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La version du Nouveau Testament dite de Lausanne-02


juin 29, 2014 par GoDieu


Chapitre II

Difficultés de l'œuvre

Quand donc saurons-nous qu'il est plus facile de formuler des règlements et des résolutions que de les mettre en pratique? Quand est-ce que nous consentirons à écouter le Seigneur et à ne pas commencer la construction d'une tour avant de savoir si nous avons les moyens de l'achever? Il est vrai que nous étions généralement jeunes et que l'aîné rachetait la différence d'âge par la vivacité de sa belle imagination; en sorte que nous nous faisions des illusions, non pas sur l'importance du travail entrepris, mais du moins sur son étendue et sur ses difficultés. Toutefois, en le réduisant aux faibles proportions que nous nous étions flattés de pouvoir lui assigner, n'était-il pas évident qu'il demeurait à la fois vaste, ardu et presque impossible?

Nous eûmes d'abord à lutter contre des difficultés matérielles.

On comprend tout l'intérêt qu'il y avait à ce que le comité se réunît alternativement chez quelqu'un de ceux qui en faisaient partie. Outre un accueil fraternel, on y trouvait des livres tout portés. Or, une distance d'environ 95 kilomètres séparait deux d'entre nous. À l'un des points extrêmes, demeurait celui qui était le plus nécessaire à l'œuvre et qui pouvait le mieux nous recevoir. Mais, pour franchir les distances, il n'y avait pas les moyens rapides de transport dont nous jouissons maintenant. Chose presque incroyable! il fallait une journée et quelques heures de la nuit, pour se rendre de Thierrens (6) à Satigny (7): en tout cas, plus de temps qu'on ne met aujourd'hui de Paris à Genève. Puis, nous étions tous des hommes fort occupés, nos fonctions publiques nous rappelaient forcément vers la fin de chaque semaine, et en portant à sept le chiffre du comité, l'assemblée des collaborateurs n'avait pas simplifié la marche.

Il arrive assez souvent que les membres d'un corps s'absentent sous le moindre prétexte. Mais ici, chacun se sentait lié par sa conscience, entraîné par l'immense intérêt de l'œuvre. Aussi, le Registre constate-t-il que sur les quarante-sept sessions d'où la première édition sortit, il n'y en eut que sept dans lesquelles le comité se soit vu réduit au chiffre réglementaire, et dix fois il fut au grand complet. Un seul jour, le 20 octobre 1834, Gaussen et Jayet ayant pu seuls se rendre à Thierrens, le secrétaire, absent lui-même, dut écrire sur le registre, selon la minute qui lui fut envoyée:

«On ne peut faire aucun ouvrage faute d'être quatre au moins, en sorte que cette réunion du comité a été complètement manquée quant au travail de révision. Que Dieu ait pitié de nous!»

Cependant, et par cela même que chacun y mettait tout son cœur, on pouvait s'attendre qu'il y aurait des démissions. Après avoir assisté aux deux premiers comités, Auguste Rochat dut se retirer, l'état de sa santé ne lui permettant pas de poursuivre un travail qui exigeait pour chacun de longues veilles dans son propre cabinet. Il eut pour successeur M. le pasteur Golliez; et lui aussi, vers la fin de l'œuvre, dut également s'abstenir, du moins pour un temps. À cette époque, l'assemblée générale était ajournée indéfiniment, et le comité prit sur lui d'appeler dans son sein M. le ministre Ami Bost. Il accepta, et il se trouve avoir assisté à cinq des treize sessions qui eurent lieu depuis son acceptation.

Après cela, je ne parlerai pas de la difficulté matérielle que nous rencontrâmes à nous procurer en nombre suffisant, des vieilles Bibles de Genève; mais une fois trouvées et distribuées, des embarras d'une autre nature se présentèrent coup sur coup. Nul d'entre nous ne manquait de bonne volonté; nul n'était, à bien dire, au-dessous de la tâche particulière qu'il avait acceptée; mais il s'agissait de lire la Bible tout entière dans un temps qu'il fallait abréger, de se livrer à un exercice de collationnage parfois fastidieux et toujours fatiguant, de ne pas se laisser retarder d'une semaine, d'un jour, faut-il dire, afin de ne pas arrêter le mouvement général; tous n'ont pas le don d'un travail de ce genre. Aussi y en eut-il qui reculèrent dès les premiers pas, un plus grand nombre qui se lassèrent fort vite, peu qui suivirent l'œuvre jusqu'au bout; et pourtant ils continuèrent tous à faire partie de l'assemblée générale.

