🕊 Fernand Legrand, évangéliste dans l'âme

Le parcours inspirant d'un évangéliste au service de l'Évangile

Comment Fernand Legrand a consacré sa vie au salut de Dieu

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Fernand Legrand, évangéliste dans l'âme

Plongez dans l'héritage spirituel de Fernand Legrand, un évangéliste hors norme dont la vie entière fut dédiée à la diffusion de l'Évangile. À travers ses prédications percutantes et ses ouvrages rigoureux fondés sur la Bible, cette figure majeure du protestantisme francophone continue de marquer les esprits par sa clarté et sa ferveur. De son enfance rebelle sous le surnom du «Rouquin» à ses prises de position théologiques fermes, découvrez un témoignage authentique et un appel vibrant à la foi chrétienne, à la conversion et au salut de Dieu.

En somme, Fernand Legrand reste une voix incontournable de la foi évangélique francophone. Son refus des compromis, sa rigueur scripturaire et son zèle pour le salut des âmes transparaissent dans chacune de ses œuvres et de ses prédications. Que ce soit à travers ses analyses théologiques courageuses ou le récit intime de sa propre résistance face à la religion, son parcours rappelle l'importance d'un engagement entier et d'une foi vécue avec authenticité. Son message, profondément ancré dans les Écritures, continue de résonner comme une invitation intemporelle à faire un choix face à l'éternité.

Évangéliste itinérant, prédicateur apprécié dans toute la francophonie, M. Fernand Legrand messager de l'Évangile est aussi l'auteur de plusieurs ouvrages bibliques majeurs souvent axés sur l'analyse de doctrines ou de sujets de société d'un point de vue scripturaire, où il aborde avec bonheur des sujets controversés tels que le «Parler en langues» et le «divorce». Évangélisateur protestant, il a consacré sa vie à porter le message des Évangiles partout où c'était possible.

Ses deux livres les plus connus et largement diffusés dans la francophonie sont:

  • Le signe du Parler en langues

    Un ouvrage d'analyse théologique où il examine cette pratique spirituelle à la lumière des textes bibliques (notamment l'Épître aux Corinthiens). Il en existe également des adaptations ou traductions comme «Je parle en langues plus que vous tous».

  • Marié, séparé, divorcé, remarié

    Un livre traitant du divorce, du remariage et de la séparation d'un point de vue strictement biblique.

À l'âge respectable de 83 ans, M. Fernand Legrand né le 29 novembre 1927 en Belgique a quitté ce monde pour l'au-delà vendredi 17 décembre 2010 en Suisse.

 

Départ au pays du soleil de Fernand Legrand

Fernand Legrand (1927-11-29 - 2010-12-17)

 

Fernand Legrand
(1927-11-29 - 2010-12-17)

Claudine Legrand-Écuyer a annoncé le départ pour la patrie céleste de son bien-aimé mari Fernand Legrand survenu vendredi 17 décembre 2010, à l'âge de 83 ans.

La cérémonie d'adieux a eu lieu au temple de Juriens, le mercredi 22 décembre, à 14 heures.

Vivant dans le sud de la France, il prêcha le message de la croix depuis de nombreuses années.

Donnés sur plusieurs décennies les messages de Fernand Legrand semblent intemporels ... clairs, précis, imparables ... aucun d'eux ne porte la marque du vieillissement.

Leur variété est étonnante, et les anecdotes qui ne cessent de les émailler, les rendent accessibles à tous.

À n'en pas douter l'orateur connaît la complexité du cœur humain. Au fil des prédications, il n'est guère de recoin caché, voire de jardin secret qui ne reçoive quelque trait de lumière salutaire.

Il va à la rencontre de l'homme là où il est, enlisé dans ses problèmes et ses contradictions, pour l'accompagner au seul endroit où tous nos problèmes fondamentaux trouvent une solution: À cette croix où Jésus, pour nous, souffrit tant de douleurs.

On ne peut pas rester indifférent à ces messages: ils possèdent cette puissance que donne, seule, la vérité. Cette interpellation débouchera naturellement sur un choix, un choix important, un choix capital, un choix aux conséquences éternelles: accepter ou refuser l'offre, qu'un humble serviteur fidèle de Christ, Fernand Legrand a voulu apporter de la part de Dieu...

Pierre Oddon, producteur de Fernand Legrand.

Source: Le Refuge protestant

 

Messages de Fernand Legrand

Fernand Legrand (1927-11-29 - 2010-12-17) (Haccourt 1940-45)

 

Fernand Legrand
(1927-11-29 - 2010-12-17)
(Haccourt 1940-45)

«Donnés sur plusieurs décennies les messages de Fernand Legrand semblent intemporels... clairs, précis, imparables... aucun d'eux ne porte la marque du vieillissement.

Leur variété est étonnante, et les anecdotes qui ne cessent de les émailler, les rendent accessibles à tous.

On ne peut pas rester indifférent à ces messages: ils possèdent cette puissance que donne, seule, la vérité.

Cette interpellation débouchera naturellement sur un choix, un choix important, un choix capital, un choix aux conséquences éternelles: accepter ou refuser l'offre, qu'en serviteur fidèle, Fernand Legrand nous transmet de la part de Dieu.

Que Dieu bénisse ces messages et vous qui allez les lire ou les écouter!»

Pierre Oddon

Source: Info-Bible

 

Messager de l'Évangile

Converti tardivement, il pensait que porter la Bonne Nouvelle et amener les incroyants à se convertir pour recevoir le salut de Dieu, était la chose la plus importante qu'il avait à faire jusqu'à la fin de sa vie. Et c'est ainsi qu'il a vécu!

«Je suis engagé comme volontaire, mais dans une autre armée et pour un autre combat. Pour toute arme, j'ai la prière et la Parole de Dieu. Je m'en sers comme d'une épée que je lance dans les consciences, les compromis, les péchés et les traditions poussiéreuses. Et elle fait son travail. Je ne suis pas théoricien pour deux sous, mais je sais de quoi je parle car je parle d'expérience. Ma prédication, c'est du vécu. Ma seule éloquence c'est de croire chaque mot que je dis» ― Fernand Legrand.

Décédé vendredi 17 décembre 2010 à l'âge de 83 ans, paisiblement, Fernand Legrand a passé sa vie à évangéliser, comme si cette vie en dépendait. De fait, sa vie en dépendait car il se sentait une âme missionnaire et portait un vif sentiment de responsabilité devant Notre Seigneur: laisser une âme ne pas avoir reçu l'Évangile de Dieu était pour lui une pure abomination, tout en respectant la liberté individuelle. Ce qu'il ne voulait pas, c'est qu'une âme puisse ne pas décider en pleine conscience et connaissance de l'usage qu'elle allait faire de sa liberté face à Dieu.

Source: Liloba Ya Nzambe

 

Lettre à un frère chrétien

(Lettre ouverte de Fernand Legrand écrite peu de temps avant sa mort.)

