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Livre du juste-11


août 14, 2011 par GoDieu


Section Vaïyéscheb.

Après la révolution d'une année les enfants de Jacob quittèrent Sichem et allèrent établir leur demeure à Hébron auprès d'Isaac leur père; mais ils laissèrent tous leurs troupeaux à Sichem, à causes des excellents et abondants pâturages du pays.

Et il arriva dans la cent sixième année de la vie de Jacob, dixième de son retour de Mésopotamie, que Lia son épouse mourut à Hébron, à l'âge de cinquante et un an. Jacob et ses enfants l'enterrèrent dans la caverne double qu'Abraham avait achetée des enfants d'Heth, pour en faire une propriété de sépulture de famille.

Or, les fils de Jacob étaient considérés de tous les habitants du pays, qui avaient appris les hauts faits de leur force et de leur bravoure. Mais Joseph et Benjamin, enfants de Rachel, n'avaient pas pris part à leurs expéditions contre les villes amorrhéennes, car ils étaient encore trop jeunes. Joseph rendait justice aux travaux guerriers de ses frères; mais il croyait son mérite supérieur au leur, et en son cœur se prisait plus qu'aucun d'eux. Et aussi Jacob son père l'aimait plus que ses autres fils, parce qu'il était l'enfant de sa vieillesse. Et à cause de sa tendresse pour lui il lui donna une tunique riche par ses couleurs éclatantes et variées. Joseph voyant la prédilection dont il était l'objet, s'élevait encore davantage au-dessus de ses frères. Et il faisait à son père de mauvais rapports sur leur compte. Tout cela fut cause que ses frères le haïssaient, et ne lui adressaient jamais de paroles amiables. Joseph avançait en âge, et sa présomption croissait avec lui, il avait dix-sept ans lorsqu'il eut un songe qu'il raconta à ses frères en ces termes: Nous étions tous occupés à lier des gerbes dans un champ. Ma gerbe se dressa et se tint debout. Vos gerbes l'entourèrent aussitôt et se prosternèrent devant elle. Ses frères lui dirent: Que veut dire ton songe? Te flattes-tu de devenir notre roi, et de nous tenir sous ta puissance? Il alla ensuite faire le même récit à son père, qui l'embrassa et le bénit. Et ses frères devinrent jaloux de lui, et leur haine allait en augmentant. Il eut après cela un autre songe dont il rendit compte à son père, ses frères étant présents. Il dit: Voilà que j'ai eu encore un songe. J'ai vu se prosterner devant moi le soleil, la lune et onze étoiles. Son père, qui savait que ses frères le haïssaient pour ces choses, lui dit avec sévérité devant eux: Que signifie ce songe dont tu tires avantage contre tes frères? Penses-tu en ton cœur que nous viendrons, ta mère (1311) et moi avec tes onze frères, nous prosterner devant toi? Cependant Jacob gardait soigneusement le souvenir de ces songes.


Joseph vendu par ses frères.

Un jour les fils de Jacob allèrent à Sichem pour faire paître les brebis qui restaient toujours en ce lieu. Et l'heure de faire rentrer le bétail étant passée sans qu'ils fussent revenus à la maison, Jacob devint inquiet, pensant en lui-même: Qui sait si les gens de Sichem ne les ont pas attaqués? Il dit donc à Joseph: Tes frères sont en retard. Va voir, je te prie, où ils restent, et reviens me rassurer sur leur salut et sur le salut des brebis. Et Joseph arrivé à Sichem ne les rencontra point. Il les chercha dans les environs et s'égara dans des lieux inhabités sans plus savoir quelle direction prendre. Alors un ange de Jéhova se fit trouver près de lui (1312). Et Joseph lui dit: Je suis à la recherche de mes frères. As-tu appris où ils gardent les troupeaux? L'ange de Jéhova répondit: Je les ai vus ici avec leur bétail, et je les ai entendus comme ils disaient qu'ils voulaient le conduire à Dothan. Et Joseph alla à Dothan, où il les trouva. Mais dès que ses frères l'aperçurent de loin, ils résolurent de le faire mourir. Et Siméon dit: Voici l'homme aux songes qui nous arrive. Maintenant tuons-le et le jetons dans une des citernes de ce désert, et nous dirons à notre père qu'une bête féroce l'a dévoré. Mais Ruben leur dit: Ne faites pas cela, comment pourrions-nous soutenir le regard de notre père? Jetez-le plutôt dans cette citerne pour qu'il y meure; mais ne portez pas la main sur lui pour répandre son sang. Or, Ruben donnait ce conseil afin de le sauver de leur violence, et de le ramener à son père. Quand Joseph fut arrivé près d'eux, ils le saisirent et le jetèrent par terre, et le dépouillèrent de sa belle tunique. Ils le soulevèrent ensuite et le précipitèrent au fond d'une citerne. Or, cette citerne n'avait pas d'eau, mais elle renfermait des serpents et des scorpions (1313). Joseph eut peur de ces bêtes venimeuses et jetait les hauts cris; mais Jéhova les fit entrer dans leurs trous, et elles ne lui firent pas de mal. Et du fond de la citerne Joseph criait à ses frères: Que vous ai-je fait? En quoi suis-je coupable envers vous? Comment ne craignez-vous pas Jéhova? Ne suis-je pas des mêmes os et de la même chair que vous, puisque votre père est aussi le mien? En me traitant ainsi comment pourrez-vous jamais lever les yeux devant notre père? Ruben, Siméon, Lévi, mes frères, tirez-moi de la fosse ténébreuse où vous m'avez descendu, et vous ne craindrez pas de paraître devant Jéhova et devant mon père. S'il m'est arrivé de vous offenser, n'est-il pas vrai que vous êtes de ces enfants d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, qui prennent pitié de l'orphelin, donnent à manger à celui qui souffre de la faim, de l'eau à celui que tourmente la soif, des vêtements à celui qui est nu? Et vous n'auriez pas pitié de votre propre frère! Si j'ai péché contre vous, pardonnez-moi pour l'amour de notre père. Et il continuait à les implorer par d'autres supplications semblables. Mais ses frères, importunés de ses cris inutiles, s'éloignèrent à la distance d'un trait d'arc, afin de ne pas l'entendre. Et ils s'assirent pour prendre leur repas. En mangeant, ils agitaient encore entre eux la question s'ils devaient le laisser mourir ou le ramener à son père. Et voici qu'ils aperçurent dans le lointain, sur le chemin de Galaad, une caravane d'Ismaélites qui se rendaient en Égypte. Alors Juda dit: Que nous reviendra-t-il de laisser mourir notre frère? Dieu pourrait nous en demander compte. Voici mon avis: vendons-le à ces Ismaélites, qui l'emmèneront en Égypte. Là il se perdra parmi les habitants du pays, et l'on ne saura plus rien de lui. Et les frères se décidèrent pour ce parti. Mais pendant leur délibération, et avant l'approche des Ismaélites, il vint à passer devant eux sept marchands madianites qui manquaient d'eau. Et apercevant la citerne de Joseph, au-dessus de laquelle voltigeaient plusieurs espèces d'oiseaux, ils y coururent dans l'espérance de pouvoir étancher leur soif. Et ils y entendirent la voix de Joseph, qui pleurait et appelait à son secours. Ils regardèrent au fond, et ils remarquèrent qu'il y avait un jeune garçon bien fait et beau de visage. Et tous réunirent leurs efforts et l'en retirèrent; et reprenant ensuite leur chemin, ils repassèrent devant les fils de Jacob (1314). Ceux-ci, voyant leur frère au milieu d'eux, dirent: Que faites-vous là, de prendre notre esclave et de l'emmener? C'est nous qui l'avons mis dans la citerne, parce qu'il a été rebelle; rendez-nous à l'instant notre esclave. Les Madianites répondirent: Celui-ci votre esclave? C'est vous plutôt qui êtes ses esclaves; car il est mieux formé, plus beau de visage et d'un aspect plus noble que vous tous. Certainement vous nous en imposez: nous ne vous écouterons donc point. C'est nous qui avons trouvé ce jeune garçon dans une citerne du désert, et nous le garderons. Les fils de Jacob s'approchèrent d'eux avec vivacité, et leur dirent: Rendez-nous sur-le-champ notre esclave, sinon vous mourrez tous par le tranchant de notre épée. Les Madianites, à leur tour, élevèrent la voix, et de part et d'autre on tira l'épée. Alors Siméon fit un saut de sa place, et, tenant son épée levée, s'avança vers les Madianites, et il poussa un cri qui retentit au loin et ébranla la terre. La vue terrible de Siméon, et la commotion produite par la force de sa voix, firent tomber sur leur face les Madianites, saisis de terreur. Siméon leur dit d'un accent de colère: Ne suis-je pas Siméon, fils de Jacob l'Hébreu, qui seul ai ruiné la ville de Sichem, et les autres villes des Amorrhéens avec l'assistance de mes frères? Ainsi me traite Dieu, et même davantage (1315), si vous étiez accompagnés de tous les hommes de Madian et de tous les rois de Chanaan, vous ne seriez pas assez forts contre moi. Hâtez-vous de me rendre ce jeune garçon, de peur que je ne livre votre chair en pâture aux oiseaux du ciel et aux bêtes des champs. Les Madianites, tout tremblants, adressèrent alors aux fils de Jacob des paroles douces, et dirent: Vous avez dit que ce garçon, votre esclave, a été rebelle, et que c'est à cause de cela que vous l'avez enfermé dans une citerne. Que ferez-vous d'un esclave qui n'est pas disposé à obéir? Défaites-vous-en. Nous vous le payerons tel prix que vous fixerez. Ils avaient un grand désir de l'acheter, à cause de son extrême beauté. Les fils de Jacob agréèrent la proposition des Madianites, et leur vendirent Joseph moyennant vingt pièces d'argent (1316). Et Ruben, leur frère, n'était pas présent. Or, il plut à Jéhova de disposer ainsi les choses, afin que les fils de Jacob ne fissent pas mourir leur frère.

