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Livre du juste-12


août 14, 2011 par GoDieu


Songe de Pharaon expliqué par Joseph.

En ces jours-là, après la mort d'Isaac, Pharaon, roi d'Égypte, vit en songe que, pendant qu'il se tenait sur le bord du Nil, sept vaches belles et en bon point montèrent du fleuve. Derrière elles montèrent sept autres vaches hideuses et consumées de maigreur. Celles-ci engloutirent les premières, et malgré cela elles conservaient leur mauvais aspect. Et s'étant éveillé, Pharaon s'endormit de nouveau; et dans un autre songe il vit sept épis pleins et beaux. Après ceux-ci poussèrent de la terre sept autres épis, grêles et desséchés par le vent brûlant d'est (1335), et ils engloutirent les premiers. Le matin, le roi, conservant le souvenir de ses songes, en eut l'esprit fort inquiet. Et il se hâta de mander devant lui tous les devins et tous les sages de l'Égypte. Quand ils eurent entendu le récit des songes de Pharaon, ils diront tous d'une voix unanime: Vive le roi éternellement! Voici l'interprétation de tes songes. Les sept vaches belles signifient qu'à un certain temps il te naîtra sept filles. Les sept vaches maigres qui les suivirent et les engloutirent t'annoncent que ces filles mourront pendant ta vie. Et voici la signification des sept épis pleins et des sept épis grêles et desséchés: Un temps viendra où tu bâtiras sept villes dans différentes régions du pays d'Égypte, mais ces villes seront toutes détruites pendant ta vie. Le roi ne voulut pas accepter leurs interprétations; car il voyait, dans sa sagesse, qu'elles ne rencontraient pas la vérité. Et il leur dit: Comment osez-vous dire des choses semblables? Votre bouche n'a proféré que mensonge et fausseté. Prenez garde d'encourir la mort. Pharaon fit ensuite rechercher d'autres sages, qui vinrent se présenter devant lui. Mais ils n'interprétèrent pas d'une façon plus satisfaisante que ceux qui les avaient précédés. Et le roi se ficha encore plus fort contre ceux-ci, et il leur dit: Dans toutes vos explications, il n'y a pas un mot de vrai. Il fit ensuite publier dans toutes les contrées de l'Égypte, savoir: Tout sage possédant la science de l'interprétation des songes, qui ne se présentera pas de suite devant le roi, sera puni de mort. Mais celui qui donnera au roi l'interprétation exacte et vraie de ses songes en obtiendra telle grâce qu'il sollicitera.

On vit alors arriver devant Pharaon tous les sages, tous les devins et tous les magiciens d'Égypte, de Gessen, de Ramessès, de Taphné, de Tanis et de toute l'étendue de l'Égypte. Les gouverneurs des provinces, les princes et les officiers du roi y vinrent également. Quand le roi leur eut raconté ses songes, tous furent frappés de stupeur, tant ces visions leur parurent étranges. Or, les sages se partagèrent en plusieurs opinions, touchant le sens des songes du roi. Les uns disaient: Les sept vaches belles sont sept rois de la race de Pharaon, qui régneront en Égypte. Les sept mauvaises vaches sont sept princes qui se lèveront contre eux et les feront périr. Les sept épis sont les sept grands chefs de l'Égypte, qui, dans une guerre intestine, tomberont au pouvoir de sept chefs leurs inférieurs. D'autres expliquaient en ce sens: Les sept vaches belles sont les sept forteresses de l'Égypte, et les sept mauvaises vaches sont les sept nations du pays de Chanaan, lesquelles viendront les attaquer à la fin des jours, et les détruiront. Les sept épis de deux qualités annoncent que ta postérité récupérera le trône de l'Égypte, et se tournera, avec tous les habitants de ce pays, contre les Chananéens des sept villes, plus puissants qu'eux, et les déferont. D'autres disaient: Voici, ô roi, l'interprétation de tes songes: Les sept vaches belles sont sept reines que tu épouseras dans des jours à venir, et les sept mauvaises vaches signifient qu'elles mourront toutes pendant ta vie. Les sept épis bons et les sept mauvais annoncent quatorze fils que tu auras. Dans la suite des jours ils se battront entre eux, et les sept plus faibles tueront les sept plus forts. D'autres, enfin, exposaient devant le roi cette interprétation: Les sept belles vaches sont sept fils que tu auras, et qui, à la fin d'un certain nombre de jours, seront mis à mort par sept de tes chefs. Les sept épis beaux de ton deuxième songe sont ces mêmes chefs, qui, dans la suite, seront vaincus et mis à mort par sept chefs moins forts qu'eux. Ces chefs s'armeront pour venger tes fils, et feront retourner à ta race la couronne d'Égypte. Mais le roi, dans sa sagesse, comprit qu'encore de ceux-ci nul n'avait bien rencontré. Et Jéhova avait ainsi égaré l'esprit des plus sages de l'Égypte, afin de tirer Joseph de la prison et de l'élever en gloire dans le pays qui se vantait de sa science. Le roi, irrité jusqu'à la fureur contre les sages et les magiciens, les fit chasser honteusement de sa présence. Il fit ensuite publier dans toute l'Égypte l'ordre d'exécuter à mort tous les sages et tous les magiciens du pays, sans en épargner un seul. Alors les officiers de la garde du roi tirèrent partout l'épée, et se mirent à les frapper. C'étaient ces sages et ces magiciens qui entretenaient le peuple dans l'erreur des fausses divinités.

Et il arriva après cela que Mérud, le grand échanson, alla se prosterner devant Pharaon, et lui parla en ces termes: Vive le roi éternellement, et que sa puissance royale s'étende sur toute la terre! Tu avais sujet, il y a de cela deux ans, d'être mécontent de tes serviteurs, le grand panetier et moi, et tu m'as fait mettre en prison avec lui. Pendant notre détention nous étions servis par un esclave du chef de la garde du corps, Hébreu de nation et nommé Joseph, que son maître, fâché contre lui, y détenait. Or, peu de temps après notre entrée dans la maison d'arrêt, le grand panetier et moi eûmes dans la même nuit chacun un songe. Le matin nous lui racontâmes ce que nous avions vu en sommeil, et il nous en donna des interprétations qui se sont vérifiées avec une telle exactitude, qu'il n'en est pas tombé à terre un seul mot. Maintenant, ô roi mon maître, ne fais pas périr inutilement des Égyptiens. Qu'il plaise au roi de faire amener en sa présence cet esclave, qui t'expliquera tes songes avec précision et d'une manière infaillible. Le roi, goûtant l'avis du grand échanson, fit arrêter le massacre des sages d'Égypte. Il ordonna ensuite de lui amener Joseph, et il dit à ses officiers: Usez de ménagement et ne lui causez pas de surprise, de peur que son esprit ne soit troublé; car il serait interdit, et ne pourrait parler devant moi avec calme et réflexion.

Et les officiers du roi allèrent et tirèrent Joseph de la prison, et coupèrent ses cheveux, et changèrent son vêtement usé et en lambeaux. Et Joseph vint en la présence de Pharaon, qui était assis sur son trône, revêtu de ses ornements royaux. Son manteau et sa couronne brillaient comme des éclairs, par la quantité d'or fin et de pierres précieuses qui en relevaient les riches étoffés et la matière. Et le trône, qui étincelait d'or, d'argent et de diamants, avait soixante-dix, marches.

Or, la coutume établie en Égypte, pour quiconque paraissait devant le roi et avait à lui parler, était celle-ci: Tout personnage de distinction, estimé du roi, montait jusqu'à la trente-unième marche, et le roi descendait jusqu'à la trente-sixième marche, et s'entretenait avec lui. Tout autre ne montait que trois marches, et le roi descendait jusqu'à la quatrième, et s'entretenait avec lui. D'après une autre coutume, tout homme qui savait parler les soixante-dix langues (1336) pouvait franchir toutes les soixante-dix marches, jusqu'au siège du roi; mais celui qui ne possédait pas toutes les soixante-dix langues, montait seulement autant de marches qu'il savait de langues. Une loi spéciale des Égyptiens, en vigueur en ces jours-là, et rigoureusement observée, statuait que nul n'était apte à régner sur eux et gouverner leur pays, s'il ne savait parler les soixante-dix langues.

