đ Antidote contre l'Arminianisme
â Christophe Ness (1838) (12)
Le traité choc pour redécouvrir la libre grùce.
Les cinq points de l'Arminianisme passés au crible de la théologie réformée.
Pourquoi l'Arminianisme menace la foi?
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Antidote contre l'Arminianisme â Christophe Ness (1838) (12)
Chapitre IV (Suite)
Réponse aux objections contre la doctrine de la persévérance finale
1re objection
Enseigner que la grĂące ne peut se perdre, c'est conduire ceux qui professent le Christianisme au relĂąchement.
Réponse
HĂ©las! ceci n'est autre chose que l'Ă©gout des plaintes du vieil homme charnel, contre les doctrines de la grĂące, savoir: qu'elles conduisent Ă la licence. Le pourceau pourra fouler les perles sous ses pieds (Matthieu 7:6). Les hommes impies pourront tourner et tourneront la grĂące de Dieu en dissolution (Jude 1:4). Les plus hautes connaissances des vĂ©ritĂ©s de l'Ăvangile, et les plus saintes doctrines ne porteront pas du fruit Ă Dieu (si l'homme est destituĂ© d'expĂ©rience du cĆur, et s'il est Ă©tranger Ă l'Ćuvre de l'Esprit). Il est dans la nature de l'homme tombĂ© d'aimer le pĂ©chĂ©, il boit l'iniquitĂ© comme l'eau (Job 15:16). Et c'est l'Ćuvre de l'Esprit de convaincre de pĂ©chĂ©, et de montrer qu'il est excessivement pĂ©chant; sans cette conviction, il ne peut y avoir nulle haine pour le pĂ©chĂ© et nul amour pour la saintetĂ© quelle que puisse ĂȘtre la profession extĂ©rieure. Satan se rĂ©jouit de voir des personnes charnelles professer la religion; il est sĂ»r que tĂŽt ou tard ces personnes dĂ©shonoreront cette profession, et que les doctrines de la grĂące seront accusĂ©es d'en ĂȘtre la cause; tandis que ces doctrines ont une tendance toute contraire, NOUS enseignant qu'en renonçant Ă l'impiĂ©tĂ© et aux convoitises mondaines, nous vivions dans le prĂ©sent siĂšcle, sobrement, justement et religieusement Tite 2:12. Les deux semences sont dĂ©crites en dĂ©tails par leurs fruits (1 Jean 3:8-10).
La grĂące pourra ĂȘtre considĂ©rĂ©e, dans son existence et dans son perfectionnement.
Elle est d'abord radicale, et fondamentale, tendant à produire la sainteté, comme la foi, l'espérance, l'amour;
Et en second lieu, comme dĂ©coulant de ces grĂąces seulement pour les amĂ©liorer, comme la joie de la foi, confiance de l'espĂ©rance, zĂšle et ferveur d'amour: ces choses sont le lustre et la beautĂ© du principe radical; les rayons du soleil; et comme il en est de la saveur et de la substance. Ces derniĂšres choses pourront se perdre, et peut-ĂȘtre sans ĂȘtre jamais recouvrĂ©es (Psaumes 51:12); mais non pas les premiĂšres. La racine demeure, quoique les reins soient consumĂ©s (Job 19:27-28). C'est une source de cette eau qui jaillit jusque dans la vie Ă©ternelle (Jean 4:14; et 7:38).
