🕊 L'héroïsme fantomatique trumpeur

Quand le 11-Septembre devient une fiction personnelle

Comment Donald Trump réécrit l'histoire à son avantage

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L'héroïsme fantomatique trumpeur

Le 11-Septembre au cœur d'une polémique mémorielle

À l'approche de la commémoration du 25e anniversaire des attentats du 11-Septembre 2001, Donald Trump a livré un discours marquant lors d'un événement à la Maison-Blanche dédié aux victimes et aux secouristes. S'écartant de l'hommage solennel dû aux près de 3 000 victimes de la tragédie, le président américain a, une fois de plus, placé sa propre personne au centre du récit en se remémorant son prétendu rôle et ses actions héroïques au lendemain des attaques terroristes. Ces déclarations ont immédiatement ravivé les critiques sur la propension du dirigeant à enjoliver, voire à inventer ses souvenirs, provoquant une onde de choc et une vive indignation au sein de la classe politique et des médias américains.

L'évacuation rocambolesque par les pompiers

Dans son allocution, Donald Trump a affirmé s'être rendu sur les lieux immédiatement après les faits, accompagné d'une équipe de son entreprise de construction. Il a décrit une scène de chaos intense aux abords de Lower Manhattan, racontant qu'il se tenait à proximité du gratte-ciel du United States Steel Building (aujourd'hui le One Liberty Plaza). Selon sa version, la structure menaçant de céder, deux pompiers «grands et costauds» l'auraient physiquement attrapé par le bras, soulevé et mis en fuite en courant pour le sauver d'un effondrement imminent.

Ce témoignage théâtral s'accompagne d'autres déclarations controversées prononcées lors du même événement, notamment son agacement teinté d'ironie vis-à-vis de la notoriété posthume de Welles Crowther, le jeune secouriste surnommé «l'homme au bandana rouge», dont il a critiqué la popularité supérieure à la sienne.

Les contradictions historiques et le démenti de la presse américaine

Sitôt ces propos tenus, les principaux médias américains (CNN, The New York Times, PolitiFact) ainsi que des témoins de l'époque ont vertement contredit et démonté ce récit.

La distance géographique

Le jour des attentats, Donald Trump ne se trouvait pas à proximité de Ground Zero, mais à plusieurs kilomètres de là, bien à l'abri dans sa Trump Tower à Manhattan. Sa toute première réaction publique, captée ce jour-là par une télévision locale, relevait du cynisme immobilier puisqu'il s'était vanté au téléphone d'avoir désormais «le bâtiment le plus haut de Manhattan» après l'effondrement des tours jumelles.

L'absence de preuves matérielles et de témoins

Aucune archive, vidéo ou témoignage ne corrobore l'idée qu'il ait été évacué d'urgence d'un immeuble menaçant de s'effondrer le 11-Septembre.

Le mythe des ouvriers envoyés en renfort

Les affirmations de Trump selon lesquelles il aurait dépêché une équipe d'une centaine d'employés pour prêter main-forte aux opérations de déblaiement ont été balayées par les autorités de l'époque. Richard Alles, ancien chef de bataillon des pompiers de New York, a rappelé qu'une telle initiative aurait nécessairement été signalée et encadrée, précisant que la Trump Organization ne comptait alors qu'une douzaine de salariés.

Une longue chronologie de versions mouvantes et de «fake news»

Ce nouvel épisode s'inscrit dans une longue suite d'affirmations changeantes et invérifiables livrées par Donald Trump au fil des ans pour se valoriser.

  • En 2001 (le jour même)

    Une réaction opportuniste centrée sur la hauteur de la Trump Tower.

  • Dans les mois suivants

    Une publication dans un livre où il prétendait avoir vu des gens sauter des tours depuis la Trump Tower, située à plusieurs kilomètres.

  • En 2015 (pendant sa campagne)

    La propagation d'une fausse information affirmant avoir vu «des milliers et des milliers de personnes applaudir» à Jersey City lors de l'effondrement des tours — un mensonge formellement démenti par la police et la presse locale.

  • Entre 2016 et 2019

    Des récits successifs s'arrogeant une participation active aux déblaiements. Face aux polémiques actuelles et aux accusations de mensonge généralisé, la Maison-Blanche et le président ont fini par nuancer le propos, expliquant qu'il s'agissait «d'un autre jour» et non du jour exact du drame.

Confession chrétienne confuse du présent Président

Avec les nombreuses publications de la très lucrative Bible «God Bless the U.S.A.» propulsées par le Président américain Donald Trump comme un pilier de sa campagne et de l'administration États-Unienne, mais dépassant largement le cadre du simple produit dérivé de campagne, une relecture de Jean 8:44 devrait lui être suggérée sans délai. Qui sait, un réveil divin pourrait-il miraculeusement se produire en son âme ténébreuse, car ses jours ne sont-ils pas comptés à son âge avancé?

8:44

«Le père dont vous êtes issus, c'est le raisonnement de la contrariété charnelle*, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il n'a point persisté dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il dit le mensonge, il parle de son propre fonds; car il est menteur, et la source du mensongeGe. 3. 1; 2 Co. 11. 3; 1 Jn. 3. 8; Jud. 1. 6; *le malin, le diable, c'est-à-dire: l'esprit de la nature humaine déchue.

Une mise à l'écart symbolique et une volade de réactions indignées

Ces nouvelles affabulations surviennent alors qu'un différend organisationnel entoure sa présence aux commémorations officielles. Donald Trump sera le seul président américain encore en vie à ne pas assister à la cérémonie de Ground Zero, les organisateurs ayant refusé qu'il y prononce un discours (réservé exclusivement aux familles de victimes). Il doit en conséquence s'exprimer dans le même temps au Pentagone, tandis que le gouvernement sera représenté à New York par le vice-président J.D. Vance.

Les réactions politiques n'ont pas tardé à pleuvoir. Des personnalités démocrates ont vivement fustigé ses propos. Le gouverneur de Californie Gavin Newsom a qualifié ces mensonges d'«absolument répugnants», le gouverneur de l'Illinois J.B. Pritzker l'a décrit comme «un menteur compulsif et un narcissique», et d'autres figures de l'opposition l'ont accusé de fabriquer des récits fictionnels pour nourrir son ego. Même au sein du camp républicain, la gêne est palpable; des figures comme le sénateur Ted Cruz ont esquivé la polémique en minimisant la portée de ses souvenirs sous prétexte de l'ancienneté des faits («c'était il y a pourtant que 25 ans»), traduisant le malaise persistant face à la versatilité mémorielle du chef de l'État.

À travers l'analyse de ce 25e anniversaire du 11-Septembre, un phénomène constant est mis en lumière par l'appropriation narcissique de la tragédie par Donald Trump, qui n'hésite pas à réécrire l'Histoire à son avantage par le biais de récits successifs, contradictoires et factuellement invalidés. En transformant un événement national d'une telle gravité en une tribune personnelle où il s'invente un destin de rescapé héroïque et d'acteur des secours, le président s'expose à un discrédit profond et à l'opprobre de ses détracteurs. Cet épisode illustre de manière éclatante la fragilité de la vérité face à la narration politique populiste, au point de mettre profondément mal à l'aise ses propres alliés et de raviver les blessures mémorielles d'une nation tout entière.

 


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