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La version du Nouveau Testament dite de Lausanne-11


juin 29, 2014 par GoDieu


Conclusion

Bien qu'il y ait, on l'a vu, beaucoup d'exagération dans les critiques dont la version de Lausanne est l'objet, on ne saurait prétendre que ces critiques soient en général l'effet de préventions aveugles, ni qu'elles manquent toutes de fondement. Cependant, on ne s'explique pas d'abord que les qualités essentielles qu'on se plaît à lui reconnaître, ne l'aient pas fait accueillir avec plus de bienveillance par les hommes capables de l'apprécier. Ils savent qu'une version sans défaut est impossible, outre que tel impute à crime ce qui, pour tel autre, est un mérite. Quand on leur demande s'il existe, à leur connaissance, en quelque langue que ce soit, une traduction plus rapprochée de l'original, ils hésitent tout au moins à dire oui. Bref, la version de Lausanne jouit de leur estime, ils avouent sa supériorité à beaucoup d'égards; mais elle n'a pas leur sympathie: il est évident qu'ils n'en veulent pas, et les essais postérieurs l'ont bien prouvé. Les auteurs de cette version s'y attendaient. Ils n'ignoraient pas que toute traduction nouvelle des Écritures est d'un accès fort difficile dans les familles, dans les écoles de tous les degrés et encore plus dans les chaires, témoins celles du nord de la France, qui, nous dit M. Pétavel, bien que protestantes, conservaient encore au commencement de ce siècle la Bible de Louvain. Une simple révision de 1712 aurait eu des chances de succès; mais une nouvelle version, vraiment nouvelle, il y fallait un miracle de Dieu.

Non, M. Pétavel n'exagère pas quand il déclare presque insurmontables les obstacles qu'une version des Écritures rencontre sur son chemin, alors même qu'elle respecte soigneusement les habitudes traditionnelles des lecteurs. Pour abréger, je renvoie sur ce point à son livre, bien que ce ne soit pas à cet endroit qu'il jette le plus de lumières inattendues sur le beau sujet qu'il a traité. Mais, s'il est en général fort difficile de supplanter la version d'usage, même en la remplaçant par une version légèrement et prudemment modifiée, que sera-ce d'un travail qui, tranchons le mot, porte en ses flancs toute une révolution? Révolution est un peu fort, puisqu'au fond nous n'avons fait, autant qu'il était en nous, que consommer une œuvre commencée; mais quelle œuvre!

Qu'on lise attentivement M. Pétavel, et l'on verra que, jusqu'à Lefèvre d'Étaples, on ne possédait en français que des fragments de la Bible accompagnés de gloses et cousus ensemble tant bien que mal. Ce fut donc au XVIe siècle seulement que les Écritures, sans retranchements et sans interpolations, furent mises en français, mais selon le latin de St. Jérôme, et non pas selon l'hébreu de Moïse et le grec des apôtres. Lefèvre d'Étaples, c'est déjà la réformation à son aurore; c'est pourtant encore le romanisme dans la Bible. Après lui, Olivétan, et après Olivétan, des traducteurs qui ne firent que réviser l'œuvre de leurs devanciers, en jetant, il est vrai, quelques regards sur les textes originaux, mais tous, finalement, ayant pour thème primitif la Vulgate latine; donc, toujours le romanisme. Nul doute que si l'ami, le parent de Calvin avait eu plus de temps et de science, la version vaudoise ne fût devenue bien différente de ce qu'elle est; surtout s'il n'avait pas été comme lié par ses souvenirs et ses habitudes de la Vulgate. Il en est résulté que la version de la réforme, version perpétuée d'édition en édition sous l'autorité des pasteurs et professeurs de Genève, puis reproduite par Martin et Ostervald avec des amendements peu sensibles ou assez malheureux pour ce qui tient au fond, est une version qui n'a guère de commun avec la réforme que la date.

