🕊 Les Canons de Dordrecht (5)
Le solide fondement de la doctrine réformée
L'histoire et l'impact du Synode national de Dordrecht
Comment le Synode de Dordrecht a façonné la foi réformée
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Les Canons de Dordrecht (5)
Les Canons de Dordrecht
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La mort de Jésus-Christ et la rédemption des hommes;
Le second point de doctrine concernant la mort de Jésus-Christ et la rédemption des hommes par elle:
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Dieu n'est pas seulement souverainement miséricordieux, mais aussi souverainement juste. Or sa justice requiert (selon qu'il s'est révélé dans sa Parole), que nos péchés commis contre sa Majesté infinie soient punis non seulement de peines temporelles, mais aussi de peines éternelles, dans le corps et dans l'âme, peines que nous ne pouvons éviter que s'il est satisfait à la justice de Dieu.
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Or, puisqu'il n'est point en notre puissance de satisfaire la justice de Dieu par nous-mêmes, ni de nous délivrer de la colère de Dieu: Dieu, par sa miséricorde immense, nous a donné pour garant son Fils unique, qui a été fait péché et malédiction sur la croix pour nous ou à notre place, afin de satisfaire la justice de Dieu pour nous.
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Cette mort du Fils de Dieu est l'unique et très parfait sacrifice et la satisfaction de la justice de Dieu pour les péchés, d'une valeur et d'un prix infinis, qui suffit abondamment pour expier les péchés du monde entier.
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Cette mort est d'une si grande valeur et dignité, parce que la personne qui l'a soufferte n'est pas seulement un homme vrai et parfaitement saint, mais est aussi le Fils unique de Dieu, d'une même essence éternelle et infinie avec le Père et le Saint-Esprit, tel que devait être notre Sauveur; c'est aussi parce que sa mort a été conjointe avec le sentiment de la colère et de la malédiction de Dieu que nous avions mérité par nos péchés.
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Au reste, la promesse de l'Évangile est: afin que quiconque croit en Jésus-Christ crucifié, ne périsse point, mais ait la vie éternelle. Et cette promesse doit être indifféremment annoncée et proposée à toutes les nations et à toutes les personnes auxquelles Dieu, selon son bon plaisir, envoie l'Évangile, et cela avec le commandement de se repentir et de croire.
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Quant à ce que beaucoup de ceux qui sont appelés par l'Évangile ne se repentent point, ni ne croient en Jésus-Christ, mais périssent dans l'infidélité: cela n'arrive point par l'imperfection ou l'insuffisance du sacrifice de Jésus-Christ offert sur la croix, mais par leur propre faute.
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Mais si nombreux que soient ceux qui croient vraiment, et qui sont délivrés et sauvés des péchés et de la perdition par la mort de Jésus-Christ, ils ne jouissent de ce bienfait que par la seule grâce de Dieu, qu'il ne doit à personne et qui leur a été donnée de toute éternité en Jésus-Christ.
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Car tel a été le très libre conseil et la très favorable volonté et intention de Dieu le Père, que l'efficacité vivifiante et salutaire de la mort très précieuse de son Fils s'étendit à tous les élus, pour leur donner à eux seuls la foi justifiante, et par elle les amener infailliblement au salut. Autrement dit, Dieu a voulu que Jésus-Christ, par le sang de la croix (par lequel il a confirmé la nouvelle alliance), rachetât efficacement du milieu de tout peuple, de toute nation et de toute langue, tous ceux, et ceux-là seulement, qui de toute éternité ont été élus au salut, et lui ont été donnés par le Père; qu'il leur donnât la foi, qu'il leur a, aussi bien que tous les autres dons du Saint-Esprit, acquise par sa mort; les purifiât par son sang de tout péché et originel et actuel, commis tant après qu'avant la foi; les conservât fidèlement jusqu'à la fin, et finalement les fît comparaître devant lui, glorieux, sans aucune tache ni souillure.
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Ce conseil, procédé de l'amour éternel de Dieu envers les élus, s'est puissamment accompli dès le commencement du monde jusqu'au temps présent (les portes de l'Enfer s'y étant opposées en vain), et s'accomplira aussi à l'avenir; et cela de telle sorte que les élus seront, en leur temps, rassemblés en un seul peuple, et qu'il y aura toujours une Église de croyants fondée sur le sacrifice de Jésus-Christ. Cette Église aimera constamment son propre Sauveur, qui pour elle, comme un époux pour son épouse, a donné sa vie sur la croix; elle le servira avec persévérance et le célèbrera tant ici-bas que dans l'éternité.
Rejet des erreurs
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La doctrine orthodoxe ayant été exposée, le Synode rejette les erreurs de:
Ceux qui enseignent: Que Dieu, le Père, a destiné son Fils à la mort de la croix, sans aucun dessein certain et défini de sauver nommément quelqu'un; de sorte que la nécessité, l'utilité et la dignité de tout ce que la mort de Jésus-Christ nous a acquis, eussent pu demeurer sauvés et être en toutes leurs parties, parfaites, complètes et entières, alors même que la rédemption ainsi acquise n'eût jamais été réellement appliquée à aucune personne particulière.
