🕊 Antidote contre l'Arminianisme
∞ Christophe Ness (1838) (6)
Le traité choc pour redécouvrir la libre grâce.
Les cinq points de l'Arminianisme passés au crible de la théologie réformée.
Pourquoi l'Arminianisme menace la foi?
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Antidote contre l'Arminianisme ∞ Christophe Ness (1838) (6)
Chapitre I (Suite)
Réponse aux objections contre le décret absolu de la prédestination
J'ai établi et prouvé la doctrine de l'absolue prédestination divine.
J'ai considéré aussi, et (je l'espère), réfuté d'une manière scripturaire les notions que s'en forment les Arminiens, savoir; qu'elle est conditionnelle.
Je répondrai en troisième lieu, à quelques-unes des principales objections qu'ils font contre ce divin et absolue décret de la prédestination inconditionnelle.
Les Arminiens agissent, à l'égard de cette doctrine, comme les Empereurs païens agissaient avec les premiers chrétiens, dans les dix premières persécutions; ils les couvraient de peaux de bêtes et les exposaient ensuite à la férocité des dogues pour être mis en pièces. Ainsi font les Arminiens avec cette grande VÉRITÉ. Ils commencent par l'habiller d'une manière difforme en lui mettant leurs propres et fausses gloses, et alors ils lancent leurs cyniques sarcasmes l'un après l'autre, contre elle, disant:
«Cette doctrine de prédestination tend à accuser Dieu et à le rendre coupable d'injustice, de dissimulation et d'hypocrisie, etc., etc.»
1re objection
D'injustice, parce qu'il donne à des personnes qui sont semblables, des choses qui ne sont pas semblables; contrairement à l'Écriture, qui dit, que Dieu ne fait point acception des personnes (Actes 10:34).
Réponse
Ceci fut objecté contre la doctrine de saint Paul (Romains 9:14). «Que dirons-nous donc? y a-t-il de l'injustice en Dieu? à Dieu ne plaise!» Quand nous voyons que l'apôtre amène cette difficulté comme étant le sophisme de la raison charnelle contre le décret de Dieu, nous avons, par conséquent, suffisante raison de la rejeter. Dieu ne doit pas perdre l'honneur de sa justice parce que la raison de son décret n'apparaît pas à notre entendement superficiel. Nous n'avons pas le droit de reprendre ce que nous ne pouvons comprendre. La justice de Dieu ne doit pas être mesurée, par la règle de notre raison; car que serait cela, sinon parler méchamment à la place de Dieu, et parler artificieusement pour lui (Job 13:7); et ouvertement le dépouiller de toute justice qui ne serait pas conforme à notre modèle? L'œuvre de Dieu et la sagesse de Dieu doivent toujours être considérées, comme unies inséparablement.
Dieu est la justice même; et les ténèbres pourraient procéder du soleil (qui est la source de la lumière), plutôt qu'un acte injuste ne procédera de Dieu. Les voies de Dieu sont toujours équitables, quoique les hommes en pensent autrement. «Néanmoins vous dites, la voie du Seigneur n'est pas bien réglée. Écoutez donc, ô maison d'Israël, ma voie n'est-elle pas bien réglée? ne sont-ce pas plutôt vos voies qui ne sont pas bien réglées?» (Ézéchiel 18:25); et quoique les voies de Dieu soient quelque fois secrètes, et dépassent notre pensée (comme Romains 11:33); elles sont néanmoins toujours justes. La volonté de Dieu est la règle souveraine; mais non comme l'entend la raison dépravée de l'homme. Dieu est l'origine de tout bien; il est aussi la source de la justice et de l'équité. Dieu est trop bon pour nous faire un tort, et trop juste pour nous faire une injustice.
Jacob et Ésaü étaient égaux dans le sein de leur mère, et cependant le décret dispose d'eux d'une manière inégale; car Dieu avait le droit et le pouvoir d'en agir ainsi. L'apôtre démontre ceci:
Par le témoignage de Moïse (Exode 33:18-19). «Je ferai passer toute ma bonté devant toi; je proclamerai le nom du Seigneur devant toi, je ferai miséricorde à celui à qui je ferai miséricorde, et j'aurai compassion de celui de qui j'aurai compassion». Dieu a le droit d'en agir ainsi.
