Accueil GoDieu.com
Plan de Salut de Dieu
Recherche GoDieu.com

En principe, ce panneau vous présentera des choix de moteur de recherche GoDieu.com.

Fermer
Recherche biblique
GoDieu.com
Cette page en favori Affiche une version imprimable de cette page entière. Expédier la page d'accueil par courriel. Contacter GoDieu.com
Dimension de police du texte
 
Facebook GoDieu.com Twitter GoDieu.com Youtube GoDieu.com Dailymotion GoDieu.com Suivez-nous !   

Traduction du site

Afrikaans - Vertaling - Kies taal - af - Afrikaans Albanian - Përkthimi - Zgjidhni gjuhën - sq - Albanais Deutsch - Übersetzung - Sprache wählen - de - Allemand አማርኛ - ተርጉም - ቋንቋ ይምረጡ - am - Amharique English - Translate - Select Language - en - Anglais العربية - ترجمة - تحديد اللغة - ar - Arabe Հայերեն - Թարգմանություն - Ընտրեք լեզուն - hy - Arménien Azeri - Translation - Dil seçin - az - Azéri Euskal - Itzulpen - Hizkuntza aukeratu - eu - Basque বাংলা - অনুবাদ - ভাষা নির্বাচন করুন - bn - Bengali Беларусь - Пераклад - Выбраць мову - be - Biélorusse မြန်မာစာ - ဘာသာပြန်ဆို။ - ဘာသာစကားကိုရွေးချယ်ပါ။ - my - Birman Bosanski - Translation - Odaberite jezik - bs - Bosniaque български - Преводач - Избор на език - bg - Bulgare català - Traductor - Selecciona l'idioma - ca - Catalan Cebuano - Translation - Pilia pinulongan - ceb - Cebuano Chichewa - Translation - Sankhani chinenero - ny - Chichewa 中文 (简体) - 翻译 - 选择语言 - zh-CN - Chinois (simplifié) 中文 (繁體) - 翻譯 - 選擇語言 - zh-TW - Chinois (traditionnel) සිංහල - පරිවර්තනය - භාෂාව තෝරාගන්න - si - Cingalais 한국어 - 번역 - 언어설정 - ko - Coréen Corsica - Traduci - Sceglie a lingua - co - Corse Kreyòl ayisyen - Tradiksyon - Chwazi lang - ht - Créole haïtien hrvatski - Prevoditelj - Odaberite jezik - hr - Croate Dansk - Oversæt - Vælg sprog - da - Danois Español - Traductor - Seleccionar idioma - es - Espagnol Esperanto - Tradukado - Elektu lingvon - eo - Espéranto Eesti - Tõlkimine - Vali keel - et - Estonien suomi - Kääntäjä - Valitse kieli - fi - Finnois Français - Traduction - Choisissez la langue - fr - Français Frysk - Oersette - Selektearje taal - fy - Frison Gaelic (Skotlân) - Eadar-theangaich - Tagh cànan - gd - Gaélique (Écosse) Galego - Tradución - Escolla o idioma - gl - Galicien Cymraeg - Cyfieithu - Dewiswch iaith - cy - Gallois ქართული - თარგმანი - ენის არჩევა - ka - Géorgien Ελληνικά - Μετάφραση - Επιλογή γλώσσας - el - Grec ગુજરાતી - અનુવાદ - ભાષા પસંદ કરો - gu - Gujarati Hausa - Translation - Zabi harshe - ha - Haoussa Hawaiian - Unuhi - Wae 'ōlelo - haw - Hawaïen עברית - תרגם - בחירת שפה - iw - Hébreu हिन्दी - अनुवाद करें - भाषा चुनें - hi - Hindi Hmong - txhais lus - Xaiv lus - hmn - Hmong Magyar - Fordítás - Válasszon nyelvet - hu - Hongrois Igbo - Translation - Họrọ asụsụ - ig - Igbo Indonesia - Translate - Pilih Bahasa - id - Indonésien Gaeilge - Aistriúchán - Roghnaigh teanga - ga - Irlandais Icelandic - Þýðing - Velja tungumál - is - Islandais Italiano - Traduttore - Seleziona lingua - it - Italien 日本語 - 翻訳 - 言語を選択 - ja - Japonais Javanese - Translation - Pilih basa - jw - Javanais ಕನ್ನಡ - ಅನುವಾದ - ಭಾಷೆ ಆಯ್ಕೆ - kn - Kannada Қазақ - Аударма - Тілді таңдау - kk - Kazakh ខ្មែរ - បកប្រែ - ជ្រើសភាសា - km - Khmer киргизский - Комментарий - Тил тандаңыз - ky - Kirghyz Kurdish - Wergerandin - Hilbijêre ziman - ku - Kurde ລາວ - ການແປພາສາ - ເລືອກພາສາ - lo - Laotien Latin - Latin - Elige lingua - la - Latin latviešu - Tulkotājs - Atlasiet valodu - lv - Letton Lietuvių - Versti - Pasirinkite kalbą - lt - Lituanien Lëtzebuergesch - Iwwersetzen - Wielt Sprooch - lb - Luxembourgeois Македонски - Превод - Избери јазик - mk - Macédonien Malaysia - Terjemahan - Pilih bahasa - ms - Malaisien മലയാളം - പരിഭാഷ - ഭാഷ തിരഞ്ഞെടുക്കുക - ml - Malayalam Madagascar - Translation - Mifidiana teny - mg - Malgache Malti - Traduzzjoni - Agħżel lingwa - mt - Maltais Maori - Translation - Kōwhiri te reo - mi - Maori मराठी - भाषांतर - भाषा निवडा - mr - Marathi Монгол - Орчуулга - Хэл сонгох - mn - Mongol Nederlands - Vertaal - Kies Taal - nl - Néerlandais नेपाली - अनुवाद - भाषा छान्नुहोस् - ne - Népalais norsk - Oversetter - Velg språk - no - Norvégien O'zbekiston - Tarjima - Tilni tanlang - uz - Ouzbek پښتو - وژباړئ - ژبه وټاکئ - ps - Pachtô ਪੰਜਾਬੀ - ਅਨੁਵਾਦ - ਭਾਸ਼ਾ ਚੁਣੋ - pa - Panjabi فارسی - ترجمه - انتخاب زبان - fa - Persan Polski - Tłumacz - Wybierz język - pl - Polonais Português - Tradutor - Seleccionar idioma - pt - Portugais Română - Traducere - Selectaţi limba - ro - Roumain Русский - Переводчик - Выберите язык - ru - Russe Samoa - Faaliliu - Gagana filifilia - sm - Samoan српски - преводилац - Изабери језик - sr - Serbe Sesotho - Phetolelo - Khetha puo tn lefatshe - st - Sesotho Shona - Kushandura - Sarudzai mutauro - sn - Shona سنڌي - ترجمو ڪريو - ٻولي منتخب ڪريو - sd - Sindhî slovenčina - Prekladač - Výber jazyka - sk - Slovaque slovenščina - Prevajalnik - Izberi jezik - sl - Slovène Somali - Translation - Dooro luqadda - so - Somali Sunda - Tarjamahan - Pilih basa - su - Soundanais Svenska - Översätt - Välj språk - sv - Suédois Kiswahili - Tafsiri - Chagua lugha - sw - Swahili Тоҷикистон - Тарҷумаи - интихоб забон - tg - Tadjik Filipino - Pagsasalin - Pumili ng Wika - tl - Tagalog தமிழ் - மொழிபெயர்ப்பு - மொழி தேர்வு - ta - Tamoul česky - Překladač - Zvolit jazyk - cs - Tchèque తెలుగు - అనువాద - భాష ఎంచుకోండి - te - Telugu ไทย - แปล - ภาษาเลือก - th - Thaï Türk - Tercüme - Dil seçin - tr - Turc українська - Перекладач - Виберіть мову - uk - Ukrainien اردو - ترجمہ - زبان کا انتخاب کریں - ur - Urdu Tiếng Việt - Dịch - Chọn Ngôn ngữ - vi - Vietnamien isiXhosa - Guqula - Khetha ulwimi - xh - Xhosa ייִדיש - טראַנסלאַטיאָן - אויסקלייַבן שפּראַך - yi - Yiddish Yoruba - Translation - Yan ede - yo - Yorouba Zulu - Translation - Khetha ulimi - zu - Zoulou

