🕊 Les dons miraculeux selon Jean-Frédéric Ostervald
Les dons miraculeux sont-ils encore d'actualité ?
Arguments et réflexions théologiques du pasteur Jean-Frédéric Ostervald
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Les dons miraculeux selon Jean-Frédéric Ostervald
par
Jean-Frédéric Ostervald
Pour ceux qui doute ou qui ne croit toujours pas que les dons miraculeux ne sont plus d'actualité.
Introduction
Aujourd'hui en ces temps d'apostasie (2 Thessaloniciens 2:3), il semble indéniablement que les évangéliques en générales, tous confondus, ont oublié et/ou rejeté un trop grand nombre de vérités bibliques de manière à assouvir que leurs propres aspirations charnelles, d'apparence spirituelle, certes, mais toutefois mensongère et néfaste pour leurs sujets qui sont malheureusement induits en erreur et poussés vers la perdition éternelle assurée.
Mis aux oubliettes de trop longues années, voici désormais retrouvé un appui de taille difficilement contestable du traducteur protestant de la populaire et respectée Bible Ostervald dans le milieu protestantisme entre autre. Selon les Arguments et Réflexions contenus dans la Bible traduite par le pasteur de l'église de Neuchâtel, Jean Frédéric Ostervald, datant de 1744, les dons miraculeux ne sont plus d'actualité s'étant éteints du temps des Apôtres. Un raisonnement réfléchi des plus intelligents au constat des faits de dons illusoires dans l'Église suivant les saints Apôtres. Ce fut la position officielle de la Réforme protestante et aussi celle de Compagnie des pasteurs et professeurs de Genève. A la déclaration de tous ces illustres hommes de Dieu vient s'ajouter ceux de tous les vaudois, des huguenots et des réformés qui, massacrés atrocement, versèrent leur sang pour en sceller la vérité. Les petits groupes de mystiques illuminés qui surgirent ici et là pour donner une contrefaçon de cette glorieuse vérité, comme ceux des anabaptistes, des moraves et des prophètes de Cévennes, ne peuvent être attribués aucune crédibilité. Les nombreuses hérésies de ces sectes furent critiquées et désavouées par la grande majorité des pasteurs et des chrétiens fidèles qui «combattaient pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes.» (Jude 1:3).
Dieu notre Père Créateur (Genèse 1:1), Seigneur (Deutéronome 10:17; Actes 4:24; 17:24; 1 Corinthiens 10:26) et Sauveur (Ésaïe 43:11; Osée 13:4; Actes 4:12), la Parole du commencement qui a été faite chair, et a habité parmi nous (Jean 1:1-3, 14), répondant au Nom au-dessus de tous noms, JÉSUS (signifiant: L'ADMIRABLE Sauveur), puisse-il chasser au plus tôt l'aveuglement passager afin d'attirer irrésistiblement ses derniers élus au salut en lui avant la fondation du monde (Éphésiens 1:4-9, 11; Tite 1:2), selon son décret d'élection de toute éternité, et ce, pour la Gloire de Lui seul. Que son règne soit !
Vous pouvez consulter les Arguments et Réflexions de la Nouvelle Alliance de la Bible Ostervald 1744 sur GoDieu.com (une première fois en ligne sur GoDieu.com le 30 juillet, 2005), plus spécifiquement les chapitres suivants: CHAPITRE 12; CHAPITRE 13; CHAPITRE 14; de la première Épître de saint Paul aux Corinthiens.
La vue de saint Paul, dans ce chapitre, est d'instruire les Corinthiens sur les dons du Saint-Esprit et sur l'usage qu'il en faut faire, et d'empêcher qu'il n'y eût des divisions dans l'Église à ce sujet.
Dans ce dessein il fait deux choses.
