🕊 Les Canons de Dordrecht (6)

Le solide fondement de la doctrine réformée

L'histoire et l'impact du Synode national de Dordrecht

Comment le Synode de Dordrecht a façonné la foi réformée

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Réunion du Synode national à Dordrecht (1618-1619)
Réunion du Synode national à Dordrecht (1618-1619)

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Les Canons de Dordrecht (6)

Les Canons de Dordrecht

  1. (III-IV)
  2. La corruption de l'homme et sa conversion à Dieu

    Le troisième et quatrième point de doctrine concernant la corruption de l'homme, sa conversion à Dieu, et les modalités de celle-ci:

    1. L'homme a été créé au commencement à l'image de Dieu. Il était orné dans son entendement de la vraie et salutaire connaissance de son Créateur et des choses spirituelles; de justice dans sa volonté et son cœur ; de pureté dans toutes ses affections. Il a donc été entièrement saint. Mais, s'étant détourné de Dieu sous l'inspiration du diable, et cela de sa libre volonté, il s'est privé lui-même de ces dons excellents. À leur place et à l'opposé, il a attiré sur lui l'aveuglement, d'horribles ténèbres, la vanité et la perversité de son entendement, la méchanceté, la rébellion et la dureté dans sa volonté et dans son cœur , de même que l'impureté dans toutes ses affections.

    2. Or tel qu'a été l'homme après la Chute, tels enfants il a procréé, à savoir: lui, corrompu, des enfants corrompus, la corruption étant dérivée, par le juste jugement de Dieu, d'Adam sur toute sa postérité, excepté Jésus-Christ seul; et ceci non point par l'imitation (comme les pélagiens l'ont voulu autrefois), mais par la propagation de la nature corrompue.

    3. C'est pourquoi tous les hommes sont conçus dans le péché et naissent enfants de colère, incapables de tout bien salutaire, enclins au mal, morts dans le péché et esclaves du péché. Et sans la grâce de l'Esprit qui régénère, ils ne veulent ni ne peuvent retourner à Dieu, ni corriger leur nature dépravée, ni se disposer à l'amendement de celle-ci.

    4. Il est vrai qu'après la Chute, il a subsisté dans l'homme quelque lumière de nature; grâce à elle, il conserve encore une certaine connaissance de Dieu et des choses naturelles, il discerne entre ce qui est honnête et malhonnête, et montre avoir quelque pratique et soin de la vertu et d'une discipline extérieure. Mais tant s'en faut que, par cette lumière naturelle, il puisse parvenir à la connaissance salutaire de Dieu, et se convertir à lui, puisqu'il n'en use même pas droitement dans les choses naturelles et civiles, mais plutôt, telle qu'elle est, il la souille de diverses manières et la maintient dans l'injustice: ce que faisant, il est rendu inexcusable devant Dieu.

    5. Il en va du Décalogue, que Dieu a particulièrement donné aux Juifs, exactement comme de la lumière naturelle. En effet, il manifeste la grandeur du péché, et en rend l'homme de plus en plus convaincu. Mais il ne donne aucun moyen, ni n'apporte aucune force pour sortir de cette misère. Ainsi donc, le Décalogue, étant rendu faible par la chair, laisse le transgresseur sous la malédiction, et il est par conséquent impossible que, par lui, l'homme obtienne la grâce salutaire.

    6. Ce que ne peuvent donc faire ni la lumière naturelle ni la Loi, Dieu l'effectue par la vertu du Saint-Esprit, par le moyen de la Parole ou du ministère de la réconciliation, c'est-à-dire l'Évangile concernant le Messie, par lequel il a plu à Dieu de sauver les croyants aussi bien aux époques de l'Ancien que du Nouveau Testament.

    7. Ce secret de sa volonté, Dieu l'a dévoilé à un petit nombre de personnes aux époques de l'Ancien Testament; mais à celle du Nouveau Testament (depuis que toute discrimination entre les peuples a été abolie), il le révèle à un beaucoup plus grand nombre de personnes. La cause de cette dispensation ne peut être attribuée au fait qu'une nation serait plus digne qu'une autre, ou parce qu'elle se servirait mieux qu'une autre de la lumière naturelle, mais au bon plaisir de Dieu, qui est souverainement libre, et à son amour gratuit.

      C'est pourquoi ceux auxquels est faite une si grande grâce, en dehors de, et contre tout mérite, doivent la reconnaître d'un cœur humble avec action de grâces; mais chez les autres, à qui cette grâce n'est pas faite, ils doivent, avec l'Apôtre, adorer la sévérité et la justice des jugements de Dieu, mais non les sonder avec curiosité.