Connexion utilisateur

Utilisateurs en ligne

1 utilisateur
297 invités

Statistiques d'aujourd'hui

NombreDescription
13623Membres
1531Messages
29Commentaires
0Lectures
4154924Lectures globales
0Clics
0Réf. externes
0Réf. internes
0Abonnés RSS

Publicité point liée à GoDieu.com

La version du Nouveau Testament dite de Lausanne-05


juin 29, 2014 par GoDieu


Chapitre II

Le principe fondamental et ses applications immédiates

En entrant dans cette partie de mon sujet, je ne laisse pas d'éprouver un certain embarras. On nous fait un crime tour à tour de n'avoir pas eu de principes, d'avoir tenu à nos principes d'une manière trop absolue, d'y avoir été infidèles en nombre de cas (20). Comment réfuter des accusations qui se détruisent les unes les autres?

Un de nos honorables critiques, portant le scalpel plus profond, a très bien vu que nous avons réellement élevé l'édifice sur certaines bases, et que ces bases reposent elles-mêmes sur une vérité tenue par nous pour fondamentale; mais, a-t-il dit, cette vérité, ce principe, n'est pas un principe de traduction.

On comprend qu'il s'agit de l'inspiration divine des Écritures. Telle est à nos yeux la vérité première en fait d'interprétation des Livres saints. Toutes choses égales d'ailleurs, une version de la Bible ne sera bonne, fidèle et digne de confiance qu'à proportion de la foi qu'on aura, en la faisant, que la Bible est tout entière donnée de Dieu. J'exprime ici ce qui fut, du commencement à la fin, la conviction unanime des membres de notre comité comme de l'assemblée nombreuse de laquelle il tint ses pouvoirs, autant du moins que je puis constater ce dernier fait.

Je ne m'arrêterai pas à dire sur quoi se fondait notre foi à l'inspiration divine, entière et surnaturelle des saintes Écritures, croyance du reste qui n'est pas aussi généralement abandonnée que quelques-uns se plaisent à le proclamer. Je ne m'arrêterai pas davantage à rectifier les fausses idées qu'on peut se faire de nos convictions à cet égard. Il doit me suffire d'établir que si l'on croit réellement que la Bible est la Parole de Dieu, il y aura, pour la traduire, d'autres règles que pour traduire un livre d'homme. Et même quand on ne lui reconnaîtrait qu'une inspiration partielle; quand on dirait: Non, la Bible n'est pas la Parole de Dieu, mais la parole de Dieu est dans la Bible, encore devrait-on la traiter avec la délicatesse du chercheur d'or qui a la main pleine d'un sable où il n'existe peut-être qu'une paillette. C'est ce que M. Pétavel (21) et plusieurs de nos critiques avec lui, semblent avoir méconnu. Ils ont pris la peine de nous rappeler le chapitre où toutes les rhétoriques exposent les devoirs les plus élémentaires d'un traducteur. On devait pourtant regarder comme assez probable que nous en avions connaissance et que, si nous nous en sommes écartés, c'est sans doute avec intention. Je ferais mieux de dire que nous les avons remplis selon les exigences du cas spécial.

