Accueil GoDieu.com
Plan de Salut de Dieu
Recherche GoDieu.com

En principe, ce panneau vous présentera des choix de moteur de recherche GoDieu.com.

Fermer
Recherche biblique
GoDieu.com
Cette page en favori Affiche une version imprimable de cette page entière. Expédier la page d'accueil par courriel. Contacter GoDieu.com
Dimension de police du texte
 
Facebook GoDieu.com Twitter GoDieu.com Youtube GoDieu.com Dailymotion GoDieu.com Suivez-nous !   

_____________________________ Échange de bannières ______________________________
_____________________________ Échange de bannières ______________________________

Traduction du site

Afrikaans - Vertaling - Kies taal - af - Afrikaans Albanian - Përkthimi - Zgjidhni gjuhën - sq - Albanais Deutsch - Übersetzung - Sprache wählen - de - Allemand አማርኛ - ተርጉም - ቋንቋ ይምረጡ - am - Amharique English - Translate - Select Language - en - Anglais العربية - ترجمة - تحديد اللغة - ar - Arabe Հայերեն - Թարգմանություն - Ընտրեք լեզուն - hy - Arménien Azeri - Translation - Dil seçin - az - Azéri Euskal - Itzulpen - Hizkuntza aukeratu - eu - Basque বাংলা - অনুবাদ - ভাষা নির্বাচন করুন - bn - Bengali Беларусь - Пераклад - Выбраць мову - be - Biélorusse မြန်မာစာ - ဘာသာပြန်ဆို။ - ဘာသာစကားကိုရွေးချယ်ပါ။ - my - Birman Bosanski - Translation - Odaberite jezik - bs - Bosniaque български - Преводач - Избор на език - bg - Bulgare català - Traductor - Selecciona l'idioma - ca - Catalan Cebuano - Translation - Pilia pinulongan - ceb - Cebuano Chichewa - Translation - Sankhani chinenero - ny - Chichewa 中文 (简体) - 翻译 - 选择语言 - zh-CN - Chinois (simplifié) 中文 (繁體) - 翻譯 - 選擇語言 - zh-TW - Chinois (traditionnel) සිංහල - පරිවර්තනය - භාෂාව තෝරාගන්න - si - Cingalais 한국어 - 번역 - 언어설정 - ko - Coréen Corsica - Traduci - Sceglie a lingua - co - Corse Kreyòl ayisyen - Tradiksyon - Chwazi lang - ht - Créole haïtien hrvatski - Prevoditelj - Odaberite jezik - hr - Croate Dansk - Oversæt - Vælg sprog - da - Danois Español - Traductor - Seleccionar idioma - es - Espagnol Esperanto - Tradukado - Elektu lingvon - eo - Espéranto Eesti - Tõlkimine - Vali keel - et - Estonien suomi - Kääntäjä - Valitse kieli - fi - Finnois Français - Traduction - Choisissez la langue - fr - Français Frysk - Oersette - Selektearje taal - fy - Frison Gaelic (Skotlân) - Eadar-theangaich - Tagh cànan - gd - Gaélique (Écosse) Galego - Tradución - Escolla o idioma - gl - Galicien Cymraeg - Cyfieithu - Dewiswch iaith - cy - Gallois ქართული - თარგმანი - ენის არჩევა - ka - Géorgien Ελληνικά - Μετάφραση - Επιλογή γλώσσας - el - Grec ગુજરાતી - અનુવાદ - ભાષા પસંદ કરો - gu - Gujarati Hausa - Translation - Zabi harshe - ha - Haoussa Hawaiian - Unuhi - Wae 'ōlelo - haw - Hawaïen עברית - תרגם - בחירת שפה - iw - Hébreu हिन्दी - अनुवाद करें - भाषा चुनें - hi - Hindi Hmong - txhais lus - Xaiv lus - hmn - Hmong Magyar - Fordítás - Válasszon nyelvet - hu - Hongrois Igbo - Translation - Họrọ asụsụ - ig - Igbo Indonesia - Translate - Pilih Bahasa - id - Indonésien Gaeilge - Aistriúchán - Roghnaigh teanga - ga - Irlandais Icelandic - Þýðing - Velja tungumál - is - Islandais Italiano - Traduttore - Seleziona lingua - it - Italien 日本語 - 翻訳 - 言語を選択 - ja - Japonais Javanese - Translation - Pilih basa - jw - Javanais ಕನ್ನಡ - ಅನುವಾದ - ಭಾಷೆ ಆಯ್ಕೆ - kn - Kannada Қазақ - Аударма - Тілді таңдау - kk - Kazakh ខ្មែរ - បកប្រែ - ជ្រើសភាសា - km - Khmer киргизский - Комментарий - Тил тандаңыз - ky - Kirghyz Kurdish - Wergerandin - Hilbijêre ziman - ku - Kurde ລາວ - ການແປພາສາ - ເລືອກພາສາ - lo - Laotien Latin - Latin - Elige lingua - la - Latin latviešu - Tulkotājs - Atlasiet valodu - lv - Letton Lietuvių - Versti - Pasirinkite kalbą - lt - Lituanien Lëtzebuergesch - Iwwersetzen - Wielt Sprooch - lb - Luxembourgeois Македонски - Превод - Избери јазик - mk - Macédonien Malaysia - Terjemahan - Pilih bahasa - ms - Malaisien മലയാളം - പരിഭാഷ - ഭാഷ തിരഞ്ഞെടുക്കുക - ml - Malayalam Madagascar - Translation - Mifidiana teny - mg - Malgache Malti - Traduzzjoni - Agħżel lingwa - mt - Maltais Maori - Translation - Kōwhiri te reo - mi - Maori मराठी - भाषांतर - भाषा निवडा - mr - Marathi Монгол - Орчуулга - Хэл сонгох - mn - Mongol Nederlands - Vertaal - Kies Taal - nl - Néerlandais नेपाली - अनुवाद - भाषा छान्नुहोस् - ne - Népalais norsk - Oversetter - Velg språk - no - Norvégien O'zbekiston - Tarjima - Tilni tanlang - uz - Ouzbek پښتو - وژباړئ - ژبه وټاکئ - ps - Pachtô ਪੰਜਾਬੀ - ਅਨੁਵਾਦ - ਭਾਸ਼ਾ ਚੁਣੋ - pa - Panjabi فارسی - ترجمه - انتخاب زبان - fa - Persan Polski - Tłumacz - Wybierz język - pl - Polonais Português - Tradutor - Seleccionar idioma - pt - Portugais Română - Traducere - Selectaţi limba - ro - Roumain Русский - Переводчик - Выберите язык - ru - Russe Samoa - Faaliliu - Gagana filifilia - sm - Samoan српски - преводилац - Изабери језик - sr - Serbe Sesotho - Phetolelo - Khetha puo tn lefatshe - st - Sesotho Shona - Kushandura - Sarudzai mutauro - sn - Shona سنڌي - ترجمو ڪريو - ٻولي منتخب ڪريو - sd - Sindhî slovenčina - Prekladač - Výber jazyka - sk - Slovaque slovenščina - Prevajalnik - Izberi jezik - sl - Slovène Somali - Translation - Dooro luqadda - so - Somali Sunda - Tarjamahan - Pilih basa - su - Soundanais Svenska - Översätt - Välj språk - sv - Suédois Kiswahili - Tafsiri - Chagua lugha - sw - Swahili Тоҷикистон - Тарҷумаи - интихоб забон - tg - Tadjik Filipino - Pagsasalin - Pumili ng Wika - tl - Tagalog தமிழ் - மொழிபெயர்ப்பு - மொழி தேர்வு - ta - Tamoul česky - Překladač - Zvolit jazyk - cs - Tchèque తెలుగు - అనువాద - భాష ఎంచుకోండి - te - Telugu ไทย - แปล - ภาษาเลือก - th - Thaï Türk - Tercüme - Dil seçin - tr - Turc українська - Перекладач - Виберіть мову - uk - Ukrainien اردو - ترجمہ - زبان کا انتخاب کریں - ur - Urdu Tiếng Việt - Dịch - Chọn Ngôn ngữ - vi - Vietnamien isiXhosa - Guqula - Khetha ulwimi - xh - Xhosa ייִדיש - טראַנסלאַטיאָן - אויסקלייַבן שפּראַך - yi - Yiddish Yoruba - Translation - Yan ede - yo - Yorouba Zulu - Translation - Khetha ulimi - zu - Zoulou

