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La version du Nouveau Testament dite de Lausanne-06


juin 29, 2014 par GoDieu


Chapitre III

La pensée de Dieu et le moyen de parler comme il a parlé lui-même.

À entendre la chose généralement, il est incontestable qu'un bon traducteur des Écritures doit pouvoir dire avec St. Paul: «Mais nous, nous avons la pensée de Christ» (27), quand les théologiens, empruntant un mot du même apôtre, demandent que toute traduction, comme toute explication de l'Écriture, se fasse «selon l'analogie de la foi» (28), ils posent un grand principe. Qu'attendre d'un interprète, tant bon helléniste soit-il qui n'a pas reçu, de la Parole de Dieu, la saine intelligence qu'engendre une foi vivante? C'est bien lui qui, semblable au rhéteur vulgaire traduisant un grand orateur, rendra la phrase correctement peut-être, mais sans en donner l'esprit; ou qui, plutôt, incapable d'entrer dans l'esprit de l'écrivain sacré, torturera la phrase grecque pour lui faire signifier ce qu'il entend. Par exemple, dans le verset 19 du chapitre II de la première Épître de St. Pierre: «car c'est une grâce si quelqu'un, par conscience envers Dieu, supporte des afflictions, souffrant injustement» (1 Pierre 2:19). Ainsi dit la version de Lausanne, après elle M. Rilliet; mais voyez toutes les autres! Voyez Ostervald insensible à la différence qui existe entre n'avoir point de péché et n'avoir pas péché (1 Jean 1:8,10)! Voyez la révision de 1822, qui disait: «la régénération que donne le baptême», au lieu du «bain de la régénération», faute qui a été corrigée dans l'édition subséquente! Veux-je dire que la plupart des traducteurs ont été des hommes sans foi? non, mais ici du moins leur foi et leur expérience chrétienne se sont trouvées prises au dépourvu.

Comme moyen de traduire partout selon l'analogie de la foi, il nous a paru que le plus naturel et le plus sûr était de mettre en harmonie les textes semblables, et c'est ce que nous avons tâché de faire, malgré l'énormité du travail. La nouvelle version qui se publie à Paris vient de nous donner un échantillon des erreurs auxquelles on peut aboutir quand on ne s'impose pas la loi de l'uniformité. Elle dit (Romains 9:5): «Que Dieu, qui est au-dessus de tout, soit béni éternellement! Amen». Sans doute, c'est le moyen d'en finir, toutefois sans trop de gain, avec un des nombreux textes qui établissent la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ; mais ce moyen, déjà tenté par de Wette, avec cette différence pourtant qu'il laissait au Christ la prééminence sur toutes choses, ce moyen est-il légitime? La doxologie qu'on voudrait introduire en ce lieu, se lit cinq fois dans le Nouveau Testament et environ quarante fois dans l'Ancien. Or, pas une seule fois, ni le grec des LXX, ni celui des apôtres, ne construit la phrase comme nous la lisons ici. Partout, en grec, non moins qu'en hébreu, en français, en allemand, en anglais, tant c'est le génie du langage humain, partout la phrase commence par eulogètos, «béni»; tandis qu'elle débute ici par théos, «Dieu». Donc, si l'on traduit partout: «Béni soit Dieu», ou «Dieu soit béni»; en cet endroit une telle traduction est impossible. Il faut: «Dieu béni éternellement», comme on l'a toujours traduit (29)! Cet écart est un des plus énormes qu'on ait jamais faits. Cependant, qui n'a pas étudié la chose de près, ne se doute pas du chaos des anciennes versions. Jusque dans les Évangiles, des versets identiques sans qu'il y manque un iota sont fréquemment rendus par des termes différents. Quelquefois aussi les diversités de l'original disparaissent, bien qu'avec des conséquences moins graves que tout à l'heure. C'est ainsi que, dans la parabole des noces (Mathieu 22:3-14), il importe de distinguer, comme le texte, les esclaves des versets 3, 4 et 10, d'avec les serviteurs du verset 13. Ceux-ci ne sont autres que les anges des paraboles de l'ivraie et du filet, au chapitre 13; tandis que les esclaves sont les prédicateurs de la bonne nouvelle.