Cher ami et frère en Christ,

Vous m'avez écrit que certains des écrits de Benoit XVI vous avez édifiés. L'idée sous-jacente est de le dédouaner des charges parfois monstrueuses, anciennes et modernes, qui pèsent contre lui. Un livre écrit par mon ami Pierre Wheeler d'Arras et bien documenté sur le sujet appelle ça: «La course vers Rome». Par votre arrière-plan évangélique. Je vous croyais sourd au son des cloches de Rome, mais je constate que le courant majoritaire, actuel vous entraine à sa suite. C'est dans l'air du temps. Aujourd'hui on ne doit plus critiquer l'opinion des autres ou dénoncer l'erreur, c'est mal vu. Mai '68 n'est pas mort: il est interdit d'interdire. À chacun sa vérité! Seule la politique échappe à cette règle; sur ce plan-là on peut s'en donner à cœur joie, se tirer dans les jambes, abaisser l'autre, le dénigrer, pas de quartier, personne ne vous en voudra. Mais dès qu'il s'agit des choses de Dieu et de l'église catholique surtout, c'est tabou; c'est être un mauvais protestant que d'encore protester, de parler des erreurs et du lourd passé de cette Église. Qu'en dit la Bible? Paul exhortait Timothée (2 Timothée 1:7) à dominer «un esprit de timidité» qui peut tourner à la compromission s'il n'est pas surmonté. J'admets qu'il faut dire les choses avec tact et amour. Aucun homme n'en avait autant que le Seigneur. Cependant à la Samaritaine il a dit des paroles qui aujourd'hui pousseraient n'importe qui à terminer l'entretien. Imaginez que, comme lui, je dise à un catholique: «Vous les catholiques, vous adorez ce que vous ne connaissez pas. nous nous adorons ce que nous connaissons car le salut vient des protestants évangéliques» (Jean 4:22). Ce serait l'explosion. Pourtant Lui la fait. Mais la disposition de son interlocutrice était bonne, elle a accepté la vérité et elle a été sauvée.

Aux païens d'Athènes qui avaient leurs convictions religieuses, Paul n'hésitait pas à les caresser à rebrousse-poil: «Dieu n'habite pas dans des temples faits de main d'homme... Il ne faut pas croire que la divinité soit semblable à de l'or, de l'argent, de la pierre sculptés par l'art et l'industrie des hommes» (Actes 17:29). Et il faudrait que nous, nous mettions la vérité sous le boisseau!

J'admets que toutes les vérités fondamentales existent dans le catholicisme. Mais pour les retrouver, c'est l'aiguille dans la botte de foin. Quel fatras quel En voici quelques exemples. En 1974 Paul VI encourageait d'un côté la lecture du N.T. et en même temps promulguait le dogme de Marie élevée au rang de «Mère de l'Église» Or, les deux sont irréductiblement opposés l'un à l'autre.

Le Nouveau Catéchisme mélange Eucharistie et Cène alors que les deux sont comme le feu et l'eau ! L'une est un sacrement sacrificiel et «causatif de salut». L'autre un mémorial qui, comme précisé, est un souvenir et non un sacrifice. Est-ce le tantôt l'un, tantôt l'autre à la convenance de chacun? Je suis bien renseigné sur le sujet, lors de chaque messe, J.-C. viendrait souffrir à nouveau dans chaque hostie et dans chaque Église catholique du monde, toutes les souffrances de Golgotha. Inimaginable! Et en totale contradiction avec le «Une fois pour toute» appelé à maintes reprises dans l'écriture. Car la messe est bien selon le dogme romain le sacrifice renouvelé du Christ.

Vous me dites avoir été édifié par les écrits du Souverain Pontife actuel.

Le faux prophète Balaam faisait mieux. Son témoignage porte sur trois chapitres entiers. Il savait proclamer des prophéties divinement inspirées et même l'annonce de Noël! Parmi beaucoup d'autres bonnes choses, il savait dire cette phrase sublime: «Que je meure de la mort des justes et que ma fin soit semblable à la leur!». Mais tandis que d'une main il bénissait Israël, de l'autre il le trahissait, comme un comédien qui joue le rôle du policier un jour et celui d'un gangster un autre jour. D'un côté il disait des paroles édifiantes, de l'autre côté il distillait en secret un enseignement maléfique qui fit vingt-quatre mille morts dans les rangs d'Israël. Et qu'est-il arrivé à ce Balaam qui savait dire de si grandes vérités? Il fut mis à mort sur l'ordre de Dieu et de Moïse (Nombres 31:1-2, Nombres 31:88). Jésus n'a pas dit autre chose. À ceux qui en son Nom auront dit, écrit! prophétisé, chassé des démons, fait des miracles sous le couvert de le servir, sa condamnation a été cinglante: « Je leur dirai ouvertement, je ne vous ai jamais connu, retirez-vous de moi, ouvriers d'iniquité » (Matthieu 7:22-23).

Du double langage et de la belle façade, notre bon La Fontaine disait déjà:

«Ce sac enfariné ne me dit rien qui vaille!». Ce disant, il reprenait sans le savoir les paroles de Paul selon lesquelles les vrais serviteurs de Dieu doivent se tenir «éloignés de la duplicité». (Double langage, conduit à deux faces).

En 2 Rois 17:33-34, on découvre l'existence de ceux qui vont devenir les Samaritains. D'origine païenne, ils furent déplacés en terre sainte et, selon ce qu'en dit le texte, ils vont faire un méli-mélo de vérités et d'anti-vérités que Dieu censurera par:

  1. Ils craignaient l'Éternel,

  2. Ils servaient en même temps leurs dieux,

  3. Et, verdict final: ils ne craignaient point l'Éternel...

Je pourrais écrire des pages d'expériences vécues à propos de la duplicité, du mensonge et de l'art de «tordre les Écritures pour sa propre destruction» comme osait le dire ce bon Pierre en 2 Pierre 3:16.

Lors d'une évangélisation en zone rurale, j'ai rendu une visite d'approche et de courtoisie au curé de la paroisse. L'entretien a immédiatement tourné à l'affrontement. Comme on était en période de festivités mariales, je lui ai cité ce qu'écrivaient en termes dithyrambiques leurs propres journalistes dans la presse catholique à propos de la Vierge. II me répondit que sa foi n'était pas liée à ce que disaient des journalistes. Il me mettait ainsi en porte-à-faux. Que pouvais-je encore lui opposer, puisqu'il niait les fondements d'un dogme qu'il était censé défendre? Le surlendemain, un dimanche, je me suis mêlé à la foule qui se rendait à la messe. L'homélie était remplacée par une longue lettre du cardinal en exercice, lettre qui devait être lue ce dimanche-là dans toutes les Églises du pays. Du haut de la Chair, il parcourut l'auditoire d'un regard. Quand il m'aperçut il marqua un temps d'arrêt. Bravant ce moment d'hésitation, il se mit à lire avec détermination la lettre qui contenait tout ce qu'il m'avait nié là l'avant-veille: «Si vous avez péché venez à Marie, si vous êtes découragés venez à Marie... venez à Marie, venez à Marie, et encore et encore...» Ainsi, la foi mariale qu'il avait reniée en privé, il l'affirmait haut et clair devant tous. Grâce à la casuistique (accommodement de conscience) il lui suffisait de faire le signe de croix sous la table avec le pied pour être pardonné de ce qu'il m'avait dit deux jours avant!

Non, je ne joindrai pas ma voix à ceux qui vous accueillent par un «Alléluia fortissimo» et qui finissent par un «Ave Maria pianissimo».

Fernand Legrand

Source: L'entente évangélique

 

Quelques prédications de M. Fernand Legrand à son actif

5:20

Ne méprisez point les anticipations.

5:21

Éprouvez toutes choses; retenez ce qui est bon. 1 Jn. 4. 1;

(1 Thessaloniciens 5:20-21)

17:11

Ceux-ci eurent des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique, et ils reçurent la Parole avec un esprit attentif, examinant tous les jours les Écritures, pour voir si ce qu'on leur disait était exact. És. 34. 16; Lu. 16. 29; Jn. 5. 39;

(Actes 17:11)

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Alerte sur la planète bleue [2]

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Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Comment être guéri

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Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Égalité

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Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Fais-moi voir ta gloire! [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Faut-il chercher midi à quatorze heures?