    8. Or, si nombreux que soient ceux qui sont appelés par l'Évangile, ils sont appelés efficacement. Car Dieu montre sérieusement et très véritablement par sa Parole ce qui lui est agréable: à savoir, que ceux qui sont appelés viennent à lui. Aussi promet-il certainement à tous ceux qui viennent et croient en lui, le repos de leur âme et la vie éternelle.

    9. Et si beaucoup de ceux qui sont appelés par le ministère de l'Évangile ne viennent pas à Dieu, ni ne se convertissent, la faute n'en est ni dans l'Évangile, ni en Dieu qui, par l'Évangile, les appelle et même leur confère divers dons, mais en ceux-là mêmes qui sont appelés.

      De ceux-ci, les uns, par leur nonchalance, ne reçoivent point la parole de vie; d'autres la reçoivent pourtant, mais non au plus profond de leur cœur , et c'est pourquoi, après la joie momentanée d'une foi temporelle, ils se retirent; d'autres encore, par les épines des sollicitudes et des voluptés de ce monde, étouffent la semence de la parole, et ne portent aucun fruit, comme notre Sauveur l'enseigne dans la parabole de la semence (Matthieu 13).

    10. Mais le fait que les autres, qui sont appelés par le ministère de l'Évangile, viennent à Dieu et sont convertis, ne doit point être attribué à l'homme, comme si, par son libre-arbitre, il se distinguait lui-même d'avec les autres qui, avec lui, seraient pourvus d'une grâce semblable ou suffisante pour croire et se convertir (ce que maintient l'orgueilleuse hérésie de Pélage); ce fait doit être attribué à Dieu qui, du fait qu'il a élu les siens de toute éternité en Christ, les appelle aussi efficacement en temps opportun, leur donne la foi et la repentance et, les ayant délivrés de la puissance des ténèbres, les transporte dans le Royaume de son Fils, afin qu'ils annoncent les vertus de celui qui les a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière, et qu'ils ne se glorifient point en eux-mêmes, mais dans le Seigneur, comme l'Écriture apostolique en témoigne en maints endroits.

    11. De plus, quand Dieu exécute son bon-plaisir dans les élus, ou quand il les convertit, non seulement il veille à ce que l'Évangile leur soit extérieurement prêché, et il illumine puissamment leur entendement par le Saint-Esprit, afin qu'ils comprennent et discernent droitement les choses qui sont de l'Esprit de Dieu, mais aussi, par l'efficacité de ce même Esprit de régénération, il pénètre jusqu'au tréfonds de l'homme, ouvre le cœur qui est fermé, amollit celui qui est dur, circoncit le prépuce du cœur , introduit de nouvelles qualités dans la volonté, et fait que cette volonté de morte devienne vivante, de mauvaise bonne, de non-volontaire volontaire, et de revêche obéissante; et il besogne en elle et la fortifie, afin que comme un bon arbre, elle puisse produire de bons fruits.

    12. C'est là cette régénération si célébrée dans les Écritures, ce renouvellement, cette nouvelle création, ce relèvement d'entre les morts et cette vivification, que Dieu opère en nous et sans nous. Or elle n s'accomplit nullement par la seule doctrine entendue, ou par une persuasion morale ou toute autre manière d'opérer, qui se ferait par des raisons persuasives, de telle sorte qu'après que Dieu ait agi pour sa propre part, il resterait encore au pouvoir de l'homme d'être régénéré ou non d'être converti ou de ne l'être point. Au contraire, c'est une opération entièrement surnaturelle, très puissante et très douce à la fois, admirable, secrète et ineffable. Selon l'Écriture (qui est inspirée par l'Auteur même de cette opération), celle-ci, quant à son efficacité, n'est en rien inférieure à la création ou à la résurrection des morts, si bien que tous ceux dans les cœurs desquels Dieu opère de cette façon admirable, sont certainement, infailliblement et efficacement régénérés, et croient effectivement. Dès lors, la volonté déjà renouvelée n'est pas seulement poussée et mue par Dieu, mais sous l'action de Dieu, elle agit aussi elle-même. C'est pourquoi on peut fort bien dire que c'est l'homme lui-même qui croit et se repent par le moyen de la grâce qu'il a reçue.

    13. Durant cette vie terrestre, les fidèles ne peuvent pleinement comprendre la manière de cette opération. Cependant ils jouissent du repos, du fait qu'ils savent et sentent que, par cette grâce de Dieu, ils croient de cœur et aiment leur Sauveur.