En faisant route, les Madianites commencèrent à se repentir d'avoir acheté ce garçon. Qu'avons-nous fait? se dirent-ils entre eux. Cet enfant si beau et de si élégante stature a été volé peut-être au pays des Hébreux. Ces hommes, dont l'un a fait aujourd'hui preuve d'une force prodigieuse, l'auront enlevé avec violence du milieu des siens: c'est pourquoi ils nous l'ont cédé à vil prix. Si sa famille, en le cherchant par tous pays, le trouve entre nos mains, nous sommes tous perdus. Pendant qu'ils s'entretenaient ainsi, voici que la caravane d'Ismaélites, que les fils de Jacob avaient vue d'abord, arrivait près d'eux, et ils dirent: Vendons le garçon à ceux-ci, même pour le peu d'argent que nous en avons donné, afin de nous garantir du malheur qu'il pourrait attirer sur nos têtes. Et en effet, ils le vendirent aux Ismaélites pour le prix des vingt pièces d'argent qu'ils en avaient donné eux-mêmes. Les Madianites continuèrent à marcher vers Galaad, et les Ismaélites, après avoir placé Joseph sur un chameau, tinrent la route d'Égypte.

Quand Joseph sut qu'on le conduisait en Égypte, si loin de Chanaan et de son père, il se mit à jeter des cris déchirants et à pleurer amèrement. Alors un homme le fit marcher à pied; mais il n'en continuait pas moins à pleurer et à se lamenter, répétant sans cesse: Ô mon père! ô mon père! Et un Ismaélite se fâcha contre lui et le frappa sur la joue; et Joseph en pleura davantage. Et le chagrin l'affaiblit tellement, qu'il ne marchait qu'avec peine. Mais tous ces hommes qui le conduisaient le battaient, le tourmentaient et l'effrayaient, pour l'obliger à se taire. Et Jéhova, voyant les souffrances de Joseph, enveloppa la caravane de ténèbres et d'une terreur vague, et toute main qui le frappait se séchait aussitôt. Et les Ismaélites disaient chacun à son prochain: Quelle est cette chose que Dieu nous fait dans notre voyage? Car il ne leur venait pas à la pensée que ce pouvait être à cause de leur esclave.

Et ils vinrent à passer sur la route d'Éphrata, auprès du lieu où Rachel était enterrée. Joseph, reconnaissant le monument que son père y avait laissé, courut se jeter sur le tombeau de sa mère, et l'inonda de ses larmes. Et il s'écria dans son amertume. Ô ma mère! ô ma mère! ô toi qui m'as donné le jour! éveille-toi et lève-toi, et regarde comme ton fils a été réduit en esclavage, et nul n'a pitié de moi. Lève-toi et regarde l'état misérable de ton enfant, et pleure avec moi sur mon malheur. Éveille-toi, ma mère; secoue ton sommeil, et prends ma défense contre mes frères, dont la cruauté m'a arraché à la tendresse de mon vieux père, le seul appui qui me restait. Éveille-toi et plaide ma cause devant Dieu. Éveille-toi, ma mère; secoue ton sommeil, et regarde la désolation de l'âme de mon père, qui te chérissait, qui s'était soumis pour toi à une dure et longue servitude. Console-le, je t'en supplie, et par ta voix, qu'il aime, adoucis l'amertume qui accable ses vieux jours. Et il répandit sur le tombeau de sa mère une abondance d'autres exclamations douloureuses. Après cela, vaincu par la désolation de son âme, il s'affaissa sur le tombeau, et y demeura immobile comme une pierre. Et voici qu'une voix plaintive, sortant de dessous terre, fit entendre ces paroles: Mon fils! mon fils! Joseph, mon enfant! j'ai entendu la voix de tes pleurs, tes cris désespérés et tes plaintes. Je sais tout ce que tu souffres, mon fils, et ma tristesse est profonde comme le fond de la mer. Mais espère en Jéhova, ô mon fils. Joseph; mon enfant, aie toute confiance en lui, et ne crains pas; car Jéhova est avec toi, et il te protégera dans toutes les peines au-devant desquelles tu portes tes pas. Lève-toi, mon fils, va en Égypte avec tes maîtres, et sois tranquille; car Dieu t'accompagne. Et la voix se tut.

