont unis à Christ leur chef. Ni les, principautés, ni les puissances, ne pourront les séparer de l'amour de Dieu en Christ (Romains 8:38). «Et les portes de l'enfer ne peuvent prévaloir contre son Église» (Matthieu 16:18). Si un membre peut être séparé de Christ, tous peuvent donc l'être aussi; l'un n'ayant pas plus de privilège que les autres, quant à leur état et fermeté; ainsi Christ (d'après cette hypothèse), pourra être supposé une tête sans corps ou sans membres; et être mort en vain; deux choses qui sont grossièrement absurdes. Christ a prié pour la persévérance des siens; et pour que la foi de Pierre ne défaillît point (Luc 22:32), et pour que ses disciples fussent gardés du mal (Jean 17:15), même pour tous les croyants (Jean 17:20), et dans ce que Christ demande, il est toujours exaucé (Jean 11:41-42). Christ promet aussi la persévérance aux siens. «Tous ceux que le Père me donne viendront à moi» (Jean 6:37). Il ne retirera pas sa miséricorde de dessus eux-mêmes, dans ses plus sévères corrections (Psaumes 89:31-33). «Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'à la fin» (Jean 13:1). Et il n'en a perdu aucun (Jean 6:39). Il est un sauveur pour toutes les portions du corps (Éphésiens 5:23). Les saints sont dans les mains de Christ (Deutéronome 33:3), et il est aussi aisé d'arracher une étoile du ciel, qu'un des saints des mains de Christ (Jean 10:28); ils sont et ils seront tous gardés par le pouvoir de Dieu, par la foi, en vie éternelle. Sanctifiés (mis à part) par Dieu le Père, conservés en Christ, et appelés (Jude 1:1; 1 Pierre 1:5).

  3. Le troisième argument est pris de Dieu le Saint-Esprit, dans son amour de sanctification. Si l'opération de l'Esprit sur le cœur des croyants, est une œuvre solide et certaine, donc les vrais croyants ne peuvent tomber entièrement et finalement.

    La vérité de ceci se montre en ce que l'opération de l'Esprit est comparée dans l'Écriture,

    1. à une arrhe,

    2. à un sceau,

    3. à un témoin.

    1. Premièrement à une arrhe. Dieu nous a donné les arrhes de l'Esprit (2 Corinthiens 5:5). C'est l'arrhe de notre salut; non le gage qui doit être rendu. L'arrhe est une partie du marché, et le premier fruit du ciel; mais l'arrhe serait perdue, si la convention du salut ne demeurait pas ferme, et si celui qui a l'arrhe n'était pas sauvé: et si un tel individu était damné, il emporterait l'arrhe de l'Esprit avec lui, dans l'enfer, ce qui ne peut être qu'absurde.

    2. Secondement, à un sceau. La foi est notre sceau; l'assurance de foi est le sceau de Dieu. Celui qui croit a scellé que Dieu est véritable (Jean 3:33). Après que vous avez crû, vous avez été scellés (Éphésiens 1:13). C'est-à-dire pleinement assurés. Dieu honore le sceau que nous mettons à sa vérité, par le sceau de son Esprit: comme l'arrhe fait la convention, de même le sceau ratifie et confirme la convention. Le grand sceau du ciel doit nécessairement être plus inaltérable que celui des Mèdes et des Perses.

    3. Troisièmement, à un témoin. Celui qui a le témoignage en lui-même (1 Jean 5:10). Et on ne peut élever aucun soupçon au sujet de ce témoin qui habite pour toujours, dans le cœur des élus, et qui est appelé l'Esprit de vérité (Jean 14:17) qui enseigne toutes choses et qui est vérité et non mensonge (1 Jean 2:27); et même l'Esprit éternel (Hébreux 9:14), un témoin qui ne peut ni mourir ni mentir: De sorte que les croyants dont les corps sont appelés les temples du Saint-Esprit (1 Corinthiens 6:19), ne peuvent pas devenir une habitation des démons; ceci serait mettre Satan dans le cas de se réjouir et d'insulter Dieu (comme s'il était plus fort que lui) s'il pouvait ainsi déposséder Dieu, comme Dieu le dépossède (Luc 11:21-22).

  4. Le quatrième argument pour la défense de la persévérance finale, concerne les ennemis spirituels. Si nul ennemi spirituel, ne peut prévaloir contre un vrai croyant totalement et finalement, un vrai croyant ne peut donc pas tomber totalement et finalement.