Connexion utilisateur

Utilisateurs en ligne

1 utilisateur
252 invités

Statistiques d'aujourd'hui

NombreDescription
13623Membres
1541Messages
29Commentaires
0Lectures
4154924Lectures globales
0Clics
0Réf. externes
0Réf. internes
0Abonnés RSS

Gestion de contenu (CMS)

Créé avec l'aide de Drupal, un système de gestion de contenu "opensource"

Publicité point liée à GoDieu.com

La version du Nouveau Testament dite de Lausanne-03


juin 29, 2014 par GoDieu


Chapitre III

Le travail

Au moment où l'on rend compte d'une œuvre à laquelle on a concouru, il est plus que permis de se demander dans quel sentiment on le fait. Heureusement, ou plutôt par malheur, les résultats de celle-ci n'ont pas été tellement brillants qu'on ait à se prémunir contre la vaine gloire. Mais si, peut-être, quelques personnes se sont imaginés que le travail fut entrepris à la légère et plus légèrement encore accompli, il me paraît convenable de les tirer d'erreur. Surtout, il n'est pas inutile que ceux qui tenteront des efforts nouveaux sachent comment se sont faites les expériences précédentes, les trouvât-on peu réussies.

Les travaux étaient organisés de telle sorte que le comité n'avait rien à faire tant que les collaborateurs, y compris ses propres membres, ne faisaient rien ou qu'ils n'envoyaient pas leurs notes. Ce fut donc seulement après trois mois d'attente qu'il put se mettre à la révision de la Genèse. En deux jours (maximum probable, pensions-nous, de la durée d'une session), il ne corrigea que dix chapitres. Cela veut dire cependant qu'il eut à délibérer sur environ sept cents corrections proposées; les quarante premiers chapitres de la Genèse en comptaient plus de trois mille.

Il n'en fallut pas davantage au comité pour comprendre que, l'entreprise s'étant faite surtout en vue du Nouveau Testament, on devait, pour l'heure, abandonner la révision de l'Ancien. Il fut donc résolu qu'on passerait immédiatement aux Évangiles et que chaque collaborateur serait prié de réviser tous les quinze jours neuf chapitres, ce qui donnait un peu plus d'une année pour le Nouveau Testament tout entier, lequel, pensait-on, présenterait moins de difficultés que l'Ancien. On se trompait; car, depuis ce moment (mai 1828), six années s'écoulèrent jusqu'au jour où l'on eut atteint la fin de l'Apocalypse. Le comité avait consacré à ce premier travail, qui ne fut qu'une ébauche, vingt-quatre sessions, pendant chacune desquelles on n'avança que de dix chapitres en moyenne, bien qu'on siégeât trois ou quatre jours, et que la discussion portât sur les seules propositions qui n'avaient pas obtenu la majorité dans une circulation préalable, ou au sujet desquels un ou deux membres en avaient appelé au comité réuni.