L'Écriture étant tout entière divinement inspirée, il n'est pas étonnant qu'elle soit partout d'accord avec elle-même. Elle l'est pour le fond des choses; elle l'est aussi pour la manière de les présenter, nonobstant les nuances naturelles qu'il a plu au Saint-Esprit de laisser subsister dans ses instruments, ou la diversité des influences de sa grâce sur leur esprit et sur leur cœur. Si donc, malgré la variété des nuances, les auteurs inspirés se servent à l'occasion d'expressions et de tournures identiques, il n'est pas permis de leur prêter un vocabulaire varié qui ne fut pas le leur. Ceci ne portera pas toujours sur des points du premier ordre; mais, par exemple, dans la seconde Épître de St. Pierre, ne pas dire vertu au verset 3 du chapitre 1, comme au verset 5 (2 Pierre 1:3,5) comme Philippiens 4:8, c'est enlever tout moyen de comprendre que ce mot n'a pas, dans le Nouveau Testament, le sens que lui donnent la morale des hommes et leurs lexiques. Et puis, appliquée même à des objets secondaires, l'harmonie ne laisse pas d'avoir ses charmes et sa valeur propres.

C'est pourquoi, laissant aux théologiens qui y ont intérêt le don peu enviable de discerner dans le Nouveau Testament des théologies fort diverses, même opposées: la théologie de Paul, la théologie de Pierre, et celle de Jean, et celle de Jacques, et celle des Évangiles, si encore ils ne prétendent pas que les Évangiles n'ont aucune théologie, nous avons été frappés, au contraire, de l'accord qui existe entre toutes les parties du saint volume. De là est résulté la règle, quant aux expressions qui en caractérisent essentiellement les doctrines religieuses et morales, de rendre toujours, autant que possible, le même mot par le même mot. Règle absurde, nous a-t-on dit! Oui, absurde, si l'on supprime les réserves qu'elle contient; absurde, ajouterai-je, si nos réserves pouvaient signifier seulement, que nous nous sommes imposé pour toutes limites l'impossible, sans consulter d'aucune manière la justesse, la convenance et la propriété, quand il s'agissait de mots appartenant au vocabulaire courant. Cette règle, d'ailleurs, il faut le dire, pourrait bien devoir, en partie du moins, son origine à la loi que semblent s'être tracée certains traducteurs, de rendre toujours autant que possible le même mot par d'autres mots. Il y aurait donc ici une sorte de réaction légitime, et, nous eût-elle entraînés au delà des bornes, comme je le crois volontiers, encore est-il que notre principe est vrai.

Je n'en veux d'autre preuve que ce qui est arrivé à tous les traducteurs, même aux moins scrupuleux. Ils ont unanimement conservé l'harmonie verbale dans nombre de cas où, pour être conséquents, ils auraient dû rendre le texte comme ils l'entendaient et non selon la littéralité. Prenez par exemple, le mot loi qui, selon Cruden, s'emploie, à lui seul, dans douze acceptions différentes; prenez les mots justice et justifier, sainteté et sanctifier, crainte et craindre, foi et croire, repentance et se repentir. Ces expressions ont-elles partout le même sens? Non certes; il s'en faut énormément. Personne toutefois, que je sache, n'a osé les rendre tantôt d'une manière tantôt d'une autre. Je dis: que je sache, car il y aurait un immense travail à vouloir vérifier le fait, et je ne serais pas surpris qu'Ostervald ou tel autre ne se fût, en ces mots mêmes, écarté de l'harmonie. Ce serait un livre fort utile, mais un gros livre, que celui qui présenterait une étude critique comparée de toutes nos versions du Nouveau Testament. J'invite à l'entreprendre quelque serviteur de Dieu plus jeune, plus capable et plus désintéressé que moi. Faite avec impartialité, je me permets de croire que cette critique ne tournerait pas à la ruine de la version de Lausanne.