    1. Satan ne le peut point; car ce méchant ne peut le toucher avec aucun de ses traits mortels (1 Jean 5:18). Mais Dieu mettra Satan sous leurs pieds (Romains 16:20). La semence du serpent pourra mordre le talon de la semence de la femme, mais elle ne peut lui blesser mortellement le cœur; car son armure lui est ôtée (Luc 11:21), et ses œuvres sont détruites (Hébreux 2:14). Christ au dedans d'eux, l'espérance de la gloire, est plus fort que celui qui est dans le monde (1 Jean 4:4).

    2. Le monde ne le peut: car Christ leur donne la foi pour remporter la victoire sur le monde (1 Jean 5:4), oui lui-même a vaincu le monde pour eux (Jean 16:33). Il les place au-dessus de la région des hommes, au-dessus de toutes les tempêtes (Proverbes 15:24). Ils sont faits Rois à Dieu; ils ont un Esprit-Royal pour vivre au-dessus des menaces et des flatteries du monde; et le monde, et même toutes les choses sublunaires sont au-dessous d'eux; sous leurs pieds.

    3. Leurs convoitises charnelles ne le peuvent: lesquelles n'ont point domination sur ceux qui sont sous la grâce (Romains 6:14) quoique tous les vrais Sulamites sentent la présence de deux armées (Cantique de Salomon 6:13). La chair convoitant contre l'Esprit et l'Esprit contre la chair (Galates 5:17), de telle sorte qu'ils ne peuvent être, tels qu'ils le voudraient; cependant l'issue de la contestation n'est point douteuse. Une multitude pourra pendant quelque temps opprimer Gad; venant sur lui comme un essaim d'abeilles (selon l'expression de David, Psaumes 118:12). Mais Gad vaincra à la fin (Genèse 49:19). Les croyants sont plus que vainqueurs, et même triomphateurs, sur tous leurs ennemis spirituels, par Christ qui les a aimés, et nulle puissance créée ne pourra prévaloir contre eux; (Romains 8:35,40). Donc, que grâces soient rendues à Dieu qui nous a donné la victoire par Christ (2 Corinthiens 2:14).

  5. La nature de la sainteté prouve la persévérance finale; si la sainteté est un service, une sujétion, une adoption et un mariage, donc les saints ne peuvent tomber totalement et finalement.

    1. Premièrement, c'est un service. Le service de Dieu surpasse tous les autres services: Les hommes engagent un domestique pour un an et un apprenti pour sept ans, mais notre céleste Maître engage pour la vie; nous sommes pour servir Dieu en sainteté et en justice, tous les jours de notre vie (Luc 1:74-75). Le serviteur de Dieu, est comme le domestique Juif duquel on perçait l'oreille en signe de servitude perpétuelle (Deutéronome 15:17). La religion est une obligation perpétuelle.

    2. Secondement. C'est une sujétion. Elle établit Dieu comme notre Roi, et c'est pour lui être toujours fidèle, on ne peut le désavouer (Luc 19:27). Nés de Dieu par la grâce de Dieu; et si nous sommes nés sujets dans le Royaume de ce gracieux Seigneur et Roi, nous devons mourir ses sujets: il ne doit point y avoir de séparation.

    3. Troisièmement. C'est une adoption. Et ceci va plus loin que les deux autres similitudes: un serviteur pourra être mis en liberté lorsque son temps est expiré; un sujet pourra changer de souverain terrestre, en quittant son pays natal: mais un enfant ne peut changer son Père, et il habite dans la maison pour toujours (Jean 8:35). Donc puisque Dieu nous a engendrés de sa propre volonté par l'Esprit de régénération; nous faisant aller à lui avec larmes, et nous attirant avec des supplications, parce qu'il est notre Père (Jérémie 31:9), et à cause des relations qui existent entre lui et nous, il fait reconnaître à nos âmes son amour d'Abba (Galates 3:26), nous devons donc persévérer; Dieu est notre Père, et nous sommes appelés les enfants de Dieu.

    4. En quatrième lieu: C'est un état de mariage, et cet état est pour toute la vie (Osée 2:19; Ésaïe 54:5; Apocalypse 19:7; Romains 7:14). Et dans cet état Dieu hait de renvoyer (Malachie 2:16).

  6. Relativement aux saints eux-mêmes. Si les noms des saints sont écrits dans le ciel; s'ils sont gardés pour le ciel, comme le ciel est gardé pour eux; et s'ils sont comparés à des choses qui ne peuvent ni manquer ni faillir: Donc ils ne peuvent tomber totalement et finalement.