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Faux désirs et vrais besoins [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Faux prophétisme: Oecumenisme avertissement à l'église (1/2)

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Faux prophétisme: Oecumenisme avertissement à l'église (2/2)

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Fraternité

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Guéri de la lèpre [2] [3]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Heureux ceux qui pardonnent

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Il est plus tard que vous ne le pensez [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Ils courraient les deux ensemble

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Il est parfois trop tard pour bien faire [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Je me suis trompé [2] [3] [4] [5]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Je suis guéri et ça se voit [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Jésus est la lumière [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Jésus est la porte [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Jésus est la vérité [2] [3]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Jésus est la vie [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Jésus est le Bon Berger [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Jésus, le pain de vie

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo J'étais aveugle, maintenant je vois!

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Jeune, riche et beau [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Joab - Cet illustre inconnu! (Message 7)

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Joab - Cet illustre inconnu! (Message 8)

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Jonas dans les entrailles du monstre [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Jonas demande à être jeté à la mer [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Jonas dort sur le bateau [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Jonas englouti par un gros poisson [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Jonas est jeté à la mer [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Jonas et le ricin [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Jonas, lèves-toi! [2] [3]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Jonas, mon semblable, mon frère [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Jonas, pourquoi dors-tu? [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Jonas, qu'as tu fait? [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Jonas s'enfuit à Tarsis [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Jonas, va à Ninive! [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo La brièveté de la vie [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo La chambre du prophète

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo La cognée perdue [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo La croisée des chemins

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo La dernière étape [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo La double portion [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo La flèche de la délivrance (2 Rois 13:14-19)

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo La grâce, faveur imméritée!

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo La guérison des malades [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo La liberté et la conscience [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo La logique de la foi

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo La marmite empoisonnée

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo La mort physique [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo La mort spirituelle [2] [3]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo La prédication de Jonas [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo La prière [2] [3]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo La repentance de Dieu

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo La repentance de Ninive [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo La résurrection en question

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo L'argent peut-il tout acheter? [2] [3]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo La vie après la vie [2] [3] [4]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le bonheur à portée de main

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le fils de la Sunamite

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le général Naaman

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le hasard existe-t-il? [2] [3]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo L'homme qui prit la clef des champs

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le jeune prophète et le vieux prophète

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le joueur de harpe

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le parler en langue ou le serpent d'airain [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le plaidoyer de Dieu [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le plus grand message du monde

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le poids des mots

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le prophète Élie (1/4)

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le prophète Élie (2/4)

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le prophète Élie (3/4)

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le prophète Élie (4/4)

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le retour de Jésus Christ [2] [3]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le retour du Maître (Jésus-Christ) [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le réveil sous Asa

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le Roi libérateur [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Les aveugles voient [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Les deux montagnes [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Les dieux d'hier et d'aujourd'hui [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Les dix plaies d'Égypte [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Les eaux de Jéricho

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le secret du bonheur [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Les excuses sont faites pour s'en servir!

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Les grands naufrages [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Les grands réveils de l'Ancien testament: Le réveil au temps du Roi Asa (1/4)

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Les grands réveils de l'Ancien testament: Le réveil au temps du Roi Asa (2/4)

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Les grands réveils de l'Ancien testament: Le réveil sous Ézéchias (3/4)

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Les grands réveils de l'Ancien testament: Le réveil au temps du Roi Josias (4/4)

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le siège de Samarie

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Les malentendus sur l'Amour de Dieu!

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Les merveilleux changements

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Les quatre compagnons de la foi

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Les réveils de l'Ancien testament

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Les surprises-parties

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Les trois clous de la croix

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Les vases remplis d'huile

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le ver est dans le fruit [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le verseur d'eau

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le vrai parler en langues (dans la Bible) (1/2)

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le vrai parler en langues (dans le Nouveau Testament) (2/2)

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Le vrai parler en langues en 1 Corinthiens 14:2 [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Libérés de l'hérédité [2] [3]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Libérés de la peur et de l'anxiété [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Liberté

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Libre de choisir

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Librement assis à la table d'un roi!

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Mais par quelle foi

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Malentendus sur l'amour de Dieu

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Mea culpa

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Métamorphoses

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Moi, je fais ce qui me plaît! [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Moi, je n'ai pas la foi! [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Monte, chauve!

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Ne plus vivre à moitié [2] [3]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Neuf raisons de ne pas dire merci [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Ni Dieu ni maître

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Notre avenir est il écrit dans les étoiles? [2] [3]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Obstacles à la guérison

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Obstacle à la vie [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Obstacles à l'action de Dieu

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Peut-on naître une seconde fois? [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Pourquoi je crois à la Bible [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Pourquoi la terre tremble t-elle? [2] [3]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Premiers signes de vie [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Prier, est-ce la bonne solution? [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Quand la barque prend l'eau [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Qui est Jésus? [2] [3]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Qui nous fera voir le bonheur?

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Salomon et la reine de Séba

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Son témoignage

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Suivre Jésus dans le chemin

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Un conflit de génération

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Une évasion spectaculaire

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Une femme libérée par la foi [2]

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Une flêche de délivrance

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Une vie passée dans l'ombre

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Voir, c'est suivre Jésus

Lecture audio/vidéo Lecture audio/vidéo Voir l'invisible [2]

 

Le rouquin

(Témoignage de Fernand Legrand)

De l'or dans les cheveux.

Non, quand je suis né, on n'a pas tiré vingt et un coups de canon; je n'avais pas de sang bleu dans les veines, mais j'avais de l'or dans les cheveux. C'est pourquoi on m'appelait parfois le Rouquin. Mes parents étaient de petits commerçants dans une ville de province. Dès avant ma naissance, une cliente de mon père lui avait dit: «Monsieur, j'espère que votre enfant sera baptisé. S'il ne l'était pas, vous ne me compteriez plus au nombre de vos clients». Mon père, qui n'avait de conviction profonde que celle de ses gros sous, s'empressa donc de me faire baptiser pour ne pas perdre une cliente, cliente que, soit dit en passant, il a perdue quand même. C'est de cette façon que le Rouquin que j'étais a débuté dans la vie. C'est pour une raison commerciale que j'ai été baptisé et que je suis entré pour la première fois à l'église. Comme départ, ce n'était peut-être pas ce qu'il y avait de mieux. Mais je ne m'en suis pas moins bien porté, et, en grandissant, je ne suis devenu ni meilleur ni plus mauvais que mes petits camarades. Je ne me distinguais en rien des autres enfants si ce n'est, par ma tignasse flamboyante et touffue qui me valait d'occasionnels quolibets. Je souffrais quand même un peu de ne pas avoir des cheveux comme tout le monde. Mais comme tout le monde, j'ai suivi le catéchisme, d'ailleurs sans grande conviction, et ce fut pour moi une aubaine d'apprendre qu'il était possible de se faire dispenser du cours de religion. Une demi-heure de cours en moins tous les jours, c'était là une occasion à ne pas manquer et je ne l'ai pas manquée. Cette demi-heure me plut tellement que j'ai fait de la propagande et gagné plusieurs autres enfants à l'idée de ne plus suivre le cours de religion. J'ai même été jusqu'à écrire à l'instituteur pour obtenir la dispense de l'un ou de l'autre élève à l'insu de leurs parents.