Et Joseph, après s'être prosterné devant le roi la face contre terre, monta à la troisième marche, et s'y arrêta; et le roi descendit vers lui, et s'arrêta sur la quatrième marche. Et il dit à Joseph: J'ai eu un songe que les sages et les magiciens n'ont pu interpréter selon la vérité. À la suite de ceci, j'ai entendu dire que tu es un savant habile dans l'exacte interprétation des songes. Joseph répondit: Que Pharaon veuille me dire quel a été son songe. Mais n'est-il pas vrai que les interprétations des songes dépendent de Dieu? Et Pharaon fit à Joseph le récit de tout ce qu'il avait vu dans son rêve. Et l'Esprit de Dieu s'empara de Joseph à l'heure où il se trouvait en la présence du roi, et il connut clairement ce qui devait arriver à Pharaon pendant tout le cours de sa vie, et par conséquent la signification véritable de son songe. Il dit donc à Pharaon: Que le roi ne s'imagine pas avoir eu deux songes différents. Il n'y en a eu qu'un; mais le Dieu du ciel a voulu lui annoncer avec certitude l'événement qu'il va amener sur la terre décidément et prochainement: c'est pourquoi il te l'a figuré sous une double vision. Voici maintenant l'interprétation vraie de ton songe: Les sept vaches et les sept épis de belle apparence sont autant d'années, de même que les sept vaches et les sept épis maigres. Le tout n'est qu'un seul et même songe. Il arrivera par toute la terre sept années d'une fertilité extraordinaire; mais elles seront suivies immédiatement d'autant d'années d'une stérilité désolante, au point que la famille fera périr les habitants de beaucoup de pays. Occupe-toi de trouver dans tes États un homme bien prudent, bien sage, expert dans la conduite de la chose publique, afin de le charger de l'administration de ton pays. Cet homme nommera des intendants chargés d'amasser sous ses ordres, dans tes greniers, de grandes provisions de blé, durant les sept années d'abondance; et ils les conserveront pour les années de famine. De même, que par ton ordre chaque habitant de tes États mette en réserve, pendant les sept années d'abondance, une certaine quantité de la récolte de ses champs, et qu'il la garde dans ses greniers pour lui servir de ressource pendant les jours de famine.

Le roi se prit à questionner Joseph: Qui sait et qui pourrait m'assurer que tes paroles rencontrent le vrai point? Joseph répondit: Dieu permet que je te donne un signe de l'accomplissement de ma prédiction et de la bonté de mon conseil. Voici que ton épouse ressent en ce moment les douleurs de l'enfantement, et elle te donnera un fils, et tu en auras de la joie. Et au même temps où cet enfant sortira du sein de sa mère, ton fils aîné, qui a deux ans (1337) et est plein de santé, expirera. Mais l'enfant qui naîtra aujourd'hui calmera le chagrin que te causera cette mort. Après avoir prononcé ces paroles, Joseph se prosterna devant le roi, et se retira.

À peine Joseph fut-il sorti de la présence de Pharaon que se vérifia le signe qu'il lui avait donné. La reine accoucha d'un fils, dont la naissance combla de joie le roi. Mais à la même heure le palais fut rempli de consternation et de cris lamentables, car on y trouva le fils aîné de Pharaon étendu inanimé sur le sol d'une chambre. Les serviteurs du roi lui annoncèrent avec crainte l'effroyable accident; mais sa douleur fut tempérée par la pensée qu'il lui était né un autre fils. Et Pharaon reconnut la véracité de toutes les paroles de Joseph.


Convocation du conseil royal pour délibérer sur le choix d'un vice-roi.

Après ces choses, le roi convoqua tous ses princes, les gouverneurs, les chefs et les officiers. Et quand ils furent réunis, il leur dit: Vous avez entendu les paroles de cet Hébreu, et vous avez vu que de son signe de confirmation rien n'est tombé à terre. Je sais que son interprétation du songe est exacte, et elle se vérifiera certainement. Maintenant, avisez, cherchez un moyen pour garantir l'Égypte du malheur imminent qu'il nous a prédit. Tâchez, je vous prie, de découvrir un Égyptien qui ait comme lui le cœur rempli de sagesse et de prudence, et je le mettrai à la tête du pays; car je sais que nous n'échapperons au désastre de la famine qu'autant que nous suivrons le conseil donné par cet Hébreu. Tous répondirent: Certes, c'est un conseil salutaire que celui de cet Hébreu. Maintenant, ô roi notre seigneur, tu es investi du suprême pouvoir; fais ce qui te parait le mieux. Confie la direction des affaires du pays, sous ton autorité, à celui que tu préfères, à celui que dans ta sagesse tu as éprouvé être habile à sauver tes peuples. Le roi dit alors aux chefs assemblés: Puisque Dieu a révélé à cet homme tout ce qu'il nous a annoncé, je suis sûr que nous ne trouverons pas dans toute l'Égypte un homme sage et prudent comme lui. Si tel est votre avis, c'est lui que je nommerai à cette dignité; car sa grande sagesse sera notre salut. Et les princes répondirent au roi: N'est-il pas vrai qu'un statut inviolable de l'Égypte prescrit que nul ne pourra être roi ni vice-roi, dans ce pays, s'il ne sait toutes les langues des hommes? Maintenant, ô roi notre seigneur, voici que cet Hébreu ne parle que la langue hébraïque. Et comment un homme qui ne parle pas même notre langue pourrait-il être notre vice-roi? Toutefois, fais-le venir devant toi; examine-le en toutes choses, et agis en conséquence du résultat. Et le roi, approuvant leur avis, promit qu'il serait fait ainsi; et il les congédia.

Cette nuit-là Jéhova envoya vers Joseph, en Égypte, un de ses anges qui sont de service devant sa gloire. Et l'ange arriva devant le couche où Joseph reposait, dans la prison de son maître; car Putiphar l'avait réintégré dans la prison, à cause de son épouse. Joseph, éveillé de son sommeil par une secousse de l'ange, se leva et se tint debout. Et voici qu'un ange de Jéhova s'offrit à sa vue. Et l'ange de Jéhova lui enseigna cette nuit-là les langues de tous les hommes, et il changea son nom en Jehoseph (1338). L'ange de Jéhova disparut, et Joseph se recoucha émerveillé de celte vision.

Le matin étant arrivé, le roi convoqua de nouveau auprès de sa personne ses princes et ses officiers, et il se fit amener en même temps Joseph. Le roi fit approcher Joseph, qui commença à parler les langues de toutes les nations. Et à chaque nouvelle langue qu'il parlait, il franchissait une marche du trône, de sorte qu'il arriva jusqu'à la soixante-dixième, et se trouva en face du siège du roi. Et le roi se réjouit beaucoup d'entendre Joseph parler toutes les langues, et les princes aussi se réjouirent avec le roi. Et il plut au roi et aux princes d'établir Joseph vice-roi de tous les États d'Égypte. Le roi dit à Joseph: Puisque Dieu t'a révélé toutes les choses que tu nous as fait connaître, et que tu m'as donné des conseils marqués du sceau de la plus grande sagesse, c'est à toi que je confère la haute dignité que tu m'engages de créer, et tu ne t'appelleras plus Joseph, mais ton nom sera Psonthomphaneh (1338*). Tu seras mon second et de toi dépendra le gouvernement de mon royaume, et tout mon peuple sera sous ton obéissance. C'est de ta main que tous mes officiers et mes princes recevront leur traitement de chaque mois. Tous les gens du pays devront se prosterner devant toi. Je serai au-dessus de toi seulement par le trône. Et le roi tira de sa main son anneau, et le mit au doigt de Joseph, et il le revêtit du costume royal, et plaça sur sa tête une couronne d'or, et orna son cou d'un collier d'or.