    1. Premièrement leurs noms sont écrits dans le Ciel (Philippiens 4:3; Psaumes 69:28; Apocalypse 13:8; 20:15; 21:27). «Réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans le ciel» (Luc 10:20). Être enrôlé dans le livre de vie, emporte nécessairement la persévérance, car il n'y a ni tache, ni rature dans ce livre; Satan ne le peut effacer (car il est au-dessus de sa portée) et Dieu ne le veut point, car son œuvre ne serait ni parfaite ni glorieuse, s'il pouvait s'y trouver des ratures ou des taches, mais à ce sujet on peut voir plus de détails dans le second point: «Seconde propriété du divin décret de la prédestination».

    2. En 2ième lieu, les saints sont gardés par une double garnison ou par une double garde; le ciel est pour eux et ils sont pour le ciel; ils sont gardés par le pouvoir de Dieu, par la foi, pour le salut (1 Pierre 1:4-5). Christ est leur bon Berger, et si Dieu avait voulu permettre la perte d'un seul saint, il n'aurait pas investi Christ de tout pouvoir dans les cieux et sur la terre, pour entreprendre le salut de ses enfants, et le poursuivre jusqu'à son accomplissement (Matthieu 11:27; Hébreux 7:25).

    3. En 3ième lieu. Les saints sont comparés à un arbre qui ne se flétrit point (Psaumes 1:3) à un cèdre du Liban (Psaumes 92:12; Osée 14:5). À la «Montagne de Sion qui est inébranlable, et demeure à toujours» (Psaumes 125:1) et à une maison bâtie sur le roc (Matthieu 7:24). quoiqu'ils tombent Dieu les relève (Psaumes 37:24; Proverbes 24:16). Le Seigneur est avec eux dans leur âge avancé (Ésaïe 46:4), il est leur guide jusqu'à la mort (Psaumes 48:14), de sorte qu'ils ne peuvent tomber totalement et finalement.

  7. La persévérance finale des saints pourra être prouvée en 7ième lieu, par l'immutabilité de l'alliance de grâce.

    Ce qui est établi sur deux fondements inébranlables, ce qui est fait entre deux personnes immuables, et qui est ratifié devant un immuable témoin, doit lui-même être immuable; il en est ainsi de l'alliance de grâce.

    1. D'abord. — Elle repose sur deux fondements inébranlables, la Parole de Dieu et le serment de Dieu. Lorsque Dieu fit la promesse à Abraham, il jura par lui-même: Voulant montrer, plus abondamment, aux héritiers de la promesse l'immutabilité de son conseil, il le confirma par un serment, afin que nous puissions avoir une ferme consolation (Hébreux 6:17-18). La Parole de Dieu est comme l'or purifié, qui ne perd rien de son poids quoiqu'il soit jeté un millier de fois dans le feu. Nous disons communément que la parole d'un honnête homme est aussi bonne qu'un contrat; combien plus la Parole du Dieu de vérité qui ne peut mentir! (Tite 1:2; Nombres 23:19) Et cette Parole est confirmée par un serment, lorsque Dieu jure par sa sainteté, qu'il ne changera rien à la parole qui est sortie de ses lèvres.

    2. En 2ième lieu, l'alliance de grâce est faite entre deux personnes immuables (Malachie 3:6; Hébreux 13:8). Dans cette alliance il y a une mutuelle stipulation. Dans l'alliance le Père donne un peuple à Christ (Jean 17:6,9,12,24). Le fils consent à prendre sur lui la nature de l'homme dans l'accomplissement des temps; et dans cette nature d'obéir à la loi, de la magnifier, de la rendre honorable; et de répondre à notre lieu et place, à ce que demande la justice, en répandant son propre et très-précieux sang (Psaumes 40:6-7; Hébreux 10:5-7; Éphésiens 5:26-27); d'où il est appelé le sang de l'alliance éternelle (Hébreux 13:20).

    3. En 3ième lieu. Cette alliance est ratifiée devant un témoin immuable, savoir le Saint-Esprit. À la vérité le Père et le Fils, sont leurs propres témoins (Jean 5:32,36-37), cependant c'est le Saint-Esprit qui est le témoin de cette alliance, convention, et stipulation, qu'il y a eu entre le Père et le Fils. Comme Christ a un meilleur témoignage que celui des hommes, de même l'alliance a aussi ce meilleur témoignage savoir le témoignage de l'Esprit éternel. Ainsi l'alliance est appelée éternelle (Hébreux 13:20; Ésaïe 54:8,10; Jérémie 32:38,40), et les fermes miséricordes promises à David (Ésaïe 55:3), immuables de la part de Dieu, qui ne peut retirer sa bonne volonté aux élus; et immuable aussi de leur côté parce qu'ils n'auront pas la volonté de se détourner de lui. Le dernier point entre également dans l'alliance avec le premier; par conséquent quoique l'alliance permette une chute néanmoins elle assure toujours, la repentance après la chute, comme en David et Pierre. L'alliance promet, d'une manière absolue, la grâce de la persévérance, et toutes les choses qui accompagnent le salut des élus, même jusqu'à la fin de leur vie.