    14. Ainsi donc la foi est un don de Dieu, non parce qu'elle est offerte par Dieu au libre-arbitre de l'homme, mais parce qu'elle est réellement conférée, inspirée et infusée en l'homme. Non pas même encore parce que Dieu donnerait seulement la puissance de croire, et qu'il attendrait ensuite que la puissance de croire, et qu'il attendrait ensuite que la volonté de l'homme y consente, ou croie de fait; mais parce que lui-même qui opère et le vouloir et le faire ― mieux encore, qui opère tout en tous ― produit en l'homme et la volonté de croire et la foi elle-même.

    15. Dieu ne doit cette grâce à personne. Car que devrait-il à celui qui ne peut rien donner le premier, pour qu'il lui rende en retour? Et que devrait-il donc à celui qui, de soi, n'a rien que péché et mensonge?

      Celui qui reçoit cette grâce en doit donc éternellement rendre grâce à Dieu, et c'est bien ce qu'il fait.

      Celui qui ne la reçoit point: ou bien il ne se soucie nullement de ces choses spirituelles, et se plaît dans ce qui est sien, ou, étant sans souci, se glorifie en vain d'avoir ce qu'il n'a point.

      Quant à ceux qui extérieurement font profession de foi chrétienne et amendent leur vie, il n'en faut juger et parler qu'en bien, à l'exemple des Apôtres, car le fond des cœurs nous est inconnu. Par contre, pour ceux qui n'ont pas encore été appelés, il faut prier Dieu qui appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient; et il ne nous faut d'aucune manière nous enorgueillir contre eux, comme si nous nous étions distingués nous-mêmes.

    16. Or, de même que par la Chute, l'homme n'a pas cessé d'être homme, doué d'entendement et de volonté, et que le péché qui s'est répandu dans tout le genre humain, n'a pas aboli la nature du genre humain, mais l'a dépravée et tuée spirituellement; de même cette grâce divine de la régénération n'agit point dans les hommes comme dans des troncs et des souches de bois; elle n'annihile pas davantage la volonté et ses propriétés, ni ne la force ou contraint contre son gré. Au contraire, elle la vivifie spirituellement, la guérit, corrige et fléchit, aussi doucement que puissamment, afin que là où auparavant dominaient pleinement la rébellion et la résistance de la chair commence à régner désormais la prompte et sincère obéissance de l'esprit en quoi consistent le véritable et spirituel rétablissement et la liberté de notre volonté.

      C'est pourquoi, si cet admirable Artisan de tout bien n'agissait de la sorte envers nous, il ne resterait à l'homme aucune espérance de se relever de la Chute au moyen du libre-arbitre par lequel, alors qu'il était encore debout, il s'est précipité dans la perdition.

    17. Et de même que cette toute-puissante opération de Dieu, par laquelle il produit et soutient notre propre vie naturelle, n'exclut pas, mais requiert l'usage des moyens par lesquels Dieu, selon sa sagesse et bonté infinies, a voulu déployer sa propre puissance; de même l'opération surnaturelle de Dieu, par laquelle il nous régénère, n'exclut ni ne renverse aucunement l'usage de l'Évangile, que ce Dieu très sage a ordonné pour être la semence de la régénération et la nourriture de nos âmes.

      C'est pourquoi, comme les Apôtres et les Docteurs qui les ont suivis ont pieusement enseigné le peuple concernant cette grâce de Dieu, c'est-à-dire à sa gloire et à l'abaissement de tout orgueil humain, sans toutefois négliger de le maintenir, par les saintes admonitions de l'Évangile, dans la pratique de la Parole, des Sacrements et de la discipline: ainsi, qu'il n'advienne jamais que ceux qui enseignent, ou ceux qui apprennent dans l'Église, présument de tenter Dieu, en séparant les choses que Dieu, selon son bon plaisir, a voulu être très étroitement conjointes. Car la grâce est conférée par les exhortations; et donc, plus promptement nous faisons notre ministère, plus est manifeste le bienfait de Dieu besognant en nous, et plus son œuvre est alors excellente. Et c'est à ce Dieu seul qu'est due, aux siècles des siècles, toute la gloire, celle des moyens, et celle de leur fruit et de leur efficacité salutaire. Amen.

    Rejet des erreurs

    La doctrine orthodoxe ayant été exposée, le Synode rejette les erreurs de:

    1. Ceux qui enseignent: Qu'il ne se peut proprement dire que le péché originel suffit de soi pour condamner tout le genre humain, ou mériter les peines temporelles et éternelles.