Ce furent, qu'il nous soit permis de nous le rappeler, des jours pleins de douceur en même temps que de fatigue. La demeure de notre cher président fut plus souvent qu'aucune autre le théâtre de nos travaux: d'abord, sa paisible cure de Satigny; puis, sa campagne de Bourdigny, après une destitution plus honorable pour lui que pour ses juges; enfin, la charmante habitation des Grottes, qui vit notre dernier comité en novembre 1857. Les frères vaudois arrivaient ordinairement ensemble à Genève, où les attendait une voiture qui les transportait au Mandement (12), et, d'un cœur joyeux, ils abrégeaient la route par le chant de quelques cantiques: on chantait alors peut-être plus qu'à présent. La nuit tombait pour l'ordinaire au moment de l'arrivée; et tous ceux qui ont eu le privilège de connaître Gaussen et les personnes de sa famille, comprennent en quels entretiens agréables, autant que bons et utiles, se passait le reste de la soirée, jusqu'à l'heure où tous les habitants de la maison s'unissaient dans une prière commune; je crois pouvoir même dire qu'un premier acte de culte suivit plus d'une fois les premières salutations. À demain le travail, de grand matin: avant jour, suivant la saison, et, toute la journée, jusqu'à, dix heures, en ne se donnant du relâche qu'au moment des repas. Notre principal rafraîchissement, personne ne saurait s'en étonner, c'étaient les prières par lesquelles s'inaugurait chaque reprise du travail et les actions de grâces quand on le quittait momentanément: même autour de la table, on n'oubliait pas pour quelle œuvre notre Père céleste réparait nos forces avec tant de bonté. Car la fatigue était parfois extrême; mais ce sont de ces fatigues qu'on oublie pour ne se souvenir que des grâces qui les accompagnèrent. Je ne pense pas qu'il y en ait un seul parmi nous à qui ce long travail n'ait été en bénédiction. Par la faveur divine, nous n'étions pas de ces scribes qui épluchent les Écritures sans se nourrir de leur substance.

Si je me laissais aller au charme de mes souvenirs, je parlerais de ce beau comité de Bullet (juillet 1834), où, dans une vingt-neuvième session, nous achevâmes la première révision du Nouveau Testament. Le comité au grand complet dans la cure de notre frère H. Thomas. Là-haut, sur la verte croupe du Jura, en face des grandes Alpes dans le lointain. À nos pieds, Yverdon et son lac. Un temps splendide, et le cœur plein de reconnaissance. Mais il faut abréger et revenir à l'essentiel.

Aussitôt la révision des Évangiles commencée, nous aperçûmes ce qu'avait de chimérique le but proposé. Pour ne faire qu'une simple retouche du Nouveau Testament de 1712, il aurait fallu tenir le texte grec fermé; car, dès qu'on l'ouvrait, il devenait évident qu'il y avait à tenter une traduction nouvelle. Je ne dirai pas que nous connussions alors tous les faits que M. Em. Pétavel vient de mettre en évidence, à savoir que nos versions françaises, sans en excepter une, révisions de révisions, ont pour commune origine des traductions de la Vulgate latine (13); mais nous ne tardâmes pas à voir qu'en effet nos versions ont traduit le grec du Nouveau Testament comme si ce grec avait parlé latin. Nul égard à la présence de l'article, parce que le latin n'en a point; les aoristes et les prétérits traduits au hasard, parce que le latin n'a qu'une forme pour le passé indéfini, comme pour le passé défini; des mots simplement transportés du latin en français, tels que rémission, résurrection, tabernacle, enfer, rédemption, gentils, ministre, cène, etc.; d'autres laissés tout grecs, parce qu'il a plu aux docteurs latins de les consacrer: ainsi, évangile, diacre, apôtre, église, etc., mots pour lesquels les premiers traducteurs français auraient trouvé des équivalents dans leur propre langue, s'ils n'avaient subi l'influence de St. Jérôme et de sa version. En sorte que, peu à peu, et sans avoir eu tout de suite conscience de ce que nous faisions, par conséquent sans en donner immédiatement connaissance à nos collaborateurs et à nos amis d'Écosse, nous nous trouvâmes faisant une traduction nouvelle, et ce fut en dérivant que nous entrâmes dans les bons mouillages.