Par l'exemple du potier qui a un pouvoir sur ses vases, moins toutefois que Dieu sur ses créatures. Donc ce que le vase ne peut faire avec celui qui le fait, que l'homme ne le fasse pas non plus avec son Créateur. Mais le vase (en supposant qu'il pût parler), ne pourrait accuser celui qui l'a fait, d'injustice parce qu'il a disposé d'une même masse d'argile pour des fins différentes.
Le décret de Dieu n'est pas un acte de justice, mais un acte de seigneurie, et de souveraineté. La justice présuppose toujours une dette; mais Dieu (qui était parfait en lui-même de toute éternité) ne pouvait être débiteur envers l'homme, qui reçoit tout de Dieu. Le décret n'est pas une matière de justice ou d'injustice; mais de libre faveur; la grâce étant la propriété de Dieu, il pourra faire ce qu'il voudra de cette grâce. «Ne m'est-il pas permis de faire ce que je veux de mon bien? Ton œil est-il mauvais parce que je suis bon?» (Matthieu 20:15). S'il fait grâce aux uns et non pas aux autres, il n'y a pas d'injustice en lui. Il n'est point obligé de faire grâce à personne.
Si Dieu ne fait point acception des personnes, c'est dans ce sens; qu'il ne choisit pas les hommes à cause de leurs œuvres. Ce fut avant que Jacob et Ésaü eussent fait ni bien ni mal. Il les trouva tous deux égaux, et il n'y avait rien pour faire pencher la balance plutôt d'un que de l'autre, sinon le propre et seul bon plaisir de Dieu. Dieu est un agent libre, et n'est assujetti à aucune loi, lorsqu'il fait grâce.
2e objection
De cruauté; comme si Dieu avait été pire, à ses créatures, que les tigres à leurs petits; et que les tueurs de rats, qui, après avoir fermé toutes les issues, les poursuivent avec leurs chiens, etc., etc.[9] ⇳
Réponse
Ceci est accuser Dieu follement, puisque nous voyons qu'il n'y a nul acte de Dieu qui puisse être un moyen de damner les hommes, mais que ce sont les propres actes des hommes qui sont la cause de leur damnation; savoir l'accomplissement de leurs propres convoitises. De même que la réprobation ne leur donne pas une grâce telle qu'elle les rende infailliblement meilleurs, de même elle n'opère rien en eux pour les rendre plus mauvais.
C'est seulement un sophisme: comme si le décret de non-élection était une cause qui produisit la damnation de l'homme. Le péché est la cause de la damnation, mais la réprobation n'est pas la cause du péché. L'ordre que David donna à Salomon, à l'égard de Joab et de Chimeï, ne fut pas la cause que l'un et l'autre eurent une fin prématurée; mais ce fut la trahison contre Salomon quant à Joab, et la fuite de Jérusalem quant à Chimeï, qui leur causèrent la mort (voyez: 1 Rois 2:5, 28, 40, 42).
C'est une fausse hypothèse, de supposer que Dieu, dans le décret de réprobation, a le dessein de mener les hommes à la damnation, comme par un moyen effectif; ainsi que par le décret d'élection, il conduit les autres au salut: car le salut est une faveur qui n'est due à personne, de telle sorte, que Dieu pourra absolument donner ou refuser le salut. Mais la damnation est une punition qui se trouve ainsi en relation avec une faute. Les moyens de salut sont les dons de la libre grâce, mais la damnation vient du propre et volontaire péché de l'homme, elle est le fruit et le gage du péché. «Les gages du péché c'est la mort; mais le don de Dieu est la vie éternelle par Jésus-Christ notre Seigneur» (Romains 6:23). C'est Dieu qui disposa Pierre pour le salut; mais Judas se disposa lui-même pour la damnation.