Celle-ci donc, aspirant à être plus qu'aucune autre l'exacte reproduction de l'original, n'a fait que donner à la règle d'harmonie toute l'extension dont elle est susceptible. C'est ainsi qu'elle n'a pas voulu que le mot amour, pour dire charité, ne se trouvât que dans les écrits de Jean, comme si cet apôtre avait, ainsi qu'on l'affirme beaucoup trop, reçu, par-dessus tous ses collègues, le glorieux privilège d'inviter les chrétiens à s'aimer et à aimer Dieu. Ainsi encore, dès qu'on laissait dire à Jésus-Christ que nous devons, pour être vraiment grands, consentir à devenir les esclaves les uns des autres (30), et à Paul, qu'après avoir été les esclaves du péché, nous sommes, par la conversion, esclaves de la justice et esclaves de Dieu (31), comment lui fermer la bouche ou l'accuser de parler de lui-même d'une manière dégradante quand il se dit esclave de Jésus-Christ? Ne dites esclave nulle part à cause de la flétrissure particulière dont le temps a frappé cette expression; ou employez-la partout où elle se trouve, afin qu'on voie que la chose désignée par elle n'était pas jadis ce qu'on l'a faite de nos jours. Songez, en tout cas, que vous avez dans le Nouveau Testament trois autres mots qu'il faudra traduire par serviteur, et que si vous effacez le mot esclave, vous ferez croire à vos lecteurs que l'esclavage n'existait pas dans les siècles anciens, ce qui serait les tromper. Ensuite, pourquoi souffrirait-on que les conducteurs des églises apostoliques fussent désignés tantôt par le titre de pasteurs, tantôt par celui d'anciens, le texte grec leur assignant uniformément le dernier de ces titres? Pourquoi Jésus-Christ, après s'être donné à lui-même le nom de berger dans les Évangiles, reçoit-il celui de pasteur dans les lettres apostoliques? Deux mots identiques, j'en conviens; mais pourquoi ne pas mettre partout berger, ou pasteur, et le premier plutôt que le second, à cause du sens ecclésiastique contracté dès lors par celui-ci? Pourquoi, dans deux phrases qui se touchent, le même mot grec est-il traduit par cène et par souper (32)? Pourquoi des synagogues partout, excepté dans l'épître de Jacques (Jacques 2:2)? Pourquoi appeler les nations ceux qu'on appelle ailleurs les gentils, et nuire ainsi à des rapprochements importants; comme Luc 21:24, comparé avec Romains 11:25, dans Ostervald? Pourquoi traduire arbitrairement le même verbe par dormir et par être mort. II est un seul cas où l'on ne peut faire différemment (33); mais dans tous les autres, pourquoi cette bigarrure?

C'est à ce pourquoi que m'attendent nos critiques. Peut-être admettront-ils la validité de mes précédentes questions; quant à celle-ci, ils répondent: parce que, en général, le sens d'un verbe n'est pas déterminé comme celui d'un substantif, et qu'il faut en varier la traduction suivant le sens que lui donne le contexte. En vérité je ne pense pas que les auteurs de la version de Lausanne aient méconnu un fait aussi patent et aussi universel. Ayez la bonté d'ouvrir la remarquable concordance de M. H. Olivier (34), et vous verrez comme moi, à l'ouverture du livre, que le verbe ekballô a été traduit par nous, littéralistes, de dix façons différentes; ballô, verbe simple, de dix manières également; dokimazô, par huit verbes différents; dokéo par dix; ekhô, par dix-neuf, outre trente locutions où il perd son sens propre, etc., etc. Il est vrai que chacun de ces verbes ayant, comme tout verbe de toute langue, un ou deux sens plus habituels, chacun de ceux que je viens de mentionner rencontre aussi dans notre version ses principaux correspondants, auxquels nous nous sommes tenus le plus possible, mais sans songer un instant à écarter les sens exceptionnels. C'est donc exceptionnellement que nous avons traduit koimaomai par mourir. Les dix-sept autres fois qu'il se présente, c'est être endormi, dormir, s'endormir. Contesterez-vous, me dira-t-on, que dans ces dix-sept autres passages il ne soit fort souvent synonyme de mourir; et s'il l'est, pourquoi ne pas dire mourir quand le contexte indique qu'il s'agit de cela? Mais n'est-ce pas à moi plutôt de demander pourquoi, le Nouveau Testament ayant d'ailleurs cinq autres manières de dire mourir, on en effacerait un mot qui, s'il ne renferme pas une doctrine, fait image pour le moins, et une douce image? Le contexte vous montre que, dans tel passage, koimaomai signifie mourir! Eh bien, ne pensez-vous pas que le lecteur de votre version, comprenant le français comme vous comprenez le grec, verra, lui aussi, par le contexte, qu'en ces passages, dormir signifie être mort?