Nous continuâmes sans doute à nous servir de secours et à consulter les anciennes versions. Celle de 1712 continuait à nous inspirer le plus de confiance et lorsque, dans quelque embarras, nous n'étions contents de personne, pas même de nous, c'est 1712 qui prononçait. Genève 1805 et Lausanne 1822, connues à fond, l'une par Gaussen, l'autre par Rod. Mellet, si ce n'est par d'autres membres du Comité, ne furent presque jamais écoutées; mais oui bien la version anglaise et celle de Luther, plus encore celle de De Wette qui venait de paraître, et, sur la fin de notre travail, celle de Van Ess. Pour ce qui est de Martin et d'Ostervald, par lesquels il semblait d'abord que nous amenderions 1712, nous les savions par cœur, et nous eûmes plutôt à nous défendre contre nos réminiscences. La Bible de Sacy et les Évangiles de Lamennais eurent à nous donner, pour le français du moins, des conseils d'un plus grand poids.

Les commentaires furent peu consultés, car nous estimions que, lorsqu'il s'agit de traduire la Bible, elle est à elle-même son meilleur commentaire. Quant aux lexiques, nous recourions plus souvent (on aura de la peine à le croire) au dictionnaire de l'Académie qu'à Schleusner. Puis, si nous avions le dit Schleusner et Wahl avec lui, nous leur préférions néanmoins le dictionnaire des auteurs classiques par Alexandre. Prendre pour guide un lexique spécialement rédigé en vue du Nouveau Testament, c'est se condamner à traduire celui-ci comme certaine secte l'entend, ou, si l'on veut, comme l'ont toujours traduit certains docteurs de l'Église; c'est perpétuer la langue ecclésiastique qui s'est formée après le temps des apôtres. Or nous voulions reproduire leurs écrits dans la langue vulgaire française, comme ils écrivirent, eux-mêmes, dans la langue vulgaire des Grecs.

À ce propos, je dois confesser que nous n'étions pas tous des hellénistes de première force. Pendant nos études, nous avions lu et relu, en vue de l'examen, tout le Nouveau Testament dans l'original; mais nous l'avions lu, il faut le dire, comme au travers des traductions de Martin et d'Ostervald; ou, ce qui était pis, au travers de quelque version latine, car on nous le faisait rendre en latin et non en français: singulière préparation au ministère de la Parole! Cependant, deux au moins d'entre nous savaient très bien lire le grec ailleurs que dans le Nouveau Testament. M. Golliez est versé dans la langue d'Homère et de Platon; et Gaussen connaissait assez le grec pour avoir pu lire couramment l'historien Josèphe: son journal inédit nous le montre, dans sa jeunesse, tout occupé de Sophocle et d'Eschyle.

Puis, nous défiant de nous-mêmes, nous consultions à l'occasion les meilleurs grammairiens. Nous étudiâmes surtout l'important ouvrage de l'évêque Middleton (14), ce qui fut d'une grande conséquence. Quoi de plus! N'est-il pas certain que, par la connaissance raisonnée de deux ou trois idiomes, on parvient aisément à se rendre maître d'un quatrième! Or, sans parler du latin et de l'hébreu, plusieurs d'entre nous lisaient l'allemand et l'anglais. Est-il besoin de dire que l'un de nous savait assez le français pour faire du beau langage, s'il l'eût voulu? Qui ignore que les ouvrages de Gaussen sont aussi remarquables par la pureté du style que par l'élévation des pensées?

Ce fut donc au mois de juillet de l'an 1834 que nous achevâmes notre premier travail. On l'avait imprimé au fur et à mesure, et tiré à une cinquantaine d'exemplaires, distribués par feuilles détachées entre les collaborateurs et envoyés à Édimbourg. Depuis qu'on s'était vu conduit à tenter les périls d'une version nouvelle, l'initiative appartint essentiellement au comité; mais, par la distribution des feuilles imprimées, les collaborateurs furent mis en mesure de faire sur le travail toutes les observations qu'ils jugeraient convenables. Huit ou neuf d'entre eux envoyèrent des notes. On en reçut aussi de quelques personnes à qui l'on avait communiqué les feuilles d'épreuves dans cette intention. Ce furent MM. les pasteurs et ministres Guillaume et Adolphe Monod, Henriquet, Ed. Panchaud, Chappuis, professeur, Salomon Malan. On avait également consulté Vinet, pour s'assurer de la légitimité de certaines expressions.