Or voici, trois siècles après, quelques serviteurs de Dieu, jeunes encore, obscurs pour la plupart, qui, sachant très bien ce qu'ils faisaient, secouent les chaînes d'une tradition à la fois catholique et protestante, en reviennent purement et simplement à la Parole de Dieu, et travaillent pour les petits, non pour les docteurs: pour «le paoure peuple de Dieu», comme aurait dit Olivétan, et non pour le monde! Ces hommes, ne font-ils pas, dans leur infirmité, ce qu'auraient dû faire Calvin et les réformateurs français du XVIe siècle; ce qui était dans l'esprit de leur œuvre; ce qu'ils eussent effectué sans doute, si le reste de leur œuvre ne les avait empêchés d'accomplir celle-ci? En attendant, trois siècles d'habitudes n'ont pas manqué de faire la leur en enracinant fortement ce genre de versions dans les églises, et, ce qu'il y a de pis, en maintenant au sein de la réforme, des idées, des usages, des institutions plus ou moins romaines, qui s'opposent maintenant à toute refonte sérieuse des versions de l'Écriture. On vous les laisse affaiblir tant que vous voulez, sous apparence de les polir; on vous permet quelques changements, pourvu qu'on ne les aperçoive pas trop; mais si votre Nouveau Testament n'a plus de pasteurs et plus d'évêques, plus de cène et plus de diacres pour la servir, plus d'apôtres et surtout plus d'églises, ce mot sacramentel par-dessus tous; si vous faites disparaître cette foule d'expressions latines qui rendent nécessaires au peuple les explications des docteurs, ou qui du moins, ne laissant dans l'esprit que des idées confuses, empêchent de voir clair dans les questions qu'une fausse science agite; si, en un mot, la Bible cesse d'être pour le vulgaire protestant ce qu'elle est pour la masse des catholiques, un livre plein d'obscurités volontaires, ne vous attendez pas à un accueil universel de la part des conducteurs de l'Église. Les plus modérés vous diront que vous avez bien raison, mais que vous venez trop tard.

Je n'impute pas cet obscurantisme et cet esprit de routine à tous ceux, tant s'en faut, qui dénigrent la version de Lausanne; mais je n'ai rencontré aucun de ses adversaires, peu même de ses amis, qui, par le genre de leurs objections, n'aient dévoilé ce qui les heurte surtout: ce sont évidemment les innovations dont je parle. Outre les mots que j'ai indiqués plus haut, pour l'un le mot nations au lieu de gentils, pour l'autre celui d'esclave au lieu de serviteur, et à l'occasion celui de serviteur au lieu de ministre. Tel autre encore accepte tout, sauf le mot amour pour charité, dévotion pour religion, relèvement pour résurrection; et n'en est-il pas qui ont mis peut-être de côté la version nouvelle parce qu'un passage, un seul, un passage favori ne s'y lisait pas comme ils le savaient par cœur et tel qu'ils l'avaient pris pour sujet d'une prédication? En vérité, plusieurs semblent dire: Faites-nous une version nouvelle, mais à la condition que rien n'y soit changé, ou du moins qu'elle ait pour tout changement ce que j'y changerais moi-même.

Une version vraiment nouvelle, une version, non de la Vulgate latine, mais des Écritures; une telle version, faite fidèlement, scrupuleusement et sans recherche humaine, ce qui fut le caractère béni de l'œuvre entière des réformateurs, une telle version sera donc une réforme dans la réforme. Or les réformes ne se laissent pas mieux réformer que les abus. Il fallait fondre la cloche quand le métal était en fusion. On ne l'a pas fait. Peut-être ne le pouvait-on, témoin soit l'histoire fort instructive des versions de Tyndale et de Coverdale en Angleterre. Est-ce une raison pour ne pas l'essayer aujourd'hui?