Or, un des Ismaélites vit que Joseph s'était arrêté sur un tombeau, où il pleurait, et il se mit en colère contre lui, et l'en chassa en le frappant rudement et le maudissant. Joseph dit à ces hommes: Que je trouve grâce à vos yeux, pour que vous me rameniez à la maison de mon père, qui vous comblera de richesses. Ils lui répondirent avec mépris: N'es-tu pas un vil esclave? Où serait ton père? Si tu en avais un d'aussi riche que tu dis, tu n'aurais pas été vendu à si bon marché, comme tu l'as été déjà deux fois. Et s'emportant contre lui pour avoir voulu les tromper, ils le frappèrent et le châtièrent avec plus de dureté. Et Joseph fondait en larmes. Alors Jéhova, voyant les cruels traitements que Joseph subissait, frappa et châtia ces hommes de plus en plus fort. Tout autour d'eux des éclairs brillaient, des coups horribles de tonnerre éclataient, et leur fracas ébranlait la terre; un vent impétueux bouleversait la caravane. Les hommes ne connaissaient plus leur chemin. Les chameaux et les autres bêtes devinrent rétifs, et quand on les battait ils se couchaient par terre. Alors les hommes se demandèrent entre eux: Quelle est cette chose que Dieu nous fait en ce jour? Et l'un d'eux dit: Hélas! c'est la punition des mauvais traitements de cet esclave, n'en doutez pas. Maintenant priez-le, suppliez-le de nous pardonner; et nous saurons à cause de qui ce mal nous arrive. Et ces hommes, prenant un ton suppliant, demandèrent pardon à Joseph, et dirent: Nous avons péché contre Dieu et contre toi. Sois-nous propice, et prie ton Dieu d'éloigner de nous cette mort; car nous confessons notre péché. Et Joseph fit selon leur demande; et Jéhova, l'exauçant, délivra les Ismaélites du désastre dont il les avait frappés. L'orage cessa, la terre demeura sans tremblement, la tempête se calma, les bêtes se levèrent, et la caravane reprit sa marche.

Or, les Ismaélites dirent: Nous savons maintenant que tout ce mal nous est arrivé à cause de ce pauvre esclave. Qu'avons-nous besoin d'exposer de nouveau nos personnes à des calamités pareilles? Avisons à ce que nous ferons de ce jeune garçon. Un d'eux dit: Ne nous a-t-il pas priés de le ramener à son père? Retournons sur nos pas jusqu'au lieu qu'il nous indiquera, et nous recevrons le prix que nous en avons donné, et nous nous en irons en paix. Un autre dit: Voilà que ce conseil est excellent; mais le chemin serait trop long et nous détournerait du but de notre voyage. Un troisième dit: Voici le parti auquel nous devons nous arrêter. Nous arriverons bientôt en Égypte, et nous l'y vendrons. Nous en retirerons un prix considérable, en même temps que nous nous délivrerons du danger de toute infortune ultérieure. Et cet avis fut adopté.


Repentir des frères de Joseph. — Douleur de Jacob et de Ruben.

Après que les fils de Jacob eurent vendu Joseph, leur cœur fut agité, et ils se repentirent de ce qu'ils avaient fait. Ils auraient couru après lui pour le racheter à tout prix et le ramener; mais il n'était plus temps. Ruben, de son côté, retourna seul à la citerne pour en retirer son frère, et le rendre à Jacob. Il se tint au bord, et n'entendit aucun mouvement au fond. Il appela: Joseph! Joseph! et aucune voix ne lui répondit. Alors il se dit: Sûrement, il est mort de frayeur, ou bien un serpent l'a tué. Il descendit dans la citerne et ne l'y trouva point. Il remonta, et dans son affliction il déchira son vêtement. Car il disait: Cet enfant est perdu. Que répondrai-je à mon père, s'il est mort? Il se rendit auprès de ses frères, qu'il trouva plongés dans la tristesse et embarrassés de paraître devant leur père. Ruben leur cria: Joseph n'est plus dans la citerne. Qu'en avez-vous fait? Répondez; car c'est à moi, l'aîné, que notre père le redemandera. Ses frères lui répondirent: Nous avons fait ceci et cela; mais bientôt après notre cœur a été déchiré d'un profond repentir. Nous sommes réunis en ce lieu pour imaginer une excuse à donner à notre père. Ruben leur dit: Vous avez commis une action détestable, qui fera descendre tristement dans la tombe les cheveux blancs de notre père. Ruben s'assit ensuite au milieu de ses frères, et ils s'engagèrent tous ensemble par serment à ne pas découvrir la chose à leur père. Ils dirent en outre: Quiconque donnera connaissance du fait, soit à notre père, soit à quelqu'un de sa maison, soit à qui que ce soit du pays, nous nous réunirons tous contre lui, et nous le tuerons avec le tranchant de nos glaives. Par suite de ce serment, les fils de Jacob avaient peur l'un de l'autre, depuis le plus grand jusqu'au plus petit, et tous ensevelirent le secret au fond de leur cœur.

Et les fils de Jacob ayant accueilli le moyen proposé par Issachar, se hâtèrent d'égorger un chevreau, et ils mirent en lambeaux la tunique de Joseph, et la trempèrent dans le sang, puis la traînèrent dans la poussière. Ils chargèrent ensuite Nephthali de la porter dans cet état à leur père, et de lui dire: Nous ramenions le bétail d'au-delà de Sichem, lorsque nous trouvâmes sous nos pas, dans le désert, cette tunique souillée de sang et de poussière. Regarde si ce n'est pas celle de ton fils. Dès que Jacob aperçut cette tunique, il la reconnut et il tomba la face contre terre sans mouvement. Quelques heures après il se releva et poussa un cri douloureux, disant: C'est la tunique de mon fils Joseph! Et il pleura. Il envoya promptement vers ses fils un serviteur qui les rencontra en chemin, car ils revenaient avec les brebis. Ils arrivèrent le soir à la maison, ayant, en signe de deuil, les vêtements déchirés et la tête couverte de terre et de poussière. Ils trouvèrent leur père pleurant et exhalant sa douleur en plaintes et en gémissements. Jacob leur dit: Quelle est cette infortune dont vous m'avez accablé en ce jour? Avouez-moi tout, et ne me celez rien. Et ils lui racontèrent en détail comment ils avaient trouvé la tunique sur le chemin de Sichem, et qu'ils la lui envoyèrent sans retard, afin de savoir s'il la reconnaissait pour être celle de leur frère Joseph. Et Jacob s'écria d'une voix désespérée: C'est vraiment la tunique de mon fils. Une bête féroce l'a déchiré et dévoré. Je l'ai envoyé aujourd'hui pour s'assurer de votre salut et de celui des brebis, et revenir m'en instruire. Il est parti pour exécuter mes ordres. Et cela lui est arrivé tandis que je le croyais au milieu de vous. Ses fils lui répondirent: Il n'est pas venu jusqu'à nous; et nous ne l'avons plus revu depuis que nous sommes sortis d'auprès de toi. Quand Jacob eut entendu ces paroles, sa douleur et ses pleurs redoublèrent. Et il se leva déchira ses vêtements, et couvrit ses reins d'un cilice. Joseph, mon fils! Mon fils Joseph! répétait-il en pleurant; c'est moi qui ai causé ta mort si cruelle, en t'envoyant seul vers tes frères. Comme je souffre de ta perte, Joseph mon fils, comme j'en souffre! Que ta vie m'était douce, que ta mort m'est amère! Plût à Dieu que j'eusse péri à ta place! Reviens, reviens ici, et sois témoin de mon affliction. Viens, de grâce, et compte les larmes qui coulent des yeux de ton père, et présente-les dans le ciel devant la face de Jéhova, afin qu'il retire son courroux de dessus nous. Mais pourquoi as-tu péri par une mort qui ne doit pas être celle d'un enfant d'Adam? Tu es tombé sous les coups d'un ennemi aussi cruel qu'indigne. Mais c'est Dieu qui m'a donné cet enfant chéri, et c'est lui qui me l'enlève; tout ce que Dieu fait est bien. C'est sous le poids de la multitude de mes péchés que mon fils a succombé. Et il sanglotait, et il tomba par terre, et ne pouvait plus proférer une parole. Les fils de Jacob en voyant l'accablement de leur père, regrettèrent encore plus ce qu'ils avaient fait et ils pleurèrent abondamment. Et Juda souleva de terre la tête de son père et la posa sur ses genoux, et il essuya les larmes qui couvraient ses joues; et il pleura en tenant sur ses genoux la tête de son père qui demeurait immobile. Les autres fils de Jacob aussi se désolaient et jetaient des cris en voyant leur père en cet état étendu sur le sol.

