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La version du Nouveau Testament dite de Lausanne-09


juin 29, 2014 par GoDieu


Chapitre VI

Réponse à quelques critiques spéciales

Ni M. Pétavel, ni la plupart de nos honorables critiques ne se sont encore mis à l'œuvre. S'ils le font avec sérieux et en s'arrosant de nombreuses prières, comme je n'en doute pas; s'ils y emploient un temps considérable pendant trente années de leur vie (ce qui suppose qu'on voit dans la Bible le livre de Dieu, car quel est le livre d'homme à la hauteur d'un tel dévouement), ils trembleront de substituer une seule de leurs pensées à celles du Saint-Esprit, d'employer un seul mot qui puisse ne pas rendre exactement les expressions sanctionnées par lui, et ils aboutiront à cette littéralité contre laquelle ils protestent, à cette fidélité scrupuleuse qui peut seule, ils le sentent bien, gagner la confiance du peuple de Dieu et conserver à la Parole sainte sa divine efficace sur les cœurs. J'admets que, meilleurs ouvriers dans la main du Seigneur et éclairés par notre expérience, ils éviteront les excès où nous sommes tombés çà et là; qu'ils réussiront à écrire d'un style plus coulant bien que non moins littéral; qu'ils ne s'attireront pas autant que nous le reproche d'inconséquence, et qu'il n'y aura pas un seul contre-sens à leur imputer; cependant, reprenons tout ceci, mais dans l'ordre inverse.

  1. Les contre-sens

    Qu'il me soit permis de faire remarquer avant tout, et en rendant à Dieu de justes actions de grâces, qu'on n'a pu nous reprocher aucune altération du texte sacré, provenant, avec ou sans dessein arrêté, de ces préoccupations théologiques ou ecclésiastiques qui peuvent fausser le jugement des traducteurs les plus honnêtes. Au lieu de cela, plusieurs, je le sais, ont été frappés de ce que nous nous sommes écartés des versions reçues en bien des cas où, pense-t-on, nous aurions voulu pouvoir les conserver. Ainsi, au lieu de: «Travaillez à votre salut» (85), nous avons dit: «Accomplissez votre propre salut», ce qui est bien plus dans le sens de l'action du fidèle (86) (malheureusement une telle traduction favorise l'arminianisme et non le calvinisme. Ce passage devrait plutôt se traduire par: «réalisez votre propre délivrance» dans le sens qu'elle est un fait déjà accomplit en Christ). C'est encore ainsi qu'un passage pour nous des plus fondamentaux, a été rendu avec quelque affaiblissement du sens que lui avaient imprimé les précédents traducteurs. C'est 2 Timothée 3:16. Il est vrai que nous n'avons pas dit comme M. Rilliet, venu après nous: «Toute écriture inspirée de Dieu étant utile, etc.»., parce qu'il y a entre théopneustos (inspirée de Dieu), et ôphélimos (utile), une conjonction qui s'y oppose, et que, par là, le verbe être ne peut se sous-entendre qu'entre passa graphè (toute Écriture) et théopneustos. Entièrement soumis à cette même Écriture, nous l'avons laissée dire ce qu'elle dit, même quand elle dérangeait nos habitudes, comme elle menaçait de déranger celle de nos lecteurs. Eût-elle, en quelque endroit, parlé de manière à contrarier nos convictions les plus profondes, encore aurions-nous eu horreur d'altérer son langage. C'est, du reste, je le répète, ce qu'on s'est plu à reconnaître, mais on nous reproche d'avoir été soumis à l'excès, et de nous être écartés du vrai sens par cet excès même.