Le XIXe siècle voit de grandes choses, qui ne sont que le développement et la consommation du XVIe, après deux siècles de suspension: l'Évangile porté aux païens, les sociétés qui impriment et distribuent la Bible à profusion, les églises libres, l'alliance évangélique. Ce XIXe siècle ne doit-il pas voir enfin paraître une version véritable des Écritures d'après le texte hébreu et grec? Nous l'avons cru, il y a quarante ans, et je le crois encore. Nous avons tenté ce travail considérable, non sans y commettre bien des fautes; mais que nous ayons réussi à donner enfin une version fidèle après tout, et par là vraiment nouvelle, c'est ce que prouve le genre de résistance qu'elle rencontre chez les hommes qui accueillent ce qui est bon pourvu qu'on ne dérange en rien leurs vieilles idées et leurs habitudes invétérées, habitudes qui les rendent aveugles au sujet de défauts évidents, et hostiles aux améliorations les plus manifestes.

Heureusement, notre siècle est, autant que le XVIe, un siècle de grand mouvement dans les esprits, et, fils du XVIIIe, il voit, plus encore que son bisaïeul, ce qu'on pourrait appeler l'avènement du tiers-état dans l'Église. Jusqu'ici le succès d'une version de la Bible fut beaucoup trop l'œuvre des docteurs. C'est au peuple de prononcer. Que, par l'ensemble et le fond de leur enseignement, les docteurs évangéliques prémunissent les âmes contre les élégances de Satan «se transformant en ange de lumière»; après cela, que ce soient les fidèles, appartenant aux églises fidèles, qui portent le jugement définitif: grand jury de la conscience sous la conduite du Saint-Esprit! Mais les églises, j'entends la majorité de ceux qui les composent, n'iront pas chercher dans la boutique des libraires les versions que chaque jour enfante, et ils seront peu disposés à les payer trois fois plus cher que les belles éditions publiées par les sociétés bibliques! Hélas! toujours le mal à côté du bien, dans ce triste monde! Les services rendus par ces sociétés sont immenses, incalculables; il n'en est pas moins vrai qu'elles sanctionnent à jamais des versions jugées même très défectueuses. Ces versions étaient seules en usage au moment de la fondation des sociétés bibliques; pour que ces sociétés en répandent d'autres, il faut que les églises les adoptent; mais en attendant, on ne leur donne que les anciennes. C'est un cercle vicieux dont il faut absolument se tirer.

M. Pétavel proposait, il y a deux ans, une nouvelle société de traduction dont le siège eût été à Neuchâtel; et je disais: «Puisse-t-elle se former bientôt et travailler dans l'Esprit du Seigneur, qui n'est pas celui du monde; mais son travail fini, elle se trouvera, elle aussi, en présence des sociétés bibliques et de leur loi fondamentale» (133). Depuis que j'écrivais ceci, la pensée de M. Pétavel a fait du chemin et le coup a porté plus haut qu'il ne visait. Les journaux religieux et politiques ont tous entretenu leurs lecteurs de la séance magnifique qui a eu lieu le 24 mars dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, sous la présidence de M. Amédée Thierry, sénateur et membre de l'Institut, avec l'assentiment du ministre. Là s'est fondée, par les soins persévérants de M. Pétavel, une Société nationale pour une nouvelle traduction des Livres saints en langue française. Les fondateurs, au nombre d'environ soixante-dix, sont des Israélites, rabbins et banquiers qui ont eu manifestement les honneurs de la séance; des catholiques, prêtres et laïques, formant la majorité de l'assemblée; dès protestants, enfin, de la confession d'Augsbourg et des réformés orthodoxes, de l'église établie et des églises libres. Ces hommes, dans leur généralité, sont des hommes éminents par leur savoir, et c'est un esprit de piété qui les anime. Un fait pareil est, à lui seul, un événement prodigieux. On ne voit aucune époque de l'Histoire de France où l'on pût, en imagination, placer rien de semblable, et c'est un des beaux fruits du réveil religieux de notre siècle. Il y a donc là, dans tous les cas, quelque chose qui vient de Dieu et dont on doit se réjouir.