Entre-temps, ma mère avait été mise en contact avec un petit groupe de gens du village voisin qui se réunissaient pour lire la Bible. On les appelait des protestants. Fi, le vilain nom! Et me voilà, moi, le petit Rouquin, entraîné, par une mère qui ne transigeait pas avec la discipline, à fréquenter les assemblées de ces gens qui osaient se singulariser et dont la vie était tellement austère et la morale tellement rigide (Tite 2:11-12). C'est là que j'ai fait connaissance avec un livre qui s'appelait la Bible, que je me gardais bien de lire, d'ailleurs! J'y ai appris aussi quelques airs de cantiques où chaque syllabe semblait si lourde qu'on la soulevait avec des «han» de débardeur... , on y entendait de longs et ennuyeux sermons. Ah! que la grande aiguille de l'horloge avançait lentement sur le cadran pour l'enfant qui n'écoutait pas! Les rouages devaient manquer d'huile, pour sûr!

L'amen final était, de tous les autres, celui que j'accueillais avec le plus de ferveur, une ferveur qui tenait plus du soulagement que de la piété. C'était le seul que je prononçais de tout mon cœur. Mais comme ces gens-là entendaient mettre leur croyance en pratique, j'eus tôt fait de les prendre en grippe et de haïr le chemin qui conduisait à leurs réunions. Je préférais de loin la religion facile de mes petits copains qu'on envoyait à la messe une heure le dimanche et qui étaient ensuite libres d'aller et d'agir à leur guise. De ce côté-là au moins il n'y avait pas de restrictions, ou si peu...

Aussi, le dimanche, quand l'heure arrivait d'être traîné au culte, de mystérieuses coliques — dont ma mère n'était pas dupe — me sillonnaient le ventre. Pendant quelques instants, je prétextais un mal imaginaire, dans le secret espoir de rester avec mon père qui, lui, ne s'intéressait qu'à ses sports.

C'est ainsi que je suis devenu un révolté et un farouche antiprotestant, bien que, dans le tréfonds de mon cœur je sois obligé de reconnaître la qualité de vie de ces gens-là. Et si je les haïssais, c'était précisément à cause de la qualité de leur vie.

L'obscurité qui était en moi ne pouvait pas supporter cette lumière (Jean 3:19).

Inquiétudes

Malgré mon jeune âge, j'avais déjà fait quelques expériences, et j'allais encore en faire d'autres.

J'avais pris la religion en aversion à cause de ses exigences mais je ne pouvais m'empêcher d'y réfléchir quelquefois, et cela bien malgré moi.

Un jour, j'ai entendu une dame dire à ma mère qu'un garçon de douze ans, le même âge que moi, s'était plaint de douleurs dans le ventre et que, malgré une intervention rapide des médecins, il était mort trois jours après. Comme j'avais mauvaise conscience, à partir de ce moment-là je me suis mis à trembler chaque fois qu'une petite colique venait me tordre les entrailles. Le spectre de la mort commençait à se lever dans ma vie et à prendre des formes angoissantes.

Une autre fois, ma mère m'a raconté l'histoire du mauvais roi Hérode qui, frappé par Dieu pour sa méchanceté, était mort rongé par les vers. Cette phrase s'incrusta dans ma pensée et n'en sortit plus jamais. Il n'en aurait pas été ainsi si j'avais eu bonne conscience devant Dieu, mais je n'avais pas fait la paix avec Lui et mon cœur restait agité.

Dans les années qui suivirent, au milieu de mes joies profanes, dans mon impiété et mes plaisirs mondains, une phrase me revenait sans cesse à l'esprit, me mettait mal à l'aise si ce n'est à la torture: «Hérode mourut rongé par les vers» (Actes 12:23). Et déjà les vers du remords commençaient à me ronger, me donnant un avant-goût salutaire de ce que pouvaient être les vers rongeurs de la géhenne.

À ce stade, des périodes d'angoisse alternaient avec des périodes d'insouciance propres à mon âge. Tout doucement, le sentiment de l'éternité s'approchait de moi.

À l'école primaire, je m'étais lié d'amitié — une amitié qui dure encore aujourd'hui — avec un garçon un peu rondouillard. Et comme j'étais très longiligne, notre paire de nouveaux amis fut parfois surnommée: «Fil de Fer et Boule de Gomme».

À nous deux nous représentions une scène de la Bible: les vaches maigres et les grasses.

À cette époque, comme aussi dans les années qui suivirent, une chose m'intriguait très fort, c'était de savoir comment ma mère et les gens qu'elle fréquentait parvenaient à se priver de tous les plaisirs que le monde offrait. Ils ne donnaient pas du tout l'impression d'en souffrir, au contraire. Mais d'où tiraient-ils la force d'envisager la vie et la mort avec une telle sérénité? Quel était le secret de leur joie? Moi, j'étais absolument incapable d'envisager la vie sans les attraits du monde; son clinquant, ses lampions, ses fêtes m'attiraient comme la flamme d'une bougie attire un papillon de nuit. J'enrageais intérieurement à la seule pensée de ne pas y puiser à pleines mains. De telles «privations» m‘étaient insupportables, rien que d'y penser. Eux, au contraire, n'avaient pas du tout l'air d'être privés de quoi que ce soit. Ils n'en avaient tout simplement pas besoin. Et c'était à cause de ça que je les détestais; à cause de cela aussi que, secrètement dans le fond de mon cœur, je les enviais. Eux, me disais-je, ont quelque chose que toi tu n'as pas.

Comme ce genre de vie m'était à la fois détestable et désirable, j'essayais de soulager ma conscience en me disant que ces gens-là «grésillaient du trolley» et qu'ils étaient atteints de déviation mystique. Je croyais ainsi classer la chose et lui mettre un point final. Ça ne devait être qu'un point... à la ligne!

Révolte

Le petit Rouquin que j'étais grandissait et ne pouvait rester plus longtemps sous la tutelle maternelle. Je devais avoir onze ou douze ans quand j'ai fait une mini fugue le temps d'une demi-journée. De retour à la maison pendant la nuit, j'ai déclaré tout de go que je n'irais plus au culte. Cela fit un tollé d'envergure à la maison. Il y eut des menaces, mais j'ai tenu ferme avec l'aide de mon père qui s'était mis de mon côté.

Ma mère, la mort dans l'âme, me vit prendre le chemin large qui conduit à la perdition

(Matthieu 7:13-14). Quant à moi, mon opinion sur le chemin large était tout autre que celle de ma mère. C'était la seule voie qui pouvait me convenir et je n'allais pas m'en priver.

Un jour, je suis entré pour la première fois dans un cabaret et j'ai commandé un verre d'eau gazeuse que j'ai vidé bravement jusqu'au fond. Par la suite, bien que je ne sois jamais devenu un disciple du Capitaine Haddock, je me suis orienté vers des boissons moins inoffensives.

Le monde était à moi et moi au monde. Je courais les spectacles, je m'amusais comme un fou, et je rentrais à la maison le soir avec le cœur tout plein de vide. Quand les bruits et les lumières de la fête s'éteignaient, ma joie s'éteignait aussi et je me retrouvais tout seul avec moi-même.

Alors, la morsure du doute me faisait me poser des questions: Est-ce bien là le chemin du bonheur? Ça ne fait rien, me disais-je, la prochaine fois je mettrai les bouchées doubles et je serai heureux.