    Je reconnais en effet qu'un littéralisme excessif peut aboutir à fausser le sens, et il serait fort à désirer qu'on nous eût donné une liste quelque peu complète des erreurs de cette nature qu'on nous attribue. Il ne faut pas qu'elles soient très nombreuses, puisque M. Pétavel, le principal de nos critiques, ne cite que trois cas, dont un seul est d'une certaine importance. C'est d'abord manger du pain (87), au lieu de prendre son repas. Or, je n'y vois pas un contre-sens plus grand que lorsque nous invitons un ami à «manger notre soupe»: couleur locale, façon de parler qui est dans toute la Bible. Nous devions traduire cet hébraïsme littéralement, comme tous laissent dire à notre Seigneur: La paix soit avec vous, au lieu de bonjour! — Vient ensuite Hébreux 11:13: «Tous ceux-ci moururent dans la foi sans avoir reçu les promesses». Contre-sens de nature plus grave, dit M. Pétavel. Mais n'est-ce pas exactement ce que dit l'original, et n'est-ce pas le grec même que vous voudriez corriger? Vous entendez ce passage comme s'il y avait: ce qui leur avait été promis, parce que, sous cette forme concise: les promesses, cela ne peut signifier autre chose. Eh bien, le lecteur français doué de quelque intelligence, après s'être heurté, j'en conviens, à ce caillou, finira par retrouver son aplomb comme vous-même. J'avoue cependant que, sans s'écarter de son système, la version de Lausanne eût mieux fait de mettre: les choses promises, et, en note marginale: les promesses. Quoi qu'il en soit, ce ne sont pas là proprement des contre-sens, ni surtout des contre-sens pareils à celui qui s'était imperturbablement maintenu depuis la version de Martin dans 1 Corinthiens 7:16, où l'on fait espérer aux époux d'être l'un pour l'autre un moyen de conversion, tandis que l'apôtre exprime précisément le contraire. — C'est enfin le mot peirasmos, que nous avons toujours rendu par celui de tentation, tandis qu'il désigne souvent, on le sait, une épreuve envoyée de Dieu, lequel, selon la déclaration de St. Jacques, ne tente jamais personne. Ainsi parle M. Pétavel. Mais comment sait-il que le substantif peirasmos et le verbe peirazô, qui, dans tous les auteurs grecs, veulent dire tentation et tenter, signifient, non pas souvent, mais quelquefois, dans le Nouveau Testament, épreuve et éprouver? C'est par le Nouveau Testament lui-même, et aussi par l'Ancien, lequel a pour équivalents les mots massa et nissa. Si donc on les traduit uniformément selon leur sens vulgaire, les lecteurs les plus simples comprendront la chose non moins bien que les docteurs; ils verront qu'il y a un sens où il est vrai de dire que la tentation ne vient pas de Dieu, et un autre où il est tout aussi vrai que c'est lui qui l'envoie. Et vous qui savez le grec, vous devez d'autant plus agir de la sorte; car vous n'ignorez pas qu'il existe dans le Nouveau Testament trois autres substantifs pour dire épreuve, et un autre verbe pour dire éprouver. En vérité, je ne comprends pas qu'à votre point de vue, vous puissiez laisser subsister le mot tentation dans l'Oraison dominicale. Ce n'est pas tout; voilà les traducteurs de Paris qui ramènent le vieux mot induire, pour rendre un verbe qui ne paraît que cinq fois en dehors de cette prière et qu'ils ne pourront nulle part traduire de cette façon.

  2. Les inconséquences

    Quant aux inconséquences qu'on impute à la version de Lausanne, je me permets de laisser de côté celles qu'on sollicite, en quelque sorte, par le rapprochement de nos diverses éditions; car il se pourrait qu'en se corrigeant, les traducteurs aient eu précisément pour but de porter remède à de précédentes inconséquences. Mais, selon M. Pétavel, il en reste d'assez avérées. Comment, par exemple, des hommes qui ont fait, trouve-t-on, si bon marché des lois de la grammaire française, se sont-ils asservis à la ponctuation du texte grec, laquelle, chacun le sait, n'existait pas dans les anciens manuscrits? Mais ce qu'on nous impute là est-il bien certain? Quand nous avons suivi la ponctuation de la vulgate grecque, c'est qu'elle nous paraissait bonne; autrement nous ne l'aurions point respectée. Je pourrais en citer plusieurs exemples; j'indique seulement les derniers versets du chapitre VIII de l'épître aux Romains (Romains 8). — Pourquoi encore, dit notre critique, pourquoi dire Jean au lieu de Johannès, tandis que vous avez dit Judas et non pas Jude. Il aurait pu demander aussi pourquoi tantôt Jacob et tantôt Jacques? — par la règle que j'ai mentionnée plus haut, règle qui consiste à laisser en hébreu les mots hébreux, et à traduire en français les mots grecs ou grécisés.