Si Dieu eût contraint la créature au péché, pour la damner ensuite pour ce péché, il se complairait dans la destruction de ses créatures, contrairement à Ézéchiel 18:23; et 33:11. Dieu ne poussa pas Adam dans son péché, comme il le poussa hors du paradis après qu'il eut volontairement péché. La punition de l'homme est de Dieu comme juge; mais sa destruction est de l'homme lui-même, comme pécheur. Répétons donc encore et encore, que le péché de l'homme vient librement de lui-même.
3e objection
On objecte contre le décret absolu, qu'il fait Dieu coupable de dissimulation; en appelant ceux qui sont la partie négative du décret, à se repentir; etc. Tout comme s'il commandait aux hommes dont il aurait fermé les yeux, de juger des couleurs: ou à ceux dont-il aurait lié les pieds, de se lever et de marcher.
Réponse
Le défaut de repentance dans les non élus vient non-seulement d'un manque de pouvoir «Nul ne peut venir à moi, si le Père ne le tire.» (Jean 6:44); mais aussi d'un manque de volonté. «Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie» (Jean 5:40). Nul n'est damné parce qu'il ne peut pas faire mieux, mais parce qu'il ne veut pas faire mieux. S'il n'y avait eu nulle volonté, il n'y aurait eu nul enfer. Et ce sera l'enfler des enfers, que l'homme a été, le trompeur, de soi-même, son propre destructeur, felo de se.
L'homme eut un pouvoir en Adam. Dieu lui donna une connaissance dans son entendement, une rectitude dans sa volonté, et la pureté dans ses affections; mais ces choses ont été toutes perdues par la chute. Dieu cependant ne doit pas perdre son autorité de commander, parce que l'homme par son péché a perdu la capacité d'obéir.
Ne peut-on pas dire plus convenablement, que ce sont les Arminiens qui accusent Dieu de folie et de dissimulation, quand ils le représentent comme désappointé dans son dessein, et le réduisent à parler ainsi:
«En vérité je désire ardemment vous sauver, mais vous m'empêchez tellement que je ne puis faire ce que je désire; je le voudrais, si vous le vouliez; mais voyant que vous me frustrez de mon intention, je changerai le dessein que j'avais de vous sauver, et en conséquence ma volonté sera une détermination de vous détruire.»
Vorstius, l'Arminien, nous dit aussi:
«Il pourra arriver quelque chose qui plongera Dieu dans le chagrin, ayant essayé de tous les moyens en vain!»
Mais il faut ici prendre un autre point de vue. Lorsque Dieu donne un commandement pour des actes spirituels, il accorde le pouvoir de les accomplir. Il en fut ainsi lorsque Christ commanda à l'homme qui avait une main sèche de l'étendre; et à Lazare de sortir du tombeau. L'appel et le commandement de Dieu, sont les canaux de la force et de la capacité.
4e objection
Le décret de Dieu ne peut être absolu et infaillible, car il pourrait avoir été frustré par la possibilité qu'Adam persistât dans son innocence.
Réponse
La persistance d'Adam était possible quant à lui-même, mais non quant à Dieu. Dire qu'Adam pourrait ne pas avoir péché, est une proposition catégorique et simple, et serait bonne en tant qu'Adam serait considéré comme revêtu de la liberté de sa volonté: et de même aussi dire qu'il ne pouvait se faire autrement sinon qu'Adam tombât dans le péché, est également vrai si on considère Adam comme subordonné au décret de Dieu, déterminait ce que ferait Adam, abstraction faite de la liberté de sa volonté.
Quant à l'homme, Adam pourrait n'être pas ou être tombé: car Dieu ne donna pas à sa créature seulement une loi, mais il lui fournit aussi un pouvoir suffisant pour garder cette loi, s'il l'eût voulu; et si l'homme n'eût pas été une créature muable il aurait été Dieu et non homme. L'homme est muable; Dieu seul est immuable. C'est en ceci que le Créateur est distingué de tous les êtres créés. Ainsi, en tant que cela concerne Dieu, il n'était pas possible que l'homme restât innocent; car dans le décret de Dieu il était certain que l'homme étant laissé à la mutabilité de sa propre volonté (et Dieu permettant à Satan de le tenter) inclinerait volontairement au mal. Adam a donc péché librement eu égard à lui-même, mais nécessairement eu égard à Dieu. Il a agi aussi librement dans cet acte, que s'il n'y avait pas eu de décret, et cependant aussi infailliblement que s'il n'y avait pas eu de liberté. Le décret de Dieu n'ôta pas la liberté de l'homme; l'homme dans la chute, tandis qu'il accomplissait le décret de Dieu, exerça néanmoins librement les propres mouvements de sa propre volonté.