  8. Si la grâce qui sauve, est d'une nature permanente, et non sujette à être altérée; donc les élus ne peuvent tomber totalement et finalement.

    La grâce qui sauve est appelée une semence qui demeure dans ceux qui sont nés de Dieu (1 Jean 3:9) «une semence incorruptible» (1 Pierre 1:23). La grâce ne diffère jamais d'elle-même, quoiqu'un homme qui a la grâce diffère de lui-même: La grâce qui sauve ne peut être perdue, quoiqu'elle ne soit pas toujours en exercice quant à ses actes et opérations; mais les degrés et la mesure de grâce (d'abord obtenus) peuvent se perdre. Tu as abandonné ton premier amour (Apocalypse 2:4), non l'habitude, ni tout l'exercice de l'amour, mais seulement cette vigueur et cette chaleur qu'on avait vues autrefois.

  9. Les Israélites qui étaient un type de l'Israël spirituel de Dieu, ne pouvaient aliéner leur héritage dans la terre de la promesse (Lévitique 25:23-24; 1 Rois 21:3). S'il en fut ainsi dans le type, il doit en être de même aussi dans l'anti-type.

    Un vrai chrétien ne peut aliéner son héritage dans le ciel; car les actes concernant cet héritage sont écrits et scellés dans le ciel, et une partie de la possession est donnée au croyant même dès cette vie (Jérémie 32:40), «Je mettrai ma crainte dans leurs cœurs (la gracieuse possession présente) afin qu'ils ne se détournent point de moi» (la persévérance pour la glorification). Christ est fidèle pour garder le dépôt qui lui est confié jusqu'à cette journée-là (2 Timothée 1:12). Non-seulement il est notre plus près parent, et notre plus près parent qui a racheté pour nous notre héritage qui était engagé, mais il est aussi notre fidéicommissaire, gardant le ciel pour nous et nous pour le ciel; et «il demeure fidèle» (2 Timothée 2:13), soit en nous tirant afin que nous venions à lui, soit en nous gardant afin que nous ne soyons pas séparés de lui. Il est même à présent assis à la droite du père, intercédant pour nous et disant: Père, je désire que là où je suis, ceux que tu m'as donnés y soient aussi, afin qu'ils puissent voir ma gloire laquelle tu m'as donnée (Jean 17:24).

  10. Si ceux qui tombent totalement et finalement, ne sont pas (et n'ont jamais été) de véritables croyants, il s'ensuit donc que ceux qui sont de vrais croyants ne peuvent faire de même.

    Cette vérité ressort des paroles de Jean 8:31, ceux-là seulement sont les disciples de Jésus-Christ, qui persévèrent dans sa doctrine; (et ceux qui déchoient finalement) ont seulement l'éclat d'une foi temporaire, qui, comme un débordement, inonde une contrée, et finit par n'être plus rien. «Ils sont sortis d'entre nous parce qu'ils n'étaient point des nôtres» (1 Jean 2:19). Tous les vrais croyants persévèrent jusqu'à la fin (Hébreux 3:6,14). ceux-là sont en vérité de la maison de Dieu et participants de Christ; et ceux-là seulement.

  11. Le 11ième argument est pris du sujet de la prière.

    Tout ce que les vrais croyants demandent au Père, au nom de Jésus-Christ, selon sa volonté, ils l'obtiendront certainement: (Jean 14:13-14; et 1 Jean 5:14-15) et ils prient pour avoir la grâce de persévérance. L'Église est représentée comme venant du désert, appuyée sur son bien-aimé (Cantique de Salomon 8:5) convaincue de sa propre faiblesse, elle s'appuie sur la force d'Israël (Psaumes 84:5). Garde-moi et je serai en sûreté. Mon âme est attachée à la poussière, toi vivifie-moi, je suis à toi, sauve-moi; fais-moi persévérer (Psaumes 119:25). Ce sont les requêtes d'une âme fidèle, qui est convaincue que sa force est une parfaite faiblesse, qu'en un mot sa sagesse n'est que folie, et qu'elle n'est pas un seul moment sûre de demeurer debout, si ce n'est comme soutenue par le bras du Tout-Puissant. Les croyants prient pour la persévérance, et il est dit qu'ils ne cherchent jamais le Seigneur en vain (Ésaïe 45:19).