Les maîtres dans l'art d'écrire, notre Vinet compris, dont M. Pétavel invoque l'autorité contre nous, se sont peu préoccupés des versions de la Bible. Quand ils invitent à se pénétrer de la pensée de l'auteur qu'on traduit, puis à la rendre librement et comme on suppose qu'il l'aurait fait en français, ils parlent de la traduction littéraire d'une œuvre littéraire. Et toutefois, il est permis de se demander si cet aphorisme est d'un goût parfaitement pur et vraiment élevé. N'y a-t-il donc dans un livre antique rien à reproduire de ce qui est propre à conserver sa physionomie, à lui donner son cachet particulier? «Sous les fourches caudines du dictionnaire autorisé et de la grammaire que l'usage à consacrée» (22), nul auteur ancien ne sera-t-il rapetissé? Pense-t-on qu'on puisse polir sans rien enlever, et la politesse française garantit-elle au discours la vigueur et le caractère de l'original? Corneille a-t-il eu tort de ne mettre qu'un tu au lieu d'un vous, entre Auguste et Cinna? Et tout dernièrement, M. Amédée Thierry, traduisant une lettre de St. Jérôme à sa correspondante Asella, a-t-il commis un solécisme impardonnable, en disant: «Chère dame, Dieu seul peut récompenser dignement ta sainte âme de tout le bien qu'elle m'a fait, etc.». C'est pourtant ce que M. Pétavel nous reproche dans le cinquième verset de la seconde épître de Jean (2 Jean 1:5), préférant sans doute ici Ostervald, Sacy et Genève 1805, nonobstant la confusion que produit ensuite le vous des versets 6 et suivants (2 Jean 1:6).

Il me souvient, à ce propos, de M. Villemain racontant une visite que lui fit le général Foÿ. C'était un grand orateur en présence d'un homme qui n'est certes pas un rhétoricien ordinaire. Foÿ s'étonnait, s'indignait presque du renom qu'avait conquis Démosthènes, dont il ne connaissait les harangues que par les traductions d'Auger, de Toureil et de Laharpe, la moins mauvaise.

«En vérité, général, dit alors M. Villemain, votre indignation de bon goût m'instruit plus que toutes choses et me prouve ce que je soupçonnais: que le seul art pour traduire Démosthènes serait, en le lisant beaucoup, d'arriver à le sentir, à le prendre sur le fait comme vous le devinez, vous autres orateurs, puis le traduire bien littéralement, avec des mots expressifs qui rendent, s'il est possible, l'ordre, le mouvement, la couleur de ses paroles et comme l'accent de sa voix. Ce mot à mot, par exemple, vous choquerait-il, ajouta l'académicien, en prenant quelques pages retravaillées bien des fois: «Avant tout, ô hommes athéniens! je supplie Dieux et Déesses ensemble que le bon vouloir dont je suis animé sans cesse pour la ville et pour vous tous, etc.». La lecture continue, et l'illustre général est tout émerveillé. Pourtant, sans parler de ce «Dieux et Déesses ensemble», il y avait là: «Ô hommes athéniens!» hellénisme que M. Pétavel nous reproche d'avoir laissé quand il est dit: «Hommes israélites! Hommes galiléens! Hommes frères!»

La règle proposée par les maîtres est donc loin d'être d'une absolue vérité, même en l'appliquant aux ouvrages de goût. Il est néanmoins incontestable qu'une bonne traduction n'est possible qu'à la condition de se pénétrer tout d'abord de la pensée de l'auteur. Mais par quel moyen, si ce n'est en épluchant mot à mot la proposition qui exprime cette pensée? J'avoue que je n'en connais pas d'autre, et nous verrons bientôt que ce fut l'opinion d'hommes plus considérables que moi. Si donc, tout considéré, il se trouve assez souvent que vous ayez des mots français équivalents à employer, sans autre modification qu'un intervertissement d'ordre toujours nécessaire quand il s'agit de passer d'une langue qui a des cas à une langue qui n'en a point; s'il se trouve que, de la sorte, votre phrase ait une concision, une vivacité particulière, ne croyez-vous pas que, par la littéralité, vous aurez rendu le mieux possible la pensée de l'auteur? Il n'y a pas besoin pour cela qu'on traduise du Tacite.