Ainsi donc, Dieu en décrétant le péché d'Adam, n'ôta à Adam aucune grâce qu'il eut; car il décréta qu'il pécherait volontairement. Il ne diminua point le pouvoir dont il était revêtu, seulement il n'y ajouta point cette grâce par laquelle Adam aurait infailliblement évité de tomber: grâce qui n'était en aucune manière due à l'homme et que Dieu n'était nullement obligé de lui accorder. De sorte qu'Adam aurait pu persévérer, eu égard à lui-même; mais qu'il devait tomber certainement, eu égard à Dieu. Les juifs auraient pu briser les os de Christ, eu égard à leur libre volonté dans de telles actions, mais il n'était pas possible qu'ils le fissent; «car aucun de ses os ne sera rompu» (Jean 19:36; Psaumes 34:21). Il y avait possibilité dans un sens, que Christ fut délivré de sa passion par des légions d'anges (Matthieu 26:53). «Mais comment alors auraient été accomplies les écritures qui disent que cela doit être ainsi?» (Matthieu 26:54). Il était possible eu égard aux choses, que Dieu pardonnât les pécheurs sans un Christ; mais impossible tout autant que Dieu avait décrété que Christ serait leur rançon. En arguant d'après l'hypothèse des Arminiens sur la libre volonté, il serait possible que personne ne fut sauvé, ou personne perdu; et alors, ou le ciel ou l'enfer serait une chose superflue.
5e objection
Les prédestinariens ne peuvent s'accorder sur la manière d'établir leur décret; quelques-uns le placent avant la chute, comme les supralapsaires; et les autres après la chute comme les infralapsaires.
Réponse
Les Arminiens, par la loi de réciprocité, pourront être appelés inframortuariens, car ils ne reconnaissent d'élection complète, qu'après la mort des hommes; et post-destinariens, parce qu'ils placent le décret éternel postérieurement à la vie terrestre de l'homme. Certainement lorsque les croyants meurent, ils sont les objets de la glorification et non de l'élection. Christ aurait dû dire (d'après leur hypothèse) au larron pénitent:
«Aujourd'hui tu seras complètement élu et non pas, tu seras avec moi en paradis.»
Et ne pourront-ils pas aussi être appelés Relapsairiens, puisqu'ils disaient que les élus peuvent totalement et finalement tomber; et que celui qui est un enfant de Dieu aujourd'hui pourra être un enfant du démon demain?
Ces notions de sub et de supra ne sont que des conceptions humaines de l'ordre du décret divin, qui surmonte notre entendement à un si haut degré, que notre faible capacité ne peut le comprendre si ce n'est selon la manière des hommes. Ces divers états de l'homme avant et après la chute, ne sont point dans l'entendement divin, comme ils sont dans le nôtre, par une succession d'actes l'un après l'autre; mais Dieu ordonne toutes choses par un seul acte; et l'idée divine dans le décret est une représentation de tous ces états à la fois. Non celui-ci après celui-là, mais ensemble dans un instant de l'éternité [10] ⇳.
6e objection
Le décret absolu rend l'homme nonchalant dans ses devoirs, et le porte à dire:
Quel besoin ou quelle utilité y a-t-il de faire de bonnes «œuvres»? Je puis vivre comme il me conviendra; si je suis élu au salut, je serai certainement sauvé.