Celle-ci, par l'acte d'association, avait la haute main surtout, non pas seulement comme pouvoir législatif, si ce mot peut aller ici, mais encore comme conseil supérieur de rédaction. Au fond, la révision devait être son œuvre, plus que celle du comité des sept. Les difficultés d'exécution furent telles que, depuis le 4 novembre 1829, l'assemblée ne fut plus convoquée, si ce n'est tout à la fin de la carrière, le 6 juillet 1837. Alors, sept membres seulement se présentèrent, dont quatre faisaient partie du comité; l'auteur lui-même de ce récit comptait parmi les nombreux absents.

La composition et les attributions, soit du comité, soit de l'assemblée, rendaient absolument indispensable l'action d'un homme qui, par son unité et sa présence à tout, s'il m'est permis de parler ainsi, suppléât aux diversités et au décousu de l'ensemble. Ce devait être le ministre correcteur institué par le Règlement. M. Henri Thomas, officiellement averti, en janvier 1828, de sa nomination, n'accepta ni ne refusa. Ses devoirs actuels étaient considérables; toutefois il se mettait à la disposition de ses frères, s'ils croyaient devoir insister. C'est ce que le comité ne se sentit pas permis de faire, attendu que l'œuvre n'était pas alors de nature à occuper suffisamment un homme, et le pasteur de Rolle s'y employa provisoirement. Cependant, la rivière grossissant quelque peu avec le retour du printemps, l'assemblée générale du 3 juillet nomma Henri Olivier, plus réellement sans emploi que M. Henri Thomas.

Personne d'ailleurs n'était mieux placé ni mieux qualifié, et l'on put se croire au terme d'une des plus grosses difficultés de l'entreprise. Mais le temps était à l'orage. Il y eut, en 1829, une recrudescence de la persécution légale inaugurée dans le canton de Vaud par la loi du 20 mai 1824 (8), et la paisible œuvre dont je retrace l'histoire en reçut le contrecoup. Olivier fut banni pour un an. Grâce à Dieu, cependant, cet échec fut promptement atténué. M. Henri Thomas accepta cette fois sa vocation. Dès ce moment, le Registre nous le montre en constante activité jusqu'au mois d'août 1835, qu'il dut, pour cause de santé, résigner ses fonctions, mais sans quitter entièrement le comité. À cette époque, Olivier, que nous avions eu le bonheur de revoir dès le mois de mars 1831, se trouvait de nouveau hors de son pays. Il avait, en juin 1834, accepté une mission au Canada; mais au point où le travail en était, on pouvait à la rigueur se passer d'un agent spécial, et M. Henri Thomas ne fut pas remplacé.

Il me reste à parler des difficultés qui naquirent de nos relations avec l'Écosse, difficultés que je puis raconter librement, car elles ne procédèrent ni de part ni d'autre d'un mauvais esprit. Comme nous, le comité d'Édimbourg avait cru qu'il s'agissait simplement d'une nouvelle édition de la Bible de 1712, d'une réimpression avec quelques changements peu graves et portant essentiellement sur le langage. Dans cette persuasion, nos généreux amis refusèrent d'abord de voir les feuilles avant l'impression, contents, disaient-ils, de les lire à mesure qu'elles sortiraient de presse. Plus tard, quand ils virent que nous n'allions à rien de moins qu'à une version nouvelle, ils sentirent leur responsabilité morale fortement engagée. Nous le sentîmes pour eux-mêmes, et, avant qu'ils l'eussent demandé, nous nous mîmes à les tenir au courant de notre travail. Heureux étions-nous de penser que nous aurions de la sorte en Écosse des collaborateurs et non pas seulement des bailleurs de fonds. Mais nous ne tardâmes pas à éprouver combien il est difficile de s'entendre à distance.

Il y avait eu, le 3 juillet 1828, une assemblée générale dont H. Olivier fit connaître les résultats à M. Haldane, et celui-ci à son comité. Cette communication valut à notre cher président une sorte de mercuriale qu'il déclina fraternellement, par une lettre trop longue pour être transcrite dans son entier, mais trop importante pour que je me borne à en donner un précis. Je dois dire pourtant que j'en possède seulement la minute, et que quelques mots peuvent avoir été changés par l'auteur en la copiant.

