🕊 Antidote contre l'Arminianisme
∞ Christophe Ness (1838) (5)

Le traité choc pour redécouvrir la libre grâce.

Les cinq points de l'Arminianisme passés au crible de la théologie réformée.

Pourquoi l'Arminianisme menace la foi?

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Antidote contre l'Arminianisme ∞ Christophe Ness (1838)
Antidote contre l'Arminianisme ∞ Christophe Ness (1838)

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Antidote contre l'Arminianisme ∞ Christophe Ness (1838) (5)

Chapitre I (Suite)

De la prédestination conditionnelle

Ayant établi la doctrine de la prédestination divine comme révélée dans les Écritures, et ayant tiré de la même source la preuve qu'elle possède diverses propriétés distinctes, telles que d'être éternelle, immuable, absolue, libre, distinctive, et extensive; je passe à présent en second lieu à considérer les vues des Arminiens sur cette doctrine, savoir, «qu'elle est conditionnelle, d'après la prévision de la foi, des œuvres, et de la persévérance, etc.»

À ceci je réponds, que la prédestination ne peut être conditionnelle, sur la prévision de la foi de l'homme, des œuvres et de la persévérance, etc., à cause des douze raisons suivantes:

  1. Ce que les Écritures déclarent être la cause et le fondement de notre élection, cela et cela seulement doit être la cause et le fondement de notre élection.

    Le bon plaisir de Dieu est la seule cause et le fondement de notre élection, et non quelque prévision de notre foi, etc. Que les Écritures déclarent ceci, c'est ce qui est évident de Éphésiens 1:5, «Conformément au bon plaisir de sa volonté» et d'Éphésiens 1:9. «Nous ayant fait connaître le secret de sa volonté, selon son bon plaisir»; et Éphésiens 1:11. «Prédestinés conformément au dessein de celui qui opère toutes choses d'après le conseil de sa propre volonté». De Matthieu 11:25-26. Tu as caché ces choses aux savants et aux prudents et tu les as révélées aux enfants. Il en est ainsi, Ô Père, parce que cela te sembla bon.

    Les Écritures déclarent encore amplement la même vérité (Romains 9:11, 15 et Romains 11:5; et 2 Timothée 1:9). Notre salut et notre vocation, sont montrés comme étant non selon nos œuvres, mais selon le dessein de la grâce, qui nous est donnée de Christ avant la fondation du monde. Le temps manquerait pour citer tous les passages de l'Écriture, car toute la Bible, comme d'une seule voix, crie hautement, «l'élection est de la grâce souveraine et non des œuvres, découlant seulement du bon plaisir et de l'absolue volonté de Dieu.»

  2. Ce qui fait de l'élection l'acte d'un débiteur, ne doit pas être reçu; et c'est ce que fait le décret conditionnel.

    Un acte de grâce et un acte de débiteur, sont des termes contradictoires. Si l'élection est un acte de grâce (et toute l'œuvre du salut a été démontrée être entièrement et uniquement de sa libre grâce, voir: «La quatrième propriété du décret divin»), on doit regarder comme abominable et on doit rejeter la pensée de faire de l'élection un acte de débiteur. Si le décret est conditionnel sur la prévision de la foi et de la persévérance, il est donc un acte de dette et non de grâce, un acte de justice et non de miséricorde; car un décret qui donne la gloire aux croyants qui persévèrent, comme étant leur récompense, ne peut être autre chose qu'une justice rémunératrice.

  3. Ce qui fit sortir Dieu de lui-même, dans son action intrinsèque et éternelle, ne doit pas être reçu; et c'est ce que fait le décret conditionnel.

    Selon un tel décret, Dieu regarde ceci, ou cela dans la créature sur laquelle sa volonté se détermine; ainsi l'homme est l'auteur de son propre salut, et non pas Dieu. La doctrine du décret conditionnel place Dieu sur sa tour de guet de préconnaissance pour épier ce que les hommes feront; s'ils croiront ou non, s'ils obéiront ou non; s'ils persévéreront ou non; et, conformément à ce qu'il observe, il détermine sa volonté à leur égard; ainsi sa perfection de divine connaissance, et sa divine volonté, est détruite d'un souffle.

  4. Nulle chose temporelle ne peut être la cause efficiente de notre éternel salut; mais la foi, l'obéissance, etc., sont des choses temporelles, la première étant produite en nous, et la seconde étant accomplie par nous dans le temps déterminé.