Or, tous les enfants de Jacob, tous ses serviteurs et les enfants de ses serviteurs, l'entourèrent pour le consoler, mais il ne voulait recevoir aucune consolation. Alors toute la maison de Jacob fit un grand deuil à cause de la mort de Joseph et de l'affliction de son père. Quand Isaac apprit l'accident il pleura beaucoup ainsi que toute sa maison. Et il partit avec tous ses gens de la ville d'Hébron, où il demeurait, et vint trouver son fils Jacob pour le consoler et calmer son cœur; mais Jacob ne voulait pas se laisser consoler.

Après un certain temps Jacob se leva de terre (1317), mais ses pleurs inondaient encore sa face, et il dit à ses fils: Levez-vous, prenez vos arcs et vos épées et sortez aux champs. Vous trouverez peut-être des restes du corps de mon fils. En ce cas, vous me les apporterez, et je les enterrerai avec honneur. Allez à la recherche des bêtes sauvages, et amenez-moi vive la première que vous rencontrerez. Peut-être Jéhova aura-t-il pitié de mon affliction et vous amènera celle qui a dévoré mon fils, et je me vengerai sur elle. Les fils de Jacob entrèrent dans le désert vers un lieu fréquenté par les bêtes, et voici venir à eux une louve, et ils la prirent et revinrent avec elle, et dirent à leur père: Celle-ci est la première bête que nous avons rencontrée; quant au corps de ton fils, nous n'en avons rien découvert. Et Jacob saisissant la bête lui cria d'une voix forte, en pleurant et ayant le cœur ulcéré: Pourquoi as-tu dévoré mon fils Joseph sans crainte du Dieu de la terre, et sans égard pour la peine que je devais en éprouver? Tu n'avais pas de raison pour tuer mon fils, qui ne t'avait jamais fait de mal, ni à aucun des tiens. Voilà pourquoi Dieu va venger par ma main l'innocent opprimé. Mais Jéhova, pour la consolation de Jacob, ouvrit la bouche de la bête, et elle lui répondit en ces termes: Vive Dieu qui m'a créée sur la terre, et vive ton âme, mon seigneur, je n'ai pas vu ton fils, et je ne me suis pas assouvie de ses membres. Par le Dieu qui nous a tous créés, jamais de ma vie je n'ai goûté de chair humaine. Je viens moi-même d'un pays éloigné, et depuis dix jours je cherche dans ce pays mon louveteau, qui a disparu d'auprès de moi, et je ne l'ai plus revu. J'ignore s'il est mort ou vif. Nous souffrons tous deux d'une même infortune; et tes fils en me capturant ont ajouté un nouveau malheur à mon malheur déjà si grand. Maintenant, homme, me voici en ta puissance, tu peux me traiter selon ce qu'il te plaît; mais retiens les paroles que Dieu m'a prêtées dans cette occurrence. Jacob, émerveillé de ce prodige, rendit la liberté à la louve, et elle s'en alla. Et Jacob continuait pendant de longs jours à pleurer son fils et à en être en deuil.


Joseph en Égypte.

Les Ismaélites maîtres de Joseph étaient arrivés à la frontière du pays d'Égypte, et ils allaient la franchir, lorsqu'ils rencontrèrent quatre hommes des enfants de Madian fils d'Abraham, qui sortaient de l'Égypte. Et les Ismaélites leur dirent: Voulez-vous acheter cet esclave? Les Madianites demandèrent à l'examiner, et ils virent que c'était un jeune garçon, beau, admirablement formé, et ils l'achetèrent moyennant cinq sicles. Les Ismaélites entrèrent en Égypte, et les Madianites y rentrèrent également le même jour. Et les Madianites se dirent mutuellement: Nous avons entendu que Putiphar, eunuque (1318) de Pharaon, chef de la garde du corps du roi, cherche un esclave de bonne mine pour le charger de la conduite de toute sa maison, allons lui proposer celui-ci. Lorsqu'ils furent arrivés en la présence de Putiphar, ils lui dirent: Nous avons un esclave tel que tu en cherches un; si tu consens à nous en donner le prix que nous désirons, nous te le vendons. Putiphar répondit: Amenez-le-moi, que je le voie. S'il me convient, je vous le payerai le prix que vous demanderez. Lorsqu'il le vit il lui plut extrêmement. Putiphar leur dit alors: Combien exigez-vous pour ce jeune garçon? Ils répondirent: Quatre cents pièces d'argent. Et Putiphar consentit à leur donner les quatre cents pièces. Mais, ajouta-t-il, il faut que vous m'ameniez, auparavant celui de qui vous le tenez. Je crains que cet enfant n'ait été volé: car il a l'air de n'être ni esclave, ni fils d'esclave. Je remarque en lui un sang pur et beau. Alors les Madianites allèrent et revinrent avec les Ismaélites qui le lui avaient vendu. Et ceux-ci dirent: C'est réellement un esclave que nous avons vendu à ces hommes. Putiphar donc compta l'argent aux Ismaélites, pour le remettre aux Madianites qui le reçurent de leur main et partirent pour leur pays. Les Ismaélites s'en retournèrent également chez eux (1319).

Et Putiphar conduisit Joseph à sa maison et l'y installa pour commencer son service. Et Joseph trouva grâce aux yeux de Putiphar, qui lui donna sa confiance et lui remit la gestion de sa maison et de tout ce qu'il possédait: en sorte que Joseph était le gérant supérieur de son maître, et que rien ne se faisait que par ses ordres. Et Jéhova était avec Joseph et faisait prospérer toutes les œuvres de sa main. Et Jéhova bénit la maison de Putiphar à cause de Joseph. Joseph, alors âgé de dix-huit ans, était un jeune homme d'une éclatante beauté, et d'une belle taille, au point que l'on ne trouvait pas son pareil dans toute l'Égypte.

En ce temps-là, pendant que Joseph allait et venait dans la maison pour son service, Zalicha, femme de son maître (1320), le regardait et voyait combien il était beau, et conçut en son cœur le désir de le posséder; car son âme s'était fortement attachée au jeune homme. Et elle le tentait tous les jours par des paroles et des actes pour le séduire et l'induire au mal; mais Joseph ne tournait pas les yeux vers la femme de son maître. Quand Zalicha lui disait: Que ta personne est charmante! Parmi tous les serviteurs il n'y en a pas un qui puisse t'être comparé pour les grâces du corps; quand elle disait de ces choses, Joseph répondait: Celui qui m'a formé n'est-il pas le créateur de tous les hommes? et on ne l'offense pas impunément en abusant de ses dons. Quand elle lui disait: Que ta voix est douce et délectable! Prends, je te prie, la harpe qui est dans la maison, et joues-en avec tes belles mains, et fais-moi entendre ta voix enchanteresse, Joseph répondait: Ma voix ne doit se faire entendre qu'en l'honneur de mon Dieu, et pour célébrer ses louanges. Elle lui dit encore: Comme ta chevelure est belle! Prends ce peigne d'or pour l'accommoder. Joseph témoigna enfin son impatience, et lui dit: Jusqu'à quand m'importuneras-tu de tes criminelles sollicitations? Va, occupe-toi des soins de ton ménage. Et elle répondit: Je n'ai soin et souci que de toi.