    Les noms propres! On ne se figure pas toute la peine qu'ils donnent quand on veut être exact; aussi ne m'étonnai-je point que les mots de Diane et de Mercure nous aient échappé, au lieu de ceux d'Artémise et d'Hermès. En effet, cette traduction paraît aussi peu sensée que si nous avions dit le Forum pour l'Aréopage. Pourtant, voudrait-on que nous eussions écrit (Actes 14:12): Zeus au lieu de Jupiter, et Hermès, au lieu de Mercure? Mais nos inconséquences fussent-elles plus nombreuses et plus graves, encore faudrait-il voir si ce sont réellement des inconséquences. Bien que déduites d'un principe absolu, nos règles de traduction n'ont pas été posées par nous comme règles infaillibles, inflexibles, invariables. Il n'en est pas une qu'à certains moments nous n'ayons dû modifier; et c'est ainsi, pour en revenir à un point traité tout à l'heure, qu'après avoir constamment traduit peirasmos par tentation et peirazô trente-sept fois par tenter, nous avons dû le rendre une fois par examiner et une autre par éprouver (88). C'est encore ainsi que, malgré notre décret de proscription contre toute expression de forme gréco-latine, nous avons dû conserver les mots ange et diable, Christ et baptême, pour lesquels il n'y avait pas d'équivalents admissibles. Nous avons même introduit celui d'agape dans Jude 1:12, mot assez bien défini par les dictionnaires français.

    De tous les reproches d'inconséquence qu'on nous adresse, le plus spécieux et à la fois le plus grave, celui qui doit nous être le plus sensible, c'est de n'avoir tenu aucun compte des variantes du texte. Nous, qui avons eu si grand soin d'indiquer à la marge les variantes de traduction; nous, qui avons posé en principe l'entière inspiration des Écritures, ne devions-nous pas sentir l'obligation consciencieuse de commencer par rétablir le texte dans sa plus grande pureté possible, au lieu de nous livrer pieds et poings liés à un texte dont nous ne pouvions ignorer les défectuosités? En effet, sans approuver le décri excessif dans lequel la Vulgate grecque est tombée, nous savions qu'elle est susceptible d'améliorations. Dès le début, nous primes des mesures en conséquence; mais au moment de l'impression, il nous vint de graves scrupules, non pas, comme M. Bost l'a dit par erreur dans ses Mémoires, sur la suppression de 1 Jean 5:7, mais essentiellement sur notre compétence. L'herméneutique n'est pas la critique. Faire une traduction ou une recension du Nouveau Testament, sont deux œuvres différentes, qui supposent des aptitudes tout autres. Choisir parmi les recensions, n'est pas chose facile; et, le choix fait, il faut suivre son auteur là même où il s'est trompé, sinon le corriger, et ceci revient presque à faire une nouvelle recension, quoique de seconde main. Que les savants, que les églises surtout, s'entendent pour remplacer le texte reçu par un texte meilleur; jusque-là, personne ne peut trouver mauvais qu'on s'en tienne à celui qui est le plus universellement suivi. Il y aurait bien un moyen terme, à savoir de se borner aux variantes à la fois principales et admises par tous les recenseurs; mais, ou bien il faudra, comme M. Arnaud, indiquer à la marge la leçon de la Vulgate grecque, et voilà de la science pure dans une version que nous voulions populaire; ou bien aller hardiment, sans avertir de la correction apportée au texte, comme le font les nouveaux traducteurs de Paris, mais quelle terrible tentation de s'accorder des libertés indues. Quand ils diront heure pour coudée, et vie pour taille (89), le simple lecteur ne manquera pas de croire que c'est en vertu d'une variante. Telles sont les raisons, bonnes ou mauvaises, qui nous déterminèrent à revenir sur nos pas et à rétablir partout notre traduction première. Il y avait encore un moyen de tout concilier. C'était de donner à la fin du volume une liste des variantes principales; mais l'idée nous en est malheureusement venue trop tard. Reprise, il y a peu, par les membres survivants du comité, il est permis d'espérer qu'elle se réalisera au profit des anciens possesseurs de notre version, comme à celui des nouveaux acquéreurs.

  3. Le style

    Plus encore que les inconséquences et les contre-sens, on nous reproche notre style, souvent pur hébreu ou pur grec, et toujours peu français. Quant aux hébraïsmes, je maintiens que si les premiers lecteurs du Nouveau Testament, qui parlaient grec, les ont supportés, nous devons les supporter aussi, nous qui parlons français; qu'il y a dans ces hébraïsmes comme une chaîne qui soutient la parole de Jésus-Christ et des apôtres à celle des prophètes de l'Ancien Testament; qu'ils donnent donc à nos saints Livres leur caractère propre et qu'ils ont généralement une beauté ou une énergie que rien ne saurait remplacer. Quant aux grécismes, je rappellerai qu'il n'y a pas, entre la langue des Hellènes et celle des Français, une barrière si haute qu'il n'y ait pas moyen de se tendre la main par-dessus, en sorte qu'on peut s'y hasarder sans crime comme sans danger.