Le roi dit encore à Joseph: Je suis Pharaon (1339), et sans ton ordre nul ne remuera ni la main ni le pied, pour commander à mon peuple dans toute l'étendue de l'Égypte. Or, Joseph était âgé de trente ans lorsqu'il devint vice-roi d'Égypte. Pharaon ordonna aussi que Joseph montât dans son deuxième char, celui qui marchait immédiatement à la suite du char du roi. Alors on promena Joseph dans les principale rues de la ville, porté sur un cheval magnifique des écuries du roi, précédé d'une grande quantité de divers instruments harmonieux, et suivi de mille timbales, de mille sistres et de mille nables. Cinq mille hommes tenant à la main des épées flamboyantes, exécutaient toutes sortes de jeux gymnastiques devant lui, et vingt mille des grands du royaume, ceints d'un ceinturon de cuir parsemé d'or, marchaient à la droite de Joseph, et autant à sa gauche. Toutes les femmes et toutes les jeunes filles, montées sur les terrasses des maisons, assistaient pleines de joie au triomphe de Joseph; et elles gardaient le silence, tant elles étaient captivées de sa beauté (1340). Tous les serviteurs du roi le précédaient et le suivaient, et l'encensaient avec les aromates les plus exquis et les plus chers. Vingt hérauts criaient devant lui: Voyez l'élu du roi, qui doit gouverner en son nom tout le royaume. Quiconque ne lui obéira pas, ou ne se prosternera pas devant lui la face contre terre, sera condamné à mort comme rebelle au roi et au vice-roi. Et tous les Égyptiens se prosternaient devant Joseph, la face contre terre, et ils s'écriaient: Vive le roi! vive le vice-roi! et les réjouissances publiques durèrent longtemps au milieu de la musique, des chants et des danses. Mais Joseph sur son cheval de parade levait les yeux au ciel, et disait: Qui tire le pauvre de la poussière et relève l'indigent de l'abjection? C'est Jéhova Sabaoth. Heureux l'homme qui se confie en lui (1341).


Joseph, ses richesses, son mariage.

Joseph suivi des princes et des officiers de Pharaon parcourut toute l'Égypte, afin d'inspecter le pays et les greniers du roi; et il revint en rendre compte à Pharaon. Et le roi fit don à Joseph de grandes propriétés en champs et en vignes, comme aussi de trois mille talents d'argent, de mille talents d'or, de pierres précieuses et d'autres objets de prix en grande quantité. Il donna aussi à Joseph cent esclaves pour le servir, et Joseph lui-même on envoya acheter un bon nombre. Le jour suivant le roi ordonna à tous les Égyptiens, sous peine de mort, d'offrir à Joseph des présents. À cet effet on dressa sur la place publique une grande estrade couverte d'un tapis, où toutes les offrandes devaient être déposées. Et les Égyptiens la chargèrent de pièces de monnaie, de bijoux d'or et autres objets ouvrés en or et en argent, de pierres fines, chacun selon ses facultés. Et Joseph prit toutes ces choses et les mit dans ses trésors. Tous les grands du royaume donnaient à Joseph toutes sortes de témoignages de respect, et lui faisaient de riches présents, parce qu'ils voyaient qu'il était le favori du roi.

Le roi envoya de ses serviteurs à la maison de Putiphéra fils d'Ahiram, prêtre d'On (1342) pour chercher sa fille cadette, et il la donna pour femme à Joseph. Cette jeune fille était fort belle, vierge et très pudique.

Et Joseph fit bâtir pour son habitation un vaste et somptueux palais dont la construction dura trois ans jusqu'à son entier achèvement. Joseph se fit aussi confectionner un trône d'une grande magnificence, en or et en argent, et enrichi de diamants. On y voyait figurés tout le pays d'Égypte et le Nil dans son débordement. Jéhova ajoutait continuellement de la sagesse à la sagesse de Joseph, et il disposait le cœur des grands et du peuple de manière que leur affection pour Joseph allait toujours croissant. Jéhova était avec Joseph, qui devenait de plus en plus puissant, et son renom s'étendait sur toute la terre. Joseph avait une garde de quarante mille vaillants guerriers, et de six cents soldats d'élite, pour défendre le roi et lui-même contre toute attaque subite, sans compter les chefs et officiers du roi. L'armée se composait de tous les habitants de l'Égypte, qui étaient innombrables.


Expédition guerrière de Joseph.

En ce temps-là les hommes armés de Tharsis (1343) tombèrent sur les enfants d'Ismaël, et restèrent longtemps à dévaster leur pays. Les enfants d'Ismaël étaient alors encore peu nombreux, et ne pouvaient résister aux enfants de Tharsis; et ils étaient réduits à l'extrémité. Alors les anciens d'Ismaël envoyèrent une lettre au roi d'Égypte, disant: Envoie à tes serviteurs, nous te prions, des généraux et des troupes pour nous secourir en combattant les enfants de Tharsis; car nos forces sont épuisées depuis longtemps. Et Pharaon leur envoya Joseph avec les vaillants et l'armée qu'il commandait, ainsi qu'avec les vaillants de la maison du roi. Et ils allèrent vers les enfants d'Ismaël au pays d'Hévila pour leur porter secours. Et Joseph défit les enfants de Tharsis, et se rendit maître de tout leur pays, et les enfants d'Ismaël s'y établirent et l'habitent jusqu'à ce jour. Après la conquête de leur pays les enfants de Tharsis le quittèrent précipitamment et se portèrent dans la région des enfants de Javan leurs frères (1344). Joseph et tous ses vaillants et toute son armée revinrent en Égypte, car il n'en manqua pas un seul homme.


Les années d'abondance.

Après la révolution de l'année, dans la deuxième année du règne de Joseph, Jéhova donna à toute la terre une grande fertilité qui dura sept ans consécutifs, ainsi que Joseph l'avait annoncé. Et Joseph établit des intendants qui, sous ses ordres, amassaient tout le superflu des récoltes, et le portaient dans les greniers préparés par Joseph; Joseph ordonna de prendre le blé de réserve en épis avec de la terre du champ qui l'a produit. Et il amassa dans l'espace de sept années du blé en une si grande quantité qu'on ne le pouvait plus calculer. Et Joseph fit clore les magasins, et y préposa des gardiens.

De leur côté, les habitants de l'Égypte amassaient aussi tant de provisions que tous les greniers du pays regorgeaient de grains. Mais ils négligeaient les précautions recommandées par Joseph.


Les enfants de Joseph.

Aséneth, fille de Putiphéra, enfanta à Joseph deux fils, Manassé et Éphraïm. Joseph avait trente-quatre ans lors de leur naissance. Les jeunes garçons grandissaient et marchaient dans la voie et la discipline de leur père, et ne s'en écartaient ni à droite ni à gauche. Et Jéhova était avec les jeunes gens, et ils devinrent intelligents et habiles dans toutes sortes de connaissances et dans la science du gouvernement. Tous tes princes et tous les grands de l'Égypte les honoraient beaucoup, et ils étaient en la compagnie des fils du roi.


Les années de stérilité.

Les années d'abondance étaient passées, et elles furent suivies de sept années de stérilité; et la famine se déclara dans tout le pays. Le défaut de récoltes obligea les Égyptiens à ouvrir leurs greniers; et ils trouvèrent leurs provisions gâtées par les charançons et les calandres, au point qu'ils ne pouvaient en tirer aucune utilité. Alors, pressés par la faim, tous les habitants de l'Égypte vinrent et crièrent devant Pharaon: Donne de quoi manger à tes serviteurs. Faut-il que nous mourions de faim devant tes yeux, nous et les âmes de nos maisons? Pharaon leur dit: Pourquoi criez-vous vers moi? N'est-il pas vrai que pendant toute la durée des sept années de fertilité Joseph vous recommandait de préparer des provisions pour la disette? que ne l'avez-vous écouté? Les Égyptiens répondirent: Ô roi, notre seigneur, par la vie de ton âme, nous avons fait ainsi que Joseph nous avait dit; mais notre blé rempli de charançons et de calandres n'est pas mangeable. Le roi en apprenant ce malheur fut fort effrayé, et il leur dit: Puisque un pareil désastre vous a frappés, allez vers Joseph, et conformez-vous à tout ce qu'il vous prescrira, et n'y faites faute. Ils allèrent donc et dirent à Joseph: Donne-nous de quoi nous sustenter. Faut-il que nous mourions en ta présence? car il nous est arrivé ceci et cela. Alors Joseph ouvrit ses greniers et pourvut de blé les Égyptiens.