Elle est un divin dĂ©sir d'ĂȘtre saint mĂȘme jusqu'Ă la fin. C'est ici une loi Ă©crite dans chaque volontĂ© qui a Ă©tĂ© renouvelĂ©e. Elle est aussi une divine tendance, ou une poursuite de ce dĂ©sir. On ne trouve pas ce dĂ©sir toujours Ă©galement actif, dans un cĆur qui a la grĂące. C'est le flux et le reflux selon l'influence de l'Esprit en nous. «Je ne trouve pas le moyen d'accomplir le bien» (Romains 7:18). Notre vie n'est pas cachĂ©e en nous-mĂȘmes, mais elle est cachĂ©e avec Christ en Dieu (Colossiens 3:3). Et ceci nous place sous une journaliĂšre dĂ©pendance de son Esprit (Philippiens 2:13; et 4:13). Quant Ă la pratique, une dĂ©chĂ©ance partielle pourra troubler nos jugements, comme chez les Galatiens ensorcelĂ©s (Galatiens 3:1) et nos affections pourront se refroidir, comme dans l'Ă©glise d'ĂphĂšse (Apocalypse 2:4). L'Ă©pouse de Christ pourra paraĂźtre endormie et cependant son cĆur ĂȘtre Ă©veillĂ© (Cantique de Salomon 5:2). La grĂące pourra pendant un temps, paraĂźtre perdue, dans un enfant de Dieu, quoiqu'en rĂ©alitĂ©, il n'en soit point ainsi. Le soleil pourra ĂȘtre Ă©clipsĂ©, et cependant recouvrer son premier lustre; l'arbre pourra perdre ses fruits et ses feuilles pendant l'hiver et bourgeonner de nouveau au printemps:
IsraĂ«l s'enfuit une fois, et deux fois devant ses ennemis, cependant ils firent la conquĂȘte de la terre promise. Une multitude vint fondre sur Gad, cependant Gad fut vainqueur Ă la fin. Et pourquoi tout ceci? «Parce que je vis, vous vivrez aussi» (Jean 14:19).
Quoique tous les pĂ©chĂ©s du peuple de Dieu aient Ă©tĂ© imputĂ©s Ă Christ (le Seigneur a mis sur lui l'iniquitĂ© de nous tous, ĂsaĂŻe 53:6), et quoique le sang de Christ purifie de tout pĂ©chĂ©, et que son application par le Saint-Esprit continue Ă purifier de tout pĂ©chĂ© (Jean 1:29), cependant le pĂ©chĂ©, est-ce qu'il a toujours Ă©tĂ©, excessivement pĂ©chant. Et si une seule pensĂ©e coupable demeure sans expiation, parmi son peuple, il y en a assez pour les faire aller au fond de l'enfer. Quoique Dieu ne nous dĂ©shĂ©rite pas Ă cause du pĂ©chĂ© et ne nous efface pas de son livre de vie, cependant lorsque nous pĂ©chons, il retire sa fadeur et diminue toutes nos consolations. Il fait que nos parents (qui auraient dĂ» ĂȘtre des consolations) deviennent des verges pour nous (2 Samuel 12:11). Et il nous remplit d'angoisse (Psaumes 38:3). Certainement beaucoup des enfants de Dieu ont trouvĂ© que le mal qu'ils ont endurĂ© pour le pĂ©chĂ©, aprĂšs que le pĂ©chĂ© a Ă©tĂ© consommĂ©, a Ă©tĂ© complĂštement proportionnĂ© au plaisir qu'ils avaient trouvĂ© dans ce pĂ©chĂ©. Si David avait pu prĂ©voir les funestes consĂ©quences de son pĂ©chĂ© (au sujet de la femme d'Urie), il aurait pu dire, tu me seras un pĂ©chĂ© qui me coĂ»tera bien cher. Quelquefois mĂȘme Dieu pourra ajouter, Ă cause du pĂ©chĂ© des apprĂ©hensions de la colĂšre Ă©ternelle, sans aucun espoir de dĂ©livrance (Psaumes 88:6-7). Comme PĂšre de l'alliance avec ses enfants, il visite leurs transgressions, avec la verge, et leur iniquitĂ© avec des coups; nĂ©anmoins sa grande bontĂ© ne se retire pas et sa fidĂ©litĂ© ne se dĂ©ment pas (Psaumes 89:32-33). D'aprĂšs ces considĂ©rations, la doctrine de la persĂ©vĂ©rance finale n'engendre pas le relĂąchement dans ceux qui sont possesseurs de la grĂące de la doctrine, quoique cela puisse avoir lieu dans ceux qui en ont la profession seulement.