  12. Le dernier témoignage pour la persévérance des saints, est pris de l'ensemble des arguments de l'Écriture.

    «La Parole du Seigneur est permanente à toujours» (Ésaïe 40:8).

Le docteur Moulin, et d'autres ont compté que les textes de l'Écriture qui déclarent la persévérance finale des saints, sont au nombre de six cents. Néanmoins les douze suivants pourront suffire (seulement comme exemple) pour l'établir comme une vérité évangélique (Romains 11:29; Jean 10:28-29; Luc 22:32; Romains 8:30,38,40; 1 Jean 2:19,27; 2 Corinthiens 1:21-22; Philippiens 1:6; 2 Timothée 2:19; Malachie 3:6; Jean 14:19; Jérémie 32:40; 1 Pierre 1:3-5).

La Montagne de Sion est inébranlable (Psaumes 125:1). Ils ne peuvent être séparés de l'amour de Dieu, dans lequel ils sont enracinés et fondés; ni de l'alliance de grâce: ni des mains de Christ, personne ne peut les ravir de sa main; ni séparés de Christ qui est le fondement sur lequel ils sont posés, qui est un fondement solide et éternel, ni de l'état de grâce, dans lequel ils sont, ni de la sanctification qui est liée à la vie éternelle; ni de la justification car ceux qui ont passé de la mort à la vie ne peuvent jamais entrer dans la condamnation. Ceux-là comme la Montagne de Sion, demeurent à toujours. Ils demeurent sur le cœur de Dieu et dans les mains de Christ; ils demeurent dans la maison de Dieu, et parmi la famille de son peuple. Le Seigneur les environne de son amour, il les entours de sa faveur, les garde par sa spéciale providence, veille sur eux nuit et jour, et les garde par son pouvoir (comme dans une forteresse), par la foi à salut. (Docteur Gill).

Mais si toutes ces choses sont vraies, comme elles le sont certainement, donc toute l'Église persévérera dans la grâce jusqu'à la fin, et sera éternellement sauvée.




Réponse aux objections contre la doctrine de la Persévérance finale


1re objection

Enseigner que la grâce ne peut se perdre, c'est conduire ceux qui professent le Christianisme au relâchement.

Réponse

  1. Hélas! ceci n'est autre chose que l'égout des plaintes du vieil homme charnel, contre les doctrines de la grâce, savoir: qu'elles conduisent à la licence. Le pourceau pourra fouler les perles sous ses pieds (Matthieu 7:6). Les hommes impies pourront tourner et tourneront la grâce de Dieu en dissolution (Jude 1:4). Les plus hautes connaissances des vérités de l'Évangile, et les plus saintes doctrines ne porteront pas du fruit à Dieu (si l'homme est destitué d'expérience du cœur, et s'il est étranger à l'œuvre de l'Esprit). Il est dans la nature de l'homme tombé d'aimer le péché, il boit l'iniquité comme l'eau (Job 15:16). Et c'est l'œuvre de l'Esprit de convaincre de péché, et de montrer qu'il est excessivement péchant; sans cette conviction, il ne peut y avoir nulle haine pour le péché et nul amour pour la sainteté quelle que puisse être la profession extérieure. Satan se réjouit de voir des personnes charnelles professer la religion; il est sûr que tôt ou tard ces personnes déshonoreront cette profession, et que les doctrines de la grâce seront accusées d'en être la cause; tandis que ces doctrines ont une tendance toute contraire, NOUS enseignant qu'en renonçant à l'impiété et aux convoitises mondaines, nous vivions dans le présent siècle, sobrement, justement et religieusement (Tite 2:12). Les deux semences sont décrites en détails par leurs fruits (1 Jean 3:8-10).

  2. La grâce pourra être considérée, dans son existence et dans son perfectionnement.

    1. Elle est d'abord radicale, et fondamentale, tendant à produire la sainteté, comme la foi, l'espérance, l'amour;

    2. et en second lieu, comme découlant de ces grâces seulement pour les améliorer, comme la joie de la foi, confiance de l'espérance, zèle et ferveur d'amour: ces choses sont le lustre et la beauté du principe radical; les rayons du soleil; et comme il en est de la saveur et de la substance. Ces dernières choses pourront se perdre, et peut-être sans être jamais recouvrées (Psaumes 51:12); mais non pas les premières. La racine demeure, quoique les reins soient consumés (Job 19:27-28). C'est une source de cette eau qui jaillit jusque dans la vie éternelle (Jean 4:14; et 7:38).