En moins de deux ans, depuis l'émission des dernières feuilles mises à l'étude, le comité eut quatorze sessions, qui furent employées à corriger le travail primitif. Ce fut aux Grottes, le 25 avril 1836, qu'eut lieu la quatorzième (43e depuis le commencement). Le comité ne se composa cette fois que de Gaussen, Dapples, Bost et Burnier. H. Olivier était au Canada depuis neuf mois; M. Jayet se trouvait dans un état de santé qui lui interdisait toute occupation trop attachante; M. Thomas lui-même avait dû se retirer momentanément par la même cause. Ce fut donc Gaussen qui rédigea le procès-verbal de la session, et je me plais à en transcrire les dernières lignes:

Par la grande grâce de Dieu, nous avons terminé cette révision, ce mercredi, 27 avril, à 7 heures du soir.


Que l'Esprit du Seigneur Jésus repose sur ses ouvriers, bénissant ce qui a été fait et ce qui reste encore à faire.


Que la grâce de Dieu leur garde leur part dans le livre de vie, dans la sainte cité et dans les choses qui sont écrites dans ce livre. Amen!

Ce qui restait encore à faire, outre les soins de l'impression définitive, c'était d'obtenir la sanction de l'assemblée générale des collaborateurs, et auparavant encore, de discuter les observations que les frères d'Écosse nous promettaient depuis longtemps. Rédigées avec un soin infini, examinées par nous de la façon la plus scrupuleuse, les excellentes notes du docteur Dickson nous suggérèrent bon nombre de corrections essentielles; mais il nous fut impossible d'accéder à toutes les demandes, et comme il y en avait que, de part et d'autre, on estimait fort importantes, il nous fut aisé de prévoir que le Comité d'Édimbourg renoncerait à publier notre version. Aussi l'assemblée des collaborateurs lui proposa-t-elle de nous laisser imprimer en Suisse, par souscription, une simple édition d'essai; et c'est ainsi que l'année 1839 vit enfin paraître à Lausanne, dans le format in-8, Le Nouveau Testament de notre Seigneur Jésus-Christ, traduit sur l'original par une société de ministres de la Parole de Dieu. On en tira 2800 exemplaires, qui furent, pour plus des trois quarts, placés par souscription au prix de revient; le reste fut vendu par la librairie; et, à l'épuisement de l'édition, le compte se trouva soldé par un bénéfice de 48 fr. 50 rap.

Une seconde édition étant ainsi devenue désirable, le Comité s'en occupa dans onze sessions, qui eurent lieu du 19 août 1845 au 22 mars 1847; temps fâcheux pour le canton de Vaud, temps de bénédiction pour d'autres encore que pour nous. Revoir soigneusement notre premier travail, discuter de nouveau un vocabulaire d'environ trois cents mots importants, dressé d'abord par M. H. Olivier, complété par M. H. Thomas, et réformer bien des passages que nous estimions nous-mêmes mal traduits, c'est ce qu'il nous fut donné de faire. Plusieurs amis de notre œuvre, et même quelqu'un qui ne devait pas la goûter infiniment, prirent la peine de nous envoyer bon nombre de notes critiques. Ce furent: MM. Demole, Durand, Dumont, Berthoud, Faure, Benjamin Rossier, Darby, Auguste Rochat, Monsell; enfin l'abbé Baudry: ces notes avaient été provoquées par un avis qui parut dans le journal La Réformation au XIXe siècle. La nouvelle édition, en petit format, avec un excellent choix de références, dû à la diligence et au discernement du cher Olivier, fut imprimé sous ses yeux mêmes à Lyon, circonstance qui, sans doute, conduisit à ajouter au titre ces trois mots: traduit en Suisse. Cependant, Lausanne fut toujours indiqué comme le lieu de l'émission, et M. Georges Bridel fut bien l'éditeur véritable, l'impression s'étant faite à ses frais.