C'est ainsi que Zalicha brûlait d'attirer Joseph dans sa couche. Quand il s'acquittait dans la maison des devoirs de sa charge, elle s'asseyait devant lui, le pressait sans cesse pour le porter à satisfaire sa passion, au moins à la regarder. Mais il ne lui prêtait point attention. Elle lui dit un autre jour: Si tu refuses de me complaire je te ferai subir le sort des criminels, et je te soumettrai à un joug de fer. Joseph lui répondit: Dieu, qui a créé l'homme, affranchit les captifs et délivre les opprimés. Mon maître m'a confié les affaires de sa maison, où nul ne m'est égal en autorité. Il a mis en mon pouvoir tout ce qu'il possède et toutes les personnes de sa dépendance. Il ne s'est réservé que toi, parce que tu es son épouse. Comment pourrais-je faire cette chose sans pécher contre mon maître et contre mon Dieu? Malgré cela Zalicha ne renonçait pas à ses mauvais desseins, et elle continuait à solliciter Joseph journellement.

Et minée par son ardeur, Zalicha tomba gravement malade. Et toutes les femmes des grands de l'Égypte vinrent la visiter, et lui demandèrent: Pourquoi as-tu si mauvaise mine, toi qui ne manques d'aucun bien? N'es-tu pas l'épouse d'un seigneur élevé en dignité et puissant auprès du roi? N'est-il pas vrai que ton époux est attentif à prévenir tous tes désirs? Elle leur répondit: Vous connaîtrez aujourd'hui même la cause de mon malaise. Elle ordonna à ses suivantes de servir un goûter à ces femmes, et elle leur fit donner des couteaux bien affilés pour peler les oranges (1321). Pendant quelles mangeaient, Zalicha fit paraître dans la salle du festin Joseph paré d'un vêtement magnifique. Dès que les femmes aperçurent Joseph elles ne purent plus détacher leurs yeux de dessus lui. Et toutes se coupaient profondément les mains, et les oranges qu'elles tenaient se couvraient de sang, et elles ne s'en apercevaient pas; car elles étaient absorbées dans la contemplation du bel esclave. Zalicha leur dit alors: Que faites-vous là? Au lieu de couper vos oranges vous coupez vos mains. Et les femmes regardèrent, et voici que le sang coulait en abondance de leurs mains, et souillaient leurs vêtements. Les femmes répondirent: C'est ton esclave qui a causé cet accident, en captivant nos regards que nous tenions fixés uniquement sur sa beauté. Zalicha dit alors: Vous ne l'avez devant vous qu'un peu de temps, et voilà que vous en êtes éprises. Comment voulez-vous que moi qui l'ai constamment dans ma maison, et qui le vois à toute heure, je ne meure pas de langueur? Les femmes lui dirent: Il est ton esclave et assujetti à ton obéissance: que ne lui commandes-tu selon le désir de ton cœur au lieu de te laisser aller à la mort? Elle leur répondit: Je lui fais tous les jours la menace de le tuer, et il n'en est pas ébranlé. Je lui promets toutes sortes de liens, et il n'en est pas ému. C'est ce qui me met dans l'état où vous me voyez. Et la langueur de Zalicha, causée par son amour pour Joseph, allait toujours en empirant; mais les gens de sa maison ignoraient la cause de sa maladie.

Quelque temps après, il arriva que le Nil déborda. Or, le débordement du Nil, en Égypte, est fêté par des réjouissances, au son des instruments de musique, en présence du roi et des grands du pays. Et toute la maison de Putiphar alla assister à la fête. Mais Zalicha ne sortit point de chez elle. Elle disait: Je suis trop malade. Demeurée toute seule, elle entra dans son appartement et se para de vêtements royaux, et orna sa tête des pierres les plus précieuses, montées en or et en argent, et elle embellit son visage et sa chair avec toutes sortes de fards, selon l'usage des femmes égyptiennes, et elle remplit son appartement et toute la maison de l'odeur des plus fins parfums. Elle se plaça ensuite devant l'entrée de son appartement, à l'endroit où Joseph était obligé de passer pour ses occupations. Joseph, revenu des champs, rentra dans la maison pour y faire l'ouvrage prescrit par son maître; mais, apercevant Zalicha et tout ce qu'elle avait disposé, il rétrograda. Zalicha cria après lui: Qu'as-tu, Joseph, pour ainsi retourner en arrière? Voici que je me range pour te laisser passer. Et Joseph alla au lieu de son service. Et voici que Zalicha vint se placer en face de lui, dans ses atours, et parfumée d'odeurs enivrantes. Et d'une main elle saisit à l'improviste Joseph par sa tunique, et de l'autre main elle tira de dessous ses vêtements un couteau meurtrier qu'elle approcha de la gorge de Joseph, et lui cria: Vite, satisfais-moi, ou tu es mort. Joseph, effrayé, s'enfuit; mais Zalicha retenait avec tant de force sa robe, qu'elle se déchira et resta dans sa main. Et Zalicha, tremblant pour elle-même si la chose venait à être connue, usa de ruse. Elle reprit ses vêtements ordinaires et retourna au lit de sa maladie, où elle déposa à côté d'elle la robe de Joseph. Lorsqu'elle entendit rentrer les gens de la maison, elle commença à pousser de grands cris, et tous accoururent à la voix d'un petit garçon, qui les avertit. Zalicha leur dit, en pleurant bruyamment: Voyez ce que m'a fait votre maître en introduisant dans la maison cet homme hébreu, qui a tenté d'entrer dans mon lit malgré moi. À peine étiez-vous sortis qu'il est revenu au logis; et, après s'être assuré qu'il se trouvait seul avec moi, il s'est jeté sur moi, et a voulu me faire violence. Mais comme je le retenais par ses habits et appelais au secours, la peur lui a pris, et il s'est sauvé hors d'ici. Et voici sa robe qui est restée dans ma main. Les gens de la maison ne dirent rien; mais, indignés de l'action de Joseph, ils allèrent instruire Putiphar de tout ce que son épouse leur avait appris. Et Putiphar courut à la maison, transporté de colère. Il entendit sa femme l'accabler de reproches. Quelle n'est pas ton imprudence, et ton insouciance à l'égard de mon honneur, d'avoir placé auprès de moi ce jeune et audacieux esclave hébreu, qui n'a pas craint d'entreprendre d'abuser de moi! Et par l'ordre de Putiphar on frappa cruellement Joseph, qui poussait de grands cris de douleur. Il levait les regards au ciel, et disait: Jéhova, mon Dieu, tu sais que je suis innocent de ce dont on m'accuse. Ne permets pas que j'expire sous les coups de ces méchants incirconcis, pour une fausse imputation.