Est-ce à dire que la conception, si entraînante et si hardie de M. Pétavel, ne donne aucune prise à la critique? Non; mais, dans l'enthousiasme du premier moment, toute critique serait mal reçue. D'ailleurs, les honorables orateurs du 24 mars sentent eux-mêmes par où leur plan est attaquable. La version, disent-ils, sera «tout à la fois, littérale et littéraire»; «la pureté du texte des Livres saints s'alliera avec la clarté et l'élégance de notre belle langue française».

Ainsi a parlé le vice-président de la société, M. le curé de Saint-Louis d'Antin, et l'on ne peut mieux parler. À nous, après cela, de dire: Nous verrons! Or, ce que nous verrons, nous en sommes avertis par M. Pétavel lui-même, secrétaire-rapporteur, ce sera une version dans laquelle se trouveront bien des imperfections. Mais, véritablement, quand on dispose de la science et du beau langage de toute la France, comment se fait-il qu'on ose annoncer une œuvre imparfaite? C'est, encore un coup, parce que la Bible n'est pas un livre comme un autre; c'est que, pour en traduire «le texte dans sa pureté», il faut en avoir reçu l'intelligence spirituelle; c'est qu'il est impossible d'atteindre la vérité biblique tant qu'on accepte le joug des traditions humaines. Un Israélite auquel Dieu donne l'intelligence des Saintes-Écritures de l'Ancien Testament devient aussitôt chrétien (134); un catholique romain qui met le texte de la Bible au-dessus des interprétations de l'Église, ne passe pas sans doute immédiatement au protestantisme, mais il n'appartient plus réellement au pape; ne croyez pas enfin qu'il suffise d'être protestant de nom pour entendre nettement les Écritures. Plus donc Israélites et catholiques seront des hommes consciencieux et dignes de tout respect dans leurs convictions religieuses, moins il leur sera possible de coopérer avec les chrétiens évangéliques à la traduction des Livres saints. Il est même une question que j'ose poser, c'est de savoir s'ils y ont réellement une vocation venant d'en Haut.

Ces considérations, et d'autres encore, n'ont pu échapper aux hommes, si haut placés, qui viennent de fonder la Société nationale pour une nouvelle traduction des Livres saints. Ils ont parfaitement vu que l'entreprise, difficile à former, sera plus difficile encore à exécuter, et, s'ils n'ont pas reculé, ce n'est pas nous qui les découragerons. Ils ne se laisseront pas décourager non plus par la retraite de quelques-uns des fondateurs. Sans donc qu'on puisse dire dès maintenant par qui l'œuvre se fera, elle se fera selon toute apparence. Mais il est permis de se demander si la nouvelle version, réussît-elle au mieux, recevra l'accueil universel qu'on lui pronostique. On ne prétend pas assurément qu'on en fera lecture dans les chaires catholiques et dans les synagogues. On n'est pas même bien sûr qu'elle ne sera pas mise à l'Index partout où il y a un index. Dès lors! il faut le reconnaître, les églises protestantes ont seules un intérêt immédiat à la chose, et je ne sais si elles sont généralement préparées à recevoir de la main des catholiques et des fils d'Israël une traduction nouvelle de la Bible. Ce qu'il y a de bon, c'est qu'elles examinent, et, comme je l'ai dit: Nous verrons... Toujours est-il qu'une foule de gens qui n'ouvrirent jamais la Bible se mettront peut-être à l'étudier dans la traduction nationale, et, lors même que celle-ci ne réaliserait pas tout son programme, ce serait une nouvelle diffusion de la Parole de Dieu. C'est ce qu'on n'aime pas à Rome, mais ce qui doit remplir de joie le cœur de tout chrétien conséquent.