«La lettre tue», dit M. Pétavel, transportant aux versions de la Bible une expression de St. Paul que tarit de gens détournent de son vrai sens, jusqu'à l'appliquer au texte sacré lui-même! Eh! non, la vie est dans la lettre, plus que dans la paraphrase. C'est du servilisme, ajoute-t-on; c'est s'attacher à la glèbe! Glèbe! soit; c'est un terrain productif que celui dans chaque motte, pour ainsi dire, a reçu le souffle de Dieu, l'arrosement du Saint-Esprit et les rayons du Soleil de justice. Quant au servilisme, nous entendions effectivement ne faire l'office que de ministres, c'est-à-dire de serviteurs de la Parole de Dieu, loin d'aspirer à nous en rendre maîtres: je joue sur le mot beaucoup moins qu'il ne semble.

Un homme de génie peut s'emparer d'une œuvre de génie écrite en langue étrangère, et la reproduire librement dans sa propre langue. J'en dis autant d'un livre scientifique entre les mains d'un savant; d'un système de philosophie ou de théologie, étudié par un philosophe ou par un théologien; surtout d'un roman, imité par un romancier, et imité avec tant de bonheur que la traduction vaudra mieux que l'original; j'admets tout cela, parce que, selon le mot populaire: «Un homme en vaut un autre». Mais si les Écritures sont de Dieu, combien la position n'est-elle pas différente!

Il est vrai que Dieu, voulant se révéler aux hommes, leur a parlé par des hommes, en langage d'homme, et que, même quand il leur a fait entendre sa voix, sa propre voix, c'était une voix faite chair, une voix humaine donnant corps à des pensées divines au moyen de paroles humaines. De là vient que la Bible, qui est le plus profond des livres par les choses, est le plus simple de tous par la forme; en sorte qu'elle se présente généralement à nous avec une clarté que nulle version ne saurait obscurcir, en même temps que la traduction littérale s'y impose d'elle-même. Toujours est-il que «les pensées de l'Éternel ne sont pas nos pensées», comme sa bouche le dit en Ésaïe (Ésaïe 55:8-9). «Ce sont des choses que l'œil n'a point vues, et que l'oreille n'a point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l'homme», Que fera donc le traducteur scrupuleux quand il se trouve en présence de passages «difficiles à comprendre» (23), difficiles, les uns par la construction de la phrase, les autres par la profondeur du sens clairement indiqué, si même ces deux causes d'obscurité ne s'offrent pas à la fois? S'efforcera-t-il à comprendre d'une manière quelconque; puis, interprétera-t-il au lieu de traduire? Non; car c'est ainsi qu'il s'exposerait à trahir. Je ne dis pas que le traducteur, si du moins il entend suffisamment la langue de l'original, soit dépourvu de toutes lueurs sur tel passage donné; mais il n'est pas parfaitement sûr de la signification qu'il lui attribue et il craint d'abonder dans son propre sens. C'est pourquoi, s'il a beaucoup prié, s'il est gardé dans les voies de l'humilité par l'Esprit qui a conduit les prophètes, et les apôtres dans celles du vrai, il usera d'une grande prudence. «Peut-être, se dira-t-il, tel lecteur, plus simple et plus spirituel que moi, saura voir ici un sens qui m'échappe; peut-être ce passage a-t-il, par la volonté de Dieu, un vague, une indétermination, et, par conséquent, suivant la diversité des esprits, une portée que je risquerais d'affaiblir; en tout cas, chacun en convient, la version littérale est la plus forte garantie contre l'arbitraire. Si Paul, ou Jean, ou Pierre, n'avaient pas reçu une inspiration d'une autre nature que celle dont je puis être favorisé moi-même, je rendrais librement leur pensée telle qu'il m'est donné de la comprendre; bien plus, je le ferais avec quelque chance de les corriger, là où ils me semblent parler et même penser moins bien que moi; mais il s'agit de la pensée de Dieu et de l'expression dont elle a été revêtue sous une inspiration surnaturelle, et quoi donc si j'allais substituer mes propres idées à celles de Dieu, en changeant la manière dont il a voulu qu'elles fussent exprimées!» Quelques exemples sont ici nécessaires.