Cette doctrine est injurieuse envers la sagesse de Dieu le Père et le mérite de Jésus-Christ, et contraire à l'Écriture. Car voici ce que dit notre Sauveur: «Je donne ma vie pour mes brebis... et je le connais» (Jean 10:15, 27); et le Prophète Esaïe dit du Sauveur: «Or il a plu à l'Éternel de le frapper; il l'a mis dans la souffrance. Après avoir offert sa vie en sacrifice pour le péché, il se verra de la postérité, il prolongera ses jours, et le bon plaisir de l'Éternel prospérera dans ses mains» (Ésaïe 53:10; Bible de l'Épée).
Bref, cette doctrine renverse aussi l'article de foi, par lequel nous croyons l'Église.
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Ceux qui enseignent: Que le but de la mort de Jésus-Christ n'a point été de ratifier efficacement par son sang la nouvelle alliance de grâce, mais uniquement de n'acquérir au Père que le droit de contracter de nouveau avec les hommes une alliance quelle qu'elle fût, soit de grâce, soit des œuvres. Cela contredit l'Écriture qui enseigne que: «Jésus est ainsi devenu garant d'une alliance d'autant plus excellente» (Hébreux 7:22; Bible de J.F. Ostervald); et encore, que ce n'est qu'après la mort seulement qu'un testament est confirmé (Hébreux 9:15, 17).
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Ceux qui enseignent: Que Jésus-Christ, par la satisfaction de la justice de Dieu, n'a mérité à personne, d'une manière certaine, le salut lui-même, ni la foi par laquelle cette satisfaction de Jésus-Christ fût efficacement appliquée à salut; mais que le Christ a seulement acquis au Père le pouvoir, ou la libre volonté, de traiter de nouveau avec les hommes, et de leur prescrire de nouvelles conditions, celles qu'il voudrait, dont l'accomplissement dépendrait du libre-arbitre de l'homme; et, en conséquence, qu'il eût pu advenir ou que personne ne les accomplirait, ou que tous les hommes les accompliraient.
Car ceux qui enseignent de telles choses se trompent gravement du sujet de la mort de Jésus-Christ! Ils ne reconnaissent en aucune façon le principal fruit ou bienfait acquis par cette mort, et ramènent des enfers l'erreur de Pélage.
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Ceux qui enseignent: Que cette nouvelle alliance de grâce, que Dieu le Père a contractée avec les hommes par l'intervention de la mort de Jésus-Christ, ne consiste point en ce que nous sommes justifiés devant Dieu; et sauvés par la foi, en tant que cette foi s'empare des mérites du Christ; mais en ce que l'exigence de l'obéissance parfaite à la Loi étant abolie, Dieu considère la foi même, et l'obéissance imparfaite de la foi, comme une parfaite obéissance à la Loi et, par pure grâce, l'estime digne de la rémunération de la vie éternelle.
Car ceux-ci contredisent l'Écriture qui dit: «Étant justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est en Jésus-Christ, que Dieu avait destiné à être une victime propitiatoire; par la foi en son sang...» (Romains 3:24-25; Bible de J.F. Ostervald). De plus, ils introduisent avec le profane Socin, et contre le commun consentement de toute l'Église, une nouvelle et étrange justification de l'homme devant Dieu.
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Ceux qui enseignent: Que tous les hommes sont reçus dans l'état de réconciliation et dans la grâce de l'alliance, si bien que nul n'est sujet à la condamnation, ou ne sera condamné à cause du péché originel; mais que tous sont exempts de la coulpe dudit péché.
Car cette opinion contredit l'Écriture qui affirme: «Nous sommes par nature des enfants de colère» (Éphésiens 2:3).
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Ceux qui se servent de la distinction entre l'acquisition (par Jésus-Christ des bienfaits de son sacrifice) et son application, pour instiller aux gens simples et ignorants cette opinion: Que Dieu, pour autant qu'il tienne à lui, a voulu communiquer à tous les hommes également les bienfaits acquis par la mort de Jésus-Christ. Et quant à ce que certains sont faits participants de la rémission des péchés et de la vie éternelle plutôt que les autres, que cette différence dépend de leur libre-arbitre s'appliquant à la grâce qui est indifféremment offerte à tous; mais que cela ne dépend point du don singulier de la miséricorde de Dieu, agissant efficacement en eux pour qu'ils se l'appliquent à eux-mêmes plutôt que les autres.
En effet, tout en faisant semblant de proposer cette distinction dans un bon sens, ils cherchent par-là à abreuver le peuple du venin pernicieux du pélagianisme.
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Ceux qui enseignent: Que Jésus-Christ n'a pu dû mourir ni par conséquent n'est mort pour ceux que Dieu a souverainement aimés et élus à la vie éternelle; sous prétexte que ceux-là n'ont eu aucun besoin de la mort de Jésus-Christ.
Car ils contredisent l'Apôtre qui dit: «Christ ma aimé et s'est livré lui-même pour moi» (Galatiens 2:20). «Qui accusera les élus de Dieu? Dieu est celui qui les justifie! Qui les condamnera? Christ est mort, et de plus il est ressuscité» (à savoir, pour eux) (Romains 8:33-34a; Bible de J.F. Ostervald). Ils contredisent aussi notre Sauveur, qui dit: «Je donne ma vie pour mes brebis» (Jean 10:15); et encore: «Voici mon commandement: Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. Nul n'a un plus grand amour que celui qui donne sa vie pour ses amis» (Jean 15:12-13; Bible de J.F. Ostervald).
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