🕊 Face aux bouleversements technologiques actuels
Les technologies numériques et l'intelligence artificielle (IA).
Une dynamique de «combat civilisationnel» accablant.
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Face aux bouleversements technologiques actuels
Le combat civilisationnel face à l'Intelligence Artificielle (IA)
Une posture de combat et de complicité sur les technologies numériques et l'intelligence artificielle se trouve dans une dynamique de «combat civilisationnel». Face à un monde de plus en plus accablant, puisons note force de vie dans la lecture, l'écriture, l'amitié et l'énergie de la lutte.
Le moment du constat et l'ampleur des dégâts (2023-2026)
Le climat social et intellectuel a radicalement changé. Alors qu'en 2023 certains doutaient encore de la gravité de l'IA générative, les années 2026-2027 marquent le temps des constatations empiriques et alarmantes. L'affaire est grave et se manifeste dans plusieurs secteurs.
La désorientation de l'école publique
Les professeurs, livrés à eux-mêmes, ne savent plus à quoi ils servent face à la triche et à l'automatisation des devoirs.
La «Jobs Apocalypse»
L'effondrement de l'emploi, touchant désormais de plein fouet les cols blancs (travailleurs de bureau, employés administratifs et cadres).
Le sinistre de l'industrie musicale
Près de 50% des morceaux sur les plateformes de streaming comme Spotify entre autres, sont aujourd'hui générés par des IA, menaçant la survie des auteurs, compositeurs, paroliers et musiciens.
La dépendance émotionnelle
Un assujettissement affectif grandissant des adolescents ainsi que des adultes envers des systèmes algorithmiques.
La catastrophe écologique
Une course effrénée à la construction de Data Centers (Centres de données ― Gigafactory) qui surchauffent et menacent de «brûler la planète» énergiquement.
Le concept de l'«anhumanité» et la rupture anthropologique
Ne devrions-nous pas mettre en garde contre les derniers concepts managériaux et techniques issus de la Silicon Valley, notamment la «Zero Human Organization» (Organisation à Zéro Humain)? Ce modèle vise à exclure progressivement l'humain de la gestion des affaires du monde. L’apparition des robots humanoïdes, portée par des figures comme
Elon Musk chez Tesla entre autres, incarne cette trajectoire.
Qualifions ce phénomène d'«anhumanité» (à ne pas confondre avec l'anti-humanité).
Un cours des choses automatisé d'où l'homme est évincé, déléguant ses facultés intellectuelles et créatives à des machines pour devenir une «coquille vide», amorphe et passive. En citant l'anthropologue
André Leroi-Gourhan (Le Geste et la Parole, 1964), rappelons qu'à aucun moment de son évolution l'homme n'a eu à rompre avec lui-même. C'est pourtant cette rupture anthropologique et civilisationnelle qui se joue aujourd'hui.
L'encyclique Papale entre salut et angles morts
Le pape
Léon XIV est en croisade contre les dérives de l’IA avec la bénédiction d’Anthropic. L'actualité est marquée par la publication récente de l'encyclique du Pape (nommé sous le nom de
Léon X, faisant écho à une figure d'autorité spirituelle), intitulée «Magnifica Humanitas» (PDF ― 815 Ko).
Le fait qu'une autorité spirituelle mondiale place enfin le curseur de l'évaluation de l'IA à une hauteur civilisationnelle, et non plus simplement sur le plan des chiffres, de l'utilitarisme ou des points de croissance est remarquable. Le Vatican s'est notamment inspiré des travaux du philosophe
Éric Sadin ayant donné une conférence très suivie au Parlement italien l'année précédente.
En fait en mai 2026, l'Église catholique romaine franchit un pas historique sous l'égide du
pape Léon XIV. Ce dernier venant de publier sa toute première encyclique papale en 2026, titrée «Magnifica Humanitas» (Magnifique Humanité). Ce texte solennel de 134 pages et plus de 40 000 mots ne s'adresse pas uniquement aux fidèles, mais bien à l'humanité entière, s'inscrivant dans la pure tradition des encycliques de crise. À l'instar de
Pie XI face au nazisme en 1937, de
Léon XIII face à la révolution industrielle, ou plus récemment de
François face à la crise climatique en 2015,
Léon XIV positionne le Vatican comme une autorité morale indispensable face à l'inaction perçue des gouvernements actuels.
Le choix du nom du souverain pontife et la date de publication — le 15 mai — ne doivent rien au hasard. Il s'agit d'un hommage direct à
Léon XIII, le pape de la révolution industrielle. Par ce parallèle historique,
Léon XIV envoie un message limpide: l'avènement de l'intelligence artificielle constitue la nouvelle révolution industrielle, avec son lot de bouleversements et d'inégalités.
Les grands thèmes de «Magnifica Humanitas»
L'encyclique aborde des concepts fondamentaux et d'importants cris d'alarme
La normalisation de la guerre
Le pape s'inquiète du renouveau troublant des conflits armés par le biais de l'IA. L'utilisation d'armes autonomes crée une distance technologique qui tend à déshumaniser et à normaliser les actes de guerre.