  3. Elle est un divin désir d'être saint même jusqu'à la fin. C'est ici une loi écrite dans chaque volonté qui a été renouvelée. Elle est aussi une divine tendance, ou une poursuite de ce désir. On ne trouve pas ce désir toujours également actif, dans un cœur qui a la grâce. C'est le flux et le reflux selon l'influence de l'Esprit en nous. «Je ne trouve pas le moyen d'accomplir le bien» (Romains 7:18). Notre vie n'est pas cachée en nous-mêmes, mais elle est cachée avec Christ en Dieu (Colossiens 3:3). Et ceci nous place sous une journalière dépendance de son Esprit (Philippiens 2:13; et 4:13). Quant à la pratique, une déchéance partielle pourra troubler nos jugements, comme chez les Galates ensorcelés (Galates 3:1) et nos affections pourront se refroidir, comme dans l'église d'Éphèse (Apocalypse 2:4). L'épouse de Christ pourra paraître endormie et cependant son cœur être éveillé (Cantique de Salomon 5:2). La grâce pourra pendant un temps, paraître perdue, dans un enfant de Dieu, quoiqu'en réalité, il n'en soit point ainsi. Le soleil pourra être éclipsé, et cependant recouvrer son premier lustre; l'arbre pourra perdre ses fruits et ses feuilles pendant l'hiver et bourgeonner de nouveau au printemps: Israël s'enfuit une fois, et deux fois devant ses ennemis, cependant ils firent la conquête de la terre promise. Une multitude vint fondre sur Gad, cependant Gad fut vainqueur à la fin. Et pourquoi tout ceci? «Parce que je vis, vous vivrez aussi» (Jean 14:19).

  4. Quoique tous les péchés du peuple de Dieu aient été imputés à Christ (le Seigneur a mis sur lui l'iniquité de nous tous, Ésaïe 53:6), et quoique le sang de Christ purifie de tout péché, et que son application par le Saint-Esprit continue à purifier de tout péché (Jean 1:29), cependant le péché, est-ce qu'il a toujours été, excessivement péchant. Et si une seule pensée coupable demeure sans expiation, parmi son peuple, il y en a assez pour les faire aller au fond de l'enfer. Quoique Dieu ne nous déshérite pas à cause du péché et ne nous efface pas de son livre de vie, cependant lorsque nous péchons, il retire sa faneur et diminue toutes nos consolations. Il fait que nos parents (qui auraient dû être des consolations) deviennent des verges pour nous (2 Samuel 12:11). Et il nous remplit d'angoisse (Psaumes 38:3). Certainement beaucoup des enfants de Dieu ont trouvé que le mal qu'ils ont enduré pour le péché, après que le péché a été consommé, a été complètement proportionné au plaisir qu'ils avaient trouvé dans ce péché. Si David avait pu prévoir les funestes conséquences de son péché (au sujet de la femme d'Urie), il aurait pu dire, tu me seras un péché qui me coûtera bien cher. Quelquefois même Dieu pourra ajouter, à cause du péché des appréhensions de la colère éternelle, sans aucun espoir de délivrance (Psaumes 88:6-7). Comme Père de l'alliance avec ses enfants, il visite leurs transgressions, avec la verge, et leur iniquité avec des coups; néanmoins sa grande bonté ne se retire pas et sa fidélité ne se dément pas (Psaumes 89:32-33). D'après ces considérations, la doctrine de la persévérance finale n'engendre pas le relâchement dans ceux qui sont possesseurs de la grâce de la doctrine, quoique cela puisse avoir lieu dans ceux qui en ont la profession seulement.

2ième objection

Il est dit de quelques-uns qu'ils font naufrage quant à la foi (1 Timothée 1:19), et une déchéance de la grâce pourra être prouvée de Hébreux 6:5, etc.