La guerre

Je fais un petit retour en arrière, un flash-back comme on dit aujourd'hui, pour les besoins de la chronologie. La guerre arriva avec son inévitable cortège de misères, de souffrances et de privations. L'offensive allemande de mai 1940 me vit descendre dans le Midi avec des milliers d'autres réfugiés. Plus d'une fois, alors que les «pruneaux» tombaient, j'avais la chair de poule et la peur au ventre. Mais, le premier orage passé, je suis rentré dans le foyer que la guerre avait épargné et je me suis installé comme tant d'autres dans les privations des années d'occupation. Si je n'ai pas connu la disette, grâce à la débrouillardise de mes parents, j'ai vécu quand même des moments où la faim me tiraillait péniblement l'estomac. C'était l'époque où tout ce qu'on pouvait se mettre sous la dent était le bienvenu. Un jour j'ai mangé du chat. C'était un chat qui nous avait volé des côtelettes... Mais l'histoire serait trop longue à raconter. J'ai récupéré les côtelettes perdues en mangeant le chat. «Œil pour œil»... côtelette pour côtelette! C'était, je vous l'assure, un fameux lapin que ce chat!

Quinze ans, c'est l'âge où les garçons grandissent vite. Je n'ai eu qu'un seul costume en quatre ans. Les manches du veston m'arrivaient entre le coude et le poignet. Les pantalons ne me descendaient à hauteur des chevilles que grâce à d'interminables bretelles. Mes souliers avaient été faits par mon père avec de la vieille garniture de fauteuil et des pneus d'automobile. Mais comme beaucoup étaient logés à la même enseigne, je m'en consolais comme je le pouvais en tournant la chose en rigolade.

La libération tant attendue ne m'apporta aucune libération intérieure. Ne trouvant pas d'autre débouché pour me sortir de moi-même, je m'enfermais dans une imagination débridée que je peuplais d'exploits qui, tous, se voulaient nobles et généreux. Je passais des heures à rêvasser de la sorte. C'étaient là les seuls moments où je tenais le beau rôle!

Bientôt j'ai senti que j'étouffais dans mon petit cercle. Il fallait donc l'agrandir en prenant le large et pour de bon.

À l'armée

À pas tout à fait dix-huit ans, je me suis engagé comme volontaire de guerre. Je ne veux pas vous épater, mais j'aime à ce qu'on sache que quelques jours à peine après mon entrée aux armées, l'Allemagne capitulait. Honni soit qui mal y pense!

C'était l'euphorie de la victoire, l'occupation de l'Allemagne, une discipline quasi nulle, une existence de prince, marquée cependant par quelques heurts mineurs avec mes supérieurs.

Mon sourire goguenard et mon air moqueur m'ont valu une série de mutations au sein de mon unité. On a cru sévir contre moi en m'envoyant dans une compagnie considérée comme disciplinaire à cause du vieux rat de caserne qu'était son commandant, et on n'est arrivé qu'à me faire la vie belle. J'ai goûté à divers postes: ordonnance d'officier (pas officier d'ordonnance!), employé de bureau, chauffeur de poids lourds et de blindés, candidat gradé. On a une fois encore pris contre moi une autre mesure, qu'on croyait disciplinaire, et on m'a envoyé à l'état-major de bataillon où j'ai vécu comme un coq en pâte et occupé un poste à faire baver d'envie tous les copains. Au volant d'un lourd véhicule j'ai fait des prouesses et commis des folies à faire pâlir un motocycliste pourtant réputé pour son audace. Que c'était grisant de faire monter les tours! Mais dans ces folles équipées, j'ai ressenti plusieurs fois des picotements courir le long de mon cuir chevelu. Sous ma rouge toison, des sueurs causées par la peur venaient parfois perler. C'est à cette époque aussi que mon caractère s'est affirmé et affiché, mais pas toujours sous ses plus beaux aspects. La révolte naturelle que je portais en moi grondait de plus en plus. J'en voulais aux autorités sans trop savoir pourquoi. Je ne pouvais pas voir un représentant de l'ordre sans sentir aussitôt mon cœur battre plus vite. Un jour de permission, je me suis pris de querelle avec des douaniers qui se sont fâchés à leur tour. J'en ai balancé un dans une véranda, détalé comme un lièvre et mis mes poursuivants dans le vent.

Je goûtais aussi à tous les plaisirs qui s'offraient à moi. Ce fut la période la plus insouciante de ma vie. Le soir, passant par-dessus toits, faîtes et poutrelles, au risque de me rompre le cou, je faisais le mur pour aller en catimini rejoindre les copains qui attendaient pour des virées qui toutes se voulaient épiques sans l'être jamais. J'étais fier de la honte que j'allais éprouver plus tard. Je m'étais lié d'amitié avec un gars bien bâti qui aimait chanter. Sur les hauteurs qui surplombent la rivière Weser, c'était une assez jolie région, cet ami, me montrant du doigt la rive opposée m'a dit: «Tu vois, ce coin-là? Quand je serai démobilisé, je viendrai y habiter!».

L'homme propose et Dieu dispose. Quelques jours plus tard, rentré de permission au peloton état-major j'y trouvais une atmosphère lourde de tristesse.

― Que se passe-t-il? Vous faites tous des figures d'enterrement! ai-je dit.

― Bien sûr, m'a-t-on répondu, depuis l'accident de K...

― Quel accident?

― Comment, tu ne sais pas? Il s'est fait tuer par un camion à une entrée de l'autoroute. La roue lui a passé sur la tête. On a reconduit le corps aux parents... dans un camion... entre des tonneaux de bière... pour que le voyage serve quand même à quelque chose...

Un peu plus tard, je me suis retrouvé devant le lit vide de l'ami qui aimait chanter. Le casque de motocycliste était là, écrasé, taché de sang, la jugulaire arrachée. Devant cette mort brutale et inattendue, la panique intérieure m'a gagné. Cet accident aurait pu m'arriver, où serait maintenant mon âme? Je ne le savais que trop bien! Le peu que j'avais retenu des enseignements de la Bible me clamait que je serais irrémédiablement perdu, car rien dans ma vie n'aurait pu résister à l'épreuve de l'éternité et du jugement qui, une fois de plus, s'étaient approchés de moi.

Alors là, dans cette chambre, j'ai pris une nouvelle fois de bonnes résolutions: j'allais essayer de vivre comme les chrétiens que j'avais connus. J'ai décidé de me refaire une conduite. Mais ça n'a pas tenu une semaine... La sarabande de mes péchés a repris de plus belle jusqu'au jour où mes supérieurs m'ont fait comprendre que mon séjour aux frais de la princesse était terminé et que je pouvais partir. C'est ainsi que j'ai été mis dehors de cet endroit où on vous met toujours dedans!

Idéal philosophique

Je suis revenu à la vie civile; j'ai changé d'habit, mais pas de vie. Je me suis une fois de plus retrouvé à la recherche d'un idéal valable qui m'échappait sans cesse. Ni les études, ni le travail, ni la littérature, ni les concerts, ni les sports, ni les plaisirs ne me procuraient la paix intérieure à laquelle j'aspirais pourtant de plus en plus. Les modèles à imiter ne manquaient cependant pas. J'ai appris par cœur de longues tirades dont je voulais imprégner ma vie. J'essayais de faire miennes les paroles de Cyrano:

...Et que faudrait-il faire?

Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,

Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc

Et s'en fait un tuteur en lui léchant l'écorce,

Grimper par ruse au lieu de s'élever par force?

Non, merci. Déjeuner chaque jour d'un crapaud?

Avoir un ventre usé par la marche? une peau

Qui plus vite à l'endroit des genoux devient sale?