Pendant que l'on châtiait ainsi Joseph, Jéhova délia la langue à un enfant de onze mois, et il dit à ceux qui ne cessaient de frapper: Qu'avez-vous contre cet homme pour le maltraiter de la sorte? Tout ce que dit ma mère est faux et controuvé. La chose s'est passée en réalité comme ceci et comme cela. Et l'enfant raconta toutes les sollicitations et les tentatives de Zalicha jour par jour. Quand l'enfant eut fini de proférer la vérité, il redevint privé de la parole comme auparavant. Tous furent en admiration de ce prodige; et Putiphar, confus de la révélation de son fils, ordonna que les coups cessassent. Il fit ensuite traduire Joseph devant le tribunal des prêtres, qui lui demandèrent: Pourquoi as-tu fait cette chose à ton maître? Joseph répondit: Non, mes seigneurs, je n'ai point fait de mal; mais la chose s'est passée comme ceci et comme cela. Il se tourna ensuite vers Putiphar, et lui dit: Mon maître, par la vie de Jéhova et par la vie de ton âme, tu n'as pas entendu la vérité de la bouche de ton épouse. Voici une année entière que tu as mis en mon pouvoir toute ta maison et tout ce que tu possèdes. As-tu reconnu dans mon service une seule faute digne de répréhension? Les prêtres dirent à Putiphar: Fais-nous apporter la robe de Joseph, afin que nous l'examinions. Si elle est déchirée par-devant, ta femme l'attirait sur son lit; si elle est déchirée par derrière, elle l'écartait de sa personne. Quand on eut apporté la robe, qui était déchirée par-devant, les juges prononcèrent d'une voix unanime: Cet esclave n'a rien fait qui mérite la mort. Ta femme est une fourbe; car c'est elle qui a eu recours à la violence (1322). Toutefois, pour sauver ton honneur, il serait expédient de le condamner à la prison. Et Putiphar le fit enfermer dans la prison où l'on détenait les officiers du roi, et il y resta enfermé douze ans.

Mais Zalicha n'avait pas encore renoncé à Joseph; et au bout de trois mois elle allait le trouver chaque jour, et s'efforçait de le persuader. Jusqu'à quand, disait-elle, veux-tu rester dans cette prison? Obéis-moi, et je t'en tirerai. Joseph répondait: Il vaut mieux ne pas t'obéir que de devenir rebelle à Dieu. Et comme elle voyait qu'elle ne réussissait point, elle lui dit à la fin: Je te ferai arracher les yeux, je te ferai charger de chaînes, et je te livrerai au pouvoir d'hommes que tu n'as connus ni hier ni avant-hier. Joseph répondit: Le Dieu de toute la terre est assez fort pour me délivrer de tout le mal que tu me veux faire. Car il peut rendre la vue aux aveugles, élargir les prisonniers, protéger les étrangers dans les pays inconnus. Et Zalicha cessa de visiter Joseph.


Enfants des frères de Joseph.

L'année même de la translation de Joseph en Égypte, Ruben alla à Thamnatha, et il y épousa Élioram, fille d'Havi, Chananéenne; et elle lui enfanta Hénoch, Pallu, Hesron et Charmi. Siméon, son frère, prit pour femme Dina, sa sœur; et elle lui enfanta Namuel (1323), Jamin, Ahod, Jachin et Sohar. Ensuite il s'approcha de Buna, la Chananéenne qu'il avait emmenée captive de la ville de Sichem (1324), et elle lui enfanta Saül. Buna était affectée au service de Dina. Vers le même temps, Juda alla trouver à Odollam un homme qui s'appelait Hiras. Il y vit la fille d'un Chananéen nommée Habith, fille de Sué, et il l'épousa et s'approcha d'elle; et elle lui enfanta Her, Onan et Séla. Lévi et Issachar allèrent au pays d'Orient, et ils épousèrent les deux filles de Jobab, fils de Jectan, fils d'Héber (1325). L'aînée, nommée Adina, devint la femme de Lévi; et Arida, la cadette, devint la femme d'Issachar. Et ils revinrent avec leurs femmes au pays de Chanaan, à la maison de leur père. Adina enfanta à son mari: Gerson, Caath et Mérari. Arida enfanta à son mari: Thola, Phua, Job et Semron. Dan alla au pays de Moab, et prit pour femme Aphlalath, fille d'Amudan, Moabite, et l'amena au pays de Chanaan. Or, Aphlalath était stérile; mais Dieu la visita dans la suite, et lui donna un fils qu'elle nomma Husim. Gad et Nephthali allèrent jusqu'à Haran, et y épousèrent les deux filles d'Émoram, fils de Hus, fils de Nachor. Nephthali prit Mérimath, l'aînée, et Gad prit Usith, la cadette; et ils les amenèrent au pays de Chanaan, à la maison de leur père. Mérimath enfanta Jasiël, Guni, Jézer et Sallem. Usith enfanta Sephion, Haggi, Suni, Ésébon, Éri, Arodi et Aréli. Aser alla et épousa Édon, fille d'Aphlal, fils d'Hadar, fils d'Ismaël; et il l'amena au pays de Chanaan. Édon étant morte sans enfants, Aser passa le fleuve et prit pour femme Hadora, fille d'Abimaël, fils d'Héber, fils de Sem. Cette jeune femme était belle et douée de beaucoup d'esprit. Elle avait eu pour mari Melchiel, fils de Sem, et elle lui avait enfanté une fille nommée Sara (1326). Melchiel étant mort, Hadora revint à la maison de son père: c'est là qu'Aser l'épousa. Et il l'amena au pays de Chanaan avec sa fille Sara, âgée de trois ans, qui fut élevée dans la maison de Jacob. Et Sara marchait dans les voies saintes des enfants de Jacob, et n'en déviait en aucune manière. C'est pourquoi Jéhova la gratifia de sagesse et d'intelligence. Hadora conçut et enfanta Jamné, Jésua, Jessui et Béria. Zabulon alla en Madian et y prit pour femme Marusa, fille de Molad, fils d'Abida, fils de Madian, et l'amena au pays de Chanaan. Elle enfanta Sared, Élon et Jahélel. Jacob envoya demander à Aram, fils de Soba, fils de Tharé, Mahalia, sa fille, pour la faire épouser à Benjamin, son fils, âgé de dix ans. Et Mahalia vint à la maison de Jacob, et elle devint la femme de Benjamin. Elle conçut et enfanta Béla, Béchor, Asbel, Géra et Naaman. Benjamin alla ensuite, à l'âge de dix-huit ans, et épousa Harbath, fille de Zamran, fils d'Abraham (1327), en outre de sa première femme. Et Harbath enfanta Éhi, Ros, Mophim, Ophim et Ared.


Juda, ses fils et sa bru.

En ces jours-là, Juda alla à la maison de Sem, et prit pour Her, son fils aîné, Thamar, fille d'Élam, fils de Sem. Mais Her, en approchant de sa femme, répandait ailleurs, afin de ne pas la féconder. Et Jéhova abhorra tellement cette action qu'il le fit mourir. Après la mort de son premier-né, Juda dit à Onan: Accomplis envers ta belle-sœur le devoir du lévirat (1328), afin de susciter de la postérité à ton frère. Onan prit donc Thamar pour femme. Mais comme il imitait l'abomination de son frère, Jéhova le prit en horreur et le fit aussi mourir. Alors Juda dit à Thamar: Va demeurer dans la maison de ton père jusqu'à ce que mon fils Séla soit devenu grand. À la vérité, Juda n'avait pas intention de le lui donner pour époux, craignant qu'il ne mourût comme ses frères aînés. Thamar retourna donc à la maison de son père, et y demeura longtemps. Après la révolution de quelques années, Halith vint à mourir. Et quand Juda fut consolé de la mort de sa femme, il alla avec Hiras, son ami, à Thamnatha, pour y assister à la tonte de leurs brebis. Thamar, instruite de l'arrivée de Juda dans son pays, et voyant qu'on ne la voulait pas marier avec Séla, quitta ses habits de veuve, s'enveloppa d'un ample vêtement, se couvrit la face d'un voile, et elle alla s'asseoir à la bifurcation du chemin de Thamnatha. Juda, en passant par ce lieu, la vit et l'emmena avec lui (sans la reconnaître), et s'approcha d'elle, et elle conçut de lui. Et au temps de sa délivrance elle eut deux jumeaux, dont l'aîné fut nommé Pharès, et le cadet, Zara.