      Car ils contredisent l'Apôtre qui affirme: «C'est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, de même la mort s'est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché... Car le jugement de condamnation vient d'un seul péché...» (Romains 5:12, 16; Bible de J.F. Ostervald). Et encore: «Car le salaire du péché, c'est la mort...» (Romains 6:23; Bible de J.F. Ostervald).

    2. Ceux qui enseignent: Que les dons spirituels ou les bonnes habitudes et vertus, comme le sont la bonté, la sainteté, la justice, n'ont pu exister dans la volonté de l'homme aussitôt après sa création, et que, par conséquent, ils n'ont pas pu en être séparés par la Chute.

      Car cela contredit la description de l'image de Dieu, que l'Apôtre nous donne dans Éphésiens 4:24, où il la décrit par la justice et la sainteté, vertus qui, sans aucun doute, ont leur siège dans la volonté.

    3. Ceux qui enseignent: Que les dons spirituels n'ont point été disjoints de la volonté de l'homme du fait de la mort spirituelle, puisqu'en soi cette volonté ne fut jamais corrompue mais seulement empêchée par les ténèbres de l'entendement et le dérèglement des affections, et que, ces empêchements étant ôtés, la volonté peut déployer sa liberté qui lui est naturelle, c'est-à-dire qu'elle peut de soi-même ou vouloir et choisir, ou ne pas vouloir et ne pas choisir chaque bien qui lui est proposé.

      Cela est, en effet, nouveau et erroné, et ne tend qu'à exalter les forces du libre-arbitre contre l'affirmation du prophète Jérémie 17:9: «Le cœur est trompeur par-dessus tout, et désespérément malin...»; et celui de l'Apôtre: «...de cet esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion. Parmi lesquels nous vivions tous autrefois, selon les convoitises de notre chair, accomplissant les désirs de la chair et de nos pensées; et nous étions par nature des enfants de colère, comme les autres» (Éphésiens 2:2-3; Bible de J.F. Ostervald).

    4. Ceux qui enseignent: Que l'homme non régénéré n'est pas totalement ni à proprement parler dans le péché, ou destitué de toutes forces concernant le bien spirituel, mais qu'il peut avoir faim et soif de justice et de vie, et offrir à Dieu le sacrifice d'un esprit contrit et brisé, qui lui soit agréable.

      Car ces choses s'opposent aux témoignages manifestes de l'Écriture: «Et vous étiez morts dans vos fautes et dans vos péchés» (Éphésiens 2:1, 5; Bible de J.F. Ostervald); et: «Toutes l'imagination des pensées du cœur des hommes n'était que mauvaise en tout temps» (Genèse 6:5; Genèse 8:21; Bible de J.F. Ostervald). En outre, avoir faim et soif de la vie, désirer d'être délivré de sa misère et offrir à Dieu le sacrifice d'un esprit brisé sont le propre de ceux qui sont régénérés (Psaumes 51:19) et de ceux qui sont appelés bienheureux (Matthieu 5:6).

    5. Ceux qui enseignent: Que l'homme corrompu et charnel peut si bien user de la grâce commune (par quoi ils entendent la lumière naturelle), ou des dons qui lui sont restés après la Chute, que, par ce bon usage, il peut petit à petit et par degrés obtenir une plus grande grâce, à savoir la grâce évangélique ou salutaire, ou même le salut; et que, par un tel moyen, Dieu pour sa part se montre prêt à révéler Jésus-Christ à tous, attendu qu'il confère à tous suffisamment et efficacement les moyens nécessaires à la révélation de Jésus-Christ, à la foi et à la repentance.

      Que cela soit faux, outre l'expérience de tous les temps, l'Écriture en témoigne: «Il révèle ses paroles à Jacob, ses prescriptions et ses ordonnances à Israël; Il n'a pas agi de même pour toutes les nations; elles ne connaissent pas ses ordonnances» (Psaumes 147:19-20). Dans les générations passés, Dieu a laissé toutes les nations suivre leurs propres voies (Actes 14:16). Empêchés par le Saint-Esprit d'annoncer la parole dans l'Asie, ils (à savoir Paul et ses compagnons) traversèrent la Phrygie et le pays de Galatie. Arrivés près de la Mysie, ils tentèrent d'aller en Bithynie; mais l'Esprit de Jésus ne leur permit pas (Actes 16:6-7).

    6. Ceux qui enseignent: Que dans la vraie conversion de l'homme, il n'est pas possible que Dieu introduise dans sa volonté des qualités, des habitudes ou des dons nouveaux; et que la foi, par laquelle nous sommes en premier lieu convertis, et d'où nous recevons le nom de fidèles, n'est par conséquent pas une qualité ni un don infusé par Dieu, mais uniquement un acte de l'homme; et que cette foi ne peut être appelée un don que par rapport au pouvoir que l'homme a d'y parvenir.