Réponse
Le décret de Dieu établit les moyens; il n'ordonne pas seulement la fin, mais aussi les moyens d'atteindre cette fin; et l'un n'est jamais séparé de l'autre. Dieu décrète que la terre sera fertile; ceci n'exclut pas, mais implique au contraire que le soleil luise sur elle, les pluies doivent l'arroser, et la main de l'homme doit la cultiver, comme son Dieu lui en donne l'ordre (Ésaïe 28:26). Dieu décrète que quinze années seront ajoutées à la vie d'Ézéchias; ceci ne le rendit ni insouciant pour sa santé, ni négligent pour prendre sa nourriture. Il ne dit pas:
«Quoique je me jette dans le feu, ou dans l'eau, ou que je boive un breuvage empoisonné, je vivrai néanmoins pendant un temps aussi long;»
Mais la Providence naturelle, dans l'usage convenable des moyens, coopéra de manière à le conduire à cette période de temps pré-ordonnée pour lui. L'industrie de l'homme est subordonnée au décret de Dieu, elle est appelée la vie de nos mains (Ésaïe 57:10). Nous ne devons pas tenter le Seigneur notre Dieu.
La chaîne d'or a tellement lié les moyens à la fin, et la sanctification pour conduire au salut, que Dieu fait aussi infailliblement agir les élus dans l'usage des moyens, qu'il les conduit à la fin par l'usage de ces moyens.
«Frères bien-aimés du Seigneur; Dieu vous a dès le commencement choisis pour le salut, par la SANCTIFICATION de l'esprit, et la foi de la vérité» (2 Thessaloniciens 2:13).
«Je vous donnerai un nouveau cœur et je mettrai un nouvel esprit au dedans de vous; J'ôtera le cœur de pierre, de votre chair, et je vous donnerai un cœur de chair, je mettrai mon esprit au dedans de vous et je vous ferai marcher dans mes statuts, et vous garderez mes jugements et les ferez. Vous vous souviendrez donc de vos méchantes voies, et de vos actions qui ne sont pas bonnes, et vous vous déplairez en vous-mêmes, à cause de vos iniquités, et à cause de vos abominations» (Ézéchiel 36:25-31).
Que ceux en qui le Seigneur aura mis son Esprit, vivent comme ils le voudront, et je suis très-sûr qu'ils vivront d'une vie de piété.
L'éternelle prescience Arminienne implique une absolue certitude et une nécessité d'événements, aussi bien que notre prédestination; car les choses doivent être pré-ordonnées à l'existence, avant qu'il puisse être prévu qu'elles existeront. D'après les principes Arminiens, les hommes pourront raisonner ainsi:
S'il est prévu éternellement que je croirai, je croirai et je serai sauvé.
Et cependant, ils enseignent les hommes à dire au contraire:
Je me repentirai quand je voudrai; je pourrai être élu lorsqu'il me plaira, quoique dans ce moment je vive dans l'iniquité, car je suis libre de me repentir même sur mon lit de mort, ainsi je pourrai être sauvé si je pense que ce soit convenable.
«HO! C'EST BIEN ICI LA DOCTRINE QUI RENDRA LES HOMMES NONCHALANTS DANS LEURS DEVOIRS!»
Mais pour une âme qui est élue, par l'opération du Saint-Esprit, afin de lire dans le cœur du Dieu de son alliance, comment il l'a aimée éternellement, absolument, et particulièrement; et comment en conséquence de son amour éternel et immuable, il lui accorde et lui donne le plus grand de tous les dons, savoir: Jésus-Christ lui-même; qu'elle vive comme elle voudra, ceci sera son langage et sa pratique.
«Pour moi Christ est ma vie, et la mort m'est un gain. Je t'aime parce que tu m'as aimée le premier; je suis contrainte par cet amour, par la toute-puissante influence de ta grâce; ce monde transitoire ne peut désormais rien m'offrir de satisfaisant. Je ne serai jamais satisfaite, jusqu'à ce que je sois absente du corps, et présente avec le Seigneur; jusqu'à ce que je me réveille avec ta ressemblance» (Philippiens 1:21; 1 Jean 4:19; 2 Corinthiens 5:14-15; Psaumes 17:15).
7e objection
La doctrine de la réprobation absolue porte les hommes au désespoir; lors même que je ferai tout mon possible, si je dois être damné, je serai damné: je suis sous une nécessité fatale.