Continuation de l'histoire de Joseph en Égypte.

En ce temps-là, deux officiers de Pharaon, le grand échanson (1329) et le grand panetier, faisaient leur service devant le roi pendant qu'il prenait son repas avec les serviteurs et les chefs auxquels il donnait la table. Et il arriva que l'on trouva une quantité de moucherons dans le vin présenté par le grand échanson, et des fragments de craie dans le pain du panetier. Pharaon ordonna de châtier l'un et l'autre, et de les mettre en prison. Et le chef de la garde du corps commit Joseph à leur service. Au bout d'un an, tous deux, étant encore incarcérés, eurent chacun un songe dans la même nuit. Quand Joseph se présenta le matin pour les servir, il leur trouva le visage altéré; et il leur demanda: Pourquoi avez-vous aujourd'hui la mine si triste? Ils lui répondirent: C'est que nous avons rêvé des choses singulières, et il n'y a ici personne qui sache interpréter nos songes. Joseph leur dit: Racontez-moi vos songes. Puisse Dieu leur donner un sens favorable, selon vos désirs. Le grand échanson raconta le sien en ces termes: Je voyais devant moi un grand cep de vigne se partageant en trois branches. Il n'a pas tardé à pousser des boutons, des fleurs et des grappes, lesquelles sont devenues aussitôt des raisins parfaitement mûris. J'ai cueilli de ces raisins, et j'en ai exprimé le jus dans une coupe que j'ai mise dans la main de Pharaon, et le roi y but. Joseph lui dit: Les trois branches de la vigne signifient trois jours. Dans trois jours, le roi ordonnera ton élargissement et te rétablira dans ta charge, et tu lui serviras le vin comme par le passé. Mais que je trouve grâce à tes yeux; ne m'oublie pas auprès du roi. Quand tu seras heureux, fais-moi la miséricorde de me tirer de cette prison. Car j'ai été enlevé dans le pays de Chanaan, et vendu ici comme esclave. Ce qui vous a été raconté au sujet de la femme de mon maître est faux: c'est injustement que j'ai été mis dans cette fosse (1330). Le grand échanson répondit à Joseph: Si le roi me rend sa faveur, ainsi que tu me l'annonces, je ferai tout ce que tu désires, et je te tirerai de cette fosse.

Le grand panetier voyant que Joseph avait bien interprété le songe du grand échanson (1331), s'approcha de Joseph et lui raconta aussi son songe. Il lui dit: Il me semblait, dans mon songe, que je portais sur la tête trois corbeilles tressées. La corbeille supérieure contenait toutes sortes de pâtisseries, comme en mange Pharaon; et les oiseaux du ciel en venaient manger de dessus ma tête. Joseph lui dit: Les trois corbeilles que tu as vues signifient trois jours. Dans trois jours, Pharaon examinera la cause et te condamnera à la potence; les oiseaux du ciel se repaîtront de ta chair sur ton corps.

Ce même jour, la reine enfanta un fils au roi d'Égypte, et ce fut la cause d'une grande joie pour tout le pays, pour tous les princes et serviteurs de Pharaon. Le troisième jour de la naissance du royal enfant, Pharaon donna un festin à tous ses princes et serviteurs, comme aussi aux chefs de l'armée du pays d'Égypte et du pays de Gessen. Et ce festin se continuait pendant huit jours consécutifs, accompagné du son des instruments de musique et de danses... (1332). Mais le grand échanson oublia totalement Joseph, et ne pensait nullement à en faire mention au roi, bien qu'il l'eût promis. C'est Jéhova qui avait ainsi disposé la chose, afin de punir Joseph de ce qu'il avait mis sa confiance dans un homme. Et Joseph demeura en prison encore deux ans, jusqu'à l'accomplissement de la douzième année de sa détention.


Mort d'Isaac et ses obsèques.

Isaac, fils d'Abraham, qui demeurait en Chanaan, vivait encore en ce temps-là. Il était âgé de cent quatre-vingts ans. Or, Ésaü ayant appris que son père approchait du jour de sa mort, se rendit auprès de lui avec tous ses enfants, partant du pays d'Édom, où ils étaient établis au milieu des enfants de Séir. Jacob et ses enfants quittèrent également leur demeure d'Hébron, et vinrent auprès de leur père Isaac. Et Isaac dit à Jacob: Fais approcher de moi tes enfants, afin que je les bénisse. Et Jacob fit avancer ses onze fils devant Isaac. Celui-ci les serra dans ses bras et les baisa l'un après l'autre. Et Isaac les bénit en ce jour-là, disant: Que le Dieu de vos pères vous bénisse et multiplie votre postérité jusqu'à la quantité des étoiles du ciel. Il bénit aussi les enfants d'Ésaü, disant: Que Dieu mette votre crainte sur tous ceux qui vous voient, et votre terreur sur tous vos ennemis.

Et Isaac réunit autour de lui Jacob et ses fils, et il dit à Jacob: Jéhova, Dieu de toute la terre, m'a adressé la parole, et m'a dit: Je donnerai ce pays en possession à ta postérité. Si tes enfants gardent mes statuts et les voies que j'ai prescrites, je m'en tiendrai envers eux au serment que j'ai fait à ton père Abraham. Maintenant, mon fils, apprends à tes enfants la crainte de Dieu et la conduite qui plaît à ses yeux. Après avoir fait ces recommandations, Isaac expira et fut réuni à son peuple, âgé de cent quatre-vingts ans. Aussitôt, Jacob et Ésaü se jetèrent sur son visage et pleurèrent. Et ses fils Jacob et Ésaü le portèrent à la caverne double, leurs enfants marchant nu-pieds tout autour du cercueil et ne cessant de pleurer et de se lamenter. Tous les rois du pays de Chanaan accompagnaient le convoi, et rendaient toutes sortes d'honneurs à la dépouille d'Isaac. Et Jacob et Ésaü enterrèrent leur père à Cariatharbée, qui est Hébron, avec les honneurs qui se rendent aux rois. Et ils firent, comme aussi tous les rois de Chanaan, un grand deuil à l'occasion de sa mort.


Partage de la succession d'Isaac.

Après la mort d'Isaac, Ésaü dit à Jacob: Apporte tout ce que notre père a laissé; fais-en deux parts, et c'est moi qui choisirai l'une des deux. Jacob répondit: J'y consens volontiers. Quand il eut fait les deux parts, il dit à Ésaü: Voici, tu peux choisir celle que tu préfères. Mais écoute ce que je vais te dire: Jéhova, Dieu du ciel et de la terre, a fait une promesse à nos pères Abraham et Isaac, en ces termes: Je donnerai à ta postérité ce pays en possession éternelle. Maintenant, voici devant toi d'un côté la totalité des biens laissés par notre père, et d'un autre côté la promesse de la possession de toute la terre de Chanaan. Choisis celle de ces deux parts qui te plaît le mieux, et je prendrai l'autre. Ésaü hésita et alla consulter Nabaïoth, fils d'Ismaël, qui était alors dans ce pays-là. Nabaïoth lui répondit: Quelle est cette chose que Jacob te dit? Voici que tous les enfants de Chanaan occupent en toute sécurité la terre de leur habitation, et Jacob pense pouvoir la posséder à jamais avec sa postérité? Va et accepte les biens de ton père, et cède à Jacob la possession de ce pays, selon ce qu'il te propose. Ésaü prit donc toutes les richesses de son père, et n'en abandonna absolument rien à son frère. Jacob, de son côté, retint toute la terre de Chanaan, depuis le fleuve d'Égypte jusqu'au fleuve de l'Euphrate, y compris la caverne double qu'Abraham avait acquise d'Éphron. Et Jacob dressa de cette convention un instrument de vente, qu'il scella, et y ajouta l'attestation écrite de témoins croyables (1333). Il mit ensuite cet acte de vente dans un vase de terre bien clos (1334), afin qu'il se conservât longtemps sans s'altérer, et il le donna en garde à ses fils.