Exécuter des tours de souplesse dorsale ...

Non, merci, non, merci, non, merci! Mais... chanter

Rêver, rire, passer, être seul, être libre

Avoir l'œil qui regarde bien, la voix qui vibre

Mettre quand il vous plaît, son feutre de travers,

Pour un oui, pour un non, se battre ou faire un vers!

Travailler sans souci de gloire ou de fortune,

À tel voyage auquel on pense, dans la lune!

N'écrire jamais rien qui de soi ne sortît,

Et modeste d'ailleurs, se dire: mon petit,

Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,

Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles!

Puis, s'il advient d'un peu triompher, par hasard,

Ne pas être obligé d'en rien rendre à César,

Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,

Bref, dédaignant d 'être le lierre parasite,

Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,

Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul!

C'est ce qui s'appelle vouloir monter à la seule force des poignets. Et tout seul je ne suis pas monté bien haut, au contraire. Moralement la pente était savonneuse, et tous mes efforts n'arrivaient qu'à me faire descendre un peu plus bas.

Un jour, je déambulais avec mon ami Paul et on se payait une portion de vitrine. La semaine était finie, c'était le printemps.

― Dis donc, vieux, sais-tu ce qu'on est venu faire sur la terre?

― Ma foi non, répond l'autre.

― On s'encroûte pendant six jours; on les passe dans l'espoir du septième et quand enfin il arrive il nous encroûte plus à lui tout seul que les six autres ensembles.

― Et pourtant, nous en sommes aux plus belles années de notre vie; on a vingt ans, une bonne santé, pas de responsabilités, on sait s'amuser, on sait rire. Oui, mais même dans le rire, le cœur est parfois triste.

― Eh bien, si on n'est pas heureux maintenant, qu'est-ce qui va nous tomber dessus plus tard!

― Dis donc, lui ai-je tout à coup proposé, si on faisait une liste de ce qu'on aimerait avoir. D'accord?

― Allons-y!

Un quart d'heure après, ni l'un ni l'autre nous n'avions trouvé quelque chose de valable à mettre sur la liste. On avait de tout. Mais en tête de page on aurait volontiers écrit: «Véritable bonheur et paix du cœur». Voilà ce qui me manquait le plus.

L'époque du carnaval approchait. Paul et moi, (souvenez-vous de Fil de Fer et de Boule de Gomme) nous avons décidé de nous amuser ce jour-là avec frénésie. On voulait tirer le fin du fin. Nous avons planifié cette journée avec minutie. Derrière les masques et dans les farandoles on s'est promis de s'en donner à cœur joie et de vivre une journée inoubliable. Jamais, en effet, on ne devait l'oublier. Elle fut pire que toutes les autres. Tout le monde riait, sauf nous! On se sentait seuls et perdus au milieu de cette foule en liesse. Pour ma part, je sentais confusément que dans ce monde qui me devenait de plus en plus étranger, je commençais à perdre les pédales. Quand enfin les lampions se sont éteints et que, sur le visage des gens, la joie fondait comme neige au soleil, un peu de lumière s'est glissée dans nos cœurs à tous les deux. Ce soir-là, nous avons analysé sérieusement notre entourage et en voyant ce monde, qui folâtrait encore tout à l'heure, s'en aller maintenant, l'œil si terne et l'oreille si basse, nous avons été pris d'un fou rire qui a duré des heures. La fête terminée, il n'y avait plus de plaisir, sinon pour nous... Étrange...!

Tâtonnements

Rien ne me satisfaisait plus vraiment? Eh bien, je suis allé au cercle paroissial où l'on venait justement de m'inviter. On m'y a bien accueilli. Sur les murs du local on pouvait lire: «Ici, on joue et on prie». En vérité, on jouait mais on ne priait pas. Le Vicaire qui dirigeait le mouvement était jeune et bourré de problèmes. Comment aurait-il pu me donner une solution que lui-même n'avait pas trouvée?

À la même époque je me suis mis à fréquenter à nouveau les protestants chez qui je m'étais bien juré de ne plus jamais remettre les pieds. J'assistais aux réunions (pas à toutes!) pour apaiser ma conscience. J'étais tiraillé, déchiré entre le monde et le Christ, et toujours c'était le monde qui l'emportait. Pendant mes insomnies, dans ces moments où l'éternité s'approchait si près de mes pensées, je me révoltais encore et j'accusais le père Adam. — C'est de sa faute à lui! S'il n'avait pas fait des bêtises, je ne serais pas dans l'état où je suis et devant la nécessité de me convertir ou de péri!

Un verset de la Bible avait le don de m'irriter et de me mettre les nerfs à fleur de peau: «Jeune homme, réjouis-toi dans ta jeunesse, marche dans les voies de ton cœur et selon les regards de tes yeux...» — Mais c'est ce que je fais! me disais-je — Misère! Pourquoi le verset ne s'arrête-il pas là? Pourquoi faut-il que la suite affirme: «...mais sache que pour toutes ces choses, Dieu t'appellera en jugement» (Ecclésiaste 12:1-3).

Ce que je ne savais pas encore, c'est que derrière tout ce travail d'âme il y avait les prières inlassables de ma mère.

À cette époque je me suis mis un peu à la boisson; occasionnellement tout d'abord. Sans jamais être un boit sans soif, ni rouler dans le ruisseau, il m'est arrivé de rentrer ivre. Je dégringolais de plus en plus, sur une pente que j'essayais en vain de remonter. Des passions nouvelles s'ajoutaient aux anciennes et me liaient toujours plus. J'essayais de donner le change en fréquentant les cultes jusqu'au jour où la vérité m'a sauté aux yeux, terrible, implacable: «Si tu mourrais aujourd'hui, où passerais-tu l'éternité?»

Je me suis rendu compte que la religion n'avait rien fait pour moi; elle ne m'avait rien apporté. J'étais resté le même homme, et sous le couvert de la religion je commettais des péchés plus grossiers qu'avant (Romains 7:18-19). J'essayais bien de faire un beau geste de temps à autre, comme pour me prouver à moi-même que j'étais encore quelqu'un. Mais, derrière cette fanfaronnade, la faillite morale était totale. Je n'avais pas encore touché le fond, mais cela ne pouvait tarder.

J'ai alors tenté de prendre les chrétiens à partie; je mettais leurs défauts sous la loupe et les grossissais à plaisir. Je blâmais leur étroitesse, je me moquais de leur peu d'envergure, de la pauvreté de leur prose et je me gargarisais de leur manque d'envol littéraire.

J'argumentais sur la religion. Je voulais en rabaisser les exigences, l'amoindrir à mes dimensions personnelles, afin qu'elle ne soit plus gênante. Mais toutes ces discussions n'arrangeaient rien à ma vie. Je restais sans force devant la tentation.

Le bout du rouleau

Un soir, je suis rentré à la maison dans un triste état. C'était un dimanche. L'après-midi s'était passé à jouer aux cartes dans un estaminet. La mort dans l'âme, je voyais les aiguilles courir sur le cadran et dépasser l'heure où, normalement, je me rendais à la «réunion».

Toute la soirée s'était passée à la foire, au dancing et au cabaret. Je m'étais laissé entraîner à boire et j'étais descendu, malade de cœur, dans ces coins où les caïds du coin réglaient leurs comptes en jouant du couteau.