Le désarmement corporatif
Au-delà du champ de bataille militaire, le texte appelle à un désarmement entre les géants de la Tech. Ces entreprises s'accaparent un pouvoir supérieur à celui des États, hors de toute réglementation. Le pape exhorte à abandonner cette logique de compétition armée pour bâtir une IA respectueuse de l'humain.
Le syndrome de la tour de Babel
Léon XIV utilise cette métaphore biblique pour fustiger les entreprises technologiques qui, selon lui, tentent de «jouer à Dieu» sans sa bénédiction, s'exposant ainsi à un retour de bâton historique.
Mais le pape n'aurait-il pas dû condamner le vol de données, l'exploitation de la main-d'œuvre et le marketing trompeur de ces entreprises plutôt que de leur offrir une tribune? Le Vatican est devenu un lieu de passage pour le milieu de la Tech étant qu'il a déjà rencontré les dirigeants de
Google et
Microsoft, et en mars dernier, le milliardaire
Peter Thiel (Palantir) y tenait une conférence prophétique sur l'Antéchrist et l'IA, avant d'être qualifié d'hérétique par le conseiller en IA du pape.
Pour couronner le tout, une rumeur persiste
Des tests sur des détecteurs de textes générés par IA auraient révélé des indices d'écriture automatisée dans la version originale italienne de l'encyclique papale. Un paradoxe suprême qui reste infondé, mais qui alimente les fantasmes.
Toutefois, il demeure un profond scepticisme avec une insuffisance majeure dans les préconisations de l'encyclique, dont le renoncement face à l'Éducation.
Dans le cas de l'École, le discours papal sur l'école est extrêmement faible et trop proche de la doxa de l'«adaptabilité». Le Pape y prône des concepts abstraits comme «se sevrer» ou «jeûner de l'IA».
Il s'agit ici d'une faute morale et politique. S'inscrivant dans la tradition théologique des commandements par l'interdit — qui pose la condition de possibilité d'une humanité digne —, le Pape aurait dû exiger une interdiction pure et simple de l'IA générative à l'école. Ne devrion-nous pas fustiger les gouvernances et les industriels de l'AI qui introduisent ces technologies dans l'Éducation nationale? L'école ne doit-elle pas demeurer le sanctuaire de l'apprentissage, de l'effort personnel et de l'expérience de l'altérité?
Le choc des mondes et le flou des frontières en 2026
D'un côté, l'Église catholique cherche à endosser le rôle de boussole éthique universelle face à une révolution qui dépasse les gouvernements; de l'autre, les barons de la Silicon Valley s'engouffrent dans les couloirs du Vatican pour draper leurs ambitions commerciales d'un vernis mystique et philosophique.
Entre les avertissements bibliques du pape
Léon XIV, l'anthropomorphisme fasciné des créateurs de technologies et les critiques acerbes des scientifiques de terrain, la situation actuelle possède tous les ingrédients d'un thriller technico-religieux.
En somme, ne devrions-nous pas porter en lumière la bascule philosophique et sociétale majeure des années 2026-2027 face au déferlement des intelligences artificielles génératives? L'enjeu n'est plus technique ou économique, mais purement anthropologique. Acceptons-nous de renoncer à nos facultés sensibles et intellectuelles par confort, ou choisissons-nous de mener le combat pour préserver ce qui nous constitue en propre?
Bien que des institutions mondiales comme le Vatican commencent à s'emparer de la question à travers des textes au titre évocateur tel que «Magnifique humanité», la réponse globale reste prisonnière des bons sentiments et de la culture de la résignation. Seule une politique de l'interdit radical, notamment au sein des sanctuaires scolaires, permettra d'éviter l'avènement d'une société de l'évitement et du vide textuel, préservant ainsi la splendeur et la vulnérabilité de l'expérience humaine.
En définitive, le déferlement des intelligences artificielles génératives ne relève plus d'une simple transition technique ou économique, mais bien d'un défi civilisationnel inédit. La confrontation inédite entre la réflexion éthique et spirituelle du Vatican, incarnée par l'encyclique «Magnifica Humanitas», et les ambitions démesurées des barons de la Silicon Valley met en lumière les failles de notre gouvernance actuelle.
Alors que les algorithmes menacent de vider de leur substance nos emplois, notre culture et nos écoles, la culture de l'adaptabilité et des bons sentiments ne suffit plus. Pour faire face au spectre de l'anhumanité et protéger l'essence même de notre créativité et de notre sensibilité, il devient impératif de poser des limites fermes, notamment au sein du sanctuaire scolaire.
Le choix nous appartient désormais: subir le confort d'une automatisation aliénante ou revendiquer, par l'effort et la résistance intellectuelle, la dignité et la primauté de l'être humain.
Apprendre avec l'IA (Intelligence Artificiel)