«Mon cher frère en notre Seigneur Jésus-Christ.


Je m'empresse de répondre à votre lettre du 12 septembre, et quoique celle-ci ne vous soit adressée qu'en mon propre nom, je désire que vous vouliez bien en donner connaissance à vos honorables collègues dans le Comité biblique d'Édimbourg».

Après avoir exprimé son affliction de ce que M. Haldane avait soulevé cette affaire sans avoir reçu les explications qu'il avait demandées, et après lui avoir donné ces explications, Gaussen continue.

«Cependant, mon cher frère, je ne crois pas devoir vous cacher que la précipitation du Comité d'Édimbourg à prendre la résolution dont vous m'avez fait part, ne me semble pas pouvoir être approuvée.


D'abord, elle est directement contraire aux bases dont les deux Comités de Suisse et d'Écosse étaient convenus d'un commun accord. Vous avez nos articles entre les mains. L'un des premiers porte que nous pourrons, sans en rendre compte, emprunter nos corrections à la version anglicane, à celle de Luther, ou à l'une des versions d'Ostervald et de Martin. Celle dont vous vous plaignez est prise d'Ostervald. C'était donc revenir en arrière de nos conventions, et vous élever directement contre nos mutuels engagements que de prendre l'arrêté dont vous m'avez envoyé la copie ou l'extrait....


Quand vous vous en seriez tenu, soit en votre nom, soit en celui du Comité d'Édimbourg, à nous écrire votre opinion sur ce sujet, et à nous demander de le reprendre en considération, nous aurions été tous édifiés de votre sollicitude et reconnaissants de votre assistance. Mais qu'avant d'attendre nos explications, vous vouliez nous imposer une traduction, lorsqu'il s'agit d'un passage où nous sommes strictement restés dans les termes de nos mutuelles conventions, c'est ce qui pourra sembler blessant et peu fraternel à nos collaborateurs (9).


Nos frères ont entrepris cette œuvre en la présence de Dieu. Ils ont tous à cœur que notre version soit plus rapprochée du texte qu'aucune de celles qui l'ont précédée dans notre langue. Ils ont l'assurance qu'elle sera telle. Ils sont tous réjouis de l'intérêt que nos frères d'Écosse ont mis à leur entreprise; mais je ne pense pas qu'aucun d'eux voulût continuer cette association, s'ils avaient l'idée que leur travail n'est pas libre et qu'il pourra leur être dicté par une autre voix que celle de leur conscience éclairée par les conseils de leurs frères et surtout par la lumière du Saint-Esprit.


Quand il s'agit pour eux de déterminer la traduction d'un passage, ils pensent que les avis du moindre de leurs frères doivent être pesés avec la plus sérieuse attention. Ils penseront tous, sans doute aussi, que les conseils et les représentations d'un homme qui, comme vous, a contribué plus qu'aucun autre à faire connaître et respecter la Sainte-Écriture, doivent avoir un très grand poids dans leurs délibérations; mais ils penseront tous aussi qu'il serait très infidèle, dans un ouvrage comme le leur, de faire entrer un seul instant et le moins du monde en considération la pensée que, suivant qu'ils traduiront d'une manière ou d'une autre, le travail des imprimeurs sera ou ne sera pas payé par des bienfaiteurs étrangers. Nos collaborateurs sont nombreux, leur temps leur est à tous précieux, parce qu'ils savent qu'ils le doivent à leur maître et à leur paroisse; le travail auquel ils se sont engagés est considérable; ils le voient grandir à mesure qu'ils avancent; ils sont, pour le poursuivre, appelés à de difficiles déplacements: il n'y a donc que la pensée de la haute importance de leur entreprise devant Dieu qui puisse les y faire persévérer.


Je vous ai déjà dit que j'abonde dans le sens des grands principes rappelés dans votre lettre; je désire qu'ils nous soient toujours présents; mais je ne saurais approuver l'application que vous en avez faite au cas dont il s'agit».

Ici vient une discussion approfondie que nous ne saurions songer à reproduire. Ce sujet épuisé, Gaussen se permet de dire en quels termes il demande que le comité rédige de nouvelles résolutions, et poursuivant:

«Ne serait-ce pas là, dit-il, l'expression de vos propres sentiments? Je désire, en un mot, quant à votre arrêté, que les ministres suisses l'ignorent, et que votre comité le retire et l'oublie.