La famine dans les autres pays. — Mesures prises par Joseph en prévision de l'arrivée de ses frères en Égypte.

La famine était sur toute la face de la terre, en tout pays; et en Égypte seulement on trouvait des grains à acheter. Tous les habitants de la terre de Chanaan, de celle des Philistins, d'au-delà du Jourdain, les Orientaux et beaucoup d'autres, ayant appris qu'il y avait du blé en Égypte, s'y rendaient pour s'en procurer. Et Joseph ouvrit les magasins d'abondance, et y commit des intendants qui en vendaient à tous ceux qui se présentaient journellement.

Or, Joseph prévoyait que ses frères devaient aussi arriver en Égypte, afin d'y trouver de quoi soulager la famine qui pesait fort sur leur pays. Il fit donc publier ce décret: D'ordre du roi, du vice-roi et de leurs ministres, tout homme qui veut obtenir du blé en Égypte doit s'abstenir d'y envoyer d'autres personnes. Qu'il y vienne lui-même, ou qu'il se fasse représenter par ses fils. Tout Égyptien ou étranger qui achèterait du blé en Égypte pour le revendre en quelque lieu que ce soit, sera puni de mort. Que chacun en achète la seule quantité nécessaire pour les besoins de sa propre maison. Nul n'amènera plus qu'une bête de somme, et celui qui en amènera davantage sera puni de mort. Joseph plaça en outre des gardes à toutes les portes de la ville, et leur donna ce commandement: Vous ne laisserez passer personne qu'après qu'il aura donné son nom avec celui de son père et celui de son aïeul paternel; et vous m'enverrez chaque soir la liste des arrivants. Et ces ordres, publiés dans tous les pays de la terre, s'exécutaient rigoureusement. Or, Joseph avait pris toutes ces dispositions afin d'obliger ses frères de venir eux-mêmes en Égypte, et afin de connaître leur arrivée.


Jacob envoie ses fils en Égypte.

En ce temps-là Jacob apprit qu'il y avait du blé en Égypte, et il dit à ses fils: Tout le monde va s'approvisionner en Égypte. Pourquoi voulez-vous paraître devant les habitants de ce pays comme ayant suffisamment des vivres? Allez aussi en Égypte, et achetez-nous un peu d'aliments, afin que nous vivions et que nous ne mourions pas. Et ses fils se disposèrent à partir. Jacob leur fit cette recommandation: Lorsque vous serez arrivés devant la ville de Pharaon, n'y entrez pas ensemble par la même porte, afin de ne pas vous faire remarquer des habitants. Mais Jacob n'envoya pas avec eux Benjamin: De peur, dit-il, qu'il ne lui arrive quelque accident en route. Les fils de Jacob partirent donc au nombre de dix. Pendant qu'ils étaient en route, les fils de Jacob, repentants de ce qu'ils avaient fait à Joseph, se dirent entre eux: Nous savons que Joseph a été conduit en Égypte. Puisque nous y allons, nous le chercherons. Si nous le trouvons, nous le rachèterons; et si son maître ne veut pas nous le rendre moyennant rançon, nous emploierons la violence, et nous mourrons plutôt que d'y renoncer. Et ils continuèrent à marcher vers l'Égypte dans cette ferme résolution. Lorsqu'ils approchèrent de la ville ils se séparèrent l'un de l'autre, et ils se présentèrent aux dix portes, où les gardiens prirent leurs noms. Et le soir Joseph vit par la liste des étrangers que ses frères étaient arrivés isolément, chacun par une porte différente. Aussitôt Joseph rendit cette nouvelle ordonnance: Vous, intendants, aurez à fermer incontinent tous les magasins, hormis un seul où l'on dispensera du blé à tous ceux qui en demanderont. En même temps il donna à l'intendant du magasin resté ouvert les noms de ses frères, et lui dit: Tu demanderas les noms de tous ceux qui se présenteront devant toi pour acheter des grains, et tu arrêteras ceux qui déclareront s'appeler ainsi, et tu me les enverras.

Or, les fils de Jacob, entrés dans la ville, se réunirent pour aller à la recherche de leur frère avant d'acheter du blé. Ils explorèrent pendant trois jours le quartier des prostituées; car ils disaient: Joseph est remarquablement beau, et on l'aura mis dans une de ces maisons. Mais ils ne le rencontrèrent point dans cette partie de la ville. Joseph, informé que les hommes dont il avait donné les noms ne s'étaient pas présentés au magasin de vente, chargea des serviteurs habiles de les découvrir et de les lui amener. Ces serviteurs les cherchèrent en vain dans les villes d'Égypte et jusque en Gessen et Ramessès. Alors Joseph envoya seize serviteurs plus exercés en cette chose (1345), les distribuant dans les quatre quartiers de la ville. Et quatre d'entre eux les trouvèrent tous les dix dans une maison de prostitution, faisant perquisition de leur jeune frère, et ils les emmenèrent. Les fils de Jacob furent conduits devant le vice-roi assis sur son trône, vêtu de byssus et de poupe, ayant en tête une magnifique couronne d'or, et entouré de tous les vaillants de sa garde, et ils se prosternèrent devant lui la face contre terre. Et en considérant le vice-roi ils furent frappés de sa beauté, des grâces de sa personne et de la noblesse de sa mine, et ils se prosternèrent de nouveau devant lui la face contre terre. Joseph reconnut ses frères à la première vue, mais eux ne le reconnurent pas, à cause de son changement. Joseph leur demanda: D'où venez-vous? Tous répondirent: Tes serviteurs viennent du pays de Chanaan, pour acheter des subsistances. Car la famine est grave dans notre pays, et nous avons appris que l'on trouve des vivres en Égypte. Joseph leur dit: Si tel est l'objet de votre voyage, pourquoi êtes-vous entrés dans la ville par dix portes différentes? Non, vous êtes venus explorer ce pays. Tous répondirent à la fois: Il n'en est pas ainsi, seigneur; nous sommes d'honnêtes gens: tes serviteurs n'ont jamais été espions. Tes serviteurs sont frères, fils d'un homme du pays de Chanaan. Notre père nous a recommandé ceci: Lorsque vous serez arrivés devant la ville de Pharaon, n'y entrez pas tous ensemble par la même porte, de peur de vous faire remarquer des habitants du pays. Et Joseph: Voilà bien ce que j'ai dit vous vous êtes séparés pour reconnaître les côtés faibles de la place. N'est-il pas vrai que lorsqu'on vient en ce pays pour acheter des vivres, on se retire sans tarder afin d'apporter à la maison la nourriture qu'attend la famille? Mais vous, voilà trois jours que vous vaguez par la ville. Et qu'aviez-vous à faire dans le quartier des prostituées, où l'on vous a trouvés? C'est que les espions ne dédaignent pas ces lieux. Ils répondirent: Ô seigneur, à Dieu ne plaise que tu aies de nous une pareille opinion. Nous sommes en tout douze frères, fils de Jacob, fils d'Isaac, fils d'Abraham l'Hébreu. Le plus jeune est resté avec notre père en Chanaan. Un autre manque et nous ne savons ce qu'il est devenu. Nous pensions qu'il se pourrait qu'il fût dans ce pays-ci; et nous l'avons cherché jusque dans les maisons des prostituées. Joseph leur demanda: L'aviez-vous cherché dans tous les autres pays, de sorte qu'il ne restait plus que l'Égypte? Et s'il y est, qu'y a-t-il de commun entre un enfant de Jacob et les maisons de prostitution?... si toutefois vous m'avez déclaré sincèrement quels sont vos parents. Ils répondirent: Nous avons entendu dire que ce sont des Ismaélites qui nous l'ont dérobé, et qu'ils l'ont vendu pour être conduit en Égypte. Or, ton serviteur notre frère est très beau, c'est pourquoi nous pensions: On l'aura sûrement mis dans une de ces maisons. Nous le cherchions pour le racheter. Joseph leur dit: Tout cela n'est que dissimulation et imposture. Vous mentez par votre âme en affirmant que vous êtes enfants d'Abraham. Aussi vrai que Pharaon vit, vous êtes des espions, et vous vous teniez dans ces retraites du vice et de l'infamie afin qu'aucun honnête homme ne connût votre présence dans ce pays. Joseph ajouta: Et si vous l'aviez trouvé, ce frère peut-être imaginaire, et que son maître en eût demandé une rançon considérable, l'auriez-vous donnée? Ils répondirent: Oui. Il demanda encore: Et si son maître s'était refusé à vous le rendre pour aucun prix, qu'auriez-vous fait? Nous l'aurions tué, répondirent-ils, et nous aurions repris notre frère, et nous nous en serions allés. Joseph dit: C'est précisément ce que je soutiens. Vous êtes des espions, et vous êtes venus avec le projet de massacrer les habitants de notre pays. Ne croyez pas que nous ignorions que deux d'entre vous ont mis à feu et à sang la ville de Sichem, dans le pays de Chanaan, pour cause de votre sœur. Vous venez dans le dessein d'en faire autant en Égypte pour votre frère. Maintenant il n'y a qu'une chose qui puisse me convaincre que vous êtes sincères dans ce que vous déclarez. Je vous croirai, si vous envoyez l'un de vous chercher votre plus jeune frère pour me l'amener ici. Et Joseph se retira promptement dans sa chambre pour soulager son cœur en pleurant; car il était ému d'amour et de compassion pour ses frères. Il se lava ensuite le visage et revint vers ses frères, dont il sépara Siméon et commanda de le lier. Mais Siméon ne voulut pas s'y soumettre; et comme il était d'une vigueur extraordinaire, on ne parvint pas à le lier. Joseph appela ses vaillants, et il en parut soixante-dix des plus forts tenant à la main leurs épées nues. Et les fils de Jacob furent glacés de terreur. Joseph dit: Saisissez cet homme, et enfermez-le jusqu'à l'arrivée de son plus jeune frère. Les guerriers mirent aussitôt la main sur Siméon; mais celui-ci poussa un cri effroyable qui retentit au loin, et les vaillants en furent terrifiés de telle sorte qu'ils tombèrent sur leur face par terre. Et la crainte leur inspira de s'enfuir, et tous ceux qui entouraient Joseph s'enfuirent aussi, tremblant pour eux-mêmes. Il ne resta avec Joseph que Manassé son fils. Manassé, excité par la force que montrait Siméon, marcha droit à lui et lui déchargea sur la nuque un coup de poing si lourd que Siméon en fut dompté. Et Manassé, le tenant étroitement serré, le lia et le poussa dans la prison. Tous les fils de Jacob étaient stupéfaits de l'action de Manassé; mais Siméon leur cria: Le bras qui m'a frappé n'est pas égyptien: c'est sûrement un bras de la race de Jacob.