      Car ces choses contredisent les saintes Écritures qui témoignent que Dieu répand dans nos cœurs de nouvelles qualités de foi et d'obéissance, et le sentiment de son amour: «Je mettrai ma loi au-dedans d'eux et l'écrirai dans leur cœur» (Jérémie 31:33). «Je répandrai des eaux sur le sol altéré, et des ruisseaux sur la terre sèche. Je répandrai mon Esprit sur ta postérité» (Ésaïe 44:3; Bible de J.F. Ostervald).

      L'amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné (Romains 5:5) (Romains 5:5).

      De telles choses sont aussi inconciliables avec la pratique continuelle de l'Église, qui, avec le Prophète, prie ainsi: «Convertis-moi, et je serai converti; car tu es l'Éternel, mon Dieu!» (Jérémie 31:18; Bible de J.F. Ostervald).

    7. Ceux qui enseignent: Que la grâce par laquelle nous sommes convertis à Dieu n'est rien d'autre qu'une douce persuasion; ou bien (comme d'autres l'exposent), que la plus noble manière d'agir dans la conversion de l'homme et la plus convenable à la nature humaine, c'est celle qui se fait par la persuasion. Et que rien n'empêche que la grâce qu'ils appellent morale (c'est-à-dire qui se fait par des raisons persuasives), ne rende spirituel l'homme charnel; et même que Dieu n'obtient pas autrement le consentement de notre volonté, que par cette sorte de persuasion; et que c'est en cela que consiste l'efficacité de l'opération divine, par laquelle Dieu l'emporte sur l'opération de Satan, parce que Dieu promet les biens éternels alors que Satan ne promet que les biens temporels.

      Tout cela est foncièrement pélagien et contraire à toute l'Écriture, qui, en plus de cette façon d'opérer dans la conversion de l'homme, en reconnaît encore une autres: à savoir, celle du Saint-Esprit, beaucoup plus efficace et divine; comme au chapitre 36 d'Ézéchiel verset 26: «Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau; j'ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair, etc.»

    8. Ceux qui enseignent: Quand à la régénération de l'homme, Dieu n'emploie point les force de sa toute-puissance pour fléchir, par elles, puissamment et infailliblement la volonté de l'homme à croire et à se convertir; mais ― toutes les opérations de la grâce, desquelles Dieu se sert pour convertir l'homme étant posées, ― que toutefois l'homme peut résister à Dieu et au Saint-Esprit, alors même que Dieu se proposerait de le régénérer et le voudrait; et même que l'homme lui résiste souvent, en effet, au point d'empêcher entièrement sa régénération; bien plus, qu'il demeure en sa puissance d'être régénéré ou de ne l'être point.

      Tout cela n'est rien d'autre qu'ôter à Dieu toute l'efficacité de sa grâce dans notre conversion, et assujettir à la volonté de l'homme l'action du Dieu tout-puissant. Et cela contre les Apôtres qui enseignent: «Nous qui croyons selon l'efficacité du pouvoir de sa force» (Éphésiens 1:19; Bible de J.F. Ostervald); et que «Dieu accomplisse puissamment en vous, tous les desseins favorables de sa bonté et l'œuvre de la foi» (2 Thessaloniciens 1:11; Bible de J.F. Ostervald); que «sa divine puissance nous a donné tout ce qui regarde la vie et à la piété» (2 Pierre 1:3; Bible de J.F. Ostervald).

    9. Ceux qui enseignent: Que la grâce et le libre-arbitre sont des causes partielles en même temps que concurrentes au point de départ de la conversion; et que la grâce, comme cause, ne précède pas en ordre l'opération ou le mouvement de la volonté de l'homme.

      C'est-à-dire: que Dieu n'aide point efficacement la volonté de l'homme à se convertir, avant que la volonté de l'homme ne s'émeuve et ne se détermine elle-même.

      En effet, l'Église ancienne a depuis longtemps condamné cette doctrine chez les pélagiens par ces affirmations de l'Apôtre: «Cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde» (Romains 9:16). «Car qui est-ce qui te distingue? Et qu'as-tu que tu ne l'aies reçu?» (1 Corinthiens 4:7); Et encore: «Car c'est Dieu qui produit en vous et le vouloir et le faire selon son plaisir» (Philippiens 2:13; Bible de J.F. Ostervald).

 


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