    Ceci n'est donc autre chose que préférer le temps à l'éternité, et mettre une post-destination à la place d'une prédestination.

  5. Ce qui est l'effet et le fruit du décret divin ne peut être sa cause; la foi, la persévérance ne sont que les fruits et les effets de l'élection d'amour.

    Ceux qui sont donnés à Christ dans le décret d'élection, viennent à Christ et croient en lui; les autres ne viennent ni ne croient; et la cause assignée est; parce qu'ils ne sont pas de ses brebis, parce qu'ils ne sont pas donnés. «Tout ce que mon père me donne viendra à moi» (Jean 6:37). Venir à Christ, c'est croire en lui, «vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes point: de mes brebis» (Jean 10:26). «Et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent» [7](Actes 13:48).

    Nous ne pouvons (selon la notion Arminienne) lire ce passage ainsi: autant comme il y en eut qui crurent furent destinés à la vie; car ceci serait mettre la charrette devant les chevaux, comme si les moyens avaient été ordonnés avant la fin. Nous sommes prédestinés, afin que nous soyons saints, et non à cause que nous sommes saints. (Éphésiens 1:4). Nous sommes prédestinés afin que nous marchions dans les bonnes œuvres et non parce que nous y marchons. (Éphésiens 2:10). Nous sommes prédestinés à être conformes à l'image de Christ, et non parce que nous y sommes conformes (Romains 8:29). C'est l'élection qui obtient la foi, et non la foi qui obtient l'élection. (Romains 11:7), et l'apôtre (2 Timothée 1:9), exclut toutes les causes (soit prévues ou existantes) montrant que le gracieux dessein est l'origine de tout. Oui Paul lui-même fut choisi, afin qu'il pût connaître la volonté de Dieu et non parce qu'il la connaîtrait (Actes 22:14); et il dit aux Thessaloniciens (2 Thessaloniciens 2:13), que Dieu les a élus au salut par la sanctification de l'Esprit, et la foi de la vérité. Nous ne pouvons faire un antécédent de l'élection, ce qui n'en est que la conséquence, «Je vous ai choisis, et je vous ai ordonnés, afin que vous alliez et que vous portiez beaucoup de fruits» (Jean 15:16).

  6. Ce qui place une cause inférieure au-dessus d'une cause supérieure, ne doit pas être admis; et c'est ce que fait le décret conditionnel.

    Dieu est la cause des causes, et la première cause de toutes choses. Il ne peut y avoir aucun être qui ne vienne de lui, il ne peut y avoir rien, avant lui. «De lui, et à lui, et par lui sont toutes choses» (Romains 11:36). «En lui nous avons la vie, le mouvement et l'être» (Actes 17:28). «Seigneur, tu as créé toutes choses et c'est par ta volonté qu'elles sont et ont été créées» (Apocalypse 4:11). Dieu est la cause efficiente, et la dernière fin de tous les êtres; mais s'il y a un être antécédent à la détermination de la volonté de Dieu, il ôte la dignité de la cause suprême, et il fait l'acte de l'homme, supérieur à l'acte de Dieu.

  7. Ce qui ôte la certitude, et l'immutabilité du décret divin, ne doit pas être reçu, et c'est ce que fait le décret conditionnel.

    Si quelque chose dans l'homme, incline Dieu à choisir l'homme, le décret de Dieu ne peut donc demeurer ferme; mais doit dépendre de quelque acte contingent de l'homme, que ce soit la foi, les œuvres, ou la persévérance.

    S'il dépend de notre persévérance dans la foi, il ne peut être ferme et certain, selon la doctrine Arminienne de la déchéance de la grâce: Car l'hypothèse Arminienne établit le décret de Dieu d'après cette forme, savoir:

    Je les sauverai tous si tous m'obéissent; mais je vois qu'ils pécheront; je dois le leur permettre; mais je les condamnerai tous; cependant ce décret de condamnation ne sera pas péremptoire; j'enverrai Christ pour les racheter tous: pour les sauver tous encore une fois s'ils croient; mais je vois qu'ils ne croiront pas. Je décréterai de sauver ceux que je prévois qui croiront et persévéreront en croyant.

    Oh! quelle variable peinture d'un Dieu immuable!