On comprend toutefois que la fondation de la Société nationale n'est pas de nature à modifier le vœu que j'exprimais il y a un an et que je reproduis aujourd'hui. Pour sortir de l'impasse où nous jettent les sociétés bibliques, il faudrait, me paraît-il, l'institution d'une société qui répandrait à bas prix toute traduction nouvelle ayant pour auteurs des hommes connus par la pureté de leur foi, non moins que par la solidité de leur savoir. Je dis les traducteurs et non pas les traductions, parce que la coopération de la société devrait être l'effet d'un simple vote de confiance; parce qu'on peut être parfaitement apte à juger l'ouvrier d'une manière générale, sans avoir la même aptitude à juger son travail; enfin, et pour le redire, parce que c'est aux églises et non pas à une société quelconque de se prononcer au sujet des versions de l'Écriture.

Qu'il me soit permis de me résumer maintenant en deux mots. Il est des personnes qui voudraient une version de la Bible parfaitement irréprochable au point de vue littéraire: ce ne serait plus la Bible. Parmi ceux qui entendent bien qu'on leur donne une reproduction scrupuleusement exacte des écrits inspirés, il en est qui désirent que cette reproduction soit aussi fidèle que le permet la langue française; il en est d'autres qui, intervertissant les termes, la veulent aussi française que la fidélité le permet. Ce dernier point de vue a été le nôtre. Je ne prétends pas que nous n'ayons jamais dévié d'une route qui fut pour nous celle de la conscience et de la foi; mais en somme pourtant, nous y avons marché avec quelque bénédiction de la part de Dieu. Nous aurions pu souvent être plus français sans être moins fidèles; parfois aussi, nous eussions été plus corrects en serrant le texte davantage; quoi qu'il en soit, et grâces à Dieu, nous avons mis toujours au premier rang ce qui est exigé des administrateurs de la Sainte Parole avant tout (135), et nous ne saurions en avoir du repentir.

En parlant ainsi, je suis loin de vouloir décerner aux auteurs de la version de Lausanne un brevet exclusif de fidélité. De même, quand j'ai dit que, dans certains passages, nous avons été suivis par les traducteurs subséquents, je ne prétends pas qu'ils n'eussent pu arriver au même résultat sans nous. Eussent-ils, à l'occasion, simplement copié, ce ne serait pas un plagiat, tout comme nous ne serions pas des plagiaires, si, dans une 4e édition, nous empruntions beaucoup aux versions nouvelles; car c'est un devoir pour les traducteurs de la Bible d'utiliser les travaux de leurs prédécesseurs. Si, enfin, l'on me reprochait de n'avoir pas rendu pleine justice aux interprètes qui sont venus après nous, notamment à M. Rilliet, dont les principes de traduction ont avec les nôtres tellement de rapports que j'aurais pu l'enrôler au nombre des autorités favorables à notre système (136), je me permettrai de rappeler que cet écrit n'est nullement une critique générale des versions du Nouveau Testament, mais une apologie de celle de Lausanne. J'ai dû en faire l'histoire, en exposer le principe fondamental et le système, justifier enfin par de nombreux exemples la marche adoptée. Je n'ai pu le faire sans me livrer à des rapprochements que j'aurais voulu pouvoir éviter et qui étaient devenus nécessaires. Mais si j'ai dû relever ainsi quelques erreurs, est-ce à dire que je sois insensible aux qualités particulières qui distinguent chacune de ces versions? Il faudrait pour cela que je fusse aveugle sur les défauts qui déparent la nôtre. D'ailleurs, je n'ai jamais pensé que l'esprit de dénigrement fût favorable au triomphe de la vérité.

 


Références

133 Chrétien évangélique, mai 1865.
134 2 Corinthiens 3:14-16; Luc 24:45.
135 1 Corinthiens 4:2.
136 Les livres du Nouveau Testament, traduits pour la première fois d'après le texte grec le plus ancien, etc., Préface XXVI.

 

À Christ seul soit la Gloire

 

Source: LeVigilant.com — Jean leDuc

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