Cette édition, qui est de 1849 et qui fut tirée à 4000 exemplaires, s'écoula proportionnellement avec plus de rapidité que la précédente. Dans l'automne de 1856, un comité (le soixantième depuis l'origine) se tint aux Grottes afin d'en préparer une nouvelle. Il y eut cinq sessions dans le cours d'une année. Réduits au nombre de quatre (MM. Gaussen, Dapples, Burnier et Olivier), nous vînmes chacun avec bon nombre d'amendements, qui furent en général admis à l'unanimité, quand ils l'étaient. C'est ainsi que nous effectuâmes plus de deux mille corrections, petites ou grandes, ce qui ne veut pas dire qu'il n'en reste plus à faire, même en demeurant fidèle au point de vue dominant. Éditée et imprimée par Georges Bridel en 1859, la troisième édition du Nouveau Testament de Lausanne ne porte plus au titre: traduit en Suisse; mais, comme la seconde et à la différence de la première, elle avertit que la version a été faite sur le texte grec reçu; le titre de la première édition disait plus vaguement: traduit sur l'original.

Bien que moins connue, la troisième édition est fort supérieure aux deux autres; c'est la seule, on le comprend, dont nous puissions accepter la critique. Elle est, comme ce récit l'a montré, le fruit de trente années de persévérants labeurs; je dis de labeurs persévérants, attendu que le travail, chacun a dû le comprendre, était loin de se faire tout entier dans les réunions du Comité. Ceux qui y mirent la dernière main n'étaient plus à l'âge où la présomption aveugle et où l'on s'imagine que l'ardeur peut tenir lieu de la force et du savoir. Tous avaient vieilli; tous s'affaiblissaient physiquement; tous réalisaient d'une manière ou d'une autre en leur personne le tableau si pittoresque de l'Ecclésiaste, et, pour deux d'entre nous «le cordon d'argent allait bientôt se rompre, le vase d'or se casser, la cruche se briser, la roue se rompre sur la citerne». Mais, par la bonté de Dieu, notre foi n'était pas en décadence, non plus que le désir profond qui nous avait constamment animés, de rendre la Parole de Dieu avec toute la fidélité et l'exactitude dont nous étions capables. Si, au début, nous n'étions pas tous peut-être à la hauteur de notre tâche, il doit m'être permis de dire que trente ans de travail avaient pu n'être pas perdus pour des hommes qui n'étaient pas dépourvus de toute intelligence ni de toute application, qui ne cherchèrent ni la gloire ni le lucre, qui, par leur travail même et par les expériences de leur vie, sentaient toujours plus la puissance de la pure Parole de Dieu, et qui se montrèrent constamment prêts à écouter toutes sortes d'observations, soit sur leurs principes, soit sur la manière dont ils en avaient fait l'application. Jusqu'ici les critiques ne leur ont pas manqué, ce sont eux plutôt qui ont manqué à leurs critiques, en ne rendant pas compte au public religieux de ce long travail. Je viens d'en esquisser l'histoire; l'important est de le justifier, dans la mesure du moins où il me paraît digne d'approbation: c'est dire que je ne craindrai pas d'avouer les fautes commises.

 


Références

12 District dont Satigny est la principale localité.
13 La Bible en France, ou les traductions françaises des saintes Écritures; étude historique et littéraire par Emmanuel Pétavel, pasteur de l'église suisse de Londres; Paris, 1864. Ce livre, qui est digne d'une grande attention, et qui même est la vraie occasion de cet écrit, nous occupera surtout dans la seconde partie de notre travail.
14 The doctrine of the Greek article, applied to criticisme and illustration of the New Testament, etc.; Cambridge, 1828.

 

_____________________________ Échange de bannières ______________________________
_____________________________ Échange de bannières ______________________________

Marque de commerce © 1999-2019 GoDieu.com - Tous droits réservés