  8. Ce qui établit que nous choisissons Dieu avant que Dieu nous choisisse, ne doit point être reçu: et c'est ce que fait le décret conditionnel sur la foi prévue.

    Si Dieu ne nous choisit que lorsqu'il prévoit la foi en nous, il suit donc nécessairement que nous choisissons Dieu avant qu'il ne nous choisisse, et que nous l'aimons avant qu'il nous aime; contrairement à ces écritures,

    «vous ne m'avez pas choisi, mais c'est moi qui vous ai choisis» (Jean 15:16);

    «nous l'aimons parce qu'il nous a aimés le premier» (1 Jean 4:19).

    Mais les Arminiens vont plus loin encore, car ils disent:

    nous devons être prévus non-seulement croyants mais encore persévérants dans la foi; ce qui est non-seulement choisir Dieu pour notre Dieu, mais aussi persévérer dans ce choix jusqu'au dernier moment de notre existence, avant que nous puissions être des objets convenables du choix ou de l'élection de Dieu!

  9. Ce qui ôte son caractère mystérieux au décret divin, doit être rejeté, et c'est ce que fait cette doctrine de la foi prévue.

    C'est une dangereuse présomption aux hommes de prendre sur eux, avec leurs mains impures, l'explication des profonds mystères de Dieu [8] ⇳ d'après leur raison charnelle; là où le grand apôtre demeure dans l'étonnement, s'écriant:

    «O profondeur! qu'elle est impossible à sonder!» (Romains 11:33) et encore:

    «qui connaît la pensée du Seigneur!» (Romains 11:34)

    Si saint Paul eût été dans la persuasion arminienne, il aurait répondu:

    «Les élus sont ceux dont Dieu a prévu qu'ils croiraient et qu'ils persévéreraient!»

    Cette réponse n'aurait pas été dure à entendre même par les ignorants (c'est-à-dire les «charnels»), les hommes du monde qui tordent les écritures à leur propre perdition (2 Pierre 3:16). Mais Paul n'était qu'un ignorant, et ces hommes sont plus sages que le Saint Esprit; car il nous dit que notre élection procède de la volonté de celui qui élit, et non de quelque chose qui soit dans l'élu. La souveraine volonté de Dieu, est la règle suprême de toute justice; «il aura compassion de qui il aura compassion, et il endurcira qui il voudra». Si la foi prévue et la persévérance eussent été les causes et les conditions de l'élection, il n'y aurait eu nul mystère là-dedans.

  10. Cette élection dont l'ombre nous est montrée dans l'amour de Dieu à l'égard de Jacob (soit comme «personne», soit comme «nation») est l'élection selon la vérité; mais cette élection n'a pas été d'après la foi ou les œuvres prévues.

    1. Premièrement la personne de Jacob. Il était sous l'élection d'amour; toute prévision de foi et d'œuvres étant exclue. J'ai aimé Jacob (Romains 9:12-13). Aimer Jacob, c'est lui vouloir le plus grand bien, même le salut éternel, et tout ce qui l'accompagne; et ceci eut lieu avant qu'il y eût quelque différence entre lui et Ésaü, car ils étaient tous les deux également dans le sein de leur mère et conçus dans le péché. «Avant que les enfants fussent nés, et qu'ils eussent fait ni bien ni mal; afin que le dessein de Dieu selon l'élection demeurât ferme, non des œuvres, il fut dit à Rébecca, l'aîné sera assujetti au plus jeune» (Romains 9:11-12).

    2. Secondement Jacob comme nation. Notre élection est typifiée par l'élection que Dieu fit d'Israël laquelle, il le paraît clairement, ne fut pas une élection d'après la prévoyance de dignité en Israël; non à cause de tes justices, ni à cause de la droiture de ton cœur. «Sache donc que ce n'est point pour ta justice que le Seigneur ton Dieu te donne ce bon pays pour le posséder, car tu es un peuple de col roide» (Deutéronome 9:5-6). Toutes les œuvres de dignité sont exclues, et la raison assignée est à cause que le Seigneur vous a aimés (Deutéronome 7:8).

  11. Ce qui élève le Dagon vermoulu de la libre volonté de l'homme, en avant ou au-dessus de l'arche de la grâce spéciale prédestinante de Dieu, doit être rejeté; et c'est ce que fait le décret conditionnel.