Notes sur le Livre de la Genèse

1311 Sa mère était morte; mais cette partie du songe devait s'appliquer à Bala qui lui tenait lieu de mère après la mort de sa maîtresse, et avait pris le soin de l'élever. Ainsi les rabbins, qui ajoutent: «D'ailleurs il n'y pas de songes qui ne renferment des choses vainesדברים בטלים.
1312 La Genèse 32:15, dit simplement: Invenit eum vir errantem in agro. Mais une tradition constante enseigne que ce fut l'ange Gabriel. Voyez: la paraphrase chaldéenne de Jonathan, le Médrasch-Rabba et le Médrasch-Thaukhuma, Yarkbi, etc. En effet, il est à remarquer que dans le texte de la Bible, Joseph ne lui demanda pas, savez-vous où sont mes frères? mais indica mihi ubi pascant.
1313 Ceci est encore une tradition. Paraphrase chaldéenne de Jonathan. Médrasch, Yarkhi et Talmud, traité Schabbat, fol. 22 recto. Le Talmud dit que cette tradition est indiquée dans le texte hébreu qui porte à la lettre: et la citerne était vide, il n'y avait point d'eau. Puisqu'on nous dit que la citerne était vide, demande le Talmud, qu'est-il besoin d'ajouter qu'il n'y avait point d'eau? Mais le texte veut nous apprendre, répond-il, qu'elle était vide d'eau, mais renfermait des serpents et des scorpions.
1314 Ici nous sommes formellement en contradiction avec la Genèse 37:28, d'après laquelle ce sont les frères de Joseph qui le tirèrent de la citerne. En outre, dans le texte de la Bible il y a une confusion des Madianites et des Ismaélites, difficile à débrouiller, tandis que dans le Yaschar tout est clair. Voyez: notre Avant-propos.
1315 Formule hébraïque, fréquente dans la Bible. כה יעשה לי אלהים וכה יוסיף. Ruth 1:17; 1 Samuel 3:17; 14:44; 20:13; 25:22; 2 Samuel 3:9,35; 19:14.; 1 Reg. 2:23; 2 Reg. 1:21.
1316 Vingt pièces d'argent, Notre-Seigneur Jésus-Christ que Joseph préfigurait fut vendu pour trente pièces. Matthieu 26:15. Saint Ambroise, de Jos., c. 3, saint Augustin, Origène et le Vénérable Bède, ont lu dans des exemplaires de la Genèse, trente pièces. Cette divergence des exemplaires est parfaitement expliquée dans la confession que fait Gad, sur son lit de mort. «Nous le vendîmes, dit-il, Juda et moi, trente pièces d'or, dont nous retînmes en cachette dix, et n'en montrâmes que vingt à nos frères.» Έγώ καί Ίούδας πεπράκάμεν αύτόν τοίς Ίσμαηλίταις λ' χρυσίων· καί τά δέκα άποκρύψαντες, τά κ' έδείξαμεν τοίς άδεφοίς ήμών. (Testament de Gad.)
1317 Encore maintenant les Juifs pendant les jours de leur grand deuil pour de proches parents ne s'assoient que par terre. C'est peut-être à cette coutume que notre texte fait allusion.
1318 Eunuque veut dire officier du palais d'un prince. Voyez: les commentaires sur la Bible.
1319 Dans Genèse 37:28 fait amener Joseph en Égypte par les Ismaélites, et d'après le verset 46 il est vendu à Putiphar par les Madianites, sans que l'on nous dise comment ceux-ci en étaient devenus possesseurs.
1320 Zalicha, זליכה. La Bible ne donne pas le nom de la femme de Putiphar. Il est à remarquer que les Arabes mabométans ont conservé la tradition du nom que nous lisons ici dans le Yaschar: ils l'écrivent, זליחא. Voyez: le Coran de Maracci, surate 12, De Joseph, et son Prodrome, part. IV, p. 99.
1321 Cette épreuve à laquelle Zalicha soumet les dames égyptiennes est également racontée dans la surate déjà citée. En général l'histoire de Joseph du Coran s'accorde mieux avec le Yaschar qu'avec le texte de la Genèse. Par exemple, on y voit également que Joseph a été tiré de la citerne non par ses frères, mais par une caravane de voyageurs, שאירה. Nous prions le lecteur de relire aussi le Testament de Joseph dans le tome 1er du présent recueil.
1322 Dans le Coran l'innocence de Joseph est reconnue de la même manière, avec cette différence que la tunique fut trouvée déchirée par derrière; ce qui, nous en demandons pardon à M. Mahomet, n'a pas l'ombre du bon sens. C'eut été une preuve évidente de la culpabilité de Joseph.
1323 Version judaïque, Jamuël. Il est nommé Jamuël, Genèse 46:10, et Namuël, Nombre 26:12.
1324 Voyez plus haut: colonne 1168.
1325 Genèse 10:25-29.
1326 Sara, שרח et סרה. Non שרה comme s'écrit en hébreu le nom de Sara, femme d'Abraham. Le texte des Nombres 26:46, porte: Nomen autem filiœ Aser, fuit Sara. La paraphrase chaldéenne d'Onkelos explique ainsi ce texte: Et le nom de la fille de la femme d'Aser, était Sara. Elle n'était fille d'Aser qu'à titre de fille adoptive.

Cette leçon de la paraphrase d'Onkelos ne se trouve pas dans les éditions ordinaires: mais elle est citée par Nakhménides. Quelques éditeurs la donnent faussement comme une variante de Jonathan.

Cette Sara est une des personnes qui, d'après les rabbins, ont été admises au paradis sans goûter la mort, parce qu'elle avait assuré Jacob que Joseph était en vie. Elle était prophétesse.
1327 Genèse 25:2.
1328 Deutéronome 25:5-10. Il est constant que plusieurs lois du Pentateuque étaient observées par les Hébreux longtemps avant la publication de ce code. De ce nombre était le lévirat. Le précepte de la circoncision (Lévitique 12:3) datait du temps d'Abraham. La distinction des animaux purs et des animaux impurs (Lévitique 11) était déjà connue de Noé. Voyez: Genèse 7:6. La sanctification du sabbat (Exode 20:8-11) remonte à la première semaine de la création, où Dieu bénit et sanctifia le septième jour. (Genèse 2:3)
1329 Il est nommé plus loin Mérud.
1330 On sait que les prisons des anciens étaient des souterrains.
1331 L'interprétation de Joseph lui parut parfaitement convenir au songe. Mais d'après le Médrasch-Rabba, chacun des deux avait vu dans son sommeil l'interprétation du songe de l'autre.
1332 Il existe ici une lacune dans le texte du Yaschar.
1333 Une pièce revêtue des formes légales s'appelle en hébreu ספר דגלוי, libellus apertus. (Voyez: Jérémie 32:14), c'est-à-dire, pouvant être exhibée toutes et quantes fois il le fallait.
1334 Cette manière de garder les titres était usitée chez les anciens. On lit au même endroit de Jérémie: Et pone illos in vase fictili, ut permanere possint diebus multis. Voyez: commentaire de saint Jérôme.


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