C'est aux petites heures que j'ai pris le chemin du retour tenant toute la largeur de la rue, titubant d'un trottoir à l'autre... Pourtant mes pensées, cette nuit-là, étaient d'une rare lucidité. J'éprouvais la nausée de moi-même. Je me suis pris en dégoût. Un animal, me disais-je, ne descendrait pas si bas. J'ai senti que j'avais trahi la dignité d'homme que j'avais reçue de Dieu. C'est cette nuit-là que j'ai touché le fond. Ce devait être aussi la dernière fois. J'ai désespéré de ne jamais pouvoir m'en sortir tout seul. J'ai su à cette heure-là qu'à moins d'une intervention de Dieu dans ma vie, tout était perdu pour moi.

À la suite de ces expériences, avec mon inséparable ami Paul, à qui j'avais glissé quelques mots sur l'évangile, on s'est retrouvé tous les deux le dimanche suivant sur les bancs d'une église évangélique de la grande ville la plus proche.

Mais avant d'y entrer, on était encore passé au bistrot, et on s'était fait un malin plaisir de raconter des balivernes au tenancier. Incorrigibles!

Alors que nous étions timidement assis sur le dernier banc, en attendant le début du culte, un jeune homme de notre âge a quitté sa place, nous a prié de nous avancer, s'offrant à nous tenir compagnie. Habitué à fréquenter des lieux où l'on ne s'occupe de personne, mon ami Paul, épaté, m'a dit: «Ces gens-là sont chics!».

Et ce jour-là, pour la première fois, on a écouté, avec l'intention de comprendre ce qui se disait.

Après la rencontre, un ancien de l'église nous a invités à passer chez lui. Jamais, sans doute, cet homme ne fut bombardé d'autant de questions. À brûle-pourpoint, je me souviens lui avoir dit:

― Je constate que vous, les chrétiens, vous aimez Dieu; mais moi je ne l'aime pas, je n'éprouve rien pour Lui. Si donc il me faut l'aimer pour être sauvé, je ne le serai jamais.

Le vieil homme ne fut pas désarçonné par la question. Il ouvrit paisiblement sa Bible dans la première Épître de Jean et me mit un verset sous le nez qu'il me demanda de lire: «Ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c'est Dieu qui nous a aimés le premier et a envoyé son Fils» (1 Jean 4:10).

― Vous n'aimez pas Dieu, me dit-il, je le sais, mais Dieu vous aime!

J'ai reçu le choc en pleine poitrine. Jamais je n'avais vu la chose sous cet angle-là. C'était Dieu qui m'aimait, moi, un misérable transgresseur. J'ai commencé à voir que j'avais mis la charrue devant les bœufs. Ce qui comptait, ce n'était pas ce que moi, je pouvais faire pour Dieu, mais au contraire ce que Dieu avait fait pour moi. J'avais inversé les rôles. Voilà pourquoi mes efforts n'aboutissaient à rien. Mon salut, je l'avais ramené à moi-même. Jusque dans la recherche du salut, partout et toujours, ça avait été moi, moi, moi et rien que moi. Et voici que je découvrais maintenant que c'était Dieu et rien que Dieu.

Je suis parti ce soir-là avec cette pensée: «Eh bien, si c'est Dieu qui sauve, sauvé je serai!».

Dénouement

Au soir d'une belle journée de juin, je suis monté dans ma chambre en proie à un grand trouble intérieur. J'aurais voulu prier ce Dieu que je ne connaissais pas encore, que je redoutais et recherchais tout à la fois. J'aurais voulu ployer les genoux et prier, mais je ne l'avais jamais fait vraiment. Une bouffée d'orgueil m'empêchait de me courber. Je ne m'étais jamais courbé devant personne — du moins le croyais-je. C'est trop lâche, non! Je ne voulais pas être un hypocrite: demander le pardon aujourd'hui et recommencer demain la même vie de patachon, non! Je savais que je n'aurais pas la force de rompre avec un genre de vie que Dieu désapprouvait.

Très agité, je suis allé vers la fenêtre et j'ai regardé le ciel. Le soleil, tel une énorme boule rouge, se couchait à l'horizon. Je désirais prier, mais je ne le pouvais pas. Plusieurs fois j'ai fait le va et vient du lit à la fenêtre, en proie à un combat intérieur intense.

Et tout d'un coup, la crise a éclaté et s'est dénouée. Je suis tombé sur mes genoux, j'ai éclaté en sanglots et j'ai balbutié: «O Dieu, je suis perdu, sauve-moi!» Combien de temps suis-je resté là, prostré et prosterné? Je ne saurais le dire. Mais quand je me suis relevé, j'étais devenu un autre homme.

Ce jour-là et à cette heure, je suis mort à mon ancien genre de vie. Le jeune homme qui est redescendu de sa chambre, on n'allait plus le reconnaître, car j'étais devenu, selon ce que la Bible en dit: «une nouvelle créature en Jésus-Christ; les choses anciennes étaient passées et toutes choses devenaient nouvelles» (2 Corinthiens 5:17). En un instant, toute ma vie de péché, de révolte, de mondanité, s'est radicalement terminée. La transformation a été complète, jusqu'à mon vocabulaire qui s'en trouva modifié, épuré des propos malsains communément appelés gauloiseries. On ne m'a plus jamais revu dans aucun de ces lieux de plaisir et d'égarement.

Désormais, l'homme qui avait lutté contre le Christ allait vivre pour Lui. Et, O surprise, véritable cerise sur le gâteau, en même temps, presque le même jour mon ami Paul basculait lui aussi dans les bras du Seigneur. Notre conversion, non pas à une religion mais à Jésus-Christ, fut radicale tant pour l'un que pour l'autre et notre vie ne s'est pas arrêtée là. Au contraire, elle n'a fait que commencer. Un formidable champ d'action s'est ouvert devant nous. Nous en avions des choses à apprendre car nous ne connaissions rien ou si peu!

La Bible est devenue le Livre de ma vie; Jésus-Christ mon Sauveur et mon Seigneur. J'ai rencontré de l'opposition un peu partout. On m'a dit que mon expérience ne tiendrait pas, que ce n'était qu'une crise passagère. Eh bien, non, ça a tenu, cela fait plus de 50 ans que ça tient car c'est Jésus qui me tient dans sa main (Jean 10:28).

Les années ayant passé, je suis maintenant un retraité non pratiquant!

Je continue à servir le bon Maître qui m'a sauvé d'une si grande perdition par un si grand sacrifice.

Je suis engagé comme volontaire, mais dans une autre armée et pour un autre combat. Pour toute arme, j'ai la prière et la Parole de Dieu. Je m'en sers comme d'une épée que je lance dans les consciences, les compromis, les péchés et les traditions poussiéreuses. Et elle fait son travail. Je ne suis pas théoricien pour deux sous, je sais de quoi je parle car je parle d'expérience. Ma prédication, c'est du vécu. Ma seule éloquence c'est de croire chaque mot que je dis.

Et surtout, j'ai des certitudes à proclamer. Bible en main, j'affirme que l'on peut avoir l'assurance du salut, car je n'imagine pas que Dieu ait donné un Sauveur qui ne sauve pas ou qui ne sauverait qu'à demi. (1 Jean 5:13).

Je parle d'un salut que le Christ fait tout entier, qu'il paie tout entier et qu'il donne tout entier. Je crois, avec tous les écrivains sacrés, que seules la repentance envers Dieu et la foi au sang de Jésus- Christ qui purifie de tout péché, peuvent tirer un homme de sa perdition. (Actes 20:21).

J'insiste beaucoup sur le fait que l'homme ayant été créé libre, doit choisir pour lui-même et faire de ce salut une affaire personnelle.