    Le décret conditionnel est fondé sur une prévision de nos volontés, recevant ou rejetant la grâce proposée; et ainsi la volonté de l'homme est placée comme le premier moteur, et en avant de la volonté de Dieu: et l'acte de la prédestination est mis dans la volonté et dans le pouvoir du prédestiné et non dans celle du divin prédestinateur. Par-là le pouvoir d'ordonner le salut de l'homme est transporté (ainsi qu'on l'a fait) des mains de Dieu, dans les mains de la libre volonté de l'homme. Le salut est donc l'ouvrage du sauvé et non du Sauveur; et la volonté et l'exécution n'est plus selon le bon plaisir de Dieu (Philippiens 2:13). Ainsi les hommes pensent méchamment que Dieu est semblable à l'un d'eux (Romains 1:21). Incertain, chancelant dans ses desseins; et semblable au mouvement d'un balancier; prenant de nouveaux conseils, comme étant dans la dépendance de la volonté des hommes, et des actes contingents qui en dérivent.

  12. Ce qui implique une succession d'actes en Dieu, ne doit pas être admis; et l'élection d'après la prévision implique cette succession.

    Dieu est un acte unique, et en lui il ne peut y avoir de succession, car autrement il ne serait pas le JE SUIS. La prévision de la foi, suppose nécessairement un décret préexistant, concernant l'existence de cette foi prévue.

    1. Car d'abord, Dieu doit décréter que la foi existe;

    2. Secondement il prévoit cette foi,

    3. Troisièmement il décrète de sauver par cette foi prévue. De manière que cette prévision arrive nécessairement entre deux décrets.

    On pourrait ajouter beaucoup d'autres raisons, telles que la foi prévue ne saurait avoir lieu dans les enfants qui meurent, cependant le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. Et leurs noms sont écrits dans le livre de vie (voyez: Apocalypse 20:12). Mais pour résumer le tout en une sentence; un décret conditionnel fait un Dieu conditionnel, puisque le décret est Dieu lui-même décrétant. Donc la condition doit être rejetée.

 


Références

7

Actes 13:48 «Par conséquent tous n'étaient pas destinés à la vie éternelle, sans quoi, tous auraient cru; mais comme il n'en est pas ainsi, il suit que quelques-uns seulement étaient destinés: et par conséquent Dieu non-seulement pré-connut, mais il ordonna, afin que ni la foi, ni les effets de la foi ne fussent point la cause de sa destination et de sa désignation, mais que sa destination fut la cause de la foi.» (Bèze).

8

Cher lecteur! Si tu es un enfant de Dieu, je désire que tu t'arrêtes, avec moi, à ce mot Mystères. Le mystère de sa volonté! La sagesse de Dieu en mystère! Le grand mystère de piété! En vérité, en vérité (comme monsieur Ness l'a observé, ici), C'est une dangereuse présomption de la part des hommes, de prendre sur eux avec leurs mains impures, l'explication des profonds mystères de Dieu, d'après leur raison charnelle. Hélas! l'homme orgueilleux, est trop souvent vainement enflé de son esprit charnel dédaignant de rester ignorant concernant l'Infini YÉHOVAH lui-même, ce qu'il est impossible, dans la nature des choses, qu'il arrive jamais à connaître dans ce monde, «l'homme vain voudrait être sage, quoique l'homme soit né comme l'ânon sauvage» (Job 11:12). Il est dit (Job 11:11): «Le Seigneur connaît les hommes vains. Il les connaît en vérité.» Il connaît qu'eux et tout ce qu'ils ont n'est que vanité. Ils voudraient dans la force de leur propre sagesse, et de leurs recherches charnelles, trouver Dieu: trop orgueilleux néanmoins pour prendre les Écritures de vérité pour leur guide. Écoute, homme vain, écoute le défi et toutes les importantes questions que l'infini YÉHOVAH adresse à ce pauvre ver de terre Job (Job 38-41), et puisse le Seigneur te rendre capable de cacher ta face dans le manteau de ton propre néant, et d'adopter la réplique de Job et dire:

«J'ai donc parlé et je ne comprends rien; ce sont des choses trop étonnantes pour moi, et que je ne connais point. Je t'ai entendu par l'ouïe de l'oreille, mais à présent mon œil te voit, et par conséquent je m'abhorre moi-même et je me repens sur la poussière et sur la cendre.»

 


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