Il leur fait remarquer que depuis qu'ils avaient renoncé à l'idolâtrie, Dieu avait répandu sur eux les dons du Saint-Esprit; que Dieu accordait aux ministres de l'Église et même à plusieurs Fidèles de ce temps-là, divers dons extraordinaires, comme le don d'instruire, celui de guérir les maladies, celui de parler et d'interpréter diverses langues, celui de la prophétie, et d'autres semblables; il remarque que tous ces dons venaient d'une même source, mais qu'ils étaient différents, en sorte que tous ceux qui avaient reçu l'Esprit de Dieu ne possédaient pas les mêmes dons, ni dans la même mesure.
Il montre que ces dons procédant tous du même Esprit, et que les Fidèles ne composant tous ensemble qu'un seul corps, ils devaient employer les divers dons de Dieu à l'utilité des autres et à l'édification de l'Église. C'est ce qu'il éclaircit par la comparaison du corps humain, en remarquant que quoique tous les membres n'aient pas les mêmes fonctions ni la même dignité, ils ne laissent pas d'être tous nécessaires et de contribuer au bien du corps. Par là saint Paul veut faire voir aux Corinthiens qu'il ne fallait pas que ces dons du saint-Esprit, qui leur avaient été accordés pour leur utilité commune et pour les unir les uns avec les autres, servissent à les diviser.
RÉFLEXIONS
Pour profiter de cette lecture, il faut remarquer,
que les dons miraculeux qu'il y avait autrefois dans l'Église étaient une preuve incontestable de la divinité de la religion chrétienne, et un moyen très-efficace dont Dieu se servit, dans les commencements du christianisme, pour affermir les chrétiens dans la foi, et surtout pour y amener les Juifs et les païens.
Au reste, quoique ces dons extraordinaires ne se voient pas aujourd'hui, il parait, de ce chapitre, que Dieu les accordait aux chrétiens du temps des apôtres, puisque saint Paul parle de ces dons-là comme d'une chose qui était alors connue de tout le monde, et qui était même fort commune dans l'Église.
Nous devons appliquer aux dons ordinaires de l'Esprit de Dieu ce que saint Paul dit des dons miraculeux, et apprendre d'ici que tous les dons et toutes les grâce spirituelles viennent du Saint-Esprit, que Dieu les accorde aux hommes dans un degré différent, tant pour leur propre salut que pour le bien de leurs frères, et que comme nous ne composons tous ensemble qu'un même corps, nous devons aussi rapporter tous les dons que nous avons reçus au même but, qui est l'utilité et l'édification de l'Église, et vivre entre nous dans une parfaite union, nous contentant, chacun de nous, de la mesure de la grâce qu'il a plu à Dieu de nous départir, et la possédant avec humilité.
Enfin saint Paul marque qu'il y a des dons, plus excellents et plus salutaires que les dons miraculeux, savoir, ceux de la vraie foi et de la charité, dont il sera parlé dans le chapitre suivant. Ainsi ce sont principalement ces dons-là que nous devons rechercher avec toute l'ardeur dont nous sommes capables.
Saint Paul,
après avoir parlé des dons miraculeux, enseigne que ces dons, quelque excellents qu'ils soient, ne servent de rien sans la charité.
Ensuite il décrit la nature et les caractères de cette vertu; il montre qu'elle bannit les divisions, la jalousie, l'orgueil, l'irritation, les soupçons; et il dit cela parce que ces défauts-là régnaient parmi les Corinthiens.
Enfin il prouve que la charité est la principale des vertus, par cette considération que les dons miraculeux ne devaient pas toujours durer dans l'Église, au lieu que la charité y doit régner à jamais, et qu'elle aura même lieu dans le ciel.
II. 1 Corinthiens 13:4-7;
III. 1 Corinthiens 13:8-13.
RÉFLEXIONS
Ce chapitre, qui traite de la charité, doit être sans cesse médité par les chrétiens. Saint Paul y marque l'excellence et la nature de cette vertu.
Il en montre l'excellence par ces deux considérations.