En fait de paroles difficiles à comprendre, par la construction de la phrase non moins que par le fond de la pensée, tout le monde a pu remarquer 1 Timothée 2:15. Là se trouve, comme fréquemment en hébreu, un verbe pluriel: «pourvu qu'elles demeurent» sans indication d'autre sujet que celui du verbe précédent: «elle sera sauvée». Plusieurs traductions ont été essayées, qui ont toutes le tort d'être plus claires que l'original et peut-être de dénaturer le vrai sens. En effet, ce «elle», au singulier, peut se rapporter à la femme Ève du verset précédent, et ce pluriel «elles», peut faire supposer une ellipse, comme il y en a beaucoup dans les épîtres de Paul: «mais elle sera sauvée, [et les femmes le seront généralement] pourvu qu'elles demeurent dans la foi, etc.», Or, que faire en pareil cas, si ce n'est de conserver en français, tel qu'il est dans le grec, un hébraïsme qui n'est pas un simple idiotisme, mais le résultat et l'expression de toute une pensée de Dieu? Quant aux mots «par l'enfantement», c'est une autre difficulté sur laquelle je reviendrai, mais qui ne se résout non plus que par le littéralisme. C'est-à-dire qu'il faut la laisser subsister, sous peine de commenter au lieu de traduire.

Le littéralisme est particulièrement de rigueur dans les oracles de l'avenir. Avec quelle scrupuleuse délicatesse ne doit-on pas en faire la transcription et à quelles fausses vues sur les plans de Dieu ne peut-on pas conduire un lecteur illettré, en lui donnant, non ce qui est écrit, mais ce qu'on a soi-même dans la pensée? Voyez, par exemple, la prophétie relative à «l'homme de péché», ou «à l'inique», dans la seconde Épître aux Tessaloniciens, chapitre II (2 Tessaloniciens 2:3). J'ai sous les yeux huit versions françaises. En les comparant, il est impossible de ne pas voir que les traducteurs ont tous senti la difficulté de cet endroit des Écritures, notamment des versets 5, 6 et 7 (2 Tessaloniciens 2:5-7), qui en sont le nœud: «ce qui fait obstacle», et «celui qui fait obstacle». Or, si l'on rapproche ces versions du texte sacré, on est frappé des actes arbitraires que se sont permis les traducteurs, quand, à toute force, ils ont voulu répandre de la clarté sur cette prophétie, méconnaissant que, par la volonté de Dieu, elle devait demeurer obscure. Ce que je dis en ce moment s'applique à tous, les oracles relatifs aux derniers temps, soit dans l'Ancien Testament, soit dans le Nouveau. C'est là qu'il faut se tenir à la littéralité la plus stricte, n'en déplaise à ceux qui voudraient que Dieu nous eût découvert les siècles à venir aussi nettement qu'il les voit, lui, tels qu'il les fera. C'est pourquoi, second exemple, nous avons dit, en St. Luc 18:8, «la foi», et non pas «de la foi». Notre traduction est plus obscure, mais le texte n'en permet pas une autre, et M. Rilliet l'a reconnu comme nous. Quant à M. Darby, il a eu sans doute des raisons pour reprendre l'ancienne version, qui n'a de fondement que dans un seul manuscrit.

