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Dernière mise à jour le 4 mois par GoDieu.com


Évasion de Sépho.

60:1
¶ Au retour de l’année, la soixante-douzième après la descente d’Israël en Égypte, Sépho fils d’Éliphaz, fils d’Ésaü, s’enfuit d’Égypte avec ses compagnons de captivité,

60:2
et ils se réfugièrent en Afrique, qui est Denaba, auprès du roi Aïnias. Le roi les reçut avec de grands honneurs, et mit Sépho à la tête de son armée.

60:3
Sépho plut beaucoup au roi, ainsi qu’à son peuple, et il exerça longtemps le commandement de l’armée. Or, Sépho se voyant fort considéré d’Aïnias et de tous les grands du pays,

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les incitait sans cesse à réunir toute l’armée et aller attaquer les Égyptiens et les enfants de Jacob, afin de venger ses frères.

60:5
Mais tous refusaient constamment d’écouter Sépho en ceci.

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Le roi d’Afrique connaissait la force des enfants de Jacob, se souvenant combien ils avaient maltraité son armée dans leur guerre contre les enfants d’Ésaü.

Aïnias et Turnus se disputent la main de Jania (1377).

60:7
¶ En ce temps-là il y avait dans la ville de Phuzimna, au pays de Céthim, un homme appelé Huzi, et les enfants de Céthim le vénéraient comme un Dieu. Cet homme mourut sans fils, mais il laissa une fille, nommée Jania (1378),

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dont la beauté et l’esprit n’avaient rien de comparable sur toute la face de la terre.

60:9
Les gens d’Aïnias ayant vu cette fille, en parlèrent à leur maître avec éloge. Alors le roi d’Afrique envoya la demander en mariage aux enfants de Céthim, qui la lui accordèrent.

60:10
À peine les ambassadeurs d’Aïnias eurent-ils quitté le territoire du pays de Céthim, que voici arriver des envoyés de Turnus roi de Bénévent (1379), qui venaient faire la demande de Jania pour leur maître;

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parce que on lui en avait fait de grandes louanges.

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Les hommes de Céthim leur répondirent: Nous l’avons déjà promise avant votre arrivée à Aïnias, roi d’Afrique, qui l’avait fait demander pour en faire son épouse. Nous ne pouvons pas retirer notre promesse;

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car nous aurions à craindre qu’Aïnias ne vienne nous attaquer à main armée, et ne nous extermine; car Turnus, votre roi, ne pourrait pas nous protéger contre sa main puissante.

60:14
Les ambassadeurs de Turnus s’en retournèrent, et rapportèrent à leur maître la réponse des enfants de Céthim.

60:15
Or, ceux-ci envoyèrent une lettre à Aïnias, disant: Voici que Turnus nous a député une ambassade au sujet de Jania, qu’il désire épouser. Nous lui avons répondu comme ceci et comme cela. Nous avons appris qu’il réunit toute son armée pour te déclarer la guerre. Son plan est de passer par Sardonia (1380), afin d’attaquer ton frère Lucos, et tomber ensuite sur toi.

60:16
À l’annonce contenue dans la lettre des enfants de Céthim, Aïnias fut transporté de colère, et il se leva et réunit toute son armée, et vint dans les îles de la mer. Il aborda à Sardonia, et alla trouver Lucos son frère, roi de Sardonia.

60:17
¶ Lorsque Néblos, fils de Lucos, apprit que son oncle Aïnias arrivait, il sortit à sa rencontre avec une grande suite, et le baisa et le serra dans ses bras. Il lui dit: Quand tu feras alliance avec mon père, pour qu’il se joigne à toi contre Turnus, demande-lui qu’il me fasse général de son armée.

60:18
Aïnias ayant fait cette demande, Lucos y acquiesça. Et les deux frères se levèrent et marchèrent contre Turnus avec un nombre de troupes très considérable.

60:19
Ils montèrent dans des vaisseaux et arrivèrent dans la région d’Asthores (1381). Ils rencontrèrent dans la plaine de Campanie Turnus, qui était en marche vers Sardonia, et aussitôt s’engagea entre eux un combat très acharné.

60:20
Mais l’action fut fatale à Lucos, roi de Sardonia. Toute son armée y périt, comme aussi son fils Néblos. Cependant Aïnias recommença la bataille, et il tua Turnus de sa propre main, et il défit son armée au tranchant de l’épée. Ceux qui n’étaient pas tombés voyant que Turnus leur roi était mort, prirent la fuite.

60:21
Mais Aïnias et son frère Lucos les poursuivirent jusqu’au partage du chemin, qui est entre Albano et Rome. C’est ainsi qu’Aïnias vengea Néblos, son neveu, et l’armée de son frère Lucos.

60:22
¶ Et Aïnias ordonna à ses serviteurs de confectionner un simulacre d’homme en or, et d’y enfermer le corps de Néblos.

60:23
Néblos fut mis, en outre, dans un cercueil de bronze, et enterré en ce même lieu-là.

60:24
On éleva, sur son tombeau, au bord de la route, une haute tour,

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qui est appelée jusqu’à ce jour, monument de Néblos.

60:26
Et Turnus, roi de Bénévent, fut aussi enterré en ce lieu-là.

60:27
Et voici que sur la bifurcation du chemin, entre Albano et Rome, les deux tombeaux sont en face l’un de l’autre, et une voie pavée passe entre eux, jusqu’à ce jour.

60:28
¶ Après l’inhumation de Néblos, Lucos, son père, s’en retourna avec les débris de son armée à Sardonia son pays. Aïnias, son frère, s’avança avec ses troupes jusqu’à Bénévent, capitale de Turnus.

60:29
Quand les habitants de la ville furent informés de son approche, ils sortirent au-devant de lui avec des pleurs et des supplications, demandant en grâce de ne pas les mettre à mort, et de ne pas détruire leur ville. Aïnias accueillit favorablement leur prière, parce que Bénévent était considérée comme une ville de la fédération des enfants de Céthim.

60:30
Seulement, à partir de ce jour, des troupes en armes du roi d’Afrique, conduites par Sépho, le général, et quelquefois par Aïnias lui-même, venaient de temps à autre piller des provinces de Céthim, et en emportaient un grand butin.

60:31
¶ Aïnias changea ensuite de route avec tout son monde, et arriva à Phuzimna, où il épousa Jania, fille d’Huzi, et l’emmena dans sa capitale d’Afrique.


Notes sur le Livre de l’Exode

1377 L’auteur des suppléments continue à copier des passages du livre Yosiphon, chapitres 2 et 3.

Pour les combats entre Aïnias et Turnus, Voyez: Tite-Live I, 2 et Énéide, VII, 55 seq.

1378 Cet Huzi est Latinus. Phuzimna la principale ville du Latium, appelée Céthim (Voyez: note 1363). Jania n’est autre que Lavinie. Voyez: Tite-Live I, 1. Elle est aussi un peu Didon dans le rêve désordonné du Yosiphon.
1379 Le texte, תורגוס. Turgus. Lisez, תורנוס. Turnus, roi des Rutules. Voyez: note 1361.
1380 סרדוניה, Tous ces noms sont transcrits du grec, non du latin, Σαρδώ. Σαρδών. Σαρδώνη. Sardinia, la Sardaigne.

Ceci prouve que les suppléments datent d’une époque où le grec était encore à peu près la langue universelle. C’est ainsi que l’on rencontre aussi dans la mischna, dans la ghemara et dans les médraschim un bon nombre de termes grecs. Voyez: notre Avant-propos.

1381 אשתורש? Quelque lieu de l’Italie méridionale, sans doute.

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