Réponse
Ceci est sucer du poison d'une douce fleur; c'est se choquer contre le rocher des siècles; c'est heurter contre la Parole, «à quoi aussi ils ont été destinés» (1 Pierre 2:8). Pourquoi Dieu a-t-il ordonné toutes choses pour jamais par son décret absolu? C'est pour que l'homme tremble devant lui (Ecclésiaste 3:14). Dieu agit librement comme la cause première; et l'homme librement comme la cause seconde; en concurrence et non par contrainte.
On a répondu convenablement à cette objection dans le 17e article de l'église d'Angleterre. — Pour les personnes curieuses et charnelles, manquant de l'Esprit de Christ, c'est une très-dangereuse pierre d'achoppement que d'avoir continuellement devant les yeux la sentence de la prédestination de Dieu, par laquelle pierre d'achoppement, le démon les fait tomber dans le désespoir, ou dans le dérèglement de la vie la plus impure, non moins dangereuse que le désespoir.
Nul homme ne pourra se juger lui-même réprouvé dans cette vie, et devenir ainsi désespéré; car l'impénitence finale (la seule évidence infaillible de la réprobation), ne peut être découverte jusqu'au moment de la mort. Nous n'avons pas à questionner le décret de la volonté de Dieu, mais à donner notre attention à sa volonté révélée.
La doctrine Arminienne (Dieu a prévu le bon chemin que je devais prendre d'après ma libre volonté, et en conséquence il m'a élu), est une misérable consolation pour celui dont le cœur est exposé à des myriades d'infidélités envers Dieu. Il a été dit bien à propos par le Psalmiste:
«Qui peut connaître ses erreurs? qui peut dire combien souvent il pèche? Purifie-moi de mes fautes cachées» (Psaumes 19:12).
Dire aux hommes (comme le font les Arminiens), qu'ils peuvent être justifiés et sanctifiés, enfants de Dieu et tout, excepté d'être glorifiés; et néanmoins qu'après tout cela ils pourront devenir réprouvés, et être finalement condamnés; est en vérité une doctrine désespérante. Évidemment c'est leur doctrine qui est désespérante; au lieu que la nôtre est sujette seulement aux fausses inférences des hommes charnels; de ces mêmes hommes qui tirèrent de fausses conclusions des paroles du Seigneur et dirent:
«Qui peut donc être sauvé?» (Luc 18:26).
De telles conséquences ne sont pas légitimement déduites, mais ce sont des conséquences perverses tirées de bonnes prémisses.
La justice en tout temps, guide le Dieu seul sage,
L'obscurité n'est point un obstacle à ses yeux,
La pensée ni l'action, n'ont jamais de nuage,
Qui les cache à celui qui siège dans les cieux.Il habite un séjour, pour nous inaccessible,
Il accomplit son œuvre et nous cache sa main,
Bien que son procédé, ne nous soit pas visible,
L'équité sert de base au trône souverain.Dans le ciel, sur la terre, et dans l'air et sur ronde,
Sa puissance accomplit un éternel décret,
Les saints qui sont aux cieux, ceux qui sont en ce monde,
De son parfait ouvrage admirent le secret.Mon âme, à sa grandeur, soumets ton espérance,
Prosterne-toi, devant son siège redouté,
Si sa verge te fait frémir sous sa puissance,
Espère au Dieu seul sage, espère en sa bonté.