J'avais justement chez moi, à Satigny, quatre de nos principaux collaborateurs quand votre lettre m'y est arrivée. C'était avant-hier. Je leur ai lu ce que je viens de vous écrire; ils n'ont avec moi qu'un même sentiment. L'un d'eux, M. H. Olivier, n'avait point reçu la lettre que vous me dites lui avoir adressée; je pense qu'à son retour à Lausanne, il l'y aura trouvée. Il m'a chargé de vous accuser réception d'une lettre de change de 40 liv. st., et de remercier votre comité pour la promptitude de cet envoi. Il n'avait point encore encaissé cette lettre de change; nous sommes convenus qu'il attendrait pour cela d'avoir reçu la réponse de votre comité. C'est aussi jusque-là que nous renverrons la convocation d'une assemblée générale.


Que Dieu bénisse vos résolutions, mon cher frère! Quelles qu'elles puissent être, persuadés que vous les aurez prises en la présence de notre commun Maître, nous espérons en lui que le résultat en sera pour sa gloire et pour le plus grand honneur de sa Parole; nous demeurerons toujours reconnaissants de votre premier empressement à seconder nos travaux, et nous verrons toujours avec beaucoup de joie toutes les circonstances qui pourront rapprocher nos églises fidèles et celles qui sont en Écosse.


Quant à moi, mon cher frère, vous savez mon tendre respect pour vous; vous êtes l'un des hommes auxquels j'ai le plus d'obligations spirituelles.


Croyez-moi donc toujours votre obéissant serviteur en notre Seigneur. Que le Seigneur soit avec votre esprit!»


GAUSSEN.

Cette lettre doit être du 27 septembre. La réponse demandée tardant à venir, l'assemblée générale fut convoquée pour ses travaux ordinaires. Elle comptait vingt membres présents. Sans lui parler de ce qui s'était passé, on soumit à une nouvelle délibération la traduction de plusieurs mots. Sur celui qui avait attiré la remontrance, elle fut unanime pour révoquer sa décision précédente (10). Puis, après qu'elle eut ainsi délibéré dans la plénitude de son indépendance, on lui donna communication de toute l'affaire. La lettre de Gaussen ayant été pleinement approuvée, le comité fut chargé de prendre officiellement la chose en main, pour la suivre dans le même esprit.

Le ciel donc, à ce moment, était fort noir du côté de l'Écosse, mais il s'éclaircit tout à coup. Il y avait eu un malentendu. M. R. Haldane s'était exagéré le sens ou la portée des décisions de son comité. Celui-ci, toujours plein de la même confiance, demanda cependant qu'on lui envoyât chaque livre de la Bible à mesure qu'ils seraient examinés. Il en résulta que nous reçûmes de sa part des notes et des observations excellentes; mais notre liberté fut pleinement respectée. Le comité d'Édimbourg conserva la sienne pareillement, et il la conserva si bien, qu'au terme de la course, il refusa de faire les frais de l'impression, sans regretter toutefois, voulut-il bien nous dire, le secours pécuniaire qu'il nous avait prêté jusque-là pour impressions diverses, salaire (11) du ministre correcteur et voyages.

Quoi qu'il en soit, l'incident Haldane, comme on pourrait l'appeler, nous donna dans le temps beaucoup d'ennui; il paralysa même quelque peu notre activité, car le comité n'eut qu'une seule session dans l'hiver de 1828 à 1829, en sorte que le travail n'avançait pas.

 


Références

6 Point assez central dans le canton de Vaud.
7 À deux lieues de Genève.
8 Voir ma Notice sur Auguste Rochat, page 114.
9 Pour apprécier comme il convient ce ferme langage, il faut savoir que Gaussen avait voté contre la modification dont l'Écosse se plaignait.
10 Il s'agissait du verbe trente-huit fois répété dans les quinze premiers versets de St. Matthieu. On avait d'abord décidé qu'on le traduirait comme Ostervald, par fut père de, au lieu d'engendra. La nouvelle version de Paris, plus libre encore, le supprime trente-cinq fois, ce que n'a jamais osé faire aucun traducteur, que je sache.
11 Pourquoi ne le dirais-je pas? ce salaire avait été considérablement réduit, par la volonté même de celui qui le percevait, dès qu'il eut obtenu une place de pasteur.

 

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