Joseph renvoie ses frères en Chanaan. — Nouvelles inquiétudes de Jacob.

Joseph commanda ensuite à l'intendant des greniers de mesurer à ses frères autant de blé qu'ils pouvaient porter, et de replacer dans le sac de chacun son argent. Il les congédia ensuite en leur disant: Prenez garde de contrevenir à mes ordres; et quand vous m'aurez amené votre autre frère, je vous rendrai celui que je retiens en prison, et vous pourrez ensemble retourner auprès de votre père. Tous répondirent: Nous nous conformerons ponctuellement à l'ordre de notre seigneur; et ils se prosternèrent devant lui. Et ils chargèrent chacun sur son âne le blé qu'il avait acheté, et se mirent en route pour retourner au pays de Chanaan. Lorsqu'ils furent arrivés à la première couchée, Lévi délia son sac pour donner à manger aux ânes, et voilà que tout le poids (la somme) de son argent se trouvait à l'ouverture. Et lui et tous ses frères en furent troublés, et ils dirent: Qu'est-ce que Dieu nous fait là? et que deviennent les miséricordes de Jéhova envers nos pères Abraham, Isaac et Jacob, puisqu'il permet aujourd'hui que le roi d'Égypte nous crée des tracasseries? Juda leur dit: Ne demandez pas où sont les miséricordes de nos pères. Hé! n'est-il pas vrai que nous sommes coupables devant Jéhova notre Dieu, pour avoir été immiséricordieux envers notre propre frère, et l'avoir vendu comme un vil esclave? Ruben ajouta: Je vous ai bien dit: Ne péchez pas, et ne faites pas de mal à cet enfant. Vous ne m'avez pas écouté. Maintenant Dieu recherche son sang de nos mains.

Et quand ils étaient près d'arriver, Jacob sortit au-devant d'eux avec toute sa maison. Il leur dit au premier moment: Et Siméon votre frère où est-il? Pourquoi ne le vois-je pas au milieu de vous? Et ses fils lui rendirent compte de tout ce qui leur était arrivé en Égypte. Entrés dans la maison, ils ouvrirent leurs sacs, et voici que chacun y retrouva son argent. Et leur trouble fut au comble, et Jacob le partagea. Leur père dit alors: Vous ne cessez de m'accabler de maux. Je vous envoie Joseph pour s'informer de votre salut, et vous venez me dire qu'il a été dévoré par une bête féroce. Siméon part avec vous pour l'Égypte, et voilà que vous me dites que le roi l'a mis en prison, lui qui est invincible. Maintenant vous me demandez Benjamin, sans doute pour le faire périr également. C'est ainsi que vous faites descendre avec douleur ma vieillesse dans le tombeau. Non, Benjamin n'ira point avec vous. Seul il me reste de sa mère, et je prévois qu'il lui arriverait malheur dans ce voyage. Ruben dit à son père: Si à notre retour je ne te le représente pas, tu pourras faire mourir mes deux enfants. Et Jacob dit à ses fils: Demeurez ici, et ne retournez plus en Égypte; car jamais mon fils Benjamin ne vous y accompagnera, de peur que je ne le perde comme ses deux autres frères. Juda dit aux autres enfants de Jacob: Laissez-le en repos jusqu'à ce que nos provisions soient épuisées: quand la faim menacera sa vie et celle de toute la maison, il dira de lui-même: Partez avec votre frère.


Jacob consent à un second voyage en Égypte.