Références
9 ⇳ |
Ce fut l'objection favorite ordinairement employée par feu M. Weslay, contre la souveraineté de Dieu. Il comparait la doctrine de la prédestination absolue, à l'action de jeter un homme les pieds et les mains liés, dans une maison à laquelle on mettrait le feu en criant ensuite à l'homme de s'échapper pour sauver sa vie: «Je le voudrais bien, répond l'homme, mais je ne le puis parce que je suis lié.» Ce spécieux argument ne trouve-t-il pas sa réponse complète, dans les réponses à la 2e et 3e objection? Cher lecteur! puisse le Seigneur t'accorder de bien peser ces réponses. Puisse le Seigneur oindre tes yeux avec un collyre! La doctrine de la LIBERTÉ de la VOLONTÉ, est un point de la plus haute importance. Il me parait que les pages (de la section «Réponse aux objections contre le Décret absolu de la Prédestination» jusqu'à la 3e objection) telles qu'elles sont, contiennent la substance, oui la vraie MOELLE du LIVRE. Tout son contenu dépend de ceci. C'est-à-dire: qui sera le Seigneur et le Maître? Dieu ou l'homme? Qui sera sur le trône? Dieu ou l'homme? Ô folie, ô folie de l'homme abominable et impur, qui boit l'iniquité comme l'eau, d'oser lever sa main contre Dieu; de se roidir contre le Tout-Puissant; de courir sur Lui; même sur son cou, et sur l'épaisseur de son bouclier (Job 15:26). |
10 ⇳ |
Supralapsaires, et Infralapsaires. — Ce fut une question dans l'église. Si dans la pensée de Dieu, les hommes ont été considérés dans ce décret d'élection, comme tombés, ou non tombés; comme dans la masse corrompue par la chute, ou dans la masse pure de la création; avant la création, et comme devant être créés. Il y en a quelques-uns qui pensent que les derniers ainsi considérés, furent les objets de l'élection dans l'entendement divin; et ceux-là sont appelés supralapsaires: D'un autre côté, il y a ceux dont les conceptions les portent à adopter le premier sentiment et qui sont appelés infralapsaires et ceux-ci sont pour l'opinion que les hommes ont été considérés comme créés et tombés, dans le décret d'élection. Les arguments employés, de part et d'autre, sont en grand nombre; mais la différence n'est pas aussi grande qu'on pourrait le penser d'abord; car les uns et les autres s'accordent dans la chose principale et matérielle, dans la doctrine de l'élection. Savoir...
Par conséquent, quoiqu'ils différent dans la considération de l'objet de l'élection comme étant d'une manière ou d'une autre, ils s'accordent néanmoins quant à la chose elle-même. Et dans ce en quoi ils différent, ils s'accordent à différer comme ils le doivent, et ne s'accusent pas les uns les autres de fausse doctrine et d'hétérodoxie; car il n'y a point de raison de s'accuser. Calvin était pour la masse corrompue; Bèze qui était son collègue dans l'église de Genève, et qui fût aussi son successeur, était pour la masse pure; et néanmoins ils vécurent en grande paix, amour et harmonie. Les contre remontrants en Hollande lorsque l'Arminianisme commença à paraître parmi eux, n'étaient pas d'accord sur ce point; quelques-uns adoptèrent un côté de la question et les autres un autre; mais les uns et les autres s'unirent contre le commun adversaire, les Arminiens. Le docteur Twiss, qui était un aussi grand supralapsaire, qu'il n'y en ait jamais eu, qui portait les choses aussi haut qu'on les ait jamais portées, et qui avait étudié cette matière aussi attentivement, et l'entendait peut-être mieux qu'aucun homme ne l'eût jamais fait; confesse cependant que ce n'est ici qu'un apex logicus (un point en logique): et que la différence consiste seulement dans l'ordre et l'arrangement du décret de Dieu. Quant à moi, je pense que l'une et l'autre opinion peuvent être accordées ensemble; et que dans le décret de la fin, la dernière fin, qui est la gloire de Dieu, pour laquelle il a fait toutes choses; les hommes peuvent être considérés dans l'entendement divin, comme devant être créés, et non comme étant déjà créés et tombés. Mais que dans le décret des moyens qui entre autres choses, se lie à la médiation de Christ, à la rédemption par lui et à la sanctification de l'Esprit; ils peuvent être considérés, comme créés, tombés et pécheurs; parce que le décret des moyens implique toutes ces choses. Ceci ne suppose pas des actes ou des décrets séparés en Dieu; ou quelque priorité ou postériorité en eux; car en Dieu ils ne sont tous ensemble qu'un acte; mais nos entendements finis, sont obligés de les considérer l'un après l'autre n'étant pas capables de les pendre dans leur ensemble et tous en une fois.» (Extraits du corps de théologie du Dr Gill, livre 2, chapitre 2, SUR L'ÉLECTION.) |