Il est des passages d'un autre ordre qui exigent cette précaution; à savoir ceux où il est fait allusion aux circonstances du moment, sans présenter les détails qui seraient propres à nous faire connaître ces circonstances. Ainsi, l'acte de discipline qui consistait à livrer un pécheur à Satan (24); le baptême «pour les morts», ou «à la place des morts», ou «pour morts», et encore «sur les morts», comme on pourrait traduire (25); et, sans multiplier davantage les exemples, tout l'enseignement de St. Paul relatif à l'usage des langues miraculeuses. Encore ici, les interprètes sont dans un visible embarras. Pour les lecteurs de Paul, rien n'était plus clair. Il n'en n'est pas de même, quant à nous. Aussi ne connais-je pas de traducteur qui ait cherché à répandre de la lumière sur cet endroit obscur, sans s'exposer à l'accusation méritée d'avoir faussé, quelque part dans le discours, le sens de l'original. On l'aurait faussé bien davantage encore si, en dépit d'eux-mêmes, les partisans des versions libres n'avaient été contraints à faire ici de la littéralité.

Parfois aussi, des usages très généraux, mais dont la tradition s'est perdue pour nous, expliqueraient certaines expressions que les traducteurs ont sans doute trouvées trop bizarres pour être rendues textuellement, et qu'ils eussent mieux fait de conserver, la bizarrerie pouvant être dans notre esprit et non dans la Parole de Dieu. C'est le cas du mot mêtè rabdous (Luc 9:3), ni bâtons, au pluriel, comme si, dans un voyage pédestre, on avait eu la coutume de faire provision de cannes; à moins qu'il ne s'agisse du fouet meurtrier qu'exprimait le pluriel du mot rabdos, et dont on pouvait être tenté de se munir comme aujourd'hui d'une canne plombée! Et pourquoi non, dit Calvin, avec son admirable bon sens? Toujours est-il qu'il y a rabdous dans le texte. Une variante recommandée par Griesbach porte également rabdous en St. Matthieu. De cette manière disparaît la contradiction dont on fait tant de bruit entre Luc 9:3, et Matthieu 10:10 d'une part, et Marc 6:8, de l'autre.

Une exactitude poussée jusqu'à l'extrême minutie dans les endroits qui offrent quelque chose d'étrange, est une précaution que les traducteurs de Lausanne eux-mêmes n'ont pas suffisamment observée. Ainsi, dans Marc 10:25, ils auraient dû traduire «le trou de l'aiguille», et non pas «le trou d'une aiguille!» Ils ignoraient ce que de récents voyageurs nous ont raconté, à savoir que, dans l'Orient, une petite porte se trouve d'ordinaire à côté de celle par où entrent les chameaux, et que cette petite porte s'appelle, par opposition à l'autre, «le trou de l'aiguille». Mais ce qu'ils n'ignoraient pas, c'est la loi de l'article grec et ils auraient dû s'y tenir, comme a très bien su le faire M. Rilliet. J'ajouterai seulement que l'absence de l'article dans les passages parallèles de Matthieu et de Luc, n'aurait pas dû l'empêcher de les traduire comme celui de Marc, attendu que l'article est très fréquemment sous-entendu après les prépositions. Toujours est-il qu'en disant là «un trou d'aiguille», comme nous dirions «un escalier de poule», pour un escalier étroit et roide, M. Rilliet s'est montré mieux avisé que nous, qui avons dit partout, avec tous les traducteurs: «le trou d'une aiguille».

Un autre cas, d'une nature différente, mais où nous avons pareillement failli, c'est dans l'Épître aux Éphésiens (Éphésiens 5:4). Ici se trouvent trois substantifs féminins au singulier, suivis d'un participe déterminatif au pluriel neutre. La difficulté de rendre le premier de ces substantifs par le substantif singulier l'obscénité, nous a conduits à dire pour les deux autres: «les paroles folles ou les plaisanteries». Il est résulté de là qu'on applique aux seules plaisanteries la qualification de «malséantes», et que, par une pente insensible, quand on n'a pas le grec sous les yeux, on peut arriver à dénaturer la pensée du Saint-Esprit, comme s'il y avait: «celles qui sont malséantes». Le texte est donc: «l'obscénité et la parole folle ou la plaisanterie, qui sont» (également) «des choses malséantes».