L'une, que si on n'a pas la charité, c'est-à-dire, si l'on n'aime pas véritablement son prochain et si l'on n'est pas animé d'un esprit de paix, d'union et de douceur, tous les autres dons, même les plus excellents, tel qu'était le don des langues et celui de faire des miracles, sont inutiles, et qu'on n'est rien devant Dieu.
L'autre, que les dons miraculeux devaient cesser, au lieu que la charité est une vertu qui subsistera toujours et qui fera notre bonheur et notre perfection dans le ciel, comme elle le fait sur la terre.
Après cela, l'apôtre nous apprend, dans ce chapitre, qu'elle est la nature de la charité. Il dit que les personnes en qui cette vertu se trouve ne sont ni envieuses, ni hautaines, ni soupçonneuses, ni intéressées, ni aigres, ni querelleuses, mais qu'elles sont patientes, douces, paisibles, qu'elles jugent charitablement du prochain, qu'elles l'ont du bien et qu'elles supportent tout. Cette description que saint Paul fait des caractères de la charité et des divers effets qu'elle produit, marque, d'une manière bien claire, qu'elle comprend toutes les autres vertus, et qu'ainsi le vrai moyen de s'acquitter de tous les devoirs du Christianisme est de s'attacher à la charité.
Saint Paul continue à parler des dons miraculeux, et en particulier du don de parler diverses langues, et il dit qu'entre tous les dons spirituels que Dieu accordait à certaines personnes en particulier, celui de la prophétie, c'est-à-dire le don d'enseigner, d'expliquer l'Écriture et d'exhorter, était le plus utile pour l'édification de l'Église.
Il confirme cela en remarquant qu'il était inutile et même absurde de parler des langues étrangères, si l'on n'était pas entendu de ceux en présence de qui on parlait.
Il ordonne ensuite que ceux qui parlaient ces langues, ou qui avaient quelque révélation, le fissent avec ordre, et l'un après l'autre, et qu'il y eût toujours quelqu'un pour interpréter ce qu'ils disaient.
Il prescrit de plus que les femmes gardent le silence dans l'église, et que tout s'y fasse avec bienséance et avec ordre.
RÉFLEXIONS
Quoique le don de parler divers langages ait cessé dans l'Église et qu'il n'y ait pas aujourd'hui des révélations comme il y en avait du temps des apôtres, nous pouvons recueillir de ce chapitre des instructions importantes.
Que ces dons extraordinaires étaient, comme saint Paul le dit ici, une forte preuve de la vérité de l'Évangile.
Que quelque excellent que fut le don des langues, il n'était pas salutaire, à moins qu'on ne le rapportât à l'instruction et à l'édification de toute l'Église, qui est le grand but que l'on doit toujours se proposer dans la religion.
Surtout saint Paul nous apprend ici qu'il est de la dernière importance et d'une absolue nécessite de donner au peuple une connaissance claire des vérités que Dieu nous a révélées, et d'expliquer pour cet effet l'Écriture Sainte familièrement et intelligispanlement; qu'ainsi la lecture de l'Écriture, les exhortations, les prières, les psaumes, la célébration du service divin, et généralement tout ce qui se dit dans l'Église, doit se faire dans un langage que le commun peuple entende, et d'une manière claire, simple, et accommodée à la portée de tout le monde.
Enfin il faut faire une grande attention à ce que saint Paul établit dans tout ce chapitre et en particulier sur la fin, en disant que Dieu n'est pas un Dieu de confusion et de désordre, mais qu'il est un Dieu d'ordre et de paix et que toutes choses doivent se faire dans l'Église avec bienséance, avec ordre et avec gravité. Il parait de là que ce qui concerne l'extérieur de la religion et du service divin n'est pas une chose indifférente, et que l'intention de Dieu est que l'ordre, la bienséance et l'uniformité soient observées dans toutes les Églises chrétiennes.
La gloire soit à Christ seul aux siècles des siècles.