Réponse

  1. On accordera que faire naufrage quant à la foi, de même que blasphémer les doctrines de l'Évangile, de la part des personnes qui les ont professées, c'est tomber de la profession de la foi; mais déchoir de la doctrine de l'Évangile, et de la profession de l'Évangile; et déchoir de la grâce et faveur de Dieu, ou de la grâce de la foi, sont en vérité des choses très-différentes. La raison assignée à ce naufrage quant à la foi est montrée dans 1 Jean 2:19. Les auditeurs qui ressemblent à la terre rocailleuse, persévèrent quelque temps seulement, n'ayant point de racine (Matthieu 13:21). Mais bientôt, ils sont scandalisés, tombent, et il est dit d'eux, qu'ils abandonnent, ou qu'ils font naufrage quant à la foi, laquelle ils n'avaient jamais possédée qu'en apparence (Luc 8:18). Tandis qu'il y en a quelques-uns qui sont salutairement éclairés par l'Esprit de Dieu, pour voir leur état de perdition, le besoin qu'ils ont d'être sauvés par Christ, et l'intérêt qu'ils ont en lui, et qui ne périront jamais; il y en a d'autres qui sont éclairés seulement dans le système des doctrines de l'Évangile; et chez quelques-uns, à un degré tel, qu'ils sont capables de prêcher aux autres, et qui cependant sont eux-mêmes entièrement destitués de la grâce de Dieu. Lorsque de telles personnes tombent, ils ne sont ni une preuve, ni un exemple de la finale apostasie des véritables saints.

  2. Il est parlé aussi (Hébreux 6:5), de ceux qui ne font que goûter, mais qui ne digèrent pas; qui ont l'entendement éclairé, mais non pas le cœur réformé; qui professent d'être sanctifiés, mais qui n'ont pas senti le pouvoir de la sanctification. Et l'apôtre avait une meilleure espérance de ceux auxquels il écrit; il était convaincu que leur foi n'était pas seulement historique, mais qu'elle était l'œuvre de Dieu (Colossiens 2:12) manifestée par leurs fruits (Hébreux 6:9-10; 1 Thessaloniciens 1:5).

  3. Les objections pourront être multipliées, par les adversaires des doctrines de la grâce, et des répliques scripturaires et très-concluantes faites à ces objections; cependant, quant à ce qui concerne la persévérance finale des saints, les bien-aimés du Père; les rachetés du Fils, et les sanctifiés par l'Esprit; comme Christ est mort une seule fois, et ne meurt plus, ainsi, dans ses membres, la vie de la grâce ne peut totalement mourir (Romains 6:8-9). La foi n'est donnée qu'une fois aux saints; comme nous ne naissons qu'une fois, de même nous ne sommes régénérés qu'une fois. C'est ici la volonté du Père qui m'a envoyé que je ne perde AUCUN de ceux qu'il m'a donnés. Que quiconque voit le fils et croit en lui, AIT LA VIE ÉTERNELLE; et je le ressusciterai au dernier jour (Jean 6:39-40).




Conclusion

par l'éditeur anglais J.A. Jones

Maintenant, cher lecteur Chrétien! En terminant ce petit traité après l'avoir revu pour cette cinquième édition, je plie le genou devant le trône du Père de mon alliance, le priant d'en bénir l'étude pour le bien de ton âme.

L'ancienne copie fut remise en mes mains (dans l'an 1810), précisément dans le temps où le Seigneur par sa grâce ôta les écailles de mes yeux et me donna de voir du milieu de l'obscurité et des ténèbres. Le bien que mon âme en a retiré est trop grand pour que la plume ou la langue puisse le décrire. Et maintenant, après que plus de vingt-cinq ans (à partir de cet événement), de miséricordes et de bontés de la part du Seigneur envers moi, et d'indignités et de péchés de ma part envers lui, ont passé sur moi, je suis contraint d'avouer, à sa louange et à sa gloire, qu'il m'a conservé (au milieu de défections de beaucoup d'autres qui avaient bien commencé), il m'a affermi, et s'il est possible de plus en plus fondé dans les grandes et glorieuses vérités et doctrines, défendues et scripturairement maintenues dans les pages de ce livre précieux.

Comme j'ai de nouveau scrupuleusement examiné chaque sentence, et la valeur de chaque sentence dans ce traité; la préparation de cette nouvelle édition m'a donné la sainte occupation de parcourir pas à pas, non pas d'une manière systématique comme je l'avais fait, mais je puis dire d'une manière spirituelle, ces grandes doctrines de notre très-sainte foi; telles que l'éternelle; et personnelle élection; la divine prédestination, la rédemption particulière, la vocation effective, et la persévérance finale, pour la gloire éternelle, de tous les bien-aimés du Seigneur en Christ de toute éternité. J'ai cherché les preuves scripturaires de tous ces principes fondamentaux de l'Évangile, et je n'ai pas cherché en vain. Comme le prédicateur de l'ancien temps, j'ai conté un à un, ou, comme porte la marge, j'ai pesé une chose après l'autre, pour trouver la raison (Ecclésiaste 7:27). Le Seigneur soit loué, j'ai trouvé la raison; et je puis déclarer que la somme de tout le calcul est comme suit:

  1. Que le Salut, du commencement à la fin, de l'élection à la glorification, EST TOUT DE GRÂCE; découlant uniquement de l'amour souverain, de la volonté et du bon plaisir de YÉHOVAH, Père, Fils, et Saint-Esprit. Et que c'est en cela que consiste l'éternelle sécurité du peuple de Dieu.

  2. Cet amour n'aurait pu exister sans un objet, et l'objet de cet éternel amour était Christ.

    «Tu m'as aimé avant la fondation du monde» (Jean 17:24). Et si l'amour du Père, envers Christ, est un amour éternel; donc tous les vrais croyants qui étaient un avec Christ de toute éternité, sont aussi aimés de cet amour éternel. Que l'amour duquel tu m'as aimé, puisse être en eux. Moi en eux et toi en moi, afin qu'ils puissent être perfectionnés en UN. (Jean 17:23,26). S'ils sont un avec Christ, et s'ils sont regardés comme unis à lui de toute éternité, les croyants sont donc éternellement justifiés, et ne viendront jamais en condamnation. Il n'y a nulle condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ (Romains 8:1). Car leur vie est cachée avec Christ en Dieu; lorsque Christ qui est leur vie apparaîtra, ils paraîtront aussi avec lui en gloire (Colossiens 3:3-4). Le croyant ayant Christ, est possesseur de toutes choses, car toutes choses sont à vous, soit la vie ou la mort, ou les choses présentes, ou les choses à venir; toutes choses sont à vous, et tous êtes à Christ, et Christ est à Dieu (1 Corinthiens 3:21-23). Béni donc soit Dieu le Père, notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toutes bénédictions spirituelles, dans les lieux célestes, en Christ; selon qu'il nous avait choisis en lui avant la fondation du monde, afin que nous fussions saints, et irrépréhensibles devant lui, dans l'amour: à la louange de la gloire de sa grâce par laquelle il nous a adoptés en son bien-aimé (Éphésiens 1:3-4,6).

Puisse l'Esprit de toute vérité, bénir les choses contenues dans ce livre (qui sont conformés à sa pensée et à sa volonté), pour affermir le cœur de ses Élus: Et au Père, au Fils et au Saint-Esprit, comme à l'indivisible YÉHOVAH d'Israël, soient les éternelles louanges. Amen.


À Christ seul soit la Gloire



Références

17 Hélas, hélas, nous vivons dans un temps où un ministre qui n'a que des dons, est plus ardemment souhaité, qu'un ministre qui a des grâces! Et après tout que sont les dons? Les hommes méchants, n'ont-ils point des dons?

«Madame (disait Mr Grimshaw, à une dame, qui admirait un ministre à cause de ses grands talents et de ses dons) je me réjouis que vous n'ayez jamais vu le Démon, car il a de plus grands talents que tous les hommes du monde ensemble; et je crains, que si vous l'aviez vu, vous seriez devenue éprise de lui, tant vous paraissez admirer les talents et les dons.»

Je suis entièrement de l'avis de l'estimable Mr Newton, que la popularité d'un ministre ne doit pas lui procurer quelque fondement de solide satisfaction: car tous depuis le plus petit jusqu'au plus grand admiraient Simon le Magicien , en disant: «Cet homme est la grande vertu de Dieu.» Il ne peut non plus fonder sa satisfaction sur l'exercice des plus grands talents, car Balaam lui-même fut doué de grands talent. Ni même sur les succès; car plusieurs diront: N'avons-nous pas fait beaucoup de miracles, et chassé les Démons en ton nom? Mais la satisfaction d'un ministre doit être fondée sur la fidélité avec laquelle il s'acquitte de sa charge en délivrant son message. Alors nulle moquerie, nul reproche qui pourra être jeté sur loi, ne peut lui ravir sa PAIX. Son témoin est dans le ciel, et son témoignage dans les hauts lieux (Job 16:19). C'est un beau caractère que celui qui est attribué à un des anciens Non conformistes:

«Il était un homme d'une piété primitive, et de bonnes œuvres, zélé pour la vérité et le devoir; et d'une diligence soutenue dans son ouvrage.»


Source: LeVigilant.com — Jean leDuc

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