Je crois, et je le dis bien haut, que ce salut, bien qu'éternel, commence dès cette vie et implique un changement radical de conduite et de caractère. (Actes 26:20).

Avec ma Bible, je continue à parcourir les routes de France, de Belgique, de Romandie et, dans une moindre mesure, les pays francophones d'outremer. Ma parole est parfois hésitante et heurtée; j'ai gardé l'oreille des jeunes parce que je veille à ce que mon vocabulaire ne soit pas rétro. Ma tignasse a viré de couleur, elle est moins flamboyante et moins fournie qu'autrefois. À l'exemple de l'apôtre Paul, je dis: «Je sais qu'en moi il n'y a rien de bon». Comme lui, ma vie, je la tire de mon Sauveur bien aimé. (Romains 5:18) et Galatiens 2:20). Je crois que de tous les pécheurs je suis, avec saint Paul, le premier ex aequo. (1 Timothée 1:15).

Si donc un jour je passe dans votre ville, vous me reconnaîtrez facilement à ma taille; je ne m'appelle pas Legrand pour rien! Venez me serrer la main. Je comprendrai vos luttes, je suis passé par-là!

Fernand Legrand

Source: Info-Bible

 

La grâce faveur immérité

(Extrait d'un message sur la grâce)

Tite au chapitre deux et à partir du verset 11:

«La grâce de Dieu a été manifestée, elle apporte le salut à tous les hommes; elle nous enseigne à renoncer à l'impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent sobrement, justement et pieusement en attendant la bienheureuse espérance et la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et sauveur Jésus-Christ».

Elle nous enseigne à ATTENDRE... la phrase se poursuit par: ...la bienheureuse espérance et l'apparition de la gloire de notre grand Dieu et sauveur Jésus-Christ. Saviez-vous que le Seigneur a promis de revenir, non plus comme la première fois dans l'humilité de la crèche mais en gloire? C'est ce retour de Jésus-Christ que nous croyons proche qui nous pousse à vivre en fonction de ce grand jour. Le racheté sent qu'il doit être prêt et ne pas être pris à l'improviste quant à sa conduite, faisant ce que son Seigneur ne voudrait pas qu'il fît. La venue de Jésus-Christ est un puissant stimulant pour la vie chrétienne.

Un voyageur, passant par les Alpes italiennes, visita une splendide maison de maître située dans un cadre pittoresque. Le jardinier lui fit voir les jardins remarquablement entretenus. Une conversation s'engagea dont voici l'essentiel:

Depuis combien de temps travaillez-vous ici, demanda le voyageur? Depuis vingt-cinq ans.

Combien de fois le propriétaire est-il revenu ici? Quatre fois.

Quand est-il venu la dernière fois? Il y a douze ans.

Il vous envoie ses ordres, je suppose. Jamais.

Qui donc vient surveiller le travail? Je suis seul et je ne vois que rarement un étranger.

Mais vous entretenez la propriété avec un tel soin qu'on croirait que vous attendez le maître comme s'il allait revenir demain! Non pas demain Monsieur, mais comme s'il revenait aujourd'hui!

Si le Maître devait revenir ce soir ou demain, seriez-vous prêt? L'attendez-vous? Cet esprit d'attente commencera le jour où vous recevrez le Seigneur dans votre cœur.

Mais ce programme que vous estimez exigeant et, avec raison, au-delà de vos forces, vous ne pouvez le commencer qu'après avoir d'abord reçu cette Grâce dont je parle depuis le début.

Vous pouvez être d'accord avec le côté éthique de ce livret, vous pouvez essayer de vivre à la hauteur de vos plus nobles aspirations; vous pouvez essayer de vous appliquer du mieux que vous pouvez les paroles de l'évangile, pour autant, le Seigneur à son retour ne vous prendrait pas avec lui. Pourquoi, direz-vous? Parce que Dieu est formel, il dit dans sa Parole en Éphésiens 2:8-9 «C'est par la Grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les œuvres (ou nos efforts) afin que personne ne se glorifie». Il faut d'abord être gracié car sans la Grâce reçue personnellement, malgré tous nos efforts, nous restons des condamnés à mort.

Un certain Georges Willson de Philadelphie fut condamné à être pendu pour vol du courrier des États-Unis et pour meurtre. Des amis influents obtinrent sa grâce du Président Jackson, mais il refusa la grâce. Le Président lui-même s'adressa à la cour suprême pour décider du cas. Il lui fut répondu que la grâce est une faveur dont la valeur dépend de son acceptation. Il est difficile d'imaginer qu'un condamné à mort puisse refuser la grâce mais s'il la refuse il n'y a plus de pardon possible. Georges Willson fut pendu avec l'acte de grâce sur le bureau du magistrat.

Un dernier mot: Votre acte de Grâce a été signé voici deux mille ans non avec de l'encre mais avec le sang de Jésus-Christ duquel il est écrit: «Le sang de Jésus-Christ son Fils nous purifie de tout péché» (1 Jean 1:7). À vous d'étendre la main en cet instant et de saisir par la foi l'Acte de Grâce que Dieu vous tend.

Fernand Legrand

Source: Info-Bible

 

À la question

À la question: «Est-ce que vous êtes sauvé?» on vous répond presque toujours:

  • «Je n'en sais rien»;

  • ou bien «je fais de mon mieux»;

  • ou «je l'espère»;

  • ou «on verra bien plus tard»;

  • ou «on ne peut pas le savoir»;

  • ou «c'est de l'orgueil ou de la présomption».

Alors que nous voulons tant de certitudes dans tous les domaines, la finance, le travail, les acquis sociaux, la famille, les engagements commerciaux, même en matière de sentiment nous voulons des certitudes, or, toutes ces choses, même les plus sûres vont passer car elles ne sont que pour un temps.

Et voici que pour ce qui compte et qui va durer éternellement, Dieu nous laisserait dans l'incertitude quant à notre avenir éternel, pire nous interdirait de le savoir! Nous ne pourrions donc jamais avoir l'assurance du salut! Quand on a Jésus dans son cœur on a la certitude du salut.

Posez-vous la question: «Suis-je en route pour le ciel, oui ou non?» Ne me dites pas: «Je fais de mon mieux», vous n'y arriveriez jamais! Le meilleur moyen de se perdre c'est de faire de son mieux parce que cela voudrait dire que vous seriez votre propre sauveur; or la Bible nous apprend que le Sauveur ce n'est pas nous, c'est Jésus le Sauveur. Il nous sauve parce que nous sommes perdus.

Au départ je dois donc reconnaître que je suis perdu et crier vers Lui, alors il me sauve. Il me sauve entièrement sans que je n'aie rien à faire, sinon me repentir et croire en Lui. Dans Jean 10:9, Jésus dit: «Je suis la porte, si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé». Je ne lis pas il sera peut-être sauvé, ou il pourra espérer un jour être sauvé, non mais il sera sauvé. C'est une certitude[1].

Ah! ce jour où j'ai compris que j'étais sauvé, que c'était réglé, vraiment, j'ai pleuré mes premières larmes de chrétien. J'étais sauvé, j'avais fait la paix avec Dieu, j'étais devenu son enfant, l'étape finale décisive était réglée une fois pour toutes. Quel bonheur que ce jour-là! «Il sera sauvé»

Je leur donne la vie éternelle; elles ne périront jamais, et nul ne les ravira de ma main.

Fernand Legrand

Source: Info-Bible

1

1 Jean 5:13 «Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu». (Jean 10:28)

 


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