Et la famine allait toujours s'aggravant dans tous les pays, qui ne trouvaient qu'en Égypte de quoi soutenir la vie. Les enfants de Jacob demeuraient tout ce temps chez eux, jusqu'à l'entière consommation de leurs vivres, et la maison de Jacob était pressée par la faim. Alors toutes les personnes de la famille entourèrent Jacob et crièrent: Donne-nous du pain. Faut-il que nous mourions sous tes yeux? Et Jacob ému de pitié pleura amèrement. Il appela ses fils et leur dit: Vous voyez que vos enfants pleurent et demandent du pain; et il n'y en a pas à leur donner; allez donc en acheter. Juda lui répondit: Si tu ne laisses pas aller notre plus jeune frère avec nous, nous ne pourrons pas retourner en Égypte; car le roi a protesté que nous ne verrons pas sa face si notre plus jeune frère n'est pas avec nous. Tu as appris par la voix de la renommée que ce roi n'a pas son pareil, dans le monde entier, en puissance et en sagesse. Et nous qui avons vu tant de rois, nous n'en connaissons aucun qui puisse lui être comparé. Tu vois que dans la terre de Chanaan tous les rois le cèdent en grandeur et en mérite à Abimélech, roi de Palestine; sache qu'Abimélech reste en arrière du moindre des ministres du roi d'Égypte. Nous avons vu, ô notre père, la magnificence de son palais, de son trône et de ses nombreux serviteurs. Nous l'avons vu dans tout l'éclat de sa pompe royale, et nos yeux ont été éblouis de la grâce et de la majesté que Dieu a répandues sur sa personne. Nous voudrions, ô notre père, que tu eusses entendu les paroles de sagesse, de prudence, de sagacité, que Dieu mettait dans sa bouche lors de son entretien avec nous. Il connaît tout ce qui est arrivé tant à nous qu'à nos frères, depuis le commencement; et il nous a demandé avec un vif intérêt: Votre père dans sa vieillesse avancée est-il bien? Nul ne s'adresse à Pharaon; car tout se fait par les ordres du vice-roi. Quand il nous prit pour des espions, nous fûmes sur le point, excités par la colère, de traiter l'Égypte comme nous avions fait les villes des Amorrhéens; mais le respect pour cet homme nous subjuguait, et nous n'osions. Jacob dit: Vous m'avez fait un grand mal en apprenant au roi que vous aviez un autre frère. Juda répondit: Rien n'est caché devant sa perspicacité. Mais, pour le moment, confie à ma main le jeune garçon, afin que nous puissions nous procurer des vivres. Si je reviens sans lui, je serai coupable envers toi pendant tous les jours. Ne vois-tu pas comme tous nos petits enfants pleurent de faim autour de toi, sans que tu puisses les soulager? Prends pitié d'eux, et laisse partir notre frère avec nous. Où serait ta confiance en Jéhova, qui a assisté en tout temps tes pères et toi-même, si tu crains autant que le roi d'Égypte ne retienne ton fils? Je jure par Jéhova que je braverai la mort pour le ramener et te le rendre sain et sauf. Si nous n'avions pas tant tardé, nous aurions déjà été deux fois acheter du blé, et nous t'aurions ramené Siméon avec Benjamin. Seulement, prie Jéhova notre Dieu, afin que dans sa bonté il nous fasse trouver grâce et faveur devant le roi d'Égypte, et devant ses gens. Jacob dit: Je me confie en Jéhova notre Dieu, qui tiendra étendue sur vous la main de sa protection, et vous rendra agréables aux yeux du roi d'Égypte et de ses serviteurs. Maintenant levez-vous, allez vers cet homme, munissez-vous des meilleurs et plus recherchés produits de notre pays, pour les lui offrir. Le Dieu tout-puissant vous fera trouver miséricorde devant le roi, qui vous renverra avec Benjamin et Siméon vos frères. Et ils se disposèrent pour leur départ, et prirent dans leurs mains des plus délicats produits du pays, ainsi que double somme d'argent. Jacob leur recommanda de nouveau instamment son fils Benjamin. Ayez de lui, dit-il aussi, le plus grand soin dans ce voyage, et ne vous en séparez en aucune manière, ni en route ni en Égypte. Il étendit ensuite ses mains et pria Jéhova avec une grande ferveur. Les femmes et les enfants des fils de Jacob levèrent aussi les yeux au ciel, et crièrent vers Jéhova, afin qu'il protégeât leurs époux et leurs pères, et ne les laissât pas succomber sous la puissance du roi d'Égypte.


Lettre de Jacob au vice-roi d'Égypte.

Jacob remit entre les mains de Juda et de ses frères une lettre pour le roi (1346) d'Égypte. Elle était conçue en ces termes:

«Au puissant et sage Psonthomphanech, roi d'Égypte, de la part de ton serviteur Jacob, fils d'Isaac, fils d'Abraham l'Hébreu, salut.

Ce sera une chose connue de mon seigneur le roi d'Égypte que, dans notre pays de Chanaan, nous avons beaucoup à souffrir de la famine. Déjà une première fois je t'ai envoyé mes fils pour obtenir de ta bonté un peu de provisions. Car je suis entouré de soixante-dix enfants, et je suis très vieux; mes yeux, appesantis par l'âge, sont devenus obscurs. Outre cela, je pleure journellement un fils chéri, du nom de Joseph, qui a disparu de ma présence. C'est moi qui avais ordonné à mes fils de ne pas entrer ensemble dans ta capitale, de peur que les habitants n'en prissent ombrage. Je leur avais de plus ordonné de parcourir la ville et d'y chercher mon fils Joseph. Tu les as regardés comme explorateurs de ton pays. Nous avons appris par la renommée combien tu es sage et prudent; dès lors tu as dû reconnaître sur leur mine qu'ils sont loin d'être espions. Tu es devenu célèbre par ton interprétation prophétique du songe de Pharaon; celui qui possède une telle sagesse n'a pu se méprendre sur la qualité de mes fils et sur leur caractère.

Cette fois, ô roi mon seigneur, j'envoie en ta présence mon fils Benjamin, ainsi que tu en as exprimé le désir à mes enfants. Je te supplie de tenir l'œil sur lui jusqu'à ce qu'il me soit revenu sain et sauf avec ses frères. En revanche, Jéhova notre Dieu aura l'œil sur toi et sur ton royaume.

Sais-tu comment notre Dieu a traité Pharaon et le roi de Palestine, Abimélech, pour s'être emparés de Sara ma mère? N'as-tu appris qu'Abraham notre père, suivi de quelques hommes en petit nombre, a vaincu et tué les neuf rois d'Élam? Que d'eux de mes fils, Siméon et Lévi, ont détruit les villes des Amorrhéens au nombre de huit, pour une injure faite à leur sœur? la présence de Benjamin peut seule les consoler de la disparition de leur frère Joseph. Juge à quels excès ils se porteraient si quelqu'un mettait la main sur lui. Tu ne dois pas ignorer, ô roi d'Égypte, que nous sommes forts de la puissance de Dieu, qui ne nous abandonne jamais, parce que son oreille est continuellement attentive à nos prières. Quand j'appris de la bouche de mes fils ton comportement envers eux, j'invoquai Jéhova pour toi. Sans cela, aussi vrai que Dieu vit, ta ruine et celle de ton peuple serait déjà consommée, et mon fils Benjamin ne serait pas venu en ta présence. Mais je t'ai épargné, pensant que tu auras de bons procédés pour mon fils Siméon, qui est resté dans ta maison. Il est de l'intérêt de tout ton pays de renvoyer en paix mes fils avec leurs frères.

Maintenant, voici que je t'ai manifesté tout ce qui est au fond de mon cœur.»


Deuxième voyage en Égypte.

Les fils de Jacob emmenant Benjamin allèrent en Égypte et vinrent se présenter à Joseph. Et Joseph apercevant au milieu d'eux Benjamin, son frère, leur donna le salut de paix, et il commanda à l'intendant de sa maison de leur préparer un festin. Quand il fut midi Joseph envoya inviter ces hommes à venir devant lui avec Benjamin. Et les hommes parlèrent à l'intendant au sujet de l'argent qui avait été remis dans leurs sacs. Mais il leur dit: N'en ayez pas d'inquiétude; et en même temps il leur amena leur frère Siméon. Et Siméon dit à ses frères: À peine étiez-vous sortis de la ville que le maître de l'Égypte m'a retiré de la prison où il m'avait enfermé sous vos yeux; bien plus, il m'a gardé dans sa maison, et m'a comblé de bontés. Et Juda prit Benjamin par la main, et tous vinrent ensemble en la présence de Joseph et se prosternèrent devant lui la face contre terre. Joseph leur dit: Êtes-vous bien? Vos enfants sont-ils bien? Votre vieux père est-il bien? Ils lui répondirent: Nous nous portons tous bien. Alors Juda remit à Joseph la lettre que Jacob lui envoyait. Et quand il l'ouvrit il reconnut l'écriture de son père. Et comme il ne pouvait retenir ses larmes, il se retira promptement dans son cabinet et pleura abondamment. Après s'être lavé le visage il revint à ses frères, et il leva les yeux et vit Benjamin. Il leur dit: Est-ce là votre plus jeune frère dont vous m'avez parlé? Alors Benjamin s'avança, et Joseph lui imposant sa main sur la tête lui dit: Que Dieu te soit favorable, mon fils! Et Joseph en reconnaissant son frère, fils de sa mère, se sentit une seconde fois pressé de pleurer, et il entra dans sa chambre intérieure et soulagea son émotion par des pleurs. Et après s'être lavé le visage il sortit et se contint. Il ordonna ensuite de servir le repas.