2e objection
Il est dit de quelques-uns qu'ils font naufrage quant Ă la foi (1 TimothĂ©e 1:19), et une dĂ©chĂ©ance de la grĂące pourra ĂȘtre prouvĂ©e de HĂ©breux 6:5, etc.
Réponse
On accordera que faire naufrage quant Ă la foi, de mĂȘme que blasphĂ©mer les doctrines de l'Ăvangile, de la part des personnes qui les ont professĂ©es, c'est tomber de la profession de la foi; mais dĂ©choir de la doctrine de l'Ăvangile, et de la profession de l'Ăvangile; et dĂ©choir de la grĂące et faveur de Dieu, ou de la grĂące de la foi, sont en vĂ©ritĂ© des choses trĂšs-diffĂ©rentes. La raison assignĂ©e Ă ce naufrage quant Ă la foi est montrĂ©e dans 1 Jean 2:19. Les auditeurs qui ressemblent Ă la terre rocailleuse, persĂ©vĂšrent quelque temps seulement, n'ayant point de racine (Matthieu 13:21). Mais bientĂŽt, ils sont scandalisĂ©s, tombent, et il est dit d'eux, qu'ils abandonnent, ou qu'ils font naufrage quant Ă la foi, laquelle ils n'avaient jamais possĂ©dĂ©e qu'en apparence (Luc 8:18). Tandis qu'il y en a quelques-uns qui sont salutairement Ă©clairĂ©s par l'Esprit de Dieu, pour voir leur Ă©tat de perdition, le besoin qu'ils ont d'ĂȘtre sauvĂ©s par Christ, et l'intĂ©rĂȘt qu'ils ont en lui, et qui ne pĂ©riront jamais; il y en a d'autres qui sont Ă©clairĂ©s seulement dans le systĂšme des doctrines de l'Ăvangile; et chez quelques-uns, Ă un degrĂ© tel, qu'ils sont capables de prĂȘcher aux autres, et qui cependant sont eux-mĂȘmes entiĂšrement destituĂ©s de la grĂące de Dieu. Lorsque de telles personnes tombent, ils ne sont ni une preuve, ni un exemple de la finale apostasie des vĂ©ritables saints.
Il est parlĂ© aussi (HĂ©breux 6:5), de ceux qui ne font que goĂ»ter, mais qui ne digĂšrent pas; qui ont l'entendement Ă©clairĂ©, mais non pas le cĆur rĂ©formĂ©; qui professent d'ĂȘtre sanctifiĂ©s, mais qui n'ont pas senti le pouvoir de la sanctification. Et l'apĂŽtre avait une meilleure espĂ©rance de ceux auxquels il Ă©crit; il Ă©tait convaincu que leur foi n'Ă©tait pas seulement historique, mais qu'elle Ă©tait l'Ćuvre de Dieu (Colossiens 2:12) manifestĂ©e par leurs fruits (HĂ©breux 6:9-10; 1 Thessaloniciens 1:5).
Les objections pourront ĂȘtre multipliĂ©es, par les adversaires des doctrines de la grĂące, et des rĂ©pliques scripturaires et trĂšs-concluantes faites Ă ces objections; cependant, quant Ă ce qui concerne la persĂ©vĂ©rance finale des saints, les bien-aimĂ©s du PĂšre; les rachetĂ©s du Fils, et les sanctifiĂ©s par l'Esprit; comme Christ est mort une seule fois, et ne meurt plus, ainsi, dans ses membres, la vie de la grĂące ne peut totalement mourir (Romains 6:8-9). La foi n'est donnĂ©e qu'une fois aux saints; comme nous ne naissons qu'une fois, de mĂȘme nous ne sommes rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s qu'une fois. C'est ici la volontĂ© du PĂšre qui m'a envoyĂ© que je ne perde AUCUN de ceux qu'il m'a donnĂ©s. Que quiconque voit le fils et croit en lui, AIT LA VIE ĂTERNELLE; et je le ressusciterai au dernier jour (Jean 6:39-40).