Parmi ces choses malséantes, il en est qu'il n'est pas même permis de nommer dans la conversation entre chrétiens (26) et que Dieu toutefois, le suprême médecin des âmes, a dû signaler à nos consciences dans sa Parole. Quelquefois, c'est en termes très précis, comme il lui appartient de le faire; d'autres fois, les organes de sa pensée l'enveloppent, par sa volonté, dans un langage suffisamment clair pour qui réfléchit, et plus ou moins obscur pour qui manque de certaines données sur la chose même. Qu'on lise dans l'original 1 Thessaloniciens 4:6 et 1 Pierre 3:7. Là, nous l'avons cru, l'intention de prémunir contre les mœurs infâmes de l'époque; ici, une invitation à la continence dans le mariage. Ici comme là, le discours est embarrassé, bien qu'il s'y trouve quelques mots qu'on ne peut pas entendre de deux manières, et dans l'un et l'autre cas, les traducteurs, soit qu'ils n'aient pas compris, soit en vertu de quelque autre raison, ont remplacé par des maximes fort claires les obscurités du texte; mais ont-ils rendu celui-ci? Calvin, qui me semble avoir donné le ton, aurait mieux fait de suivre les traces de Chrysostome sur le premier de ces passages, en faisant un pas de plus; quant au second, il en a manifestement l'intelligence, mais il pense que «ceste doctrine de Saint-Pierre s'étend bien plus loin», et de cette façon, il nous donne sa propre pensée plutôt que celle de l'apôtre. Pour ce qui est de notre traduction à nous, je sais qu'on l'a trouvée obscure. Obscure soit; nous avons bien entendu qu'elle le serait, pour les esprits surtout qui veulent que rien ne les arrête; mais qu'elle soit absurde, comme on l'a dit, c'est ce que nous ne saurions accepter.

Il est enfin certaines paroles profondes du Seigneur qu'on s'expose à affaiblir, si ce n'est à fausser, en se permettant de les traduire librement. À la première classe appartient la déclaration bien connue que rapporte St. Matthieu 5:17. Toutes les versions avaient dit: «Ne pensez pas que je sois venu abolir la loi ou les prophètes: je ne suis pas venu les abolir, mais les accomplir», aucune, que je sache, n'ayant indiqué par des italiques que ces deux pronoms étaient ajoutés au texte. La version de Lausanne a dit: «je ne suis pas venu abolir, mais accomplir». — À la seconde classe de paroles appartient celle qui se lit en St. Jean 14:12. Qu'est-ce que le Seigneur entend par ces œuvres plus grandes que feraient ceux qui croyaient en lui? Les uns comprennent par là les œuvres miraculeuses, d'autres la simple propagation du règne de Dieu, d'autres enfin, les œuvres de sainteté. Or, je n'admets pas que chacun, selon son libre arbitre, soit autorisé à rendre ce mot comme il l'entend; nos critiques non plus ne sauraient le vouloir. Eh bien! en est-il un seul parmi eux qui puisse se flatter d'avoir une intelligence claire et adéquate de tous les passages de la Parole de Dieu? Si donc il n'était permis de les traduire qu'après s'être pénétré, comme on dit, de la pensée qu'ils expriment, on devrait les laisser en blanc. Mieux vaut une version strictement littérale. Elle sera parfois obscure, je le veux bien; mais, s'il faut sur ce point un dernier mot, je conseille à tout le monde de se défier d'une version qui serait partout et toujours d'une parfaite lucidité. C'est le sentiment que j'éprouve, quand je lis les traductions si limpides qu'on nous donne de certaines philosophies allemandes, et des récits de batailles comme ceux où M. Thiers déploie tout son talent de clarification.

 


Références

20 «La Bible en France», passim.
21 «La Bible en France», passim.
22 Renan, préface de Job.
23 2 Pierre 3:16.
24 1 Corinthiens 5:5; 1 Timothée 1:20.
25 1 Corinthiens 15:29.
26 Éphésiens 5:3.

 


Marque de commerce © 1999-2019 GoDieu.com - Tous droits réservés