Or, Joseph tenait à la main la coupe dans laquelle il avait l'habitude de boire à table. Elle était d'argent et garnie de sardoines et de perles de grand prix. Lorsque les frères allaient se placer, Joseph frappa sur la coupe et dit: Ce vase à boire m'apprend que Ruben est l'aîné de vous tous; que Siméon, Lévi, Juda, Issachar, Zabulon, sont enfants de la même mère. Et il les fit asseoir en les appelant dans l'ordre de leur naissance. Il dit ensuite: Je vois aussi que le plus jeune n'a pas de frère maternel parmi vous. Je suis en cela comme lui. Qu'il vienne donc prendre place à côté de moi. Et Benjamin monta jusqu'au trône et s'assit en face de Joseph. Or, tous ces hommes étaient en admiration d'une pareille certitude de divination. Pendant le repas Joseph leur envoyait de sa table la portion de chacun; mais à Benjamin il servait double portion. Manassé et Éphraïm voyant cela, donnaient aussi leurs portions à Benjamin, et Aséneth en fit autant: de sorte que Benjamin recevait cinq portions de chacun des mets (1347). Joseph fit aussi offrir du vin à ses frères; mais ils refusèrent d'en boire, disant: Depuis le jour de la disparition de notre frère Joseph nous nous abstenons de vin, et nous ne mangeons d'aucun mets délicat. Mais Joseph les conjura avec tant d'instance qu'ils burent avec lui du vin à satiété (1348).


Benjamin reconnaît Joseph par l'inspection d'un globe astronomique.

Après cela Joseph s'entretint en particulier avec Benjamin, et il lui demanda: As-tu des enfants? Benjamin répondit: Ton serviteur en a dix, qui s'appellent, Béla, Béchar, Asbel, Géra, Naaman, Échi, Ros, Mophim, Hophim et Ared. Je leur ai donné ces noms qui tous expriment mon regret du frère unique que j'ai perdu. Joseph se fit apporter son globe des corps célestes, au moyen duquel il calculait les temps, et il dit à Benjamin: On m'assure que les Hébreux possèdent toutes les sciences; entends-tu quelque chose à cet instrument? Et Benjamin: Ton serviteur connait les sciences que son père lui a enseignées. Alors Joseph le pria, disant: Examine la position des astres, afin de découvrir le lieu précis de l'Égypte où se trouve ton frère Joseph, puisque vous autres êtes persuadés qu'il est en ce pays. Benjamin ayant pris le globe entre ses mains, l'examina attentivement. Il partagea ensuite le ciel de l'Égypte en quatre régions astrologiques, et tout à coup il fut saisi de stupeur; car il reconnut que celui qui était assis devant lui sur un trône, était lui-même son frère. Joseph, s'apercevant du saisissement de Benjamin lui demanda: Qu'as-tu découvert, et quelle est la chose qui te fait éprouver une si vive sensation? Benjamin désignant du doigt un point du globe, répondit: Il est indiqué ici que Joseph mon frère est assis près de moi sur ce trône. Joseph lui dit aussitôt: Oui, c'est moi qui suis ton frère Joseph; mais ne révèle pas la chose à tes frères. Voici que je vais vous congédier tous ensemble. Je donnerai en même temps ordre de vous ramener en ville, et je te prendrai du milieu de tes frères comme pour te garder. S'ils exposent leur vie pour te ressaisir je saurai qu'ils se repentent sincèrement de ce qu'ils m'ont fait. Mais s'ils t'abandonnent tu demeureras avec moi, et j'emploierai la force contre eux, et les chasserai d'ici, et je ne me ferai pas connaître à eux.


La coupe trouvée dans le sac à blé de Benjamin.

En ce jour-là Joseph commanda à son intendant de remplir de blé les sacs de ses frères, d'y replacer l'argent qu'il en avait reçu, d'introduire la coupe d'argent dans le sac à blé de Benjamin, et de lui donner des provisions pour la route. Le lendemain de bon matin les hommes chargèrent leurs ânes, et s'acheminèrent avec Benjamin vers le pays de Chanaan. Ils n'étaient pas encore loin de la ville lorsque le gouverneur du palais du vice-roi courut après eux par ordre de son maître, et leur dit: Pourquoi avez-vous dérobé la coupe de mon maître? En entendant ce reproche, ils furent indignés et s'écrièrent: Si tu peux trouver la coupe sur l'un de nous, qu'il subisse la mort, et nous tous consentirons à devenir esclaves de ton maître. Et ils s'empressèrent de décharger leurs ânes, pour faire visiter leurs sacs. Et voici que le coupe se trouva dans le sac de Benjamin. Alors tous les frères déchirèrent leurs vêtements, et retournèrent à la ville avec le gouverneur du palais; et pendant le trajet ils ne cessaient de frapper Benjamin. Juda, outré de colère, s'écria: Vive Dieu! cet homme ne me fait ramener que pour causer en ce jour la ruine de sa capitale. Et ils arrivèrent au palais de Joseph, qui était assis sur son trône, et ses plus forts guerriers se tenaient à sa droite et à sa gauche. Joseph leur dit avec sévérité: Quelle est cette action que vous avez faite d'emporter ma coupe? Je sais que vous l'avez prise pour qu'elle vous indique le lieu de ce pays où est votre frère. Et Juda fit entendre ces paroles de son affliction: Que répondrons-nous à mon seigneur? Qu'alléguerons-nous, et comment nous justifierons-nous? Dieu a trouvé l'iniquité de tes serviteurs; c'est pourquoi il nous accable de ce malheur. Joseph se leva brusquement et leur arracha Benjamin de vive force, et entra avec lui dans son appartement dont il ferma la porte derrière lui. Le gouverneur du palais vint ensuite déclarer, savoir: Voici ce que dit le vice-roi: Retournez en paix auprès de votre père. Je me contente de retenir le voleur de ma coupe.


Notes sur le Livre de la Genèse

1335 Les vents d'est, à l'égard de l'Égypte, venaient d'un pays fort aride et fort chaud, et devaient être secs et brûlants.
1336 Comme les soixante-dix langues vont jouer un grand rôle dans l'histoire de Joseph, il est nécessaire d'en dire ici un mot.

D'après la tradition de la Synagogue, lorsque Dieu voulut confondre la langue des hommes réunis pour construire la tour de Babel, il descendit sur la ville, accompagné des soixante-dix anges qui se tiennent constamment en la présence de la gloire divine, et dont chacun protège une des soixante-dix nations de ce monde. Chacun des anges mit sur les lèvres de sa nation une langue différente; de sorte que les hommes de nations diverses ne s'entendaient plus entre eux. Telle est aussi l'explication que donnent des versets 7 et 8 du 11e chapitre de la Genèse, la paraphrase d'Ad. de Jonathan, les chapitres de R. Éliéser et plusieurs commentaires rabbiniques.

On lit dans la Chronique de David Gaus, 2e partie, année 996 du deuxième millénaire: «Dans les jours de la reine Sémiramis, en l'an 996, eut lieu la construction de la tour et la confusion des langues. Et le nombre des langues, d'après l'enseignement de nos docteurs, que leur mémoire soit en bénédiction! égalait celui des nations nommées dans la section Noé (Genèse 10); savoir, quatorze issues de Japheth; trente, de Cham; vingt-six, de Sem: en tout soixante-dix. Mais les écrivains nazaréens (chrétiens) en font plonger le nombre à soixante-douze.»

וסופרי הנוצרים העלו מספרם לשבעים ושתים

R. Isaac Abarbanel, dans son commentaire sur le chapitre 10 de la Genèse, transcrit un long passage de Rabenu Nissim, qui explique plus en détail la division des nations primitives selon le nombre des soixante-dix langues fréquemment mentionnées, dit-il, dans renseignement de nos docteurs, que leur mémoire soit en bénédiction. Voyez aussi: l'Exposition de la Genèse par le rabbin Bekhaï, fol. 20, colonne 2.

L'inscription du monument ordonné par Moïse dans le Deutéronome 27:8, devait être dans les soixante-dix langues. Talmud, traité Sota, fol. 32 recto et fol. 36 recto. Paraphrase chaldéenne de Jonathan, Yarkhi.