Il y a d'ailleurs contexte et contexte. Quand Jésus dit: «Lazare notre ami dort» (35), il est évident, par ce qui suit, que le sens est: notre ami est mort. Traduira-t-on de la sorte? Non, c'est impossible à cause de la réflexion que les auditeurs de Jésus-Christ firent là-dessus. Or, pour nous, le contexte, ce, ne sont pas seulement les versets qui précèdent et ceux qui suivent, mais c'est la Parole de Dieu tout entière. Croyez-moi donc: vous tenir à la lettre des Écritures vaudra mieux pour vous et pour vos lecteurs, que de prendre sous tutelle leur intelligence, sans rien laisser à l'interprétation du Saint-Esprit. Avec Ostervald et d'autres, vous serez tenté de faire dire à St. Paul, par exemple: «C'est pour cela qu'il y a parmi vous plusieurs infirmes et malades et que plusieurs sont morts» (36). Mais, êtes-vous sûr, ce qu'on appelle sûr, parfaitement sûr, qu'il s'agisse ici de la mort physique, et non pas du sommeil spirituel? En traduisant littéralement: «Et qu'un assez grand nombre dorment», vous laissez à vos lecteurs intelligents la possibilité d'entendre cela du sommeil de la mort (37), tandis que, par votre traduction, vous leur ôtez presque complètement celle de le prendre au sens spirituel. Est-ce peut-être votre intention? Qu'à moi ne tienne; mais encore une fois, êtes-vous sûr de posséder le vrai sens, et avez-vous, devant Dieu, le droit d'exclure l'autre?

Si je suis entré dans cette discussion sur un seul mot, ce n'est pas que j'y attache une importance plus grande qu'à tels autres, au sujet desquels je pourrais présenter des réflexions semblables. Que n'aurais-je pas à dire si je passais en revue tous ceux qui jouent un certain rôle dans les écrits sacrés? si je vous montrais le verbe metanoô traduit dans la même version et sans nécessité quelconque, par se convertir, s'amender, se repentir, (terme qui se traduit proprement par: reconsidérez, reconsidération) et le substantif de ce verbe subissant les mêmes variations; si je vous montrais le mot képhalè neuf fois dans un même chapitre pour signifier une même chose, et traduit d'abord par chef, puis par tête, deux expressions parfaitement identiques selon le dictionnaire, mais non plus selon l'usage, à telles enseignes qu'il serait impossible de mettre partout dans ce chapitre le mot chef (38); si je vous montrais enfin le mot agapè (terme qui implique un sacrifice et qui signifie proprement: renoncer, renoncement) onze fois répété dans le chapitre IV de la première épître de Jean (1 Jean 4), et agapaô quinze fois; le verbe toujours traduit par aimer; mais le substantif, tantôt par amour, tantôt par charité. Et il faut voir dans Ostervald combien ce dernier mot est froid, soit qu'il s'agisse de l'amour de Dieu pour nous ou de celui qui doit nous animer nous-mêmes!

Si donc nous avons pesé plus que personne avant nous toutes les expressions du texte sacré, si nous les avons reproduites, le plus possible, en donnant une traduction uniforme du même mot et en évitant, quand cela se pouvait, de rendre deux termes grecs différents par le même terme français, ce n'a pas été dans un sentiment outré de respect pour la lettre; mais, sous cette lettre est l'Esprit; cette lettre c'est l'enveloppe, grossière quelquefois comme la coque d'une amande, dont il a plu à Dieu de «revêtir sa pensée» et nous avons eu à cœur de donner, le plus possible, aux lecteurs illettrés du Nouveau Testament, toutes les facilités dont nous disposions nous-mêmes pour pénétrer cette pensée de Dieu. En comparant les divers passages où se trouve le même mot français, ils parviendront à démêler les nuances de ce mot, comme les savants y parviennent en comparant les divers textes de l'original, et comme pouvaient très bien le faire les premiers lecteurs du Nouveau Testament, sans autre science que celle de leur langue maternelle. S'il faut le répéter, je parle surtout des expressions devenues en quelque sorte techniques par le fait même des livres sacrés.

 


Références

27 1 Corinthiens 2:16.
28 Romains 12:6.
29 Voyez la dissertation de Middleton sur ce passage: The doctrine of Greek Article, page 434.
30 Matthieu 20:27.
31 Romains 6:20,22.
32 1 Corinthiens 11:20-21.
33 1 Corinthiens 7:39.
34 Dictionnaire harmonique et analytique du N. T. grec-français et francais-grec, ou concordance, etc. Lausane, Georges Bridel 1850. — Bien que dressée sur la seconde édition de la Version de Lausanne et non sur celle de 1859, cette Concordance demeure suffisamment exacte, et peut être facilement corrigée à la plume.
35 Jean 11:11.
36 1 Corinthiens 11:30. — Une critique détaillée pourrait relever plus d'une faute dans ce passage. Deux mots grecs différents y sont rendus par le même mot, plusieurs, qui n'est la vraie traduction ni de l'un ni de l'autre; et puis dira-t-on en bon français: plusieurs grands et nobles, plusieurs mécontents et révoltés?
37 Jean 11:13.
38 1 Corinthiens 11.

 

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