    Après quoi, je reconnais que, dans la première édition surtout, notre style était souvent difficile, et que celle de 1859 elle-même présente encore des endroits qui ne se lisent pas couramment. Mais les lecteurs de Martin, plus nombreux il y a quarante ans qu'aujourd'hui, n'étaient pas gâtés sous ce rapport, et même les partisans d'Ostervald pouvaient trouver que l'obscurité plus grande de la nouvelle version était amplement rachetée par une concision et une énergie tout autres. Sans nous flatter d'avoir atteint l'idéal judicieusement tracé par les pasteurs et professeurs de l'Église de Genève (90), autorité non suspecte en fait de littéralisme, nous pouvons dire que nous nous l'étions aussi proposé. «Précision, énergie, couleur locale, simplicité antique; l'expression naïve plutôt que l'expression moderne, le tour antique et plus vrai, au lieu de la locution académique ou grammaticalement plus reçue, la construction hardie et plus frappante de l'original, plutôt que la période harmonieuse»: telles sont, en résumé, les qualités du style requis pour le Nouveau Testament par les traducteurs de 1835.

    N'est-on pas allé jusqu'à ramasser et à livrer au public un mauvais calembour, en lui assignant une origine fort douteuse, et qui, fût-elle pleinement avérée, ne le rendrait pas plus respectable? Les auteurs de la traduction ne s'en sont point choqués. Si la version d'Olivétan a pu être appelée par Bochard, l'aversion des savants, bon mot que M. Pétavel se plaît également à recueillir, nous consentons à ce qu'on dise de la nôtre qu'elle est écrite en suisse. La Suisse romande, nous le savons, n'a pas le droit d'avoir une langue à elle; aussi ses écrivains s'efforcent-ils de ne pas s'exprimer plus mal qu'en certaines provinces du grand empire. Cela faisant, il en est parmi eux qui ont vu leurs livres couronnés par l'Académie française, d'autres qui ont obtenu de beaux succès dans la presse parisienne. Quoi de plus! s'il faut qu'une version de la Bible naisse en France pour qu'elle soit française, disons que cette version n'existait pas quand parut celle de Lausanne. C'est tout à coup que les pasteurs français se sont aperçus qu'ils ne possédaient pas encore la Bible dans leur beau langage. Il y a eu, dès lors, M. Matter et M. Arnaud, l'un à Strasbourg, l'autre dans le midi; il y a maintenant M. E. Coquerel, à Paris, c'est-à-dire l'association dont il est le secrétaire. Les deux premières versions ne paraissent pas satisfaire pleinement: qu'en sera-t-il de la troisième? Dès à présent on peut dire qu'elle est d'une lecture agréable; mais dès à présent aussi, elle nous fournit une nouvelle preuve que l'agrément du style n'est pas ce qu'on doit rechercher avant tout. D'ailleurs, pour jouir pleinement de ce qu'elle a de bien réussi, il faudra plutôt l'entendre que la lire. Contre l'usage de tous les livres chrétiens, de tous les dictionnaires et de toutes les grammaires, le Nom de celui qui, avec le Père et le Fils, est un seul Dieu, béni éternellement, le Nom du Saint-Esprit, auteur suprême des Écritures, est partout, dans cette version; écrit à la manière des noms communs, sans lettres majuscules: dans la formule du baptême (91) comme ailleurs. On ne s'excusera pas en disant que les grands manuscrits ne font pas de distinction entre ces mots et les autres; car nous demanderions alors pourquoi les traducteurs de Paris ont écrit avec majuscule les mots Dieu, Fils et tous les noms propres, même Évangile et Écritures, que les grands manuscrits ne traitent pas d'une manière différente. Mais pour en revenir à la version de Lausanne, si, dans la rédaction définitive du travail, nous avons trop peu obéi aux avertissements de nos propres oreilles et trop peu respecté celles de nos lecteurs, il demeure démontré que, ni notre principe fondamental, ni les règles essentielles que nous en avons déduites, n'ont rien d'excessif, et je persiste à croire qu'on ne saurait, sans se les imposer, produire une bonne traduction de la Bible.

 


Références

85 Philippiens 2:12.
86 Notre précédente édition portait: opérez. Un ami ayant trouvé la locution peu française, nous l'avons abandonnée; peut-être mal à propos, car Bossuet traduit de cette manière.
87 Luc 14:1.
88 2 Corinthiens 13:5; Apocalypse 2:2.
89 Matthieu 6:27.
90 Dans l'avertissement de leur Nouveau Testament publié à Valence, en 1835; vrai progrès sur 1805, quant à la méthode.
91 Matthieu 28:19.

 


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