Une des qualités exigées pour être élevé à la dignité de membre du grand Sanhédrin, était de connaître les soixante-dix langues «Car,» dit le Talmud, traité Sanhédrin, fol. 17 recto, «le Sanhédrin ne doit pas avoir besoin d'interprètes.»

שומעת מּפי התורגמין (sic) שלא תהי םנהדרי

Mardochée découvrit le complot formé contre la vie d'Assuérus, parce que les conspirateurs, qui étaient de Tarse, parlaient de leur projet en langue de Tarse, et pensaient n'être compris de personne.

טרסיים הוו והיו מספרים בלשון טורסי

Mais Mardochée était membre du Sanhédrin, et par conséquent entendait toute leur conversation. Voilà ce que nous dit le Talmud, traité de Meghilla, fol. 13 verso.

Il est bien vrai que les écrivains chrétiens comptent soixante-douze langues. Nous pensons que cette différence provient de ce qu'ils suivaient la version des Septante. Or. celle-ci, dans le chapitre 10 de la Genèse, versets 22 et 24, donne deux générations de plus que le texte hébreu: savoir, un Caïnan fils de Sem et un Caïnan fils d'Arphaxad.

Clément d'Alexandrie (Strom. lib. 1, p. 318 de l'édit. de Paris 1629), Euphorus et plusieurs autres historiens «disent que les nations et les langues sont au nombre de soixante-quinze. Mais de fait il parait qu'il n'y a que soixante-douze langues générales, ainsi que l'enseignent nos écritures.» Φαίνονται δέ είναι καί κατά τόν άληθή λόγον αί γενικαί διάλεκτοι δύο καί έδδομήκοντα, ώς αί ήμέτεραι παραδιδόασι γραφαί.

Avant d'aller plus loin nous consignons ici une observation qui ne sera pas inutile pour plusieurs. Nous nommons simplement Clément le célèbre maître d'Origène, parce que Rome, la boussole infaillible des Chrétiens (Note de GoDieu.com: des Chrétiens catoliques romains), ne le comprend pas dans le catalogue des saints.

Saint Épiphane (Adv. hœres., lib. I, n. 5), après avoir dit que la folle entreprise des constructeurs de la tour de Babel déplut à Dieu, ajoute: «Car il divisa leurs langues, en partageant (multipliant) la seule qu'ils avaient en soixante-douze; selon le nombre des hommes (chefs des nations) qu'il y avait alors.» Διεσκέδασε γάρ αύτών τάς γλώσσας, καί άπό μιάς είς έδδομηκονταδύο διένειμε, κατά τών τότε άνδρών άριθμόν εύρεθέντα. Voyez aussi: hérésie 39, n. 7.

Pour ne pas trop allonger cette note nous ne citerons également que deux Pères latins anciens.

Saint Augustin (De Civ. Dei, lib. XVI, cap. 6): «Ex illis igitur tribus hominibus, Noe filiis, septuaginta tres, vel potius, ut ratio declaratura est, septuaginta duæ gentes, totidemque linguæ per terras esse cœperunt, quæ crescendo et insulas impleverunt.»

Voyez aussi: les chapitres 3, 10 et 11 du même livre.

Saint Jérôme (Comment. in Matthieu 26:53): «Septuaginta duo millia angelorum, in quot gentes hominum lingua divisa est.» C'est-à-dire autant de fois mille anges que la langue des hommes les a divisés en nations. La note marginale des Bénédictins porte: lingœ divisœ in 72.
1337 Voyez plus haut: colonne 1201.
1338 Joseph, יוסף; Jehoseph, יהוסף. L'extrait suivant du Talmud peut servir de commentaire à notre passage du Yaschar. «Les astrologues de Pharaon dirent: Un esclave que son maître a payé vingt pièces d'argent, tu veux le faire notre gouverneur! Pharaon leur répondit: Je reconnais en lui les qualités d'un prince. גנוני מלכות אני רואה בו. Ils lui répliquèrent: Dans ce cas il doit posséder les soixante-dix langues. Arriva Gabriel et lui enseigna les soixante-dix langues. Joseph ne pouvant les apprendre, l'ange ajouta à son nom une lettre du nom du Très-Saint, béni soit-il (le ה du nom יהוה, Jéhova), et il les apprit. Car il est écrit (Psaumes 81:6): Il a posé un témoignage en Jehoseph. Je compris toute langue que je n'avais pas connue. Le lendemain, en quelque langue que Pharaon l'entretenait, il lui répondait dans la même langue.» Talmud, traité Sota, fol. 38 verso.

Les Décisions des additions du Talmud nous apprennent que l'hébreu n'est pas compris dans les 70 langues.
1338* Ψονθομφανήχ de la version des Septante, que saint Jérôme traduit fort bien, Salvator mundi. Les Égyptiens appelaient leur pays le monde.

Un savant égyptologue de Rome, feu le P. Ungarelli, religieux barnabite, a montré d'une manière incontestable que ce nom est véritablement égyptien. Il se compose des éléments suivants. II article. Σοντ-θο, sauveur du monde. M. préposition. Φενεχ, éternel, éternellement (à l'exemple des LXX nous figurons en grec par χ, le hori du cophte, qui est une h aspirée). Le sens entier est: Salvator (le Sauveur) mundi in æternum. Voyez: la dissertation de feu le P. Upgarelli, Della iscrizione geroglifica incisa sopra un sarcofago vaticano-ezigio. Rome, typographie de la Propagande, 1842.
1339 Je me réserve le titre de roi.
1340 Il faut convenir que la beauté de Joseph opérait en cette circonstance un grand miracle; et notre auteur n'a eu garde de passer sous silence cet étonnant silence.
1341 1 Samuel 2:8; Psaumes 84:13.
1342 C'est-à-dire Héliopolis. S. Cyrille, qui vivait dans le pays, dit dans son commentaire sur Osée: Les Égyptiens appellent le soleil, On. Όν δέ ίστι κατ· αύτούς ό Ήλιος.

Notre texte distingue parfaitement par l'orthographe des noms le beau-père de Joseph d'avec son ancien maître.
1343 Contrée de l'Afrique d'après ce qui est raconté ici, ce qui confirme l'opinion de Hensler qui place le pays de Tharsis en Éthiopie ou Abyssinie. La plupart des auteurs, Bochart à leur tête, veulent que Tharsis soit l'Espagne. Dans Ézéchiel 27:12, les LXX traduisent, Καρχυδόνιοι, et la Vulgate, Carthaginenses. Ce qui peut encore s'accorder avec le récit du Yaschar.
1344 Tharsis était fils de Javan. (Genèse 10:4). On voit bien ici que les territoires des enfants de Tharsis et des enfants d'Ismaël étaient voisins.
1345 Les langues orientales n'ont pas, comme les nôtres, un terme spécial qui désigne les hommes habiles, exercés en cette chose, utiles, nécessaires dans tout gouvernement régulier.
1346 C'est-à-dire le vice-roi.
1347 Genèse 43:33: Sederunt coram eo, primogenitus juxta primogenita sua, et minimus juxta œtatem suam. Et mirabantur nimis. — Ibid., 34: Sumptis partibus quas ab eo acceperant, majorque pars venit Benjamin, ita ut quinque partibus excederet.

Ces deux versets, surtout le premier, n'ont de sens qu'autant qu'on y applique la tradition conservée dans le Yaschar, et qui se trouve aussi dans plusieurs livres des rabbins. Voyez: Médrasch-Rabba, Médrasch-Thaukhuma, Yarkhi.
1348 Le Médrasch-Rabba dit également que depuis le jour de la vente de Joseph ils n'avaient pas bu de vin.

Notre texte porte, comme la Bible, וישכרו. La Vulgate traduit trop littéralement, et inebriati sunt. Le verbe hébreu ne signifie pas toujours, s'enivrer, mais bien souvent boire à satiété, ou mieux, pour nous servir d'une expression populaire, boire son content, sans se laisser aller jusqu'à l'ivresse. Tel est évidemment le sens ici. Ils ne burent pas comme des Anglais.


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